Le devoir, 29 mars 2005, Cahier A
ACTUALITÉS L’Eglise catholique est plongée dans le désarroi Page A 3 ?www.ledevoir.com ?LE MONDE Carotte et bâton pour la démocratie Page A 5 LE DEVOIR 1 $ Un séisme réveille la terreur du tsunami en Asie De l’Indonésie au Sri I^anka, de la Thaïlande à Flnde, des centaines de milliers de riverains de Focéan Indien ont succombé hier à une panique monstre après un séisme d’une magnitude de 8,2 à 8,7 sur l'échelle de Richter survenu au large de l’Indonésie, faisant craindre une répétition du raz-de-marée du 26 décembre qui avait fait près de 300 000 morts ou disparus.L’Indonésie bien sûr, mais aussi la Thaïlande, l’Inde, le Sri Lanka, Madagascar et Maurice, ont diffusé des alertes au tsunami peu après la secousse.Sur les chaînes de télévision ou les radios, par l’intermédiaire des haut-parleurs de la police ou par des habitants téléphonant à des proches, la nouvelle du nouveau séisme s’est répandue comme une traînée de poudre.Le 26 décembre, le tremblement de terre d’une magnitude de 9 qui était également survenu au large de l’Indonésie n’avait déclenché aucune alarme.Mais la crainte d'un nouveau raz-de-marée meurtrier s’est estompée dans les heures qui ont suivi le séisme, et en fin de soirée l’hypothèse d’une catastrophe de l’ampleur de celle du 26 décembre semblait exclue.*11 semble 9«’[il] n’ait pas provoqué de tsunami», a déclaré un scientifique de l’Agence indonésienne de géophysique, Prihar Yadi.«Si cela avait été le cas, le tsunami aurait déjà touché la côte de Sumatra.Et s’il n’y a pas de tsunami sur la côte la plus proche de l’épicentre du séisme, il n’y en aura pas dans .une autre direction», a-t-il poursuivi.Selon les autorités indonésiennes, le tremblement de terre aurait tout de même fait de 1000 à 2000 victimes sur l’île de Nias, à l’ouest de Sumatra, la zone la plus touchée par la secousse.Le spectre du 26 décembre La nouvelle secousse survenue dans la nuit d’hier à aujourd'hui a réveillé le spectre du 26 décembre dans la province indonésienne d'Aceh (nord), où plus de 220 000 personnes sont mortes ou disparues le 26 décembre.A Banda Aceh, capitale de la province, le séisme a VOIR PAGE A 8: SÉISME PEDRO RUIZ I.E DEVOIR Pour le porte-parole de la CASSEE, Xavier Lafrance, «le gouvernement n’a pas un chèque en blanc pour massacrer l’ensemble des programmes sociaux et le droit à l’éducation».Grève étudiante : le dialogue avec Québec reprend GUI LLAUME H O U R G A U LT - C ô T É Après un mois de grève et plusieurs tentatives vaines pour trouver une entente permettant le retour en classe des quelque 175 000 étudiants québécois actuellement en débrayage, les représentants de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) se sont entendus hier avec le gouvernement sur un calendrier de rencontres qui se tiendront au cours des prochains jours, dans l’espoir de débloquer la situation.Exclue de ces séances, la Coalition de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante élargie (CASSEE) entend de son côté continuer cette semaine ses perturbations sociales et économiques pour faire plier Québec.Pourtant, après le rejet, la semaine dernière, des dernières offres et contre-offres gouvernementales et étudiantes, la perspective d’une reprise de dialogue semblait lointaine, chaque camp demeurant campé sur ses positions dans ce qui avait toutes les allures d’une guerre de tranchées.«Nous n’étions alors qu’au stade d’avoir des échanges, nuançait hier le président de la FEUQ, Pier-André Bouchard, nous sommes maintenant au stade d’avoir des rencontres.Personne ne peut prédire ce qui sortira de ces séances, mais, La CASSEE entend continuer cette semaine ses «perturbations sociales et économiques» VOIR PAGE A 8: DIALOGUE L’ENTREVUE Gérard Filion, 1909-2005 Le Cuba sale de Gutiérrez GUY TAILLEFER La Havane — Semaine de carnaval à La Havane.Des policiers tous les cinquante mètres le long du Malecôn, le boulevard en front de mer, pourtant désert en cette pesante fin d’après-midi.Plus tard, les Havanais iront danser en se soûlant ou tout simplement déambuler en famille avant d’aller au lit, et Juan Pedro Gutiérrez sortira pour renifler la nuit carnavalesque, de la terrasse de son appartement au sommet d’un vieil immeuble de la rue San Lâzaro.«E faut une image farte pour amorcer un texte, plaide gentiment l’écrivain.Jeteladonne, fen fais ce que tu veux.» On monte chez lui par un étroit escalier plongé dans l’obscurité.On entre dans un appartement perché comme un nid.pn redescendra plus tard comme au fond d’un puits.A gauche, la mer et le détroit de la Floride.Devant, le quartier historique rénové et les tribus de touristes.Loin derrière, l’édifice de la Section des intérêts américain^ et les quartiers plus aisés du Yedado et de Miramar.A droite, le quartier noir et avachi de Centro Habana, la matière première du «réalisme sale» appliqué à ses romans par Gutiérrez, devenu ces VOIR PAGE A 8: GUTIÉRREZ SOURCE MARIANNE GREBER mim L’ancien journaliste Juan Pedro Gutiérrez produit des romans d’un trash explicite, sans se faire embêter par le régime castnste.INDEX N Annonces.A4 Avis publies.B 5 Culture.B 8 Décès.A4 Économie.B 1 Éditorial.A6 Idées________A 7 Météo.B 5 Monde _____ A 5 Mots croisés.B 5 Sports_______B 4 Télévision.B 7 a Lancer les moteurs de révolution JEANNE CORRIVEAU JACQUES GRENIER LE DEVOIR Gérard Filion en 1999: «Il n’y a jamais trop d’information: on choisit, on n’est pas obligés de tout gober.» Un témoin du temps qui s'accélère L> ex-directeur du Devoir et adversaire ’ acharné du régime de Maurice Duplessis, Gérard Filion, s’est éteint samedi matin à l’âge de 95 ans.Sous sa gouverne, Le Devoir avait retrouvé tout le lustre du journal de combat qu’avait fondé Henri Bourassa, et son règne de 16 ans, marqué par de nombreux coups d’éclat a contribué à ouvrir la voie à la Révolution tranquille.«Moi, directeur du Devoir?Es-tu sérieux?» C’est ainsi que Gérard Filion réagit lorsque, en 1945, Jacques Perrault l'invite à prendre la relève de Georges Pelletier à la direction du Devoir, comme il le r;elate dans ses mémoires publiés en 1989 aux Editions du Boréal M.Filion hésite: Le Devoir est en situation financière précaire, le lectorat est vieillissant et plusieurs bons journalistes ont quitté le navire.Bref, la fonction qu’on lui propose ne s’annonce pas de tout repos.Il refuse.Mais lorsque Jacques Perrault revient à la charge l’année suivante, il finit par accepter, et son arrivée à la barre du Devoir, en avril 1947, marque le début d’une nouvelle ère pour le quotidien de la rue Notre-Dame.Le nouveau directeur entreprend de faire le ménage dans les finances du journal dont le tirage périclite.Il rajeunit la salle de rédaction, dote l’institution d’équipements plus performants, recrute André Laurendeau et surtout il fait clairement état de ses positions sur diverses questions d'actualité dans une série d’articles baptisés Positions.Lutte contre le duplessisme Avec Gérard Filion à la barre.Le Devoir mène une lutte acharnée contre le duplessisme et à maintes reprises, se range du côté des travailleurs dans plusieurs conflits notamment lors de la grève de l’amiante en 1949.Les éditoriaux assassins à l’endroit de Maurice Duplessis que signe Gérard Filion à cette époque de grande noirceur ne manquent pas d’alimenter la colère du premier ministre qui cesse d’inviter les journalistes du Devoir à ses conférences de presse.VOIR PAGE A 8: FILION À lire également ¦ L’éditorial de Bernard Descôteaux en page A 6 ¦ Le Devoir sous Gérard Filion en page A 7 Nous reproduisons aujourd’hui, à l’occasion de la mort de Gérard Filion, une entrevue accordée à notre journaliste Jean Dion qui avait été publiée en janvier 2000 dans un cahier spécial sur le 90' anniversaire du Devoir.JEAN DION Quand il raconte l’anecdote, plus de quarante ans après le fait, Gérard Filion rit encore.Aux larmes, littéralement, si bien qull doit retirer ses lunettes et sortir son mouchoir.Nous sommes au milieu des années 1950.Maurice Duplessis règne en maître absolu sur le Québec plongé dans l’obscurité opaque.Le Parti libéral provincial est complètement désorganisé.Des groupes ont bien commencé de se former, autour de Refus global, de Cité libre et de la faculté des sciences sociales de l’Université Laval du père Georges-Henri Lévesque, pour prôner une phis grande ouverture, mais c’est Le Devoir, critique impénitent débusquant les scandales, qui exerce en réalité le rôle d’opposition officielle.Le Devoir est une telle épine au pied de Duplessis que celui-ci ne rate jamais une occasion de déclarer qu’il le déteste et qu’il souhaite sa mort dans d’atroces souffrances.Cela crée de sérieux problèmes: à un moment donné, le directeur Filion n’arrive plus à trouver dans son personnel un volontaire pour couvrir la politique à Québec, le travail y étant trop désagréable dans les circonstances.Un jour, M.Filion envoie l’un de ses jeunes journalistes, Marcel Thivierge, assister à la conférence de presse hebdomadaire du premier ministre.D lui conseille de se faire discret, de s’asseoir dans le fond de la salle et de se contenter de prendre des notes.Lorsque Maurice Duplessis entre dans la salle, il aperçoit rapidement ce visage inconnu et demande au nouveau venu de se présenter.Marcel Thivierge obtempère.«Quel journal?», demande Duplessis.«Le Devoir», répond le journaliste.«Le Devoir?C'est pas Thivierge, c’est ti-crisse! Dehors!» Quand l’épisode sera raconté à Gérard Filion, il aura une réaction spontanée.«J’ai éclaté de rire.Que vouliez-vous que je fasse d’autre?» Ce ne sera d’ailleurs pas la seule fois qu’un envoyé VOIR PAGE A 8: TÉMOIN LE DEVOIR.LE MARDI 29 MARS 2005 A 2 •LES ACTUALITÉS- SHAUN HEASLEY REUTERS Les partisans pro-vie n’ont pas relâché leur vigilance devant la Maison Blanche, ce week-end, continuant de plaider pour la réalimentation de Terri Schiavo, à qui les médecins ont commencé à administrer de la morphine.Affaire Terri Schiavo Un appel désespéré est lancé à Jeb Bush EN BREF Le Dow Jones en hausse New York — L’indice Dow Jones des valeurs industrielles a terminé la séance de hier à la bourse de New York à 10 485,65 points, en hausse de 42,78 points, soit 0,4 %, à la clôture.De son côté, l’indice Nasdaq des valeurs technologiques a gagné 1,46 points, soit 0,1 %, à 1992,52 points.A la Bourse de Toronto, les cours ont clôturé en baisse, hier.L’indice S&P/TSX a perdu 50,73 points, à 948237.L’indice Nasdaq Canada a chuté de 1,22 point, à 504,28.-FC et AP Funérailles de Marie-Josée Lemieux Plus de 200 personnes, parmi lesquelles le président de la FPQ, Henri Massé, ont rendu, hier, un dernier hommage à la militante syndicale Marie-Josée Lemieux, décédée subitement dimanche dernier à Québec.Les funérailles, célébrées en l’église de Saint-Jean-Chrysostome, sur la rive sud dans la région de Québec, ont été ponctuées de nombreux témoignages émouvants de proches et de collègues de la femme de 40 ans, qui s’était particulièrement illustrée dans la lutte pour la syndicalisation de la succursale de Jonquière du géant américain de la vente au détail Wal-Mart.- PC Ontario: médecins consultés Toronto — Le président de l’Association médicale de l’Ontario (OMA), le D'John Rapin, a dit hier avoir bon espoir que les 24 000 médecins de la province soient favorables aux dernières offres améliorées du gouvernement McGuinty.Au début du mois, le gouvernement ontarien et les médecins ont conclu, après 15 mois de négociations, une entente préliminaire qui a été soumise au vote des médecins entre le 22 et le 28 mars.- PC JANE SUTTON Pinellas Park — Les parents de Terri Schiavo, cette Américaine de 41 ans plongée dans un coma végétatif depuis 15 ans et qui n’est plus alimentée depuis dix jours, ont lancé hier un appel désespéré au gouverneur de Floride Jeb Bush pour qu’il intervienne dans cette Claire.Mais Bob et Marie Schindler ne devraient pas être entendus, le frère du président George Bush ayant déclaré dimanche à CNN qu’il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour les aider et qu’il ne pouvait pas enfreindre l’avis des juges en prenant de nouvelles mesures.La sonde alimentant Terri Schiavo depuis son accident cardiaque d’il y a quinze ans a été retirée le 18 mars à la demande de son mari et tuteur légal.Les médecins pensaient alors qu’il lui restait une à deux semaines à vivre.Tous les recours déposés depuis devant la justice américaine par ses parents, tous deux de fervents catholiques, ont depuis été rejetés.«Bob et Mary Schindler supplient le gouverneur Bush d’intervenir», a déclaré le père Paul O’Donnell, un moine franciscain proche du couple.»Nous supplions le gouverneur d’intervenir, de faire preuve de courage et de mettre un terme à cette pratique barbare en Floride», a-t-U martelé devant l’hôpital de PineDas Park, où se trouve Terri.La passion suscitée par cette affaire, qui est devenu le cheval de bataille des conservateurs catholiques et a conduit le président Bush à intervenir en personne, illustre le caractère ultrasensible du dossier de la fin de vie outre-Atlantique.Le mari, Michael Schiavo, estime depuis le début de l’affaire que sa femme souhaiterait qu’on cesse de l’alimenter, son état étant vraisemblablement irréversible.L’avocat des Schindler, David Gibbs, a déclaré dimanche que l’état de santé de Terri Schiavo déclinait rapidement •Ils [les médecins] ont commencé à lui administrer de la morphine en perfusion pour [lutter contre] la douleur.À ce stade, nous dirons que Terri a atteint le point de non-retour», a-t-il dit à la chaîne de télévision CBS.Reuters avec Coure?la chance de partir pour le berC'^u du riz?cl docouvrez les racines mêmes de cette musique qui vous fait tant vibrer.Prix : Une semaine pour deux au luxueux Crown Plaza Astor eniAuncm u.-.quartier ffançai: sur a célébré Bombon Strffet j Remplissez correctement le coupon de participation et retournez le à Couleur Jazz.Écoutez attentivement Couleur Jazz 91,9 Si votre coupon est sélectionné, vous aurez 30 minutes pour nous joindre et devenir finaliste.Le grand tirage aura lieu le vendredi 1" avril 2005.Participez autant de fois que vous le voulez.Aucun fac-similé accepté j oiiveiie- Prénom Nom Adresse et LE DEVOIR avec Ville : iimiu lut Code postal : Téléphone (jour) Téléphone (soir) Courriel : Poster ce coupon avert le I" avril 2005 Vivat La Nouvelle-Orléans avec Coulaur Je» et La Devoir 200.rue Laurier Ouest, bureau 250 Montréal (Ouébec) H2T 2N8 Le projet de Black de fermer le capital de Hollinger est bloqué Toronto — La Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO) a coupé court au projet du magnat de la presse Conrad Black de fermer le capital de Hollinger inc., en refusant de lever l’interdiction qui pèse contre lui de vendre ou acheter des actions de la société.Dans une décision rendue hier, un comité de la CVMO interdit à M.Black et à sa société de portefeuille Ravelston de procéder a l’offre de rachat de toutes les actions de Hollinger inc.qu’ils ne possèdent pas déjà.Les actionnaires minoritaires devaient se prononcer jeudi, à l’occasion d’une assemblée extraordinaire, sur cette offre de 7,60$ par action.Le conseil d’administration a rapidement réagi à la décision de la CVMO, hier après-midi, en faisant savoir qu’il évaluait la situa- tion et déciderait s’il y a lieu de tenir ou non cette assemblée le 31 mars.M.Black possédé déjà 78 % des actions de Hollinger inc par l’entremise de Ravelston, une société non inscrite ai bourse.Lors d’autfiences tenues la semaine dernière par la CVMO, des avocats représentant des actionnaires avaient fait valoir qu’ils disposaient de trop peu d’informations sur la situation financière de Hollinger inc.pour être en mesure de bien évaluer l’offre faite par M.Black.Hollinger inc.est en retard dans la divulgation de ses résultats financiers en raison de la bataille juridique qui Foppose à sa filiale.Ce retard fait en sorte que les hauts dirigeants de Hollinger inc.ainsi que d’autres initiés ne peuvent acheter ou vendre des actions de l’entreprise.Le comité formé de trois experts de la CVMO en est venu a la conclusion que la levée de l’interdiction de transiger, telle que réclamée par M.Black, serait plus qu’un détail ‘d’ordre technique» et qu’il pourrait être injuste, -dans ces circonstances», de soumettre l’offre de fermeture du capital au vote des actionnaires.Hier, le cours de l’action de Hollinger à la Bourse de Toronto a reculé de près de 7 %, pour clôturer a 635 $, en baisse de 45 cents.La CVMO a déjà entamé des procédures qui pourraient mener à des amendes de plusieurs millions de dollars ainsi qu’à des interdictions permanentes de transiger sur les marchés boursiers ou d’occuper des postes de direction pour M.Black ainsi que des associés au sein du groupe Hollinger.Presse canadienne Reprise des travaux aujourd’hui Le meilleur reste-t-il à venir à la commission Gomery ?HOLLANDE PARENT Les dernières semaines ont amplement montré que le commissaire Gomery avait vu juste quand, dans une interview de fin d’année, il avait prédit que 4e meilleur reste à venir».Non pas parce qu’il sait à l’avance la teneur des témoignages, mais parce qu’il connaît les équipes de travail qui œuvrent dans les coulisses sur une quantité impressionnante de documents que les experts comptables de la firme KroD Linquist Avey épluchent et analysent depuis des mois.Au plus fort de leur mandat ils étaient une trentaine à pied d’œuvre.Le commissaire est en outre en mesure d’observer la tâche qu’abattent les dix avocats qui travaillent dans l’ombre à mettre en place et suggérer une stratégie d’interrogatoire aux quatre procureurs-vedettes de la commission.Depuis la fin de février, une fois achevé le déménagement de la commission d’Ottawa à Montréal, une opération qui a duré 10 jours, M'Marie Cos-sette et M'Yves Coumoyer ont mené la totalité des interrogatoires des témoins.Le procureur Bernard Roy devrait prendre la relève à la prochaine occasion.Interdit de publication Mais voilà qu’au moment où les attentes du public sont à un niveau très élevé, que la commission s’approche du cœur du problème du programme fédéral des commandites et que les efforts investis depuis près d’un an commencent à porter leurs fruits, le commissaire Gomery doit trouver une façon de composer avec la tenue imminente des procès pour fraude de trois prochains témoins.fl doit annoncer, aujourd’hui, s’il impose ou non un interdit de publication, d’une certaine durée, sur les témoignages des acteurs cruciaux que sont les Jean Brault de Groupaction et Charles Guité, gestionnaire du programme et dans une moindre mesure de Paul Coffin, de Coffin Communications.Les gens proches de la commission s’attendent à ce que les témoignages soient rendus publics, mais avec un certain décalage.La commission Gomery subira une mutation dans quelques semaines.Après l’enquête sur les contrats de commandites, on passera à celle portant sur les contrats de publicité, puis, cela fait à la consultation d’experts.La commission pourra réduire le nombre de ses employés, les préposés aux enquêtes n’étant plus utiles.Des experts de la firme Kroll Linquist Avey viendront présenter au commissaire Gomery leur évaluation des témoignages entendus en regard des façons de faire habituelles dans l’administration publique.Par la suite, une sommité mondiale en administration publique, Donald Savoie, de l’Université de Moncton, indiquera les changements à apporter dans l’administration publique pour éviter que ne se répète ce qui s’est produit dans le programme des commandites.Presse canadienne PP I.:.i.: SiMt / ili Pointez, cliquez, le tour est joué! Visitez dès maintenant le site de l'Agence du revenu du Canada et trouvez toutes les réponses à vos questions sur l'impôt.arc.gc.ca ¦ * ¦ Agence du revenu Canada Revenue /"i ^ il** I ¦ du Canada Agency ^anaua 4 * LE DEVOIR.LE MARDI 29 MARS 2005 A 3 Chantal Hébert Martin + Charest = Couillard ?Si l’émission Tout le monde en parle avait existé à l'époque où Paul Martin convoitait la place de Jean Chrétien, il aurait certainement été partant pour participer à l’exercice.Pen-dant ses années aux Finances, M.Martin était un habitué de tous les bancs d’essai pour dauphins en mal de couronnement, en particulier au Québec.C’était au temps où sa popularité québécoise constituait sa carte maîtresse contre Jean Chrétien.Ces jours-ci, Paul Martin se fait plus rare.Son discours sur le fédéralisme a épuisé le dictionnaire des clichés.Personne dans son entourage ne voit d’intérêt à ce qu’il aille faire état de ses trous de mémoire sur les commandites à des heures de grande écoute.Si des élections fédérales avaient lieu cette année, aucun des trois partis fédéralistes à Ottawa n’aurait grand espoir de gagner du terrain au Québec.Dans l’avenir prévisible, le juge John Gomery est garant de la force du Bloc québécois.Le recrutement récent de Marc La-londe pour coprésider la prochaine campagne libérale au Québec montre que c’est du côté de sa base fédéraliste plutôt que chez les nationalistes mous que le PLC va d’abord chercher son salut aux prochaines élections.?Jusqu’à tout récemment, la faiblesse québécoise du PLC inquiétait à premier titre les stratèges libéraux pour qui le chemin d’une majorité gouvernementale passe presque obligatoirement par le Québec.Mais les craintes que suscite l’absence d’un champion fédéraliste performant à Ottawa débordent désormais du strict cadre de l’intérêt libéral C’est qu’on commence à s’apercevoir qu’aussi peu prometteuses soient-elles, les perspectives actuelles de Paul Martin au Québec sont tout de même plus brillantes que celles du gou-__ vemement de Jean Charest Dans une lettre ouverte publiée en français et en anglais la semaine dernière, l’ancien premier ministre de l’Ontario Bob Rae mettait le Canada en garde contre le retour en force du camp souverainiste à Québec.Selon M.Rae, le discrédit qui découle des travaux de la commission Gomery ne s’abat pas uniquement sur; le PLC.Il rejaillit également sur l’option fédéraliste.À cela, Bob Rae ajoute encore la performance échevelée du gouvernement Martin sur le front des relations fédérales-provinciales pflur arriver à une combinaison potentiellement fatale pour l’unité canadienne s’il devait y avoir un autre référendum.Au début des années 90, M.Rae avait été le premier chef de gouvernement ontarien à faire vàloir que sa province n’avait plus sa juste part de la tarte canadienne.A l’époque, on ne parlait pas encore de déséquilibre fiscal.Aujourd’hui, Dalton McGuinty a repris le flambeau à son compte.M.Rae croit que Paul Martin devrait saisir l’occasion d’ouvrir son jeu, en matière de fédéralisme fiscal notamment, pour donner un as au gouvernement Charest à temps pour les prochaines élections au Québec.À défaut de pouvoir asseoir un premier ministre plus solide à Ottawa, l’idée d’un changement de garde è Québec fait son chemin Pour Bob Rae, le premier ministre Jean Charest constitue le dernier rempart entre le retour au pouvoir du Parti québécois et la tenue possible d’un autre référendum.D’autres ont commencé à pousser la réflexion une douloureuse étape plus loin.Dans les milieux fédéralistes, on doute beaucoup de la capacité de Paul Martin à défendre efficacement le fédéralisme à l’occasion d’un autre référendum au Québec.Au minimum, personne n’a le goût de la voir mise à l’épreuve; personne n’a non plys de solution de rechange évidente sous la main.A cet égard, la liste des successeurs appréhendés de M.Martin n’a rien d’inspirant A la limite, Stephen Harper serait peut-être mieux équipé pour affronter ce genre de tempête, tout au moins sur le plan de la rigueur intellectuelle et de la vision du fédéralisme, mais l’ensemble de l’œuvre de son parti rebute trop le Québec pour en faire une valeur sûre.A défaut de pouvoir asseoir un premier ministre plus solide à Ottawa, l’idée d’un changement de garde à Québec fait son chemin, et cela, phis vite qu’on jurait pu l’imaginer il y a seulement quelques mois.A cet égard, les trains au Québec et dans le reste du Canada sont de phis en phis sur la même voie.C’est ainsi que si la saison de Tout le monde en parle avait commencé l’automne dernier avec le passage sur le plateau de Gilles Duceppe, favori à la succession de Bernard Landry, lequel fût naturellement suivi des Pauline Marois et François Legault, personne n’avait prévu à l’époque qu’elle prendrait fin sur une entrevue à saveur de leadership avec le ministre de la Santé Philippe Couillard.La succession libérale, qui n’était même pas dans les cartes il y a six mois, a désormais elle aussi un favori.Pour un chef mal aimé, ,rien ne fait plus d’ombre qu’un dauphin populaire.A plus forte raison quand ce chef est le leader de fado du camp fédéraliste au Québec, une position qui garantit que l’intérêt pour sa performance dépasse largement les frontières du Québec.M.Charest est bien placé pour le savoir, lui qui a vu tant de belles-mères se mêler de lui organiser des noces québécoises au nom de la raison d’Etat fl y a quelques années.S’il ne réussit pas à redresser sa barque did à la fin de l’année, les mêmes forces qui ont présidé à son arrivée à Québec vont commencer à converger dans le sens de son départ.En attendant, Philippe Couillard est désormais sur l’écran radar de ceux qui, parmi les météorologues politiques du reste du Canada, se soudent encore du climat québécois.chebert@thestar.ca Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.ACTUALITES L’Eglise catholique est plongée dans le désarroi Jean-Paul II n'est pas apparu hier à la fenêtre de son bureau du Vatican pour la prière de l'angélus avec les fidèles massés place Saint-Pierre GIANPIERO SPOSITO KKimiRS C’est en vain que le pape a tenté de s’adresser, dimanche, aux milliers de fidèles qui avaient envahi la place Saint-Pierre pour recevoir sa bénédiction urbi et orbi.MARTINE NOUAILLE Cité du Vatican — La tragédie personnelle de Jean-Paul 0, trahi par son coq» le jour de Pâques, est devenue un facteur de désarroi pour une Eglise catholique privée du charisme de son chef spirituel, estimaient hier les vaticanistes au lendemain de l’échec du pape à prononcer sa bénédiction urbi et orbi.•Il est devenu plus que jamais évident qu ’une Église qui touche un milliard de personnes dans le monde ne peut reposer sur les épaules d’un seul homme», a déclaré à l’AFP le journaliste et écrivain Giancarlo Zizola, spécialiste du Vatican.Le vieux pape n’est pas apparu hier à la fenêtre de son bureau du Vatican pour la prière de l'angélus avec les fidèles massés place Saint-lierre, contrairement à son habitude des précédents lendemains de Pâques.La radio officielle du Vatican, Radio Vatican, a estimé que la journée d’hier avait été «assombrie par les sentiments de préoccupation concernant la santé du pape Jean-Paul U» mais son directeur, le père Federico Lombardi, a estimé que «malgré l'inévitable regret» de cette absence, il était «bon que le pape continue sa convalescence sans se surmener».Dimanche, malgré les risques d’infection que hü fait courir la canule implantée dans sa gorge après sa trachéotomie, Jean-Paul II était resté exposé aux intempéries près d’un quart d’heure à sa fenêtre.Mais les dizaines de milliers de pèlerins qui venaient d’assister à la messe de Pâques sur la place, ainsi que des centaines de millions de téléspectateurs dans le monde entier, ont surtout retenu les vains efforts du pape pour s’adresser à eux «Cétait bouleversant», raconte Shoba Rami, une Ma-laisienne venue en touriste à Rome.Une fiction?Pour Giancarlo Zizola, «cette image d’un pape silencieux est une métaphore de la maladie de l’institution», et «la tragédie personnelle de Jean-Paul II se double d’une tragédie institutionnelle».Cet observateur critique de l’Église catholique estime que la version officielle donnée par les cardinaux de lq Curie, selon laquelle Jean-Paul II gouverne encore l’Église, est «une fiction».Le puissant cardinal allemand Joseph Ratzinger, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, avait affirmé jeudi que le pape était «lucide et dirige l’Église», et que «le problème du gouvernement de l’Eglise ne s’est jamais posé».Les télévisions publiques italiennes relevaient cependant hier que le pape, certes, «est lucide», mais qu’il «n’est pas en état de gouverner».«Dans le passé, quand un pape était malade, se mettait en place une clique de favoris qui gouvernait l’Église comme elle l’entendait.Cela ne vaut pas que pour le passé, mais aussi pour le présent», a estimé Giancarlo Zizola.Dans la dernière période, les vaticanistes ont cité à l’envi le «clan des Polonais», garde rapprochée composée de compatriotes du pape, au premier rang desquels son secrétaire personnel Stanislaw Dziwisz.•Une affirmation complètement infondée», selon le cardinal polonais Zenon Grocholewski.«H est compréhensible que le cardinal Wojtyla, devenu pape, ait voulu conserver son secrétaire particulier», a reconnu dimanche dans II Messaggero ce membre de la curie, préfet du dicastère (section) pour l'éducation catholique.Mais la plupart des Polonais du Vatican «n’ont qu’un rôle de service humble», a-t-il asspré.Durant la semaine de Pâques, l’Église catholique s’est exprimée par la vont des cardinaux à qui Jean-Paul 0, confiné dans ses appartements, avait confié la présidence des célébrations.la seule contribution officielle du pape, outre ses brèves et rares apparitions, a été le message de Pâques, lu en son nom par le cardinal Angelo Sodano, numéro deux du Vatican, dans lequel il implorait la paix pour la terre «baignée par tant de victimes innocentes», et demandait à Dieu «que le progrès matériel des peuples n 'estompe jamais les valeurs spirituelles qui sont l'âme de leur civilisation».Agence France-Ivresse Education : d’autres employés votent une grève limitée Sept municipalités seront privées d’eau potable jusqu’à mercredi GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ La Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), a adopté en fin de semaine dans une proportion de 75 % un mandat de grève de deux jours qui devra être exercé avant la mi-juin.Ce faisant, les 5500 membres de la FPPE joignent leurs voix à plusieurs autres syndicats du monde de l’éducation qui ont aussi résolu dernièrement de débrayer pour manifester leur impatience devant la lenteur des négociations avec le gouvernement «Nos conventions collectives sont échues depuis bientôt deux ans, et nous n’avons toujours rien de concret sur la table, a déclaré hier par communiqué le président de la FPPÉ, Pierre Bouchard.La partie patronale n’a visiblement aucun mandat [.].Nous avons des solutions, nous voulons négocier.» Selon M.Bouchard, il faut remonter au moins 30 ans en arrière pour retrouver «une telle grogne chez le personnel professionnel des commissions scolaires».La Fédération qu’il dirige représente 21 syndicats répartis dans la quasi-totalité des commissions scolaires du Québec.Jusqu’à présent, les moyens de pression utilisés par la FPPE n’ont pas permis de faire avancer les travaux à la table de négociations.«La grève est maintenant devenue inévitable», estime Pierre Bouchard.Les demandes de la Fédération incluent notamment le «besoin criant d’ajout de ressources dans les écoles primaires et secondaires» du Québec, et particulièrement à la Commission scolaire de Montréal.L’accès à la stabilité d’emploi et l’organisation de la tâche sont aussi au cœur des discussions.Grogne générale La décision des membres de la FPPE reflète la grogne générale qui secoue actuellement le monde de l’éducation, et plus largement les tensions qui existent entre l’Etat et ses 500 000 employés sans contrat de travail.Vendredi, les 4300 membres de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC) et de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES) s’étaient aussi dotés d’un mandat de grève similaire à celui de la FPPE.La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants (FNEEQ), qui représente les deux tiers des professeurs du réseau collégial, a également obtenu récemment un mandat pour la tenue de trois demi-journées de grève en avril.De même, la Éédération des enseignants de cégep (FEC-CSQ) emboîtera le pas à la même période.Le Devoir OGILVY Nous sommes heureux d’annoncer l’ouverture de la boutique PARIS boutique au rez-de-chaussée Depuis 1976, l’Artisan Parfumeur crée des eaux de toilette, des parfums d’ambiance et des collections d’objets parfumés.SAINTE-CATHERINE ET DE LA MONTAGNE TÉL: (514) 842-771 1, POSTE 301, WWW.OGILVYCANADA.COM Nicolet — Jjes résidants de sept municipalités du Centre-du-Québec seront privés d’eau potable au moins jusqu’à demain en raison du bris d'une conduite d’aqueduc.Un avis interdisant la consommation de l’eau du robinet est donc en vigueur jusqu’à nouvel ordre.Plus de 11 000 citoyens sont touchés par cette mesure puisque la ville de Nicolet approvisionne aussi en eau potable les municipalités voisines de Baie-du-Febvre, Saint-Zéphirin, La Visitation, Sainte-Per-pétue, Sainte-Monique et Saint-El- phège.Le maire de Nicolet, Clément Dubois, ignore toujours la cause du bris de la conduite, trouvée fissurée à proximité de l’usine de filtration.Le tuyau a été remplacé dimanche après-midi, ramenant à la normale le débit d'eau.Toutefois, il faudra attendre les résultats des prochaines analyses avant de pouvoir consommer l’eau du robinet Chacune des municipalités a mis en place un point de service d’alimentation en eau potable Presse canadienne POUR GARDER VOTRE ROLEX EN PARFAIT ÉTAT DE FONCTIONNEMENT, NOUS VOUS CONSEILLONS D’EFFECTUER UNE ROLEX SERVICE RÉVISION COMPLÈTE TOUS LES CINQ ANS., yji/ouferce Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE (514) 866-3876 LE DEVOIR.LE MARDI 29 MARS 2005 A 4 LES PETITES ANNONCES AVIS DE DECES 1 • N •D » E *X REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES too «m IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100* iso Achg-vT» échsnpo 160*199 Lxsbon 200 * 299 IMMOBILIER COMMERCIAL 200*250 Acr-a?-ente-éeftango 251*299 Locator 300 * 399 MARCHANDISES 400*499 OFFRES D'EMPLOI 500 * 599 PROPOSITIONS D’AFFAIRES ET DE SERVICES 600*699 VÉHICULES 1!S KIIIES ANNONCES PU mm» AU VENDKM DE tH30 A 17H0Ô Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l'édition du lendemain.Téléphone Télécopieur: Conditions de paiement : cartes de crédit 985-3322 985-3340 Soyez généreux.(S 14) 934-4444 PtOPMÉTtJ k VEiDÏI J ARTIER OU/ HISTORIQUE.VIEUX-LONGUEUIL Maison de slyle normand.10 pièces, mezzanine cuisine el salle de bains rénovées.loyer combustion EPS, chêne, ardoise, granit, boiseries, 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per sonne disposée a payer è loyer et » respecter le Part dort être traitée en pleine égalité sans distinction, exclusion ou préférence londée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse l ohemation sexuelle l’étal civil, l'âge du locataire ou de et à ses enfants, la religion, les convie-lions politiques, la langue longue ethnique ou nationale la condition sociale, le handicap ou l'ubbsation d'un moyen pour pallier ce handicap LAURIER/HUTCHISON 4 1/2 rénové.4 électros, stat inclus Libre imm.1 495$ 514 924-4383 514-644-7275 LUXUEUX CONDO - LONGUEUIL A L'ESTUAIRE III Grand 41/2, vue sur fleuve Accès mt métro Pise mt.et ext.Gymnase Stat mt.Juillet 1 400$ 450-674-7161 OUTREMONT.LÉMtNENCE Si Joseph/Launer 3 1/2 à 1200$ cbauflès, tt équipés.Piscine, sauna, 514-272-8086 OUTREMONT Adj Haut de duplex, 71/2, spadeux/édalrê, 2 balcons, pr UdeM/hôpitau» Juillet 514-739-2113 PLATEAU BerrilRoy, 41/2, rdc.2 céc, rénové, très propre, cours Libre.910 $/m.514-331-5000 PLATEAU ST-JOSEPH Pr métro 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peuple», a déclaré la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice en présentant un document du département d'Etat sur les droits de l’Homme.•Notre pays va continuer de clarifier pour les autres nations le choix moral entre l'oppression et la liberté», a-t-elle ajouté, reprenant une rhétorique chère au président George W.Bush.Mme Rice a fait ces déclarations en présentant le rapport annuel du département d'Etat intitulé Soutenir les droits de l'homme et la démocratie: le bilan des États-Unis en 2004/2005.Ce rapport destiné au Congrès vient en complément de celui sur la situation des droits de l'homme dans le monde, publie ]e mois dernier.Le secretaire d’Etat adjoint aux droits de l’Homme.Michael Kosak, s'est toutefois employé à mettre quelques bémols aux grands principes.Promouvoir la démocratie et le respect des droits fondamentaux •est parfois une question de carottes, parfois une question de bâton», a-tM dit «Parfois c'est en aidant un gouvernement que l’on s'aperçoit qu'il est plus réceptif pour s'ouvrir», a ajoute M.Kozak.•B n'y a pas d’approche scientifique.sur un modèle unique», pour traiter avec tous les pays, a-t-il souligné.Le rapport présenté hier promet notamment de maintenir la pression sur la Russie et la Chine mais aussi sur des alliés de l’Ame-rique dans le monde musulman (Pakistan, Arabie Saoudite en particulier) en matière de démocratisation et de droits de l’homme.Cette question va rester «un thème majeur» dans les relations avec la Russie du président Vladimir Poutine, dont l’évolution autoritaire inquiète Washington, assure le texte.Les Etats-Unis conti- KIMIMASA MAYAMA RK ITT RS Condoleezza Rice ’—I nuent par ailleurs •d’accorder une haute priorité aux demandes pour que la Chine se conforme aux normes internationales en matière de droits de l’homme».Le rapport demande également à des alliés-clé dans le monde musulman, notamment pour la lutte anti terroriste, de faire des efforts d’ouverture.LArabie Saoudite doit évoluer en matière de droits des femmes et d’ouverture politique notamment, souligne le texte Des •efforts de démocratisation» sont quant à eux présentes comme une condition •critique pour la force de notre relation à long terme» avec le Pakistan Le rapport américain est consacré aux violations des droits fonda mentaux commises partout dans le monde, sauf aux Etats-Unis.Les Etats-Unis sont neanmoins, avec la Chine ou l’Iran, dans le peloton de tète des pays qui appliquent encore la peine de mort abandonnée dans la vaste majorité du mon de occidental Le traitement des prisonniers capturés en Afghanistan sur la base militaire américaine de Guantanamo (Cuba), ou encore les sévices contre les détenus de la prison d'Abou Ghraïb en Irak ont également relancé les critiques contre le bilan de l'administration Bush en matière de respect des droits de la personne.Agence France-Presse Pas de référendum Washington confirme pour quitter Gaza une rencontre avec des opposants syriens Jérusalem — La Knesset a rejeté hier à une large majorité le projet visant à soumettre à un référendum le plan de retrait controversé de la bande de Gaza cher au premier ministre Ariel Sharon.Soixante-douze députés israéliens se sont prononcés contre cette procédure, qualifiée de manœuvre dilatoire par les promoteurs du plan de désengagement, et seulement 39 pour.Les députés doivent enfamer à présent la lecture du budget 2005 d’Ariel Sharon, le dernier obstacle pour le chef du gouvernement avant l’exécution de son plan d’évacuation de la bande de Gaza prévue en juillet Le vote sur le projet de loi de finances est désormais attendu au plus tôt ce soir, voire demain.Sharon, qui doit composer avec la fronde de l’aile droite de son parti, le Likoud, sur son plan de retrait a en revanche obtenu samedi le soutien crucial du Shinui, la formation d’opposition centriste, sur le budget.L’appui du Shinui, qui compte 15 députés, devrait garantir l'adoption par l’assemblée de ce budget de 264,4 milliards de shekels (61 milliards de dollars).Faute d’une adoption du budget à la Knesset avant la fin du mois, le chef du gouvernement devrait se résoudre à des élections anticipées fin juin, qui mettraient en péril la mise en œuvre du plan de désengagement Ce dernier prévoit le démantèle ment des 21 colonies juives de la bande de Gaza et de quatre des 120 implantations de Cisjordanie.•La Knesset a pu débattre.Cela signifie qu’il n’y aura pas de référendum et que le retrait se déroulera selon le calendrier prévu», a déclaré à Reuters un conseiller de Sharon ayant requis l'anonymat Les religieux nationalistes dénoncent une «capitulation devant le terrorisme palestinien».Mais une majorité d’Israéliens considèrent la bande de Gaza, un territoire où vivent 8500 colons au milieu de 1,3 million de Palestiniens, comme un fardeau économique et stratégique.Le Conseil des colons juifs Ye-sha s’est insurgé contre le vote de la Knesset en brandissant le spectre d’une «guerre civile».«(Le premier ministre] a ruiné les chances de donner à la population le choix de se prononcer sur son plan de retrait et d’empêcher ainsi des affrontements violents ainsi qu ’une guerre civile», a prédit le conseil dans un communiqué.Le ministre des Finances, Benjamin Nétanyahou, partisan d’un référendum, a employé des termes similaires en affirmant qu’Israël «a raté une occasion historique de parvenir à un consensus national.U nous faut désormais redoubler d’efforts pour éviter toute fracture au sein de notre population.» Shimon Peres, vicepremier ministre travailliste, a en revanche salué «une victoire de la démocratie».Pour sa part, l’entourage de Sharon se disait confiant sur le vote par la Knesset du budget après le rejet du projet de référendum.L’organisation d’un référendum — une première en Israël — aurait pris des mois et aurait modifié en profondeur le calendrier de retrait de la bande de Gaza.Sharon estimait que cette procédure était une «tentative pour renverser le gouvernement».Reuters '117'ashington — Le département V V d’Etat américain a confirmé hier une rencontre à Washington la semaine dernière avec des opposants syriens en exil, mais a démenti que cela s’inscrive dans une politique de changement de régime à Damas.Un groupe de militants de la société civile, d’universitaires et d’autres responsables» a été invité pour parler de la situation en Syrie et des perspectives de réformes dans ce pays, a indiqué le porte-parole adjoint du ministère des Af-fares étrangères, Adam Ereli Il a toutefois démenti que cela fasse partie de plans visant à préparer une éventuelle chute du gouvernement du président Bachar al Assad, sous forte pression internationale pour se retirer du Liban.•Ce n’est pas l’objet de ces discussions.Ces entretiens visaient à voir comment soutenir l’aspiration du peuple syrien à davantage de réformes et d’ouvertures dans le système tel qu 'il existe actuellement», a-t-il dit Le Washington Post a rapporté au cours du week-end que les approches envers l’opposition syrienne survenaient en même temps que des inquiétudes sur de possibles troubles politiques en Syrie.Selon le journal, le président français Jacques Chirac aurait dit à M.Bush le mois dernier que le gouvernement syrien pourrait tomber s’il retirait h totalité de ses 14 000 soldats du Liban et laissait des élections libres se tenir chez son voisin.La secrétaire dÉtat Condoleezza Rice a déclaré au journal vendredi que Washington parlait «à autant de monde que possible» des développements possibles au 11-ban et en Syrie.•Nous essayons d’évaluer la situation pour que personne ne soit pris au dépourvu, parce que les événements vont si vite et dans des directions tellement imprévisibles qu’il est tout simplement prudent de chercher à savoir ce qui se passe», a-t-elle assuré.Selon le journal à capitaux saoudiens Ashraq al-Aw-sat, la rencontre avec les dissidents syriens a eu lieu jeudi avec Elizabeth Cheney, une fille du vice-président américain Dick Cheney, chargée du dossier de la démocratisation dq Proche-Orient au département d’Etat Des assistants de M.Cheney, de même que des officiels du Pentagone et du Conseil national de sécurité américain étaient présents, selon ces informations.Coté syrien, des représentants du Parti de la réforme syrien, uqe petite organisation basée aux Etats-Unis fondée après les attentats du 11 septembre 2001, participaient aux entretiens.Les Etats-Unis accusent le régime syrien de laisser l’insurrection irakienne utiliser son sol, et lui reprochent de soutenir des groupes radicaux anti-israéliens.Un responsable américain parlant hier sous couvert de l’anonymat a insisté sur le fait que la rencontre ne visait pas à préparer la chute du président Assad.«Nous ne pensons pas que les événements à ce stade nécessitent de tels plans», a-t-il dit Agence France-Presse Après plus de 30 ans, CLUB 402 ferme ses portes DÉFINITIVEMENT à la fin mars Costumes Importés d'itslie 99$ vestons/ TO Blazers Importes d Italie Cerruti 1881 — Zegna — Luigu Botto LIQUIDATION 1118, me Sainte-Catherine Ouest ?étage, Montréal • (514) 861-3636 Lun.au ven.10h à !8h Sam.lOh à I6h Tous les soirs après 18h sur randei-vous seulement OTA m 402-HOMMr Destinations rf b//' e /)r oc/a //te ré/HUo/i (/a// (/ //* ca\ ' u/t résidez - aétei/û///’ L’EAU A LA ___ BOUCHE RFIAIS U HÔTEL-RESTAURANT < HATFAl W 3003.boulevard Sainte-Adèle Samte-Adèle Québec, Canada JBQ 2N6 Téi (450) 229 2991 Fax (450) 229-7573 www.leaualabouche.com Un gouvernement irakien dans les prochains jours?Dagdad — U-s tractations entre .Dchiites et Kurdes pour la formation du gouvernement trainent en kmgueur en Irak, où au moins 14 Irakiens ont été tues dans les violences hier, à la veille de la deuxième séance du Parlement issu des elections du 30 janvier.Entamées mi-février après l'annonce des résultats des elections, les négociations entre la liste chiite de l’Alliance unifiée irakienne (AIT) et la liste d'union kurde butent toujours sur l'attribution de certains ministèresvles.Chiites et Kurdes doivent également se mettre d'accord pour le poste de president de l'Assemblée nationale dont le titulaire doit être désigné aujourd’hui par le Parlement.Deux sunnites sont en concurrence.L’AUl soutient un chef tribal du nord de l'Irak qui lui est proche, Fawaz al-Jarba, alors que les Kurdes ont fait savoir qu’ils jxéfére-raient voir «une persrmnahte sunnite indépendante» accéder à la prési-dence de !’Assepiblée.le chef de l’Etat irakien sortant Gltazi alYaouar, que k-s médias irakiens donnaient comme favori, a pour sa part décliné l’offre de présider le nouveau Parlement irakien, a déclaré lùer un de ses assistants.Constitué avec le soutien du grand ayatollah Ali Sistani, référence spirituelle des chiites du pays.l’AUI dispose de 146 sièges (sur 275) au Parlement contre 77 pour fa liste d'urnon kurde, les deux formations se sont mises d’accord pour que fa présidence de l'Etat revienne au Kurde Jalal Talabani et qu'Ibrahim aljaalari, membre du parti islamique Dawa, l’une des composantes de l'AUI, prenne la tète du gouvernement Mais, huit semaines après les élections, k*s négociateurs restent empêtrés dans des querelles sur l'attribution de plusieurs ministères, notamment ceux du Pétrole et de la Défense.U*s Kurdes demandent par ailkurs que les dùites leur garantissent qu'ils n’imposeront pas un Etat islamique.•Je crois que nous sommes prêts et que nous verrons un gouvernement dans les prochains jours», a néanmoins déclaré ce week-end M.Jaafari.la1 premier ministre sortant, lyad Allaoui, un chiite laïc, a mis comme condidon à sa ixirticipation au futur gouvernement que ce dernier soit «complètement indépendant» du pouvoir religieux.Pendant que les tractations politiques se prolongent, les attaques de la rébellion et les actes de violence se poursuivent, faisant au moins 14 tués dans l’ensemble du pays, hier.Agence France-IWsse K N H R K F Non, c’est non Paris — Une nette majorité de Français (54 %) «certains d aller voter» au référendum constitutionnel européen du 29 mai ont l'intention de choisir le non, contre 46 % qui se déclarent prêts à voter oui, selon un sondage Ipsos pour la radio Europe 1 et le quotidien le Figaro à paraître aujourd’hui.Un sondage, réalisé par CSA le 23 mars, donnait le non vainqueur à 55 % contre 45 % pour le oui.1 a précédente enquête Ipsos pour Le Figaro et Europe 1, réalisée les 18 et 19 mars, établissait le non à 52 % et le oui à 48 %.Trente et un pour cent des personnes certaines d’aller voter n’ont pas exprimé d’intention de vote lors ce soie tlage réalisé les 25 et 26 mars, pré- cise Ipsos.les sympathisants de gauche se prononcent majoritaire ment pour le non à 58 %, et ceux du PS à 53 %.Ils étaient respectivement 55 % et 45 % dans fa précédente enquête Ipsos.les sympathisants de fa droite parlementaire ne sont que 33 % à choisir le non, et ceux de 11JMP 30 %, des pourcentages qui n’ont pas varié par rapport au dernier sondage.En cas de victoire du non, 37 % des Français [X'nsent que cela «porterait un coup d'arrêt grave à la poursuite de la construction européenne» (51 % sont d'avis contraire et 12 % n’ont pas d’opinion) et 42 % que «cela affaiblirait de façon majeure la position de la France en Europe» (45 % ont une opinion opposée et 13 % ne se prononcent pas).- AFP CO < D 'LU X < L’assemblée des professeurs et professeures du Département de Science Politique de l'UQAM Reconnaît le caractère juste et légitime du mouvement de grève générale engagé par les étudiants et étudiantes à l'échelle du Québec, Par conséquent, en solidarité avec les étudiants et étudiantes, elle demande : • Le rétablissement des sommes affectées au programme d'aide financière aux études du Gouvernement du Québec • Une augmentation adéquate du financement des institutions vouées à l'enseignement supérieur au Québec La proposition a été votée à l’unanimité.Tous les soirs 22 h 32 LE JOURNAL POUR UNE DIVERSITÉ DE VUES ET DE REGARDS SUR LE MONDE WWW.TV5.CA A 6 LE DEVOIR.LE MARDI 2 9 MARS 2005 D I T 0 R I A L Gérard Filion 1909-2005 Gérard Filion s’est éteint samedi à l’âge de 95 ans.Au cours de sa vie, l’homme a connu plusieurs carrières, mais c’est son passage à la direction du Devoir qui fut le plus mémorable.De son bureau de directeur, il fut l’un de ceux qui contribuèrent à préparer la Révolution tranquille.LE DEVOIR P lusieurs images nous viennent lorsqu’on pense a Gérard Filion.Il y a bien sûr celle du chêne qui tient à sa stature physique.L'homme était grand et avait les deux pieds bien plantés au sol du Québec.Surtout, il savait résister à toutes les intempéries.Dieu sait à quel point ses adversaires auraient aimé l’abattre, lui et son journal.Une autre image est celle d’«éveilleur».Le mot est de lui.Dans un article de 1985, U l’applique au Devoir et au rôle que le journal jouait à l’époque où il le dirigeait «A temps et contretemps [Le Devoir) traçait des pistes, posait des embûches, lançait des flèches empoisonnées» écrivait-il dans cet article.Ce qu’il disait alors du journal vaut pour lui puisqu'il en était l'inspirateur.D voulait éveiller le Québec de l’après-Deuxième Guerre mondiale à la modernité.Diplômé des HEC, Gérard Filion est entré au Devoir en 1947 après un passage à l’Union des cultivateurs catholiques.A son arrivée, le journal est exsangue.Il lui faudra dix ans pour le remettre à flot à coups de souscriptions et de sa-Bernard crifices, mais aussi grâce à une intuition qui Descâteaux s’avéra salvatrice.Le jour même où Le Canada ferme ses portes, il transforme Le Devoir de journal d’après-midi en journal du matin et occupe le créneau laissé vacant par le concurrent S’ouvre alors une période de relative rentabilité qui aurait pu être plus grande n’eût été de la guerre que lui livre le gouvernement de Maurice Duplessis.Le Devoir de Gérard Filion et le régime Duplessis évolueront de pair de 1947 à 1960.Les deux hommes représentent les deux faces d’un même Québec, l’un progressiste prônant le changement, l’autre conservateur freinant le développement Eveilleur des consciences, M.Filion mettra en avant des idées avant-gardistes dont la réforme du système d’éducation.Que la majorité des Québécois doivent se contenter d’un diplôme de septième année le choque.Bien avant qu’elle ne devienne l’enjeu d’une élection en 1962, il réclamera l’étatisation des compagnies d’électricité.Au moment des grandes grèves de l’amiante, il appuiera la transformation des lois du travail Et sans relâche, il fera campagne pour le «décrassage» des mœurs électorales.La moralité publique s’est relâchée dans l’après-guerre.Filion a fort à faire à «dénoncer le coquin» qui était l’un des préceptes légués par Henri Bourassa.En 1949, c’est l’affaire Fax Plante.Assistant directeur de la police municipale de Montréal, M' Pacifique Plante dénonce, dans une série d’articles du Devoir, la corruption qui pourrit la police et l’administration montréalaise.Le journal réclamera la tenue d’une enquête publique qui sera confiée au Comité de moralité publique et au cours de laquelle se révélera un jeune avocat Jean Drapeau.Plus tard, en 1958, viendra l’affaire du gaz naturel que met au jour le journal.Presque tout le cabinet de Maurice Duplessis est pris en flagrant délit d'initiés.Au moment de la privatisation du système de distri-bution du gaz, qui appartenait à Hydro-Québec, ministres et conseillers législatifs spéculent et se vendent à eux-mêmes «une marchandise appartenant au public».Huit ministres seront poursuivis.On lira en page voisine l’éditorial signé alors par M.Filion.Il demeure d’une actualité criante dans le contexte de l’enquête Gomery sur le scandale des commandites.À peine quelques mots seraient à changer.Gérard Filion quittera Le Devoir en 1963 pour devenir un des acteurs de la Révolution tranquille qu’il avait contribué à faire éclore.Son rôle fut alors plus discret, mais pas moins important Ce qui comptait à ses yeux était de bâtir le Québec et de le faire grandir, peu importe la manière.Le Québec lui doit une part de sa modernité.bdescoteaux@,ledevoir.ca Le loup dans la bergerie e choix arrêté par le président Bush de nommer Paul Wolfowitz à la présidence de la Banque mondiale a provoqué une polémique assez vive.Dans certaines capitales européennes et moyen-orientales, la suggestion de la Maison-Blanche a été perçue comme une provo- .cation.Que Washington propose l’actuel numéro deux du Pentagone après avoir nommé l’un des adversaires farouches du multilatéralisme — John Bolton — au poste d’ambassadeur à l’ONU fait craindre à certains une autre offensive des néoconservateurs sur divers fronts.Avant toute chose, on se souviendra que la direction de la Banque mondiale revient traditionnellement à un Américain et celle du FMI à un Européen.À la tête de cette banque, Wolfowitz aura la maîtrise d’un budget annuel s’élevant à 20 milliards.Plusieurs appréhendent que les arbitrages financiers que Wolfowitz est appelé à faire s’inscrivent en droite ligne avec la politique établie par James Wolfensohn, son prédécesseur qui, soit dit en passant, a cautionné chaleureusement la proposition de Bush.Toujours en poste, Wolfensohn restera comme le président de la Banque ayant assujetti ou plutôt lié l’aide au développement à l’avancée de la démocratie et à l’instauration de règles de transparence.Lorsqu’on songe au nombre de dictateurs et d’autocrates qui ont détourné des milliards de dollars destinés à la lutte contre la pauvreté, on ne peut que saluer le soud d’honnêteté qui habitait Wolfensohn.Cela étant le parachutage de Wolfowitz provoque bien des maux de tête à tous ceux, prindpalement des ONG, ayant la certitude que le poids accordé par cehiki à l'idéologie, au combat des idées, n’empoisonne les relations entre ceux qui ont besoin d’aide et ceux qui dérident de la direction de celle-d.Rus exactement les adversaires de Wolfowitz redoutent une reconduction plus musclée des changements structurels imposés par Wolfensohn.Parmi ceux qui acceptent mal l’arrivée de Wolfowitz, beaucoup affirment haut et fort que ce dernier devrait prendre modèle sur Robert McNamara davantage que sur Wolfensohn.Du premier on a gardé le souvenir d’un homme qui, dans sa lutte contre la pauvreté, était si obsédé par les résultats qu'il se gardait bien de mener des croisades politiques.Au passage, on retiendra que la présidence de la Banque mondiale revendra pour la deuxième fois en une trentaine d’années à deux des principaux architectes des guerres du Vietnam et de l’Irak.En attendant que Wolfowitz prédse sa politique en matière de développement économique, son départ combiné à celui de Bolton a eu son impact sur l’humeur politique de Washington.Id et là.on a désormais la certitude que les changements de fonction de deux des chefs de file du courant néoconservatepr ouvrent la voie à une reprise des prérogatives du département d’Etat Certains avancent que le poids du Pentagone dans le dossier irakien va diminua- au profit des diplomates.En un mot que Condoleezza Rice va hériter de pouvoirs qui avaient échappé à Colin Powell.Serge Truffaut FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DE SC ÔTE.AUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN T1FFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE AoCani AiPf Poui* RÉGionÇ.~ * TiMBtR/ /A - A 4 Va f/l [/, VI M?; - K & Société immature Ce qui est le plus désolant dans la sodété actuelle, lorsque l’on jette un coup d’œil à l’actualité (scandale des commandites, CHOI radio X, le discours des gouvernements en place, etc.), c’est notre manque de maturité collective.La faute incombe toujours à d’obscurs boucs émissaires.Ce que je nous souhaite est simple: que les personnes qui ont un poste de responsabilités dans notre sodété finissent un jour par les assumer entièrement Que les déddeurs fassent preuve de plus d’humilité et que, nous, citoyens cessons de les déifier.Une bonne dose de maturité dans les deux camps et le cynisme sera moins présent Jean-Luc Jolivet Québec, 17 mars 2005 Étonnant Absolument étonnant de voir le président des États-Unis remuer mers et monde pour renverser la décision d’un juge d’autoriser l’arrêt de l’alimentation par gavage d’une patiente dans le coma depuis 15 ans.On aurait rêvé — et on rêve encore — de voir le même président manifester autant d’empressement pour épargner la vie de chacune des victimes civiles causées par sa décision d’envahir l’Irak.Victimes innocentes dont on dit qu’elles s’élèvent aujourd’hui à plus de centmifie.Pierre Deschênes Le 21 mars 2005 Deux poids, deux mesures Au Canada anglais, on monte dans les rideaux à chaque fois que Bombardier reçoit une aide gouvernementale.Bombardier a le défaut historique d’avoir été fondé par un illustre québécois LETTRES -4- et d’avoir encore aujourd’hui un actionnariat très majoritairement québécois.Ça fait faire de l’iirti-caire à plusieurs en Ontario et dans l’Ouest canadien.La dernière trouvaille de ce courant anti-Québec sur Bay Street il faudrait que Bombardier annule son dividende aux actionnaires avant d’avoir droit à un prêt du gouvernement fédéral pour l’aider à développer la future série C.Ce projet pourrait pourtant relancer l’industrie aéronautique au Québec et assurer des milliers d’emplois pour des années à venir.Assez étrangement les mêmes milieux sont restés silencieux quand le gouvernement fédéral a octroyé récemment des prêts similaires à Ford Motors et à General Motors afin de les aider dans des investissements qui permettaient de préserver des emplois en Ontario.Ces deux compagnies étrangères paient pourtant de généreux dividendes à leurs actionnaires qui, pour la plupart sont des Américains.A-t-on entendu la Ontario Teachers Pension Plan réclamer l’abolition de ces dividendes comme condition de l’aide fédérak, comme elle l’a fait pour Bombardier?Encore une fois, on se fait traiter dans ce pays comme si on était des ennemis de l'intérieur.Si le gouvernement fédéral cède à ces pressions et pousse Bombardier à installer son usine en Irlande, ce sera une autre démonstration de l’urgence pour le Québec de sortir du carcan que représente le fédéralisme canadien.Ce régime, comme il l’a toujours été, demeure le principal obstacle au développement du plein potentiel économique du Québec.Denis Hétu Montréal, 20 mars 2005 Fleuron menacé C’est avec stupeur que j’apprenais récemment l’arrêt envisagé du programme de formation musical de l’école secondaire Joseph- François-Perrault (JFP) faute d’un appui financier minimum (ce qui existe ailleurs).JFP existe depuis 26 ans et compte phis de 700 élèves (sur un total de 1600) en option et concentration musique, ce qui fait d’elle la plus grosse école du genre au Canada sinon en Amérique.Son taux de diplômés est de 82 %, et ce, même si son programme courant et son option musique desservent d’abord le quartier (pas riche) Saint-Michel.Pourquoi en est-il ainsi?Les compressions, tant péquistes que libérales, imposées ces dernières années et le fait que toutes les ressources disponibles pour ce programme ont récemment été dirigées vers une seule école, Pierre-Laporte (PL) à Mont-Royal.Bien sûr, les 154 élèves du programme musique de PL proviennent de partout, mais 154, ce n’est pas 700! De plus, le financement accordé à PL représente sur cinq ans une subvention de 15 000 $ par élève contre 0$ par élève pour JFP.Il n’entre pas dans mon propos de qualifier le travail, sans aucun doute excellent, de PL, mais d’agiter la cloche: «Pourquoi juste eux?» L’école Jean-François-Perrault constitue un succès pour la CSDM: on ne compte plus les prix (premiers surtout) remportés par ses orchestres lors de compétitions.Certains de ces anciens sont musiciens professionnels respectés, d’autres, membres de l’OSM alors que quantité de ces autres diplômés ont profité de l’apprentissage de la musique pour faciliter leurs objectifs de carrière.En tant que société, on ne peut se permettre d’ignorer, puis de torpiller une institution PUBLIQUE qui marche.Pierre Grenier, parent Le 17 mars 2005 LIBRE OPINION Une bonne étude ?CLAIRE-MARIE GAGNON Présidente de la Fédération des parents adoptants du Québec et enseignante en intervention et adoption internationale à l’Université du Québec à Montréal T ^ n’ai pas l’habitude d’être paranoïaque, I mais j’ai reçu le questionnaire de l’étude sur J l’adoption internationale de Réjean Tessier (dont Le Devoir a fait état le 5 mars 2005 dans l’article «De petits Québécois comme les autres») dans une enveloppe où un numéro était inscrit à côté de nos noms et adresses.Ce numéro était reproduit à la main sur le haut du questionnaire à retourner.Sur le questionnaire, la date de naissance de l’enfant était indiquée.Les chercheurs ont donc eu accès à nos dossiers d’adoption pour choisir un seul de nos enfants à étudier.De phis, le pays de naissance de l’enfant n’était pas écrit sur le questionnaire ni sur la lettre de consentement Les chercheurs ont donc eu accès à une autre banque de données pour retrouver le lien entre le questionnaire et le dossier de l’enfant où était inscrit son pays d’origine.Énfin, sur la lettre de consentement on de mandait le nom de l’enfant puis le nom du parent et sa signature.En quoi le nom de mon enfant est-il important pour l’étude?Pour ma part, j’avais inscrit «non pertinent à l'étude».Certains disent qu'd faut faire confiance aux chercheurs.Mais avons-nous le droit de laisser des gens consulter les dossiers de nos enfants, et de façon nominative par surcroft?Seront-ils toujours des enfants adoptés?Des réponses sincères?Ce qui me dérange beaucoup dans toute cette histoire, c’est que je sais que la majorité des gens n’ont pas répondu aux questions trop personnelles du document en toute honnêteté, moi la première.À tous ceux qui s’en offusqueraient, veuillez répondre en toute franchise aux que» lions suivantes.Par exemple, dans la section «Comportement dans diverses situations de votre enfant», avec choix de trois réponses (jamais, parfois, sou-vent), on avait le choix des situations suivantes: ¦ boit de l’alcool sans la permission des parents; ¦ est constipé, ne va pas à la selle; ¦ pense trop au sexe; ¦ souhaite être du sexe opposé; ¦ enfreint les règlements à la maison, à l’école ou ailleurs; ¦ est rêveur, perdu dans ses pensées; ¦ tente délibérément de se blesser ou de se tuer; ¦ a un langage ordurier, obscène; sacre; 3 ne termine pas ce qu’il commence: ¦ ne peut s’empêcher d’avoir certaines pensées ou obsessions; ¦ se tient avec des jeunes qui font du trouble (sic); ¦ entend des sons ou des voix qui ne sont pas là; ¦ a un surplus de poids; ¦ a des comportements étranges (décrivez).Et void quelques-unes des 25 questions portant uniquement sur la relation du répondant avec sa mère.On demandait à ce que, si possible, ce soit la mère qui y réponde, et il fallait évaluer sur une échelle de 1 à 5, de «pas du tout» à «tout à fait».¦ JTaurais souhaité avoir une mère différente.¦ Je parle de mes problèmes à ma mère.¦ Jaime avoir le point de vue de ma mère sur des choses qui me tracassent ¦ Je suis beaucoup phis dérangé ou fâché que ma mère ne le pense.(C’est la mère qui répond.) ¦ Je n’ai pas beaucoup d’aide de la part de ma mère à la maison ¦Je me sens fâché lorsque je suis avec ma mère.Etc.Suivent des questions sur l’état personnel de la mère, à savor si elle a des problèmes d’alcool, de drogue, avec les supérieurs au travail, avec la justice, etc.[.„] Ces questions sont peut-être justifiées, mais si mon ado ou moi-même avions de telles difficultés, voilà des questions auxquelles je n’aurais certainement pas été à l’aise de répondre, encore moins dans un questionnaire non anonyme.Plusieurs questions sont carrément indiscrètes et ne regardent pas une équipe de recherche.Malgré toutes les probabilités de respect des protocoles de recherche, je doute beaucoup des résultats de cette étude à cause du type de questionnaire envoyé, bon nombre de parents m’ayant dit l’avoir jeté à la poubelle, ainsi que des résultats obtenus, qui me semblent faire d’emblée une mauvaise réputation à certains pays d’origine Des défis différents Mon enfant est-il susceptible de recevoir toute sa vie durant des questionnaires de toute sorte se rapportant à son vécu d’adopté uniquement parce que les autorités cautionnent des chercheurs de bonne volonté et leur permettent de consulter leurs listes?Notre enfant va-t-il toujours faire l’objet de recherches sans y avoir consenti?Depuis 1996, j’enseigne le cours «Intervention et adoption internationale à JUQAM», et tout ce que j’ai lu parie des défis d’attachement que connaissent tous les enfants qui ont été abandonnés.[.) Les enfants qui ont été abandonnés ont, imprimée dans le corps, l'idée voulant qu’un jour, üs n’ont pas été assez aimables pour qu’on les garde.Ils ont tous à vivre avec ce fait, même si certains s’en sortent mieux que d’autres.Je ne voudrais pas que cette étude soit la bible du Secrétariat à Fadoption internationale, qui Fa déjà maintes fois citée, et souvent mal d’ailleurs, pour justifier des orientations contestables.Les familles ont besoin de suivi en postadoption, de services de toute sorte, etc.Oui, je suis d’accord avec l’étude pour dire que nous sommes des familles «normales», mais nous connaissons des particularités et des défis differents des familles qui vivent avec leurs enfants biologiques.-4 R LE M A K iM MARS 2 0 0 5 A 7 DEES Le Devoir sous Gérard Filion Le Devoir aura connu un nouveau souffle sous la direction de Gérard Filion.Outre une opposition sans faille à Maurice Duplessis, d’énormes scandales sont dévoilés.Deux d’entre eux restent, 50 ans plus tard, des affaires marquantes dans l’histoire du Québec: le règne de la pègre et la corruption policière à Montréal, tel que cela a été raconté par Fax Plante dans Le Devoir de novembre 1949 à février 1950, et le scandale du gaz naturel que Le Devoir révèle le 13 juin 1958 et qui implique le tiers du cabinet Duplessis.En souvenir de Gérard Filion, voici en rappel la manière dont il a lui-même traité, dans ses mémoires et en éditorial, ces dossiers explosifs.L’affaire Pax Plante Qui écrira ces histoires abracadabrantes ?ARCHIVES LE DEVOIR 4 5 ‘ -vi L’ancien directeur du Devoir, Gérard Filion, lors d’un discours au Reine Elizabeth.Derrière lui, en image, monsieur Henri Bourassa, fondateur du journal.GÉRARD FILION Directeur du Devoir de 1947 à 1958 Extraits de Fais ce que peux.En guise de mémoires (Boréal, 1989) e prends donc la direction du [Devoir] le 10 avril [1947].Je ne connais rien au journalisme quotidien.Un hebdomadaire spécialisé comme La Terre de Chez Nous [où Gérard Filion a été rédacteur en chef de 1935 à 1947], c’est du bricolage; le métier, c’est dans un quotidien qu’on l’apprend.Je ne connais rien non plus dans l’imprimerie.Il me faudra tout attendre en même temps.[.] C’est [.] au cours de cette première année que je reçus la visite d’un individu que je connaissais à peine de nom.Un grand efflanqué, bronzé comme un Inuit, lunettes aux larges montures de corne, bouche gourmande, élocution lente et précise.C’est Pacifique Plante, dit Pax, qui dirige l’escouade de la moralité de la police de Montréal.Pax est un camarade de [André] Laurendeau [que Gérard Filion vient de nommer rédacteur en chef] au coflège Sainte-Marie.D a fait des études de droit est devenu greffier de la Cour municipale, puis est passé au service de la police où il fait la vie dure aux preneurs aux livres (bookies) clandestins et aux souteneurs.Il subit m’explique-t-il, des pressions de plus en plus fortes de son supérieur, le chef Albert Langlois; il a le sentiment que Langlois se fait le porte-parole de membres influents du conseil municipal.J’écoute Pax Plante me raconter des histoires abracadabrantes: portes de garde-robe cadenassées, tenancières condamnées vingt trente, quarante fois, grosses madames portant un sac à main rempli de billets verts, qui se promènent ostensiblement dans les couloirs de la Cour municipale comme dans leur jardin.Je me dis en moi-même que le bonhomme exagère.Je me demande ce que je peine bien faire de plus que de donner instruction à notre courriériste municipal d’avoir l'œil ouvert Mais celuLci est tout le contraire du journaliste d’enquête.De formation notariale, il note avec une scrupuleuse exactitude ce qu’ü voit et entend, mais on ne peut lui en demander davantage.Il faut écrire! Le 8 mai 1948, Pax Plante est cavalièrement remercié de ses services.L’affaire paraît définitivement classée, en dépit des protestations de quelques conseillers, notamment Pierre Des Marais et Paul Dozois.Durant un an, Pax Plante paraît introuvable, ou du moins il ne fait pas surface.Puis un beau jour de l’été 1949, il rapplique à mon bureau.Cette fois, il se fait plus insistant.Le jeu et la prostitution fleurissent comme jamais à Montréal, grâce à une politique de tolérance appliquée par la direction de la police, avec l’approbation tacite de l’administration.Pax Plante me suggère une série d’articles dans Le Devoir, mais comme il se sent incapable de les écrire, il me demande de mettre un journaliste à sa disposition.Des journalistes disponibles au Devoir, il n’y en a pas des tas.J’y penserai, que je lui dis.J’en glissai probablement un mot à Laurendeau, à la suite de quoi il me vint à l’idée que Gérard Pelletier, qui sortait de la grève de l’amiante, pourrait être disponible.Au meilleur de mon souvenir, il fallut un bon trois mois à Pelletier pour mettre en ordre les liasses de documents amassés par Pax et rédiger les soixante-deux articles qui parurent dans Le Devoir du 28 novembre 1949 au 18 février 1950 sous la rubrique Montréal sous le règne de la pègre, que la Ligue d’action nationale publiera en plaquette en 1950.La trouille Ce que je retiens de l’affaire c’est l’incroyable trouille de Pax Plante.Il se sentait traqué par ceux dont il dénonçait les combines.D se disait certain d’être abattu un jour; son cadavre serait coulé dans un bloc de béton et immergé dans le Saint-Laurent pour n’en ressortir qu’au Jugement dernier.D se planquait quelque part dans le quartier N otreDame-de-Grâces et c’est là que Pelletier se faisait expliquer tous les trucs de la pègre montréalaise, avec documents à l’appui.Ses craintes n’étaient probablement pas dénuées de fondement, puisqu’au Devoir nous eûmes à subir quelques sévices.Une nuit, la grande vitrine de la rue Notre-Dame [où lo- geait alors Le Devoir] vola en éclats et nous eûmes à tolérer durant quelques semaines une sorte d’occupation policière, soit une patrouille en permanence en face de l’immeuble, plus un gendarme à chaque étage.D va de soi que l’administration municipale voulait éviter pardessus tout un saccage du journal, ce qui aurait donné une crédibilité certaine à nos dénonciations.Dans le public, l’effet fut plutôt modéré.Une curiosité passagère, qui se traduisit par une modeste hausse du tirage, pour retomber au niveau précédent Mais ce qui s'ensuivit eut un impact énorme sur le destin de Montréal.C’est à partir des articles de Pax Plante que commença l’ère Jean Drapeau.Gérard Filion : innovation et enracinement JEAN-MARC LÉGER Journaliste ¦ 1 était de ces hommes qui ont horreur des I éloges, de «la flatterie», comme il disait Aussi, la tâche n’est-elle point aisée pour quiconque souhaite aujourd’hui lui rendre un juste hommage, ajouter son té-i* 1- moignage à tous ceux, innombrables, qui lui ont été et lui seront rendus.Si je devais définir l’homme en quelques mots, je dirais d’abord: vigueur et rigueur sur tous les plans, puis souci exigeant de la justice sociale et de la solidarité, sentiment très vif du besoin urgent de progrès économique comme condition de l’avancement de son peuple.Et peut-être, par-dessus tout la synthèse permanente de l’innovation et de l’enracinement Loin de se complaire à faire le procès du passé, il avait la fierté de ses origines, de notre histoire collective et il ne confondait pas la nécessaire et parfois urgente évolution avec l’immense braderie à laquelle d'aucuns se plaisaient à se livrer.Autant le directeur du Devoir était exigeant surtout quant à l’authenticité des faits, la précision de l’information et la qualité de la rédaction, autant l’homme, sur le plan personnel, était agréable, plein d’humour, taquin même, raffolant des «bonnes histoires» et sachant en raconter avec couleur.D avait su garder d’autre part de ses origines (Cacouna, De verte), et de son long passage à La Terre de chez nous (journal hebdomadaire et alors influent de l’Union catholique des cultivateurs), le sens du propos direct et de la prise de position claire.Je l’ai connu pour ma part dès 1948 dans le cadre de la Ligue d’Action nationale (encore active aujourd’hui et continuant de publier sa revue mensuelle, la plus ancienne revue intellectuelle du Canada français, fondée en 1917), jeune recrue avec deux ou trois autres étudiants de l’Université de Montréal, impressionnés par un aréopage où se retrouvaient notamment, outre Filion, André Laurendeau, Jacques Perrault, Guy Vanier et, surtout, Lionel Groulx, chez qui le groupe tenait souvent ses réunions trimestrielles.La débrouille! Un jour de septembre 1956, Filion me téléphone à La Presse où j’œuvrais depuis cinq ans et me demande de passer le voir.C’était pour m’offrir d’entrer au Devoir, «afin de nous redonner une rubrique internationale, un minimum de nouvelles étrangères» (secteur dont j’étais l’un des responsables à La Presse) : c’était en effet le désastre ou.le désert depuis près d’un an au Devoir.Et d'ajouter avec sa franchise coutumière: avec les ressources et les moyens du bord! Sage précaution, car les ressources se résumaient en la matière à la seule agence de nouvelles Canadian Press, et encore à ce qu’on appelait alors le «fil français» de la CP, où les nouvelles internationales étaient aussi minces que la langue était pitoyable.Filion à qui je m’en ouvris au bout de peu de jours me rétorqua: •Je t’avais prévenu des difficultés.Pas un sou pour le moindre abonnement à une agence quelconque.Débrouille-toi.» Se débrouiller.C’est ce que je fis avec le précieux, très officieux et éminemment confraternel concours de coDègues des autres quotidiens qui me refilaient chaque jour, sous le manteau, force dépêches des grandes agences: AP, AFR UP, etc.Et je compensais partiellement la relative pauvreté en informations directes, par la multiplication d’interviews avec des personnalités étrangères de passage, puis par une revue hebdomadaire de l’actualité internationale, une page entière le samedi sous le titre «Horizons internationaux».Ce n’est qu’en 1959, avec la progression du tirage et l’amélioration des ressources que le journal put enfin s’abonner à l’AFP, AP etc.J’ajouterai encore ceci qui confirme le sens de l'ouverture et du dialogue chez Filion.Je lui proposai un jour, dans le soud de favoriser le climat de confiance entre l’équipe de direction et «la salle» (12 à 15 journalistes, à tout casser), de créer un comité informel de six-sept personnes, trois de «l’éditorial», quatre de la salle de rédaction, avec une réunion hebdomadaire d’une heure ou deux.Dès le lendemain, il me marquait son accord.Et cela allait durer jusqu’à son départ Voilà quelques souvenirs que je garde de ce très grand journaliste et à certains égards grand politique que fut Gérard Filion.Editorial sur le scandale du gaz naturel L’aboutissement naturel d’un système GÉRARD FILION 28fliin 1958 I"—'-“j es ministres de M.Duplessis n’ont pas, comme le premier ministre l’a affirmé et I cornu» certaines personnes distraites le I croient, acheté des titres de la Corpora-I J tum de gaz naturel dans le cours ordinaire .des transactions boursières.Même si cela était, le geste serait dangereux et répréhensible.Mais leur cas est beaucoup plus grave C’est au moment même du lancement de la Corporation de gaz naturel que les ministres, à une ou deux exceptions peut-être, ont acheté des titres.Qu’on se réfère à la nouvelle que nous publions en première page.On trouve dans le livre des obligataires le nom de MM.Onésime Gagnon et l’an! Dozois, inscrits le 2 mai 1957, ceux de MM.Johnny Bourque et Jacques Miquelon, le 8 mai; M.Daniel Johnson, plus expéditif, est déjà inscrit dans les registres le 30 avril.Comme les titres ont été mis sur le marché le 25 avril, le décalage des dates indique, d’après les gens au fait de la question, le temps qu'il faut généralement pour qu’un nouvel actionnaire ou obligataire soit inscrit chez le fiduciaire.Mais il y a davantage.L’émission officielle se fit le 25 avril, mais les commandes affluèrent chez les courtiers bien avant cette date.Dès la fin de mars, le public était alerté et les acheteurs pressaient les courtiers de les faire participer au coup de Bourse qui se préparait Les mieux informés étaient évidemment les ministres, puisqu’ils avaient adopté le 7 inars précédent un arrêté ministériel, portant le N° 203, auquel était attaché le projet de contrat entre Hydro-Québec et la Corporation.Ils étaient donc eux pleinement au courant de ce qui s'en venait, et c’est avec leurs informations de ministres de la Couronne qu’ils jugèrent à propos de faire une spéculation intéressante.Quand nous affirmons que les ministres se sont vendu à eux-mêmes une marchandise appartenant au public, nous n’exagérons rien.Connue membres du cabinet, ils étaient au courant depuis deux ans des tractations entre la province et la Corporation de gaz naturel: d’une façon plus immédiate, ils connaissaient depuis le 7 mars 1957 la teneur des contrats entre les deux parties.Forts de cette connaissance, ils sont panni les premiers souscripteurs aux titres de la Corporation de gaz naturel.Combien en ont-ils acheté?Nous n'en savons rien.Combien de ministres sont impliqués dans l’affaire?Nous en connaissons huit seulement Mais nous avons des témoignages sûrs à l’effet qu’au moins une demi-douzaine d'autres en auraient fait autant.Les plus finauds ne s’y sont d’ailleurs pas fait prendre.Ils ont joué sur marge, laissant les titres au nom du courtier; Us ont empoché un profit de capital, puis se sont retirés sans laisser de traces dans les documents officiels.Au fond, les huit qui sont impliqués dans l’affaire ne sont que des amateurs.Les professionnels ont porté des gants pour éviter de laisser leurs empreintes digitales.Seule une enquête royale ayant autorité pour forcer les courtiers à révéler leurs transactions mesurerait l’ampleur de l’opération de concussion qui s’est faite au printemps 1957.Beaucoup de gens s’interrogent et ne comprennent pas comment des vieux routiers de la politique sont arrivés à se laisser prendre aussi stupidement D n’y a qu’une explication: pour eux, c’était une affaire normale.La concussion a existé à toutes les époques et sous tous les régimes.Elle est inhérente à la nature humaine.Ce qui lui donne un accent particulier sous le gouvernement de M.Duplessis, c’est qu'elle est érigée à l’état de système de gouvernement Le premier ministre a déjà déclaré: Quand on a un petit pain, on le partage entre ses hommes.Il a déjà dit aux gens de Verchères: Si vous voulez des routes, votez pour l’Union nationale et aux gens de Shawini-gan: si vous voulez un pont neuf, vous nous le ferez savoir par la manière dont vous voterez.Le petit pain de l’Union nationale grossit d’année en année, fi est aujourd’hui de l’ordre d’un demi-miL liard, soit le budget annuel de la province.Chaqi “• montant est dépensé en fonction du rendement électoral.Les amis sont bien servis; les adversaires se serrent la ceinture.Un tel régime de favoritisme et de concussion est appelé à finir dans un immense scandale.C’est ce qui arrive aujourd’hui.Le peuple sait depuis longtemps que l’administration de l’Union nationale est pourrie, parce que chacun a eu connaissance dans son milieu propre de petits et de moyens scandales.Cette habitude, je serais tenté d’écrire cet entrainement, rend plausibles les pires monstruosités.LE DEVOIR aurait écrit, il y a dix ans, les mêmes choses qu’il n’aurait pas été cru.Aujourd’hui les gens ont tellement vu de saletés de toutes sortes dans leurs propres milieux qu’il existe dans l’opinion publique un préjugé défavorable aux hommes qui dirigent les destinées du Québec.M.Duplessis se drape dans son intégrité et insiste sur le fait que personnellement il n’a pas trempé dans l’affaire.D y a tellement de ses proches à figurer dans la transaction qu’on est fondé à poser au moins quelques interrogations.Mais quoi qu’il en soit, le premier ministre garde toute la responsabilité politique du scandale qui vient d’éclater.Il ne peut en renier la paternité parce qu’il a posé lui-même et à plusieurs reprises les prémices des actes dont ses ministres se sont rendus coupables.Ce n’est pas en expulsant les journalistes de ses conférences de presse, ni en essayant de faire chanter les journaux par des menaces de poursuites qu’il blanchira sa réputation.C’est devant le peuple de la province qu’il devra s’expliquer; le plus tôt sera le mieux.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine Gérald Dallaire {adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau {affaire* municipales), Fabien Deglise.Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myies (justice et fiits de société), Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion.Louis^GiUes Francœur (environnement), Benoît Munger (responsable du site Internet), Laurence Clavel, Jean-Guillaume Dumont (commis internet) Isabelle Paré (santé), Louise-Maude Rioux-Soucy (surnuméraire) ; Pauline Gravel (sciences) ; Guillaume Bourgault-Côté (surnuméraire).Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos, Michéle Malenfant et Christine Dumazet (relecteurs), Renée Léo Guimont et Serge Faquin (relecteurs surnuméraires) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau {photographes) : à l’information culturelle : Michel Belair (théâtre et cahier culture), Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end).Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpeth (livra).Odile Tremblay (cinéma), Bernard Lamarche (arts tnsuels et musique), Frédérique Doyon (surnuméraire) ; à l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny (pupitre), Philippe Papineau (surnuméraire).Éric Desrosiers.Alec Castonguay, Claude Turcotte, François Desjardins (surnuméraire); h l’information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque, Guy Taillefer (adjoint au directeur de linfbrmation), Serge Truffaut (éditorialiste) ; à l'information politique Hélène Buzetti et Manon Cornel lier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Marilyæ Hamelin, Alexandre Shields (commis) La documentation Gilles Paré (directeur) ; Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril, Jean de Billy, Marlene Céte.Dave Cameron, Van Hamel.Christiane Legault Amélie Maltais.Jacques A Nadeau, Claire Paquet, Micheline Ruelland, Nadia Sebaï.Mélisande Simard (publicitaires), taurence Thériault (directrice adjointe), Manon Blanchette, Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchez.Philippe Bonte, Johanne Brunet Danielle Can tara, Richard Des Cormiers.Donald Filion.Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida, Yannick Morin (surnuméraire) INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Linda 'ITtériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Roxanne Labelle (coordonnatrice à la promotion et à la sollicitation), Loli SénéchaJ-Berthiaume, Monique L’Heureux, Rachelle Leclerc, Caroline Simard L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furov.Germain Haeck (contrôleur).Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adjoint* administrative) Claudine Chevrier.Monique Proteau.Danielle Rosa. A 8 LE DEVOIR, LE MARDI MARS 2 0 0 5 ACTUALITES SEISME SUITE DE LA PAGE 1 poussé les habitants à fuir leurs maisons à la recherche d’un abri dans les mosquées qui ont souvent été les rares bâtiments à ne pas avoir été trop durement touchés le 26 décembre.Les nerfs des habitants d’Aceh n’ont connu aucune relâche depuis le séisme du lendemain de Noël, sans cesse rappelé à leurs cauchemars par des dizaines de répliques En Thaïlande, des milliers de personnes se sont réfugiées dans les hauteurs apres une alerte lancée dans les provinces méridionales déjà touchées le 26 déçembre, dont Phuket et Phang Nga.A Patong, dans la ville touristique de Phuket, les départs se sont effectués pare-choc contre pare- choc.Des habitants ont été filmés par les télévisions empilant leurs biens dans des camionnettes avant de quitter les zones côtières, tandis que des commerçants fermaient avec précaution leurs boutiques dans la crainte de pillages.Des pêcheurs ont pris la mer dans l’espoir d’avoir de meilleures chances de sauver leur bateau si des murs de vague s’abattaient de nouveau sur les côtes.Dans les hôpitaux du Sud, des personnels stagnants ont été rappelés à titre de précaution.Au Sri Lanka, où phis de 30 000 personnes sont mortes le 26 décembre, des habitants se sont précipités dans des temples ou des églises tandis que la police faisait du porte-a-porte pour appeler la population à se réfugier dans les hauteurs.Dans la ville indienne de Nagapatünam (Tamil Nadu, sud), qui a enregistré le plus de morts et disparus dans le raz-de-marée du 26 décembre (6000), un responsable de la Croix-Rouge a raconté que La population courait pour fuir les côtes.New Delhi a dédenché une alerte pour Tensemble de la côte sud, tandis qu'au moins une secousse a été ressentie dans les archjpds des Andamans (sud-esp.Laler-te indique qu’il y a une fenêtre de «sir à huit heures* avant que le raz-de-maree puisse atteindre la côte.Plus de quatre heures après le séisme, aucun signe de raz-de-marée n'avait été noté.Agence France-Presse, Reuters et Associated Press DIALOGUE SUITE DE LA PAGE 1 minimalement, le seul fait qu 'il puisse y avoir cette annonce [hier] témoigne d’une volonté de part et d’autre de régler le conflit.» Les rencontres se tiendront donc cette semaine, mais la FEUQ n’a pas voulu dévoiler quand exactement Car les parties ont aussi convenu — dans un geste qui annonce généralement l’intention de négocier réellement — de ne plus utiliser l’espace public pour faire passer leur message.Dorénavant et jusqu’à nouvel ordre, les discussions se tiendront loin des caméras et des micros.«Nous ne voulons pas dévoiler la teneur de ces discussions, confirme Pier-André Bouchard.Si on peut avoir des résultats sans que tout le monde soit au courant pendant qu'on discute et que ça peut être positif, alors tant mieux.Nos assemblées générales trancheront ensuite pour juger les résultats.» Ainsi, la FEUQ n’a pas précisé sur quelles bases reprendraient les discussions.«Une chose est sûre: les 103 millions sont non négociables», a toutefois répété M.Bouchard, en rappelant la principale revendication des étudiants en grève, soit le réinvestissement sous forme de bourses de cette somme transformée en prêts lors du budget d’avril 2004.Jeudi, les dernières tentatives de la FECQ et de la FEUQ pour trouver un terrain d'entente avec Québec avaient échoué.Le ministre de l’Education Jean-Marc Fournier a alors rejeté leur «contre-proposition» demandant que les bourses soient récupérées à même les promesses de baisses d’impôt du gouvernement Charest.La dernière proposition gouvernementale impliquait un programme de remise de dette échelonnée sur cinq ans, allant de 41,5 millions l’an prochain à 95,5 millions.Hier, le cabinet du ministre n’a pas fait de commentaires, en raison du congé pascal.Mais selon Pier-André Bouchard, deux facteurs expliqueraient la décision du gouvernement d’accélérer les pouipar-lers.«On imagine qu’ils ont une marge de manœuvre qu’ils n’avaient pas auparavant, avec les 30 millions de dollars supplémentaires qui viendront du programme canadien de prêts étudiants [à la suite de la bonification du régime décidée dans le budget Goodale], Aussi, il semble que la date du 1" avril soit butoir pour le gouvernement», croit M.Bouchard.Car après un mois de grève, plusieurs institutions (surtout collé giales) atteindront bientôt un seuil critique pour sauver le trimestre actuel.La CASSEE toujours active Pour sa part, exclue des discussions avec le gouvernement parce que ses dirigeants ont refusé de condamner des actes que le ministre Fournier a jugés violents, la CASSEE a dévoilé hier, au terme d’un congrès tenu à Montréal, son plan d’action pour la semaine à venir, plan qui indique qu’elle n’entend pas être mise de côté dans cette grève.Le programme comprend rassemblements, occupations et action de solidarité envers les assistés sociaux (la FEUQ et la FECQ organisent de leur côté un grand rassemblement mercredi).«On appelle les gens à perturber l’économie, à perturber l’ordre social», a lancé Mathieu Cousineau-DeGarie, un porte-parole de la CASSEE.Selon la coalition, qui représente environ le tiers des grévistes, c’est maintenant «tout le gouvernement Charest et ses politiques antisociales qui sont sur la sellette» après un mois de grève.Les militants ont ainsi voté pour que les assemblées générales prennent position afin d’exiger la démission du premier ministre Jean Charest.Ils ont aussi suggéré au ministre Fournier d’aller chercher l’argent manquant du programme de bourses en mettant «fin aux crédits d’impôt des entreprises prospères» et en réduisant l’évasion fiscale.•Legouvernement n'a pas un chèque en blanc pour massacrer l’ensemble des programmes sociaux et le droit à l’éducation, estime Xavier Lafrance, porte-parole de la CASSEE [.].Toutes les grèves étudiantes se font sur des revendications complètes, et aussi sur des perspectives d’avenir.C’est ce qu'on désire amener aujourd'hui» en élargissant les revendications aux domaines économique et social, a-t-il dit Mais pour Pier-André Bouchard, la grève actuelle n’est pas le lieu pour ce type de débat.«Ça risque de diluer le consensus.Nous sommes ouverts à discuter de notre vision de l'éducation, mais on ne fait pas la grève pour ça actuellement.Nous la faisons pour récupérer 103 millions.» Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 EU Place-des-Arts Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir peut, à l’occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition ri'orRanisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle it Devoir est publié du Hindi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2060, rue De Bleury.9 étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.800.boulevard Industriel.Saint-Jean-su r-Richelieu.division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de publication Enregistre,ment n* 0856.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.FILION SUITE DE LA PAGE 1 Ceux qui s’y risqueront se feront montrer la sortie par Maurice Duplessis lui-même qui ne s’embarrasse pas du concept de liberté d’expression.L’un de ces journalistes, Guy Lamarche, se fera d’ailleurs expulser par un policier à la demande du premier ministre.«Le Devoir jouait un rôle indispensable quand il combattait le régime Duplessis.Cétait la bagarre constante avec lui, indique Michel Roy, ex-joumaHste du Devoir.Vous noterez chez Filion une aptitude à écrire avec une grande clarté, avec une précision et une objectivité parfaites.» Gérard Filion n’était pas du genre à s’éterniser dans la salle de rédaction ou à dicter ses opinions à son personnel confie M.Roy.«Et ce n’était pas l’homme des tapes dans le dos», dit-il.Mais l’une de ses phis grandes contributions au Devoir, ajoute M.Roy, c’est d’avoir donné au journal cette «capacité à résister à la faiblesse inhérente d’un journal pauvre, son aptitude à rechercher et à obtenir des fonds».En 1953, lorsque le journal Le Canada ferme ses portes, Gérard Filion saute sur l’occasion pour transformer le Devoir, de publication de l’après-midi qui était en un quotidien du matin.Cette manœuvre tait bondir le tirage du journal C’est aussi sous la gouverne de Filion que Le Devoir publie, avec la participation de Pacifique Plante, une série d’articles sur la prostitution et le jeu, des activités florissantes à Montréal.Puis, en 1958, éclate dans les pages du Devoir le scandale de la Corporation de Gaz naturel qui éclabousse plusieurs ministres du cabinet Duplessis.Jean-Marc Léger, ex-journaliste aux actualités internationales, se souvient d’un homme très exigeant mais souligne que Gérard Filion était aussi reconnu pour son côté blagueur et son humour.Mais surtout dit-il, Gérard Filion a profondément transformé Le Devoir.«Trouvant que Le Devoir était devenu un peu conservateur avec les années et souhaitant secouer le cocotier, il estimait que le journal devait non seulement être à l’écoute de la société nouvelle, mais aussi pouvoir être un moteur de l’évolution», explique-t-il.Lorsqu’il quittera Le Devoir en 1963, Gérard Filion deviendra directeur général de la Société générale de financement D occupera ensuite les fonctions de commissaire, puis de président de la commission scolaire de Saint-Bruno-de-Montarville.Là encore, il fera sa marque en développant des projets pédagogiques qui ouvriront la voie, à terme, à l’établissement d’un réseau secondaire public.De 1960 à 1968, il fut maire de la municipalité de Saint-Bruno-de-MontarviDe, son lieu de résidence.Commission Parent Au début des années 60, le sociologue Guy Rocher a siégé avec M.Filion au sein de la commission Parent dont les travaux devaient mener à la création du ministère de l’Education.D rappelle que l’aide de M.Filion avait été fort précieuse.«Ce n’était pas le conciliateur par excellence, il prenait position.Mais il prenait position de telle manière qu’il réussissait à nous rallier», relate M.Rocher.Même s’il a maintes fois été sollicité pour sauter dans l’arène politique, Gérard Filion n’a jamais succombé aux «sirènes de la politique».Tail Gérin-Lajoie, premier titulaire du ministère de l’Education, se demande d’ailleurs si Gérard FDion y aurait connu du succès.«Je crois qu’avec son tempérament un peu cassant et tranché il aurait eu de la difficulté à s’adapter au monde politique où on doit nécessairement faire des compromis et mettre de l’eau dans son vin», indique-t-il.Fils de cultivateur né à L’Isle-Verte en 1909, Gérard Filion était le cadet d’une famille de 17 enfants.En 1934, il avait obtenu sa licence en sciences commerciales avant de devenir rédacteur de la Terre de chez nous, puis secrétaire général de l’Union catholique des cultivateurs, rebaptisée aujourd’hui Union des producteurs agricoles (UPA).Gérard Filion, qui avait épousé Françoise Servêtre (aujourd’hui décédée), a eu neuf enfants, quatorze petits-enfants et trois arrière-petit^enfants.Ses funérailles auront lieu demain à llh à l’église de Saint-Bruno-de-Montarville.Le Devoir TEMOIN SUITE DE LA PAGE 1 du Devoir goûtera à la médecine du premiei ministre.En juin 1958, en plein scandale du gaz naturel un autre journaliste, Guy Lamarche, est expulsé d’une conférence de presse, par la police provinciale s’il vous plaît «Je n’ai jamais détesté Duplessis, explique aujourd’hui M.Filion.B était une tête de Turc.Sans Duplessis, j’aurais été pn journaliste ordinaire.Cest lui qui m’a fait.» À l’époque, le duplessisme n’en a plus pour longtemps.Le «cheuf» meurt en 1959 et l’année suivante, les libéraux de Jean Lesage s’installent au pouvoir.La Révolution tranquille s’amorce, un bouleversement dont personne n’aurait pu imaginer l’ampleur, estime Gérard Filion.«Nous avions traversé une période de très grand conservatisme.On savait bien qu’avec la disparition de Duplessis il y aurait des changements, mais pas aussi profonds et pas aussi irréversibles que ceux qu’on a connus.» •Après 1960, on s’est imaginé que tout était possible et que tout devait être fait le plus vite possible.On a rarement vu des transformations aussi rapides dans n'importe quelle société dans le monde.On a tout essayé, dans les domaines économique, social, intellectuel», dit M.Filion, qui a d’ailleurs participé activement à l’entreprise en quittant Le Devoir pour la Société générale de financement en 1963.Lui qui était arrivé presque malgré lui à la tête du journal au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale avait vu sous son régne, marqué par la disparition d’un autre quotidien, Le Canada, en 1953, le tirage du Devoir passer de 18 000 à 42 000 exemplaires.C’est du reste l’une des conséquences de la Révolution tranquille que Gérard Filion place au premier rang des événements du XX' siècle en politique québécoise: la création du Parti québécois.«Cétait quelque chose de tout à fait nouveau.Dans les années 1960 arrive cette poussée de fièvre avec le PQ qui change complètement la donne au Québec et au Canada.• «Auparavant, note-t-il, on avait deux vieux partis: les libéraux et l’Union nationale, conventionnels, traditionnels.Auparavant, vous étiez bleu ou rouge, maintenant vous êtes Québec ou Canada.Cest désormais le choix qu’il faut faire quand on va voter rester Canadiens ou devenir indépendants.On avait assisté par le passé à de petites poussées de fièvre, incarnées dans le Bloc populaire par exemple, mais ça n’avait pas duré.Le PQ, lui, a mis dix ans à peine à provoquer la mort de l’Union nationale, et sa présence conditionne le débat politique partout au pays depuis 30 ans.» Un débat dont M.Filion ne voit pas Tissue.«Ça fait longtemps que ça dure, et ça va continuer encore longtemps.Le Québec deviendra-t-ü un jour indépendant?On ne sait jamais Lopinion a de ces sautes cThumeur et a souvent des réactions sentimentales plutôt que raisonnables.» •Mais la question fondamentale dans ce dossier est de savoir comment réagirait le Canada.Il se retrouverait coupé en deux et devrait se résigner à disparaître.Ilya combien de pays dans le monde qui sont coupés en deux?Aucun.Uya eu le Pakistan et le Bangladesh, ilya eu l'Allemagne avec le corridor polonais, et on a vu ce que ç’a donné.C’est déjà un indice que ça ne pourrait pas fonctionner facilement.• •Mon appréhension, souligne-t-il c’est que, quelle que soit la volonté du Québec, le Canada ne pourrait jamais, s’il tient à rester un pays, lui permettre de s’en aller» Le succès de Bombardier En économie aussi Gérard Filion voit dans l’amorce de la Révolution tranquille un passage incontournable.«1960, dit-il a marqué un tournant dans la vie des Canadiens français.» Dans les années précédentes, Le Devoir s'était résolument prononcé en faveur d’une intervention de l’Etat dans l’économie «parce qu'on n’avait pas d’autres moyens entre les mains».Mais si, aujourd’hui, il continue d’affirmer que cette intervention était «nécessaire» et qu’eDe l’est encore à maints égards, il rappelle aussi que des progrès considérables ont été accomplis grâce à quelques visionnaires.•Dans les années 1950, le vaisseau amiral de l’économie canadienne-française était Dupuis Frères.C’était le symbole de notre réussite.Dupuis Frères a disparu, et on n’est pas morts pour autant.Parce qu’il y a eu beaucoup de gens qui ont pris de grandes initiatives et profité de l’engouement de l’atmosphère de l'époque pour créer et développer des affaires remarquables.» D cite notamment Paul Desmarais, le Mouvement Desjardins, et surtout Bombardier.«La plus grande réussite économique du siècle au Québec, c’est peut-être Bombardier.En 1960, l’entreprise était déjà là.Après la mort du fondateur, ç’aurait pu tourner à rien du tout, mais c’est devenu ce que c’est aujourd'hui parce qu’il y a eu un homme [Laurent Beaudoin, le gendre de Joseph-Armand Bombardier] qui avait la main à ça.Il n’y a pas beaucoup d’entreprises qui sont montées si vite et devenues si solides en quelques années à peine.» •Bien sûr, quand vous avez de telles entreprises et que des gens deviennent multimillionnaires, ça fuit scandale, mais y a-t-il moyen de créer une économie prospère sans hommes comme ça?Les Soviétiques ont essayé une autre formule, et on a vu ce que ç’a donné.Aussi longtemps qu’on ne trouvera pas une autre formule, ce seront encore des individus qui feront de grandes cfifoires.Des créateurs.S’agit ensuite de voir à ce qu'ils n’affament pas les autres; c’est pour ça que les institutions sociales sont nécessaires.Mais on ne peut pas se passer de ces créateurs.» La traversée du siècle Sur le plan international M.Filion retient le Pacte de coopération de 1963, conclu par le président fiançais Charles de Gaulle et le chancelier de la RFA, Konrad Adenauer, qui scellait la réconciliation franco-allemande.«Cet accord a complètement changé la donne, et l’atmosphère, en Europe.Auparavant, sur le continent européen, après une guerre, on préparait la suivante Cétait la revanche perpétuelle.Cette fois-ci, on a dit: “La revanche, c’est fini, on va essayer de travailler ensemble.’ Par la suite, la Grande-Bretagne a fini parse rallier et, à long terme, cela a donné l’Union européenne, qui fait aujourd’hui contrepoids à la puissance des États-Unis.» •Avec cette entente, on a su qu’il n’y aurait plus de guerre en Europe de l’Ouest.» Gérard Filion a traversé le siècle.D raconte les soirées électorales d’autrefois, lors desquelles la population se massait à la gare de chemin de fer pour connaître les résultats, transmis par télégraphe.D a connu la lampe à pétrole.D se rappelle la Déclaration de guerre en 1914.D témoigne d’un autre univers.«On vivait chacun chez soi à la campagne.Je suis né dans le premier rang à L’Isle-Verte.Les paroisses voisines de Saint-Éphrem et de Soint-Paul-de-la-Croix, c’était, pour nous, le bout du monde.• Aujourd’hui, la planète entière est à portée d’ordinateur.Mais l’homme, qui avait cinq mois quand est né Le Devoir, qui continue de suivre l’actualité et qui dit n’avoir «pas l'impression d’être si âgé que ça», ne se sent pas dépassé pour autant De ce monde encombré, il dit qu’«il n’y a Jamais trop d’information: on choisit, on n’est pas obligés de tout gober».Tout de même.Au XXr siècle, «il y a eu une accélération de l’histoire phénoménale, conclut-il.Pour le meilleur ou pour le pire, je ne sais pas.Je sais simplement qu’il jbut l’accepter et en tirer le meilleur parti.De toute manière, on ne résiste pas à ces choses-là» Le Devoir GUTIERREZ SUITE DE LA PAGE 1 dernieres années coqueluche latiiK>americaine de la critique littéraire étrangère.L’homme est âgé de 56 ans et habite comme au sommet d’une tour.D écrit dans un petit coin de sa chamtre, assis à côté d’une fenêtre, a la main dans des cahiers dans une graphie minuscule, œ qui contredit sa gueule de boxeur, avant de tout transcrire sur une vieille machine a écrire.Etrange posture que celle de cet écrivain pratiquant son art dans une société cubaine tissée de discours croisés — de discours qui sont, à real nu, inextricables.Posture étrange qui est celle aussi de nombre de Cubains.Ni dissident anticastriste ni chantre du régime.D serait exilé à Paris ou Madrid, comme tant d’autres de ses compatriotes, qu’il en aurait peut-être moins d'attrait.L’intérêt, disons sociologique, est justement que cet anoen journaliste en vue des médias cubains reste Tà, à produire, sans se faire embêter par le régime, des romans d’un trash explicite, bourrés de sexe et de violence, explorant un monde grouillant de pauvreté et de marginalité, aux antipodes de l’éloge d’une «Révolution en marche» qui au nom de la résistance à Fagresseur américain, s’accommode généralement bien mal de la diversité des points de vue.D écrit, des hauteurs d’un immeuble décati, des romans qui fouillent, littéralement, dans la merde de la réalité.«A Cuba, les écrivains, dès qu’ils écrivent des choses très/brtes, partent tout de suite pour Miami ou Madrid» Lui non.«Matériellement, j’arriverais à très bien vivre en exil Spirituellement, ce serait un suicide.» L’écheveau n’est pas indébrouiflable; il suffit de savoir que ses ouvrages sont librement traduits et distribués dans une vingtaine de pays, du Brésil à la Finlande en passant par le Québec, mais que les autorités cubaines ont systématiquement refusé, sauf pour certaines poésies, de le publier dans lie.Le sort de l’opposition politique intérieure à Fidel Castro n’est guère différent personne au dedans, quelqu’un au dehors.Jouer le jeu En entrevue, fin mars, Gutiérrez ne s'engage pas sur ce terrain.«Quand on me demande ce qui va se passer à Cuba à la mon de Fidel, je ne réponds pas.» On lui demande avec prudence: n'avez-vous pas l’impression d’être quelque chose comme une façade utilisée par l’Etat pour projeter l'impression que la liberté d’expression s’épanouit à Cuba sans problème?«Je ne crois pas», affirme-t-il sans entrer dans les détails.Pour le Juan Pedro Gutiérrez qui gagne sa vie en écrivant des romans, 0 y a une liberté essentielle, et elle est littéraire.Pour se prémunir, n s’agit apparemment de respecter à la lettre le tabou du politique.Ses éditeurs Font sacré «Bukowski caribéen» et «Henry Miller de La Havane», et les critiques analysent la baise qui écume ses romans comme le cri de liberté d’un peuple qui n’a que celle-là.Albin Michel, son éditeur français, présente sa dernière fiction.Le Roi de La Havane, comme «l’une des grandes expériences de la littérature latino-américaine contemporaine» en résumant ainsi «Uy évoque le destin protéiforme de sa population la plus pauvre et marginale: mendiants, prostituées, travestis, vendeurs ambulants, ivrognes, crèvelafoim.âmes pendues à la lisière de la mort.foune terrible et apocalyptique » Exemple, page 249: «Cétait comme ça qu’il aimait, bien puant.Elle s’est penchée sur sa queue.Un soixante-neuf.Us ne s’étaient pas lavés depuis des jours.Deux porcs, ils étaient.Ils se désiraient comme des animaux Et se sont lancés dans l’une de leurs baises démentes.» D’un roman précédent, Animal Tropical, le mensuel espagnol Qué Leer s’était exclamé: «Un livre en état d’érection!» L’écrivain joue le jeu, c’est vendeur.Une photo de hri, posant nu, dans le magazine Der Spiegel, qu’il avait accepté de faire après avoir vidé une bouteille de Ron avec l’intervieweur, lui a valu des offres de publication instantanées de la part d’éditeurs allemands.Mais il récuse la comparaison avec Bukowski: «Je n’ai rien à voir avec lui B était dépressif, alcoolique, n’a pas foil l’amour pendant des années.Moi, je le fois tous les jours, parfois deux fois par jour.» Vantard! Pour autant il y a décalage entre l'image qu'il projette et l’intellectuel qui, en face-à-face, parie de la littérature comme quelque chose de sacré.Dit autrement Tan-pression de dur-à-cuire que donnent ses photos de presse n’est pas en phase avec cet écrivain qui se réclame de Dostoïevski: «B a fait son travail littéraire dans des conditions horribles en Russie sous le tsarisme, mais sans tomber dans le pamphlet politique.» Gutiérrez ne cherche pas à faire autrement qui défend à Cuba la valeur «anthropologique, journalistique, sociologique» de ses romans et de ses poèmes.«La pauvreté extrême, comme piège et cercle vicieux, est une constante dans ma littérature.Comme une obsession.» Aussi dit-il le sexe n’est pas pour ses personnages un geste de libération, comme certains l’analysent il traduit plus fondamentalement le désir de s’enfuir et d’oublier «B est une échappatoire qui tourne à l’obsession, une toxicomanie comme peut l’être l’alcool, pour oublier tous les problèmes qu’ils ne peuvent pas résoudre.» La frontière du silence Vingt-six ans de journalisme ne l’ont pas épargné.Au milieu des années 80, il est envoyé à Moscou faire un reportage très officiel sur les cosmonautes russes.Dans d’autres drconsfances, Q écrira sur des sujets tabous comme le suicide et la prostitution.Tantôt bon, tantôt mauvais garçon.«Quand j’étais journaliste, j'ai tenté de repousser ce que /appelle la frontière du silence.Je le Jais maintenant comme écrivain.» D cultive la sagacité, dit-il, que procure le journalisme.«Va marcher dans les rues autour d’ici et tu verras que le scénario du Roi de La Havane, je l’ai peu inventé.Cest à se demander parfois si je fais du reportage ou du roman.» Sa carrière journalistique prend fin lorsque, rentrant de trois mois en tournée de promotion en Europe en 1998, il est remercié de la revue Bohemia.Il a soumis son Roi de La Havane pour publication à Cuba.«Un fonctionnaire m’a dit “Cest ton meilleur livre, je l’ai lu trois fois, mais je ne crois pas que ce soit le moment de publier pareil portrait de La Havane.’J’ai objecté que c’était frire une lecture très politique du roman, alors que c’est l’histoire d’un jeune désœuvré qui pourrait tout aussi bien se dérouler au Brésil ou au Mexique.» Parmi ses romans.fl n’y a qq’Animal Tropical qui ait fait l’objet d’une édition dans Ffle, «mais à très petit tirage, souligne-t-il et je ne l’ai pas vu dans les librairies-.Ce qui n’a pas empêché, étrangement la Gaceta de Cuba, publiée six fois Fan par l’Union des écrivains et artistes de Cuba (UEAQ, de lui consacrer Fannée dernière une très longue entrevue.Encore que, sous le manteau, raconte-t-ü, quelques centaines d’exemplaires circulent relayés par les éditeurs et les ambassades.Une jeune Cubaine s’est présentée chez hri un jour pour hri demander d’autogra-phier un exemplaire tout usé de l’un de ses romans.•Tfii échangé sept Isabel Aliénât contre l’un des vôtres», lui a-t-eDe dit D laisse échapper, un peu coupable, que &lui a fait drôlement plaisir.Sa fille (U a quatre en-ts) s était déjà montrée moins enthousiaste au sujet de sa prose: «/aune tes livres, mais f aurais préféré que quelqu'un d'autre les ait écrits.» Le Devoir
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