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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2009-04-25, Collections de BAnQ.

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L K I) K V (MH.L E S S ,\ M E I) I 2 5 E T I) I M A N ( Il E A V H I E 2 (I 0 !l : wmm RECHERCHE LEDEVOIR ÈMÊÊÊiÊèÊi Il était autrefois devant un tableau noir Le métier universitaire connaît une transformation profonde :.- Jean-Claude Kieffer de l’INRS L’université, c’est quoi?Des auditoriums vastes?Des bibliothèques bien fournies?Des lieux où la parole a priorité sur toute autre activité humaine?Des étudiants qui se promènent cartables sous le bras?Nenni.On mesure aujourd’hui la valeur d’un établissement aux résultats obtenus par la recherche qui s’y pratique.NORMAND THÉRIAULT La semaine dernière, un responsable de l’Université de Montréal témoignait de l’importance de son établissement en faisant état non pas du nombre des étudiants qui y sont inscrits, ni de la qualité des cours qui s’y donnent, non pas en citant la beauté du site qui l’accueille, ni en établissant le nombre des édifices dans lesquels il se déploie, mais plutôt en soulignant que, dans le domaine des subventions reçues à des fins de recherche, l’établissement se classe en deuxième place au Canada, ne cédant sur ce sujet que devant l’Université de Toronto.En France, ces mêmes jours, on fait tout pour corriger une session scolaire mise en mal.Dans plus d’une université, dix semaines après la reprise normale des cours, soit au retour du congé de Noël et du Nouvel An, aucun cours n’a encore été donné et déjà se pointe à l’horizon, soit dans cinq semaines, le temps des examens de fin d’année scolaire (si la situation est similaire à celle qui prévaut dans notre UQAM, où là la «relâche» a maintenant duré huit semaines, il y a toutefois une différence: les chargés de cours — et ils et elles sont nombreux — professent, et donc des cours ici se donnent).S’il y a grève des enseignants en France, et normalement ils reçoivent le plein appui de la masse étudiante, c’est qu’on dénonce là-bas une réforme à la Sarkozy qu’a lancée une Valérie Pécresse: on établirait un réseau de grandes universités, toutes généreusement soutenues, et le critère premier pour établir la valeur de chaque élément du réseau serait la qualité de la recherche qui y serait produite et de son inscription sur une échelle fonctionnant sur un mode international.Donc là, comme ici dans plus d’une tribune, on craint les tentatives de transformation politique de l’institution universitaire.Au Québec, on veut modifier la composition des conseils d’administration.Au Canada, on veut que le fonctionnement de la recherche et les sommes qui y sont rattachées soient déterminés non par les demandes du milieu, mais en fonction des priorités que le gouvernement se donne (il y aurait une université à Oshawa que son premier mandat serait d’assurer la survie d’une GM qui a dépensé son argent à vouloir faire des profits plutôt qu’à assurer la survie de l’industrie automobi- toujours ce titre, a d’autres priorités.Il doit établir des programmes de recherche, se lancer dans la course aux subventions, s’adjoindre des étudiants doués, gérer le tout et, surtout, obtenir des résultats.De prime abord, tout cela est bien.La société dans son ensemble profite des avancées réalisées: combien de fois n’avons-nous pas entendu que, dans ce nouveau monde «global», «mondialisé», seule la recherche per- la priorité n’est plus donnée à l’enseignement, ce seront les étudiants de maîtrise qui auront pour mission de corriger les copies le!).En France, on veut par ailleurs créer de petites Harvard ou UCLA, quitte à faire en sorte que les héros du passé, ces philosophes d’un autre temps, aillent s’il le faut se faire voir ailleurs: on parle donc d’une université qui serait obligatoirement rentable.Cours ou labos?Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle race universitaire.La priorité n’est plus donnée à l’enseignement.Il y aura cours, certes, mais ce seront les étudiants de maîtrise qui auront mission de corriger les copies.Le «prof», lui, car il porte mettra aux sociétés avancées de maintenir leur statut, de conserver, voire d’accumuler, une richesse, celle-ci étant théoriquement collective, et que donc tous devraient y aller de leur effort.Au Québec, on arrive ainsi à un plan où les cégeps ont pour mission de soutenir les industries de leur région respective et où le réseau universitaire sert au développement du Québec inc, de Bombardier, en aéronautique, à Hydro-Québec, dans les divers secteurs où cette entreprise de propriété collective intervient.Savoir ou connaissances?Et là, le bât blesse.L'université est-elle un lieu du savoir ou un simple laboratoire?Et la question se pose sans qu’on doi- YVES JOANNETTE La recherche est arrivée à un «moment critique» • //L |pi j " HANS KNECHT En 3D, la maladie de Hodgkin livre ses secrets ECOLE DE TECHNOLOGIE SUPÉRIEURE La demande de stages des entreprises dépasse le nombre de candidats ! ÉRIC RACINE «Y a-t-il une signature neurologique du mensonge ou de la vérité ?» PHO TO MARIE-HELENE TREMBLAY ve pour autant mettre en doute la qualité des résultats obtenus.Et l’étudiant qui fréquente un établissement universitaire y va-t-il pour apprendre ou pour mieux s’initier au monde de son futur employeur?Dans le contexte actuel, où le discours économique avait priorité sur tout autre, il s’en est donc trouvé plus d’un et d’une, œuvrant ou non dans les établissements du savoir, pour dénoncer le virage utilitaire que doivent prendre les universités et autres grandes écoles: obligatoire, semble-t-il, si elles veulent maintenir et améliorer leur situation financière.Des lieux qui étaient identifiés comme des endroits où apprendre sont ainsi devenus des usines à produire.Dans un tel contexte, ce qui s’appelle «pensée» devient à l’occasion une activité bien secondaire: comme si écrire un livre n’était d'intérêt que dans la mesure où cette activité permet de soutenir des emplois dans l’imprimerie.Le Québec, en ces temps où l’économie d'hier, celle qui créait, disait-on, de la richesse, est maintenant dite en récession, aura donc lui aussi à établir ses priorités.Et quand il sera question de l’université et de la recherche qui s’y fait, de quoi parlera-t-on: du savoir ou d’utiles connaissances?Le Devoir LAVAL La langue française de toute la Francophonie sera scrutée à la loupe INSTITUT DU NOUVEAU MONDE Une école d’été pour les jeunes engagés SCIENCES ET DÉMOCRATIE «Personne n’a envie de dire qu’il a les mains liées par les fonds qu’il reçoit» V I.K I) >: V OIK.L K S S A M K D I 2 5 K T I) I M A N (' Il E 2 (i A V R I L 2 0 (I (I RECHERCHE UNIVERSITAIRE Fonds de recherche en santé du Québec La recherche est arrivée à un «moment critique» Les chercheurs québécois reçoivent 39 % des sommes consenties par le fédéral Malgré la crise économique et les nombreux défis qui l’attendent, la recherche en santé au Québec se porte mieux que jamais et pourrait devenir «la nouvelle marque de commerce de la province sur la scène internationale», estime M.Yves Joannette, chercheur et nouveau président-directeur général du Fonds de recherche en santé du Québec.JESSICA NADEAU Jouissant déjà d’un rayonnement important au Canada et à l’étranger, la recherche québécoise en santé ne cesse de se développer et de se démarquer.Elle est aujourd’hui arrivée à un «moment critique» où tout est en place pour arriver à des percées importantes et rapides dans la qualité des soins et des démarches thérapeutiques.C’est du moins le point de vue d’Yves Joannette, qui vient de prendre les rênes du Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ), un organisme subventionnaire qui joue un rôle de premier plan dans la planification et la coordination du développement de la recherche québécoise en santé.«Avec l’excellence que je constate et qui ne va qu’en se consolidant, je vois un avenir très grand pour la recherche en ARCHIVES LE DEVOIR Il y a «inquiétude de voir un certain exode des cerveaux», s’inquiète Yves Joannette, chercheur et nouveau président-directeur général du Fonds de recherche en santé du Québec.santé au Québec.Je vois que ça peut devenir un élément important du positionnement du Québec dans le monde, au même titre que l’ingénierie ou l’aéronautique.» Défis Le chercheur, qui a longtemps dirigé le centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, a une vision très claire de ce qui doit primer pour amener la recherche québécoise en santé à un niveau supérieur, qui se traduira par un plus grand bien-être collectif.«D’abord et avant tout, une recherche qui s’articule sur les grands défis de santé du Québec, avec tous les acteurs qui agissent de façon concertée.Ça peut avoir l’air abstrait, mais il faut que les gens des différentes disciplines, qui travaillent avec des types de démarches méthodologiques différentes, puissent se parler pour qu’il y ait une valeur ajoutée à ce que chacun fait très bien de son côté.Il y a un grand effort de concertation et de travail en équipe interdisciplinaire qu’il faut favoriser.Il faut par ailleurs s’assurer que les résultats de la recherche soient le plus rapidement possible transférés vers des pratiques cliniques [.], pour améliorer la capacité qu’on a de traiter une maladie et améliorer la qualité de vie des gens qui en souffrent et de leurs proches.» Selon Yves Joannette, il ne fait aucun doute que, malgré les nombreux défis qu’il devra relever, la recherche en santé au Québec se porte très bien actuellement.«La recherche en /|Yî •.* • ‘AV -ü ALAN TROUNSON REUTERS Selon Yves Joannette, la recherche en santé est une question prioritaire pour le gouvernement du Québec, une position tout à fait en accord avec les nouvelles politiques américaines du président Obama, qui investit massivement dans la recherche et qui vient de réautoriser le financement public de la recherche sur les cellules souches embryonnaires.santé?Elle est en santé», affirme-t-il en riant.Démarche intégrée Les domaines d’excellence s’articulent sur quatre grands axes, devenus les priorités du Québec en matière de recherche en santé: la neurologie et la santé mentale, la recherche sur le vieillissement et la perte d’autonomie, la recherche en cancérologie et les maladies dites sociétales telles que les maladies cardiovasculaires et l’obésité.Mais, selon M.Joannette, là Génie applique Au-delà de là recherche, des résultats concrets Poursuivant une mission axée depuis sa création vers l’enseignement du génie appliqué et la recherche ainsi que le transfert technologique en entreprise, l'École de technologie supérieure forme des ingénieurs et des chercheurs reconnus pour leur approche pratique et innovatrice.Les travaux de recherche que ses chercheurs y poursuivent se déclinent tout particulièrement dans ces domaines de pointe: • Énergie / \ • Environnement ^ ^ où le Québec se distingue de façon encore plus particulière, et ce qui fait son succès tant au Canada qu’ailleurs dans le monde, c’est sa capacité d’effectuer des démarches dans ces quatre dimensions prioritaires qui soient intégrées, interdisciplinaires et intersectorielles.«La stratégie québécoise en matière d’organisation de la recherche en santé est enviée par le reste du Canada et par plusieurs pays sur la scène internationale», affirme-t-il d’un ton empreint de fierté, rappelant au passage que «le Québec va chercher collectivement une proportion beaucoup plus importante du financement au fédéral que ce que représente sa population».Forte présence québécoise À titre d’exemple, les chercheurs québécois reçoivent 39 % de toutes les sommes consenties par le fédéral, alors que le poids du Québec dans l’ensemble canadien est d’environ 23 %.Et c’est ainsi dans la majorité des domaines.Neurosciences: 37 %.Nutrition, diabète: 35 %.Cancer: 37 %.La liste est longue et les chiffres semblent confirmer l’importance de la présence québécoise en recherche sur la scène canadienne.Si le développement de la recherche en santé se porte si bien, c’est qu’il y a des investissements majeurs qui y sont attribués, constate le président du FRSQ.«Le Québec et le Canada ont bien compris que la santé, la vigueur et la compétitivité de nos économies passaient par une économie du savoir, et cette économie du savoir ne peut exister que lorsqu’on soutient de façon active et importante le développement des connaissances ainsi que le transfert de ces connaissances vers le mieux-être des gens et vers les entreprises biotechnologiques ou pharmaceutiques qui bénéficient de cet environnement très riche.Il faut non seulement soutenir mais accroître l’investissement en recherche.» «Investir dans la recherche en santé, c’est non seulement contribuer à l’économie du savoir, à l’accroissement du personnel hautement qualifié, mais c’est aussi cerner les meilleures pratiques pour améliorer la qualité de vie des gens, à un moment où nous faisons face à un vieillissement de la population.Il faut faire en sorte de soutenir ces gens-là, faire en sorte qu’ils vivent m ieux et plus longtemps et que les gens qui les accompagnent ne soient pas aux prises avec des rôles trop lourds.» Exode des cerveaux Selon lui, la recherche en santé est une question prioritaire pour le gouvernement du Québec, une position tout à fait en accord avec les nouvelles politiques américaines du président Obama, qui investit massivement dans la recherche et qui vient de réautoriser le financement public de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, des recherches qui avaient été interdites pendant huit ans par le gouvernement Bush à la suite des pressions des mouvements religieux qui s’opposaient à toute manipulation d’un organisme vivant avant sa naissance.«L’interdiction de la recherche sur les cellules souches donnait un certain avantage concurrentiel par défaut.On avait donc une possibilité d’accueillir au Canada et au Québec des collègues américains.Le fait qu'elle soit désormais permise représente une inquiétude de voir un certain exode des cerveaux, tout au moins dans ce domaine, soit pour retourner aux Etats-Unis ou carrément pour aller effectuer des travaux là-bas.C’est une préoccupation qui est très importante, très sérieuse.» D’autant plus que, si le Québec maintient son financement, les réallocations de recherche au Canada, elles, «donnent une perception de diminution de l’investissement direct en recherche», estime M.Joannette, qui craint que les ipvestissements massifs aux Etats-Unis et l’autorisation de la recherche sur les cellules souches ne soient les ingrédients d’un état de pensée qui favoriserait les Etats-Unis au sein de la communauté des chercheurs.Car non seulement faut-il, en ce moment crucial pour la recherche au Québec, conserver les chercheurs de qualité, mais il faut encore — tâche encore plus difficile — en attirer de nouveaux pour se mettre en bonne position dans ce milieu très concurrentiel.D’où l’importance, pour le président-directeur général du Fonds de recherche en santé du Québec, d’investir massivement dans l’économie du savoir, qui alimentera les générations futures.Collaboratrice du Devoir IRCM Centre de recherche par excellence Affilié à l’Université de Montréal WÊÊÊ&ë Pour en savoir plus sur les programmes d'études et les recherches réalisées à l'ÉTS, consultez le www.etsmtl.ca École de technologie supérieure 1100, rue Notre-Dame Ouest Montréal (Québec) H3C 1K3 y m Université du Québec École de technologie supérieure C Cl ^ lu fiônie • pour l'int hislriv £ircm www.ircm.qcca info@lrem.qcca Institul de rochorchos cliniques do Montréal Certains croient que la recherche est liée aux découvertes.Nous croyons qu'elle est d’abord liée à la qualité de la vie.'t ¦RMC ¦nMMRMHRM Ç—1 L E I) E V 0 I IÎ .LES SA M EDI 2 5 E I I) I M A X ( Il E 2 0 A V KM.2 0 (I !t II RECHERCHE UNIVERSITAIRE Recherche universitaire En 3D, la maladie de Hodgkin livre «Enfin, nous savons comment la cellule Reed-Sternberg se forme» Sur les 850 Canadiens confrontés chaque année au diagnostic de la maladie de Hodgkin, 10 à 15 % d’entre eux, surtout des jeunes, réagissent mal aux traitements effectués contre ce cancer des ganglions lymphatiques.Le docteur Hans Knecht, de l’Université de Sherbrooke, a plongé au cœur des cellules, dans leur ADN, pour comprendre l’évolution de cette maladie qui laisse perplexes les chercheurs depuis une centaine d’années.ses secrets UNIVERSITE DE SHERBROOKE Le docteur Hans Knecht, de l’Université de Sherbrooke AMÉLIE DAOUST-BOISVERT Quelques cellules malignes présentes dans les ganglions des malades rendent la maladie de Hodgkin parfois fulgurante et impossible à traiter.Pour les médecins, la coupable s’appelle Reed-Sternberg.Descendante de globules blancs, pourtant essentiels au système immunitaire dans la défense de l’organisme contre les infections, elle est cancéreuse et cause des dégâts considérables en sécrétant des molécules toxiques.Bref, c’est un globule blanc passé du côté obscur de la force.Mais comment?«Voilà la question que je me pose depuis trente ans», a confié le docteur Hans Knecht au Devoir.Dérèglement En mars dernier, il a dévoilé une partie de la réponse.«Nous avons enfin compris comment se forment les cellules Reed-Sternberg», se réjouit-il.Plus de 98 % d’entre elles viennent de globules blancs de type B, ceux qui sécrètent des anticorps.Ces cellules normales commencent le chemin vers un type cancé- reux en devenant des cellules de Hodgkin.Encore pas si mal, ces cellules de Hodgkin ont encore un air relativement sain, avec leur seul noyau.Mais là, si tout s’emballe, l’ADN se dérègle.«Les chromosomes (formés de l’ADN) deviennent très longs, le génome se désorganise.Ça donne des chromosomes géants qui forment finalement deux, trois noyaux», explique l’hématologue.Grâce à une nouvelle technique mise au point à Winnipeg, il a pu observer ce phénomène en trois dimensions dans des cellules de ganglions prélevées sur des patients cancéreux qui sont réfractaires aux traitements.«Nous n’avions aucune idée de la façon dont ça se passait», dit-il.La cellule mutante et cancéreuse ainsi formée cause beaucoup, beaucoup de dégâts en sécrétant des cytokines.Les patients s’affaiblissent et sont victimes d’infections diverses.Pourquoi cet emballement désordonné de l’ADN?«C’est encore tellement mystérieux», répond Hans Knecht.«Il y a 20 ans, raconte-t-il, dans un congrès aux Pays-Bas, un chercheur nous a montré cette cellule et nous a dit: “It keeps smiling”, elle nous joue encore des tours aujourd’hui.» En effet, il la compare à un dictateur qui, juste avant la chute, fait des dégâts énormes.Car, une fois remplie d’un ADN lourd et désordonné, elle meurt rapidement.Le problème dans ces cellules cancéreuses, ce sont les bouts des chromosomes, des régions appelées télomères.Comme des lacets, les bouts des chromosomes sont protégés par une «gaine» de protéines.Dans les cellules Reed-Sternberg, «ces protéines font défaut et les chromosomes sont plus fragiles», a découvert le médecin.Le reste de l’histoire en découle.Comprendre pour soigner Lorsque Le Devoir lui a parlé au téléphone, le D Knecht était de garde à l’hôpital universitaire de Sherbrooke.Il se souvient encore de la première patiente atteinte de la maladie de Hodgkin qu’il a rencontrée.«Il y a trente ans, raconte-t-il, j’ai rencontré une mère de deux enfants qui avait ce cancer.Elle était en rémission, et nous nous demandions si nous lui enlevions la rate ou non.Finalement, en l’examinant, j’ai pris la décision de ne pas la lui enlever.Elle s’en est sortie.Je me souviens qu’elle me disait: ‘Vous savez, j’ai deux enfants, je veux rester avec eux encore quelques années”.» D’origine suisse, l’oncologue est à Québec depuis quatre ans.Ici, de son propre aveu, il vit «une vie de moine heureux», entièrement consacrée à la recherche, à la médecine clinique et à l’enseignement.«Mon côté artiste s’exprime dans le travail de chercheur.D’autre part, j’aime la relation avec les patients, mais ça ne me satisfait pas d’être simplement un exécutant.» Il arrivait tout juste d'une de ses quatre visites à sa famille, restée en Suisse, lors de l’entrevue.Il ne voit pas sa vie au Québec comme un exil, car «ce n’est qu’au Canada que c’était possible pour moi de faire ces recherches-là», grâce à la faculté de médecine de Sherbrooke et aux laboratoires de Winnipeg qui ont mis au point la technique d’imagerie en trois dimensions qu’il utilise.Fait rare dans les laboratoires, le professeur manipule lui-même cultures cellulaires, pipettes et béchers.«Je savais où chercher pour obtenir ces résultats.J’ai beaucoup mouillé mes mains et mes doigts», dit l’homme en riant.Une passion Sa passion pour l’hématologie lui a été léguée en partie par le docteur Maxim Seligmann, un Parisien.«Je l’ai vu la semaine passée à Paris, il a maintenant 82 ans.J’ai pris le train depuis la Suisse, une journée pour voir ce vieil ami.Avec lui, j’ai vu les grands malades du monde.» Les découvertes d’Hans Knecht, publiées dans le plus récent numéro de la revue leukemia, ont été saluées par son ancien mentor, l’Allemand Karl Lennert, un des plus grands hématologues du dernier siècle.«Ce papier est un tabac: c’est un scoop/, a-t-il écrit à l’Université de Sherbrooke pour féliciter son ancien interne.«Enfin, nous savons comment la cellule Reed-Sternberg se forme.» Reste maintenant à trouver un moyen de bloquer le processus de désorganisation des chromosomes.Le D' Hans Knecht estime que des molécules inorganiques, actuellement en phase d’essais cliniques, pourraient protéger les télomères et offrir un possible traitement ciblé contre la maladie de Hodgkin.«Pendant les rechutes, il y a d’abord un ou deux ganglions atteints, puis ça se dissémine, mais au premier stade une chimio ciblée sur les télomères serait une gratifie avancée.Comme chercheur, je ne suis pas pharmacologue, mais je peux ouvrir les connaissances pour voir comment ça se passer.» Collaboratrice du Devoir École de technologie supérieure La demande de stages des entreprises dépasse le nombre de candidats ! Les domaines du génie civil et de la construction sont en pleine expansion Ralentissement, baisse, crise économique ou pas, l’Ecole de technologie supérieure (ETS) assure! Tirant son expertise en ingénierie d’application et en technologie dans la foulée du réseau de l’Université du Québec, l’établissement se concentre sur l’enseignement coopératif et convoite notamment le développement de nouvelles technologies et leur application en entreprise.Se classant parmi les plus reconnues au Canada, l’école montréalaise du génie accueille depuis 1974 des techniciens diplômés.Plein feu sur une formule plus que gagnante.VALÉRIE R.CARBONNEAU Claude Olivier, directeur des affaires académiques de l’ÉTS, s’en réjouit.La crise, TETS la sent passer comme tout le monde.Toutefois, aux dires de M.Olivier, l’établissement se trouve actuellement dans une très bonne position.Au cours des dix à quinze dernières années, l’École de technologie supérieure a réussi à nouer d’excellentes relations avec le milieu des affaires et le secteur industriel et entretient désormais des liens privilégiés avec les grandes entreprises et les PME, pour la plupart québécoises.Par conséquent, ces nombreuses entreprises continuent à travailler avec eux malgré le ralentissement.«L’an dernier, tous stages confondus, on a reçu trois mille demandes provenant des entreprises au Québec pour un total de deux mille candidatures, donc, on n’est même pas capables de fournir», admet Claude Olivier, responsable de l’ensemble des programmes des départements./ JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’École de technologie supérieure Les inscriptions et le taux de placement Même s’il y a réduction dçs effectifs et du rendement dans les entreprises, TETS est encore capable de placer ses étudiants.«Avec un placement de 1000 étudiants dans des stages, l’été 2008 a été notre meilleur à vie! Et, pour 2009, on va être 800, ce qui vient enregistrer une légère baisse de 20 %, mais, pour nous, ce n’est pas critique, car si on remonte à deux ans c’était autour de 800 aussi.Ça fluctue un peu dans le temps, ces trucsdà», renchérit ce dernier.A l’inverse, en cç qui a trait au nombre d’étudiants qui s’inscrivent, l’ETS est en train de battre un autre record.Cette année, l’établissement connaîtra une hausse des demandes pour l’automne.En vérité, les suites du ralentissement économique ont un effet plutôt positif sur le développement et la bonne santé de l’ETS.Comme, à l’arrivée, tous les étudiants sont des techniciens diplômés dans une technique après trois ans d’études collégiales, de toute évidence, si l’économie ne se maintient pas bien, il s’avère plus difficile pour ces derniers de se placer.«Puisqu’ils ont de la difficulté à décrocher un emploi, plusieurs décident de poursuivre leurs études au niveau du baccalauréat.Le chiffre actuel pour l’automne à venir a augmenté d’à peu près 25 % par rapport à l’an passé.Donc, on est largement au-dessus des années précé,denies», ajoute-t-il fièrement.L’ÉTS gagne donc en popularité et on peut expliquer cette hausse par le fait que les entreprises québécoises sont très satisfaites du service rendu.«On ne sent pas de différence concernant le taux de placement.Pour ce qui est de cette année, on n’a pas encore les chiffres, mais l’an dernier on recevait en moyenne trois offres d’emploi par diplômé», avance Claude Olivier.Ralentissement économique, certes, mais, au vu des bons résultats enregistrés au cours des années passées, il reste toujours de l’espace pour absorber cette légère baisse.Les domaines en vogue «Pour ce qui est du portrait global de l’ETS, les domaines du génie civil et de la construction sont en pleine expansion, tandis que, du côté du génie dans le domaine manufacturier, c’est plus difficile.On parle entre autres du génie mécanique et de production, par exemple, au niveau de l’industrie aérospatiale.» Cela pourrait s’expliquer simplement par les investissements massifs que font les gouvernements dans les infrastructures en période de crise économique.«Les gens consomment moins, ils sont un peu au neutre, alors c’est le même scénario pour les entreprises», renchérit-il.,Avec ses vingt-cinq ans de service au sein de VETS, Claude Olivier peut également affirmer qu’il y a une augmentation de la fréquentation au niveau de la maîtrise et du doctorat.«Dans les faits, le malheur des uns fait le bonheur des autres.Une récession est probablement ce qu’il y a de mieux pour une entreprise afin de former ses employés et de voir à leur perfectionnement», admet-il.Pour ce faire, l’employeur les incite souvent à retourner aux études de façon temporaire, parce qu’il ne veut pas les perdre.«L'autre jour, je discutais avec des professeurs de l’Université de Sherbrooke et de l’École polytechnique et ils sentent moins les effets.On pourrait expliquer cela par le fait que leurs étudiants viennent du secteur des sciences de la nature.Ils ne peuvent donc pas vraiment travailler avec un DÉC général en sciences de la nature, tandis qu'à l’ETS nos étudiants sont déjà formés en tant que techniciens.» Comptant près de 25 % du nombre total des étudiants inscrits au, baccalauréat en génie à travers la province, l’ETS figure au premier rang des établissements qui offrent cette formation, tandis qu’au Canada elle se situe au troisième rang sur un total de trente-cinq écoles ou facultés de génie.L’ETS doit notamment sa renommée mondiale à la collaboration de ses professeurs spécialisés avec des collègues œuvrant dans divers établissements à travers le monde, à ses activités de coopération à l’étranger et à ses programmes d’échanges internationaux.Collaboratrice du Devoir L’ETS en bref ¦ En 2008, plus de 800 étudiants ont obtenu leur diplôrpe.¦ L’ÉTS compte désormais plus de 12 000 diplômés.¦ 95 % occupent un emploi ou poursuivent leurs études au 2e cycle.¦ 94 % décrochent un emploi moins de six mois après la fin de leurs études.¦ 81 % travaillent dans le secteur privé.¦ 60 % font carrière dans des PME.¦ 36 % obtiennent un emploi dans une entreprise où ils ont déjà fait un stage.L’effet Sauv Faire croître l’engagement envers l’environnement Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement, la professeure Lucie Sauvé s’intéresse au développement des compétences collectives pour promouvoir la santé environnementale.Lucie Sauvé est coprésidente du 5e Congrès mondial d’éducation relativë à l’environnement.Du 10 au 14 mai, cet événement réunira des milliers de personnes au Palais des congrès de Montréal autour d’un enjeu crucial entre tous: comment mieux vivre ensemble sur Terre, dans le respect de la nature et des autres.effet.uqam.ca L’effet UQÀM : «c C I K H K V U I R .LES S A M E I) I 2 5 E T I) I M A X < Il E 2 (i A V H I L 2 (I (I !l RECHERCHE UNIVERSITAIRE Institut de recherches cliniques de Montréal «Y a-t-il une signature neurologique du mensonge ou de la vérité ?» Le terme «neuroéthique» fait son apparition en 2002 Le cerveau, on le découpe, on le regarde, on l’étudie.Mais qui contrôle que les observations faites n’amènent pas plus loin?Une nouvelle discipline est ainsi apparue: la neuroéthique.CLAUDE LAFLEUR On nous rapporte fréquemment la découverte de zones du cerveau où se manifeste telle ou telle fonction, par exemple le «siège de l’amour» ou celui de la religiosité, le centre de l’apprentissage ou de l’agressivité, ou encore la «zone du mensonge».De telles découvertes amènent à penser qu’on pourra un jour les utiliser pour moduler certains comportements.Entre autres, après avoir identifié une prétendue zone du mensonge, on espère parvenir à déterminer avec certitude si une personne ment ou non.Bien sûr, il est facile d’imaginer que de telles applications soulèvent des enjeux moraux majeurs, qui sont si importants, en fait, que les plus récents dé- veloppements des neurosciences ont donné naissance à un champ de recherche spécifique: la neuroéthique.«La neuroéthique concerne un organe très particulier, le cerveau, dont les fonctions sont celles qui touchent le plus à notre personnalité, à cç que nous sommes», explique Eric Racine, professeur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).Elle traite des enjeux éthiques liés aux recherches réalisées en neurosciences ainsi qu’aux soins que celles-ci rendent possibles.«C’est l’intégration de l’éthique à différentes disciplines comme la neurologie, la neurochirurgie, la neuropsychiatrie, en vue d’améliorer les soins qui sont offerts aux patients.» Un travail de pionnier Fait remarquable, Eric Racine, qui dirige l’Unité de recherche en neuroéthique de l’IRCM, est l’un des pionniers dans le domaine.«Je ne dirais pas que je suis l’un de ceux qui ont inventé le champ, dit-il modestement, mais j’y œuvre depuis le début.» «Durant mes études en philosophie, explique-t-il, je me suis 4501.rue Drolet Montréal (Québec) H2T 202 Téléphone : 514-042-3401 : 514-042-4023 Guérin www-9ue,,*n‘edi*®ur-qc.ca universitaire! ,;V ' * ' 3e millénaire France larocnene Vice-présidente Courriel : irancei@guerin-editeur.ac.ca intéressé à ce que les neurosciences pouvaient nous dire au sujet de la nature de l'esprit et du cognitif.En même temps, je me suis intéressé à l’éthique (à la bioéthique) et je me suis rendu compte que les neurosciences constituaient probablement l’un des domaines qui allaient poser le plus de questions éthiques et sociales dans les années à venir.On était alors en 1999-2000.» La neuroéthique n’existait pas encore.Bien qu’inventé dans les années 1970, le terme a véritablement fait son apparition en 2002, à l'occasion d’un colloque tenu à San Francisco et intitulé Neuroethics: mapping the field.«H y avait enfin un mot qui donnait un sens à un champ consacré à ces questions», lance avec satisfaction le chercheur québécois.Gare aux détecteurs de mensonges L’une des sphères de recherche en neurosciences qui présentent les enjeux éthiques les plus pressants est la neuroimagerie fonctionnelle.Il s’agit des techniques qui permettent de cerner les zones du cerveau où siégeraient certaines fonctions.C’est de surcroît l'un des domaines qui intéressent le plus l’équipe de M.Racine.«La neuro-imagerie fonctionnelle vise à identifier la façon dont fonctionne le cerveau dans l’exécution de tâches, dit-il.Elle permet de voir le cerveau en action.Elle est entre autres utilisée pour comprendre la façon dont le cerveau agit, dont il exécute des tâches motrices, visuelles, langagières.Cette technique ouvre donc une série de fenêtres, dont celle du mensonge; y a-t-il une signature neurologique du mensonge ou de la vérité?» Or ce genre d’avancée mène à » A / / e, / ARCHIVES LE DEVOIR «La neuroéthique concerne un organe très particulier, le cerveau, dont les fonctions sont celles qui touchent le pjus à notre personnalité, à ce que nous sommes», explique Eric Racine, professeur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal.des applications discutables, estime le chercheur, dont l’analyse du comportement de sujets soumis à des tests de vérité, comme le proposent déjà deux entreprises américaines.Qui plus est, comme il y a différents types de mensonges — farder la réalité, mentir par omission ou mentir sciemment — on ignore si le cerveau fonctionne de la même façon dans tous les cas.De plus, il se pourrait que le cerveau fonctionne différemment selon qu’on soit un homme ou une femme, d’une culture ou d’une autre, etc.«Il s’agit d’usages prématurés, estime M.Racine, puisqu’on n’a pas encore effectué assez d’études portant sur un nombre suffisant de sujets.» En fait comme dans le cas du polygraphe, nos connaissances scientifiques montrent même que ce n’est pas une technique valide, mais, malgré tout, certains sont tentés d’utilise la neuro-imagerie.«On rêve tant de disposer d’un détecteur de mensonges, et la neuro-imagerie est l’une des techniques qui semblent prometteuses», indique le chercheur.Ne pas sauter trop vite aux conclusions Eric Racine observe un engouement un peu trop marqué pour la neuro-imagerie fonctionnelle, parce qu’elle donne l’impression «que tout est simple: on croit ainsi avoir identifié le lieu dans le cerveau où se manifesteraient des sentiments comme l’amour ou l’amitié, ou la religio- sité par exemple, note-t-il.Mais il s’agit en fait d’interprétations simplifiées de résultats.» On se retrouve comme dans les années 1990, alors qu’on croyait avoir découvert des gènes responsables d’une foule de caractéristiques humaines.Or des recherches plus poussées ont par la suite montré que tout n’est jamais si simple.Dans ses recherches, l’équipe de M.Racine observe trois risques de dérive en neuro-imagerie.Premièrement, il y a le neuroréalisme, c’est-à-dire l’interprétation hâtive selon laquelle les techniques de neuro-imagerie permettraient d’accéder directement aux pensées.«Or ce n’est pas le cas, tranche-t-il.Le fait est qu 'on est loin de posséder un outil qui permet de lire les pensées.» Deuxièmement, il y a le neuro-essentialisme, soit le saut quantique qu’on fait en considérant qu’une personne, c’est avant tout son cerveau.«On a tort de penser qu’on pourra tout expliquer sur la nature de l’être humain le jour où on connaîtra parfaitement le cerveau», résume-t-il.Son équipe dénonce enfin la neurorégulation, soit la tentation d’appliquer nos connaissances en neurosciences à la régulation sociale, notamment en éducation.«C’est prématuré, puisqu’on n’a pas encore les connaissances suflisantes.» Par contre, l’éthicien ne conteste pas l’utilité des neurosciences, surtout lorsqu’il s’agit d’améliorer les soins donnés aux patients.«Nous ne sommes pas là pour soulever des peurs, dit-il, mais pour établir un équilibre entre les risques et les bénéfices découlant des développements des neurosciences.» Collaborateur du Devoir POLITIQUE | MONDE | CULTURE | ENVIRONNEMENT ( SOCIÉTÉ | ÉCONOMIE | SPORTS | MODE DE VIE C'est la vie ( Josée Blanchette ) i Plaisirs du palais | Voyage Devoir xom S'abonner au Lc !?cv2.ircc Devoir gg*RSS H Sommaire Montré a i Détails j Ma - RÉDUIRE LA FENÊTRE S Fermer la session fffÿ Bonjour! £#1 ‘ Version PDF du journal (3.7 Mo) Avez-vous profité de vos 25 articles gratuits ce mois-ci ?VOTRE PROFIL CHANOÊZ D'IDENTITÉ Accédez à votre profil en tout temps Faites vous-même vos transactions en ligne.Abonnements, renouvellements, changements d’adresse, arrêts temporaires, etc.» Rapide, simple et efficace ! c ; c C KC C C C 1467 I) E V 0 I H I.E S S A M E l> I I) I M A N < Il E A V K I I 2 (I 0 il RECHERCHE UNIVERSITAIRE II f) Université Laval La langue française de toute la Francophonie sera scrutée à la loupe Un observatoire unique prend forme à Québec L’Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone vient d’être lancé à l’Université Laval.Explications de son directeur, Richard Marcoux.THIERRY HAROUN Le 9 avril dernier, l’Université Laval a inauguré l’Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone (ODSEF).Cette initiative est financée à hauteur de 650 000 dollars sur une période de quatre ans, dans le cadre d’un partenariat avec le gouvernement du Québec (par l’entremise du ministère des Relations internationales), l’Organisation internationale de la Francophonie (01F) et l’Agence universitaire de la Francophonie (ALT).L’Université Laval abrite l’ODSEF et en assure la coordination ainsi que la direction scientifique.Le Secrétariat à la politique linguistique du Québec y participera également en offrant son expertise en matière d’élaboration et de mise en œuvre de politiques linguistiques.Les études menées à l’Observatoire perm'ettront de suivre l’évolution du français au sein des populations de la francophonie.Les résultats de ces travaux seront mis à la disposition de l’Observatoire de la langue française de l’OIF de façon à compléter, sur le plan démolinguistique, son tableau de bord de l’état du français dans le monde.L’ODSEF a donc le mandat précis de produire des données scientifiques éprouvées sur l’état de la langue de Molière et d’assurer la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine démographique et statistique des pays francophones.Naissance La naissance de cet observatoire unique est le fruit d’une conjonction d’événements qui se sont succédé au cours des deux dernières années, explique Richard Marcoux, également professeur titulaire au département de sociologie de l’Université Laval et directeur des Cahiers québécois de démographie.Dans un premier temps, il y a eu l’adoption, par plus d’une centaine de chercheurs, de la Déclaration sur la sauvegarde et la mise en valeur des recensements africains.«Cette déclaration a été adop- tée ici à Québec en juin 2007, dans le cadre d’une conférence internationale sur la mémoire et la démographie que j’avais organisée.Et, ce qui s’en était dégagé, c’était l’écart qui existait en ce qui a trait aux sources d’information nécessaires pour être en mesure de situer la mémoire démographique des populations de la francophonie.En Afrique, on est en train de perdre, dans certains cas, toute trace des recensements datant des années 1960 et 1970», dit-il.Deuxièmement, il y a eu la tenue à Paris, en juin 2008, du Séminaire international sur la méthodologie d’observation de la langue française dans le monde.«Cette rencontre a permis de réunir des spécialistes de la sociolinguistique et de la démolinguistique dans le but d’établir des orientations visant à circonscrire l’évolution du fait français à travers le monde.» Le troisième moment fort qui a mené à la mise sur pied de l’ODSEF a été l’adoption de la Résolution sur la langue française, lors du Sommet de la Francophonie qui s’est tenu à Québec en octobre dernier.Une résolution qui, rappelons-le, encourage l’ensemble de la francophonie à poursuivre l’observation de l’usage de la langue française.Au travail «Ce qui est intéressant, souligne le professeur Marcoux, dans le cadre des travaux de cet observatoire, c’est que nous allons notamment accueillir ici les chercheurs de la Francophonie.Evidemment, il y en aura du Québec, et notamment ceux qui se spécialisent dans la sauvegarde du patrimoine démographique.Il y aura des historiens, des archivistes qui s’intéressent à la démographie linguistique ainsi que des spécialistes de l’Institut de la statistique du Québec et de Statistique Canada, entre autres.» M.Marcoux précise que l’ODSEF va travailler en étroite collaboration avec l’Observatoire de la langue française de l’OIF, «qui a le mandat de produire aux deux ans un rapport sur l’état de la francophonie dans le monde.Nous allons donc rendre accessibles à cet organisme l’ensemble de nos observations et de nos études afin de compléter son rapport avec des sources pertinentes et fiables.» L’Agence universitaire de la Francophonie jouera également un rôle majeur dans le cadre des travaux de l’ODSEF, ajoute M.Marcoux.«LAUF a une vingtaine de réseaux de chercheurs.Nous allons passer par ces réseaux pour inviter les chercheurs à venir produire des études sur les dynamiques démolinguistiques.Et, dès cet été, on devrait justement accueillir des chercheurs du Mali, du Sé- négal et peut-être aussi du Burkina Faso.» Sauvegarder un patrimoine Pour Richard Marcoux, la sauvegarde du patrimoine démolinguistique et d’autres documents qui témoignent du fait français dans le monde est une priorité.«Il est essentiel pour nous, en tant que chercheurs, d’assurer la sauvegarde des sources d’information qui nous permettent de rendre compte de l’état et de la diversité de la langue à travers le temps.Et c’est notamment dans cette optique que nous allons travailler au cours des quatre prochaines années.» D’ailleurs, poursuit-il, l’expertise canadienne, et particulièrement celle du Québec dans le domaine de la recension des populations, servira à d’autres pays, nommément ceux de l’Afrique subsaharienne.«Vous savez, ajoute le professeur, nous avons des recensements datant de 1850.Nous détenons toute une expertise qui est reconnue partout; à tel point que le Québec est reconnu comme le paradis des études généalogiques!» Collaborateur du Devoir « Il est essentiel pour nous, en tant que chercheurs, d’assurer la sauvegarde des sources d’information qui nous permettent de rendre compte de l’état et de la diversité de la langue à travers le temps» Institut du nouveau monde «Et si on prenait le pouvoir?» Une école d’été pour les jeunes engagés SOURCE INM La sixième édition de l’école d’été aura lieu du 27 au 30 août prochain, à Montréal.Les deux pieds dans la gadoue, vous rêvassez à l’été: le soleil, les vacances, la baignade.Pendant ce temps, des centaines de jeunes engagés songent plutôt à retourner sur les bancs d’école durant la période estivale pour apprendre à être de meilleurs citoyens.MARIE-ÈVE MA HEU Marie-JoëlleCarbonneau, 21 ans, est l’une de celles qui «s’engagent».Elle participe chaque année à l’école d’été de l’Institut du nouveau monde.Il s’agit d’une sorte d’université de la citoyenneté mise sur pied par l’Institut du nouveau monde, que dirige Michel Venne.Elle propose quatre jours de débats ouverts sur des enjeux sociaux.«La première fois, j’avais 16 ans.Je lisais les chroniques de Michel Venne dans Le Devoir et, quand il a parlé de l’université d’été, j’ai trouvé ça intéressant, raconte Marie-Joëlle Carbonneau, originaire du Lac-Saint-Jean./e suis allée voir la programmation dans le site Internet et j’ai décidé de m’inscrire avec une amie.» Depuis 2004, année de la première édition, elle y est retournée chaque année pour les conférenciers, les débats enflammés et les rencontres.Pour elle, c’est une façon d’avoir un impact sur la société.Marie-Joëlle Carbonneau n’est pas la seule.Ils sont des centaines de jeunes au Québec, dans la francophonie canadienne et ailleurs dans le monde à penser comme elle.«C’est génial de rencontrer d’autres jeunes engagés et de pouvoir échanger, discuter et débattre avec eux.C’est bien de sentir que d’autres gens veulent améliorer les choses.Ça brise le sentiment d’impuissance.» Lors de sa première participation à l’université d’été de l’Institut du nouveau monde, à 16 ans, Marie-Joëlle Carbonneau a été profondément marquée par une conférence qu’a donnée Ricardo Petrella, qui avait pour thème «Le droit de rêver un monde meilleur».Il lui avait fait comprendre à l’époque l’importance d’avoir des utopies.C’est ce qu elle défend à son tour aujourd’hui.Marie-Joëlle Carbonneau n’hésite pas à dire que l’école d’été a changé sa vie.«Ça m'a intéressée davantage à la politique», dit celle qui étudie aujourd’hui dans le cadre du baccalauréat en communication, politique et société à l’Universi-s té du Québec à Montréal.Son engagement s’est exprimé au fil des années, notamment au sein de son association étudiante, d’un club politique, d’un groupe faisant la promotion du développement durable dans sa ville natale et maintenant à l’Institut du nouveau monde.Jeu de rôle La sixième édition de l’école d’été aura lieu du 27 au 30 août prochain, à Montréal.Après une année où les élections se sont succédé au Canada, aux Etats-Unis et au Québec — sans compter la perspective d’élections municipales partout dans la province cet automne — l’Institut du nouveau monde propose aux jeunes âgés de 15 à 35 ans de réfléchir sur le thème «Et si on prenait le pouvoir».«Nous leur proposerons un genre de jeu de râles hors du commun.Nous leur offrons les rênes du pouvoir pour savoir ce qu’ils en feraient, explique Marie-Pierre Rouette, coordonnatrice de l’événement.Nous leur demanderons ce qu’ils auraient à proposer pour l’environnement, la justice sociale, la diversité culturelle ou les arts.» Des dizaines de conférences, de tables rondes et d’ateliers découleront de cette prémisse.Selon Marie-Pierre Rouette, cette réflexion sous-tend la question de la désaffection électorale, alors que les taux de participation dégringolent d’année en année.«Il y a une réelle dissonance entre l’extrême dynamisme qu’on voit chez les jeunes et ce qui se passe en période électorale.Pourquoi?C’est ce questionnement qui nous a donné l’idée du thème.» Des invités de marque Encore cette fois-ci, une foule de conférenciers de renom participeront à l’école d’été.Impossible à ce moment-ci de savoir précisément qui sera de l’événement.On nous promet toutefois des personnalités issues de tous les horizons, qui ont marqué l’actualité dans la dernière année.L’an dernier, l’école d’été a accueilli de grosses pointures, comme Jean-Pascal van Yperse-le, corécipiendaire du prix Nobel de la paix en 2007 avec Al Gore, Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, journal qui a publié des caricatures de Mahomet, le cinéaste Hugo Latulippe, pour ses Manifestes en série, ou encore Joé Juneau, ex-joueur de la LNH et responsable du hockey-étude au Nunavik.Le choix des conférenciers se fait sans parti pris idéologique, promet la coordonnatrice.«On essaye d’inviter des leaders de tous les horizons politiques.On a eu, entre autres, l’adéquiste Mario Dumont, Françoise David, porte-parole de Québec solidaire, Bernard Lord, ancien premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick, et Raymond Gravel, prêtre et exdéputé bloquiste.» Encore cette année, le premier ministre Stephen Harper a été invité à titre de conférencier.Il a toutefois décliné l’offre.Ambiance festive On a beau avoir les deux pieds en classe, l’apprentissage se fait en douceur, soutient Marie-Joëlle Carbonneau.«Tu n’as pas le sentiment d’être à l'école.Il y a un plaisir à trouver ensemble les façons d’améliorer la société.» De plus, en soirée, les participants peuvent assister à toutes sortes d’activités artistiques, comme des ciné-débats, des cabarets citoyens ou des activités théâtrales.Pour sa part, Marie-Pierre Rouette parle d’une ambiance effervescente.«Il y a des jeunes qui viennent des quatre coins de la province, des autochtones, des Franco-Canadiens et des jeunes provenant de partout dans le monde.C’est un pot-pourri de gens superengagés et très motivés, qui ont un intérêt pour l’actualité et la politique.C’est un mélange d’ingrédients qui donne un climat hyperstimulant!» Marie-Joëlle Carbonneau abonde dans le même sens.«C’est une bouffée d’énergie avant de retourner à l’université ou au travail en septembre, dit-elle.Ça nous donne plein d’idées pour continuer à s’engager durant l’année.» ¦ Les inscriptions débutent en avril.Pour plus de détails: www.inm.qc.ca.Mille et une images en un clin d’oeil il u» m umiAAÀiuuuwMi un nui i uuiuwwuuiuuwiiuiiwmi vuuiiuiuiiiuuuuuiiivivi uiiumwvuuuiui ouiuviv '» f m mm HW ‘i / L>J£I UNIVERSITE DE LEADERS Notre valeur ajoutée aux études supérieures L’Université de Sherbrooke place l’étudiante et l’étudiant au cœur de sa mission.Aux cycles supérieurs, de nombreuses conditions d’études traduisent cet engagement.¦ Une politique qui protège la propriété intellectuelle de tous les étudiants et étudiantes • Un régime de partenariat pour des études de maîtrise et de doctorat en milieu de travail • Des infrastructures ultramodernes accessibles aux étudiants • Un milieu favorisant la qualité de vie et la conciliation études-famille • Le libre accès au transport en commun 9 facultés 70 chaires de recherche Près de 250 programmes aux 2e et 3e cycles Plus de 100 programmes offerts au Campus de Longueuil www.USherbrooke.ca/etudes-superieures UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE
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