Le devoir, 19 mai 2009, Cahier A
JOURNÉE DES PATRIOTES Une journée nationale sous le signe du souvenir Page B 2 -?w w w .I e (1 e v o i r.c o ni ?LE DEVOIR Vol.(I N " 109 ?I, I-: M A H I) I I 9 MAI 2 0 0 9 1.10$ + T A X E S = 1.2 Â $ LES VÉTÉRANS ET LE NOVICE SUR U CROISETTE IlSi' «f* ' i-i - .;V - AN N E-C H Kl STI NE POUJOULAT AGENCE FRANCE PRESS1* LE PUBLIC de Cannes a lancé les tomates au vétéran — Lars von Trier, au centre sur notre photo — et les fleurs au novice, Xavier Dolan (en bas).Cru et direct, Antichrist, le film de Lars von Trier mettant en vedette Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg a soulevé l’hostilité des critiques, alors que le jeune réalisateur et acteur québécois Xavier Dolan triomphait lors de la projection très attendue de son premier long métrage, J’ai tué ma mère.62l Festival de Cannes Au-delà du jeune âge.un vrai talent Le premier long métrage du Québécois Xavier Dolan est chaudement accueilli ODILE TREMBLAY Cannes — Bon! Un ouragan médiatique a soufflé au Québec, mais aussi a Cannes sur J’ai tué ma mère, de Xavier Dolan, avant même la projection du film.L’âge tendre du cinéaste (17 ans au scénario, 19 à la réalisation), son manque d’expérience, une production à compte d’auteur avant i’investissement de la SODEC.Ajoutez à cela le caractère autobiographique d’une œuvre dans laquelle il incarne son propre rôle d’ado à qui sa mère tombe sur les nerfs: toute bonne histoire rameute les médias.Alors, Libération, le Figaro et des hordes diverses sont venus l’interviewer.Au cours de la semaine, Canal + a prévu filmer un tête-a-tête entre Alain Resnais, doyen des cinéastes ici, et Xavier, le plus jeunot.Ça n’a pas dérougi.Il s’en inquiétait même à juste titre hier: «J’ai eu des entrevues aux 15 minutes, dit-il.Assez pour tuer le film.Le buzz m’a fait peur.Après tout ce tollé, et si les gens al- laient se dire: “Ce n’est que ça.”» Même nous, on n’en pouvait plus d’entendre parler si longtemps de ce film sans l’avoir vu.Mais cela s’est bien passé.A La Quinzaine des réalisateurs où le grand public est admis, la salle était pleine et, malgré l’accent québécois, le jouai parfois, les gens riaient aux bons endroits du film.Anne Dorval, stupéfiante dans le rôle de la mère, eut même droit à une ovation après une scène de pétage de plombs vraiment carabinée.La sale en redemandait, applaudissait En verve, Xavier maîtrisa même la conférence de presse.Atterrissage réussi.J’ai tué ma mère ne constitue pas un objet parfait.Mais compte tenu des moyens dont le cinéaste disposait — 800 000 $ — et de l’âge du capitaine, on peut parler de morceau de bravoure.Des réalisateurs seniors pourraient lui envier son originalité et la grâce de ses plans.Xavier est un ami, je le répète ici.Ce qui VOIR PAGE A 10: CANNES RF**"* * ^ JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le cinéaste Xavier Dolan présentait son film, J’ai tué ma mère, dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs.À lire aussi en page B 10 ¦ « Injustes huées pour Lars von Trier » PROCHE-ORIENT Obama prône la « solution des deux États » Le premier ministre israélien était reçu hier à la Maison-Blanche AMÉLIE DAOUST-BOISVERT Lors d’un premier tête-à-tête à Washington, le président américain, Barack Obama, a signifié clairement au premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, qu’il;ap-puyait la création d’un Etat palestinien.Le premier ministre israélien se dit ouvert à un «arrangement» sans directement faire mention de cette perspective.A Washington, Benjamin Nétanyahou a préféré mettre l’accent sur la menace posée par le programme nucléaire iranien alors qu’Israël considère avec inquiétude la main tendue de Barack Obama envers l’Iran.«A aucune autre époque, Arabes et Israéliens n’ont perçu une menace commune de la façon dont nous le voyons aujourd’hui», a souligné M.Nétanyahou.Mais M.Obama a affirmé qu’il entendait mener de front les dossiers du processus de paix israélo-palestinien et du programme nucléaire iranien.A l’issue d’un entretien très attendu de deux heures dans le bureau ovale, M.Obama a relaté que les deux hommes ont «parlé des moyens de relancer des négociations sérieuses sur les questions d’Israël et des Palestiniens», ajoutant que la «solution des deux Etats» servait les intérêts des deux camps.«J’ai dit auparavant et je répéterai ici qu’il VOIR PAGE A 10: ISRAËL Benjamin Nétanyahou Barack Obama À lire aussi en page B 1 ¦ «L’entente moins que parfaite» ISHARA S.KOD1KARA AGENCE FRANCE-PRESSE SRI LANKA La défaite des Tigres tamouls est scellée par la mort de leur chef ¦ À lire en page B 1 INDEX Annonces.B 2 Avis publics.B 6 Culture.B 10 Décès.B 2 Économie.B 5 Editorial .A 8 Idées.A 9 Météo.B 7 Monde .B 1 Mots croisés.B 7 Sudoku.B 4 Télévision.B 8 L’ENTREVUE Éloge de la candeur L’auteur Cari Honoré incite les parents à laisser leurs enfants être des enfants Passé au Québec en coup de vent il y a quelques semaines, Cari Honoré enfilait les entrevues à un rythme effréné: beau paradoxe pour cet auteur du best-seller L’Eloge de la lenteur, paru en 2005 et traduit depuis en plus de 20 langues.Le journaliste canadien qui vit aujourd’hui à Londres profitait d’un court séjour à Montréal pour faire la promotion de son essai, Manifeste pour une enfance heureuse.Un cri du cœur pour que les parents prennent le temps de découvrir leurs enfants plutôt que de les mettre sous pression.CLAIRANDRÉE CAUCHY T es parents n ’ont pas besoin de trans-“ jljformer la vie de leur famille en une entreprise de développement de produits.Un enfant, ce n’est pas un projet», lance Cari Honoré, qui a publié il y a quelques mois son Manifeste pour une enfance heureuse.Le journaliste, qui a notamment travaillé à Y Economist, à YObserver, au National Post et au Houston Chronicle, presse les parents, les pédagogues et autres décideurs de laisser les enfants.être des enfants.Mis sous pression par des agendas de ministres où se multiplient les activités sportives, artistiques, ou encore les séances de tutorat, hyperstimulés par les jeux vidéo, en Cari Honoré ligne et autres PSP ou DS, ils en oublient de jouer, tout simplement.«Plutôt que de découvrir son enfant, ses goûts, ses capacités, on le voit comme un morceau d’argile que l’on peut sculpter, dans lequel on projette des rêves.On coache son enfant, on gère sa vie, avec l’idée qu’il devienne X ou Y», avance l’essayiste qui a observé plusieurs tentatives de relâcher la pression sur les enfants au cours des dernières années.A force de vouloir trop bien faire, de vouloir offrir ce qu’il y a de mieux à leurs petits pour qu’ils réussissent à tirer leur épingle du jeu, on risque de les priver de leur enfance et d’en faire des robots, dénonce VOIR PAGE A 10: ENFANCE R#pofT«re s»ns firontièni* 100 PHOTOS DE DON McCULLIN POUR A UBERTf DE LA PRESSE SOUTENEZ REPORTERS SANS FRONTIERES, ACHETEZ LE NOUVEL ALBUM En vente chez Archambault, Renaud Bray et dans les Maisons de la Presse Internationale - $17 www.rsfcanada.org A t L E 1) E V 0 I R E M A R 1) I !) M A ACTUALITES Une Journée nationale des patriotes sous le signe du souvenir ISABELLE PARÉ Marquée par le 175'' anniversaire des résolutions de 1834, la Journée nationale des patriotes a revêtu hier un caractère exceptionnel.Lancée en mi-journée par une marche et un spectacle au Mont-Royal courus par des centaines de patriotes et de badauds de tous âges, l’événement s’est clos par une soirée commémorative lors de laquelle ont notamment été honorés les ex-ministres Jacques-Yves Morin et Louise Beaudoin.Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), Mario Beaulieu, a par ailleurs accusé le premier ministre Jean Charest de s’en tenir «au strict minimum» pour les célébrations de cette journée.Rencontrés peu avant la soirée de gala, Gilles Duceppe et Pauline Marois ont abondé dans le même sens, soulignant le «peu d’intérêt» de Jean Charest pour la fête instaurée sous l’égide d’un gouvernement pé-quiste.Ce jour férié, anciennement la fête de la reine Victoria puis la fête de Dollard, a été proclamé «Journée nationale des patriotes» en 2002 par le gouvernement de Bernard Landry.«Ça m’inquiète un peu, a dit Mme Marois, on ne peut pas être premier ministre sans mettre en valeur tout ce pan de notre histoire.C’est le rôle de l’État de rappeler ces faits historiques fondateurs.» Dès 13 h, sous un vent frisquet, des centaines de personnes ont convergé au Pied-du-Courant, à l’Angle De Lorimier et Notre-Dame, là où ont été incarcérés et exécutés douze des patriotes ayant participé au soulèvement de 1837.A l’invitation des Jeunes Patriotes du Québec, des centaines de jeunes et de moins jeunes s’étaient pressés à la vigile qui, chaque année, se termine par la lecture du testament de Chevalier de Lorimier.«Vive la liberté, Vive l’indépendance!», a lancé Maxime Laporte, un jeune étudiant en droit de l’Université de Montréal, appelé à lire les célèbres paroles couchées sur papier par De Lorimier avant de monter sur le gibet.Dans la foule, on dénombrait beaucoup d’étudiants, de jeunes familles et quelques têtes blanches.«Moi, j’ai toujours été souverainiste et je suis contente de voir tous ces jeunes qui sont ici pour se remémorer cet événement majeur de notre histoire», affirmait hier Victoire Simoneau, une octogénaire, fleurdelisé à la main.Cours d’histoire Mario Beaulieu a aussi profité de l’événement pour déplorer les changements apportés au programme scolaire des élèves du secondaire qui, à son avis, passe presque sous silence l’épisode majeur des rébellions du Bas-Canada.«Le cours d’histoire a été remplacé par un cours d’éducation à la citoyenneté où des pans entiers de notre histoire ont été évacués.L’histoire des patriotes est passée sous silence et occultée», a-t-il vivement déploré.«On évacue de ce cours tout ce qui implique la confrontation entre les Français et les Anglais, pour privilégier le multiculturalisme.Nous prônons plutôt l’interculturalisme», a défejidu le président de la SSJBM.A son avis, 0 est primordial que l’on apprenne aux jeunes Québécois que les sources de la démocratie québé- 'JÈ e- iU Jl tonnes Patriotes du Québec psientti'* |«8 i tW peuple ¦ - A %; l.¦ iftt sSS 7 » 5» :¦ * 'Ss *«* l 7 V ._ PEDRO RUIZ LE DEVOIR Jù’Vjk’*10.11 des Jeunes Patriotes du Québec, des centaines de jeunes et de moins jeunes ont defile hier dans les rues de Montréal pour commémorer la Journée nationale des patriotes.coise remontent aux luttes menées par les patriotes pour obtenir des représentants dûment élus par le peuple et des droits égaux.Une opinion partagée par Louise Beaudoin, rencontrée par Le Devoir juste avant de recevoir le prix Patriote féminin.«La Journée des patriotes a un sens pour moi, un sens qu’on ne retrouve pas dans les cours d’histoire.On n’a pas de nation sans histoire», a-t-elle résumé.Un cortège compact d’environ 300 personnes a ensuite emprunté l’avenue De Lorimier pour se rendre au parc du Mont-Royal où les groupes Capitaine Révolte, Henri Band et Exx-tra-dition donnaient un spectacle gratuit à saveur patriotique.Quelques personnalités publiques, dont le député péquiste de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Martin Lemay, la députée blo-quiste d’Ahuntsic, Maria Moura-ni, et le député de Québec solidaire dans Mercier, Amir Kha-dir, ont pris part à l’événement «Je pense que ces jeunes ont vraiment compris comment sortir les patriotes du folklore en s’intéressant à des enjeux actuels, comme l’environnement et l’emploi», a soutenu le représentant de QS à l’Assemblée nationale.Alors qu’on lui demandait s’il partageait l’objectif de la souveraineté avec ces jeunes militants, Amir Khadir a dit qu’il revendiquait d’abord la liberté, puis l’indépendance dans un sens plus large, notamment celui de la souveraineté économique.175 ans de revendications Plus tard, en soirée, un gala tenu par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a souligné cet anniversaire tout particulier pour l’organisme patriotique, dont l’histoire est intimement liée aux 92 résolutions de 1834.C’est en effet en 1834 qu’a été fondée la SSJB par Ludger Du-vernay, lors d’un banquet à l’occasion duquel ont été entérinées les 92 résolutions adressées au Parlement britannique par Louis-Joseph Papineau et le Parti patriote.Ces résolutions réclamaient notamment une assemblée entièrement élue par le peuple en lieu et place de représentants nommés par l’autorité britannique, plus de pouvoirs pour cette assemblée et des droits égaux à ceux des sujets anglais pour le peuple canadien-français.C’est aussi lors de ce banquet historique que la SSJB dota le peuple canadien-français d’une fête nationale.Hier soir, les grandes palmes patriotiques ont d’ailleurs été remises à Mario Beaulieu au nom de la SSJBM, pour ses 175 années d’existence et de militantisme.Présidé par Yves Duhaime, ce gala a décerné le prix Louis-Joseph-Papineau à Jacques-Yvan Morin, ancien vice-premier ministre et ministre dans le cabinet Lévesque, alors que le prix Patriote féminin Marie-Victoire-Fé-lix-Dumouchel a été remis à Louise Beaudoin, députée de Rosemont et ancienne ministre du Parti québécois.L’ex-président de la SSJBM, Gilles Rhéaume, aujourd’hui porte-parole des descendants des patriotes, a pour sa part reçu le prix Chevalier-de-Lori-mier.Enfin, le prix Napoléon-Aubin, accordé à un artiste québécois pour sa contribution à la culture et à la fierté québécoises, a été décerné à l’auteur-compositeur-interprè-te Richard Séguin.Avec Amélie Daoust-Boisvert Le Devoir Fü /a xr Colloque universitaire sur le thème Financer nos universités par le privé ou l’éloge de la fuite.en avant QUAND?Lundi 25 mai de 13 h à 17 h 30 • Mardi 26 mai, de 9 h à 16 h 30 OU?Hôtel Gouverneur, Trois-Rivières La formule de financement actuelle a-t-elle transformé les universités en foires marchandes?Où nous mène la course aux clientèles évanescentes?Où s’arrêteront les aventures immobilières des universités?Comment seront dirigées nos universités à l’avenir?Pour répondre à ces interrogations et bien d’autres, le lundi, Robert Laplante, directeur de l’Institut de recherche en économie contemporaine, dressera un état des lieux détaillé.Par la suite, Donald Cuccioletta, professeur pendant onze ans à State University of New York et commentateur bien connu, viendra décrire les hauts et les bas du réseau universitaire américain.Mardi, Jean-François Usée, directeur exécutif du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, brossera un tableau des problèmes de financement de nos institutions universitaires.Cette présentation sera suive d’une plénière.Enfin, Daniel Weinstock, professeur à l’Université de Montréal, abordera les problèmes éthiques engendrés par l’immixtion du privé dans nos institutions universitaires.Au coût de 100$, l’inscription au colloque se fait sur place dès 10 heures le lundi 25 mai.Pour renseignements: allard.sylvain@uqam.ca SCFP Syndicat canadien d« Jf‘ la fonction publique mi I- K I) K V « | R , LE M A RDI 19 MAI 2 (I (I !» AmiAI.ITflS Peter MacKay à Kaboul Le Canada pourrait rester en Afghanistan même après 2011 Alors que le ministre de la Défense du Canada, Peter Mac-kay, effectue une tournée en Afghanistan et au Pakistan pour s’entretenir avec ses homologues à Kaboul et Islamabad, il a profité de son passage à l’aérodrome de Kandahar pour inaugurer un nouveau laboratoire médico-légal, qui permettra semble-t-il de mieux parer à la menace des bombes artisanales posées sur les routes par les insurgés talibans.T Le minisb-e canadien de la Défense, Peter MacKay, a rencontré hier a nanom son nomoioeu afghan, Abdul Ahmad Warwak, pour discuter de l’avenir de la mission canadienne en Afghanistar AHMAD MASOOD REUTERS à Kaboul son homologue PATRICE BERGERON Kandahar, Afghanistan — Le Canada pourrait bien rester en Afghanistan après 2011.C’est ce qu’a déclaré, hier matin, le ministre de la Défense, Peter MacKay, au terme d’une visite d’environ 48 heures à la base aérienne de Kandahar, où est stationné le contingent canadien.Le ministre s’envolait ensuite vers le Pakistan pour rencontrer son homologue aux Affaires étrangères.Le Parlement a accepté de prolonger la mission militaire jusqu’en 2011, mais le ministre estime que «le Canada peut jouer bien d’autres rôles dans l’avenir», avec l’arrivée massive des renforts américains prévue cette année.Dans sa déclaration finale sur la piste de l’aérodrome, M.MacKay a toutefois rappelé que le gouvernement conservateur allait respecter la volonté de la Chambre des communes à ce sujet.Selon lui, il serait impossible à'«aider l’Afghanistan à bâtir sa démocra- tie, sans respecter la démocratie» au Canada.M.MacKay a aussi réitéré que le rôle des Canadiens dans la province de Kandahar était en train de changer.Au lieu de s’accrocher à de vastes étendues, les militaires canadiens se concentreront sur les zones populeuses, au dire du ministre.En nombre insuffisant, trop éparpillé pour sécuriser efficacement la province de Kandahar dont il avait la responsabilité, le contingent canadien sera ainsi, dans les prochains mois, «repositionné», afin de couvrir la ville de Kandahar et sa banlieue, où vit 60 % de la population de la province.Le reste, un immense croissant de zones rurales, isolées et désertiques, considéré comme un repaire de talibans et de leurs sympathisants, sera laissé aux Américains qui les pourchasseront Le ministre devait rencontrer, hier, son homologue pakistanais aux Affaires étrangères, Ahmad Mukhtar, à Islamabad, pour discuter des enjeux régionaux.Il y a quelques jours, M.MacKay avait déjà fait remarquer que l’instabilité constante du Pakistan en faisait peut-être «le pays le plus dangereux du monde».Une mission transformée La visite à Kandahar de M.MacKay, ainsi que de son collègue Greg Thompson aux Anciens Combattants, a eu lieu un peu plus d’une semaine après celle de son patron, le premier ministre Stephen Harper, qui avait fait une courte halte de quelques heures le 7 mai, après le sommet Canada-Union européenne.M.Harper avait indiqué que l’afflux de troupes américaines allait faciliter la transformation» de la mission canadienne, grâce à une «nouvelle dynamique» et à de «nouvelles capacités».Pas moins de 21 000 soldats américains supplémentaires au total, dont 17 000 dans les provinces méridionales comme Kandahar, s’en viennent renforcer l’effort de guerre de la coalition internationale, qui semble piétiner depuis trois ans par manque de ressources.Le Haut-Commandement de la Région Sud de l’OTAN, qui chapeaute l’ensemble des activités de la coalition dans cette zone, prévoit «l’intensification des combats» au cours d’un été qui s’annonce «décisif» pour l’issue de la guerre et de l’élection présidentielle afghane à venir en août.Déjà, au cours des trois premiers mois de l’année, les attaques des talibans ont connu une hausse de 73 %, rapporte l’OTAN.Le corps expéditionnaire ca- nadien en Afghanistan comprend un peu moins de 3000 militaires, pour la plupart postés dans la province de Kandahar.Le Groupement tactique du 2e Bataillon du Royal 22£ Ré- giment de Valcartier vient de prendre la relève du 3' Royal Canadian Regiment de Petawa-wa, en Ontario, pour six mois.La Presse canadienne Un nouveau laboratoire est inauguré à Kandahar pour parer à la menace des bombes artisanales PATRICE BERGERON Kandahar, Afghanistan — Les militaires canadiens disposent maintenant d’un nouvel outil pour parer à la menace la plus mortelle en Afghanistan: les bombes artisanales posées sur les routes par les insurgés.Un nouveau laboratoire médico-légal a été inauguré à l’aérodrome de Kandahar, durant le week-end, par le ministre de la Défense, Peter MacKay, qui a effectué une visite d’environ 48 heures à cette base de l’OTAN, au sud du pays, où est stationné le contingent canadien.Les Forces canadiennes disposaient déjà d’effectifs qui enquêtaient sur les bombes artisanales, mais elles devaient souvent s’en remettre à l’assistance des Américains ou à des services localisés au Canada, selon les renseignements obtenus auprès d’un porte-parole militaire.Au cours d’une brève conférence de presse, le ministre MacKay a qualifié les nouvelles installations de «CSI Kandahar» ou de «CSI Canada», du nom de cette télésérie américaine mettant en vedette des équipes d’enquêteurs spécialisés qui élucident des crimes grâce à la science et à la technologie.Le Centre d’exploitation multidisciplinaire, qui regroupera des spécialistes de divers secteurs, effectuera «un travail critique qui permettra de sauver des vies», selon le ministre.Des professionnels examineront, à l’aide d’équipement «à la fine pointe de la technologie», les dispositifs explosifs recueillis avant ou après des incidents, afin d’en déterminer l’origine et les caractéristiques, aux fins du renseignement militaire.Il a été impossible de visiter le laboratoire ou d’en savoir davantage sur son travail, en raison du secret militaire qui entoure ses activités.Au dire de M.MacKay, ce laboratoire «renforcera énormément les moyens» des militaires canadiens et constituera un complément à leur travail actuel.De même, les indices et éléments de preuve recueillis pourront servir aux procureurs afghans afin de poursuivre les présumés concepteurs de bombes et leurs complices.Les bombes artisanales et autres engins explosifs improvisés sont responsables de la grande majorité des pertes canadiennes en Afghanistan depuis 2002, qui s’élèvent désormais à 118.Centres d’aide Enfin, le ministre a aussi annoncé, au cours du week-end, l’ajout de onze centres d’aide aux militaires blessés ou malades, en plus des huit autres qui avaient été mis sur pied en mars à travers le Canada.Les huit Centres intégrés de soutien au personnel ouverts précédemment «« ’étaient pas suffisants pour répondre à la demande» dans un grand pays comme le Canada, selon le ministre.Au Québec, outre le centre de la base de Valcartier, un autre centre sera donc ouvert, à Saint-Jean-sur-Richelieu.Au Nouveau-Brunswick, en plus de celui de la base de Gage-town, Moncton aura aussi le sien.En Ontario, pas moins de quatre nouveaux centres s’ajouteront à celui de Toronto et de Petawawa: London, Meaford, Kingston et Ottawa.La Presse canadienne MOTS ET MAUX DE LA POLITIQUE Suivez le carnet d’Antoine Robitaille, sur le site web du Devoir carnetsdudevolr.com/lndex.php/motsetmaux/ JORGE SILVA REUTERS Des soldats canadiens participaient hier à une opération spéciale contre les insurgés à Sanjaray, dans la province de Kandahar.Wÿfr.imÊ W%’ TUDOR TUOORWATCH.COM CHRONOGRAPH Boîtier en acier 41 mm N d Gàmbard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (514) 866-3876 Camps d’été 1 2 SIGNALISATION Des panneaux de signalisation seront installés pour indiquer aux conducteurs la présence des dispositifs de surveillance.MAI »> DEUX DATES 19 2009 AOUT 19 2009 PÉRIODE D’ESSAI (durée i mois) Envoi des lettres d’avertissement aux contrevenants.DÉBUT DU PROJET PILOTE (pendant 18 mois) Envoi des constats d’infraction aux contrevenants.Les amendes seront versées à un nouveau fonds destiné à financer des programmes et des mesures de sécurité routière et d’aide aux victimes de la route.Il n’y aura pas de points d’inaptitude inscrits au dossier des contrevenants.I MONTRE 7— y w 7^1 Rue Notre-Dame Est, entre l’avenue De Lorimier et l’avenue Gonthier Boulevard Décarie nord, à (’intersection de la rue Paré Rue Sainte-Catherine Est, à l’intersection de la rue D’Iberville Chemin McDougall, entre Le Boulevard et l’avenue Cedar Rue University, à l’intersection de la rue Notre-Dame Ouest Autoroute 15 sud, environ 100 m avant la sortie Atwater t Montréal Saint-Constant Boucherville Pincourt Marieville Pour tout savoir : www.objectifsecurite.gouv.qc.ca Visualisez les outils interactifs : faites l’expérience en voiture sans les contraventions.Radars photo ^4 et surveillance pwWwww Québec EU EU El El LES ÉLECTIONS EUROPÉENNES EDITORIAL L’indifférence Ces semaines-ci, les élus du Vieux Continent sont habités par une inquiétude.Ils appréhendent un taux d’abstention record aux élections européennes du 7 juin prochain qui sera tout bénéfice pour les formations d’extrême droite et d’extrême gauche.Paradoxe des paradoxes, le député qui siège au Parlement de Strasbourg n’a jamais eu autant de pouvoirs que présentement.ela lait trente ans aujourd’hui que les députés européens sont élus au suffrage universel.Le taux de fréquentation le plus élevé avait été enregistré au tout début Depuis lors, le nombre d’abstentions n’a cessé d’augmenter allant jusqu’au record de 2004.En Allemagne, réputée être l’élève modèle, l’élève ayant la fibre européenne la plus trempée qui soit pas moins de 57 % des citoyens avaient boudé les urnes.En Pologne, ils avaient été 78 % à pantoufler dans leurs demeures alors que ce pays venait de bénéficier d’un ticket d’entrée très riche en espèces sonnantes.Sans minimiser l’importance du devoir citoyen consistant à glisser un bulletin dans l’urne, il faut dire que l’horizon de 2004 était beaucoup plus brouillé qu’il ne l’est actuellement Dans la foulée de la guerre en Irak et plus précisément des mensonges formulés par le premier ministre britannique Tony Blair sur le fait que les caves de Saddam Hussein étaient remplies d’armes de destruction massive, les gouvernements européens s’étaient divisés entre partisans et adversaires de cet engagement militaire.Conséquence?Les événements irakiens avaient teinté passablement la campagne de 2004.Qui plus est, toujours en 2004, l’Union européenne venait d’accueillir dix nouveaux membres, dont huit nations de l’Europe de l’Est.Des nations qui dans la plupart des cas vivaient un sursaut nationaliste après soixante-dix ans d’oppression stalinienne et de centralisme démocratique.Nombre d’entre elles avaient rejoint l’UE davantage par peur de Moscou que par passion pour la construction d’un autre bloc, en l’occurrence européen.A la faveur du conflit en Irak, la plupart d’entre elles avaient rejoint le camp mené par Blair.Aujourd’hui, il n’y a plus de Blair, de Jacques Chirac, de Gerhard Schroder et de José Aznar qui avaient croisé le fer sur fond irakien.Il y a surtout que, la crise financière étant passée par là, la politique a repris certains de ses droits sur l’économie.En clair, certains des dogmes inscrits dans le Traité de Maastricht, puis confirmés ou remodelés par ceux de Nice et Lisbonne ont volé en éclats.Grâce à quoi, grâce à qui?La mollesse de la commission européenne en général, l’incompétence du président José Manuel Barroso en particulier.En effet, alors que les Bourses étaient saignées, que les plans sociaux se multipliaient, que l’économie en général affichait tous les signes inhérents à la récession, Barroso et ses commissaires, ses ministres aux pouvoirs étendus, sont restés sur leur quant-à-soi.Il aura fallu l’activisme de certains chefs d’État lors de la présidence française de l’UE pour que des banques soient nationalisées, des entreprises subventionnées, que des plans de relance soient confectionnés.Fait à noter, ce sont les Sarkozy, Merkel et consorts sans oublier les députés européens qui ont appelé à une meilleure régulation de l’industrie financière, et non Barroso et ses commissaires trop épris des idées néolibérales pour oser des interventions.Malgré cette clarification des rôles, cette redéfinition des fonctions, tous les sondages montrent que les Européens vont bouder comme jamais le scrutin du 7 juin.Pour le grand plaisir, semble-t-il, des formations nationalistes, xénophobes, d’un côté, et celles de l’extrême gauche de l’autre.Cette montée en puissance s’explique en partie par la descente aux enfers des travaillistes au Royaume-Uni, par un Parti socialiste français en pleine déliquescence, par le recul des socialistes en Espagne et par la défense et illustration de la politique du strass et des paillettes développée par l’inénarrable Silvio Berlusconi.Bref, les repères sont brouillés.Tout cela est regrettable, car, on le répète, à la suite des traités nommés, le député de Strasbourg a vu sa sphère d’influence s’élargir.Tout cela est d’autant plus regrettable que Barroso, maître ès incompétence, va être reconduit dans ses fonctions.Serge Truffaut le Devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE lO JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND jê fui* mr 'A 'A sloS cutwUMÇ- S"îF.' t y QlûfaW (UPRiSf Dt LA CoMMiffiOiJ tniPHA/vî p*v>#«s i&aÏÀ Cheminement libre Je suis d’accord avec la Fédération des femmes du Québec qui s’oppose à toute obligation et son corollaire, toute interdiction de porter toute marque d’appartenance religieuse dans les services publics.S’il est vrai que le foulard islamique est, dans certaines cultures, un instrument d’assujettissement de la femme à l’homme comme en témoigne de bon droit Mme Djemila Benhabib, son interdiction universelle risquerait de faire croire que ce signe va dans tous les cas à l’encontre de l’égalité homme femme.Pour emprunter à une image du terroir, ce serait faucher un peu trop large.Comme le souligne fort à propos le Rapport Bouchard-Taylor, notre passé d’encarcanement clérical, pensons au port obligatoire du voile ou du chapeau pour les femmes dans les églises, ne doit pas entacher notre perception de la religion des nouveaux arrivants.Moi qui me bats depuis longtemps contre le machisme clérical catholique, j’apprends de plus en plus à le laisser s’écrouler lui-même sous le poids de ses propres excès.Les femmes musulmanes accueillies avec leur foulard dans notre société apprendront, comme nous pour tant d’autres choses, à décider par elles-mêmes s’il est encore porteur de sens aujourd’hui et non à se le faire imposer ou interdire par quiconque.La prise de conscience de pratiques qui ne font de tort à personne se fait toujours mieux par le cheminement libre de chacun que par l’érection de barricades et d’interdits collectifs.Pascal Barrette Ottawa, le 13 mai 2009 LETTRES Le jupon de madame Nomandeau Les accusations de la ministre des Régions du Québec, Nathalie Normandeau, selon lesquelles le PQ nuit au développement des régions dans le dossier des FIER ne tiennent pas la route, et une si faible défense met en lumière l’inertie du gouvernement Charest devant les scandales qui se multiplient dans les médias au sujet des FIER Que pense la ministre de l’investissement du FIER Estrie dans l’hôtel de luxe pour chiens à Montréal?Que pense-t-elle du fait que les FIER régionaux peuvent investir jusqu’à 50 % de leur budget en dehors des régions?Le FIER Gas-pésie n’a-t-il pas investi dans une entreprise de.l’Outaouais?Au lieu de porter des accusations vides et sans fondement, la ministre responsable des Régions du Québec devrait être gênée de la multitude des allégations incriminantes de conflits d’intérêts entourant l’utilisation des FIER.Son mutisme quant au renouvellement du programme de développement des régions-ressources inquiète beaucoup les décideurs de ces régions qui sont dans l’attente depuis maintenant plusieurs mois.La ministre Normandeau et son collègue Claude Béchard ont-ils perdu de l’influence à ce point au sein du Conseil des ministres du gouvernement Charest?Le Parti québécois tout comme l’Action démocratique ont un rôle à jouer afin de s’assurer que le gouvernement en place utilise les fonds publics avec rigueur, honnêteté et transparence.Les récentes révélations dans le dossier des FIER justifient amplement leur présence à l’Assemblée nationale.Au lieu de crier au loup, la ministre Nathabe Norman- deau devrait se mettre au travail afin d’aider véritablement au développement des régions.Le programme FIER est financé aux deux tiers par les contribuables québécois qui s’attendent à plus de sérieux et de rigueur de la part de la ministre Normandeau.Pierre Ouellet Québec, le 11 mai 2009 Harper multiplie les nominations partisanes Je suis médusé par la nomination de conservateurs à la tête d’organismes voués à la création artistique et à l’innovation comme nous l’apprend Le Devoir du 11 mai: «Le premier ministre Harper tenterait^ d’infléchir les politiques de certains onanismes gou vernementaux, comme le Conseil des arts du Canada ou la Fondation canadienne de l’innovation, en nommant dans leurs conseils d’administration des partisans ou des sympathisants conservateurs?» Le sens politique du mot conservateur remonte au XVIII' siècle.Le Petit Robert définit un parti politique comme étant un parti voué à la défense de l’ordre social, des idées et des institutions du passé.Ainsi, on voit que les mots, conservateur, création et innovation, sont antinomiques.Bientôt, ces nouvelles têtes conservatrices nous présenteront certainement des innoyations qui auront fait leurs preuves ailleurs! A l’égard de ce phénomène, les anglophones ont un mot qui a une résonance toute particulière en français lorsqu’on met l’accent sur les deux dernières syllabes: oxymoron.La preuve en est que cela donne un ministre de la Culture qui ne connaît même pas les grands noms de l’art canadien.Jean-Claude Préfontaine Lévis, le 11 mai 2009 LIBRE OPINION Pour une éthique sans avocats.SÉBASTIEN BOUTHILI 1ER Etudiant au doctorat à la Chaire de management éthique de HEC Montréal u ne peux gouverner les autres si tu ne peux te gouverner toi-même.» Voilà un des principes qui guidaient les stoïciens.Des siècles après la république de Rome, il demeure actuel.Ce printemps, l’éthique des élus publics est mise en cause à tous les paliers de gouvernement Au municipal, on s’inquiète d’une amitié de l’ancien président du comité exécutif de la ville de Montréal.Au fédéral, la commission Oliphant fouille le passé trouble d’un ancien premier ministre qui a reçu de l’argent d'un homme d’affaires sur qui pèsent plusieurs soupçons.Et il semble que, pour les ministres du gouvernement du Québec, les règles éthiques ont été élas-tiqpes, modifiables au cas par cas.À Québec comme à Montréal, le premier ministre et le maire ont promis l’adoption imminente d’un code d’éthique, et la nomination d’un commissaire à l’éthique a été réclamée.Pourtant, il y a tout d’abord lieu de s’interroger sur les effets que le mode de régulation par l’éthique pourrait exercer sur nos gouvernants.Qu’est-ce que l’éthique et à quoi sert-elle?En plus de recouper deux définitions qui portent à confusion, l’éthique se distingue du droit et de la morale.L’éthique ressemble au droit par une de ses définitions, mais il vaut la peine de la comparer à un dialogue où ce ne sont pas seulement les avocats qui se parlent entre eux.Double signification de l’éthique L’éthique consiste en l’exercice de son jugement mené dans un monologue avec soi-même au sujet de la vie bonne à mener.Les questions que se pose l’individu solitairement prennent alors un tour existentiel.Mais l’exercice de son jugement par un individu peut aussi être conduit à travers un dialogue entre plusieurs personnes qui confrontent leurs perspectives.Elles argumentent afin de déterminer quelle forme de vie pourrait être bonne pour tous, du moins acceptable pour tous.La réflexion s’étend alors à la société.Menée d’après des valeurs que l’on prétend universelles, la discussion porte notamment sur son organisation politique et ses institutions.Le dialogue est public.Dans ces deux cas, monologue ou dialogue, l’éthique réfère à la philosophie.Or, quand les politiciens et leurs détracteurs parlent d’éthique, ils songent plutôt à son acception en tant que déontologie.Ainsi, l’éthique vient pour eux sous la forme d’un code qui prescrit un ensemble de règles à suivre.La réflexion et l’exercice du jugement n’ont plus tant leur place que la conformité comportementale aux normes édictées.En corollaire, tout écart à la règle entraîne une sanction.L’éthique, comprise comme déontologie, est appelée à occuper une place prépondérante parmi les modes de régulation.Trois modes de régulation En effet, l’appel pour l’éthique en tant que déontologie se fait sur l’arrière-fond pâlissant de la morale tandis que le droit souffre d'un manque de légitimité.La morale est formée par un ensemble d’idées reçues qui ne sont pas remises en question.Pour une communauté particulière donnée, la morale indique les normes d’action acceptées, les biens à rechercher et les maux à éviter.Quant au droit, sa promulgation est publique à travers les institutions politiques d’une juridiction.Les règles que le droit énonce dogmatiquement en créant des catégories conceptuelles à décalquer par déduction sur le réel sont obligatoires pour tous.Selon le mode de régulation du droit, la loi règne et les tribunaux font prévaloir l’ordre juridique quand surgit un litige.La multiplication des codes d’éthique témoigne de certaines lacunes du droit, mode hétéronome de régulation si on le compare à la déontologie.Celle-là procure l’avantage d’une régulation de proximité, fait par et pour l’ordre professionnel ou les membres de l’organisation à qui elle s’adresse.Le code d’éthique leur confère un sentiment d’autonomie.Cependant, il reste que la forme que revêt la déontologie est la même que le droit: juridique, un ensemble de règles.De plus, la procédure, bien qu’elle semble allégée en déontologie, se ressemble: des instances judiciaires sont nécessaires pour que le droit et pour que la déontologie soient appliqués.Les comités d’éthique remplacent les tribunaux, les codes d’éthique supplantent la loi et le commissaire à l’éthique se substitue au juge.Le code d’éthique parlementaire Malgré son nom, le code d’éthique et de déontologie parlementaire déposé par Jacques Dupuis sera édicté sous forme de loi.Il ne fera aucune différence avec le droit puisqu’il sera incorporé aux lois québécoises.S’il avait plutôt été intégré au règlement de l'Assemblée nationale, il se serait agi de déontologie puisque le Parlement est autonome dans l’interprétation des règles qu’il se donne, à l’exclusion des tribunaux judiciaires.Dans le premier cas, le commissaire à l’éthique pourra rendre des avis en prenant appui sur les règles déontologiques.Ces avis et les actions du commissaire demeurent cependant soumis au contrôle judiciaire des tribunaux.Mais, dans le second cas, seul un parlementaire pourrait invoquer le code d’éthique et de déontologie pour mettre en cause les règles qu’il contient contre un membre de l’Assemblée nationale ou dans une commission créée par elle.Utilité relative du commissaire Tantôt prescriptive et déontologique, tantôt réflexive et philosophique, l’éthique dans la société contemporaine peut être abordée en remontant deux versants.Ainsi, il est possible de penser à des règles d’éthique sans croire pour autant que l'éthique soit toute contenue par ces règles, de nature déontologique.En demeurant réflexive et philosophique, l’éthique n’est pas la chasse gardée de juristes ou d’avocats; elle appartient à tous les citoyens, participants potentiels au dialogue public.Le dialogue confère à l'éthique tout son mordant En somme, la supenxisition des perspectives et leur recoupement, le jeu serré des questions et réponses, des arguments et contre-arguments, cela permet de dégager au quotidien les enjeux éthiques, de développer des modes de gestion mieux adaptés et de repenser la portée de l’action, plutôt que de se limiter aux sanctions déontologiques ou judiciaires après un écart de comportement La nomination d’un commissaire à l’éthique, probablement un avocat de profession, inculque-ra-t-elle soudainement à nos élus tout le jugement et la capacité de réflexion qui découlent d’une socialisation citoyenne par le dialogue? LE DE V OIE, L E M A II I) I I il M A I 2 O O il A î) Declaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones Un instrument incontournable pour l’harmonie UC* Mu/ .• TODD KOROL REUTERS Tianna Elias-Kuptana, une jeune autochtone vivant à Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest.L’espérance de vie pour un autochtone est de six ans inférieure à celle du reste de la population.COLLECTIF D’AUTEURS uisque nous voulons établir un nouveau rapport égalitaire fondé sur les droits, il est urgent de respecter et de mettre en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones afin de rendre les droits de la personne pleinement accessibles aux peuples autochtones du Québec.Quelques rappels sont nécessaires: les femmes autochtones courent cinq fois plus de risques de succomber à une mort violente que les femmes non autochtones; l'espérance de vie pour un autochtone est de six ans inférieure à celle du reste de la population; au Québec, un enfant autochtone reçoit moins de soutien financier pour ses études qu’un enfant non autochtone; une femme autochtone victime de violence reçoit moins de soutien en maison d’hébergement qu’une femme non autochtone.La Déclaration a été adoptée à l’écrasantç ma-jorité, le 13 septembre 2007, par les Etats membres des Nations unies.Mais le Canada est l’un des quatre Etats à avoir voté contre la Déclaration, les trois autres étant les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.Depuis, l’Australie a adopté la Déclaration.Des sign.es encourageants nous portent à croire que les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande seraient en voie de revoir leur position.Le Canada s’obstinera-t-il dans son refus d’adopter l’un des instruments les plus audacieux et prometteurs en matière de droit international des droits de la personne, qui vise à protéger les droits de plus de 370 millions de personnes parmi les plus défavorisées?Attitude contradictoire C'est non seulement l’attitude négative du Canada au sujet de la Déclaration, mais aussi le travail intensif qu’il a accompli pour convaincre d’autres pays de le suivre qui vont à l’encontre de décennies de contribution reconnue à l’élaboration de normes internationales des droits de la personne justes et conciliatrices, dont la Déclaration, qui a fait l’objet de plus de 20 ans de travail en coUaboration avec les groupes autochtones.Comme l’affirme Victoria Tauli-Corpuz, présidente de l’Instance permanente sur les questions autochtones aux Nations unies, «les pays membres se sont réconciliés avec leur douloureux passé et ont décidé de continuer leur marche vers l’avenir sur le chemin des droits de la personne».Et pourtant.Le Canada maintient à tort que la Déclaration est en contradiction avec la Constitution du Canada et la Charte canadienne des droits et libertés.Rappelons que 101 experts, avocats et universitaires ont démontré dans une lettre ouverte qu’au contraire, la Déclaration est indispensable pour remplir les engagements de la Constitution et de la Charte, et qu’elle fournit l’inspiration et les lignes directrices nécessaires aux institutions publiques pour régler les problèmes de marginalisation et de discrimination.Le 8 avril 2008, la Chambre des communes a adopté une motion soutenant la Déclaration et demandant au gouvernement de la mettre en œuvre.La Déclaration constitue un guide de référence utile en ce qui a trait à l’interprétation des droits des peuples qutochtones du Québec et des obligations des Etats en la matière.La Déclaration ne crée pas de nouveaux droits.Elle n’a pas préséance sur les pègles de droit qui s’appliquent à l'intérieur des Etats ou à l’écheÛe internationale, et elle est conforme à la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.Chacune des dispositions de la Déclaration doit être «interprétée conformément aux principes de justice, de dé- mocratie, de respect des droits de la personne, d’égalité, de non-discrimination, de bonne gouvernance et de bonne foi».La Déclaration encourage, au sein des Etats, des relations harmonieuses avec les peuples autochtones axées sur la coopération.Elle comprend de nombreuses normes sur les consultations, la coopération et les partenariats entre les peuples autochtones et les Etats.Appui du Québec En ce sens, nous invitons l’Assemblée nationale du Québec à se distinguer en adoptant une motion à l’appui de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.Le Québec entretient une relation particulière avec les nations autochtones, puisque son gouvernement a reconnu, dès 1985, l’existence des peuples autochtones sur son territoire.Les organisations signataires appellent les organismes de justice sociale et les personnalités publiques à se joindre à notre demande pour un avenir axé sur la collaboration et l’inclusion avec les peuples autochtones.L’Assemblée nationale doit appuyer la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et demander au gouvernement québécois de la mettre en œuvre.Ont signé ce texte: Louise Arbour, Michèle Asset in, présidente de la Fédération des femmes du Québec; Lina Bonamie, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec; Claudette Carbonneau, présidente de la CSN; Gaétan Châteauneuf, président du Conseil Central Montréal Métropolitain; Édith Cloutier, présidente du Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec; Richard Desjardins; Ellen Gabriel, présidente de Femmes autochtones du Québec; Jean-Paul Laçasse, professeur émérite à la Faculté de droit de l’Université d'Ottawa; Nancy Neamtan, présidente-directrice générale du Chantier de l’économie sociale; Dominique Peschard, président de la Ligue des droits et libertés; Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador; François Saillant, coordonnateur du Front d’action popidaire en réaménagement urbain (FRAPRU); Béatrice Vaugrante, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone.Des précisions sur l’École nationale d’aérotechnique SERGE BRASSET Directeur général du collège Edouard-Montpetit et directeur de l’École nationale d’aérotechnique —.n réponse à la lettre d’opinion de EM.Yves Beauchemin, parue dans Le Devoir du 14 mai dernier, j’aimerais apporter quelques précisions concernant le contexte de la décision dq conseil li°= d'administration du collège Edouard-Montpetit d’offrir le programme de Maintenance d’aéronefs en anglais ainsi que le cadre d’implantation de ce programme à l’École nationale d’aérotechnique (ENA).Tout d’abord, depuis 1970 les étudiants du collège John Abbott devaient suivre les cours de la troisième année du DEC en Entretien d’aéronefs à l’ENA.Le ministère de l’Éducation décernait alors à ces étudiants un diplôme d’études collégiales bilingue sur recommandation du collège Edouard-Montpetit.Le cégep John Abbott a décidé de ne plus offrir les deux premières années de ce pro- gramme à compter de l’automne 2007, faute de ressources, compte tenu des exigences du nouveau programme de Maintenance d'aéronefs.L’enseignement de l’aérotechnique nécessite en effet des équipements spécialisés très coûteux., C’est la raison pour laquelle le collège Édouard-Montpetit est le seul cégep autorisé à offrir cette formation et qu’à cette fin, il possède des équipements — avions, hélicoptères et laboratoires spécialisés — d’une valeur de plus de 50 millions de dollars.La mise en œuvre du nouveau programme de Maintenance d’aéronefs a, pour sa part, nécessité des investissements de 10 millions de dollars.Un cas d’exception C’est dans ce contextp que notre Collège a obtenu, du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, l’autorisation de prendre le relais du cégep John Abbott.Cette décision était également motivée par les importants besoins de main-d’œuvre qualifiée au cours des prochaines années recen- sés par les organismes et les industries du secteur aérospatial.L’offre du programme de Techniques de maintenance d’aéronefs en anglais est un cas d’exception auquel le Collège a donné une réponse exceptionnelle.Le Collège demeure un établissement d’enseignement francophone qui offre un programme en anglais.Il n’entend pas offrir de services bilingues aux étudiants qu’il accueillera à l’automne.La trentaine d’étudiants inscrits au programme Aircraft Maintenance ont été avisés qu’ils étudieraient dans un cégep francophone, que seul l’enseignement serait offert en anglais et que tous les autres activités et services périphériques seraient offerts en français.Nous faisons le pari que 30 étudiants anglophones qui côtoieront quotidiennement plus de mille étudiants francophones dans un environnement francophone auront de meilleures chances de s’a|> proprier notre langue que s’ils allaient suivre une formation équivalente ailleurs au Canada, faute de les accueillir à l’École nationale d’aérotechnique.QUESTIONS D’IMAGE Colère à Bixiland Jean-Jacques Stréliski L Le principe même du blogue autorise voire encourage toute forme d’expression libre, le plus souvent dans l’anonymat le plus complet.Pas de quoi s’étonner.¦ affaire est entendue.Posséder une ^ flotte publique de vélos pour faciliter les allées et venues dans le centre-ville de Montréal constitue une nette amélioration dans la relation que notre ville tisse avec ses éco-citoyens et ses écotouristes.Cela inscrit également la pratique et la présence de la bicyclette dans les us et coutumes des usagers des rues de la cité — ce qui n’est pas si évident et ne se fera pas d’un coup de baguette magique.L’expérience inspirée d’Europe me paraît plus que louable, la première qualité qu’elle possède étant de réduire, en principe, le flot et le nombre d’automobiles qui empruntent les mêmes rues et, par le fait même, de limiter les émissions délétères si nuisibles à l’environnement urbain.Bref, il est bien difficile d’être contre la vertu et je m’en voudrais de ne pas saluer la chose comme l’ont fait tant de confrères.J’irai même jusqu’à dire: bienvenue au Bixi et, j’espère, longue vie.Je n’épiloguerai pas sur son lancement cacophonique dans la presse et sur le Web.Un «faux blogue» a en effet irrité, et à rai-son, grand nombre d’internautes et dérangé également le petit village publicitaire.Comment peut-on faire un faux blogue?Tout simplement en se faisant passer pour un autre, un quidam, un anonyme, un prétendu passionné d’écologie et de petite reine.et en faisant des commentaires élogieux (un peu gros d’ailleurs) sur les bienfaits du Bixi.Supercherie énorme et dénoncée qui fit d’emblée deux victimes: le lancement du Bixi, et c’est dommage, et l’image déjà pas bien reluisante de la communauté publicitaire.(Puisque ce faux blogue fut créé de toutes pièces par une agence, qui pensait user d’un habile stratagème pour séduire une cible naturellement «amie», la communauté cycliste elle-même).Une fois de plus, dans les pratiques hasardeuses, l’arroseur fut copieusement arrosé.Un véritable tollé, mesdames et messieurs, sur Facebook, sur Twitter, sur les sites des médias.Mes alertes et veilles personnelles, la journée durant, ont porté mon attention sur une multitude de commentaires et d’articles à propos de «l’événement» en question.Ma consœur Marie-Claude Ducas, sur le site étlnfopresse, le magazine professionnel de notre industrie, résuma fort bien l’incident, en tirant les enseignements idoines de cette affaire.Les esprits se calmant, je m’interrogeais sur la véritable nature de ce «cyber-coup de gueule».«Touche pas à mon blogue!» semble être le cri de ralliement des internautes.Des internautes d’ordinaire assez prompts aux délires de toutes sortes lorsqu’il s’agit de critiquer, de commenter les pratiques ou événements de la vie publique, sans autre forme de retenue.Je me garderai bien d’amalgamer tous les internautes à ce chapitre, mais je suis bien obligé de constater que certains d'entre eux n’apprécient guère qu’on leur serve la médecine qu’ils nous servent continuellement dans la blogosphère.Ne soyons toutefois pas naïfs, il existe désormais de nombreux similiblogues ou des blogues qui, plus pernicieusement, font l’objet d’une surveillance constante quand ils ne sont pas tout bonnement infiltrés par des internautes qui poursuivent d’autres visées que celles d’entretenir une simple conversation sur un sujet donné.Après tout, le principe même du blogue autorise voire encourage toute forme d’expression libre, le plus souvent dans l’anonymat le plus complet Pas de quoi s’étonner.Cette colère contre le lancement du Bixi était-elle nécessaire?Je n’en ai pas la moindre idée.Conune toute bonne colère, elle a dû en soulager plus d’un.Mais le véritable enjeu est ailleurs.Le succès du Bixi repose désormais sur ses pédales.Le prix, a priori élevé, de son abonnement (deux à frois fois plus cher qu’en Europe) fait craindre des hésitations bien compréhensibles à l’essai.Nombre de commentaires d’internautes faisant mention que sa propre bicyclette revient quand même moins cher à l’usage.A l’heure des partenariats public-privé et pour justifier le coût, le Bixi joue les puristes et refuse d’arborer sur ses flancs toute forme de publicité, se distançant du même coup des initiatives européennes.C’est un choix.Mais permettre la présence très discrète de la publicité (comme c’est le cas du Vélo’v lyonnais et du Vélib' parisien) aurait permis de réduire les coûts de location de moitié.C'est un pensez-y bien.Jean-Jacques Stréliski est spécialiste en stratégie d’images.L’ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métroj>olitHine : Gérait! Dallai ru (adjoint au directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Stéphane Baillargeon (général), Clairandrée Cauchy (éducation), Jeanne Corrivean (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), Dniis-Gilles VrM\eœuv (environnement).Pauline Gravel (sciences), Brian Myles (jt4stice et faits de société), Dmisi'-Maude Rioux Soucy (santé).Alexandre Shields (général), ntilippo Papineau (pupitre) ; information |tolitk|uc Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Ivévesque (reporter) information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Paul Cauchon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Paré (reporter).Odile Tremblay (cinéma).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique ; Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), François Desjardins (reporter), Éric Desrosiers (reporter), Claude Turcotte (reporter), Dominique Reny (pupitre) information internationale Guy Taillefer (adjoint au directeur de l’information), Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque (reporter), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger (responsable du site Internet), Émilie Folie Boivin et Vincent Cauchy (commis Internet) : Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, Jean-Jacques Coulombe et Étienne Plamondon-Kinond (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Parè édirecteur), Manon Derome (Montréal), Olivier Spéciel (Québec), Monique Bhérer (Ottawa).PUBLICITE Julie Chrétien (directrice adjointe), Amélie Bessette.Jean de Billy, Jennifer Body Demers.Jean-François Bossé, Manon Bollard, Marlène Côté, Richard Douangmala, Amélie Maltais, Claire Paquet, Elyssa Portier, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebnï (publicitaires), Sylvie Importe, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fillon, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette.Nathalie Filion, Marie-lAine Houde-Brisebois : Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), (Mena Bilyakova (responsable des sendees comptables)'.Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Monique Protean, Danielle Ross. A 10 L E I) E VOIR, L E M A R l> I I il M A I 2 0 0 !» ACTUALITES Les demandes de GM aux TCA s’accumulent TAMSYN BURGMANN Toronto — Les discussions entre General Motors du Canada et les Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA) se sont intensifiées hier, mais le président du groupe syndical soutient que les demandes de l’employeur commencent à devenir impossibles à accepter.«Nous croyons que nous avons déjà fait les sacrifices nécessaires et que nous sommes tout près des limites de ce que nous sommes prêts à concéder», a affirmé le président des TCA, Ken Lewenza, hier.Les équipes de négociation des TCA et de GM ont discuté durant toute la fin de semaine afin d’en arriver à une entente qui permettra à GM d’obtenir une aide de six milliards de dollars.Tout en travaillant en coulisse pour qu’une entente soit conclue, les gouvernements fédéral et ontarien ont permis aux deux parties de poursuivre les discussions, malgré l’expiration du délai accordé, qui avait été fixé à vendredi, minuit.M.Lewenza a déjà dit que de petits progrès avaient été faits, mais hier, le chef syndical ne voyait toujours pas de signes indiquant qu’une entente était sur le point d’être conclue.Il a toutefois tenu à dire que les pourparlers ne pouvaient pas s’arrêter — de sorte que son équipe de négociation se sent comme si elle a un fusil sur la tempe —, parce qu’autrement GM serait forcé de déclarer faillite.Lorsque les négociations ont repris, tôt dans la journée d’hier, les deux comités de négociation se sont rencontrés en face à face, avant de se diviser en de plus petits groupes afin de discuter des enjeux les plus pressants.Le régime de retraite, les salaires et les avantages sociaux représentent les pierres d’achoppement dans les discussions, a expliqué M.Lewenza.Le président des TCA estime que son syndicat a déjà fait de plus grandes concessions que celles qui avaient été demandées par Chrysler.Le mois dernier, Chrysler est parvenue à une entente avec le syndicat de ses employés qui a réduit ses coûts en main-d’œuvre de 19 $ l’heure.Hier, M.Lewenza a exhorté les gouvernements et GM à cesser d’en demander davantage, à prendre du recul et à considérer les propositions que son syndicat a déposées sur la table des négociations.De plus, avec les discussions qui s’intensifient entrç le syndicat United Auto Workers et GM aux Etats-Unis, Ken Lewenza prévoit que la pression sur les TCA augmentera.La Presse canadienne ENFANCE ' .,ë/ La rencontre entre le premier ministre israélien et le président américain a duré près de deux heures.ISRAËL Hr 0 JIM WATSON AGENCE FRANCE-PRESSE SUITE DE LA PAGE 1 est dans l’intérêt, je crois, non seulement des Palestiniens, mais aussi des Israéliens, des Etats-Unis et de la communauté internationale de parvenir à une solution à deux Etats, dans laquelle Israéliens et Palestiniens vivent côte à côte dans la paix et la sécurité», a dit Obama.Alors qu’un responsable gouvernemental confirmait qu’Israël avait lancé des appels d’offres pour des constructions de logements permanents dans une petite colonie en plein cœur de la Cisjordanie, à Maskiot, où dix familles israéliennes vivent actuellement dans des camping-cars, le président américain a dit avoir exprimé son souhait que l’État hébreu mette un terme à l’expansion des colonies juives dans la région.M.Obama a aussi affirmé qu’il avait appelé à la relance des pourparlers de paix au Proche-Orient «Nous avons vu les progrès stagner sur ce front et j’ai laissé entendre au premier ministre qu’il avait une occasion historique d’obtenir un mouvement important sur cette question durant son mandat», a-t-il dit «Cela veut dire que toutes les parties impliquées doivent prendre au sérieux les engagements qu’elles avaient acceptés précédemment», a-t-il ajouté.«Je crois qu'il n’y a pas de raison pour que nous ne saisissions pas ce moment.» CANNES SUITE DE LA PAGE 1 embrouille un peu les pinceaux au moment d’en faire la critique.Mais quand on est seule pour son journal à Cannes, on met ça de côté.Un film est un film.Or le sien, malgré des maladresses, étonnant, drôle et touchant, possède une vraie signature, et son talent de mise en scène en impose.D’autant plus que Xavier se montre un excellent dialoguiste, avec une autodérision désarmante.Jamais son propre personnage d’Hubert, irritant, narcissique, fragile, ne se posera en victime.Il voit et niontre ses côtés monstrueux d’ado égocentrique.A cette mère qui l’exaspère avec ses goûts kitsch et sa mauvaise foi, il octroie finalement le beau rôle, humanisant ses ridicules.Anne Dorval affirmait hier que le film est une lettre d’amour à la mère de Xavier, et c’est bien vrai.Techniquement, le son n’est pas toujours au point — on entend mal certains dialogues (merci aux sous-titres anglais).Le jeu des acteurs est généralement juste: Suzanne Clément en enseignante au grand cœur garde toujours la note, mais chuis la peau de la mère de l’amant, Patricia Tulasne parait trop caricaturale.Anne Dorval force l’admiration par sa sensibilité et son sens du punch.Ije Xa- Le désaccord perdure donc entre les États-Unis et Israël sur cette question.La coalition du premier ministre israélien, de retour à la tête du gouvernement depuis le 31 mars dernier, regroupe des partis hostiles à cette solution des «deux Etats».Aussi, le premier ministre s’est gardé d’appuyer la solution américaine, affirmant que «nous ne voulons pas gouverner les Palestiniens, nous voubtis qu’ils se gou-verrient eux-mêmes», mais il a omis toute mention à un État palestinien proprement dit Il a déclaré à l’issue de la rencontre qu’il était prêt à entreprendre des pourparlers de pane avec les Palestiniens, mais il a prévenu que tout accord dépendait de la reconnaissance du droit d’Israël d’exister en tant qu’État juif.Si la sécurité d’Israël est garantie, «je crois que nous pouvons envisager un arrangement dans lequel Palestiniens et Israéliens vivent côte à côte dans la dignité, la sécurité et la paix».L’Autorjté palestinienne juge que l’appel à la création d’un État palestinien par Barack Obama est «encourageant», alors que les déclarations de Benjamin Nétanyahou sont «décevantes».«Les déclarations d’Obama à propos de sa confirmation d’une solution à deux Etats sont encourageantes, mais celles de Nétanyahou qui ont ignoré cette solution et les droits légitimes du peuple palestinien sont décevantes», a indiqué à l’AFP NaM Abou Roudeina, le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.vier comédien, avec ses hauts et ses bas, se révèle solide.Son narcissisme agace parfois, mais l’humour le sauve.Il épate lors d’une déclaration d’amour sur les amphétamines à sa mère.Quant à Anne Dorval, sa crise téléphonique au directeur du pensionnat, fait anthologie.Le rythme s'alanguit parfois et on décèle le manque de moyens dans la surabondance de plans fixes, qui pourtant soulignent bien la solitude des protagonistes.Mais c’est rempli de trouvailles stylistiques, de références cinématographiques, de jeux brillants de caméras, d’effets surréalistes.Xavier flirte parfois avec le noir et blanc, tout en misant sur la couleur, éclatante dans les scènes oniriques.On salue ses beaux cadrages un peu décalés, de riches décors que chaque personnage porte comme des habits, la musique lancinante (quand même trop inspirée d'In the Mood for Love).Ça se relâche ici et là.Et puis hop! Une situation absurde, mère et fils parlant en même temps dans une auto, cris et déchirements, rires et larmes au détour, nous rattrape.On éclate de rire.L’émotion naît des silences, des affections plus fortes que les haines, des crises d’adolescence en rite de passage vers l'apaisement final.Le film sort le 7 mai sur seulement quatre Le nucléaire iranien divise L’Iran a du reste occupé une large part du temps qu’ont passé les deux hommes dans le bureau ovale.Obama rompt avec la position de son prédécesseur George W.Bush en refusant d’établir un «calendrier artificiel» sur la question du dossier nucléaire iranien.Il souhaite par contre enregistrer des progrès d’ici à la fin de l’année, n’écartant pas l’éventualité d’employer une «gamme de mesures», y compris des sanctions, si Téhéran poursuivait son programme nucléaire.Américains et Israéliens sont persuadés qu’il vise à doter la République islamique de l’arme atomique.Obama a souligné que l’Iran était actuellement en plein processus électoral menant à la présidentielle en juin, et que ce n’était pas «le meilleur moment pour négocier».S’il souhaite attendre un peu, il a promis que «nous n’allons pas discuter éternellement».Le premier ministre israélien s’inquiète de cette diplomatie de la main tendue des États-Unis vers l’Iran, craignant qu’elle ne donne le temps au régime islamique de fabriquer une bombe atomique dont Israël serait la cible.Il souhaiterait que Barack Obama agisse en quelques mois, alors que celui-ci veut se laisser le temps nécessaire.Le Devoir Avec Reuters, AFP et AP écrans au Québec, mais pourrait sans doute atteindre une audience plus large.Xavier Dolan a déjà terminé son deuxième scénario de film: Laurence Anyways sur la transsexualité, qui sera pro-duit au Québec par Lyse Lafontaine et se cherche un coproducteur français.?J’ai tué ma mère étant la seule véritable primeur québécoise à Cannes, il a un peu occulté Polytechnique déjà sorti sur nos écrans, et qui fut présenté à La Quinzaine durant un congé férié.Mais le film de Denis Villeneuve, malgré son theme sombre de fusillade à l’école, applaudi, a reçu un excellent accueil dimanche.Bien évidemment, les gens l'ont comparé à Elephant de Gus Van Sant qui, sur un thème similaire, avait remporté ici la palme d’or en 2003.Denis Villeneuve, qui venait de s’arracher au tournage de son Incendie en Jordanie, avait cru qui Elephant le couperait de Cannes.Ravi d’en être finalement — l’année après que son court métrage Next Floor a été primé ici —, on le sentait pourtant ailleurs.Sur son plateau, au loin, qui l’a vite aspiré, après un saut rapide sur La Croisette.Hop là! Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 l’auteur.Les parents doivent se rendre compte que leurs enfants «iront plus loin s’ils en font moins».Il ne jette cependant pas la pierre aux parents, eux-mêmes souvent étourdis par la société de consommation.«On a transformé le rôle de parent en un exercice d’angoisse, de crainte perpétuelle, de paranoïa», illustre le père de deux enfants.Anxieux, les parents s’en remettent à des experts pour savoir comment bien faire.«Il y a une professionnalisation du rôle de parent.Dès qu’une femme est enceinte, le couple se précipite à la librairie pour acheter les 50 livres sur la façon d’être un parent parfait.Nous sommes devenus des junkies du conseil», constate l’auteur, né en Écosse d’un père mauricien et ayant grandi au Canada et ayant travaillé plusieurs années en Amérique latine avant de s’établir à Londres.Plutôt que de jeter un autre pavé dans la bibliothèque déjà bien garnie des parents, l’auteur espère, avec son Manifeste pour une enfance heureuse, que les parents reprendront confiance en leurs propres intuitions.«Nous avons tous une voie intérieure en nous, mais il y a trop de bruit, de panique, de distraction, il faut baisser le volume.Les parents sont à bout de souffle.Je voulais que les gens prennent du recul, sereinement, et voient qu’il est possible de récupérer la magie de l’enfance.» Le paradoxe de l’enfance Celui qui a réfléchi à l’enfance pendant trois ans constate que nos sociétés contemporaines agissent de façon contradictoire.Si l’on a adhéré à la conception vieille d’environ 200 ans voulant qu’il s’agisse d’un âge d’innocence, de magie, les enfants n'en sont pas moins poussés à la performance.«Nous voulons que ce soit une période d’innocence, mais on les expose à des choses affreuses.On dit que c’est une période de jeu, mais on organise, on structure tous leurs jeux», illustre M.Honoré, qui s’est lui-même surpris à vouloir inscrire son enfant doué pour le dessin aux meilleurs ateliers pour développer sa technique.C’est d’ailleurs la réaction de son fils qui l’a mené à écrire ce manifeste.«Je veux juste dessiner.Pourquoi les grands veulent-ils toujours tout contrôler?», lui a lancé le garçon de sept ans.L’électrochoc a conduit l’auteur aux quatre coins de la planète, en quête de poches de résistance à cette culture de performance imposée aux .enfants.De la Corée au Japon en passant par les États-Unis, l’Italie et le Canada, l’auteur truffe son manifeste d’exemples de parents et de pédagogues qui ont mis un frein à cette course folle.D’une maternelle de Zurich en plein air à l’école finlandaise où l’on n’évalue pas les enfants avant l’adolescence, en passant par la petite école publique secondaire St-John’s dans la ville anglaise de Malborough, où l’on a mis au rancart les programmes officiels pour redonner du pouvoir aux élèves sur la façon dont ils apprennent.La tyrannie des buts et des objectifs Outre le monde scolaire, l’essai propose une réflexion sur la société de consommation, l’hyperstimulation des enfants à l’ère du numérique, les sports et les autres activités parascolaires, sur les devoirs et la discipline.Avec ces thématiques au cœur des préoccupations quotidiennes de bon nombre de parents, c’est un rejet de la «tyrannie des buts et des objectifs» héritée de la culture de management qui fait tache d’huile sur l’enfance.Le cours de soccer du samedi matin prend alors des allures d’expérience de collaboration, le cadeau de Noël se doit d’être éducatif et l'intérêt pour les arts devient un potentiel à canaliser.«Le jeu devient un outil.Comme si on avait croisé le sport compétitif avec le développement d’un nouveau produit», fait observer M.Honoré.Même si l’on adopte la logique fonctionnaliste, cette façon d’aborder l’enfance s’avère contre-productive.«Le futur de nos économies repose sur la créativité, l’imagination, l’invention.Cela vient avec une autonomie de pensée», plaide l’auteur, convaincu que la culture de performance tue précisément ces aptitudes chez l’enfant pour lui inculquer un savoir finalement bien traditionnel.Le mieux est l’ennemi du bien: le proverbe résume à merveille le propos du père de famille qui espère voir des parents pousser un soupir de soulagement en refermant son livre.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 £3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com I^a publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 300 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du 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