Le devoir, 26 mars 2005, Cahier H
M A R S 2 0 tt 5 LE DEVOIR.LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 LE DEVOIR - :Ppg?iMSmi ___ ECRITURES Relire les textes en opérant un retour aux sources Page 2 TAIZÉ L’Église québécoise et l’oecuménisme Page8 le droit, instrument du discours religeux ?Sur le pouvoir de VÉtat et les valeurs des croyants LEVINE HEIDI SIPA «Vous êtes égaux aux autres citoyens, mais pas suffisamment pourqu'on puisse vous intégrer à cette institution extrêmement importante symboliquement pour notre société qu'est le mariage» Alors que nombre de citoyens estimaient le processus de sécularisation de la société québécoise accompli, de nouveaux débats ramènent la question religieuse dans l’actualité.S’ils touchent des points divers, tels l’enseignement religieux à l’école, les mariages homosexuels et les tribunaux musulmans, ils utilisent tous cependant le même véhicule à la croisée du droit, du politique et du religieux.La relation entre Etat et religion est en proie à une mutation profonde.Autrefois campé en des quartiers retranchés, le religieux s’aventure désormais dans de nouveaux territoires: le droit *11 y a, note Daniel Weinstock, directeur du Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal (CREUM), un certain étonnement dans les classes intellectuelle et politique, et peut-être même chez les juristes, quant à la robustesse du discours religieux au XXf siècle.» En fart, ce retour frappe davantage par la tentative d’appropriation d’espaces juridiques, qui deviennent ainsi un faire-valoir des valeurs religieuses, que par les arguments avancés par les instances confessionnelles, arguments totalement extérieurs à ce système juridique.Le colloque Religion, droit et société mené par le CREUM le 18 mars 2005 reposait justement sur l’hypothèse que le Québec vit un momept charnière dans l’évolution du débat qui dure depuis des siècles entre l’Etat laie et le religieux.Des outils laïcs investis par le religieux La Constitution canadienne, dans laquelle s’inscrit la Charte des droits et libertés, comprend des parapets de sécurité vis-à-vis d’un éventuel poli-activisme des juges de la Cour suprême.Elles permettent, de la sorte, de pondérer les pouvoirs législatif et politique.«Les fondateurs de la Constitution ont eu le souci de créer une sorte d’équilibre afin qu’aucune des deux parties n’ait de primat sur l’autre.Entre Charte des droits et clause dérogatoire, les prérogatives des deux pouvoirs sont respectées.» Ce moyen, qui réside dans la clause dérogatoire, encore appelée la clause du «nonobstant», autorise un gouvernement, sous certaines conditions, à se soustraire par exemple à un jugement de la Cour suprême.Toute dérogation doit être votée par une assemblée législative qui la reconsidérera après cinq ans.C’est précisément dans cet interstice que le discours religieux s’est introduit Les débats entourant l’enseignement religieux à l’école, les mariages homosexuels et les tribunaux religieux jouent donc sur un terrain commun.«C’est comme si tes communautés religieuses nous disaient: “nous acceptons les règles du jeu, les chartes, les constitutions, les instruments qui s’y rattachent.Nous voulons voir quel espace il y existe pour faire valoir et accommoder dans une certaine mesure nos valeurs et préoccupations dégroupés religieux’.» Par conséquent les religions plus longuement établies réclament une place dans l’instruction publique, ce qui parait antagonique lorsque rapproché de la désertion massive du culte, de la désaffection des églises.«Le Québec est vraiment au bord de la schizophrénie au sujet de son attachement aux valeurs et pratiques catholiques.» Or, en juin 2005, le gouvernement québécois devra statuer sur le maintien ou non de la dérogation autorisant les enseignements religieux catholique et protestant dans l’école publique.Dans le second dossier, la prévalence de la clause du nonobstant est également souhaitée par divers groupes afin de protéger «l'institution tradi- tionnelle du mariage hétérosexuel».Quant aux nouvelles religions issues de l’immigration, elles prennent acte de la promesse de société multiculturelle que leur a faite le Canada, soit une terre où il ne faudra pas abandonner son identité.À cette fin, certaines communautés musulmanes ontariennes cherchent à se munir d’autres outils juridiques présents dans le Arbitration Act, instruments envisagés par la province afin de lutter contre l’engorgement des tribunaux civils.Le recours au droit religieux inhérent à ces instances de résolution de conflit a toutefois provoqué un débat retentissant dans toute la société.Vers un dialogue constructif En s’éloignant des points de discussion, il apparaît cependant que l’avènement du discours religieux sur la scène juridique est à même d’engendrer une démarche constructive.«Du point de vue de la démocratie, il est bon que le débat entourant nos principes juridiques s'appuie sur des conceptions religieuses et séculières.Cette évolution des débats est positive, car le dialogue est beaucoup plus facile lorsqu'il y a entente sur son objet.» Le retranchement derrière des fins de non-recevoir tire à sa fin.Des compromis peuvent alors voir le jour, si ce n’est dans la joie complète, tout au moins sur un mode satisfaisant Ainsi, Daniel Weinstock entrevoit un terrain d’entente opérationnel dans la proposition visant à remplacer l’éducation religieuse ouvertement confessionnelle par un cours de culture religieuse, une suggestion débattue depuis quelque temps déjà.Les compromis sont plus difficiles à établir dans le cas du mariage gai.L’idée d’un statut particulier pour les couples homosexuels pourrait être envisagée, mais elle pose néanmoins problème par rapport à une valeur fondamentale: l’égalité.«Cela reviendrait a dire: “vous êtes égaux aux autres citoyens, mais pas suffisamment pour qu’on puisse vous intégrer à cette institution extrêmement importante symboliquement pour notre société qu’est le mariage’.» D’énormes résistances subsistent afin de maintenir la conception sociale dominante de cette institution.Aucun compromis raisonnable, c’est-à-dire permettant aux deux parties de se sentir respectées dans les décisions prises, n’a encore été élaboré.Enfin, s’agissant des tribunaux religieux, des pistes sont déjà tracées.«Le rapport de Marion Boyd, ancienne procureure générale de l'Ontario, conspué par les «ns et célébré par les autres, décrit assez bien les compromis envisageables.Mon impression est que personne ne semble l’avoir lu dans son intégralité.» Les communautés musulmanes ne demandent aucun régime d’exception, mais l’application rigoureuse d’une loi ontarienne, le droit familial, appartenant aux domaines dans lesquels des modes alternatifs de résolution de conflit peuvent être considérés.Ceux-ci passeraient dans le cas présent par les valeurs musulmanes traditionnelles.Cependant aucune décision contraire à la Charte des droits de la personne ne pourra être entérinée par un tribunal islamique.La Charte conserve l’autorité ultime et impose le respect de ses valeurs.D n’est donc pas tant question d’une opposition méthodique au système juridique que d’une exploitation des ressources internes du système dans le but de maintenir une place à la dimension religieuse.Le danger réside aujourd’hui dans les lectures trop sim pBstes, qu'elles proviennent des groupes religieux ou de leurs opposants.Entre religion et Etat le droit fait désormais office de médfaleur, avec pour tâche délicate le maintien du dialogue par-delà les carcans idéologiques, et ce, au profit de la démocratie.Estelle Zehler L’avènement du discours religieux sur la scène juridique est à même d’engendrer une démarche constructive CONFESSIONS Catholique Juive Page 3 Page 5 EDITION Livres Page 2 à 8 Protestante Musulmane Page 4 Page 7 «Le Christ païen» Page 6 » t 4 Il 2 LE DEVOIR, LES SA MED 2 6 ET D I M A X C H E AI A R S 2 0 0 5 RELIGION ÉDITION THÉOLOGIE Repenser l’Église UN SEUL MAÎTRE Groupe des Dombes Bayard Paris, 2005,246 pages Le Groupe œcuménique des Dombes, un groupe de chrétiens occidentaux catholiques et protestants, s’est rajeuni depuis quelques années et s'est ouvert à la participation des femmes.Le Groupe, qui a déjà publié plusieurs documents, aborde ici un dossier difficile, sensible, celui de l’autorité doctrinale dans l’Église, un dossier qui apparait comme un point nodal dans le dialogue entre les Églises.•La marche patiente vers l’unité visible ne peut faire de progrès (.] si cette question n’est pas réfléchie avec tout son poids», estiment les signataires, qui brossent un parcours historique de l’exercice de cefte autorité, depuis les pères de l’Église jqsqu’à nos jours.Ils interrogent l’Écriture, «norme» de la tradition, et pointent les références com-rpunes et les divergences entre les Eglises.Pour conclure, ils risquent quelques propositions doctrinales et œcuméniques sur les points plus sensibles.FAUBOURG DU SAINT-ESPRIT Peter Hans Kolvenbach, s.j.Bayard Paris, 2004,159 pages Dans une série d’entretiens conduits par Jean-Luc Pouthier, historien et journaliste, le père Peter Hans Kolvenbach, l’actuel supérieur général de plus de 20 000 jésuites disséminés sur toute la planète, trace un portrait de la •géopolitique spirituelle» et de la dimension •mondiale» de la Compagnie de Jésus.Dans le premier chapitre, celui que l’on a surnommé le •pape noir» accepte de revenir sur son itinéraire personnel puis, dans Tout ce qui est en bas est comme tout ce qui est en haut.«Tout ce qui est en bas est comme tout ce qui est eti haut» Encre de chine sur papier 1985, 27,5 x37,5 cm Celte oeuvre de Marc Lincourt est identifiée au programme des dons pbnifiés de ta Fondation Centra ide Gossel i n -pA ssoc iés COMPTABLES AORÉÉS 7930.20‘ Avenue Montréal (Québec) HIZ3S7 Téléphone : (514) 376-4090 Télécopieur : (514) 376-4099 C.élec.: goss@cam.org les chapitres suivants, de parler en •toute transparence» du fonctionnement, du rôle et de l’influence des jésuites; il dresse une sorte d’«état» de la Compagnie et rappelle la force jamais démentie de la spiritualité igna-cienne, de la diversité de l’action des jésuites dans le monde et de leur combat pour la justice.Témoin privilégié de notre temps, le père Lolvenbach s’explique sur le «secret» des jésuites, les fantasmes à leur sujet, l'admiration et l’irritation qu'ils suscitent C’est le témoignage riche, fascinant d’un homme qui n’hésite pas à parler à cœur ouvert PETIT CHRISTIANISME D’INSOLENCE Robert Scholtus Bayard Paris, 2004,124 pages Robert Scholtus, enseignant en théologie, supérieur du séminaire de l’Institut catholique de Paris, se définit, tel Charles Péguy, cpmme •un fils à demi-rebelle» de l’Église, •un rebelle qui, sans cesser de l'être, a toujours été un homme de l'institution».Tenter de résumer le contenu de cet ouvrage ne saurait lui rendre justice.Voici plutôt ce que l’auteur en dit lui-même: «Si, dans ce livre en forme de confession, je souhaite plaider pour un christianisme souple et allègre, ouvert et cordial, humble et pudique, ce n'est pas pour récuser le radicalisme de la foi dont se réclament volontiers les jeunes prêtres d'aujourd’hui.Je voudrais au contraire les préserver du raidissement et de l'orgueil qui, de tout temps, ont perverti les plus belles générosités.Im culture à laquelle ils appartiennent est disponible, j’en suis persuadé, à ce que j’appelle un christianisme d'insolence, au sens étymologique du mot, c’est-à-dire un christianisme qui manque d’habitudes, un christianisme trop jeune pour se laisser intimider par le ton péremptoire de l’idéologie religieuse et paralyser sous le poids de ses archives.Car quelque chose est en train de se passer» Renée Rowan Retour aux sources « Toutes les religions peuvent succomber aux courants extrémistes » Comment les Saintes Écritures ont-elles été interprétées aux premiers temps de la chrétienté et quelles leçons pouvons-nous en retirer?Voilà en substance les questions qui passionnent Pamela Bright, directrice du département de théologie de l’université Concordia.Mme Bright est une spécialiste de l’interprétation de la Bible, comme le faisaient les chrétiens vivant entre le 1“ et le IV' siècle.CLAUDE LAFLEUR étude d’une Bible penséee i dans l’esprit des premiers temps de la chrétienté peut sembler bien loin de nos préoccupations modernes.Pourtant, pour la chercheure, ses études ont beaucoup à nous apporter.«// est important d’étudier les premiers siècles du christianisme, dit-elle, parce que cela nous permet de comprendre les fondements, les enjeux et le contexte culturel dans lesquels s'est développée la chrétienté.» Un autre aspect intéressant de ses travaux consiste à observer la manière dont les premiers chrétiens ont affronté les défis de leur époque.»Le simple fait de voir la manière dont, par le passé, on confrontait les problèmes nous montre que, pour notre part, nous nous devons d’être aussi courageux et imaginatifs pour relever nos propres défis», énonce la théologienne.Native d’Australie, Pamela Bright a un parcours étonnant.•Enfant, dit-elle, j’étais fascinée lorsque le prêtre nous parlait de l’Antiquité et utilisait des mots et des noms d’origine grecque et latine.Dès lors, je me suis dit que c'était cela qui m’intéressait!» Elle a de ce fait entrepris des études en histoire ancienne et en théologie, notamment à l’université américaine Notre-Dame.«Je voulais comprendre pourquoi la pensée de l’Antiquité a tant de résonance dans notre monde moderne.Je suis donc devenue un amalgame d’historienne et de théologienne!» Son parcours profes- f/noi/afio/i Richard Guimond C'est possible! La Librairie Paulines vous invite à une causerie avec l'auteur Richard Guimond autour du thème Prier ?C'est possible ! Oui, mais comment ?Animée par Gilda Routy Mardi 29 mars à 19h30 Librairie Paulines 4362, rue St-Denis, Montréal Entrée gratuite ee Théologie, sciences des religions, éthique, spiritualité Programmes novateurs en théologie, en sciences des religions, en éthique appliquée, en théologie pratique, en études juives, bibliques et pastorales.Microprogrammes et cours à distance.Profils international et entrepreneurial.Plan de soutien financier.Groupes de recherche de réputation internationale.(418) 656-3576 ou Faculté de théologie i -877-785-2825, et de sciences religieuses p°ste 3576 (sans frais) .,, „ ftsr@ftsr.ulaval.ca I 50 ans U 6XC6ll6nC6 www.ftsr.ulaval.ca UNIVERSITÉ LAVAL Fkoitti d* M tctencts rt(tyNS*s sionnel l’a finalement conduite jusqu’à l’université Concordia, où elle dirige le département de théologie depuis dix ans.Tolérance L’œuvre majeure de Pamela Bright est la traduction et l’analyse du premier traité de la chrétienté sur l’interprétation des écrits bibliques.Intitulé Le Livre des règles, l’ouvrage a été rédigé par Tyconius, un théologien du IV' siècle.Or, relate la spécialiste, ce traité a eu une énorme influence sur la chrétienté, notamment sur Saint-Augustin.Ce qu’elle a découvert, c’est que ce traité indique clairenjent que, lorsqu’on lit les Saintes Ecritures, on se doit toujours de les interpréter de manière à ce qu’elles nous éclairent selon le contexte dans lequel nous vivons.Il ne faut surtout pas les prendre au pied de la lettre.•En particulier, dit-elle, l’auteur nous met en garde, lorsqu’on interprète le Livre des révélations [l’Apocalypse], contre le danger de démoniser ceux et celles qui sont hors de l’Église.Clairement, Tyconius nous dit de ne jamais oublier que le démon peut très bien être en nous, et non pas se trouver nécessairement chez les autres.» La théologienne lance donc un appel à la tolérance et au rejet du fanatisme.En effet, pour Mme Bright, le message livré il y a plus de 1500 ans est brûlant d’actualité, puisque nous pous devons d’éviter de condamner ceux et celles qui sont hors de notre religion, ou qui vivent différemment de nous, qui n’appartiennent pas à notre groupe ethnique ou qui diffèrent de quelque manière.Nous nous devons à tout prix d’éviter de diviser le monde en deux, dit-elle, d’un côté les «bons» et de l’autre, les «méchants».•C’est là une attitude très dangereuse, insiste-t-elle, et JEFF J.MITCHELL REUTERS Moine cistercien lisant la Bible dans une abbaye.c’est aussi vrai à l’échelle internationale qu’au sein même de notre communauté.» Par ces propos, la théologienne dénonce les courants fondamentalistes qui secouent actuellement notre société.«71 faut autant dénoncer les démons de l’intolérance au sein même de la chrétienté que ceux de l’extérieur, dit-elle.Nous devons reconnaître que toutes les religions, y compris la nôtre, peuvent succomber aux courants extrémistes.» Mme Bright observe que toutes les religions sont vulnérables au fanatisme de ceux qui prétendent détenir la vérité et qui pensent que «les autres» représentent l’incarnation du mal et que, de ce fait, ils doivent être combattus.•C’est là une pensée très dangereuse et contraire aux enseignements de la Bible.» Extrémismes L’un des courants qui animent certaines communautés chrétiennes prétend que nous vivons à une époque très particulière, peut-être même à celle décrite dans l’Apocalypse.•En tant qu’historienne, je constate que l’idée que nous serions près de la fin des temps est très présente dans la chrétienté, relate Pamela Bright.Nous ap- pelons cela la “mentalité apocalyptique", en référence au dernier livre du Nouveau Testament: l’Apocalypse.» Toutefois, selon Tyconius, il s’agit justement d’un livre qui doit être interprété avec beaucoup de précaution.L’auteur du Livre des règles parle des dangers de mésinterpréter les chiffres et les symboles contenus dans l’Apocalypse.Mme Bright rappelle pour sa part que, dès ses origines, la , chrétienté abritait divers cou- ; rants extrémistes, dont celui où des disciples comme Paul croyaient qu’ils vivaient à la fin des temps et que Dieu était sur le point de séparer les «justes» de ceux qui ne l’ont pas été.»La chrétienté est elle-même issue d’une “mentalité de crise", relate le théologienne, ce qui transparaît clairement dès le T siècle.» Toutefois, à la fin du IV' siècle, Tyconius nous dit qu’il faut interpréter l’Apocalypse de façon symbolique, et non pas au sens littéral.•Non, le monde ne va pas être .pulvérisé, comme certains le prétendent, affirme Pamela Bright.L’Apocalypse parle plutôt d'un jugement spirituel.D’ailleurs, à partir de Saint-Augustin, c’est la doctrine officielle de l'Eglise.» Néanmoins, l’idée de l’immi- ; nence de la fin du monde revient i périodiquement, notamment au ¦ tournant de l’an 1000.Elle était;;, aussi présente dans les pre» mières colonies américaines ain- , si qu’au XK' siècle, pour réapparaître au seuil de l’an 2000.•En réalité, lance Mme Bright, nous vivons dans un monde véritablement merveilleux: la “Création de Dieu", si je puis dire, çn tant que théologienne chrétienne.» Pour elle, l’idée même qu’on puisse «souhaiter» la destruction de notre monde en espérant gagner un monde encore plus merveilleux est absurde, pour ne pas dire irrespectueuse de l’œuvre de Dieu.«C’esf là une façon de penser très étrange pour tout chrétien et on doit la dénoncer au sein de l'Église», commente-t-elle.Ainsi donc, tout comme les premiers chrétiens, nous nous devons de relever courageusement les défis auxquels nous sommes confrontés, et non pas espérer être bientôt «soulagés» par la vç-nue du Jugement dernier.Jetez un autre regard sur la religion.Département des sciences religieuses B.A.MA Ph.D.www.religion.uqam.ca UQAM Prenez position Collège dominicain DE PHILOSOPHIE ET DE THÉOLOGIE Une université, deux campus Diplômes universitaires en philosophie et en théologie, du certificat jusqu’au doctorat Ottawa Faculté de théologie Département de philosophie Inscription et information : 96, avenue Empress Ottawa, Ontario K1R7G3 Tél.(613) 233-5696 www.collegedominicain.ca Diplômes universitaires en théologie pastorale, en éducation de la foi, en pastorale liturgique Montréal Institut de pastorale des Dominicains Inscription et information : 2715, chemin de la Côte Sainte-Catherine Montréal, Québec H3T 1B6 Tél.(514) 739-3223 Site internet : www.ipastorale.ca Grâce à ses bienfaiteurs la Fondation du Collège universitaire dominicain offre plusieurs bourses d’études.On peut soutenir le Collège par un don à la Fondation du Collège universitaire dominicain : Informations : 1 888 739-9084 Courriel : info@fcud.org àfiliii LE DEVOIR.LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 2 T MARS 2 0 0 5 Il ?RELIGION ?Église québécoise L’héritage du cardinal Villeneuve L’Etat et l’Eglise catholique font maintenant bande à part au Québec État et Église catholique ont finalement pris une très nette distance l’une de l’autre au Québec, au fil d’événements qui se sont échelonnés sur deux siècles.Omniprésent dans la société québécoise dans la première moitié du XX' siècle, le clergé s’est retiré des vastes champs de l’éducation et de la santé à partir des années 1960, qui marquent la période d’ébullition de la Révolution tranquille.RÉGINALD HARVEY Un mouvement de rupture avait été amorcé bien avant les années 60, ces temps riches en changements de toutes sortes, selon le professeur titulaire d’éthique sociale et politique à la faculté de théologie et de sciences religieuse de l’université Laval, Jacques Racine.Il privilégie donc l’approche historique pour mieux faire voir et comprendre la manière dont les deux pouvoirs se sont irrémédiablement dissociés.Cela s’impose pour éclairer la situation actuelle et comprendre ce,qui] est advenu de la position de l’Église dans la société contemporaine.Années d’entente De 1760 à 1840, l’Église avait traversé une période difficile marquée par la pauvreté; elle disposait de peu de ressources physiques et humaines.La conquête anglaise du XK' siècle, quant à elle, a laissé des traces qui se sont soldées par un rapprochement entre l’EgUse et l’État Tant et si bien qu’à la fin du XK' et au début du XX' siècle, les religieux et religieuses foisonnent «L’Eglise est devenue excessivement besogneuse et a essayé de tisser une espèce de filet de sécurité et de contrôle sur l’ensemble des activités des catholiques au Québec par le biais de l’Action catholique, des mouvements sociaux, des écoles, des hôpitaux, etc.Beaucoup de communautés françaises sont alors venues au Canada parce qu’elles se sentaient moins à l’aise en raison de Iç nette séparation de l’Église et de l'État en Prance.• Dès 1904, la rupture du concordat était survenue dans ce pays.Les deux entités s'appuyaient même si, dans les faits, il y avait une coupure légale entre eÛes depuis 1852: «On est en régime de séparation, mais par contre, au plan du ‘vécu" concret, on a presque assisté à une forme d’alliance entre les deux, qui était ‘non légale", non juridique; on appuyait les projets des uns et des autres et, indirectement, on se partageait la direction des Québécois.» L’État se chargeait du politique et de l’économique pendant que l’Église se préoccupait des questions culturelles, religieuses, éducatives et du bien-être social: «Elle intervenait en même temps sur le plan économique par le biais des caisses populaires, de l’Union catholique des cultivateurs (UCC), des syndicats catholiques et autres mouvements.» Voilà le tableau, qui demeurera le même, à peu de retouches près, durant la deuxième partie du XK' siècle jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale.Les premières fractures Jacques Racine est de ceux qui situent le début de la Révolution tranquille au tournant de la guerre de 1939-1945.Deux faits marquants surviennent au debut de ce conflit Du côté de l’Assemblée législative du Québec, le gouvernement du premier ministre Adélard Godbout défend le projet du droit de vote des femmes contre lequel l’épiscopat s’est élevé vigoureusement dans un premier temps: •Il s’est produit un tiraillement entre le politique et la hiérarchie catholique sur cette question.On s’aperçoit que ce débat, lancé en 1940, va demeurer une préoccupation constante sur la place des femmes en Église; cette problématique va prendre de plus en plus d’importance jusqu’à aujourd’hui.» Au même temps, la conscription laisse apparaître un éclatement entre le civil et le religieux: «Le cardinal Villeneuve était en faveur de celle-ci, parce qu’il était avant tout canadien avant que d'être québécois, alors que l’ensemble du peuple s’affichait contre.Il y a eu une fracture: le çar-dinal, qui était le primat de l'Église, se posait en défenseur de la civilisation; indirectement, il prenait position en faveur du gouvernement fédéral et se braquait contre la majorité des Canadiens francophones.» Cette attitude se répercutera jusque dans les années 1970 et se traduira sous la forme de ce questionnement quelque 30 ans plus tard: «Est-ce que l’Église est celle du peuple québécois ou est-ce qu’elle est l’Église mère de tous les Canadiens-Français?» Vint .Asbestos La mer s’agite à nouveau entre les deux pouvoirs en 1949, lors du conflit de l’amiante d’Asbestos.De tranquille, le syndicalisme québécois passe en mode de militantisme à l’occasion de cette grève: «L’épiscopat décide d’affronter la police provinciale et le régime de Duplessis Cest une nouvelle Église en train de naître qui prend positum là-dedans.» Des leaders de la trempe des Marchand, Pelletier, Char-trand, de l’abbé Dion et autres se manifestent: «Dans bien des cas, ce sont des gens qui ont été formés au cœur de l’Action catholique.Ceux-ci ont été présents lors de cette grève-là et ils l’ont quelque peu transformée en un élément porteur d'une nouvelle vision sociale de l'engagement chrétien.» De 1949 à 1960, même si le régime de rUnion nationale demeure en place, les idées mijotent chez la classe intellectuelle et pour un, le père Lévêque, fondateur de la faculté des sciences sociales de Laval, s’oppose aux jésuites pour prôner, entre autres, la déconfessionnalisation des syndicats, dont celui des producteurs agricoles.Distanciation Au cœur de ce bouillonnement idéologique, une élite a été préparée à entrer de plain-pied dans les années 1960, et elle prend indirectement le pouvoir en même temps que les libéraux de Jean Lesage, le 22 juin de l’an un du Québec moderne.Le professeur décrit la si- tuation: «Les personnes qui en font partie ont souvent vécu cette trans-fimmation du catholicisme à la base.On les utilisera pour donner au gouvernement une fonction publique bien formée et détachée des partis politiques: celle-ci servira d’appui important pour construire l’État • L’Église s’est bien aperçue qu’une période de changements profonds est arrivée.De toute façon, elle n’est plus en mesure de soutenir à elle seule tout le système d’éducation et tout le système social gravitant autour des hôpitaux: «Elle ne possède plus les ressources suffisantes et même si elle se laisse un peu tirer l’oreille, elle collaborera assez facilement au passage de toutes ces institutions vers l’État • Cette transition aura beu sans trop de heurts, sauf lors de la création du ministère de l’Éducation en 1964, qui fera l’objet de compromis entre les parties.Péu à peu, ce sont les ébtes politiques qui deviennent les porte-parole du nationahsme québécois au détriment des éléments cléricaux, ce qui se manifestera durant les années Lesage et qui deviendra encore plus vrai durant celles de Lévesque: ce leadership qui appartenait à l’Égüse, à titre de représentante et défenderesse de ce peuple, lui gbsse des mains, «lœs syndicats s'en mêlent et leurs discours portent dorénavant sur la défense des travailleurs, mais aussi sur le projet de société en cours, qui est porté par de nouveaux leaders.L'Église s’en trouve encore plus isolée par la perte de son leadership à la fois des institutions et de ce projet.» Fractionnement Dqns les années 1980, le discours de l’Égüse crée un mouvement de dissension au sein de ses troupes.A cause de certains modèles d’inter-vention, les évêques voient leur pri- • • se de parole sur la place publique di-1 ; minuer d’importance, et les déci-1 ; (leurs publiques perçoivent que ces : derniers ne font pas l’imanimite au1 ; sein de leurs membres; il en est ain- • si entre autres au sujet de la place ' ' des femmes dans l’Éghse.les ca- ’ ’ thobques engagés ne tiennent phis le même discours et divergent • ¦ d’opinion, ce qui affaiblit Unir poids en nombre au sein d’une démocra- ‘ tie où la portée de l’argumentation n’est pas la seuk* règle du jeu.D’autres confessions entrent en11 scène et s’attirent la ferveur de" ’ groupes de fidèles.De ce fait, l’État n’entretient plus la même relation avec l’Église catholique et il jiarle de sa neutralité par rapport à-toutes les religions, notamment: dans l’actuel débat de l’école, le • professeur rajoute cette précision ’ importante: «On ne parle plus en termes de compromis, de relations entre l'Eglise et l'État, parce que ce-1 ! Iut-ci se situe différemment par rapport à l’ensemble des religions et aux droits de la personne » Selon Jacques Racine, il résulte de tous ces faits et de l’ensemble de ces courants historiques que l’Kgb-se s’est maintenant tournée vers de nouvelles pratiques et qu elle a développé de nouveaux engagements envers les plus démunis de la société: «Cela lui permet de prendre la parole de la façon la plus efficace qui ’ soit.On ne compte plus les groupes de religieux qui travaillent dans les milieux défavorisés et beaucoup de laïcs s'occupent également de nom ¦ breuses œuvres.» Il croit que cette • tendance est d’alxird rendue néces saire |)ar l’Évangile lui-même, dont il cite un passage: «J'avais faim et virus m'avez donné à manger J’avais soif et ixms m'avez donné à boire.» Dans les années 1980, le discours de l’Église crée un mouvement de dissension au sein de ses troupes Sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré « Reste avec nous, Seigneur » Le Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré offre aux pèlerins de cette année 2005 l'occasion d’approfondir le thème proposé par le pape Jean-Paul II pour cette année consacrée à l'Eucharistie.Il est tiré de la rencontre de Jésus avec les disciples d’Emmaüs.Bienvenue à tous et à toutes.Sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré Tél.: (418) 827-3781 Fax: (418) 827-8771 y{fytxe/ée& /bar Oùieur à ma/r/frrfcr /’amour c/e tenc/resse* e/ c/e .m/Z/afac/e (/c/ÿexM e/ c/e .l/arce, sa .ffère, /es Uheu/v t/e .\otre- f/fonte t/u .iaint-f/loctaire, esty/c/e/cté à /l/csa/ef/t E/uraeon, /ear ¦ Tcmc/a/rue, se oouenfy à /cc/acatcon c/irétienne, etc /brianté c/iez /esy èas/es.USie/wenue sur /e WEB w w w.soeursd u sa i ntrosa i re.org LES SŒURS DES SAINTS NOMS DE JÉSUS ET DE MARIE DU QUÉBEC .UNE PRÉSENCE ÉDUCATIVE POUR PROMOUVOIR l'amour, la justice et la paix 925, rue Riverside, Saint-Lambert (Québec) Canada J4P 1C2 Téléphone: (450) 672-5461 • Télécopieur : (450) 672-7430 Courriel : snjmqcfflvideotron.ca • Site web : www.snjm.qc.ca - Aidez-nous à soutenir RÉglise missionnaire présente aux quatre coins du monde.Faites vos dons à : Œuvre pontificale de la propagation de la foi (Missio Canada) 360, chemin de la Canardière Québec (Québec) G1L2V2 (418) 648-1446 Sans frais : 1 877 448-1446 Courriel : direction@missio.qc.ca — Tarifs en vigueur en 2005 pour le Canada Revue L'ORATOIRE 3800, chemin Queen Mary, Montréal (Québec) Canada H3V 1H6 (514) 733-8211 revue@osj.qcca mille exemplaires Imprimés à tous les deux mois pages de reportages, de témoignages, de prières 6 numéros per année incluent un calendrier 4 saisons d'activités à l'Oratoire Saint-Joseph 2 omis è connaître : saint Joseph et le frère André rencontre spirituelle è s'offrir IO $ l'abonnement annuel bonnes raisons de s'abonner ! WÊKÊtÉÈKÊ0&*< TOM HARPUR Le Christ païen Retrouver la lumière perdue Un livre audacieux et original qui remonte aux racines du christianisme Préface de Jacques Languirand Traduit de l’anglais (Canada) par Michel Saint-Germain et Élise de Bellefeuille Boréal www edttionsboreal.qc.ca 304 pages • 27,95 $ LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 MARS 2005 RELIGION ÉDITION Pour jeunes LA VIE DE JÉSUS Bénédicte Jeancourt Bertrand Marchai DIEU, YAHWEH, ALLÂH Katia Mrowiec, Michel Kubler et Antoine Sfeir Bayard Jeunesse Paris, 2005 et 2004,43 et 188 pages Pour attirer les jeunes lecteurs, les auteurs présentent la vie de Jésus sous forme de bande dessinée très colorée.Qui est donc celui que l’on appelle le lils de Dieu, celui qui, depuis sa naissance il y a 2000 ans et jusqu’à nos jours, continue de bouleverser le monde, est mort sur une croix et a marqué ceux qui l’ont rencontré?C’est cette histoire que raconte Bénédicte Jeancourt dans une langue qui rejoint les enfants d’aujourd’hui, et qu’illustre avec justesse et modernité Bertrand Marchai Dieu, Yahweh, Allah est un album de belle présentation, joliment illustré, qui offre 100 réponses aux questions que se posent les enfants concernant les trois grandes religions, celles des juifs, des chrétiens et des musulmans.Les trois prônent la foi en un Dieu unique et se sont développées comme les branches d’un même arbre, mais chacune possède ses propres règles, ce qui suscite chez les enfants de nombreuses questions.Ce recueil a donc pour but d’aider parents et enseignants à fournir les vraies explications.Dès l’âge de huit ans.J Renée Rowan Une Église progressiste Pour un partage définitif entre l’Église et l’État «La société civile doit se protéger contre les abus de la religion» Pasteur au sein de l’Église Unie du Canada depuis 37 ans, Pierre Goldberger exprime sa vision de la coexistence de l’État et de la religion.DAPHNÉ ANGIOL1NI Mariage entre conjoints de même sexe, financement public des écoles privées confessionnelles, reconduction éventuelle des clauses dérogatoires qui permettent l’enseignement religieux dans les écoles publiques et implantation de tribunaux islamiques au pays.Voilà autant de débats qui font rage à l’heure actuelle.Dans pareil contexte, l'influence de l’Eglise sur les décisions du gouvernement devient un enjeu incontournable.Jusqu’à quel point la religion doit-ellp intervenir dans la gestion de l’Etat?Sur la question, l’Eglise Unie, la plus grande Eglise protestante du Canada avec plus de trois millions de membres, exprime une opinion bien définie, aux couleurs progressistes.En 1627, le cardinal Richelieu décrète que la communauté protestante est interdite de séjour et de culte public en Nouvelle-France.Pour avoir le droit d’exercer sa liberté d’opinion religieuse, elle doit se protéger des abus de pouvoir de l’État.C’est du moins ce qu’affirme Pierre Gpldberger, pasteur au sein de l’Église Unie du Canada depuis 37 ans et responsable de l’unité des ministères en français de cette organisation religieuse, née aq Canada en 1925 de la fusion des Églises presbytérienne, méthodiste et congrégatio-naliste.L’Église Unie est l’une des plus progressistes de toute la communauté protestante.Le pasteur d’origine française, immigré au Québec en 1953 et qui réside maintenant à Montréal, est d’avis que la situation contemporaine est aux antipodes de celle vécue par nos ancêtres.«Aujourd’hui, la société civile doit se protéger contre les abus de la religion.Nous [l’Église Unie du Canada] croyons à la séparation de l'Église et de l’État.L’Église doit résister à la tentation de manipuler le pouvoir politique pour servir ses intérêts.Le pouvoir politique doit être au service de tous.» Déconfessionnalisation Pierre Goldberger ne tarde pas à citer l’exemple controversé du débat entamé en 1998 et portant sur le mouvement de déconfessionnalisation des écoles publiques québécoises, et sur le recours aux clauses dérogatoires qui y succéda, permettant ainsi l'enseignement exclusif du catholicisme et du protestantisme dans le système scolaire public du Québec.«La non-reconduction des clauses dérogatoires serait une bonne nouvelle car cela signifierait la POUR VOTRE PERSONNELLE ET PROFESSIONNELLE.HmU*i ¦?, A fin d'un régime chrétien et contribuerait à bâtir une société civile ouverte à tous.L’école protestante n’a plus sa place, et le lieu d’enseignement doit être le creuset de la formation d’une société pluraliste.Il faut remplacer ces cours spécifiques par une sensibilisation aux grandes religions et procéder à une éducation culturelle sur l’héritage religieux et ses grandes philosophies», soutient-il Sur la polémique qui entoure la question du financement complet des écoles privées juives par le gouvernement, l’avis du pasteur est tout aussi limpide: «Ce financement serait allé dans le sens contraire de la sécularisation du Québec qui suit son cours depuis la Révolution tranquille.On a du mal à développer des écoles publiques de qualité; pourquoi alors donner à une école privée qui relève d'une confession particulière?Si la démarche provient vraiment d’un souci d’intégration, l’argument est valable pour tous les groupes.» Ce,progressisme qui caractérise l’Église Unie se transpose jusque dans sa vision du système judiciaire.Pierre Goldberger se range du côté de ceux qui ont vu d'un mauvais œil l’implantation possible de tribunaux islamiques au Québec.«Les tribunaux particuliers risquent de privilégier certaines caractéristiques dominantes et d’en faire des lois.Je crois à une justice commune qui représenterait la matrice de la conscience citoyenne et du respect de tous.» Sur ce principe de base, le pasteur émet une seule réserve en se portant à la défense des autochtones.«Les Premières Nations ont droit à leur identité, leur organisation.On doit reconnaître les droits coutumiers des autochtones et tenir compte du fait qu’avant que nous arrivions, il existait une nation.» Porte-parole des marginalisés «L’Église doit être attentive aux défaillances de l’État, sans usurper son rôle.Elle doit soulever des questions, se faire la porte-parole des pauvres et des marginalisés pour qu ’une plus grande justice soit rendue», croit Rerre Goldberger.En ce sens, l’Eglise Unie se préoccupe particulièrement du sort réservé aux plus démunis.Ainsi, en 20 ans, 23 de ses églises ont servi de sanctuaire pour les réfugiés.Le cas le plus connu est sans doute celui de Mohammed Cherfi, un sans-statut algérien qui avait trouvé refuge à l’église Saint-Pierre de Québec avant que les autorités policières ne l’appréhendent, au printemps derniep, pour le déporter aux États-Unis où il a été emprisonné.Le pasteur n’hésite pas à qualifier ce geste de «kidnapping».Pour venir en aide à Mohammed Cherfi, de?représentants de l’Église Unie ont notamment rendu visite, l’automne dernier, à Judy Sgro (à l’époque ministre de l’Immigration) pour tenter de la sensibiliser sur le sujet Autre c^use ardemment défendue par l’Église Unie: le droit des gais et lesbiennes de vivre pleinement leur sexualité- Au dire de Pierre Goldberger, l’Église Unie est la seple qui, au Conseil canadien des Églises, ait pris une position ferme en faveur des mariages gais.Selon le pasteur, la question de la sexualité est l’objet d’une profonde réflexion au sein de l'Église Unie, abordée il y a 30 ans sous la forme d’une série de consultations auprès de ses membres, dont les pasteurs — y compris des femmes depuis 1936 — sont libres de se çnarier et d’avoir des enfants.«À cette époque, nous avons découvert que des proches qu’on croyait connaître vivaient dans la peur de perdre leur poste dans l’Église s’ils affichaient leur véritable orientation sexuelle.Ce fut le point tournant.Nous avons essayé de comprendre et de reconnaître la légitimité de leur relation de couple», affirme-t-il.L’Eglise Unie est la seule qui, au Conseil canadien des Églises, ait pris une position ferme en faveur des mariages gais Homosexualité admise En 1987, le Conseil général de l’Église Unie — qui se réunit tous les trois ans — donne son feu vert à l’ordination des candidats gais et lesbiennes.En 2003, Q se prononce clairement en faveur du mariage gai.«C’était la seule façon non discriminatoire de reconnaître la pleine valeur des unions d’amour, sans en faire un mariage de deuxième classe», souligne le pasteur.Sans que l’on pujsse parler de schisme, l’Église Unie protestante s’est montrée divisée sur la questiop.«Des gens ont quitté l’Église Unie à cause de cela», de dire Pierre Goldberger.Ainsi, pour respecter l’opinion de tous, chacune des 2500 paroisses de l’Église Unie, disséminées un peu partout au Canada, est actuellement libre de décider si elle accepte d’unir deux personnes de même sexe.Forts de leur connaissance ?ur le sujet, quelques membres de l’Eglise Unie, dont Pierre Goldberger, se sont récemment rendus à Ottawa pour visiter certains députés conservateurs dans le but de faire valoir leur point de vue sur le mariage gai «Nous n’avons exercé aucune pression.Nous voulions partager avec eux notre expérience sur la liberté de conscience et interpeller le Parlement (fai qu'il légifère sur la question.» t Et le pasteur d’enchaîner avec une anecdote qu’il l’a particulièrement marqué lors de son passage à Ottawa: «fai rencontré un député qui m’a avoué n’avoir jamais reçu, en quatre mandats, autant de courrier contenant des propos haineux sur les homosexuels.Les lettrés étaient tellement haineuses que ça l’a fait changer d’idée.Il va voter en faveur du mariage gai, car il a vu qu’il n’y avait aucun avenir à continuer comme cela.C’est impressionnant de voir que les effets pervers de ce débat ont fait ressortir en lui une plus grande envie de tolérance.» A AIGUISEZ VOS FACULTÉS • AU COEUR DE UK CAPITALE DU CANADA • ÉTHIC,.Ratio professeur/étudiants 1:12 ÉTUDIEZ EN FRANÇAIS OU EN ANGLAIS Certificats, baccalauréats, MAÎTRISES ET DOCTORATS Dialogue interreugieux Théologie SCIENCES PASTORALES Droit canonique SCIENCE DE LA MISSION Formulaire de demande d'admission DISPONIBLE SUR NOTRE SITE INTERNET WWW.USTPAUL.CA UNIVERSITÉ SAINT-PAUL 223, rue Main • OTTAWA ON K1S IC4 (8131238-1393 ?INFO@USTPAUL.CA xi1 UNE THEOLOGIE MJ ans porte fruit POUR NOTRE TEMPS Des programmes uniques et originaux : Baccalauréat axé sur le rapport foi et culture Certificat en théologie pastorale, enrichi par l’anthropologie spirituelle Microprogramme en formation catéchétique Des activités pédagogiques axées sur les problématiques contemporaines : ¦ Les rapports femme/homme ¦ Les rapports de l’humain avec la nature ¦ La sexualité humaine ¦ Les expériences spirituelles ¦ La rencontre des religions et offertes dans des formules adaptées aux besoins des gens : ¦ Service de formation à distance en théologie (SerFadet) : cours en ligne sur Web CT (dont L’univers religieux judéo-chrétien)] vidéocassettes ¦ Chantiers multidisciplinaires sur différentes thématiques, dont L’amitié (offert sur 10 samedis durant l’année 2005-2006) Pour information ou inscription : (819)821-7600 FaTEP@USherbrooke.ca www.USherbrooke.ca/fatep UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE t j. LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 MARS RELIGION ENJEUX Pour la tolérance et le libre choix «Il faut respecter les minorités» Un juif fait l’éloge de la tolérance historique démontrée par les musulmans.Il réfléchit aussi sur les débats actuels qui animent la société.Rencontre avec le rabbin Howard Joseph, de la synagogue Spanish & Portuguese de Montréal.Financement des écoles juives ,M.Joseph tient à préciser que l’Etat québécois ne finance pas les études religieuses, mais bien les études séculaires, c’est-à-dire l’enseignement des matières générales comme le français et les mathématiques, qui sont étudiés dans les écoles juives de la même manière que dans toutes les autres écoles.•Le financement à 100 % des écoles juives, tel que proposé par le gouvernement, n'était pas destiné à la portion religieuse de l’enseignement, mais cela ne semble pas avoir été bien compris au sein de la population.Pourtant, les étudiants qui vont à l’école,publique [financée à 100% par l’État] coûtent plus cher à l'État que nos étudiants qui vont à l’école juive [subventionnée à 60 % seulement], donc le gouvernement économise.» Récemment les résultats d’un sondage Léger Marketing effectué pour le compte de la Coalition pour la déconfessionnalisation du système scolaire démontraient que 76 % des Québécois croient que l’école publique ne devrait plus offrir un enseignement confessionnel.La Coalition a alors affirmé que •l’école publique n’a pas pour mission de transmettre les valeurs et la foi propres à une confession religieuse.Cette responsabilité devrait relever des familles et des institutions religieuses».Pour sa part, le rabbin Joseph ne semble pas inquiété outre mesure par cette volonté grandissante de laïcisation du système scolaire québécois.D esquive le sujet avec une boutade: •Les Québécois sont encore en colère contre l’Église.» MARILYSE HAMELIN La synagogue montréalaise Spanish & Portuguese est la plus ancienne institution juive au Canada Ses origines remontent aux premiers colons juifs, débarqués autour de 1760, et la date exacte de sa fondation serait 1768.Howard Joseph en est le rabbin depuis 35 ans.Pour ce religieux dit «modéré», il ne doit pas y ayoir qu’une seule religion pour l’Etat.•Historiquement, c’est l'oppression exercée par le clergé catholique sur le peuple français qui a mené au principe de séparation entre l’Église et l'État, qui apparaît à l’époque de la Révolution française.Malheureusement, la France a voulu par la suite évacuer complètement la religion de la société.Les penseurs de la révolution américaine, eux, avaient une vision différente.Ils croyaient que la religion servait à préserver les valeurs qui font qu’une société est vivable.Par contre, ils ont privilégié une seule religion dominante, ce qui me semble erroné.La religion, pour être vraie, doit relever d’un libre choix», affirme M.Joseph.Par affleure, pour le rabbin Joseph, la prédorpinance du protestantisme aux États-Unis ne devajt pas nuirp à la séparation entre l’Église et l’État, du moins dans l'esprit des fondateurs.11 dte en exemple Thomas Jefferson, qui était très religieux, mais était aussi pour la séparation, la seule façon pour lui d'assurer le libre choix: •Si je dois aimer ma femme, vous ne pouvez pas me forcer à le faire.C’est la même chose pour Dieu», illustre le rabbin.Avec le temps, la distance entre les deux institutions est allée en s’amenuisant, contrairement à ce que les fondateurs avaient prévu.C’est pourquoi M.Joseph juge qu’il fait bon vivre au nord de la frontière américaine.•Au Canada, nous avons la chance de vivre dans un pays où la ligne de démarcation entre la religion et l’État est claire.Nous vivons dans un pays ouvert ùux minorités.Par exemple, ici l’É-Içt soutient les écoles juives.Les États-Unis ne financent pas les icoles juives, cela contredit leur vision des choses.» Tribunaux rabbiniques et mariages gais Les tribunaux rabbiniques existent pour deux raisons: les divorces religieux et la médiation, explique le rabbin Joseph.•Pour divorcer dans notre communauté, nous devons obtenir les deux, le divorce civique et religieux car, sans divorce religieux, on ne peut pas se remarier.Ce n’est pas très compliqué, mais nécessaire.Par ailleurs, si un juif se www tyj Parole Une production d'AUVIDEC inc.Diffusée sur CANAL VOX et TV COGECO Un magazine télévisé d’information Une émission d’inspiration chrétienne Un regard sur le monde AUVIDEC, 1340, boul.St-Joseph Est, Montréal, Qc H2J 1M3 www.auparvi.qc.ca « Maurice Zundel est l’un des génies spirituels du XXe siècle.» Déclaration de Paul VI ÉDITIONS ANNE SIGIER www.aniiesigier.qc.ca MAURICE ZUNDEL, SES PIERRES DE FONDATION Gilbert Géraud a rassemblé dans ce livre des textes inédits de Maurice Zundel, célèbre mystique d’origine suisse dont l’influence est aujourd’hui reconnue à travers le monde.Découvrez les pierres de fondation de ce maître spirituel à travers des conférences tenues au moment où il était à l’apogée de son cheminement intellectuel.ZUNDEL 24,95$ - 318 p.ARCHIVES LE DEVOIR Le rabbin Howard Joseph.trouve en situation conflictuelle avec un autre juif, ils peuvent demander la médiation à l’intérieur de nos tribunaux religieux.Mais il ne s’agit pas là de quelque chose de bien spécial.Tout le monde dans notre société a droit à l'arbitrage.» Interrogé sur la charia, le rabbin Joseph avoue ne pas être trop au cotirant du dossier.•Par contre, mon épouse connaît très bien la question.D’ailleurs, son témoignage sur le sujet figurera dans un documentaire que l’ONF produit actuellement.Elle a aussi assisté à la rencontre de l’UQAM sur la question, organisée parla Fédération des femmes du Québec le 17 mars dernier À son retour, elle m'a dit que les femmes rencontrées ne semblaient pas bien comprendre le système canadien.Les femmes musulmanes ont peur que les jugements de cour soient vieux jeu et inéquitables envers les femmes, comme c’est le cas dans certains pays.» \jà question des mariages gais est un enjeu difficile à analyser pour le rabbin Joseph.•Je crois qu’il faut respecter les minorités, même si on n'est pas nécessairement d’accord avec leur choix.Mais il est vrai que le mariage a une signification spéciale pour moi.Je crois que les gais et lesbiennes doivent avoir les mêmes droits [succession, patrimoine familial].mais je pense que je préfère mener le mot mariage pour décrire l'uniim d'un homme et d'une femme, même si cela ne marche pas toujours bien de ce côté-là mm plus.avance-t-il une lueur d'amusement dans les yeux.Ce que je ne comprends pas.c'est que le mariage gai soit devenu l'enjeu numéro un du gouvernement, que l'on évacue des thèmes plus importants comme le terrorisme, par exemple.Le manage gai est une question qui affecte une petite partie de la population seulement, alors je suis surpris de voir à quel point cette question occupe tout l'espace public.» Montée de l’antisémitisme Selon un rapport de l'organisation juive B’naï Brith rendu public le 15 mars dernier, les actes antisémites ont connu une hausse sans précèdent l'an dernier au Canada.Pour Howard Joseph, cela a beaucoup à voir avec la question palestinienne et il en impute la responsabilité aux extrémistes musulmans.•Comme ce fut le cas pour la question du financement des écoles juives, où la population n 'a pas bien compris quels étaient les enjeux, les gens ne saisissent pas bien les différents éléments du conflit israélo-palestinien.» M.Joseph, qui a assisté à la Conférence des imams et des rabbins pour la paix à Bruxelles en janvier dernier, continue de penser que la religion la plus tolérante a toujours été l’islam, plus que le christianisme, •mais pas dans sa version intégriste».11 déplore, par ailleurs, l’absence à cette conférence de quelques pays du Moyen-Orient comme le Liban, la Syrie, l'Irak et la Libye.«Les imams que j’ai rencontrés là-bas sont inquiets.Ce ne sont pas tous les musulmans qui sont pour “l’agenda de la confrontation".L’extrémisme n'aide pas leur société.Us devraient plutôt se dire: “allons étudier à l’université, devenons des scientifiques".C’est dommage quand on pense que, il y a 1000 ans, la société la plus progressiste était musulmane», déplore-t-il.MUSÉE DES RELIGIONS O/f • /Ja et ouaneeA FRAGMENTS DE SAINTETÉ 13 mars 2005 - 29 janvier 2006 LES RELIGIONS S'ENFLAMMENT! 17 avril -15 septembre 2005 L'ÉVASION DANS LES RELIGIONS 19 juin 2005 à janvier 2008 Ouvert tous les jours de 10 h à 17 h 900, boul.Louis-Fréchette, Nicolet Information: (819) 293-6148 Site internet: www.museedesreligions.qc.ca Courriel: musee(â>museedesreligions.qc.ca Les Éditions LOGIQUES Les témoins de l’essentiel, un ouvrage intimiste où vingt-cinq personnalités témoignent de leurs itinéraires spirituels par des thèmes tels la mort, la maladie, la souffrance, le sentiment de l'absence de Dieu, le langage de la foi et la prière.1 Les Témoins 'essentiel rr-l; ' Les Témoins de l’essentiel Benoît Voyer Éditions Logiques 200 pages 19,95$ Iff ' ’ i, i ^Préface ém sœur Angele Une lumière spirituelle UN NŒUD DE PLAISIR Marie-Andree Lamontagne Ottawa, Novalis, 2005,98 pages r Ecrivain et traductrice, directrice generale des Editions Fides et, durant quelques années, des pages cuhurefles du Devoir, Marie-Andree Lamontagne a participe à la nouvelle traduction de la Bible, publiée chez Bayard/Médiaspaul en 2001.Elle vient de signer Un noeud de plaisir.•Xei'eülez pas/Ne réveillez pas / Amour/ Avant Envie.» Ces mots, tout simples et délicats, viennent d'un poème spirituel âgé de deux millénaires et demi, le Cantique des cantiques de la Bible.A qui s'arrête, comme Marie-Andrée Lamontagne, pour en ressentir fa douceur, ils inspirent fa joie.Sous son regard averti, ce Foème des poèmes veut être relu: il attire le kvteur quïl appelle jusqu'à lui.Cantate d'amour, ce beau conte évoque l'essence du vivant •L'amour brûle, c'est là son action, sa force irresistible, flammes, feu, Flamme-de-Yah.» D transporte, éblouissant pause entre les fureurs politiques qui grondent alentour, la lectrice, encore vibrante d'émotion, s’en fait l’ambassadrice.Il suffisait d'une histoire très hu maiiie, la passion entre une Sulami-te et un homme dont le cœur bondissait vers elle.La beauté était là: celle que le Langage poétique dépose.lui ne peut être que poète, fasciné tel un enfant.Voici leurs mains, en train de tracer l'arabesque de l'objet-poème: les mots de La beauté se fondent à l'unisson dans le Poème.•!! n’est pas une idée», écrit l’air teure, eDe-même poète et traductrice.En parcourant son histoire, celle qu’il raconte et l’autre, qu'il a don- née aux siècles et aux pays, eDe effleure la •songrne primordiale» l’ardeur de la sensation evetlle de mouvement spirituel de l’être qui se chereke et se trvute», l'instinct de vie.L’intensité du Cantique appelle les écrivains, les jardiniers et les oi-seaux.La créature au repos ne connaît qu'envie, et toute cette assurance la rend enviable.‘Sans amour je ne suis rien • Celle qui trouve les mots justes pour le redire traverse le temps, les textes et les pensées que le Poème a mis en marche.Mais rien ne presse.U s’agit plutôt, pour elle, de mettre sous nos yeux le sourire de cet ange qui veille au-dessus du texte oïx dorment les amants.LES ÉVANGILES DES PARENTS Olivier Le Gendre Editions Anne Sigier Québec, 2(X)4,163 pages Consultant dans le domaine des technologies de l'informatique tout en se consacrant à l'écriture d'ouvrages de spiritualité, Olivier le Gendre est convaincu que des paroles du fils de IHeu peuvent transformer le regard que nous portons sur nos enfants et notre vie intérieure».Frappé par la concordance qui existe entre les v4eurs de l'éducation et celles de l'Evangile, l’auteur y revient tout au long des 12 méditations qu'il propose.Lui-même père 4c cinq enfants, il a fait k> pari que l’Evangile a quelque chose de précis à dira aux parents Acte de foi, ce livre tonique s'adresse aux parents, grands-parents et futurs parents.ff’.s fyligieusesjiospitalières de -Saint;Joseph sont engagées dépuis 16X6 auprès des malades, des pauvres, des démunis, et en éducation.r /fvec les personnes qui leur sont associées, elles veulent continuer d'apporter au monde tendresse et compassion et d'être témoins d’espérance et de liberté.Adresse : 2450, chemin Côte Sainte-Catherine Montréal (Québec) H3T 1B1 TéL: (514) 735-6585 Télec.: (514) 735-6588 EN VENTE PARTOUT Année universitaire 2005-2006 ^ Programmes courts de 2* cycle en sciences des religions L’islam vu d’ici Automne 2005 : Lïslam en question Hiver 2006 : La vie en société selon l’islam Été 2006 : L’islam au Québec Voyage d’etudes au Sri Lanka Automne 2005 : Sri Lanka, culture et religion Hiver 2006 : Sri Lanka, culture et religion II Juillet - Août 2006 : Terrain de trois semaines au Sri Lanka Renseignements : www.rellgion.uqain.ca UQAM Prenez position LE DEVOIR.LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 MARS 2005 RELIGION ÉDITION Nouveau regard À propos du «Christ païen* Rien de nouveau sous le soleil JUDAS, L’AUTRE DISCIPLE Un écrit dans la tradition gnostique Charles Singer Novalis Montréal, 2005,173 pages Cet ouvrage, sous-titré Une épître imaginaire, nous invite à porter un regard nouveau sur ce douzième apôtre qu’une certaine tradition chrétienne, notamment médiévale, «o diabolisé» en raison du rôle qu'il a joué dans la Passion du Christ L’auteur s’attache à rendre à Judas •l'épaisseur de son humanité» dans l’épître imaginaire qu’il lui fait écrire.Ce qui nous amène à nous poser des questions essentielles sur ce personnage -drop caricaturé» et par ce biais, sur notre propre conduite, «s«r ce qui nous fait certes disciples, mais aussi sur ce qui pourrait bien nous mettre nous-mêmes sur la pente de l’infidélité et de la trahison».Un livre dont l’approche est originale.À l’approche de Pâques surgit Le Christ païen de Tom Har-pur.Voilà qu’un éditeur québécois s’intéresse au Christ au point de faire traduire un livre.Livre auquel un libraire accole par ailleurs le label «Coup de cœur».Coup de foudre ou coup fumant?Déjà, la rumeur s’active: «Un livre décapant, ressourçant, libérateur!» «Un livre sulfureux, scandaleux, malhonnête!» Qu’en est-il?UN PEU D’HUILE POUR MA LAMPE Don) Guillaume Jedrzejczak Mitions Anne Sigier Québec, 2(X)4,390 pages Né en 1957 dans le Nord de la France au sein d’une famille de mineurs d’origine polonaise, catholiques mais non pratiquants, Dom Guillaume, moine cistercien trappiste, a redécouvert la foi en faisant le catéchisme aux enfants.A l’âge de 18 ans, il frappe une première fois à la porte de l’abbaye Sainte-Mariedu-Mont du mont des Cats en France, puis il décide de poursuivre sa route.Après une longue démarche, il revient de nouveau, en 1982, frapper à cette même porte et cette fois, c’est pour y rester.Elu abbé de sa communauté, qui compte actuellement 47 moines, son ministère le conduit dans de nombreux pays, dont le Canada.Les textes id rassemblés sont,le fruit de ses méditations sur les Evangiles, textes empreints de la sagesse séculaire, de la paix et de la sérénité de l’esprit monastique.Ses propos visent un but alimenter la vie spirituelle du lecteur afin d’entretenir la vitalité de sa foi.Les commentaires sont courts et accessibles, la langue est moderne, les réflexions bien adaptées au XXI’ siècle.GIGNAC La thèse du livre est double.D’une part, «/a doctrine chrétienne n'est rien d’autre qu'un égyptianisme retapé et mutilé» (34).Rien de nouveau sous le soleil que le christianisme.Dans la religion égyptienne, l’essence de la spiritualité universelle et intemporelle est mieux décrite et sous une forme plus originelle.La quête spirituelle véritable, dégagée de sa superstition chrétienne, consiste en l’avènement du Christ intérieur en chaque humain.D’autre part, la figure historique de Jésus de Nazareth est une in- Pour Pâques Déniche?tout ce que vous désirez en croix, chapelets, statues, .icônes, cartes, livres et chandeliers chez DESMARAIS gROBITAILLE 60.rue Notre-Dame Ouest Montreal.Qc H2Y 1S6 (514) 845-3194 Nous sommes des femmes et des hommes scandalises par la violence du monde actuel.En collaboration avec l’Union internationale des supérieurs majeurs (UISG), et avec la Conférence religieuse du Canada (CRC), la Famille franciscaine est engagée dans la lutte contre le trafic des êtres humains, sous toutes ses formes.U FAMILLE FRANCISCAINE Nous exprimons notre solidarité avec celles et ceux qui se retroussent les manches pour que la vie triomphe partout.À la suite de Jésus, qui a payé de sa vie le combat pour la dignité, et à la façon de Claire et François d’Assise, dans l’Église catholique, nous réaffirmons notre confiance aux institutions internationales comme l’O.N.U.qui veillent au respect des droits humains.le SI VF (Senht Ink'iTomimiiuiiLiirv d'Vniinalion InnuiMiiineI S-.^.houkoard Pie l\ • Montréal.Çh • lll\ 2B9 égyptienne) est ignorée.Harpur s’appuie plutôt sur un trio peu connu d’auteurs (Godfrey Higgins, Gerald Massey et Alvin Boyd Kuhn), dans la mouvance de la théosophie.Certains arguments étymologiques étonnent par leur fantaisie (Jésus et Matthieu seraient des noms égyptiens).Les citations sont la plupart du temps sans référence, hors contexte, et souvent détournées de leur visée originelle.Ain- si, Irénée de Lyon et Albert Schweitzer auraient dénié l’historicité de Jésus.On pourrait aussi donner l’exemple du traitement subi par Augustin, maître Eckhart, Grégoire de Naziance, etc.(Ici, Tuniversitaire que je suis doit faire son mea-culpa: qu’en est-il de la diffusion des acquis de la réflexion scientifique en sciences des religions et en théologie auprès du grand public?) Pourtant, beaucoup d’affirmations sont justes: influences des autres religions sur le christianisme, qui n’est pas né en vase clos; utilisation du langage mythique dans la Bible; intérêt du mythe 1 e Christ p*ïen pour énoncer une vérité religieu- se; importance de la croissance spirituelle personnelle.Ce qui pose problème, c’est l’exagération de la thèse, en ses deux faces: l’originalité de la religion juive d’où surgit le christianisme est occultée; la réalité de la mort de Jésus, pourtant capitale pour le témoignage du Nouveau Testament, est niée.L’existence historique de Jésus de Nazareth, comme celles de Socrate ou de Siddartha Gautama (le bouddha) est certes difficile à saisir.Mais même les tenants d’une interprétation minimaliste des données (comme les animateurs du fameux Jesus Seminar) admettent l’historicité de Jésus.Rien de nouveau sous le soleil?L’interprétation du Christ dans une ligne gnostique est aussi vieille que le christianisme.Dès Irénée de Lyon, deux tendances s’affrontent, l’une insiste sur le destin historique de Jésus de Nazareth, l’autre sur le don de l’esprit Qu’est-ce qui sauve, la mort de Jésus ou l’expérience spirituelle?Les écrits du Nouveau Testament eux-mêmes cherchent à articuler les deux aspects, les évangiles insistant peut-être plus sur le premier, et les lettres de Paul, sur le second.Or, contrairement à ce que dit Harpur, même si Paul de Tarse s’intéresse peu aux détails de la vie de Jésus ou à son enseignement cela n’est pas nié (voir la mise au tombeau de ICo 15,3, la naissance juive de Jésus en Ga 4,4 et le denier repas en ICo 11,23).Le retour d’un Christ jungien vention de l’institution ecclésiastique des IIP et IV' siècles pour s’assurer le contrôle des masses ignorantes.Ce qui était une fable mythique à haute teneur spirituelle est devenu, dans la version définitive et tardive des Evangiles, un récit naïf, littéraliste, sanglant et absurde.Le livre de Harpur se présente comme un plaidoyer passionné (un coup de cœ!- ’’) sous forme de témoignage: après avoir longtemps résisté, l’auteur affirme avoir trouvé une interprétation lumineuse de Jésus qui, loin d’ébranler le christianisme, est capable de le régénérer.La rhétorique répétitive du livre cherche à persuader et non à convaincre.•Hors de tout doute», •assurance totale», •ce que personne ne peut contredire»: les affirmations sont à l’emporte-pièce.Au christianisme intolérant qui a incendié la bibliothèque d’Alexandrie (accusation répétée à deux reprises), l’auteur oppose donc un Christ païen tout aussi absolu et totalitaire que celui qu’il dénonce.Le Christ païen: l’enjeu majeur du titre est-il que ce Christ soit païen plutôt que chrétien, juif, bouddhiste ou musulman?L’essentiel n’est pas dans l’inscription d’une tradition religieuse quelle qu’elle soit: «le christianisme actuel a besoin d'un Christ cosmique et en même temps intérieur, et non d’une idole personnalisée» (155).GUY ROBERT SAINT-ARNAUD Le faux et le vrai A quelles sources scientifiques puise l’auteur?La recherche en sciences des religions (particulièrement sur le Jésus historique et sur la religion Le •principe christique» de Harpur percute le corps physique situé temporellement dans une histoire: «qu’un Jésus historique ait existé ou non ne change rien, pour nous, au sens de son récit, ou mythos» (232).Tenter de se référer à l’histoire constitue pour l’auteur un écueil.L’histoire est «idolâtrie» (229), «offense théologique faite actuellement à la majorité des autres religions» (246).Elle conduit donc à une «perte de l’universalité» (198,212).Le Christ chrétien s’est formé d’une spoliation du mythe d’Ho-rus égyptien: «ce qui était intemporel et universellement applicable est devenu tragiquement circonscrit à une seule personne, à un seul moment et à un seul espace; ce qui avait été ésotérique et symbolique est devenu exotérique et historique» (121).limite de la contingence, la «corporéité» concrète d’une personne dans l’histoire fait crisser la roue harmonieuse des symboles universels.Fils d’Osiris?On le voit Les fers de lance du christianisme comme la dimension personnelle, le corps — en dépit des équivoques de la tradition chrétienne — et l’importance de l’histoire fondent sous le divin soleil égyptien Rê.Harpur viendrait délivrer le Christ de la carapace du Jésus historique.Faut-il conclure à une libération tout azimut?Poussant une telle logique, le lecteur pourra s’interroger sur l’apogée de cette délivrance.Le nouveau Graal est-il logé au firmament de la constellation d’Orion (140) — en forme de coupe — ou dans la réunification des 14 parties dispersées du cadavre d’Osiris au phallus manquant?Si le Christ intérieur et universel retrouve son efficacité, il n’est pas libre de toute référence normative.Chez Harpur, le mythe fondateur Osiris/Horus (père/fils) fonctionne comme norme.Il sert à évaluer la qualité du plagiat chrétien.Il est •d’un type affreusement déformé et affaibli» (121).Le parcours de Harpur ne s’arrête pas à un décentrement mettant au jour un plagiat.Il touche à l’espace de liberté dans l’interprétation.La radicalité de sa critique sur le Jésus historique et le Christ de la foi chrétienne risque de nous faire dévier du lieu de cohérence de son propos.Car Harpur NOVALIS JEAN VARIER ENTRER DANS LE MYSTÈRE DE JESUS Jean Vanier Ce coinnu'iiuire spirituel de l’évangile de lean traduit une esperance toujours nouvelle iaRW Se dwMère de RSus 'S I pages — 24,')s PRIER ?C’EST POSSIBLE ! Richard Guimond >RIÈR> I lue excellente initiation à la prière dans un langage qui s'adresse a 112 pages — 12,44 $ ¦Jj UN NŒUD DE PLAISIR Un nœud de plaisir Marie-Andrée Lamontagne Une relecture du Ctiniiiiue des Cantique sous.forme de dialogue entre le Poème et le lecteur 128 pages — 1 c),ll)5 $ JUDAS, I AUT RE DISCIPLE Charles Singer Avant de se pendre Judas écrit une lettre l apotre Jean.Cette epitre imaginaire pose un regard neuf sur ce personnage d ombre et de lumière.I .a page ( P .nulle TéL.et téléc.: (>l ») -22-5_Ots - intots’lcsiaf.org En veme chez votre libraire se fonde sur une proposition de départ, une «grande prémisse» où la référence méthodologique au mythe égyptien est précisée: «Ho-rus est l’archétype du Christ païen» (121,127).Absent de la bibliographie, les références à Jung n’en sont pas moins explicites dans l’ensemble du livre, pour ne rappeler que ce passage où «les concepts au cœur du christianisme découlent vraiment des profondeurs de l’inconscient, car ils y ont été implantés par Dieu» (76).Antériorité de Drewermann On peut se demander si, tel un scribe, Dieu aurait écrit à l’origine sur le papyrus de l’inconscient les archétypes fondateurs.En effet, Jung a affirmé dans Psychologie und Religion que «Dieu est la position psychique effectivement la plus forte».Certes non freudienne — quoique puissent le suggérer les allusions de Harpur à Freud (28,42) —, la prémisse de Harpur n'est pas sortie de la cuisse de Jupiter et circule depuis un temps certain.Par exemple en 1986, les travaux du théologien allemand et psychanalyste jungien Eugen Drewenpann sur les récits d’enfance de l’Évangile de Luc et les textes de la visite au tombeau (Jn 20,12) montraient avec nuance les nombreux rapprochements égyptiens.Avec un tel effacement de la place de l’histoire, la grogne n’a pas tardé à surgir contre Drewermann.Nombre de discussions avaient ignoré le postulat de base d’une lecture jungienne.Or, Harper l’utilise à nouveau à satiété.Par le biais des archétypes, la véritable signification des concepts et des symboles est une et elle est à retrouver dans l’origine.S’éloigner de l’origine, c’est prendre le risque de l’histoire qui pourrait trahir la pureté originelle du contenu allégorique et spirituel (154).En conséquence, un des enjeux que suscite le livre de Harpur ne consiste pas à rétorquer avec la férule de l’exactitude historique.Sa trajectoire est différente.À notre avis, Harpur situe bien sa problématique en affirmant que les tenants du Jesus Seminar et les fondamentalistes «partagent la même hypothèse de départ, à savoir que derrière l’histoire de Jésus il y a un “noyau” historique» (234).Dès lors, on peut se demander si la dynamique de Harpur est différente dans la mesure où le noyau dur serait constitué des archétypes, «implantés par Dieu», et que la seule signification est déjà inscrite et déterminée dans l’origine.Entre les représentants du Jésus Seminar et Harpur, le contenu du noyau a changé, mais le rapport établi avec un originel fondateur a-t-il bronché d’un iota?Harpur aurait pu écrire un dictionnaire des symboles et des archétypes.Même si le Christ est intérieur, la véritable signification est déjà déterminée depuis les profondeurs de l’humanité.L’histoire, même individuelle ou collective, n’y changera rien.Mais pourquoi les figures de JésusGhrist ou de Mahomet sont-elles situées dans le temps?Qui décidera de l’origine et de son lieu?LE CHRIST PAÏEN Retrouver la lumière perdue Tom Harpur Traduit de l’anglais par Élise de Bellefeuille et Michel Saint-Germain Préface de Jacques Languirand Editions du Boréal Montréal, 2005,304 pages Les deux auteurs sont professeurs à la faculté de théologie et des sciences des religions de l’Université de Montréal.Les Éditions LOGIQUES « Il n'existe pas encore d'analyse aussi poussée des éléments de la Règle dont les laïcs puissent faire leur profit.[.] ne peut qu’être impressionné par l'actualité du sujet.» Appréciation du regrette Guy-Marie OURY, moine bénédictin.P»ul lai allée pour le xxie siècle Paul Lavallée Éditions Logiques 264 pages 21,95$ mmm UNE SpiRITUAlITé POUR Le xxi« siècl e EN V*ENTE PARTOUT hhhbhbhbhhbhhhhhhhhhhhhi LE DEVOIR.LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 MARS 0 0 5 H RELIGION ISLAM À propos de la « charia » «Avant des tribunaux, [.] des centres communautaires et de loisirs, des hôpitaux, des écoles» La charia, bien qu’envahissant régulièrement l'espace médiatique, reste pourtant objet de méconnaissance.L’imam de la mosquée al-Qods, du quartier Saint-Michel, le cheikh Saïd Jaziri, en discourt et met en perspective les besoins des communautés musulmanes présentes au Québec.ESTELLE ZEHLER t Etablie sur la rue Bélanger à Montréal, la mosquée sunnite al-Qods est fréquentée principalement par une population maghrébine, c'est-à-dire tunisienne, algérienne et marocaine.L’imam est incontournable, tel qu’illustré par les activités du cheikh Saïd Jaziri: •J’enseigne et assume les rituels de l’islam.Des études poussées en religion musulmane m'ont permis de devenir un spécialiste de l’explication du Coran.» Outre les récitations et interprétations du livre saint, ce dignitaire religieux est également chargé d’éclairer, de guider les croyants sur la charia.soit les lois de l’islam.La charia est à entendre comme les lois qui régissent l’islam et sont à son origine.Celles-ci sont contenues en premier lieu dans le livre saint, le Coran, que l’ange Gabriel a révélé durant 23 ans au prophète Mahomet Puis viennent les paroles du prophète, la Sunna, qui explicitent en quelque sorte les aspects généraux du Coran.Quel est l’objet des lois?Dichotomiques, elles sont d’abord reliées intrinsèquement à la foi avant de régir le mode de vie de la société en accord avec ces préceptes.Sont donc explicités les cinq piliers de la foi, qui sont constitués par la prière, soit la soumission du corps après celle du cœur, la zakat, l’impôt social purificateur, le ramadan, le jeune purificateur du corps et de l’esprit et en dernier lieu, le had), le pèlerinage à La Mecque.«Mais, précise le cheik Jaziri, elles traitent aussi du domaine social, économique, agricole.Dieu dit dans le Coran: “Tl n’y a pas de domaine auquel ie n’ai pas touché.’ L’islam ne peut être contenu dans la mosquée, il intervient au contraire dans toute la vie.» Les différentes étapes de la vie, de la naissance à la succession en passant par le mariage et le divorce, y sont consignées.Loi dite divine, la charia ne peu .par conséquent subir d’altération.Cependant, si des zones d’ombre surgissent du fait notamment de l’évolution sociale, les imams interviennent et procèdent par analogie ou raisonnement analogique, fis rapprochent ainsi la nouvelle situation d’un cas existant dans les textes, le Coran et la Sunna, pour faire transiter la sentence.Ainsi, pour déterminer l’aspect licite ou illicite de la bière, qui n’était pas citée dans les livres: *11 est dit que tout ce qui affecte le cerveau est interdit par l’islam, aussi est-elle interdite.» Des points de divergence mineurs peuvent toutefois surgir selon les interprétations des savants, telle la cigarette jugée illicite par les uns et déconseillée par les autres.L’ensemble des explications apportées au fil du temps a permis la constitution d’une jurisprudence constamment liée à l’actualité de ce monde.La «charia» en terre laïque Les musulmans qui vivent dans un pays laïc doivent distinguer les lois qui régissent leur vie de croyant de celles qui régissent la société.•Les premières me demandent de faire la prière et de ne pas mentir, par exemple; les secondes sont de la responsabilité de l'État.» Toutefois, selon les situations, des adaptations s’avèrent possibles, comme pour le mariage: •Nous marions les gens légalement selon la loi, mais également religieusement.Nous faisons donc avancer la loi et la religion conjointement.» Le cheikh cite également un autre exemple concernant les règles de succession ou d’héritage.L’islam prévoit que le fils reçoive le double de la fille, ainsi que la charge de prendre soin de sa sœur.Les lois québécoises, si elles n’entrevoient pas la distribution des biens de la même façon, permettent néanmoins de faire un testament.«U n’y a pas de contre-indication ou de confrontation; il est possible d’adapter les choses et si, en dernier lieu, la situation est inextricable, il convient de respecter les lois civiles.Dieu pardonne les écarts résultant de cette obligation.» Les maîtres d’œuvre de ces ajustements restent encore les mosquées et leurs imams, que les croyants viennent consulter.Le débat autour des tribunaux religieux basés sur la charia sont révélateurs d’une demande, d’un besoin de cette communauté.Etant donné que ces règles sont réservées à leur propre usage, nombreux sont les musulmans qui ne comprennent pas la levée de boucliers qui secoue la société civile.L’argument de l’absence d’égalité entre les sexes pèche par ignorance, affirme le cheik Said Jaziri: «La femme possède un meilleur statut que l’homme dans l’islam; elle est mieux protégée.Le prophète promet le paradis à tout père qui éduquera bien sa fille et la mariera correctement.» De nombreux préjugés doivent être corrigés, tels ceux sur le mariage.Ainsi, il est interdit de marier une femme contre son gré; elle est libre de choisir son époux.S’il advenait un divorce, Timam Jaziri déclare également que la loi musulmane octroie la garde des jeunes enfants à la mère.•L’islam a introduit l’égalité entre l'homme et la femme dans tous les droits et dans toutes les obligations.S’il y a des dif fêrences, elles sont le fruit delà nature humaine et des fonctions de chacun!», écrit l’imam Muham-med al-Ghazali.Si une femme veut travailler, cela est possible si le couple établit des arrangements.Un autre imam, le cheikh Mohammed Saghir, affirme: •Ce n’est pas la concurrence qu’il faut entre les deux sexes, c’est la complémentarité; ce n’est pas l’égalité extérieure et quantitative qu’il faut chercher à instaurer dans la société, c'est l’équité et la justice.» Aussi, pour le cheikh Jaziri, les tribunaux musulmans défendront les femmes avant les hommes.La priorité n’est pas aux tribunaux islamiques Plutôt que d’entrevoir leur existence sous un angle négatif inscrit dans une «islamophobie» débridée, la communauté appelle à une plus grande ouverture Pères de Sainte-Croix Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal Éditions Fides, Éditions Bellarmin Charges pastorales de paroisses Centre Emmaüs - Spiritualité des Églises d’Orient Centre de consultation Saint-Laurent Le Pèlerin - Centre d’accompagnement spirituel Mission-Jeunesse, Mouvement Salut Terre! Comité Solidarité Sociale Pastorale de la santé, Aumôneries Pastorale sociale Animation et coopération missionnaires Ste-Croix Missions (Haïti, Brésil, Bangladesh, Inde) Pastorale des vocations, Partage CSC Groupe des Associés et Associées Revue Orient, Revue Reflets Les Pères de Sainte-Croix Administration provinciale 4901, rue Piedmont Montréal QC H3V 1E3 Tél.: 514-731-7828 d’esprit Quel est l’intérêt de leur instauration?Les musulmans, du fait de leur immigration, sont privés du réseau social traditionnel constitué par la famille dans son acception la plus large.Aussi, si un problème surgit, ils sollicitent le soutien, l'aide et l’arbitrage d’un imam.Ce travail de conciliation est énorme et permet de limiter les dépenses inhérentes aux tribunaux.Cependant, ajoute le cheik Jaziri: •Avant de vouloir instaurer des tribunaux, pourquoi on ne développerait pas des centres communautaires pour les musulmans, ou encore des centres de loisirs, des hôpitaux, des écoles?Plusieurs communautés ont déjà un hôpital, tel l’Hôpital général juif?» La communauté musulmane est en butte à des problèmes concrets, telle l’insertion professionnelle.Ainsi, les ingénieurs, bien que sélectionnés par les services d’immigration notamment du fait de leur profession, ne sont pas reconnus à l’arrivée et doivent se résoudre à devenir par Aujourd'hui un peu partout dans le monde, les chrétiens célèbrent la Résurrection du Christ.Que cette fête soit source de joie pour tous et toutes.L'Église catholique de Montréal LA MORT ET ^IMMORTALITE Sous la direction de Frédéric Lenoir et Jean-Philippe de Tonnac LA MORT ET LîMMOnTAUT î692pages — 74,95 $ « Un ouvrage monumental, le premier du genre en français ! Une kyrielle de spécialistes dont Edgar Morin, Umberto Eco, Jean Delumeau, Axel Kahn » Caroline Montpetit, Le Devoir, 14 novembre 2004 « Un ouvrage des plus sérieux qui ne tombe jamais dans les fadaises nouvel-âgeuses.Sa lecture nous apprend que s'il est une certitude face à la mort, c'est qu'on ne saurait cesser de s'interroger sur elle » Pierre Monettè, La Presse, 6 mars 2005 Bayard ; ji JACQUES NADKAl! LE DEVOIR Musulmanes en prière dans une mosquée de la région de Montréal.exemple chauffeurs de faxi ou, en dernier recours, à vivre sur le bien-être social.Par ailleurs, bien que fondant de grandes familles, les musulmans ne disposent que de deux garderies.Le Canada n’accueille pas ces personnes simplement pour combler un vide, mais pour en faire des citoyens.Mais pour ce faire, il faut essayer de gagner leur confiance.Comment?«7/ faut se mettre à l’écoute de la communauté musulmane.En se sentant bien traitée, elle intègre la mosaïque du pays.Nous sommes différents, oui, mais dans un même pays, et nous devons tous travailler dans l’intérêt de ce pays.» Dans le respect mutuel réside la clé d’une société harmonieuse.Aussi, estime le cheik Jaziri, le temps des tribunaux islamiques n’est pas encore venu, sous peine de semer la haine dans les cœurs et de nourrir un ostracisme virulent.Il y a encore du chemin à faire d’abord, un chemin qui doit se centrer sur une perception positive dans le cadre d’un respect partagé.NOUVEAUTES LE COSMOS DANSANT MÊDtASflkUt LE COSMOS DANSANT Vue voit vers l 'harmonie Michael Amaldoss lS4p.*24,95 S Lautnir intègre la spiritualité ehretienne et diNCTs elements de l'hindouisme dont des techniques yogiques de rrsptnüoti et de tnedi tabou CHEMINS DE PAIX Pratiquer en chrétien la méditation bouddhique?Mayeul de Dreuille 136 p.*21$ Un moine chrétien témoigne dç sa démarche spirituelle de rencontre avec la tradition bouddhiste et ses tonnes de méditation CHEMINS DE PAIX FRAGILE LIBERTÉ Ivone Gebara 20S p.• 24,95 | Un regard entique sur la globalisation et les idéologies afin de dégager les conditions et les manières de faire advenir une liberté véntablement humaine LA TRADITION Vn héritage à faire fructifier Marie-Thérèse Nadeau 152 p.• 19,95$ La tradition est un aspect de la culture humaine et religieuse qui influence nos comportements.Ce livre attire l'attention sur la nécessité d'exercer sa liberté face à ce qui vient de l’extérieur.-! LA TRADITION U» Mor#ÿ» * f#*v AvctA* Kl! *2 4SI Mn Canto*! * ‘rançoft toug* La présence du royaume «5» LA PRÉSENCE DU ROYAUME Une nouvelle lecture de l’évangile de Marc André Couture et François Vouga 200p.*24,95$ Une nouvelle lecture de l'évangile de Marc qui prend ses distances par rapport à la vision christocentnque à laquelle nous sommes habitués, en proposant une réflexion sur la connaissance conjointe de Dieu et de la condition humaine QUE RENDRAI-JE AU SEIGNEUR?Aborder la religion par l’éthique Maxime Allard 616 p.*49,95$ Que pourrait être un discours théologique sur la religion, sur l'interreligieux?La réponse offerte dans cet ouvrage passe par une rencontre dialectique entre théologie et sciences humaines dans l’acte de croire.Que rciulrui-je au Seigneur ?Miséricorde Su ou part kalian MISÉRICORDE Roger Poudrier 152 p.• 15,95$ Avec une pointe d'humour, l’auteur présente brièvement six cas particuliérement épineux avec un parti pris de miséricorde.Il n’entend nullement nous dire quoi penser, mais plutôt nous convier au débat LA PAUVRETÉ OUVERTURE À L’AMOUR
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