Le devoir, 6 juin 2009, Cahier G
'¦ K 11 V 1|{.I.K S S A M K I) I (i E T I) I M A N < H K 7 .11! ! \ 2 (( (I !) PREMIERES BATONS DC CD PRÉSENCE AUTOCHTONE LEDEVOIR J 21 JUIN 2009 L’été venu, arrive le Solstice des Nations Page 3 r mm 9 La Terre des hommes rouges sera projeté en film d’ouverture à Présence autochtone.L’autre regard sur la civilisation Y a-t-il place ici pour la pensée «sauvage» ?Dans le seul Québec, on compte onze nations premières.Et il faut un festival pour que les «nouveaux arrivants» enregistrent le fait que ce territoire compte plus d’une civilisation.Le monde autochtone s’inscrit à l’affiche festivalière.NORMAND THÉRIAULT La gouverneure générale du Canada a remis le Nord en mémoire: il a suffi de quelques bouchées consommées, dans ce cas-ci de phoque, pour qu’une fois de plus on enregistre le fait qu’il n’y a pas qu’une seule façon de vivre, à savoir l’occidentale.Et, avant elle, une autre, elle aussi représentante en titre de l’institution royale en cette terre américaine, avait eu aussi, à l’occasion de déplacements en ces régions, été cause d'une vague protestataire: n’avait-on point critiqué les frais encourus par des déplacements en ces territoires?Pourtant, il y a eu moins d’échos entendus quand le conjoint de madame Clarkson (cet fut elle, cette autre vice-reine en terre canadienne), à savoir John Ralston Saul, s’est attaqué à ce sujet, rendant hommage dans son dernier livre à la civilisation des Premières Nations, civilisation aux accents divers, selon que ces peuples sont du nord ou du sud, de la plaine ou des forêts, de la glace ou de l’eau vive.Civilisations De Mon pays métis (Éditions du Boréal, Montréal, 2008), sous-titré Quelques vérités sur le Canada, plusieurs ont retenu d’abord la phrase-choc qui sert maintenant d’identification, de déclaration de projet ou de slogan pour l’ouvrage: parlant en tant que Canadien, John Saul déclare en effet que «nous ne sommes pas une civilisation d’inspiration française ou britannique.Nous ne l’avons jamais été.» Et l'ouvrage de poursuivre en voulant faire la preuve que, tant en politique que dans le secteur social, voire économique, il y aurait intérêt à reprendre les modes de vie et de fonctionnement de ceux et celles qui furent et demeurent les premiers habitants de ce territoire que nous avons en commun.Selon Saul, à mort, donc, ce parlementarisme à l’anglaise, et vive la civilisation du dialogue et du consensus, telle qu’elle a été mise en place par ceux qu’on qualifia d'abord d’«Indiens».Dans ses propos, le philosophe, qui a déjà publié Les Bâtards de Voltaire et Mort de la globalisation, soutient qu’il y aurait tout à gagner en mettant de côté tant la common law que le code Napoléon.Il reste à savoir s’il saura convaincre de la qualité de son projet les nouveaux arrivants en cette terre cana- dienne ou ceux et celles qui font partie de ces groupes qu’on identifie comme les peuples fondateurs.A coup sûr, toutefois, le métissage n’a plus maintenant une connotation négative: l’actuel président des Etats-Unis n’est-il point issu d’une rencontre entre gens de plus d’un peuple?Présences Pourtant, l’auteur du «pays métis» a raison sur le fond du problème: il y a peu, même pas de trace, dans la vie quotidienne, de ces civilisations premières, que l’on soit au Québec ou au Canada.Récemment encore, on n’avait pas seulement «parqué» dans les réserves les civilisations autochtones, mais même la mémoire collective avait refusé d’enregistrer tout héritage provenant de l’homme rouge ou jaune.Ét les premiers artéfacts inuits sont apparus au Sud il y a 60 ans à peine, et qui, en fait, indépendamment que la personne se déclare intellectuelle ou du commun, connaissait les façons de vivre traditionnelles ou les modes de pensée de ces Premières Nations?Politiquement, il a aussi fallu attendre la Paix des braves pour que s’harmonisent les relations entre le Nord et le Sud.Et encore, en ce domaine, l’une ou l’autre des 11 nations premières du Québec proteste sur l’un ou l’autre sujet: ce qui fait que le Québec est alors dénoncé, même si parfois il agit t .plus que d’autres, quand on constate le sort réservé aux premières populations des différents pays, indépendamment des continents où elles habitent.Onze jours en juin S’il y a un vent de renouveau, c’est, par exemple, lorsqu’un soir d’été, le premier de la saison, on organise une fête pour souligner le solstice: ce 21 juin n'a-t-il pas été proclamé Journée nationale autochtone?Et la fête s’inscrit dans un festival qui nous dit que, pendant 11 jours en juin, il y aura présence autochtone à Montréal.Cela est heureux car, avec les ans, d’autres gestes de même nature ont été ac-c e mplis.Dans le monde culturel, les musées, surtout, ont pris la relève et se sont donné mandat de recueillir objets et information sur ces peuples.Au quotidien, toutefois, beaucoup reste à faire: on cherche encore la forme et les moyens pour que ces citoyens puissent s’inscrire comme membres à part entière du territoire commun.Et, en ces jours de mondialisation, quand les frontières tombent, quand le droit des entreprises est mieux reconnu que celui des pays, des nations ou des collec- tivités, il ne sera toutefois pas facile de convaincre que le respect des différences s’impose.Quelques jours, donc, en juin où films, objets d’art et spectacles raconteront et feront découvrir un ailleurs qu’on côtoie pourtant au quotidien.Mais les festivals servent aussi à cela: créer un moment fort qui entraînera, ce qui est souhaité, un éveil des consciences.Il demeure toutefois difficile d’entrevoir, n'en déplaise à John Ralston Saul, qu’un jour le Parlement canadien fonctionnera sur un mode «sauvage»., Le Devoir HARVEY MICHELE «Au moins, je ne meurs pas en silence» Page 4 COSMOGONIES L’univers autochtone est décliné à la Bibliothèque nationale Page 2 DU 11 AU 21 JUIN La Polynésie française sera de la fête Page 3 BAIE JAMES Le développement du Nord et les valeurs historiques et culturelles Page 5 CULTURE Des musées et des établissements pour l’art d’ici Page 6 INUKSHUK L’homme de pierre des Inuits Page 7 L K I) E V 0 I R , LES SA M E I) I 6 E T I) I M A N C il E 7 JUIN 2 0 (( !» (i 2 PRESENCE AUTOCHTONE Cosmogonies des Premières Nations L’univers autochtone est décliné à la Bibliothèque nationale Vingt-deux artistes s’approprient des traditions ancestrales De tout temps, les cieux, les astres et les constellations ont fasciné l’homme.Chez les Premières Nations, ils ont alimenté bon nombre de traditions et ont largement imprégné le folklore.À compter du 9 juin prochain, dans le cadre du festival Présence autochtone 2009, cette fascination pour l’univers sera déclinée sous plusieurs formes à la Bibliothèque nationale du Québec, dans une exposition intitulée Cosmogonies des Premières Nations.EMILIE CORRIVEAU Réalisée conjointement par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et Terres en vues, un organisme de diffusion de la culture autochtone, l’exposition Cosmogonies des Premières Nations réunira sous un même toit les œuvres de 14 artistes visuels et de huit poètes pendant un peu plus de cinq mois.Issus de communautés diverses et proposant des démarches distinctes, ces 22 artistes autochtones ont été invités à se pencher sur la même thématique et à présenter leur vision contemporaine des grands mythes de la création du monde.«Chaque année, dam le cadre du festival Présence autochtone, on essaie d’intéresser les artistes à des sujets variés.Comme 2009 est l’Année mondiale de l’astronomie, on a pensé que ce serait intéressant de demander à des artistes de créer des œuvres sur le thème des cosmogonies, car les autochtones ont de riches traditions d’observation du ciel», soutient Michel Côté, coordonna- teur aux arts visuels pour Terres en vues et l’un des maîtres d’œuvre de Cosmogonies des Premières Natiom.Une exposition diversifiée Toutes imprégnées des légendes et des grands mythes amérindiens de la création de l’univers, les œuvres exposées à BAnQ cette année sont particulièrement variées.Outre les sculptures de Denis Charrette et les textes de huit poètes des Premières Nations, on retrouve différentes œuvres sur papier dans des supports matériels aussi distincts que la gravure, l’aquarelle ou la broderie.«Les œuvres des 22 artistes et poètes nous donnent m éventail très riche et très varié de plusieurs traditions ancestrales.En même temps, les artistes ont osé transgresser ces traditions-là pour proposer des pièces résolument contemporaines qui tiennent compte de leur réalité actuelle», soutient M.Côté.Des œuvres inédites Avec pour seule restriction le respect de certaines dimen- $ f SOURCE BANQ Une œuvre de Virginia Pésémapéo Bordeleau, une des 14 artistes visuels à participer à l’exposition Cosmogonies des Premières Nations sions et du thème proposé, les artistes visuels approchés pour participer à l’exposition ont tous réalisé des œuvres uniques pour l’événement.«Une des particularités du travail qu’on fait, c’est de com- mander des œuvres sur un thème précis à des artistes qui n’ont pas toujours l’habitude de travailler dans le sens proposé.Ça les amène généralement à se dépasser ou bien encore à essayer de nouvelles techniques.Souvent, ça les pousse à aller dans des directions dans lesquelles ils ne croyaient pas pouvoir aller», affirme le coordonnateur.C’est notamment le cas du sculpteur Denis Charrette, qui, dans le cadre de Cosmogonies des Premières Nations, a exploré de nouvelles avenues.«Normalement, Denis Charrette crée des œuvres plus traditionnelles, mais cette fois il s’est permis des assemblages et a multiplié les matériaux, indique M.Côté.Il a choisi une façon de travailler qui est beaucoup plus souple, qui ne ressemble pas du tout à son travail habituel.Il a incorporé du métal, de la pierre et il a travaillé son bois de différentes façons, ce qui fait que ce sont des œuvres complètement innovatrices.» Une exposition accessible Plutôt que d’être confinée à une seule salle, Cosmogonies des Premières Nations se déploie sur les quatre paliers de la Bibliothèque nationale.Dans l’aire d’exposition de la section Arts et littérature, on retrouve les œuvres sur papier des différents artistes visuels.Quant aux poèmes, ils sont mis en scène dans de grandes vitrines sur les quatre niveaux de la bibliothèque et sont souvent accompagnés d’une des sculptures de Denis Charrette.«Lorsqu’on a proposé le projet de cette année, les gens de la Bibliothèque nationale nous ont demandé la possibilité d’occuper les quatre niveaux, pour créer une espèce de parcours, précise Michel Côté.Ça nous a permis de faire appel à beaucoup plus d’artistes que d’habitude.Par exemple, l’an dernier, seulement sept artistes participaient à l’exposition.En avoir 22 fait une bonne différence.» Par son contenu contemporain et sa diversité manifeste, Cosmogonies des Premières Nations ose se risquer à bousculer les conceptions traditionnelles du public quant à l’art des Premières Nations.L’exposition se veut enjouée, colorée et actuelle et elle présente une facette de l’art autochtone souvent méconnue.«L’exposition ne s’adresse pas à un public de connaisseurs uniquement, bien au contraire, en fait! Il y en a vraiment pour tous là-dedans.Au niveau générationnel, nous avons choisi quelques artistes très expérimentés et assez âgés, mais aussi tout un groupe de plus jeunes, qui ont embarqué dans le projet avec enthousiasme.On voit les différences entre les deux générations et c’est très intéressant.Ça donne un portrait assez vaste de ce qui se fait en arts visuels chez les Premières Nations actuellement», confie le coordonnateur.Cosmogonies des Premières Nations, qui débute le 9 juin, se poursuivra à la Bibliothèque nationale jusqu’au 15 novembre 2009.Collaboratrice du Devoir ¦hH - .• iV- t Éü JOURNÉE Autochtones i À l’occasion de la Journée nationale des Autochtones, j’invite toute la population à partager la sagesse d’une aînée innue, qui prononça ces paroles inspirantes au lancement des travaux du complexe hydroélectrique de la Romaine, le 13 mai dernier.Pierre Corbeil Ministre responsable des Affaires autochtones » i Citer Qrand ‘Esprit, 9dçus te confions ta réalisation de ce grand projet.9{çus te demandons de protéger tous tes travaitteurs autocütones et non autochtones, Que ['harmonie et ta fraternité tes accompagnent.Et que teur amitié réciproque grandisse.9{çus te confions tout particutièrement tes jeunes, Protège-tes de tout danger.Qrand Esprit, nous te remercions de guider nos pas vers un avenir meilleur.Anne-Marie ‘Wapistan .m 4, - % ïlmSMr'iËÈÈm > k M «ï À'; '¦'¦tTVr'L:’:'* T Québec o • j.y ijÈm.¦-'K;- 4 i i L E I) E V (UR, LES S A M E I) I (i E T I» I M A N C II E ,1 I I \ 2 0 (I !l (i PRESENCE AUTOCHTONE Du 11 au 21 juin Place à la relève ! La Polynésie française affiche sa culture ma’ohi Musique, danse, cinéma, arts visuels, artisanat: le festival Présence autochtone, qui se déroulera du 11 au 21 juin, se présente toujours comme la grande fête des arts autochtones dans la métropole.Cette année, les organisateurs sont très fiers de recevoir, malgré leurs modestes moyens, une délégation de la Polynésie française.De plus, la relève sera particulièrement à l’honneur.MARTINE LETARTE O auvent, les gens opposent la tradition et la mo-^ O dernité.Il sera flagrant que ce dualisme primaire ne jbndiome pas du tout si on regarde les réalisations des artistes des Premières Nations qui seront présentées cette année à Présence autochtone», affirme André Dudemaine, directeur du festival.D’abord, le volet le plus visible de Présence autochtone est certainement celui des activités extérieures, qui se dérouleront le tepips d’un week-end, les 19, 20 et 21 juin, au parc Emilie-Gamelin.La combinaison spectacle-cinéparc, qui a si bien fonctionné l’an dernier, est de retour cette année.Le vendredi 19 juin, les festivaliers sont conviés à Rythmes nomades, dès 19h.Pour l’occasion, des musiciens des Premières Nations accueilleront sur scène des confrères issus de différentes communautés culturelles de Montréal.Le rappeur Samian sera notamment de la fête.Par la suite, les festivaliers pourront se tourner vers les écrans géants pour regarder quelques courts métrages du Wapikoni mobile et le film de Joséphine Bacon, Tshisme Mishtikuashisht - Le petit grand Européen: Johan Beetz, qui replonge le spectateur au temps des trappeurs.Le lendemain, les festivaliers seront conviés à un grand happening orchestré par Forestare, un ensemble de 12 guitaristes et d’un contre- JACQUES GRENIER LE DEVOIR André Dudemaine, directeur du festival Présence autochtone.bassiste.Le spectacle musical mettra en valeur les œuvres d’un compositeur atikamekw, Pascal Quoquochi Sasseville.«Nous allons aussi avoir quelques invités sur scène.Samian a accepté de se joindre à nous, tout comme Elisapie Isaac.Richard Séguin nous a aussi téléphoné parce qu’il voulait participer au spectacle.Ensemble, nous interpréterons des chansons à saveur autochtone», explique Alexandre Ethier, fondateur de Forestare.Elisapie Isaac présentera pour l’occasion, en avant-première, des chansons de son prochain album, dont la sortie est prévue le 22 septembre.«Je commencerai ma tournée seulement l’hiver prochain, mais je ne pouvais pas refuser de faire ce spectacle pour les gens de Terres en vues [l’organisateur du festival], qui sont pratiquement de-la famille pour moi», indique celle qui est la voix du duo Taima.Par la suite, les festivaliers auront la chance de voir Ce qu’il faut pour vivre, le long métrage de Benoît Pilon acclamé de toutes parts.Le film raconte l’histoire d’un Inuit atteint de tuberculose qui est transporté dans un sanatorium de Québec pour se frire soigner.L’œuvre a triomphé au gala des Jutra cette année, remportant les Prix du meilleur film, du meilleur acteur (Natar Ungalaaq) et du meilleur scénario (Bernard Emond).La Polynésie française à l’honneur Présence autochtone n’a pas les mêmes moyens que le Festival de jazz ou Juste pour rire, mais le festival accueillera tout de même une délégation importante de la Polynésie française qui viendra partager sa culture ma’ohi avec les festivaliers.«Ce sera intéressant de les recevoir, d’autant plus que ces personnes partagent avec nous l’espace autochtone francophone mondial», affirme M.Dudemaine.Présence autochtone accueillera notamment 10 artistes du Centre des métiers d’art de la Polynésie française.«Ces artistes sont reconnus et très respectés dans leur région», indique d’emblée Catherine Drolet, commissaire des Rendez-vous avec la culture ma’ohi de Présence autochtone.Pour l’occasion, les sculpteurs viendront réaliser un ti’i, un mat totémique traditionnel polynésien qui représente une forme humaine chargée de protéger les gens.«Us commenceront leur sculpture dès le mercredi 17 juin, dans le parc Emilie-Gamelin, et ils seront à l’œuvre tout le week-end.Leur démarche est très authentique», assure Mme Drolet, qui s’est d’ailleurs rendue en Polynésie française pour faire la sélection d’œuvres et d'artistes à présenter aux Montréalais.Une fois terminée, l’œuvre sera léguée à Terres en vues, en signe d’amitié.Lors de sa mission en Polynésie française, la commissaire a aussi sélectionné plusieurs œuvres cinématographiques qui seront présentées dans la métropole.«J’ai récupéré une soixantaine de films qui ont été faits dans les dernières années.Ces films n’ont jamais été présentés ici, alors ce sera très intéressant de les découvrir et, en même temps, de découvrir m peuple à la culture bouillonnante», affirme-t-elle.Cinéma, danse, arts visuels, alouette ! Le cinéma est toujours un volet important de Présence autochtone.Cette année ne fera pas exception, avec plus de 70 films provenant de différentes régions du monde qui seront projetés au Cinéma ONF, à la Cinémathèque, au Centre Simon-Bolivar et au Kateri Hall à Kahnawake.Frit intéressant, cette année, Présence autochtone ose une incursion dans le monde de la danse contemporaine.«Nous sommes heureux d’avoir Laura Kramer, une artiste de la relève fraîchement diplômée de l’Université Concordia, qui viendra nous présenter sa création de danse contemporaine Fragments, au Gesù.L’œuvre évoque l’impact intergénérationnel des pensionnats concentrationnaires, que sa mère a fréquentés.C’est évidemment une œuvre chargée d’authenticité», affirme André Dudemaine.La Bibliothèque nationale présentera également une grande exposition, Cosmogonies des Premières Nations, constituée de 24 œuvres commandées spécialement pour l’occasion à des artistes amérin-cüens et inuits.Toujours dans le domaine des arts visuels, la Guilde canadienne des métiers d’art présente depuis hier Gravures et sculptures sur la carte, une exposition réunissant les œuvres de cinq jeunes graveurs de Kanesatake qui ont été accueillis au Centre de l’image et de l’estampe de Mirabel (CIEM), où ils ont été invités à cartographier leur imaginaire.Alec Lawson Tuckatuck, sculpteur originaire de Kuuj-juaraapik, s’est joint à eux avec ses œuvres de sa série Global Warming Awareness Polar Bears, qui témoignent de l’urgence d’ouvrir les yeux et d’agir par rapport au réchauffement climatique.Collaboratrice du Devoir ¦ Pour plus d’information: www.nativelynx.qc.ca.Le 21 juin 2009 L’été venu, arrive le Solstice des Nations Tranquillement, le Solstice des Nations se taille une place dans les traditions québécoises.Cette année encore, pour sa cinquième édition, l’événement protocolaire, symbolique et festif poursuivra sa mission première: renforcer les liens d’amitié entre les peuples qui se partagent le territoire du Québec.Comme grande nouveauté de l’année, la cérémonie se déroulera au Jardin des Premières-Nations du Jardin botanique de Montréal.MARTINE LETARTE Nous sommes très heureux de la visibilité que donnera le partenariat que nous avons créé avec le Jardin botanique pour le Solstice des Nations», indique d’emblée Roger Bourdeau, coordonnateur de l’événement.Auparavant, la cérémonie du 21 juin, date du solstice d’été et de la Journée nationale des peuples autochtones, se déroulait au parc du Mont-Royal.Cette année, les représentants des communautés québécoises et autochtones seront réunis au Jardin des Premières-Nations, autour du Cercle de la fraternité, pour fêter le début du cycle solaire.Trois groupes sont à l’origine de la création de l’événement du Solstice des Nations: Terres en vues, le Comité de la Fête nationale à Montréal et le Mouvement national des Québécoises et Québécois.«L’objectif est vraiment de contribuer aux relations harmonieuses entre les nations qui cohabitent sur le territoire québécois, de créer des ponts entre les cultures», explique M.Bourdeau.Comme chaque année, tambours et chants d’honneur se feront entendre ici et là à travers les discours.Le conteur Michel Faubert et la chanteuse Elisapie Isaac, du duo Taima, participeront également à la cérémonie.Dans la matinée, un feu de l’amitié sera allumé et les braises seront transmises aux organisateurs de la Fête nationale, qui s’en serviront pour allumer le feu de joie sur les plaines d’Abraham, à Québec, le 23 juin.«Nous reprenons le même rituel que les autres années, mais MICHEL TREMBLAY / JARDIN BOTANIQUE DK MONTRÉAL Le Solstice des Nations aura lieu cet été au Jardin des Premières-Nations du Jardin botanique de Montréal.MP SÉsl'K'**» J»'-'" -T?cette fois ce sera au Jardin botanique.D’ailleurs, c’est un véritable partenariat que nous avons conclu avec les Muséums nature Montréal, et d’autres annonces seront faites prochainement», indique André Dudemaine, directeur de Présence autochtone, sans toutefois vouloir en dire davantage.Murale éphémère Les Muséums nature Montréal profiteront de l’événement du Solstice des Nations pour dévoiler le gagnant du ?concours de l’œuvre murale éphémère du Jardin des Premières-Nations.lœs personnes qui ont déposé leur candidature n’étaient pas toutes des artistes professionnels.«Avec le concours de l’œuvre murale éphémère du Jardin des Premières-Nations, nous voulons vraiment mettre en valeur les créations artistiques des autochtones.Chaque année, les visiteurs découvrent une nouvelle œuvre d’un nouvel artiste», ex- plique Karine Jalbert, chargée de communication pour le Jardin botanique de Montréal.L’ar tiste autochtone sélectionné verra son œuvre exposée dans le Jardin jusqu’à la fin d’octobre.Il aura également préparé une bande sonore pour présenter son œuvre aux visiteurs.Au cours des dernières années, les œuvres de Raymond Dupuis, Jean Saint-Onge et Raphaël Benedict ont notamment été exposées.Ouvert en 2001, le Jardin des Premières-Nations a pour objectif principal de présenter les rapports que les Amérindiens et les Inuits entretenaient et entretiennent encore aujourd’hui avec le monde végétal.D’une superficie de 2,5 hectares, il est la concrétisation d’un rêve inachevé du frère Marie-Victorin, fondateur du Jardin botanique.La cérémonie du Solstice des Nations se déroulera de 10h30 à midi et, pour l’occasion, l’entrée au Jardin botanique sera gratuite.M.L.¦ Pour plus d’information sur le Solstice des Nations: www.nativelynx, qc.ca.256 pages • ISBN 978-2- Par l'auteur de la Nordicité louis-Edmond HAMELIN NIPISH une narration en autochtonie •31,50$ -7601-6982-1 Ce tableau original d'une autochtonie contemporaine écrit dans une langue sobre, précise et créatrice vous fera vivre de belles aventures.GUÉRIN, éditeur liée 514-842-3481 En vente dans toutes les liDraines La tarification ost indiquée sous réserve de modifications.Les Muséums nature Montréal profiteront de l’événement du Solstice des Nations pour dévoiler le gagnant du 7e concours de l’œuvre murale éphémère du Jardin des Premières-Nations Musee Ajerindien ilr Mas En bordure du Pekuakami (Lac-Saint-Jean) venez à la rencontre de Thistoire et la culture des Pekuakamiulnuatsh.A travers ses expositions, son site extérieur d interprétation de la flore indigène et ses activités artistiques et culturelles, le Musée amérindien de Mashteuiatsh vous accueille pour vous faire vivre une expérience au cœur de sa communauté.vï Soyez dès nôtres pour les soirées culturelles NIPIN tous les mercredis de l'été (activité gratuite) ainsi que pour le Symposium d'arts dans le cadre du Grand rassemblement des Premières Nations les 17, 18 et 19 juillet 2009.Pour la programmation détaillée : 1 888 875 4842 — www.museeilnu.ca 1 I.K I) K V 0 I H , I.K S SA M K I) I (i E T I» I M A N (' Il E ,1 II I N 2 (I (I !) (i 4 PRESENCE AUTOCHTONE TÉMOIGNAGE « Au moins, je ne meurs pas en silence » Le sida est un fléau qu’il faut taire sur plus d’un territoire autochtone Le taux de VIH chez les Premières Nations ne cesse de croître au pays.On estime qu’un autochtone chaque jour contracte le VIH.La maladie les frappe 2,8 fois plus que le reste de la population canadienne.Malgré tout, peu d’entre eux avouent vivre avec la maladie, de peur d’être rejetés par leur communauté.Harvey Michele, un Ojibwé natif de l’Ontario, a choisi de briser le silence.MARIE-EVE MAHEU Lf homme aux joues creusées t par la trithérapie vit avec le VIH depuis 15 ans.Il a quitté sa communauté située au nord de Thunder Bay lorsqu’il était encore un adolescent.«Je me suis sauvé de la violence et des abus sexuels, raconte-t-il.Je voulais essayer d’améliorer ma situation.» Arrivé à Montréal, il tombe dans l’enfer de la prostitution.«Je devais trouver un moyen de subsister et l’argent était facile.Mes clients étaient surtout des hommes plus ou moins âgés.» La suite de l’histoire est prévisible.Au début de la trentaine, il apprend qu’il est séropositif.«Vous allez me trouver un peu fou, mais c’est un cadeau que j’ai reçu, dit-il.J’ai maintenant une raison de vivre.Je veux sauver des gens, en partageant mon expérience.» En plus de siéger au Comité permanent des Premières Nations et des Inuits du Québec sur le VIH et le sida, Harvey Michele parcourt le Québec pour livrer son témoignage dans les communautés autochtones.«Quand j’ai contracté la maladie, je me suis senti rejeté par les miens, comme un mouton noir.On fait de la discrimination entre nous, alors les gens n’osent pas parler quand ils ont la maladie.» «C’est très tabou», confirme Louise Tanguay, agente de pro-gramme VIH/Sida à la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador.Elle rapporte que quelques communautés, mues par la peur et l’ignorance, sont déjà allées jusqu’à expulser certains des leurs après avoir appris qu’ils étaient séropositifs.«Beaucoup de gens vont partir d’eux-mêmes en ville pour ne pas avoir à vivre le rejet et aussi pour avoir accès à des soins de santé», souligne-t-elle.Toutefois, sans travail, sans argent et sans soutien, il n’est pas rare que certains d’entre eux aboutissent dans la rue.Pas chez nous Autre problème majeur: l’accès au dépistage est souvent limité, rapporte Louise Tanguay.«Les gens ne veulent pas se faire tester au centre de santé de leur communauté, parce qu’ils ont peur de la stigmatisation.Mais, dans les régions éloignées des villes, ils n’ont pas vraiment d’autres solutions de rechange.» Paradoxalement, les communautés plus retirées se sentent souvent à l’abri du VIH.«Les gens se disent qu’ils sont entre eux, donc qu’il n’y a aucun danger.Mais certaines personnes vont en ville, ont des comportements à risque et ramènent le virus.» Dans le cadre de son travail, Mme Tanguay a communiqué avec diverses communautés pour savoir si elles avaient mis en œuvre des programmes de prévention du VIH.«Certains intervenants m’ont répondu que personne ne vivait avec le virus et que c’était une perte d’argent de développer un tel programme.Mais c’est un cercle vicieux.C’est sûr que, s’il n’y a rien pour eux, les gens malades n’en parleront pas.Si ces communautés développaient des services et démontraient une ouverture, peut-être que des gens se manifesteraient.» Mme Tanguay fait remarquer que les autochtones passent des tests de dépistage à un âge généralement plus avancé que le reste de la population.«Peut-être qu’ils se disent qu’ils sont mieux de ne pas savoir» Beaucoup ne passeront jamais de test de dépistage.«Pour un cas connu, il y en a au moins un autre qui ne l’est pas», estime-t-elle.De l’espoir Sur le plan de la prévention, le portrait est loin d’être homogène, poursuit Louise Tanguay.Selon elle, certaines communautés montrent une belle ouverture et essayent de développer des acti-vités de sensibilisation.Parmi les communautés proac-tives, on compte Uashat ipak Mani-utenam, près de Sept-Bes.En plus de la tenue d’activités de prévention dans les écoles, la radio communautaire diffuse des émissions sur diverses problématiques, dont le VIH.«On fait des tables rondes et des tribunes téléphoniques qui sont très écoutées», se réjouit Germaine McKenzie, une intervenante communautaire de la région.JACQUES GRENIER LE DEVOIR En plus de siéger au Comité permanent des Premières Nations et des Inuits du Québec sur le VIH et le sida, Harvey Michele parcourt le Quebec pour livrer son témoignage dans les communautés autochtones.La sensibilisation doit s’opérer à tous les niveaux, estime Mme McKenzie.Elle raconte que des infirmières ont déjà refusé de faire des prises de sang à des personnes risquant d’être porteuses du VIH.«On a donné de la forma- LA SALLE DES PREMIERS PEUPLES L - M.Victor Rabinovitch, président du Musée r> Audioguide VOTRE PAYS.VOTRE MONDE VOTRE MUSÉE.MUSÉE CANADIEN DES CIVILISATIONS CANADIAN MUSEUM OF CIVILIZATION 100, rue Laurier, Gatineau • www.civilisations.ca • 1 800 555-5621 Canada MME CEE C tion aux intervenants.Il faut défaire les mythes et les peurs.» Le plus grand défi reste de limiter les comportements risqués.«Même si on fait beaucoup de prévention, les gens ont encore la pensée magique de dire que ça ne peut pas leur arriver à eux», dit l’intervenante communautaire.Par la seringue La propagation du sida chez les Premières Nations est surtout liée à l’échange de seringues, à en croire les statistiques.Un peu plus de la moitié des nouveaux cas d’infec- tion se retrouvent chez les utilisateurs de drogue injectable, comparativement à 14 % pour l’ensemble de la population canadienne.Ce mode d’infection explique pourquoi les femmes et les jeunes autochtones sont de plus en plus touchés par la maladie, explique Louise Tanguay.Selon les dernières données de Santé Canada, il y a presque autant de femmes que d’hommes des Premières Nations qui ont le virus, contrairement à ce qu’on observe dans le reste du pays.Les autochtones contractent aussi la maladie à un plus jeune âge.fl y a deux ans, M.Michele a appris que sa sœur avait elle aussi contracté la maladie.«Son copain était un utilisateur de drogue injectable, raconte-t-il.Le seul soutien qu’elle a, c’est moi.» Harvey Michele craint que la maladie ne fasse des ravages dans certaines communautés avant que la population ne se réveille et n’attaque le problème de front En attendant, il continue de parler de son histoire.«Au moins, je ne meurs pas en silence.» Collaboratrice du Devoir « La salle des Premiers Peuples du Musée canadien des civilisations permet de raconter une histoire de survie culturelle et met en valeur l'éventail et la portée de ce que les Premiers Peuples ont apporté à notre monde jusqu'à aujourd'hui.Grâce à plus de 1500 artefacts, œuvres d'art et aux quelques 500 documents, illustrations et photographies présentés dans cette exposition, les visiteurs découvrent un Canada autochtone raconté du fond des coeurs et des âmes de ses Premiers Peuples.» PROGRAMMES UNIQUES AU QUÉBEC ET DANS LA FRANCOPHONIE MICROPROGRAMME ET CERTIFICAT EN ÉTUDES AUTOCHTONES Deux formations universitaires entièrement offertes à distance qui portent sur la réalité contemporaine des peuples Inuit, amérindiens et métis du Québec et du Canada.Certains cours portent aussi sur des peuples autochtones d'autres régions (Nouvelle-Zélande, Australie, Amérique du Sud et Mexique, etc,).Tous les cours resituent les dynamiques socioculturelles et politiques des peuples autochtones dans une perspective historique.Étudier à distance, c'est : • entretenir des échanges avec les enseignants et les autres étudiants, via des activités pédagogiques innovantes telles que la création d'un blogue ou les discussions sur forum ; • avoir accès aux notes de cours, aux textes à lire et aux évaluations, le tout entièrement en ligne : • pouvoir se fixer son propre cheminement scolaire et ses horaires de travail et combiner cette formation complémentaire à d'autres programmes ou à une activité professionnelle.Microprogramme en ÉTUDES AUTOCHTONES : trois cours entièrement à distance Certificat en ÉTUDES AUTOCHTONES : dix cours entièrement à distance Pour connaître les cours offerts, consultez l’adresse suivante : www.distance.ulaval.ca Inscrivez-vous maintenant ! UNIVERSITÉ LAVAL Faculté des sciences sociales Département d'anthropologie ta L E I) E V (I I R , I, E S S A M E I) I fi E T I) I M A N C II E .1 I I \ 2
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