Le devoir, 17 mars 2005, Cahier B
IRAK Washington rappelle Berlusconi à l’ordre Page B 5 ECONOMIE LE DEVOIR.LE J E T D I 17 MARS 2 0 0 5 ««musées CULTURE Les musées veulent 18 millions de Québec Page B 8 PERSPECTIVES Pilule anti-Jetsgo À la première réaction, U peut être légitime de faire appel aux pouvoirs publics afin que le législateur protège mieux le consommateur contre des fermetures sauvages à la Jetsgo.En deuxième lecture, on se rend trop souvent compte que de telles revendications peuvent difficilement recevoir une écoute favorable lorsque cette façon de faire dénoncée n’est pas, au bout du compte, une pratique d’industrie.La fermeture de Jetsgo a été sauvage.L’annonce, faite par communiqué, est apparue sur les fils de presse à minuit dix dans la nuit de jeudi à vendredi dernier.Avec effet immédiat.Une décision qui a laissé en plan 17 000 passagers — appelés à trouver seuls une autre solution — et qui a retiré leur emploi à quelque 1200 personnes.Un tel choc aurait-il pu être adouci?Jusqu’où le législateur peut-il intervenir afin d’éviter une répétition d’un tel scénario?En définitive, peut-on protéger complètement le consommateur contre les pratiques d’un capitaliste pur œuvrant au sein d’une industrie on ne peut plus capitaliste?Au milieu des années 90, alors que les cendres de Nationair étaient encore chaudes, Ottawa était intervenu afin de mettre un terme au chaos qui prévalait alors dans un segment de l’industrie du transport aérien, celui du vol nolisé.A cette époque, n'importe qui Gérard pouvait s’improviser charter.A pei-Bérubé ne Nationair venait-elle de plier l’échine que des Fortünair, Desti-nair et Triton se bousculaient aux portes pour avoir leur .place au soleil aux côtés des joueurs présents tels Transat, Royal, Canada 3000 et Air Club International C’était beaucoup de monde pour un marché, celui du voyage-vacances, somme toute restreint De ces joueurs, dix ans phis tard, ü ne reste phis que Transat Le gouvernement fédéral avait alors sonné la fin de la récréation.Ne sera plus transporteur qui veut avait-il claironné.De nouvelles balises ont donc été mises en place, venant entre autres modifier les préalables à l’obtention d’une licence dans le segment du vol nolisé.Les conditions d’octroi de telles licences ont été resserrées.Si, auparavant, il fallait faire la preuve de sa citoyenneté canadienne, démontrer qu'on détenait les polices d’assurances requises et avoir un permis d’exploitation délivré par Transports Canada, le tout était désormais accompagné de tests de santé financière permettant de poser un diagnostic sur la capitalisation et les liquidités du transporteur en gestation.Afin de prouver le sérieux du nouveau transporteur, le législateur mettait également fin à une pratique, courante à l’époque, qui consistait à financer le lancement de l’entreprise par une prévente de billets.Il était désormais interdit aux aspirants transporteurs de procéder à la vente de billets avant l’obtention de leur licence.Mais tout cela valait pour le lancement d’une compagnie aérienne et dans un segment précis, celui du vol nolisé.Une fois le contrôle à l'entrée effectué, que faire lorsque la situation financière de la compagnie aérienne se détériore en cours d’exploitation?Dans le cas de Jetsgo, lancé en juin 2002, le premier exercice aurait été rentable, avec un bénéfice de 781 000 $.Le deuxième, clos en juin 2004, s’est soldé par une perte de 9,6 millions.Déjà, en mars 2004, les doutes planaient sur la rentabilité de Jetsgo, mais Michel Leblanc avait coupé court aux rumeurs en faisant l’annonce-surprise d’une injection de 25 millions venant d’une institution financière américaine.La situation s’est détériorée par la suite, amplifiée par l’explosion du prix du kérosène, les documents déposés en cour faisant état d’une perte de 55 millions pendant la période terminée le 28 février 2005, dont 22 millions uniquement depuis janvier.Difficile, donc, de sonner l’alarme.Une alarme qui, venant d’un gouvernement, n’aurait eu pour conséquence que de précipiter un scénario qui peut toujours être évité.La mise de fond salvatrice de mars 2004 aurait-elle été possible si un quelconque avertissement avait été émis peu avant?Souvent la situation dégénère rapidement dès qu’un transporteur commence à éprouver des difficulté à couvrir ses frais d’utilisation des installations aéroportuaires et des systèmes de navigation aérienne.Mais que peut faire l’autorité réglementaire lorsque ces secousses surviennent dans une conjoncture difficile comme celle qui prévaut à l’heure actuelle?Que peut-il faire d’autre que d’être patient tout en s'assurant que la précarité ne compromette pas la sécurité des passagers?Les signaux étaient pourtant visibles.Dès décembre, Jetsgo multipliait les offres promotionnelles non viables d’un point de vue économique.Le 3 décembre, le transporteur proposait des vols à 19 $ et 49 $ à partir de Toronto, d’Ottawa ou de Montréal Le 6 décembre, il offrait desvolsà 19 $ et à 49$ vers ces trois mêmes villes à partir delà ^upart des destinations canadiennes et de New York.Le 3 janvier, Jetsgo proposait son solde d’après Noël sur des vols à partir de Toronto pour 29,05 $.Puis, le 1" février, c’était la grande promotion à 1 $ sur les vols en partance de Toronto.Tout cela avec, pour préalable, l’achat d'un billet dans l’autre sens au prix régulier.Visiblement Jetsgo souffrait alors d'un besoin de liquidités.Les documents de la cour ont démontré qu’à la fin, le transporteur finançait ses activités avec de l’argent encaissé sur des engagements à venir.Le fait d’exiger que cet argent soit conservé en fiducie n'aurait eu pour conséquence que de clouer plus tôt au sol les avions de Jetsgo.Pour ce qui est de la façon de faire retenue par Michel Leblanc, en quoi ces garde-fous auraient-il permis un scénario différent CHOIJAK KU AhT «4* Ki 'a?LARRY W.SMITH STRING K R AFP PETER M'JHLY, MIKE BLAKE REUTERS Hank Greenberg (AIG), Harry Stonecipher (Boeing), Michael Eisner (Disney) et Carly Fiorina (Hewlett-Packard) ont tous été limogés récemment de leur poste de p.-d.g.Les têtes tombent au sommet des entreprises américaines La valse des p.-d.g.illustre la montée en force des actionnaires VÉRONIQUE DUPONT New York — Hank Greenberg chez AIG, Carly Fiorina chez Hewlett-Packard, Michael Eisner chez Disney.Les têtes des p.-d.g.tombent dans les grandes entreprises américaines, où les conseils d’administration comme les actionnaires exercent de plus en plus leur contre-pouvoir.•Nous assistons à un changement significatif et ce qui se passe est très important», affirme Hugh Johnson, directeur des investissements de Johnson Elingon Advisors.Lundi soir, le conseil d’administration de AIG, le premier groupe d'assurances mondial a iras un terme au règne de près de 40 ans de son p.-d.g.Hank Greenbeig à la suite d’une enquête sur une transaction qui aurait visé à gonfler les comptes du groupe.La veille, le conseil d'administration du géant des médias et du divertissement Disney annonçait le départ de son p.-d.g.de 20 ans, Michael Eisner.La semaine dernière, c’est Harry Stonecipher, un patron pourtant très respecté, qui quittait précipitamment la direction de Boeing après des révélations sur sa liaison avec une cadre supérieure du groupe.Quelques semaines auparavant, Carly Fiorina, la très charismatique ex-p.-d.g.de Hewlett-Packard, était limogée brutalement par le conseil d’administration dans la foulée de résultats financiers jugés insuffisants et d’une fusion avec Compaq estimée ratée.Le même sort avait été réservé, fin décembre, à Franklin Raines, le patron de Fannie Mae, le plus important organisme américain de refinancement des prêts hypothécaires, à cause d’un scandale comptable.Garde-fou •Historiquement, les conseils d’administration n’étaient pas aussi préoccupés par la gouvernance d'entreprise qu’ils auraient dû l’être aux États-Unis», explique Alenka Grealish, du cabinet de recherche et de consulting Celent.»Et comme des p.-d.g.se savaient sans gardefou, cela a donné des décisions qui n'étaient pas dans le meilleur intérêt des actionnaires», ajoute-t-elle, en précisant que «souvent, le p.-d.g.était lui-même le président du conseil d’administration, ce qui éliminait la fonction de surveillance du conseil d’administration».VOIR PAGE B 4: TÊTES Les conseils d’administration comme les actionnaires exercent de plus en plus leur contre-pouvoir Wal-Mart : Brossard votera le 1er avril FRANÇOIS DESJARDINS Alors que le syndicat des quelque 200 salariés du magasin de Wal-Mart à Saint-Hyacinthe prenait place à la table de négociations hier pour présenter son projet de contrat de travail à l’entreprise, il fourbissait également ses armes en vue du vote secret auquel seront conviés dans deux semaines les employés d'une autre succursale, celle de Brossard.Les efforts de syndicalisation du magasin de Brossard, qui pourrait ainsi devenir le troisième Wal-Mart syndiqué en Amô rique du Nord, ont pris des allures de marathon au fil du temps.Le dénouement aura lieu le 1" avril, plus de 150 employés devant passer derrière l’isoloir huit mois après le dépôt de leur requête en accréditation, en juillet 2004.«Nous sommes confiants par rapport au résultat», a indiqué hier le président de la section locale 501 des Travailleurs unis de l’alimem tation et du commerce, Yvon Bellemare.Pourquoi passer au vote?C’est la Commission des VOIR PAGE B 4: WAL-MART Le magasin pourrait devenir le troisième Wal-Mart syndiqué en Amérique du Nord Le pétrole franchit la barre des 56 $US New York — Les prix du pétrole ont inscrit de nouveaux records historiques hier à Londres et à New York, portés par les inquiétudes que l’offre de brut en 2005 ne parvienne pas à satisfaire la demande mondiale qui ne montre toujours pas de .signe d’accalmie.A New York, le baril de light sweet crude a dépassé le seuil de 56 $US pour la première fois depuis le début de sa cotation en 1983.Il a grimpé jusqu’à 56,60 $US, un nouveau record historique, avant de clôturer en hausse de 1,41 $US, à 56,46 $US.Il a ainsi battu son précédent record de 55,67 $US datant de la fin octobre.A Londres aussi, le Brent de la mer du Nord s’est hissé à un nouveau record à 54,95 SUS.Sur la séance, le baril a gagné 95 CUS, à 54,80 $US.•C’est comme si la réunion de l'OPEP n’avait pas eu lieu», a constaté Marshall Steeves, analyste de Refco.•Ce qui préoccupe les gens, c'est de savoir si la croissance des approvisionnements va parvenir à suivre le rythme de la demande.Cette question reste sans réponse», a résumé M.Steeves.Augmentation du plafond L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEF) a décidé hier à Ispahan, en Iran, d’augmenter immédiatement son plafond de production de 500 000 barils par jour, à 27,5 millions de barils par jour (mbj), comme le souhaitait l’Arabie Saoudite et comme le prévoyait le marché.Le cartel prévoit aussi une hausse supplémentaire de 500 000 barils par jour si les prix restent élevés d’ici à fa réunion de juin.•Ce qui a vraiment fait exploser le marché, ce sont les stocks d’essence qui ont baissé mais personne ne s'at-tendait à ce que ce soit si important.Cela montre que la demande reste solide face à la hausse des prix à la pompe», a souligné Marshall Steeves.Les stocks d'essence ont reculé de 2,9 millions de barils (mb), à 221,4 mb, la semaine dernière aux Etats-Unis, a rapporté hier le ministère américain de l’Energie, bien plus que 1a baisse d’un million de barils attendue.De son côté, l’Institut américain du pétrole (API), privé, a signalé une chute de 4,55 mb, à 219,04 mb, des stocks d’essence, selon des courtiers sur le marché.VOIR PAGE B 4: PÉTROLE RAHEB HOMAVANDI REUTERS Le marché n'a pas tenu compte des mesures annoncées à l’issue de la réunion de l’OPEP.w ûrûmary Meeting olttie OPEC Conference | YJKIhIE R-I*.Will',.I t.tAisn l LE DEVOIR LE JEUDI 17 MARS 2005 B 2 LE MARCHÉ BOURSIER taira 2«» 42019 «c*tfc«GGrocio MnOrco üûüG ^BF 111673 16617 K5ÛC 26040 26«K -0470 19953Î 3936C ï?,j 36’5C -CiOt r« 96K 9512 3 ex -0.920 _____C 30427a 64K éiQC 6220 -C 275 fctHfeEfl*02arti des Démocrates de gauche (DS, ex-communistes), la principale tone de l’opposition.•On ne peut ni ne doit jouer avec la dignité de notre pays», s’est pour sa part indigné le chef de l’opposition et ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi.Il n’est pas possible de fixer un soir le début du retrait des troupes et «de foire marche arriére 24 heures plus tard parce qu’on a été rappelé à l’ordre.Cest contraire aux règles les plus élémentaires de la politique», a-t-il ajouté.Agence France-Presse Crise en Bolivie Mesa annonce des élections La Paz — Incapable de résoudre la crise sociale bolivienne cristallisée autour d’une loi sur les hydrocarbures qui ne trouve aucun consensus, le président Carlos Mesa a proposé une remise à plat du paysage politique avec l’organisation d’élections générales le 28 août.Dans un discours radiotélévisé dans la nuit de mardi à hier, le président a annoncé, la voix cassée, qu’il allait proposer, pour sortir de la crise et du blocus des routes, des élections générales (présidentielle et législatives) le 28 août 2(X)5 et le retrait de son projet de loi controversé sur les hydrocarbures.Pendant ce temps, hier au petit matin, fa Chambre des députés a adopté un projet de loi sur les hydrocarbures qui établit à 18 % les royalties et à 32 % les impôts sans compensations ni déductions que devront payer les compagnies pétrolières actives en Bolivie.Ce projet est plus contraignant que celui de Carlos Mesa (centriste) mais un peu moins dur que celui du leader du Mouvement vers le socialisme (MAS, gauche), Evo Morales, qui exigeait 50 % de royalties.Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par le Sénat puis promulgué par le président de fa République, lequel a déjà annoncé qu’il y mettra son veto.Le texte peut malgré tout être ensuite envoyé au Congrès et adopté sans son accord.«Ce n’est pas un succès complet, mais le peuple bolivien a gagné», a affirmé Evo Morales en annonçant que les planteurs de coca allaient commencer à débloquer les roules du centre du pays.Pour apparemment clarifier 1a situation politique du pays, M.Mesa, au pouvoir depuis octobre 2003 et dont le mandat aurait dû se terminer le 7 août 2007, va proposer des élections pour remplacer le président, le vice-président et les 157 députés de la Chambre et du Sénat Estimant le pays ingouvernable», Carlos Mesa avait présenté sa démission la semaine dernière au Congrès, qui l’avait reftisée.Le président avait alors conclu une alliance avec les partis traditionnels du centre et de droite mais n’était pas parvenu à rallier le MAS d’Eve Morales, fa Centrale ouvrière bolivienne (COB) ni les mouvements indiens et le puissant syndicat des planteurs de coca Tout en bénéficiant d’une cote de popularité de plus de 60 %, M.Mesa ancien journaliste et historien, est à 51 ans un homme seul sans parti politique cherchant des appuis au gré de ses projets.Il n’a pas réussi à convaincre M.Morales, 46 ans, son principal opposant et possible candidat à fa présidence de fa République, de se rallierà son projet de loi sur les hydrocarbures.Député, dirigeant des planteurs de coca et du MAS, Evo Morales a formé un front avec fa COB empêchant tout accord avec le gouvernement centriste et les partis modérés.Evo Morales soutenait un projet de loi beaucoup plus radical que celui du gouvernement pour le secteur dçs hydrocarbures, fixant à 50 % les royalties à verser à l’État boliviea Vingt-six compagnies pétrolières dont Total (France), Petrobas Orésfl), British Gaz (Grande-Bretagne), Exxon Mobil (États-Unis), Repsol (Espagne) et Plus Petrol (Argentine) détiennent 70 contrats qui risquent d’être annulés si le projet de loi sur les hydrocarbures est définitivement adopté.La Bolivie (neuf millions d’habitants) détient avec 1550 milliards de mètres cubes la deuxième réserve de gaz d’Amérique du Sud après celle du Venezuela Des extrémistes juifs veulent investir l’esplanade des Mosquées E N BREF conflit israélo-arabe se poursuit «La résistance est un facteur deforce essentiel du Liban.On nous demande de désarmer pour que le Liban reste sans défense», a déclaré cheikh Nasralfah.M.Bush a affirmé mardi que le Hezbollah devait prouver qu’il n’est pas une organisation terroriste en désarmant et en soutenant le processus de paix au Proche-Orient -AFP L’ONU menacée au Darfour Khartoupn — L’ONU a retiré tout son personnel expatrié de l’État du Soudan occidental face aux menaces formulées par des milices arabes, a déclaré hier l’émissaire spécial des Nations unies au Soudan.Jan Pronk a déclaré dans un entretien accordé à Reuters que le gouvernement avait certes pris des mesures pour désarmer les milices arabes, dites djandjaouids, dans l’État du Darfour occidental mais que c’était encore insuffisant Les djandjaouids sont accusés de mener une campagne d'intimidations à base de viols, de meurtres, de pillages et d’incendies dans les villages non arabes du Darfour.«Les milices djandjaouids ont annoncé qu ’elles viseraient à présent tous les étrangers et les convois humanitaires de l’ONU, nous avons donc transféré tout notre personnel à el-Geneina», a expliqué Pronk.Les miliciens ont transmis cet avertissement en l’adressant aux chauffeurs des camions de l’ONU dont fls ont saisi le chargement a-t-il précisé.Des responsables de la sécurité de l’ONU sont actuellement en train d’évaluer fa crédibilité des menaces formulées par les milices.- Reuters ritaire limité aux Palestiniens dans fa région de Jéricho en Cisjordanie, où des soldats israéliens sont toujours postés au principal barrage.L’armée a retiré dans 1a matinée les blocs de béton qui servaient à filtrer le passage au principal barrage israélien à l’entrée sud de fa viDe, sur fa route principale fa reliant à Jérusalem.La police palestinienne a établi son propre barrage à un kilomètre plus au sud pour contrôler les voitures entrant dans fa ville et empêcher les Israéliens d’y pénétrer, comme l’exige Israël.L’armée a évacué le barrage d’aLDouyouk au nord-ouest de fa ville, ce qui devrait permettre une circulation sans entrave entre Jéricho et Ramallah.D’autres blocs de béton bloquant fa route reliant Jéricho à N» plouse resteront en revanche en place à ce stade et pourraient être enlevés phis tard.«Accalmie limitée» Enfin, les Brigades des martyrs d’al-Aqsa, liées au Fatah, le mouvement du dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, ont proclamé hier dans un communiqué leur opposition à un «cessez-lefeu de longue durée» et préconisé une «accalmie limitée» dans les attaques antiisraéliennes.•Nous sommes prêts à une accalmie limitée, à condition que l’ennemi [israélien] cesse ses assassinats, ses incursions et libère les prisonniers [palestiniens]», a précisé le communiqué du grpoupe.Les Brigades des martyrs d’al-Aqsa ont ainsi adopté 1a même position que le Hamas, le principal mouvement islamiste radical palestinien.L’Autorité palestinienne menée par M.Abbas et dit férentes formations palestiniennes réunies au Caire s’orientaient hier vers un accord sur 1a poursuite de r«accalmie».Associated Press et Agence France-Presse Agence France-Presse LE DEVOIR.LE JEUDI 17 MARS 2 0 0 5 B 6 ES SPORTS Guy Lafleur veut plus d’argent mais ne veut pas quitter le Canadien HORS-JEU Une bonne émeute SH AU N BEST REUTERS Guy Lafleur (à gauche) en compagnie du propriétaire du Canadien, George Gillett, et d’Henri Richard, lors de la vente de l’équipe par Moïson.BILL BEACON Guy Lafleur a refusé la demande du Canadien de laisser tomber son emploi d’ambassadeur durant le lock-out, mais ne veut pas quitter l’organisation.Son agent, Jean Roy, a fait savoir hier que Lafleur préférait laisser expirer son contrat de trois ans en acceptant que le paiement de son salaire soit différé jusqu’à la reprise des activités dans la Ligue nationale.L’ancien numéro 10 aimerait ensuite renégocier une nouvelle entente.Même si un article du Journal de Montréal pouvait laisser entendre qu’il est en mauvais termes avec l’organisation du Canadien, Roy a insisté pour dire que lafleur n’est pas du tout en guerre contre l’équipe qu’il a si bien servie.Cela dit, Roy a reconnu que Lafleur a été surpris d’apprendre que Darryl Sittler gagnait 200 000 $ par année, soit plus du double de son salaire, pour à peu près le même travail au sein de l’oiganisa-üon des Maple leafs de Toronto et qu’il allait réclamer plus d’argent •Mais nous ne disons pas qu ’il ne veut pas rester avec le Canadien», a précisé Roy.Le Canadien a demandé à ses cinq ambassadeurs de cesser leur travail durant le lock-out, en échange de quoi une année sera ajoutée à leur contrat quand le jeu va reprendre et qu’ils recommenceront à travailler et être payés.Jean Béliveau, Henri Richard, Yvan Cournoyer et Réjean Houle ont tous accepté.Le salaire de Lafleur a aussi été retenu mais il a récemment été payé pour cinq mois de travail.Son contrat doit venir à expiration le 31 mars mais il a offert de continuer à travailler pour les mêmes conditions jusqu’au 31 mai parce qu’il est encore invité à différents événements.Son contrat stipule qu’il doit faire entre 12 et 15 apparitions à des banquets, tournois de golf et autres événements du genre.Houle, l’ancien joueur et directeur général qui gère le programme des ambassadeurs, a déclaré qu’il s’attend à voir Lafleur et le Canadien renouveler leur entente une fois le lock-out terminé.•D’après ce que j’en sais, il n’y a pas de problème, a-t-il dit Pour les ambassadeurs, comme pour d'autres employés, il y a moins d’ouvrage à cause du lock-out.Je pense qu'à la fin de l’année, lorsque le lock-out sera terminé, on va voir messieurs Roy et Pierre Boivin [le président du Canadien) s’asseoir ensemble et négocier une entente.» Concernant le contrat de Sittler, Houle a déclaré: •Toronto est Toronto et Montréal est Montréal — ce sont des marchés différents.Et ici nous sommes cinq ambassadeurs, ce qui fait que nos apparitions sont [plus] dispersées.» Lafleur est aussi propriétaire d’une concession de restaurant Mike’s à Berthierville et appuie des compagnies comme Pfeizer, pour Viagra, et Siemens.Presse canadienne EN BREF FORMULE 1 Eric Lucas pourrait affronter l’Italien Cristian Sanavia le 3 juin S’il l’emporte face à James Crawford, demain soir au Centre Bell, Eric Lucas pourrait livrer son prochain combat au Québec contre l’Italien Cristian Sanavia le 3 juin.Sanavia est l’aspirant numéro deux à la couronne des supermoyens WBC détenu par l’Alix mand Markus Beyer.«Sanavia a un style qui rappelle celui de Beyer, explique l’entraineur Stéphane La-rouche.Cest un gaucher qui excelle dans la contre-attaque.» L’Italien a battu Beyer par décision partagée le 5 juin 2004.L’Allemand a pris sa revanche quelques mois plus tard, l’emportant par K.-0.Sanavia doit remonter dans le ring en avril.«R doit affronter le Russe Vitaly Tsypko le 23 avril», fait valoir Larouche.Quant à Beyer, il peut attendre im an avant de défendre sa couronne face à l’aspirant numéro un Scott Pemberton.D’ici là, il pourrait affronter un boxeur du «top 10» en septembre.-PC Sauber envisagerait déjà de remplacer Jacques Villeneuve, selon la revue Autosport Londres — Sauber-Petronas envisage de remplacer Jacques Villeneuve s'il n’améliore pas ses performances lors des prochains Grands Prix, selon ce que révèle le magazine britannique Autosport, qui précise que l’écurie suisse a déjà entrepris des pourparlers avec le pilote essayeur de BAR-Honda, Anthony Davidson.Toujours selon Autosport, Sauber aurait le droit de congédier Villeneuve en vertu de clauses reliées aux performances dans son contrat de deux ans.Peter Sauber a confié publiquement qu’il n’avait pas aimé la performance de Ville-neuve lors du premier Grand Prix de la saison en Australie.Parti de la quatrième place après avoir profité d’un gros coup de pouce de Dame Nature lors des qualifications, le pilote d'origine québécoise a complété la course au 13' rang, tandis que son coéquipier brésilien Felipe Massa partait de la 18' place pour remonter à la 10'.Villeneuve s’est défendu en disant que l’équipe avait peu fait pour l’aider à s’ajuster à sa nouvelle voiture.•Il faut faire des ajustements des deux côtés», a-t-il déclaré à Autosport.Sauber a nié vouloir remplacer Villeneuve mais a reconnu être déçu par ses performances jusqu’ici.•Il va sans dire que ni Jacques ni l’équipe n’étaient satisfaits du résultat en Australie, a-t-on dit à Autosport.Il est également clair qu'il serait prématuré de tirer quelque conclusion que ce soit après une seule course, surtout aussi inhabituelle que celle de Melbourne.» Le deuxième Grand Prix de la saison sera disputé en fin de semaine en Malaisie, où Villeneuve et toute l’équipe Sauber se retrouvent depuis le début de la semaine pour faire la promotion de Petronas, leur conunanditaire principal.Davidson, un Britannique, possède un contrat à long terme chez BAR-Honda et même si on lui fournissait l’occasion de courir ailleurs cette saison, il est probable qu’on voudrait conserver ses droits pour 2006 au cas où Jenson Button passerait chez Williams.Presse canadienne Jacques Villeneuve Jean Dion Nous y voici donc.Tel qu’annoncé ici même en primeur la semaine passée, il y a 50 tours du Soleil autour de la Terre* aujourd’hui même se produisait l’émeute du Forum.Bien sûr, il est à peine 7h30 du matin et vous avez déjà plein l’avec pas de casque d’en entendre parler puisque tous ce qui se trouve de médias d’information a décidé de beurrer mur à mur là-dessus.Remarquez, il ne faut pas leur en vouloir: les zexperts du sport professionnel bonsoir n’ont pas tous les jours l’occasion de faire semblant de faire de la sociologie.En plus, ils ont pris goût à la chose: voilà plusieurs mois qu’ils n’arrêtent pas de parler d’économie et de relations de travail et qu’ils ont appris à situer que si l’Europe était une patinoire, la Suisse serait comme une espèce de sorte de zone neutre.(* Tout à fait, ce n’est pas une faute de frappe.Dans la secte géocentriste que j’ai fait incorporer l’autre jour, nous croyons que le Soleil tourne autour de la Terre et que l’univers entier tourne autour du Plateau Mont-Royal.Nous avons d’ailleurs déjà commencé à faire du recrutement auprès des 23 % d’Américains qui, selon une récente enquête, pensent qu’une éclipse lunaire est provoquée par le passage du Soleil entre la Terre et la Lune.Ce qui contribuerait, en conclus-je après mûre réflexion, au phénomène du réchauffement de la planète et à l’essor de l’industrie de la crème indice 45.) De nos jours, l’émeute du Forum ne pourrait plus se produire.Il existe plusieurs motifs pour expliquer ce fait, suffisamment en tout cas pour organiser un colloque.Il vous est du reste loisible d’élaborer les vôtres et d’en faire étalage et un tabac lors de votre prochain brunch déjeuna-toire mondain.1.Au Forum, on présente maintenant des films de cinéma.Or les gens qui vont voir des films aiment toujours les films qu’ils vont voir afin de ne pas passer pour des poissons qui ont payé 12 $ pour un navet, déjà qu’ils ne sont pas fiers d’avoir déboursé huit prisses pour un maïs soufflé refroidi re- f J* * * M * » DE PLUS EN PLUS SOUVENT POUR VOUS REFAIRE?ESOIN D’AIDE.1800 461-0140 (JEU : AIDE El RÉFÉRENCE) /, WmSm VOUS JOU vous ave: couvert de garaiture qui, même si elle apercevait une vache à deux pieds, ne saurait même pas qu’elle n’est même pas proche d’être ce qui ressemble vaguement à un ersatz de beurre.2.Les jeunes, forces vives de ri révolte exprimée dans les artères urbaines, sont bien plus préoccupés par leurs prêts et bourses égoïstes que par l’ouverture au monde que permet le hockey.3.Le soulèvement de 1955 avait > commencé lorsque des oeufs ou des tomates, voire les deux, avaient été lancés en direction du président de la ligue nationale, Clarence Campbell, présent dans les gradins.Or le président actuel, Gary Bettman, n'a jamais assisté à un match de hockey de sa vie.4.Si on suspendait le capitaine du Canadien pour le reste de la saison et les séries, le peuple éprouverait des difficultés identitaires à se sentir attaqué dans sa fibre finlandaise.5.Les gens ne pourraient pas être fâchés que l’on suspende le capitaine pour les séries puisque le Canadien n’y participerait pas.6.Le seul employé du Canadien qui s’appelle Maurice est préposé aux roteux.7.Y a même pas de hockey.N’empêche, que de souvenirs.Ça nous prendrait d’ailleurs une bonne émeute pour nous remettre sur le piton.On s’empâte, quelque part Et puis, cela étant, il serait téméraire d’oublier que le 17 mars 1955 fut aussi adopté l’arrêté ministériel concernant le régime des après-midis libres aux écoles primaires et primaires supérieures par le gouvernement du grand-duché du Luxembourg.Mais ça, on sait bien, on n’en parle pas.On préfère vous garder dans l’ignorance.Cela sert le pouvoir.?D n’y a pas que vous qui ayez le droit de vous amuser sainement avec des audiences.Les Améri- 1 -.cains aussi peuvent Et vont Aujourd’hui, un comité de la Chambre des, représentants du ¦ Congrès des Etats-Unis tient des audiences sur la question de l’usage des stéroïdes anabolisants au baseball majeur.Si Ton avait à faire des prédictions, on pourrait prédire qu’il s’agira d’une espèce de sorte de commission Gomery, où personne n’aura rien fait, où personne ne se souviendra de rien et où tout sera la faute des autres.De plus, le comité a fait savoir que les travaux ne débouche- ¦ ront pas sur un projet de loi et que les témoins qui le demanderont pourront jouir d’une immunité et ne seront donc pas poursuivis en justice même si leurs révélations le justifiaient Bref, il ne se passera rien.Pour avoir une idée de ce que la chose recèle en potentiel de rigolade, il suffit de prendre connaissance des prétextes invoqués ini- ' tialement par certains joueurs pour ne pas se présenter devant le • comité, ce qu’ils devront cependant faire puisqu’ils ont reçu des citations à comparaître.A défaut et.ils s’exposent à être accusés d’outrage au Congrès.i.i > Ainsi Curt Schilling, des Red Sox de Boston, a-t-il comparé l’audience à «une nouvelle chasse aux sorcières à la McCarthy».Rafael a Palmeiro, des Orioles de Baltimore, a signalé que sa comparution se déroulerait le jour de l’anniversaire de son épouse.Et Frank — Thomas, des White Sox de Chicago, a dit craindre que le vol vers Washington n’ait des répercussions néfastes sur sa circulation sanguine et n’aggrave une blessu-re à la cheville.j Pour ma part, j’ai été invité à 'ï-titre de possesseur d'un très gros \ mental gonflé à l’androstenedion, 'y, ainsi nommé en l’honneur de mon frère Androstene, mais j’ai des dé- J' barbouillettes à repasser.Et si ce ; n’était suffisant comme excuse, j'ai également un billet pour Wa- *î shington sur les ailes de Jetsgo.1 ‘ ?J»’ Avec tout ça, il ne faudrait pas -* oublier qu’aujourd’hui débute >; pour vrai le grand tournoi de *T basketball universitaire aux « *'¦ USA.Ils ne sont pas en grève, les étudiants, là-bas, non mes- ••l-sieurs dames.Ils sont occupés à 7-*! se préparer un avenir en lançant 'T des ballons jaune orange brûlé dans des paniers percés.(De fait, selon les derniers chiffres • disponibles, seules 23 des 65 équipes représentées au tournoi ont vu plus de la moitié de leurs joueurs réussir leur année scolaire en 2003-04.) On aura 1 occasion d'y revenir même si ça ne vous tente pas, , mais sachez d’ores que North -Carolina, Boston College, Ken- '* tucky et Wake Forest formeront v le carré d as.J’ai vu ça dans mes t*.Alpha-Bits.»Z jdiorfa ledevoir.com I WÊÊÊÊtÊÊÊ LE DEVOIR.LE JEUDI 17 MARS 2 0 0 5 Culture_______ Raymond Cloutier rencontre la ministre Lyne Beauchamp.Ce soir à 20 h ?951 ULTURE MUSIQUE Musique sacrée Soirée au Festival de Fribourg en Suisse.Ce soir à 20 h PARIS A S S 1 Alanis Obomsawin est saluée au Festival des films de femmes MICHEL DOLBEC Paris — Le très respecté Festival international des films de femmes de Créteil, dans l’immédiate banlieue parisienne, rend hommage à la réalisatrice abénakise Alanis Obomsawin.Le festival, qui tient en ce moment sa 27' présentation, consacre à la grande documentaliste de la cause autochtone une rétrospective regroupant 11 de ses 20 films, tous produits par l’ONF, dont elle est une des figures emblématiques.Parmi eux figurent Kanesatake, 270 ans de résistance, sur la crise amérindienne de 1990, et Pluie de pierres à Wiskey Trench, qui raconte le caillassage par des Blancs des voitures des familles mohawks à leur sortie de Kahnawake.Incident à Restigouche, sur l’intervention policière de 1981 contre les pêcheurs micmacs, et La Survie de nos enfants, tourné lors de son retour dans cette réserve en 2003, sont aussi au programme.L’hommage rendu à la Québécoise, née en 1932 au New Hampshire mais élevée dans la réserve d'Odanak, est sans précédent à deux titres: Mme Obomsawin est à la fois la première Amérindienne et la première Québécoise honorée de la sorte par le festival de Créteil.«Son engagement est total», juge la directrice de la manifestation, Jackie Buet «Il y a dans son œuvre un souffle extraordinaire.Elle ne tourne pas aux noms des autres, elle parle de l’intérieur.Elle est davantage qu’une documentaliste.Elle tisse dans ses films un propos sur ses propres valeurs, sa culture et [histoire des nations autochtones.» Nourris comme tout le monde de clichés sur les Québécois et les «Indiens d’Amérique», les Français découvriront en voyant ses films, une autre réalité, moins reluisante.Le journal Libération n’a d’ailleurs pas manqué de le souligner hier dans un article consacré à la réalisatrice.«Aux Français, solidaires de leurs cousins brimés par les anglophones, les films d’AIanis Obomsawin révèlent un autre versant de la mentalité québécoise, qui ne lésine pas sur les brimades à l’égard des peuples autochtones, souligne le quotidien.On est saisi de découvrir, dans ses documentaires, le racisme, le mépris, les abus de droits et , l’hystérie coercitive dont les Indiens n’auront cessé de faire I l'objet dans le Canada de la seconde moitié du XX' siècle.» Alanis Obomsawin répond qu'elle ne fait que montrer la réalité telle qu’elle est «Il ne s’agit pas de mon-I trer un autre visage des Québécois, a-t-elle expliqué en I entrevue.Je montre seulement ce qui est arrivé.Les I roches lancées par les Blancs sur les voitures qui sor-j talent de Kahnawake, c’était la réalité, même si elle ne I plaît pas à tout le monde.» Chanteuse et conteuse, Alanis Obomsawin est arrivée à la fin des années 60 à l’ONF, qui apporte, rap-I pelle-t-elle, un «soutien formidable» au cinéma autoch-I tone.D’abord conseillère, elle y a réalisé son premier film {Christmas at Moose Factory) en 1971.Les enfants occupent dans son œuvre une place centrale.Elle leur consacrera bientôt son deuxième long métrage de fiction.Le film s’intitulera Sigouane, «le printemps», en abénaki.Blandine Rannou, esthète du son CHRISTOPHE HLÎSS Elle est demain l’invitée de Luc Beauséjour dans sa série «Clavecin en concert».Personne ne la connaissait il y a seulement cinq ans, même si elle était déjà l’efficace continuiste de l’ensemble D Semi-nario musicale de Gérard Lesne.Mais depuis la parution d’une intégrale de l’œuvre de clavecin de Rameau, Blandine Rannou fait figure de personnage à part dans le monde des clavecinistes.Cette diplômée du Conservatoire de Paris, élève à Amsterdam de Bob van Asperen, n’est certainement pas adepte d'un petit clavecin crépitant dans son coin ou d'un jeu nerveux qui bouscule la mesure.Son idée est de remplir l’espace de son et de musique, quitte, sans brider le mouvement ou trahir le caractère des pièces, à prendre son temps.Les tenants et aboutissants de cette philosophie musicale sont même exposés sur Internet, à l'adresse du site de son éditeur de disques, la jeune maison fiançaise 2g Zag Territoires.Pour Blandine Rannou, «le son du clavecin se fabrique, se modèle comme de la glaise.S’il ne s’agissait que d’appuyer sur des touches, abandonnant par principe toute possibilité de variation du son, le plaisir serait effectivement bien mince.Mais on peut s’attacher à goûter ce moment où le bec soulève la corde juste avant de la faire vibrer, puis accepter de se noyer dans le son émis, le maintenir en profitant de l’enfoncement de la touche (plus ou moins moelleux selon les instruments), forcer le bois à résonner, la corde à vibrer, exiger Ut longueur du son, puis décider du moment précis où le doigt se révélera — et à quelle vitesse —, déposant doucement ou brusquement Tétouffbir sur la corde».Si vous doutiez un jour que le clavecin puisse être un instrument sensuel, vous voilà servis! Ces partis pris, on les perçoit nettement dans les enregistrements Rameau mais aussi dans ceux des Suites françaises et des Suites anglaises de Bach.On a pu reprocher à Blandine Rannou sa tempérance ou sa manière un peu didactique.Mais l'instrumentiste cherche «à créer dans la mélodie une certaine polyphonie, sous-tendue, sous-entendue, donc à entendre, à faire vivre plusieurs voix dans une et à retrouver leur cheminement pour laisser surgir le plus de résonance, le plus d’accords possible».Montréal découvrira Blandine Rannou à la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours demain dans un programme franco-allemand avec, en première partie, Louis Couperin {Prélude à l’imitation de M.Froberger), François Couperin (extraits du Troisième Ordre) et Armand-Louis Couperin {Allemande, Courante La de Croissy, L’Affligée), suivis, après la pause, du Tombeau sur la mort de Monsieur Blan-cheroche de Froberger ainsi que de la Toccata en mi mineur (BWV 914) et la Suite anglaise en sol mineur (BWV 808) de Bach.On espère qu'ils seront les véhicules témoignant du fait que «Ton peut ten- SOURCK Al Al N lAHONTf: Pour Blandine Rannou, «le son du clavecin se fabrique, se modèle comme de la glaise».ter d’enrichir la confidentialité d’un seul instrument et décider que tout est là: orchestre, danse, opéra, chant.Un clavecin immense, non restrictif, portant nos références implicites, résumant et remplaçant une infinité de mondes sonores, mais dans l’intimité de la sensation des doigts qui le touchent».BLANDINE RANNOU Récital de clavecin Le vendredi 18 mars à 20h à la chapelle N otre-Darntnle-Bon-Secours Réservations: ® (514) 748-8625 ITALIE La Scala de Milan en pleine descente aux enfers Presse canadienne EN BREF [ Sortie du nouveau film ! d’André Forcier le 8 avril Le nouveau film d’André Forcier, Les États-Unis d’Al-| bert, prendra l’affiche à Montréal, Québec, Sherbrooke et Gatineau le vepdredi 8 avril Parmi les vedettes de ce film figurent Eric Bruneau, Emilie Dequenne, | Andréa Férréol et Roy Dupuis.On y raconte l’histoire d’un jeune homme qui, en 1926, traverse les Etats-Unis | dans l’espoir de faire la conquête d’Hollywood.Les ac-[ Leurs Laurent Deshusses, Alex Descas, Marc La-brèche, Alejandro Moran, Céline Bonnier, Marie Kras-| noff, François Nadin, Alexandrine Agostini, Michel Mondy, Jute McClemens, Paul Buissonneau et Gene-I viève BrouiDette font aussi partie de cette coproduction qui réunit la France, la Suisse et le Canada.- FC CLAUDINE RENAUD Rome — Le temple de l’opéra italien, la Scala de Milan, traverse l’une des plus graves crises de son histoire quelques mois après sa rénovation spectaculaire et la réouverture de la salle du théâtre fondé en 1778, le personnel souhaitant le départ du directeur musical Riccardo Muti et du nouveau surintendant «C’est un enfer, nous vivons une crise totale et délirante», confiait hier soir sous couvert de l’anonymat un membre de la direction, en se refusant à entrer dans les détails.«C’est trop délicat, nous sommes le plus grand théâtre d’Italie et c’est forcément complexe», a-t-il dit par téléphone à l’AFP Hier matin, le personnel de la Scala, réuni en assemblée générale, a voté une motion de défiance, adoptée à la quasi-unanimité, demandant la démission du directeur musical, Riccardo Muti, 63 ans, et le départ du nouveau surintendant, Mauro Meli, transfuge de l’opéra de Cagliari et d’origine sarde.Une rumeur insistante a ensuite circulé, prêtant au maestro l’intention de céder.Interrogé par l’AFR le théâtre a indiqué que «pour le moment, le maestro Riccardo Muti n’avait pas présenté sa démission».Difficile de démêler, des problèmes d’argent, des nouvelles contraintes de travail, des joutes politiques, des susceptibilités locales, des ressentiments personnels, ce qui peut expliquer une telle dérive.Toujours est-il que le prochain concert à l’affiche, demain, a été annulé par Riccardo Muti, quelques semaines seulement après l’annulation d’une représentation de la Dame de Pique de Tchaikovski le 22 février.Le personne] s’était mis en grève.Connu pour son caractère exigeant et perfectionniste, Riccardo Muti se plaint d’un climat fait d’«insinuations, d’insultes, d’incompréhension».L’orchestre, de son côté, lui reproche notamment le limogeage de Carlo Fontana, le surintendant du théâtre avec lequel Riccardo Muti était en désaccord notoire.Le maestro préfère des opéras rares et avait eu gain de cause lors de la soirée de gala le 7 décembre, organisée en l’honneur de la réouverture de la salle historique du théâtre au cœur de Milan, avec la programmation d’Europa Riconosciuta, œuvre du compositeur Antonio Salieri.M.Fontana favorisait des œuvres populaires pour remplir les salles et dans une récente lettre ouverte, il se flatte d’avoir su attirer un nouveau public.«La situation de la Scala est grave», a déclaré M.Meli, en précisant qu’il n’avait pas encore pu mettre les pieds dans son nouveau bureau de surintendant, poste auquel il a été nommé le 24 février.D avait été appelé en mars 2003 par Riccardo Muti pour s’occuper d’une division du théâtre.Visiblement, au-delà de l’orchestre, le courant ne passe pas avec certains Milanais comme le juge mélomane Renato Caccamo, qui a mené l’enquête et accuse Mauro Meli des pires gabegies à Cagliari.De son côté, le ministre de la Culture Giuliano Ur-bani voit mal comment se passer de Riccardo Muti.«Toutes les parties impliquées doivent exprimer leur point de vue sans perdre de vue la sauvegarde du prestige et de l’histoire de ce théâtre sans égal», a-t-il déclaré.Symbole de la musique italienne dans le monde, M.Muti, 63 ans, occupe le poste de directeur musical de la Scala depuis 1987.Mais «sa relation avec l'orchestre bat de Taile.Dans cette situation, on ne peut plus faire de musique ensemble, on ne peut plus rien faire», a expliqué pendant l’assemblée Davide Formisano, premier flûtiste.La Scala emploie environ 800 permanents, dont 135 musiciens d'orchestre.Le théâtre prévoit d’accuser un important déficit de 16 millions d’euros (près de 26 millions SCAN) en 2005, car il a dû déménager pendant les travaux dans une nouvelle salle en banlieue, le théâtre des Arcim-boldi, qui continue d'accueillir des spectacles.Agence France-Presse A LA TELEVISION EESESHB I H I — I 1 I 1 MM ETTÏÇTmHI mVIVYT'MHBtm ~Tf— fWMM 'HrzaM 'T'TTTTTMBWi IZESSSMÊtÊÊÊ Téléjour- L'union Virginie Cover Qui l'eût cru! / Perdus / Début Le Tôléjournal/Le C'est dans Cinéma nal (17:30) fait la force Girl Marcel Leboeuf Point Le TVA Vingt et Dans ma Star Le coeur a j Vice caché H Courir la Le TVA Devine qui vient ce Michel Jasmin 1 HMI M -2— f® O'*** ss f t : 86
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