Le devoir, 16 mai 2009, Cahier F
CAHIER L E I) K V O I H .LES S A M EDI I fi LITTÉRATURE Lagarde, Jourde et Naulleau Page F 2 E T D I M A \ < Il E 17 M A I 2 I» 0 !l RELIGION Le Jésus de Jasmin Page F 6 COLLAGE: T1FFET LE DEVOIR •-.«"•-¦?S.^ HS A, ¦i^SSr.ft '''ftdi tW: ./sà travers bois Dans un premier roman qui vient d’être traduit chez Boréal, la Canadienne anglaise Gil Adamson campe une veuve en fuite dans les Rocheuses au début du XX' siècle.CAROLINE MONTPETIT Mary, c’était d’abord le nom d’un poème, que Gil Adamson a longtemps conservé dans le secret de ses tiroirs.On y rencontrait une jeune femme, une criminelle, qui fuyait.En entrevue, Gil Adamson raconte que la poésie a ce pouvoir d’évocation qui a tracé la voie à son premier roman, La Veuve, tout juste traduit en français chez Boréal.Dans le poème, la jeune héroïne Mary était vêtue de noir, ce qui pouvait indiquer, d’une part, qu’elle était veuve, et d’autre part, qu’elle vivait à une époque où c’était encore la coutume de porter ainsi le deuil.«Mais dans le poème, le personnage de la veuve est beaucoup plus dur», racontait l’auteure en entrevue, au cours d’un récent passage à Montréal.Tandis que dans le roman, cette jeune femme un peu folle, perdue au milieu des bois, qui a tué son mari, inspire, sinon de la sympathie, du moins une certaine pitié.«Il y a de l’art dans la folie, dans sa désastreuse immédiateté», écrit d’ailleurs Adamson au début de son roman.L’auteure admet aussi qu’il y a une forme de folie contrôlée dans la création littéraire, dans cette tentative de donner un destin à des personnages fictifs, qui n’existent, au début, que dans l’imagination de celui ou celle qui les a créés.La démence de son personnage principal, quant à lui, malgré ses visions et ses hallucinations, n’est pas diagnostiquée.«Peut-être qu’elle souffre simplement d’une profonde dépression post-partum, accentuée du fait qu’elle a perdu son enfant», suggère-t-elle.C’est le genre de questions que l’auteure a volontairement laissées en suspens, comme elle n’a pas voulu non plus trancher sur la culpabilité de la veuve, à savoir si son meurtre est justifié ou non.«Je ne voulais pas que l’intrigue corresponde à des clichés, celui de la femme battue qui tue son mari pour se défendre, par exemple», dit-elle.Elle explique avoir couvé son roman longtemps, et pris un réel plaisir à l’écrire.«Jusque-là, je n’avais écrit que des poèmes et des nouvelles, et je me demandais si j'étais capable d’écrire plus long.» la nuit, elle se plonge donc dans ce roman qu’elle mettra des années à écrire, une sorte de western au féminin qui se déroule dans les Rocheuses canadiennes.Une écriture qu’elle poursuit comme pour elle-même, dans l’intimité.Et un premier roman qui lui vaudra tout de même de nombreux prix, dont le Hammet Award, décerné au meilleur roman «policier».«Je ne dirais pas que c’est un roman policier [NDLR: on dit crime novel en anglais], mais il y a un crime dans le récit», explique Gil Adamson.Il est vrai que l’on sait d’entrée de jeu que la jeune femme de 19 ans en cavale au milieu de la nuit est devenue «veuve par sa faute».Mais ce qui est enjeu dans le récit, en plus du pourquoi et du comment de ce meurtre, c’est comment cette jeune femme va survivre dans un environnement hostile, poursuivie par deux hommes qui veulent venger son défunt mari.Une avalanche véritable L’action du livre a lieu en 1903, date à laquelle la ville de Frank, en Alberta, dont il est question dans le livre, a réellement été ensevelie sous une avalanche de pierres.Cette date et ce lieu ont été choisis à un moment où le roman, qui ne faisait alors pas plus d’une centaine de pages, se situait encore dans un lieu imaginaire pour l’auteure.«Je suis allée visiter mon frère en Alberta, et en arrivant dans la province, j’ai vu un panneau faisant mention de cette avalanche historique», se souvient Adamson, qui vit pour sa part à Toronto.A partir de ce moment-là, Gil Adamson s’est lancée dans une recherche intense, qui n’a pas facilité la rédaction du roman, explique-t-elle.Car si l’avalanche relatée dans le livre a réellement eu lieu, des personnages, comme William Moreland, baptisé du surnom «le Coureur des crêtes» et qui côtoie la veuve du roman, ont aussi véritablement existé.«Je me suis mise à me renseigner sur les ermites, et je suis tombée sur ce personnage de William Moreland qui a vécu en Idaho.Il pouvait passer jusqu’à sept ans sans voir personne, puis essayer de revivre en société, et disparaître de nouveau pour sept ans.Il a effectivement été accusé d’avoir volé des provisions dans des cabines destinées aux voyageurs.Comme bien des ermites, il a fini par mourir dans l’ignorance de tous, mais j’ai décidé, dans mon roman, de le faire migrer au Canada.Je le trouvais sympathique», explique Gil Adamson en souriant.Il faut dire aussi que Gil Adamson est une très grande lectrice de «westerns littéraires».Le sien a pourtant ceci de particulier que son héros est une femme, qui se démène dans un environnement qu’elle ne connaît pas, elle qui provient d’une famille aisée, entre un père dépressif et une grand-mère pressée de la marier.«J’ai fait beaucoup de recherche sur l’époque, et j’ai réalisé à quel point la vie était différente pour tout le monde», dit-elle.Une fois mariée, la jeune Mary a de la difficulté à assumer les tâches familiales, comme elle trouvera ardu de s’adapter à la forêt une fois en fuite.Dans sa recherche, Gil Adamson a intégré les souvenirs récoltés auprès de sa grand-mère, qui a grandi à Winnipeg et pour qui la lessive, par exemple, avant l’invention des machines à laver, était une longue et pénible corvée.«Elle me racontait des scènes dans lesquelles il fallait faire fondre de la neige pour avoir de l’eau pour boire», ajoute-t-elle.Par-dessus tout, c’est à la nature sauvage qu'est confrontée l’héroïne du roman, et dans laquelle aime se perdre le lecteur.Une nature à la fois belle et troublante, qu'on a du même coup très envie de retrouver.Le Devoir LA VEUVE Gil Adamson Traduit de l’anglais par Uni Saint-Martin et Paul Gagné Boréal Montréal, 2009,423 pages Voir la critique de Danielle Inurin en page F 3 «J’ai fait beaucoup de recherche sur l’époque, et j’ai réalisé à quel point la vie était différente pour tout le monde» «.si JACQUES GRENIER LE DEVOIR Gil Adamson a situé l'action de son roman dans une ville victime d’une avalanche. I F 2 L K I) K V IM H .I.K S S A M H I) I 1 ü K T 1) I M A X C H K 17 M A I 2 0 0 !» Tïms ESSAI ÉTRANGER Brillant pastiche signé Naulleau et Jourde 1 SOURCE I.’ESPRIT DES PENINSULES Pierre Jourde (à Tavant-plan) et Éric Naulleau ***** ¦ ^ w$$m FRANÇOIS TÉTREAU r Eric Naulleau et Pierre Jourde se propulsent loin dans le présent siècle, voire à l’orée du prochain, pour mieux présenter 17 auteurs français de notre époque, à la manière de hagarde et Michard, célèbres pour leur manuel d’initiation à la littérature, accompagné de remarques sur le style, d’exercices et de corrigés.Mais qu’on ne se méprenne pas: si leur livre est bel et bien un pastiche du hagarde et Michard, les extraits de romans et d’essais commentés ici sont rigoureusement authentiques.On se soqviendra peut-être qu’en 2003, Eric Naulleau, alors un éditeur inconnu et traducteur de poètes bulgares, a publié chez un éditeur confidentiel Petit déjeuner chez Tyrannie, dans lequel il se moquait copieusement et avec beaucoup d’esprit de la directrice du Monde des livres, Josyane Savigneau.Cette dernière avait pris la mouche après que Naulleau eut publié La Littérature sam estomac, un essai de Jourde portant sur la littérature française contemporaine, où l’auteur s’employait méthodiquement à séparer le bon grain de l’ivraie.A la suite de cela, les deux amis ont lancé leur Jourde & Naulleau, non sans déclencher des accès de prurit dans certaines salles de rédaction, réputées pour leur goût irréfutable et sûr.Chose étrange lorsqu’on sait combien il a été conspué, Naulleau est devenu depuis deux ans une véritable célébrité en collaborant à l'émission de haurent Ruquier On n’est pas couché (diffusée à TV5), où, sans complaisance jamais, il ramène les auteurs à leurs textes et s’intéresse au style.he fait qu’un chroniqueur parle du sens et du style des livres dans une émission de variétés est en soi un tour de force.Ou une incongruité aux yeux des di-recteurs de chaînes.Aujourd’hui, Naulleau, qui a même droit à une marionnette aux Guignols de l'info, est traité sur tous les tons, même les plus outran-ciers, de «méchant», de «snipper» intolérable, alors que, répétons-le, plutôt que de céder aux sirènes du marché, plutôt que de polir les chaussures de vedettes surmédiatisées, posant aux persécutées, il s’attache uniquement aux qualités et aux défauts des textes, sans égard à la notoriété des auteurs présents à l’émission (on peut voir, sur Dai-lymotion, avec quel aplomb il leur donne la réplique).Il reste qu’à la télévision, on n’a pas toujours le temps d’en- trer dans les détails, c’est pourquoi la lecture du Jourde & Naulleau mérite le détour, d’autant qu’il est vendu à un prix assez modique.A la fois sérieux et très spirituel, ce manuel revu et augmenté met en lumière — de même qu’en perspective — l’écriture des Sellers, A.Jardin, D.de Villepin, habro, Besson et autres Gavalda, grands habitués des salons ou des plateaux de télé.Certes, il est toujours amusant de voir ridiculisées de fausses valeurs, ou des pointures inférieures à leur réputation, mais cela est encore plus jouissif quand ceux qui s’en chargent le font avec brio et une cinglante ironie.Ainsi, tout comme hagarde et Michard entendaient nous édifier en présentant Balzac, Hugo et hamartine, Jourde et Naulleau adoptent le même ton (à quelques exceptions près), celui de l’éloge, ce qui nous vaut de franches rigolades, quand ce ne sont pas des crises de fou rire.Chaque chapitre commence par une brève biographie de l’auteur étudié, suivie d'extraits de son œuvre, ponctués de notes, attirant l’attention sur les techniques employées («Noter ici la prudence avec laquelle l’auteur introduit la comparaison»), sur l’influence de tel auteur sur tel autre, ou encore sur les pièges dans lesquels on tombe lorsqu’on a l’inconscience d’écrire de façon trop amphigourique ou niaise.Des exemples Chacun d’entre nous chérit ses têtes de Turc et se délectera si celles-ci se nomment tantôt Philippe Joyaux — un écrivain lisible, ayant réussi à se hisser à des sommets d’illisibilité, avant de choir à nouveau dans la lisibilité après une navrante cure de désintoxication — ou BHh, présenté comme un grand humoriste, capable de dérider toute une génération — la nôtre — assombrie par les prohibitions du politiquement correct.Son «roman-quête», Qui a tué Daniel Pearl?, est comparé ici à une aventure de James Bond «explicitement à la période Roger Moore (la meilleure à notre sens) et, plus précisément, à l’épisode intitulé Octopussy [.].A la quête d’un œuf de Fabergé répond l’enquête sur Pearl [.] à la pieuvre qui donne son titre au film [.] répond la tarentule que BHL voit dans l’œil de son voisin pakistanais [.] au jabot immaculé de James Bond répond l’impeccable chemise^ de BHL, ata méchants enturban-nés d’Inde et d’Afghanistan, qui poursuivent Roger Moore, répondent leurs terribles homologues de Karachi pendus aux basques de Bernard-Henri Lévy».Par ailleurs, dans le chapitre consacré à Christine Angot, Jourde et Naulleau s’en prennent aussi à certains travers de notre époque:.«À ce sujet, il faut savoir qu’au tournant des XX’ et XX1‘ siècles s’étaient également constitués des comités chargés de déterminer si comparer sa fille à une truie en chaleur était de l’art ou du cochon.Dans le cas de Christine Angot, ainsi tranchait-on invariablement, c’était de l’art.» Après la lecture de cet essai à forte teneur satirique, plusieurs d’entre nous ne sauront plus détacher dans leur esprit un certain auteur peu modeste de sa poilante «daurade au sel».Un délice.Collaboration spéciale LE JOURDE & NAULLEAU Précis de littérature du XXI1 SIÈCLE Pierre Jourde - Eric Naulleau Une biographie peopfe de Guy Laliberté Un journaliste people, Ian Halperin, publie une biographie de Guy Laliberté, le fondateur du Cirque du Soleil.L'auteur se présente comme un ancien ami de Laliberté et de son ex-conjointe.Selon son éditeur montréalais, Transit Média, Guy Laliberté: la vie fabuleuse du créateur du Cirque du Soleil promet, entre autres, de faire la lumière sur des soirées privées «mystérieuses et flamboyantes, où la drogue et les orgies sont au menu».Comme René Angélil, auquel le livre fait semble-t-il écho, Guy Laliberté est un joueur de poker de «classe mondiale» qui, selon son éditeur, «n’hésite pas à laisser gagner ses adversaires pour leur éviter la faillite».lan Halperin a notamment écrit des livres sur Michael Jackson, Céline Dion et Kurt Cobain.Son livre consacré à Guy LalibeDé doit paraître le 2 juin.Les Editions Transit sont dirigées par François Turgeon, fils de l’écrivain et éditeur Pierre Turgeon, lequel agit à titre de président de cette nouvelle entreprise qui publie des ouvrages popu- iii' JACQUES GRENIER LE DEVOIR Guy Laliberté laires «à Montréal, Toronto et New York».Pierre Turgeon a connu des démêlés judiciaires qui l’ont mené à être condamné cette année pour avoir disposé de façon frauduleuse de ses biens en 2004 lors de la faillite de Trait-d’Union, sa maison d’édition disparue l’année suivante.Le Devoir VIENT DE PARAITRE » m Richard Vézina GASTON, BIBIANE ET LES BALLONS ROSES Une chicane de famille.Un grand-père qui refuse d'oublier sa petite-fille.Une histoire prenante, une écriture d'une rare fraîcheur.RICHARa VEZINA i ¦ CARTE BLANCHE En vente en librairie L’Héritage en édition de luxe VERONIQUE SAMSON D> abord un téléroman populaire, puis une pièce de théâtre, L’Héritage de Victor-Lévy Beaulieu paraît maintenant dans sa version romanesque définitive.Les premier et deuxième tomes, publiés respectivement en 1987 et en 1991, étaient depuis longtemps épuisés.Le troisième tome, lui, n’avait tout simplement jamais paru.Dans cette version complète, publiée aux Editions Trois-Pistoles, L’Héritage prend sa pleine mesure.La célèbre saga met en scène les Galarneau, une famille de Trois-Pistoles, le patelin natal de Victor-Lévy Beaulieu.Elle gravite autour de Xavier Galarneau, un fermier sévère mais passionné par les chevaux.Les enfants, Junior, Julie et Miville, témoignent des tourments de leur père depuis la fuite de l’aînée, Myriam, à Montréal.L’histoire de L’Héritage, à la fois dure et forte, a captivé les Québécois dès son arrivée au petit écran, sur les ondes de Radio-Canada.Ce récit monumental de Victor-Lévy Beaulieu est également disponible, dès le LT juin, en édition de luxe.L’écrivain avait aussi publié en 2006 une version de luxe pour son James Joyce, l’Irlande, le Québec, les mots.Cette nouvelle édition limitée à 100 exemplaires numérotés sera vendue au prix de 750 $ chacune.Beau papier, reliure soignée, tranche dorée, chaque exemplaire sera accompagné d’une dédicace personnalisée de l’auteur.Cette édition spéciale souligne les 40 ans de vie d’éditeur et d’écrivain de Victor-Lévy Beauliep, ainsi que les 15 ans des Editions Trois-Pistoles.Collaboratrice du Devoir S EN BREF Redécouvrir le Vieux-Québec L’historien de l’architecture David Mendel fait paraître QUÉBEC, ville du patrimoine mondial, le premier ouvrage d’une collection de guides consacrés à la découverte de l’héritage culturel.Il s’intéresse de près dans ces pages au Vieux-Québec, protégé par l’UNESCO depuis 1985.L’ouvrage offre le récit de l’histoire de la ville, complété par d’abondantes précisions sur son architecture.Mendel y propose un parcours des lieux et monuments les mieux connus de la ville, avec la mission de faire plus qu’un simple guide touristique.Plus de 150 photographies de Luc-Antoine Couturier accompa- mmm gnent le texte et mettent en valeur les beautés du Vieux-Québec.- Le Devoir Beyrouth, capitale du livre 2009 Beyrouth est officiellement nommée «capitale mondiale du livre» pour l’année 2009.Le titre décerné par l’UNESCO est une reconnaissance symbolique.A Beyrouth, le comité organisateur défend trois objectifs.Le premier concerne le développement du réseau des éditeurs et des libraires.Le second vise la promotion de la lecture dans les écoles.Enfin, le troisième objectif, en collaboration avec les ambassades, est l’adoption d’une approche diversifiée de la culture, avec l’invitation d’écrivains des pays qu’elles représentent.Des poètes allemands, mexicains, des romanciers français, des éditeurs italiens, égyptiens, des designers espagnols, des illustrateurs suisses, des professionnels du livre néerlandais, des libraires algériens, marocains, syriens, tunisiens, émiraüs sont ainsi attendus au Liban toute l’année.Des expositions sont en cours.Au Virgin Megastore, en plein cœur de la ville, ont par exemple été exposés sans complexe et côte à côte Mein Kampf d’Adolf Hitler, et The Secret Life of Syrian Lingerie (La Vie secrète de la lingerie syrienne) .Au Moyen-Orient, le Liban est le pays arabe qui échappe le mieux à la censure.La Sûreté générale proscrit surtout les ouvrages critiquant la religion, souvent sur l’injonction d’associations représentant l’une ou l’autre des dix-sept communautés confessionnelles que compte ce pays.- Le Devoir ' • ¦ : Ospt* n siècle d'histoire NdCI ¦ ¦ ¦ NOUVELLE PARUTION BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC ¦¦ n Un siècle d’histoire il 0U »*• parDenisGoulet lè;* J Un livre coédité par Bibliothèque et Archives nationales Ht» p *i du Québec et les Éditions Fides | p*> Cet ouvrage richement illustré relate l'histoire fascinante de la rencontre de trois grandes institutions - la Bibliothèque nationale du «IlLIOTMioui ET archives NATIO Québec, les Archives nationales du Québec et la Grande bibliothèque Uh siôrl'o , du Québec-.lesquelles ont donné naissance à Bibliothèque et e Q Histoire 0*^ Archives nationales du Québec (BAnQ).39,95 $ (taxe en sus) / 360 pages couleur r En vente dans les librairies et à la Boutique de la Grande Bibliothèque 3 (boutique@banq.qc.ca, 514 873-1101, poste 3424 ou sans frais d'ailleurs au Québec au 1800 363-9028, poste 3424) ;fl >1) Kl I Bibliothèque et Archives nationales mm Québec S S ISBN 978 2-7621-2810 9 MEILLEUR ORIGINA I 1 E l> K V (I I It .LES S A M EDI I ti E T I) I M A N ( HE 17 M A I 2 (I (I !l LITTERATURE Terrifiant de beauté Danielle Laurin Une femme en fuite.Une veuve de 19 ans.Qui a tué elle-même son mari, on ne sait pas pourquoi ni comment, pas encore.Elle court, à perdre haleine, dans la forêt.C’est le point de départ de La Veuve.«C’était la nuit, et les chiens surgirent d’entre les arbres, déchaînés, hurlants.» Ça commence comme ça.Et tout de suite on est là.On sent le souffle de la femme qui s’épuise, le danger qui guette.On est aux aguets.,On s’effraie, comme elle, autant qu’elle, la veuve, de voir apparaître soudain ses poursuivants, deux géants roux assoiffés de vengeance; ses beaux-frères.Comment leur échapper, comment sauver sa peau?Cette poursuite, qui prend place dans l’Ouest canadien au début du XK' siècle, constitue le cœur du roman.Le premier roman que signe Gil Adamson.Une Torontoise de 48 ans qui a fait sa marque comme poète et nouvelliste.Et qui pourrait bien, désormais, figurer parmi les grands romanciers de notre temps.L’un d’eux, Michael Ondaatje, a d’ailleurs dit, à propos de La Veuve, couvert de prix et acclamé par la critique anglo-saxonne: «Un premier roman remarquable, plein de verve, superbement écrit, avec tout le panache de l’aventure de haut vol.» Tout à fait d’accord.Bien sûr, il faut aimer le§ descriptions détaillées, il faut vouloir se perdre dans la nature sauvage, il faut accepter de perdre pied, de se faire avaler par un monde où réalité et délire hallucinatoire se confondent.Il faut aimer l’errance.Et les allers-retours dans le temps.Les souvenirs qui émergent au tournant.Qui, à force, finissent par éclairer le présent, mais par bribes, par fragments.Peu à peu, on va comprendre d’où elle vient, cette jeune veuve, «veuve par sa faute».Le spectre de la mère morte, l’image du père dévasté, de la grand-mère rigide; toute l’enfance va défiler.Se mêlant aux angoisses de la fuite.Non, rien ne la préparait, cette fille qu’on préférait docile, effacée, dépendante, pas trop intelligente, pas trop éduquée, pas trop libre.à cette vie sauvage, cette vie d’errance, de misère, où la faim tenaille et le froid menace, où il faut chasser pour se nourrir, se cacher pour survivre.Et lutter avec ses démons intérieurs, seule au monde.Peu à peu, on va aussi revisiter les moments-clés de sa vie conjugale, basée sur la tromperie, le mensonge, la violence.Le beau rêve, la belle promesse qui s’effondrent.La désolation.Et le bébé qui arrive au milieu de tout ça.Le bébé mort, qui va conduire à la folie, entraîner l’irréparable.Autre strate qui s’ajoute: les rencontres, au gré du parcours de la veuve pour sauver sa peau.Toutes sortes de rencontres, avec des personnages plus grands que nature.Certains sont là pour aider, d’autres pour mal faire.Certains ne font que passer, d’autres scelleront à jamais le destin de la veuve.Et puis il y a l’amour, aussi, sur sa route.L’amour absolu, impossible.L’amour qui chavire, qui gémit, qui explose.Qui s’immisce dans la moindre parcelle de peau.Et qui fait peur.Il y a tout cela qui s’imbrique dans La Veuve.C’est un roman complexe, oui.Mais sans lourdeur, sans que jamais l’on ne sente la fabrication.C’est un roman comme on en lit rarement.Une sorte de western au féminin, un roman d’aventures, certes, où l’action, les rebondissements, le rocambolesque sont au rendez-vous.Mais portés par une plume lyrique, puissante.Certaines phrases sont comme des couperets.Elles tombent, implacables, assassines.Au milieu de nulle part.Celle-ci, par exemple, après une nuit de tourmentes: «Le soleil se leva sur la femme et le cheval, créatures impitoyables qui baissaient la tête à la manière de condamnés à mort.» El puis ça repart.Les voix, les visions, les réminiscences du passé qui surgissent, se jettent sur la veuve comme sur une proie, la broient, tandis que les menaces extérieures se multiplient, que les colosses roux se rapprochent dangereusement.C’est une femme seule, désespérée, épuisée, au bord de la folie, qu’on suit.Et c’est à l’intérieur d’elle-même qu’on plonge tandis qu’elle fuit.Ça vibre de partout.C’est la grande force de La Veuve: on en vient à ressentir physiquement le trouble de l’héroïne.On est avec elle complètement.Et en même temps, on voudrait la sauver, la sortir du gouffre.C’est la clameur des ténèbres qu’on entend, c’est terrifiant.Terrifiant de beauté.LA VEUVE Gil Adamson Traduction de Lon Saint-Martin et Paul Gagné Boréal/Chritian Bourgois Montréal/Paris, 2(X)9,424 pages LITTERATURE QUEBECOISE TripTik erratique CHRISTIAN DESMEULES homme dépend très étroi-' tement de son reflet dans l’âme d’autrui, cette âme fût-elle celle d’un crétin», écrit Gombro-wicz dans Ferdydurke.Cette motivation pousse des hommes et des femmes, écrivains, éditeurs, imprimeurs et journalistes, toute une chaîne de complicité bénigne, à nous proposer chaque année de plus en plus de livres.Eric Gougeon, né en 1976, ajoute sa petite pierre à l’édifice branlant de la production littéraire contemporaine avec Itinéraire d’un salaud ordinaire, un premier roman sans beaucoup d’envergure qui tient du road novel et de la peine d’amour aux motifs anémiques.Conseiller politique auprès du Parti national, formation au pouvoir à Québec, François Deller, 31 ans, surfe sur la vie avec toute l’assurance et le cynisme d’un trentenaire qui est à l’aube de son déclin.«Depuis l’âge de dix-huit ans, j’avais l’habitude de me payer des putes», nous avoue-t-il.Plus simple, «pas de cérémonial», peut-être même plus économique.Après une brève relation sentimentale et (surtout) sexuelle avec une danseuse nue, une «demi-mondaine» pressée comme lui de gravir les échelons du pouvoir, il ressent le besoin de s’éloigner pour un temps de la politique et pourquoi pas, qui sait, de se retrouver un peu: «Tout ce temps à mentir aux autres et surtout à soi-même.» Pour le reste, la trame du roman est surtout constituée du compte rendu d’un voyage chaotique et initiatique en Italie, par des anecdotes professionnelles et quelques souve- nirs d’enfance et d’adolescence du narrateur — liés notamment à la mort de sa mère lorsqu’il avait onze ans et à sa relation quasi inexistante avec son paternel.En Italie, petit garçon seul traînant le souvenir de la belle Annie — ou l’humiliation d’avoir été jeté —, il aura l’occasion de boire beaucoup, de prendre de l’ecstasy et de vivre un ménage à trois improvisé avec une Italienne et l’un de ses amis rencontrés par hasard.Après quelques semaines de flottement, défiguré à la suite d’un accident d’auto, notre «salaud ordinaire», sans doute parce qu’il n’en a plus les moyens, se voit forcé de remettre en question son arrogance habituelle.Prostituées, bars de danseuses, triolisme improvisé, provocation émoussée et apitoiement: c’est le cocktail approximatif que brasse cet Itinéraire d’un salaud ordinaire, qui propose aussi un certain nombre d’écarts touristico-di-dactiques qui pourraient figurer dans un guide Michelin.Ecrit sans beaucoup de style, et sans oreille (Hemingway: «Un écrivain sans oreille est comme un boxeur sayis main gauche»), le roman d’Eric Gougeon ne creuse pas vraiment la psychologie de son protagoniste, se contentant de le faire figurer dans des situations où la vraisemblance n’est pas toujours au rendez-vous.Collaborateur du Devoir ITINÉRAIRE D’UN SALAUD ORDINAIRE Eric Gougeon Québec Amérique Montréal, 2009,264 pages EN BREF Les Patriotes en bédé Dans La Républùme assassinée des Patriotes (Les Editions Soleil deifiinuit), l’auteur jeunesse et bédéiste Jocelyn Jalette raconte, avec un sens pédagogique qui combine bellement humour et gravité, l’épopée des célèbres Patriotes de 1837-1838 et ses suites, c’est-à-dire l’aventure indépendantiste jusqu’à aujourd'hui.Pour faire découvrir aux jeunes Québécois un point de vue particulier sur notre histoire à l’occasion de la fête de ce 18 mai.- Le Devoir LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d'art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Bibliothèque de la Pléiade Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse BD, livres jeunesse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DEPLAÇONS PARTOUT AU QUEBEC, POUR L’ACHAT DF.BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.La boussole de la peur SUZANNE GIGUÈRE Appelez-la angoisse, peur ou n’importe quoi.C’est un sentiment que chacun peut ressentir, une sorte de néant, de vide qui fait frémir.La peur est un sentiment à la fois primordial et archaïque.Primordial, car il est l’expression d’une interrogation métaphysique sur soi-même ou sur le néant; archaïque, au sens où il fait remonter à la surface quelque chose qui est déjà là et permet l’expression, de manière détournée, de themes tabous ou refoulés.La peur comme une littérature du moi, ébranlé ou déconstruit.Claudine Dugué exploite ce très riche humus dans la vingtaine d’histoires qui composent Poisons en fleurs, dont certaines suivent la trame des contes.Peur ancienne (un gardien de phare chahuté par des souvenirs d’enfance), peur de l’autre («la méfiance parle toujours avec les mêmes mots» — Le jeune romanichel), peurs nocturnes (Le funambule du chapiteau), peur du voyageur (Le naturaliste du désert), peur et croyances populaires (Mômbaka et son couteau), peur et jouissance (Le petit poisson), peur métaphysique (Le joueur de flûte), peur, rire et outrage (Le scarabée noir).Dans ce dernier texte, pour évoquer la face sombre de la folie, l’auteure, l’esprit ludique, entraîne le lecteur dans une farandole de mots qui réveillent l’imaginaire: «un zazou zieute — zoom — un zèbre à Zanzibar, zut! Le zèbre est zombi.» La peur est peu de chose et en même temps prend ses aises, s’enfle et se ramifie, mine la confiance.L’auteure en poursuit la déclinaison: la peur de l’amour («Je suis un fugitif de l’amour» — La bouteille d’huile d’olive), la peur comme antidote (La vieille excentrique) .Dans cette nouvelle, l’approche de la mort rend joyeuse une vieille insulaire: «Imaginez l’angoisse de vivre ad vitam aeternam.» Enfin, la peur dangereuse, mais nécessaire quand elle éclaire (Les sœurs jumelles).Claudine Dugué a cette faculté d’intérioriser les effets de la peur, de ne révéler que progressivement la nature de ce sentiment inquiétant.Elle met en place une lente progression crispante qui peut débuter par un impact ou une phrase coup-de-poing qui débouche sur une révélation finale.Certaines nouvelles jouent plus sur la simple atmosphère d’inquiétude; d’autres, sur les sources de la peur ou ses effets terribles.D’infimes lézardes disséminées dans la narration provoquent des décalages subtils et préparent l’effet de bascule auquel s’identifie le lecteur.Pour l’auteure, écrire la peur est surtout une affaire de mots.Ils prennent comme par mimétisme les caractéristiques du sentiment.Ils fourmillent, font des tête-à-queue, s’effarouchent, se perdent et, à l’instant, se retrouvent, brû- éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature sous la direction de Francine Saillant Réinventer l’anthropologie Les sciences de la culture à Lépreuve des globalisations ITandnv Saillant Réinventer l'anthropologie?Les «cieiKC* de la uihurtr à repreuve de» gloMivulioi collaborateurs Irène Bcllier Gilles Bibeau Jean Copans Ellen Hertz Mondher Kilani François Laplantine Pierre-Joseph Laurent David Le Breton André Mary Vintila Mihailescu Kabengele Munanga Michael Singleton lent tel un feu de brousse, restent parfois collés dans la gorge.Soucieuse du moindre mot, de la moindre virgule, Claudine Dugué fait de l’écriture sa motivation première.Et s’il arrive au lecteur d’être surpris en flagrant délit d’inattention — les nouvelles ne sont pas toutes dignes d’intérêt —, son regard ne saurait quitter la surface du texte.Collaboratrice du Devoir POISONS EN FLEURS Claudine Dugué Editions Triptyque Montréal, 2009,160 pages ARCHAMBAULTSI Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS LIVRES Résultats des ventes: du S au 11 mai 2009 ROMAN 0UE SERAIS-JE SANS TOI?Guillaume Musso (Xo) L'ARRACHEUSE DE TEMPS Fred Pellerin (Sarrazine) CHRONIQUES D’UNE MÈRE INDIGNE T.1 Caroline Allard (Septentrion) |W[ SANS RIEN NI PERSONNE KJ Marie Laberge (Boréal) MILLENIUM T.1 : LES HOMMES QUI.Stieg larsson (Actes Sud) 1 ANGES ET DÉMONS Dan Brown (Pocket) LE LISEUR Bernhard Schlink (Gallimard) UNE GRÂCE INFINIE Danielle Steel (Presses de la Cité) TARMAC Nicolas Dickner (Alto) LE SUM0 QUI NE POUVAIT PAS GROSSIR Éric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel) JEUNESSE FASCINATION T.2: TENTATION Stephenie Meyer (Hachette Jeunesse) SI0NRAH T.1 : LES HÉRITIÈRES Line Bordeleau (Québec Amérique) AMOUR, TRAPÈZE ET JONGLERIE Émllle Rivard (Boomerang) Il LE GUIDE OFFICIEL OU FILM TWILIGHT KJ Mark Cotta Vaz (Hachette jeunesse) VISIONS T.1 : NE MEURS PAS UBELLULE Linda Joy Singleton (ADA) 1 ERAG0N T.3 : BRISINGR Christopher Paolinl (Bayard-Jeunesse) EUAS SPARTE 11 : L'ORACLE DES.Agnès Ruiz (Boomerang) TUNNELS T.3: CHUTE LIBRE R.Gordon / B.Williams (Michel Lafon) LES SCHTROUMPFS T.27 T.Cul Ilford / A.Jost / P.Garray (Lombard) TÈA STILTON T.5 : LE VAISSEAU FANTÔME Tea Stilton (Albin Michel) OUVRAGE GÉNÉRAL L’ÉNIGMATIQUE CÉLINE DION Denise Bombardier (X0) HORMONES AU FÉMININ Sylvie Demers (de l’Homme) TELLE MÈRE, QUELLE FILLE 1 S.Thibault / M.Larouche-Thibault (de l’Homme) R[ CE QU’IL FAUT SAVOIR AVANT DE MOURIR / John Izzo |Un monde différent) COUP DE POUCE : BARBECUE ET.Coup De Pouce (Transcontinental) 1^3 LA BIBLE DES ANGES Joane Flansberry (Dauphin Blanc) RENÉ ANGEUL: LE MAITRE DU JEU Georges-Hébert Germain (Libre Expression) PAUL À QUÉBEC Michel Rabagliati (Pastèque) PM LA BIBLE DU BARBECUE U| Steven Raichlan (de l'Homme) LES DÉUCES DE JEAN CREN Jean Chen (Académie Culinaire du Québec) ANGLOPHONE BREAKING DAWN V.4 Stephenie Meyer (Little Brown & Co) MARKED V.1 P C.Cast / Kristin Cast (St.Martin's Press) ANGELS & DEMONS: MOVIE TIE-IN Dan Brawn (Pocket) ITHE ROBERT lUDLUM’S.Eric Van Lustbader (Warner Books) LOVE THE ONE YOU’RE WITH Emily Glffln (Griffin) TWILIGHT: DIRECTOR’S NOTEBOOK I Catherine Hardwicke (Little Brown & Co) DREAMS FROM MY FATHER : A STORY.I Barack Obama (Three Rivers) ALWAYS LOOKING UP Michael J.Fox (Hyperion) CHASING HARRY WINSTON Lauren Welsherger (Downtown Press) HOLD TIGHT Harlan Cohen (Signet) carte-cadeau jouez ia carte «e la culture! r'HCHAMftUJI.Ta» e ci IGINAL DISPONIBLE I.K I) K V U 1 li .L K S S A M EDI I K V 0 I H .I.K S S A M K I) I I
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