Le devoir, 5 février 2005, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE ti E E V R I E R 2 0 0 5 THÉÂTRE Une bizarre de façon de travailler.Page E 4 m s DE VISU Jean Paul Lemieux, centenaire.Page E 8 ?LE DEVOIR * H © m Prêter l’oreille D y a maintenant 47 ans, Marc Favreau faisait connaissance avec Sol.Le premier avait 28 ans, le second raisonnait comme un petit enfant; le premier est toujours jeune; le second n’a pas vieilli.L’acteur n’aurait jamais imaginé que le clown bavard lui tiendrait si longtemps compagne.SOLANGE LÉVESQUE Créé à l'intention des enfants.Sol a vite conquis les parents.L’absurdité rafraîchissante de ses raisonnements et ses inénarrables jongleries verbales ont fait de lui un personnage théâtral à part entière.Observateur ironique de tout ce qui l’entoure, ce héros du langage est à manière un fin critique de sa société.C’est à la suite d’une audition que Sol a vu le jour, en même temps que Bim, son premier comparse (avant Bouton, puis Gobelet), dans une série d’émissions jeunesse imaginée par Claude Fournier, série qui frit reconduite pendant 14 ans à la télévision de la SRC.*Luc Durand, qui avait incarné Gobelet dans les dernières années, et moi, tous deux jeunes parents avec de jeunes enfants, étions très critiques face aux émissions pour enfants, qu’on trouvait parfais gnan-gnan.On aimait plutôt Chaplin, qui touche tout le monde, explique-t-il On ne voulait surtout pas que les parents nous subissent quand leurs enfant nous écoutaient Cest pourquoi, m s’inspirant de notre modèle Chaplin, on s’effar-çait d’inclure des gags absurdes qui allaient accrocher les adultes autant que les enfants.» Marc Favreau a aujourd’hui la conviction que c’est ce caractère absurde qui a permis à son personnage de durer.«À la fin de la série.Sol avait atteint une grande popularité.Mon épouse m’a dit: tu ne devrais pas laisser tomber Sol.» Les premières incursions de Sol sur scène ont eu Beu vers 1971-72 « L’humour fait passer le sérieux et doit faire appel à l’intelligence.J’aime que le fou du roi soit cinglant, à condition qu’il ait la finesse d’Alphonse Allais.» dans les cégeps.«Ça marchait très bien.En 1973, Le Patriote m’a proposé de donner un spectacle.Je craignais de ne récolter que quelques spectateurs; or il y avait une longue queue sur Sainte-Catherine! Les gens venaient voir le personnage attachant qu’ils avaient suivi à la télé.» Depuis, Sol promène sa dégaine de clochard sur toutes les scènes de la francophonie.Funambule du langage À 75 ans, Marc Favreau a conservé sa faculté d’émerveillement.Il lui suffit de prêter l’oreille et d’observer ce qui se passe autour de hn pour trouver matière à inspiration.«Le plus difficile vient ensuite: s’asseoir et écrire! Mais faime travailler» Le comédien constate que le sable s’accélère dramatiquement dans le dernier tiers du sablier.«L’avenir est derrière moi, si je puis dire! Heureusement, il n'y a pas de retraite dans mon métier, et celante tient en vie.Tous les efforts me gardent en alerte.Je veux être à la hauteur», dame ce bûcheur-rêveur qui trouve que les gens démissionnent trop rapidement et trop facilement aujourd’hui, sur tous les plans.À quelques jours d’un nouveau spectacle, Marc Favreau éprouve toujours le trac, mais de manière dus constructive.«Quand on est fiancé avec Adrénaline, c’est pour la vie, commente+iL Jeune, fêtais affalé, fen tremblais, j’en paralysais presque; horrible! Aujourd’hui, je considère le trac comme une petite fièvre bienfaisante et nécessaire.Dix minutes avant le début du spectacle, f écoute la rumeur de la salle et ça m’aide.Je me rappelle à moi-même que les spectateurs parlent français, qu’ils vont comprendre, que tout ira bien.Cest la corde raide, il ne faut pas glisser.» L’acteur est conscient que le public a des espoirs.«Il mérite qu’on lui donne un matériel de première qualité.Je suis chanceux, Sol a déjà une part de reconnaissance gagnée, inscrite fans le temps.» Mais le bonheur, Marc Favreau l’éprouve quand de nouveaux spectateurs l’abordent «B arrive parfois qu’un jeune de 15 ans me dise: “Mon gmndpère vous aime bien!" Si je ne voyais que des têtes blanches dans la salle, je me demanderais si je suis Tino Rossi!» Son plus gros trac, il Ta connu en Europe, au Festival d'Avignoa en 1977.Un succès énorme.«Je flottais!», confie-t-il Par la suite, on Fa beaucoup 9oBkM.«On m’a même proposé de faire des pubs pour une campagne électorale libérale, des céréales, des boissons gazeuses, etc fai toujours iffu-sé pour rester libre de critiquer qui je veux comme je veux, et pour ne pas brider le personnage.» « Utre oreiUe à tentative » «Cest une oreille qui se veut attentive mais qui hésite, qui n’est pas sûre.La plus grande partie du spedade est constituée de matériel neuf combiné à certains monologues connus que j’ai remaniés.» Marc Favreau tire son inspiration de son environnement.«De tout ce qui m'agace, m’énerve et me fatigue en tant que citoyen.Mes sketchs ne sont pas ponctuels, c'est pourquoi ils sont valables longtemps Mon grand plaisir tient à la naïveté perpétuelle de mon personnage, qui jouit de toutes les permissions, délivré de l’obltga-tion de se montrer raisonnable ou intelligent.» Cela n’empêche pas l’acteur d’avoir des opinions politiques et de prendre parti publiquement, a l’occasion.Membre actif de la coalition Eau Secours, il est très préoccupé par la question de l’énergie et des barrages que le gouvernement planifie d’ériger, «f aborde le sujet dans un sketch portant sur la rationalisation de Tex-centricité".Les allusions aux barrages et aux politiques d’Hydro-Québec sont transparentes; la grande noire sœur est devenue la belle trop mince.» Dans un autre monologue, Sol se trouve aux prises avec les chaînes du «commerce envahissant»-, d’autres sketchs portent sur le travail, les hôpitaux, te syndicats.Marc Favreau procède toujours selon la formule habituelle du coq-à-l'âne pour organiser ses monologues, qui combinent sérieux et humour.«L’humour fait passer le sérieux et doit faire appel à l’intelligence, faime que lefim du roi soit cinglant, à condition qu'il ait la finesse d'Alphonse Allais.» Tous les champs lui sont ouverts, avec des baKses, toutefois.«Je ne ferais jamais de monologue comique sur la pédophilie.Tout en écartant la rectitude politique, il faut garder du discernement.La causticité a ses limites et il n’est pas nécessaire de blesser les gens susceptibles.Sol fait dans la dérision, mais tendrement.» Les grandes lignes du personnage de Sol sont essentiellement tracées par le langage.«Sol joue avec ce qu’il a: les mots.Un mot, c’est un privilège, une matière fantastique, formidable.Le jeu, c’est d’accumuler les petits décalages de sens.Tout le monde aime les jeux d’artifice, fai appris à aimer ks mots grâce à Prévert, à Rimbaud, à Vian.» Mine de rien, Sol est également un penseur.Sous ses délires langagiers se cachent des prises de position, des constats, une incontestable logique.Marc Favreau déplore que l’éducation dis estime I tuelles et qu songe à réduire l’enseignement des arts au secondaire.VOIR PAGE E 2: SOL LÉOPOLD BRUNET ïujues FÉLICITE SES ARTISTES LAURÉATS DU 8e GALA DES PRIX OPUS, ÉDITION 2003-2004 www.atmaclassique.com ^jasig DISQUE DE L'ANNÉE MUSIQUES MÉDIÉVALE, DE LA RENAISSANCE.BAROQUE DISQUE DE L'ANNÉE MUSIQUES CLASSIQUE, ROMANTIQUE, POSTROMANTIQUE, IMPRESSIONNISTE PRODUCTION DISCOGRAPHIQUE DE L'ANNÉE JOHANNE GOYETTE, PRODUCTRICE DISQUE DE L'ANNÉE MUSIQUES MODERNE, CONTEMPORAINE E 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 FÉVRIER 2005 SOL SUITE DE IA PAGE E 1 •C'est monstrueux.Au lieu de supprimer, on devrait ajouter et réorganiser.On est probablement le seul pays à oser faire des sottises pareilles.Je crains qu’on souffre.d’une légère tendance à l’autodestruction!» Et s’il était ministre de l’Education?•Je démissionnerais! J’aurais honte de soutenir une affaire pareille.Aux deux niveaux de gouvernement, on est dirigés par des élus qui se comportent comme s'ils géraient une caisse populaire.Les Za-partistes ont du pain sur la planche!» PRÊTEZ-MOI UNE OREILLE À TENTATIVE Une production Universol présentée au Gesù du 8 au 19 février 2005.Information et réservations: (514) 861-4036 — Culture *- Mots de Marc Favreau Si on prête à Sol une oreille à tentative, on apprendra peut-être.i*o \*S ’PREMIERE NORD-AMERICAINE .ï&oJïo £?Vs- • 'ÿè.sG* - O** *'&t'S]S*** É eo’àt OV°S C°H Opio»*0 de (Italie) en COPRODUCTION AVEC La, Biennale de Venise 1 « Toutes les minutes de Twin Rooms sont fulgurantes, géniales ».Rossella Battisti, l Voilà.13 fevnor 2002.guic h Et 521-4493 admission 790-1245 www,usine-c , com eiiu i icr ' U FINANCIÈRE SUN UFE En Italien avec surtitres français £ESUVA1 GazMétro vie en bleu j.iiii.Miau t’ifSe.*'¦ .P R IT IX O PUS LE CONSEIL QUÉBÉCOIS DE LA MUSIQUE FÉLICITE LES LAURÉATS DES PRIX OPUS 2003-2004 PII CONCERT DE L’ANNÉE - MONTRÉAL Le Ch&teau de Barbe-Bleue, Opéra de Montréal * 13, 18, 20, 24 et 27 mars 2004 CONCERT DE L’ANNÉE - QUÉBEC Alcina, Les Violons du Roy * 9 mai 2004 CONCERT DE L’ANNÉE - RÉGIONS Wozzeck, Au cœur de l’émotion.Centre d’arts Orford * 8 et 10 août 2004 CONCERT DE L’ANNÉE - MUSIQUES MÉDIÉVALE, DE LA RENAISSANCE, BAROQUE Élégies : Musiques pour le Jour des Morts.La Nef * t" novembre 2003 CONCERT DE L’ANNÉE -MUSIQUES CLASSIQUE, ROMANTIQUE, POSTROMANTIQUE, IMPRESSIONNISTE Romantisme X-trême.VivaVoce en collaboration avec le Festival Montréal en lumière * 21 février 2004 CONCERT DE L’ANNÉE - MUSIQUES MODERNE, CONTEMPORAINE Le Château de Barbe-Bleue, Opéra de Montréal * 13, 18, 20, 24 et 27 mars 2004 CONCERT DE L’ANNÉE - MUSIQUES ACTUELLE, ÉLECTROACOUSTIQUE Rien à voir (14) : Concert Luigi Ceccarelli.Réseaux des arts médiatiques * 16 octobre 2003 CONCERT DE L’ANNÉE - JAZZ, MUSIQUES DU MONDE Elles jaxxent 1, Lorraine Desmarais * 5 mars 2004 CONCERT DE L’ANNÉE - JEUNE PUBLIC (prix accompagné d’une bourse de 5 000 $ du Ministère de la culture et des communicationsdu Québec) Frissons & l’OSM.Orchestre symphonique de Montréal * 19 octobre 2003 DISQUE DE L’ANNÉE - MUSIQUES MÉDIÉVALE, DE LA RENAISSANCE, BAROQUE Batailles.La Bande Montréal Baroque, Concerto Palatine # ATM A Classique DISQUE DE L’ANNÉE -MUSIQUES CLASSIQUE, ROMANTIQUE, POSTROMANTIQUE, IMPRESSIONNISTE Mahler 4, Orchestre Métropolitain du Grand Montréal, Yannick Nézet-Séguin, direction, Karina Gauvin, soprano * ATMA Classique DISQUE DE L’ANNÉE - MUSIQUES MODERNE, CONTEMPORAINE Panneton, Demers, Lesage, Evangelista, Nouvel Ensemble Moderne, Lorraine Vaillancourt, direction * ATMA Classique DISQUE DE L’ANNÉE - MUSIQUES ACTUELLE, ÉLECTROACOUSTIQUE Seuil de silences, Paul Dolden ; Julie-Anne Derome, François Houle, Leslie Wyber, solistes * empreintes DIGITALes DISQUE DE L’ANNÉE -JAZZ, MUSIQUES DU MONDE Indefinite Time, François Bourassa Quartet * Effendi Records CRÉATION DE L’ANNÉE De mains osées toiles, Denis Dion, compositeur, Orchestre symphonique de Trois-Rivières - Les mots de la passion * 7 octobre 2003 LIVRE DE L’ANNÉE Stéphane Roy, L'analyse des musiques électroacoustiques : Modèles et propositions * collection Univers musical, L’Harmattan, 2003 ARTICLE DE L’ANNÉE Lloyd Whitesell.Britten's Dubious Trysts * Journal of the American Musicological Society, Volume 56, no 3, 2003 RECONNAISSANCE À UN FACTEUR D’INSTRUMENTS (pnx accompagné d'une bourse de 5 000 $ de la Société de développement des entreposes culturelles) Les orgues Casavant PERSONNALITÉ DE L’ANNÉE Chantal Juillet RECONNAISSANCE A UN ARTISTE HORS-OUÉBEC Anton Kuerti DIFFUSEUR DE L’ANNÉE Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec - Saison du 60e anniversaire PRIX HOMMACE Jan Simons PRODUCTION DISCOGRAPHIQUE DE L’ANNÉE Johanne Goyette, productrice, ATMA Classique * Mahler 4, Orchestre Métropolitain du Grand Montréal RAYONNEMENT A L’ÉTRANGER Jacques Lacombe DIRECTEUR ARTISTIQUE DE L’ANNÉE Gilles Bellemare, Orchestre symphonique de Trois-Rivières DÉCOUVERTE DE L’ANNÉE (prix accompagné d’une bourse de 5 000 S de Galaxie, le réseau de musique continue de Radio-Canada et d’une année en résidence à la radio de Radio-Canada) Vincent Boucher COMPOSITEUR DE L’ANNÉE (prix accompagné d’une bourse de 10 000 $ du Conseil des arts et des lettres du Québec) Denis Dion ÉVÉNEMENT MUSICAL DE L’ANNÉE Festival MMM, Des Musiques et du monde * 28 avril au 2 mai 2004 INTERPRÈTE DE L’ANNÉE Yannick Nézet-Séguin COHSBl QUÉWCOIS Dt IA— jaiiëw WWW.CQM.QC.CA Québec n S • Corn* arts «'dnlcnrm • Sodftt dt ans et moins) 2-1$ RÉSERVEZ VOS BILLETS DÈS MAINTENANT 514.842.2112 • I 866.842.2112 • www.pda.qc.ca Réseau Admission 514.790.1245 Place des Arts l 1 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 FÉVRIER 2005 E 4 Culture THÉÂTRE Tous ensemble, en même temps Le nouveau spectacle du Théâtre des Deux Mondes, 2191 nuits, est créé à la Cinquième salle de la PdA Le Théâtre des Deux Mondes, c’est déjà 32 ans d’histoire, quelques dizaines de spectacles, des milliers de représentations dans plus d’une trentaine de pays et, surtout, une façon de travailler qui ne ressemble en rien à ce qui se fait ailleurs ici.Petit survol d’une approche intégrative qui se définit par le risque.Et par le plaisir.MICHEL HÉ LA IR Au départ, il y a trois ans, ce devait être un spectacle ayant comme thème principal le clonage et les nouvelles technologies de la reproduction.Daniel Meilleur, le metteur en scène attitré des Deux Mondes, avait fait appel à ses collaborateurs habituels, Michel Robidoux à la musique et Yves Dubé aux images.Il avait aussi sollicité, pour le texte, la collaboration de Jacques Langui-rand.qui se désista rapidement, trop occupé qu’il était pour s’intégrer à l’équipe.Mais les trois compères avaient eu le temps d’amorcer le travail.Et lorsque le jeune Philippe Du-cros se pointa en remplacement de Languirand, on l’accueillit en lui présentant un canevas bien assis sur des images, des musiques et même des personnages: bienvenue aux Deux Mondes! Le temps de faire les choses «Il y a toujours quatre niveaux d'écriture dans nos spectacles, explique Daniel Meilleur.La musique [Robidoux], les images [Dubé], le plateau — ça c’est mon monde — et le texte.Dans l’ordre, ou presque.Quand Philippe est arrivé, il a fallu qu’il s’intégre en partant du travail déjà amorcé.On évéNÎMENT LEVÉE DE FONDS pour l’École nationale de ballet contemporain 9 et 10 février 2005 Journées du Ballet contemporain La Grande-Place du Complexe Desjardins 15 mars 2005,20h00 Spectacle festif du Jeune Ballet du Québec Animation « fête foraine » Salle Pierre-Mercure Centre Pierre-Péladeau Billetterie S14.98P.6919 II Informations : 514.849.4929 www.enbc.org êt sierre-mercure ITUMCLOBIE LE DEVOIR Montréal^ 1*1 Quebec SS DU 15 AU 19 FEVRIER Enfin de retour à Montréal après le lONTRÉAL APRÈS LE * , I SUCCÈS RETENTISSANT * J de Jet Lag ! The Builders Association (NY) / motirotHUK) RURDEEN Bollywood rencontre Hollywood i—r «Une I j|i| exploration Jljli CAPTIVANTE DU TAPIS .'AXANT.CULTUREL.ÉCONOMIQUE, intellectuel et émotionnel sur lequel NIMiS SOMMES TOUS EN CE MOMENT ».fl|H l Sun-Lines.Chicago, avril Vl® A HHE J :het 521-4493 admission 790-1245 wn » BRITISH COUNCIL n (EN ANGLAIS.AVEC SURTIÎRES FRANÇAIS) Oq (g) FESTIVAL LES ARTS IA nNMatK SUN UK MONTRÉAL 3,'iin.Mtau n’avait pas le temps de recommencer à zéro et, de toute façon, nous avions déjà déterminé certains paramètres que nous voulions absolument traiter dans le spectacle.» Pour saisir toutes les implications de ce que raconte Meilleur, il faut se rappeler que les Deux Mondes est une compagnie de production qui vit en présentant ses spectacles au Québec et un peu partout dans le monde — nos lecteurs se souviendront peut-être que j'ai eu l’incommensurable privilège d'accompagner leur Leitmotiv au Shanghai International Theatre Festival en octobre 2003.Cela signifie aussi que les moments passés ici, dans les locaux de la compagnie, rue Chabot, sont aussi rares que précieux: il faut en profiter au maximum.Parce que l’équipe est réduite, parce qu’elle n’a pas le don d’ubiquité et qu’il y a presque toujours une production qui circule quelque part sur la planète, les périodes consacrées à la création d’un nouveau spectacle sont rarissimes et intense^.Arrive donc Philippe Du-cros.A qui l’on demande d’écrire le texte d’une production multimédia dont la thématique — musicale, visuelle et générale — est déjà trouvée et les personnages, à moitié définis.Dur, non, pour un jeune auteur?«]e savais dans quoi je m’embarquais», répond Philippe Ducros, qu’on a d’abord connu comme comédien avec le Other Theatre de Stacey Christodoulou (Carlos in Therapy) puis avec le Théâtre du Grand Jour, où ü signe la mise en scène de son 2025, l’année du serpent, qui lui a valu la prime à la création Gratien-Gélinas du CEAD en 2002.Malgré son jeune âge, Ducros a aussi monté plusieurs de ses textes à l’Espace libre (fie 4 Round, Diapodiaspora) et joué dans des productions d’Omnibus et de l’Arrière Scène en tournée en Europe: c'est un jeune homme séduisant, solide, intéressant.«Ça ne me déplaît pas du tout de travailler de cette façon, poursuit-il; au contraire, c’est stimulant.Surtout qu’on prend le temps de faire les choses aux Deux Mondes.Une fois le choc absorbé, j’ai dû écrire six ou sept versions différentes du texte.ce que je ne me permets même pas de faire avec mes shows à moi.» Puis, il y a un an environ, l'équipe de création est arrivée à un sy- SOURCE THÉÂTRE DES DEUX MONDES Isabelle Lamontagne, Martin Rouleau et Michel Mongeau dans la nouvelle création du Théâtre des Deux Mondes, 2191 nuits.nopsis «définitif».Un noyau dur de spectacle.Une base solide: musique, images, plateau, texte.Sauf qu’on n’y parle plus de clonage; le spectacle s’interroge plutôt sur les techniques de pointe permettant de prolonger la vie.Et l’acharnement thérapeutique débouche ici sur une réflexion sur la mort et sur le deuil: 2191 nuits raconte maintenant l’histoire d’un coma de six ans dans lequel est plongé un as-tro-chirurgien qui refuse d’accepter la mort de son fils et de sa femme survenue lors d’un catastrophique écrasement d’avion dans le Grand Nord.Des maquettes On a déjà pu voir un extrait Le spectacle s’interroge sur les techniques de pointe permettant de prolonger la vie LE GROUPE DE LA VEIUIE PRÉSENTE ‘ MISE EN SCENE TE0 SPYCHALSKI AVEC GABRIEL ARCAND, ONIL MELANÇ0N, LILIANA KOMOROWSKA, BERNARD CAREZ 25 JANVIER AU 19 FEVRIER 2005 A 20H d’une vingtaine de minutes dans les locaux des Deux Mondes, il y a une dizaine de jours; la chose s’annonce fracassante à plus d’un titre.Si vous vous demandez toutefois ce que mange un astro-chirurgien en hiver, Philippe Ducros vous dira, comme ça, que c’est un astronome qui se préoccupe de la survie des planètes et des étoiles.Que l’action se déroule dans un univers de scientifiques où les instruments de laboratoire prennent beaucoup de place et que.Mais revenons plutôt à cette bizarre façon de travailler.Tous ensemble, en même temps.Comme autour de cette grande table où nous discutons, Meilleur, Dubé, Ducros, Robidoux.On fait comment, déjà?«Tout bouge en même temps, dira d’abord Michel Robidoux; c’est fascinant de voir tout se transformer à partir du travail de chacun.» «Les quatre niveaux du spectacle évoluent de front et on cherche à se rassembler quelque part», renchérit Daniel Meilleur.Meilleur qui joue le rôle du ras- sembleur.Au moment des choix, c’est lui qui trace la ligne: «Je suis le plus objectif de tous parce que je suis responsable des quatre niveaux.C’est un travail de fusion.Dans la liberté et le plaisir.» Bravo.Mais encore.C’est Yves Dubé, je crois, qui a proposé l’image de la «grappe», qui se construit peu à peu en profitant de tout ce qui l’entoure, puis qui est passé au concept de «maquette».Complices, tous les autres acquiescent et disent travailler aussi à partir d’une «maquette»; comme on peut construire une «maquette décor», il y a ainsi une «maquette musique» et une «maquette texte».Des maquettes qui évoluent en se frottant les unes aux autres et qui se transforment à mesure que les quatre niveaux de langage du spectacle s’affinent Une fois le thème de l’eau trouvé, par exemple, tout a déboulé: la neige, la glace, l'Arctique, le crash, le coma.Avec les images qui donnent vie à tout cela et les lumières pour qu’on les voit bien.Avec la couleur de la musique aussi: guitare folk, voix, chœur aux accents «nordiques», bruits de machine.Et le texte.Et le jeu des comédiens qui se sont peu à peu intégrés eux aussi à la production: Isabelle Lamontagne, Michel Mongeau et Martin Rouleau.Une équipe.Un travail collectif.Mais il découle aussi de tout cela que des choses disparaissent et que d’autres apparaissent constamment dans la genèse de la production.«Tout sert d’une certaine façon, explique Daniel Meilleur, même les passages que nous ne gardons pas mais qui nous ont permis de nous rendre là où nous en sommes dans la construction du spectacle.Pour le bien de la proposition, il arrive même qu'on laisse tomber des choses avec lesquelles on travaillait depuis le début.Mais ça fait partie du jeu.Et c’est comme ça que nous aimons le jouer.» On pourra aller jouer avec eux dès mercredi à la Cinquième salle avant que 2191 nuits soit montée au Festival annuel d’innovation théâtrale en mai, puis au Seoul Performing Arts Festival en septembre avant de rouler aussi en France et en Belgique à l’automne.Le Devoir 2191 NUITS De Daniel Meilleur et Philippe Ducros.A la Cinquième salle de la PdA, du 9 au 12 et du 16 au 19 février, à20h.04 05 ESPACE GO présente jvêt ta ccHabofaUôn d» transat yj O oé h- jamais nudité n’a-t-elle été aussi brave et terrifiante.» G» une maestria frôlant le genie (.) des scènes d’une audace inouïe.» Le plus beau cri de jouissance que la terre ait entendu ! » Surprenante pièce Le ProtmenèonneL [.] Un beau tôte-è-téte.Drôles „ touchantes ou dramatiques, les nèpVques sont finement ciseiôes et rencfcies avec toutes les subtMtès par les deux comédiens.Josée Btodoau.Guide Culturel.Racto-Canada Ce théâtre nous offre, cette saison, de fructueux dépaysements.[.] Lfr» certain sourire ¦umène ce spectacle.Une ironie fine, pétMante [.] § L’intériortté fébrile, la fragilité de Gabriel Arcand offrent un riche j contraste avec la bonhomie et l'énergie d’OnN Melançon.Ame-Marie CkxMer, La Presse J’ai vu Le Professionnel au Théâtre Prosper© et J’étais heureuse [.] C’est vraiment une pièce formidable [.] une tragédie drôle, frès bon comédten Otü Melançon.TVès beau, très bien écrit magnifique.Louise Forestier, Racto-Canada, Je Tel vu à la recto Lfcie rencontre haNurtnante [.] * voir pour le texte et la denelta des {.] Qatxiel Arcand.el fesdnant.i.Samedi et rien d'autre Une pièce drôle, triste, accessible [.] Gabriel Arcand.magnétique.André Ducharme, Rado-Canada, Dèsauteis THÉÂTRE PR0SPER0 1371, RUE ONTARIO EST BIUETTERIE 514.526.6582 OU ADMISSION W W W.LAVEIULEE.QC.CA procurez¦ vous UN PASSEPORT - PR0SPER0 {• inirbs- ioo$) CT COUREZ LA CMANCf DE GAGNER unuitoe LIVRES FOUO I LtPtwm ffo LUrD (jrr .DU 11 IANVIER AU 12 FÉVRIER 2005 lif ”,,r r HOWARD BARDER ÉLISABETH ANGEL PEREZ • JEAN MICHEL DÉEUAIS SERGE DENONCOURT »t< ANNE-MARIE (.ADIEUX tt EMILIE BIBEAU, JEAN FRANÇOIS CASA80NNF.MAXIM GAUDETTE, MONIQUE MILLER, OIIVIIR MORIN.DENIS ROY : *1 Bfiçcùî» Barb* WaGuiHacf Mucmm ; (*»*) 845-4*90 LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE fi FEVRIER 2 0 0 5 gesÙL^ RENCONTRES 7 INTERCULTURELLES 19 janvier au 14 février REGARDS EN MIGRATION /HyunJ^L^^^ega/ ///www.qesu.net le / 514-861-4378/// une (jtilèborftiïMi COMpS^V5£2 de ROBERT WALSER ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE JEAN-MARIE PAPAPIETRO AVEC PAUL SAVOIE ET ROCH AUBERT 1 R ADUC T ION DE BERNARD lORTHOLARY, Eü.GALLIMARD UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE DE FORTUNE "VÉRITABLE PETIT BIJOU QUE nous propose Le Théâtre de Fortune" CAN B E A U NO Y E R , LA PRt'SSt.GUICHET !514) 521-4493 ÏH: ION (514) 790 1245 AH HA Productions MOUVEMENTS 4 et la SAT présentent Directeur artistique et choregraphe/improvisateur Andrew de Lotbinière Harwood Du 9 au 13 février 2005.20 h Interprètes invités Lin Snelling Pierre-Paul Savoie Musiciens invites Jean Derome I Joane Hetu JeamDems Levasseur I Knstm Molner Grand improvisateur devant l 'eternel.Il demeure l'un des tris reres créeteurs en dense i Montréal i risquer le tout pour le tout et i se lancer sur seine avec une pièce où l'improvisation fait office de tantate chortgraphique de base Andrée Martin - Le Devoir 10 fevrie Marc Béland Christian Calon i Chantal Dumas Ginette Laurin Jean Martin ! Christine Duncan u tevrjp 13 février Louise Bedard Pierre Tanguay I Diane Labrosse M Quebec SS Montreal® Lieu SAT 1195, boulevard Saint-Laurent, Montréal Réservations 514 790-1245 ou www.admission.com ^Billets 26 $rétulier 23 $UDA, 303, étudiants.RQO 20 $2 apect^les ou plus FRANÇOIS CHEVALIER Andrew de L.Harwood se passionne depuis toujours pour les œuvres éphémères qui surgissent du geste spontané.16 AU 26 FEVRIER .20 H INTERPRETES .GENEVIÈVE BESSETTE.SEBASTIEN DOMDSAILA.CLAUDEL DOIJCI ! XAVIIIi LAMOUREUX.MARK PIEKI 0 MARIE-ANDRÉE ROBirAILLE, LAURA SMI1H.MIMKIJ IHII RENBERG COLLABORATEURS .MARt SMERBANNI).DENIS GAGNON.NATHALIE tlCREIC JUCEtYN PROUIX FRANÇOIS R0IIPINIAN DANSÉS ^IRCASSIENflts D ers^d a r\s% CHORÉGRAPHE ET Mil T Eli ft .'EN SCÈNE., PIERRE ¦ri’AU L SAVOIE TTTTCr L’AGORA DE LA DANSE \ ïï±\\\ B40, RUE CHERRIER METRO SHERBROOKE 514.525.1500 *¦¦¦ ¦¦¦¦ Réseau Admission 514.790.1245 www.agoradanse.com I I.IIEVIHII DP 18 IflNVIER M 12 FÉVRIER 2005 ! " " »«¦»»«.Wmleox.n y .,ou.; du dr«T" hamoar.d.U t.».l„n> dn ^ .c*|rtJvant et divertiesent tel un - C «t bien meilleur le matin, SRC ^ ace.n « Certaine eutenr.dremeu*,., (., .on, , promette,.».Nicole, BUlon e,t déjà entenr.„ u Prni, “r^n.: : rr-—— .I « New tvcceea at Théâtre d'Aujourd’hui fw.g „ - The Gazette , ra Uni- Powerfully realized.I Texte NICOLAS BILLON iq: Québec www.thnatrndaujourdhul.qc.cn Mise en scène RENÉ RICHARD CYR assisté de Rime Plrozzi Avec VINCENT-GUILLAUME OTIS JEAN-FRANÇOIS PICHETTE et JASMINE DURÉ Collaborateurs : léal Benoit.Mérédlth Caton.Etienne Boucher.Ilain Banphinaii, François Cyi.Pierre Cny Lapointe.Francis Laporte et Shelley Dnpasfaier Une création du Théâtre d'Aujourd'hui En partenariat avec rue Montréal H2W 2M2 ( 9 métro Sherbrooke) iHy-ro- - LE DEVOIR Ihsl www.thnatrndaujourdhul.“”282- i 39001 T LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 FÉVRIER 2005 E 6 * Culture - MUSIQUE CLASSIQUE Un acte à l’opéra / Musici consacre toute une soirée aux opéras en un acte, avec trois ouvrages fort différents CHRISTOPHE HUSS uel est le rapport entre Les Conjurés (JDie Verschworenen) deSchubert,Abu Hassan de Weber, Gianni Schicchi de Puccini, Salomé de Richard Strauss ou Une tragédie florentine de Zemlinsky?Ce sont tous des opéras en un acte, des einakter, conune disent les Allemands.Après avoir proposé Alexandre Bis de Martinu l’an passé, I Musici de Montréal a le courage de persister dans l’exploration de ce genre méconnu en présentant le 9 février, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, L’Ours de Walton, Une petite arle- quinade de Salieri et A Utile Nightmare Music de Peter Schickele.L’œuvre théâtrale en un acte commence à se développer dans l’Allemagne du XVIII' siècle (par exemple avec la pièce Fhilotas de Lessing en 1759).Le genre a un écho immédiat chez les compositeurs, et notamment chez Mozart (1756-1791) dans le genre du sing-spiel (pièce chantée), dérivé de l’opéra comique français.Mais le phénomène est, en fait, largement européen.En 1733, Giovanni Per-golèse intercale entre les actes de son opéra Le Prisonnier superbe deux parties d’un intermezzo: La Servante maîtresse.L’intermède Partenaire de saison à Montréal 4 GROUPE FINANCIER LES VIOLONS DU ROY LA CHAPELLE DE QUÉBEC Directeur artistique et musical: Bernard Labadie Haydn Beethov Esprit et poésie I là H les symphonies • Oxford et •• Surprise •' de Hoydn seront interprétées pour la première fois par les Violons du Roy.Outre première, la visite du pionistt^itolien Benedetto lupo qui nous offrira le magnifique concerto nl 2 pour piono et le rondo en si bémol de Beethoven.Chef Soliste Bernard Labadie Benedetto Lupo piano CONCERT Gfllfl sous la présidence d'honneur de Monsieur Paul Lirette, vice-président - ventes et morketing GlpxoSmithKline ¦ Vendredi, 11 février 2005, 20h Salle Pollack, Université McGill 550, rue Sherbrooke Ouest, Montréal ¦ Billetterie firticulée Inc.:(514) 844-2172 ou sans frais: 1 866 844-2172 Présenté en collaboration avec m GlaxoSmithKline www.violonsduroy.com .© .IRA 01H tiwIWnts éclipsera vite l’opéra lui-même et s’exportera à Hambourg (1742), à Vienne (1746), mais surtout en France (1752).Deux époques Jean-Jacques Rousseau lui-même, engagé dans la querelle des Bouffons et prenant le parti italien contre le parti français de la tragédie lyrique, compose en 1753 un intermède en un acte, Le Devin du village, qui aura une influence sur son époque.Le modèle de singspiel mozartien adapté de l’exemple français sçra Bastien et Bastienne, en 1768.A Vienne, Salieri imagine en 1786 un petit bijou très efficace.Prima la musica e poi le parole, un divertissement théâtral créé le même jour que Le Directeur de théâtre de Mozart L’exemple de ces singspiele perdure après Mozart avec Mendelssohn (Die Heinkehr aus derFrem-de, Die beiden Padagogen) et Schubert (Les Conjurés, Les Jumeaux), mais le genre s’étiolera au cours du XK' siècle.Il revient en grâce dès le début du XXe siècle, devenant alors une forme d'expression privilégiée car permettant de densifier et de ramasser une intrigue, tant au théâtre qu’à l’opéra.Bec- Le chef Yuli Turovsky kett, Hofmannsthal ou Brecht sont des adeptes de cette forme.SMCQ ^ McGill ÜE' * [r;r-r- if/sfir n trnr\ ‘-izz srs- !?! U foniaüm SOCAN LE DEVOIR ©utturtte FONDS '— > 7 “ iALMgwm Bayer Healthcare Québec SS büïgm jiL | Des jardins Hydro KX+ Quét s,rh E.MERAl DE Théâtre Maisonneuve, Place des Arts v' TOPAZE Cinquième SaHe.Place des Arts SV I WAI IN Musica Leonidas KAVAKOS violon Au piano, Dénes VÂRJON Mardi, 8 février, 20 h Programme : J.-S.Bach, Schumann Bartok et Enesco Billets : 30$.25$.12$ (étudiants) Manka BOURNAKI Dimanche.13 février, I I h Programme : Debussy et Chopin Atelier d'éveil musical pour les 5-10 ans, 3$ Billets : 25S.10$ (étudiants) \ la Place des Arts ; 842-211?Renseignements Pro Musica, 514-845-0532 www.promusica.qc.ca Place des Arts Théâtre Maisonneuve Place des Arts 514 8 4 2.21 12 1 866 8 4 2.2112 www.piU.qc.ca R.a.iu Admlillon su 790.1245 Cinquième Salle 514 8 4 2.21 12 1 866 8 4 2.2112 www.pda.qc.ca Ritfttu Admlaaion su 790.124S SOURCE I MUSICI mr ' À l’opéra aussi, la formule de l’acte unique est, dès la première décennie du XX' siècle, une forme très appréciée.Il s’agit alors de couper les liens avec le grand opéra romantique de Wagner et d’atteindre une expression plus directe et plus violente des tensions intérieures comme des conflits ouverts.La concentrafion répond également à l’évolution générale du langage musical, devenu plus lapidaire.Erwartung d’Arnold Schoenberg et Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartok, présentés à l’Opéra de Montréal en 2004, appartiennent à ce courant, qui a engendré de véritables chefs-d’œuvre méconnus, sous la plume de Hindemith (Sancta Susanna), de Zemlinsky (Une tragédie florentine), de Kre-nek (Der Diktator), de Korngold (Violanta) ou d’Ullmann (Der Kaiser von Atlantis).L’expression la plus connue du grand public est le triptyque (Il tabarro, Suor Angelica et Gianni Schicchi) de Puccini (1918), le mélodrame de Mascagni Caval-leria rusticana (1890) et, évidemment, Salomé et Elektra de Strauss.Mais ces deux derniers ouvrages remplissent une soirée d’opéra alors que, généralement, ce n’est pas le cas.Ce qui devrait être un avantage (ouvrage plus court, acüon resserrée, élimination de tout superflu) et une prime à l’accessibilité se retourne finalement contre le genre.Comment présenter ces œuvres, comment les coupler?Hélas, il n’est venu à personne, à ma connaissance, l’idée d’associer Ariane, le petit bijou écrit par Bo-huslav Martinu (en français) pour Maria Callas, et le mélodrame de Stravinski Oedipus Rex.Peut-être un jour.À Montréal Après le succès d'Alexandre Bis de Martinu, en 2004, il était sûr qu’l Musici persisterait dans cette voie.Cette année, toute une soirée est consacrée aux opéras en un acte, avec trois ouvrages fort différents.D y a fort à parier qu’un succès encouragerait l’ensemble montréalais à poursuivre l’expérience, mais les partitions envisagées pour les prochaines années ne sont pas encore dévoilées.Mercredi, donc, L’Ours de William Walton (1902-1983) ouvrira la soirée.Comme on peut s’en douter, c’est une partition (1967) composée sur la pièce de Tchékhov et mettant en scène trois personnages: Popova, jeune veuve; Smirnov, un voisin, propriétaire terrien, et Luka, valet de Popova.Chaque personnage se cache derrière une façade, notamment Smirnov, le mufle senü-mental.L’ensemble dure trois quarts d’heure.Une petite arle-quinade, d’Antonio Salieri (1750-1825), est un bref épisode de commedia dell’arte (avec Arlequin, Brighella et Colombine) intégré dans l’opéra Axur, Rè d’Or-mus (1788), adaptaüon viennoise de Tarare, opéra en cinq actes sur un livret de Beaumarchais, créé à Paris l’année précédente.Enfin, A Utile Nightmare Music, de Peter Schickele (né en 1935), alias PDQ Bach («le dernier et certes le moindre» de la très nombreuse progéniture de J.S.Bach), se compose de deux airs, d’un duo (Uh oh) et d’un finale, What hutzpah!, parodiant Une petite musique de nuit de Mozart C’est une pochade fondée, selon l’auteur, sur «un rêve qu’aurait fait PDQ Bach dans la nuit du 4 décembre 1791, la nuit où est mort Wolfgang Amadeus Mozart et où Antonio Salieri est demeuré vivant».Ambiance contrastée donc à prévoir au Théâtre Maisonneuve.C’était d’ailleurs le propre, dans les années 1920, des soirées d’ei-nakter, dont l’un des avantages était d’offrir la possibilité de juxtaposer des formes dramatiques différentes et complémentaires.I MUSICI DE MONTRÉAL «Une nuit à l’opéra!» Walton: The Bear.Salieri: Une petite arlequi-nade.Schickele: A Utile Nightmare Music.Allison Angelo (soprano), Michelle Sutton (mezzo-soprano), Nils Brown (ténor), Phillip Addis (baryton), Marc Belleau (basse).I Musici, direchon: Yuli Turovsky.Mise en scène: Alexandre Marine et Anne-Catherine Lebeau.Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, le mercredi 9 février, 20h.Renseignements: (514) 982-6038.une salle mythique des refrains légeildaîr un concert intime ——.giLLES VIGNEAULT Le 20 février prochain à 20h, au Saint -Cam i I le billets en vente : (514)908-9090 www.ticki'tpro.ca LE SAINt CAMILLE 5220, rue Charleroi à Montréal-Nord inlns : >1 L.IK1I., 1(17 uwu isincertimimc.i uni nntiomtèmeiu eratnii 11 hm m» Montr^ol DEVOIR S A M E D l De visu Parler d’assemblage faire du surplace Catherine Bolduc, Janet Logan, Josée Dubeau, Marie-Josée La-framboise, Manuela Lalic Chez Circa, 372, rue Sainte Catherine Ouest, espace 444 Jusqu’au 19 février BERNARD LAMARCHE Il y a de ces expositions qui an-noncent beaucoup.Avec les titres qu’elles déballent avant même de dévoiler les œuvres quelles contiennent, ces expositions promettent.Faire du surplace, organisée à Circa par les artistes-commissaires Catherine Bolduc et Janet Logan, est de celles-là.Ce titre a de quoi faire saliver.On imagine des œuvres qui impliquent le spectateur, qui le mènent à cette lenteur qui de nos jours tient de lieu de résistance.Ou encore, inversement, on envisage ce titre comme une position claire sur la nature même du processus artistique.Ainsi, on nommerait une réalité de la création.Or, au-delà de l’éclat d’esprit qui consiste à nommer bellement les choses, l’exposition est demeurée à l’état de premier essai.Faire du surplace, en rester là quelque temps, fouiller, accumuler, agglutiner, maintenir une position fixe dans le temps: voilà toutes des manières possibles de considérer l’acte créateur, de placer l'accent sur le «faire», sur un mode de fabrication proche de l’artisanat et de sa patience manuelle.Sauf qu’ici, il n’est pas outre mesure question de dextérité, mais d’une manière de tenir le cap, de trouver un moyen de ralentir, de valoriser la besogne répétitive comme processus.Le danger, puisque l’exposition est entièrement conjuguée au féminin, est d’en revenir à une position féministe datée qui valorisait en art des activités censées être spécifiquement féminines, proches du textile, du tissage, du menu travail.Heureusement, bien qu’elles s’en approchent, les artistes de cette exposition ne tombent pas dans ce panneau réducteur.Elle a été élevée dans du coton, 2005, de Janet Logan.Un goût pour l’étrange A une exception près, les artistes se sont retrouvées à assembler patiemment, sur place, les éléments qui ont mené à leur installation.La première de ces œuvres, de Catherine Bolduc, la très bien nommée Encore des châteaux en Espagne, est une œuvre de garde-robe.Du seuil de la petite salle de la galerie, condamnée pour l’occasion, on peut entrevoir un univers réduit, qui se veut magique.Des dizaines et des dizaines de baguettes chinoises bleutées sont accrochées dans l’espace, tout près de la saturation.Le jeu en aurait valu la chandelle si, techniquement, l’installation avait été mieux maîtrisée.Des miroirs auraient dû servir à décupler les dimensions de cet espace congru, à rendre la chose vertigineuse même, mais les limites du dispositif apparaissent rapidement et étouffent la magie qui tarde à opérer.L’artiste tient là un filon, toutefois, qu’elle a déjà auparavant bien exploité.Plus loin dans la galerie, la pièce de Janet Logan consiste en des petites poupées emmaillotées dans du coton servant à faire des pansements, des momies suspendues dans les airs.Outre le sens introduit par le titre de l’œuvre, Elle a été élevée dans du coton, qui semble se retourner ici en cauchemar.Passé ce renversement sémantique, l’œuvre reste au niveau d’une métaphore bien simple, notamment de la suspension et de la préservation d’un monde, celui, s’éloignant, de l’enfance.11 semble exister d.ms cette exposition un goût pour l’étrange.Si Bolduc le joue sur la carte du mystère et Logan sur celui de la psychologie trouble, Manuela Italic semble se tourner vers le genre de l’horreur.Ici, une masse sombre, faite de sac d’ordures, impose sa force et semble avaler une partie de la galerie.Si le titre (décidément, ils n'ont rien d’accessoire ici) apporte une dimension sociale à l’œuvre — Se fondre dans la masse —, c’est davantage en référence au cinéma d’épouvante que se positionne l’œuvre, comme si elle provenait SOURCE CIRCA de ces films de monstres où de gluants blobs cherchent à tout al> sorber sur leur passage.Encore une fois, ici, bien que les intentions de l'artiste soient claires, puisque le cadre de l’exposition met en relief l'activité de fabrication des œuvres, on demeure avec la vague impression que l'œuvre passe à côté.En effet, malgré le temps et le travail que l’artiste a pu consacrer au nouage des sacs, l’impression persiste qu’elle n’en a pas fait assez et quelle reste dans un entre-deux.On capte l’idée du surplace, certes, mais l’œuvre ne s’avère pas assez menaçante pour enfoncer réellement le clou d'un imparable effet Devant les dessins de Josée Dubeau, de très belles œuvres sur papier, dans le ton de ce qui se développe ailleurs en arts graphiques, impossible de se dire qu’ils sont au bon endroit.Ses cosmonautes en apesanteur, qui semblent se fondre l’un dans l'autre grâce à des forces inconnues, bien que superbes, s’éloignent de l'idée développée par le parcours de l’exposition, à moins qu’on ne veuille ici souligner l’idée que le dessin peut se mesurer à des notions proches de celles de l’assemblage ou du collage, une idée peu fertile dans ce contexte.Puisque, à ce titre, la peinture, le dessin, la pratique de la musique ou de toute autre forme d'art, comme l’écriture, demandent que l’on se fixe à un endroit.Avec ces dessins, aussi réussis soient-ils, le contenu de l’exposition fuit quelque peu.Lin seul de ces dessins de Dubeau maintient des liens formels-avec la toute dernière œuvre de l’exposition.De Marie-Josée Inframboise, le bien nommé Cafouillage se veut un dessin dans l’espace.Sur de minces fils de nylon, l'artiste fixe des fils de couleurs intenses, question de tisser l'écheveau flottant d’une toile colorée, qui joue habilement sur les notions de virtualité huit la chose est (presque) diaphane.Cette pièce de Inframboise s’insère dans une série exploratoire.Elle a déjà réalisé ce type d’assemblage, se faisant toute petite araignée, en étalant ses formes de façon autrement plus tentaculaire.Cette fois, c’est un corridor serré que l’artiste a composé, une modalité intéressante, sans plus.Nourrie de belles intentions mais aussi d’intuitions fort justes, l'exposition demeure pertinente.Ses paramètres auraient par contre pu souffrir un tour de vis supplémentaire.Le Devoir SYMPHONIQUE DE LAVAL Des ténèbres les vendredi et samedi 11 et 12 février 2005 à 20h le dimanche 13 février 2005 à 14h Salle Redpath, Université McGill SOLISTES INVITÉS: Gérard Lesne, alto masculin et les musiciens de l’ensemble il Seminario Musicale CHEF INVITÉ : Patrick Cohën-Akénine, violon baroque Ensemble de musique ancienne aux Instruments d époque CLAIRE GUIMOND OIKICTki C.I ¦ A R T t S T10 U L Renseignements et billetterie : (514) 355-1825 ou arion@eariy-music.com Commanditaire principal Tarifs (taxes incluses) régulier 30$ | aîné 23$ | étudiant 15$ HTWn CORPORATION DC CANADA ORCHESTRE 2004.05 Poésie et innocence Mercredi 16 février 2005,20 h Maison des arts de Laval Jean-François Rivest, chef Agathe Martel, soprano Une P^sentalion de Location d'outils Stanley Péan, poète-narrateur iAAPLEJC Billetterie : 450 667.2040 Admission : 514 790.1245 Salle André-Mathieu, 475, boul.de (Avenir Laval "SS, Mnwm 9 U lii.vuiK Courrier (ZutHm JEUNESSES 'MUSICALES CAN www.jeunessesmusicales.com DES SAMEDIS EN COMR^GNIE DES PLUS AUDACIEUX VIRTUOSES DE LA RELEVE LA MUSIQUE SUR UN PLATEAU 5few er, MÉMOIRE DE CHINE nu FANG, pipa etguzheng JEAN-FRANÇOIS BLANCHARD, comédien JACQUES LEMIEUX, mise en scène Voyagez au son de la musique chinoise et des textes du poète québécois Alain Grandbois.CONFÉRENCES SUR BACH DIMANCHES DE 14 H  16 P 30 CARTE BLANCHE k.13 FÉVRIER FRANÇOIS FILIATRAULT LEIPZIG I : CANTOR À SAINT-THOMAS (1723-1729) Avec extraits sonores et visuels UNE SALLE DE CONCERTS À DÉCOUVRIR RESERVEZ VOS PLACES! La presentation des concerts dans la salle est rendue possible grâce au soutien de C^^^Québec MAISON DES JMC I0NT- ROtW EST, MONTRÉAL (QUÉBEC! H2T 1P8 (514) 845-4108.poste 221 info@jeunesse$musicales.com 8 au 19 FEVRIER 2005 Pi OdJtiMe on aPPr?"!Lt déf8il|ant qoo ^ lePfd'Un délivreur ducom«besD^ utpfus 'eStqi;héà5neC^e RtATiviTt 1200, rue de Bleury - Mtl 514.861.4036 www.admission.com 514.790 1245 Ou 1 800.361.4595 06 f LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 FÉVRIER 2005 Lemieux centenaire Le Musée national des beaux-arts du Québec souligne avec brio le 100e anniversaire de Jean Paul Lemieux DAVID CANTIN Comment rendre hommage à Jean Paul Lemieux sans tomber dans la redite?Voilà l’un des nombreux défis que l’équipe du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) relève avec brio dans le cadre d’une grande exposition qui souligne le 100' anniversaire de naissance d’un des peintres les plus appréciés du grand public.Avec l’aide du Musée des beaux-arts du Canada, cet Hommage à Jean Paul Lemieux dresse un portrait fort stimulant d’un créateur en marge des tendances marquantes de l’art contemporain.Plutôt que de jouer la carte du trajet conforme aux attentes, le MNBAQ invite à découvrir un Lemieux aux nombreuses facettes.Grâce à un choix judicieux d’une cinquantaine de tableaux et dessins, ce parcours it • .o mmàt «r 3$ __:-.Le Far West, 1955.Collection du Musée des beaux-arts de Montréal.SOURCE MB AM SOURCE MNBAQ La Mort par un matin clair, 1963.Collection du Musée national des beaux-arts du Québec.s’intéresse avant tout à la profondeur de l’imaginaire vjsuel de cet artiste né à Québec.A l’intérieur des deux salles qui se complètent de manière fort subtile, le visiteur est amené à voir l’œuvre du peintre des grands espaces québécois dans une perspective aux résonances beaucoup plus universelles.La sélection se concentre principalement autour de la fructueuse période des années 60 et 70.Encore une fois, le concept de design de David Gaucher joue un rôle primordial.On découvre ainsi un travail sur la ligne oblique qui guide, en quelque sorte, le regard d’un thème à l’autre (du temps suspendu jusqu’à la ville déserte).A partir de quelques citations de Jean Paul Lemieux, il est donc possible d’entrer en contact avec ses toiles qui évoquent immédiatement certains souvenirs.Dans bien des cas, quelques contrastes viennent intensifier notre rapport face à l’œuvre connue.Le cadrage serré de La Visite (1967), avec ces figures massives, résonne face à la solitude et l’exclusion du visage de L’Orpheline (1956).de St-Benoil-du-Lac Spectacle multimédia accorrpaqne Chants grégoriens \ \ a saveur contemporaine Paroxysme A l’intérieur de Pilot qui isole le thème nocturne, des compositions telles Le Grand Nu (1966) ou Lune d’hiver (1957) dévoilent des nuances fragiles dans les noirs ou encore dans certains horizons aux lignes géométriques.Par la suite, la forêt laisse entrevoir plusieurs grands espaces où l’attente ainsi que l’incommunicabilité semblent jouer un rôle décisif.La Fête (1963) étonne toujours avec ses invités qui déambulent dans une atmosphère presque insaisissable.Un peu plus loin, une forme d’oppo- sition se fait sentir dans les images de la ville où le point de vue panoramique fera place à une angoisse qui renvoie à une fin du monde lugubre.Encore une fois chez Lemieux, l’économie des moyens pointe vers une approche formelle qui risque de surprendre le visiteur.D’ailleurs, L’Eté à Montréal (1959) demeure un exemple flagrant de cette esthétique où l’épuration atteint son paroxysme.Dans la deuxième salle, l’hiver occupe une majeure partie de l’espace.D’un tableau à l’autre, le paysage froid et austère se mêle à de longues formes rectangulaires.De plus, une œuvre comme Métropole (1960) fascine dans sa manière de combiner le réalisme et l’abstraction.Avec Le Rapide (1968), l’artiste crée l’effet d’un train fonçant à vive allure vers le spectateur plutôt que vers l’horizon.On retrouve souvent ce caractère introspectif qui anime une bonne partie de la production de Lemieux.Afin de compléter l’exposition, on réunit le célèbre Autoportrait (1974) avec deux toiles de la maturité picturale: Le Cavalier dans la neige (1967) de même que Le Visiteur du soir (1956).Il s’agit de la première fois que l’on réunit, côte à côte, ces trois tableaux sur une cimaise blanche.L’effet s’avère plutôt impressionnant.Du coup, l’œuvre de Jean Paul Lemieux ppraît toujours aussi conviviale.A la suite de son inauguration au Musée des beaux-arts du Canada à l’automne dernier et après son passage au MNBAQ jusqu’au 24 avril, ce vibrant hommage terminera sa tournée à la Collection McMichael d’art canadien, à Kleinburg (Ontario), du 4 juin au 5 septembre 2005.HOMMAGE À JEAN PAUL LEMIEUX Au Musée national des beaux-arts du Québec Parc des Champs-de-Bataille Jusqu’au 24 avril 2005 Perdu dans l’espace POINT D’ATTACHES OU LES INFIDÉLITÉS ROTATIVES Monique Jean Oboro Jusqu’au 5 février BERNARD LAMARCHE La chose pourrait être issue d’un film de science fiction.Dans le fond de la galerie, éclairée en contre-jour, se dresse une série de colonnes partielle- Le spectacle es! un témoignage religieux qui permet un contact plus direct avec l'auditeur Plus qu'un simple récital, le spectacle Splendor développe les théines religieux liés aux prières, aux psaumes chantés et aux textes bibliques de l'album.Billet régulier 30,00$ de Radio Ville-Marie Samedi 12 février à 20h Sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs (5875, rue Sherbrooke Est.coin Bossuet) Forfait 50,00$* *dégustation des produits de l’Abbaye avant le concert Les, .peaux détours CIRCUITS CULTURELS Notre 18* saison commence! 20 mars Conférence et lancement de saison 3 avril La grande Albani conférence 9 avril Les oies blanches à Baie-du-Febvre 16 avril Jean-Paul Lemieux à Québec www.lesbeauxdetoure.com ment évidées.Ces totems, presque menaçants tant leur allure est sévère, donnent un caractère à la fois solennel et irréel à une œuvre d’abord et avant tout au service du son.Ces colonnes constituent un large plan vertical qui accueille pas moins de 80 cônes de haut-parleurs.Elles diffusent des sonorités capables de nous faire perdre un temps nos repères.Monique Jean est électroa-cousticienne et artiste sonore.En galerie, elle a réussi à établir une atmosphère tant par les moyens plastiques déployés que par la trame sonore diffusée par les haut-parleurs.C’est là la principale qualité de l’installation sonore: (514) 352-3621 la Galerie d'art Stewart Hall 176, Bord du Lac, Pointe-Claire 5 février au 13 mars LES DAMES Collection privée d’estampes Bonnard • Cézanne Chagall - Kollwitz Matisse - Picasso Renoir et autres Vernissage le dimanche 6 février à 14 h Info: (514) 630-1254 Sous la présidence d’honneur de Madame Angèle Du beau VIOLAINE GAUDREAU « Horizon intérieur » LOUISE ROBERT * Œuvres récentes » Exposition jusqu’au 5 mars 200$ GALERIE SIMON BLAIS elle parvient à établir une atmosphère d’exotisme technologique, si l’on peut dire.Si la pièce n’avait pas la qualité de présence qu’elle affiche, elle pourrait susciter moins d’intérêt La chose met en contact avec ce qui peut se produire lors d’un concert d’acousmatique, dont une caractéristique est d’explorer les divers registres d’expression du son, en plus de spatialiser les ondes sonores, élargissant ainsi les cadres de l’expérience.En matière de spatialisation, l’installation est réussie.Elle révèle, c’est le cas de plusieurs installations dans ce secteur, la physicalité intrinsèque à l’écoute.Dans la pénombre, d’autres haut-parleurs sont tapis, qui sont autant d’attaches, pour reprendre les mots du titre de l’exposition, d’où émergent les sons.Continuellement mais grâce à de toutes petites variations sonores, le visiteur se retrouve à déambuler dans l’espace, comme appelé, attiré par les déplacements du son.Encore, en se déplaçant, le spectateur isole des pointes sonores qui, tout en douceur, ne s’apparentent jamais à des aspérités.La bande sonore est entièrement faite de petits sons parfois inquiétants, aux variations d’intensité et de timbre à peine perceptibles.En cela, l’œuvre est efficace et tout sauf spectaculaire.Ce n’est que par le temps qui lui est accordé qu’elle aspire à dévoiler tous ses atouts.Par contre, la référence à la science fiction peut être un récif confie lequel vient s’échouer la pièce.Tout le long de l’écoute, c’est une frame sonore de film de l’espace qui revient à l’esprit.Et une des frames qui revient le plus souvent en tête date quelque peu.La facture sonore de Point d’attaches ou les infidélités rotatives ressemble terriblement au souvenir que nous avons des effets sonores de la série Cosmos 1999.L’impression parasite la perception de la pièce.Ce qui reste toutefois, c’est la qualité sonore cristalline et le sentiment de flotter dans un espace beaucoup plus grand que celui de la galerie.C’est déjà une belle réussite.L’exposition ferme toutefois aujourd’hui.Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE t> FEVRIER 2 0 0 5 K 9 1 TIÏÏOTDr 124*.me Bernard ftesl JWMtmt 15,4,495.9944 OUMfflOHÏ •«* theatreautremoit ca LE SECRET DE VGRA DRAK > n*t La«ti V.O anglaise mec sous-otres tanças Grande-Bretagne 2004 125 min.(G) 17 wiri» 19 > 3> • In ûtti o lHJlliu; e x Ce n t r i s ^ HORAIRIS $14 847 2206 WWW.fX-CENTRIS.COM t i m \ % JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Il y a dix ans, avoir un premier bébé à 37 ans, c’était tard.L’horloge biologique parlait de dernière chance.Aujourd’hui, les femmes font des enfants beaucoup plus vieilles», souligne Nathalie Petrowski.Nathalie, François et Sophie Nathalie Petrowski a souvent sauté la frontière entre le commentaire critique et sa propre création.Une sorte de no man’s land flotte entre les deux mondes et plusieurs journalistes hésitent à franchir ces zones de brouillard.Pas elle.ODILE TREMBLAY Le premier roman de Nathalie, Il reste toujours le Nebraska, fut éreinté par la critique en 1990.Alors, de Maman Last Call, cinq ans plus tard, plus récit que roman, elle n’attendait pas grand-chose, sinon le pire, la catastrophe.Après avoir envoyé le manuscrit chez Boréal, elle prit le téléphone, paniquée: «On arrête tout.Je me plante.» Mais la machine de l’édition a continué à rouler.Contre toute attente, le livre obtint du succès.Vingt mille exemplaires vendus au Québec.Dès la sortie du livre, Alain Chartrand s’est proposé pour le porter à l’écran.Mais comment adapter un récit rédigé à la première personne?Elle a cru d’abord l’exercice impossible, avant de se retourner sur un trente sous et de commencer à l’écrire.Nathalie s’était battue auparavant pour le droit à l’avortement, et en avait subi quatre.Maman Last Call constitue le récit romancé de son revirement plein d’angoisse.Mais elle a romancé.«J’avais décidé de garder le bébé dès le départ», ra-conte-t-elle, mais dans le récit, elle pense à avorter.Entre 1995 et aujourd’hui, la société a évolué.«Il y a dix ans, avoir un premier bébé à 37 ans, c’était tard.L’horloge biologique parlait de dernière chance.Aujourd’hui, les femmes font des enfants beaucoup plus vieilles, précise Nathalie.Mais le taux de natalité n’a pas augmenté au Québec.Et puis, quand j’ai écrit Maman Last Call, il n’y avait pas beaucoup de réflexions sur la maternité.La peur de certaines femmes enceintes était taboue.Aujourd’hui, c’est devenu plus cool.» Côté cinéma, en 1988, Nathalie avait fait un film sur le Cirque du Soleil, contesté d’ailleurs par les patrons du cirque, pondant des chroniques au milieu de tout ça comme journaliste au Devoir, à La Presse et à la radio.Elle a écrit dix versions de scénario pour Maman Last Call.Depuis le temps que Nathalie travaillait à porter cette aventure de femme enceinte au bord de la crise de nerf à l’écran, on avait fini par croire que le film était l’avortement annoncé.Envolé du paysage, Alain Chartrand, trop pris ailleurs.Denise Filiatrault a voulu prendre le relais, mais les conflits d’horaire ont eu raison également de sa bonne volonté.C'est François Bouvier, le cinéaste à'Histoires t d’hiver, qui a dirigé le film, après une longue attente.Nathalie rend grâce à Christian Larouche, de Christal Film, qui n'a pas cessé de croire en Maman Last Call, malgré les refus de Téléfilm et de la SODEC.«Les institutions n’aimaient pas le projet, évoque la scénariste.Elles trouvaient le sujet dépassé, l’héroïne antipathique.» Good cop, bad cop Mais depuis le début, Sophie Lorain et Patrick Huard étaient pressentis pour incarner les deux futurs parents.Par miracle, les interprètes principaux demeuraient disponibles au moment du tournage.Sophie Lorain, qui a parfois des allures de Nathalie à l’écran, se défend bien d’avoir cherché à imiter ses mimiques et ses gestes.«Le personnage appelait ces postures et ces airs-là.» Elle dit avoir voulu épouser la légèreté d’une névrosée, dont on ne montre pas les zones de profondeur mais plutôt la panique de surface.«Elle était très amusante à jouer.» Aux yeux de Nathalie, la figure d’Alice Malenfant, journaliste-vedette, adolescente attardée et fê-tarde impénitente, ressemble à la trentenaire quelle fut sans la représenter tout à fait Le personnage de son chum s’est particulièrement transformé entre réalité, livre et film, pour devenir un bon gars, tendre et prévenant histoire de faire opposition à l’hystérie de sa compagne; le good cop aux côtés de la bad cop.«Dans la vie, mon chum n’est pas un homme rose, dit-elle, mais Patrick Huard possède une dimension virile qui convient au rôle.» Marcel Beaulieu lui a donné un coup de main au scénario.«Il lui a apporté un côté plus edgy.Avec Denise Filiatrault, on a évolué davantage dans le sens de la comédie.François Bouvier est allé chercher avec moi plus d’émotion.» François Bouvier a manié le gros couperet «Pour moi, dès la naissance du bébé, le film prenait fin, explique-t-il./’a; sacrifié les scènes avec l’enfant, pour ne le faire vivre qu’en clins d’œil.Et puis le dénouement s’est transformé pour montrer à quel point le petit garçon a modifié la vie des personnages placés dans des situations farfelues.Et je me suis concentré essentiellement sur les personnages, entre leur désir et leur peur de l’enfant.» François Bouvier vous expliquera avoir voulu aussi faire une comédie populaire, plutôt qu’un film d’auteur.Ses œuvres précédentes, Les Pots cassés et Histoires d’hiver, avec des éléments comiques, possédaient quand même une facture plus grave.Faute de pouvoir tourner souvent en extérieurs, le cinéaste a choisi des lofts très lumineux aux fenêtres ouvertes sur la ville.Lors du tournage, des revirements surviennent aussi, créant la surprise.Le personnage de la meilleure amie était recherchiste au départ mais, comme il lui fallait un bureau, ce que le budget ne permettait pas, elle fut transformée en Miss Météo.«Ainsi est née cette fofolle incarnée par Anne-Marie Cadieux, qui est devenue un des éléments les plus comiques du film.» Tellement coloré, ce personnage, que Nathalie écrit un scénario qui lui donnera la vedette, pour un film tourné cette fois encore par François Bouvier.Le Devoir ?CINÉMA ?SEMAINE DU S AU I I FÉVRIER 2005 Les NOUVEAUTES et le CINÉMA en résumé, pages ?5.6 La liste complète SALLES et des ?des FILMS, des HORAIRES, pages 7,14 dans LAGENDA culturel ESSAI Tombeau (x) du cinéma KAREN RICARD On n’en finira jamais d’en finir avec le cinématographe.Cette machine à coudre des photos inventée par les frère Lumière à l’aube d’un siècle obscur a engendré une industrie dont les ramifications assurent notre hébétude divertie et notre asservissement consentant Avec La Mort dans l’œil, un pamphlet en forme de pierre tombale pour un art qui, lui, serait le tombeau de la pensée, Stéphane Zag-danski sort la grosse artillerie.C’est peut-être ce qu’appelait la caméra-mitrailleuse Konica datant de la Seconde Guerre mondiale, reproduite en couverture de ce livre, qui nous rappelle à quel point le cinéma est aussi la mort à l’œuvre, et l’œuvre de la mort Ce qu’on sait au moins depuis Barthes, sinon depuis Debord ou Artaud.Cette Critique du cinéma comme vision, domination, falsification, éradication, fascination, manipulation, dévastation, usurpation est une déclaration de guerre à l’image, ses manufacturiers, ses thuriféraires.Avec, en double fond, un réquisitoire en faveur de l’écrit Qu’on prise ou non Zagdanski et ses manières de seigneur du château, on se dit, en refermant ce livre aussi virulent qu’érudit qu’il laisse loin derrière la brigade légère des critiques «prosélytes» (Bazin, Faure, Daney, Schefer et, oui, même Deleuze) qui n’ont pas su.selon l’auteur, penser le cinéma «Revendiquant le patronage de saint Guy Debord» (comme on a dit à Libération), Zagdanski tente d’élaborer une critique «totale» du cinéma qui compléterait celle des situationnistes en remontant jusqu’à l’Antiquité.Son objectif: traquer dans le projet de la Cité platonicienne les germes de notre aliénation à ce «spectacle qui, loin de susciter la pensée, la fige en réquisitionnant toute l’attention pour sa supercherie pyrotechnique».Convoquant Bergson, Zagdanski cerne «en quoi le cinéma parti- cipe d'un mensonge primordial», soit «celui qui consiste à s’intercaler, tel l’eidos-écran, "entre notre pensée et la rente’».Sa relecture de La Republique et du Timée expose les rouages de cette Cité, ses similarités avec notre monde «CNNise» et la question cruciale de son rapport à la vision.Socrate exprimait le vœu de voir cette conceptuelle Cité «s'animer sous ses yeux», comme «projetée au cinéma».nous dit l'auteur (qui ne nous épargne rien des subtilités entre le vocable kinéma et k> kinoumena utilisé par Socrate: ce livre est en sus un traite d'étymologie à l'usage des générations textoïsées).Esbroufe?Logomachie?Les lecteurs non rompus à la mtuiière «Zag» se poseront sans doute la question.Pourtant, rien de factice dans ce recours au «Verbe glorieux» et dans cette convocation de génies littéraires (Baudelaire, Proust, Céline, Kafka) et philosophiques (Nietzsche, Heidegger et encore saint Guy Debord); ils hantent l’œuvre de Zagdanski depuis toujours et il en est à son quatorzième livre.Pas plus soudaine, cette ré- flexion sur le cinéma, que cet «athlète en paroles» élabore depuis un bon moment.Elle se déploie ici avec une verve visant à secouer ces hordes de cinélâtres qui prennent les «oracles» de Godard pour des théorèmes philosophiques, et l’enthousiasme béat des critiques et théoriciens du cinéma devant la puissance d'une technique pour une pensée sur l’art et sur un monde égaré dans le brouillard de ce présent perpétuel engendré par l’image, ses contre-vérités, sa domination.Walter Benjamin aura sans doute fait mieux en moins de mots sur certaines questions: celle de la reproductibilité deà œuvres, notamment L’étude em portét* de Zagdanski a l’avantage du recul historique et nous arrive alors que le cinéma entre dans 1ère du numérique, ultime mutation du rapport de l'humain au réel et aux œuvres d’art LA MORT DANS L’ŒIL Stéphane Zagdanski Maren Sell éditeurs Paris, 2(X)4,392 pages JF.AN-PAUI.PELISSIER REUTERS Jean-Luc Godard ’’"’P* ïlt sur toutes les scènes eu Wles LE DEVOIR ABOnnemenTS : 644-986-8866 4 800 468-7669 WWW.LedeVoircon, E 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 FÉVRIER 2005 nm o Uniut Comme un sourire grinçant WILBUR Réalisation: Lone Scherfig.Scénario: Lone Scherfig et Anders Thomas Jensen.Avec Jamie Sives, Adrian Rawlins, Sherley Henderson, Julia Davis, Mads Mikkelsen, Susan Vidler, Lisa Mckinlay.Image: Jorgen Johansr son.Musique: Joachim Holbek.ODILE TREMBLAY La Danoise Lone Scherfig est une adepte du Dogme, ce courant cinématographique fondé par Lars Von Trier et appuyé sur une exigence formelle: tourner en temps réel, caméra à l’épaule, éclairage naturel, sans effets spéciaux, etc.Avec Italien pour débutants, elle s’était révélée comme l’une des cinéastes maîtrisant le mieux les codes du genre, avec une sensibilité tout entière à l’écran et un grand talent de scénariste.Voici qu’elle parvient, avec ce premier long métrage en anglais, à travers une, action située à Glasgow, en Ecosse, à traiter avec doigté et humour le sujet difficile du suicide, tout en abordant aussi l’amour fraternel, le manque d’ancrage émotif, la mort des proches, etc.C’est le naturel des inteiprètes qui fascine ici, la complexité des territoires émotionnels abordés, l’art d’entrelacer les ficelles du scénario pour créer la vie en maintenant une ligne d’ironie qui circule au long du film.La trame elle-même tient du défi: car c’est à travers les tentatives de suicide répétées et ratées de Wilbur (Jamie Sives) que l’histoire s’articule.Tentatives souvent spectaculaires, suivies d’absurdes thérapies de groupe, qui suscitent de nouveaux gags.Après la mort du père qui ne laisse à ses fils qu’une vieille librairie d’occasion, Wilbur trouve le soutien de son frère, le dévoué Harbour (remarquable Adrian Rawlins), et aménage au-dessus de la librairie.Bientôt une jeune mère célibataire épousera Harbour et viendra avec sa fille Mary partager la vie des deux frères.Comment les rôles se renverseront, comment aussi les enjeux du suicide basculeront avec les pôles de l’amour: dans sa thématique, Wilbur tisse avec malice et délicatesse des liens de plus en plus étroits entre les personnages, en conservant le comique de ton mâtiné de tendresse.Entrecoupant les épisodes burlesques où Wilbur fait craquer toutes les femmes même les plus caricaturales, une réalité tragique se dessine et la mort rôde autour de celui qui ne la recherchait pas.Le cadre de la vieille librairie est idéal pour abriter ce noyau de rescapés de la vie, qui se réchauffent les uns les autres et modifient peu à peu leurs rapports au monde.Ainsi la timide mais forte Alice (Shirley Henderson) constitue un puits d’émotions qui éclabousse l’écran.La petite Usa McKinlay, dans la peau de sa fille, dégage le même naturel et la même grâce que l’interprète de la mère.Mais c'est Adrian Rawlins, sur une tonalité dramatique, porteur d’une figure de bonté et de sacrifice, qui porte sur ses épaules le poids de la tragédie.Beau film collé aux émotions des personnages, qui s’amuse à démonter les conventions et à faire basculer le ton, Wübur est une œuvre qui refuse d’être monochrome et pose sur les situations les plus dramatiques un sourire grinçant qui désamorce les bombes posées.Le Devoir SOURCE ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM i , m f%r«.Jamie Sives dans le rôle de Wilbur, dans le film de Lone Scherfig.Un mariage et des têtes d’enterrement THp WEDDING DATE (V.F.: UN HOMME À TOUT PRIX) Réalisation: Clare KiLner.Scénario: Dana Fox.Avec Debra Messing, Dermot Mulroney, Jeremy Sheffield, Jack Davenport Image: Oliver Curtis.Montage: Mary Finlay.Musique: Debbie Wiseman.Etats-Unis, 2005, 90 min.ANDRÉ LAVOIE Debra Messing n’est pas la première star de sitcom (Will & Grace) à vouloir s’extirper du petit écran pour rejoindre les rangs, très sénés, de celles qui accaparent le grand.Or, pour une Sally Field, combien de Farah Fawcett de Melissa Gilbert et de CybiU Shepherd?On ne les compte plus et je doute fort que The Wedding Date soit le sésame que Messing espérait.Cette comédie romantique signée Clara Kilner, elle aussi rompue à l’art de la télévision et ce n’est pas visible que sur son curriculum vitae, fera une vive concurrence aux salons de la mariée tout en donnant de la prostitution masculine une image si idyllique que le plus vieux métier du monde semble devenu une profession d’avenir.Et bien sûr, pour tous les célibataires qui hument déjà avec horreur les parfums chocolatés de la Saint-Valentin, The Wedding Date redonnera espoir, un espoir de pacotille qui rivalise en illusions avec Pretty Woman, de Garry Marshall.Kat Ellis (Messing), New-Yorkaise survoltée (quelle surprise.), ne craint pas la fête des amoureux, mais pire encore.Forcée de retourner à Londres pour le mariage de sa demi-sœur Amy (Amy Adams) alors que son ex-fiancé Jeffrey (Jeremy Sheffield) y sera garçon d’honneur, elle se paie les services de Nick (Dermot Mulroney, qui se déshabille avec l'assurance SOURCE EQUINOXE FILMS Debra Messing et Dermot Mulroney dans The Wedding Date.d’une star du cinéma porno gai), un beau gigolo.Celui-ci a la tâche de faire damner, ou du moins le croit-elle, celui qui l’a bêtement abandonnée.Snobinard à la voix grave et dont on se demande s’il fait autre chose que de poser pour la galerie et écouter les confidences des femmes éplorées et fortunées, Nick devient la bouée de sauvetage de Kat.Sa famille, évidemment dysfonctionnelle, va lui réserver quelques surprises, dont certaines éclaireront les raisons véritables de sa rupture avec Jeffrey.Mais ça ne surprendra personne d'apprendre qu’elle en aura tout de même pour son argent.Hollywood semble chercher la formule de ces pétillantes petites comédies britanniques qui, depuis Four Weddings and A Funeral jusqu'à Love Actually, donnent de l’Angleterre — et de l’amour! — une vision parfaitement aseptisée.D est d’ailleurs amusant de constater à quel point les images de The Wedding Date baignent dans une lumiè- re quasi californienne et comme la pluie s’abat sur les personnages lorsqu’il est temps de nous signaler un moment de crise.Même un apprenti scénariste n’oserait pas utiliser ces poncife par crainte d’être accusé de paresse excessive.Cela ne semble nullement effrayer les concepteurs de The Wedding Date, conscrits pour servir à Debra Messing un rôle susceptible de charmer ses admirateurs — toutes les pirouettes qu’elle exécute pour ne pas succomber aux attraits, nombreux et continuellement mis en évidence, de Mulroney — et visant à confondre les sceptiques à travers quelques scènes à forte teneur lacrymale.Des efforts qui ne risquent pas d’aller au-delà d’une simple main sur l’épaule tant cette comédie s’avère aussi affligeante qu’une véritable cérémonie de mariage où l’on doit être présent par souci des convenances.Aussi prévisible que l’apparition d’une danseuse nue dans « SEAN PENN DONNE SUITE À L’OSCAR ® GAGNÉ L’AN DERNIER POUR « MYSTIC RIVER » AVEC UNE PERFORMANCE REMARQUABLE.» -Jack Mathews, New York Daily News « SEAN PENN SURPASSE SA PERFORMANCE DANS < MYSTIC RIVER >.» CECI POURRAIT ÊTRE LA MEILLEURE ET LA PLUS DÉVASTATRICE PERFORMANCE DE SA CARRIÈRE.DISCRÈTE ET ÉLOQUENTE » -Stephen Farbfr,Movieline « Exceptionnel.» - Glenn Kfnny, Premiere SEAN PENN LA FOLLE HISTOIRE D’UN HOMME ORDINAII l 'ASSASSINAT de RIÇHARDMXON DON CHEADLE JACK THOMPSON ET NAOMI WATTS www.assaMinationrichardnixon.com IJ "SîT W5W H À L'AFFICHE DÈS Li 11 FÉVRIER! un enterrement de vie de garçon, aussi poétique qu’une chanson du groupe Air Supply — êtes-vous surpris d’apprendre que l’on ne nous épargne ni l’une ni l’autre?—, The Wedding Date donne envie de prendre la fuite avant que la mariée ne lance son bouquet.«Un film DRÔLE, TOUCHANT!» Mose Persico, CTV-Ent.Spotlight ŒBI^MESSNG DERMOT MULRON "HOMME æIOUT PRIX (version française de The Wedding Date) (S CKCM ImSiiiI www.eQuinoxefllms.com EQUINOXE PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! MONmANÇAIM ¦ |-00*0* l .PAMOU* PCAYCM STSncrft I CWdeLEX 00*0N—s r- LES CIWtfcAAa auzzo —¦ .— M«QA P1.EX-OUZZO—I IWARTTCR LATWÎ711 MONTRÉAL ?1ILASALLE (fWTl llAXOCUER B fÂcouEl C«TB114 ?] EMdOA Piex-ouzzo—« -cinéma-| r—— cerfrM-Ex ootor» 11-ctNÉPLE* ootuw , I— mFua pvex- auzzo —i ONT-VUU 16 ?Il 8T-EU8TACHC ?1IST-BRUNO ?I [BOUCHERVILLE ?! [tERHEBOWNE 14 7\ lirï.THtmscsTl [ëëroSS wSôüTl rPug«ppjSi71 IsheSbwobkeTI Ishebmooki 71 r— CINtMR TWtOMeWC—Y — CINÉMA • i r OALEmCS »t HYACINTHS -1 f—— C*r»ITOl —- ¦.F—CA«n*rou« LR) Nom —, [tACHBNAIB [qATINKSU e | [ST-HVACINTHE ?! I ST-JgAN ?I F 8T-JRR
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