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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2009-06-13, Collections de BAnQ.

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I- E l> E V 0 I R .L E S S A M EDI I 3 E T D I M A V (' HE II .1 I I \ 2 (I (I !) EN APARTÉ L’histoire d’Adrien Gagnon Page F 2 ANNIVERSAIRE François-Xavier Garneau, l’inventeur du Québec Page F 5 Les chemins du crépuscule d’Enrique Vila-Matas LOUIS HAMELIN S il faut croire tout ce qu’on lit et, plus encore, ce qu’on ne lit pas, îa question n’est plus: «Que lirez-vous pendant vos vacances?», mais bien: «Lirez-vous pendant vos vacances?» Idem pour la variante philosophique: «Apporteriez-vous un livre sur une île déserte?» Des réponses inédites à cette vieille scie se présentent à l’esprit «Ça dépend si les ondes Explorenet se rendent bien.» A quoi j’ajouterais que le problème de File déserte, aujourd’hui, n’est plus de savoir si les ondes se rendent ou pas, mais s’il faut couper le palmier parce qu’il cause des interférences.Depuis Gutenberg, lire n’a probablement jamais été aussi passionnant qu’en ce moment.A certaines époques, le contenu d’un bouquin pouvait vous conduire directement au bûcher.Maintenant, c’est l’acte en soi qui me paraît constituer une forme discrète de rébellion.Pression technologique et confusion des espaces public et intime sont les deux mamelles siliconées de l’époque.Résister est démodé.Comme lire, cette pratique de l’intériorité et de son corollaire, la lenteur.Prendre le temps.Une périphrase idéale, qui ne désigne pas seulement le mode d’emploi, mais aussi le but.Même un mauvais ouvrage est encore de la pensée.Quand je vois quelqu’un lire en public, j’ai tout de suite envie de connaître le titre et je me tords parfois le cou pour y arriver.Alors que le texto consulté par le quidam du wagon de métro me décourage d’avance par son insignifiance pressentie.Oui, je suis bourré de préjugés.J’affronte le monde avec mon héritage à moi, je l’in-teiprète à la lueur des livres, ils sont le prisme qui déforme ma vision, comme celle de Don Quichotte l’était par les romans de chevalerie.Cette posture grotesque (pourfendeur de moulins à vent) et noble pourtant, ce mélange de courage et de vanité, ce combat crépusculaire pour que triomphe, ô combien follement! le cœur humain sur l’intelligence artificielle et le langage programmé des serviteurs du progrès, ne sont peut-être après tout que la seule attitude intellectuelle encore capable de donner un sens à toute une existence consacrée à cette aventure: lire, écrire.Alors, si je n’étais pas moi et n’avais donc pas déjà lu \e Journal volubile d’Enrique Vila-Matas, que, d’autre part, je devais passer une semaine cet été sur une île déserte, je m’assurerais (remporter ce livre.D’abord pour l’espace ainsi économisé: lire Vila-Matas possède un effet multiplicateur.Mon nom est légion, pourrait-il dire sans trop se vanter.Sa prose poreuse laisse passer la lumière de nombreuses autres écritures, elle nous convie à un rendez-vous d’œuvres.Il y a chez lui une éthique du citateur qui mérite d’être soulignée: «Citer, c’est respirer la littérature pour ne pas étouffer parmi les clichés traditionalistes et circonstanciels qui viennent au fil de la plume quand on s'obstine dans cette vulgarité suprême: Ne rien devoir à personne.» Cette stimulante chambre d’échos qu’est la littérature annoncée jadis par Y Œuvre ouverte d’Umberto Eco et l’intertextualité, son rejeton à la mode des années 80, encore faut-il posséder une culture littéraire pour l’animer.«Le salon de notre vie quotidienne (peut) être une grande centrale de hasards», observe Vila-Matas qui, quand une amie lui téléphone de la tombe de Melville à New York, alors qu’il lit Rick Moody sur Hawthorne, se souvient que Moby Dick est dédié à l’auteur de la Lettre écarlate.Nous connaissons tous de ces petits moments de synchronicité dont la vie des livres est prodigue.Petits faits qui sont comme la poussière de pollen portée par le vent et qui féconde la graine qui va germer dans certains cerveaux et non dans d’autres, pour enrichir la vaste trame signifiante et résonante du monde.Je discours sur Vila-Matas qui discourt sur Julien Gracq qui discourt sur Proust, et ça me fait penser que, hier, au Saint-Bernard, entre la première et la deuxième période, Jacques De-mers, Bob Hartley et Dave Morrissette donnaient l’impression de prôner une tout autre conception de la mise en abîme.Par un de ces capricieux déphasages dont la technologie numérique semble coutumière, les propos du trio me parvenaient après une sorte d’autodoublage de mauvaise qualité en direct.Troublant.Profitant d’une autre défaillance du système, j’ai détraqué une machine à pinottes.Ayant droit à quelques parties gratuites, j’ai soupé aux cachous.Ce que j’aime bien chez Vila-Matas, ce n’est pas tant cette tranquille manière de penser à contre-courant (le jardin est plutôt fréquenté.), que cette affirmation, implicite chez lui, il me semble, du fait que l’intelligence, bien plus que le sirop humanitaire qui cousine avec la culture de masse, est actuellement sur cette planète un facteur de changement, peut-être le seul processus révolutionnaire encore possible à l’échelle de l’individu.Ajoutez à la lucidité un peu d’humour et vous avez, tout à coup, une île déserte presque habitable.«Le froid me fascine.J’en suis venu parfois à penser qu’il dit la vérité sur l’essence de la vie.Je déteste l’été, la transpiration des belles-mères faisant le grand écart sur le sable du cirque des plages.» Non?Alors ceci: «Ce pays n’est fait ni pour la sagesse ni pour la pensée.Dans de telles circonstances, beaucoup trouvent qu’il est évident qu’on ne peut rien faire et que le mieux est de s’éloigner discrètement, de continuer à lire et à écrire, à enseigner et à étudier, en définitive à résister, un comportement qui, tout compte fait, peut acquérir une véritable dimension politique et rappelle l’esprit initial de la philosophie au sens socratique: l’individu qui se promène au crépuscule, dialogue avec les autres, leur montre l’éventuelle vérité des choses et espère qu’ils la construiront ensemble.La construction de la vérité passe par les chemins du crépuscule.» Monsieur le Citateur, permettez que je m’incline.JOURNAL VOLUBILE Enrique Vila-Matas Traduction de l’espagnol par André Gabastou Christian Bourgois Editeur Paris, 2009,287 pages L’individu qui se promène au crépuscule, dialogue avec les autres, leur montre l’éventuelle vérité des choses et espère qu’ils la construiront ensemble \l WSCOM.UOM wwwinstantmeme.com photo.Idfo lew- (Wpivtivp Hrns Jürgen GREIF Graffiti à l'entrée du Hallesche Markt, Berlin Umftarümêm LE CHAT PROVERBIAL L* chat proverbial.Histoires d* Hans-Jürgen GreK 300 pages.25 i ¦ F 'I 1 K l> K V 0 1 R .L E S S A M E l> I I A E T I) I M A N (' Il E II .1 I! I N 2 (I 0 I) LECTURES D'ETE ROMAN Sœur à sœur SUZANNE GIGUERE Y aidera, Valderi.Ce sont les noms de deux sœurs, complémentaires et pourtant opposées.Valdera a choisi les enfants et le bonheur d’un quotidien légèrement chaotique, ce qui ne l’empêche pas d’écrire un roman et d’étudier le chant choral, sachant bien qu’elle n’a pas le talept ni la voix de Valderi.A travers les péripéties d’Adrienne, Ludovic et Ludivine, Chère-Éli-se et Cher-Eugène, Pierre-Pol et tant d’autres nous sont dévoilées parallèlement l’apprentissage par Valdera de la partition du Cantique des Cantiques, le très beau chant d’amour attribué au roi Salomon, mis en musique par Giovanni Pierluigi da Palestrina.La musique, comme une impulsion, anime ce roman mélancolique et contenu.Au fil du récit, Valdera ressent profondément le besoin de se hisser à la hauteur de sa sœur.L’écriture s’effectue à rebours.Tandis qu’on progresse dans l’intimité des personnages, on assiste à une remontée de drames refoulés, de questionnements filiaux, d’évocations de l’enfance et des mythifications qui lui sont propres, de secrets et d’aveux.A la fois grave et fantaisiste, le roman est ponctué de musiques, de rires, d’intrigues, de jeux et d’énigmes qui surgissent, imprévisibles.L’auteure procède par bonds d’une histoire à l’autre: celle de la grand-mère Adrienne, qui a voyagé autour du monde, a connu une histoire d’amour avec un Colombien aveugle, puis a laissé un cahier France Ducasse nous invite à une promenade dans son «jardin aux sentiers qui bifurquent» de feuilles blanches dont le titre, Muerte, inspire à ses petits-enfants une histoire marquée de glissements brusques du réel au merveilleux.Il y a encore cette histoire d’un vieux peintre qui s’est perdu lors d’une expédition dans le Grand Nord, laissant une tache rouge sur son dernier tableau, et dont on ne sait «si c’est l’emballement devant la couleur, l’urgence de peindre ce qu’il voyait ou l’exaltation de vivre qui l’a tué».Valdera est difficile à résumer.Le roman est fragmenté, en pièces détachées, «du décousu main» dira Valdera.Il est la marque d’une liberté d’inspiration et d’invention.La vie se déverse dans la fiction, la fiction dans la vie, les deux se mélangent, se transforment.Comme si la romancière considérait la vie et l’écriture comme un jeu sans fin et regardait vivre, au milieu du vertige, ses personnages.Les livres de Borges traînent sur la table de nuit d’un des personnages.Ce n’est pas un hasard.Avec ce huitième roman, France Ducasse nous invite à une promenade dans son «jardin aux sentiers qui bifurquent».Au lecteur de s’y jeter avec trouble et délice.L’auteure vit dans le Vieux-Québec avec un gentilhomme, trois enfants, deux araignées et un oiseau.Collaboratrice du Devoir VALDERA France Ducasse L’instant même Québec, 2009,252 pages Romans hVanyoiM?çtîdb*, L’arbre qui glapit Françoise Cliche L’arbre qui glapit ü roman, 272 p., 25 $ Roméo, un plombier à la retraite, ne sortira pas indemne de son séjour au Guatemala où, avec sa femme Marie et cinq autres bénévoles, il est allé construire une classe supplémentaire à une école.Mais il y connaîtra aussi de grandes joies.Un récit savoureux ! roman, 304 p., 23 $ André Pronovost Plume de Fauvette André Pronovost, avec un doigté qui l’apparente à Marcel Pagnol par l’humour, le ton et l’humanité nous présente le petit monde du Bord-de-l’Eau, là où chaque individu joue le rôle principal.De grands drames s’y jouent qui ont des conséquences planétaires, rien de moins.Michèle Rechtman roman, 192p.,23$ Smolkin C’est encore loin, le bonheur?Quand elle avait cinq ans, personne n’a voulu lui dire que sa mère était morte.Son père s’est contenté de lui présenter sa nouvelle maman, la femme avec qui il venait de se remarier.Aujourd’hui, elle se souvient de son enfance et de son adolescence, passées à Paris et au Maroc, et elle se questionne sur son identité métissée.«.Tr-| 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) HzL 3Z1 n 1 A ) Téléphone : 514.525.21.70 • Télécopieur : 514-525-75-37 cïlitcur Courriel : info@editionsxyz.com • www.editionsxyz.com EN APARTÉ Au pays d’Adrien Gagnon •X Dans les pharmacies, Dans les pharmacies.On veut du nougat et du chocolat, Des bonbons au citron, des stylos, [.] Ces pharmacies-là Sont celles du Canada - Charles Trenet, 1951 on grand-père racheta un jour les brevets et le bâtiment principal d’une fabrique de médicaments «patentés».La compagnie était spécialisée dans des élixirs conçus autant pour les chevaux que pour les humains.Bien sûr, seule la publicité, élevée au niveau de la propagande, était capable d’accorder une quelconque valeur à de pareilles panacées.Un des hommes qui travaillaient là, au temps de la gloire de la fabrique, racontait volontiers que le «remède» le plus célèbre de l’entreprise, la Muskalene, un baume pour la peau auréolé de toutes les vertus, était fabriqué avec de la simple vaseline, des jaunes d’œufs et du colorant.On mélangeait le tout grâce à une grande pelle en fer, la même qui servait, précisait-il malicieusement, à malaxer un autre produit miracle, celui-ci conçu pour les chevaux.Condamnée par les nouvelles lois de la santé publique, l’entreprise ne valait guère plus que le prix du bâtiment qui l’abritait, ce pour quoi mon grand-père s’en était d’ailleurs porté acquéreur.Nous sortions alors de l’ère du chamanisme industriel, avec son lot de potions, de décoctions et d’élixirs divers.Débutait l’ère de la rigueur scientifique, avec ses laboratoires et ses analyses.Les croyance^ ont-elles disparu pour autant?A Jean-François Nadeau Stanstead, dans les Cantons-de-l’Est, la fabrique artisanale d’un baume conçu en 1898 pour le pis des vaches, a vu ses ventes décupler depuis le jour où, en 2000, une jolie chanteuse, Sha-nia Twain, a assuré qu’elle s’en enduisait le visage pour son plus grand bénéfice.Il faudrait un jour écrire la formidable histoire des croyances populaires en matière de santé.Un long chapitre, évidemment, serait à consacrer à l’univers de la naturopathie et des vertus alléguées de certains «produits naturels».On y parlerait, bien sûr, de la formidable histoire d’Adrien Gagnon, père d’une lignée de «produits» constitués d’«ingrédients prouvés en clinique» (sic) et de «préparations dignes de confiance» qu’on trouve désormais partout en pharmacie.Adrien Gagnon vient de se voir consacrer, ,à l’enseigne des Éditions Québécor, une hagiographie, œuvre de son fils Yvan et d’un «écrivain public».Né dans Ka-mouraska, passionné par la musique western, Adrien Gagnon est d’abord et avant tout fasciné par la musculation.En 1946, à 22 ans, ce jeune adonis lance une revue, Santé et développement physique.Il veut faire de sa revue «un livre national de santé et de psychologie».Dans le premier numéro, en éditorial, il explique que «toutes infractions aux lois de l’hygiène est [sic] une faute morale».Gagnon promet en outre d’enseigner à ses lecteurs «tout ce qu’il faut faire pour devenir en santé et heureux».Autodidacte, Gagnon travaille d’abord comme machiniste, tout en se façonnant de gros bras grâce à la méthode de Charles Atlas.Il reprend l’idée des cours de musculation par correspondance, rédige lui- Nouveautés poésie Msdiel A, î hcncn Terre de faïence Terre de faïence Michel A.Thérien 1 prix du Gouverneur f en 200B pour son recueil Du vertige et de l'espoir.Carnets africains, Michel Thérien embrasse dans Terre de faïence une préoccupation pour la Terre, dont il évoque à la fois l’étreinte et la grande fragilité.Lancement le 17 juin de 17 h à 19 h Galerie d’art Jean-Claude Bergeron 150.rue St-Patrick, Ottawa même des avis sur diverses questions de santé, puis les imprime à la maison, sur une vieille Gestetner qui crache de l’encre comme lui crache le feu.Des titres?L’hygiène sexuelle du culturiste, Santé et charme.Votre chevelure ou encore un guide Pour former des hommes sains et virils.Le vent dans les voiles, Gagnon ouvre un centre de culture physique, vend des haltères et se fait promoteur de galas du muscle.Il publie d’autres revues, dont Santé naturelle, sous-titrée Soyez votre propre médecin.Suit, naturellement, la commercialisation de divers produits, dont «un sérum de jeunesse», à la fin des années 50, constitué de gelée royale.«Vous pouvez ne plus jamais être malade», affirme Adrien Gagnon dans ses publications, en suggérant que la santé est à atteindre «par les aliments».Nous sommes ici bien près d’une pensée simplette à la Wilhelm Reich, où chaque individu se trouve, en un sens profond, à l’origine de ses maladies comme de sa santé.Au nombre des influences d’Adrien Gagnon, selon ses hagiographes, on trouve, chose certaine, Alexis Carrel, un des pères de l’eugénisme autant que de la naturopathie.Une perquisition réalisée dans ses bureaux, «à la demande du ministre de la Santé du Canada», ne le met pas en déroute.Son fils dénonce cependant ces saisies, tout comme les faux patients envoyés en consultation par les instances publiques.Il voit dans ces initiatives gouvernementales de simples tentatives de réduire sans raison au silence l’entreprise de son père.Adrien Gagnon connut quelques faillites.Mais ses affaires finirent, sur le tard, par devenir prospères grâce surtout à des produits comme NutriDiète ou NutriBar.Le fils Gagnon regrette aussi, en ces cas-là, que son père ait dû se battre pour contrer la «réaction très vive des divers spécialistes de la nutrition qui utilisaient toutes les tribunes pour critiquer ce nouveau régime», notamment «des journaux consacrés à la protection du consommateur».Comme la durée de vie utile des produits pour le commerce ne dépasse guère sept ans, explique Yvan Gagnon, il fallait sans cesse voir à trouver autre chose pour relancer l’entreprise.Un jour, ce fut le sulfate de glucosamine.Comment découvre-t-on un nouveau produit pareil?«Je viem d’entendre par- ler et j’ai lu à propos d’un produit nommé sulfate de glucosamine, explique Adrien Gagnon à ses hagiographes.Il est extrait de la carapace de crustacés et il a une action bénéfique sur les cartilages et les articulations.Je crois qu’on va se lancer là-dedans.» Et voilà! La comédienne Louise Deschâtelets, qui a longtemps assuré la promotion de la marque Adrien Gagnon, affirme qu’elle ne pouvait pas douter de la valeur de ses mélanges: «Adrien était d’une telle rigueur dans tout ce qu’il faisait qu’il ne pouvait rester aucun doute dans mon esprit: la fabrication et le contenu de ses produits étaient les résultats de la même qualité.» En fallait-il davantage pour établir l’indéniable efficacité de ces produits «élaborés en toute conscience sociale», demande Louise Deschâtelets?«Un jour, j’en eus une preuve supplémentaire, é\t-e\\e.J’avais une amie qui s’était installée au Vietnam [.] et lorsque je lui ai dit que j’allais la visiter, elle me demande de lui apporter du sulfate de glucosamine Adrien Gagnon.Cela m’a convaincue encore plus de l’efficacité de ses produits.» Pour les gens qui n’étaient pas encore convaincus, Adrien Gagnon avait aussi conçu des produits pour ça: des publicités.Temps d’antenne dans les radios populaires, info-pubs à la télé, publireportages dans des feuilles populaires comme Echos Vedettes, Le Journal de Montréal et Le Lundi.En annexe de cette hagiographie, intitulée simplement Adrien Gagnon, l’histoire d’un pionnier et d’un pilier de la culture physique et de la naturopathie, le docteur Augustin Roy, ancien président du Collège des médecins, estime que les annonces d’Adrien Gagnon «n’ont pas été exagérées et les messages qu’elles portaient n’induisaient pas en erreur».En un mot, Adrien Gagnon, dit-il, n’appartient pas à ce groupe de naturopathes qui, par leurs promesses, «promettaient plus qu’ils ne pouvaient offrir».Je me propose donc d’essayer ces jours-ci une cure de Super Energex d’Adrien Gagnon, constitué de «ginseng sibérien», «chinois», «brésilien», «indien» et «péruvien».Pas de ginseng de File Verte, hélas, mais le tout est au moins contenu dans une base «phyto-active».Sinon, chacun sait bien que ça ne fonctionnerait pas.jfnadean@ledevoir.com Marcher pieds nus sur nos disparitions Lyne Richard Mari-tl Co.sriïr Dans un souffle aux accents épiques, Lyne Richard aborde l’amour et l’érotisme, la tendresse et la violence, le bonheur et la douleur avec la même acuité.Entre ces pôles, sa voix nous fait voyager et rappelle notre fragilité.Los Éditions lavid EDITIONSDAVID.COM Sur le parvis des nuages Mardi Cossette La beauté de la nature et les départs des êtres chers, l’enfance d’hier et d’aujourd’hui, la beauté intérieure et celle des petites choses : ce recueil se présente comme la porte d’entrée au monde sensible, aux questionnements sur la mort et ce qu’il reste de soi.CE cl tien AU XX SIÈCLE fl l ! *1 1,1, t 1‘, ,j 11 L t'f ï .W t , , , ï-11* , , 1 Venez assister à la CONFÉRENCE DE NA2LI MADKOUR Le 16 juin à 19h à la Librairie Monet Réservations: 514-337-4088 p.213 ou annepascale@librairiemonet.com Visitez nazlimadkour.com et egypt-edu-can.net nous réinventons la librairie Galeries Normandie 2752, rue de Salaberry, Momréal H3M 113 COROULÀT UÎNtR**.t) fowl t.— GQMBlAATt' CiF.Nt-UAl, Of EQYPI ounm.ots vrAjuss cu.tuReu.es llp lilU bureau or cururui.and HT nmOUCATlON AU CANADA EDUCATIONAL AFT AW IN CANADA I- E 1) K V 0 I H .LES S A M Eül I IS K T D I M A N (' HE II .1 C I \ LECTURES D’ETE D’autres romans québécois pour la saison estivale Danielle Laurin Le bonheur, dans toutes ses déclinaisons.Celui qu’on oublie de voir.Celui qu’on vole au malheur.Celui qu’on espère, après la tempête.Le bonheur comme quête: c’est la toile de fond de deux romans pourtant très différents.Deux histoires qui prennent aux tripes.Le bonheur est assis sur un banc et il attend (Stanké), de Janik Tremblay, se situe c^ans la foulée de la tuerie de l’Ecole Polytechnique: suicide d’un côté, deuil impossible de l’autre.Et la vie, l’amour, les projets qui n’en continuent pas moins.Jusqu’à ce que la mort frappe encore.C’est encore loin le bonheur?(XYZ), de Michèle Rechtman Smolkin, raconte à rebours le parcours d’une femme qui a perdu sa mère à l’âge de cinq ans, dans des circonstances restées inexpliquées.Elle ne s’en est jamais remise.Aujourd’hui, mère à son tour, tandis qu’elle veille son enfant malade, elle revisite ses souvenirs pour mieux construire l’avenir.Petite perle d’inventivité LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d’art Littérature et de collections —^2 Philosophie Canadiana ^3 Sciences humaines Livres anciens et rares Service de presse Bibliothèque BD, livres jeunesse de la Pleiade Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DEPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.Cfaittî vol prot/isiotn I # l'g ' pourl VlV d t'urital de troii livres, i | Æe ^Parehemin voua offre: 15% 20% 25% de rabaii sur te premier liitre* de reilmis sur te eletueième linre* île rabais sur te troisième liitre \ OUre en niqueur jusqu 'nu 2S juin 2009 sur présentation de relie nnnonrr seulement le Par Mezzanine métro Berri-IJQAM, 505, nie Sainte-Catherine 1 Tél.: 514-845-5243 www.parchemin.ca ^ jgggg imn HH ^ Nadine Bismuth ÊTES-VOUS MARIÉE À UN PSYCHOPATHE?Nouvelle* Parmi les romans parus au Québec ces derniers mois, lesquels inscrire sur sa liste de lecture pour l’été?Après les incontournables signés Catherine Mavrikakis, Nicolas Dickner, Jacques Poulin, Jean-François Beauchemin, Gérard Bouchard et Sophie Thibault, suite et fin de notre sélection.pour qui souhaite être dépaysé: HKPK (Marchand de feuilles), de Michèle Plomer.HKPQ, pour Hong-Kong/P.Q.Où Ton suit une Québécoise dans ses pérégrinations hong-kongaises.Tout peut arriver quand on est pourchassée par un fantôme, amoureuse d’un poisson et fascinée par une voleuse de bijoux.Décidément, les Éditions Marchand de feuilles misent sur l’originalité.Sur l’ironie, les voix décalées, aussi.La Masso-thérapeute, premier roman de Maia Loinaz, elle-même masso-thérapeute, vous fera bidonner: piquant à souhait.Caustique, même, par moments.Et, encore plus acide, sarcastique au possible: La Bar-mitsva de Samuel, qui marque les débuts littéraires de David Fitoussi.Autre premier roman, mais dans un tout autre ton, plus intimiste: Olivier ou l’inconsolable chagrin (Hurtubise), signé Nicole Fontaine.Où il est question de pédophilie.Hyper tragique.Poignant.Les nouvelles Au rayon nouvelles, soulignons, chez Boréal, l’intense et lyrique recueil de Robert Lalon-de.Un cœur rouge dans la glace.Où Ton retrouve trois récits, tournant autour de la mort, du deuil, de la renaissance.Et de la littérature, de l’écriture comme moyen de se perdre, de toucher le fond, pour mieux se trouver.Chez le même éditeur: L’Enfant, de Caroline Montpe-tit.Tellement touchant.Tellement gracieux.Tellement juste.Tout ici nous ramène aux enfants, aux liens que Ton tisse avec eux.Toujours au Boréal, pour rire jaune : Etes-vous mariée à un psychopathe?Nadine Bismuth y passe en revue le couple dans tous ses états.Infidélité, men- MJ L (MCvIMKJLABLE songe, tromperie: tout est là.Aussi, à L’instant même: Le Chat proverbial, de Hans-Jurgen Greif.Un recueil excentrique, astucieux.Pour les amoureux des chats et les amateurs de proverbes.Mais pas seulement.Du côté des romans traduits de l’anglais, on retient, du Québécois Neil Bissoondath, Cartes postales de l’enfer (Boréal).Où Ton plonge dans l’univers d’un homme à l’identité trouble dont la vie est bâtie sur le mensonge.Une histoire qui glace le sang.Traduits de remarquable façon par le même tandem, Lori Saint-Martin et Paul Gagné, deux premiers romans saisissants.Signés par des Ontariennes, Lori Lansens et Gil Adamson.Qu’on voudra suivre absolument, dont on attend impatiemment le prochain livre.D’abord, Les filles (Alto).Qui donne la parole à des sœurs siamoises: elles ont une veine essentielle commune, n’ont ja- mais pu être séparées.À 29 ans, elles décident d’écrire, chacune de leur côté (façon de parler.), leur autobiographie.Saugrenu, inattendu.Plein de dérision.Èt de tendresse.Exceptionnel, vraiment Dans une autre veine, La Veuve (Boréal/Christian Bour-gois).Où Ton se prend d’affection pour une jeune veuve en fuite.Elle tue son mari, on découvrira comment et pourquoi le moment venu.Elle est au bord de la folie, lutte pour sa survie dans un monde hostile, menaçant.Grandiose épopée, haletante et poétique, qui se situe dans l’Ouest canadien, au début du XIX siècle.Et puis, et puis.Il y a un troisième roman de la grande Margaret Laurence qui vient de paraître en français chez Alto.Préfacé par nulle autre que Lise Tremblay.Le titre: Ma maison est en feu.J’y plonge à l’instant.Et je vous en reparle la semaine prochaine.ARCHAMBAULT Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS LIVRES Résultats des ventes : du 2 au 8 juin 2009 ROMAN OUVRAGE GÉNÉRAL MIlLÉNRiM T.1 : LES HOMMES QUI.Stieg Larason (Actes Sud) CHÈRE LAURETTE T.4 Michel David (Hurtubise HMH) LES PORTES DE QUÉBEC T.4 Jean-Pierre Charland (Hurtubise HMH) VI JE T’AI DONNÉ MON CŒUR U Mary Higgins Clark (Albin Michel) SI JE RESTE Gayle Forman (0h Éditions) tlj JE REVIENS TE CHERCHER Guillaume Musso (Pocket) LEXI SMART A LA MÉMOIRE QUI HANCHE Sophie Kinsella (Belfond) H » 1 H*| L’INFILTRÉ John Grisham (Robert Laffont) M LE LISEUR Bernhard Schlink (Gallimard) LES YEUX JAUNES DES CROCODILES Katherine Pancol (Livre De Poche) JEUNESSE LE JOURNAL D’AURÉLIE LAFLAMME T.6 India De$ardins (Intouchables) LES FÉES DISNEY T.1 : aOCHETTE A DES.Collectif (Presses Aventures) FASCINATION T.4 : RÉVÉLATION Stephenle Meyer (Hachette Jeunesse) VI LUNA T.1 : LA CITÉ MAUDITE Élodie Tirel (Michel Qulntln) ELIAS SPARTE T.1 : L’ORACLE DES.Agnès Ruiz (Boomerang) VISIONS T.1 : NE MEURS PAS LIBELLULE Linda Joy Singleton (ADA) VI TÉA STILTON T.6 : NEW YORK, NEW YORK ! Téa Stilton (Albin Michel) SI0NRAH T.1: LES HÉRITIÈRES Line Bordeleau (Québec Amérique) VI LE TALISMAN DE NERGAL T.S U Hervé Gagnon (Hurtubise HMH) AMOUR, TRAPÈZE ET JONGLERIE Émilie Rivard (Boomerang) PAPULES ET MOLÉCULES Français Chartier (La Presse) GUY LALIBERTÉ : LA VIE FABULEUSE.lan Halperin (Transit Médias) LA BIBLE DES ANGES Joane Flansherry (Dauphin Blanc) IV CE QU’IL FAUT SAVOIR AVANT DE.John Izzo (Un monde différent) H0BM0NES AU FÉMININ Sylvie Demeré (de l’Homme) L’ART DE L’ESSENTIEL Dominique Loreau (Flammarion) VI LES RÊVES DE MON PÈRE fjjj Barack Obama (Points) COUP DE POUCE: BARBECUE ET.Coup de pouce (Transcontinental) M LA BIBLE OU BARBECUE Steven Raichien (de l’Homme) NARUT0 T.41 Masashi Kishimoto (Kana) ANGLOPHONE ECUPSE Stephenle Meyer (Little Brown & Co) LOVE THE ONE YOU’RE WITH Emily Giftin (Griffin) ROBERT LUDUIM’S THE BOUHNE.Eric Van Lustbader (Warner Books) IV VISION IN WHITE KJ Nora Roberts (Berkley) THE SCARECROW Michael Connelly (Littte Brown & Co) TWILIGHT: DIRECTOR’S NOTEBOOK Catherine Hardwlcke (Little Brown & Co) CHASING HARRY WINSTON Lauren Weisberger (Downtown Press) THE LAST ORACLE James Rollins (Harper Collins) THE HOST Stephanie Meyer (Little Brown & Co) ANGELS & DEMONS : MOVIE TIE-IN Dan Brown (Pocket) Rites de llle-aux-Grues ISABELLE PARÉ Les Heures bleues ajoutent un nouveau titre à leur collection ludique sur les comtés et les régions du Québec, avec Carnets de l’Ile-aux-Grues, véritable plongeon dans les rites et légendes de cette île mythique.Après Carnets de Charlevoix et Carnets du Vieux-Québec, ce nouvel ouvrage, écrit à quatre mains, propose un périple impressionniste à travers TÎle-aux-Grues, par le truchement d’entrevues réalisées par les auteurs avec une quarantaine de locaux.Gruois d’adoption, après avoir passé quatre années pleines sur cette île plantée au milieu du fleuve, Julie Stanton, journaliste-écrivaine, et Régis Mathieu, ex-enseignant, nous livrent des extraits choisis de ces entrevues, qui rappellent les aléas et les joies de vivre dans ce lieu unique, au gré des marées, des courants et des mi-carêmes.Le tout est ponctué de photos d’époque, de croquis et de toiles de TÎle-aux-Grues.CARNETS DE L’ÎLE-AUX-GRUES Julie Stanton et Régis Mathieu Éditions les heures bleues Montréal, 2009,127 p.EDITIONS LES HEURES BLEUES Charles Vézina, La barque de mon père, 2004.EN BREF 1Q84 : Murakami best-seller japonais Moins de deux semaines après sa parution, les ventes du dernier roman du Japonais Haruki Murakami dépassent le million d’exemplaires.Après avoir écoulé 560 000 exemplaires du premier tome et 500 000 du second, son éditeur Shinchosha Publishing Co.a annoncé hier un neuvième tirage du livre.1Q84, qui peut aussi se lire 1984, est sorti le 29 mai au Japon.Le contenu de ce livre de 1000 pages est resté secret jusqu’à cette date, mais cela n’a pas empêché les fans japonais d’en réserver des dizaines de milliers d’exemplaires et d’en faire un best-seller avant même sa sortie en librairie.C’est le premier roman depuis cinq ans pour l’écrivain de La Ballade de l’impossible et des Chroniques de l’oiseau à ressort.- Le Devoir Dirk Wittenborn Le remède et le poison 420 pages • 34,95 $ Le Remède et le poison Dirk Wittenborn raconte l’invention des antidépresseurs et tisse une saga familiale drôle et mélancolique.Un roman hyper intelligent.Raphaëlle Leyris, Les Inrockuptibles Un conte cruel qui tient du polar psychologique et du traité d’éthique.Dans la lignée de John Irving et de Jonathan Franzen.And ré Clavel, L ’ Express Psi Seuil iP ¦r—ri I.K l> i: \ 0 I H .I.K S SA M !•: 1) I A E T I) I M A N C II E I 1 .1 I' I N > (I 0 il LECTURES D'ETE POÉSIE Nécessaire anthologie de la poésie acadienne HUGUES CORRIVEAU L> anthologie que nous propo-' se Serge Patrice Thibodeau s’offre à la fois comme une présentation, surtout actuelle, de la poésie acadienne — même si certains textes sont dus à un auteur né en 1884, le plus jeune est né en 1983 —, mais aussi comme une sorte de catalogue impressionnant des publications des Editions Perce-Neige d’où sont extraits la plupart des poèmes.Dans une préface éclairante, l’anthologiste nous indique qu’«o« observe entre autres dans cette poésie le phénomène identitaire et ses dérives; le temps cyclique et les quatre saisons [.]; le rapport à la langue et les variantes du français [.]; l'usage baroque des symboles de la fin catholique romaine; le profond sentiment d’appartenance à l’Amérique; la convivialité avec la langue anglaise et les langues étrangères; les pôles contradictoires que sont l’appel de la route et les gestes banals du quotidien; [.] une forme d’autodérision débridée Bref, il y a de quoi méditer sur cette survivance d’une langue qui transporte émotion et vérité, obstination vive et détermination à se perpétuer.Thibodeau se questionne: «Peut-on s’aventurer à dire que la poésie acadienne est unique en ce sens qu’elle permet d’archiver le passage de l’oral à l’écrit, dans une microsociété qui ne cesse de penser à demain?» Ouvrir ce livre, c’est rapidement entrer dans l’Histoire.Ainsi, assiste-t-on à la bataille de Grand-Pré, chez Napoléon Landry, ou à la bataille de Restigouche, chez François Lanteigne.Les auteurs étant classés par date de naissance, nous traversons ainsi divers e DRAZEl.PHOTO Serge Patrice Thibodeau styles, du plus classique des vers à certaines surprises, comme ce poème en forme de calice du même Lanteigne.Mais très vite, le parti pris de l’actualité poétique prend le dessus: 12 femmes pour 37 hommes se répartissent les propositions, alors que seulement quatre poètes d’avant 1927 sont retenus.Peut-on faire reproche à Thibodeau de nous proposer, som- me toute, une série de productions plutôt très récentes, ne donnant pas une vision historique réelle de la production poétique d’Acadie?Il ne s’en explique pas, bien qu’il fasse remonter ce genre à 1860 et parle de publications à compte d’auteur ou dans les journaux (comme c’était le cas au Québec).Mais ne boudons pas notre plaisir, et soyons heureux de relire des France Daigle, Jean-Philippe Raîche, Fredric Gary Comeau ou Dyane Léger.Peut-être, en fin de compte, est-il plus dynamique de traverser le présent vivant d’une langue qui témoigne de sa propre dynamique! Collaborateur du Devoir ANTHOLOGIE DE LA POÉSIE ACADIENNE Édition de Serge Patrice Thibodeau Liminaire de Jean-Philippe Raîche Editions Perce-Neige Moncton, 2009,296 pages ÉLIANE EXCOFFIER Le chanteur et poète Fredric Gary Comeau LA PETITE CHRONIQUE Joyce Carol Oates, une vie en écriture Gilles Archambault Il ne se passe pas une année, à la saison des prix Nobel de littérature, sans qu’on évoque le nom de Joyce Carol Oates.Romancière, poétesse, universitaire, l’Américaine a produit une œuvre abondante, variée.Ses romans, souvent copieux, ne font pas toujours l’unanimité.Joyce Carol Oates a ses fidèles et ses détracteurs.Qu’une femme comme elle, qui publie avec une rare ferveur, abordant les sujets les plus hétéroclites, trouve le temps de tenir un journal peut étonner.Mais où prend-elle le temps?D’autant qu’on apprend que, dans son intégralité, ledit journal tient en 4000 pages dactylographiées à interligne simple! Le choix qui nous est donné porte sur les années 1973-1982.On y a retranché — qui?l’auteur, l’éditeur américain?— les pages concernant des propos sur la vie familiale et les potins universitaires.Reste la relation en tous points passionnante d’une vie d’écrivain.Alors que certains carnets d’écrivain, tout captivants qu’ils sont, nous rebutent par une certaine autosuffisance, Oates est presque modeste.Elle s’étonne à l’occasion qu’on lui voue un culte, doute de son talent si un critique l’égratigne au passage.La décennie visée marque pour la romancière des années plutôt heureuses au plan de sa carrière.Elle accède au rang d’écrivain majeur, fraye avec les plus grands, noue des amitiés, avec John Updike par exemple.Pour elle, le journal est surtout utilitaire.Pourquoi persister à marquer la fuite des jours?L’entreprise est narcissique, avoue-t-elle, mais elle lui permet d’exercer son sens de l’ordre.Elle peut livrer ses pensées, ses élans d’écrivain, sans dévoiler des détails trop intimes.Elle multiplie pourtant les notes sur la vie de couple qu’elle connaît avec son mari.Union heu- reuse en tous points.Son mari est universitaire compte elle.Ils n’ont pas d’enfants.Elle n’en veut pas.Émue plus qu’il n’est raisonnable par la présence de ses parents, qu’elle chérit, inconsolable à la pensée de leur éventuelle disparition, elle est d’avis que l’art, donc la littérature, passe en premier dans ses préoccupations.Si elle additionne romans, nouvelles, critiques avec régularité, se donnant à peine quelques jours de répit, elle s’intéresse avec frénésie vers la quarantaine à l’œuvre de Chopin.Consciente de ses limites comme pianiste, elle ne se penche pas moins sur son clavier pendant des heures.Si on lui demande le nom d’une célébrité du passé qu’elle regrette de ne pas,avoir connue, elle avance celui de l’auteur des Études et des Mazurkas.Elle aurait souhaité l’entendre jouer, pas tellement lui parler.Les lecteurs du journal de Virginia Woolf auraient intérêt à lire celui-ci.Surtout s’ils ont des velléités d’écriture.Ils y apprendraient que, si l’œuvre à faire peut constituer une importante occupation, nécessitant de ce fait une énergie et une constance sans failles, elle n’interdit pas les lectures nombreuses, la curiosité intellectuelle.Le lisant, ce journal, j’ai pensé l’espace d’un ins-lant, à ces écrivains en herbe qui craignent d’être influencés par leurs lectures.Au contraire, il faut apprendre, s’informer, se nourrir avant d’inventer, croit Oates.Quand elle admet être visitée par la crainte de vieillir, elle songe surtout à ce temps qui lui sera enlevé pour sa quête: «ma crainte de vieillir n’a rien à voir avec la vanité.mais avec le fait que j’aurai moins de temps, toujours moins de temps pour apprendre, pour savoir, pour vivre, pour admirer, pour être impressionnée, pour créer».Je n’ignore pas qu’on pourra trouver Joyce Carol Oates un peu bas-bleu, qu’on déplore peut-être sa position à l’égard du au féminisme militant américain.Pour moi, en tout cas, un journal chaleureux, passionnant pour plusieurs de ses aspects.JOURNAL 1973-1982 Joyce Carol Oates Éditions Philippe Rey Paris, 2009,527 pages ANDRE PARENT André Parent Histoire du cerveau De l’Antiquité aux neurosciences chronique SOCMtE FFRIR LECTURE AUX JEUNES, dt/fr lutiv ofiÿvüv vvs'ruCê'! 978-2-7637-8636-0 • 320 pages • 29,95 $ LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAL www.Dulaval.com e lire ! I.K I) K V l) I li .i s s a m k i) i i a e r i» i m a n i he ii .1 r i \ t o o » LECTURES D'ÉTÉ .) Bicentenaire d’une naissance François-Xavier Il y a 200 ans voyait le jour le premier écrivain québécois au sens strict.Celui qui a fait du peuple le seul personnage de son œuvre se devait d’être historien et poète.En 1837, il écrit: «Notre langue se perd.» Il ajoute: «Le flot étranger./ De nos propres débris enrichit ses trésors.» En 1840, dans le poème Le Dernier Huron, pour unir de façon tacite notre sort à celui des Amérindiens, il précise: « Ô peuple, tu ne seras plus.» MICHEL LAPIERRE François-Xavier Garnier, né à Québec le 15 juin 1809, connaît le poids des mots lorsque, l’année même de l’insurrection des Patriotes, il publie ces vers: «Peuple, pas un seul nom n’a surgi de ta cendre ; / Pas un, pour conserver tes souvenirs, tes chants.» Ses parents sont illettrés, comme l’immense majorité des Canadiens, ce nom encore trop français et trop humble pour que les Britanniques de la colonie puissent imaginer se l’approprier un jour.La disparition d’un esprit collectif est pire qu’une tuerie.Elle équivaut à la perte d’une vision du monde.Garneau est si hanté par le caractère atroce, insupportable, de cette disparition qu’il conçoit un vers extrême pour tenter de définir un peuple réduit à l’inexistence: «S’il fut, l’oubli le sait et garde le silence.» Comme ses poèmes, publiés surtout dans le journal Le Canadien, l’édition originale des quatre tomes de son Histoire du Canada (1845-1852) garde une fraîcheur entachée de maladresses stylistiques.Ce sont pourtant les premières pages d’envergure en Amérique du Nord qui élèvent l’histoire au rang de la littérature en suivant les traces lointaines d’Hérodote.Le premier volume de l’œuvre de Garneau, l’ancien saute-ruisseau en grande partie autodidacte, le fils d’un voiturier, précède de six ans la publication du premier des livres historiques de Francis Parkman, le diplômé de Harvard, le patricien de Boston qui montrera qu’on peut donner un sens fulgurant aux an- / rü mm Ig v/v>'
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