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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2005-02-05, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 FÉVRIER 2005 LE DEVOIR Coopération internationale AQOCI La force d’un réseau intercontinental PageS MONIQUE GAGNON-TREMBLAY Le Québec sur la scène internationale Page 5 On aimerait que la richesse soit universelle car, cela étant, il serait possible d’écouler partout les biens et services qu’un pays donné produit SA agit-il d’exporter des surplus de blé vers 7 des pays où la nourriture manque qu’il est toujours possible de trouver dans le pays producteur les sommes nécessaires pour financer une teUe opération.Est-il question de fournir des vaccins produits localement qu'il est alors pensable d’initier une vaste campagne d’inoculation qui s’adresse, dans le cas du sida, à tout un continent.Dans toutes ces situations, les agences gouvernementales, tout comme les banques mondiales, interviennent Mieux encore, le propos est-il idéologique qu’un pays, où la veille le discours économique se limitait à un seul slogan: «Non à tout déficit», un tel pays trouve alors acceptable un endettement public qui dépassera bientôt les 500 milliards de dollars annuels, afin de permettre des actions guerrières et ainsi entretenir en Irak des armées d’occupation.En contrepartie, et pour le bénéfice de tous, afin de contrer dans un souci publicitaire les effets dévastateurs générés par de telles campagnes militaires, survient-il une catastrophe naturelle qu’on trouve facilement plusieurs millions pour aider les zones sinistrées.Et se façonne la géopolitique: on aimerait que la richesse soit universelle car, cela étant, il serait possible d’écouler partout les biens et services qu’un pays donné produit Les vraies urgences Pourtant on sait que partout sur la planète perdurent des situations qui ailleurs, pour tout pays «normal», seraient vues comme autant d’états d'«urgen-ce».Il n’y a ainsi pas d’énorme différence dans la vie quotidienne en Haiti entre l’avant et l’après-passage de l’ouragan Jeanne.La misère y est là un état permanent, où les guerres entre factions rivales semblent un complément naturel à une misère généralisée.Et tout cela se passe sur un territoire que l’on peut joindre en une heure à peine quand on vient de cet empire qui se veut le champion de la démocratie et du bonheur universel! Y aurait-il aussi une volonté de vacciner toute l’Afrique qu’il faudrait donner à celle-ci des moyens humains et physiques lui permettant d’opérer de telles campagnes, en mettant d’abord fin à ce dumping d’armes qui permettent aux potentats locaux d'entretenir toutes ces guerres pour assurer leur pouvoir, empêchant ainsi toute vie quotidienne.Comme le dit un spé- cialiste de l’Afrique humanitaire, Victor Piché, de l’université de Montréal, parlant de la situation locale, «qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y a pas de ressources financières; quand c'est le temps d’acheter des armes, on en trouve».Pendant ce temps, sur la planète, c’est par un nombre avoisinant le milliard de personnes que se comptent les analphabètes et ceux et celles qui n’ont point accès à des ressources de base, l’eau potable étant l’une d’entre elles.L’intention de mondialisation serait-elle réelle qu’il faudrait donner à tous l’accès à une alimentation électrique, ne serait-ce que pour espérer un jour pouvoir vendre les surplus occidentaux en ordinateurs et autres téléviseurs devenus localement obsolètes! Et vint un tsunami qui frappa toute une région du monde, sept heures après que des équipements sophistiqués aient perçu son apparition, ce qui aurait dû permettre de lancer des avertissements d’alerte (il est toutefois connu que l’Indonésie s’intéresse davantage à contrôler le Timor oriental qu’à protéger ses millions de citoyens).L’énorme vague ne fit pas de discrimination, entraînant dans son sillage touristes et populations locales: les bulletins de nouvelles et les émissions spéciales ont montré le côté dramatique de la situation.Les consciences en furent émues.A long terme, il faut souhaiter que toutes ces images transmises, d’habitations rudimentaires et d’espaces à reconstruire, feront prendre conscience de l’état d’inégalité qui prévaut sur cette planète, où ce qui est misère dans un pays donné serait grande richesse sur un autre continent Aussi, comme le pensent — et dans cette foulée, le font — les acteurs syndicaux et certains intervenants économiques, il y a obligation de canaliser l’autre vague, celle de la mondialisation, en exportant un modèle qui veut que l’intérêt collectif ait priorité sur le gain personnel.Il faut permettre aux travailleurs et aux individus de résister à toutes ces entreprises où l’accumulation des profits est la première mesure d’évaluation d’une réussite.En fait à l’international, le progrès n’a jamais été acquis par le fait d’actions guerrières, mais a souvent été le résultat de gestes dont le mot d’ordre était de garantir une réelle coopération entre tous les intervenants, indépendamment de leurs origines ethniques, culturelles, voire religieuses.Normand Thériault Il n’y a ainsi pas d’énorme différence dans la vie quotidienne en Haïti entre l’avant et l’après-passage de l’ouragan Jeanne DANIEL AGUILAR REUTERS ACTIONS Microcrédit Santé Page 2 SYNDICALISME Un modèle québécois AUDI Page 4 Page 5 'i LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 FÉVRIER 2005 G 2 * COOPÉRATION INTERNATIONALE * Microcrédit et microfinance Emprunter pour acheter un vélo «Plus de 3000 institutions dans le monde sont actives dans le domaine du microcrédit» L’Organisation des Nations unies a déclaré 2005 l’Année internationale du microcrédit afin de souligner et de promouvoir le microcrédit et la microfinance comme étant des moyens efficaces de réduire la pauvreté dans les pays en développement.PIERRE VALLÉE Pour les Nations unies, le microcrédit est l’un des instruments qui permettra d’atteindre en 2015 les objectifs du Millénaire pour le développement, qui sont entre autres de réduire de moitié le nombre de personnes vivant en état de pauvreté extrême, soit avec moins de un dollar par jour.«Le microcrédit consiste à prêter de petites sommes d'argent à des personnes extrêmement pauvres», explique Anne Gaboury, présidente-directrice générale de Développement international Desjardins (DID).Cette division du Mouvement Desjardins est active dans le domaine de la microfinance depuis 35 ans dans plus de 20 pays dans le monde.«Les sommes prêtées doivent servir à acheter des outils de production ou à financer des activités de production», précise Rodolphe de Ko-ninck, professeur de géographie à l’université de Montréal.Par exemple, un prêt de 100 $ permettra à un paysan de se procurer un vélo afin d’aller en ville vendre ses produits au marché.Rodolphe de Koninck, qui est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études asiatiques, s’intéresse au phénomène du microcrédit depuis son apparition au début des années 1970.En effet, c’est en 1974 que Muhammad Yunus, un professeur d’économie de l’université de Dacca au Bangladesh, accouche de l’idée et du tout premier projet de microcrédit «B avait d’abord constaté l’échec des méthodes de réduction de la pauvreté, explique de Koninck, et surtout l'échec des méthodes traditionnelles de prêt dans les milieux ru- raux, qui se réduisent trop souvent au prêteur à gages.» Du prêt au remboursement Bien qu’il n’y ait pas de méthode unique de microcrédit — les institutions de microfinancement peuvent différer d’une région à une autre — certains grands principes demeurent D’abord, il s’agit de prêter aux plus pauvres.«Le premier pas consiste à identifier les familles les plus pauvres du village, explique de Koninck, et parmi celles-ci, de déterminer celles qui feront de bonnes emprunteuses.» Fait à noter, ce sont majoritairement des femmes qui empruntent et qui se servent du microcrédit.«Elles remboursent toujours leurs prêts et gèrent mieux leurs affaires», rajoute Anne Gaboury.La deuxième étape consiste à former un groupe, une sorte de caisse populaire villageoise qui se réunira chaque semaine.L a prochaine étape est alors de convaincre l’institution financière locale — une petite banque ou caisse populaire — à s’impliquer dans le projet en acceptant de prêter une somme d’argent.Les capitaux peuvent aussi provenir en partie d’organismes internationaux impliqués dans le micro-crédit ou de programmes mis en place à cet effet par les gouvernements nationaux.Le remboursement se fait généralement sur une base hebdomadaire, ce qui implique de rembourser par petits montants, mais de façon régulière.«L’encadrement et le suivi sont très importants, dit Anne Gaboury.De plus, les membres d’un groupe d’emprunt sont solidaires l’un de l’autre.Si un membre ne peut pas rembourser une semaine, le groupe s’engage à rembourser pour lui.» On exige aussi de l’emprunteur qu’il paie un léger intérêt sur le prêt A ceux qui voudraient s’en indigner, Anne Gaboury et Rodolphe de Koninck répondent que le microcrédit doit demeurer économiquement viable.«Les profits encouragent les institutions prêteuses à investir davantage et assurent ainsi la pérennité du microcrédit», souligne Anne Gaboury.Et ça marche! «Dans la vaste majorité des cas, avance Rodolphe de Koninck, le microcrédit permet aux personnes de se prendre en niain et de se sortir de la pauvreté.» A preuve, selon les chiffres de l’ONU, au Bangladesh, 48 % des ménages les plus pauvres ayant accès au microcrédit se sont hissés au-dessus du seuil de pauvreté.Ceci n’est qu’un exemple parmi des centaines sinon des milliers de cas semblables.On ne connaît pas précisément le montant d’argent impliqué dans le microcrédit mais selon Rodolphe de Koninck, on parle ici de plusieurs centaines de millions de dollars.Sans compter que le microcrédit est plus répandu qu’on ne le croit «Plus de 3000 institutions dans le monde sont actives dans le domaine du microcrédit.» Microfinance Si le microcrédit demeure l’instrument de base, son succès, selon Anne Gaboury, entraîne de nouveaux besoins.C’est ici qu’entre en jeu la microfinance.«La microfinance, dit-elle, c’est d’of frir, en plus du crédit, d’autres services financiers, telles l’assurance et l'épargne.» La personne peut donc assurer le vélo qu’elle a acheté grâce au microcrédit L’épargne est un élément important.«Il est faux de croire que les pauvres n’épargnent pas, dit-elle.Us possèdent souvent des bijoux ou des objets de valeur qui serviront lors d’imprévus.Nous devons les amener à comprendre que déposer leurs épargnes est plus profitable.» Un défi de taille puisque que près de 80 % des personnes vivant dans les pays en développement n’ont pas accès à des services financiers, soit parce qu’ils n'existent tout simplement pas, soit parce que les conditions d’entrée sont trop élevées.Une situation que Développement international Desjardins cherche à corriger en travaillant de concert avec les institutions locales afin de mettre en place des réseaux financiers à l’intention des phis pauvres.Les retombées du microcrédit ainsi que de la microfinance n’affectent pas seulement les individus en les aidant à se sortir de la pauvreté.Elles rejaillissent aussi sur la communauté.L’éducation est l’une des grandes bénéficiaires de la microfinance.En effet, les profits réalisés grâce au microcrédit ainsi que l’épargne servent très souvent à payer l’éducation des enfants, et en particulier celle des filles.«Par exemple, explique Anne Gaboury, plus de 50 % des prêts dits à la consommation servent à payer l’éducation.» Les enquêtes ont aussi démontré une importante augmentation de la scolarisation dans les communautés qui ont accès à la microfinance.Selon Mme Gaboury, un des principaux défis en microfinance dans les années à venir est d’assurer la permanence du système.«Il faut donc organiser le système et faire en sorte qu’ü soit professionnel.Aussi la microfinance est-il un secteur financier qui mériterait d’être régulé.» Selon Rodolphe de Koninck, un autre défi est d’intéresser au microcrédit et à la microfinance les grandes banques à charte des pays en développement D croit qu’une percée de ce côté est possible.«Récemment, un des directeurs de Iq Bank of India s’est engagé à promouvoir le microcrédit auprès de ses pairs II faut que les banques à charte comprennent qu’on peut faire des transactions bancaires avec les pauvres et qu’elles peuvent aussi être rentables» W GEORGE MULALA REUTERS La pandémie du VIH/sida souffle littéralement sur l’Afrique depuis deux décennies déjà, faisant des millions d’orphelins.SANTÉ Quand l’Afrique se meurt « On est tous citoyens d'un même monde» Pauvreté extrême.Pandémie de VIH et de sida.Guerres civiles.Observé sous cet angle, il y a autant de raisons de croire que l’Afrique se meurt Toutefois, sous ces maux se profile une panoplie d’actions qui ont pour objectif de contribuer au mieux-être du continent L’université de Montréal et l’université de Ouagadougou ont d’ailleurs mis sur pied un programme de formation visant l’amélioration de la santé publique de la région francophone subsaharienne.Portrait d’une intervention universitaire.ULYSSE BERGERON Le programme universitaire élaboré par ITJdeM et l’université de Ouagadougou, au Burkina Faso, est ambitieux.D vise à renforcer les compétences en intervention et le leadership local en Afrique subsaharienne.Afin d’améliorer les politiques démographiques et sanitaires de cette région du globe, le programme s’appuie sur fa formation de spécialistes dans le secteur de la santé publique.«On a décidé de s’attaquer aux problèmes de la région en comblant la carence qui existe dans les ressources humaines.En ce sens, il s’agit avant tout d’un projet de formation», résume le directeur du programme et professeur au département de démographie de l’uni-versité de Montréal, Victor Fiché.La maîtrise proposée offrirait à des médecins, des infirmiers ou des sages-femmes la possibilité d’acquérir des connaissances qui leur seraient d’une utilité évidente pour affronter les nombreux défis.Car force est d’admettre que les défis sont actuellement de taille.«Tout ça est bien complexe, plusieurs facteurs entrant en ligne de compte», estime le professeur, qui est présent en Afrique depuis près de 30 ans.Il y a, entre autres, fa pandémie du VIH/sida qui souffle littéralement sur l’Afrique depuis deux décennies déjà.Le dernier rapport de l’Organisation mondiale de fa santé (OMS) rappelait qu’en 2003, le continent africain, qui ne représente que 11 % de fa population mondiale, abritait les deux tiers de toutes les personnes atteintes par le virus; ce qui signifie qu’un Africain adulte sur 12 en est atteint.Cela n’est pas sans causer de difficultés dans le secteur de la santé reproductive.«Les gens désirent avoir des enfants.Ils veulent en avoir le nombre qu’ils désirent et ils les veulent dans les meilleures conditions possibles.Cest ce qu’on souhaite pouvoir leur offrir.» Selon M.Fiché, fa formation de spécialistes dans le secteur de 1a santé publique permettrait d’échafauder les structures nécessaires à l’analyse, voire à l’amélioration des politiques démographiques et sanitaires qui prévalent Car s’il existe bel et bien des systèmes de santé, plusieurs d’entre eux se trouvent dans un piteux état Toutefois, Victor Fiché reste optimiste et croit que fa volonté d’améliorer fa situation est réelle.A ce sujet il soutient que «quand vient le temps d'améliorer la santé, c’est universel Tous mettent la main à la pâte».Problèmes régionaux L’idée d’un tel projet découle d’une série de constatations portant sur certaines réalités qui stigmatisent fa région subsaharienne.«H y a plusieurs problèmes liés à la santé et aux phénomènes de population qui sont, entre autres, marqués par une forte mortalité maternelle, infantile et juvénile», souligne M.Fiché.Ces problèmes ont au cours des der- nières années, été accentués en raison des crises économiques et de I celles touchant les finances publiques qui ont frappé plusieurs pays de cette région.«La situation, note le professeur, s’est même détériorée et la pauvreté extrême en est certainement le principal facteur.» «Mon espoir réside dans le fait que, à niveau de développement égal, il y a des pays qui réussissent beaucoup mieux que d’autres.Et quand on regarde le pourquoi de ces différences, on se rend compte que ce sont des pays qui mobilisent leurs ressources pour l’éducation», indique le professeur.D déplore particulièrement l’investissement massif de certains pays d’Afrique dans l’armement destiné aux guerres régionales; «Qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y a pas de ressources financières; quand c’est le temps d’acheter 1 des armes, on en trouve» Le programme dont s’occupe conjointement le département de démographie, fa faculté de médecine de l’UdeM et l’université de Ouagadougou a nécessité une contribution de 11,7 M$US (soit 16 M$CAN) de fa Fondation Bill & Melinda Gates.L’équipe canadienne et africaine soutient que cette somme devrait permettre au programme de former environ 135 spécialistes did la fin du projet qui s’échelonne sur 10 ans.Mis en place il y a deux ans, le programme accueillera ses premiers étudiants en septembre prochain.Mais que doit-on espérer d’un tel programme?Outre la formation de spédalistes, Victor Fiché soutient que ce projet pourrait entraîner dans son siflon fa création d’autres programmes de ce type.«En fait, ce qu’on essaie de faire, nous, à Ouagadougou, c’est de créer un programme de très haut niveau qui va être compétitif sur le plan régional.On veut montrer qu’une telle réalisation est possible en Afrique.Et on veut que ce soit un phare et que ça serve d’exemple pour d'autres programmes deformation», explique-t-il.Donc, l’objectif fixé en est bel et bien un de leadership.En ce sens — et le directeur ne s’en cache pas — le programme s’inscrit dans les paramètres mis en place il y a 10 ans lors de fa signature du consensus du Caire.Ce plan, auquel participent 179 pays, dont le Canada, vise des objectifs précis en matière de mortafité infantile et maternelle, d’éducation, de santé de fa reproduction, de planification familiale.Toutefois, rappelle le professeur, «aucun pays n’a encore atteint le pourcentage d’investissement promis lors de l’élaboration du consensus».A ce sujet il ajoute d’un trait qui «est inacceptable que des enfants meurent encore en Afrique quand on a les moyens de les sauver; c’est inacceptable que la mortalité maternelle soit aussi élevée.Et pourquoi on devrait s’en préoccuper au Québec?Je maintiens simplement, pour ma part, qu’on est tous citoyens d’un même monde.» COOPÉRATION INTERNATIONALE DÉVELOPPEMENT CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable: NORMAND THÉR1AULT ntheriaullolfdevoir.ra 2050, me de Bleary, 9* étage, Montréal (Québec) H3A 3M9.Tél.: (514) 985-3333 redaction^ledevoir.com v i LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE ti FÉVRIER 2 0 0 5 (i 3 COOPERATION INTERNATIONALE AQOCI La force d’un réseau intercontinental « Chaque citoyen doit faire son bout de chemin » SOURCE FESTIVAL VUES D’AFRIQUE La «solidarité citoyenne», un principe si cher à l’AQOCI, ne va pas sans actions concrètes in situ.Comme par exemple la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui profite de son fameux Tour du lac pour venir en aide à des projets au Burkina Faso.La conjoncture géopolitique mondiale, doublée des visées bellicistes des faucons de la Maison-Blanche, pousse l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) à agir sur tous les fronts à l’échelle planétaire et humaine.THIERRY HAROUN T e seul fait de regrouper 53 organismes sous un ^ i-/ même toit nous permet de mettre en commun des antüyses de fond et des politiques qui touchent differents enjeux à l'échelle internationale», soutient Marco La-brie, vice-président du conseil d’administration de l’AQOCI et directeur général du Carrefour de solidarité internationale (CSI) , lequel regroupe à lui seul une trentaine d’organismes estriens.L’AQOCI, dont le mandat consiste pour l’essentiel à promouvoir et à soutenir le travail et les initiatives de ses adhérents au profit d’une solidarité internationale, compte parmi ses membres le réseau Alternatives, l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires, Care Canada, le Comité chrétien pour les droits humains en Amérique latine.Développement et Paix, Equiterre, la Fondation Paul Gérin-Lajoie, Jeunesse Canada Monde, Médecins du monde et Oxfam-Qué-bec, pour ne nommer que ceux-là Formation et régions L’AQOCI offre également à ses membres la possibilité de participer à des programmes de formation, et ce avec l’appui du Service des collectivités de ITJQAM et de l’Agence canadienne de développement international.«Les sessions de formation concernent notamment les enjeux sociopolitiques du Moyen-Orient ou encore ceux de l’Afrique.Des formations qui visent à sensibiliser nos membres concernant des actions concrètes à venir dans les territoires visés, et à permettre ainsi de renforcer leurs capacités d’intervention étant donné que les enjeux sont vastes», voire complexes, explique M.Labrie.«R fout voir l’AQOCI comme un réseau», laisse-t-il entendre.Et la force d’un tel réseau .implanté à l’échelle du Québec permet à chaque citoyen vivant en région de devenir une composante active sur l’échiquier mondial.«Je pense notamment à la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean avec son Centre de solidarité internationale à Alma, au Comité de solidarité du Tiers-Monde de Trois-Rivières et au Comité de solidarité Nord-Sud des Bois-Francs.Ainsi, nos gens en région peuvent, à l’instar de ceux des grands centres, profiter de certains programmes tels que Québec sans frontières, laquelle plateforme donne aux jeunes l’occasion de vivre une expérience de solidarité dans les pays du Sud, que ce soit en Afrique ou en Amérique latine.» Québec sans frontières est un programme de stages en solidarité internationale, coiffé par le ministère des Relations internationales du Québec, destiné aux jeunes âgés de 18 à 35 ans.Les stages et les projets à l’étranger sont organisés et encadrés par une vingtaine d’organismes membres de l’AQOCl.Plus de 400 jeunes ont pu profiter de ce programme au cours de la dernière année.Un Québec solidaire L’AQOCl met en branle au mois de novembre, sur une base annuelle, les Journées québécoises de la solidarité internationale, lors desquelles le grand public est invité à participer à une foule d’activités: conférences, expositions, soirées de poésie, projections cinématographiques, etc., qui se déploient sur tout le territoire.Le thème de l’année 2003 a porté sur l’eau, un droit humain à défendre.A bon entendeur.«Et le thème de notre toute dernière campagne [la huitième] portait sur le militarisme comme frein au développement.» En fait, c’est une sorte de blitz de sensibilisation à travers les régions.D’ailleurs, les jeunes des écoles secondaires ont pu participer à l’activité Solida- rité en herbe, un match amical bien sûr, traitant du thème de la campagne.La «solidarité citoyenne», un principe si cher à l’AQOCI, ne va pas sans actions concrètes in situ, selon Marco Labrie.«Par exemple, chez nous au CSI, nous avons tissé des liens de solidarité entre le village de Saint-Camille [en Estrie] et une fédération paysanne du Mali.Je peux également mentionner l’exemple de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui profite de son fameux Tour du lac pour venir en aide à des projets au Burkina Faso.» Le CSI a été le premier organisme «à commercialiser les produits dérivés du karité [arbre qui croît en Afrique équatoriale], soit en important du beurre de karité dans une perspective de commerce équitable, à des fins notamment de transformation en savon ou en baume pour la peau destinés au marché d’ici.Et les profits générés par ce commerce sont réinvestis dans des projets de développement au profit des femmes qui nous fournissent la matière première.D’autant que le prix que nous leur payons pour le beurre est quatre fois supérieur au prix qu’elles obtiendraient sur leurs marchés respectifs en Afrique».Place aux femmes À la lumière des réflexions suscitées par différents forums au terme de la décennie consacrée aux femmes, un groupe de femmes issues du milieu de h coopération internationale et des groupes communautaires du Québec' a mis sur pied, en mai 1984, le Comité québécois femmes et développement (CQFD), appuyé par l’AQOCI.Le CQFD regroupe ime quarantaine de personnes, dont la moitié est issue d’organismes membres de l’AQOCI.l’autre provenant de divers milieux: universitaire, syndical et communautaire.«Les problèmes auxquels sont confrimtees les femmes dans le monde se trouvent souvent dans les relatums qu elles entretiennent aver les hommes», souligne M.labrie.En clair, les démarches qu’entreprennent les membres de l’AQOCl doivent, en quelque sorte, prendre en compte le rôle de la femme dans les projets de développement au sein de leurs communautés avec la collaboration des ONG autochtones, et ce «enfmction du rapport hommefrmme».L’objectif principal des actions menées étant de «renforcer le pouvoir economique et politique des femmes», ce qui n’est pas toujours «finie à foire, il est irai».Pont Nord-Sud Mise en contexte mondiale: 1,2 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable; plus de 840 millions d’adultes sont toujours analphabètes, dont 538 millions sont des femmes; 93 % des quelque 23 millions de personnes contaminées p;r le virus du sida vivent dans les pays dits en voie de développement; on dénombre plus de 110 millions de mines anti-personnel dans 68 pays, et le patrimoine net des 10 milliardaires les plus riches est estimé à 133 milliards de dollars, soit 1,5 fois le revenu total de certains pays.Des constats peut-être connus, mais qu’il est bon de rappeler à notre souvenir de temps à autre.«De toute évidence, il y a une lutte que nous devons poursuivre, et à laquelle adhèrent de plus en plus de gens issus des mmivements altermondialistes, en raison des politiques [monétaristes] de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international qui vont à contresens des droits humains.Far exemple, poursuit M.labrie, les politiques de ces grandes institutions imposent des conditions à l’aide apportée.Autrement dit, im octroie des millions de dollars sous condition de privatiser l’industrie du coton en Afrique, par exemple.Il y a donc un double discours: celui prônant l’ouverture des marchés des pays du Sud, alors qu’au Nord on continue à subventionner largement les industries», se désole-t-il.Considérant un tel comportement, auquel s’additionnent les mobiles impérialistes de Washington, l’AQOCI recommande au gouvernement canadien de •se doter d’une véritable politique étrangère qui serait autonome et distincte de cetlç de nos voisins américains», tient à dire M.Labrie.A plus petite échelle, dit-il, «chaque citoyen doit faire son bout de chemin» pour maintenir la paix dans le monde., -.-1 Jfjfllfefc COOPERATION INTERNATIONALE ! fia rr |L.«/ envi ÏM ta mondialisation pose de nouveaux jdéfis politiques, technologiques, environnementaux ainsi qu'en santé.Bien ancré chez-nous, solidaire partout, le réseau de l'Université du Québec mise sur l'éducation et la coopération pour améliorer le sort de l'humanité.LE RÉSEAU DU SAVOIR Université du Québec à Montréal Université du Québec à Trois-Rivières Université du Québec à Chicoutimi Université du Québec à Rimouski i Université du Québec en Outaouais Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue Institut national de la recherche scientifique École nationale d'administration publique École de technologie supérieure Télé-université L'intelligence est partout Université du Québec Www.uquebec.ca Collection Pratiques et politiques sociales et économiques Une autre mondialisation est-elle possible ?Les nouveaux enjeux et les nouvelles stratégies de développement en ce début de XXL siècle Sous la direction de Louis Favreau, Gérald Larose et Abdou Salam Fall L0U>* MVfttAU f» («ROM ««COU ABDOU Hl*tt m UHItf tAVMAV Utrtt.o IAAOM «a fcftfeoiHÀt au» r*u I6UI» AAVBFAU CMtAti» UMOH Altermondialisation, économie et coopération internationale Le Sud.et le Nord dans la mondialisation Quelles alternatives S m L'Afrique qui se refait wnrutu ftowaWPfMrw ux«i »•» /mm nom 39* 39* "I Presses de l'Université du Québec 39*! Téléphone : 418.831.7474 Sans frais : 1 800 859.7474 WWW.MÆJca Société dê développement des entrepris** culturelles Québeci G 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 FÉVRIER 2005 COOPERATION INTERNATIONALE HAÏTI Actions syndicales L’urgence, un état permanent À quatre heures de vol de Montréal se trouve le pays le plus pauvre du continent américain.Ramené sur la scène publique par le cyclone Jeanne, Haïti a bénéficié d’une mobilisation sans précédent.L’aide humanitaire a été enclenchée avec célérité, il fallait sauver des vies.Mais qu’en est-il aujourd’hui?Michel Verret, directeur des programmes à Oxfam-Québec, une organisation non gouvernementale (ONG), fait le point sur une situation encore désastreuse à bien des égards.ESTELLE ZEHLER Emmurée dans le silence, l’indifférence et la méconnaissance, la situation des Haïtiens ne suscitait que peu d’intérêt Pour beaucoup, «Papa et Baby Doc» n’étaient que des quidams pouvant tout aussi bien personnifier des héros de bande dessinée que des chanteurs.Il aura fallu une catastrophe à l’échelle de la tempête tropicale Jeanne, le 17 septembre 2004, pour réveiller l’Intérêt public.' Ce pays, logé au sein des Amériques, se distingue depuis de nombreuses années par une paupérisation galopante.Pauvreté, malnutrition, insécurité, inflation, instabilité politique, institutions déliques-cfentes et injustice sociale mènent le cortège.Les Nations unies estiment que, entre 2002 et 2004, déjà 52 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté.Deux habitants sur trois vivent avec moins de 56 $ par mois à Port-au-Prince.D est alors aisé d’imaginer les conséquences dramatiques du déchaînement des éléments naturels pour des personnes dont la situation était déjà largement hypothéquée et qui s’en trouvaient donc beaucoup plus vulnérables.Urgence et développement Du fait du lourd passif du pays, Oxfam-Québec n’a pas attendu les événements de 2004 pour apporter son support aux Haïtiens.Michel Verret est un homme d’expérience.Cet acteur de la coopération internationale a déjà vécu de nombreuses crises, dont la sécheresse sahélienne de 1973.Hàili, il connaît Il faut dire que l’organisme y est présent depuis une trentaine d’années par le biais notamment de programmes d’agroforesterie dans la région de Nippes.Ceux-ci consistent en une intégration de la culture et du reboisement dans l’exploitation des terres.•Ik permettent par conséquent d’assurer non seulement une sécurité alimentaire, mais également une retenue des sols, tout en générant le bois nécessaire au chaumage et à la construction.» D’autres projets, liés par exemple à des aspects sanitaires et de santé, ont également été menés, consolidant des hôpitaux et des dispensaires en place.Un fait relie l’ensemble des actions conduites: toutes sont indéfectiblement orientées vers le développement local.Ces initiatives répondent, en effet, à une vision élargie.«Laide humanitaire est définitivement le chemin qui mène du secours d’urgence au développement, à la prise en charge de l’action parla population.» L’assistance d'urgence est aisée à déterminer: course contre le temps, elle s’inscrit dans limmédiateté.Les processus initiés doivent se poursuivre en alternant la réhabilitation, la reconstruction, le développement et la prévention.Il faut en outre intégrer les populations locales dans l’entreprise.«Cela est vital.Tout ce qui est fait doit être réfléchi avec les gens et par les gens de la région concernée.» De cette implication dans l’action résulte un phénomène d’appropriation dont les conséquences sont notables.Ainsi, lors des troubles qui ont entouré le départ du président Aristide, alors que de violentes émeutes secouaient le pays, les habitants de Nippes, quelle que soit leur allégeance, n’ont pas pillé et vandalisé les cultures liées au programme d’agroforesterie.Non seulement le secours d’urgence est facilité par les projets de développement préalablement établis mais, à son tour, il relance les initiatives durables.L’ef- ficience de l’aide humanitaire s’appuie sur un binôme indissociable: urgence et développement Reconstruire sans attendre OxfamQuébec a recueilli après le passage de Jeanne pas moins de 1650 000 $ dont 1,1 million ont été donnés par la population québécoise.«Haïti a suscité une mobilisation sans précédent.» Des fonds rassemblés par l’ONG, un million a déjà été dépensé pour des interventions d’urgence concernant l’eau, l’assainissement et l’agriculture d’urgence.Ainsi, de l’eau et du matériel d’hygiène ont été distribués, des stations de pompage et de purification installées.Toutefois, les organismes en présence ne décident pas unilatéralement de leurs actes.«Laide humanitaire ne s’improvise pas.» Les bailleurs de la solidarité internationale sont coordonnés par des comités assumés par les Nations unies.Ces comités s’appuient sur l’expérience des ONG et les orientent selon leurs forces, leur connaissance du terrain, les réseaux qu’ils ont préétablis avec des partenaires locaux et des groupes communautaires.«Il est nécessaire de s’assurer que Ton ne fasse pas plus de tort que de bien dans la façon d'apporter ou de contribuer à Taule entreprise.» L’urgence est cependant toujours de mise.«Pour moi, indique Michel Verret, la reconstruction, c’est de l’urgence à Haiti.On peut dire que les résultats concrets et stables nécessiteront 10 ans, mais on ne peut pas attendre 10 ans pour agir.» S la situation peut maintenant être considérée comme étant de «post-urgence», les ravages des événements de 2004 sont encore présents.La priorité est encore à la réparation des dégâts causés par l’ouragan Jeanne.Mais il est également temps, d’ores et déjà, de prévoir l’avenir, d’entreprendre des actions de prévention afin de juguler le potentiel destructeur des soubresauts violents que la nature pourrait infliger.Cela consiste donc à défendre et restaurer les sols, reboiser, mais également s’assurer du fonctionnement et de l'efficacité des systèmes d’éducation et de santé.Selon FUNl-CEF, en 1998, moins de 39 % des enfants de moins de un an étaient vaccinés contre la poliomyélite, carence qui a engendré une réapparition de la maladie.Une forte mortalité infantile, 111 pour 1000 naissances, sévit La moitié de la population seulement a accès à l’eau potable.Les sans-abri sont encore légion.L’aide humanitaire a donc encore fort à accomplir à Haiti.Le mot d’ordre reste à la mobilisation et à l’action.«H est important désormais de maintenir la mobilisation, notamment auprès de la diaspora haïtienne du Canada et des États-Unis.Celle du gouvernement canadien me semble persévérer, à la lumière des discours du premier ministre.» L’imputabilité des actions menées et la transparence en sont les conditions sine qua non.L’adrénaline de l’urgence passe, les populations retombent dans l’anonymat.Aussi importe-t-il d'informer le public sur ce qui a été accompli grâce à sa générosité et ce qui reste à entreprendre car l’urgence, elle, est encore d’actualité.École internationale de langues ^Conversation el grammaire : Anglais, Français, Espagnol, Italien, Portugais Y M C A www.ymcamontreal.qua/langues • Anglais des affaires • Cours de préparation à TOEIC (Test of English for International communication) • Cours de préparation à TOEFL (Test of English as a foreign Language) • Test de Français International (T.F.I.) Session: 28fév.28 mars 7 mars soir 6 à 1S élèves par classe / 6 niveaux, de débutant à avancé Test de niveaux : les merrredis de 12 h 30 à 18 h (\ 440/ rue Stanley gpPeel) Renseignements 849-8393, poste 709 jour Exporter le modèle québécois «Pas question de maraudage ou de guerre syndicale» à Vinternational Les trois grandes centrales syndicales du Québec s’affairent encore davantage sur la scène internationale dans le courant actuel de la mondialisation.Celles-ci conduisent des projets principalement axés sur l’évolution et l'enrichissement réciproques de la vie syndicale, d’un continent à l’autre et dans plusieurs pays.REGINALD HARVEY La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), au-delà de leurs intérêts divergents dans certains dossiers locaux, partagent un même esprit de solidarité et une volonté commune d’action en matière de coopération internationale.Une CSN structurante Responsable des relations internationales à titre d’adjoint au comité exécutif de la Confédération des syndicats nationaux, Jacques Létourneau assistait au 5' Forum social de Porto Alegre, où il a été rejoint.«Un certain nombre de syndicats investissent des sous dans un fonds humanitaire appelé “Alliance Tiers-Monde", qui sert à financer des projets; on parle d’Haiti, du tsunami ou de cuisines collectives dans des quartiers populaires en Argentine.Un débat a actuellement lieu à la CSN pour relancer ce fonds et en rehausser la contribution et le financement.» D existe aussi une collaboration avec l’Agence canadienne de développement international (ACDI): «Il s’agit là de projets structurants, d’organisation syndicale à organisation syndicale.La très grande majorité des projets que nous avons appuyés et financés avec TACDI sont de nature syndicale.Par exemple, au Brésil, on a collaboré avec le mouvement des femmes et, au Chili, on a travaillé à des échanges d’expertise dans les deux sens.» En outre, la Centrale a mis en place une ONG à laquelle elle participe grâce à l’apport de ses outils collectifs tels Bâti-Rente, le Fonds d’action et la Caisse d’économie des travailleurs.«C’est pour intervenir essentiellement sur les questions du financement responsable et des fonds des travailleurs.Ce projet n’est pas mené à terme mais il est en train de se développer, no-tament avec le Brésil.» La CSN est de plus affiliée à la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et elle se sert de cette tribune pour débattre de sujets comme la mondialisation, l’Organisation mondiale du commerce (OMC), etc.Une FTQ militante La FTQ est résolument engagée dans le syndicalisme international depuis maintenant 15 ans à la suite d’une entente avec le Congrès du travail du Canada, qui lui a délégué des responsabilités statutaires à ce chapitre.André Leclerc, directeur de la solidarité internationale à la Centrale, rapporte: «Notre engagement plus formel remonte à cette époque et nous avons alors concentré notre action surtout dans les pays d’Afrique francophone et du côté d’Haïti.» A l’image de la structure syndicale fortement décentralisée de la Fédération, l’international mobilise peu de personnel à la Centrale même: «La solidarité internationale se résume officiellement à une personne, mais on a mis sur pied un comité qui regroupe en la matière des représentants de différents syndicats affiliés.On essaie de plus en plus de travailler ensemble et en coordination, de bâtir des projets communs ou en partenariat.» Il n’est pas question de rivaliser avec les organisations non gouvernementales (ONG) pour réaliser des projets de plus ou moins grande taille, et l'approche syndicale est constamment privilégiée: «Nos partenaires sont toujours des syndicats des pays en voie de développement auxquels on propose du soutien.» La FTQ s’est ainsi jointe aux responsables de l'éducation ouvrière en Afrique pour centrer les objectifs de l'éducation syndicale sur les militants eux-mêmes, par rapport à des changements sociaux et politiques qui commandaient un tel virage.Dans ce but, le mouvement s’est servi du modèle de formation qu’il a développé au cours des 30 dernières années.«On a des équipes de formateurs qui sont composées de travailleurs de la base.C’est assez unique dans le mouvement syndical et on connaît plusieurs syndicats européens qui ne possèdent pas de telles traditions.» Les militants africains se sont familiarisés depuis plus de dix ans avec ces méthodes, qui ont été adaptées à leur réalité.Chaque fois que surviennent des catastrophes humanitaires semblables à celles qui se sont produites récemment en Haïti et dans l'Asie du Sud-Est, la Centrale mobilise ses syndicats affiliées.Une CSQ syndicale La CSQ axe la majeure partie de son action à l’échelle mondiale sur l’aspect syndical: «Compte tenu des moyens limités dont nous disposons dans ce secteur, laisse savoir Alain Pélissier, secrétaire-trésorier du conseil exécutif et porte-parole politique, l’approche que nous privilégions en est une de renforcement des capacités d’intervention des syndicats avec lesquels nous coopérons, ce qui ne nous empêche pas de contribuer à l’occasion à des campagnes humanitaires.Mais quand on parle de coopération dans le but d’obtenir des effets durables et à long terme, notre façon de faire consiste à passer par nos vis-à-vis, qui sont dans des pays généralement en voie de développement.» La clientèle de ce grand syndicat influe elle aussi sur la nature des projets qu’il conduit «On cible les enfants et le grand public en général, compte tenu que les membres de la CSQ travaillent à 99,9 % auprès du public, soit dans les écoles, les établissements de santé, les services sociaux, les garderies et tout cela.Quand on élabore des projets de coopération, on veut rejoindre les syndicats et ces gens-là.» Pour répondre à ses aspirations sur le plan international, la Centrale dispose financièrement d'un fonds de solidarité destiné à soutenir des projets de coopération dans un environnement plus rapproché.Un autre fonds, à plus longue portée géographique, a été mis sur pied en collaboration avec Oxfam-Québec.«Actuellement, on en a deux en chantier, un en Palestine et l’autre au Niger.D’autres seront développés au fur et à mesure que les levées de fonds appropriés suivront.» De plus, la CSQ réalise des projets spécifiques de coopération avec d’autres organisations syndicales, comme celles de la France, par le biais d’un réseau créé il y a 15 ans et qui s’appelle le Comité syndical francophone d’éducation et de formation (CSFEF); leurs interventions se déroulent en Haiti et dans des pays de l’Afrique francophone.Depuis plusieurs années, la Centrale vit une expérience particulière au Viêtnam.Sur le plan des ressources humaines, une personne travaille à temps plein sur le dossier de l’international à la CSQ.D’autres coopérants bénévoles l’appuient dans sa tâche.La Centrale ne dispose pas de fonds spécifiquement orientés vers l’aide humanitaire en cas de catastrophes naturelles.«On travaille alors avec Oxfam-Québec et les autres centrales.Dans de telles situations, il n’est pas question de maraudage ou de guerre syndicale.» Les 258 syndicats affiliés, qui sont autonomes, sont alors invités et incités à faire leur part et à suivre le chemin tracé par l’organisation centrale.Chacune des trois grandes centrales a développé sa propre approche AGIOCI Association québécois* êtes organisai* et* coopération mtornottanate Les 53 organismes de coopération et de solidarité internationale membres de l'AQOCI travaillent à la construction d'un monde de paix, de justice et de respect des droits humains.www.aqoci.qc.ca LAGEN DA rhorÉetéléJ^uidedeYOïm (ntittaltMKi LE DEVOIR Université de Montréal Unité de santé internationale Sa mission est de contribuer à l’amélioration de la santé des populations des pays en développement et en transition en renforçant les capacités des individus, des collectivités et des organisations.Les actions menées à ce titre utilisent une approche partenariale et se situent dans les domaines de l'analyse des politiques, des services et des problèmes de santé.Les programmes de partenariats combinent la formation, la recherche et l'appui direct.Voici quelques exemples des principaux partenariats universitaires en cours : - En Afrique sub saharienne, le Programme ” Leadership en population et santé ” réalisé avec l’Université de Ouagadougou et plusieurs autres institutions africaines (Bénin, Côte d'ivoire, Togo, Sénégal, Cameroun) vise principalement à y établir un programme de formation en Analyses des politiques de population et de santé.- Sous l’égide du Collège des Amériques de l'Organisation Universitaire Interaméricaine, ce partenariat avec des universités centro et latino américaines (Brésil, Nicaragua, Costa Rica, Pérou), vise à développer des modules de formation en analyse des déterminants de la santé.En Uruguay (Universidad de la Republica) et en Haiti (Université Nationale), les programmes visent à former des gestionnaires de la santé et des hôpitaux.- Dans le domaine plus exclusivement de la recherche, des programmes d’analyse des politiques de santé (assurances santé, vaccination, accès aux soins) sont en œuvre en Inde avec Centre for Development Studies (Kérala) et avec un réseau de chercheurs et d’organisations non gouvernementales en Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Mali, Sénégal et Côte d'ivoire) où un programme de recherche en nutrition est également en cours.Vous PôRMîtJ
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