Le devoir, 23 avril 2005, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 AVRIL 2 0 0 5 THÉÂTRE Theodor Cristian Popescu revient sur la scène du Prospero Page E 3 ¦*.'Y: CINÉMA Le Survenant ou l’ouverture à l’autre Page E 7 ?LE DEVOIR ?© ?MUSIQUE L’heure du loup DAVID CANTIN Bien qu'ils aient la lourde tâche d'ouvrir pour le retour au bercail des très populaires The Arcade Fire, les Montréalais de Wolf Parade risquent d’en surprendre plusieurs ce soir, dimanche et lundi dans un Théâtre Corona plein à craquer.Avec deux sorties à prévoir sur le label américain Sub Pop au cours des prochains mois, Dan Boeck-ner et ses trois complices se préparent tranquillement pour une rentrée qui s’annonce des plus fructueuses.Entre deux séances d’enregistrement à l’Hotel 2 Tango en compagnie d’Howard Billerman, on discutait la semaine dernière avec le chanteur et guitariste de Wolf Parade au sujet de l’avenir de la jeune formation.Avec tout le brouhaha qui circule depuis quelque temps à propos de la scène rock locale, on peut déjà prévoir que ce groupe de pop frénétique et exaltante suivra les traces de la sensation indépendante de l’heure: The Arcade Fire.Pour Dan Boeckner (originaire de Victoria en Colombie-Britannique), il reste toutefois bien des choses à accomplir avant d’atteindre le succès escompté.«Depuis l’automne dernier, ça n’arrête tout simplement pas.Il y a eu la tournée aux États-Unis avec Modest Mouse, en plus du travail en studio avec Isaac [tête dirigeante de Modest Mouse], à Portland, qui a vraiment été ardu en un sens.Bien sûr qu’il a de la pression avec les récents articles dans le Spin et le Time, mais l’important reste de se concentrer sur la musique.» Une urgence moins maladroite Avec deux EP autoproduits à leur actif, Wolf Parade suscite beaucoup d’intérêt depuis plus d’un an.L’histoire commence lorsque Dan Boeckner décide d’emménager à Montréal en 2002 pour reprendre là où son ancienne formation, Atlas Strategie, avait baissé les bras, en compagnie de Spencer Krug et quelques autres musiciens.Comme le souligne l’ancien membre d’Arcade Fire, «je crois qu’une forme d’énergie plutôt malsaine a empêché Atlas Strategie de trouver son équilibre.Avec Wolf Parade, j’ai l’impression que l’urgence derrière les pièces est beaucoup moins maladroite.Il suffit maintenant de bâtif sur les fondations des deux EP».A l’écoute de cette musique pop aussi farouchement charnelle que palpitante, beaucoup de labels tenteront de signer Wolf Parade.Finalement, c’est l’imposante étiquette Sub Pop de Seattle qui réussira à amadouer Boeckner et ses comparses.«Les gens ont beaucoup insisté sur le fait qu’on signe avec Sub Pop [plutôt qu’avec un label de Montréal], mais il y avait déjà une entente à l’époque d’Atlas Strategie.VOIR PAGE E 2 : LOUP Duos pour corps et instruments.Interprètes: AnneBruce Falconer et Sophie Corriveau.100 danses «C’est une journée de fête pour faire valoir la réalité incontournable de la danse comme mode d’expression quotidien du corps» MICHAEL SLOBODIAN Naomi Stikeman pour tous Après quatre années de silence, la 14e Journée internationale de la danse fera du bruit un peu partout dans la métropole Æternam, de la Compagnie Danse Carpe Diem.Chorégraphe : Emmanuel Jouthe.FRÉDÉRIQUE DOYON Le milieu de la danse a beau avoir pâti de la fermeture successive du Festival international de nouvelle danse (FIND) et de la Fondation Jean-Pierre Perreault (FJPP), et attendre maintenant les résultats d’études sur ses rouages, il sait sur quel pied danser.En témoigne l’étonnante programmation de la 14' Journée internationale de la danse — conçue et réalisée de manière bénévole en grande partie.Une quarantaine d’activités battront leur plein les 29 et 30 avril dans la métropole.Sherbrooke propose un spectacle-famille et des extraits de danse sur vidéo tout le week-end.La table danse du Conseil de la culture à Québec en rajoute avec pas moins de vingt-cinq activités gratuites le dimanche 1" mai.•Les événements des derniers mois ont suscité un regain de mobilisation», a lancé, en conférence de presse il y a dix jours, la présidente du Regroupement québécois de la danse (RQD) et première danseuse des Grands Ballets canadiens, Anick Bissonnette, qui parraine la manifestation.Elle évoquait bien sûr la mort des institutions mentionnées plus haut, mais aussi la fièvre revendicatrice des Joe de la tournée déficitaire de la FJPP.Rarement avait-on vu ce milieu s’afficher publiquement avec autant d’insistance.Sans vitrine festivalière pour exposer leur travail au monde, privés du lieu magnifique de l’Espace chorégraphique (où logeait la FJPP) qui desservait une communauté artistique en mal d’équipement, les artistes montréalais font malgré tout des pieds et des mains pour la fête annuelle de leur art Ils convient le public dans leurs studios le 29 avril et sur le boulevard Saint-Laurent le 30.«Il fout que les gens sachent que c’est un milieu dynamique», soulignait en conférence de presse la directrice du RQD, lorraine Hébert Après une assistance record à son assemblée générale (110 personnes présentes) de décembre dernier, l’organisme, qui représente quelque 450 artistes et professionnels du milieu, a compris que cette Journée internationale ne pouvait passer de nouveau sous silence, malgré l’absence de financement comme c’était le cas depuis quatre ans.Trop de rancœur cumulée et, surtout trop de danse à offrir comme des bouquets de vie condensée.Les activités D’où le thème choisi, «Pas de danse, pas de vie», qui, dans un jeu d’homonymes, rappelle combien cette activité est essentielle à l’existence.«C’est une journée de fête pour faire valoir la réalité incontournable de la danse comme mode d’expression quotidien du corps, estime le jeune chorégraphe Emmanuel Jouthe, qui pilote deux activités dans ce cadre.On s'est surtout concentré sur des situations critiques et malheureuses dernièrement, mais il y a eu beaucoup de bons coups», ajoute celui qui voit plutôt dans cet événement «la volonté du milieu de VOIR PAGE E 2 : DANSES «Les événements des derniers mois ont suscité un regain de mobilisation » Festival de théâtre des Amériques www.fta.qc.ca BILLETS EN VENTE DES MAINTENANT IIMFO-FESTIVAL Forfaits spectacles Forfaits hébergement [ 5 1 4 J 871-2224 1-866-844-2172 L' Articulée m\m\ du 25 mai au S juin 2005 1 1 ' edition 5 jours de découvertes et d'medit : Paris IV/ladène Le Caire >( des artistes novatei.» s d’Amenque, d'Europe et du Moyen-Orient Montréal Bruxelles Beyrouth Toronto Chiraz LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 AVRIL 2005 Culture LOUP SUITE DE LA PAGE E 1 On ne tourne pas le dos a personne», affirme bien haut l’homme derrière des pièces aussi magnifiques que It’s a Curse et Killing Armies.Lorsqu’on lui parle d’influences, Boeckner parie avec engouement de Captain Beefheart fl’énigma-tique Don Van VBet) et du légendaire Otis Redding comme de modèles par rapport à son propre travail d’auteur-compositeur.De phis, on se questionne pour savoir si la pop nerveuse du quatuor perdra de sa spontanéité sur l’album officiel.•Il est délicat de parler des séances d’enregistrement avec Isaac.On a beaucoup retravaillé par la suite, ici à Montréal.Disons simplement qu'on avait très peu de temps pour réaliser tout ce qu’on voulait obtenir en studio.Par ailleurs, on essaie de garder un maximum de amtrôle sur notre musique.Un single sortira au cours de l'été, alors que l’album suivra en septembre.Ce sera un mélange de pièces connues et du nouveau matériel.» Comment le chanteur de Wolf Parade réagit-il devant l’engouement du public, qui ne cesse de s’étendre pour The Arcade Fire, de retour d’un long périple en Europe de même qu’aux Etats-Unis?«C’est vraiment extnurrdinaire ce qui arrive en ce moment.On a hâte d’ouvrir pour ces spectacles très attendus.On risque de jouer tellement fort que les gens n ’aurmt pas le choix de nous écouter.» Il faudra donc arriver tôt pour ne pas manquer l’énergie électrisante* de Wolf Parade sur scène.THE ARCADE FIRE AVEC INVITÉS WOLF PARADE ET FINAL FANTASY Au Théâtre Corona, 2490 Notre Dame O., les 23,24 et 25 avril.Une visite guidée de l’univers du plus célèbre patient de Freud Loups LECTURE-SPECTACLE JL texte Pierre Lefebvre mise en lecture Alexis Martin avec Daniel Brlère, Jacynthe Laguë Denis Lavalou, Anne-Marie Provencher lest**** UNE PRODUCTION DU Nouveau Théâtre Expérimental LES 28, 29, 30 AVRIL 2005 à 20H30 A ESPACE LIBRE 1945 FULLUM métro frontenac ENTRÉE 10$ réservation (514) 521-4191 HTE L'AGORA DE LA DANSE ET DANSE DANSE PRÉSENTENT rah chase AU 30 AVRIL .2ÛH CHORÉGRAPHE INTERPRÈTE.SARAH CHASE COMPOSITEUR Et MUSICIEN.BILL BRENNAN VIRAGES HANSMEUER SARAH CHASE (EXCLUSIVEMENT EN ANGLAIS) jw.m L'AGORA DE LA DANSE 640.RUE CHERRIER METRO SHERBROOKE S14.52S.1S00 Restau Admission 514 790.1245 www.agoradanse.tom DANSES SUITE DE LA PAGE E 1 s’assumer en dehors de toute conjoncture économique et politique».Mae centaine de choré-graphes, de danseurs et d’artistes de toutes les générations se croisent durant ces deux journées.Le jour J, vendredi 29 avril, c’est Danse en coulisse.Une dizaine d’écoles, de compagnies et d’artistes invitent le public à participer à des classes, à assister a des répétitions ou aux enchaînements d’upe œuvre en gestation.A l’espace Olibrius, avenue des Pins, Danse Carpe Diem veut sensibiliser les gens au processus de création, "pour qu’on nous voit dans la situation la plus vulnérable et en même temps la plus gratifiante», explique son directeur artistique Emmanuel Jouthe.La compagnie O Vertigo (Ginette Laurin) livre le fruit de son dernier laboratoire de recherche au théâtre Maisonneuve.Dans leur studio, le Carré des Lombes (Danièle Desnoyers) et Cas public (Hélène Blackburn) donnent un aperçu de leur dernière pièce.Le Studio 303 offre des classes d’initiation à la danse moderne et au bharata natyam, danse typique de l’Inde.La Cinémathèque présente l’excellent portrait de quatre jeunes et dynamiques chorégraphes canadiens, un film signé ITiilip Szporer, chroniqueur danse de ITiebdo Hour.Le lendemain, tout le boulevard Saint-1 eurent grouillera au rythme de la danse, rappelant qu’il doit son identité en grande partie au fourmillement créatif des nombreuses compagnies artistiques qui y ont leur enseigne.La danse, aussi bigarrée et riche que l’histoire de cette artère, donnera le ton et le coup d’envoi aux activités marquant le centenaire de la Main.Des commandos d’interprètes, dont certains ROLLiNE LAPORTE Barbe-Bleue, avec Hanako Hoshimi-Caines et Sylvain Poirier.envahiront les commerces alors que d’autres animeront leurs vitrines.Cinq expositions de photo-graphies, dont deux incluant les clichés réputés de Michael Slobo-dian, s’installent tout le week-end au Café Pi, Chez le Portugais, chez Léo, à Lattitude Nord et à Subway.Onze séquences de pas dessinées sur les trottoirs et signées par autant de chorégraphes émérites (dont Paul-André Fortier, Margie Gillis, José Navas) inviteront les passants à exécuter une petite cho-régraphie.*Ça nous permet de nous inscrire dans la cité, commente Hélène Blackburn, à qui l’on doit aussi quelques pas.Il faut être artiste et citoyen actuellement.On a un grand problème de visibilité: on se développe plus vite dans le créatif que ce que la cité peut absorber.» Gallimard met la danse à l’honneur dans sa vitrine, tandis que le cinéma Parallèle dTix-Cqntris projette le splendide Amelia d’Edouard Lock et le court-métrage Cantique de Marie Chouinard.Un grand rassemblement clôture la manifestation le samedi à 16h au parc du Portugal, où une installation chorégraphique attirera les spectateurs-danseurs au rythme de Dance Me to the End of Love, de Leonard Cohen.Lin milieu en ébullition Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça couve dans le milieu a l’heure où se dessine à l’horizon les contours d’un futur nouveau festival.Avant de lancer l’appel d’offres, le Conseil des arts et des lettres du Québec s’affaire a compiler les résultats de deux études commandées conjointement par les trois ordres de gouvernement, selon un communiqué diffusé cette semaine.L’une tente d’évaluer les causes de la fermeture du FIND et des difficultés de financement du Festival Danse Canada, tandis que l’autre dresse un état phis général de la situation de la danse au pays.Le RQD a également dans ses cartons un portrait de la diffusion internationale de la danse qui •offrira de bonnes pistes de travail», selon les mots de sa directrice.Reste à digérer, à sous-peser et à mettre en relief toutes ces informations.La frénésie autour de la Journée internationale de la danse se veut en quelque sorte l’aboutissement d’une période éprouvante et l’occasion de refaire le plein pour la suite.•Ça été une année difficile pour la danse et ce n’est que le début», rapporte au Devoir la chorégraphe Hé lène Blackburn, dont la compagnie Cas public offre une répétition de sa dernière pièce Barbe-Bleue — par ailleurs sélectionnée par le festival Méli’môme 2006.«fl va falloir se repositionner et évoluer vite.En théâtre, avoir une vision entrepreneuriale et artistique est compatible.En danse, on est encore très romantique par rapport à ça.On revient toujours à “l'artistique d'abord".Il faut comprendre que c’est relié à des conditions économiques.Il va falloir trouver une gestion novatrice pour réaliser nos rêves.» Le Devoir /a( îompaynie l/îeodor ( >ri\tian 7*ape%cu présente ett coéiffusian avec fjmupc (te la Ijerttée Visage de feu r/e '/Ifarius non UCauenbura tradui!par Jt(ar( Ct!,.jtmp'r, (.atirv.nl tKn/ltvrtvn et *rihiat fKiltn Avec : Amélie Bonenfant, Simon Boudreault, Eric Paulhus, Philippe Thibaudeau et Cristina Toma Mise en scène : Theodor Cristian Popescu Costumas et accessoires : Maqalie Amyot Conception des lumières : Marc Parent Maquillage et coiffure Julie Vérès Du 26 avril au 14 mai 2005 Du mardi au samedi à 20 h Au théâtre Prospère 1371, rue Ontario Est Billetterie: (514) 526-6582 Réseau Admission: (514) 790-1245 04 s 05 ¦ ESPACE 60 pU'StMilr 10 actrices (.) soudées; elles sont Marie-France Lambert et Micheline Bernard nous servent (.) 20 minutes * misât on Q£ e?û.O fabuleuses « An,ire Ouciwme.OesMiteis (ft-Ct Une pile# qui donne envie de lorrtinuer à discuter» Johane bien meiliëimJU matin R pertinente ictueiie.brillamment mise en scene et jouée avec Dominique Laefirtm'C Journal ge Montréal O 1 5 n™ ! 30 ¦ AVRIL Jt 2005 Matinées toes tes samedis à 16 h 1 AKYL CHURCHILL s - ANfKA SCHFRRER mstta MARTINE BEAULNE MARIE-FRANC E LAMBERT.MICHELINE BERNARD SOPHIE CADIEUX.ANNICK BERGERON, SHI0NG-EN CHAH, GINETTE CHEVALIER.MIREILLE BEYGLUN.EMILIE PIONNE, DOMINIQUE LEDUC II USE ROY VNMWr ttMCI GO BlUtTHK*! (514) 845-4890 MUSIQUE -M- et la guitare SYLVAIN CORMIER Le cher Mathieu Chédid fait le prof et propose un double DVD absolument fascinant jouis-sivement ludique, pédagogiquement brillant et surtout vraiment utile sur l’art d’extirper des sons harmonieux et quelques riffs rock’n’roll d’une guitare.Ouste, Nick Manolofl C ela s’intitule Les Leçons de musique et c’est exactement ce que ça annonce.Un véritable outil d’apprentissage de la guitare rock (et d’attitude rock’n’roll, au passage), une sorte de cours 101 de la six-cordes où le prof Chédid, avec tous les moyens que permet le médium DVD, ne fait pas que dé cortiquer et expliquer sa manière de faire, mais montre littéralement comment il fait ce qu’il fait Une sorte de méthode Nick Ma-noloff version XXI' siècle.Que vous gralouiDiez de la guitare ou pas, que la velléité de gra-touiller vous ait ou non un jour titillé le nerf carpien, voire que vous ayez pour seule envie de passer quelques plaisantes heures en compagnie de -M-, ce double DVD est un régal.Un régal génial.De l’idée aux menus, du concept au contenu, tout y est génialement conçu, entièrement dénué de pré tention et résolument cooL Pensez: jouer avec -M-! Connaître tous les trucs de -M-! Profiter de l’expérience d’une star du rock pour jeter les bases de sa propre carrière glorieuse! Le rêve.Voilà comment ça se passe.Sur le premier DVD, après la démonstration de Tutilisation de la télécommande (pour rigoler.), on peut choisir d’apprendre l’une ou l’autre de cinq chansons de -M-: La Fleur, Je dis aime.Monde virtuel, Ma mélodie ou La Corde sensible.On clique et apparaît un menu.On a alors le choix entre un commentaire géné ral sur la chanson et les étapes du cours proprement dit Dans Tordre qu’on veut mais aussi bien y aller dans Tordre suggéré: ça apprend mieux.On s’occupe donc d’abord de la rythmique.Cliquons.Il y a un métronome dans un coin, et trois écrans.-M- chante dans la moitié supérieure, pendant que de chaque côté de la portion inférieure on peut suivre chaque main de -M- en gros plan.Tune grattant la ou fl y a le trou dans la guitare, l’autre montrant où -M- place ses doigts sur le manche.On peut ensuite aller voir comment -M- joue ses chouettes petites notes quand fl fait le guitariste soliste.Suivent les accords et les notes en solo telles qu elles se marient, l’écran divisé en deux offrant -M- s’accompagnant lui-même.On peut enfin revoir tout ça au ralenti, le temps de bien assimiler, ainsi que suivre les paroles pendant qu’on joue.S'ajoutent les conseils d’un expert, vrai prof cehiHà, sur une foule d’aspects, de Taccordage a l’utilisation d’un capo.C’est phis ennuyant mais nécessaire.D faut bien savoir choisir l'épaisseur de son mediator! Le second DVD n’est que boni après boni.Notons un entretien fouillé avec -M-, où celui-ci décrit les singularités de son jeu de guitare, une entrevue avec son violoncelliste Vincent Segal, un •petit bœuf entre deux prises» où -M- improvise une version acoustique de Marna Sam avec toute l’équipe du DVD qui chante derrière, une démonstration assez rigolote de Tutilisation des pédales d’effets, une introduc tion aux gammes pentatoniques les plus typiques du rock (avec élève maladroit en sus), une démonstration assez rigolote de Tutilisation des pédales d’effets (avec le même élève se transformant peu à peu en star du rock, plus l’incontournable «making of», etc.Plus de cinq heures de contenu.Le plus beau dans tout ça, c’est que jamais rien n’est barbant.On est instantanément happé, et on est désolé quand ça finit Rarement ai-je vu un artiste donner autant de lui-mème, partager aussi démocratiquement son plaisir de jouer.On sort de l’expérience en se disant que Mathieu Chédid est vraiment un chic type et que ce double DVD, s’il n’est pas gratuit, est quand même un sacré cadeau.LES LEÇONS DE MUSIQUE -M- Coffret DVD de deux disques Les Films La Bohème / Polydor (Dep) Mesdames, Messieurs, damoizelles aux cuisses fraisches et aux tétins mollets, beuveurs très illustres et vous là-bas dans le noir, Verolez très précieux et aultres stratèges de commandite.Au commencement n’étoit le Verbe, mais le Cri.Puis vint le Festin.DU 3 AU 14 MAI 2005 bu marb\ au samedi à 20(130 RABELAIS be PATRICK DROLET et OLIVIER KEMEID Avec OLIVIER AUBIN, MARIE-JOSÉE BASTIEN, PATRICK DROLET, OLIVIER KEMEID, ALEXIS MARTIN et SIMON ROUSSEAU à ESPACE LIBRE 1945 Iculluw MÉTRO FRONTENAC ENTRÉE 11$ PRÉ-VENTE 30$ la paire RÉSERVATIONS (514) 521-4191 Ivstmteq UMte- \ _ WfjftfWifct Mue production ôm NOUVEAU THÉÂTRE EXPÉRIMENTAL www.nte.qc.ca 4 .^i^ÆtÊIÊÊÊÊÊÊÊtÊÊÊÊÊÊlÊÊIÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊtÊiÊÊÊm LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE 24 AVRIL 200 E H Culture THÉÂTRE À petits pas de pigeons.Theodor Cristian Popescu monte Visage de feu de Marius von Mayenhurg Qu’est-ce qui se passe quand la cellule familiale se désintègre et que plus aucune forme d’autorité ne subsiste?Peut-on parler de liberté?Ou de laisser-faire?Surtout quand personne n’arrive plus à se parler, que la violence fait surface et que tout brûle, à l’intérieur comme à l’extérieur.Bienvenue dans le monde de Marius von Mayenburg! MICHEL B É LAI R Impossible de ne pas vous l’avouer dès le départ la lecture de Visage de feu, de Marius von Mayenburg, un jeune dramaturge allemand associé à la Schaubühne de Berlin, m’a plongé dans la perplexité.C’est un texte à la fois particulièrement déprimant et incroyablement efficace.Dur, noir, centré sur l’histoire d’un jeune incendiaire (Kurt) obsédé par les passages du philosophe grec Héracüte sur le feu, on y est tout de suite confronté à un nihilisme de tous les instants.Un texte étouffant Sulfureux.Qui vous laisse un goût âcre en bouche.A un point tel, d’ailleurs, que je me suis demandé ce qui m'avait pris de donner rendez-vous à Theodor Cristian Popescu — sur la foi de l'éblouissant Histoires de famille, qu’il a monté en début de saison, bien sûr — pour qu'il nous parie de sa façon d’aborder ce texte qu’il met en scène chez Prospère à compter de mardi prochain.Sauf qu’une fois dans le feu de l’action, si je peux me permettre l’expression, l'entreprise s’est révélée fort intéressante.• Du silence et de la lumière «Oui, c’est un texte dur, reconnaît Popescu, pas question de le nier.C’est une tragédie contemporaine.Mais je pense que les spectateurs seront surpris par le spectacle.Le pari pour moi, c’est d'arriver à ce que le public s’identifie à tous ces personnages sans les condamner.J’ai voulu humaniser ce texte en y avançant à très petits pas, tout doucement, à travers les petits conflits quotidiens très ordinaires qui le jalonnent.Bien sûr, on assistera à la dissolution de l'autorité et à la désintégration de la famille; à la montée de la violence aussi et à des actes terribles.C’est là un fait de société qui ne se manifeste pas seulement en Allemagne et qu’on peut observer un peu partout en Europe et ailleurs.Mais je voudrais qu’on prenne conscience de cela sans pouvoir montrer du doigt un coupable.[.] Je me suis inspiré de Nietzsche qui disait que les grandes tragédies se dessinent à petits pas de pigeon.» Theodor Cristian Popescu connaît plutôt bien Marius von Mayenburg; ils se sont rencontrés en Angleterre lors d’un stage en 1998 et il a même lu la première mouture de Visage de feu («Un coup de massue, une révélation!»).Les sujets abordés par von Mayen- Theodor Cristian Popescu en répétition avec les comédiens de Visage de feu.ADRIAN ARMANCA burg et son écriture aussi, très particulière, brute, hachurée, font qu’on le situe dans la mouvance de Sarah Kane ou même de Bernard-Marie Koltès et de Francis Bacon.Visage de feu a été créé à Munich en 1998 et monté depuis dans une trentaine de pays, surtout en Europe; le succès de la pièce a fortement contribué à ce que von Mayenburg se joigne à la Schaubühne à titre d’auteur et de dramaturge permanent Popescu tenait tellement à créer son œuvre ici qu’il est parvenu à convaincre les gens de la Veillée, qui n’ont eu depuis le début de la saison qu’à se réjouir des propositions du jeune metteur en scène d’origine roumaine.Cristian Popescu ne chôme d’ailleurs pas depuis qu’il a décidé de s’établir à Montréal l’été dernier.Il en est déjà à son deuxième spectacle, il a fondé sa propre compagnie et il travaille à la mise en scène de Push up, de Roland Schimmelpfening, qu’il montera en décembre avec les finissants de f'UQAM.Comme intégration à un milieu, on peut difficilement trouver mieux.Mais revenons à Visage de feu.La construction interne de la pièce traduit bien l’urgence du propos de son auteur.C’est en fait une série de 94 courts tableaux et la scène la plus longue est un monologue d’à peine quelques minutes.«Certains tableaux font à peine quelques lignes, explique le metteur en scène; plusieurs sont des monologues ou des échanges très courts.La structure de la pièce est aussi de facture “classique’’puisque Mayenburg ne nous laisse pas voir tout: il coupe tout juste avant une action violente puis il reprend tout de suite après.Comme chez les clas- siques.l'action se passe presque Urujours à l exteneur de la scène.Et c’est le silence qui i tend ni lier tous ces petits blocs Beaucoup de silences Comme en une sorte de danse j.) En jait.j’ai choisi de n’uhltser aucune intervention sonore et de ne pas trop jouer sur les “noirs’ non plus Que le texte.Aire du silence et de la lumière.» Popescu raconte aussi que ces silences font partie du spectacle, qu'ils viennent souligner la vérité du texte de von Mayenburg.«Le rôle du silence, c’est de soutenir ce qu 'on ne montre pas C'est le spectateur qui aura à reconstruire lui-même les escapades nocturnes de Kurt et de sa sieur Olga À partir des mots arrachés à leurs silences.• l ’tsuge de jeu se déroulera sur un plateau nu, sans accessoires ou presque.Univers parallèles l'as d’echappatoire donc.Que vous le vouliez ou non, le texte cru de von Mayenburg vous rentrera dedans.11 faudra avaler.Digerer.Essayer de saisir d’où vient le mal, d'où vient cette absence de sens qui caractérisé la vie de ces personnages finalement ordinaires.Plutôt «famille libérale».Jeunes même.En fait, la différence d’âge est si peu importante — les parents sont dans la fin de la trentaine, Olga et Kurt à la fin de l’adolescence — qu'on ne peut pas vraiment parler d'une fracture de générations.•C’est cela qui rend le texte si intéressant, reprend Cristian Popescu.On sent bien que ces gens ressemblent à tout le monde et im ne peut pas ne pas chercher à comprendre.Comment expliquer de tels comportements! Von Mayenburg ne dimne pas de réponse: il expose une situation qui est bien reelle Ses personnages vivent presque dans des univers parallèles; plus la pièce avance, moins ils réussissent à communiquer Ils passent à côté l’un de l ’autre de façon de plus en plus systématique.Ices deux ados, Kurt et Olga, n ’acceptent plus ce que leur disent leurs parents.Ils les rejettent Et en rejetant le style de vie qu ’ils représentent, c’est la vie aussi qu ’ils rejettent.C’est terrible, ce nihilisme.Mais je reviens à ce que je disais tout à l’heure: je voudrais que le public ressente de la pitié pour Kurt.Qu ’on le voie comme un humain qui échoue.Qui échoue parce que, dans sa tentative absolue, il a essayé de traduire le monde par une phrase d’Héradite sur le jeu.On ne peut pas expliquer le monde par une formule, quelle quelle soit.» Voilà.Il vous restera à prendre une grande respiration par le nez.Et à plonger.Le Devoir VISAGE DE FEU Texte de Marius von Mayenburg.Mise en scène de Theodor Cristian Popescu.Au théâtre lYospero de 26 avril au 14 mai.Rens.: (514) 5264)582.c op îrt AeNef de Jacob Wren avec Gaétan Nadeau, Laure Ottmann et Tracy Wright installation visuelle Jean-Pierre Gauthier chorégraphie Martin Bélanger 5 soirs seulement! du 3 au 7 mai 20h Après En français comme en anglais, it's easy to criticize et Unrehearsed Beauty/Le génie des autres, cette nouvelle création de Jacob Wren propose une décapante démonstration par l’absurde que nous devrions renoncer à avoir des enfants.dte Con*** - L* Devoir Texte MARIE-CHRISTINE LÊ-HUU Mise en scène ROBERT BELLEFEUILLE assisté d« du»» r»>ti».Avec MARIE-CHRISTINE LÊ-HUU SUZANNE CLÉMENT, CATHERINE BÉGIN, PATRICK G0YETTE AUBERT PALLASCI0 et GUILLAUME CHAMP0UX Collaborateurs Jeu laid S irait laUeu.Etienne Soncher.Loaht leandoln.Suzanne Trépaniez Karine Desmarais et Annick Généreu Une création du Théâtre d'Aujourd'hui En partenariat avec n%ec - LE DEVOIR 3900, rue Saint-Denis, Montréal H2W 2M2 ( • métro Sherbrooke) Informations et réservations £514) www.theatredaujourdhui.qc.ca 282-39001 L'AGENDA llnjRtHütpbÉKÉte MMkÉÉai imvnft Le Théâtre des Fonds de Tiroirs présente T É L É R 0 M A N «u«»t MK EA SCÈNE K FRÉDÉRIC DUBOIS ASSISTÉ K HÉLÉRE ROWMLE AVEC SYUflO-MMUEL ARHOU, FrÉDéBCI BttlfflW), Jowthh Gagnon, Cütherine Larochelle, Mws-CHRtsnw Uvailée et Tovi Rot • ENvtRONNENBfr somorl de SCÉNOGRAPHIE DE YaSWHA GiGUÉRÉ ¦ ÉCLAIRAGE DE FÉUX BERNIER GuIRORO - RÉlUSUtON VIDÉO Df HéRRT DU 19 AVRIL AU 14 MAI 2005 LES MARDIS, JEUDIS, VENDREDIS ET SAMEDIS À 20 H, ET IIS MERCREDIS A19 H AU THÉÂTRE U ÜCOfflf 4559, Papineau (coim mont-royal) • Réservatioh : 523-2246 ¦ MMtdLrU*' D I M A X C Chorégrapme de ¦ I UK FI FI IRV 1—^ ' ' • 1—1—WIN I BKHNAU OC GiGUC COMTIMPUCMM ;F LAMBEAUX !Ta„fe„,r; 73avnla20h30 24avrila 16h00 __ «»»»* contempofatne CULTURE Fenêtre sur le monde LA CHEMINÉE De Margarit Minkov.Mise en scène: Patrice Savard.A la salle intime du théâtre Prospero jusqu’au .'10 avril Depuis le début de la saison, le théâtre Prospero connaît presque une deuxième vie tant le lieu est en train de s'imposer comme un incubateur d’auteurs peu connus mais brillants, venus d'horizons divers, la surprise vient cette fois d’un auteur bulgare, Margarit Minkov (1947-1997), que nous fait découvrir, dans la salle intime située au sous-sol, le Théâtre Kaminata, récemment fondé par les comédiens Patrice Savard et Marina lapina.Cette création s’effectue en coproduction avec le Groupe de la Veillée.Choix audacieux de la part d'une troupe naissante, mais judicieux aussi, puisqu'il s'agit d’une pièce à deux personnages ne nécessitant ni décor imposant ni effets sophistiqués.En fait, La Cheminée est une pièce qui repose entièrement sur le langage.Un couple s’y occupe à reconstituer son passé à l’aide d’histoires qui dérapent.Le plus souvent, c’est un détail infime qui est en cause et qui suscite des désaccords entre Henri et Iris.Ont-ils eu un chien?S’est-il suicidé?Qu'en est-il de l’incendie survenu lors de leur mariage?Était-ce bien le leur?Le spectateur n’obtiendra pas de réponse définitive à ces questions.En revanche, les incertitudes ainsi semées engendrent des récits circulaires et des querelles incessantes, pain quotidien d’un couple qui s’en nourrit fl n’en demeure pas moins que cet homme et cette femme peuvent au moins tabler sur 4a chance (qu’ils ont] de ne pas être seuls» et sur 4’amour comme mode de survie».Car on comprend à la longue qu'ils sont prisonniers d’une société dont les issues sont bouchées.Pour cette longue scène de ménage, Patrice Savard, qui assure la direction du spectacle, a fait appel à deux acteurs peu habitués à occuper le devant de la scène.Marina Lapina (dont l’accent français s’améliore de production en production) et Richard Lemire apparaissent de force comparable.Au reste, l’un et l’autre offrent des prestations convaincantes.La première confère à Iris une fragilité et une ingénuité terriblement poétique tandis que le second se sort bien de plusieurs des morceaux de bravoure en se montrant capable de récapituler à toute vitesse les récits qu’il se plaît à ébaucher.Autrement, dès sa première mise en scène, Savard réussit à créer quelques moments de grâce.Ainsi, dans leurs mouvements, ses acteurs savent-ils être évocateurs, quand bien même ils évoluent dans un cube noir, parsemé de vieux cahiers et où trône un escabeau.La chosç n’est pas sans faire songer au dénuement de tant de productions universitaires.Et pourtant, la finesse de l’écriture aidant, il suffit parfois, au cours de ce drame existentiel, du visage d’une actrice qu’encadrent deux marches d’aluminium pour que surgisse sur une scène, grande comme un mouchoir de poche, un univers insoupçonné.Le rendez-vous culturel des tout-petits Ensemble FA7 (France) Spectacle musical pour les bébés de 9 à 18 mois samedi 7 mai et dimanche 8 mai L’heure du conte Toup'tilitou et les Contes Géants pour les tout-petits de 2 à 6 ans dimanche 8 mai Théâtre de l'Aubergine Les Fabulations d'un petit clown pour toute la famille samedi 7 mai Lti noiivollo création di PIGEONS INTERNATIONAL 5 HEURES DU MATIN «Une heure et demie de grande poésie, de grande beauté.Paula de Vasconcelos nous séduit à chaque spectacle.» Johane Despins C'est bien meilleur le matin, SRC Mise en seem; et churét’niphies Paula du Vasconcelos Photographies Serue Clément «.l'exemple probant d'un art remarquablement vivant et par le fait même incontournable.» fade Bérubé Voir A Ml laces Cuy Simard Avec Milene Azze Violette Chauveau Anne Le Beau Rodrigue Protean Bruno Schiappa «.des moments de grâce et de pure poésie, un spectacle d'une beauté époustouflante.André Ducharme Désautels, SRC USINE 0 Du 12 au ;!() avril 2005 à 20h llillelterie: (514) 521-4492 Admission : (514) 79()-124"> 1 H E A IRt DANSt Du 6 au 15 mai 2005 fïlll©U2® L’envol des âmes et du temps La chorégraphe-conteuse Sarah Chase s'inspire des migrations d'oiseaux pour créer Bird FRÉDÉRIQUE DOYON Elle danse avec les âmes.Tous ces êtres fantomatiques qui hantent nos souvenirs, ces réalités impalpables qui donnent un sens au temps et à l’existence, Sarah Chase les convoque sur scène, dans son corps et sa parole.Car chez la chorégraphe-conteuse, la chair est le réceptacle de la mémoire plus que l’esprit, et c'est au rythme de la danse que cette mémoire s’éveille et se déploie dans un récit (en anglais) dont le spectateur se laisse volontiers bercer.La soliste est de retour avec le printemps.Saison tout indiquée puisque sa dernière pièce, Bird, s’inspire des monumentales volées de tourtes voyageuses qui noircissaient le ciel de Toronto pendant trois jours et trois nuits jusqu’à la fin du XDC siècle.Ces volées, nous apprend-elle, faisaient 500 kilomètres de long et les oiseaux qui les composaient arpentaient le ciel à la vitesse stupéfiante de 100 km/h.•Je crois que le tout premier mot que j’ai prononcé quand j’étais bébé est “hibou”, raconte-t-elle au téléphone, de sa voie douce d’enfant émerveillée, pour tenter d’expliquer sa fascination pour les oiseaux.J’étais trèsjascinée par tous les animaux.» L’espèce des tourtes voyageuses a disparu tout comme l’ampleur phénoménale de leurs volées, mais les écrits qu’elle a découverts sur le sujet ont marqué son imaginaire à jamais.«Les formes tissées quelles dessinent dans le ciel m’ont vraiment inspirée.Quand j’ai lu à leur propos, c’est devenu un jeu de les imaginer couvrir l'horizon entier, modifiant les couleurs du ciel sur leur passage.J’avais déjà vu des volées énormes, mais jamais rien de l’ampleur des tourtes voyageuses, et déjà c’était la plus belle chose au monde.» Dans Bird, elle confie bien sûr cette passion-fascination pour les oiseaux et d’autres espèces d’animaux qui ont elles aussi disparu avec le temps.Le pianiste Bill Brenen, son fidèle accompagnateur, partage une fois de phis la scène avec la soHste.On s’étonne d'abord de la voir aborder une histoire si étrangère à la sienne, car sa danse est intrinsèquement liée à sa vie personnelle ou à celle d’êtres humains qui l’ont partagée.Justement «Je pensais raconter juste une histoire d’oiseaux, mais fai fini par y tisser des histoires à propos des gens de mon quartier, rapporte-t-elle.Similitudes Il faut dire que, depuis sa pièce Portraits, créée à partir des témoignages personnels de parfaits étrangers, Sarah Chase sait aussi donner vie chorégraphique à l’altérité.Avec Bird, la soliste a fait un pas de plus, découvrant des similitudes entre les familles animale et humaine.•Dans le mouvement des oiseaux et des poissons, il y a ce phénomène inexplicable qui fait en sorte que chacun anticipe le mouvement de son voisin, ce qui fait qu’ils peuvent voler et nager dans ces formations complexes, dit-elle./hi commencé à sentir que l’esprit humain ressemble à ça.Je voyais dans ces tourtes voyageuses une analogie avec le fait qu’on se sent tous à la fois des individus et qu’on suit une même voie, qu’il y a de grands motifs et des symétries dans la manière dont tous les esprits humains fonctionnent.» L’idée de la disparition des espèces animales, de la transformation des lieux par la main de l’homme, bref, du passage du temps, s’est aussi imposée graduellement Au cours de la création de Bird, elle faisait des rêves dans lesquels le présent s’entremêlait au passé, les géographies se superposaient •By avait des chevaux, des calèches, des motos, des voitures d’époque et des pousse-pousse asiatiques», décrit-elle.Même le lieu de ses promenades où elle imaginait les envolées d'oiseaux — le parc Trinity Beüwood de Toronto, où elle a vécu presque 15 ans et où «on pou- RICHARD MORAN Sarah Chase convoque sur scène ces êtres fantomatiques qui hantent nos souvenirs, ces réalités impalpables qui donnent un sens au temps et à Pexistence.voit presque goûter le passé» — a pris part aux pérégrinations de son esprit créatif.Sa vie actuelle ressemble un peu à toutes ces couches de paysages et d’époques.Longtemps appelée en Europe où elle a notamment dansé pour le chorégraphe-dramaturge allemand Raimund Hoghe et le chorégraphe belge Alexander Baervoet, elle vient de déménager, depuis Toronto, sur Tile Horby, au large de Vancouver.«C’est un étrange changement de réalité», admet-elle, mi-ra-vie, mi-inquiète.Quand Sarah Chase songe à l’attrait qu’a dû exercer les volées immenses des tourtes voyageuses sur les gens de l’époque, elle se ravise finalement, chérissant l’illusion toute contemporaine qui magnifie ce passé révolu, «fis tenaient sûrement le phénomène pour acquis.Le miracle du présent, on ne le reconnaît parfois que lorsqu’on regarde derrière soi dans le passé.» BIRD De Sarah Chase Dance Stories, du 26 au 30 avril à l’Agora de la danse L’AGENDA l’toÉTtdLItpriHeiKSÉte (fflillaltl'Mfciati Le devoir Petits LonKeUps e’est ¦sussi.» 19 spectacles artistiques variés v 2 expositions » 34 ateliers de création » et un lieu d’échanges et de rencontres sans pareil Programmation complète : www.petitsbonheurs.ca Billetterie et réservation : 514 872-7727 Montréal Pr vention tatao* mot « Ata* (1*9*0* ; n J, A ‘G van grijtide corps secrets LES CHEMINS De’tRAVErIe ÉVÉNEMENT DA N $ rTflU S I Q U E 5.6 ET 7 MAI .2QH Avec la musique de: 5 mai - Thom Gossage Other Voices 6 mai - Nouvel Ensemble Moderne - NEM 7 mai - Michel Frigon INTERPRÈTES.Erin Ftynn, Esther Gaudette, Ceinwen Gobert David Rancourt, Georges Stamos “ L'AGORA DE LA DANSE 1111111 | | 840, RUf CHERRIER METRO SHERBROOKf 514.525.1500 •nAft AAAi Reseau Admission S14.790.1245 www.aqoradanse.com LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M A X l H E 4 AVRIL 20 0 MUSIQUE CLASSIQUE Cu 11 ure CHANSON Ces précieuses archives musicales René Lussier en chemise à fleurs Le marché du DVD musical ne cesse de se développer.Nous venons ainsi de recevoir le début d'une quatrième Tétralogie de Wagner, celle de Bertrand de BUh au Liceu de Barcelone (Opus Arte), venant après les rééditions Boulez (Philips) et Levine (DG) et l’immortalisation, par TDK, des représentations de l’Opéra de Stuttgart sous la direction de Lothar Za-grosek.Mais outre ce marché florissant de l’opéra, sur lequel nous reviendrons, le DVD continue également à faire revivre de précieuses archives.CHRISTOPHE HUSS Par bonheur, Radio-Canada est, avec l’INA en France, le plus grand pourvoyeur de programmes d'archives.Depuis notre dernier tour d’horizon, en décembre, de ces parutions publiées par VAI, six nouveaux titres nous sont parvenus: un portrait du contre-ténor Russell Oberlin, des concerts d’Ida Haendel et d’Igor Markevitch et trois DVD dans la collection «In Rehearsal & Performance»: Benjamin Britten, John Barbirolli et une parution regroupant Karel Ancerl et Hermann Scherchen.On remarquera, hélas, qu’aucun de ces titres ne comprend de sous-titres anglais ou français, ce qui est particulièrement regrettable s’agissant du superbe DVD dédié à Benjamin Britten, où Ton voit, en 1962 à Vancouver, le compositeur répéter et diriger son Nocturne.En effet le texte des poèmes chantés par Peter Pears ne figure nulle part L’organisation du DVD est logique: intro duction de chacun des huit mouvements par Peter Pears, extrait de répétition, puis exécution intégrale de l’œuvre: un document éminemment historique, incontournable pour tous les admirateurs de Britten, d’autant que quinze minutes d’entrevue (1968) sont adjointes.La portée du DVD consacré à Barbirolli est minorée par la nature de l’œuvre, un Concerto pour hautbois en ut de Haydn d’authenticité plus que douteuse, documenté dans un film au son défaillant et à l’image mal éclairée.Le DVD réunissant Karel Ancerl et Hermann Scherchen est autrement plus intéressant.D'abord, parce que la répétition et le concert de la Moldau par Ancerl (1968) sont bien filmés en couleurs.Ensuite, parce que les vidéos d’Ancerl sont rares et que la répétition, de près de 45 minutes, est vraiment instructive.Scherchen est, lui, capté en noir et blanc (1966) pendant près d’une heure de répétition de sa propre et fascinante orchestration de L’Art de la fugue de Bach.La réunion de deux figures majeures de l’interprétation dans des documents aussi caractéristiques de leur art fait de ce DVD un trésor.Intérêts variables Les deux DVD de concerts ont un intérêt variable: voir Ida Haendel et Franz Paul Decker en 1980 et 1981 dans le Concerto pour violon de Brahms et la Carmen Fantaisie de Sarasate dans un son misérable a pour seul Intérêt de titiller la fibre nostalgique et n’apporte pas grand-chose quand on dispose du lumineux concert de Shaham et Abbado à Palerme (TDK).Par contre, voir Igor Markevitch diriger la Symphonie Pastorale de Beethoven et la 4' de Brahms, programme complété par trois airs de Mozart avec Irmgard Seefried, la Rhapsodie pour contralto de Brahms avec Maureen Forrester et l’ouverture de La Cenere-tola est historiquement plus eminent Id.les textes chantes sont inclus en langue originale, en anglais et en français.Le son monophonique est entaché de souffle, mais pour 1957 et 1959.c'est excusable.Visuellement, le studio est bien éclaire en 1959, la disposition de l’orchestre ne favorise pas l’écoute entre les instrumentistes et l'image traine un peu lors des travellings.Mais, évidemment le fait de disposer, par l’entremise de documents filmés de deux heures, de témoignages techniquement décents de l’OSM (même rebaptisé pour l’occasion «Orchestre de Radio-Canada») datant d’il y a prés de 50 ans et sous la direction d'un grand chef est d’une importance historique notable.Concernant moins spécifiquement le public canadien, mais nourri pour moitié par des documents de Radio-Canada, le DVD documentaire sur le contre-ténor américain Russell Oberlin permet de reconnaître un artiste important et pionnier d’un art parallèlement à Alfred Deller.Les deux brefs concerts de 1961 et 1962 sont complétés par une entrevue menée en 2004.Les mélomanes intéressés par des archives concernant des chanteurs trouveront également leur bonheur dans les extraits d’un concert de Montserrat Caballé en 1966 à Paris (airs de Donizetti et Bellini, VAI, programme de 43 minutes seulement), ainsi que dans la publication par TDK d’un bon documentaire (un de phis) sur Maria CaHas.Les amateurs de musique orchestrale sont encore plus gâtés par l’ouverture d’une vraie caverne d’Ali Baba: les archives visuelles de l’Orchestre symphonique de Boston.L’Enfance du Christ de Berlioz par Charles Munch en 1996 (son excellent et image bien définie) est préférable à un concert de John Barbirolli en 1959, techniquement plus sommaire (T image de la première partie est bouchée et les cadrages en plongée lassants), avec, notamment, la Partita de Wallon et la 2 Symphonie de Brahms.VAI a adjoint une piste audio stéréo (excellente) du concert précédent l’enregistrement vidéo.Par contre, en l’écoutant, il vaut mieux, sous peine de devenir fou, éteindre la télévision, image et son étant alors déconnectés.L'éditeur Arthaus rend hommage à un musicien intègre et intransigeant, Erich Leinsdorf, en publiant des répétitions et l’exécution de la 4' Symphonie de Schumann et des extraits orchestraux de Parsifal de Wagner qu’il a agencés.De très beaux documents (avec sous-titres anglais et français) datant de 1984 et une 4' de Schumann, dans la version originale, rarement jouée, très représentative de l’art de Leinsdorf.Enfin, les documentaires les plus intéressants récemment publiés me semblent être le film de Reiner Moritz sur Rafael Kubelik (Arthaus) et, largement handicapée, hélas, par le manque de sous-titres français, la «Berlin Philharmonie Story» (EuroArts) qui balaie, de manière conviviale accessible mais pas superficielle, cent ans d’histoire du plus célèbre orchestre du monde.¦ Cinq documents majeurs: Karel Ancerl et Hermann Scherchen (VAI); Britten en répétition et concert (VAI); L’Art d’Igor Markevitch (VAI); Berlioz: L’Enfance du Christ par Charles Munch (VAI); Rafael Kubelik, Music is my Country (Arthaus) Serie Radio-concerts le retour de la lauréate •mimi lundi 25 avril, 20 h Il y a trois ans, elle remportait avec éclat la première édition du Concours Musical International de Montréal.C'est avec grand plaisir que nous retrouvons la soprano Measha Brueggergosman le temps d'un récital.Au programme, des oeuvres de Ravel.Duparc.Marx, Montsalvatge et Schoenberg.Une soirée unique en compagnie d'une artiste d’exception Salle pierre-mercure CENTRE PIERRE-PÉLAOEAU part efutr* mit - ./-v'ï ».300 De Maisonneuve Est métro Berri-UQAM centrepierrepeladeau.com billetterie: 514 9S7.6tl9 Québec S S CanadS Montréal® • SocNt» «Pvptowwnvnt M* «nt'WK'W* r BERNARD LAMARCHE Le temps d’un disque et d’exprimer une passion qui le mord depuis quelques années.Rene Lussier passe de La musique experimentale à la musique en chemise à fleurs.Il ne manque que les danseuses sur ce disque inspire des racines d’Hawaii, Le Prix du bonheur (disque La Tribu), et le portrait serait conv plet.Pour cet album de chansons, sans quitter un instrument.la guitare, qu’il connaît du bout des doigts.Lussier se délié le bout de la langue.L’album était lance cette semaine.D y a quelques années, explique le guitariste devenu chanteur, alors qu’il travaillait à la musique d’un film d’animation, la réalisatrice lui a apporte une compilation de chanteurs hawaïens enregistres dans les années 19201940.«/ai été totalement charme par la beaute des mélodies et le lyrisme de leurs chants traditionnels», loin de ce qu’Hollywood en a fait, écrit l’homme sur son site Internet, dont la facture est des phis amusantes.L’aventure s’est peaufinée d’elle-mème, d’écoute en écoute, sur quelques années à réunir de la musique hawaïenne.Aux airs fredonnés à la maison se sont ajoutés les textes pleins de saveurs de l’auteure Paule Marier, la conjointe de Lussier, pour mener à ce disque qui donne tout simplement l’impression de voyager vers les contrées ensoleillées de la chanson d’expression française.•J'avais déjà chante un peu, explique 1 ussier, mais c’était dans des contextes humoristiques, je faisais des personnages.Là.l’idée de chanter des textes simples, directs, qui imposaient de la simplicité, m'a mené à prendre ça à bras-le-corps pour me trouver là-dedans.» Le disque a été enregistré à la maison, laissant au musicien le plaisir de se découvrir dans le processus, •une certaine anarchie».Couche par couche, les musiques du disque se sont constituées.•Je ne viens pas de l’academie musicale.Je suis un autodidacte», et c’est ainsi que l’album s’est constitué, en s’acclimatant à la poésie toute rafraîchissante de ces musiques et de ces mots.•Parfois, je n ’arrivais peis à porter tous ces mots, comme un partiel dans la bouche dont je n avais pas besoin.Il fallait faire des modifications, des allers-retours du texte à la musique, ce qui m’a permis de revisiter différents aspects pour pouvoir porter ces mots.» A travers le processus, un dépouillement s’est opéré.•Cest quelque chose que je n'avais jamais fait», explique Lussier.Pourtant, on ne compte plus le nombre de disques et de trames sonores dont le guitariste touche-à-tout a accouché.Des kilomètres et des kilomètres de sillon de disques et de phages de CD sont derrière l’homme, qui dit n’avoir de cesse d’explorer, bien que ce nouveau disque s’accoste comme on approche d’une plage au sable chaud.SOURCE: LA TRIBU René Lussier quitte lu musique expérimentale pour livrer un disque de musique hawaïenne.•Je me suis rapproché de mes premières amours, la musique de blues américaine.Arec un voisin à la campagne.qui joue du .folk, on s’est mis à apprendre deç ragtimes, des musiques de guitare, simples, roots.A travers cette simplicité, j'ai retrouvé un bonheur in-croyable de jouer et je me suis mis à jouer comme jamais Tout d'un coup, dans le temps des Fêtes, lorsque la famille me disait de jouer une toune, je savais enfin quoi jouer», dit-il en rigolant l.a musique hawaïenne, surtout entre les deux guerres, est excitante à l’oreille du musicien.•C’est une musique de guitare, une musique qui est jouée dehors.Ils ont invente la slide guitare à ce moment.Elle était chantée par des gars avec des voix de tête, des falsetto.» De l’étude de style, Lissier est passé aux actes et a payé Le Prix du bonheur, qu’il a finalement atteint.«/ai digéré l’aspect hawaïen, qui est parfois sous-entendu.parfois en avant dans les chansons.» Dans les musiques se distinguent de petites pointes de musique actuelle, comme pour cette petite guitare galopante en arrière-plan de Me voilà sauvé.Lussier dit notamment s’être amusé beaucoup avec les turnaround, ces deux petites mesures rajoutées à la fin des cycles, inconnues dans le blues américain, qui permettaient aux danseurs de se retirer, de faire un petit tour et de revenir dans la chanson.Il a eu beaucoup de plaisir, dit-il, qu’il a su rendre contagieux.•Y'a beaucoup de tendresse, dans ce disquedà».assure le principal intéressé, qui sera en concert au Va-et-vient (3706, Notre-Dame Ouest), le 29 avril à 21h.Le Devoir t» » Oé Ht » » t» i» l» 1» 1» » t» USE St-Jean-sur-Richelieu (Iberville) t» (autoroutes 10 et 35) k» t» k» t» k» t}pE*lrle liïn - Projection mr écron Récital D’Orgue Organiste JACQUES GIROUX Chapelle des Frères Maristes 14, Chemin des Patriotes Est Dimanche le 24 avril'a 20h 00 ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE LAVAL Série les Grands Concerts Couche-Tard Le calme et la tempête Mercredi 4 mai 2005, 20 h Salle André-Mathieu Jean-François Rivest, chef Jessica Linnebach, violoniste Au programme : Mendelssohn .er -rridf-, « ' - fe : Tthsïkovski rs l : ir vir ! Beethoven .“.p! n c 6 e- '3 to • , .• Billetterie : 450 667.2040 Admission : 514 790.1245 Salle André-Mathieu, 475, boul.de l'Avenir Laval Sous la direction de LORRAINE VAILLANCOURT ?r cane b n n n d rt MERCREDI 27 AVRIL 2005 Un grand concert placé sous le double signe de la découverte et du répertoire Thomas Adès - Fausto Romitelli -Alberto Posadas - Michael Oesterle (Création) Nouvel Ensemble Moderne Salle Claude-Champagne - 20 H 220 Vincent-dTndy (métro Édouard-Montpetit) RENSEIGNEMENTS (514) 343-5636 www.nem.umontreal.ca ^ Caaa*«afe« Sjmmttd XoO^'loô'S ^ mtADES hetivCdrvov, . ouverture de la Grande bibliothèque de la i rue Bern a aussi permis de dévoiler cinq œuvres d’art intégrées à l’architecture qui viennent s'ajouter au parc national d’œuvres dites du 1 %.Pour la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ), il a été décidé de découper la tarte du programme en plusieurs parts, contrairement à ce qui a été fait par exemple, pour le pavillon intégré Génie, informatique et arts visuels de l’université Concordia, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Mackay, où Nicolas Baier a réalisé une murale de 650 mètres carrés visible de la rue.Les lieux investis à la BNQ sont des lieux de passage.La grande sculpture de Jean-Pierre Morin à l’angle du boulevard De Maisonneuve et la rue Berri est campée en contexte urbain, alors que les œuvres de Louise Viger et de Dominique Blain sont respectivement situées dans un couloir et une entrée secondaire de la BNQ.Finalement, deux œuvres de Roger Gau-dreau sont installées à demeure dans les jardins adjacents à l'édifice.L’arbre de la connaissance De loin l’œuvre la plus visible du lot, le Sans titre de Jean-Pierre Morin aurait pu être plus effacé, dans la mesure où il a été demandé aux artistes du concours de réfléchir à l’implantation d'une sculpture pour la cour surbaissée près de l’entrée principale, située à l’intersection de la rue Berri et du boulevard De Maisonneuve.La solution de Jean-Pierre Morin pour son arbre d'aluminium a de quoi faire sourire, en raison de son ingéniosité.Bien que l’idée d’un arbre de la connaissance, pour un lieu comme une bibliothèque, flirte avec les lieux communs, la stratégie de Morin est alléchante.D’une part, comme pour faire émerger sa sculpture du sous-sol auquel l'avaient confinée les organisateurs du concours, Morin a installé son arbre métallique sur un socle légèrement désarticulé, qui a le bonheur de ramener la pièce au niveau de la rue.Sorte de clin d’œil à l’histoire d’un édifice dont l’allure aurait été complètement autre si on avait respecté la vision des architectes du concours initial, ce socle est fait d’acier cor-ten, légèrement oxydé en surface donc, qui rappelle par sa chaleur toute industrielle les teintes qui auraient pu être celles de l’édifice si celui-ci avait été recouvert comme prévu de cuivre.Par ailleurs, la sculpture, elle-même en aluminium clair, donne du relief à l'ennuyeux écrin de verre de la façade.En plus, sa manière de se déplier, à l’aide de petits modules identiques répétés, rapproche cet arbre d’autres modèles d’arborescence, entre celui d’un l’ADN débridé et celui des univers virtuels, autrement plus tortueux.Vous êtes ici La pièce de Dominique Blain est un appel à la conscience de soi dans l’espace.À même la vitre de la façade donnant sur la très mal nommée avenue Savoie, une ruelle en fait, Blain a bit transférer au mur les silhouettes miniatures de dizaines de marcheurs qui viennent souligner la nature des lieux où l’on ne fait que ça, déambuler.L'expression •Vous êtes ici», dont les lettres ont été sculptées dans du verre rajouté à même cette vitrine, vient signaler à la fois la contingence du fait d’être présent dans un lieu marqué par son architecture, dans une rue dessinée par les édifices environnant ou, encore, a plus grande échelle, dans la province, qui.parle la langue dont s’est servie l’artiste.A travers ce moyen simple et économe, l’artiste met l’accent autant sur Tici que sur Tailleurs où nous ne sommes pas au moment de lire l’énoncé.Détail intéressant l’artiste a pris en considération le fait que l'entrée de l’édifice est également sa sortie.Au mur, à droite, elle a bit ajouter un large miroir circulaire qui permet de renverser latéralement les mots qui, de l’intérieur, semblent écrits à l’envers.Outre le fait de démultiplier notre image de marcheur dans le lieu, un renvoi aux silhouettes gravées dans b vitre de b fenêtre, Blain dédouble les beux et fait peut-être référence à ces miroirs de sécurité, positionnés dans les longs corridors articulés par un angle, qui permettent de projeter son regard au loin et de prévenir de l'arrivée d'autres individus.Art et design Autre œuvre intérieure, b murale lumineuse de Louise Viger traite de parole, de lecture et de silence.Une surbce de près de trente mètres de longueur et de deux mètres de hauteur a été investie de tubes de verre, parfois transparents, parfois givrés, qui deviennent conducteurs de lumière.Huit cent cinquante tubes de verre opt été insérés dans des caissons intégrés au mur.Eclairés à partir du centre vers le haut et le bas par des diodes électroluminescentes (LED) trichromes, ces tubes bissent se répandre une onde lumineuse qui rappeDe les graphiques des analyseurs de son.Comme si le corridor était traversé par un courant de matière impalpable, une séquence de 90 secondes s'active et traduit les mouvements d’une onde sonore circulaire bien qu’elle demeure inaudible.Cette séquence sera de plus sujette à changements, selon l’avancée des saisons.En plus de s’approcher du design, une tendance forte dans l’art contemporain, la pièce résonne de l’esprit de l’endroit.Silencieuse, elle signale sa présence en évoquant le son.De plus, bien qu'elle se retrouve dans un corridor à double sens, elle prend en considération le sens de la lecture, se déployant de gauche à droite.Sorte de sonographe, elle témoigne d’un souffle visuel fort séduisant.Dommage qu'on n’ait pas songé du côté des architectes à diminuer l’intensité de l’éclairage ambiant, bien au-dessus des normes de sécurité, afin de laisser b pièce de Viger déployer davantage ses atours.Parc des punks À l’extérieur, dans le parc adjacent à l’édifice de b BNQ, l’artiste Roger Gaudreau, de Trois-Rivières (né à Rimouskl), a signé les deux premières œuvres d’un parc qui en contiendra 29 JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean-Pierre Morin a installé son arbre métallique sur un socle légèrement désarticulé.et dont les lots seront remplis au gré d’un concours annuel.L’idée de ce concours est belle, bien qu’elle laisse craindre un capharnaüm, alors qu’aucun fil continu ne laisse croire que le résultat ne sera pas entièrement avalé par la confusion.La contribution de Gaudreau est une demi-réussite.Son Jardin de la forêt urbaine, tout littéral soit-il, amuse à b vue de ces feuillages qui se retrouvent à la base d’arbres inversés dont les troncs rappellent b carrure des gratte-ciel.Ici, les façades (un sujet délicat autour de la BNQ) miment des écorces d'arbre, comme si, à l'inverse de b BNQ justement, les tours se retrouvaient prises dans un écrin de bois.Cette allusion bellement réussie côtoie cependant un malheureux Jardin punk, à l’humour aussi flagrant que bête.Quelques pierres posées là ont été piercées.Gaudreau dit s’être inspiré de b jungle locale, telle qu’il Ta vue, en 2001, dans les images d'Yves Nantel diffusées par b revue Art Le Sabord.Plutôt que de se méfier du caractère hautement caricatural de ces images, l’artiste en a retenu un aspect, le piercing, qui n’est pourtant plus, depuis des lunes, l’apanage des seuls punks et qui en est encore moins la principale caractéristique.L’œuvre ne saurait être davantage inappropriée, dépassée et insensée.Le Devoir CAROL BERNIER Hivers de mars et Hommage aux premiers Plasticiens 50e anniversaire de la publication du Manifeste des Plasticiens 13 avril au 14 mai 2005 GALERIE SIMON BLAIS S-UO boni Samt-laurént H2T ISl 314 849.1165 Ouvert du mardi au vendredi lOh à 18h.samedi lOh à I7h Exposition du mercredi 6 avril au samedi 7 mai 2005 FERNAND TOUPIN (rca) « Dernières œuvres matiértstes » 1990 - 1993 GALERIE BERNARD 3926 me Saint-Denis, Montréal (Québec) H8W 2M2, Tél.: (814) 277-07TO Horelr»: mercredi nh-17h30 Jeudi et vendredi llh-20h samedi 12h-17h MARC AJ.FORTIER SCULPTURES ET TABLEAUX Jusqu'au l" mai 2005 galerie d’art 2GL St-JacqiKN Ouest, Montréal (Québec) UéL: ô I t ) S i S-02(> 1 - www studioJO I .ca .Exposition îne,ïf artistes Vernissage le 29 avril àl 7h Vente des oeuvres dèsl 9ri30 RAYMONDE APRIL CÉLINE B LA TERREUR MATHIEU BEAUSÉJOUR VALERIE BLASS CAROLINE BOttEAU JOANNE BOUCHARD MICHEL BOULANGER JOSEPH BRANCO MARTHE CARRIER PATRICK COUTU MICHE I DAIGNEAULT ALEXANDRE DAVID MANON DE PAINV MARTIN DÉSILETS HAINE DESPINS ANDREE-ANNE DUPUIS BOURRET PHILIPPE GIRARD ADAD HANNAH JOCELYN JEAN SUZANNE JOSS FRANCOIS LAÇASSE ÉRIC LADOUCEUR LAURENT LAMARCHE PAMELA LANDRY RAYMOND LAVOIE OUV1ERLONGPRÉ HÉLÈNE LORD ANDRÉ MARTIN MIROSLAV MÉNARD AUDE MOREAU ADRIAN NORVID CHRISTIANE PATENAUOE MONIQUE RÉGIMBALD-ZEIBER JACKO RESTIKIAN LOUISE ROBERT GENEVIÈVE ROCHER FRANCIS ROSSIGNOL DENIS ROUSSEAU CARMEN RUSCHENSKY VALÉRIE SURY ANNIE TREMBLAY LOUISE VIGER WWKA 372, oie Samte-Catbeme Ouest, espace 403— Montreal —(514) 874-9423— 0-312Ogalene0-3i2.qc.ca— www gaierwO-312.qc.c Ouvert—mardi au samedi—12h à iBh 13 artistes du collectif de peintres coloristes Très petits et très grands formats Vernissage: vendredi le 22 avril de 17h à 22h L'exposition se poursuivra les 23 et 24 avril de 13h à 17h 7595, boni.St-Laurent, espace 201 Montréal, Metro De Castelnau (514) 278-3136 www.magentablues.ca ROMEO ZURMÜHLE GRAVURES ORIGINALES 1967 - 1989 du 7 au 24 avril Galerie d’art Jean-Claude-Bergeron 150, rue St-Patrick, Ottawa, (ON), tel.(613) 562-7836 www.gallorygora.com 279 S ho r brook© Ouest coin Av.du Parc espace 205 - 51 *4.ft79.9694 AnixMyi» spJténw»*.2005 METRO place-des-arts (sortie Bloury) EXPOSITION CLAUDE A.SIMARD DU 25 AVRIL AU 7 MAI Visitez le site klinkhoff.com pour voir l’exposition "Lt chandail ne ut".2005 Acrylique sur toile 12" X24n GALERIE WALTER KLINKHOFF .nc 1200, RUE SHERBROOKE OUEST, MONTRÉAL TÉL 288-7306 COURRIEL INFOOKUNKHOFF.COM j Afila vie monti montréalaise Cette série, présentée en complément de l'exposition Les années 60 : Montréal voit grand, ! jette un regard critique sur la vie culturelle des montçéalqis dans les années 60.L % 'SiL» * ' ijrmMf&M mW 11 § s.Ht e - yjr |;TS- :: jeudi soir, 19 h, entrée libre 28 avril : Armand Vaillancourt Dès ses débuts, ce sculpteur transporte l'art dans la rue et se distingue par son engagement social et politique.L'artiste de renommée internationale viendra parier de son parcours dans le milieu culturel montréalais durant cette période.CCA Centre Canadien d'Architecture 1920, rue OaHe, Montréal 9 Guy-Concon*» SM 939 7026 www.cca.qc.ca Ouvert du mercredi au dimanche, 10 h à 17 h; le jeudi, 10 h à 21 h.Montréal® BjolSLï, 0‘— E DEV LES SAM T DIM A \ CUE 24 A V R I 0 I 2 E 7 LA PMSE (DE ÜUŒ) r*iuaa«i 3304 17 rrav OoctraXMc.(6) Uatf 2S Mril 19 k 36 I 1 il miï ^ IllUlllUJ e x Ce n t r i s hoiai(i« S14 847 2206 www.ix-ciNTiit.coM Zone de brouillard OLD BOY Realisation: Park ChanwooL Scenario: Hwang Jo-Yoon, Im Joon-Hyung, Park Chanwook.Avec Choi Min-Sik.Yoo Ji-Tae, Gang Hye-Jung.Image: Jung Jung-Hoon.Montage: Kim Sang-Bum.Musique: Shim Hyun-Jung.Corée du Sud, 2003,120 minutes.(Au Cinema du Parc en version originale avec s.-t anglais.) ANDRÉ LAVOIE Tout comme Edmond Dantès dans Le Comte de Monte-Cristo, Oh Dae-Su (Choi Min-Sik.prodigieux et stupéfiant) passe plus d'une dizaine d’années dans un isolement complet, cultivant une rage bien légitime pour son ravisseur dont il ne connaît pas l’identité, et encore moins les raisons qui l’ont poussé à le punir de la sorte.A sa sortie d’une prison dont la cellule ressemble davantage à une minable chambre d’hôtel, le temps devient tout à coup précieux, la course contre la montre est enclenchée.H est bien sûr question de ven- geance dans Old Boy, du cinéaste coreen Park Chanwook.mais au-delà du déploiement d'artifices mis en place pour en réussir l’accomplissement, ce film aux effets foudroyants, à mi-chemin entre la bande dessinee et le drame shakespearien, en interroge les conséquences, les ondes de choc.Et celles-ci sont provoquées par deux êtres en apparen ce différents mais que le destin va réunir dans le bruit et la fureur, pour se conclure dans une apothéose sanglante orchestrée avec brio (et sadisme) par Park Chanwook, reparti du Festival de Cannes 2004 avec le Grand Prix du jury, présidé par un Quentin Tarantino qui doit déjà s’activer à en piquer quelques bonnes idées de mise en scène.Et elles sont d’ailleurs nombreuses dans cette méditation pessimiste et outrancière, le cinéaste préférant se cantonner au regard déformé de cet homme d’affaires insouciant transformé en être asocial.Il trouvera un peu de réconfort auprès d’une jeune chef de restaurant, Mido (Gang Hye-Jung), devenant encore plus SOURCE: ALLIANCE VTVAFILM Avec Old Boys, le spectateur doit accepter de plonger tête première dans un monde chaotique.precieuse lorsque le puissant et cynique Lee Woo-Jin (Yoo Ji-Tae), son bourreau enfin révélé, ne lui accorde que cinq jours pour connaître les motifs de son châtiment étalé sur 15 ans.Après cela, il tuera Mido, et toutes les femmes qu’Oh Dae-Su aimera par la suite.Pourquoi tant de haine, et surtout déployée d'une manière aussi perverse que spectaculaire?Tout comme Oh Dae-Su, le spectateur est laissé dans une immense zone de brouillard, devant se contenter de plonger tète première dans ce monde chaotique et refuser d’y appliquer une quelconque grille réaliste.Des fourmis sortent de ses veines, les murs de sa cellule lui servent à s’endurcir et affronter seul 30 fiers à bras ressemble à une simple besogne: d’imbécile heureux et de père irresponsable.Oh Dae-Su est devenu un monstre fabriqué par un démiurge démoniaque, lui-même portant de lourds secrets au parfum d'inceste.Et à mesure que se mettent en place les pièces de cet étonnant puzzle, ce sujet tabou éclabousse, comme le sang des protagonistes, tous les murs.La force d'attraction d’un large pan du cinéma asiatique réside dans la liberté des cinéastes à illustrer la violence avec une démesure qu’aucun producteur occidental n’oserait cautionner.Bien sûr, on cède souvent au racolage, mais Park Chanwook succombe rarement à la tentation, optant pour une certaine dérision ou, mieux encore, élevant ces bains de sqng au rang de tragédie grecque.Evidemment, si la dégustation d’un calmar vivant, l’arrachage de dents comme mode de torture ou le coupage de la langue en guise d’of-frande vous donnent la nausée, Old Boy peut ressembler à une forme de torture.Mais ceux qui voudront s’y risquer ne seront pas déçus, voyant dans la démarche de Park Chanwook un courage dont il faudrait s’inspirer davantage.Une manga qui fait sourire KI NG FU HUSTLE Réalisation et scénario: Stephen Chow.Avec Stephen Chow, Yuen Wah, Leung Siu Lung, Dong Zhi Hua, Chiu Chi Ling, Xing Yu, Chan Kwok K Wan, Lam Tze Chung, Tin Kai Man.Image: Poon Hang Sang.Au Cinéma du Parc.ODILE TREMBLAY /“X uand les films de kung-fu de-Vy viennent des satires de films de Kung-fu, ça devient rigolo.Quentin Tarantino les avait pastichés à sa manière dans Kill Bill, tout en s’en nourrissant.Zhang Yimou, à travers Hero et House of Flying Daggers, Ang Lee avec Crouching Tigers, Hidden Dragon, ont anobli le genre.Hollywood le sert de son côté à toutes les sauces.Voici que le cinéaste et acteur de Hong Kong Stephen Chow (Shaolin Soccer) s’en donne à son tour à cœur joie.Kung Fu Hustle s'offre au spectateur avec un sourire en coin.Le film est un échantillonnage de toutes les prouesses acrobatiques de cet art martial; des années 70 à nos jours, du style Bruce Lee à celui de Jackie Chang.Prendre au premier degré l’avalanche de combats qui sont la substance de Kung Fu Hustle serait une lourde erreur.Ici, les effets spéciaux et les joutes délirantes ont l’air sortis tout droit de jeux vidéo.L’histoire n’est que prétexte à batailles irréelles, avec des couteaux, des flammes, des cris, par en haut, par en bas, au vol, etc.Dans ce monde de comédie, l’humour sanglant domine le jeu.4 Le décor, élément fort, nous transporte dans le Hong Kong d’avant Mao, à travers un fascinant caravansérail dont les habitants, régentés par une terrible propriétaire, sont moins inoffensifs qu’il n’y paraît.Quand le jeune Sing (Stephen Chow), avec son gros compère, entend faire régner la terreur ' Stephen Chow livre un film de kung-fu rigolo.SOURCE: GAUMONT ?CINEMA ?SEMAINE DU 23 AU 29 AVRIL 2005 Les NOUVEAUTES et le CINÉMA en nésumé, pages ?4 6 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES, pages ?7,14 dans LAGENDA culturel Lesi .beaux detours C I « C U I T S CULTURELS 16-17 et 18 juillet Lucie De Lamermoor au Glimmerglass Opera Festival de Cooperstown, plusieurs visites de musées au Vermont et dans l’État de New York.Prix spécial jusqu'au 5 mail 18 juin Camille Claudel et Rodin au Musée du Québec 9 juillet Festival de Lanoudtire.www.lesbeauxdetours.com (514) 352-3621 En coHaboration avec Oub Voyages Posemonf sur cette paisible allée de gueux, des rangs de ces derniers émergent des maîtres de kung-fu.Le gang de la hache, cruelle organisation criminelle, aura tôt fait de recruter en prison son propre champion, dit «la bête» (Leung Su Lung), pour affronter le couple de propriétaires (Yuen Wah et Yuen Qiu), puis le jeune héros qui rêve de devenir brigand.Maître contre maître, et contre plus grand maître encore.Par-delà Stephen Chow, qui comme acteur ne domine pas ici la distribution, c’est la colorée propriétaire de ces logis amalgamés qui frappe par son énergie et sa couleur: Yuen Qiu, actrice sortie de sa retraite pour les besoins de la cause.Egalement dans la peau de «la bête», le vieux Leung Siu Lung au sourire sardonique ressort du lot Les têtes revoient les pieds s’écrasent les couteaux volent les pétards explosent les papillons sortent des chrysalides.Même les effets spéciaux ne se prennent pas au sérieux.Stephen Chow a fait un film de kung-fu rigolo, sans la force de Tarantino ni la beauté des œuvres d’Ang Lee et de Zhang Yimou, mais un côté manga façon Hong Kong qui fait sourire.Le Devoir - SOURCE ALLIANCE VIVAFIt.M L’adaptation cinématographique du Survenant par Érik Canuel ne forme pas une grande (vuvre, mais elle s’avère efficace, tantôt appuyée, tantôt plutôt fine.S’ouvrir à l’autre LE SURVENANT Réalisation: Erik Canuel.Scénario: Diane Cailhier d’après le roman de Germaine Guèvremont Avec Jean-Nicolas Verreauh, Gilles Renaud, Anick Lemay, François Chénier, Catherine Trudeau, Germain Houde, Pierre Collin, Pierrette Robitaille, Patrice Robitaille.Image: Bernard Couture.Musique: Michel Corriveau.ODILE TREM BLAY Par-delà l’irritant bulldozer promotionnel précédant la sortie du Survenant, U y a un film appelé à connaître sans doute un franc succès, comme Séraphin ayant lui.L'adaptation cinématographique qu’en offre Erik Canuel n'en devient pas une grande œuvre pour autant, mais elle est efficace, tantôt appuyée, tantôt plus fine, à la distribution inégale mais peuplée de beaux personnages.La comparaison entre Le Survenant et Séraphin est quasi inévitable.Les deux films, adaptés de romans québécois du milieu du XXr siècle, se ressemblent.Même genre d’esthétique plutôt télévisuelle, même accent mis sur l’histoire d’amour.En core que Le Survenant possède de meilleures munitions que Séraphin.Ici, le misérabilisme du peuple du terroir est disparu au profit d’une communauté rurale assez à l’aise.Le roman de Germaine Guèvremont, dont il est issu, est supérieur à celui de Claude-Henri Grignon.I a symbolique du Survenant, un être qui a vu du pays et détient une sagesse et une culture plus grandes que celles des gens qui [’entourent, possède une portée phis universelle.Or Erik Canuel, tout en sacrifiant certaines scènes et quelques personnages secondaires, est demeuré très proche de l’œuvre littéraire.L’histoire, située au Chenal du Moine, dans les îles de Sorel, se situe au début du XXr siècle.le père I)i-dace (Gilles Renaud), veuf et déçu par la faiblesse de son fils, recueille un étranger errant, le Survenant Oean-Nicolas Verreault), dont personne ne sait rien, qui intriguera la petite communauté de sédentaires, suscitant méfiance et passions.Porteur de valeurs de tolérance, le film possède le mérite de véhiculer un message qui élève l’esprit et invite à l’ouverture à l'autre.Par ailleurs.Erik Canuel a conservé une par- tie des expressions lM de la pariure si poétiques des ançiens habitants du Chenal du Moine.A travers le mouvement des saisons, de beaux paysages s'offrent à la vue.La mise en scène est élégante sans éviter les pièges de la facilité.Après tout, il s’agit d'une production commerciale, qui annonce souvent ses couleurs, mais le rythme est bon.On ne s’ennuie pas.Ceux qui ont connu l’ancienne télésérie de Radio-Canada tirée du Survenant compareront Jean-Nicolas Verreault à Jean Coutu, l’ancien interprète du Survenant.Il est vrai que Coutu inspirait davantage le mystère et la profondeur du personnage que Jean-Nicolas Verreault, au profil plus terre-à-terre.Ce dernier, solide et séduisant, apporte au grand-dieu-des-routes une couleur charnelle, une assis»1, une force tranquille dont les dimensions plus éthérées sont pourtant trop absentes.Pour l’histoire d'amour devenue ici centrale, Anick Ijemay apparaît trop belle dans le rôle assez ingrat de la boiteuse Angelina, que le voyageur élit pour sa différence et son intériorité.lœs émotions, surtout à l’heure de leurs tête-à-tête, sont enfoncées par la musique de circonstance.Mais cet amour non consommé garde une part de non-dit.la scène clé de la déclaration d’amour d'une Angelina qui offre tout à celui qu elle aime dégage une puissance émouvante.la duo entre Gilles Renaud en père Didace et Verreault en Survenant tient bien la route.GiUes Renaud sait traduire les nuances de son Didace, tiraillé lui-même entre des désirs de liberté qu’il n’a jamais laissé se développer, des déceptions, des deuils, un amour de la terre, le rêve bourru d’une filiation, des besoins d’amour et de complicité et sa passion de la chasse au canard.François Chénier, en taible et jaloux Amable, le fils aigri du père Didace, s’insère à merveille dans la peau du personnage, tout comme Catherine Trudeau, qui incarne avec finesse sa jeune femme effarouchée, sensible et maladroite, dont le scénario a développé les contours par rapport au roman.Avec ses faiblesses et ses beautés, D Survenant de Canuel touchera sans doute le cœur du grand public, pas trop dépaysé dans ses repères, mais quand même invité à regarder au delà.Le Devoir > FmriDE ?cumEnTRiRE > PHOTGGRRPHXE QUEBECOISE ) RECHERCHE > BR5E DE DOnOEEE 1.® Oabor SziUst, Cia «y Montréal, tirée 4e U lérie LUX ¦ (meigrm lumineuses 1*82, épreuve t développement chromopéne, 2.® Jeen-fnoçoi» Prort, ùmvfrfeMH 4 lambda.3 • Jana Sterbafc, Atias, 2002, épreuve I développement chromogène ISO ARTISTES I TJOD imAGES / BIOGRAPHIES UARTISTES i TEXTES / PARCOURS VIRTUELS / Découvrez ou revoyez 1er travaux de plus de 120 artistes québécois de IPSO i aujourd'hui diffusés gratuitement sur le Web.Effectuez des recherches avancées dans une base de données.Consultez des projets particuliers d'artistes et des essais visuels.Bénéficiez d’outils essentiels pour approfondir vos connaissances et votre compréhension des pratiques de ('image au Québec.UJUJLU.UDXPHGTD.CDm Lancement officiel et mise en ligne le 28 avril à 20 h Par la même occasion, venez fêter les 20 ans de VOX.VOX image contemporaine contemporary image VOX, centre de l'image contemporaine 1211 boulevard Saint-Laurent Montréal, (QC) H2X 256 Infos : (514) 390-03*2 vox@voxphoto.com ¦ ?I Patrimoine Canadien canadien Heritage CanadS V LE DEVOIR.LE S A M E D 23 ET DIMANCHE 24 AVRIL 2005 E 8 om a Tony Gatlif Uéternel attrait de la route SOURCE: PYRAMIDE .U pas retourné dans son Algérie Lauréat du Prix du jury au dernier Festival de Cannes, le film Exils, road-movie initiatique aux accents magiques, prendra l’affiche vendredi prochain à Montréal.ODILE TREMBLAY Le gitan français Tony Gatlif est loin d’être un inconnu chez nous.Depuis Latcho Drom en 1993, qui remontait le cours de la musique tzigane de pays en pays, son cinéma nous est farnilier, et sa tête de tzigane s’est posée souvent ici.On le suit à travers des films en mouvement: Mondo, Gadjo Düo, où la musique joue un rôle prépondérant et où l’errance gitane a toujours droit de cité.Il est né en Algérie avant de vivre plus tard, en France, l’existence des jeunes de la rue.Grâce à un coup de pouce de Michel Simon, Tony Gatlif a suivi un cours d’art dramatique qui l’a conduit au cinéma.Je l’ai rencontré à Paris au début de l’année, encore propulsé par le laurier cannois qui lui a ouvert des portes, auprès du grand public surtout Depuis longtemps, ses films sont présentés à l’étranger, mais cette fois, la machine à diffusion est mieux huilée: 320 000 entrées en France et une distribution internationale assurée.Après avoir abordé la question gitane sous toutes ses coutures dans son cinéma.Tony Gatlif précise avoir eu envie de changer de thème.Mais en change-t-on jamais vraiment?Exils est encore un road-movie, mais celui d'un jeune couple.Elle est d’origine algérienne arabe, lui, fils de pied noir.Ni l’un ni l’autre n’ont connu l’Algérie de leurs parents.Naïma (Lubna Azabal) et Zano (Romain Duris) traverseront la France, l’Espagne et le nord du Maroc, avec rencontres au menu, pour atteindre la patrie inconnue.«Je suis né sur la route, dit-il, comme les oiseaux migrateurs.Et les histoires que je raconte se passent sur la route.Il est impossible pour moi d’enfermer des êtres entre quatre murs.» Il y a 43 ans.Tony Gatlif a quitté son Algérie natale, sans la revoir depuis.«Je n'étais pas tenté.La politique, làbas.»l£ film fut un pèlerinage personnel, au-delà de son scénario, qu'il a désiré ouvert aux surprises, aux accidents de parcours.«n y a des aménagements.On pouvait entrer la vie dedans.Des clandestins du Maghreb qui campent à Alméria en espérant gagner l'Europe se sont insérés dans le film.» Romain Duris est un habitué Le cinéaste Tony Gatlif n’était natale depuis 43 ans.du cinéma de Gatlif.Il avait incarné les héros de Gadjo Düo et de Je suis né d’une cigogne.Mais Lubna Azabal fut une découverte pour le cinéaste.C’est à son personnage qu’il fera porter le poids de la souffrance non guérie.«Ce film porte les cicatrices de l’enfance perdue.J’en suis couvert moi-même.» Il a coécrit aussi la musique, puis collé la caméra aux corps en mouvement qui parlaient par la peau, se rapprochant, s’éloignant, cherchant de nouvelles étreintes, se mariant aussi avec la route, le paysage, la musique des endroits traversés, comme le flamenco à Séville.Sept mille kilomètres en train, à pied, en voiture, en bateau.Et voilà! L’Algérie lui est entrée dedans, comme en ses personnages.«J’y ai trouvé des jeunes extraordinaires, qui ont de l’or entre les mains et ne savent pas quoi en faire.» Le scène la plus forte à’Exils, un long plan-séquence de onze minutes, se déroule à Alger alors que des gens entrent en transe lors d’une cérémonie soufi, au cours de laquelle la jeune femme se libérera des blessures de son enfance.«Je voulais filmer une vraie transe, explique le cinéaste, et j’ai dit à mes acteurs: ne dansez que si vous êtes habités.» Avec des musiciens soufis, il a composé la trame de ce qui allait porter cette scène à son apogée.«Une seule prise, une seule caméra.avec les musiciens au centre de la pièce, et 60 personnages » C’était gagné.Le prochain ton de Tony Gatlif se déroulera dans la Transylvanie des migrants.«On retrouve 500000 sans-abri là-bas Des gitans, surtout.» Musique et sorcellerie hanteront ses images qui prendront la route, bien sûr.Un amour THE BALLAD OF JACK AND ROSE Réalisation et scénario: Rebecca Miller.Avec Daniel Day-Lewis, Camilla Belle, Catherine Keener, Paul Dano, Ryan McDonald.Image: Ellen Kuras.Montage: Sabine Hoffinaij.Musique: Michael Rohatyn.Etats-Unis, 2005, 112 min.ANDRÉ LAVOIE Ils habitent sur une üe de la côte est américaine et on pourrait croire qu’ils sont seuls au monde, prenant soin d’un vaste jardin, recueillant des algues comme engrais et utilisant de petites éo-Ijennes comme source d’énergie.À la manière dont ils se regardent à leur façon nonchalante de se ré-fugier sur le divan, leurs habitudes semblent ceües d’un vieux couple complice.Rose (Camilla Belle) n’a pourtant que 16 ans, fiDe de Jack (Daniel Day-Lewis), un ex-hippie ayant fait le choix de rester dans cette commune désertée des autres idéalistes qui la peuplaient jadis.En 1986, au cœur d’une décennie où l’on s’appliquait à détruire les mythes du flower power, Jack et Rose sont à la croisée des chemins.Rien n'est véritablement limpide dans The Ballad of Jack and Rose, de Rebecca Miller (Personal Velocity), pas même les opinions politiques.Jack n’hésite pourtant pas à sortir son fusil de chasse pour effrayer les ouvriers construisant un développement domiciliaire, un lieu où chaque maison, hideuse à ses yeux, «keep the tv dry».Se sachant malade, et voyant sa fiHe projeter sur lui tous ses désirs — son attachement est si intense qu’elle UNE ANNÉE À L'ÉCOLE! DEUX FILMS AUSSI PERCUTANTS QUE DIFFERENTS TOURNES RESPECTIVEMENT À L'ÉCOLE SECONDAIRE PIERRE DUPUY Le Devoir RD GRANOPlt RHf « STEPHANE PARTHENAY ***>
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