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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2005-01-15, Collections de BAnQ.

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L E Jocelyn Faubert : l’explorateur perfectionniste Page B 6 DEVOIR LES SAMEDI M A N C H E l « JANVIER 0 5 Les écoles séparées ne favorisent pas les échanges culturels Page B 5 ?PERSPECTIVES La SAQ est-elle privatisable ?Il y a 20 ans, le PQ avait tenté, en vain, de vendre 129 succursales pour essayer de boucler son budget La grève du Syndicat des employés de magasins et de bureaux (SEMB) de la Société des alcools du Québec (SAQ) dure depuis plus de deux mois.Le plus gros enjeu porte sur l’affectation des employés à temps partiel, qui veulent maintenir un maximum de mobilité entre les succursales, mais il y en a un autre: l’expansion du réseau des «SAQ Agence».Pour le syndicat, qui craint comme la peste une privatisation complète, il s’agit déjà d’une forme de privatisation partielle.FRANÇOIS DESJARDINS Le coup de minuit a sonné, c’est le réveillon du jour de l’An.Le cousin se met à table et déplore la qualité du vin qu’il vient d’acheter au dépanneur.Estimant la grève de la Société des alcools du Québec (SAQ) un peu longue, il vous demande pourquoi l’Etat continue de vendre de l’alcool, si œ n’est que pour les revenus.Il y a 20 ans, le Parti québécois avait tenté, en vain, de privatiser une partie de la SAQ en mettant en vente 129 succursales de la région montréalaise pour essayer de boucler son budget Ce fut peine perdue, mais le mot «privatisation» n’a pas disparu du vocabulaire pour autant Son utilisateur principal ces jours-ci, le Syndicat des employés de magasins et de bureaux (SEMB) de la SAQ, s’en sert abondamment pour décrire ce qu’il voit comme une «privatisation partielle»: la multiplication des «SAQ Agence», ces commerces qui, dans des régions faiblement peuplées, sont autorisés à vendre les mème§ produits que dans les succursales de la société d’Etat A cette accusation, qui fait partie des grandes doléances syndicales dans le conflit actuel face à la SAQ, se greffe ces jours-ci une rumeur voulant que certains libéraux aient l’intention de se pencher sur la pertinence d’une privatisation.Créée en 1921 afin de contrôler la consommation et la qualité des produits à l’époque de la Prohibition, la Commission des liqueurs comptait au départ 64 succursales aux allures de confessionnal, vendait des bouteilles enveloppées et imposait une limite d’une bouteille de spiritueux par client La SAQ d’aujourdTiui n’a plus rien à voir avec son ancêtre: avec un chiffre d’affaires de 2,4 milliards de dollars, elle a versé l’an dernier au gouvernement du Québec un dividende de 570 millions.Elle exploite 400 magasins hautement diversifiés, offre des rabais incitatifs, propose des cours de dégustation et fait la livraison à domicile.Bien qqe les temps aient changé, le monopole de l’État sur l’importation et la distribution des vins et spiritueux est resté intact.La vente au détail, pour sa part, s’est complètement métamorphosée.Une nouvelle privatisation ?L’inquiétude du syndicat provient du dernier virage, celui de l’an 2000, lorsque la SAQ a décidé de se tourner vers les régions du Québec, où elle estimait coûteux d'ouvrir des succursales.Le nombre d'agences, à ce moment-là, se chiffrait à environ 150.D y en a 400 de nos jours, de North Hatley jusqu’à Natashquan en passant par La Minerve, qui s’approvisionnent toutes auprès de la SAQ la plus proche.La SAQ affirme depuis l’an dernier que le réseau est complet et qu’elle compte désormais ouvrir des succursales au nombre de 50.Mais cette participation du secteur privé dans la vente d’alcool sème tout de même la méfiance chez le syndicat «Le sujet de la privatisation a recommencé à sortir», affirme le président du SEMB, Martin Charron.D souhaite que la SAQ s’engage par écrit à ce qu’il n'y ait plus de nouvelles agences ou, trouve un moyen de le garantir.La société d’État lui répond qu’elle doit se garder un droit de gérance.«Ce que le gouvernement n’a pas eu faire le courage défaire de façon claire, nette et ouverte, on est en train de le faire JACQUES NADEAU LE DEVOIE Depuis 1985, le gouvernement ne parle plus de privatiser la SAQ.par la porte d’en arrière, dit M.Charron.C’est une privatisation déguisée.» Stéphane Maisonnas, professeur de marketing à rUniversité du Québec à Montréal, y voit un ajout à ce qui se fait déjà.En effet en 2001, selon les données de la SAQ, ü se vendait déjà des vins et spiritueux dans 9200 épiceries et dépanneurs ainsi que dans 12 000 hôtels, bars et restaurants.«Dans le secteur du détail, je n'ai jamais considéré que la SAQ avait le monopole.Le monopole est défini comme la première fonction de distribution, c’est-à-dire la fonction de grossiste [qui relie les entrepôts de la SAQ et les points de vente], dit-il.Je ne suis pas à l’aise de parler de privatisation, qui, selon moi, n’aurait lieu que si ça ne touchait que la fonction de gros.» L’épisode de 1985 Cette différentiation entre la fonction de grossiste et celle du commerce de détail est pertinente.Elle n’est pas sans lien, en fait, avec le projet de privatisation mis en avant à l’époque par le ministre de l’Industrie, Rodrigue Biron, qui avait bien voulu partager ses réflexions sur la question.En effet, rappelons que l’opération avait provoqué une levée de boucliers chez les syndicats, et son annulation par les libéraux, élus en décembre 1985, s’était soldée par une quarantaine de poursuites totalisant 50 millions de dollars.De fil en aiguille, la bataille a connu son dénouement en 1997, lorsque les aspirants franchisés ont joué leur dernière carte en Cour suprême.«A l’époque, les finances étaient difficiles et il fallait ramasser de l’argent un peu partout», a confié M.Biron.D en avait alors discuté avec le ministre des Finances et l’idée avait fait son chemin.Le gouvernement avait donc décidé de vendre des succursales à des coopératives d’employés, un concept plus en vogue à l’époque et pour lequel il existait même un ministre attitré.en la personne de Rodrigue Biron, qui trouvait sympathique cette forme d’organisation de travailleurs.Mais les syndicats de la SAQ ont refusé d’entériner le projet déclenché une grève, et le projet a été suspendu le temps des élections.Les libéraux allaient l’enterrer peu après.«Le gouvernement n’a pas nécessairement besoin d’exploiter les magasins, croit M.Biron.Mais s’il les vend, il n’a pas le choix de maintenir son monopole d’importation et de distribution à ces magasins.» De cette manière, la SAQ, qui, selon lui, ne fait pas de profit mais «perçoit 600 millions en taxes», s’assure de continuer à récolter cette somme et d’exercer un certain contrôle.Bien qu'il ait quitté la politique, l’ancien ministre est convaincu que l’idée ne circule plus dans les cercles du pouvoir.À quel prix?Si cela faisait effectivement l’objet de discussions, l’un des principaux problèmes sur lesquels un gouvernement pourrait buter, c’est le prix de vente.Que vaut le monopole complet de, la SAQ?Est-ce chiffrable?Et si l’État décidait de ne vendre que le réseau de succursales, lesquelles vendrait-il?Et combien vaut chacune d’elles, notamment les moins rentables?Le projet du ministre Biron, à l’époque, s'appuyait essentiellement sur les stocks de bouteilles et tenait compte de l’achalandage.Le gouvernement s’attendait à ce que la vente récolte au total 100 ou 200 millions, à raison de quelques millions par succursale, tout au plus.Or, comme le rappelait en octobre une étude de l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP), une vente de ce type, si elle englobe l’ensemble d’un monopole, ne survient qu’une seule fois et exige la plus grande prudence.En effet, si le gouvernement en profitait pour réduire sa dette, donc les frais d’intérêt annuels, il risquerait en contrepartie de perdre des revenus stables.«Comme les sociétés d’État québécoises (les principales étant Hydro-Québec, la SAQ et Loto-Québec) sont présentement très rentables, leur privatisation (totale ou partielle) pourrait fragiliser les revenus budgétaires du gouvernement de façon importante à l’avenir», disaient les auteurs de cette étude, Marcelin Joa-nis et Claude Montmarquette.«Les sommes tirées d'une privatisation totale ou « Le marketing socialement responsable de l’alcool semble moins efficace avec le secteur privé comparativement à un système public » partielle de l'une ou l’autre des sociétés d’État seraient conditionnées par l’évaluation qui serait faite de la valeur des flux de revenus futurs de ces entreprises.[.] Deux éléments particulièrement importants doivent donc être pris en considération dans la décision de céder au secteur privé un actif public: la juste valeur du flux de revenus futurs et l’ampleur de l’excédent de la marge de manœuvre additionnelle tirée de la réduction du service de la dette par rapport aux revenus futurs sacrifiés.» L’incontournable exemple albertain In seule province ayant privatisé les vins et spiritueux est l'Alberta, passée à l’acte en 1993.Aujourd’hui, elle réglemente l’industrie, émet les permis et récolte les revenus, tandis que le secteur privé fait l'entreposage, la distribution et k?détail.Si certains affinnent qu’il s’agit d’un succès, comme l’écrivait le Globe, and Mail dans un éditorial cette semaine, les études ne sont généralement pas aussi catégoriques.Dans un volumineux rapport publié en juin 2003, le Canadian Centre for Policy Alternatives et le Parkland Institute reconnaissaient que le nombre de points de venté est passé d’environ 300 à 1000 et que le nombre d'emplois est passe1 de 1300 à 4000.Or les salaires ont chuté de 14 $ à 7 $ l’heure, et les prix ont augmenté d’environ 5 % de 1993 à 1994 alors que l’inflation des prix de l’alcool, à l’échelle canadienne, était presque nulle.Ils se sont par la suite stabilisés lorsque le gouvernement a réduit certaines taxes.De plus, le nombre de produits dans certaines succursales est restreint car le propriétaire cherche avant tout à vendre des produits populaires pour que cela soit rentable.Le rapport mentionne par ailleurs le danger de voir les points de vente se regrouper pour éventuellement donner naissance à des oligopoles de chaînes.L’Alberta croyait économiser au moins 67 millions par année.Quant aux revenus perçus par le gouvernement, ils sont demeurés stables de 1993 à 2001.Selon le rapport, si on tient compte de l’inflation et des modifications fiscales, les pertes de revenus dans leur ensemble se chiffrent à 500 millions de 1993 à 2002.L’étude se penche aussi sur les coûts dits sociaux de la privatisation d’un monopole de l’alcool.«Le marketing socialement responsable de l’alcool semble moins efficace avec le secteur privé comparativement à un système public», y lit-on.Sans compter les coûts additionnels qu’entraîne la surveilknee du commerce privatisé de l’alcool afin d’éviter la contrebande ou la fabrication illégale.Plus loin, il ajoute: «Les facteurs liant la consommation d’alcool et les problèmes sociaux sont innombrables.La consommation absolue en Alberta est élevée par rapport au reste du Canada et grimpe depuis 1997.L’augmentation potentielle des coûts sociaux est réelle.» L’Alberta n’est pas la seule.Le gouvernement ontarien a lui aussi voulu privatiser son réseau dans les années 90, mais cette promesse électorale de l’ex-premier ministre Mike Harris n’a jamais abouti.Cette semaine, toutefois, le gouvernement libéral a annoncé qu'il allait se pencher sur toutes les facettes du commerce de l’alcool dans la province, répétant à plusieurs reprises que le liquor Control Board of Ontario (IjCBO) n’est «pas à vendre».La haute direction de la SAQ n’était pas disponible pour commenter les derniers développements, n'accordant ces joursin de favoriser de meilleurs rapports entre la communauté juive et les autres composantes de la société québécoise, la décision de M.Reid risque au contraire de renforcer les préjugés dont cette communauté est l’objet Alors que le système public crie lamine, comment justifier que l’État accorde un financement équivalent à des écoles privées fréquentées par des enfants dont les parents ont les moyens de payer des droits de scolarité de 70(X) $ par année?Jusqu’à présent, la Fédération de l'appel juif unifié (CJA) subventionnait les écoles juives à hauteur de 2,5 millions de dollars, une somme qui pourra désormais être utilisée autrement.Une part importante des sommes recueillies par la CJA étant envoyée1 en Israël, certains se demanderont inévitablement si les subventions du ministère de l’Éducation n'aboutiront pas indirectement là-bas.Sans parler de la boîte de Pandore que M.Reid vient bien étourdiment d’ouvrir.«C’esf une nouvelle fantastique! Cest très km de savoir que l’État est prêt à aider les autres religions», s’est exclamé le président du Conseil musulman de Montréal.On comprend son enthousiasme: au fond de la boîte de Pandore, il y a l’assiette au beurre.Pas besoin d'être devin pour prédire que les «échanges interculturels» vont connaître une vogue sans précédent dans les écoles de toutes confessions au cours des prochaines années.Le ministre de l’Education a beau nier toute considération de nature religieuse, ceux qui se feront refriser-un traitement équivalent, à commencer par les écoles privées catholiques, pourront invoquer les dispositions de la Charte des droits interdisant la discrimination basée sur la religion.Il est tout à fait plausible, voire probable, que la décision de subventionner à 100 % les écoles juives ait été téléguidée par le bureau du premier ininistre Charest D’ailleurs, M.Reid n’aurait jamais osé s’aventurer dans un pareil champ de mines sans son autorisation formelle.S’il doit perdre son poste lors du prochain remaniement ministériel, comme le veut la rumeur, aussi bien lui faire porter l’odieux d’une mesure qui fait pratiquement l’unanimité contre elle.Au point où il en est.Si M.Charest est bien à l’origine de l’affaire, cellecà n’en est que plus inquiétante.Que le premier ministre soit particulièrement sensible aux pressions des lobbys, surtout ceux qui alimentent généreusement la caisse du PLQ, on le savait déjà.Le plus choquant est la désinvolture avec laquelle il remet en cause les principes fondamentaux sur lesquels la société québécoise est difficilement parvenue à faire consensus au cours des dernières décennies.La déconfessionnalisation progressive de l’école, publique, fondée sur la séparation de l’Église et de l’État, a fait l'objet de débats douloureux depuis La Révolution tranquille.Le processus est d’ailleurs loin d’être achevé.Soudainement, parce qu’un groupe plus puissant que les autres le réclame, le gouvernement introduit en catimini le principe jlu plein financement des écoles confessionnelles par l’Etat.?Contrairement au Canada, qui a fait du multiculturalisme une de ses pierres d’assise, le Québec a opté pour un modèle de société privilégiant l’intégration des communautés culturelles à la majorité francophone.Là encore, la décision concernant les écoles juives va à contrecourant Les organismes qui œuvrent à l’intégration des immigrants ne cessent de déplorer les compressions, budgétaires qui leur ont été imposées par le gouvernement Charest Ainsi, dans le budget de dépenses 2004-05, les sommes consacrées à l'apprentissage du français?ont été amputées de plus de 50 %.À raison de 5200 $ par élève, comme dans le secteur public, les subventions versées aux 15 écoles privées juives du Québec pourraient totaliser 36,4 millions, soit sept fois plus que ce qui reste pour l’apprentissage du français.M.Reid prêtent] favoriser les échanges culturels, mais sa politique contribuera plutôt à renforcer la ghettoïsation des communautés culturelles.Depuis qu’il est devenu premier iqinistre, on a découvert que M.Charest considère l’État comme une sorte de service à la clientèle.Sa conception de la société québécoise est à l’avenant: un agglomérat de groupes phis ou moins disparates dont il faut gérer les demandes.Dans le dossier du CHUM, il est sans doute désolant de voir le gouvernement à la remorque du puissant lobby orchestré par le recteur de l’Université de Montréal, mais son projet de technopole de la santé comporte d’incontestables attraits, qui justifient qu’on en débatte.Dans le cas des écoles juives, on a beau examiner la question sous tous les angles, il n’y a que des inconvénients.mda v idfalede voi r.com ARCHIVES LE DEVOIR Pierre Reid LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2 0 0 5 ! B 4 EDITORIAL Dangereux retours d’ascenseur La ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Judy Sgro, a remis sa démission hier.Ce geste était inévitable et aurait dû survenir bien avant pour empêcher que les allégations de favoritisme qui s’accumulent à son endroit ne viennent entraver son travail de ministre et entacher la réputation de son ministère.\ à M -'"fiitygf ¦ omme tout autre citoyen, Judy Sgro a droit à la présomption d’innocence.Ne la condamnons pas tant que la lumière n’aura pas été faite par le commissaire à l’éthique des Communes, Bernard Shapiro.Lui seul est en mesure d’établir si, comme on le reproche à Mme Sgro, elle a échangé des faveurs ministérielles, voire fait des promesses de cette nature, contre la participation active d’immigrants sans statut à sa campagne électorale.Ce qui a poussé la ministre à démissionner, ce sont les affirmations faites ces derniers jours par un immigrant indien à qui elle aurait promis d’annuler un ordre d’expulsion en contrepartie de la livraison de pizzas à ses travailleurs d’élections.C’en était trop.Ajoutées aux précédentes allégations voulant qu’elle aurait utilisé son pouvoir ministériel pour court-circuiter le processus d’attribution d’un permis temporaire de résidence à une strip-teaseuse d’origine roumaine, elle ne pouvait plus assumer ses responsabilités avec crédibilité.Un ministre n’a pas à démissionner à la première rumeur ou allégation venue.Il doit toutefois le faire lorsqu’un doute sérieux s’installe dans l’opinion publique et que sa capacité à bien remplir son mandat s’en trouve affectée, ce qui était le cas de Mme Sgro depuis plusieurs mois déjà.Est-il besoin de rappeler que ce qui lui est reproché pourrait être assimilé à une forme de trafic d’influence?De telles alléga-J tions ne peuvent que renforcer la perception u ^îtjÉfc| fort négative dont souffre par ailleurs le ministè-re de la Citoyenneté et de l’Immigration dans le traitement des dossiers des immigrants et des réfugiés en attente de statut Rares sont les politiciens qui ont le réflexe de démissionner au nom de l’honneur.On craint plutôt que la démission soit reçue comme un aveu de culpabilité.En s’accrochant ils ne font qu’alimenter la controverse.L’opposition et la presse se déchaînent et se lancent à la recherche d’informations pouvant les incriminer davantage.Leur réputation, comme celle de l’ensemble du gouvernement en pâtit.Le premier ministre Paul Martin aurait dû depuis longtemps forcer sa ministre à prendre congé le temps que le commissaire à l’éthique mène à terme son enquête, question de protéger la réputation de son gouvernement.Il s’y est refusé, préférant défendre Mme Sgro, jurant même qu’elle n’a absolument rien à se reprocher.Pour lui, tout comme pour Jean Chrétien avant lui, c’est là affaire de loyauté, surtout lorsque ceux qui sont en cause font partie, comme Mme Sgro, de son cercle de fidèles.Le message que donne le premier ministre en appuyant sans réserve sa collègue est que la loyauté est une vertu qui vaut davantage que l’intégrité.On comprend qu’il a accumulé, au cours de sa campagne au leadership, un grand nombre de dettes politiques dont il doit s’acquitter.Si les allégations à l’endroit de Mme Sgro devaient s’avérer fondées, l’appui qu’il lui accorde aujourd’hui se retournera contre lui.Les retours d’ascenseur sont parfois dangereux.Au moment de devenir premier ministre, M.Martin avait promis d’instaurer les plus hauts standards en matière d’éthique.Le scandale des commandites qui continue de peser lourd sur la réputation des libéraux devrait le convaincre que l’intégrité est une vertu qui ne souffre aucun compromis.Des livres ! Bernard Descôteaux LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910, FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE SuivAnT/ érAtWffff DH tcoiH PRIVÉE ‘A loo^.i rÇ' y.La vraie histoire occidentale Réponse à Paul Bégin Contrairement à ce que prétend Paul Bégin {Le Devoir, 12 janvier), pour les trois quarts de l’humanité, l’histoire du monde occidental ne se résume pas «sous le titre de la quête de la liberté et de l’égalité des hommes et des femmes quelles que soient leurs origines, la couleur de leur peau et leurs croyances».Pour la plupart des peuples et des individus d’Afrique, d’Asie et des Amériques, l’histoire du monde occidental des 600 dernières années se résume sous le titre de la confiscation des terres et des biens, de la domination militaire, de la traite des esclaves, de l’esclavage, du génocide, de la discrimination, du colonialisme, de la guerre et de l’exploitation économique.Il y a bien eu la Révolution française, comme M.Bégin le mentionne, mais la même France a conquis et annexé l’Algérie en 1830, pour ensuite l’occuper pendant plus de 130 ans sans jamais accorder l’égalité aux citoyens musulmans de ce pays avant 1958! La Révolution française a également permis l’émancipation politique des Juifs, mais ce fleuron de l’histoire n’a LETTRES -?- pas empêché un pays du même «monde occidental» de commettre le pire génocide de l’histoire, celui des Juifs.Il y a bien eu l’abolition de l’esclavage au cours du K' siècle, mais pour l’abolir, il a bien Mu que l’esclavage existe et qu’il ait été pratiqué impunément par ce même «mpnde occidental» pendant des siècles.Etonnamment, il n’y a rien dans son texte sur la quête de liberté des peuples et leurs droits, pourtant des idées qui devraient être chères à un ancien ministre souverainiste.Les grandes chartes des droits, signées et appuyées par le monde occidental dont Paul Bégin se réclame, placent ces droits en première place.Mais s’il l’avait souligné, il aurait fallu qu’il reconnaisse aussi que, comme pour l’esclavage, c’étaient les empires du monde occidental, particulièrement ceux d’Europe, qui les avaient bafoués pendant des siècles.H suffira de dire que pour répondre aux demandes d’organismes musulmans, il ne sert à rien d’invoquer la formidable et généreuse histoire du monde occidental.Parce que c’est tout simplement faux, et personne ne le croira! Robin Philpot Montréal, le 12 janvier 2005 CHUMisterie ! Avec le dossier du CHUM, voilà venu, encore une fois, le temps des querelles.Cette guerre de clochers version XXI' siècle nous plonge en plein capharnaüm existentiel.Car au-delà des chiffres astronomiques (deux milliards de dollars pour 550 lits, ça fait la rondelette somme de 3 636 363,64 $ par lit., au secours!), il en va de la santé mentale de toute la communauté, qui a bien du mal à s’y retrouver.Analyses, études, réflexions, synthèses et autres exercices spirituels nous mènent inévitablement à une vaste fumisterie qui fait l’affaire de bien des gens d’affaires.Pendant ce temps perdu à réfléchir à la prochaine étude, elle aussi financée par les deniers publics, notre propre gouvernement, c’est-à-dire Jean Charest en personne, demeure muet et invisible dans ce dossier.Face à ce contentieux, son éminence préfère s’éclipser au profit d’un certain lobby qui l’attend de pied ferme pour la première pelletée de terre! Quelle CHUMisterie! Gaétan Fontaine Montréal, le 13 janvier 2005 REVUE DE PRESSE 11?==! 1 faudrait être bien râleur pour ne pas se réjouir des sommes que le ministre de l’Éducation a décidé d’injecter dans les bibliothèques scolaires.Mais il faudrait être bien candide pour voir là un premier pas vers un grand redressement .¦¦ J D’abord, le montant annoncé — 60 millions de dollars en trois ans — est un brin trompeur.La vraie part d’argent neuf, qui sera versée par le ministère, est de 40 millions; les 20 millions restants sont couverts par les commissions scolaires à même leur budget annuel (quelque sept millions) déjà consacré aux livres.L’annonce libérale équivaut donc au montant de 70 millions en cinq ans promis dans le budget Marois de mars 2003, juste avant les élections, et que les libéraux se sont empressés de sabrer en arrivant au pouvoir.Après tout, leur cahier de propositions électorales en matière d’éducation ne consacrait pas une ligne aux bibliothèques scolaires.Et le parti préférait miser sur le partenariat avec les bibliothèques municipales.C’est donc moins l’état délabré des bibliothèques scolaires que les préoccupations du ministre Pierre Reid face à la réussite des garçons qui ont été l’élément déclencheur de l’investissement annoncé.Le lien est réel entre la réussite scolaire et l’amour de la lecture, et celui-ci reste moins développé chez les garçons que chez les filles.M.Reid en a conclu à la nécessité de pourvoir les écoles de centaines de nouveaux livres — notamment ces bédés dont les garçons raffolent — et d’y greffer quelques activités.Bravo! Lire n’est envoûtant que dans l’abondance, quand on peut musarder entre les ouvrages qu’on rejette et ce-.lui qui, enfin, nous accroche.Cette abondance restera néanmoins toute relative — même avec ses nouvelles acquisitions, le Québec se maintiendra très en deçà des normes nord-américaines — et circonscrite dans le temps.De plus, pour que l’exercice soit couronné de succès, il y faudrait de l’ordre et de la méthode.Ceux-ci ne sont pas au programme.«C'est un grand crime que de ne pas mettre une bibliothèque ordonnée à la portée de l'enfant qui aime lire», écrivait Claire Martin dans La Joue droite, citée dans la Politique de la lecture et du livre du gouvernement du Parti québécois.Les achats d’ouvrages pertinents, leur classement et l’œil averti à l’affût des goûts des enfants et des suggestions à leur faire ne peuvent pas reposer sur le bénévolat de parents.C’est pourtant le cas à l’heure actuelle, les bibliothécaires professionnels étant une espèce en voie de disparition dans les écoles.L’annonce d’hier n’y changera strictement rien.Depuis des décennies, la seule préoccupation gouvernementale touche (de temps en temps!) les livres.Jamais les bibliothèques.Nul ne s'intéresse à leur personnel, à leur mobilier, à leur confort.C’est pourquoi bien des bibliothèques d’écoles publiques du Québec sont en fait des endroits peu fréquentables.Nous l’avons déjà écrit le rapport Parent qui rêvait de faire de la bibliothèque scolaire «le laboratoire général de tout l’enseignement», avait pourtant pensé à tous ces aspects.Le dépoussiérer ! coûterait trop cher, diront les esprits comptables.Mais si nous comptions moins, peut-être lirions-nous davantage.Josée Boileau Les inquisiteurs linguistiques de Jean Charest Antoine Rob it a ill e intolérance du Québec a encore frappé», s’indignait Ezra Levant, du Calgary Sun, cette semaine.En effet «le gouvernement libéral du Québec de Jean Charest vient de congédier deux infirmières du Jewish General Hospital parce qu’elles ont échoué à un examen de français écrit».Pourtant insiste le chroniqueur, «les deux parlaient un excellent français».Elizabeth Davantes et Eulin Gumbs ont travaillé pendant trois ans.Les patients étaient «satisfaits», soutient Levant À l’hôpital, on les aimait bien.Mais «Charest, cherchant à être plus séparatiste que les séparatistes, avait besoin de quelques boucs émissaires anglophones pour augmenter ses appuis dans l’opinion publique».Sacré Ezra, toujours «le complot pour rire»! Mais non, le chroniqueur ne rigole pas: en ef-fèt ces deux infirmières devront «quitter le Québec» pour se trouver du travail: elles ont perdu jusqu’à leur «permis de pratique».Or «elles parlaient le fmnçais couramment, mais à l’écrit, leur grammaire n'était pas assez bonne pour satisfaire les inquisiteurs de l’Office de la langue Français [rie] de Charest».(«langue Français»-, heureusement pour Levant que les «inquisiteurs» linguistiques ne peuvent pas aller brûler des journa-listçs du côté du Calgary Sun.) Évidemment, si cet «acte de bigoterie» avait été perpétré par le Parti québécois ou le Bloc (hein?), Paul Martin «serait déjà sur un pied de guerre».Mais non, le responsable est Jean Charest un libéral, alors «Ottawa ne dit pratiquement rien».Èt si «un gouvernement d’ailleurs au Canada traitait des infirmières francophones de cette façon?[.] Ce serait la première nouvelle à la CBC pendant une semaine», soutient le chroniqueur.Le Canada a un commissaire aux langues officielles qui s’emploie à «embêter quiconque n utilise pas le français, même dans des situations bizarres».Un exemple?«H y a peu de choses aussi étranges, par exemple, que de prendre un vol de Vancouver à Calgary — sur lequel l'anglais est parlé par la quasi-totalité des passagers, par les Chinois et les autres— et d’entendre les avertissements faits en français.Aussi, les radios françaises sont subventionnées partout dans les Prairies, où l’allemand et l’ukruinien sont plus souvent pariés que le français.» Et que donne le Québec en retour?De l’intolérance! Et c’est pire lorsque les libéraux sont au pouvoir, affirme Levant «car il est nécessaire de se rappeler que les pires excès du Québec en matière linguistique ont été le fait des libéraux et non des séparatistes du PQ.La loi 101 d’où découle la règle que Charest applique de façon impitoyable, tout ça, c’est le Parti libéral.[!] La société distincte aussi, c’était une de leurs idées».Cette histoire prouve, affirme le chroniqueur, que Charest est vraiment un renégat «car il n’a jamais été populaire auprès des francophones».Il ne doit sa victoire «qu’aux anglophones qui ont dévotement voté libéral».Et le voilà qui condamne deux infirmières anglophones alors que le Québec «en aurait besoin d’au moins 1500 de plus».Selon Ezra, les «passionnés de la Charte des droits» devraient monter au créneau.En effet pour procéder au congédiement «inconstitutionnel» de ces infirmières, Charest utilise la clause nonobstant et réduit ainsi les médias au silence.«Pourtant, Stephen Harper a été accablé de reproches pendant la dernière campagne électorale parce qu’il songeait à utiliser cette clause» sur la question du mariage homosexuel.Cela, il ne faudrait pas l’oublier, se fâche Levant, «la prochaine fois que des libéraux, des Québécois ou des libéraux du Québec se permettront de parler de tolérance, de liberté et de clause nonobstant».«We Are tous Québécois», claironnait The Economist cette semaine.(Permettez cette incursion dans une publication du ROW, le «rest of the world».) En effet, les «Québécois anglophones apprennent à vivre en français et à aimer cette langue», se réjouissait le grand magazine britannique la semaine dernière.La minorité anglophone au Québec était traditionnellement plutôt refermée sur elle-même, dit The Economist.«Ce n’est plus le cas.Aujourd’hui, plus des deux tiers des 750 000 anglophones peuvent aussi parler français, une proportion deux fois plus grande que dans les années 70.» On citait Jack Jedwab, directeur général de l’Association d’études cana- diennes, qui a produit un rapport sur la question: «Le stéréotype [de l’anglophone refermé] a évolué.C’était une réalité, ça tient maintenant de l’épouvantail.» Même dans les «ghettos cossus» de l’ouest de Montréal, le français est parlé «presque autant que l’anglais».Le rapport faisait état de plusieurs autres signes d’intégration.D’abord, parce qu’ils ont appris à parler français plus jeune et mieux, les «an-glos» «choisissent fréquemment d’étudier dans des écoles françaises».Conséquence: une explosion de mariages et de concubinages interethniques.Aujourd’hui, 40 % des anglos ont un partenaire non anglophone et un quart d’entre eux ont fréquenté des francophones.Conclusion: les «deux solitudes» sont de moins en moins.seules, et même «les militants anglophones — baptisés les “angryphones” — ne semblent plus tellement scandalisés par les efforts du gouvernement provincial pour promouvoir le français».Bien sûr, note The Economist au passage, «quelques causes contre la loi 101 sont encore pendantes».Cette loi 101, rappelle The Economist, a fait du français un «incitatif économique pour apprendre le français.Sans cet atout, un anglophone court deux fois plus de risques d’être sans emploi; aussi, s’il a un emploi mais n’est pas bilingue, son revenu équivaudra à 65 % de celui de ses collègues bilingues».La loi 101 a aussi entraîné le déclin de plusieurs institutions francophones.Les inscriptions aux écoles anglaises ont chuté de 60 %.Une douzaine ont fermé leurs portes ou sont passées au français.Le seul journal de langue anglaise du Québec, The Gazette, a vu son tirage du samedi chuter de 280 000 exemplaires à 163 000 aujourd’hui.Conclusion: les nationalistes ont gagné et les souverainistes doivent se trouver un autre cheval de bataille.«Avec les tensions linguistiques qui disparaissent, Us devront se trouver une autre cause», dit The Economist en citant la professeure Deirdre Meintel, une anthropologue de l’Université de Montréal.«L’ouverture des anglophones a pour contrepartie moins de chauvinisme francophone, et la société devient plus inclusive.» Le Devoir La presse du Canada K LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 6 J A X VIER 2 0 0 5 B 5 DEES FINANCEMENT DES ÉCOLES JUIVES Un retour d’ascenseur Les écoles juives s'attachent beaucoup plus à la transmission d'une culture DANIEL RACINE Directeur des services scolaires à l'école arménienne Sourp Hagop annonce du ministre de l’Éducation, Pierre Reid, d’un financement à 100 % de quelques écoles juives semble provoquer une levée de boucliers chez certains défenseurs de la laïcité et, paradoxalement, susciter des espoirs de mesures similaires auprès de groupes provenant d'autres horizons religieux ou ethniques.Il serait bon de procéder à quelques mises au point avant de poursuivre le débat D’abord, il est important de souligner l’apport substantiel — tant matériel que culturel — de la communauté juive au patrimoine québécois, et ce, depuis plus d’un siècle, si on songe à la contribution majeure de familles juives, qu’il s’agisse des Joseph à Québec ou, plus récemment, des Bronfman à Montréal.En fait, c’est toute la communauté juive — la plus généreuse en contributions à caractère charitable au Québec — qui participe au bien-être de l’ensemble des Montréalais de toutes origines, grâce à l'Hôpital général juif et au Mont Sinaï, les diverses salles de concert et les installations sportives généreusement offertes par des organisations ou des individus conscients de leurs responsabilités collectives.Rien dans l’enseignement juif ne dépare le christianisme, religion de la nation fondatrice Partie de l’histoire Ensuite, la communauté juive, même si elle com-des Québécois prend, comme la plupart des groupes ethniques, des immigrants récents, est une communauté qui fait intégralement partie de l’histoire du Québec, tant par son ancienneté que par sa foi.Quand on parle d’enseignement religieux juif, on évoque l’hébreu et la Torah.Or la foi de la majorité chrétienne repose sur la Bible, c’est-à-dire sur la traduction de la Torah O’Ancien Testament) à partir de sa langue originale, l’hébreu.On peut donc affirmer que rien dans l’enseignement juif ne dépare le christianisme, religion de la nation fondatrice des Québécois.Le christianisme, fondé par le juif Jésus, est un prolongement du judaïsme et non de l’islam ou du bouddhisme.De toute manière, l’aspect religieux, comme l’a souligné M.Reid, n’entre pas dans cette décision de financement.Les écoles juives représentent de nombreux credo — il y a autant de dénominations au sein du judaïsme qu’au sein du christianisme — et s’attachent beaucoup plus à la transmission d’une culture et d’un humanisme historique qu’à la propagation des idées d’une secte ou d’une confession.La Bible ou la Torah, Molière et Shakespeare, l’anglais, le grec classique et l’hébreu peuvent s’enseigner sans toucher à l’aspect laïque vers lequel s’oriente enfin notre société.Enfin, ce retour d’ascenseur à une communauté faisant partie intégrante du peuple québécois, consenti au nom des valeurs d'une société ouverte et orientée vers l’affirmation des valeurs propres à une diversité culturelle qui enrichit plutôt qu’elle ne divise, n’exclut pas des geste similaires à l’endroit d’autres communautés qui auront su se faire apprécier, comme les communautés grecques et arméniennes, par exemple.Et, pourquoi pas, quand le moment sera venu, de communautés plus récentes encore?m V ,’#'À » JACQUKS C.RKNIKR LE DEVOIR Manifestation de sympathie l’année dernière, quelque temps après l’incendie de l’école juive Talmud Torah, à Montréal.Les écoles séparées ne favorisent pas les échanges culturels ANNE LAPERR1ÈRE Professeur au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal et membre du Groupe de recherche sur l'adaptation au pluralisme et l’école (GREAPE), affilié à l’Université de Montréal est avec stupéfaction que j’ai appris que Québec compte financer à 100 % des écoles privées juives au prétexte de «favoriser les échanges culturels» entre communautés.Cette décision est irresponsable, socialement dangereuse, et ignore com- plètement les conclusions solides des études scientifiques faites depuis plus d’un demi-siècle sur ce qui provoque l’échange ou la séparation entre groupes ethniques.Toutes ces études concluent à une condition première à l’échange: un contact significatif et continu entre les groupes.Bref, ce ne sont pas des échanges ponctuels et discontinus entre communautés qui permettront quelque rapprochement durable que ce soit Le contact entre les groupes a certes ses difficultés et peut même augmenter les préjugés s’il ne respecte pas un certain nombre de conditions.Mais sans contact prolongé, aucun échange significatif entre les groupes n’est possible: le Québec français d’avant la loi 101, où francophones et minorités se repoussaient mutuellement, en est le meilleur exemple.Même constat ailleurs Par ailleurs, les observations plus récentes du Groupe de recherche sur l’adaptation au pluralisme et l’école, qui ont porté sur la citoyenneté et le pluralisme puis sur les sociétés divisées (Québec, Irlande du Nord, Belgique et Catalogne), penchent dans le même sens: dans tous ces pays déchirés par les conflits, les systèmes d’éducation séparés n’ont en rien aidé au rapprochement entre les groupes.A tel point que les écoles intégrées, pour lesquelles parents et éducateurs ont lutté avec acharnement (d’abord en Irlande du Nord, et maintenant en Belgique), ont maintenant le vent dans les voiles.Lorsque j’ai moi-même interrogé une cinquantaine de finissants du secondaire montréalais de toutes origines ethniques sur leur préférence pour l’école ethnique ou l’école publique commune pour les minorités ethniques, j’ai eu la surprise d’entendre tous les jeunes des minorités ethniques, sans exception, opter pour l’école publique intégrée alors que l’école ethnique retenait la préférence.de nombre de Québécois français, agacés par la différence et voyant là l’occasion de transfonner les immigrants en jeunes Québécois avant leur transfert à l’école publique conunune.Et, notons-le, les jeunes des minorités ethniques nous ont bien précisé que le choix de l’école publique intégrée n’aurait pas nécessairement été celui de leurs parents, plus attachés à leur passé, pas plus qu’il n’était celui de la facilité pour eux: mais après un départ difficile, l’école publique intégrée les assurait, croyaient-ils, d’une meilleure intégration au Québec.Des envieux Enfin, ce «cadeau» à la communauté juive fera aussitôt, et à bon droit, des envieux du côté des autres écoles privées et mènera à l’éclatement du système d’éducation québécois en une myriade d’écoles privées desservant des communautés exclusives d’intérêt.Non seulement ces écoles privées subventionnées grassement (sinon totalement!) par un public qui n’y a pas accès sont une aberration en démocratie, elles saperont de surcroît le laborieux et merveilleux travail interculturel qui s’est fait dans l’école publique et qui fait que les jeunes Montréalais d’aujourd’hui se mêlent beaucoup plus spontanément dans les institutions et sur la place publiques qu’il y a 20 ans.Il n’y a aucun doute là-dessus: l’école publique reste le meilleur creuset des échanges interculturels et autres car elle est la seule à accueillir universellement les enfants et à avoir, en conséquence, une obligation d’enseigner la tolérance et l’ouverture.Négliger l’école publique comme société, c’est courir au conflit.Bref, les conclusions des recherches sur les relations ethniques et de l’expérience de pays qui ont vécu de douloureux conflits internes vont toutes dans le même sens: sans contact significatif et continu entre les groupes, aucun rapprochement significatif n’est possible.Que le gouvernement québécois ignore tout de ces recherches et de ces réalités est pour le moins surprenant Que la communauté juive, qui a historiquement tant lutté pour son intégration et qui a tant contribué à la vie montréalaise en ouvrant généreusement les portes de ses institutions à l’ensemble de la communauté montréalaise, appuie un tel projet l’est encore plus.Tribunaux religieux Pas question de modifier le Code civil du Québec Il n'est pas question de toucher au principe de Végalité pour tous JACQUES P.DUPUIS Ministre de la Justice et procureur général du Québec e désire réaffirmer aujourd'hui la position J du gouvernement du Québec selon laquelle l’instauration d’une instance d’arbitrage ou de médiation qui rendrait des décisions en matière familiale en vertu de la «J charia ou de tout autre code religieux n’est pas permise par la législation québécoise et ne le sera pas.D n’est donc pas question de modifier le Code civil du Québec ou toute autre loi afin de permettre l’arbitrage religieux en droit de la famille, ce que j’ai d’ailleurs affirmé le 13 décembre dernier à l’Assemblée nationale et par voie de communiqué.L’article 2639 du Code civil du Québec exclut l’arbitrage conventionnel pour les questions touchant l’état et la capacité des personnes, pour toutes les matières familiales et pour toute autre question qui intéresse l’ordre public.Ainsi, aucun arbitre religieux ou laïque ne peut par exemple, prononcer un divorce ou décider d’une pension alimentaire, du droit de garde des enfants ou du partage des biens entre les conjoints.La médiation familiale doit être effectuée par un médiateur accrédité, comme le prévoit la loi.Seuls les avocats, notaires, psychologues et travailleurs sociaux qui ont suivi une formation obligatoire sont re- connus par le gouvernement comme médiateurs accrédités.Ces professionnels sont également soumis à toutes les lois et tous les règlements encadrant la pratique de leur profession.Il n’est pas question de modifier les lois afin de reconnaître les membres de mouvements religieux, quels qu’ils soient, comme médiateurs familiaux accrédités.Enfin, je tiens à réitérer que le principe d’égalité de tous devant la loi est fondamental dans les valeurs du Québec et qu’il n’est pas question de toucher à ce principe d’aucune façon Le Code dvfl s’applique à tous les résidants du Québec, quelle que soit leur appartenance religieuse, et aucun système d’arbitrage ne sera toléré dans les matières qui concernent la famille et l’ordre public.HS v Denise Bombardier Balancier LM expérience qui vient forcement avec l’âge * nous enseigne que le retour du balancier est un mouvement inévitable.Elle nous apprend aussi que si le roseau plie mais ne rompt pas, l’excès de pression produit en général une cassure.Dans notre democratic menacée par les lobbys, il se pourrait bien que l’année qui débute soit celle du retour, à peine perceptible à l'heure actuelle, du balancier affole depuis plusieurs années.la tolérance sociale est devenue un fourre-tout.Elle recouvre l’indifférence ou, au contraire, le noyautage de l’opinion publique par des groupes d’intérêt.Elle indique parfois le refus d’évaluer les comportements, les gestes et les paroles.Or cette tolérance au dos large risque de diminuer, la so ciété québécoise, devenue réfractaire aux institutions, à l’exercice de l’autorité et aux rôles sociaux, ne s’en trouvera pas plus mal.On ne peut pas faire perdurer l’éclatement de nos institutions, de notre mémoire collective, nous déraciner de nos croyances passées, de nos idéaux, sans y perdre le souffle de vie.En d’autres termes, sans créer une culture du cynisme ou, pire, du néant, comme trop d’expressions de notre déprime collective; cette dernière, déjà mise en relief dans cette chronique, le laisse croire.Une observation attentive de nos nouveaux engouements pour le parler cru, l’absence de normes tant vestimentaires que relationnelles, l’obsession de l’anticonformisme, l’éloge de toutes les marginalités, déviances et outrances, nous amène à conclure que la tolérance serait devenue le nouveau conformisme.Cela expliquerait, en partie du moins, le succès des Jeff Fillion et autres Bougon, travestis ou pas.Jusqu’à présent, l’opinion a semblé tout accepter de ces modèles culturels souvent à l’opposé de la façon de vivre des gens qu’on ne peut plus qualifier de normaux puisque la norme est un concept éculé mais que nous désignerons du terme «ordinaire», comme dans «monde ordinaire», les sociologues, eux, savent qu’une société n’existe pas hors norme, mais nos gourous actuels, souvent issus du système médiatique, aiment à le prétendre.?les institutions les plus susceptibles de créer la sécurité sans laquelle l'activité humaine tourne à vide, à savoir le mariage, la vie de couple et la famille, ont trop souvent servi de repoussoir depuis quelques décennies.Le mariage suscite le scepticisme, voire la risée, alors qu’il est de bon ton de décrier les relations familiales puisqu’elles ne découlent pas d’un choix personnel.L’individualisme ne semble pas supporter l’existence de structures imposées sans le consentement de ceux qui les subissent.Nous sommes à l’ère de la mutance et de la génération spontanée.Le nombril est exhibé, non comme signe de rattachement à un autre être, évidemment la mère, mais plutôt comme lieu central de l’affranchissement, c'est-à-dire de l’au-toconception.Les amis ont été substitués aux parents car ils offrent cet avantage pratique de ixnivoir être cpngédiés selon le bon vouloir du je tout-puissant.Évidemment, on ne congédie pas son père, sa mère et sa fratrie même si, parfois, on les renie.En ce sens, les liens du sang sont indestructibles.?À quoi rêvent les jeunes filles et les jeunes garçons de nos jours, ceux qui ont vingt ans et moins?Èh! bien, contre toute attente, ils sont nostalgiques du bon vieux temps de leurs grands-parents, ils écoutent le groupe Mes Aïeux, ils considèrent la famille comme un idéal, espèrent vivre en couple et croient que l’amour, dans leur cas, pourrait durer toujours.Ils veulent des enfants, souvent plusieurs, c’est ce qu’ils disent, et leur vie sexuelle est plus tardive et, surtout, plus calme que celle de la génération aujourd’hui dans la trentaine.Le mot «fidélité» ne les fait pas s’écrouler de rire et, pour plusieurs, leurs parents sont leurs modèles.Avec un tel état d’esprit, il faut s’attendre, à l’avenir, à un affrontement de taille entre ces enfants dont le conservatisme prend sa source dans un désir légitime d’apaisement et d’harmonie et la génération de tous les éclatements qui est en train de mourir de rire et s’avance vers le pouvoir.La tolérance comme nouveau conformisme est une coquille vidée de sa substance.Par exemple, la décision de subventionner davantage quelques écoles juives ne relève pas de la tolérance mais de l’aveuglement, de la démagogie et de la gestion pot tique sous pression d’un petit groupe.Elle ouvre de nouveau la porte à l’enseignement confessionnel, et on comprend la réjouissance exprimée par une association musulmane qui n’attendait que ce genre de bêtise pour exiger la même chose.Cette décision gouvernementale risque de provoquer une réaction chez tous ceux qui croient à la déconfessionnalité d,e l’école et qui ont contribué à soutirer le pouvoir à l'Église catholique.Trop de tolérance mène à une vraie intolérance.Le retour du balancier peut se faire ici plus vite que prévu.denbom bardierUaj,videotron, ca Ecrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Igs commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redactiontPledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalisles à l’information générale et métropolitaine Gérald Dallairr (adjnint au dmctnr dr lïa/tirmolion), Jeanne Corriveau (affaim municipales).Fabien Deglise.Marie-Andrée Chouinard (iducalwn) ; Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la pose Idées).Brian Mylea (justice et (dits de société).Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement).Benoit Monger (responsable du site Internet).Isabelle Paré (santé) Louise-Maude Rioux-Soucy (surnuméraire)-.Pauline Gravel /sciences) : Guillaume Bourgault-Cété (surnuméraire).Antoine Robitaille (surnuméraire), Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Martin Duclos.Michéle Malenlant et Christine pumazel (relecteurs).Léo-Renée Guimont et Serge Faquin (relrrteurs lurssmérnira), Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; h l’information culturelle : Michel Bélair (théâtre etcahier culture).Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end) Stéphane Baillargeon (reporter), Pau! Cauchon 'médias).Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma).Bernard Lamarche (arts visuels et musique) Frédérique Doyon (surnuméraire); A l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Dominique Reny (pupitre).EricDesrosiers.AlecCastonguay.Claude Turcotte, François Desjardins (surnuméraire): A l’information internationale Jean-Pierre I^egault (pupitre internationale et page éditoriale).Claude l-évcsque, GuyTaillofer (ad-ioint au directeur de /information : Serge Truffaut (éditorialiste): A l'information politique Hélène Buzetîi et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires û Québec), Kathleen Lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à ta rédaction) : Marilyse Hamelin.Alexandre Shields (commis).La documentation Gilles Paré (directeur): Manon Derome.Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Marlène Cdté, Dave Cameron, Christiane Legault, Amélie Mat-tab.Jacques A Nadeau, Claire Paquet.Micheline Ruelland.Nadia Sebaï.Mélisande Simard (paMiotaires).Laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette, Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Nathalie Zemaitis, Michel Bernat-chez, Philippe Borne.Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Donald Filion.Olivier Zuida.INFORMATIQirE, Yanick Martel tresponsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Linda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Roxanne Labèlle, (coordonnatrice à la promotion et à la sollicitation).Loli Sénéchal-Berthiaume.MoniqueUHeureux.Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc.L’AI) MINI STRATOIN Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy.Germain Haeck (contrôleur).Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointr administrative).Claudine n-.a. LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2005 CM,ES B K È V E S Vilaine université D’ordinaire, ce sont les défenseurs des droits des animaux qui attaquent en justice des universités.Cette fois, c’est le.ministère états-unien de l'Agriculture.Dans une plainte déposée en septembre, celui-ci accuse l’Université de Californie à San Francisco d’avoir violé à 60 reprises, entre 2001 et 2003, la Loi sur le bien-être des animaux, incluant une opération sans anesthésie sur un veau et des chimpanzés privés d’eau.L’université a promis d’enquêter sur ces allégations mais nie que ces chercheurs aient pu pratiquer une opération sans anesthésie.-Agence Science-Presse Vilains f Etats-Uniens La méfiance états-unienne à l’égard des étrangers les a privés d’un autre brillant cerveau.Le Nobel russe Zhores Alferov, 74 ans, sommité mondiale des lasers et de la microélectronique, a quitté le consulat états-unien à Saint-Pétersbourg en mettant lin abruptement à un interrogatoire sur ses compétences, alors qu’il était venu chercher un visa pour participer, à une série de conférences aux Etats-Unis.Depuis, le consulat a envoyé une lettre d’excuses et l’Université de Berkeley pourrait reprendre les conférences au printemps 2005.si son invité arrive cette fois à franchir la barrière de la bureaucratie.-Agence Science-Presse Vilaine guerre Guerre et civilisation sont-elles indissociables ?C’est ce qu’on est porté à croire à mesure qu’an-thropologues et archéologues accumulent les preuves de violence en provenance des millénaires où des millions d’années de chasse et de cueillette ont progressivement laissé place à une vie plus .sédentaire.Témoin, ce projectile enfoncé dans la vertèbre d’un homme de 14500 ans, ainsi que des blessures aux crânes de deux de ses voisins, le tout retrouvé sur des squelettes initialement découverts en 1931 sur un site israélien.Sur un total de seulement 17 Na-tufiens — ceux qui peuplaient la région à cette époque —, trois morts violentes, ça fait beaucoup.- Agence Science-Presse Vilains déchets Déchets et civilisation sont-ils indissociables?Ce site israélien habité par les Natufiens il y a 14 500 ans (texte précédent) a aussi révélé.que ces humains sortaient les déchets.Deux chercheurs australiens ont recensé pas moins de 439000 « débris », allant du plus petit os d’animal à des débris d’outils de pierre.La majorité (82%) de ces débris avaient été enterrés, ce qui suppose que, déjà il y a 14 500 ans, on se souciait de mettre de l’ordre autour de la maison.D’autres recherches sur des sites de cette époque — le Néolithique — ont toutefois révélé qu’avec le temps, hommes et femmes semblaient se lasser de sortir les déchets : les plus récents sont ceux qui n’ont pas été enterrés mais simplement accumulés à proximité.De quoi créer une «crise des déchets» similaire à la nôtre quoiqu’à une échelle réduite.- Agence Science-Presse Peur héréditaire Il n’y a jamais eu de lions dans les montagnes de la région d'Iwate, au Japon.Et pourtant, il a suffi de répandre de la crotte de lion — obtenue d'un jardin zoologique — sur la voie ferrée pour en éloigner les animaux sauvages du coin.Et ainsi réduire considérablement le nombre d’accidents impliquant cerfs, renards et autres petites bestioles.Question: mais comment savent-ils que le lion est dangereux s'ils n’en ont jamais rencontré?-Agence Science-Presse Comment assurer sa descendance Chez la plupart des mammifères, les femelles ne sont pas plus fidèles à un compagnon que les mâles.Mais les biologistes découvrent de plus en plus d’espèces chez qui le mâle a trouvé un truc.Dernier en lice, rapporte une équipe états-unienne dans la revue Nature, un campagnol (Afi-crotus pennsylvanicus) qui, pour augmenter ses chances que ce soient ses spermatozoïdes à lui qui fécondent l’ovule, augmente la production de spermatozoïdes dès qu’il sent chez la femelle, l’odeur d’un autre mâle.-Agence Science-Presse L explorateur perceptionniste Le professeur Jocelyn Faubert, chercheur en psychophysique expérimentale, étudie la perception visuelle du mouvement et des formes Vous faire rencontrer des chercheurs passionnants et passionnés, c’est ce que proposent la revue Découvrir et Le Devoir dans cette série de portraits de membres de notre communauté scientifique.Présentés en primeur ici, ces portraits sont extraits de la revue bimestrielle Découvrir, qui rend compte des avancées de la recherche d’ici dans toutes les disciplines.Le prochain numéro est disponible en kiosque ces jours-ci (www.acfas.ca/decouvrir).ARSÉNIO CORÔA Jocelyn Faubert dans le plus impressionnant jeu vidéo du Canada.Ici, pas de pièces à insérer pour se laisser emporter dans des illusions à couper le souffle.mil MATHIEU ROBERT SAUVÉ ‘"'¦P* e gravis à toute vitesse les escaliers d'une étrange cathédrale multicolore, franchis trois étages et traverse une passerelle pour atteindre une mezzanine carrelée.J’approche du bord.Je perds f pied.Je glisse dans le vide.Ahhh ! ’ J’ai beau me répéter que j’évolue dans un environnement virtuel, mon cerveau n'en croit rien : pour lui, nous subissons une authentique chute.Sans Jocelyn Faubert pour me rattraper par le bras, je m'effondrerais sur le sol comme une crêpe.Nous sommes «dans» le plus impressionnant jeu vidéo du Canada.Ici, pas de pièces à insérer pour se laisser emporter dans des illusions à couper le souffle.L’enceinte, grande comme une salle de bains, sert à l’étude de la perception visuelle du mouvement et des formes, champ d’iqtérêt privilégié de mon hôte, professeur à l’Ecole d’optométrie de l’Université de Montréal et chercheur de l’heure en psychophysique expérimentale.A la différence d’un simple casque de réalité virtuelle que l’on enfile sur la tête, le Cave Automatic Virtual Environment (CAVE) accueille tout le corps du sujet, et les scientifiques peuvent suivre ses moindres gestes grâce à des capteurs installés sous ses pieds ou le long de son corps.Ce qui compte le plus, dans le CAVE, ce ne sont pas les animations infographiques futuristes mais les scènes de la vie quotidienne.Comment le sujet évolue-t-il sur le trottoir, dans un centre commercial ou en agrippant la rampe d’un escalier mobile, par exemple ?«En dépit du côté spectaculaire de cet appareil, ce qu’on fait ici est de la science», explique le chercheur.En effet, pour enfiler les lunettes 3D et les gants cybernétiques, il faut souffrir de glaucome, de maladie de Parkinson, être presbyte, daltonien, autistique, myope.ou journaliste.Bref, on n'est pas là pour s’amuser! N’empêche que lorsque le chercheur a assemblé cette broutille dç 1,8 million de dollars dans les murs de l’Ecole d’optométrie, ça murmurait dans les corridors.Aujourd'hui, quand on soupire autour de lui, c'est de fierté.«Jocelyn Faubert a certainement contribué à mettre l’école sur la carte internationale en matière de recherche», dit l’im de ses collègues.Avec quelques autres chercheurs très productifs comme Maurice Ptito, Christian Casanova, John Lovasik et Jacques Gresset, Jocelyn Faubert a déclenché Tenvol scientifique d’une école qui en avait bien besoin.«Jocelyn, c’est un gars qui fonce.Il va au bout de ses idées», confie Robert Forget, directeur scientifique du Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation, qui collabore avec lui à plusieurs projets.Il le connaît assez pour pouvoir affinner qu'il s’agit là d’un travailleur acharné.«Il a une personnalité forte.Mais c'est le propre des bons chercheurs!», ajoute M.Forget Galère et postdoc Si, à 45 ans, Jocelyn Faubert a le profil d'un brillant universitaire qui participe à des jurys de thèse, siège à des comités d’études supérieures et publie dans d’importantes revues savantes, il n’en a pas toujours été ainsi.A l’âge où il aurait dù entrer à l’université, il a choisi de partir pour une destination inconnue, son baluchon sur l'épaule.Il n'en est revenu que trois ans plus tard.«Je suis parti sur le pouce pour l'Ouest canadien.J'ai couché dans des fossés, fait 36 métiers.Un vrai décrocheur», dit-il en riant Voyant que les automobilistes n’étaient pas prompts à le prendre à leur bord — «Faut dire que j’avais les cheveux pas mal longs!», se rappelle-t-il —, le pèlerin trouva un moyen détourné pour gagner les Prairies: le train.«La troisième locomotive des convois de marchandises est toujours vide, remarquât-il.J’y montais en courant et c’était gagné.Cuisinette.salle de toilettes privée, sièges rembourrés: la première classe!» Son périple prend fin lorsqu'il décide, un beau matin, de rentrer à Montréal.Il décroche un boulot de caissier au Stade olympique et vend des billets pour les matchs des Expos.Rapidement, ses patrons le remarquent.On lui offre la gérance de quelques guichets, puis de l'ensemble du service.Un an plus tard, il dirige une équipe de 60 personnes et des stagiaires en marketing viennent étudier son approche-client.Ce sens des affaires, il le tient de son père, un self-made man qui a gravi les échelons chez Téléglobe pour devenir le grand responsable de la vente des satellites à l’étranger.Mais à ce moment-là, ce sont les études qui occupent l’esprit du jeune Jocelyn.La psychophysique, il en mange ! Coup sur coup, il termine son baccalauréat (1984), sa maîtrise (1986), puis son doctorat (1991), avant de poursuivie un postdoctorat à l’Université Harvard.A la même époque, il est engagé à l’Université de Montréal, où il est professeur titulaire depuis 1999.Professeure à l’Université Concordia, Olga Overbury se souvient d’avoir accueilli dans son laboratoire cet étudiant aux yeux marron, curieux et insatiable.«Alors que la plupart des étudiants en psychologie se dirigeaient vers la clinique, lui voulait faire du labo.Il voulait tout comprendre.Je n’en ai pas connu beaucoup d’aussi brillants au cours de ma carrière.Il avait la recherche dans le sang», dit celle qui a dirigé ses études de maîtrise et de doctorat Le choc est déterminant.Dès qu’il plonge dans l’étude de la vision chez les personnes âgées avec Mme Overbury, il comprend que l’œil sera pour longtemps sa passion.«L’œil est le miroir du cerveau, dit Jocelyn Faubert Ce n’est pas pour rien que la plus grande partie de notre cortex travaille à l’analyse de l’image.» L’œil est aussi une porte ouverte sur un vaisseau sanguin étonnant: le nerf optique.Au cours de ses recherches, M.Faubert met au point un appareil portatif révolutionnaire.Breveté au Çanada, en Europe et aux Etats-Unis, le On-line Spectro-reflectometry Oxygenation Measurement in the Eye (OSOME) permet en effet de déterminer le taux d’oxygène dans les molécules d’hémoglobine qui circulent autour du nerf optique.En un clin d’œil, pourrait-on dire, l’OSOME mesure ce taux avec précision, de façon non invasive et en temps réel.On sait depuis longtemps que si l’oxygène cesse d’être acheminé au cortex pendant plus de 10 minutes, un coma irréversible ou un état de mort cérébrale peut survenir.Les techniques disponibles pour mesurer l’oxygénation dans le système sanguin sont longues ou invasives.L’utilité de cette machine dépasse donc largement les sciences de la vision.L’équipe du laboratoire de psychophysique et perception ne visait pas au départ à mettre au point un tel appareil.Pour le professeur Faubert et son étudiant Vasile Dia-conu, aujourd'hui professeur à l’école, coinventeur, il s’agissait au départ de documenter l'activité physiologique de l’œil face à un spectre de couleurs.Mais quand le directeur du laboratoire s'est aperçu que leur système était assez sensible pour calculer la différence entre le nombre de photons qui pénètrent dans Tœil et ceux qui en sortent; il a décidé d’exploiter ce filon.Entre deux recherches.La ruche en action À l’École d’optométrie de l’Université de Montréal, on ne cache pas que l’embauche de Jocelyn Faubert, en 1991, avait pour but de relancer les activités de recherche, alors si anémiques que les mauvaises langues craignaient de voir l’école devenir.un cégep.Aujourd’hui, l’atmosphère a changé: à lui seul, Jocelyn Faubert a obtenu près de cinq millions pour les cinq prochaines années dans le cadre de différents projets.Son financement provient des plus prestigieux organismes scientifiques: Institut de L> œil reconstruit l’image chaque fois - que la paupière laisse passer la lumière.Durant le réflexe pupillaire, qui a lieu plusieurs fois par minute, l’image est ainsi reconstruite en tenant compte de cinq éléments — la luminosité, la couleur, la texture, la profondeur et le mouvement — sans que nous en prenions connaissance.Lorsque nous clignons des yeux J près d’une image comme celle ci-contre, la reconstruction devient visible puisque la « roue » semble tourner.L’illusion a été observée chez 200 sqjets.La quasi-totalité (99%) des sujets a expérimenté l’illusion avec succès, particulièrement évidente en vision périphérique.L’hypothèse des auteurs, Jocelyn f Faubert et Andrew Herbert, était toutefois que l’illusion n’était possible que si les dégradés de cônes allant du noir au blanc ne s'opposaient pas.Dans le cas contraire, la « roue » ne recherche en santé du Canada, Conseil national de recherche en sciences naturelles et en génie, Fondation canadienne pour l’innovation, Fonds de la recherche en santé du Québec.Des entreprises comme l’opticien français Essilor s’intéressent même à ses travaux au point de lui confier des chaires de recherche.Le laboratoire de Jocelyn Faubert compte aujourd’hui près de 25 personnes.«Jocelyn est un excellent professeur.Il a su créer un environnement unique ici», affirme Armando Bertone, spécialiste de la vision des autistes qui a complété un Ph.D.sous sa direction.Ils ont signé ensemble des articles dans le Journal ofCongnitive Neurosciences, Neurology et — à paraître sous peu — Brain.Présent dans le laboratoire en dépit de son horaire chargé, le chercheur a toujours du temps à consacrer à ses étudiants, affirme Armando, qui parle de lui comme d'un ami.«Je dirais qu’il est comme le tronc d'un arbre.Nous sommes les branches.Tout ça donne des fruits.» Sa conjointe, la journaliste Dominique Nancy, affirme que Jocelyn ne cesse jamais de travailler.«Parfois, il prend notre fils Olivier dans ses bras et, en voyant bouger ses yeux, se met à imaginer une recherche sur la vision des bébés.Vraiment passionné ! » La professeure Overbury, qui n’aime pas tournerait pas.L’expérience a permis de confirmer l'hypothèse.que ses étudiants occupent un emploi alors qu’ils devraient se consacrer à leurs études, n’en revient pas encore de la capacité de travail de Jocelyn Faubert.«Quand je l’ai connu, il était responsable de tout le secteur de vente des billets des Expos de Montréal.Et il étudiait à temps plein.Je me demande comment il fait.» C’est à sa mère, une authentique Irlandaise, qu’il doit cette énergie, estime Jocelyn Faubert A 72 ans, elle est encore active sur le marché de l’immobilier.Ses parents n’étaient pas des universitaires mais ils ont toujours beaucoup valorisé les études, reconnaît-il.Les trois garçons Faubert les ont poussées assez loin.Son frère aîné, Claude, est radiologiste en Allemagne, et Christian, le benjamin, qui détient une maîtrise en administration des affaires et un diplôme d’urbaniste, est cadre à la Banque Nationale.Les doigts d’une main Jocelyn Faubert a encore mille idées à exploiter dans un domaine qui fait appel aux propriétés physiques des ondes lumineuses, aux neurosciences, au génie biomédical et, évidemment, à l’optométrie.Un domaine où les laboratoires spécialisés se comptent sur les doigts d'une main au Canada.«Tout est perception, dit le spécialiste.La réalité physique semble limitée à ce que nous percevons.Cela a d’ailleurs longtemps posé des problèmes d’ordre philosophique.La réalité est-elle réductible à ce que nous voyons?Les empiristes disaient que oui, jusqu’à ce que nous comprenions qu’il est possible de percevoir des choses que nous ne voyons pas.» Aujourd’hui, même l’expansion de l’univers s'explique par la circulation des ondes de longueur variable.Les sondes qui ont transmis des images de la planète Mars ont permis aux spécialistes de la NASA de savoir quels cailloux jonchaient le sol de cet astre lointain.Encore une question de perception : * Chaque minéral émet un spectre particulier, explique Jocelyn Faubert.On n’a qu’à l’enregistrer et à le comparer à celui de minéraux connus.» Le ciel est la limite, vraiment, pour ce chercheur! D’ailleurs, lorsque l’astronaute Marc Garneau est venu visiter son laboratoire récemment, ils ont discuté perception visuelle en état d’apesanteur.Un domaine plein de promesses, remarque-t-il.« Toute notre vision est influencée par l’effet de la gravité.Nous appelons cela la proprioception.Nous reconnaissons un visage parce qu’il est “à l'endroit”, nous attrapons une balle en calculant mentalement la masse, la friction et d’autres paramètres.Dans l’espace, c’est tout un monde nouveau qu’il reste à étudier.» Le voilà reparti.« L’œil est le miroir du cerveau.Ce n’est pas pour rien que la plus grande partie de notre cortex travaille à l’analyse de l’image.» La roue immobile qui tourne
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