Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (9)

Références

Le devoir, 2005-03-19, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2005 LE DEVOIR Art et culture Grand Prix du Conseil des arts GINETTE NOISEUX Espace Go reçoit le Grand Prix 2004 du Conseil des arts de Montréal MAURICE FORGET Pour «un mécanisme qui permet d’intervenir en situation de crise» La vitalité du milieu artistique est réelle: non seulement les organismes se multiplient, mais ils sont encore là en nombre insuffisant devant l’émergence de nouvelles disciplines et l’apparition de nouveaux loueurs SOURCE: CAROLINE HAYEUR Adela, mt amor de José Navas.en héritage Il est des fêtes qui sont tristes.Rares sont en effet les personnes qui reçoivent un beau chèque — et ce jour-là le montant inscrit affichait 25 000 $ — et qui gardent quand même d'autres soucis en tête.«Au moment où l’on se parle, avait d’ailleurs dit quelques jours plus tôt Ginette Noiseux, directrice de l’Espace Go, je digère encore la possibilité qu'il n’y ait pas de prochaine saison.C’est inimaginable.Je n’y crois pas.Je n’arrive pas à me sortir ça de la tête.» Elle dont la compagnie de théâtre vient de voir la saison couronnée par la reconnaissance du Conseil des arts de Montréal, qui lui accorde en cette année 2004 son Grand Prix, se désole devant l’état dans lequel est maintenu l’art à Montréal et au Québec.Dure saison Il faut dire que les derniers douze mois ont été pour tout le milieu culturel particulièrement difficiles.C’est le cas en danse, où la compagnie Jean-Pierre Perrault a mis la clé dans la porte, une triste fin pour ce projet d’un pionnier reconnu à l’échelle internationale, et qui suit une autre fermeture, celle du Festival international de nouvelle danse.En cinéma, ce n’est guère mieux, où le Festival du cinéma de Montréal refuse l’enterrement qu’on lui réserve, d’autant plus que les dirigeants du Festival du nouveau cinéjna et ceux du festival concocté par l’Equipe Spectra ne s’entendent point sur un partage d’affiche.Allons-nous en musique qu’au problème d’une nouvelle salle pour l’Orchestre symphonique de Montréal s’ajoute même un flottement en ce qui concerne la venue annoncée d’un Kent Nagano.Un regard est-il jeté sur les arts visuels qu’en plus de ses difficultés de programmation, le CIAC laisse entendre que le financement de sa biennale ne peut plus se faire dans les conditions actuelles: «Je njiypothéquerai plus ma maison», a ainsi dit son directeur, lui qui venait de recevoir un autre prix, donné par un autre Conseil des arts, celui du fédéral.Et si le livre a la tête à la fête (Montréal sera dans un mois et pour un an la capitale internationale du livre), il n’est point question de taire le fait que le réseau des bibliothèques publiques doit être amélioré et que les problèmes des maisons d’édition ont le grand défaut d'être récurrents.Triste politique et beau défi Dans un tel contexte, le Conseil des arts de Montréal refuse toutefois de se laisser abattre.Il pourrait le faire car.Gertrude (le cri) avec Anne-Marie Cadieux et Maxime Gaudette à l’Espace GO.comme le rappelle la présidence dans le document de consultation soumis par la Ville de Montréal pour son projet de politique culturelle, «la première fois où Fon parte vraiment de nous en profondeur, c’est à la page 301» Pour Maurice Forget, «c’est un peu loin quand on songe à l’importance des sommes qui nous sont consenties ainsi, et surtout, quant au rôle que nous remplissons dans le paysage culturel montréalais».PLAN STRATÉGIQUE Vers 2008 Page 3 CINÉMA Vues d’Afrique ARTS MÉDIATIQUES Mutek Page 4 Il faut d’ailleurs rappeler la nécessité de la présence d’un tel organisme, d’autant plus que, au niveau gouvernemental provincial, les grands projets qui, hier encore, faisaient réver ne tiennent aujourd’hui plus: on tente ainsi d’obtenir à rabais une grande salle de concert et la Maison de la danse n’est, elle, plus qu’un souvenir.Pourtant, la vitalité du milieu artistique est réelle: non seulement les organismes ARTS VISUELS Graff LITTÉRATURE Voix d’Amériques Page 6 se multiplient, mais ils sont encore là en nombre insuffisant devant l’émergence de nouvelles disciplines et l’apparition de nouveaux joueurs: ce qui se passe dans le cercle des diverses communautés culturelles demande en effet à sortir des sentiers battus, rendant nécessaires les subventions aux initiatives qui témoignent du nouveau visage de Montréal.D’ailleurs, les succès d’un Mutek ou du festival Voue d’Amériques font la preuve que les derniers arrivés ne sont pas tous, loin de là, des derniers venus.Montréal grandit La métropole québécoise relève le défi de la diversité culturelle.En ces temps de mondialisation, quand la grande industrie rêve d’écraser tout ce qui n’a pas pour premier souci l'aventure commerciale, les initiatives périphériques se doivent d’être soutenues.Le Conseil des arts de Montréal s’y applique.Et malheureusement pour les politiciens, cela coûte quelque chose.Faudra-t-il encore une fois leur rappeler les retombées réelles qu’entraînent les investissements effectués dans ce secteur?Normand Thériault MUSIQUE NEM DANSE Compagnie Flak Page 7 Métropole culturelle, Montréal rend hommage à ses Créateurs et à ses créatrices.Bravo aux finalistes et au lauréat du Grand Prix et chapeau aux artistes montréalais ! La ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la région de Montreal.Line BEAUCHAMP >uébec I 1 L t l) H V OIK, L ï S A M E D I 19 E T I> I M A \ ( H E M A H II > G H A \ D PRIX DU C0XSE1L DES ARTS THÉÂTRE Le risque dans la continuité Espace Go célèbre sa 25e saison en recevant le Grand Prix 2004 du Conseil des arts En ces jours troubles qui sont le quotidien des grandes compagnies théâtrales, il y eut un jour de soleil pour la directrice de l’Espace Go.Ginette Noiseux apprenait mardi que sa compagnie voyait son projet d’une saison planifiée «en sortant des sentiers tracés d’avance» était récompensée par le Conseil.MICHEL BÊLAI K Un vent glacial soufflait sur la ville lorsque je me suis pointé a l’Espace Go l’autre matin afin d’y rencontrer Ginette Noiseux.Pour une entrevue sur le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal (CAM), puisque la saison 2004 de l'Espace Go, sa 25', représente le théâtre dans la liste des finalistes.Pas chaud, disais-je.D’autant moins que le CAM a fait parvenir un long communiqué aux journaux, que cette 25' saison se termine presque et que j’ai déjà rencontré la directrice artistique de Go deux fois au cours de la derniere année.Pas de quoi se réchauffer sur l’autel de la nouveauté.J’étais donc plutôt froid.Au diapason de la température ambiante.Sauf que, bien sûr, j’oubliais que Ginette Noiseux est.Ginette Noiseux.Et que ces jours-ci elle est, comme bien des gens, en état d’ébullition presque permanente malgré les rafales qui nous assiègent en cette froide fin d’hiver.SOURCE ESPACE C,0 Elektra, de Hugo von Hofmansthal, était présenté à l’Espace Go l’automne dernier.20e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal 20 ans, 20 coups de cœur Marquer le coup La rencontre a dure deux heures.Deux heures pleines a discuter un peu, beaucoup, passionnément, de tout et de rien mais surtout des nuages sombres qui s’accumulent a l’horizon.De cet affrontement qui ne porte pas encore le nom de crise mais qui risque de remettre en question toutes les façons de fonctionner du «beau milieu».D’entrée de jeu, Ginette Noiseux avoue être un peu pani-quée devant le crêpage de chignon qui oppose l’Union des artistes (UDA) aux Théâtres associés (TAl) dont fait partie l’Espace Go: *Au moment où l’on se parle, dit-elle, je digéré encore la possibilité qu 'il n y ait pas de prochaine saison C’est inimaginable.Je n’y crois pas.Je n’arrive pas à me sortir ça de la tête.» Pourtant on y arrivera, même si la discussion à bâtons rompus nous ramènera constamment là-dessus.Ces jours-ci, il est impossible de parler avec un artisan du théâtre sans que le conflit qui agite le milieu rebondisse à tout moment au beau milieu des discussions.Et comme Ginette Noiseux est de celles qui ont tricoté de ses blanches mains la vie même de sa petite compagnie.Mais en ne faisant même pas abstraction du présent, nous sommes revenus, en discutant des façons de faire le métier qui ont bien changé, à l’aventure de Go.Plus précisément sur cette saison dont le thème est «Portrait de femmes» et qui aura vu la directrice artistique risquer une programmation audacieuse pour bien marquer les origines de son théâtre.«Tout le monde le sait, l’Espace Go est né du Théâtre expérimental des femmes [TEF], Et je tenais à ce que la saison qui marque notre 25' anniversaire soit une année d’expérimentation qui se caractérise par le risque.Je voulais marquer le coup.Par respect pour tout le travail effectué depuis la fondation du TEF, en 1979, je voulais placer toute la saison sous le signe de la continuité.Le thème choisi devait pousser notre public à une réflexion sur les nouvelles relations homme-femme.Et en même temps, je souhaitais que Ton fasse tout cela en sortant des sentiers tracés d’avance.Qu’on innove et qu’on provoque.La réponse du public a été extrêmement positive.» C’est précisément ce qu’a retenu le jury du Grand Prix du CAM: la qualité de la démarche, l’audace des propositions et la réception enthousiaste de tout cela par le public.Dans les documents remis aux médias, on peut lire: «.nous ne pouvons que constater la place originale qu’occupe Espace Go dans la vie théâtrale montréalaise.[.] Cet orga- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Ginette Noiseux, directrice artistique de l’Espace Go.nisme demeure, aujourd'hui plus que jamais, une voix essentielle, une conscience artistique d’une rare acuité dans la dynamique de la transformation de notre réalité culturelle».L’emphase est peut-être un peu appuyée, mais l’affirmation est juste.La passion Dans le petit café de l'Espace Go, boulevard Saint-Laurent, sous le vent dehors et la chaleur qui rayonne ici, la discussion a pris la forme d’une longue incursion sur le terrain de la passion.Celle qu’il faut pour faire ce métier, pour se remettre sans cesse en question et pour prendre des risques en ayant souvent l’impression d’avoir à tout recommencer à zéro.Celle aussi qui a mene à la création de la petite compagnie que Ginette Noiseux dirige depuis 1987.Puis, par-delà les souvenirs qui remontent, la directrice artistique glisse sur l’approche marketing qui prévaut maintenant dans le milieu, et s’empresse de souligner le caractère particulier du Grand Prix remis chaque année par le Conseil des arts de Montréal.«Les théâtres sont évalués chaque année lorsque vient la saison des demandes d’aide financière.Je peux vous dire que la lettre d’évaluation du CAM est celle que Ton attend le plus ici.Parce que les gens du CAM ne se contentent pas d’analyser des chiffres, des projections financières et des tableaux.Ils voient les spectacles; ils connaissent notre travail et notre démarche.Ce sont des gens qui reconnaissent l’importance de la culture dans la communauté, üs encouragent la prise de risques et pas seulement en théâtre mais dans toutes les disciplines.On n’a qu’à voir la qualité des finalistes chaque année, et cette année encore plus, pour se rendre compte du fait qu’ils sont du côté de l’art et qu’ils encouragent vraiment les créateurs et l’innovation.» C’est venu comme ça, à quelques mots près.Sans que cela soit planifié pour faire une chute élégante à l’entrevue.Du fond du cœur.Comme tout ce que fait Ginette Noiseux.Le Devoir « Le thème choisi devait pousser notre public à une réflexion sur les nouvelles relations homme-femme » WWW b j m d anse c a les Ballets Jazz de Montréal T : 514_982_6771 info@bjmdance.ca AIR FRANCE [The Stolen Show] Chorégraphie de CryStBl P bientôt en tournée au Québec et sur rîle-de-Montréat.Que net -’SÆ” : Louis Robitaille_dir«cteur artistique t ft » r f E D E V ES SAMEDI ID E M A N i H E MARS II ;i graxd prix pr roxsm m:s arts Conseil des arts de Montréal Il faut rendre compte du nouveau paysage culturel montréalais Après une annee d’intense reflexion à sonder ses membres, son personnel et les représentants des milieux artistiques et municipaux, le Conseil des arts de Montréal a finalement accouché d un ambitieux plan stratégique pour les trois années à venir.C omme le dit Danièle Sauvage, directrice générale et secrétaire de l’organisme, «le monde changeait, le Conseil se devait aussi de changer».Explications.m mylene tremblay Il y a eu d abord les (usions municipales.Le 1 janvier 2002, le Conseil des arts de Montréal (CAM) succédait au Conseil des arts de la communauté urbaine de Montreal (CACl'M), incitant du coup l’institution de la rue Saint-L’r-bain à revoir son fonctionnement et son rôle au sein de la métropole.Il y a eu ensuite les demandes croissantes «d'un milieu plus que jamais en manque de ressources»: des festivals qui se multiplient à un rythme fou.des jeunes qui investissent le milieu des arts de façon exponentielle, un nombre grandissant d’organismes issus des communautés culturelles et le développa ment de nouvelles disciplines — arts du cirque, danse, etc.D y a eu enfin, en juin 2003.le dé» pot du rapport du groupe-conseil chargé d élaborer la politique culturelle de Montréal.On y soulignait notamment que le Conseil devait dorénavant «devenir l’interlocuteur principal pour le soutien à la création, à la production et à la diffusion des œuvres artistiques montréalaises».Et surtout on y proposait que le budget de l’organisme soit porté à 20 millions au cours des cinq prochaines années, soit deux fois plus que l'enveloppe d'alors.Nécessaire changement «Tout cela mis ensemble rums a forcés à revoir nos façons de faire et à nous poser la question: peut-on faire mieux et devenir plus efficaces et “proactifs”?, rappelle Danièle Sauvage, directrice de l’organisme.Avec l’aide de Secorgroupe-conseil, on a procédé à des rencontres avec des gens [de tous horizons] pour faire un diagnostic de nos actions et voir ce qu’il y avait lieu de changer et d’améliorer» Résultat du diagnostic: oui, le CAM fait du bon travail, celui de distribuer des subventions aux organismes professionnels montréalais en appui à la creation, la production et la diffusion.Par contre, l’organisme gagnerait à mieux moduler son fonctionnement sur les besoins précis de chaque secteur, à être plus entreprenant et davantage à l’écoute du milieu.En réponse à ce sérieux examen de conscience, le CAM a dressé un plan stratégique établi sur trois ans (2005-08) qui s’articule autour de trois grandes orientations.La première concerne ses mécanismes de gouverne, la deuxième, son offre de services et la troisième, son fonctionnentent et la gestion des subventions.A la lecture du document, on décèle la volonté d’accorder la priorité à la relève et à l’émergence, aux communautés cultureDes ainsi qu’aux arts médiatiques, trois segments qui représentent en fait les grands objectifs de développement du Conseil.Désir d’autonomie Pour mener à bien tous ses projets, le Conseil veut se doter d'abord d'une organisation au statut juridique autonome.Organisme paramunicipal qui relève de la Ville, le CAM entend devenir une personne de droit moral, à la manière du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) ou du Conseil des arts du Canada.Dans sa politique de développement culturel, la Ville a annoncé qu'elle était prête à accorder cette autonomie au Conseil des arts, lequel devrait y accéder d’ici janvier 2006.Autre condition nécessaire à l'atteinte des objectifs: le rajeunissement des effectifs du Conseil.«Les membres du Conseil sont des gens qui, selon le règlement, ne doivent avoir aucun lien avec les compagnies, explique la directrice générale.Ce qui exclut beaucoup de monde parmi ceux qui sont les plus intéressés et les plus impliqués dans la vie culturelle.» A ne pas confondre membres du Conseil — des bénévoles, souvent à la retrai- GIl.LKS CHAMBERl.AND Danièle Sauvage te — et conseillers culturels qui travaillent à temps plein dans les bureaux de l’organisme! Ces derniers sont doués d’un flair développé pour dénicher la relève.Très souvent d'ailleurs, le CAM agit comme une bougie d'allumage en allouant aux jeunes organismes leur première subvention.Place à la relève et aux communautés culturelles Parlant releve, le Conseil y met la gomme pour appuyer leurs efforts et leur essor.C’est que l'organisme croule sous les demandes d’un nombre record de jeunes qui sortent chaque printemps des différentes écoles d’art de Montréal et des environs, et qui cherchent à tra-vailler dans leur domaine — theatre, danse, arts visuels, médiatiques.«En danse seulement, en 1971, on avait d peine huit compagnies à subventionner.En 1986, il y en avait 30.Aujourd'hui, elles sont au nombre de 42.Les jeunes artistes sont en croissance exponentielle», constate la directrice.D est à noter que les progranunes de subventions du Conseil sont destinés uniquement aux compagnies à but non lucratif incorporées depuis au moins deux ans, qui gravitent dans les disciplines des arts visuels, du cinéma et de la vidéo, de la danse, de la littérature, de la musique et du théâtre.Les organismes qui œuvrent en architecture, en design, dans les métiers d’art, les arts électroniques, les arts multidisciplinaires et les arts médiatiques peuvent aussi avoir accès à la manne du CAM, mais sous certaines conditions.Dans chaque secteur, on trouve ainsi des dizaines de jeunes chorégraphes, musiciens, videastes.comédiens, écrivains et tutti quanti qui ne sont pas incorpores Us ne frappent pas à nos panes, mais ils ont besoin d’appui financier, reconnaît Danièle Sauvage,.On a des demandes qui se multiplient annee aprà annee.» Comment faire pour venir en aide à cette relève maigre les moyens limites de l'organisme?Le CAM examine toutes les avenues.«Depuis l’augmentation des budgets il y a deux ans [la première en plus de 10 ans, consentie par le maire Gerald Tremblay], on a accueilli Tout au long de son travail de reflexion.le CAM s’est demande s il devait étendre ses programmes de subventions aux nouvelles disciplines, Il a finalement tranché en faveur des arts médiatiques, il faut dire que, depuis trois ans, le CAM jouit d’un partenariat avec la Confèrence régionale des élus (CRE) qui lui a fourni la somme de 150 (XK) 8 pour enrichir son budget d’appui à cette tonne d'art.Mais l’entente se termine cette année.«Maintenant qu'on n'a plus l'argent, doit-on laisser tomber les arts mediatùjues ou trouver d'autres partenaires et revoir notre assiette budgétaire de façon à continuer de les soutenir?Les membres du Conseil ont opté pour la deuxième option, raconte Danièle Sauvage.Montréal a déjà beaucoup d'acquis dans ce secteur de pointe qui attire les jeunes.» Quant a l’architecture, le design et les métiers d'art, le CAM entend valoriser ces secteurs qui s'arriment aux grandes orientations de la Ville.Une première subvention a été accordée cette année à la petite galerie d’architecture Monopoly.«On va voir dans quelle mesure on pourra financer des organismes qui font la promotion du design montréalais pour faire découvrir au public l’architecture patrimoniale et moderne.On n'a rien de concret pour le moment», affirme la secrétaire du Conseil.I-es dossiers des lieux de dilfu-sion et des festivals suscitent également beaucoup de discussions au sein de l’organisme, Des pourparlers sont en cours avec le service de développement culturel a la Ville de Montréal.«lœ CAM subventionne les festivals disciplinaires comme le Festival de théâtre des Amériques, la Biennale de Montréal ou le Festival du nouveau cinéma, explique Mme Sauvage.Mais on a de plus en plus de demandes pour des festivals pluridisciplinaires.Je pense au Festival du monde arabe de Montréal, où Dm retrouve de la dan- Bravo aux finalistes du Grand Prix et bon 20e anniversaire au Conseil des arts de Montréal ! plus d'une trentaine de nouvelles compagnies de icuncs II faut continuer annee après année à les appuyer de façon croissante.Ce qui veut dire qu une bonne partie de notre budget va être utilisée pt>ur ces compagnies de la relève.» Accueillir la relève l e plan stratégique soulève d'ailleurs la possibilité pour le CAM de s ouvrir aux coUectits d’ar listes et d’offrir gratuitement des studios de répétition aux jeunes ai listes.Le programme semble être sur point d’être achevé.L’aide à la relève pourrait aussi se presenter sous tonne de services ollerts [xu un pool de professionnels bénévoles — avivais, administrateurs, comptables, etc.- que le Conseil s'affaire à mettre sur pied Pour ce qui est des communautés culturelles, souvent indisso cia blés de la releve, le Conseil leur a fait la part belle puisque «la ques tion devenait essentielle, on ne pou tait plus la ntghgn et hure semblant Je ne pas la voir» Une journée de concertation tenue en mai s 2iXM a d ailleurs donne lieu à la mise sur pievl d'une délégation culturelle qui s’est reunie tout au long de l'année 1 rois axes d'intervention ont ete désignés le reseautage.le develop peinent des publies tie public eu general et celui des communautés d'accueil) et le financement.«Four Its compagnies issues des corn mu Hautes culturelles, il existe souvent des barrières svstemiques, mentionne Danièle Sauvage.Les runs qui évaluent les demandes de subvention des organismes en question ne sont peut-être pas suffisamment “connaissants" de ce qu 'ils ont à juger.» 1 e rôle du Conseil consiste pour le.moment a encadrer le travail de la’ delegation Au coins des pi ix'hains mois, il lui faudra mettre au point des programmes Soutenir la création se.du théâtre, de la musique et du NF, Michel Couktmbe, la directrice du groupe de recherche en iu ts médiatiques (GRAM) et du Centre interuniversitaire des arts médiatiques (C IAM), Emise Poissiuit, le dépisteur artistique au Cirque du Soleil Yves Sheriff, etc.), et enfin, en théâtre (la comedienne et directrice artistique du Theatre Bouches dé cousues.Jasmine I )ul>é, le directeur général du 'Ihéâtre 1 tenisœPelletier, Rémi Brousseau, etc.) Au sujet de ce dernier comité, une question brûle les lèvres: en quoi le CAM est-il affecté par le conflit actuel qui oppose les membres de Théâtres ass< niés inc, (TA1) à l’Union des artistes (UDA) concernant la rémunération des heures de répétition?Cette question a bien entendu été débattue lors de la rencontre du comité consultatif.«Déjà ça nous touche, avoue d’emblée Danièle Sauvage.Parce que, d’une part, les compagnies qu m finance ne simt pas capables de planifier leur saison 2005-06 alors qu elles devraient être en train de si- gner des contrats avec les comédiens!, pour Vanne, prochaine.D'autre fiartZ ('o affrété nos programmes de tourner parce que certaines compagnies ont des ententes arec nous pour se produit ne dans Us arrondissements au courtÇ, de la prochaine saison Ijs contrats sont déjà stgms.•• «, Advenant le cas où les compaï gnics en question devraient payeÇ leurs comédiens de 10 à 15% pliuw cher, serait-ce au Conseil ri'assurvt» le paiement?Ou eeluk i se verrn-t-iE dans l’obligation d'annuler des rej presentations!’ le flou artistique pla« ne.«Ce seru pmbablement du cas paZ cas», prévoit la directrice géncraUJ du Conseil.Bref, beaucoup de pain sur lî?planche en ce début d'année, quE coïncide avec l'entrée en vigueur diC plut stratégique.Bon nombre d’aœ; lions ont été entreprises, d'autres se> concrétiseront d’ici 2008, si tout va" bien.Danièle Sauvage se montre op timiste: «On a fait plus de chemin que Van dernier, assuret-elle.On a acant-rhé de ce plan stratégique qui donna, de bonnes orientations cl on a tra-, vaille avec la Ville de Montréal ai£ projet de politique culturelle H ya gu» bien sur des moments tristes pour iSf milieu des arts à Montreal [la mort du FINI ), l< Festival international de nouvelle danse], mais on ne connaît pas tous les bons coups.Montreal affiche une vitalité et un dynamisme culturels assez unique.» Voila qui a de quoi donner des ailes! M.T.ï.l'i' I IH ¦ H l K1H 111 *1 L^JI t i [•!• I Sous la direction de LORRAINE VAILLANCOURT Grand concert annuel MERCREDI 27 AVRIL 2005 Un grand concert placé sous le double signe de la découverte et du répertoire Thomas Adès - Fausto Romitelli -Alberto Posadas - Michael Oesterle (Création) ?1 Nouvel Ensemble Moderne Salle Claude-Champagne - 20 H 220 Vincent-d’lndy (métro Édouard-Montpetit) RENSEIGNEMENTS (514) 343-5636 www.nem.umontreal.ca Québec i ESP Cl MUSIQUE B: OanadS UnæiÜ! Il DEVOIR Montréal salue le talent, la sensibilité et l'innovation de nos créateurs.Ils insufflent à Montréal son dynamisme culturel et économique.Maîtrisant leur art avec brio, ces artistes et artisans façonnent notre métropole et la font rayonner.Montréal @ CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2 0 0 5 H 4 AND PRIX DU CONSEIL DES ARTS CINÉMA Aux accents du Sud Vues d’Afrique projette les images d’un cinéma pluriel Faisant fi de la monotonie d’un certain cinéma trop commercial, le festival Vues d’Afirique réveille, chaque printemps depuis maintenant 21 ans, les écrans montréalais.Gérard Le Chêne, directeur général, présente cette fête du cinéma.SOURCE VUES D'AFRIQUE Buud Yam, de Gaston Kaboré, a été présenté lors de l’édition 2004 du festival Vues d’Afrique.ESTELLE ZEHLER \ A l’origine de Vues d’Afrique, outre la ténacité d’un groupe d’amis journalistes et cinéastes, réside une petite phrase insolite: «Le cinéma africain n'existe pas!» 11 n’en fallut pas davantage pour les lancer dans l’aventure et les conforter dans leur volonté de donner «droit de séance» au cinéma africain et créole au Canada.«A l’époque, écrivait Ousseynou Diop dans le catalogue de la 20r édition, la place de l'Afrique dans les salles obscures, aussi bien que dans les programmes de télévision, se limitait aux visions alarmistes des agences de distribution d'images ou encore des clowneries hollywoodiennes teintées de racisme, doublées, de plus, en français “petit nègre” aux accents inventés dans les studios de postsynchronisation.» L’absence d’images de type culturel devait être comblée.«Dès le départ, explique Gérard Le Chêne, nous avons voulu transmettre de l’information sur l’Afrique et pas seulement proposer du cinéma de divertissement.Peut-être était-ce avec une arrière-pensée: quand les gens se connaissent mieux, ils ont moins de préjugés et vont donc communiquer différemment.» Or, le cinéma africain, grâce à l'important investissement social qu’il recèle, répond aisément à cette vision d’information.Un cinéma en évolution Afin de permettre l’avènement d’un lieu de rencontre entre les cultures africaines et créoles et le Canada, les différents éléments constitutifs du festival ont été mis en place dès la première édition: cinéma, débats, expositions, journalisme, littérature, musique.Aujourd’hui, la banque de ressources de l’organisme est incontournable et fortement sollicitée par les manifestations qui ont trait à l’Afrique.La partie cinématographique, quant a elle, se partage entre fictions et documentaires.Les films sont retenus en fonction de leur facture technique et surtout de l’intérêt qu’ils représentent aux yeux d’un public occidental.Sont évités les films qui seraient trop étrangers et incommunicables.Les Prix de la communication interculturelle décernés lors du festival illustrent cette préoccupation.Si, par le passé, les documentaires étaient peu investis par les cinéastes africains, la situation a désormais évolué.*Au départ, nous devions nous adresser aux télévisions, mais depuis, les documentaires d’auteur se sont de plus en plus développés.» L’angle qualitatif supplante la production quantitative.Les cinéastes africains s’emparent de cet instrument et le revendiquent non pas comme un genre mineur, mais comme un genre à part entière.En outre, dans les salles montréalaises, le festival invite à croiser leur regard à celui de leurs confrères du Nord.L’Afrique s’anime, se panache sous les caméras des uns et des autres, selon la pluralité des modes de traitement et des sujets choisis.Selon les pays La lecture du programme festivalier dégage également une présence majoritaire du cinéma de l’Afrique de l’Ouest.En effet, l’Afrique lusophone prise dans ses guerres a été pour le moment peu productive.Quant à l’Afrique anglophone, exception faite de l’Afrique du Sud, les différentes politiques culturelles des pays colonisateurs, qui restent des pays d’influence, expliquent ce fait «En France, il existe une politique culturelle très active qui a aidé le cinéma.En revanche, dans les pays anglo-saxons, il n’y a pas de ministère de la Culture.» Ils se sont donc tournés davan- tage vers la télévision ou vers des films dont l’intérêt pour un public occidental est moindre, car réalisés en langue vernaculaire, ou prenant la forme de très longs récits entrecoupés de chansons, alors que les premiers films de l’Afrique francophone étaient facilités par des subventions du ministère de la Coopération.Aujourd’hui, la situation diffère grâce aux avancées technologiques.La caméra légère et le numérique ont permis une véritable révolution, porteuse d’indépendance pour les nouvelles générations.«Le tournant majeur du cinéma africain francophone, c'est qu’il retrouve son public, ou le trouve enfin.» Moins en attente de subventions que précédemment, délestés des influences étrangères qui y sont inhérentes, les cinéastes peuvent désormais réaliser des films moins coûteux et rejoindre leur public.Un festival chaleureusement accueilli La réponse positive du public québécois a poussé le festival à se poursuivre année après année.«La mondialisation, c’est pas seulement du commerce, tly a maintenant un véritable éveil, une curiosité.Les gens veulent savoir.Très souvent ils estiment que l'information internationale est ici défaillante.» Le cinéma africain permet, en outre, de sortir la francophonie de son abstraction.La parenté linguistique est présente, tangible sur la bande sonore, rendant possible la discussion.«U y a aussi une raréfaction du film, même s’il y a toujours autant d’écrans, ceux-ci sont occupés de plus en plus par les mêmes titres» Le festival Vues d’Afrique permet alors d’ouvrir de nouvelles fenêtres, insensibles au mouvement d’uniformisation qui s'étend, et répond à cette soif d’images.la 2(P édition de Vues d’Afrique (2004), soulignée par la nomination du festival au Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, se voulait particulière et festive.Elle proposait, en plus de sa programmation traditionnelle, un volet spé- cial Burkina Faso.À l’affiche se distinguaient entre autres Gaston Kaboré, Dani Kouyaté, Idrissa Ouédraogo.Toute la gamme des émotions, était présente.Pour introduire tant le festival que les courts métrages consacrés à la problématique du coton, dont l’excellent film Un homme intègre à l'OMC de John Paul Lepers, un superbe défilé de mode a mis en scène les créations de Pathé 0, un styliste qui joue avec les matières et le coton buridnabés.Jumelage avec le Burkina Faso Cette année constituait également le 20e anniversaire d’un jumelage exceptionnel par la richesse, la profondeur et la conti- nuité de ses échanges, soit celui de-Vues d’Afrique et du Festival panafricain du cinéma (Fespaco) du Burkina Faso.«Le simple phénomène du cinéma au Fespaco est extraordinaire.Bien qu’il soit pauvre, il réunit à lui tout seul la plus grosse production cinématographique de l’Afrique francophone, en tout cas de l’Afrique noire.» En fait, le pays entier vit au rythme du cinéma, respire, s’émeut, rit, pleure au gré des images qui défilent.D’autres partenariats attachent également le Québec au Festival de Namur (Belgique), d’Amiens (France) et de Khourigba (Maroc).Cette toile tissée d’un continent à l’autre permet aux organisateurs des échanges continus, une pros- pection quasi exhaustive des nouveautés cinématographiques et le montage de projets communs, tels des colloques.Le cinéma africain est un cinéma pluriel.Sourd au diktat des productions commerciales, il campe dans la réalité, dans l’actualité concrète, et se rapproche ainsi des spectateurs, pénètre dans leur intimité.Ce cinéma dans lequel la lecture sociopolitique est presque omniprésente — les histoires d’amour sans substrat social y sont rares — met en scène l’Afrique traditionnelle et l’Afrique actuelle, ses blessures et ses joies, et, ce faisant, offre au public occidental un voyage inoubliable en dévoilant quelques-unes des innombrables facettes de ce continent Planète Mutek Cultiver la découverte L’étiquette Mutek-Rec est aujourd’hui distribuée dans 25 pays En quelques années, le festival Mutek dédié à la culture numérique sous toutes ses formes a su imposer une vision forte et un professionnalisme qui se répand déjà en Amérique latine, en Europe et en Asie.En cinq ans, tout un parcours que rappelle Alain Mongeau dont le public, pour 40 %, vient d'un ailleurs.FRÉDÉRIQUE DOYON On ne s’étonne donc guère de la mise en nomination de Mutek pour le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, catégorie arts médiatiques, à l’occasion de la cinquième édition de l’événement en 2004.«]e vois ça comme la reconnaissance du travail accompli depuis cinq ans, même si la perception populaire veut que la cinquième édition soit la meilleure», précise Alain Mongeau, qui dirige l’événement (avec Eric Mattson) depuis ses balbutiements pré-Mutek, alors qu’il s’inscrivait dans le volet Media Lounge du Festival des nouveaux médias et du nouveau ciné» ma (FCMM).Cés racines en disent long sur la configuration actuelle de Mutek.Alain Mongeau a travaillé de 1997 à 2002 à définir les arts médiatiques au sein du FCMM.En 2000, Mutek volait de ses propres ailes, développant le crè neau sonore et musical de la culture numérique.«[Mutek] explorait la face inversée des nouveaux médias», commente-t-il.Quand le FCMM abandonne le volet nouveaux médias en 2002, il laisse un vide, forçant un repositionnement de l’événement jusque-là plus spécifiquement musical et sonore.«On est en train de ramener ça dans le festival», indique le directeur.La présence d’artistes tel Skoltz Kolgen l’an dernier en témoigne.En ce sens, l’édition 2004 marque un tournant qui s’accentuera cette année, selon le directeur.De nouveaux outils ont vu le jour qui permettent d’élargir le registre des pratiques numériques.«On a longtemps parlé de convergence des supports numériques; on apprend maintenant à redéployer tout ça dans toutes sortes de formes.» Si l’ordinateur personnel a permis l’éclosion de toute une production maison en musique et en vidéo, le problème de la performance en direct demeurait entier jusqu’à il y a trois ou quatre ans, rappelle le directeur.«Des logiciels permettent aujourd’hui de retrouver une dextérité et d’improviser sur scène.» SOURCE MUTEK La présence d’artistes tel Skoltz Kolgen l’an dernier témoigne du repositionnement du festival Mutek, jusque-là plus spécifiquement musical et sonore.Artistes et événements en orbite S’il s’est appliqué à suivre au plus près l’évolution des outils et de la création en arts numériques, Mutek a aussi contribué à l’essor des artistes d’ici.«Cette nomination est la reconnaissance d’un impact qu’on a eu pour la communauté montréalaise, note Alain Mongeau.Il y a un cercle concentrique d’artistes autour de nous.» En effet, grâce à la fête annuelle mais aussi à l’étiquette Mutek-Rec, distribuée dans 25 pays, une centaine d’artistes montréalais et canadiens gravitent désormais autour de la planète Mutek à des degrés divers.Enfin, l’organisation a déployé ses tentacules artistiques et son savoir-faire hors du pays, et compte bien amplifier ce phénomène dans l’avenir.Déjà, 40 % de son public vient de l’extérieur du Québec.Si elle ac- cueille des artistes étrangers depuis ses débuts, la structure Mutek s’exporte aussi là où la culture numérique commence à se déployer, parfois avec peu de ressources.En 2002, «on a développé une stratégie de rayonnement» à l’étranger, note-t-il.Celui-ci peut prendre trois formes, depuis les soirées ponctuelles, à Montréal ou ailleurs, mettant en valeur des artistes d’ici, jusqu’à de réelles éditions implantées à l’étranger, en passant par des mini-éditions où se croisent artistes montréalais et du pays d’accueil.En 2002, une édition Mutek s’installait au Chili, une expérience qui se répétera, en avril prochain, au Mexique, où s’est déjà déroulé un micro-Mutek en 2003.La Chine, en décalage de 15 ans en matière de culture numérique, vient d’accueillir en tournée dans trois de ses principales villes une formule simplifiée de l’événement montréalais.«On a porté le drapeau d’un Canada jeune et avant-gardiste», souligne Alain Mongeau à propos de ce Voyage organisé par l’ambassade canadienne de Pé» kin.Une tournée de cinq pays latino-américains est aussi prévue à l’automne.Autant d’initiatives qui se font écho et se nourrissent mutuellement.L’organisation a notam- ment tiré une leçon importante: assurer le contrôle de la programmation pour en préserver la qualité et l’équilibre.Il est maintenant clair que cette dissémination mondiale est porteuse de sens pour Mutek.«Quand on y retourne, on constate qu’on a semé quelque chose, et le rattrapage se fait rapidement.A terme, on peut imaginer un réseau de festivals Mutek qui partagent une même philosophie de développement», soit de manière organique avec les milieux visités plutôt qu’en imposant un modèle trop rigide.Montréal en demeurerait la matrice.A un point tournant de son jeune parcours, l’organisation a fait le choix crucial de préserver sa petite structure à l’affût d’avant-gardes sonores et visuelles, suivant le modèle de développement viral, en réseau, qui l’a définie jusqu’ici.«La prochaine édition marque le début d’un nouveau cycle, lance Alain Mongeau en référence à la dernière édition qui concluait un premier cycle de cinq ans.On est à une croisée des chemins.Il faut choisir entre devenir plus gros ou cultiver notre fonction de découverte.C’est cette voie-ci qu’on va privilégier.» On peut donc s’attendre une forte représentation latino-américaine en juin prochain, voire à la présence d’un artiste chinois.21e JOURNÉES DU CINÉMA AFRICAIN ET CRÉOLE 14 au 24 avril « * ** te dAfukm Procurez-vous le programme officiel du festival dès le 5 avril.www.vuesdafrique.org 514-2P-3322 ENCAN D’ART :' Vous êtes invités à acquérir des œuvres africaines, canadiennes et créoles à l’occasion du 1er encan bénéfice de VUES D'AFRIQUE.En collaboration avec les Missionnaires de la Consolata, le lundi 21 mars à 19h30 au Château Ramezay (280 Notre Dame Est).VUES d'Afrique vous invite également à découvrir les trésors que vous offrent les 21* journées du cinéma africain et créole.Venez en grand nombre au Cinéma ONF et au Cinéma Beaubien, du 14 au 24 avril.CanadS Montréal® LE DEVOIR Québec s: > » Montréal > » Montréal ne serait pas Montréal sans sa créativité wvnw.ccmm.qc.ca Chambre da commerça «u Mantrbol métropoHtat* Boom or Trod a at MatropaUtow Montra»! La Chambre félicite les créateurs d’ici qui contribuent, par leur talent, à la vitalité culturelle et au rayonnement de Montréal.La présence d’une industrie de la culture et d'artistes dynamiques se révèle un atout indispensable à la compétitivité et à la prospérité des grandes villes du monde.i LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 MARS 2 0 0 5 GRAND PRIX DU CONSEIL DES ARTS MONTRÉAL La ville et son Conseil des arts «Nous voudrions disposer d'un mécanisme qui permettre d’intervenir en situation de crise» Grand Prix Vingt années d’excellence Pour la première fois de son histoire, la ville de Montréal cherche à se doter d’une politique de développement culturel.C est là, selon le Conseil des arts de Montréal, un prodigieux pas en avant.Toutefois, à l’occasion d’une consultation recente, le CAM s'est dit inquiet du peu de place que cette politique semble lui accorder.Son président réagit à ce refus de mettre en vedette un organisme qui soutient 275 entreprises culturelles.Maurice Forget témoigne.CLAUDE LAFLEUR Dans un mémoire présenté le mois dernier à la consultation sur la proposition de politique de développement culturel pour la ville de Montréal, le Conseil a d'abord tenu à indiquer que «nous avons accueilli avec soulagement et espoir, comme tout le milieu culturel d’ailleurs, le dépôt du projet de politique culturelle.Enfin, un projet concret, qui répondrait aux interrogations et doutes des dernières années!».Cependant, l’organisme a aussi observé que «le Conseil, son historique, sa contribution unique, son expertise professionnelle, sont complètement évacués du projet».C’est ainsi que Maurice Forget, président du Conseil des arts de Montréal, explique: «En tout premier lieu, selon nous, la proposition de politique de développement culturel est un immense pas en avant.C’est un travail remarquable qui prend ses origines dans le Sommet de Montréal que l’administration Tremblay a organisé peu après son entrée en fonction.Ce sommet a donné lieu à un consensus quant à l’avenir de Montréal en tant que métropole de culture et de savoir.Toutefois, entre le fait de prétendre être une métropole culturelle et la réalité, il y a un énorme pas à franchir.ce que tente précisément de faire l’énoncé d’une politique culturelle.» La nécessité d’un Conseil indépendant Néanmoins, c’est avec consternation que le président du CAM constate le peu de considération accordée à son organisme dans le document de consultation soumis par la Ville de Montréal.«La première fois où on parie vraiment de nous en profondeur, dit-il, c’est à la page 30! C’est un peu loin quand on songe à l’importance des sommes qui nous sont consenties ainsi, et surtout, quant au rôle que nous remplissons dans le paysage culturel montréalais.» Le mémoire du CAM souligne d’ailleurs que «la proposition de la Ville, bien qu’elle réfère sommairement au Conseil des arts et à son rôle de soutien à la création [engagement 19], ignore totalement toutes les réalisations du Conseil.» Le mémoire relate aussi que, si la Ville prend l’engagement de soutenir l'innovation, la relève et l’émergence, elle ne dit mot des actions du Conseil dans ce domaine.Or, fait valoir le CAM, cet organisme subventionne quelque 275 compagnies artistiques oeuvrant aussi bien dans les secteurs des arts visuels que des arts médiatiques, de l’architecture, du cinéma et de la vidéo, des métiers d’art de la littérature, de la danse, de la musique et du théâtre.Pour ce faire, il dispose d’un budget annuel de 10 millions de dollars provenant de la Ville.L’excellence contre le politique Maurice Forget rappelle en outre que la fonction première d'un conseil des arts consiste à faire en sorte que les sommes dévolues à la culture et qui proviennent d’une administration publique passent par un canal qui les distribue sur une base d’excellence afin d’éviter toute ingérence politique.«Il y a donc une certaine distanciation par rapport aux politiques, dit-il Ceux-ci exercent néanmoins un certain contrôle sur le Conseil des arts parles nominations, parle budget et par un accord sur les programmes qui sont appliqués par le Conseil.Toutefois, quant à savoir qui reçoit quoi, cela est déterminé par les 21 bénévoles qui constituent leCAM.» Pour cette raison, l’une des revendications importantes préconisées par le CAM dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de développement culturel est justement de lui accorder son autonomie juridique visà-vis de la ViDe.«S’il n’y a aucune instance de la Ville qui intervient dans nos processus décisionnels, indique M.Forget, tant que nous ne serons pas une personne morale distincte de la Ville — c’est-à-dire une personne qui peut contracter, qui peut décider elle-même —•, on ne peut pas vraiment réaliser le principe de traiter à distance avec le politique.» La reconnaissance de ce statut est particulièrement importante depuis l’unification des villes de l’île de Montréal.«Quand nous étions le .JACQUES GRENIER LE DEVOIR Maurice Forget, président du Conseil des arts de Montréal.• Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal, relate M.Forget il y avait une multiplicité de personnes envers qui nous étions redevables.Nous avions donc une autonomie défait, car personne n’avait une influence suffisante pour avoir un impact sur nos décisions.Toutefois, avec la création de la grande ville, nous n’avons plus qu’un seul interlocuteur: la Ville de Montréal.Autrement dit, réquilibre des forces’ devient plus nécessaire.» Heureusement constate le président du CAM, la nouvelle politique culturelle reconnaît cette nécessité et le processus du passage à un statut juridique autonome est engagé.Les moyens d’aider les entreprises culturelles Un autre volet qui inquiète grandement le Conseil des arts de Montréal est la situation particulièrement difficile dans laquelle se trouvent bon nombre d’institutions culturelles.«Les besoins du milieu sont pourtant criants», lit-on dans le mémoire du CAM.On y rappelle entre autres les problèmes financiers «lourds sinon fatals» des compagnies comme le Festival international de nouvelle danse, la Fondation Jean-Pierre Perreault, La La La Human Steps, le Théâtre du Rideau-Vert, Cinéma libre, la Cinémathèque québécoise, etc.«La vie d’un organisme culturel n'a jamais été quelque chose de facile, commente Maurice Forget, mais je dirais que, depuis un an, plusieurs organismes phares ont des difficultés qui nous portent à réfléchir davantage sur la précarité de ce domaine.» Déplorant l’absence d’engagement financier de la part de la Ville 2e CINQ LA SERIE CINQUIÈME SALLE m * | y EN PREMIERE MONTREALAISE LUMIERE DE PAUL-ANDRÉ FORTIER FORT IF R DANSF-CRF AT ION 14.15 ET 16 AVRIL 2005 A 20 H UNE ŒUVRE POUR SIX DANSEURS INTEGRANT DANSE VIDÉO ET MUSIQUE ÉLECTRONIQUE.Danseurs Paul-André Fortier.Sandra Lapierre.Warwick Long lohn Otîmann, Manuel Roque.Audrey Thibodeau Musique originale Alain Thibault • Éclairages lohn Munro Vidéaste Patrick Masbourian • Scénographe Pierre Bruneau Costumes Denis Lavoie rARIFS RÉSERVEZ VOS BILLETS DÈS MAINTENANT Place des Arts 514.842.2112 • 1 866.842.2112 • www.pda.qc.ca Réseau Admission 514.790.1245 dans sa proposition de politique culturelle, le Conseil considère que «c ’est finalement là notre plus grande inquiétude.Le seul montant chiffré mentionné dans la liste des engagements de la Ville est la somme de 10 millions de dollars consacrée au Conseil des arts de Montréal.Et cette mention est associée d’une dangereuse mise en garde .qui sous-entend carrément un gel budgétaire pour les prochaines années».Pour sa part, le président du CAM relève que, si Montréal désire réellement se considérer comme une métropole culturelle, elle doit s’en donner les moyens.•Or, comme nous le relatons dans notre mémoire, ce n’est absolument pas le cas!» Une étude réalisée en 2001 évaluait à 16,3 millions de dollars le budget requis par le Conseil en 2005 afin de lui permettre de soutenir adéquatement sa mission.«Et 11 s’agissait là d’un budget de rattrapage, en fonction des onze années de gel subies par le Conseil», souligne le mémoire.«Je pense même qu’il nous faudrait plutôt quelque chose comme 20 millions de dollars, indique pour sa part le président du CAM.Avec une telle somme, je pense que nous pourrions venir en aide aux compagnies en difficulté.Actuellement, quand il y a une crise dans un organisme artistique, on n’a absolument aucune réserve budgétaire et on ne peut donc pas intervenir de façon exceptionnelle.comme le fait le Conseil des arts du Canada.Nous, nous voudrions donc disposer d’un mécanisme qui pourrait nous permettre d’intervenir en situation de crise.» En cette vingtième année de Grand Prix, le rappel des gagnants antérieurs dresse un paysage culturel admirable.Pour mémoire donc.1985 Le Théâtre Sans Fil pour Le Seigneur des anneaux 1986 Le pianiste Louis Lortie 1987 Le Cirque du Soleil pour Le Cirque réinventé 1988 Le printemps de Shakespeare avec La Tempête du Théâtre expérimental des femmes.Le Cycle des rois de Mime Omnibus et Le Songe d’une nuit d’été du Théâtre du Nouveau Monde 1989 Le Centre canadien d’architecture 1990 La revue Vie des arts 1991 La Société de musique contemporaine du Québec pour Voir la musique contemporaine, La Mascarade et la fête et L’Anniversaire 1992 O Vertigo pour La Chambre blanche 1993 Le Musée d’art contemporain 1994 Carbone 14 pour La Forêt 1995 Festival international de nouvelle danse 1996 Musée des beaux-arts de Montréal 1997 les Grands Ballets canadiens 1998 L'orchestre de chambre I Musici de Montréal 1999 Fondation Jean l’ierre Perreault pour L’Exil-l’Oubli 2(XX) Festival international du film sur l’art 2001 Le cinéma Parallèle 2002 L’Ensemble contemporain de Montréal pour Cage en liberté, Concert et MusiCircus 2003 la La loi Human Steps pour Amelia Le Devoir JACQUES GRENIER I.E DEVOIR La La La Human Steps avait remporté le Grand Prix de la CAM l’an dernier pour pour Amelia.CINQUIEME MIN TANAKA 6, 7, 8 ET 9 AVRIL 2005 A 20 H SPECTACLE PRESENTE DANS LE CADRE DE L'ÉDITION 2005 DE PRÉSENCES DU JAPON.UN ÉVÉNEMENT BIENNAL CONÇU ET RÉALISÉ PAR JOCELYNE MON J Pit II EXPOSITION DE PHOTOS DE [.ARTISTE NEW-YORKAIS CHARLIE STEINER.CONSACRÉE AU DANSEUR ET CHORÉGR APHI MIN TANAKA.DANS LE FOYER DE LA CINQUIÈME SALLE.CONFERENCE DE KUNI1CH! UNO, INTITULEE AUTOUR DE BECKETt ARTAUD ET TANAKA.DANS LE FOYER DE LA CINQUIÈME SALLE, LE SAMEDI 9 AVRIL À 16 H 30 RESERVEZ VOS BILLETS DES MAINTENANT 514.842.2112 • 1 866.842.2112 • www.pda.qc.ca , Réseau Admission 5J4.790.124S Place ries Arts l t GRAND PRIX DU CONSEIL DES ARTS ARTS VISUELS La relève débarque « Griff Graff Groff» est une fête de la sérigraphie Cette année, aux Grand Prix du Conseil des arts, les arts visuels étaient représentés par un événement qui n’avait pas la taille d’une grande biennale ni l'aura d’une grande exposition muséale.Griff Graff Groff voulait donner une visibilité ac- crue aux artistes de la relève.BERNARD LAMARCHE riff Graff Groff, l’exposition, témoigne d’un travail acharné, celui du centre de conception graphique Graff, qui fêtera l’an prochain ses 40 ans d’existence, et d’un engouement renouvelé, dans le champ des arts plastiques, pour l’art de l’imprimé.En point de fuite de cette nomination est souligné un art tout investi par la tradition, qui avance parfois en sourdine, mais dont la vague de fond ne cesse de s’actualiser.Fondé il y a près de 40 ans par le regretté Pierre Ayot, Graff continue d’être un des hauts lieux de la création québécoise.Une cinquantaine d'artistes gravitent autour des ateliers Graff, dont la moitié représentent la relève.Cette année encore, plusieurs artistes majeurs d’ici sont passés par les ateliers, dont Dominique Blain ou Irene F Whittome par exemple, au sein du projet Artistes en résidence de l’atelier.De plus, depuis 2000, le programme Insertion accueille des artistes en fin de formation universitaire et a permis à une vingtaine d’artistes, dont certains sont devenus membres de l’atelier, de parfaire leur apprentissage.En outre, l’artiste Dominique Pétrin est une des jeunes artistes très active au centre.Cette dernière est également membre de la formation musicale Les Georges Leningrad, qui fait largement parler d’elle ici comme ailleurs.Fait à noter, la pochette du premier album du groupe, Deux Hot-Dogs Moutarde Chou, a entièrement été fabriquée dans les ateliers Graff.Pétrin a notamment produit en sérigraphie des grandes marionnettes exposées lors de l’exposition Graff.Écho des ateliers, en janvier 2003, des œuvres qui ont servi dans un des spectacles des Leningrad.Pétrin a également signé l’affiche bigarrée de Griff Graff Groff.De la relève Avec l’exposition Griff Graff Groff, Graff voulait donner une visibilité accrue aux artistes de la relève qui fréquentent régulièrement ses espaces de production.Plusieurs des artistes ayant participé à l’exposition avaient bénéficié des ateliers Insertion, dont Julie Doucet (connue autrement comme bédéiste), Clark Ferguson, Laurent Lamarche, Marie-Eve Lanneville, Nina Logan et Pétrin.Tenue en avril dernier à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal, l’exposition réunissait aussi des jeunes artistes plus établis comme Mathieu Beauséjour, Jérôme Fortin ou des artistes aguerris comme Ed Pien et Lynn Hugues, tous des artistes en résidence les années antérieures.Avec sa table ronde, «L’estampe en 2004 - état et débat», l’événement était une occasion de donner le haut du pavé à l’art de la gravure, dont la tradition tend à se dégourdir de plus en plus au contact des pratiques voisines de l’installation ou de la sculpture.Aussi, depuis 2000, Graff fait de la recherche pour lier les techniques traditionnelles de l’estampe aux nouvelles technologies.La semaine dernière, le centre a poursuivi cet effort de remise au goût du jour en faisant l’acquisition d’une imageuse de 40 pouces de large, capable de «tirer» de très grands formats.À ce titre, de 2002 à 2004, six ar- Depuis 2000, Graff fait de la recherche pour lier les techniques traditionnelles de l’estampe aux nouveUes technologies listes ont travaillé à la création d’un riche Livre d’heures réalisé en collaboration avec les Ateliers Graff et un atelier de reliure.Lancé à dix exemplaires lors de l’exposition Griff Graff Groff, le livre se veut justement un constat de l’influence des nouvelles technologies sur la pratique d’artistes de générations et d’écoles différentes.Il regroupe les artistes Christian Barré, Marie-Claude Bouthillier, Denis Farley, Yan Gi-guère et Christiane Desjardins, qui dirige les ateliers Graff.Ce Livre d’heures est toujours disponible à la galerie Graft Les projets de couplage entre différentes pratiques ont également pris dans le passé des formes étonnantes.En 2001, conjointement à l’atelier de menuiserie Clark, Graff avait invité six artistes — Martin Boisseau, Sylvain Bouthillette, Thonjas Cor-riveau, Sylvie Laliberté, Eric Lamontagne et Monique Mongeau — à réaliser chacun un multiple.L'activité, initiée en 1998 par Graff, s’était clôturée en janvier 2001 par la tenue d’une exposition-bénéfice présentée simultanément par la galerie Graff et la galerie Clark.Un renouveau Selon la directrice des ateliers Graff, Christiane Desjardins, il ne faut pas mettre en doute l’engouement des jeunes artistes pour les différentes techniques de l’estampe.Ce renouveau, «on le sent surtout en sérigraphie et en arts numériques, en fait.Quand on a fait l’exposition Griff Graff Groff, on a tenu le colloque sur l’état de l’estampe.Une année et demie avant la tenue de l’événement, le professeur Raymond Lavoie nous avait fait part de ce qu’il voyait comme un déclin de l’estampe.Lorsqu’il est arrivé au colloque, l’image qu’il en a-vait était beaucoup plus positive.Il y a eu un regain ces dernières années.Lavoie disait que les ateliers à l’université, surtout en sérigraphie et en eau-forte, étaient pleins.» Pour Christiane Desjardins, il y a eu un revirement, c’est certain.Autre signe de cet intérêt, les cours que donne Graff affichent régulièrement complet Ce renouveau s’explique, selon Christiane Desjardins, no- ** “ .i ! -V
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.