Le devoir, 15 janvier 2005, Cahier E
DEVOIR.LES THÉÂTRE Des objets et des hommes Page E 3 SAMEDI 15 E DIMANCHE 10 JANVIER 2 0 5 CINÉMA Almodovar et les histoires de famille Page E 8 ?LE DEVOIR - SOURCE: CINÉMATHÈQUE !«*>¦ La Nuit de l'iguane The Misfits The African Queen Huston sut traduire avec humanité et compassion la psyché de personnages complexes HUSTON fureur du monde La Cinémathèque québécoise présente, du 19 janvier au 12 mars, une rétrospective majeure consacrée à l’œuvre de John Huston.Vingt-six films, rien de moins, puisés dans les fonds de plusieurs cinémathèques.Belle occasion de redécouvrir ses classiques, mais aussi de connaître ses œuvres oubliées.C’est du bois des aventuriers qu’on fait parfois les meilleurs cinéastes SOURCE.CINÉMATHÈQUE Une scène du film Key Largo avec Lauren Bacall et f.?»' mm ODILE TREMBLAY Diable d’homme! Sportif, aussi à l’aise sur un ring de boxe que sur la selle d’un cheval ou devant le taureau d’une corrida, jadis engagé dans la cavalerie mexicaine pour épauler la cause de Pancho Villa, écrivain à ses heures.C’est du bois des aventuriers qu’on fait parfois les meilleurs cinéastes.Né dans le Nevada en 1906, mort en 1987, John Huston tâta des planches et atterrit comme comédien sur plusieurs plateaux, les siens comme ceux des autres (on le revoit dans Chinatown, de Polanski).11 était le fils du grand comédien Walter Huston, devint le père de la non moins talentueuse Anjelica Huston.John s’inscrit dans une dynastie.Ses chemins ont croisé ceux d’Hemingway, bien sûr, proche par tempérament d’O’Neill aussi.Il fut quelque temps scénariste pour un peu n’importe quoi: polars, westerns, etc., mais quand l’occasion se présenta de réaliser un premier long métrage d’après un roman de Dashiell Hammett sa vie bascula, comme celle d’un acteur jusque-là destiné à jouer plutôt les seconds couteaux J’ai nommé Humphrey Bogart Le film tourné par John Huston en 1941 s’intitulait Le Faucon maltais, et Bogart y gagna le statut d’icône.Loin de Malte, mais dans des intérieurs de mystère où une statuette noire représentant un faucon suscitait toutes les convoitises.Avec le détective Spade aux trousses de gangsters internationaux, ce film noir allait devenir emblématique du genre.Qui a oublié Le Trésor de la Sierra Madré (1948), tourné dans les paysages mexicains, fable où des prospecteurs se dépassent, s’entretuent pour l’amour de l’or ou décident de transcender son mirage?Bogart était de la noce, ainsi que le père de Huston.Quant au cinéaste, il avait réussi à demeurer en retrait de son sujet, avec un rire supérieur, démontrant la vanité de cette quête de richesse.La même année, dans le merveilleux Key Largo, Bogart donne la réplique à la toute jeune Lauren Bacall, appelée à devenir la femme de sa vie.Film de tempête et de terrible huis clos, Key Largo évoque les lendemains de guerre, dans une Floride où la mafia cubaine et américaine entend refaire la loi et où quelques braves ne l’entendent pas de cette oreille.Des réussites inoubliables Certaines voix ont reproché à John Huston de camper surtout des perdants de la vie, comme si les figures victorieuses étaient plus intéressantes que celles de l’échec.Au fond, en explorant les méandres des dérives humaines (tirées souvent d’œuvres littéraires), John Huston se révélait plus moderne que ses contemporains et sut traduire avec humanité et compassion la psyché de personnages complexes.Eparpillé et inégal, soit dandy, certes, touche-à-tout on veut bien; sur une quarantaine de films, il aura réalisé une quinzaine d’œuvres majeures.Une bonne moyenne au bâton, en définitive.La Cinémathèque projette aussi des films moins connus de Huston, tel le documentaire San Fietro, réalisé durant la bataille de San Pietro en Italie (1944) pour le compte de l’armée américaine.Les élans A patriotiques et les «horreurs à ne pas montrer» sont au programme, mais au delà on aperçoit un regard d’artiste, au poste dans sa manière de tourner.Chacun possède son Huston à lui, ou du moins ses films-cultes, vus et revus, avec ses comédiens préférés.D’ailleurs, la palette de ses interprètes impressionne.En 45 ans, il aura mis en scène des acteurs phares: Humphrey Bogart bien sûr, mais aussi Clark Gable, Marilyn Monroe, Kirk Douglas, Katharine Hepburn, Ava Gardner, Marlon Brando, Elizabeth Taylor, Richard Burton, Kathleen Turner, Gregory Peck, etc.Evoquer son Moby Dick, adapté en 1956 du génial roman de Melville, c’est sentir souffler une vraie force cinématographique.Gregory Peck sut épouser l’obses- sion du capitaine Achab à la jambe de bois poursuivant la baleine blanche sur les océans déchaînés.L’image du vieil homme mort attaché par la corde de ses harpons au cétacé assassin s’inscrit comme rune des scènes puissantes du septième art The African Queen, bien entendu, en 1952, mit en scène avec un charme fou un couple inoubliable flottant sur un rafiot: Humphrey Bogart, toujours, aux côtés de Katharine Hepburn, issus de deux mondes que tout sépare, la dame et l’aventurier, mais bravant ensemble les dangers les plus invraisemblables.Aimé puis boudé par Hollywood, expatrié pendant vingt ans en Irlande, c’est en France VOIR PAGE E 2 : HUSTON l ! LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2 0 0 5 E 2 Culture HUSTON La Nuit de Tiguane se révèle un film lourd de questionnements philosophiques SUITE DE LA PAGE E 1 qu’il tourna en 1952 Moulin-Rouge sur la vie du peintre Toulouse Lau-trec, en Italie qu’il réalisa deux ans plus tard, sur une tonalité burlesque, Plus fort que le diable.Après son retour au pays, Huston créa en 1961 un pur bijou: The Misfits, œuvre impressionniste d’après Arthur Miller, avec une action située à Reno, dans son Nevada natal, et des solitaires en équilibre sur des mondes qui s’écroulent.Marilyn Monroe, au faite de sa fragilité, et Clark Gable, dans un chant du cygne, montraient leurs failles à la caméra; d’où la sensibilité de ce western décalé d’une époque.The Misfits fut le dernier film de ces deux acteurs, que la mort emporta.La Nuit de l’iguane, tourné au Mexique en 1964 d’après l’œuvre de Tennessee Williams, avec Richard Burton entre deux amours, à la croisée des chemins, se révèle un film lourd de questionnements philosophiques.En 1987, The Dead, avec sa fille Anjelica Huston dans la distribution, d’après une nouvelle de James Joyce, lui permit de brosser des portraits pointillistes qui furent sa dernière touche, son ultime coup de chapeau, en terminant dans la délicatesse une œuvre qui montra souvent le bruit et la fureur du monde.Le Devoir PERSPECTIVES Pour saluer Virginie Fabienne Farouche raconte des histoires qui parlent de la condition humaine JH écoute Virginie sys-* tématiquement depuis plusieurs années.J'ai eu parfois le goût d’abandonner, quand la sauce s’étirait et que le remplissage prenait le dessus.Par fidélité, pourtant, j’ai persisté et, toujours, Fabienne Larouche a fini par me donner raison: Virginie mérite qu’on l’écoute.Les téléromans, prétendent, souvent avec raison, les esprits chagrins, seraient des déserts culturels.Virginie, à cet égard, fait figure d’exception.Par l’entremise du fascinant personnage de Pierre Lacaille (Jici Lauzon), les téléspectateurs ont pu entendre de savoureuses et informées envolées marxistes sur les origines sociales de l’injustice économique et culturelle, de brillants lamentos situationnistes 0e gars lit Guy Debord) au sujet de la marchandisation du monde et des réflexions sur les liens entre totalitarisme et langage (un de ses élèves, soi-disant fan d'Hitler mais juif, s’amuse à déployer un habile discours d’extrême droite pour mettre au jour la fragilité argumentative d’une rectitude politique indolente).Quand une de ses multiples maîtresses lui apprendra qu’elle est enceinte de Corn Ï Les BELLES SOIRÉES de CONSTiL-ON 1 l'Université de Montréal J: ‘SffUh-tjpet ir&t&pjgic/* de/uuù 1970 vous proposent une semaine de THÉÂTRE À PARIS du 22 au 30 avril 2005 Groupe accompagné par Mme Rita Lafontaine, comédienne.r j Rens.et Réservations : Marjorie 397-0467 ou 987-9798 i Us PiqMims Octotue 55 SrëSBltffll leittiliiiieiprtlUM üoimaiiil Cariière «««en scène Hndrii HorisseFle v.-m 5i|l»;p HmiIicm -Sinn Uns Raitme Iumi Mtlli flniie Itesiei *«« Utlwiüt lw«5 .i < s ta Suite CloiilHcl Ou 4 au 22 janvier 2005 S la Salle (i «I Haut ta llieàtie Semst Pelieliei 4353 Sdnile tail» est Mieai (Oaèlitcl, mi 11(2 JEEM'mMVh 514 253-8974 SW® ,,«F' TWi*» * DE PIERRE CHARRAS MISE EN SCÈNE DE LUKAS HEMLEB AVEC DENIS LAVANT ET VALÉRY VOLE une product ion du-Théâtre Vidy-Lausanne «¦ Une DÉ Ft NS E PASSIONNÉE DE LA LIBERTÉ DE L'ARTISTE.OLIEL qu'il SOIT.LA MISE EN SCÈNE DE LUkas Hemleb est tout simplement épatante ».tvE Dumas.La Presse.« UN spectacle magnifique peu importe oue l'on CONNAISSE OU NON L’OEUVRE DE BACON.C'EST TRÈS Genfvièvf St Germain, Radio Canada.AGcuMètro GUICHET (514) 521-4493 * ADMISSION (514) 790 1245 lui, le cynique à la superbe ébranlée écoutera Madame Adrienne, une chanson sur la beauté de la discrétion tirée du plus récent album de Gilles Vigneault, pour se remettre les idées en place.La mère, plus tard, deviendra hystérique et lui, plutôt mesquin, mais on peut présumer que rien n’est perdu.Ailleurs, en classe de chimie, deux profs ébranlent le préjugé scientiste des élèves en discutant de la théorie de la falsifiabilité de Karl Popper et un prof d’histoire (excellent Jacques L’Heureux), profondément catho à l’ancienne, se réfugie à la chapelle de l’école où les dilemmes moraux l’assaillent.Ce dernier, d’ailleurs, échange souvent avec son ami Lacaille, ce qui donne lieu à d’épiques échanges qui rappellent ceux du curé et du maire communiste dans Le Petit Monde de Don Camilla.Des références culturelles en masse, donc, qui ne servent pas qu’à épater la galerie mais déterminent, plutôt, le comportement de plusieurs personnages, comme celui, par exemple, du restaurateur créditiste qui offre un délicieux mélange de réaction et de compassion.Virginie, bien sûr, n’est pas exempt de défauts, qui vont du procédé caricatural au remplissage.Le téléroman n’en présente pas moins des personnages uis ellier riches en profondeur existentielle et des moments forts qui trouvent leur puissance ailleurs que dans le seul sensationnalisme mâtiné de bons sentiments.L’intrigue qui a culminé dans le millième épisode en offre une saisissante démonstration.Du bien et du mal Ce sont deux jeunes malmenés par la vie (brillamment interprétés par Antoine Bertrand et Cédric Pépin; retenez ces noms).Obèse, méprisé et battu par son père, sans amour et sans succès scolaire, le premier, Patrick, est devenu comme vide, déserté par toute conscience du bien et du mal.La prison, voire la mort, lui apparaît comme un réconfort Intelligent et sensible, le second, Sylvain, le protège.Mais ce protecteur, lui-même tragiquement écorché du fait qu’il fut violé par le père du premier et par d’autres pédophiles ensuite, n’a plus, lui non plus, de boussole.Contrairement à l’autre, il distingue encore le bien du mal, mais le bruit et la fureur qui tempêtent dans sa tête lui font croire que le bien ne peut plus surgir que du mal.Ils prendront, à l’école, les armes et feront une prise d’otages qui tournera mal.Il faudrait peut-être discuter de la pertinence de présenter une telle situation à une heure de grande écoute.Ne risque-t-on pas, ce faisant, de stimuler la folie de jeunes esprits dérangés qui pourraient y trouver un modèle?Il s’agpt, toutefois, d’un autre débat, qui ne concerne pas ce qui m’intéresse ici, c’est-à-dire la valeur intrinsèque de l’œuvre.L’affaire, donc, finira en drame, avec mort d’homme (ou presque) à la clé.Virginie (exquise Chantal Fontaine), pour se réconforter, aura recours aux mots et à la musique de Richard Desjardins: «Nous aurons des corbeilles pleines / de roses noires pour tuer la haine / des territoires coulés dans nos veines / et des amours qui valent la peine.» La suite, c’est-à-dire le dialogue entre les deux jeunes au poste de police et, ensuite, au centre jeunesse, relève du grand art.Il faut saluer, d’abord, l’initiative de Radio-Canada, qui a choisi, une première dans l’histoire du téléroman québécois moderne, de présenter cet épisode sous forme de radioroman à sa Première chaîne, renouant ainsi avec les origines du genre.Pour ces scènes tout en intériorité et en rage rentrée, ce choix générique brillait par son originalité et sa pertinence.Ces Sylvain et Patrick de Virginie ne pouvaient qu’évoquer, dans leur détresse, les tristes George et Lenny en fuite du classique Des souris et des hommes.La figure du géant blessé et inconscient réconforté par son fidèle et désemparé compagnon non seulement émouvait mais ébranlait A qui la faute, en effet?Aux jeunes eux-njêmes?Aux adultes méchants?A l’indifférence des professionnels restés sourds aux appels à l’aide?À l’anomie d’une société qui n’a plus que des techniques de réinsertion sociale à offrir aux éclopés en quête de sens?Au gros Patrick qui déclare se sentir enfin fort et respecté avec un fusil dans les mains, Sylvain réplique, fâché, qu’il ne veut pas ça, que ce n’est pas ça, l’affaire.C’est pourtant lui qui a incité l’autre, qui affirmait n’avoir plus rien à perdre, à prendre les armes.A l’un à qui échappent les notions de bien et de mal, l’autre répond qu’il faut combattre le mal par le niai, mais que le mal, c’est mal.Virginie, ce soir-là, était une œuvre nuancée et troublante, une œuvre forte, comme il lui arrive de l’être, quoi qu’en pensent ceux qui s’en moquent en rejetant en bloc la forme téléromanesque.J’ai déjà cru, je m’en confesse, que Fabienne Larouche n’était que le sous-fifre de Réjean Tremblay, qui lui permettait, par complaisance, d’accoler son nom au sien à l’époque où les deux formaient un couple.En entrevue, Fabienne Larouche continue, le plus souvent, de m’agacer.Mais je sais, aujourd’hui, que son Fïr-ginie ne se compare pas aux misérables insignifiances du Lance et compte de son ex-mentor.Elle raconte des histoires qui parlent de la condition humaine; il engourdit le public avec des clichés dignes d’annonces de bière qu’on aurait assaisonnées de sauce mélo.Longue vie à Virginie'.louiscomellier@parroinfo.net L'AFFICHE d’EDWARD bond mise EN SCÈNE : ARMAND DELAD0ËY UNE PRODUCTION DU CROCHET A NUAGES ET DE L'USINE G EN COPRODUCTION AVEC GE THÉÂTRE VIDY-LAUSANNE."Une direction d'acteurs rigoureuse MENÉE AVEC SOUPLESSE ET PROFONDEUR, UNE MISE EN SCÈNE SOBRE ET FORTE".(514) 521-4493 • ADMISSION (514) 790-1245 • WW)!,USINE-C.COM 3 COMPLICE ~-X-454890 H 4 V U , LM.KINrusSjg M I . LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 200 E Culture THÉÂTRE Des objets et des hommes Après Jarry et son Ubu, le Théâtre de la Pire Espèce s’attaque au mythe de Persée MICHEL BÉLAIR En mettant le pie ' sur le plateau, j’ai tout de suitt revu celui de Faut jeter la vteük-. Martin Léon Louis-Phlllbfe Paulhus unt production du -Théâtre Souches ,n collaboration »VeC le Théâtre de ^ua tilleterie « 5^5-7*77 #• "wv^atsous.co» theatreH SŒes théâtre rte il! A Y HOITS Masques à donner Voici quelques-uns des principaux finalistes à la Soirée des Masques du 30 janvier, diffusée en deux actes sur Artv, de 19h à 20h, et à Radio-Canada de 20h à 22h.Masque du public Loto Québec Cabaret de Joe Masteroff, John Kander et Free Ebb.Traduction et adaptation: Yv.-s Morin.Mise en scène: Denise Filiatr.mlt Théâtre du Rideau Vert et Zone3 Spectacles (Montréal).Cette fille-là de Joan MacLeod.Traduction: Olivier Choi-niène.Mise en scène: Sylvain Bélanger.Théâtre du Grand Jour (Montréal).Charbonneau et le Chef de John Thomas McDonough.Adaptation: Paul Hébert et Pierre Morency.Mise en scène: Claude Maher.Compagnie Jean Duceppe (Montréal).Grace et Gloria de Tom Ziegler.Mise en scène: Marc Alain RobitaiDe.Théâtre du Tandem (Rouyn-Noranda).Gros et détail d’Anne-Marie Olivier.Mise en scène: Erika Gagnon et Kevin McCoy.Théâtre Bienvenue aux Dames! (Québec).Œdipe à Colorie de Sophocle.Traduction: Marie Cardinal Mise en scène: Jean-Pierre Ronfard Espace Go et Théâtre du Trident Production étrangère Du serment de l’écrivain du roi et de Diderot de Mathias de Kôning, Damiaan De Schrijver et Peter Van den Eede, d’après Paradoxe sur le comédien de Denis Diderot; Carrefour international de théâtre.L’Eau, là de Sophie Hu-tin, Gwenaël Le Boulluec, Bernard Sultan et Nicolas Vidal.Agitez le Bestiaire (France); la Maison-Théâtre.W-Munkâscirkusz, d’après Woyzeck de Georg Büchner et des poèmes d’Attila Jôzsef.Carrefour international de théâtre.Jeunes publics À nous deux/de Joël Da Silva.Mise en scène: Michel Fréchette et Michel P Ranger.Théâtre de l’Avant-Pays (Montréal).La Librairie de Marie-Josée Bastien.Mise en scène: Frédéric Dubois.Théâtre du Gros Mécano (Québec).Romances et karaoké de Francis Monty.Mise en scène: Benoît Vermeulen.Théâtre Le Clou (Montréal).Montréal Avec Norm de Serge Boucher.Mise en scène: René Richard Cyr.Théâtre d’Aujourd’hui.Cette fille-là de Joan MacLeod.Traduction: Olivier Choinière.Mise en scène: Sylvain Bélanger.Théâtre du Grand Jour.Edmond Dantès, d’Alexandre Dumas, père.Adaptation: Elizabeth Bourget.Mise en scène: Robert Bellefeuille.Théâtre Denise-Pelletier.Everybody’s WELLES pour tous de Patrice Dubois et Martin Labrecque.Mise en scène: Patrice Dubois.Théâtre PàP Gagarin Way de Gregory Burke.Traduction: Yvan Bienvenue.Mise en scène: Michel Monty.Théâtre de La Manufacture et Tran s-Théâtre.Québec Gros et détail d’Anne-Marie Olivier.Mise en scène: Erika Gagnon et Kevin McCoy.Théâtre Bienvenue aux Dames! HA ha!.de Réjean Ducharme.Mise en scène: Frédéric Dubois.Théâtre du Trident.Les Survivants: VAutre, une adaptation de Martin Genest d’après le roman d’Andrée Chedid, et Gretcken de Stéphane Allard.Mise en scène: Martin Genest et Patrie Saucier.Théâtre Pupulus Mordicus.Régions Grace et Gloria de Tom Ziegler.Mise en scène: Marc Alain Robitaille.Théâtre du Tandem (Rouyn-Noranda).Le Gros Homme et la mère de Louis Champagne.Mise en scène: Dq-niel Desputeau.Productions À tour de rôle (Carleton-sur-Mer).Simone et Victor de Johanne Benoit et Martin Boileau.Mise en scène: Johanne Benoit.Théâtre Quatre/Corps (Châteauguay) Interprétation féminine Sophie Cadieux pour son rôle dans Cette fille-là de Joan MacLeod; Théâtre du Grand Jour.Muriel Dutil dans Grace et Gloria de Torn Ziegler; Théâtre du Tandem (Rouyn-Noranda).Marie-Ginette Guay dans 24 Poses (Portraits) de Serge Boucher; Théâtre de la Bordée (Québec).Maude Guérin dans Frères de sang de Willy Russell; Productions libretto.Anne-Marie Olivier dans Gros et détail d’Anne-Marie Olivier; Théâtre Bienvenue aux Dames! Interprétation masculine Marc Béland dans L’Asile de la pureté au TNM.David Boutin dans Gagarin Way de Gregory Burke par le Théâtre de la Manufacture et Trans-Théâtre.Benoît McGinnis dans Avec Norm de Serge Boucher au Théâtre d’Au-jourdTiui.François Papineau dans Cabaret de Joe Masteroff, John Kander et Fred Ebb.Théâtre du Rideau Vert et Zone3 Spectacles.Paul Savoie dans La Promenade, d’après le roman de Robert Walser.Adaptation et mise en scène: Jean-Marie Papapietro.Théâtre de Fortune (Montréal). LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2 O O 5 E C/Vsùf.RENCONTRES 7 INTERCULTURELLES 19 janvier au 16 février REGARDS EN MIGRATION / Hyun Jou Lee / Jarmita Kavena / Guko / Nathalie Lavoie / Vernissage 19 janvier 2005 III 17h ________/ www.qesu.net 514-861 -4378/// j!ledit Seùdstieit Lourddis Bmetterte 514 Ü .www.tangente.qc.ca DANSE Vérité et coïncidence La quête d’un état de recherche pur réunit sur scène la chorégraphe-interprète Catherine Tardif et la clarinettiste française Isabelle Duthoit FRÉDÉRIQUE DOYON Le hasard d’une rencontre, une quête commune et une expérience à répéter.Ainsi pourrait se résumer Duos ou dans l'œil de la renarde, pièce en deux volets basée sur l'improvisation chorégraphique et musicale.La pièce est née en France, où la chorégraphe et interprète québécoise Catherine Tardif a fait la connaissance fortuite d’une âme sœur, celle de la clarinettiste Isabelle Duthoit «C'est capital dans le projet», insiste la danseuse qui, parallèlement à un solide parcours auprès de créateurs aussi différents que Jean-Pierre Perreault, Benoît Lachambre, Robert Lepage et Brigitte Haent-jens, poursuit sa propre démarche de création, singulière et sans compromis.Elle raconte alors sa rencontre, à l’été 2003, tandis qu’elle dispose du studio du Québec à Paris, avec Isabelle Duthoit qui dirige depuis une dizaine d’années avec Jacques Di Donato le festival Fruits de Mhè-re, les champs de l’improvisation, dans le centre de la France.«Le hasard est bien tombé», sou-ligne-t-elle à propos des préoccupations artistiques qu’elles partagent par rapport à la réinterprétation nécessaire de l’espace scénique, dans leur discipline respective.«On a trouvé un questionnement qui nous réunissait: comment préserver un état de recherche pur sur scène?», indique Catherine Tardif Ce qui est le plus difficile à réaliser sur scène: exécuter des tâches de façon simple et naturelle.«Cette quête commune d’une vérité scénique, qui guide le travail de la chorégraphe québécoise depuis des années, amène les deux femmes à se rencontrer une fois par semaine jusqu’à ce qu’elles livrent le fruit de leurs échanges lors du Festival Densité à l’automne: une improvisation de trente minutes, l’une à la clarinette, l’autre à la danse.» «J’aime la pureté de la clarinette en impro», confie la chorégraphe-interprète.Fortes de leur réussite à maintenir un état de recherche perpétuel, elles n’ont qu’un désir en tête: recommencer l’expérience.La vérité scéniçiue ou l’autre illusion Le mot d'ordre de leur performance, comme c’est souvent le cas dans les improvisations: une liberté totale à l’intérieur d’un parcours très précis.«On a établi un système de stimulation qui permet de renouveler constamment la recherche et d’éviter tout questionnement [sur les sources ou le sens des actes musicaux ou chorégraphiques], explique la chorégraphe.On s’est donné des balises de temps principalement; toutes les trois minutes, on change de mode.» Chacune suit sa propre liste de tâches inscrites sur des petits cartons, non dévoilées au public et exécutées SOURCE TANGENTE Les champs de l'improvisation?Peut-être.‘ ¦ X- ' .îr .'V.' SOURCE TANGENTE La chorégraphe et interprète québécoise Catherine Tardif.selon le hasard, afin qu’elles concordent le moins possible.«Ça permet de voir ce que ça provoque.Quand on est engagé dans une tâche intellectuelle, ça garantit une implication réelle de la personne, comme dans la vie.On ne cherche pas à se joindre, à s’écouter, à s’influencer.On essaie d’éviter le volontarisme dans la provocation.» Le tout se déroule sur une scène dénudée, sans l’appui (ou la distraction) de décors ou d’accessoires.Depuis quelques années, on assiste à l’intrusion du geste liviaî MAI (Montréal, afts inlvrcttttuieisi ; 13 680 iue Jeanne-Mance ¦ Téléphone : (514) 982-3386 ¦ www m-a-i oc ca HÉLOÏSE RÉMY CASATIERRA 20 - 29 JANVIER / 20 h /15$ - 12$ - Prévente limitée : 7$ 15 JANVIER ATELIER - 13tl (15$) INAUGURATION 0 ARTISTES ET COMPLICES - 15h (Gratuit) RÉPÉTITION PUBLIQUE - 16h (Gratuit) Merci Patrimoine canadien.MCCQ.Emploi Québec et Georges Laoun.opticien Montréal @ 11: Di vom tèricerts chmène PENTAEDRE flûte cor Danièle Bourget Louis-Philippe hautbois Marsolais Normand Forget clarinette basse clarinette Simon Aldrich Martin harpe Carpentier Caroline Lizotte basson mezzo-soprano Mathieu Lussier Noëlla Huet Oeuvres de Debussy, Bizet, Janacek & Mahler jeudi 20 janvier, 20 heures Salle Redpath, Université McGill Entrée libre En vertu d une entente avec la fédération Américaine des Musiciens (A F M.), les compagnies de disques sudverttionnent en partie cet événement musical pour promouvoir la musique active, par l'entremise de a Guilde des Musiciens du Québec.' froix tiumdinéj ^ Susie Napper & Margaret Little ?duo de violes de gambe njt&nt et Concert intime dans la crypte de la chapelle Concerts de Sainte-Colombe et création de Ellipses d'Isabelle Panneton Le mercredi 26 janvier 2005 à 18h, 20h (complet) et 22h Susie Napper et Margaret Little, violes de gambe Billets : 30$ ?20$ •> 15$ Billetterie Place-des-Arts : T 514.842.2112 ?Concert bénéfice : Amour cruel Dégustation d'airs de cour et de surprises du chef Susie Le dimanche 6 février 2005 à 20h dans un salon privé Suzie LeBlanc, soprano Susie Napper et Margaret Little, violes de gambe Billets : 120$ l ' • LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2005 E « MUSIQUE CLASSIQUE Musique et geste CHRISTOPHE HUSS La parution en DVD, mardi prochain, des concerts filmés du grand chef d’orchestre Carlos Meiber, décédé le 13 juillet dernier à l’âge de 74 ans, est un événement.Le mythe est d’autant plus présent que le chef était rare.Rongé par des doutes quant à son art, Kleiber ne se produisait plus vraiment en concert depuis une décennie.D’importantes capitales musicales (Paris ou la majorité des grands centres d’Amérique du Nord) ne l’ont même jamais vu diriger, ses activités se concentrant notamment à Munich, à Vienne et à Milan.C’est aujourd’hui, d’un coup, à cinq concerts filmés que Philips et Deutsche Grammophon nous donnent accès, suscitant une intéressante réflexion sur la manière dont des caméras peuvent traduire ou trahir un concert symphonique.Ils sont laids ! Une question, certes importante dans les DVD d’opéra ou de ballet, devient cruciale en matière de concerts: que doit-on montrer?La plupart des grands concerts européens filmés dans les années 60 et 70 sont le fait des équipes d’Unitel, un département de Polygram, alors propriétaire de Deutsche Grammophon, Philips et Decca.Iü philosophie est alors simple: le cadrage du chef est une sorte de fil conducteur intercalé entre des plans de musiciens.Le cor joue un solo?Gros plan sur le corniste! Les violons ont une mélodie?Plan large sur les violons! En Amérique du Nord, les données sont les mêmes, avec cependant, comme en témoignent les concerts filmés de Toscanini dans les années 50, davantage de plans larges de l’orchestre, quelques surimpressions et des cadrages moins soignés.Le premier à remettre en cause cette routine sera, comme de bien entendu, Herbert von Karajan.D’abord, en 1965 et 1966, il met à contribution Henri-Georges Clou-zot, le réalisateur des Diaboliques, du Corbeau et de Quai des Orfèvres, pour des captations en noir et blanc splendides.Les années suivantes (1967-1971) le passage à la couleur est géré par le réalisateur Hugo Niebeling, qui tente des expériences sur la disposition des musiciens ou l'utilisation d’effets de couleur.Malgré les artifices, le but est clair montrer davantage de Karajan et moins de musiciens.Dans la seconde moitié des années 70, Karajan prend en main la réalisation télévisuelle, avant, dans les années 80, de se séparer de la tutelle d’Unitel et d’assumer lui-même la produc-tion.Dans ces films longuement travaillés dans un studio de montage installé dans le sous-sol de sa villa en Autriche, on voit Karajan sous toutes les coutures, parfois quelques instruments.Quand on lui demandait à ce propos: •Pourquoi ne montrez-vous jamais les visages de vos musiciens?», Karajan répondait sèchement •Parce qu’ils sont laids!» Le culte narcissique d’Herbert von Karajan pour son immodeste personne avait tout de même posé clairement le problème du sujet de toute captation visuelle d’un concert Le cas Kleiber Toute technologie véhiculant le message artistique de l'interprète à l’auditeur porte en elle le risque de corruption du message.Plus la technologie est complexe, plus le risque est grand.Ainsi, lorsqu’on écoute un disque, le preneur de son s’est interposé entre l’artiste et le mélomane.Lorsque cette prise de son est multicanal, comme pour les SACD actuellement, le risque de trahison de l’interprète par une véritable «mise en scène sonore» est encore plus important.Le concert filmé représente en quelque sorte l’état de risque maximal, car, intrinsèquement, la vision parasite l’audition; l’image détourne l’attention de l’auditeur.La publication en DVD, chez Euro Arts, d’une intégrale des symphonies de Beethoven par un grand chef de notre temps, Michael Gielen, le montre par l’absurde.Gielen n’est pas forcément passionnant à voir.Ainsi, de peur de susciter l’ennui, le réalisateur multiplie les plans sur les musiciens, séquences montées à un rythme effréné (un changement de plan en moyenne toutes les trois secondes), à contre-courant de la musique.La perception de la musique est perturbée par des images qui s’enchaînent à la va-vite et n’apportent strictement rien.Pour l’intégrale en vidéo des symphonies de Beethoven par Claudio Abbado, l’éditeur TDK utilise une facilité du média DVD: le choix de l’angle de vue.Le spectateur peut donc, au choix, regarder le montage du réalisateur ou ne pas quitter Abbado des yeux.Cette solution apparaît certes extrême, mais, effectivement, l’interaction entre le geste du chef et la musique est la seule clé du DVD symphonique réussi.En effet, si le spectateur peut percevoir l’emprise immatérielle du chef sur la musique, son attention musicale ne sera pas minorée, mais, au contraire, augmentée.Karajan avait très bien compris cela, même s’il avait mis en pratique cette philosophie avec quelque excès.Par chance pour les acheteurs des DVD de Carlos Kleiber, cette traduction visuelle de l’interaction geste-musique est bien rendue.On s’en rend bien compte lorsque, dans le finale de la T Symphonie de Beethoven à Amsterdam, on voit le chef lancer un regard noir aux cuivres, insatisfait de leur articulation.On comprend même, alors, ce qu’il aurait voulu que l’on entende.D’ailleurs, à la reprise du même motif il hoche la tête avec l’air de se dire: bon, ben, il n’y avait pas mieux à en tirer.Si Lorin Maazel est cité en exemple pour l’alliance de précision et d’élégance de sa battue, Kleiber est le chef le plus fascinant à regarder.Sa direction chorégraphique, mais jamais fantaisiste, est d’une totale liberté.Le nombre de répétitions exigées par lui (comme par Celibidache ou Günter Wand: au moins le double d’un programme de répétitions habituel) fait que l’orchestre a parfaitement assimilé sa vision des œuvres.Il n’a plus besoin de défendre cette vision devant des musiciens qui l’incarnent déjà.Son rôle est donc «d’énergiser» l'orchestre, de créer des flux musicaux et de sculpter des détails.C’est à cela que chacun peut à présent assister dans son salon.L’expérience musicale est unique.Les cinq concerts mis sur le marché mardi 18 janvier s’échelonnent entre 1983 et 1996.Quatre avaient déjà été publiés en Laserdisc il y a plus de dix ans: les Concerts du Nouvel An à Vienne de 1989 et 1992; les Symphonies n“ 4 et 7 de Beethoven à Amsterdam en 1983; la 2" Symphonie de Brahms et la 36' de Mozart à Vienne en 1992.S’y ajoute aujourd’hui un concert de 1996 à Munich, totalement inédit, regroupant l’Ouverture Coriolan Carlos Kleiber est le chef le plus fascinant à regarder SHCa Société tf 'nutictu* • t-ù ¦< t 39' SAISON , soprano Weill, Satie, Bernstein 514.987.681 Salie Pierr smcq.nc.ca BILLET La Fondation SOCAN Br?- U Québec KXX7 Desjardins LE CABARET DU GRIM Samedi 29 janvier à 17 h Dans le cadra de Musiques en epéro* nanti! Boudreau ion de vin et fromages LE DEVOIR puirrt-wrc ure £| FONDS de solidarité FTQ VIVIAN NE PURDOM / PHILLIPS Par chance pour les acheteurs des DVD de Carlos Kleiber, cette traduction visuelle de l’interaction geste-musique est bien rendue.de Beethoven, les Symphonies n° 33 de Mozart et «° 4 de Brahms.Trois réalisateurs confirmés sont à l’œuvre: Humphrey Burton à Amsterdam, Brian Large pour les rendez-vous du 1" janvier viennois et Horant Hohlfeld dans les deux derniers programmes.Si Brian Large sacrifie encore un peu à la «griffe Unitel», plus en 1989 qu’en 1992 d’ailleurs, Humphrey Burton et Horant Hohlfeld ont parfaitement compris que l’emprise de Kleiber sur la musique, le fil invisible entre le ges- te et la musique sont les enjeux de l’exercice.Dans cet esprit les enregistrements de 1983 et de 1996 me paraissent être les priorités d’achat Les interprétations, toutes hors du commun, appelleraient un commentaire d’un égal développement mais là n’est pas le sujet du jour.De même, sont publiés en même temps deux opéras par Kleiber: une réédition chez Universal (La Chauve-Souris) et une nouveauté chez TDK (Carmen).Nous y reviendrons sans doute.LES CONCERTS DE CARLOS KLEIBER EN DVD Par ordre de préférence: Munich 1996: Beethoven, Mozart Brahms (Deutsche Grammophon) Amsterdam 1983: Beethoven (Philips) Vienne 1992: Mozart Brahms (Philips) 1er janvier 1992 à Vienne (Philips) 1" janvier 1989 à Vienne (DG) Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin .Radio-concerts de R^io-Can^da Botaris/ par ttnair» instltuttonnt! UQÀM Salle pierre-mercure CENTRE PIERRE-PéLAOEAU 300 De Maisonneuve Est, Montréal Métro Berri-UQAM www.centrepierrepeladeau.com billetterie: 514 987.6919 LE DEVOIR Québec SS CanadS Montréal# ' Mi'iiit** « >« c tfitw'* M M «et I nmmsiT • Mtrtnmma canuM* • WW# 4* 4M •*•»«•*«••* ruRweWs CSP/\C£ MUSIQUE : 100.7 ‘ lundi 31 janvier, 20 h S'inspirant desutrolls», ces lutins malfaisants du folklore Scandinave, Polaris nous propose des airs traditionnels de Norvège, de Finlande, d'Islande et de Suède, ainsi que des compositions originales inspirées par les musiques du Nord pour un concert « trollement» original I aussi i venir dans cette série Les Cordes romantiques lundi 21 février 20 h Measha Bruaggergosman lundi 25 avril 20 h - PLACE AUX IMUKlMlatK BACH CONCERTO BRANDEBOURGEOIS N°5 MOZART SYMPHONIE CONCERTANTE POUR HAUTBOIS, CLARINETTE, BASSON ET COR HAYDN CONCERTO POUR TROMPETTE STRAVINSKI PULCINELLA, SUITE YANNICK NÉZET-SÉGUIN CHEF ET CLAVECIN SIMON ALDRICH CLARINETTE LISE BEAUCHAMP HAUTBOIS STEPHANE BEAULAC TROMPETTE PRÉSENTÉ PAR BOMBARDIER MARIE-ANDREE BENNY FLÛTE MICHEL BETTEZ BASSON LE LUNDI 24 JANVIER À 19 H 30 CONFÉRENCE PRÉ-CONCERT GRATUITE A 18 H 30 DENISE LUPIEN VIOLON Théâtr» Maitoiwuw Place des Arts 514 8 4 2.2112 1 866 8 4 2.2112 PIERRE SAVOIE COR wwwr.pda.qc.ca Réseau Admiaaion lu 790.1245 LE DEVOIR l i ! * r T » I S î » i j i î 5 » LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2 0 0 5 4 E\ISU EN BREF Claude Tousignant en sculpture Un des noms importants de la peinture abstraite au pays, Claude Tousignant expose des œuvres sculpturales à la galerie Art Mûr, rue Saint-Hubert Deux séries.Modulateurs de lumière et Suite PM., ouvrent de nouvelles voies dans l'appréciation de cette production strictement impliquée dans l'abs-traction.En outre, Les Modulateurs de lumière est une série de trois sculptures en aluminium peintes en blanc.Comme l’indique leur titre, ces œuvres, composées de plusieurs panneaux verticaux assemblés en angles, modulent la lumière ambiante.Les reliefs accidentés créent des zones d’ombrage et de hunière dont l’intensité varie selon l’éclairage.Ainsi, la sculpture, qui traditionnellement traite de volume et d’espace, peut devenir un objet lumineux, selon les mots du communiqué.L’exposition dure du 15 janvier au 19 février.La galerie est située au 5826 de la rue Saint-Hubert - Le Devoir Œuvre d’art public dans le parc Molson La Ville de Montréal a dévoilé le nom des finalistes pour l’érection d’une œuvre d’art public dans le parc Molson, dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie.Les trois artistes retenus sont Marie-France Brière, Roberto Pellegri-nuzzi et Jean-Pierre Morin.«L’installation d’une œuvre d’art public dans l’arrondissement confirme notre volonté de soutenir fermement le développement de l’énorme potentiel culturel de Rosemont-La Petite-Patrie.Le choix du parc Molson vient ainsi renforcer la vocation culturelle de ce secteur de la rue Beau-bien, où l’on retrouve une vitalité artistique en plein essor» a déclaré Denise Larouche, mairesse de l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, par voie de communiqué.Les trois finalistes ont tous une belle expérience de l’art public au Québec.L’artiste choisi sera connu en avril prochain.- Le Devoir Des lauréats exposés Après avoir été présentée à la Maison de la culture Frontenac, l’exposition Regard sur les prix Pierre-Ayot et Louis-Comtois, organisée par l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC), amorce sa tournée sur lHe.C’est à la galerie Port-Maurice de l’arrondissement de Saint-Léonard que débute cette tournée.Les prix ont été créés en 1996 par la VÛle, en collaboration avec l’AGAC.Une vingtaine d’œuvres ont été sélectionnées pour cette présentation, dont celles de Nicolas Baier, de Michel de Broin, de Nathalie Grimard, de Nadine Norman et de Rober Racine, pour ne nommer que ceux-là.Il s’agit de la 48e exposition itinérante du Conseil des arts de Montréal.La galerie Port-Maurice est située au 8420 du boulevard Lacordaire.L’exposition est présentée du 20 janvier au 13 février.- Le Devoir Expositions ¦ Depuis jeudi, à la galerie Leonard & Bina Ellen de l’université Concordia: 3 x 3: Flavin, André, Judd.Trois chefs de file du minimalisme.Jusqu’au 19 février, au 1400 du boulevard de Maisonneuve Ouest ¦ Depuis jeudi, à la galerie Clark, Manon Labrecque présente Plaintes et Justin Stephens, Update on Hippies.Jusqu’au 26 février, au 5455 de la rue De Gaspé.¦ Marc Audette, avec Surfaces sensibles, à la galerie Pierre-François Art contemporain, au 372 de la rue SainteCatherine Ouest espace 216.Une des séries présentées par Richard Kerr consiste en un treillis de pellicule qui vient brouiller les images.SOURCK CINÉMATHÈQUE QUKHÉCOISE Petite anatomie du 7e art INDUSTRIE/INDUSTRY Richard Kerr Cinémathèque québécoise, salle Norman-McLaren 335, boul.De Maisonneuve Est Jusqu’au 23 janvier BERNARD LAMARCHE \ A la Cinémathèque québécoise, le cinéma, presque de A à Z, fait présentement l’objet d’une exposition.Il n’est pas question d’un dictionnaire de personnalités liées au 7e art, mais bien d'une exposition d’œuvres de Richard Kerr, un nom, au pays, associé au cinéma expérimental.A partir de la pellicule impressionnée, plus précisément des bandes annonces, Kerr traverse l’idéologie et les manières du grand écran, surtout hollywoodien.Toutefois, il découle de ce travail colossal — l’artiste dit avoir accordé 10 000 heures de travail à ce projet — des œuvres qui, pour autant qu’elles soient issues d'un processus artistique extrêmement rigoureux et précis, tombent parfois à plat En trois zones, l’exposition aborde la matière même du cinéma: d’abord, la pellicule comme matériau est triturée à souhait; ensuite, l'image cinématographique, stoppée, est traitée comme photogramme; puis, le mouvement, d’abord extrêmement ralenti, au bord de la catatonie, est accéléré jusqu’à ep devenir (presque) insoutenable.A travers cela, et le titre de l’exposition pointe vers les intentions de l'artiste, c’est l’idéologie du cinéma tel que produit à Hollywood qui est placée sous la loupe, qui fait de l’argent avec de la lumière.Tout d’abord, il faut dire que l’exposition est montée avec soin: si les œuvres ne semblent pas toutes des plus intéressantes, la totalité de la présentation met en relief des opérations spécifiques, traitées de manières différentes d’une œuvre à l’autre.C’est ainsi que les idées derrière les œuvres finissent par émerger.Le dispositif cinéma L'exposition, en introduction, présente des boîtes lumineuses faites de longues étendues de pellicule couleur tissées en des éche-veaux dont la complexité tient au seul fait que l’accumulation et la superposition des photogrammes brouillent la lecture.De fait et de façon un brin terre à terre, une loupe est accrochée à chacune des boîtes lumineuses, pour nous signifier, platement, que nous voilà transformés en scrutateurs.La fonction participative de l’œuvre est flagrante.Il en ressort toutefois que certaines notions du langage cinématographique sont reprises selon différentes approches tout au long du parcours de cette exposition entièrement plongée dans le noir: l’effet cinéma, la superposition des images, les fondus-enchaînés, l’ac-cumulation étourdissante d’images et le montage filmique.Cette dernière notion, Kerr en donne des versions plus littérales: le montage est un bricolage, il prend ici l'allure d’un tissage.La seconde étape de ce par-cours n’apparaît pas non plus des plus réussies.Deux photogrammes, des images sur arrêt, sont projetés sur des murs de part et d’autre d’un écran de bonne dimension.Sur cet écran, des images défilent, comme pour un diaporama, et se fondent les unes dans les autres.Il s’agit de pellicules ruinées, décolorées, fondues ou peintes, bref manipulées de toutes les manières afin d’en faire ressortir une sorte de contenu pictural.Là, le dispositif du cinéma—salle au noir, rayon lumineux, luminosité même de l’image, etc.— est mis à profit pour opérer un ralentissement excessif du défilement des images.Il est certes intéressant de voir de rares effets d’ordre pictural émerger de la lente succession des images superposées.Lorsque les photogrammes apparaissent ou s’effacent, de petits fantômes traversent l’écran, parfois fasci-C’est nants.L’impression de- , .meure, toutefois, que la 1 idéologie trajectoire des anges qui j ., passent alors est en gran- dll Cinema de partie due au hasard.toi mit.Puisque cette projec- lei que tion dure 80 minutes, le nrnrinit déploiement dans toute son inertie, d’une multitu-à Hollywood de d’images Peut captiver, à moins que ce ne soit la qui est lenteur elle-même, inha- bitueDe dans ce genre de placée SOUS contexte.Comme pour la première série d’œuvres, la loupe une abondance se trouve présentée ici, seulement de façon différente.Cette approche semble être le modus ope-randi des œuvres de Kerr.Il est du moins souligné par le type de présentation privilégié.A la troisième «station», la va- peur se renverse.On sentait bien, avant d'y parvenir, que le ton allait devenir autrement plus nerveux, puisque des éclairs d’une lumière presque stroboscopique fendaient l’espace derrière l’écran sur lequel se posait le regard, un ballet pyrotechnique.Une fois de l’autre côté, c’est à une véritable pétarade que nous assistons avec Collage d'Hollywood.Pour ce film habituellement présenté en trois bobines, Kerr a isolé des dizaines et des dizaines d’extraits de bandes annonces de films de science-fiction, d’horreur et de psychodrame.Cette version numérisée, sorte de leçon en abrégé sur le cinéma hollywoodien, condense des dizaines d’explosions, de séquences de destruction massive, de regards torves ou effrayés dont nous abreuve sans vergogne le cinéma américain dans son expression la plus commerciale.Le tout sur trois écrans en simultané, baigné d’une musique embrumée, un peu mystérieuse, qui par contraste étend vers d’autres dimensions cette explosion de lumières.le rythme soutenu du montage agresse, en ne faisant qu’amplifier la rhétorique menaçante et agitée de l’image telle que cultivée par ce type de cinéma.L’effet est assommant, bien qu’il eût pu l’être davantage, peut-être en grossissant la taille de la projection.Parce que, pour ce qui est du montage, comme si l’auteur avait voulu classer les images presque par sujets, l’effort est une belle réussite, les qualités de l’exposition sont à la fois ses défauts.Kerr cherche à détourner les outils promotionnels que sont les bandes annonces.L’entreprise est simple, les moyens de ce détournement sont eux aussi, disons, élémentaires.Par contre, ils finissent d’une œuvre à l’autre par préciser le discours de l’artiste.Au bout du compte, il en résulte une leçon de choses très précise sur un sujet déjà trop bien ratissé.Le Devoir mario merola unités modulaires À la fois structure et sculpture, l’unité modulaire peut générer par association de nombreuses mutations en renouvelant la forme et les accords reliefs-creux.30 dollars Tel.: (514) 381-6338 S Surfaces sensibles Marc Audette 15 janvier - 26 février 2005 PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN 372.Ste-Cath«(int Ouest «216 Montréal M3B 1A2 (514) 395 6032 www pfoac.com Nous sommes de retour BONNE ANNÉE 2005 GALERIE SIMON BLAIS I SanM.Jurent H21151 5148491165 Ouvert du mardi au vendredi lûliâ I8h.vamedi K* à I7H SÉRIE « AVEC OU SANS SUCRE » CAUSERIE LE DIMANCHE MATIN ENTRÉE LIBRE DIMANCHE 16 JANVIER 2005 A 11H30 DIAPOS COMMENTÉES PAR ÉDOUARD LACHAPELLE CAFÉ ET CROISSANTS SERONT SERVIS DÈS 11H too.n» Sherbrooke Est.bureau 4000, Montré*!, tél 514 842 1043 LES R’ IMPATIENTS j .Les BELLES SOIRÉES de CONSTpLL/t.ON el runiversité de Montréal A.'â/rt/e-ynr-nrws yauép t/eftou 1.970 vous proposent un voyage culturel en TURQUIE du 14 au 23 mai 2005 Groupe accompagné par \ Mm© Suzel Perrotte, historienne d’Art Rens.et Réservations : Marjorie 397-0467 ou 987-9798 22 janvier - 3 avril 2005 DÉPAYSEMENTS DE SENS DESAUTELS - FOURNIER - VIGER Archéologies Denise Desautels POÉSIE Éditions Roselin Jacques Fournier LIVRE D’ARTISTE Scotchés Louise Viger SCULPTURE PATRIMOINE Oeuvres de la collection (1940-1965) FIGURES ET PAYSAGES LE CENTRE D'EXPOSITION DE BAIE-SAINT-PAUL 23, me Ambroise-Fafard Baie-Saint-Paul (OC) G3Z 2J2 Tél.: (418) 435-3681 www.centredart-bsp.qc.ca cartbstp@bellnet.ca I LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET D I M A N C B E 16 J A .V V 1 E R 2 0 0 5 E 8 * • | n om o ?SOURCE SÉVILLE PICTURES Deux époques voisines sont reconstituées dans La Mala Education: la fin du franquisme, à travers un pensionnat ou deux élèves nouent une amitié particulière sous le regard jaloux et ultimement vengeur d un curé, et le début de la ntovidu madrilène, où les deux anciens élèves se retrouvent.Un Almodovar un peu sombre LA MAU EDUCACION (La Mauvaise Éducation) Ecrit et réalisé par Pedro Almodovar.Avec Gael Garcia Bernai, Fele Martinez, Javier Camara, Daniel Gimenez-Cacho, Unis Homar.Image: José Luis Alcaine.Montage: José Salcedo.Musique: Alberto Iglesias.Espagne, 2004,105 minutes.MARTIN BILODEAU La première impression qui nous traverse en voyant La Mala Educacion, seizième long métrage de l’Espagnol Pedro Almodô-var, c’est que Parle avec elle, son quinzième, devait inarquer pour lui la fin d’un cycle.La seconde impression, c’est justement qu'il nous faudra faire, ne serait-ce que l’espace d’un film, le deuil de cette décade prodigieuse (amorcée en 1995 avec 1m Fleur de mon secret, un grand film injustement mésestimé), où le prince madrilène conjuguait son savoir-faire unique à un imaginaire de «mélodramaturge» aux excès fulgurants.De fait, s’il s’inscrit dans la continuité narrative et formelle de Tout sur ma mère, avec circonvolutions et chevauchements narratifs, 1m Mala Educacion nous replonge dans les eaux troubles des «œuvres au noir» du Almodovar de la première époque, celui du Labyrinthe des passions, de Matador et, surtout, de La Loi du désir—où les personnages homos et transsexuels étaient, comme ici, au centre de l'intrigue, et non pas en périphérie, où le cinéaste les avait relégués depuis Femmes au bord de la crise de nerfs.Or, si le passé d’Almodôvar mérite grandement d'ètre revisité, la maturité artistique du cinéaste y oppose un contraste étrange, voire déstabilisant Un contraste qui n’opère pas toujours à l’avantage de ce thriller psychologique à l’humeur sombre, dans lequel Almodôvar reconstitue deux époques voisines: la fin du franquisme, à travers un pensionnat où deux élèves nouent une amitié particulière sous le regard jaloux et ultimement vengeur d’un curé, et le début de la movida madrilène, où les deux anciens élèves se retrouvent, le premier, Angel (Gael Garcia Bernai), acteur au chômage, auteur d’une nouvelle autobiographique que le second, Enrique (Fele Martinez), cinéaste à succès, sera tenté de tourner.Entre le présent et le passé, montré en flash-back, s’insèrent les tableaux du souvenir fantasmé par la nouvelle, puis par le film, si bien que, jusqu’au dernier plan, l’intrigue et ses protagonistes préservent et entretiennent leur mystère.Tous ces niveaux du récit, avec les doutes (Angel, allumeur et femme fatale, serait-il un imposteur?), les esquives et les désirs refoulés (dans le rapport de force et de séduction entre l’acteur et le cinéaste), se chevauchent, s’emboîtent comme des poupées gigognes, selon une mécanique narrative qui serait irréprochable si ce n’était sa froideur mécanique, justement, et le sentiment qu’elle exclut la participation émotive du spectateur.Bien que ce film sur l’obsession soit né d’une obsession d’Almodôvar, qui Ta cogité pendant dix ans, La Mala Educacion n’est jamais aussi obsédant que les œuvres excessives et parfois imparfaites qui l’ont précédé.La construction méticuleuse, l’agencement savant des motifs, les décalages programmés entre les niveaux de récif brident l’émotion et empêchent les personnages de transcender leur fonction.Le constat est d’autant plus surprenant que La Mala Educacion est, comme, Parle avec elle, un film brillant.A la différence qu’ici, l’art d’Almodôvar n’est plus qu’une science.fie •r* Spectacle multimédia 11 # Dom Dominique Minier moine bénédictin de St-BenoNu-Lac accompagné j-'-', ' c - f-'V V - o'- '• -f .Chants grégoriens \ N f .de 8 tfiijsicïens i * « *%t I à saveur Contemporaine Le spectacle est un témoignage religieux qui permet un contact plus direct avec l'auditeur Plus qu’un simple récital, le spectacle Splendor développe les thèmes religieux liés aux prières, aux psaumes chantés et aux textes bibliques de l’album.de Radio Ville-Marie Samedi 12 février à 20h Sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs (5875, rue Sherbrooke Est, coin Bossuet) Sous la présidence d'honneur de Madame Angèle Dubeau (514) 790-1245 < Un casse-tête à résoudre Denys Arcand n’y est pour rien, rassurez-vous.Denise Robert non plus, et pour cause.L’Académie américaine des arts et des sciences (AMPAS), qui organise depuis 77 ans la cérémonie des Oscars, est en train de remettre en question les règlements de la course à 1 Oscar du meilleur film en langue étrangère — lequel avait été décerné l’année dernière à Denise Robert Oups! A Denys Arcand.Pour Les Invasions barbares, bien sûr.La cause de ce branle-bas de combat?Les distributeurs américains en ont marre de voir certains de leurs films exclus de la course (qui prend fin avec la cérémonie, le 27 février) en raison de règles de participation qu’ils jugent obsolètes.D faut bien reconnaître qu’aucun processus n’est plus exclusif, complexe, protectionniste, contradictoire et chauvin que celui menant à l’attribution de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.La première de ces règles (et de loin la phis claire, et la plus controversée) stipule que chaque pays doit lui-même élire son poulain, excluant du coup d’autres candidats tout aussi valables nés sous le même drapeau.Ainsi, la France a choisi cette année d’être représentée par Les Choristes, si bien qn’Un long dimanche de fiançailles n’est plus admissible.Idem pour l’Espagne, qui a privilégié le mélo d’Ale-jandro Amenabar, La Mer intérieure, au détriment du thriller psychologique de Pedro Almodôvar, La Mauvaise Education.Le cinéaste madrilène avait déjà fait les frais d’un même désaveu en 2001, lorsque l’Espagne avait boudé Parle avec elle, que tout le monde donnait gagnant.Le collège électoral des Oscars avait cependant corrigé l’impair en attribuant à Almodôvar l’Oscar du meilleur scénario.Car il importe de rappeler qu’un film exclu de la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère est admissible au reste de la compétition, à condition bien sûr qu’il remplisse l’autre condition sine qua non: au 31 décembre de l’année visée, il doit avoir été exploité dans une salle américaine pendant un minimum de sept jours.Revenons aux règles qui régissent l’attribution de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.Outre Un long dimanche de fiançailles et La Mauvaise Education, La Passion du Christ (tourné en araméen et en latin), Maria Full of Grace et Carnets de voyage (tournés en espagnol) sont eux aussi exclus de la course, pour cause de «disparités culturelles».En français, ça signifie que, pour qu’un film puisse concourir, ses producteurs, réalisateur et principales têtes d’affiche doivent avoir la même nationalité.Tordu?Oui, et pas qu’un peu, si l’on considère que la nomenclature du prix (foreign language film) fait fi de la nationalité du film au profit de sa langue de tournage.Advenant un éventuel assouplissement des règles, qui permettrait par exemple à un pays de soumettre plus d’un film, l’AMPAS craint qu’un nombre insuffisant d’électeurs puisse voter, faute d’avoir le temps de voir tous les films soumis au vote.«On a déjà du mal à former un comité électoral pouvant voir les quelque 50 films soumis par les pays», déplorait récemment le directeur exécutif de l’AMPAS, Bruce Davis, dans Variety.Car l’élection des cinq poulains de tête prévoit l’organisation de projections et de comités, dont les membres doivent avoir vu au minimum 70 % des films pour avoir droit de vote.On estime présentement qu’à peu près 600 membres de PAMPAS, sur un bassin de plus de 5800 membres, participent à ce premier tour.Pour le vote ultime, les membres votants doi- Martin Bilodeau vent avoir vu les cinq finalistes au cours des projections organisées à cet effet.Les statistiques de PAMPAS révèlent qu’au terme du processus, il n’en reste plus que 250.L’AMPAS a tout un casse-tête à résoudre si elle veut demeurer dans les bonnes grâces des distributeurs à domicile et des agences gouvernementales à l’étranger.Dans l’éventualité où la course serait uniquement ouverte aux films étrangers sortis aux Etats-Unis pendant l’année visée, des dizaines de cinématographies se verraient exclues simplement parce que leurs films n’ont pas trouvé de distributeur américain.Advenant que la formule actuelle soit reconduite, tous les films de langue étrangère qui ont le mérite de trouver un marché aux Etats-Unis resteraient soumis aux humeurs de leurs agences gouvernementales (d’où l’exemple Almodôvar et Jeunet).Enfin, advenant que le champ soit élargi afin d’inclure la soumission des pays et les films exploités aux zétats — solution favorisée par plusieurs distributeurs américains —, on craint à PAMPAS que personne, parmi ses membres, n’ait le temps de tous les voir.L’AMPAS prévoit réfléchir à toutes ces questions et accoucher d’une nouvelle réglementation d’ici la course aux Oscars de 2005.?La Face cachée de la lune représente le Canada dans la course aux Oscars, dont les finalistes seront connus le 25 janvier.D’ici là, allez jeter un œil sur la soirée des Golden Globes, dimanche à 20h, sur les ondes de NBC.Sideways, d’Alexander Payne, et The Aviator, de Martin Scorsese, dominent la course avec respectivement sept et six nominations.Dans la catégorie des films étrangers, non soumis aux mêmes contingences que les Oscars, Les Choristes, de Christophe Barratier, et Un long dimanche de fiançailles, de Jean-Pierre Jeunet, défendent côte à côte l’Hexagone contre La Mer intérieure, d’Alejandro Amenabar, Carnets de voyage, de Walter Salles, et La Maison des poignards volants, de Zhang Yimou.?La pression populaire aura eu raison des réticences du distributeur américain Fox Searchlight à faire doubler Sideways et Kinsey pour le marché québécois.La comédie douce-amère d’Alexander Payne, à l’affiche en version originale depuis le mois de novembre, sortira vendredi prochain en version française à Montréal et à Québec.L’excellent Kinsey, de Bill Condon, suivra une semaine plus tard, soit le 28 janvier.Par ailleurs, la délirante satire / © Huckabees, de David O.Russell, débarque au Clap de Québec en version française dès la semaine prochaine — les cinéphiles montréalais devront pour leur part patienter jusqu’au mois prochain.Au-delà de ces retards et contraintes, force est de constater que, sur le plan de la qualité, Fox Searchlight affiche un bilan de santé remarquable.Woody Allen sur Melinda et Melinda PHILIPPE WOJAZER REITERS Woody Allen: «J’aurais été romancier si j’avais eu une enfance différente.» FLORENCE COLOMBANI Woody Allen est fidèle à sa propre légende.Frêle silhouette à lunettes, pantalon de velours, l’œil qui brûle au seul nom d’Ingmar Bergman, il passe Noël au Ritz, comme un personnage de Tout le monde dit I love you (1996), et il ne faut guère le pousser pour qu’il évoque «le côté très new-yorkais» de son nouveau film, Melinda et Melinda.De façon générale, parler d’un film de Woody Allen revient désormais à le situer dans son abondante filmographie, du côté des chefs-d’œuvre des années 1980, ou de celui de leurs succédanés récents, plus ou moins réussis.En parler avec lui revient à peu près au même, le cinéaste citant volontiers ses plus grands films.Pour évoquer le lien entre comique et tragique, qui est au cœur de Melinda, il rappelle combien Hannah et ses soeurs (1986) et Crimes et délits (1989) sont «des films mélancoliques sous l’apparence de la comédie».Commentant la bande originale de cette Melinda, partagée entre jazz et classique (Bartôk, Sfravins-ki), il dit, soudain nostalgique: «Quand j'écrivais Manhattan, f avais en tête la musique de Gershwin tout le temps.» Melinda elle-même, interprétée par l’Australienne Radha Mitchell, est une belle névrosée qui évoque la Charlotte Rampling de Stardust Memories (1980).«C'est un cycle infernal, dit-il en secouant la tête d’un air accablé.On voit une femme très belle et attirante, qui se trouve être autodestructrice.On a envie de l’aider.On se dit que tout ce qui lui manque, c'est une présence masculine stable, équilibrante.On se persuade qu’on peut y arriver une femme si intelligente et belle, il ne lui manque que ça pour aller bien.Mais bien sûr, c’est impossible de sortir quelqu’un de la névrose.Cela fournit de bonnes situations dramatiques aussi bien que comiques.U n’y a pas de différence entre les deux.D'ailleurs, je ne voulais pas que les deux Melinda soient trop différentes visuellement.» S’échapper par la plaisanterie Le dédoublement du film ne serait, à l’en croire, qu’un leurre: «On peut voir la vie de façon tragique, ou alors de façon si tragique qu’il n’y a qu’une solution: rire pour ne pas se suicider.Les gens qui cherchent le comique dans la vie sont plus tristes que les autres.Ils cherchent à s'échapper par la plaisanterie.Melinda et Melinda est donc une tragédie, au fond.La Melinda comique est plus légère, elle fait quelques blagues, mais au bout du compte, elle est comme l’autre.C'est comme dans Stardust Memories: les deux trains, celui des riches qui boivent du champagne et celui des malheureux, arrivent au même dépôt.» Hanté par ses propres films, par ses personnages précédents, Woody Allen est désormais comme un romancier qui, ayant créé toute une comédie humaine, la décline à chaque épisode, un peu différemment.Au rythme où il travaille — un film par an; le prochain, Match-point, tourné en Angleterre, est déjà en boîte —, il tient plutôt de l’auteur de feuilletons.«f aurais été romancier si j’avais eu une enfance différente, confie-t-il.Quand j'étais enfant, le monde de l’écrit n’existait pas pour moi: mes parents ne lisaient pas, moi non plus, je n’étais jamais encouragé à le faire.J’ai été vite fasciné par le monde du spectacle: les danseurs, les comiques, les magiciens, les acteurs.Mais si ma famille avait accordé de la valeur à la littérature, j’aurais pu découvrir cet art plus tôt et j’en aurais fait mon métier.Quand je fais un mauvais film, j’ai envie de me tuer, mais je ne peux pas le détruire et refuser de le sortir, alors qu’un écrivain a une liberté extraordinaire.» Le Monde LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2005 K î> France.2004.110 mil.(S) Lundi 17 janvier 19 h 30 OÜMOHT i n a m o 111 \J 111UJ e x Ce n t r i s * HoiAitis S14 847 2206 www.ix-CENTnis.coM NORMAND BLOUIN LE DEVOIR Dany Laferrière et le réalisateur John L’Écuyer.Avec peu d’argent, mais beaucoup de cœur Le Goût ties jeunes filles sort vendredi prochain dans nos salles ODILE TREMBLAY Le Goût des jeunes filles est le troisième film tiré de l’œuvre de Dany Laferrière.Il vous précisera qu’un quatrième, Vers le Sud, inspiré des nouvelles de La Chair du maître, est en tournage actuellement à Port-au-Prince.Son réalisateur est Laurent Cantet (le brillant cinéaste de L'Emploi du temps), avec Charlotte Rampling et Louise Portai à sa distribution.De toute façon, le plus québécois des écrivains d’origine haïtienne voit du cinéma à son horizon futur.«Mais je suis fataliste, précise-t-il.Je sais que le bonhomme à l’écran ne parlera pas comme je parlais, que le résultat ne sera pas parfait.Le film ne peut donc me décevoir.Mais par définition, il aura des faiblesses.» Mais entre Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, porté à l’écran en 1989, et les deux films qui sont sortis dernièrement presque coup sur coup: La Conquête de l’Amérique, réalisé par lui-même sur un scénario original, et Goût des jeunes filles de John L’Ecuyer, quinze années sans cinéma se sont écoulées.Dany Laferrière a écrit, fait la navette entre la Floride et le Québec, conquis la France avec un coup de pouce de Pivot, réintégré ses pénates à Montréal.Le Goût des jeunes filles sortira vendredi sur nos,écrans.Son réalisateur, John L’Ecuyer, est un Canadien anglais élevé à Montréal, parti dix ans à Toronto, puis revenu au bercail québécois.«Enfin, mon cœur est à la bonne place», dit-il.«Le cinéma est français», assure John L’Ecuyer, évoquant Renoir, Godard et compagnie.J’ai beau nommer Orson Welles, Alfred Hitchcock, John Ford, il n’en démord pas.Dans son imaginaire, le septième art demeure un enfant de la francophonie.Il parle de L’Eau chaude, l’eau frette de Forcier, des films d’Arcand, précise que nos films touchent au cœur alors que le Canada anglais n'y arrive pas.Un tournage difficile John L’Écuyer est un amoureux du Québec qui a tourné son premier film francophone.Le Goût des jeunes filles, en Guadeloupe malgré une action située à Haiti.D avait été question qu’il adopte une nouvelle d’un recueil de Dany Laferrière, puis Le Goût des jeunes filles est arrivé sur la table.Dany avait aimé Curtiç Charm, un film précédent de L’Écuyer, tiré d’une nouvelle de Jim Carroll.Il le voyait comme un poète.Tourner à Haïti?L’assurance coûtait trop cher pour son petit budget.Le pays possède ses tumultes.Alors, Pointe-à-Pitre s’est transformé en Port-au-Prince.C'est pourquoi les maisons du film ont décidément l'allure des habitations qu’on voit dans les Antilles françaises.«C’est l’histoire qui est importante.» Les acteurs viennent de plusieurs horizons: Maka Kotto d'Afrique et du Québec, le jeune adolescent héros du film, Fanfan (Lansana Kourouma), est Québécois d’origine guinéenne, les interprètes des prostituées sont africaines, québécoises, haïtiennes.La mère de Fanfan (Mireille Métellus) est Québécoise d’origine haïtienne.Un tournage difficile.«L’équipement ne fonctionnait pas bien, une génératrice marchait durant trois heures.Il faisait 35 °C.On a fait le film quand même avec une équipe québécoise en trouvant des solutions créatrices, une pièce de métal qui faisait tout repartir.Et voilà! Le Goût des jeunes filles a été fait avec peu d’argent, mais beaucoup de cœur.» Le cinéaste explique avoir voulu se concentrer sur l'histoire du garçon qui devient un homme.«Si quelqu’un ne peut marcher dans les rues sans danger, l’environnement demeure capital, mais le film est avant tout le récit initiatique du passage d’un enfant à l’âge adulte dans un univers rempli de dangers.» D’autres projets de films tirés de l'univers de Dany Laferrière flottent dans l’air: peut-être une adaptation du Cri des oiseaux fous.Il a tourné dernièrement à Haïti des images où il apparaît qui pourraient être livrées sous une forme ou une autre, mi-documentaire, mi-rêvée.Il a des scénarios en tête.On vçrra bien.John L’Écuyer, lui, rêve de faire son prochain film sur le Montréal agité des années 40 en montrant aux Canadiens anglais, qui ignorent l’ensemble de nos vertus, toute la magie du Québec.Le Devoir NORMAND BLOUIN LE DEVOIR John L’Écuyer est un amoureux du Québec qui a tourné son premier film francophone, Le Goût des jeunes filles, en Guadeloupe malgré une action située à Haïti.Du travail bien fait SOURCE UNIVERSAL CROUP Topher Grace et Scarlett Johansson dans In Good Company, de Paul Weitz.* J ' J,,> " % IN GOOD COMPANY (V.F.: EN BONNE COMPAGNIE) Réalisation et scénario: Paul Weitz.Avec Dennis Quaid, Topher Grace, Scarlett Johansson, Marg Helgenberger.Image: Remi Adefarasin.Montage: Myron Keretein.Musique: Stephen Trask.États-Unis, 2005,106 min.ANDRÉ LAVOIE Carter (Topher Grace) n'est pas le premier petit ambitieux aux crocs acérés à vouloir faire sa place dans une entreprise prospère et tentaculaire.Pour ce maître du "buzzword» âgé de 26 ans, qu'il s’agisse de vendre des cellulaires à des enfants ayant encore la couche aux fesses et plus tard de tapisser de publicités racoleuses les pages d'un magazine sportif, tout se résume à une question de volonté (farouche).Dans In Good Company, c’est moins son ascension rapide qui intéresse Paul Weitz (About a Boy) que sa brutale prise de conscience, d’abord en ses capacités, et ensuite sur sa maturité affective, là où les mots «convergence» et «synergie» n’ont guère de sens.Celui qui lui donnera la leçon, Dan (Dennis Quaid), apprend d’abord que ce blanc-bec a pris sa position, son fauteuil et son bureau alors qu’il trime dur, et depuis longtemps, pour faire vivre sa famille.Mais le vétéran, âgé de 51 ans, comprend que Carter ne possède pas les compétences pour mener à bien la relance commerciale du magazine qui, bien sûr, fait partie d'un vaste conglomérat.Et le voyant baver d’envie devant sa vie de famille, Dan découvre que, s’il a toujours rêvé d’avoir un fils — contre toute attente, son épouse attend un enfant —, Carter ne peut se vanter de la présence réconfortante d’un père.A ces turpitudes professionnelles se greffe une romance que l'on croit être le cœur même de l’intrigue mais qui agit davantage comme un révélateur entre les deux rivaux.Après avoir été largué par une copine qui le trouvait obsédé par son travail, Carter est attiré par Alex (Scarlett Johansson), la fille de son subalterne, étudiante en littérature qui, elle aussi, découvre la faille dans la carapace carriériste de Carter.Éviter les pièges Ce qui fait le charme d7« Good Company, c’est le soin que met Paul Weitz à éviter les pièges de la banale comédie romantique et de ne pas sombrer non plus dans la fantasmagorie de ces contes de fées où les châteaux sont des tours à bureaux — Working Girl de Mike Nichols en constitue l’exemple emblématique.Et alors que l'on pourrait croire qu’il égratigne ceux qui alimentent ce nouveau fléau que serait l’âgisme, Weitz tente plutôt d'établir, à partir d'anecdotes bien de notre époque fia mégalomanie du grand patron, incarné par un Malcom McDowell plutôt ridicule, les prises de contrôle d’entreprises, les licenciements sauvages, etc.), un pont entre les générations, montrant le travail pour ce qu’il est: ni un asservissement, ni le nirvana de l’accomplissement personnel.L’alliance inattendue de deux personnages que tout semble séparer, et que les amours secrètes de Carter et Alex exacerbent, finit même par triompher d’une certaine forme de barbarie qui contamine trop souvent ces empires.Un autre élément de charme, tout aussi réel, est celui de Topher Grace, un acteur au natu- rel qui n’a (pour le moment.) rien de fabriqué et dont la seule présence console parfois du pire, celui-ci se nommant, entre autres, Win a Date with Tad Hamilton.Dans In Good Company, il fait face à un comédien à qui il pourrait bien ressembler avant longtemps, Dennis Quaid, forgeant ici une image rassurante, et rarement mièvre, du bon père de famille dépassé par les événements.Le public adolescent sera sûrement déboussolé par les choix de Paul Weitz, affichant le courage, jusqu’à la toute dernière image, de ne pas enfermer In Good Company dans les seuls carcans de la romance ou de la morale.C’est ce que Ton appelle du travail bien fait, visiblement exécuté avec un plaisir contagieux.La vengeance de la femme en rouge ELEKTRA Réalisation: Rob Bowman.Scénario: Raven Metzner, Zak Penn, Stu Zicherman.Avec Jennifer Garner, Goran Visnjic, Kirsten Prout, Terence Stamp.Image: Bill Rose.Montage: Kevin Stitt Musique: Christophe Beck.États-Unis, 2005,96 min.ANDRÉ LAVOIE Ceux qui ne jurent que par les comic books ou possèdent assez de courage pour voir un film comme Daredevil, de Mark Steven Johnson, avec un Ben Affleck peinant à jouer à Yaction hero, savent déjà que le personnage d’Elektra appartient à cette constellation.Aussi vengeresse que la figure mytholpgique qui Ta inspirée, cette Électre de bandes dessinées revient à la vie après un séjour au royaume des morts et poursuit sans relâche sa lutte contre le mal, arme au poing et décolleté plongeant.Comme pour ne pas provoquer la colère des dieux, ou éviter d’être coupable par association devant le tribunal du box-office, bien malin celui qui pourra déceler quelques références à Daredevil, si ce n’est que Jennifer Garner, la vedette de la série Alias, y reprend son rôle de tueuse professionnelle aux pouvoirs surnaturels.Et sans doute las des blagues suscitées par le film The X-Files — même les fervents disciples de cette émission-culte n’y comprenaient rien.—, le réalisateur Rob Bowman (Reign of Fire) donne maintenant dans la simplicité.Et comme chacun sait, de la simplicité au simplisme, il n’y a qu’un pas et, tout au bout, un précipice.C’est d'ailleurs cette impression de tomber, littéralement, dans le vide qui nous assaille devant Elektra, dont la sortie en ce triste mois de janvier donne déjà une idée de la valeur de ce dernier cambriolage dans la banque des bandes dessinées consacrées aux exploits des superhéros.Certes, Jennifer Garner porte le rouge à merveille, Vancouver est parfaitement maquillé en cité anonyme et ceux qui n’ont pas eu la chance de voir les derniers films de Zhang Yimou (Hero, House of Flying Daggers) se pâmeront devant ces ninjas qui surgissent du haut des arbres ou devant ces draps blancs qui enserrent Elektra et Kirigi (Will Yun Lee), le méchant de service.Et disons-le franchement: cela ressemble moins à des influences qu’à un cas flagrant d’espionnage industriel, avec des effets repiqués d’une ci-nématographie que le public d’Elektra ne fréquente pas et transposés à la va-vite parce que tourner au Canada devient de moins en moins avantageux.Sinon, plusieurs seront heureux d’apprendre que cette tigresse des arts martiaux possède un cœur, ainsi qu'une enfance malheureuse fies dizaines de flash-back sont là pour nous le souligner), moteur de sa rage et faille qui va faire en sorte que les deux fugitifs qu’elle doit éliminer DEANE GREGORY Une scène du film Elektra, de Rob Bowman.— le ténébreux Mark (avec le non moins ténébreux Goran Visnjic) et sa fille Abby (Kirsten Prout, que Ton aimerait bien voir un brin ténébreuse tellement elle agace.) — auront droit à sa protection contre un clan ennemi.Et puisqu'il faut toujours un vieux sage à l’accent élégant, british de préférence, la tâche en incombe cette fois à Terence Stamp, qui n’en est pas à son premier échec et dont le personnage, aveugle, évite ainsi de s'infliger cette enfilade de séances mécaniques d’arts martiaux.On disserte beaucoup sur la dictature des bandes dessinées dans les superproductions hollywoodiennes, comme si la présence visible de Tun signifiait automatiquement la démission artistique de l’autre.Des exemples récents prouvent que la complémentarité des genres peut se révéler harmonieuse et séduisante — Spiderman 2 est le dernier en lice —, mais lorsque les Marvel Comics sont appelés en renfort pour justifier, et à peu de frais, la mode des bagarres sophistiquées sur le tatami, on ne devrait vraiment pas réveiller les morts pour cela.Avis aux usagers de la Bibliothèque nationale du Québec Déménagement des services et collections à la Grande Bibliothèque La Bibliothèque nationale du Québec entamera prochainement le déménagement de ses collections se trouvant actuellement dans les édifices Saint-Sulpice (1700, rue Saint-Denis, Montréal) et Ægidius-Fauteux (4499, avenue De TEsplanade, Montréal) vers la Grande Bibliothèque, dont Touverture est prévue au printemps 2005.Jusqu'au samedi 29 janvier 2005, les usagers des deux édifices concernés pourront continuer d'utiliser les services et consulter les collections.Après cette date et ce, jusqu'à Touverture de la Grande Bibliothèque (475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal), Taccès à ces collections ainsi que la livraison de certains services seront interrompus.La salle de lecture du centre de conservation (2275, rue Holt, Montréal) n'est pas touchée par ce déménagement.Dès février 2005, la BNQ mettra sur pied un service d'aide à la recherche, téléphonique et en ligne, pour ses usagers.Pour de plus amples renseignements, consultez le site www.bnquebec.ca ou adressez-vous au personnel de la BNQ.La direction de la BNQ vous remercie de votre compréhension.Bibliothèque nationale Québec C9 CS El El î E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2005 1 Tl 01X1 ^ \ iiinjiiruj — w % [J*.-;.f fm F S v.MÉiüK ¦ ' ” , "W".' '' J VINCENT KESSLER REUTERS Jean-Luc Godard au dernier Festival de Cannes ilS 'WW Histoire(s) de Godard Tro/s ouvrages éclairent la pensée, Vinfluence et la vie du cinéaste ANTOINE DE BAEQUE On n’en aura jamais fini avec le cinéma de Jean-Luc Godard.En 1965, dans un célèbre article des Lettres françaises, Aragon faisait mine de lui demander, au moment où sortait Pierrot le fou: «Qu’est-ce Que l'art, Jean-Luc Godard?» Peu à peu, l’œuvre annexant des territoires de plus en plus vastes et différents, on aurait pu lui poser les questions suivantes: qu’est-ce que la politique?la vidéo?la science?Dieu?Trois nouveaux domaines viennent d’être touchés à leur tour, et il faut désormais répondre aux questions: que sont les arts plastiques?la sociologie?Et surtout, interrogation la plus intime et la plus urgente: qu’est-ce que votre vie, Jean-Luc Godard?Instantané Trois publications récentes, chacune passionnante, cherchent des réponses.Forever Godard est un livre d’art édité sous la direction de Michael Temple, de James S.Williams et de Michael Witt, soit trois jeunes historiens d’art britanniques spécialistes de l’auteur d’Histoire (s) du cinéma, un ouvrage richement illustré regroupant la plupart des interventions lors d’un colloque organisé à la Modem Tate en juin 2001.Le principal enseignement du livre et du colloque fut de confronter, autour de l’œuvre de Godard, des spécialistes de domaines différents venus du monde entier, là où l’on travaille sur les films du maître de Rolle (Suisse) dans les universités (France, Angleterre, Etats-Unis, Italie, Australie, Allemagne.Canada.).Forever Godard offre une carte aussi bien géographique que disciplinaire, sorte d’instantané d’une pensée en mouvement, croisant les apports de la vidéo, de la muséologie, de la philosophie, de l’histoire, sous une dominante clairement affirmée du côté des arts plastiques, et mettant à nu les idées et influences qui ont traversé récemment ITiorizon de l’auteur de Forever Mozart, que ce soit Giraudoux, Malraux, Blanchot, Lanzmann, Rancière, Brenez ou Daney.Le deuxième livre.Godard et la société française des années 60, est une tentative, menée par le sociologue de la culture Jean-Pierre Es-quenaâ, de lire les évolutions des sixties françaises dans les films mêmes de celui qui fut alors «le principal créateur de formes» dans le cinéma moderne.Tout s’est en effet passé comme si l’œuvre de Godard, en une douzaine de films, d’À bout de souffle à Week-end en passant par Une femme est une femme.Vivre sa vie.Le Mépris, Masculin féminin ou La Chinoise, constituait à la fois une traduction de l’évolution de la société française et une réponse à cette dernière.Pour Esquenazi, «ces films composent une intrigue grâce à laquelle un Jeune bourgeois pressé de participer aux évolutions en cours, ambitieux, imaginatif, doué, provocateur < et réceptif aux modes, a trouvé les formes et le ton pour imposer sa voix particulière dans le concert général».Godard, autrement dit, fut autant un artiste qu’un acteur social, et chacun de ses films se penche sur les évolutions majeures de la France des années 60 (la jeunesse, la ville, la consommation, la citoyenneté, la révolution, la musique.), tout en y apportant (et ce furent souvent les coups de génie de ses films), sinon des réponses, du moins des clés et des propositions en termes esthétique, sociologique, publicitaire et artistique.En ce sens, cet essai rigoureux fonde en France, à partir de l’univers de Godard, l’approche socioculturelle du cinéma Le dernier secteur exploré récemment par les études godardiennes est sa vie elle-même.Longtemps domaine réservé, quasi interdit d’accès, les pistes étant brouillées par le cinéaste lui-même, son existence vient d’être résumée dans un vif essai fondé sur nombre de conversations avec l’auteur d'Al-phaville et de témoignages divers, par l’historien britannique du cinéma Colin MacCabe.On ressort de la lecture stimulante de ce livre avec plus de questions que de réponses, mais sur bien des points on découvre des éléments qui permettent une relecture «biographique» des films.Réclusion volontaire Divisé en cinq chapitres — l’enfance, la critique, les années Karina, la politique et «l’arrière-boutique» de Rolle —, l’ouvrage apporte beaucoup de choses sur la première et les dernières parties de la vie de Godard.Colin MacCabe insiste en effet avec pertinence sur l’enfance hyperprotégée et très bourgeoise du jeune Jean- Luc, entre Paris et Genève, les études dilettantes, les voyages, le sport, l’argent et les bonnes manières austères d’un milieu de «dieux» fia famille Monod par sa mère, l’une des plus riches et fameuses de France) et de «demi-dieux» (la famille Godard par son père, à l’aise mais coincée, notabilités médicales, intellectuelles ou industrielles du canton de Vaud).L’adolescent né en 1930, évolue donc entre ses trois frère et sœurs, Claude, Rachel et Véronique, au milieu des préceptes rigoureux mais motivants d’un protestantisme plutôt tempéré.L’autre apport principal de cette biographie britannique est le processus de politisation de Godard à la fin des années 60.MacCabe (lui-même témoin de cette prise de conscience) montre comment le jeune homme désinvolte et provocateur, anarchiste de droite, plutôt proche littérairement des «hussards», s'engage à travers une série de rencontres décisives: l’affaire de la Religieuse, Wiazem-sky Gorin, Sartre, la cause palestinienne, Miéville.Le tout débouchant après un grave accident de moto, fin 1971, en une sorte de réclusion volontaire hors du système cinéma (ce sera «l’arrière-boutique de Rolle» où, depuis bientôt trente ans, le cinéaste, installé sur le lac de Genève dans une petite maison-studio, fabrique ses propres films de façon artisanale), renouvelant les liens entre art et vidéo, cinéma et politique, images et pensée.Colin MacCabe nous aide ainsi à relire cette période de la vie de Godard, qui n'a pas bonne presse, comme l’une des plus intrigantes et créatrices.Libération Une biographie permet d’en apprendre plus sur le processus de politisation de Godard à la fin des années 60 ?CINEMA ?SEMAINE DU 1$ AU 21 JANVIER 200S Les NOUVEAUTÉS et le CINEMA en résumé, pages ?5.« La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES pages ?714 dans L’AGENÇA culturel Les choses de la vie de Claude Sautet CLAUDE SAUTET OU LA MAGIE INVISIBLE Documentaire écrit et réalisé par Nguyen Trung Binh.Montage: Philippe Doria-Machado.Allemagne-France, 2002,79 minutes.MARTIN BILODEAU La magie du cinéma de Claude Sautet opérait en deçà des apparences, dans les profondeurs où la forme et le fond se confondent Du réalisateur de Max et les ferrailleurs, de Garçon! et à'Un cœur en hiver, on retient la rigueur des scénarios sans histoire (au sens traditionnel du terme), ainsi que l’air de n’y pas toucher que prenait le cinéaste pour les mettre en son et en images.Son décès survenu en 2000 a laissé un grand vide dans le cinéma français — vu d’ici, seule Agnès Jaoui connaît et fredonne sa chanson.Si bien qu’on ne peut laisser passer l’occasion exceptionnelle qui nous est donnée par le documenta-riste Nguyen Trung Binh de se pencher et de réfléchir sur son œuvre relativement brève, puisqu’elle comporte à peine treize longs métrages, égrenés sur un peu plus de trois décennies.Dans Claude Sautet ou la magie invisible (quel titre parfait), à l’affiche d’Ex-Centris, l’ex-critique de Positif (sous le pseudonyme de Yann Tobin) et auteur de monographies sur Mankiewicz et Bergman (le gars est cohérent) nous partage et se partage lui-même entre l’admiration qu’il éprouve pour l’artiste et la curiosité qu’il ressent pour l’homme.La beauté de l'affaire, c’est qu’il assouvit avec intelligence et discrétion ses deux désirs.Claude Sautet ou la magie invisible n’est pas une biographie de Sautet, mais un survol chronologique de son œuvre, depuis les polars de commande du début (Classe tous risques et L’Arme à gauche) jusqu’au testament cinéfnatographique que fut Nelly et Monsieur Arnaud.A force d’images et de témoignages (Tavernier, Rappeneau, Giovanni, Carcassonne), dont celui de Sautet (obtenu en audio quelques mois avant son trépas) et de sa veuve Gra-ziela, on découvre un cinéaste modeste, pour qui filmer n’était pas une nécessité mais une réponse à des envies passagères.SOURCE FESTIVAL DU NOUVEAU CINÉMA , , v| P»» IMP** Le cinéaste Claude Sautet.«Mon plaisir, c’est de montrer des misogynes qui prennent une leçon», se plaisait à dire celui à qui la féminité a été révélée par Romy Schneider et qui a trouvé son premier double en Michel Piccoli.Dans cet excellent documentaire, qui n’a rien de révolutionnaire sinon qu’il a le mérite de chuchoter avec la même douceur que Sautet, on apprend entre autres que celui-ci, crédité comme coscénariste sur la plupart de ses films, n’a jamais de sa propre main écrit une ligne.Sa méthode consistait plutôt à réfléchir en duo et à dicter ses idées, comme en témoigne Jean-Loup Dabadie, complice de la première époque (Les Choses de la vie.Une histoire simple, Vincent, François, Paul et les autres) — un rôle que semble avoir joué dans la dernière époque le producteur Philippe Carcassonne (Quelques jours avec moi, Un cœur en hiver).Ce dernier raconte le virage de Quelques jours avec moi, comédie grinçante qui a libéré Sautet de ses obligations morales envers ses vieux coéquipiers et lui a permis de faire peau neuve.Avec Max et les ferrailleurs, il s’agirait, selon Sautet, de son meilleur film.Nguyen Trung Binh semble partager son avis.LE DEVOIR y\BOnncmcnT8 : 614-986-8866 1 800 468-7669 WWW.ledeVour .com 1 i i
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