Le devoir, 25 avril 2009, Cahier C
I.K I) K V OIK.I.E S S A M E I) I 2 li E T l> I M A N ( Il K 2 fl A V K I I.2 (I O !l H INTERNATIONAL Les 100 jours de Barack Obama Page C 3 PHILOSOPHIE Religion contre philosophie: une fausse opposition Page C 6 PERSPtCT VES La fécondation in vitro De nouvelles questions Le domaine de la procréation assistée reste pour l’essentiel autoréglementé au Canada mm fmim.-¦ LENNART NILSSON REUTERS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Québec a déposé pour une troisième fois son projet de loi sur la procréation assistée Un homme fait 120 enfants.Au minimum.Québec s’apprête à financer la fécondation in vitro.Au coût de 90 millions de dollars.Le gouvernement Charest s’adresse à la Cour suprême pour invalider la loi d’Ottawa encadrant les nouvelles techniques de reproduction humaine.Décidément, la procréation assistée fait encore jaser.HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Est-il éthique qu’un seul homme puisse engendrer 120 enfants et plus?C’est à cette question, et beaucoup d’autres, que le milieu de la procréation assistée a été obligé de répondre cette semaine.Alors que les pratiques entourant le don de sperme étaient encore peu connues du grand public, une initiative citoyenne émanant des Etats-Unis a permis de démystifier le tout Et certains ont été surpris par ce qu’ils ont appris.Le Devoir a fait état lundi d’un site Internet permettant aux donneurs de sperme et d’ovules et aux enfants nés de ces dons de se retrouver.Le Donor/Sibling Registry a permis de découvrir plusieurs fratries comptant des dizaines de membres.Ben s’est découvert 60 enfants de six ans et demi ou moins.Dans un autre cas, 120 garçons et filles ont été reliés au même donneur.Et comme l’inscription sur le site est volontaire, on imagine qu’il y en a beaucoup plus.Cette initiative a surtout permis de révéler à quel point l’information à ce sujet est un secret bien gardé.Au Canada, il n’existe pas de limite légale au nombre d’enfants qu’un même donneur de gamètes peut engendrer.Il faut s’en remettre aux limites que s’imposent les banques de sperme.Mais il est difficile de les connaître.Par exemple, à la radio de Radio-Canada, le D1 François Bissonnette, président de la Société de fertilité et d’andrologie du Canada, a affirmé mardi que les banques de sperme avec lesquelles sa clinique OVO faisait affaire limitaient à 35 le nombre de grossesses pour un même donneur.Une de ces banques est la Xytek.Or, en entrevue téléphonique avec Le Devoir la veille, Xytek avait affirmé que chaque donneur pouvait engendrer un maximum de 40 familles, ce qui signifie que le nombre absolu de bébés, lui, pourrait être le double, voire le triple.Médecins et gestionnaires de banques de sperme expliquent que les calculs ont été faits de manière à ce que l’utilisation d’un donneur n’augmente pas les risques naturels de consanguinité dans une population donnée.Mais pour Wendy Kramer, l’instigatrice du registre en ligne, tout n’est pas que question de consanguinité.«Il faut voir les effets sur une personne de se découvrir 50 ou 60 demi-frères et demi-sœurs.» Le psychologue Richard Langevin relativise la question.Il note d’abord qu’à l’instar des enfants adoptés, tous les enfants nés de dons de gamètes ne voudront pas nécessairement connaître leurs parents biologiques.Pour les autres, le problème découle peut-être davantage du fossé entre les attentes et la réalité.«Le choc épouvantable découle du fait qu’on a peut-être dit à l’enfant qu’il y en aurait six ou huit [des demi-frères ou demi-sœurs nés du même donneur] alors qu’il découvre qu'il y en a 100.Mais qu’en serait-il si on le préparait autrement?» Une victoire du Québec Bon an, mal an, environ 15 000 couples infertiles déambulent dans les cliniques de fertilité au Québec, dont un dixième auront finalement recours à la fécondation in vitro (prélèvement d’ovules, fécondation en laboratoire, implantation des embryons).Pourtant, le domaine de la procréation assistée reste pour l’essentiel autoréglementé au Canada, malgré la vaste commission royale d’enquête de la fin des années 1980 et la loi sur laquelle elle a finalement débouché, en 2004.Comme Québec en conteste la constitutionnalité, elle n’a jamais été appliquée.Après sa victoire en première instance l’année dernière, le Québec a obtenu l’appui de l’Alberta, du Nouveau-Brunswick et de la Saskatchewan dans ses prétentions selon lesquelles il revient aux provinces, et non au gouvernement fédéral, de contrôler les pratiques médicales.La Cour suprême a entendu les arguments hier et rendra sa décision à l’automne.Pour Michelle Giroux, professeure spécialisée en bioéthique et en droit de la famille à l’Université d’Ottawa, un gain de la part du Québec «nous ramènerait en arrière, parce que ce serait alors à chaque province de décider ce qu’elle veut faire en la matière».Or, fait-elle remarquer, il n’y a jusqu’à présent que le Québec qui a mis en avant un projet de loi de son cru, ce qui laisse croire que les autres provinces laisseront l'industrie s’autoréglementer.23 500 $ par enfant En attendant que la justice suive son cours, Québec a déposé pour une troisième fois son projet de loi sur la procréation assistée, qui prévoit le remboursement des trois premiers essais de fécondation in vitro.Québec anticipe une facture de 35 millions pour 1500 naissances.Pour en arriver à ce nombre, il a prévu que le recours aux traitements sera trois fois et demie plus fréquent.Comme les couples réclamaient des crédits d’impôt pour des soins d’une valeur de 10 millions, on a fait une simple multiplication.Le coût par enfant né sera d’environ 23 500 $.Diane Allen, la directrice du Réseau Infertilité, ne peut s’empêcher de croire que les médecins sont mus par une logique commerciale lorsqu’ils réclament une couverture publique de la FIV: plus de patientes, plus d’argent pour leurs cliniques privées.Selon elle, le point de départ devrait être de comprendre et combattre l’infertilité.«C’est comme si on inventait toujours des médicaments et des traitements pour le cancer du poumon mais qu’on ne disait pas aux gens d’arrêter de fumer! Les traitements contre l'infertilité sont très in vasifs, sont difficiles pour la femme qui les subit; on n’en connaît pas les conséquences sur la santé à long terme et leur taux de réussite, environ 30 %, ne sont pas spectaculaires — que ce soit couvert ou non par l’assurance maladie.Notre objectif devrait être d’en faire moins, pas plus!» Mme Allen en a contre les chiffres que brandissent les médecins des cliniques, selon lesquels l’infertilité touche de plus en plus de VOIR PAGE C 3: PROCRÉATION « Il faut voir les effets sur une personne de se découvrir 50 ou 60 demi-frères et demi-sœur » Une carrière en traduction vous intéresse?La traduction est une profession langagière en pleine expansion.Le cumul du certificat et du diplôme d'études supérieures en traduction de McGill peut vous ouvrir la voie à une nouvelle vie professionnelle.Les apprentis traducteurs désireux de s'inscrire à un programme devront faire une demande d'admission d'ici le 1er juin et passer ensuite l'examen d'admission.Une soirée d'information au cours de laquelle on présentera les exigences et le contenu des programmes se tiendra le 11 mai au 688 rue Sherbrooke ouest, en la salle 1041, à 18 h.McGill Centre d'éducation permanente Pour de plus amples renseignements : (514) 398-14841 www.mcgill.ca/conted-translation J * 4 * * I.K I) K V (Ml!.L E S S A M E I) I 2 5 E T I) I M A N (' Il E 2 (i A V I! I I.2 0 0 il C 2 PERSPECTIVES Apprendre de la crise GlL COUETEMANCHE La sagesse populaire raconte que c’est en temps de crise qu’on apprend, qu’on se réévalue, qu’on remet les choses en question.Cela s’applique autant aux difficultés personnelles qu’aux bouleversements collectifs.Pour que cela se produise, il faut qu’existe, autant dans le comportement collectif que dans l’individuel, un minimum de doute et d’incertitude à l’égard des comportements passés.Le doute et l’incertitude sont les clés de la remise en question des dogmes et des habitudes.Nous sommes aux prises actuellement avec deux crises.La plus ancienne est celle du réchauffement climatique, de la dégradation permanente et constante de notre environnement.La seconde est la crise économique mondiale.Notre dépendance au développement et à la croissance, deux mots qui résument toute la pensée politique et économique des dernières décennies, a fait en sorte que nous avons pris note de la crise écologique mais que, malgré les Kyoto de toutes sortes, nous l’avons inscrite dans nos objectifs futurs.Nous avons encore le temps.Laissons la prospérité résoudre plus tard la crise de la planète.De cette crise n’est née nulle remise en question des modèles de développement Seulement des injonctions et curieusement des débuts de changement de comportement individuel dans les sociétés riches.Le discours écologiste a plus de prise sur le citoyen que sur le gouvernement.Par contre, la crise économique a mobilisé les gouvernements de toute la planète.Ils se sont mis à la planche à billets comme si la planète était menacée de mort Sauver le système financier leur a paru une tâche plus urgente que la sauvegarde de notre Terre.En fait il s’agissait de sauver le système, pas de le réformer, pas de le changer.Et il ne s’agissait surtout pas de nous sauver.Depuis quelque temps, crise financière et crise écologique obligent, je regarde la provenance des produits que j’achète.Cette semaine, j’avais envie de fraises et normalement, dans cette saison triste, elles viennent de Californie ou du Mexique, dures et moroses.Elles s’affichaient à 2,99 $ pour une vingtaine de fraises.A côté, comme un miracle, une barquette qui ne contenait qu’une dizaine de fraises.Ferme Paul Legault, Sherrington, produit du Québec, 3,99 $.Je pris les deux.La fraise Driscoll n’avait aucun goût.De l’eau aromatisée à la fraise.Celle de M.Legault me ravit ?Je venais de résoudre les deux crises.J’exagère, mais voilà quand même une piste de réflexion sur laquelle les gouvernements ne s’engagent pas beaucoup.La fraise Driscoll a fait 4000 kilomètres dans des camions qui crachent des gaz à effet de serre, des camions américains qui ne paient pas d’impôts ici.La fraise Legault a fait 50 kilomètres.Les employés de la ferme paient des impôts, l’entreprise aussi.Au bout du compte, je ne crois pas que le prix final pour la fraise locale soit plus élevé pour la collectivité.Et le produit est meilleur.Les gouvernements nous expliquent que la crise est mondiale pour expliquer leur incapacité de réagir localement.Ils ont raison, mais ils ont tort.La crise est mondiale parce qu’ils ont laissé se produire cette mondialisation incontrôlée des flux financiers et des échanges commerciaux.Ils ne peuvent réagir localement parce qu’ils souhaitent sauver le système qui les a menés à la crise.Quels sont les secrets de la fraise Legault?La proximité et la qualité, la création locale d’emplois qui ne sont pas influencés par la situation mondiale.La fraise de Sherrington ne fail pas partie du circuit qui pourrit nos vies et nos perspectives d’emploi.Il y a moyen de se retirer partiellement de la mondialisation, de ce cancer financier qui a entraîné la chute de l’économie réelle et des citoyens ordinaires.Si l’adage que je citais est vrai, l’occasion est belle d’y réfléchir.L’autarcie et le protectionnisme sont des mots maudits maintenant.Je ne sais pas pourquoi, sinon pour ne pas offenser les libres-échangistes qui nous ont menés dans ce cul-de-sac.S’affranchir de la mondialisation, c’est trouver les moyens de créer des richesses locales dont l’évolution n’est pas menacée par les flux mondiaux des Bourses et des spéculateurs.Appelons cela une économie de proximité, centrée sur les gens et leurs besoins vitaux, pas sur des objectifs de croissance globaux.Investir dans l’économie sociale, dans le logement social, dans l’initiative locale, encourager plutôt que décourager nos fromagers, nos producteurs biologiques, faciliter les flux commerciaux dans les régions.Personne dans ce gouvernement ne profite de la crise pour réfléchir.Ils répondent avec du béton, du béton et du béton.Ils nous font une autoroute et une autre autoroute et nous parlent de développement.Ils confondent développement économique et développement de la société.Nous le savons, seuls ceux qui développent s’enrichissent.Nous venons de vivre vingt ans de croissance et seuls les plus riches se sont enrichis.Vingt ans de mondialisation qui tuent maintenant les régions au nom du développement.Mais, comme le souligne le journaliste Hervé Kempf du Monde, les sociétés occidentales sont assez développées et suffisamment riches.Pas besoin de «plan Nord», le grand projet de Jean Charest, pour devenir plus riches.Nous sommes assez riches.Reste à trouver les moyens collectifs de répartir la richesse locale et de se protéger ainsi contre la crise.Apprendre de la crise.Nous n’avons rien appris.Nous persistons dans l’aveuglement de la croissance et du développement qui nous ont plongés dans cet abîme.C 4 DI DROITS DE L’HOMME I Inutile Durban II ?Après la tragicomédie de Durban I en 2001, la conférence qui s’achevait hier à Genève aura au moins évité le pire CHRISTIAN RIOUX Paris — Dans le Grand Palais des nations de Genève s’achevait hier la conférence de l’ONU sur le racisme surnommée Durban II.L’événement survenait huit ans après la désastreuse conférence tenue en Afrique du Sud, en 2001.Sous l’influence de l’Iran et de nombreux pays arabes et africains, la conférence avait offert une véritable tribune à l’antisémitisme et à la dénonciation unilatérale d’Israël et des pays démocratiques.Elle avait aussi été l’occasion pour les Etats islamiques de faire valoir leur prétention à interdire le blasphème sous prétexte de combattre la haine religieuse.Ce n’est donc pas sans raison que, pendant toute la semaine, les yeux du monde se sont tournés vers Genève, où les membres de l’ONU étaient chargés de faire le point sur l’application des résolutions adoptées huit ans plus tôt.Boycottée par Israël, le Canada, les Etats-Unis, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et la République tchèque, la conférence semblait irrémédiablement compromise.Qu’on y songe: une conférence sur les droits de l’homme présidée par la Libye, aidée de l’Iran et du Pakistan avec Cuba comme rapporteur! Contrairement aux partisans du boycottage, une majorité de pays européens menés par la France a tenté d’influencer la rédaction de la résolution finale.Plus tôt cette semaine, le ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, parlait même d’un «énorme succès».Selon lui, la déclaration issue de la conférence est un «texte antiraciste majeur» puisqu’on y retrouverait «tout ce que les pays occidentaux souhaitaient».«mire le racisme iJil DENIS BALIBOUSE REUTERS Des manifestants à Genève pendant la conférence Un savant compromis Le texte adopté en catastrophe cette semaine à Genève a beau être le fruit d’un savant compromis destiné à gommer certaines des affirmations les plus outrancières de Durban I, il fait toujours référence à la déclaration adoptée en 2001.La déclaration de Durban I est réaffirmée même si elle stigmatisait Israël et faisait de la seule démocratie du Moyen-Orient un modèle de pays raciste, sinon le seul.C’est ce qui a fait dire au porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hassan Qashqavi, que la conférence de Genève était la confirmation de celle de Durban.Malgré tout, les pays européens ont tout fait pour faire disparaître la condamnation de la «diffamation des religions» que les pays musulmans avaient fait reconnaître à Durban.Le résultat est pour le moins mitigé puisque le texte reconnaît toujours une forme de racisme rebaptisée «haine des religions».Le texte remercie d’ailleurs le rapporteur extraordinaire, le Sénégalais Doudou Diene, qui s’est acharné depuis 2002 à combattre toutes les formes de blasphème de l’islam.La déclaration souligne aussi l’action du groupe de travail ad hoc dont tout le travail a été orienté dans ce sens.Ceux qui parlent de victoire font remarquer que, malgré l’opposition de l’Iran, un paragraphe sur la nécessaire mémoire de l’Holocauste a été conservé dans la déclaration finale.Lundi, le président Mahmoud Ahmadinejad avait provoqué la sortie en bloc des représentants de 23 pays européens lorsqu’il avait dénoncé le «racisme» de l’État d’Israël.Le document final reprend aussi une phrase de la déclaration de Durban I évoquant la «détresse des Palestiniens» et affirmant le droit de l’État hébreu à la sécurité.D’aucuns font remarquer que l’évocation du «sort du peuple palestinien vivant sous occupation étrangère» se retrouve néanmoins dans un chapitre portant sur les «victimes du racisme».Les grands perdants de la nouvelle déclaration semblent être les homosexuels.Téhéran a obtenu gain de cause afin que le texte n’évoque pas explicitement la discrimination dont ils sont victimes.Pour certains, cette discrimination serait incluse dans les «formes multiples et aggravées de discrimination», que mentionne la déclaration.Ce n’est évidemment pas l’avis des principaux concernés.Comme des intouchables de l’Inde qui réclamaient que la discrimination dont ils sont victimes soit aussi évoquée.Fallait-il boycotter ?Pour les partisans du boycottage, la seule présence de Mahmoud Ahmadinejad, d’ailleurs applaudi par une majorité de délégués, justifiait de ne pas cautionner une telle mascarade.«Le plus significatif est que cette conférence confère à ce personnage, et aux thèmes qu’il défend, une légitimité internationale, déclarait l’historien israélien Simon Epstein dans les pages du quotidien Libération.Cette assemblée est composée pour une bonne part de pays autoritaires, aux régimes parfois sanguinaires et très souvent corrompus et dictatoriaux.Elle représente des idéologies ou des religions extrémistes, et fières de l'être.» Pour l’historien, la participation de certains pays occidentaux à cette conférence s’explique par la culpabilité que cultive une certaine gauche, selon qui «la discrimination est justifiée, à condition qu’elle soit pratiquée dans un pays d’Afrique ou d’Asie.Le massacre est excusable, quand il est commis par des Etats non européens».Ce n’est pas l’opinion de ceux qui jugent que les absents ont toujours tort.Selon eux, il fallait être là pour éviter le pire.La conférence aurait même accompli «un double prodige» en supprimant toute référence spécifique à Israël, estime Stéphane Bussard, chroniqueur du \ P quotidien suisse Le Temps, plie marquerait donc la marginalisation de l’État iranien.Plusieurs soulignent que, même si le texte écrit du discours de Mahmoud Ahmadinejad contenait une référence à la nature «ambiguë et douteuse de l’Holocauste», celle-ci n’a finalement pas été prononcée.«L’antagonisme entre les pays occidentaux et les pays musulmans — renforcé depuis 2001 au détriment des minorités musulmanes — a été surmonté», estime aussi Human Rights Watch, qui s’était fortement impliquée dans l’organisation.La plupart des ONG n’ont cependant guère prisé que la déclaration ait été adoptée à la hâte avant même qu’elles aient pu s’exprimer.Un champ de bataille Reste que la déclaration de Genève res- T semble à un champ de bataille et que pratiquement personne n’en attend d’effets concrets.Et pour cause.L’écrivain français Bernard-Henri Lévy rappelait récemment que «les pays qui ont le plus de progrès à faire en matière de droits de l’homme sont ceux qui, encore une fois, ont le contrôle du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.C’est fou, mais c’est ainsi.On marche sur la tête, mais c’est un fait.» Il se demandait s’il ne fallait pas dissoudre cet organisme ou en interdire l’accès à des pays notoirement dictatoriaux, criminels ou génocidaires.On apprenait récemment que les Etats-Unis pourraient bientôt y poser leur candidature.Ce n’est probablement pas dans des conférences comme celle qui s’achevait hier que les pays démocratiques pourront modifier ce rapport de force.L’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine appelait d’ailleurs ces pays à changer de stratégie.Il faisait en même temps ce triste constat: «Aujourd’hui, il serait impossible d’y faire adopter [à l’ONU] à l’unanimité la Déclaration universelle des droits de l’homme votée en 1948!» Correspondant du Devoir à Paris La Déclaration de Genève ressemble à un champ de bataille et pratiquement personne n’en attend d’effets concrets Le bras de fer autour des droits de l’homme MARC SE MO Genève — Boycottée par plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis et Israël, Durban II est la tragique illustration de l’opposition croissante entre l’Occident et les pays du Sud, en premier lieu du monde musulman, sur la question des droits de l’homme, dont le caractère universel devient toujours plus une fiction.«Il serait aujourd’hui impossible, avec la réalité des rapports de force entre les 192 pays représentés à l’ONU, d’adopter le texte de la Déclaration universelle des droits de l'homme voté en 1948», a dit un haut fonctionnaire de l’ONU.La crise avait déjà été mise en évidence par les dérives de la conférence de Durban en 2001 avec ses attaques systématiques contre le sionisme, assimilé à un racisme, et la focalisation sur la lutte contre «l’islamophobie» — mot inventé par l’Iran en 1997 et introduit alors pour la première fois dans un texte onusien.«Depuis les années 90, les pays islamiques ont passé une alliance objective avec tous les régimes autoritaires de la planète et ils mènent une bataille sémantique acharnée au sein de l’ONU pour vider de leur sens les textes fondateurs et les réinterpréter à leur profit», analyse l’historienne Malka Markovich.Di guerre contre le terrorisme lancée par l’administration Bush puis l’intervention en Irak, avec leur cortège de dérives, ont accentué ce conflit déchaînant l’indignation du monde arabo-musulman, mais aussi bien au-delà, devant les «deux poids, deux mesures» du discours occidental.«Il n'y a pas de pays dépositaire de parson histoire des droits de l’homme.On l’a vu avec les États-Unis après le 11-Septembre et on le voit aujourd’hui en France avec la politique menée sur l’immigration», explique Doudou Diene, ancien rapporteur spécial des Nations unies sur le racisme, soulignant que «ce problème s’aggrave, y compris en Occident».Préserver le sens Israël et la Shoah, le droit à la critique des religions, et celui de vivre ses propres orientations sexuelles sont depuis des années les principaux points du bras de fer entre les Occidentaux et les 57 pays musulmans de l’Organisation de la conférence islamique (OCI).«Un discours unilatéral s’est acharné à plaquer sur le Proche-Orient les schémas en usage en Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid, vidant les mots de leur sens», s’indigne Jean-Claude Buhrer, auteur de L’ONU contre les droits de l’homme?Des tentatives systématiques existent pour nier ou relativiser la Shoah, en lui niant toute spécificité.Une bataille menée avant tout par l’Iran, mais il n’est pas le seul.Le concept de «diffamation des religions» — notamment l’islam — est l’autre grand terrain d’affrontement.Les pays de l’OCI veulent légitimer son rôle politique, bloquer toute critique et réintroduire le délit de blasphème.Les Occidentaux s’y opposent au nom de la défense de la liberté d’expression.«Les droits de l’homme s’appliquent aux individus, pas à des religions ou des croyances», rappelle Jean-Claude Buhrer.«La liberté de critiquer des religions est fondamentale, mais on ne peut inciter à la haine contre les croyants», «Les droits de l’homme s’appliquent aux individus, pas à des religions ou des croyances» i * c • • ¦¦¦¦K > nuance Doudou Diene.Peu politique, la question du droit à vivre sa propre orientation sexuelle est souvent la première oubliée dans les compromis, comme op l’a vu à Durban, même si la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme Rama Yade avait mené la bataille à l’ONU sur ce thème.Un bilan mitigé Le bilan du nouveau Conseil des droits de l’homme est pour le moins mitigé.Depuis 2006, ce Conseil a remplacé la Commission des droits de l’homme, dont les «insuffisances» étaient reconnues, y compris par le secrétaire général de l’époque.Kofi Annan.Mais parmi ses 47 membres élus par zones (Asie, Afriquç, Europe occidentale, etc.) siègent nombre d’Etats peu recommandables en matière de respect des droits de l’homme, tels que l’Algérie, l’Arabie Saoudite, la Chine, Cuba.«C’est comme demander à des criminels notoires de faire la police», s’indignait Mohamed Zitout, de l’ONG arabe al-Karama.Les pays mu- ' sulmans de l’OCI, en s’alliant avec les Américains et les Sud-Américains, y disposent d’une majorité automatique.En mars dernier, ils ont fait passer une nouvelle motion sur «la diffamation des religions».Sur les 33 motions passées en trois ans d’existence et visant des pays particuliers, 26 concernent Israël.Mais la réforme a aussi introduit un examen périodique en matière de droits de l’homme pour tous les membres des Nations ' unies, par roulement une fois tous les quatre ans.' ' Un exercice encore formel, sans sanctions, mais ‘ qui amorce une timide dynamique.4 Libération • mwÊÊmcMÊÊÊmmmmmMÊtmÊÊmmÊÊK: V L E I) E V I M A N < II E 2 II A V K I L 2 (I II il c r> Projet minier Osisko à Malartic De gré à gré DEES RICHARD DESJARDINS Vice-président de l'Action boréale en Abitibi-Témiscamingue Lettre au premier ministre Jean Charest Malartic, petite ville abitibien-ne — 3500 âmes — accablée par le chômage, on nageait la A semaine dernière dans un quasi épisode de science-fiction durant les trois jours qu’ont duré les audiences publiques en environnement.L’exercice avait pour but de déterminer si le gigantesque projet minier à ciel ouvert Osisko était souhaitable.Le maire démissionnaire - de la place était tellement emballé par ce projet qu’il a déclaré avoir acquis des parts.Puis il a déménagé dans le village à côté.Comme on commence à le savoir à la grandeur du Québec, le trou creusé sera aussi étendu que la ville.Un quartier comprenant 200 maisons devra déménager.(Les audiences se tenaient justement dans le trou virtuel.) Le rapport sera remis au conseil des ministres, qui devrait normalement trancher en septembre prochain.Pendant que se déroulaient les audiences pour déterminer si le gigantesque projet minier était souhaitable, une flotte de Camionnettes régionales capables de fournir des services en plomberie, en électricité, en menuiserie, parcouraient la ville en tous sens, affairées à défaire et à refaire des parties de la ville.Deux cents millions ont déjà été dépensés.Faut dire que, dans toute l’histoire minière québécoise, un seul projet a été refusé par le gouvernement dans le coin d’Oka, pour une mine de colombium dont les moines trappistes n’ont pas voulu, promettant l’enfer aux promoteurs et les condamnant à manger de leur fromage pendant toute l’éternité.En fondue, cela va de soi.Y a pas d’abbaye à Malartic.Un hôpital psychiatrique seulement, sans grand contact apparent avec l’au-delà.Pommes de route Le projet n’est pas encore autorisé, mais le ministre responsable des mines s’est déjà mis d’accord avec Osisko pour que le public paie une partie des coûts d’étendage des résidus miniers.Bien entendu, à la condition que le Bureau des audiences approuve le projet! Votre gouvernement nous prend régulièrement pour des valises, mais là, nous expérimentons la sensation d’être pris pour des «containers».Six millions d’onces d’or en une dizaine d’années de dynamitage pour produire essentiellement, à 80 %, des bijoux dont nous avons cruellement besoin, faut-il dire.Le reste retournera sous des voûtes souterraines sous forme de lingots pour sécuriser des réfugiés millionnaires.Voilà.Au prix actuel, ça rapportera de cinq à six milliards de dollars.De cet intéressant pactole, un gros sept millième «retombera» en région.Une fois l’avoine ingurgitée par les actionnaires, tombera la pomme de route pour nourrir les moineaux régionaux.La patronne des patrons, la présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec, est venue en personne nous dire qu’au cours actuel de l’or, 850 $ l’once, il fallait absolument démarrer le ISÜ if ’(¦¦%-.#1 pïd Vl: m i-tr v/v mbt Y; m «w.!"mh, , -V.¦¦ ¦¦.** jm -''.[.s i s.¦iïf stiïiir* Ê MËm ïm Le trou creusé sera aussi étendu que la ville.projet au plus crisse et «sans conditions».Ce n’était pas nécessaire de le préciser, le vérificateur général du Québec vient tout juste d’établir que le département des mines à Québec se maintient inconditionnellement à plat ventre devant les minières, ne réclamant même pas toutes les pommes de route auxquelles nous avons légalement droit Des millions que nous n’avons pu récupérer par pure ineptie administrative.Fourberie! Pendant que venaient témoigner des citoyennes et des citoyens évincés, visiblement pris de désarroi, se déclarant à la fois pour ET contre le projet, des agents de la compagnie poursuivaient leurs visites auprès des maisons récalcitrantes pour leur offrir une entente «de gré à gré».Une parfaite fourberie.Ces citoyens connaissent peut-être mal les lois en généra], comme bien du monde, mais ils connaissent très bien la loi des mines: «Si tu n’acceptes pas, tu seras exproprié.» D’ailleurs, aucun service juridique n’a été mis à leur disposition.C’est ainsi qu’une dame évincée a vu une partie de ses biens jetée aux poubelles par les déménageurs parce qu’elle en avait trop, selon le volume autorisé.Parmi ces rebuts, de vieilles photos personnelles.Au moins 60 demeures ont déjà été déménagées alors que le projet Osisko n’est pas encore autorisé.Aucune compagnie de quelque nature que ce soit ne va engager des centaines de millions sans avoir l’assurance que son projet va fonctionner.Nous voulons savoir, monsieur le premier ministre, quand et L MARCEL COTE L’auteur, associé fondateur de Secor, a vécu les vingt premières années de sa vie à Malartic a petite ville minière de Malartic est depuis quelques mois au cœur d’un débat public sur l’exploitation d’une mine d’or à ciel ouvert prônée par la minière Osisko.Alors que le projet est bien accueilli à Malartic, avec l’adhésion de plus de 80 % de la population, il soulève im tollé dans les milieux environnementaux, qui malheureusement ont un accès beaucoup plus facile aux médias que les citoyens d’une petite ville minière de 3600 habitants.Leur point de vue mérite néanmoins d’être mieux connu.Malartic est aujourd’hui en quête d’une nouvelle raison d’être.Depuis plus de vingt ans, toutes les mines environnantes ont progressivement fermé.La scierie de Domtar, dernière entreprise industrielle de Malartic, a aussi fermé ses portes en 2005.Avec l’étiolement de sa base économique, Malartic est devenue l’une des villes les moins riches du Québec.Sa population est en baisse, de 25 % en vingt ans.Avant l’amorce du projet Osisko vers 200566, la moitié des vitrines de magasin de la rue principale étaient placardées.Les plus gros employeurs sont les établissements financés par Québec, tels l’hôpital et les écoles, où les employés sont les mieux payés de Malartic.Le taux d’activité sur le marché du travail n’est que de 55 %, soit 10 % de moins que la moyenne du Québec.Avant l’arrivée d’Osisko, les jeunes quittaient obligatoirement la ville, car il n’y avait plus d’emplois.Le prix des maisons était en chute libre.En 2001, dernière année pour laquelle les données sont disponibles, la valeur foncière moyenne des résidences se situait 43 % sous la moyenne québécoise, et même de 31 % sous celle de Val-d’Or, la ville voisine.De 1996 à 2006, la valeur totale des permis locaux de construction fut en moyenne de 1,4 million par année, ou 400 $ par personne, moins du tiers de la moyenne québécoise.Lorsque le projet Osisko a vu le jour en 200506, Malartic a connu une nouvelle raison d’être.Une découverte inusitée Le gisement que veut exploiter la société Osisko a été découvert par le géologue montréalais Robert Wares, d’une façon très inusitée.Au début des années 2000, M.Wares a analysé la base de données géoscientifiques du ministère des Ressources naturelles et de la Faune à Québec, un outil unique au monde.Son analyse l’a mené à annoncer l’existence d’un gisement massif d’or, l’un des plus importants jamais découverts au Québec, mais à basse teneur, sur le site de l’ancienne mine Canadian Malartic, situé partiellement sous la plus vieille partie de Malartic.Les dirigeants d’Osisko ont eu confiance en ce géologue passionné, ont racheté les droits de ses travaux de même que les propriétés minières où se situait le gisement potentiel.Ils ont entrepris des travaux de forage à parti]' de 2005, puis conçu en 2007 le projet que nous connaissons aujourd’hui.Evidemment, la ville de Malartic et ses citoyens sont dans le coup depuis le début, une partie importante des travaux d’exploration ayant lieu en pleine ville, de nombreux résidants de Malartic y travaillant et l’exploitation éventuelle exigeant le déplacement de quelque 200 maisons.[.] La basse teneur du gisement, sa localisation à faible profondeur et son ampleur impliquent son exploitation à ciel ouvert et donc une fosse, une halde de stériles et un champ de résidus miniers.Ce sont ces trois éléments qui soulèvent beaucoup d’appréhension chez les environnementalistes.La fosse, qui est située aux abords de la ville, aura à la fin du projet une superficie de 1,4 km'.L’intention est de la remplir et d’en faire un lac [.].La halde de stériles, c’est-à-dire le matériau qui ne contient pas d’or mais qui sera extrait pour rejoindre le gisement, s’élèvera à plus de 80 mètres, l’équivalent d’une petite colline, qui se situera de l’autre côté de la fosse.Les résidus miniers seront traités, concentrés et étalés sur des terrains qui accueillent déjà des résidus miniers et qui seront réhabilités au cours de l’opération.[.] Il n’est pas question d’as- rfLM %- 4i dans quelles circonstances cette assurance a pu être donnée à Osisko.Cette compagnie n’a qu’un seul projet dans ses cartons: Osisko.Advenant le fait que votre gouvernement n’a pas conclu d’accord avec elle, et qu’en septembre vous jugiez le projet irrecevable, qui va payer pour la restauration des lieux, monsieur le premier ministre?La compagnie en faillite ou noqs?A moins que vous acceptiez, vous aussi, de plier devant un fait accompli, de vous écraser au pied du mur berlinois prévu entre le trou et les habitants de la ville.Perpétuant ainsi l’hégémonie anachronique de la loi des mines.Vos conditions ou les nôtres?La majorité des mémoires déposés aux audiences se sont prononcés contre le projet.La manière classique de contourner cette passagère difficulté démocratique se résumera probablement à cette formule que vous énoncerez quelque part cet automne: «Le projet est autorisé sous certaines conditions.» Vous pourrez vous fier à vos ministères des Ressources naturelles et de l’Environnement—qui ne se parlent jamais — pour les diluer jusqu’à l’insignifiance, ces conditions.L’Action boréale, dont je fais partie, travaille à restaurer un peu d’intelligence dans la forêt La job est assez costaude en soi.Nous avons, entre autres, proposé l’instauration d’aires protégées exceptionnelles autour des grandes communautés en Abitibi et au Témiscamingue.A l’époque, le Bureau des au- À chaque communauté ses compromis souplir les règles environnementales en vigueur pour Malartic, qui sera soumis aux mêmes normes que des projets à Montréal ou Québec.Des inquiétudes La même approche prévaut en ce qui a trait aux conditions d’exploitation de la mine, pendant sa dizaine d’années de vie utile.Par exemple, des environnementalistes ont soulevé le risque lié au volume de poussières qui émanerait de la mine, alors qu’en réalité toute activité humaine peut soulever des poussières.[.] Je ne seras pas surpris que la quantité de poussières liée aux normes d’émissions auxquelles sera soumise la mine Osisko soit bien inférieure aux niveaux auxquels sont exposés les 3,6 millions de citoyens du Grand Montréal et qui résultent de leurs activités quotidiennes.Toute activité humaine a un impact sur l’environnement Aux communautés de trouver des compromis que leur imposent Jem's propres activités.Ainsi, les Montréalais acceptent des compromis, tels le bruit, les poussières, le smog, la congestion, et peut-être même 45 minutes de transport pour se rendre au travail chaque joui'.Mais ces compromis leur permettent de s’offrir la vie culturelle très riche et une gamme étendue de services que seule une agglomération de 3,6 millions de personnes peut se donner.Toutefois, concentrer autant de résidants dans une ville impose des coûts environnementaux très importants.Les citoyens de Malartic vivront un autre type de compronfis.Comme les Montréalais, ils auront du travail, et la dignité individuelle que cela amène.Leur air sera plus pur, le boulot sera tout juste à côté, il n’y aura pas de bruit de fond.Mais ils vivront près d’une fosse qu’ils ne verront toutefois pas, protégés qu’ils seront par un talus boisé pas plus artificiel que les murs de béton qui préservent les gens de Laval ou de West Island du bruit des autoroutes (dont rêvent d’ailleurs les Abitibiens!).Le projet d’Osisko a été grandement façonné par le dialogue qu’entretiennent depuis trois ans la communauté et l’entreprise.Il est à souhaiter que le BARE ne cherche pas à imposer aux Malarticois 'fil ¦JT X >Wé PMS'/Vj dience publiques lui-même en a vu tout le sens, avait entériné nombre de nos propositions, mais force est de constater que nous devons maintenant nous occuper sérieusement de l’industrie minière puisque sa loi outrancière, expropriatrice, a bousillé ces projets de conservation.La forêt Piché-Lemoine, près de Malartic, riche en biodiversité dûment documentée, est menacée par Osisko.Le trésor archéologique encore inexploré de Kanasuta, près de Rouyn-Noranda, pourrait sauter parce qu’une mine à ciel ouvert y est prévue.En fait, l'industrie minière n’attend que le O.K du gouvernement pour le projet Osisko pour en multiplier d’autres du même genre.Sitôt l’aval donné, si ce n’est déjà fait, c’est toute la route 117 de Val-d’Or à la frontière ontarienne (120 km) qui risque l’éclatement de son écorce terrestre ici et là et même au cœur des villes.Les mines et le gouvernement devront comprendre que, depuis 80 ans, une société humaine s’est implantée le long de cette route et que c’est elle qui va décider sur quelle sorte de territoire elle veut vivre.Et non pas les money junkies régionaux ou planétaires pour qui la qualité de vie des gens et la santé de l’environnement ne sont que d’agaçantes absr tractions.Tout comme l’existence de la nation algon-quine, toujours maître du territoire selon la loi, quoi qu’on en pense, quoi qu’on en dise, quoiqu’on l’ignore.A-t-elle donné son accord?Monsieur le premier ministre, avant d'accorder tout permis pour ce type de mines, un véritable débat public doit être tenu à l’échelle de la région.des normes plus rigoureuses que celles auxquelles s’astreignent les citoyens de Montréal et de Québec.On peut rêver d’un Malartic bucolique, d’air pur et de forêts naturelles, tout ce qu’on ne retrouve pas dans une grande ville, que ce soit Montréal ou Paris.Mais les gens de Malartic ont droit à la même dignité et à la même liberté émanant d’un travail régulier et bien payé.Ils sont en mesure d’accepter les compromis que le projet minier impose.On aurait pu préférer une mine souterraine, qui n’imposerait pas de fosse.Mais le gisement qui donnerait naissance à cette mine n’est pas connu, et pendant que l’on en rêve, qui fournira de l’emploi aux Malarticois?On pourrait aussi leur demander de vivre d’une industrie propre, comme le tourisme, en proposant une aire de chasse et de pêche aux citoyens des grandes villes.Mais pour revenir à la réalité, qu’arrivera-t-il à Malartic si le projet ne se réalise pas?Une ville abandonnée fait-elle un meilleur développement durable qu’une fosse appelée à devenir un lac?La mine Osisko ne sera pas éternelle.Le cadre réglementaire minier du Québec prévoit toutefois la constitution d’un fonds de réhabilitation de plus de 50 millions.Osisko financera aussi une fondation communautaire dont la taille se comparera avantageusement à celle des fondations communautaires de Montréal et de Québec, en tenant compte de la population.Les quinze à vingt ans de durée probable de la mine permettront enfin à la communauté de diversifier son économie, et de préparer l’après-Osisko.En somme, Malartic retrouvera une vie.Donner le feu vert au projet est le meilleur service que le Québec puisse rendre à cette ville.La chronique de Denise Bombardier reviendra la semaine prochaine L’ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale ot métropolitaine : (îrirald Dallairc (adjoint au directeur de l'information), Mario-Aiulrco Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), SlciJhano Uaillat tfoon (xniiT/il), (.'lairaiulrrc Umu hy t(duration).Icamu' L'oi iivcau (afjaitrs municipales), Fabien IWlise (consommation), Dion (sports).I x>nis-(iilles F rancœur (environnement), l’anline Gravel (sciences), Brian Myles (justice et fiiits de société), Dniise-Maude Kioux Souey (santé), Alexandre Shields (général), lliilipiie l’apiuean (pupitre) , information jxditkjne Michel David (chroniqueur), Hélène Bwzzetti et Alee Castontfuay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Kohitaille et Robert Dutrisae (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen lévesque (reporter) ; information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Guillaume Bmittfnult-C'ôté (reporter), Paul Cauehon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpctit (livres), Isabelle Paré (reporter).Odile Tremblay (cinéma).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du weekend), Julie Carpentier (pupitre) ; ihformation économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), François Desjardins (reporter).Frie Desrosiers (reporter).Claude Turcotte (reporter), Dominique Rony (pupitre) ; information internationale Guy Paillefer (adjoint au directeur de l'infirmation), Serfîc Truffaut (éditorialiste), Claude lévesque (reporter), Jean-Pierre D-tfault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) \ Diane Précourt (responsable des pages thématiques) : Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garncau (caricaturiste) ; kiiehèle Malenfatil et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Muntfer (responsable du site Internet), Fmilie Folie Boivin et Vincent Cauchy (commis Internet) ; Amélie Gaudremi (secrétaire à la rédaction)’, Jean-Jacques Coulnmbe et F.tiennc Plamondon Fmond (commis à la rédaction).' “ ' .- « .* .'• '• — .j- A.,,, ~~ •.^ t*.s " é.Manon Boilard.Marlène (directeur adjoint), ET TIRAGE comptables).• m XMÊÊÊÊÊÊM I3rf m KJÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊIÊÊÊ L E l> E V OIK.LES S A M EDI 2 5 E T I) I M A V ( Il E 2 (i A \ Il I I.2 O O il PHILOSOPHIE MARIE-HÉLÈNE TREMBLAY LE DEVOIR Jean Grondin: «La réflexion de la philosophie n’a jamais été possible sans la religion, qui l’a précédée.Lorsque la philosophie et la science sont apparues, elles ont conduit à une transformation et à une purification de la religion.» ¦Prf#!*., 'ïé&MË: Religion contre philosophie: une fausse opposition Deux fois par mois, Le Devoir propose à des professeurs de philosophie et d’histoire, mais aussi à d'autres auteurs passionnés d’idées, d’histoire des idées, de relever le défi de décrypter une question d'actualité à partir des thèses d'un penseur marquant.Cette semaine: conversation avec Jean Grondin, qui vient de faire paraître, dans la célèbre collection «Que sais-je?», La Philosophie de la religion (Presses universitaires de France, 127 pages).À une époque où la religion est souvent présentée comme l’opposée de toute démarche philosophique, comme un «poison» à la source de tous les atavismes humains (haine, intolérance, etc.), comment peut-on concevoir une «philosophie» de la «religion»?ARCHIVES LE DEVOIR I ANTOINE ROBITAILLE Antoine Robitaille.Certains auteurs — on pense à Léo Strauss — ont associé la philosophie à Athènes et la religion à Jérusalem.D’un côté, l’homme debout, qui se sert de sa raison; de l’autre, l’homme à genoux, qui se prosterne.Dans votre ouvrage, avez-vous réussi à réconcilier Athènes et Jérusalem?Ou croit-on, à tort, qu'elles sont fâchées?Jean Grondin.Ce n’est évidemment pas à ma très modeste personne qu’il revient de les réconcilier.Je pense qu’elles ont toujours maintenu un dialogue mutuellement fécond.Pour reprendre votre formule, c’est à tort que l’on croit qu’elles sont fâchées (certes, certaines figures têtues à «Athènes» ou «Jérusalem» le seront, mais elles ne sont pas nécessairement représentatives).C’est que la réflexion de l’une (la philosophie) n’a jamais été possible sans l’autre (la religion, qui l’a précédée).Lorsque la philosophie et la science sont apparues, elles ont conduit à une transformation et à une purification de la religion.Platon et Aristote ne connaissaient pas Jérusalem, mais leur pensée métaphysique (qui tient, très simplement, dans l’idée que le monde est régi par un ordre supérieur accessible à la pensée) devait beaucoup à leur propre tradition religieuse, qu’ils ont traitée avec respect mais qu'ils ont critiquée quand eHe racontait des choses déraisonnables.Or cette critique de la religion a toujours fait partie de l’expérience religieuse elle-même: songeons à la critique des idoles dans le judaïsme, à la critique du «légalisme juif» dans le christianisme, puis à la critique de la tri-nité chrétienne dans l’islam, sans oublier la Réforme protestante et ses propres «réformes».U II y a un peu d’Athènes dans Jérusalem, et vice-versa.En quelque sorte.J’essaie de rendre compte, dans cet ouvrage, de cette dette de la philosophie envers la religion, comme de la dette de la religion envers les philosophes.Augustin présentait sa religion (la «vraie» religion) comme la meilleure philosophie car elle incarnait à ses yeux l’aboutissement de la quête de sagesse qui donne son nom à la philosophie (philo-so-phia).Cicéron distinguait pour sa part la religion de la superstition en disant quelle procédait d'une relecture attentive, donc rationnelle (d’où l’étymologie lumineuse qu’il propose du terme re-legere, mais dont on déforme le sens depuis Benvenis-te: pour lui, relegere voudrait dire «scrupule», alors que le contexte, trop peu pris en considération, montre clairement que l’idée essentielle est celle d’une relecture réfléchie, donc philosophique).Bref, l’idée d’une rationalité du monde associée à la philosophie («Athènes») a beaucoup à voir avec l’héritage de Jérusalem.Mais quand Jérusalem a eu à exprimer sa sagesse, elle s’est volontiers servie du vocabulaire de la philosophie lorsqu’il existait.Certes, le dialogue entre Paul de Tarse et les philosophes désabusés d’Athènes, qui n’étaient peut-être pas les meilleurs, n’a rien donné (Actes des Apôtres, 17,32).Mais ses grands textes démontrent qu’il connaissait très bien la philosophie de son temps.Quant aux philosophes de cette époque, ils procédaient depuis longtemps à une réinterprétation rationnelle de leur tradition mythique.Plus fondamentalement encore, ils concevaient la philosophie comme une école de sagesse (Pierre Hadot et Michel Foucault l’ont rappelé) et savaient que cette «pratique» de la philosophie était très proche de la religion.Athènes et Jérusalem ne souffrent donc que de s’ignorer.Je le dis, bien sûr, parce qu’une nouvelle ignorance réciproque est en train de s’installer.Et la philosophie et la religion en souffriront et en souffrent: la philosophie n’inspire plus et la religion risque de se replier sur la déraison.Et Galilée ?¦ En cette page, récemment (17 janvier), l’astronome Pierre Chastenay écrivait: «Tout en faisant son mea-culpa [à l’égard de Galilée}, l’Église souhaite évidemment renouer le dialogue avec la science.Pour faire mieux, comme l'écrivait le directeur de l'Observatoire du Vatican.Mais la religion peut-elle Platon encore prétendre renseigner la science?» Qu’en pensez-vous?Le dialogue avec les scientifiques est le plus souvent stimulant; celui avec les scientistes ne l’est guère, car ils se distinguent par leur côté doctrinaire et intolérant.U y ,a hélas! un intégrisme scientiste, aussi détestable que tous les autres.Je ne me laisserais évidemment pas entraîner dans un débat insensé où l’on voudrait m’amener à défendre l’Inquisition de cette époque et à critiquer Galilée! Croyez-moi, je suis très pro-Gali-lée.A moins qu’on veuille parler du Galilée qui a écrit que c’est Dieu qui avait rédigé le livre de la nature en caractères mathématiques?On retrouve la même idée chez Newton et les meilleurs scientifiques, comme Einstein.Mais les scientistes ne lisent pas le§ superbes textes de Galilée.A son époque, le conflit n’était pas entre la religion et la science.Il y a là une illusion rétrospective (dont souffrent presque toujours les croisades idéologiques), mais entre deux manières d’expliquer les mouvements des corps célestes, celle de Copernic et de Ptolémée fie-quel avait, à l’époque, ses défenseurs et ses raisons «scientifiques»), L’hypothèse de Galilée était bien meilleure et la plupart des scientifiques et des gens cultivés de l’époque le savaient.Même si les actes du procès intenté à Galilée sont en eux-mêmes très intéressants, l’Inquisition s’est couverte de ridjcule dès cette époque.A ce que je sache, il fut d’ailleurs le dernier scientifique de cette envergure à être condamné de cette manière.Il n’est donc pas tout à fait exact de dire, comme l’a écrit Pierre Chastenay dans son très beau texte, qu’à l’époque de Galilée «les bulles papales pesaient plus lourd dans la balance que ce qu'on percevait du monde extérieur».Il faudrait pour cela, et en toute rigueur scientifique, citer des témoignages de scientifiques sérieux qui aient pris au sérieux les bulles papales de cette époque (et lesquelles, au juste?).M.Chastenay reconnaît par ailleurs très justement que Galilée ne s’opposait aucunement à la religion.Bien au contraire, elle était son inspiration majeure.Cela tombe sous le sens si l’on se donne la peine de lire ses textes au lieu d’en rester à des débat idéologiques, nécessairement superficiels.¦ Bref pour vous, la religion ne s’oppose pas à la science.Voilà.L’une des thèses de mon livre est justement que c’est la religion, avec son idée d’un monde sensé, qui a précédé et rendu possible l’apparition de la science, chez les Grecs d’abord; mais les motifs religieux de la quête scientifique restent très évidents à la fin du Moyen Age (où le motif de la toute-puissance divine a incité les scientifiques à trouver ses traces dans la création), à la Renaissance et au début des Temps modernes (où tous les scientifiques, est-il besoin de le rappeler, étaient croyants; on serait surpris de constater à quel point cela reste vrai aujourd’hui et j’ai cité dans mon livre les cas d’Einstein et du père Georges Lemaître, l’inventeur de la théorie du Big Bang).Je voulais ainsi sortir la religion des débats idéologiques dans lesquels on l’enferme souvent et où on en reste à l’opposition manichéenne: «religion = ténèbres, soumission, superstition» et «science = lumière, liberté, vérité».On oublie alors les origines puissamment religieuses de l’idée d’un passage des ténèbres à la lumière, mais aussi celles de l’espoir de libération et de recherche de la vérité.On méconnaît surtout que la religion est autre chose que la pseudoscience à laquelle de petits débats voudraient la réduire: elle est ce qui reconnaît un sens à la vie, la source des espoirs les plus intimes de l’humanité et ce qui, loin de le rabaisser, élève l’esprit.Quand on parle de religion aujourd’hui, certains pensent spontanément à Galilée, aux fondamentalistes musulmans ou aux créationnistes.Je pense plutôt au Sermon sur la montagne (je ne connais pas de plus beau texte sur le sens de l’agir humain), aux dix commandements, au commandement de l’amour du prochain, à la solidarité avec les pauvres et les démunis, à Gandhi, Mère Teresa ou Jean Vanier, au Requiem de Mozart et aux Cantates de Bach, à François d'Assise et Maître Eckhart, a l'universalité de la dignité humaine chez saint Paul, à Bouddha, Luther et Jan Hus, à l’Acropole et à la Hagia Sophia, a ses prières remarquables et son sens de la contemplation, et, si je peux prêcher pour ma paroisse, à Platon, Augustin, Maimonide, Pascal, Hegel et Einstein.Il me faut ajouter: etc.In philosophie devrait-elle interrompre son dialogue pensant avec cet héritage et cette présence du religieux?Faut-il en priver les jeunes générations au motif que la science aurait démontré que le monde n’avait pas été créé en six jours?J’y insiste: la religion est non seulement la source et l’inspiration de ce que l’humanité a produit de plus précieux, elle est non seulement responsable, si on aime les chiffres, de 90 % du patrimoine «culturel» de l’humanité et ce que nous admirons le plus dans les cultures étrangères, elle est la fondation de ses plus grands espoirs et porteuse d’une rationalité extraordinaire, sans laquelle la vie risque d’être d’une tristesse infinie, une «passion inutile», comme disait Sartre.Le «Yes We Can» de Barack Obama s’en inspire manifestement, Dieu merci.Le cours d’éthique et culture religieuse 9 La source et l’inspiration de ce que l’humanité a produit de plus précieux, dites-vous.On peut donc penser que vous voyez d’un bon oeil Implantation d’un cours comme «Éthique et culture religieuse».Tout dépendra de la manière dont il sera enseigné, bien entendu, en général (que vaudront les manuels?) et en particulier (car l’enseignement dépend tel-lemenl plus des personnes qui le donnent que des programmes).Charles Taylor se demandait avec justesse qui serait assez qualifié pour donner un tel cours tant son projet est englobant.Si c’est un gâchis, on rectifiera le tir.Mais donnons une chance au coureur, car cela est beaucoup mieux que rien, et j’entends le terme «rien» au sens le plus littéral, parce qu’il est assez évident que l’éducation qui n’enseigne plus rien débouche sur le rien.Il en résulte une désorientation dont les effets sont flagrants.Faut-il les nommer?Pensons au suicide, au décrochage, lequel est d’abord spirituel, à ces cas de plus en plus nombreux de carnage domestique, aux tueries à répétition dans les écoles et les universités (il y en a eu trois importantes dans la seule ville de Montréal depuis 20 ans: Polytechnique, Concordia, Dawson), au cynisme généralisé dans les relations humaines, lié à une dissolution du sens des responsabilités et de 1’engagement, etc.Au cas où on ne l’aurait pas remarqué, la perte du sens religieux, comme l’apathie face à sa transmission, n’est pas seulement une libération, loin de là.» -K.- Le sens de la vie Mais si j’avais a grincher, j’en aurais, à la rigueur, contre la réduction de la religion à une affaire de culture.Elle fait bien entendu partie de la culture, mais elle est bien plus que cela car le sens de la vie en dépend.La promotion de l’éthique répond par ailleurs à un manque et à un besoin réels puisqu’on observe partout l’effondrement des repères.Mais si on estime que c’est à l’éthique qu’il revient d’y remédier, on lui associe peut-être trop d’espoirs.Historiquement, la religion a été et reste plus forte, plus inspirante pour le commun des mortels.Les grands leaders moraux de notre époque, de Gandhi au dalaï-lama en passant par Martin Luther King, Elie Wiesel, Mgr Tutu, Edith Stein, Mère Teresa, Hans Küng, l’Abbé Pierre, Jean Vanier, Soeur Emmanuelle, les théologiens de la libération et Jean Paul II, étaient des personnalités profondément religieuses.Au final, les philosophes auront eu infiniment moins d’influence qu’eux sur les esprits.En rédigeant La philosophie de la religion, j’avais pris soin de noter qu’il fallait aussi entendre l’expression au sens subjectif du génitif (ou du complément de nom): il ne s’agit pas seulement de réfléchir en philosophe sar cet objet qu’est la religion, mais de reconnaître qu’il y a une philosophie et une voie de la sagesse inhérente à la religion elle-même.C’est quelle témoigne d’une expérience de l’être qui suscite de l’admiration et d’autant qu’elle ne se réduit pas aux conceptions simplistes que l’on s’en fait trop commodément.Les leaders que je viens de nommer n’appartiennent pas à un passé reculé de l’humanité, comme vous pouvez le constater.Le Devoir 9 Jean Grondin est professeur à l'Université de Montréal, spécialiste de la philosophie allemande et de l’histoire de la métaphysique.Ses livres sont traduits en une dizaine de langues.9 Vous avez un çommentaire, des suggestions?Ecrivez à Antoine Robitaille: arobitaille@lede voir.com.Pour lire ou relire les anciens Devoirs de philo et d’histoire: http://wwu>.ledevoir.com/so ciete/devoirJ>hilo.html#.« Une nouvelle ignorance réciproque est en train de s’installer.Et la philosophie et la religion en souffriront et en souffrent la philosophie n’inspire plus, et la religion risque de se replier sur la déraison.»
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