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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2005-03-19, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES A VI E D 1 il A V M A R S 2 Ü l' H E BIBLIOTHEQUE Les indépendants à Cuba Page F 2 mr : ROMAN AMÉRICAIN Dan Brown et ses démons Page F 6 0 PHOTO AFP Portrait non daté du philosophe et sociologue français Rémond Aron.Professeur de lucidité L’héritage de Raymond Aron au Québec STÉPHANE BAILLARGEON La coïncidence fait sens.Le centenaire de la naissance de Raymond Aron (1905-1983), célébré cette semaine, correspond aussi au bicentenaire de la naissance d’Alexis de Tocqueville et au 250r anniversaire de la mort de Montesquieu, deux géants précédents de la pensée française que Raymond Aron avait lui-même célébrés dans Les Etapes de la pensée sociologique, son ouvrage toujours le plus lu, en France comme ici.Gallimard en a vendu encore 2500 exemplaires l’an dernier alors que chacun de ses titres s’écoule bon an, mal an à 700 ou 800 exemplaires.Jean-Paul Sartre, qui aurait eu cent ans lui aussi cette année 0e 21 juin), vend toujours des centaines de milliers de livres par année, dont 35 000 exemplaires pour le seul L’existentialisme est un humanisme et même 3000 briques pour le très aride L’Être et le Néant.Numéros spéciaux de magazines, films documentaires, livres et commentaires en tous genres: l’examen du double héritage s’amplifie dans les médias.«On manquerait l'essentiel si l’on ne soulignait pas en quoi Aron reste d’actualité, écrivait Le Monde en début de semaine dans un éditorial.En réfléchissant à la stratégie militaire et à la dissuasion nucléaire, en insistant sur le primat du politique, en invoquant la permanence du tragique dans l’histoire, ce philosophe a réuni préventivement les éléments pour penser l’après 11-septembre au seuil du XXL siècle.S’il ne laisse derrière lui aucune théorie, et encore moins de dogme, il a convié ses pairs et ses élèves à une méthode reposant tout à la/bis surla rigueur et le scrupule.Il n’existe aucune chapelle composée de disciples.Il existe en revanche un état d’esprit.» VOIR PAGE F 2 : ARON "*1P" ' J jg 'Nti < ijWfc >.' A tu i.-'-V1’ V?• f ».* 'v Si ^ JOFXROqjNP —4; Une jeime tzigane joue avec sa poupée dans le camp de Plemetina, au nord-ouest de Pristina, le plus grand du Kosovo.Rejetés par les Serbes, haïs par les Albanais, les Roms ont fui leurs habitations et certains ont pu quitter le pays.Les mille visages du racisme ordinaire y Il est insidieux et subtil, ou franc et brutal.Il a décimé des peuples, brisé des familles, empêché des amours.Le racisme, vieux comme le monde, survit aujourd’hui dans tous les milieux et sous différentes formes.C’est ce racisme dont témoigne le recueil de nouvelles intitulé Boucs émissaires, publié par les Éditions des 400 Coups dans le cadre de la Semaine contre le racisme.CAROLINE MONTPETIT Un enfant, né de parents blancs, est noir.Son père, un raciste avéré, tue la mère de l’enfant pour se venger.Pourtant, la jeune femme ne l’a pas trompé.Ce sont ses propres ancêtres, provenant du quartier d’anciens esclaves noirs d’Halifax, qui ont légué cette couleur à son enfant.L’anecdote, tirée d’une nouvelle de Jean-Jacques Pelletier, montre bien comment on refuse parfois la part de l’autre qui est en nous-mêmes.Et les personnages qui se déploient dans le recueil, qu’ils soient gitans ou pygmées, arabes ou juifs, sont d’abord et avant tout des humains, leurrés par l’illusion de leur différence de peau ou de nationalité.Le recueil a rassemblé des auteurs de polars pour procéder à cet exercice.Quelques auteurs sont québécois, d’autres viennent de France, du Zaïre, de Suisse, de Belgique.Dans leurs nouvelles, tantôt drôles, tantôt tragiques, il y a du racisme, oui, mais il y a aussi des malentendus, des incompréhensions, des réconciliations.Pour Didier Daeninckx, le racisme prend la forme d’un citoyen qui a chassé des gitans de sa terre pour ensuite leur demander de l’aide.Hélène Desjardins, pour sa part, a préféré écrire l’histoire d’un homme blanc rendu fou parce que son père a fait échouer sa relation avec une femme noire et qui tue, pour exorciser sa peine, des femmes noires en série.Jean-Jacques Pelletier, lui, raconte comment un Noir finit par devenir suspect, ou assimilé à tous les autres Noirs, par la seule couleur de sa peau.Maud Tabachnik a choisi Jérusalem, lieu de toutes les revendications, pour camper une nouvelle mettant en scène une famille juive et une famille arabe amies, qui voient leurs enfants prendre les armes les uns contre les autres.Ici, les individus perdent leur humanité au nom d’une cause supérieure, atteignent un point d’aveuglement qui les fait tuer des gens qu’ils ont pourtant côtoyés pacifiquement toute leur vie.De ce racisme devenu banal qui nourrit la guerre, jour après jour.Bolya Baenga s’est glissée quant à elle dans la peau d’une Pygmée, ce peuple qu’on appelle en Afrique de fa- çon méprisante «les culs-de-jatte» parce qu’ils ne mesurent que 1,44 mètre en moyenne.«Comme si c’était toute une histoire, une histoire ancestrale qui remontait à la surface.Elle se demandait toujours pourquoi les autres Africains la considéraient comme un être différent.Elle cherchait en vain cette différence dans les autres êtres humains.Pour elle, un être humain était un être humain.C’était de l’ordre de l’évidence.» Mais il n’y a pas que les Africains qui méprisent les Pygmées.La jeune femme est arrêtée à Paris par des «gardiens de la paix», qui s’empresseront de la coffrer et de la renvoyer dans son pays.Pourtant, dans une demande de statut de réfugié qu’elle garde dans sa poche, la jeune femme explique: «Je suis une rescapée des massacres et des viols collectif de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo.Ma grand-mère, ma mère, mes tantes, mes sœurs et mes nièces sont toutes mortes à la suite des viols perpétrés par les milices et autres bandes armées qui sévissent dans cette région et qui se livrent une guerre sans merci.» Les descriptions qui suivent font état de massacres sauvages de pygmées, à qui on arrache les organes génitaux, pour ensuite manger leur chair de façon à se protéger contre les balles des bandes armées rivales.Pour Achille F.Ngoye, la haine de l’autre prend souvent racine dans une histoire trouble.C’est le cas pour cet enfant illégitime, de père blanc et de mère noire, qui VOIR PAGE F 2 : RACISME Disponible en librairie www.cahiarsdu27juin.org UNE REVUE INDÉPENDANTE AU CARREFOUR DE L’ACTION ET DE LA RÉFLEXION Lancement jeudi 24 mars 5 à 7 GALERIE ROUJE ARTS ET ÉVÉNEMENTS 228, Saint-Joseph Est (Québec) Tél./ Téléc.: (418) 688-4777 Renseignement et achat de la revue : (514) 729 4933 DOSSIER LA SOCIÉTÉ DE CONSOMMATION • Une société de rebelles • Un geste à la fois • La responsabilité sociale des entreprises après le scandale Enron ÉDITORIAL Notre article 1 : Le développement du Québec LA PHILOSOPHIE DANS LE MONDE ACTUEL Le rapport Parent, 40 ans après DIALOGUE avec Paul Gérin-Lajoie F 2 LE DEVOIR.RACISME SUITE DE LA PAGE F 1 a été confié a l’orphelinat des son enfance et a qui on a refusé la prêtrise a cause de ses origines.Depuis, il hait les Blancs au point de tuer celui qui fréquente sa fille.Quant a André Klopman, se glissant dans la peau d'un défunt, U affirme que Dieu est une femme noire des plus séduisantes, n’en déplaise à tous ceux qui l’ont peint en chérubin rose et blond.Le racisme peint par Jacques Côté fdonge aussi ses racines dans ¦histoire et donne naissance à un Indien alcoolique, méprisé par l’équipage du bateau sur lequel il travaille, complètement accro à l’alcool et à la drogue, qui ne trouve finalement refuge que dans la mort.Puis il y a Barbara Abel, dont la narratrice découvre sur le fard qu’elle est le fruit d’un viol raciste.Et encore les policiers, inventés par François Barcelo, qui jouent à trouver des chefs de culpabilité pour condamner les immigrants.En lisant Mouloud Ak-kouche, on comprend que le racisme touche aussi des milieux que l’on ne soupçonnerait pas.Et enfin, André Marois peint l’instant tragique où un automobiliste en perte de contrôle de son véhicule, qui rencontre deux enfants traversant la chaussée, choisit de frapper le Noir plutôt que le Blanc.Ces récits sont-Us vrais, sont-ils faux?On ne le saura jamais.Reste que ce genre d’histoire, on ne le sait que trop, ne se déroule pas que dans les romans.On peut s’y intéresser de plus près, tenter envers et contre tous de le combattre, ou baisser les bras.Et la Semaine d’actions contre le racisme, qui se déroule du 17 au 24 mars sur le thème «Qu’est-ce quelle a, ma gueule?», donne toutes sortes d’occasions de choisir la première option.Projections de films, tables rondes, colloques, activités avec les jeunes, forums, spectacles, conférences seront au programme.Aujourd'hui par exemple, à partir de 9h, au restaurant Bill Wong, sur le boulevard Décarie, on s’interrogera sur le profilage racial et sur la façon dont il diminue la valeur des citoyens et leur accès à la justice.Mercredi après-midi et jeudi toute la journée, au Centre Saint-Pierre, rue Panel, le colloque intitulé •Quelle immigration pour le Québec» réunira des représentants d'organismes communautaires œuvrant auprès des personnes réfugiées et immigrantes et parleront des problèmes qu’ils rencontrent Caricaturistes Les caricaturistes Plantu et Bado, des quotidiens Le Monde et Le Droit, parrainent quant a eux l’exposition Le racisme, c'est l'autre, a laquelle participeront 48 caricaturistes d’Europe, des Amériques, de l’Afrique et de l’Asie.Les huit themes qui y seront abordés sont la justice, les génocides, les Premières Nations, l'immigration, les rapports Nord-Sud, la haine et le terrorisme, les Noirs et les Blancs et l’apartheid.L’exposition se déploie jusqu'au 24 mars au Marché Bonsecours.Jusqu'à lundi, on pourra aussi visiter les expositions de photos Le racisme n'a pas de couleur et Contre le racisme, montrez vos couleurs, au Musée des maîtres et des artisans du Québec.Enfin, la Cinémathèque québécoise participe aussi à l’événement en présentant une série de films touchant au racisme.Parmi eux, notons My Friend, My Enne-my, ce soir à 21h30, un film qui suit un groupe de filles, dont des Palestiniennes et des Israéliennes, qui voulaient lutter ensemble contre les stéréotypes puis se trouvent, chacune de leur côté, enrôlées dans des luttes patriotiques.Demain, la Cinémathèque diffusera Final Solution, un film de l’Indien Sharma Rakesh sur le massacre de 2500 musulmans et de 59 hindous et sur la campagne antimusulmane menée dans l'Etat du Gujarat.Pour info: www.inforacisme.com ou (514) 842-7127.Le Devoir LES PRESSES DE L'UNIVERSITE LAVAL La réussite scolaire Comprendre et mieux intervenir ISBN 2-7637-8210-8 300 pages 30 $ Qvélefc éussitc scolai 'Ire gkZSS.Sous la direction de Lucie DeBlois Avec la collaboration de Denyse Lamothe Les Éditions PUL-IQRC Tel.(418) 656-2131 poste 4846 • Téléc.(418) 656-3305 Sylvie.Hudonti'pul.ulaval.ca www.ulaval.ca/pul LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2 0 0 5 —•¦Livres'*- 400 000 $ de moins pour deux gros éditeurs FRÉDÉRIQUE DOYON Le dernier exercice d’attribution des enveloppes de subventions du Conseil des arts du Canada (CAC) se soldera par un lourd recul pour deux gros edheurs.Selon les informations qu’a obtenues Le Devoir, les Éditions Québécor (ÉQ) ont vu leur subvention réduite de 300 000 $ et celles de Groupe Ville-Marie Littérature (GVML, qui chapeaute VLB et L’Hexagone), de quelque 80 000 $.Ces compressions résultent de modifications apportées a la politique d’attribution des enveloppes aux maisons d’édition au CAC.•C’est un coup dur», confirme Pierre Gravelines, de GVML ÉQ, pour sa part, n’a pas voulu commenter les chiffres.De son côté, le CAC a refrisé de confirmer ces informations.•Les résultats du concours ne sont pas encore publics, a indique la chef du service des lettres et de l’édition, Melanie Rutledge Lis vont l'itre en avril.-Le CAC a toutefois confirmé qu’il avait modifié sa politique d’attribution pour l’année courante.•C'est une politique que nous avons précisée pour ce concours-ci, confirme-t-elle.On a fait quelques petits changements pour les compagnies affiliées.C’est un enjeu qui remonte à plusieurs années.» Selon-les nouvelles dispositions, si une maison d’édition en acquiert une autre, les deux ne pjourront continuer de recevoir des subventions séparées que si elles remplissent certaines conditions axées sur deux critères principaux.Elles doivent d’abord montrer qu’elles ont des visées éditoriales distinctes, portées par des dirigeants différents, même s’il n’y a qu’un propriétaire.•L’autonomie éditoriale est une préoccupation du Conseil», note Mme Rutledge.Ensuite, la structure de la maison d’édition doit refléter cette différen- ciation en continuant, par exemple, a produire des catalogues et des plans financiers sépares.Si deux maisons qui recevaient chacune une subvention n’en obtiennent finalement qu’une seule cette annee, cm va l’argent non perçu?•Cet argent demeure dans l’enveloppe globale», assure la responsable du CAC.L’enveloppe globale versée aux différents éditeurs s'élève à huit millions de dollars.Cette année, environ 65 maisons d’édition francophones et 100 anglophones en bénéficient Le Devoir ARON SUITE DE LA PAGE F 1 La lucidité et le scepticisme aro-niens ont cascade jusqu’ici A preuve, le professeur Jean-Rerre Der-riennic, de l’université Laval, qui peut d’autant plus se réclamer de la filiation aronienne qu’il a suivi ses cours a Paris dans les années soixante et a rédigé son doctorat sous sa gouverne dans les années 1970.«Dans mon travail, le Aron que je fréquente le plus, c’est le spécialiste de la paix et de la guerre.H demeure une référence importante.Mais est-ce le plus important?Ce n’est pas sûr.Une de ses grandes réussites a consisté à faire découvrir Max Weber et d'autres grands penseurs allemands à une sociologie française très durkheimienne.Il a aussi montré la profondeur de la pensée sociologique de Tocqueville.Mais celui que je préfère, c’est peut-être le Aron du petit livre La Tragédie algérienne, qui prend position pour l’indépendance de l’Algérie, dès les années 1950, alors que personne n’osait le dire.Là, voilà en action sa lucidité.Comme il aura raison sur la réalité tragique du communisme contre tant d’intellectuels.Malheureusement, il n’a pas vécu assez longtemps pour voir la chute du communisme en Europe, en 1989.» M.Derriennic se rappelle le beau titre du quotidien Libération a la mort du spectateur engagé: •La France perd son prof».En plus, l’hommage venait d’une publication de la mouvance sartrienne.•Un professeur doit clarifier sans simplifier, dit Jean-Rerre Derriennic Je n’ai jamais croisé un prof comme Aron, capable de rendre clair sans trahir la complexité de la réalité.» Il regrette d’ailleurs franchement que la leçon ne soit pas assez retenue par certains éditorialistes québécois.Surtout, son ancien élève célèbre l’indépendance de pensée de son maître.«Il ne suivait pas les modes», résume-t-iL En revanche, Aron lui-même est devenu sinon «à la mode», du moins très fréquenté parmi certains cercles intellectuels québécois.Son influence se vérifie particulièrement dans le milieu très spécialisé du professeur Derriennic, celui des relations internationales et des polémologues.«Pour nous, Aron ne constitue pas la seule référence, mais il demeure très important.Dans le domaine philosophique, son influence me semble moins marquée parce que le totalitarisme n’a jamais été au centre des débats politiques.Le Québec se débat bien davantage avec des questions d’identité et de nation.» Parlez-en à Matthieu Bock- Côté, un des pivots du Cercle Aron, un regroupement de jeunes universitaires québécois conservateurs, souvent nationalistes.«Nous entendons faire la promotion d’un conservatisme d’inspiration libérale et nationale dans l'espace public québécois, résume-t-il.Notre cercle s'inspire de la résistance aronienne en son temps pour porter la critique vers la montée d’une nouvelle gauche au Québec.» Le Cercle Aron ne compte qu’une quinzaine de membres, étudiants à la maîtrise ou au doctorat Pour eux, le Québec s’intoxique au nouvel opium progressiste.*Un consensus s’établit autour de quelques idées de gauche, note l’étudiant en philosophie.On a quitté l'eschatologie marxiste, mais on a conservé l’idée d'une réforme intégrale de la société, de sa planification, de sa dissolution dans l’idéologie.On a perdu le sens de la modération politique.Même le gouvernement libéral se sent obligé d’endosser le féminisme d’Etat, d’adopter le langage progressiste pour exister politiquement.L’esprit d’Aron permet de résister à ce consensus, de s'attacher aux libertés, à commencer parla liberté de pensée et de parole.» Le Cercle Aron prendra prochainement position contre la réforme du mode de scrutin et déconstruira le concept de développement durable.Et la grève étudiante?•Evidemment, nous sommes tous contre».répond M.Bock-Côté.Reste que le très libéral Raymond Aron n’aurait peut-être pas apprécié de voir son nom relié à des opinions en odeur hayeckien-ne, franchement néolibérales, comme il s’en trouve dans le Cercle Aron, de l’aveu même de M.Bock-Côté.•Justement, la référence permet d’assumer un libéralisme non doctrinaire, réplique-t-il.Nous tenons compte des traditions tout en défendant une liberté éduquée par la culture et inscrite dans le Québec tel qu’il est.» Le souci de la liberté et de ses garanties guidait effectivement le grand, le très grand professeur de la France et de l’humanité.«Raymond Aron n’a pas constitué d’école, conclut le professeur québécois.Il propose plutôt une discipline intellectuelle.Dans ses Mémoires d’une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir raconte les relations des jeunes étudiants Sartre et Aron.Un jour, le premier aurait demandé au second: mais pourquoi as-tu tant de mal à décon-ner?Sartre n’a jamais eu de difficulté à déconner.Aron est demeuré lucide et scrupuleux toute sa vie.» Le Devoir Uembargo intérieur Un réseau de bibliothèques indépendantes se développe à Cuba depuis sept ans GUY TAILLEFER La Havane — En 1998, Fidel Castro affirme à la clôture de la Foire du livre de La Havane qu’«i7 n’y a pas de livres interdits à Cuba».Prenant le dictateur au mot, des activistes fondent la même année le réseau des Bibliothèques indépendantes de Cuba.Une organisation dissidente installée à la marge de la légalité, mais tolérée par le régime, qui s’est donné pour mission de lutter contre la censure dans l’île et d’y défendre, au nom de la pluralité des points de vue, ce que ses animateurs appellent la «justice littéraire».Cinq ans plus tard, mars 2003.Pendant que le monde regarde ailleurs, vers l'Irak pour être plus précis, le régime castriste déclenche une vague répressive contre l’opposition et condamne 75 journalistes, activistes politiques et défenseurs des droits humains à des peines de prison atteignant jusqu’à 27 ans, pour subversion et mercenariat au profit des Etats-Unis.Parmi eux, quatorze bibliothécaires indépendants.La dictature cubaine est une police de la pensée dont l’arbitraire est tenu en laisse par le romantisme que la révolution de 1959 et la résistance antiaméricaine inspirent encore dans le monde.Aussi les BIC ont-elles prospéré depuis sept ans, dans cette étrange atmosphère de demi-secret qui baigne la société cubaine.Prenez Cisela Delgado Sablôn, directrice du réseau et épouse de Héctor Palacios Ruiz, âgé de 62 ans, directeur du Centre d’études sociales (illégal), condamné, avec les 75, à 25 ans de prison.Cisela est diplômée en informatique, ce qui n’est pas la moindre des contradictions avec lesquelles composent les Cubains, dans un pays où Tac- ^ cès public à la Toile est pour ainsi dire g/ inexistant, sauf %?pour une minorité, © et où le régime aime bien qualifier Internet de «contre- *5* révolutionnaire».^ Défenseur aussi de la liberté d’expression et du droit à la lecture dans un pays qui, par ailleurs, s’enorgueillit de sa victoire contre l'analphabétisme en proclamant, à la suite du héros de l’indépendance José Marti, q\i’«être cultivé, c’est l’unique façon d’être libre», mais dont la presse reproduit en fait une pensée unique et dont les librairies abritent une indigente uniformité de titres à la gloire d’Er-nesto «Che» Guevara et de la gauche révolutionnaire sous toutes ses formes.«Comment expliquer que les livres de Gabriel Garcia Marquez, grand ami de Fidel Castro, ne soient pas disponibles à Cuba?», demande Cisela Delgado, entourée des livres et des revues qu’elle classe et empile dans la petite pièce transformée en bibliothèque de son appartement havanais du quartier de Vedado.«L’embargo est intérieur», affirme-t-elle.D y a bien, chez elle, des exemplaires de L’Automne du patriarche.Mais une large part de son inventaire est constituée de manuels éducatifs, d’encyclopédies, de livres d’art de littérature pour enfants et • de revues comme News- 1 n OCtgj week, introuvables à Cuba même dans ^ les grands hôtels.0» Il y a mainte-V nant 103 de ces bi- * (0 bliothèques dans De Cuba «?5 l'îie, alimentées de dons provenant de la Suisse, de l’Espagne, des Pays-Bas, de la Françe, de l'Allemagne, des États-Unis.Rien, apparemment, du Canada.Chacune doit posséder au moins 300 livres et jure ne pratiquer aucune censure, ni même contre l’idéologie dominante.Vrai ou faux?On peut emprunter un livre pendant des mois et Gisela affirme que les livres circulent — discrètement — entre des milliers de mains.Gravite autour de sa seule bibliothèque une trentaine de «groupes de lecture», dit-elle.Les livres sont prêtés gratuitement «parce que si c’était payant, ce sérail carrément illégal».A l’extérieur comme à l’intérieur, les défenseurs du castrisme crachent copieusement sur les BIC, les considérant comme des «façades à des activités contre-révolutionnaires», financées par Freedom House et le Center for a Free Cuba, deux organisations soutenues par Washington.Pour le gouvernement cubain, l’accusation tient du réflexe, qui ne se prive pas de salir tous azimuts la dissidence en l’accusant d’être à la solde des Américains et des «terroristes cubains» réfugiés à Miami.Pas toujours facile, du reste, de voir clair dans ces allégations, compte tenu de l’extrême polarisation idéologique entre pro et anti sur la question cubaine.Les Bibliotecas Inde-pendientes de Cuba ont un site Web (www.bibliocuba.org) et ont un bureau à Miami.Des appels répétés à Miami ne nous ont pas permis d’obtenir une entrevue avec l’un de ses responsables.Si, en outre, l’information et la littérature spnt étroitement contrôlées par l’État cubain, des écrivains comme l’Indienne Arundhati Roy, l’Américain Howard Zinn et l’Espagnol José Saramago se trouvent à donner leur caution au régime en participant, comme ils Tont fait en février, à la Foire du livre de La Havane.Gisela Delgado récuse les accusations de collaboration avec l’ennemi américain.Les seules bombes que les BIC fabriquent, souligne-t-elle, sont celles du droit à la lecture.Assise sur le divan dans le salon de son appartement, elle décrit sa situation avec une émouvante lucidité: «Néanmoins, je suis heureuse, laisse-t-elle tomber.Je suis libre, même si je vis dans un pays qui ne l’est pas.» Le Devoir Entrepreneurid't RÉGIONAL ^'économie rfpl°connoissance Collection Entrepreneuriat et PME L'entreprise Us décisions d'investissement dansles PME i.OP'î’wn U rwti&Hté htuiidi Logestion du RISQUE 49* I Pierre-André Julien 35* Josée St-Pierre et Robert Beaudoin 49* Pierre-André Julien, Louis Raymond, Réal Jacob et Georges Abdul-Nour 39* ! Josée St-Pierre Presses de l'Université du Québec Téléphone : 418.831.7474 Sans frais : 1 800 859.7474 WWW.BSJEoa Québecl V I I I LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 E D 1 M ANCHE 2 Ü MARS O 5 F 3 ITTERATURE Le champ sous les mouches Dans l'affaire Bombardier contre les humoristes, je m'étonne que le débat ait semble porter presque uniquement sur la «correction» du langage et non sur la pauvreté d'esprit tout aussi grande dont la langue peut devenir le symptôme.J’ai rencontré quelqu'un cet hiver qui, après avoir vu le spectacle de Louis-José Houde, n'arrivait pas à se rappeler une se;ule blague qui l’avait fait rire; mais pas grave: il avait trouvé le stand-up sympathique, un gars correct, et d’après lui ça valait le prix d'entrée.On croise pourtant des gens sympathiques à u tonne dans les bars et les rues de n’importe quelle ville et ils nous réclament rarement trente dollars pour continuer d’être ce qu’ils sont Au tournant des années 70, les badauds se précipitaient dans les salles pour voir nos cinéastes prendre définitivement leurs distances de la vieille culture élitiste et cléricale en «déshabillant la Québécoise».C’est peut-être l’ultime étape de ce règlement de comptes qui fait aujourd’hui accourir les foules aux pieds de nos humoristes, pour un strip-tease de l’esprit qui suscite la même sorte de voyeurisme à la fois excité, déçu, et rassuré de l’être.A quoi bon, alors, faire remarquer que, sous les couches de la langue, la réalité est plate et manque de formes?En phase pipi-caca, on prend son pied et son trou comme on peut Le fou du roi est nu et c’est pour ça qu’on l’aime.Il est par contre important de comprendre qu’il se cache bien autant d’idéologie dans ce courant que, disons, dans le roman du terroir des années trente.La vérité est aujourd'hui dans le langage cru comme elle l’était alors dans les vertus roboratives du travail de la terre.La simplicité sied aux Canadiens français, à qui elle a donc donné cette nouvelle et paradoxale elite de la non-pensée qui.à en juger par certaines réactions, abrite elle aussi sa part de petits curés tout aussi bornés que les anciens, mais qui ont substitué le joyeux sacre à l’autorité de la soutane.Passionné et érudit Pourquoi parler ici d’humour, sinon pour noter que, dans sa forme institutionnelle, il est l’équivalent dégénéré de cette tradition orale populaire que Bertrand Bergeron enveloppe du beau néologisme d’orature?Car, voyez le hasard, des Editions Trois-Pistoles où crèche un certain patriarche de nos lettres, lequel, cet hiver, a été passablement écorché par nos petits béotiens de la rampe et de l'écran, apparemment tous incapables du simple respect minimal dû à un Prix David de littérature, nous vient un très beau livre concocté par des gens qui de toute évidence savent encore voir dans la chose imprimée un objet d’amour et de mémoire vivante, et ce lieu possible d'un recueillement Un éditeur qui aime les livres, nonobstant le gros chèque: la chose n’est plus si fréquente aux yeux de qui écouterait un peu trop la télé, où c'est très tendance en ce moment de vanter le condo de l'auteur tout en escantotant sous un pudique silence la camelote de commande ayant servi à le payer.A l’heure où la littérature n’echappe plus a l'exigence universelle de se faire simple divertissement à numéros qui paradoxalement contribue à la margi naliser.où le conte urbain, moder ne, s’offre sous la forme d'un fait de scène comme un autre, Bertrand Bergeron a fait œuvre de mémoire et de transmission, et son travail est celui d'un passionné et d’un érudit La grande région du Sague-nay-Lac-Saint-Jean fut d'abord rêvée sous les traits d'un royaume fabuleux, puis, une fois explorée et conquise, isolée, conditions qui contribuèrent sans doute à façonner la richesse du corpus oraire dont il nous invite ici à partager les secrets.Il y a en fait deux livres dans ce bouquin: la collection, sur plus de 250 pages, des mythes, contes et légendes recueillis par l’auteur, souvent de la bouche même des derniers grands conteurs de cette «civilisation orale» qui s’est progressivement éteinte, phagocytée au fil des siècles par l’apparition de l’écrit; et, autrement intéressant pour les non-spécialistes dont je suis, le long texte intitulé «Une brève histoire non autorisée de la parole» qui lui sert d’introduction.Des premiers balbutiements des cavernes à cet avatar moderne que sont les légendes urbaines aujourd’hui transmises à la vitesse de l’éclair sur la Toile, il nous brosse avec finesse, éloquence et précision le portrait de cette vaste épopée de la parole à travers les âges et les croyances sans cesse changeantes auxquelles a donné forme depuis toujours le besoin humain de s’imaginer entre origine et destin.«Le monde est sous les mots comme le champ sous les mouches.» En inscrivant cette sentence hugolienne en exergue de Bcrtrjod Bcigeroi) CONTES, LÉGENDES ET RÉCITS DU SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN son brillant essai, Bergeron voulait sans doute nous dire que les mots pollinisent le monde dont ils assu rent ainsi la continuité.Même les mouches à merde, quand on y pense un peu.doivent jouer leur rôle pour que la planète continue de tourner.L'apparition de la télé et la généralisation de l'écrit allaient signi fier la condamnation inéluctable de cette mémoire orale vécue au quotidien, mais aussi son retour épisodique sous des fonnes mieux adaptées au monde du showbiz et de la culture de masse.Lorsque l’hégémonie de l’ordinateur personnel aura été établie, la littérature imprimée connaîtra sans doute semblable mise au ban, assortie d'un occasionnel recyclage dans l’ordre du spectaculaire.Ecrire, lire, trouver le temps seront des événements.CONTES, LÉGENDES ET RÉCITS DU SAGUENAY-b\C-SAINT-JEAN Bertrand Bergeron Éditions Trois-Pistoles Trois-Pistoles, 2004,275 pages Louis Hamelin Bertrand Bergeron a fait œuvre de mémoire et de transmission et son travail est celui d’un passionné et d’un érudit LES PRESSES DE L'UNIVERSITE LAVAL Dirigée par Guy Laforest Guy Lachapelle Claude Ryan et la violence du pouvoir ISBN 2-7637-8213-2 224 pages - 25 $ Guy f •^chapelle Claude Ryan et la violence d» pouvoir telbuvir et t* Crise d’-Ktobre (97fi a» le éooihsi de JuMrtuifwies démocivr IWSw un HUMVS ot Le Devoir et la Crise d'octobre 1970 ou le combat de journalistes démocrates Préface de Jean-Claude Leclerc Les Éditions PUL-IQRC Tel.(418) 656-2131 poste 10996 • Téléc.(418) 656-3305 .—s.Lucie.Belanger@pul.ulaval.ca 'yly www.ulaval.ca/pul Après 35 ans de carrière dans l’écriture, Georges-Hébert Germain est honoré par la ville de Donnacona.Avec fierté, les Editions Libre Expression et son éditeur André Bastien tiennent à féliciter Georges-Hébert Germain pour l’attribution de son nom, le 8 mars dernier, à un prestigieuse institution municipale : La Maison de la Culture Qeorges'Hébert Qermain, QUfMCOR MEDIA ANDRÉ PATRY LT U PRÉSENCE DU QUÉBEC DANS LE MONDE UN HÉRITAGE LE LYS ET LE LOTUS CONTROVERSE as RxurKiNs w ifi me avec u mu i>i iwm ifwn iV£UtS UCnttS f>f IXIMIIOKOUU éditeur Dans la collection «Études québécoises» www.edvlb.com * V i.t- ^ : V ri» *Ut«ur É C H Nouveau Courtemanche aux 400 Coups L'écrivain Gil Courtemanche se lance dans la litterature.jeunesse en faisant paraître aux Éditions des 400 Coups l'histoire de Plouk.le raton-laveur qui ne voulait pas se laver, fable qui porte à la reflexion sur la vie urbaine.Illustre par Benoit Saint-Aubin, cet album pour entants raconte l’histoire d'un raton laveur qui naît différent des autres membres de sa famille, qui passent leur temps à tout laver.Malheureux à l’école comme dans sa famille, Plouk quitte la maison pour se joindre à une joyeuse bande de tambourineurs, persécutés par le maire Bouc.C'est en leur compagnie, et après une rafle policière, qu’il apprendra finalement à se servir de sa queue pour laver des parobrise d’auto en taisant squiji, squiji.la queue de Plouk servira de modèle à un lave-pare brise.Et c’est grâce à cet outil que la tribu des tambours réussit à gagner suffisamment d’argent pour acheter une maison abandonnée, que le maire Bouc refusait de Jeur céder.Fable, dites-vous?A peine! -Le Devoir O S Collection de mythes chez Boréal Les Editions du Boréal publieront une iwuvefle collection qui suiùtii lera -les mythes» Ce projet résulté d’une association avec 25 maisons d'édition d’Europe, d’Amérique latine.d'Asie et du ProcheOrienL Cet te collection permettra a des auteurs de réputation internationale d'exploiter un mytlie.chacun à k-ur façon, les premiers titres de cette collection sont déjà connus, ü s'agit île Karen Armstrong, qui signera une Brève histoire du mythe, de Margarct Alwixxi.qui fait parafera Im PénUopiade: le mvthc de l’cneiope et dVhsse.île David Grossman, qui évoquera Le Miel du lùm: le mythe de Samson, et de Victor Pelevin, qui signera /e Casque d’horreur le mythe de Theseertdu Minotaure.Tous les éditeurs faisant partie du projet publieront les titres de Karen Armstrong fa de Margaret Alwixxi les éditeurs seront Bbn's d'ajouter l’un ou l'autre des deux autres nixi veaux titres, fa Boréal a déjà choisi de publier Victor IVlevine.les au leurs Chinua Achebe, Milton Ha toumet Donna Tarit iiartiriperont à cette collection, qui sera lancée à la Foire internationale de Francfort en octobre 2005.- /e Devoir tu yo u Je ne me lève jamais avant la fin du générique QOFttt l AMrJUQMf Joies, deuils, désirs et désarrois; on traversera ce récit «cinématographique» pour renouer avec les émotions et les sensations que le septième art a distillées dans l’imaginaire collectif.Décidément, il ne faut jamais se lever avant la fin du générique.Catherine Lalonde ¦¦H Catherine Lblojufc Cassandre wmt MMiuonm Elle n'est ni tout à fait Cassandre ni tout à fait Capucine.Elle hurle sur l'amour pire qu'une chienne, elle hurle de colère.Lui s'accroche, tire sur les rênes, tire sur la laisse.Il faudra bien un jour qu'elle apprenne à se laisser aimer.QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com LE b E V 0 I R .L E £ A 54 E D f 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2 0 0 5 F 4 ^Littérature^ ‘ ROMAN FRANÇAIS Les visiteurs du soir Pierre Assouline raconte Lutetia, palace de la Rive gauche ROMAN QUÉBÉCOIS Une prose en apesanteur JACK GUEZ AFP GUVLAINE MASSOUTRE Lutetia, le roman d’Assouline, est un événement de rentrée.L’ouvrage parait dans un format inhabituel, plus grand que d’ordinaire, en caractères assez gros et sous une jaquette attrayante.Le sujet est vendeur Lutetia, c’est un hôtel réputé de Paris, un microcosme à la fois chic et snob mais aussi une vitrine de la Rive gauche, hantée par les figures historiques.Le lieu est légendaire.On ne descend pas au Lutetia, écrit Assouline, qui a mené l’enquête de 1971 à 2004.On dit: «de Lutetia et non du Lutetia.Comme s'il s'agissait d’une ville.Seuls les fidèles ou les habitués parlaient ainsi».On se rend «à Lutetia», comme en villégiature.La nébuleuse Lutetia, «ce brassage inouï dans le sillage duquel j’ai récupéré aussi bien des livres que des journaux du monde entier, des bribes de conversations ou des choses vues, tout un matériau témoignant de ce qu’une société sans mélange est une société sans éclat».Le personnage qui s’exprime est l’œil de lynx maison.Assouline l'invente.Gardien de sécurité et détective, il sait tous les potins, les jeux de coulisses, les allées et venues du beau monde et des ombres douteuses.Ainsi, il voit aller Martin du Gard, Romain Rolland, Gide, Saint-Exupéry, Thomas Mann, Zweig, Matisse ou Joyce.Il suit ensuite la période noire de l’occupation allemande.Sait-on qu’à Lutetia, les premiers exilés antifascistes, arrivés dès 1933 à Paris, ont tenté, en 1935, une résistance allemande à une guerre incontournable?Que Lutetia vit ensuite la Gestapo s’y établir et que, finalement, c’est là que les déportés, rescapés des camps nazis, arrivèrent en 1945?Jardins secrets Assouline campe succinctement la société des apatrides et des hommes d’exception, les gi- Pierre Assouline golos et les hommes d’affaires nantis qui hantèrent Lutetia.Les cercles mondains favorisèrent le provisoire, l’illusoire et les modes, mais ils permirent aussi des points de ralliement.Il y eut les dilettantes, les désinvoltes, les sédentaires, les maniaques, les obsédés, les pervers, la faune d’un hôtel de luxe.Ceux qu’un lieu de transit protégea de la peur de mourir.La rumeur bouillonne dans le livre, entre les mystères des bans rompus et les sillons prometteurs de la notoriété.Entre salons et corridors, les noctambules forment une famille — un zoo la nuit.Les émigrés «siégeaient au bar en séance plénière» — discrétion?Diplomatie?Lutetia avale désarrois et catastrophes annoncées.Lutetia n’est pas le lieu idéal pour la clarté du jugement.La propagande file des deux bords, les camps de concentration semblent bien pâles face à la rutilance des lustres et aux courbettes des larbins de service.«La comédie humaine»: Assouline la met en scène.Images de guerre De Lutetia, on peut raconter le monde.Les portes tournantes ne distinguent pas les pedigrees.Les incidents, somme toute ordinaires, font tourner la machine à l’aveuglette.Assouline suit les changements à partir de 1939, les transformations du droit d’asile, la montée de l’extrême droite, l’atmosphère de plus en plus tendue.Censure et réquisition.Dès 1940, la croix gammée flotte sur l'hôtel, qui paiera son écot à la guerre; on y cache les bonnes bouteilles comme les gens.Assouline n’est pas doué de vision nouvelle mais rassemble des données d’époque dans une sphère de convergence historique.Il trace un panorama des gestes politiques qui affectent la vie particulière.On sent l’ambiance de rumination sur le désastre en ce Lutetia protégé par sa polyvalence.Un détachement s’impose.L’auteur s’en tient à l’écriture factuelle.L’Abwehr — espionnage et contre-espionnage de l’armée allemande — y est affecté.Mess et casino de l'armée d’occupation, lieu de trafics et de profits au noir, Lutetia perdure au vent mauvais.Assouline navigue dans les nuances entre zèle et collaboration.Il dit la sale loi de Lafont, main de la Gestapo (il sera fusillé dès décembre 1944).Du côté de l’occupant, une lutte sourde oppose l’armée et le parti, les partisans du Fürher et ceux de l’obéissance militaire.Quant au peuple des défaits, il se fabrique une patrie intérieure.Plaque tournante La troisième partie de Lutetia évoque les moments forts de la Libération.Prisonniers, déportés, réfugiés, deux millions et demi de personnes aspirent au retour.A Paris, c’est l’affolement.Les rapatriés ne tiennent pas debout Volontaires, responsables médicaux et autres se pressent à Lutetia pour mettre en place le plan de sauvetage et d’accueil.Ce sont les pages les plus incroyables du livre.Quand, le 29 avril 1945, les premiers survivants déportés arrivent, hagards, osseux, faibles, «ils je laissaient envelopper et porter par la vague», décrit Assouline.«Ce que ces regards racontaient était inracontable.» Pourtant, la tragédie eut ses témoins, sa crudité sans appel.Il y eut des faussaires même là.Des interrogatoires.Des précisions, des vérifications.Certains profitèrent, d’autres s’enfuirent, certains reçurent de l’aide.Henri Fresnay, le ministre responsable, eut le mot juste en appelant son maroquin «le ministère de la souffrance».Quant à Lutetia, théâtre de l’histoire, il accueillit aussi des enfants.D’eux, l’histoire parle peu.Le portrait fragile de Maximilien ou de Daniel sort ces adolescents de la vallée des larmes qui leur avait été impartie.Assouline fait un utile rapprochement des retrouvailles avec Le Colonel Chabert de Balzac.L’humain n’apprend pas.Il vit l’irréductible folie, et on appelle cela la réalité.LUTETIA Pierre Assouline Gallimard Paris, 2005,441 pages Narco-trafic, corru FESTIVAL LITTERAIRE 1000 femmes assassinées.L'enfer èxiste.Il est à Ciudad Juarez.SPECIAL SUSPINSi MAUD TABACHNIK mÈ regardé! LE DIABLE EN FACE AlBIN MICHEL I S T E R N A T I O \ A l DE M 0 \ T R E A l iMETROPOLIS BLEUi T ÉDITION 30 MARS-3 AVRIL 2005 PiMoétue FaoiFièaegr ÔM PLUS DE 120 EVENEMENTS PLUS DE 200 PARTICIPANTS Carlos Fuentes Russell Banks, Nelly Arcan David Suzuki, Antonine Maillet Kim Deitch, Ibi Kaslik Marie-Claire Blais, Alain Robbe-Grillet Franketienne, Antonio Skàrmeta Adonis, Melissa Auf Der Maur HUIT REGENCÏ MONTRÉAL 1255, JEANNE-MANCE Plicf éM-trl! Info : (514) 937-BLEl The J w McConnïll family Foundation U Fondation de u famille J W McConneu.AIR CANADA (8) Bell ^ CONSEk 0(S AéTS (X MONTRE Al M CanadS QuébecSS Montréal© ConMMdM Art» du Canada Canada Count* ford»* Am 883 m NICHOLSS HOARE ,Ji îhrtëkurttr lOUÏE* A quoi tient la force de séduction du dernier roman de Christiane Frenetic?La réponse nous est donnée dès les premieres pages.On est littéralement envoûté par la prose en apesanteur et l’amplitude poétique de ce récit feutré, chargé d’atmosphère.Après la nuit rouge raconte deux histoires enchevêtrées de familles et de fuite.Des personnages s’avancent, avec au plus profond d’eux-mêmes des tempêtes qui font rage.Après La Terre ferme (prix du Gouverneur général 1998) et La Nuit entière (2000), Christiane Frenette nous donne une œuvre impressionniste tout en finesse.Le jardinier aux semelles de vent L’action du roman se situe dans le Bas-Saint-Laurent.Les fragrances des muguets se mêlent aux odeurs de vase et de sel et aux cris déchirés des oiseaux de mer.Grâce à un habile jeu de construction narrative, le lecteur suit sans difficulté les histoires croisées de Thomas et de Lou.Rimouski, 1955.Apres lincendie qui a dévasté une partie de la ville, Thomas est interné.De retour chez lui après cinq ans, la mémoire trouée, il tente de recomposer son passé, de se reconstruire une nouvelle vie.Bien vite, il lit dans le regard des autres la honte, l’embarras, l’inavouable, face à l’internement.«On lui avait répété qu’on peut tout recommencer, qu’on peut refaire son nid partout.Non, ce n'est pas vrai, on bouge, on s’agite, on remue la terre, on y ajoute de la cendre, on dit que c'est bon pourfaire pousser les plantes.Mais rien ne prend racine.» La souffrance de Thomas se mesure à la lenteur de ses gestes, à sa voix traînante, à sa tristesse.D retrouve son ami d’enfance Romain, devenu médecin, sa femme Marie et leurs enfants.D reconnaît chez Marie cette détresse qui lui est familière, la même impuissance à vivre.Romain lui propose un travail, l’entretien du jardin.De nouveau, la vie apparaît à Thomas large comme le fleuve.«Le bleu avale tout, la beauté est liquide.» Les journées se rattachent les unes aux autres sans événement particulier.La présence de Marie vient bouleverser l’ordre des choses.Elle trouble Thomas, allume en lui un feu.Il perd pied.Les deux amoureux se croisent et se repoussent, s’appellent et se répondent «Chaque jour, l’échappée vers Thomas au milieu de l'après-midi [.] ne rien vouloir d’autre que l'instant présent.Ils se sont agenouillés l’un en face de l'autre [.] brisant le silence religieux qu'ils avaient imprimé à leurs gestes.» L’instant d’une étreinte unique, à la fois passionnée et désespérée, et la seule brèche par laquelle Us croyaient pouvoir atteindre la vie, se referme.Devant cet amour impossible, Thomas songe à partir.Marie «a son visage fermé des jours difficiles».L’histoire se termine comme elle a commencé, dans les non-dits.Le jardinier aux semelles de vent quitte les lieux.Le souffle rauque du passé «Fuguer, c’est ne pas vouloir attendre [.] si cette vérité ne colle pas à la situation, on dit aussi que c’est refuser l’origine.» Rimouski, 2002.Trente ans après une fugue qui l’a menée jusqu’à Chicago, Lou, la fille aînée de Romain et de Marie, revient sur les lieux de son enfance avec son compagnon.L’appartement la lumière fabuleuse qui y pénétrait Chicago, l’Amérique, tout était devenu trop grand pour elle.Lou ne cherche pas à renouer avec ses fantômes.Tout au phis a-t-elle la tentation d’aller voir la maison familiale, et surtout le jardin dont elle se rappelle la splendeur dans les journées chaudes de l’été.Lou a quitté sa famille parce que tôt ou tard «elle aurait fini par haïr» Marie, sa mère.Pendant trois décennies, elle a anesthésié sa mémoire, «verrouillé la porte, jeté la clé».Dans un mouvement de ressac, les images du passé viennent se fracasser sur les rebords de sa mémoire.«L'oubli est plein de mémoire», écrit le poète Mario Benedetti.Thomas et Lou fuient chacun à leur manière un réel incertain.Tous les deux se heurtent au «souffle rauque du passé».D en résulte une identité trouble, une conscience firagmen-tée.La romancière décrit de l’intérieur, avec une extrême sensibilité, leur détresse affective et morale.Si l’émotion risque de submerger le lecteur à tout moment, c’est peut-être qu’à une certaine hauteur, fa beauté et fa vérité se confondent Ecrit dans un style minimaliste et avec une puissance d’évocation rare, Après la nuit rouge sonne admirablement juste.APRÈS LA NUIT ROUGE Christiane Frenette Boréal MontréaL 2005,174 pages Suzanne Giguère U SÉOÉRATION QUÉBÉCOISf Thème OU LOISIR UTTÉRAMC Concours du Ioisir Iittéraire Ma région, ma passion Date limite : 1er mai 2005 t 514.252.3033 .^ « f 514.251.8038 Préeldent du jury : José Acquelin Ateliers - parrainage-Règlements sur le site : Conférences www.loisirquebec.qc.ca/fqll • LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAI.Sous la direction de Khadiyatoulah Fall, Danielle Forget, Georges Vignaux 112 pages «20$ ISBN 2-7637-8204-3 Dm / ii l f W'li Coédité par les Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Paris Les Éditions PUL-IQRC Td.(418) 656-2131 poste 10996 • Téléc.(418) 656-3305 Lucie.Eklanger#pul.ulaval.ca www.ulaval.ca/pul I I LE DEVOIR.LES S A.NJ EDI 19 ET D 1 M A N f B E M A R S 2 0 0 5 F 5 SSAIS Du jugement et de la justice Chaque jour de notre vie, nous formulons des jugements qui guident notre action.Sans cela, nous serions condamnes à la paralysie ou à l’incohérence.Toutefois, savons-nous bien comment fonctionne ce processus?C’est à cette question que réfléchit le juriste Fernand Morin dans un stimulant petit essai intitulé Pourquoi juge-t-on comme on juge?.•De quoi, demande-t-il,/a«f-»7 tenir compte quand on essaie de comprendre ce qui se passe au moment de choisir, de trancher, d’évaluer?Est-ce que le jugement est l’œuvre d’un libre arbitre qui s'exerce sans contrainte ou résulte-t-il de règles à chaque fois locales et passablement déterminantes?» Selon Morin, quatre facteurs entrent en ligne de compte dans ne processus décisionnel: la qualité des données prises en considération, les critères d’évaluation retenus, la formulation du jugeaient et le moment du jugement A ces quatre facteurs s’ajoute une condition: la liberté et l'autonomie de la personne qui juge.Pour illustrer les enjeux du phénomène du jugement, le juriste suggère une analyse comparative de «quatre figures connues d’auteur de jugements, le magistrat, le politicien, l’esthéticien et l’historien*.D montre, par exemple, que la contrainte de l’encadrement ne pèse pas aussi lourd sur l’esthéticien que sur le juge judiciaire, que le politique, contrairement au magistrat ou à l’historien, exerce son jugement dans une «dialectique fort dynamique» guidée par le souci du présent et de l'avenir plus que du passé; mais il insiste, dans tous les cas, sur le fait que la «précarité du jugement tributaire notamment des limites intrinsèques de l’homme ne nous empêche pas, bien au contraire, de reconnaître le juge- Louis Cornellier La Palestine en trois temps ULYSSE BERGERON L?identité individuelle ou col-r lective ne se forge que lorsque «nous nous trouvons confrontés à ce qui nous attend.Loin d’être originelles, nos racines sont devant nous.C’est pour répondre au “Qui serons-nous?” que nous posons les "D’où venons-nous?”.» C’est à partir de ce constat, qu’il pomme «identité de devenir», qu’Elias Sanbar, directeur de la Revue d’études palestiniennes, tente de circonscrire à l’intérieur de son plus récent ouvrage les paramètres identitaires du Palestinien.Pour s’y faire, l’intellectuel, ori-gjjiaire d’Haïfa mais installé en finance depuis plusieurs décentres, adopte une approche relevant de l’anthropologie historique.Sa conception de l’identité palestinienne s’articule autour de trois figures.La première replonge à l’époque de l’Empire ottoman et s’interroge sur les conjonctures ayant forgé l’identité de ce peuple: terre d’érection des trois grandes religions monothéistes, victime des convoitises ottomanes et européennes.La deuxième figure qu’il propose décrit une identité qui tire son essence de la résistance qu’inspirent la présence britannique et les mouvements sionistes.La troisième et dernière figure a comme point de départ l’expulsion de 1948, période extrêmement trouble.Cette partie s’attarde principalement au devenir des Palestiniens ainsi qu’à leur espérance d’une reconnaissance nationale prochaine qui n’a pour seule béquille que le souvenir d’un «d’où venons-nous?» nécessaire à leur survie identitaire.Une fine réflexion, empreinte des souvenirs de l'auteur exilé de sa mère patrie depuis l'âge d’un an, qui détient la force d’expliquer plutôt que d’attaquer sans réserve.FIGURES DU PALESTINIEN Elias Sanbar Gallimard 2004, Paris, 299 pages L'AGENDA llNnRtiK.lt|rifefewJMfe (MMMBlftfnvfeHMl LF DïWIR ment comme une invitation à la réflexion pour un éventuel partage, sous bénéfice d'inventaire, bien entendu».Les meilleurs moments de ce bref essai sont ceux qui concernent le jugement judiciaire et le jugement esthétique.Dans le premier cas, l'analyse de Morin fait ressortir les tenants et aboutissants du métier de magistrat et nous fournit ainsi des outils indispensables à l’heure de juger nousmèmes ces jugements.Pour contrer la démagogie populiste qui s’abat souvent sur le travail des juges, ces pages sont éclairantes.Dans le second cas, le juriste fait preuve d’une grande sensibilité au monde de l’art en distinguant la simple opinion du véritable jugement esthétique qui exige une formulation plus élaborée à même de permettre le dialogue: «D'une certaine manière, l’esthéticien sert d’intermédiaire entre l’auteur de l’œuvre et le lecteur, l’auditeur ou le spectateur.[.] En ce sens, l’œuvre d'art et le jugement esthétique poursuivent un dialogue déjà engagé par l’artiste lui-même avec ses prédécesseurs dans un échange qui peut être admiratifou polémique.Ainsi se construit, à travers cette rencontre, une irréductible recherche de sens qu’il ne faut d’aucune façon confondre avec la quête d’une vérité transcendante.» Difficile de dire mieux.Rédigé dans une langue claire et élégante, ce «bref essai sur le jugement» incarne très bien la sagesse et la prudence dont il chante les vertus.Fantaisie sur le inonde de la justice Le projet de l’ex-juge André Trottier est différent.Il s’agit, dans ce cas-ci, de «faire comprendre la justice dans sa complexité toujours mouvante» grâce à une suite de petits tableaux impressionnistes qui présentent les enjeux du monde judiciaire et ceux qui l'animent, c’est-à-dire juges, avocats, notaires, témoins, experts, journalistes, jures, accusés, policiers et autres.Si elle pouvait revenir aujourd'hui, ecrit-il, «les yeux ouverts.Thémis [la déesse de la justice) s 'amuserait fort de se voir enfermée dans tous ces volumineux bouquins aux multiples annexes qu on appelle des Codes.Elle rirait au fond d’elle-même à la lecture ou à l’écoute de ce que les hommes inventent pour définir le juste alors qu ils persistent à pratiquer le mal.» Trottier, bien sûr, réserve quelques critiques à l’état actuel du monde judiciaire, qui serait trop peu accessible à l'homme de la rue, n’imposerait pas toujours des sentences à la mesure des délits et souffrirait d’embonpoint.Aussi, il souhaite «une vraie réforme qui aura pour effet de simplifier le contenu de ce que nul n est censé ne pas comprendre: LA LOI» et une réforme de l’univers carcéral qui améliorerait les chances de réhabilitation.L’essentiel de son ouvrage, toutefois, est surtout consacré à rendre hommage à la faune des palais de justice et à jeter un éclairage sur certaines zones plus obscures du processus judiciaire.Bien conscient du fait que cet univers n’a pas toujours bonne réputation, il formule d’abord une précaution essentielle: en ces matières, il faut se méfier de la sagesse populaire souvent prompte à condamner et se souvenir que la vérité judiciaire «n’est pas celle que Ton soupçonne, mais celle que Ton prouve.Pour y parvenir, il faut prendre les faits un par un, les accumuler, en faire une gerbe qui entraînera une ultime conviction».Du juge, par exemple, il dira qu’il doit «se trouver suffisamment proche des citoyens pour les comprendre et suffisamment loin pour les frapper».A la populaire question «L’avocat doit-il croire son client?», il répondra oui et non: «Il doit le croire, se convaincre de so* bon droit et le représenter comme s'il était lui-même en cause.Sans cela, il plaide mal.Mais en même temps, il doit ne pas le croire, discerner les faiblesses du dossier, prévoir ['argumentation adverse, bref être conscient que Tissue du débat est aléatoire.Sans quoi, il plaide egalement mal.» Dans un passage plutôt racoleur qui sent la prose de «vieux monsieur».Trottier se réjouira de la féminisation de la justice en invoquant le préjugé que les femmes «savent mieux que les hommes rester proches des vérités premières, se coller à la réalité des choses de la vie» et se faille comprendre.A l’heure de jouer les sages, Trottier dérape en entonnant le ronron de lÿ nécessaire réduction de «l’Etat qui se mêle de tout», mais vise juste en dénonçant «la judiciarisation à outrance» qui enferme «dans des rapports de droit tous les rapports sociaux.même les rapports affectifs, ce qui n'incite plus les individus à s’assumer et accentue leur dépendance à l’égard de la société».Petite fantaisie sur un univers qui est né et a évolué avec le monde des hommes.Le Monde de la justice constitue un divertimento de qualité aux accents vieillots.louiscomellieria parroinfo.net POURQUOI JUGE-T-ON COMME ON JUGE?Bref essai sur le jugement Fernand Morin liber Montréal, 2005,120 pages LE MONDE DE LA JUSTICE André Trottier Septentrion Sillery, 2005,200 pages HISTOIRE Les responsabilités de la presse MARCEL FOURNIER La presse comme media de masse n'est pas.contrairement à ce qu’on pense, quelque chose de nouveau.11 faut le recul que permet le regard de l'historien pour voir qu’en France son histoire commence dès les années 1830 et qu'en moins d’un siècle, la presse est de venue «l’un des supports centraux de l'espace public et l'un des médiateurs essentiels des opinions qui s'affrontent dans une ilemocmtie».Telle est l'une des conclusions que tire Christophe Charie, professeur d'histoire contemporaine à l’université Pari s-1, de son étude mi nuticuso de la «révolution» culturelle qu’a pu représenter l'essor fulgurant des journaux, principalement depuis la fin du XL\' siècle.Pour qu'une telle expansion de la presse soit possible, il a fallu que soient réunies diverses conditions: d'abord l’extension du lectorat, ensuite les progrès techniques multiples liés à fa révolution industrielle et à l’abondance de capitaux, et enfin fa politisation croissante du lectorat L’intérêt de l’analyse de Christophe Charie est d'articuler trois approches (histoire sociale, histoire culturelle et histoire politique) et de fournir des informations précises sur diverses facettes de l’histoire de la presse- en France: émergence de fa profession de journaliste et différenciation des types de journaux, rôle nouveau de fa presse dans fa société et dans la politique (comme on peut le voir au moment de l’affaire Dreyfus), expansion du nombre de revues et de périodiques spécialisés dans les années 1890-1914, déclin de fa presse d’opinion et essor de la presse commerciale dans l’entre-deux-guerres, diversification des groupes cibles (fepunes, jeunesse).A la question -Quel est le pouvoir de la presse?», Christophe Charie substitue fa question suivante: «Quelle est fa responsabilité de la presse?» Force est de reconnaître que les journaux n’ont pas toujours été en mesure de faire face aux défis d’un siècle de crises, comme on le voit au moment de fa Seconde Guerre mondiale.En conclusion de son ouvrage, Charie établit un bilan contrasté des résultats de l’expansion des journaux: il y a un côté positif , avec l’élargissement considerable du lectorat et l’unification culturelle de fa population, et il y a un côté négatif, avec l’emprise de plus en plus forte de l’argent (ressources publicitaires, dif fusion) et la censure qui en résulte.le regard que jette l’historien sur la situation actuelle est plutôt pessimiste: si fa démocratie française va mal, c’est que les médias sont en crise; crise morale et de crédibilité, certes, mais aussi aise structurelle (dépendance aux commanditaires, conglomérats multimédias).Une inquiétude bien fondée.Le livre de Charie peut servir, pour reprendre son expression, de «garde-fou réflexif contre le renouvellement des mêmes erreurs».LE SIÈCLE DE LA PRESSE (1830-1939) Christophe Charie le Seuil Paris, 2004,400 pages LesconseilSde.os libraires indépendants L’AME FRERE Gilles Jobidon, VLB Éditeur, 17,95 $ « Dans une langue plus évocatrice que descriptive, Gilles Jobidon nous donne un récit somptueusement écrit sur les amours et leurs contrariétés.Du grand art.» Yves CUIUCT librairie Le Fureteur (Saint-Lambert) APRES LA NUIT ROUGE Christiane Frenette, Boréal, 19,95 $ « À travers le regard de quatre personnages liés entre eux par un même événement tragique, Christiane Frenette signe un roman sensible, intelligent et d’une grande profondeur.» ÉRIC SIMARD librairie Pantoute (Québec) REVERSIBILITE Claude Vaillancourt, Triptyque, 20 î « Quelles leçons tirer du passé?Nos existences sont-elles réversibles?Une douce quête de l’autre et de soi à travers les ambitions artistiques et amoureuses.» MARIE-BCLLt CIRARD librairie Les Bouquinistes (Chicoutimi) CE QU’IL EN RESTE lulie Hivon, Éditions XYZ, 15 $ « La rencontre imprévue de quatre jeunes artistes au passé trouble .Un roman intimiste et poignant qui met en lumière l’amitié profonde ainsi que la complexité des relations filiales.» GENEVIÈVE DÉSILETS librairie Clément Morin (Trois-RivUres) LA DISPARITION Charlotte Gingras, La courte échelle, 15,95 $ « Une lecture poignante, empreinte demotions et de vie, qui chavire nos sens : un voyage dans le Grand Nord québécois, le choc des cultures et une adolescente en quête d’elle-même.Ce roman percutant vous habitera longtemps.» BRIGITTE MOREAU librairie Monet (Montréal) Ce qu il tu resit le libraire ÿ Journal littéraire bimestriel Février 2005 Maintenant en librairie Une réalisation des librairies indépendantes : M0RIN 'HuRETEUR MWt LIBRAIRIE PANTOUTE Prix du Gouverneur general 2004 \ #1 ' ¦ /'¦ • Miriam {t7&RSUWif Drôle de «Un roman poignant, bouleversant, écrit à la pointe de l’humour ravageur et désespéré.****» Marie-Claude Fortin La Presse Mm!AM loi WN DROtf DI.TfNORf.NM «On se fait son propre cinéma de cette langue acide, drôle [.] dont les images noires, spectaculaires d’invention, confèrent une beauté inattendue à une adolescence désenchantée.» Tristan Malavoy-Racme, Voir fuit 00 GOOVtRIMU* G», Ml RAI 200 U Une enfance a reau mennomte www.lelibraire.org Le portail du livre au Québec Avec l’aide de Patrimoine Canada Canactë Informations : info@lelibraire.org Traduit de l'anglais (Canada) par Lori Saint-Martin et Paul Gagné 360 pages • 25,95 $ www.editionsboreal.cic en i LE DEVOIR.LES SAMEDI 1.9 ET DIMANCHE 20 MARS 2 0 0 5 - ÜLOC-XOTES Requiem pour un triste sire ROMAN AMÉRICAIN 1 Odile Tremblay Les chasseurs de sorcières mordent parfois la poussière.Au moment où ils ne s’y attendent plus, après un long règne sur un auditoire épaté ou terrifié.Ainsi, Jeff Rllion, le cancrelat des ondes québécoises, a quitté l'antenne de CHOI FM cette semaine, bouté hors de sa station de radio par une miss Météo sans armure.Longue vie aux miss Météo! Tombé à droite, va-t-il rebondir un jour à gauche, sur des ondes satellites, comme son héros Howard Stern?L'avenir le dira.Fillion s'efface du paysage médiatique, soit Mais coupe?une des têtes de Ihydre, d’autres peuvent pousser.A Québec, le vent de maccarthysme venu du Sud a soufflé par la radio.Ailleurs, il se fraie son chemin la où il peut, avec son puritanisme, sa morale de censure, ses indiscrétions à se pourlécher les babines.Démocratie ou pas, ils sont légion ceux qui cherchent un chef à grande gueule pour mieux déposer à ses pieds l’épuisante liberté de penser, quitte à foncer dans le mur à sa suite.Ne vous demandez pas pourquoi tant de gourous improvisés sucent les esprits.Des émules les pressent d’évacuer a leur place les frustrations, les colères, les préjugés, les peurs en mal d’exutoires.De même que ce terrible sentiment d’impuissance qui leur gonfle le pompon.FA de pousser leur chef à se montrer plus grossier, plus irrespectueux, plus cruel encore, ivres par procuration de se rehausser eux-mêmes en rabaissant autrui.Que pèseraient les Jeff FTllion de ce monde sans les admirateurs venus gonfler leur sentiment de puissance?Du haut de son micro éructant, il a fait si longtemps trembler les médias de Québec, ce morning manAk, Le Soleil, entre autres.Plusieurs scribes n’osaient plus le dénoncer par crainte de nouvelles poursuites, de représailles en ondes.On qualifie les médias de quatrième pouvoir, mais certains apparais sent plus puissants que d’autres.Ceux des radio-poubelles, en particulier, qui jouent d’intimidation, comme toutes les dictatures, au fait «Liberté!», ont crié jusqu'à l'enrouement les fans de Fillion et compagnie quand le CRTC a voulu leur couper le sifflet.Liberté pour le viol de la vie privée, la chasse aux sorcières, la diffamation, la vacherie! liberté! C’est à vous dégoûter de ce mot-là, si détourné de son sens.Doux plaisir, semble-t-il, que de frapper l'intimité des gens.Des femmes surtout, cibles faciles, bien entendu.La misogynie demeure si forte dans nos sociétés, même chez les femmes, si nombreuses a détester leur sexe.Et plus cette misogynie se sent brimee, plus eDe explose de joie quand un poilu, un homme, un vrai, ramené une de ces salopes (toutes des putes!) a ses antécédents sexuels et a son anatomie.Ça permet d’ignorer que ces dames ont aussi des yeux pour voir et un cerveau pour comprendre.Alors mille mercis a Sophie Chiasson, qui a vaincu le dragon devant lequel de gros chevaliers s'étaient cassé les dents.Montée toute seule au front avec sa douleur et son courage dans son procès contre FiDion, appuyee par une foule de plus en plus dense, des femmes surtout, comme elles a bout de goujateries.Oui, mille mercis à Sophie Chiassoa Elle ne s’est pas seulement débattue avec un drame personnel — un viol sinistre par ondes interposées —, mais pour d’autres victimes, aux prises avec des agressions du même ordre.Peut-être que, dans le sillage de cette puante affaire, des Fillion en tous genres se remettront en question.Fol espoir, je sais.On n’évacue pas des millénaires de machisme en deux coups de cuillère à pot, mais Sophie Chiasson a ouvert une brèche.Que d’autres s’y engouffrent, avant que le brouillard ne se reforme un peu plus.Elle évolue à tâtons, la cause des femmes, à coups d’avancées, de reculs.Depuis si longtemps déjà.Des fragments de son histoire surgissent partout Tenez! En fin de semaine dernière, au Festival du film sur l’art, la foule se bousculait devant les entrevues réalisées par Madeleine Gobeil avec Sartre et Beauvoir en 1967.Même cohue pour le documentaire Portraits croisés, entremêlant leurs témoignages.Après la projection, il y eut un débat Et Madeleine Gobeil était surtout interrogée sur Beauvoir, qui fut sa grande amie.Plus complexe, l’univers de Sartre, difficile à assimiler.D’où cette retenue face à l’auteur des Mots.Mais l’auditoire semblait vraiment avide de mieux connaître sa compagne, tant la modernité de son discours féministe demeurait éclatante.En 1967, Simone de Beauvoir voyait un recul de la condition féminine depuis la publication de son Deuxième Sexe, dix-huit ans plus tôt Ensuite, jusqu’à sa mort elle n’aura cessé de se battre pour le droit à l'égalité.La dame au turban aurait été fort désolée de voir les Fillion de ce monde poursuivre le même manège que leurs aïeux.Tant de femmes ont depuis lors investi le monde du travail.Mais les sphères de direction et les petits potentats demeurent, pour employer l’expression de Beauvoir, une franc-maçonnerie masculine.Cette franc-maçonnerie-là, une touchante jeune femme appelée Sophie Chiasson l’a ébranlée un moment Un moment c’est peu et c’est beaucoup.Puisse le printemps venir bientôt! otretn blaValedevoir.corn La consommation de Dan Brown et de ses démons CHRIS WATTIE REUTERS Jeff Fillion, que l’on voit ici lors de la manifestation d’appui à CHOI FM sur la colline parlementaire, à Ottawa, en août dernier, a quitté les ondes de la station de Québec cette semaine.MARIE CLAUDE MIRAN DETTE Le voilà! Le nouveau Dan Brown est arrivé, tiré a 300 000 exemplaires et accompagné d’une déferlante médiatique qui frise le délire collectif Après le succès phénoménal du Da Vinci Code, vendu à plusieurs millions d’exemplaires, traduit en 42 langues et dont l’adaptation cinématographique est en cours à Hollywood, comment pouvait-il en être autrement?Car il en a fait couler, de l’encre, ce Code, quatrième titre d'un écrivain jusqu’alors quasiment inconnu.Il a ses défenseurs et ses détracteurs qui s’affrontent à coups d’essais et de déclarations-chocs, certains sérieux et fouillés, d’autre d’un flagrant opportunisme éhonté.Les uns réfutent les thèses élaborées par l'auteur comme autant de divagations hallucinatoires, voire d’hérésies; les autres louangent son génie et croient dur comme fer toutes les hypothèses qu’il y met en avant Même le Vatican s’est senti obligé d’y aller d’une déclaration à son sujet tant il trouvait blasphématoires certaines thèses de l’auteur qui sèmeraient rien de moins que le doute dans la chrétienté tout entière! Question timing, la sortie de la traduction française d'Angels & Demons, paru en anglais en 2000 (donc antérieur au Code), ne pouvait mieux tomber.L’action de ce thriller théologico-scientifique se déroule pour l’essentiel à Rome, au cœur même de la cité vaticane, alors que les cardinaux réunis en conclave doivent présider à l’élection du nouveau pape.Plus d’actualité que ça, tu meurs! Parallèlement, le CERN (Conseil européen pour la recherche nucléaire sis à Genève) est le théâtre d’événements pour le moins inquiétants.Un de ses plus éminents chercheurs, un prêtre théophysicien spécialiste de l’antimatière, est retrouvé assassiné, la poitrine marquée au fer rouge de l’inscription «Illuminati» et un œil en moins.On constate rapidement qu’un échantillon d’antimatière a été dérobé dans le laboratoire où il menait des travaux tenus secrets, ce qui laisse présager le pire, un seul gramme de cette chose permettant de fabriquer une bombe aussi puissante que celle qui balaya Hiroshima.Question de comprendre qui sont les Illuminati et de tenter de percer le mystère de cet horrible meurtre, le directeur du CERN appelle à la rescousse Robert Langdon, éminent professeur en symbolique religieuse à Harvard que l’on a découvert dans le Code et dont c’est la première apparition.Ce James Bond universitaire, digne héritier d’Indiana Jones, sportif notoire et play-boy invétéré (ixnir le réalisme, on repassera!), Emma Haché LE TEXTE ET LA SCÈNE Auteure de Lintimite Lansman, 2003 Prix du Gouverneur Général Rencontre dans le cadre des Lundis du CRILCQ de l’UdeM Animée par Jeanne Bovet Lundi 21 mars à 19h30 Réservations ; 739-3639 Avec le soutien du Conseil des Arts du Canada 5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges L'annuaire Québec 2005 Culture L’annuaire Québec 2005 L«s dette du Québec, par lean Charest Suicide : les chiffres Doit-on avoir peur de la Chine ?CHOI-FM : ta colère des (eunés hommes lettre b un immi^ant.par Alain Stanké Sous la direction de Michel Venne Avec plus de 75 collaborateurs TOUTE L'ANNÉE EN UN SEUL LIVRE ?Tous les chiffres : démographie, emploi, santé, culture, économie ?Une chronologie des grands événements de l'année 2004 ?200 graphiques, tableaux et cartes ?Les photos de Jacques Nadeau et les caricatures de Gamotte ?Des milliers de références bibliographiques ?Les lois adoptées à l’Assemblée nationale ?Les principales dates de l’Histoire du Québec ?Un panorama des études québécoises dans le monde ?Les livres et les films québécois www.editionsfides.com entame sa première aventure à bord d'un X-33, genre de super jumbo-jet effectuant le trajet Boston-Genève en soixante minutes.Toute une entrée en matière! Et ce qu’il s'apprête à mettre au jour relève une fois encore de la très grande machination.Avec tous ces ingrédients, la table est mise pour près de 600 pages de thriller aux effluves d’ésotérisme, de science et de théologie.Cardinaux, scientifiques et carbonari athées s’affrontent en une bataille sanglante où s’entremêlent à qui mieux mieux anges, démons, Genèse et théorie du big-bang, sans compter tout ce que l’humanité a de meilleur et de pire.Les ficelles sont grosses, certes, mais le rythme est soutenu et l’écriture, efficace.De là à crier au génie, il y a un grand pas que l’on ne souhaite pas franchir.Car il s’agit simplement d’un roman, avec tout ce que cela implique de latitude et de liberté prises à l'histoire, ce que d’aucuns semblent trop souvent oublier.Et c'est là que ça agace franchement Brown est sans aucun doute un habile conteur, mais il n'est pas pour autant historien.C’est un romancier talentueux, soit mais il n’est ni le premier ni le seul à partir de lieux et d’événements réels pour fabuler, à coups de machinations, de complots et de traîtrises, des possibles plus vrais que la réalité bons à nourrir une humanité en mal de mystique et de spirituel.Et bien que, dans le genre «theological thriller», j'avoue préférer Umberto Eco et surtout le duo Monaldi-Sorti, à qui l’on doit Imprimatur et Secretum, Anges & démons s'avère un bon divertissement, un «page turner» à l’américaine qui tient son lecteur en haleine jusque tard dans la nuit.Là devrait par contre s’arrêter sa portée.ANGES & DÉMONS Dan Brown Traduit de l’américain par Daniel Roche JC Lattes Paris, 2005,571 pages santé dans les livres midi repas express, repas plaisir, repas Ssnîé,.Savez-vous qu'un mauvais repas du midi mine votre énergie et peut nuire à votre poids?Louise Desauiniers et Louise Lambert-Lagacé vous proposent 45 menus riches en protéines et en vitamines à préparer en 15 minutes ou moins! f^ÏLcs c-DiTtÔNS de! fTTTTr IstL1 HOMME I iVvF* www.edhomme.com LES PRESSES DE L’UNIVERSITE LAVAL Vincent Lemieux ’ i • A 'TOMHHfê japflfll Les partis d leurs transformations ISBN 2-7637-8126-8 240 pages ¦ 25 $ Vincent Lemieux Les partis et leurs transformations Les Éditions PUL-IQRC TéL (418) 656-2131 poste 10996 .Téléc.(418) 656-330! Luae.Bclangcrpul.ulaval.ca www.ulaval.ca/pul i
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