Le devoir, 25 avril 2009, Cahier E
CAHIER L E l> K V 0 1 R , LES S A M EDI 2 .'i E T I) I M A X ( Il E 2 (I A V R I I 2 (I II II DISQUE Jean Leloup revient en force avec Mille excuses Milady Page E 7 ¦ CINÉMA I?ÜSf I \ IVbr i ^ W il 1UI !C.C4/A1 I Le baseball comme métaphore de l’Amérique Page E 10 mm mm.m i Dans a nature usqu’au cou IN' \ r PHILIPPE PAPINEAU i Patrick Watson et son groupe nous ont fait voyager dans le bleu éthéré du ciel avec le délicieux Close to Paradise, paru en 2006, voici que la bande montréalaise braque son gouvernail vers la terre ferme, là où la nature craque et grouille, où les cordes vibrent et où le bois claque et résonne., C’est mardi que paraît Wooden Arms, le nouveau-né de l’union musicale entre le pianiste et chanteur haut perché Patrick Watson, le guitariste Simon Angell, le percussionniste Robbie Kuster et le bassiste Mishka Stein.Sans perdre ce qui les rend uniques, les quatre musiciens y explorent de nouvelles voies, où les touches blanches et noires prennent moins d’importance, à l’inverse des percussions et des cordes, qui gagnent du galon aux oreilles des auditeurs.Assis dans le salon de leur maison de disques Secret City, terminant quelques plats de sushi, le quatuor est dissipé.Il est un peu plus de deux heures et, depuis le matin, les entrevues défilent comme les notes de la gamme.C’est un peu la rançon de la gloire.La gloire?Bon, peut-être pas celle de U2 ou d’Arcade Fire, mais Close to Paradise a attiré beaucoup d’attention sur la formation Patrick Watson, leur deuxième disque s’écoulant à 100 000 exemplaires et permettant au groupe de monter précisément 193 fois sur scène.Sans oublier un trophée à l’ADISQ et le prestigieux prix Polaris.Mais bon, avec les minutes, le riz et le poisson cru font leur effet sur leurs estomacs vides et les réponses se font un peu plus sérieuses.«Ça faisait deux ans s’est régalé.«Je ne suis pas un batteur de rock, alors je cherchais ce que je pouvais faire pour rendre l’orchestration plus intéressante, raconte celui qui joue dans plusieurs ensembles de jazz./ai travaillé chatison par chanson, je me construisais des kits maison.Pour la pièce Wooden Arms, par exemple, j’ai trouvé des pots de cuisine qui sonnaient super bien.Dans Beijing, on entend un vélo, dans Travel- « J’avais envie d’essayer de faire de la musique comme celle des cartoons de la Warner Brothers des années 1940, de la Foley Music » qu’on jouait les mêmes chansons, alors on avait une idée des choses qu’on voulait essayer, raconte Watson en franglais, une casquette de üssu vissée sur la tête.On ne voulait pas un album au piano, super mélancolique, très ambiant.On voulait quelque chose qui bougeait plus, avec plus de percussions, plus de drive.» En avant les percussions Et c’est mission réussie.Sur les onze titres de Wooden Arms, les tambours prennent plus de place, tout comme les guitares, ainsi qu’une panoplie de bidules hétéroclites qui cliquent, boument, raclent et patapouffent ingénieusement C’est Robbie Kuster, le percussionniste né en Suisse, qui ling Salesman.y’a des tiroirs qui sont ouverts et fermés par notre ingénieur du son.» Le guitariste Simon Angell, d’origine suédoise, se souvient du moment de l’enregistrement de Down at the Beach, une des deux pièces instrumentales de l’album.«P y avait une chambre à écho, avec plein d’objets, une guitare avec seulement deux cordes, une machine à vent.I got pretty drunk, et je suis entré dans cette pièce, avec des micros, et pas de lumière, juste une chandelle.Y’a un son où je coupe les cordes de la guitare avec une pince!» Le piano, lui, est toujours présent, mais il a un rôle différent, portant moins la mélodie, faisant davantage partie d’un tout «je n étais pas dans le mood pour VOIR PAGE E 7: WATSON Theatre d’Aujourd’hui Saison 1 || ’ M I) E V (I I I! I) I M A X C II E A V K I L CULTURE Le p’tit à Cannes J’ai tué ma mère, de Xavier Dolan, concourt à Cannes pour la Caméra d’or, qui couronne un premier long métrage Odile Tremblay Je lui avais promis de ne jamais écrire sur son film.— Oublie ça.Jamais critiquer l’œuvre d’un ami.Question d’éthique.Mais J’ai tué ma mère sera projeté à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs.Aux côtés de Polytechnique de Denis Villeneuve et de Carcasses de Denis Côté.On n’a pas fini de pavoiser sur «l’année du Québec à la Quinzaine».Trois de nos cinéastes retenus, pensez-donc! J’ai tué ma mère avait été présélectionné dans les trois catégories: en Sélection officielle, à la Semaine de la critique et à la Quinzaine.Dire que le cinéaste se sentait nerveux avant le dernier sprint de décisions relèverait de l’euphémisme.— Ben oui, je vais l’écrire, la critique de ton film à Cannes.Et je serai honnête, en plus.Il est lancé là-bas, et les Québécois attendront nos comptes rendus de la Croisette.Mais pas question de le voir avant la projection officielle.Aujourd’hui, je me sens plus ravie pour lui qu’embêtée pour moi.Ce n’est pas pour vous faire le coup du conte de Cendrillon, mais.Il s’appelle Xavier Dolan; il livre son premier long métrage, tourné à 19 ans, scénarisé à 17, et y tient le rôle principal.Il l’a produit au départ à compte d’auteur, s’est débattu comme un diable dans l’eau bénite pour enfanter la chose.Un p’tit.Aux allures encore plus juvéniles que son âge.Mais tenace, mais convaincant.Vingt ans désormais.Comment comprendre le sens du mot «ambition» avant d’avoir rencontré un très jeune garçon qui vise les sommets et croit en son étoile, contre vents et marées?Ça procure le vertige.Dans le film, en grande partie autobiographique, Xavier joue le jeune marginal, homosexuel, dressé contre une mère qu’il aime pourtant.Anne Dorval incarne la mère, Suzanne Clément, une sympathique enseignante, François Arnaud, l'amant.Ajoutez Patricia Tu-lasne, en mère de l’amant, Monique Spaziani (l’amie de la mère), Niels Schneider, figure fugitive d’une aventure de pensionnat.Pas mal, comme distribution.Car encore fallait-il les convaincre, au début.C’est le fils du chum de ma sœur.Il avait 16 ans lors de notre première rencontre à un Noël dans ma famille.Elève au secondaire, bientôt décrocheur l’année suivante, mais déluré, brillant, drôle, attachant.Brûlant d’envie de faire son film.Sauf que Xavier n’avait jamais réalisé de court métrage, pas même un Kino avec une petite caméra d’urgence.Rien.Nada.On allait aux visionnements de presse ou % Xavier Dolan tient le rôle principal de son premier 'à la Quinzaine des réalisateurs.dans les salles de cinéma le soir ensemble, se tenant par la main.Neveu d’adoption, rapidement plus ami que protégé.Il louait ses classiques à la Boîte noire, se montait une vraie collection.Assimilant en autodidacte, vite lié à toutes sortes de personnalités du milieu, les séduisant, les irritant, les récupérant au détour.Puis, il a pondu une nouvelle, très bonne: J’ai tué ma mère, bientôt transformée en scénario.Non seulement Xavier désirait-il tourner son film, mais il s’attendait à le voir projeté à Cannes.— Oui, da, mon joli! Cause toujours.«En écrivant le “J” apostrophe de J’ai tué ma mère, le rêve fou d’être à Cannes était déjà présent, me répète-t-il aujourd’hui.Je voyais le logo du festival dans ma tête.» Vrai! Il nous serinait avec sa vision dorée.Xavier pensait aux grands cinéastes qui ont fait le renom du grand rendez-vous français, aux rencontres, aux conversations, à l’ivresse d’en être.Cannes, nombril du monde cinéphilique, tant qu’on voudra.Sauf que d’autres fantasment aussi.Et toi, pour un film même pas encore tourné?Mais on finissait par y croire à sa suite, tant l’absolue confiance peut devenir communicative.Restait à trouver le financement, des partenaires, une équipe, à apprendre sur le tas, à essuyer la saga des refus, à se relever, à se cramponner, à tourner, à monter, à peaufiner.En dé- CLARA PALARDY film, J’ai tué ma mère, qui sera projeté à Cannes Pf^RAMMATîoN jei/Neïïe ALEA (ANTo Dimanches mai, 11 h Chant classique - 6 à 12 ans Une production de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal pe temMmm à mozakt-.LE TRAVAIL P'AOEl/K Theatre - 12 ans et plus Une production de la Compagnie Jean Duceppe PROGRAMMATION COMPLÈTE jeunesse.laplacedesarts.com Partenaires MÉDIA laplacedesarts.com W W 514 842 2112 /1866 842 2112 n: Dkvoih pôt au volet sélectif, chez Téléfilm en avril dernier: un non catégorique; à la SODEC, un encouragement à essayer plus tard au volet indépendant, mais rien tout de suite.Son distributeur du début l’a laissé tomber.Les autres l’ont rabroué.Xavier, fils de Manuel Tadros, fut autrefois enfant-acteur.Ses parents avaient mis ses honoraires de côté en attendant sa majorité.Il a cassé son cochon (150 000 $) pour produire le film à compte d’auteur.Et l’équipe a suivi, certains un peu à reculons.Sur son plateau, il causait cadrages, plans fixes, trame musicale, jeu, apprenant à la dure, obsédé par son tournage au point de faire suer des amis.Daniel Morin, de chez Boréal Films, s’est joint au projet comme producteur associé.Carole Mondello, directrice de production, a accompli des miracles pour lier la sauce.Un jour, la production s’est arrêtée, en panne d’argent.La SODEC sauva sa mise en décembre dernier en finançant J’ai tué ma mère au volet indépendant.Puis bientôt Cannes.Ça lui paraît presque irréel.Un distributeur international se montre intéressé à pousser son film.Dans le champ québécois, ça se réglera bientôt.Le reste se jouera là-bas.J’ai tué ma mère concourt pour la Caméra d’or, qui couronne un premier long métrage.Pourquoi ne pas rêver?Ça lui a réussi, jusqu’ici.Xavier cite Cocteau: «A l’impossible, je suis tenu.» Il rit.Tout en y croyant vraiment, à cette phrase-là.Comme c’est là, moi aussi.otrem blay@ledevoi r.com THÉÂTRE La main lourde MY NAME IS JEAN-PAUL Textes: Jean-Paul Daoust, mis en forme par André Perrier et Marcel Pomerlo.Mise en scène: André Perrier.Une production du Théâtre Triangle Vital présentée à la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d’AujourdTiui jusqu’au 9 mai.ALEXANDRE CADIEUX Y a-t-il vraiment, comme le conçoit le metteur en scène André Perrier, de la chair à théâtre dans les poèmes de Jean-Paul Daoust?La galerie de personnages peints par le dandy campivalencien, auteur d’une trentaine de recueils de poésie depuis 1976, comporte surtout une figure d’importance: lui-même, dédoublé en satiriste mordant de L’Amérique (1999) et en autobiographe sondant sa propre vie, son propre désir.En accompagnant leur Jean-Paul fictif de ses propres démons sur scène, Perrier et le comédien Marcel Pomerlo ont eu un peu la main lourde sur le théâtre, et la poésie s’y perd un brin.Ce n’est pas que les comédiens Marie-Josée Gauthier, Harry Standjofski et Paul-Antoine Taille-fer s’acquittent mal de leur rôle.Voilà un trio de zombies au jeu flirtant avec l’expressionnisme, comme un chœur de trois fantômes de fêtards vêtus de leurs habits les plus défraîchis et qui viennent narguer le héros de cette fable.Ça fait beaucoup de monde sur la petite scène de la salle Jean-Claude-Germain, transformée en salle de bal kitsch avec ses rideaux rouges, son étrange collection de lampes formant un lustre et cette porte dorée qui ne s’ouvre qu’à la fin.Dans cette scénographie conçue par Lucie Baz-zo, également maîtresse des éclairages, trône aussi un téléphone tout rouge qui, au grand dam de Jean-Paul-Pomerlo, ne sonne pas.Le comédien, membre du collectif Momentum et auteur d’un spectacle solo remarqué, L’Inoublié ou Marcel-Pomme-dans-l’eau, réussit ici un brillant tour de force: une composition expressive inscrite dans tout le corps, jusque dans chaque muscle du visage.Entre la fragilité et la grandiloquence, Pomerlo réussit notamment à ne pas tomber dans l’imitation du poète, reconnu pour les mises en lecture pour le moins baroques de ses œuvres.L’équipe de Triangle Vital a peut-être voulu éviter le solo, ce que Marcel Pomerlo comme André Perrier, dont la mise en scène des Trains fantômes de Mansel Robinson était fort réussie, ont exploré ces dernières années.On comprendrait une certaine hantise de la performance, du récital de poésie.Il y a beaucoup de Jean-Paul Daoust dans My Name Is Jean-Paul, l’espoir fou, les coups de gueule, les références populaires, l’usage de l’anglais, la démesure.Donner une forme dramatique à ces textes nous détourne par contre ici des mots, et l’action scénique qui en résulte obscurcit davantage la matière qu’elle ne l’éclaire.Collaborateur du Devoir SUZANE O’NEILI.Une scène de My Name Is Jean-Paul le groupe de iPveillee 28 avril ai 23 mai Fartenairs I M A N ( Il K A V H I I.CULTURE Théâtre Loui Mauffette inaugure le nouveau Quat’Sous ! Avec cinq mois de retard, on lance officiellement la nouvelle salle avec la « soirée de poésie carnivore » de l’attaché de presse du TNM MICHEL BÉLAIR Il y a déjà un peu plus de deux ans que Loui Mauffette, le coloré attaché de presse du TNM depuis 18 ans, surprenait tout le monde avec un spectacle-hommage à son père (le regretté Louis Mauffette) intitulé Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent.Ce fut une sorte de triomphe, est-il nécessaire de le rappeler.Repris plusieurs fois depuis dans le cadre de festivals et de nombreux événements littéraires, voilà que le spectacle donne maintenant naissance à «un jumeau non identique», pour reprendre les mots de l'homme-caméléon Mauffette, qui brandit pour une deuxième fois avec Dans les charbons la lame acérée du spectacle-poésie.Entre deux séances d’intensité et après une première visite des nouveaux lieux, Loui Mauffette a bien voulu nous parler de sa toute nouvelle production.La scène se passe dans le hall non terminé du nouveau Quat’Sous, devant un mur de pierre qui rappelle les fondations de l’ancien théâtre rafistolé de toutes pièces par Paul Buissonneau.Célébrer les mots Loui Mauffette parle beaucoup, tout le monde le sait; il ne fera surtout pas exception à ses habitudes en lançant la discussion dans toutes les directions possibles en essayant de ne pas oublier un seul des membres de la petite armée qui compose l’équipe du spectacle, comédiens et concepteurs de tous types confondus.Ce qui est difficile, no-tons-le tout de suite, puisqu’il a ce coup-ci fait appel à 14 comédiens-complices — alors que le premier spectacle en avait réuni 25 —, Francis Ducharme jouant ici aussi le rôle du bras droit dans toute l’opération.^ (/*.Loui Mauffette en plein travail au nouveau Quaf Sous Il rappelle d’abord à quel point la disparition de son animateur de radio de père a déclenché, a réveillé plutôt en lui, le besoin de dire des choses.«J’ai beaucoup observé les gens travailler pendant mes 18 années comme “nounou" du TNM; cela a nourri ma passion.Et peu à peu, le créateur amnésique en moi a senti le besoin urgent du happening poétique que fut Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent le besoin de célébrer les mots.Avec mon cœur.Et sur le mode de ces longues tablées d’amis réunis à la maison autour de mon père et qui chantaient et qui récitaient des textes tour à tour.Tout cela, tout ce cérémonial était là, dans mon enfance: il était normal que je prenne ce chemin.» Qui ne sera quand même pas tout à fait le même ici, s’empres-se-t-il de souligner en reprenant son souffle.«Ici, c’est plutôt le vertige total», précise encore Mauffette l’air presque paniqué.Il explique que toute l’équipe se retrouve cette fois-ci sur une scène à l’italienne et que cela transforme radicalement le contact avec la salle.Comment faire partager l’amour des mots dans ce contexte?Comment faire de cela un happening poétique?C’est Jean Bard, le scénographe, qui a trouvé la réponse en proposant de transformer la scène en radeau.«C’est une troupe sur un radeau et j’ai tout de suite vu les tableaux impressionnistes que l’on peut tirer de cette mise en situation.Pour moi, ça fait tout de suite référen- JACQUES GRENIER LE DEVOIR ce au danger, à l’éphémère, et c’est ce que je veux.Je veux que les acteurs marchent sur une vitre.Qu’il n’y ait rien de confortable ici, rien de complaisant.» Du même souffle, alors qu’à l’extérieur des machines géantes papillonnent à qui mieux mieux autour du chantier, il tiendra toutefois à préciser que Dans les charbons n’est pas une pièce de théâtre pour club fermé ni une pièce de théâtre tout court, ni même un récital.Line question de «pacing» Durant toute la durée de l’entrevue, Loui Mauffette feuillettera ses notes, s’arrêtant soudain pour sortir chaque fois un nom, un commentaire mettant en relief l’implication profonde du comédien ou de la comédienne dans le processus d’élaboration du spectacle.Il n’a oublié personne, mais l’espace nous forcerai à résumer .de façon trop succincte tout ce qu’il a pu dire sur chacun des artisans qui l’accompagnent ici.Contentons-nous de dire qu’il l’a fait.Chaleureusement chaque fois.De cette nouvelle rêverie poétique collective, il dira encore qu’elle s’incarne cette fois-ci en un lieu, et que cela colore différemment le spectacle.«C’est un lieu un peu “Twilight Zone’’ puisque les textes renvoient finalement à l’essentiel, à la vie et à la mort, au spleen de l’enfance aussi.Au bout du compte, ce que je veux, c’est faire entendre la poésie puisqu’il n’y a pas de trame véritable dans le spectacle.Je veux que les gens se sentent concernés, remués, touchés, brassés jusqu’à la dernière minute.» Il précise aussi que les textes viennent vraiment de tous les horizons: on entendra aussi bien une chanson de Raymond Cloutier [Suite pour un truchement], tirée d’un show du Grand Cirque ordinaire, que des extraits de Réjean Ducharme ou de Jacqueline Barrette et d’une foule d’autres aussi.«Ce qui est important dam tout cela, c’est le rythme et le “pacing" des textes puisqu’on ne peut pas dire n’importe quoi après Marguerite Duras ou Paulina Vaskova, par exemple.Je me retrouve exactement dam la même position que mon père, qui passait des heures à refaire le “pacing” de ses émissions de radio.Lui, par exemple, faisait toujours jouer de la musique russe après une chamon de Félix.Moi, j'ai dû chambouler une bonne quinzaine de fois l’ordre des textes dam le show.» Loui Mauffette parlera évidemment de beaucoup d’autres choses et soulignera encore et encore en long et en large la participation de tout le monde à sa «folie».Long aparté, par exemple, sur Clara Furey, qui a construit la trame musicale du spectacle avec Michel Smith et qui chantera et dansera aussi, et «qui sait créer des silences et des moments de respiration profonde dans le spectacle».Il dira aussi l’importance qu’a eue ici son «frère» Dominic Champagne, du Théâtre II va sans dire, qui coproduit le spectacle avec le Quat’Sous et sa propre «petite compagnie de poésie», Attitude locomotive: «Ses commentaires, tout au long, ont été plus que précieux.» Et il lancera aussi, en terminant, un long coup de chapeau à sa patronne Lorraine Pintal, qui lui a laissé tout le champ libre pour laisser s’exprimer le «créateur amnésique» qui dormait en lui.N’empêche que cela fera tout drôle de le revoir au TNM dans quelques semaines.Le Devoir DANS LES CHARBONS Rêverie poétique à partir d’une multitude de textes lus par une multitude de comédiens réunis par Loui Mauffette.Une coproduction tripartite qui inaugure officiellement le Théâtre de Quat’Sous le 27 avril.À l’affiche jusqu’au 24 mai.les mes 4 SOIRS SEULEMENT! A TEXTE, MISE EN SCENE ET INTERPRÉTATION Marie Brassard SON ET MUSIQUE LIVE Alexander MacSween LUMIÈRES,SON ET MUSIQUE LIVE Mikko Hynninen 29 avril au 2 mai 09 « Marie Brassard est une ensorceleuse.Elle envoûte au premier regard, au premier mot.Sa voix posée, douce nous hypnotise.Ses histoires nous soulèvent.Quel charisme! On la suivrait n'importe où.» Ici.Montréal billetterie 514 521-44931 admission 514 790-1245 I www.admission.com Pour en savoir plus www.USINE-C.com UUsine c remercie ses partenairestiinsi que la Fondation Imperial Tobacco et Gaz Métro pour leur don “’qSocüs “ïsa Ê, .w -sr sw y‘ -* uustma! Q!*&« ns L Usine C remercie tout spécialement it/tï ¦mmfmmmèiMj» ^ ^ AvK ¦ Litoofic Pmiti fATfoct omis,myMLHAttdJAeMfNû miiapcouri lj/r^ pjieiiAçïùnr) d* CeTifefdëaM.: (Pudtvic- PpyinL», j)ulHîïïïïMBI^PPPH^ ÉONNACATA Sylvie Guillem I Robert Lepage I Russell Maliphant Sadler’s Wells (Londres) Trois artistes majeurs et magiques redonnent vie au personnage anticonformiste du Chevalier d’Éon.Une fascinante création où se chevauchent danse et théâtre.Place des Arts - Théâtre Maisonneuve 12 > 3 > 4 juin Première nord-américaine THE SOUND OF SILENCE Alvis Hermanis Nouveau théâtre de Riga Objet théâtral ébouriffant qui regorge d'idées poétiques drôles et touchantes, ce spectacle au charme irrésistible est présenté en ouverture de festival.Usine CI 20 > 21> 22> 23 mai y canadienne L’ORGIE DE LA TOLÉRANCE Troubleyn I Jan Fabre (Anvers) Le créateur flamand s'attaque aux animaux consommateurs que nous sommes devenus.Une œuvre sulfureuse à l'humour corrosif ! Usine C I 25 > 26 > 27 mai SINGULAR SENSATION Yasmeen Godder (Jaffa) Cinq lormidables interprètes administrent un puissant antidote à l'engourdissement du spectateur avec une danse convulsive et haletante, proche du rituel de purification.Place des Arts - Cinquième Salle I 21 > 22 > 23 mai montréalaise STUDIES IN MOTION Electric Company Theatre (Vancouver) Une éblouissante fresque théâtrale inspirée de la vie du photographe Eadweard Muybridge, considéré comme le • père du cinéma ».D.B.Clarke - Concordia I 28 > 29 > 30 mai Forfaits [3 spectacles et plus] encore disponibles Économisez de 15% à 40% sur les tarifs réguliers Centre Pierre-Péladeau 300, boul.de Maisonneuve Est S/4-844-3822 /-8éé-?24-3822 gras de ce genre de scandale.«L’audace de Narrower, précise Gabriel Arcand, c’est d’oser imaginer ce qui se cache sous la réalité que nous rapportent les journaux, au-delà du point de vue des avocats, des juges, des psychologues.Il donne aux deux protagonistes l’espace, le temps et le droit de s’exprimer, de s’expliquer», ce qui constitue, selon le comédien et conseiller artistique du Groupe la Veillée, la marque des grandes oeuvres dramatiques, de Shakespeare à Tchékhov.Voilà une histoire contemporaine, où l’auteur se garde bien de porter un jugement sur les personnages.Pour Catherine-Anne Toupin, la fable est troublante mais fort plausible.«À l’adolescence, quand on devient conscient de son corps, de son charme, du regard des autres, le sentiment d’amour qu’on ne contrôle pas mais qui est très fort nous pousse parfois vers des figures d’autorité, des gens plus âgés.» La comédienne et dramaturge (L’Envie, A présent) s’avoue ravie d’avoir été approchée par Arcand et le metteur en scène Téo Spychalski pour cette aventure, un premier passage au Prospero pour celle qu'on a surtout vue à La Licorne ou au Théâtre d’Aujourd’hui.«C'est un type de théâtre que je connais et que j’ai beaucoup joué depuis que je suis sortie du Conservatoire, un théâtre réaliste basé sur une intrigue solide, mais ici, on l’aborde autrement, analyse-t-elle.Ce n’est pas une approche psychologique; Téo travaille d’abord le son, le rythme des Catherine-Anne Toupin se joint Blackbird, de David Harrower mots, la musicalité du texte.C’est ensuite la tâche de facteur d’inscrire la logique émotionnelle du personnage dans cette partition.» La Vejllée a confié au jeune auteur Etienne Lepage le soin de traduire en français le texte de Harrower.«Il existe une version traduite en France, mais qui nous semblait bien loin du parler et de la sensibilité des gens d’ici», explique Arcand.La nouvelle traduction résulte d’un processus nécessaire et parfois ardu, fait d’essais et d’erreurs.Il est vrai que, si la langue originale use d’un vocabulaire simple et direct, l’écrivain écossais a pris plusieurs libertés avec la ponctuation afin de traduire le désarroi des JACQUES NADEAU LE DEVOIR à Gabriel Arcand, conseiller artistique du Groupe la Veillée, dans CONSERVATOIRE d’art dramatique de Montréal www.conservatoire.gouv.qc.ca COURTS UNIVERS ÉTRANGES à 20h, les 24, 25, 29, 30 avril, l* et 2 mai à 15h, les 26 avril et 2 mai Cinq courtes pièces contemporaines avec les finissants du Conservatoire Adaptation et mise en scène de Frédéric Blanchette .*,¥.„i.Théâtre du Conservatoire 4750, avenue Henri-Julien Laissez-passer disponibles au 514 873-4283, poste 236 • ;# Conâervatoire t de musique | i et d'art dramatique Québec ! Qî 7â.l />- Ier AU 9 MAI 2009 8e EDITION JAMAISLU.COM 514.844 1811 0 PATRO WS AUX ÉCURIES TNM Québec ni* Montreal^ Québec E" R|^ personnages tentant de mettre des mots sur l’indicible.«Ultimement, c’est de ça dont parle la pièce, déclare Gabriel Arcand; voici deux êtres déparés de leurs attributs sociaux et qui tentent de traduire en mots les forces en action entre les humains que la société est incapable de saisir dans ses codes et de classifier dans ses cases.» Son personnage se trouve à mille lieues des clichés associés aux pédophiles, il le décrit comme quelqu’un de «complètement franc, pudique, pas du tout vicieux».Se vider le cœur Selon Toupin, Ray et Una étaient tous deux dans un état de vulnérabilité et de manque lors de leur première rencontre: la jeune fille ne se reconnaissait pas dans les jeunes de son âge, alors que l’homme ne réussissait pas à s’épanouir.«Après leur courte liaison, le regard des autres a fini de bousiller encore plus ce qui restait de leur existence», raconte la comédienne, dont le personnage explique en un long monologue comment ses parents lui ont reproché d’avoir amené la honte sur leur famille, d’avoir brisé leurs vies.Si Una semble avoir voulu retrouver Ray 15 ans après les faits pour le confronter et l’accuser, on devine en elle des motivations plus souterraines, moins limpides.La jeune femme porte en elle une blessure amoureuse, et sa complainte ressemble souvent plus à celle de la maîtresse abandonnée qu’à celle de l’enfant abusée.Alors que, lors du procès, on ne leur avait pas permis de se voir ou de se parler, les amants de jadis vont recréer dans un lieu clos un espace intime où, enfin, ils peuvent se vider le cœur.L’écriture de Harrower s’avère exemplaire, selon Arcand.«Il réussit à traiter d’un tel sujet sans jamais jouer au racoleur, sans imposer une morale et sans tenter de faire passer un message.» L’auteur fut même surpris de recevoir, à la suite de la création de la pièce en Angleterre en 2005, des courriels de femmes lui confiant avoir éprouvé les mêmes sentiments qu’Una à l’égard d’hommes beaucoup plus vieux; certaines avaient même franchi le pas.Blackbird vient clore la saison « animalière» du Groupe la Veillée, après L'Heure du lynx et Cœur de chien.Cette plongée à deux dans les zones obscures risque de dérouter et de susciter bien des débats chez ceux qui se risqueront rue Ontario dès mardi prochain.Collaborateur du Devoir BLACKBIRD Un texte de David Harrower, traduit par Etienne Lepage et mis en scène par Téo Spychalski.Une production du Groupe la Veillée présentée au théâtre Prospero du 28 avril au 23 mai.Idée originale et direction artistique-( LOUI MAUFFETTE Assistance à la direction artistique-! FRANCIS DUCHARME Amicale collaboration < DOMINIC CHAMPAGNE : .NATHALIE BREUER PATRICE COQUEREAU SHAWN COTTON FRANÇOIS-XAVIER DUFOUR FRANCIS DUCHARME CLARA FUREY KATHLEEN FORTIN EMILIE GILBERT ANDRÉE LACHAPELLE ANTOINE L’ÉCUYER ROGER LA RUE EMILE PROULX-CLOUTIER ADÈLE REINHARDT ISABELLE VINCENT Joan Bard Carol© Castonguay Clara Furoy Gonovtèvo Lagacé Gabriel Pontbriand Michel Smith UNE CC JPKOOUCTION Où THÉÂTRE DE ÜUATSOUS ET OU THÉÂTRE IL VA SANS :xR£.EN C OLLABC tfATKJN AVEC ArtlTUOE L COMOÏVE , 27 avril au 24 mai 2009 514 845-7277 PRÉSENTÉ DANS LE NOUVEAU THÉÂTRE DE QUAfSOUS 100, DES PINS EST :::: t, ssfi** îre-s; !«• I" ' quatsous ii iiKYiini .com W .c n c I E I) K V 0 I.K S S A M K I) I 2 .r> K T I) I M A N (' Il E 2 II A V U I I.2 II II !l CULTURE DANSE Lock and roll.ISABELLE PARÉ Dans le studio baigné de lumière du Rialto sur,l’avenue du Parc, le pas lent d’Édouard Lock et son calme monastique tranche sur la vivacité des danseurs qui vrillent à deux pas comme des toupies.La fébrilité est dans l’air, alors qu’on s’apprête à fermer le parcours planétaire amorcé par Amjad il y a deux ans jour pour jour.Avec ses airs de grand adolescent en plein spleen, Édouard Lock, à 55 ans, ne trahit pas son âge.Ni celui de sa compagnie d’ailleurs, qui soufflera l’an prochain ses 30 bougies.Tandis qu’approche la dernière ù'Am-jad,, le 30 avril prochain, la bande d’Édouard Lock se trouve à un nouveau carrefour.Avec Exaucé/Sait en 1998, Lock a plongé tête première dans une exploration exacerbée de la technique sur pointes, poussée à l’extrême dans Amelia et Amjad, marquant un cap majeur dans l’histoire de La La Human Steps (LLLHS).Avec ce triptyque, dont le dernier volet évoquait radicalement les ballets romantiques Le Imc des cygnes et La Belle au dois dormant, LLLHS a balayé à jamais l’image androgyne incarnée à ses tout débuts par sa torpille-interprète à la crinière blonde, Louise Lecavalier.Maintenant, difficile de dire ce que mijote Éock, qui s’attaquera à sa prochaine création dès les prochains mois.«L’idée, c’est de rejeter ce qui a été accepté dans la pièce précédente, pour se propulser vers l’avant», affirme le chorégraphe, qui se fait timide devant la caméra.Sa prochaine création, Lock l’a déjà toute en tête, mais il n’en dit pas plus.«Il n’y a pas de raison défaire moins compliqué que ce qu’on fait déjà!» Le chorégraphe, qui a travaillé pour David Bowie et Frank Zappa, rabroue ceux qui estiment qu’il a rangé sa mèche rebelle au profit d’une esthétique plus classique.«Je n’ai pas été intéressé à explorer le ballet classique et son narratif mais seulement la technique classique, en raison de sa linéarité.Ce qui m’intéresse avant tout, c’est de brouiller ces lignes, par la vitesse ou par l’éclairage», plaide-t-il.D’ailleurs, il se réjouit d’avoir pu contribuer à démolir les remparts qui se dressaient entre le monde de la danse contemporaine et celui de la danse classique.«Quand j’ai commencé [en 1984] avec les ballets de Hollande, il n’y avait aucun dialogue entre le ballet classique et contemporain, il n’y avait même aucun respect! Aujourd’hui, les chorégraphes contemporains sont Le chorégraphe Édouard Lock invités par des compagnies classiques et vice versa.Les deux mondes se sont mêlés et c’est pour le mieux», défend-il.Le milieu de la nouvelle danse a longtemps pensé pouvoir faire table rase du passé.En partie parce qu’il y a peu ou pas de traces des créations passées, et très peu de notations chorégraphiques, pense-t-il.Lock affirme d’ailleurs que de 10 à 15 ans de son propre travail ont «disparu dans le néant».«On a présupposé qu’en dame, on pouvait créer sans aucune référence historique, mais c’est faux.Le ballet classique, on peut vouloir l’ignorer, mais c’est déjà reconnaître que ça existe.A l’inverse des autres formes d'art, il y a très peu de traces tangibles des chorégraphies, hormis quelques notes, des vidéos et le souvenir des danseurs.La danse vit une sorte de myopie face à l’histoire, alors que les autres formes d’art n'ont pas à composer avec cela», dit-il.Le désastre Dans l’escalier qui mène à la salle de répétition, la compagnie annonce des auditions prochaines, histoire de recruter de nouveaux interprètes pour sa création à venir.Une tâche ardue, car ne devient pas interprète qui veut chez Édouard Lock.«Des tonnes de danseurs maîtrisent parfaitement la technique classique.Mais ce n’est pas le plus important.Le profil du danseur de La La La est resté le même, beaucoup dans le genre de celui de Louise [Lecavalier], avec une véritable curiosité intellectuelle.La chose que je recherche, c’est le risque qu’une personne est prête à prendre pour justifier sa présence sur scène», dit-il.Mais ces danseurs intelligents, prêts à côtoyer l’extrê- JACQUES GRENIER LE DEVOIR me, il ne les a pas encore tous trouvés, alors que s’annonce un roulement dans la troupe avec la fin à’Amjad.Lock doit non seulement composer avec le départ de cette matière première, mais aussi avec un contexte politique qui fragilise l’avenir de sa compagnie.Il a décrié l’hiver dernier au Parlement canadien les politiques conservatrices qui coupent l’herbe sous le pied de compagnies comme la sienne qui tournent à l’étranger.«C’est désastreux pour la danse.Ce n’est pas une opinion, c’est un fait.Ça mine même les subventions que les compagnies reçoivent déjà, car on leur enlève littéralement l’argent qui est destiné à “mettre en magasin” les créations qu’elles produisent.» À l’heure actuelle, LLLHS reçoit plus d’argent en cachets et en fonds de coproducteurs étrangers que des trois ordres de gouvernement.Pas un pays au monde ne songerait un instant à l’investissement de sociétés étrangères dans sa propre culture, décrie Lock.«Exporter sa culture, c’est un signe de richesse, relance-t-il.Faire le contraire, c’est être une société en déclin.» Malgré tout, le fondateur de LLLHS ne songe pas un instant à l’exil.îyiontréalais jusqu’à la moelle, Édouard Lock, né au Maroc et fils d’immigrants, trouve ici une ville plurielle, exempte de la hiérarchie européenne, mais riche de valeurs qui tranchent sur le reste de l’Amérique.Une ville métissée, comme lui, et un brin rebelle et androgyne, à l’image de La La La Human Steps.Le Devoir APRÈS 2 ANS DÉTOURNÉE SUR 3 CONTINENTS, LES 3 ULTIMES REPRÉSENTATIONS m Place des Arts Québecss - présentent ua ua La Human stgps fliruaD Édouard Lock 30 AVRIL, 1, 2 MAI 2009 Salle Wilfrid-Pelletier i* fH i "'V' >DANSEDANSE.NET ^ Vidéo disponible pour visionnefnent C.HMHMMBK laplacedesarts.com 514 842 2112/1866 842 2112 Chrystal Pite, entre ombres et lumières ISABELLE PARÉ La chorégraphe canadienne Chrystal Pite revient à Montréal avec Dark Matters, une œuvre qui scrute en profondeur les chemins obscurs et troubles de la création.Ode au chaos qui précède et enveloppe le processus créatif, Dark Matters s’annonce comme une plongée en apnée au cœur même du quotidien de l’artiste, qui se nourrit de doutes, de peurs et d’incertitudes.Interviewée en pleine répétition pour Dark Matters, présenté en première mondiale hier soir au Centre national des arts d’Ottawa (CNA), Chrystal Pite était elle-même emportée par ce tourbillon dont se repaît sa nouvelle création.Après ces premiers pas au CNA, Dark Matters s’installera à l’Agora de la danse à Montréal dès le 29 avril et jusqu’au 9 mai.La chorégraphe et danseuse de la Colombie-Britannique qui a connu une ascension fulgurante depuis 20 ans (elle signe ses propres chorégraphies depuis l’âge de 13 ans) n’a pas à fureter bien loin pour créer sur le thème universel des affres de la création.Ces dernières années, elle a été chorégraphe associée au Netherland Dance Theater (NDT1), a créé des œuvres pour les prestigieux Ballett Frankfort, le Ballet national du Canada ainsi que le Cull-berg Ballet de Stockholm.Attirés par son style unique, alliant humour, audace et risque, les Ballets jazz de Montréal et l’Alberta Ballet ont aussi requis ses services, ainsi que de nombreux danseurs indépendants comme Naomi Stikeman et la fougueuse Louise Lecavalier.Arrêt sur pause Sa dernière œuvre, Dark Matters, créée pour sa propre compagnie Kidd Pivot de Vancouver, se présente comme une radiographie de ses propres pulsions créatives, venues d’on ne sait où, très souvent instinctives.«Dark Matters, ça veut dire que la noirceur compte vraiment.En astrologie, on a découvert récemment que la matière non visible a une très t*fk grande influence sur les astres et les planètes.Pour moi, la même vérité vaut pour la création.Ce sont souvent les choses invisibles qui comptent le plus et qui guident la création», affirme la chorégraphe de 39 ans, couronnée l’an dernier d’un Prix du Gouverneur général.À l’image de sa carrière en forme de comète propulsée sur toutes les orbites, Dark Matters fait l’effet d’une sorte d’arrêt sur pause, en forme de point d’interrogation.Lucide, la chorégraphe demeure très humble devant ce qui l’inspire et croit que la création ne naît que d’un certain inconfort.Élle cite John Patrick Shanley: «Le doute requiert plus de courage que la certitude.Car la conviction est un lieu de repos, alors que le doute est infini: c’est un exercice passionné.» «J’ai tellement vécu cet état ces dernières années.Cette pièce est à l’image de moi.On crée sans savoir, en tâtonnant dans le noir.C’est un sentiment très effrayant, mais je crois qu’il faut vivre avec le doute et l’accepter pour pouvoir créer», ajoute-t-elle.Vertus de l’insondable En cette ère où l’information continue fait office de rempart contre l’adversité, Dark Matters chante les vertus de l’insondable.Sur une trame sonore électronique signée par Owen Belton et des images de Chris Randie, cette œuvre jumelle de ses pièces précédentes, Matter of a Maker (Cullberg Ballet, 2008) et Fault (Kidd Pivot, juin 2008), s’annonce à l’image de sa créatrice: un parfait mélange de rigueur et d’intelligence, ponctué d’audace et d’imagination.Le Devoir DARK MATTERS Chorégraphie de Chrystal Pite pour Kidd Pivot A l’Agora de la danse, du 29 avril au 9 mai.RHYMING COUPLETS de Thea Patterson ~ Ski ECHOLOGUE de Julian Barnett i I* et 2 mai 2009 à I9h30 30 avril, i 61 ^ ch 3 mai 2009 a I6h Danse contemporain6 Tang®nte i i Danse v U- www.tangente.qc.ca 840, rue Cherrier, Montréal E3 Sherbrooke Billetterie: 514.525.1500 iiMontréal Réseau Admission: 514.790.1245 i k LEMIEUX.PILONvfV 4D ART NORMAN (HOMMAGE À NORMAN MCLAREN) ni MICHEL LEMIEUX.VICTOR PILON n PETER TROSZTMER 29 ET 30 AVRIL, À 20h 1, 2 et 5 au 9 MAI, À 20h MATINÉES 2 ET 9 MAI, À 15 H TARIF RÉGULIER : Régulier 35 $* SE CINQI ‘Taxes incluses.Frais de service en sus.LA SERIE CINQUIÈME SALLE laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 I.E I) E V 0 I li A V 11 I I.2 (I 0 !) E (i I.E S S A M E I) I E T I) I M A X < Il E 2 (I CULTURE JAZZ La saga de Kansas City SERGE TRUFFAUT Dans le marché de la réédition se côtoient, grosso modo, deux familles.Celle qui rassemble les albums enregistrés il y a des lunes par des musiciens pour le bénéfice de Prestige.Blue Note, Riverside et autres étiquettes.Puis celle qui s’emploie à choisir et à regrouper des pièces partageant entre elles un dénominateur commun.Au sein de cette dernière, deux labels se distinguent par la qualité sonore, le soin apporté à l’iconographie, la richesse des textes et surtout l’inventaire des pièces proposées.De qui s’agit-il?Fré-meaux & associés et Saga.Depuis peu, cette dernière présente un stock très impressionnant de CD consacrés aux blues oubliés, aux origines du genre, aux grands moments des années 30,40 et 50.Aujourd’hui, on va s’attarder à Kansas City lorsque cette ville était entre les mains des frères Pendergast.Quand l’un des deux était maire, l’autre était le maître des clubs, etvice-versa.Toujours est-il que cette production intitulée Kansas City -Jumping the Blues from 6 to 6, c’est.c’est l’art de Count Basie et de Jay McShann, la voix de Big Joe Turner et de Jimmy Rushing, les saxos de Buster Smith et de Don Byas, les trompettes de Hot Lips Page et de Harry Sweet Edison.C'est donc très chaloupé, très swing.C’est également le blues râpeux de l’har-moniciste George Smith et d’Harmonica Smith.Entre autres qualités, ce Jumping the Blues est un antidote à l'ennui.Mais il a surtout ceci: c’est sympathique.C’est drôle.Même lorsqu’il est question de «I woke up this morning/My bed was empty / And make me feel empty».Le prix?19 $.Ça vaut son pesant d’or.En rafales ¦ Avis à la population, et plus exactement aux adolescents.Ceux qui souhaitent participer au camp de blues organisé dans le cadre du prochain Festival de jazz de Montréal doivent passer des auditions.Quand?Aujourd’hui et demain entre 9h et 17h.Où?A l’école Marguerite-De I njcmme-rais, située au 5555 de la rue Sherbrooke Est, angle De L’Assomption.Le camp de blues se tiendra au cégep du Vieux-Montréal du 6 au 12 juillet.KANSAS CITY JUMPING THE BLUES FROM 6 TO 6 ¦ Depuis peu, le nouveau film de Bertrand Tavernier, In the Electric Mist, est disponible en DVD.Il s’agit d’une adaptation d’un roman signé par l’immense James Lee Burke et publié en français par Rivages.Toomy Lee Jones campe Dave Robicheaux, le héros de Burke.Cela dit, Buddy Guy ainsi que Levon Helm sont de la distribution.Et alors?Entendre Guy jouer du zydeco est un plaisir constant d’au moins trois minutes.¦ Il y a une quinzaine de cela, le sujet de la présente chronique s’appelait Bud Shank.Par courriel interposé, un lecteur de Québec demandait que l’on fasse des suggestions.Après une petite recherche, on conseille vivement de fouiner sur le site d’Amazon.com car l’éventail d’albums neufs et d’occasion est beaucoup plus impressionnant que celui en magasin.Cela pré-' cisé, on a noté que des copies de la rencontre de Shank avec Bill Perkins, Country Boy, étaient disponibles.¦ Ije Centre Segal des arts de la scène propose une nouvelle série consacrée au jazz.Demain soir, le big band de la flûtiste et saxophoniste Jennifer Bell, soit l’Altsys Jazz Orchestra, occupera la scène.Où?Au 5170 du chemin de la Côte-Sainte-Catherine à compter de 20h.Le prix?20 $, ou 15 $ pour les étudiants et les vieux.¦ Gros rappel: les 1" et 2 mai, l’ensemble de Normand Guil-beault lancera son nouvel album consacré à l’œuvre de Charles Mingus sur étiquette Ambiances magnétiques au Upstair’s.A noter que cette production devrait être en magasin le 5 mai.¦ Amen! Le saxophoniste Hank Crawford est décédé à l’âge de 75 ans.Avec David Fathead Newman, il était le souffleur favori de Ray Charles.C’est d’ailleurs avec Crawford et Newman que Charles a enregistré ses plus grands succès.Snif! Le Devoir MUSIQUE CLASSIQUE Le printemps de Mailler Nouveau disque de POSM et de Kent Nagano, concerts de Claudio Abbado en vidéo, nouvelles éditions des partitions et, pour couronner le tout, une intégrale à Carnegie Hall, partagée entre Daniel Barenboim et Pierre Boulez entre le 6 et le 17 mai.L’engouement autour de la musique de Gustav Mahler ne faiblit pas.CHRISTOPHE HUSS Les wagnériens vont à Bayreuth.Il faut attendre dix ans pour avoir un billet, c’est loin et il y a un risque sur deux de tomber sur un spectacle médiocre, Mieux vaut être mahlé-rien.A 600 kilomètres d’ici, à New York, un joyau méconnu de la planète musicale, la Staats-kapelle de Berlin, vient, sous la direction de deux stars, donner une intégrale des symphonies de Mahler.Cela se passe dans deux semaines, du 6 au 17 mai.Et il reste des places.Mais le bouillonnement mah-lérien qui saisit la planète musicale depuis cinquante ans maintenant n’a fait que s’amplifier au cours des vingt dernières années.La preuve?Lorsque l’OSM se produira mardi prochain à Paris, ce ne sera pas avec la Fantastique de Berlioz mais avec Le Chant de la Terre de Mahler, programme d’un nouveau disque paru le 6 avril en Europe et qui ne devrait pas trop tarder à paraître ici.Un infini renouvellement Mahler est devenu le mètre étalon, utilisé par les orchestres et les chefs pour se présenter aux yeux du monde.Kent Nagano et l’OSM sont rentrés dans ce circuit, comme d’autres avant eux.Dans les trois dernières saisons, avant l’intégrale partagée dans quelques jours entre Daniel Barenboim (Symphonies n° 1, n° 5, n° 7, nc 9, Chant de la Terre) et Pierre Boulez (Symphonies n°2, n°3, n°4, n° 6 et «° S), les orchestres de Philadelphie, de Chicago, de Cleveland, de San Francisco, de Berlin, d'Amsterdam, de Leipzig, de Hambourg, ainsi que l’Orchestre du Festival de Lucerne et le Philharmonique d’Israël se sont tous présentés à Carnegie Hall dans une œuvre de Mahler.Le corn- Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin > v v rt* La Finlande de Sibelius Thomas Sondergârd / chef invité Caroline Chéhadé / violoniste Jean Sibelius Scènes historiques I, op.25 Concerto pour violon Symphonie n° 1 Une présentation de RioTinto Alcan Partenaire du programme « Jeunes Mélomanes en devenir * L'OM remercie pour leur appui Lundi 4 mai 2009,19 h 30 Salle Wilfrid-Pelletier Conférence préconcert gratuite à 18 h 30 Québec"" Imprimeur officiel & Paragraph Ç883 Canada Council Conned des Arts CONStIL DES ARTS çlu-, for the Arts du Canada 1)1 MONTRÉAL Patrimoine Canadian canadien Heritage Hôtel officiel S O F I T E L LE 514.598.0870 orchestremetropolitain.com ©laplacedesarts.com 514 842 2112 /1 866 842 2112 Daniel Baremboim aux commandes de la Staatskapelle positeur a été ainsi dirigé dans cet endroit, lors des trois dernières années, par Christoph Es-chenbach, Pierre Boulez, Zubin Mehta, Riccardo Chailly, Christoph von Dohnânyi, David Robertson, Michael Tilson Thomas, Franz Welser-Most, Simon Rattle, Mariss Jansons, Bernard Haitink et Charles Dutoit! L’orchestration de Mahler est celle d’un grand praticien de l’orchestre.On rappellera que Mahler composait pendant ses vacances, son occupation principale étant celle de chef d’orchestre.L’infinie richesse de l’orchestre mahlérien, la complexité architecturale de structures souvent évolutives, titille l’imagination et permet un éventail Jarge d’interprétations.A la possible «radiographie orchestrale» se greffe un univers plus ou moins fantasmé sur l’esthétique du bouillonnement artistique viennois du début du XX' siècle.Il était évidemment emblématique pour Claudio Abbado d’associer à son intégrale Deutsche Grammophon des tableaux de Klimt.Le fait de faire ressortir de plus en plus de détails orchestraux et d’imaginer de manière un peu doucereuse la Vienne de l’avant-Première Guerre mondiale a amené dans l'interprétation mahlérienne des deux dernières décennies du XX siècle un certain ralentissement des tempos, des poses et des tics.La tendance actuelle est de garder les détails, mais de revenir à plus de sobriété et à plus d’implacabilité dans la progression musicale.Le «nouvel Abba- do» (phénix qui dirige, amaigri mais rescapé de la maladie, depuis 2001), Barenboim, Boulez, Gielen et, plus récemment, le Hongrois Ivan Fischer sont les champions de ce Mahler sans sucre, ni miel.Riccardo Chailly, également, y est venu progressivement à la fin de son intégrale (Symphonies n° 1, n 3, n° 5, n° 8 etw°9).Tendances et modes Si les années 90 ont été celles de la «profondeur», celles où la musique de Mahler incarnait toute la douleur du monde, les années 2000 ne sont pas seulement celles d’un revirement allant vers l’éclaircissement; elles sont marquées par des modes.La première est, dans Le Chant de la Terre, l’emploi d’un baryton en lieu et place d’une chanteuse.Oubliée pendant 55 ans, cette solution de rechange a été utilisée pour complaire à Dietrich Fischer Dieskau au milieu des années soixante (enregistrement Decca avec Bernstein).Mais une fois l’événement passé, Fischer Dieskau ne s’est pas trimbalé partout avec «son» Chant de la Terre, contrairement à ce que fait Thomas Hampson depuis une quinzaine d’années.L’accaparement de l’œuvre par Hampson a donné des envies à d'autres barytons, dont Christian Gerhaher dans l'enregistrement Nagano.L’autre grande marotte du moment est l’interversion des deux mouvements médians de la 6' Symphonie.Mahler avait pratiqué cette interversion lorsqu’il dirigea l'œuvre.On joue mainte nant le mouvement lent en se- présente LE JEU DE L’INVENTAIRE Pour les 60 ans du Refus global, une œuvre poétique et musicale de Michel Garneau et Michel Longtin Jean Maheux comédien Alexis Martin mise en scène 7, 8 et 9 mai 2009 20 h Espace Dell’Arte 40, rue Jean-Talon Est 25 $ -15$ [étudiants/eînés] 514-490-9613 www.pentaèdre.corn Sir MONIKA RITTERSHAUS conde place, le scherzo en troisième, ce qui ne fait musicalement et dramatiquement guère de sens tant la succession du 1er mouvement et du dantesque scherzo est nécessaire à une sorte d’épuisement psychologique qui permet au mouvement lent d’éclore.Une fois sur le podium, Mahler n’a peut-être tout simplement pas supporté la noirceur absolue de ce qu’il avait écrit.Mais c’est bel et bien ce qu’il avait écrit.Le grand prophète de ce «mahlerly correct» est Reinhold Kubik, nouveau responsable des éditions des partitions de la Société Mahler à Vienne.C’est lui qui s’est battu pour l'inversion des mouvements et a édité de nouvelles partitions des 5' et ?Symphonies, où le changement le plus notable est la dynamique de la dernière note (un pizzicato) du 11 mouvement de \a5' Symphonie, qui passe de forte à piano.Plus important le changement plébiscité par Sander Wilkins et Reinhold Kubik dans la 1" Symphonie: désormais il est «tendance» de faire jouer le thème du 3' mouvement par toutes les contrebasses, plutôt que par une seule.Nouveautés Les interprètes en train de constituer une intégrale mahlérienne sont Ivan Fischer, David Zinman et Valery Gergiev.Le Russe est fort inégal et souvent velléitaire; Zinman étonne par sa timidité, sauf dans une excellente 6 Symphonie.Par contre, tous les enregistrements d’Ivan Fischer (n° 2, n° 4, n° 6) sont des références.En vidéo, certains enregistrements de Claudio Abbado à Lucerne — la 3' et la 9 Symphonie, pour être précis — sont exceptionnels.De l’intégrale Boulez, réalisée avec divers orchestres, se démarquent les Symphonies n° 1, n° 3 et «° 8.Quant à Daniel Barenboim, il a réalisé pour Warner dans les quatre dernières années deux miraculeux enregistrements des Symphonies n° 7et n° 9.Le CD Mahler (Le Chant de la Terre) de Kent Nagano arrive après un excellent Das Klagende Lied chez Erato, une 3 Symphonie peu mémorable chez Teldec et une 8 Symphonie d’une surprenante profondeur chez Har-monia Mundi.L’enregistrement, qui devait se faire en public en janvier 2009, est une saga en soit: programmé avec le ténor lithuanien Edgaras Montvidas, Le Chant de la Terre a été donné finalement avec Stuart Skelton, que j’avais trouvé «assez fruste», ne sachant pas comment le disque va pouvoir «égaliser cela».Le disque n’a pas égalisé: l’OSM a enregistré le lendemain la «bande orchestrale» des lieder I, III et V (ceux avec le ténor), sur laquelle Klaus Florian Vogt est allé plaquer sa voix en studio à Munich un mois plus tard.Le subterfuge est presque parfait, et Nagano a eu une intuition phénoménale en engageant celui qui chanta Lohengrin sous sa direction.Vogt, à la voix haute et claire, puissante mais élégiaque, est «le» ténor de la discographie des vingt dernières années.Comme au concert, on a l’impression que le baryton Gerhaher se réserve pour l’adieu final, mais ce CD est la première grande réussite OSM-Nagano au disque.Le Devoir Z i c I , C PS** c 86 DISQUE ¦ f- l> K V «Il It .L K S S A M K I) I ^ f.K T I) I M A V ( Il E 2 li A V K I I 2 (I (I !l CULTURE Jean Leloup offre Mfïfe excuses Milady JACQUES GRENIER LE DEVOIR «C’est mieux d’être un être humain avec le livre ouvert qu’une rockstar à lunettes fumées», lance Jean Leloup, parlant de son dernier opus, Mille excuses Milady.SYLVAIN CORMIER Ça fait une grosse heure et demie qu’on parle.De Mille excuses Milady, son nouvel album.De ce qui s’est passé à Québec l’été dernier.De son idée sur les bourgeois, qu'il qualifie de «sardines nazies» dans le grand texte de douze pages qu’il signe dans le livret.De sa théorie sur la perte du rythme chez les Québécois.De son bonheur retrouvé de la guitare acoustique, rapport à deux guitares d'artisan, genre gitan, qui ont rouvert les vannes de la création.De Che Guevara et de Blanche-Neige.Des nostalgiques de Led Zep et des nostalgiques de Leloup.Etc.Le flot Leloup C’est comme chaque fois avec Leloup: le fil du discours plus qu’échevelé, çà et là des fulgurances, une candeur d’enfant dans le désir de tout dire, un cerveau franchissant constamment le mur du son.A un moment, je lui dis que ça ne sera pas de la tarte aux myrtilles, de refaire le chemin pour le papier dans Le Devoir, en trois-quatre feuillets serrés.A ces mots, il y a un silence.Ding silence.leloup, interloqué, me regarde comme la petite Lucie devant la Vierge à Fatima.Finalement, il s’exclame.«Oh my God! j’avais jamais pensé à ça.Ça fait 25 ans que je donne des jobs de fou aux journalistes! Je viens de comprendre que devant moi il n’y a pas juste quelqu’un comme moi qui a le goût de parler de musique, mais quelqu’un qui doit rendre un papier! My God!» Eh! Je lui dis qu’en effet, c'est plus simple avec Vi-gneault, ou Rivard.Ils ont conscience du destinataire: le lecteur.Avec Leloup, c’est advienne que pourra.Tous les chemins sont bons, et la destination sans importance.«Je suis pas capable d’être autrement.Aujourd’hui, c’est censé être de la promo.Je le sais, mais je l’oublie quand on se parle.Ça devient une aventure.Ça bouillonne, je décortique à l'infini, pour chaque question que tu me poses, ça pourrait faire 200 pages.» Impossible d’endiguer le flot.«C’est une sorte d’autisme, non?Ça fonctionne à toute vitesse en dedans, et ça sort incompréhensible.Une question, ça me met dans un état pas possible, si tu savais!» Et il fait le lien: ça se , passe de la même façon quand il crée.Une aventure.Pas de plan de match.«Sur cet album-là, y a pas une chanson qui a été faite pour faire une chanson.C’est impossible, pour moi, une commande.Quand j’ai essayé, par le passé, c’était forcé.Là, ça fonctionne parce que c’est plus une obligation.Je prends ma gui- tare, je joue, et puis des fois ça se met à résonner dans ma tête et des mots viennent.Je ne réponds pas à des attentes.Plus jamais, les attentes.» Plus jamais, comprend-on, ne verra-t-on Leloup jouant ses succès d’hier et d’avant-hier dans un Colisée de Québec.«Je refuse désormais d’aller rechanter des tonnes pour faire revivre à des gens leur jeunesse perdue.C’est pour ça les Mille excuses Milady, c’est pour dire que je suis désolé, mais que je continue à vivre.Essayer de faire plaisir au monde en lui donnant ce qu’il veut, c’est peine perdue.Ceux qui ont eu leur adolescence quand j’ai sorti Les Fourmis, ils veulent Les Fourmis.D’autres, selon l’âge, c’est L’amour est sans pitié.Bordel! Ten finis plus!» L’émotion à fleur de peau Mais à qui veut l’aventure au présent, il donne tout Sans réserve, sans retenue.Le grand texte qui prend la place des paroles de chansons dans le livret est une sorte de séance publique chez le psy.Extraits: «D’abord, tous mes voyages courageux je les fais pour guérir de ma maladie: la peur.[.] J’ai peur de la mort, de la douleur, je braille et emmerde tous et toutes à la moindre désillusion [.] j’angoisse dès que je sors de chez moi, j’hésite devant la douche dès que c’est un peu tiède plutôt que chaud parfait, j’ai toujours besoin de fumer pour tenir [.] SVP, ne me regardez pas en vous demandant si je vais encore péter les plombs, ça me gêne.» Ce ton-là.Et des colères, aussi.Rien à cacher.Rien à cirer.«J’ai écrit ça d’une claque en pensant bêtement: tiens, ça fait longtemps qu’on me demande ce que je pense, ben je vais l’écrire.Mais là, je comprends que ça peut susciter des questions supplémentaires.C’est pas grave, c’est mieux d’être un être humain avec le livre ouvert qu’une rock star à lunettes fumées.» Le disque joint au livret témoigne pareillement de ce parti pris de transparence.Ouste le second degré, au moins trois chansons sur quatre.Et bonjour l’émotion à fleur de mots.Les moments parfaits, Recommencer, Hiver, Le Grand Héron, autant de chansons-confessions, autant d’accès privilégiés à Leloup.Certes se permet-il de ca-botiner à deux ou trois occasions, soupapes nécessaires (Laisse-toi haller, Célérats), mais l’album est une main tendue.Leloup tout nu.«Je préfère toujours recommencer / Faut-il tellement aimer pleurer», chante-t-il dans Recommencer, bouleversant Qui plus esf les chansons coulent de source, se chantent sans effort, aussi naturellement qu7 Lost my Baby.Son meilleur disque?Je ne sais pas encore, mais certainement son plus palpable.«Je me reconnais.C’est moi.» Le Devoir MILLE EXCUSES MILADY Jean Leloup Roi Ponpon - Grosse Boîte - Sélect « C’est pour ça les Mille excuses Milady, c’est pour dire que je suis désolé, mais que je continue à vivre.Essayer de faire plaisir au inonde en lui donnant ce qu’il veut, c’est peine perdue.» C^Hydrq Québec présente festival Orford 2009 L'ENSEMBLE ROBY LAKATOS MARC-ANDRÉ HAMELIN LES VIOLONS DU ROY CANADIAN BRASS OLIVER JONES ISABEL BAYRAKDARIAN JUILLIARD STRING QUARTET L'ENSEMBLE ROMULO LARREA ORCHESTRE DE LA FRANCOPHONIE CANADIENNE ET PLUSIEURS AUTRES ABONNEZ-VOUS ET PROFITEZ DES RABAIS! 2009 du 19 juin au 15 août www.arts-orford.org | réservation: 819-843-3981 11-800-567-6155 ri WATSON SUITE de la page E 1 écrire des chansons piano-voix», raconte Watson, qui a récemment composé la bande originale du film C’est pas moi je le jure!, dont on peut retrouver sur Wooden Arms la magnifique pièce Man Like You.«J’avais envie d’essayer de faire de la musique comme celle des cartoons de la Warner Brothers des années 1940, comme dans les vieilles émissions de radio où on reproduisait les sons des pas quand les personnages marchaient.» L’album Wooden Arms, jusque dans son litre, fait de nombreuses références à la nature, références autant littéraires que musicales.«La tournée a été dure vers la fin, mais les voyages, ç’a été magnifique», raconte Robbie Kuster.Comjne croiser le désert, au sud des Etats-Unis, où atterrir en Islande.Le groupe a d’ailleurs enregistré sur cette terre du Nord, avant de faire la même chose en France et à Montréal «Les humains ne sont pas si intéressants, raconte Watson.Enfin, ils sont intéressants, mais je ne retire pas tant d’eux; j’aime voir des arbres, l’eau, c’est plus inspirant.» Cet esprit à la fois brut et pur, proche des paysages islandais, est beaucoup porté par les nombreuses lignes de cordes.Wooden Arms en devient presque symphonique, enfin, aussi symphonique que pourrait l’être un orchestre dirigé par Tom Waits.«Ça amène tellement de possibilités, insiste Kuster, on peut les faire jouer avec leurs archets à l’envers, comme on a fait sur Machinery of the Heavens; tu peux vraiment rechercher plusieurs couleurs.» Watson fait un peu la moue.«Tu sais, il y avait déjà beaucoup de cordes sur le dernier disque aussi.» Derrière lui, sur le sofa, Simon réplique.«Ouais, je pensais à ça aussi, mais on dirait que maintenant elles ressortent plus.» Watson replace sa casquette et opine.«C’est une question d’arrangements, we got a little better in thaï Le Devoir WOODEN ARMS Patrick Watson Secret City Records En spectacle à La Tulipe le 29 avril mm PLUS 0 UNE SÜHINTWNE LES EIENEMENTS4K2» fusion 201, mÜTm MisoMimE im «mu» ?Spectacle d'ouverture présenté par '1 j France 2 AOÛT France première partie: STÉPHANIE LAPOINTE 7 AOÛT Spectacle de clôture^ j py ji TENDANCES Ç VIDEOTRON 19 h CLUB SODA TiT/ «olnxM'O àu Q-a mH première partie: LUOO PIN France 7 AOUT 21 h MEÏROPOUS LES NUITS focus ARTHUR H EfsHTc m/jm SJRIUSl T0U1 EN CHLNSON nxonr* 20U0 KOKUU Situ 01U MIISGII DU FESIIML S3F a«- t?FRANCOFOLIES.COM BILLETTERIE CENTRALE mItropous 59, rue Sainte -Catherine Est saut pour la spectacles 514 908-9090 - tickctpro.cn présentés à la Place des Arts PLACE DES ARTS NOUVELLE SALLE DE LA CLUB SODA 514 842-2112 MAISO DU FESTIVAL 514 908-9090 laplacedesarts.com 514 908-9090 - ticketpro.ca ticketpro.ca RENSEIGNEMENTS INFO-FRANCOS sgj VIDÉOTRON SM B7B-BBBU 1BBB444-9IM francofoHoi.com SpKtadn à prit FrancoFous iprii W[4,14,S)S>13,5021 ’OHS I tf Mum it freit diMMntiN BÉNÉFICIEZ D'AVANTAGES AVEC LE PROGRAMME DE RÉCOMPENSES VISA DES)ARDINS AU 1 877 BILLETS LOTO LttiouruM !L Gmariïï 0 IX's|.lrdlns Qf'aMm •i çÇ «t».rss; ’ i«on.„.t Mnntrem® Québec"" iN*# ¦hï-.-c « çm c ztmmCj.c • ,C C.,»'» I K I) K V 0 I R .L E S S A M E I) I 2 f> K T I) I M A X C II E 2 (1 A V R I I 2 (I (I II E 8 EXPOSITION Des travailleurs qui font image WORKING IMAGES Dazibao 4001, rue Bern, espace 202, jusqu’au 30 mai MARIE-EVE CHARRON Le monde du travail et ses travailleurs est le thème retenu par Carole Condé et Karl Beveridge, duo à qui le centre Dazibao a confié le commissariat de son annuelle Carte grise.Sans surprise, l’exposition collective concoctée par les artistes basés à Toronto jette son dévolu sur un sujet qu’ils explorent eux-mêmes depuis plus de 30 ans à travers une pratique dont le photomontage est la principale voie d’expression.Selon les commissaires, le contexte de la mondialisation vient exacerber le rôle de la représentation du travail dans la définition des identités culturelles et sociales.Aussi l’exposition se présente-t-ellè comme un aperçu des représentations du travail dans les arts visuels contemporains, que l'on pourrait croire, à tort, peu nombreuses, et de la manière dont les artistes abordent les enjeux sociopolitiques qui sont liés au monde du travail.Parmi les œuvres des six artistes retenus par les commissaires, l’approche documentaire plus traditionnelle côtoie celle du photomontage mettant à contribution des mises en scène avec des figurants.Prise dans son ensemble, la sélection enga- ge toutefois peu de croisements stimulants ou de révélations réciproques entre les œuvres.Bien que fascinante par son thème, l’exposition va dans plusieurs directions, ne parvenant alors qu’à effleurer sa prémisse.Aussi, malgré quelques œuvres fortes et des signatures notoires, Allan Sekula et Susy Lake par exemple, l’exposition Working Images laissera sans doute le spectateur sur sa faim.Manufactures textiles et champs agricoles Du travail, les œuvres chez Dazibao dépeignent les réalités industrielles et manufacturières.Les images s’arrêtent donc sur un monde physique, plus palpable en cela, qui donne à voir justement des travailleurs dont les corps s’adonnent à leur tâche.Les espaces de travail eux-mêmes font aussi l’objet d’une attention, ceux-ci étant tout aussi déterminants dans la caractérisation du labeur et de son impact sur les corps.En s’arrêtant aux réalités, disons, matérielles du travail, ce sont aussi les effets de la mondialisation sur la transformation du travail (déréglementation des marchés, délocalisation du travail, mobilité de la main-d’œuvres) que les projets réunis abordent.Les aciéries de Hamilton observées par James Williams ont donné lieu à quatre photographies noir et blanc affichant les infrastructures avec leur caractère froid et rigide.Le point de vue frontal de la caméra et les | s* présente ANNIVERSAIRE D 1 A M ASN T -A T-I-VfcJAV/M.2008’2009 SÉRIE TOPAZE Gnqjjième Salle de la Place des Arts Dimanche 26 avril 2009,15 h 30 QUATUOR BOREALIS PROGRAMME • BEETHOVEN, Quatuor en sol majeur, op.18, n° 2 • RESPIGHI, Quatuor à cordes "Doric" • GRIEG, Quatuor en so/ mineur, op.27 Billets : 30 î, 15 $ (étudiants) (taxes et redevance en sus) En vente à la Place des Arts : 842-2112 Renseignements : Pro Musica, 514-845-0532 Québec S S iii Scena Uiistrnli* y NhC4 LA PRESSE ¦X laplacedesarts.com Air 514 842 2112/1 8R6 842 2112 FESTIVAL MUSIQUE DE CHAMBRE MONTRÉAL DENIS BROTT .DIRECTEUR ARTISTIQUE Anton Kuertï Jean Marchand André Laplante Quatuor Guarneri Rachel Barton Pine David Jalbert Florence K • Socalled Jonathan Crow • Oliver Jones Quatuor Claudel-Canimex Ivo Janssen • Torngat Lara St-John • Nathalie Paulin Paul Merkelo I DU 1er AU 30 MAI 20 09 fi; Devoir MUSIQUE.DANSE.THÉÂTRE.FILM ET PLUS INFO/RÉSERVATIONS : (51 4) 848.9696 OU (51 4) 489:3444 reservations@festivalmonlreal.org • v/ww.lestivalmontreal.org DU 1er AU 30 MAI 2009 ÉGLISE ST-JAMES I ST JAMES UNITED CHURCH ¦ 4SÎ SAINTE-CATHERINE 0UESTIWEST L» SÉRIE CHAMBER ROCK I THE CBRMBIll ROCK SERIE! • IR SALA ROSSA.«Il «OUI.SUAURENt BLVO WSffî -reitscon.isr.music DAZIBAO West Meets East, une collaboration de l’artiste Loraine Leeson avec un enseignant et ses élèves d’East London.portraits de travailleurs intégrés à l’image créent une mosaïque où les ouvriers et leur contexte de travail ne font qu’un.L’imbrication des portraits aux structures cherche peut-être à montrer le visage humain de l’industrie.Toutefois, la systématisation de leur présentation fait oublier la singularité des individus, insistant plutôt sur leur aliénation.Le projet de Williams sur l’industrie de l’acier est plus vaste; la sélection présentée chez Dazibao ne permet pas cependant d’en connaître la profondeur et d’apprécier le degré d’engagement de l’artiste.Ce sont d’ailleurs les projets issus de la rencontre des artistes avec des communautés de travailleurs qui semblent intéresser les commissaires, eux-mêmes actifs de cette manière dans leur pratique.Les trois séquences photographiques de Julie Fau-bert, Dirty Windows (2006), montrent des manufactures textiles, lesquelles, à Montréal entre autres, mais ce n’est pas précisé, perdent de leur vitalité.Faubert porte son regard sur le phénomène de fermeture de ces manufactures dont les artistes finissent par occuper les espaces laissés vacants, à l’exemple de la Fashion 2008 - 2009 la presse saison PUsirs iiA-ÇilAis Lê Pas'tê éAô la Piraté Dimanche 3 mai 2009, 19h30 Partageant fougue et passion, l’Ensemble Caprice et le Studio nous transportent au Grand Siècle, à l'apogée du Baroque français.Au programme, quelques grands motets et des suites d’orchestre de Campra et de Rameau.Solistes, choeur et instruments En co-production avec Ensemble APRICE Église Saint-Léon-de-Westmount, 4311 de Maisonneuve Ouest www.smam-montreal.com T: 514-861-2626 LE DEVOIR Québec nn «K» ESPACE LE KITWAl J?!' musique lanaudiere Constantinople * De la musique byzantine du 12e siècle à une fusion unique de la tradition soufie et de l’électronique en passant par la grande période de la musique classique ottomane INVITÉS: LE DJ MERCAN DÉDÉ, LE MAÎTRE PERCUSSIONNISTE TURC MISIRLI AHMET, L'OUDISTE GREC KYRIAKOS KALAITZIDIS ET LA DANSEUSE DERVICHE TANYA EVANSON.B LA SUBLIME PORTE 1000 ANS DE MUSIQUE EN HOMMAGE À CONSTANTINOPLE MONTRÉAL QUÉBEC OTTAWA JEUDI 7 MAI 20H : SALLE PIERRE MERCURE 300 EST DE MAISONNEUVE, MÉTRO BERRI-UQAM BILLETS: 514.790.1245 / 514.987.6919 VENDREDI 8 MAI 20H : PALAIS MONTCALM BILLETS: 418-641-6040 / 877-641-6040 DIMANCHE 10 MAH4H : CANADIAN TULIP FESTIVAL BILLETS: 613.599.3267 / 613.567.5757 Plaza, rue de Gaspé.Ce rapprochement est, tout au plus, suggéré dans les images qui, au demeurant, se parent de mélancolie.En plaçant à côté l’œuvre West Meets East (1992), les commissaires encouragent un lien avec l’industrie textile.L’image sur la bâche de vinyle qui constitue l’œuvre hybride les motifs d’un tapis à une machine à coudre.Les mains d’une couturière y assemblent un jeans et un costume traditionnel indien.Cette rencontre éntre deux mondes est le fruit, apprend-on dans l’opuscule, d’une collaboration de l’artiste Loraine Leeson avec un enseignant et ses élèves d’East London.Sans les détails sur la nature de la collaboration qui Ta vue naître, l’œuvre se résume toutefois à une banale illustration.Bien que se détachant du lot par sa force, l’œuvre de Suzy Lake, Rythm of True Space (2008), engage un autre axe de réflexion — le travail performatif de l’artiste se saisissant d’une activité domestique — qui brouille la ligne directrice de l’exposition.Les quatre photographies de Shelly Bahl ex- plorent quant à elles le thème de la mobilité des individus.A Day in a Life (2006-07) campe dans ces non-lieux que sont les toilettes et la salle d’attente d’un aéroport une fiction où l’identité des figurantes est marquée par leur costume (agente de bord, vêtement indien), mais où les poses interchangent leurs rôles d’une image à l’autre, la visiteuse (l’immigrante ou la voyageuse?) devenant l’employée, et vice-versa.Plus clairement inscrite dans le monde du travail, la série Salt of the Earth de Condé et Beveridge a pour sujet la migration au Canada d’ouvriers agricoles en provenance, par exemple, du Mexique.Les images, des photomontages ostensibles, concluent rapidement à l’exploitation de ces travailleurs au profit des Canadiens.Plutôt que de donner une voix crédible aux travailleurs, ces images agacent en se présentant à la fois comme un point de vue construit sur la réalité et comme une vérité par l’usage, en apparence biaisé, de statistiques et d’informations textuelles.A travers une stratégie opposée qui s’avère ici plus convaincante, la vidéo Tsukiji (2001) d’Allan Sekula s’attarde sur le plus grand marché au monde de poisson, situé à Tokyo.L’approche documentaire adoptée par Tartiste américain est entièrement au service du sujet, captant aussi bien les bruits ambiants que l’activité bourdonnante de cette usine qui donne à voir une chorégraphie réglée de gestes que les ouvriers pratiquent sur les poissons pour les transformer en marchandise.Dense et fragmentée, l’exposition laisse en suspens plusieurs questions, peut-être une stratégie des artistes-commissaires pour garder active une réflexion qu’ils veulent critique sur Limage et la représentation des travailleurs.A la présentation en galerie s’ajoute également la projection des documentaires Workingman’s Death de Michael Glawoger et Still Lives d’Anna Sarkissian par Cinema Politica le 29 avril à Concordia.Pour plus d’information: wvmcinema-politica.org/node/807 Collaboratrice du Devoir Le marché aux poissons de Tokyo DAZIBAO LQRCHfôtBÊ DÊ CHAM88Ê I MUSICI DE MONTREAL YUU TUROVSKY SAISON 2008-09 25 anniversaire La démocratie au travail ! Votez pour vos œuvres musicales favorites sur iniusici.com Sélections gagnantes annoncées le soir du concert.Jeudi 7 mal 2009, 20 h Salle Claude-Champagne Service de navette disponible Commanditain> piinclpnl tin la saison 2008-2000 C C«n
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