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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2005-02-19, Collections de BAnQ.

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L E Les vertiges du couple Page B 6 DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 FÉVRIER 2005 i vm IDÉES La sécurité des infrastructures critiques Page B 5 ?PERSPECTIVES Goodale de Martin , ., ., JIM YOUNG REUTERS M.trooaale répète depuis quelques semaines que les prévisions économiques laissent présager des surplus modestes pour les deux prochaines années et qu’il ne lui reste pas beaucoup de mante de manœuvre.^ Le ministre des Finances aura de la difficulté à présenter un budget aussi significatif que ceux de son prédécesseur MANON CORNELLIER Ottawa — Le 27 février 1995, Paul Martin s’était levé aux Communes pour présenter ce qui allait s’avérer le budget charnière du gouvernement Chrétien.Dix ans plus tard, Paul Martin, maintenant premier ministre, aimerait bien que le premier budget de son gouvernement soit tout aussi significatif.Paul Martin a de la suite dans les idées.«R y a des époques dans l’évolution d’une société où elle doit relever des défis fondamentaux, faire des choix fondamentaux, prendre un nouveau cap.Le Canada traverse actuellement l’une de ces époques», disait-il en 1995.«Nous sommes à l’aube de possibilités historiques, une période qui se présente rarement dans l’existence d’un pays.[.] Un moment pour convertir des circonstances historiques en changement transformateur», affirmait-il en novembre 2003 au moment de prendre la tête du Parti libéral du Canada.Présenter un budget aussi marquant qu’il y a dix ans, presque jour pour jour, sera un défi difficile à relever pour le ministre des Finances, Ralph Goodale.Et, à certains égards, il vaut peut-être mieux qu’il ne cherche pas à imiter de trop près l’expérience de 1995.Le budget de cette année-là fut le point de départ non seulement de l’élimination du déficit mais aussi des surplus sous-évalués et des problèmes de financement des systèmes de santé, d’éducation postsecondaire et d’aide sociale.C’est à ce moment-là qu’on a sévèrement amputé les dépenses (25,3 milliards en trois ans), mettant à contribution, entre autres, les ministères de l’Environnement, de la Défense et de la Coopération internationale.On a restreint l’accès à l’assurance-emploi tout en écrémant ses surplus.Un climat de méfiance s’est installé qui empoisonne encore les relations entre Ottawa et les provinces et nuit aujourd'hui aux discussions dans de nombreux dossiers.Prévisions prudentes C’est aussi cette année-là que Paul Martin s’en était remis aux prévisionnistes du secteur privé pour établir ses prévisions budgétaires «prudentes».C’est aussi à ce moment qu’il avait commencé à prévoir des réserves, dont celle pour éventualités de trois milliards, une réserve qui a systématiquement servi à réduire la dette.Avec des prévisions de croissance et de revenus presque pessimistes, des prévisions de dépenses plus réalistes et des coussins pour les mauvais jours, il a fini par éliminer le déficit dès 1997-98 et à afficher des suiplus nettement supérieurs à tous ceux qui étaient prévus.Depuis, les surplus ont grimpé jusqu’à 20 milliards, en 2000-01.On était bien loin de la prévision d’un budget simplement équilibré faite cette année-là.Au cours de la dernière décennie, l’accès à l’assurance-emploi a été restreint, malgré les surplus du programme, et les travailleurs saisonniers ont dû apprendre à vivre avec le «trou noir» des semaines sans revenus alors que les jeunes et les femmes ont dû faire face à des critères difficiles à respecter.Ce tour de vis a coûté de nombreux comtés aux libéraux en 1997 et les met toujours sur la sellette au Québec et dans les Maritimes.Les provinces, elles, ont vu les transferts pour la santé, l’éducation postsecondaire et l’aide sociale chuter de 18,7 milliards en 1994-95 à 12,5 milliards en 1997-98.Ottawa a commencé à rectifier le tir en 1999-2000, mais ce n’est qu’en 2002-03 que le total de ces transferts en espèces a rejoint et légèrement dépassé le niveau de 1994.Il y a bien eu des hausses depuis lors, mais elles sont survenues après moult pressions des provinces, avec lesquelles le lien de confiance s’est rompu et n’a jamais vraiment été restauré.Prises à la gorge, les provinces ont sabré dans leurs autres postes de dépenses, dont les services sociaux, le logement, les garderies, l’environnement, les infiastructures et les villes, des secteurs où Ottawa, fort de sa marge de manœuvre financière, tente aujourd’hui de s’immiscer.Pour le^ libéraux, le budget 2005 se veut avant tout une illustration de leur capacité de respecter leurs promesses de la dernière campagne qui, dans leur programme, totalisaient 28 milliards de dollars en cinq ans.Avec la dernière entente sur la santé, conclue en septembre dernier, et la réforme de la péréquation, adoptée en octobre, ils auront une bonne base.Mais pour les provinces, les chômeurs, les militaires et les environnementalistes, ce sera plutôt une nouvelle occasion pour Ottawa de réparer des pots cassés.À tâtons MM.Goodale et Martin tenteront de donner un ton visionnaire au budget qui sera présenté mercredi.Le problème est qu’il leur manquera certaines munitions essentielles.Il n’y a toujours pas d’ententes entre Ottawa et les provinces sur les garderies et les villes.Le plan de mise en œuvre du protocole de Kyoto se fait attendre, tout comme le nouvel énoncé de politique internationale, qui portera sur les politiques étrangère, de défense, de commerce et d’aide internationale.M.Goodale promettra des fonds, question d’être prêt à faire face à des élections précipitées, mais, dans bien des cas, il faudra repasser pour les détails.On en mettra quand même plein la vue en suivant une recette très usée.En 1995, par exemple, Ottawa avait annoncé d’un seul coup les compressions des trois années suivantes.Il s’est bien abstenu de nous rafraîchir la mémoire dans les budgets subséquents, même s’il ne s’est jamais privé de répéter les bonnes nouvelles.Cette façon de faire s’est répétée année après année sous les libéraux, et le même scénario se dessine cette année.Les chiffres seront ronflants, s’il faut en croire les nombreuses fuites des dernières semaines: cinq milliards pour les garderies, cinq milliards pour les villes, de cinq à six milliards pour la mise en œuvre du protocole de Kyoto, 700 millions pour les personnes âgées à faible revenu, 1,5 milliard pour l’aide au logement pour les familles démunies, un milliard pour la défense.Mais — et c’est un très gros «mais» — dans presque tous les cas, on parle d’investissements étalés sur cinq ans.Et l’essentiel des déboursés aura lieu au cours des deux ou trois dernières années du plan budgétaire.Ainsi, on ne parle que de 300 à 400 millions pour les villes la première année.Les personnes âgées verront leur chèque de supplément de revenu augmenter graduellement, mais il faudra cinq ans pour que la hausse atteigne 35 ou 58 S par mois.Dans le cas de Kyoto, on estime que près de la moitié de la somme sera composée de fonds déjà annoncés mais inutilisés.M.Goodale répète depuis quelques semaines que les prévisions économiques laissent présager des surplus modestes pour les deux prochaines années et que, une fois pris en compte les accords sur la péréquation et la santé, il ne lui reste pas beaucoup de marge de manœuvre pour financer d’autres initiatives.«Les calculs fonctionnent très bien sur une période de cinq ans mais, à court terme, ça représente un défi», a-t-il dit récemment II soutient que la hausse du dollar ne s’est pas encore complètement répercutée sur les exportations et par ricochet sur les revenus fédéraux.Lors de sa mise à jour économique, en novembre, M.Goodale prédisait, une fois soustraits la réserve pour éventualités de trois milliards et les coûts des accords sur la santé et la péréquation, un surplus de 5,9 milliards pour l’année qui s’achève, de 1,5 milliard pour 2005-06 et de 2,9 milliards pour 20064)7.Le budget de mercredi sera par ailleurs plus précis au sujet des compressions qui seront imposées d’ici cinq ans pour financer de nouvelles dépenses.Environ 10 des 12 milliards en compressions exigées de John McCallum, le ministre responsable de l’examen des dé- penses, devraient être expliqués dans le budget, révélait le Globe and Mail hier.L’exercice n’est pas anodin.En cette ère post-commandites, le gouvernement veut prouver non seulement qu’il respecte ses promesses mais qu’il sait aussi agir en gestionnaire prudent Surveiller ses arrières Ralph Goodale aura un autre défi: amadouer au moins un parti d’opposition afin de permettre l’adoption du budget de ce gouvernement minoritaire.Jusqu’à récemment, les libéraux comptaient sur les conservateurs qui, en s’abstenant ou en s’absentant en assez grand nombre, pourraient leur permettre de sauver la mise.Les troupes de Paul Martin ne savent plus si elles peuvent s’y fier car le PC est revenu sur sa parole cette semaine pour défaire deux projets de loi assurant la scission du ministère des Affaires étrangères.Le PC dit qu’il ne pourrait pas soutenir un budget dépourvu de réductions de taxes pour les familles à faible et moyen revenu.Le NPD exige un plan solide pour mettre Kyoto en œuvre.Le Bloc veut de véritables progrès vers une correction du déséquilibre fiscal et une réforme sérieuse de l’assurance-emploi, y compris la création d’une caisse autonome.Il a déjà fait savoir qu’il est insatisfait des quelques mesures envisagées par le gouvernement Par ailleurs, les trois chefs des partis d’opposition ont fait parvenir une lettre au premier ministre Martin hier pour exiger l’adoption d’une stratégie visant à augmenter de façon prévisible l’aide au développement, avec une hausse importante dès maintenant.De plus, ils demandent qu’une loi soit adoptée pour faire de la réduction de la pauvreté le premier objectif de l’aide internationale canadienne.On saura rapidement si le vote sur le budget se traduira ou non par la défaite du gouvernement et le déclenchement d’élections anticipées.Le débat sur la motion de présentation du budget doit durer quatre jours, pas nécessairement consécutifs.Le premier jour de débat aura lieu le 24 février, et les trois suivants, les 7, 8 et 9 mars.C’est du moins le plan du leader parlementaire libéral, Tony Valeri.Deux partis d’opposition peuvent proposer des amendements à cette motion.Si tel est le cas, le premier vote devrait avoir lieu dès la deuxième journée de débat Le deuxième amendement devrait faire l’objet d’un vote le jour suivant et celui sur la motion gouvernementale, le quatrième jour.M.Valeri a déjà fait savoir que chacun de ces votes serait considéré comme un vote de confiance, ce qui signifie que le test le plus crucial pour les libéraux de Paul Martin pourrait survenir dès le 7 mars, immédiatement après le congrès du Parti conservateur, à Montréal.Tout un programme! Le Devoir Ralph Goodale devra amadouer un parti d’opposition pour que son budget soit adopté LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 FÉVRIER 2005 B 2 ~ ?PERSPECTIVES* Jean Dion Abandonnons à d’autres le soin d’ètre compétents et de nous décortiquer l’ensemble de tout ça, et donnons libre cours à notre indignation justifiée: il est proprement scandaleux, messieurs dames, qu’à la faveur de ce redesjgn de cabinet, l’on n’ait ni nommé un ministre d’Etat aux complexes hydroélectriques (MECHE), ni créé un Bureau d’observation ministérielle des barrages électriques (BOMBE), ni à la rigueur institué une Direction d’estimation générale des attentats terroristes (DEGAT).Mais dans quel monde ils vivent nos édiles, je vous le demande poliment?Oh, bien sûr, on sait bien: ç’a ses gardes du corps, sa protection rapprochée, et ça se développe un sentiment d’invulnérabilité.Mais de nous, les gueux, les roturiers, la plèbe sans défense exposée à une interruption de courant majeure et prolongée lors même que sévit la bise de février, on se fout comme de l’an 2000 et de son bogue.Vous souvient-il du bogue de l’an 2000?Elle était bonne, celle-là, n’est-ce pas?Vous l’avez vu, messieurs dames, on entre dans nos centrales hydrauliques universellement molles (CHUM) comme dans un moulin à vent.Comme dans une é-o-li-en-ne, mesdames messieurs.Bon, l’exemple n’est peut-être pas idéal étant donné que vous n’êtes jamais entré dans une éolienne ni ne connaissez personne qui soit entré ou ait essayé d’entrer dans une éolienne et n’avez donc pas la moindre idée de si c’est facile ou non.Mais vous l’avez vu, parce que trois quarts des journalistes que compte le Québec — l’autre quart s’escrimant à expliquer pourquoi, en tant que zexperts avec plein de contacts et le numéro de cellulaire de tous les gens importants, ils avaient dit qu’il y aurait du hockey ce printemps alors qu’il suffisait d’un soupçon de coco-logie pour voir que rien qu’à voir on voyait bien — ont consacré la fin de leur semaine à surveiller des installations électriques, à tenter de pénétrer subrepticement dans des installations électriques pour le fun, à garder à l’œil des eaux usées et à se promener de manière générale avec l’air de rien en se disant dans leur Ford intérieur qu’ils pourraient avoir des armes de destruction massive dans leur attaché-case sans que personne n’en sache rien.Les journalistes adorent savoir des choses que les gens ne savent pas et les leur livrer en disant «regarde, chose, moi je sais ça».Quant à l’autre autre quart, le cinquième, il est entré dans le siège social d’Hydro-Québec et a montré qu’on pouvait y circuler pendant 45 bonnes secondes avant de se faire interpeller par un salarié de la boîte lui intimant «Ca ca fè là?».Cela pendant que la Place Ville-Marie, elle, pour prendre un exemple au hasard, était laissée entièrement ouverte au public, et vous savez ce qu’il peut faire, le public, quand on lui .apprend qu’il n’y a personne pour l'empêcher de commettre des méfaits d’envergure.Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, vous eq sou-vient-il, nous nous gaussions du fait que les Etats-Uniens versaient dans la paranoia question sécurité.Mes sources tapies dans la pénombre des collines de l’Afghanistan septentrional sont formelles: d’ici quelques heures, une vidéocassette d’Oussama Benoît L.atterrira sur le pupitre d’Alain «Al» Jazira.«Nous allons faire sauter la Manie», dira-t-il.«Vos rues sales et transversales sont une insulte à l’endroit de l’islam militant.» «Contrairement à d’autres que je ne nommerai pas, nous sommes prêts.» ?Il n’y a pas de hasard dans la vie.Ainsi avons-nous dû déplorer, dimanche dernier, le décès de loicia de Jesus dos Santos à l’âge de 97 ans.Sœur Lucie était la dernière survivante des trois enfànts qui avaient discuté le bout de gras avec la Vierge à Fatima, en 1917.Or voyez cela un peu.1917, cela s'adonne à être l’année de fondation de la Ligue nationale de hockey.(En passant, plusieurs milliers de personnes m’ont écrit pour me demander comment la Ligue nationale de hockey allait faire pour retrouver la faveur du public lorsqu’elle reprendra ses activités sportives.C’est une drôle de question.Regardez ce qui s’est passé à la Commission des liqueurs.Dès que la grève a pris tip, le contribuable-client s’est rué sur la boisson d’Etat A-t-il dit: «Bon, vous avez ri de moi avec ce conflit de travail prolongé, tant pis pour vous, vous ne me reprendrez plus.De toute manière, j’en ai profité pour développer une assuétude à la piquette de dépanneur.Je ne jure plus que par le vinier de Harfang des patriotes»?Non, messieurs dames, il n’a pas dit ça.Il est comme ça, le contribuable-client.Son service essentiel est justement cela, essentiel.) Et puis, sœur Lucie s’est éteinte, près d’un siècle plus tard, trois jours avant qu’une saison complète de la Ligue nationale de hockey ne soit annulée pour la première fois de l’histoire.Or le troisième secret de Fatima, qui n’en est pas vraiment un puisque tout le monde le connaît, est bel et bien: pauvre Canada.Et quand on a annoncé qu’il n’y aurait pas de hockey professionnel majeur ce printemps, tous les médias ont dit: les Etats-Uniens s’en balancent, mais alors là, aie aïe aïe, pauvre Canada.Toute est dans toute, bande d'impies.?Dans la chronique de samedi dernier, au lieu du mot «partie», il aurait fallu lire «priorité».Ça vous laisse baba, hein?Par ailleurs, ne me demandez pas comment, au lieu de «priorité», j’ai pu écrire «partie», les deux se ressemblant somme toute relativement peu.Peut-être était-ce dû à la réouverture de la Commission des liqueurs.Encore par ailleurs, plusieurs auditeurs d'indicatif présent se sont plaints de l’utilisation du mot «weekend».A ce sujet, M.Claude Langlois nous a aimablement fait parvenir ce qui suit.«Ilfaut savoir que la notion de “week-end” nous vient d’Angleterre.Elle est le fruit de l'une des premières grandes batailles menées par les travailleurs anglais à la fin du XIXe et au début du XXe siècle pour obtenir la semaine de cinq jours de travail.«Ce n'est que par la suite que les syndicats des autres pays, y compris en France, se sont battus pour avoir à leur tour ce qu’on appelait alors rEnglish week’ ou le “weekend" (en un seul mot), ce qui signifiait deux jours de congé pour cinq jours de travail.«Cela explique pourquoi le mot anglais "wee (avec un trait d’union) a été accepté dans la > .Ala "week-end” ' accepté dans la langue française. la limite, c’est l’expression “fin de semaine” [calquée! qui est un anglicisme.• Bonne fin de week-end.jdion@ledevoir.com Une dizaine de référendums sont prévus parmi les pays de PUnion La Constitution européenne est en danger Les Espagnols diront oui demain, mais c’est la France qui suscite le plus d’inquiétude CHRISTIAN RIOUX Paris — Dimanche, les 35 millions d’électeurs espagnols seront les premiers à ratifier par référendum la nouvelle Constitution européenne.L’Espagne s’attend à une victoire retentissante du oui, déclare à qui veut l’entendre José Luis Rodriguez Zapatero.Mais le premier ministre espagnol demeure un des rares chefs de gouvernement européens à pouvoir faire preuve d’autant d’optimisme.Si le résultat ne fait guère de doute en Espagne, c’est que le pays a vu son revenu par habitant grimper de 11 points par rapport à la moyenne communautaire depuis son adhésion à l’Union, en 1986.88 % des Espagnols estiment que l’adhésion à l’Union a été une bonne chose.C’est même pour cela que l’Espagne a été choisie pour ouvrir le bal de la di- rine de pays qui tiendront des référendums.moins d’un cataclysme de dernière minute, les Espagnols devraient se prononcer très majoritairement pour le oui.Le Parti socialiste, au pouvoir, ainsi que le parti d’opposition, le Parti populaire, ont tous deux appelé à voter oui.Ils achèvent d’ailleurs un blitz référendaire de deux semaines.Les grands partis nationalistes basques et catalans appuient aussi le oui.95 % des élus du Parlement espagnol sont de cet avis.Seuls les communistes verts d’Izquierda Unida et les républicains indépendantistes catalans (ERC) soutiennent le non.Montrer la voie à toute l’Europe: l’occasion semble trop belle.Le résultat paraît si évident qu’une grande partie des électeurs pourraient ne pas se déplacer.Un taux de participation sous les 45 % des élections européennes de juin 2004 serait considéré comme un échec.Selon le dernier sondage du Centre des investigations sociologiques (CIS), 51 % des inscrits sont favorables à la Constitution, contre seulement 6 % qui s’y opposent.Le même sondage révèle que deux Espagnols sur trois estiment avoir une «faible» connaissance de la Constitution et qu’un sur trois en ignore totalement le contenu.Ce n’est pas faute d’information puisque le gouvernement a distribué six millions d’exemplaires de la Constitution et 20 millions de brochures explicatives.Déplorant «l’omission délibérée du christianisme comme l’une des racines vivante^ de l’Europe» dans le texte constitutionnel, l’Église espagnole (en froid avec le gouvernement) a déclaré que l’abstention était «une option moralement acceptable».xcnü ü AGENCE FRANCE-PRESSE Le premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a été très actif dans la campagne pour le oui.La France inquiète Après le président français Jacques Chirac, la semaine dernière, c’était au tour du secrétaire du Parti socialiste français, François Hollande, de monter sur la même scène que José Luis Rodriguez Zapatero hier à Madrid.Qu’on ne s’y trompe pas: ces apparitions n’avaient pas d’abord pour but d’influencer les électeurs espagnols mais de montrer aux Français que le oui peut mobiliser les foules.Parmi la dizaine de référendums prévus — si on met de côté le Royaume-Uni, traditionnellement eurosceptique, et la République tchèque —, c’est la France qui inquiète le plus Bruxelles.Le président Jacques Chirac vient d’appeler le Parlement à se réunir en congrès à Versailles le 14 mars pour adopter la révision constitutionnelle nécessaire à la tenue du référendum.Devant l’apparente montée du camp du non, le vote, d’abord prévu en juin, pourrait avoir heu en mai (possiblement le 22 ou le 29).L’urgence ne trompe personne; elle vise à freiner la progression des tenants du non.Depuis des semaines, ils sont pratiquement les seuls à se faire entendre.Contrairement à ce qui s’était produit lors de l’adoption (par 500 000 voix seulement) du traité de Maastricht, en 1992, c’est de la gauche que les premiers boulets ont été tirés.Depuis l’automne, le Parti socialiste n’a pas cessé de se déchirer sur la question.La gauche du parti juge le traité trop «libéral» et pas assez «social».La gauche socialiste n’en a pas tant contre la délégation de souveraineté que contre l'absence de profession de foi sociale dans la Charte des droits et la définition des objectifs de l’Union.Le jour même où le secré- taire du Parti socialiste, François Hollande, lançait sa campagne pour le oui, l’ancien premier ministre Laurent Fabius disait dans Le Parisien qu’il voterait non.Défaits dans un référendum interne au parti, ses partisans sont loin d’avoir désarmé.L’unité des socialistes sera à tout le moins fragile dans cette consultation où la gauche de la gauche découvre soudainement que le modèle étatiste français n’est guère en vogue en Europe.Avec l’élargissement à 25 et l'éventuelle adhésion de la Turquie, les europhiles s’aperçoivent aussi que l’Europe ne sera probablement jamais la fédération forte dont ils rêvaient Dissensions à gauche On retrouve les mêmes dissensions chez les verts, où un référendum interne n’a donné que 53 % pour le oui.Le débat sur l’Europe reflète la montée de l’extrême gauche (trotskiste et communiste) qui avait causé la défaite de Lionel Jospin à l’élection présidentielle de 2002.Les sondages montrent que la popularité des leaders de gauche favorables au non s'est accrue depuis un mois.«La cassure de la gauche est un fait», a déclaré le socialiste Henri Em-manuelli, partisan du non.Les faits lui donnent raison.Sans prévenir, une crise interne a éclaté la semaine dernière au sein du premier syndicat de la France, la CGT.Son secrétaire général, Bernard Thibault, a été désavoué pour cause de neutralité face à la Constitution européenne.Le Comité confédéral national a rejeté le traité européen, infligeant un désaveu à sa direction qui ne voulait pas donner de consigne de vote.A droite, c’est plutôt l'éventuelle adhésion de la Turquie qui vient brouiller les cartes.Jacques Chirac a beau soutenir que la France pourra toujours s’y opposer en temps et lieu, la récence visite dans ce pays du président de l’Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, laisse penser que l’affaire est dans le sac.Le bouillant chef de l’UMP, Nicolas Sarkozy, et celui de l’UDF, François Bayrou, pourront difficilement résister à fa tentation d’affaiblir Jacques Chirac sur une question aussi centrale.Le gouvernement devra par ailleurs trouver le moyen de faire campagne sans trop montrer le premier ministre Jean-Pierre Raffarin, contre lequel fa grogne est croissante chez les fonctionnaires et les étudiants.La tentation de sanctionner le gouvernement sera forte.«Si plus de 20 % des pays refusent» 1a Constitution, «c’est à l’eau», a déclaré à 1a télévision le socialiste Dominique Strauss-Kahn.«On mettra au moins dix ans à redémarrer.» Les jeux sont loin d’être faits, mais le directeur du journal Le Monde, Jean-Marie Colombani, reconnaît qu’il «faudra une forte campagne et une implication personnelle du président pour que le oui à la Constitution européenne puisse l’emporter».L’auteur du texte constitutionnel, Valéry Giscard d’Estaing, a d'ailleurs déjà prévu une sortie de secours en cas de victoire du non.«Il faudrait leur dire [aux électeurs].-“Vous avez un an pour réfléchir, et vous pourrez revoter”», a-t-il déclaré lors d’une rencontre organisée par l’hebdomadaire Le Point.Une Èurope sans la France?On n’ose Une Europe sans la France?On n’ose même pas l’imaginer.AtTRMAD^1 ?I T U N A R I ! T Ü N HAU EZ DA GUR EUROPA OTRA EUROPA ES POSIB HAU EZ DA GURE EUROPA OTRA l EUROPA : ES POSIBLE HAUÉZ DA GURE europa ; OTRA ' EUROPA ; ES POSIBLE F DA GURE ¦ EUROPA rOTRA ^EUROPA ¦ ES POSIBLE OPA OSIBLE AGENCE FRANCE-PRESSE Les partisans du non ont tenu une manifestation à Bilbao le 12 février.* LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 2 0 FÉVRIER 200 5 B 3 ?PERSPECTIVES* Le liban de nouveau en première ligne L’assassinat de Rafic Hariri a cristallisé les tensions qui sévissent au pays des cèdres SHAKIK KARIM REUTERS Des milliers de libanais ont entouré la mosquée al-Amin mercredi pour les obsèques de Kafic Hariri.m r t ï .* ?- • CLAUDE LÉVESQUE Les images qui nous sont parvenues de Beyrouth lundi dernier nous ont ramenés une vingtaines d’années en arrière, alors que la guerre faisait rage au Liban.Même s’il se trouve peu d’observateurs pour prédire que ce pays du Proche-Orient replongera dans la situation d’alors, les circonstances de l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri montrent que certains acteurs y jouent très dur, signe que les enjeux sont importants.Les yeux se sont vite tournés du côté de la Syrie, vers laquelle pointent de nombreux doigts accusateurs.Pour l’opposition libanaise, qui s’oppose depuis quelques années à la tutelle syrienne sur la vie politique du pays, la cause est déjà entendue.Les principaux partis de cette opposition ont publié dès lundi un communiqué imputant aux autorités libanaises et à leur tuteur syrien la responsabilité de l’assassinat Ds réclament une enquête internationale, appuyés en cela par plusieurs gouvernements étrangers.La famille du défunt a fait savoir qu’elle ne souhaitait la participation d’aucune personnalité officielle libanaise aux obsèques mercredi.Celles-ci ont rassemblé environ 200 000 personnes qui ont dénoncé la présence syrienne dans leur pays.Mardi, le Conseil de sécurité a commandé au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, un rapport sur «les circonstances, les causes et les conséquences» de la mort d’Hariri.Le lendemain, le gouvernement libanais, tout en refusant de se soumettre à une enquête internationale, s’est dit prêt à demander l’assistance d’experts suisses dans sa propre enquête.S’il s’avère, comme cela a été avancé, que la charge explosive de plusieurs centaines de kilos a été placée sous l’asphalte du boulevard emprunté par la voiture de M.Hariri, où des travaux de voirie auraient par surcroît été effectués quelques jours plus tôt, la thèse d’une complicité officielle s’en trouvera renforcée.Un vote et une résolution En toile de fond, rappelons que les députés libanais avaient adopté, le 3 septembre dernier, une réforme constitutionnelle permettant de prolonger le mandat de six ans du président prosyrien Emile Lahoud, qui arrivait à échéance.Hariri, qui était encore le chef du gouvernement avait alors signé cette loi, apparemment soumis à de fortes pressons.Le mois suivant il démissionnait et rejoignit les rangs d’une opposition qui réclame de plus en plus instamment le retrait des forces syriennes du Liban.La veille du vote des députés libanais, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté une résolution parrainée par la Fiance et les Etats-Unis.La résolution 1559 exige le retrait des troupes syriennes ainsi que le désarmement du Hezbollah et des milices palestiniennes basées dans les camps de réfugiés.La Syrie maintient environ 14 000 militaires au Liban.«D’abord confinée à la communauté chrétienne, l’opposition à la Syrie a gagné des secteurs de plus en plus larges de la population, toutes appartenances communautaires confondues, avant que des personnalités politiques pourtant considérées comme proches de la Syrie, tels le leader druze Walidjumblatt, chef du Parti socialiste progressiste [PSP], et Rafic Hariri ne la rejoignent», écrivait récemment le quotidien Le Monde.Les pressions internationales Depuis l’occupation américaine en Irak en 2003, les pressions exercées par Washington sur la Syrie ont probablement enhardi l’opposition libanaise.Washington envisage actuellement d’adopter de nouvelles sanctions contre la Syrie en raison de son refus de retirer ses soldats du Liban mais aussi de la présence supposée d’insurgés irakiens sur son sol et de son soutien à des groupes extrémistes palestiniens.Washington souhaite que Damas contrôle mieux les 600 kilomètres de sa frontière avec l’Irak et empêche les infiltrations de combattants islamistes vers Fallouja et le «triangle sunnite».La vigueur du mécontentement populaire libanais à son endroit a pris de court la Syrie, estime Fadi Hammoud, ancien journaliste au quotidien L’Orient - Le Jour de Beyrouth.Mais «la mainmise sur le Liban est une question de survie pour le régime autocratique de Damas, estime cet observateur.Le Liban démocratique a toujours été une terre d’asile pour les opposants arabes de tous pays, y compris de la Syrie.Le régime dirigé parAfaz al-Assad y voyait une source de danger à 40 kilomètres de sa capitale, Damas».En outre, Damas a intérêt à maintenir sa présence militaire au Liban et surtout à continuer de jouer la carte du Hezbollah et des milices palestiniennes, question de ne pas être oublié dans l’éventualité d’un règlement durable du conflit israélo-palestinien.Israël, on le sait occupe sur le plateau du Golan une partie du territoire syrien depuis la guerre des Six Jours, en 1967.# Des intérêts enchevêtrés C’est une étrange relation que la Syrie entretient avec son voisin du Sud.Celui-ci ne compte qu’un peu plus de quatre millions d’habitants qui gagnent un revenu annuel moyen de 3900 SUS, comparativement aux 18 millions de Syriens qui, eux, se contentent de 1130 $US.Des centaines de milliers de Syriens travaillent actuellement au Liban.De nombreux liens d’affaires et d’intérêts se sont tissés à différents niveaux.«Des dignitaires militaires ou de l’appareil sécuritaire reçoivent une part du gâteau libanais, souvent sous forme de contrats de BTP [bâtiments et travaux publics].Mais il existe aussi toutes sortes de petits in- térêts qui sont de l’ordre du quotidien, ce qui fait qu’ils sont très étendus», observe le journaliste Fadi Hammoud.Le Liban, qui aimerait bien retrouver son statut de Suisse ou de Hongkong du Proche-Orient, connaît de graves problèmes économiques depuis plusieurs années, notamment l’inflation, le chômage et une dette extérieure de quelque 30 milliards $US (près du double de son PIB).En novembre 2002, une conférence présidée à Paris par Jacques Chirac, un ami personnel de Rafic Hariri, avait permis à ce dernier de restructurer cette dette grâce au financement de la France, de l’Union européenne, des pays du Golfe et du Fonds monétaire international.En contrepartie, le Liban s’était engagé à mettre en œuvre certaines réformes économiques.Entre 1992 et l’automne dernier, Rafic Hariri avait dirigé cinq gouvernements au Liban.Milliardaire à la double citoyenneté libanaise et saoudienne (U a fait fortune dans le bâtiment en Arabie, où il a passé 20 ans), il incarne pour plusieurs la reconstruction (parfois anarchique) du pays après la guerre civile.Une reconstruction dont il a financièrement profité puisque sa propre société de construction, Solideres, a décroché plusieurs contrats plantureux.Ses ennemis, dont le président Lahoud, lui reprochent d’avoir lui-même contribué aux difficultés économiques du pays.Guerre civile À partir de 1975, le Liban a été déchiré par une guerre civile qui opposait initialement la communauté chrétienne aux musulmans et aux réfugiés palestiniens.Ces années d’affrontements, qui allaient durer jusqu’à la fin des années 80, ont été marquées par les interventions militaires de la Syrie en 1976 et d’Israël en 1982, de même que par l’éviction de la direction et des combattants de l’OLP D’abord favorables à l’intervention syrienne, les partis chrétiens de droite, réunis au sein du Front libanais, se sont éventuellement tournés vers Israël lorsqu’ils ont compris que Damas ne partageait pas leur objectif de mater les Palestiniens et la gauche musulmane.La guerre civile a pris fin avec les accords de Taëf, en 1989, qui prévoyaient notamment que la Syrie respecte la souveraineté libanaise et retire ses troupes, alors fortes d’environ 35 000 hommes, dans les trois ans.Douze ans plus tard, on en compte encore environ 14 000 dans le pays des cèdres.Le Liban demeure une mosaïque de communautés, surtout définies par la religion.Si elles s’affrontaient au mortier et à la kalachnikov dans les années 70 et 80, elles jouent aujourd’hui le jeu électoral, s’appuyant chacune sur un certain nombre de fiefs: par exemple, les chrétiens maronites (catholiques) dans le nord du mont liban, les druzes dans le sud de ce même mont Liban, les sunnites à Beyrouth, Tripoli, Saida et Tyr, les chiites à Baada, dans la banlieue sud de Beyrouth, dans la vallée de la Beeka et à Baalbek, et les chrétiens orthodoxes à Beyrouth.L’assassinat de Rafic Hariri semble avoir cimenté l’unité nationale plutôt que de provoquer un retour à la guerre civile.On a vu mercredi que la popularité du politicien transcendait les barrières communautaires.Mais l’impatience s’installe.Des élections générales doivent en principe se tenir en avril.Hier, les partis d’opposition ont appelé à la désobéissance civile, réclamant la formation d’un gouvernement de transition en attendant le scrutin.Le Devoir La démocratie en TGV Le projet religieux en Irak est tempéré par d'incontestables influences séculières FALEH KHEIBER REUTERS Ibrahim Jaafari est favori pour le poste de premier ministre.GUY TAILLEFER Il y a un proverbe irakien qui dit «Deux Irakiens qui se rencontrent forment trois partis.» C’est dans cet esprit que s’ouvrent — les résultats officiels des législatives du 30 janvier ayant confirmé jeudi le triomphe de la majorité chiite — des négociations historiques en vue de la formation d’une autorité transitoire qui aura la tâche dantesque de rédiger une constitution, de la faire valider par référendum et de reconvoquer la population à un nouveau scrutin national destiné à élire un gouvernement pour quatre ans.Un grand exercice de démocratie formelle qui devra avoir été ficelé dans seulement dix mois.Les pessimistes disent que les attentats quotidiens et la marginalisation politique de la minorité sunnite ont toutes les chances de tout faire capoter — avec guerre civile à la clé.Les optimistes, car il y en a, comme le politologue Sami Aoun, chercheur à la chaire RaouLDandurand de l’UQAM, voient une lumière au bout du tunnel dans l’éclosion des «sensibilités au pluralisme politique» auquel le processus irakien, malgré toutes ses imperfections, donne lieu dans la population et parmi les politiques.Un processus où, au demeurant, le projet politique religieux est tempéré par d’importantes influences laissantes.L’organisation du pouvoir qui se dessine en Irak semble vouloir tenir compte de cette pluralité — en laquelle plusieurs appréhendent en revanche une nouvelle forme de sectarisme.Pour le moment, tout indique que le poste clé de premier ministre irait au chiite Ibrahim Jaafari, 54 ans, rentré d’exil après la chute de Saddam Hussein en avril 2003.Il est le chef du parti Dawa, l’un des plus vieux mouvements islamistes chiites d’Irak.Il a cependant un rival, un étonnant rival: le «rescapé» Ahmed Chalabi, lâché par le Pentagone qui l’a longtemps soutenu.La présidence du pays, plutôt symbolique, irait au Kurde Jalal Talabani, chef de l’Union patriotique du Kurdistan (la coalition des partis kurdes est arrivée deuxième aux élections, obtenant 75 sièges), tandis qu’au moins l’une des deux vice-présidences, obligatoirement sunnite, pourrait aller à un homme comme Ghazi al-Yawar, «séculier, ouvert aux chiites, ouvert aux Kurdes», ainsi que l’affirmait sur PBS l’analyste Fouad Ajami, de l’université John Hopkins.Si Flrak est coupé en tronçons ethniques et religieux, les sinueuses tractations qui ont cours à Bagdad se font aussi sur fond de luttes d’intérêts, de clivages idéologiques et de vieilles rivalités personnelles.En fait, la formation du nouveau gouvernement a des airs de chaise musicale où sont présents la plupart des hommes de la précédente autorité provisoire.Aussi, et en partie pour cause d’inimitiés, le premier ministre sortant, le «laïc» lyad Allaoui, dont la «liste» a obtenu 40 sièges, voudra rester dans l’opposition et refusera d’entrer en alliance avec Ibrahim Jaafari.En outre, la coalition chiite réunie sous le parapluie de l’Alliance irakienne unifiée (AIU), qui a remporté une mince majorité aux élections avec 140 sièges sur 275, n’est peut-être pas aussi unifiée qu’il y paraît Ni aussi catégoriquement islamiste qu’on le pense, malgré le soutien que lui a donné le grand ayatollah Ali Sistani et le fait que l’un des principaux partis qui forment l’AIU, le Conseil suprême de h révolution islamique en Irak (CSRII), est proche de la théocratie iranienne.Une demi-douzaine seulement des 228 candidats de l’alliance étaient des religieux Sans qu’on puisse toujours parler de candidats laïques — le mot a mauvaise presse dans le monde arabo-mu-sulman —, une partie importante et influente des nouveaux élus peuvent être considérés comme des islamistes modérés et libéraux.Que l’islam soit source principale de la future constitution, oui, mais non sa source unique, soutiennent ces politiques.Oui à une république islamique, analyse M.Aoun, mais à une république citoyenne qui récuse le modèle irano-saoudien d’un Etat qui n’a de loi fondamentale que la charia.Du reste, l’influent Ali Sistani est de cette école du chiisme qui croit que les pouvoirs religieux doivent se tenir à distance de l’Etat Prenez Adel Abdul Mahdi, candidat potentiel au titre de premier ministre, qui s’est désisté cette semaine au profit de M.Jaafari.Numéro deux du CSRII, économiste formé en France, jeune membre du parti Baas dans les années 60, ancien maoïste mué en islamiste modéré proaméricain (ses détracteurs le trouvent d’ailleurs opportuniste), il personnifie un important courant séculier au sein de l’AlU.Il croit que les dangers sont minimes que l’Irak vire à la théocratie islamique.N’empêche que le leader du CSRII est Abdul Aziz Hakim qui, lui, préconise un élargissement du poids de l’islam dans la nouvelle constitution.Dans cette perspective, le rôle de la communauté kurde, qui défend une définition laïque du pouvoir, devient capital.La coalition chiite de l’AIU a obtenu une petite majorité, mais eDe devra faire des alliances dans la mesure où le nouveau gouvernement devra être entériné par les deux tiers de l’assemblée législative.Aussi, un rapprochement paraît incontournable, sinon probable, avec les élus kurdes, qui pourront, au besoin, jouer la menace de sécession pour obtenir l’Irak fédéral et décentralisé qu’ils revendiquent Ce qui fait que l’Irak de demain sera sans doute islamique mais que ses frontières sont encore loin d’avoir été tracées.Le Devoir LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 FÉVRIER 2005 B 4 D I T 0 R I A L Plus cohérent, moins représentatif Le remaniement ministériel auquel vient de procéder le premier ministre Jean Charest s’imposait Le brassage de cartes auquel on a assisté hier a toutefois surpris par son ampleur.Il faut y voir une manifestation de la volonté du premier ministre de reprendre son gouvernement en main.Question: ce remaniement suffira-t-il à rétablir le lien de confiance avec les Québécois?J ean Charest a lui-même posé clairement l’objet de ce remaniement en disant qu’il attendait désormais de ses ministres «discipline, cohérence et solidarité dans l’action».Il évoquait ainsi ce qui est à la source même des difficultés qu’a connues ce gouvernement depuis qu’il a été élu: indiscipline, incohérence et division.Qu’un nouveau gouvernement souffre d’un manque de cohésion pendant les premiers mois de son existence n’est pas anormal.Seul le temps permet à une nouvelle équipe de se souder.Toutefois, dans le cas présent, le temps a paru avoir l’effet contraire.La solidarité, plutôt que de s’accentuer, aura plutôt eu tendance à se dissoudre alors que s’exprimaient de plus en plus ouvertement les points de vue divergents, pour ne pas dire les dissensions, entre les membres du cabinet, y compris le premier ministre, sur des dossiers majeurs comme le déséquilibre fiscal, les subventions aux écoles privées juives et le choix du site du futur CHUM.Remanier était devenu urgent pour le premier ministre alors que se posait de plus en plus la question de la capacité même de l’équipe libérale de gouverner.Revenait de plus en plus souvent aussi une question beaucoup plus insidieuse à propos de la capacité même du premier ministre de diriger son gouvernement et d’encadrer ses ministres.Pour ne pas perdre irrémédiablement la confiance de ses concitoyens, M.Charest se devait de porter un grand coup et de reprendre en main la direction de son gouvernement LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.LOUIS LAP 1 ERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE HAmAî> tT ÉxCLuS T>t* f .Ju
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