Le devoir, 30 avril 2005, Cahier F
DEVOIR, LES S A M E D 3 0 AVRIL ET DIMANCHE 1 M A I 0 0 5 L E ESSAI LITTÉRAIRE L'appel à la fraternité de Gilbert Langevin Page F 3 ESSAI Vaincre l'homophobie grâce à Michel Dorais Page F 6 LE DEVOIR *- F ASCAI, PAVANI ST P Umberto Eco signe un nouveau roman illustré qui remonte le cours des années troubles du fascisme italien et d’une passion personnelle contagieuse pour l’imprimé CHRISTIAN DESMEULES Un jour d’avril 1991, Giambattista Bo-doni, le narrateur du nouveau roman d’Umberto Eco, que tout le monde appelle affectueusement Yambo, émerge d’un profond coma dans lequel l’avait plongé un accident vasculaire cérébral.L’homme a tout oublié de son passé.Tout oublié de son épouse Paola, de ses deux filles, de ses petits-fils et de son fidèle ami d’enfance, de son métier comme de ses amours adultères.Tout oublié de la belle Sibilla, son assistante d’origine polonaise.Enfin, presque tout Libraire antiquaire prospère et mondialement connu qui a pignon sur rue à Milan, lecteur infatigable à la mémoire d’éléphant sa première pensée, au réveil, lui arrive sous la forme du début de La Métamorphose de Kafka: «Quand Gregor Samsa se réveilla un matin, il se trouva transformé dans son lit en un immense insecte.» «Je préférerais avoir oublié Martin Guerre et me rappeler où je suis né», dira-t-il à son médecin qui le félicite pour son étonnante mémoire des classiques.Tout lui apparaît noyé dans le brouillard de sa mémoire en miettes, de ses innombrables lectures, des éclats de poésie en quatre langues qui le visitent Et y a-t-il eu, entre lui et Sibilla —-puisque la «beauté d'avoir aimé est dans le souvenir d’avoir aimé» —, la chose la plus importante de toutes, se demande-t-il?La Chose?.Mystère.L’homme de soixante ans est envoyé par sa femme dans la vieille maison de famille à la campagne, une immense demeure à moitié abandonnée tenue par la vieille Amalia.Yambo découvre un véritable trésor dans les malles du grenier.Vieux illustrés et romans feuilletons que collectionnait son grandpère, cahiers de chansonnettes fascistes de sa propre enfance et bandes dessinées étrangères: une plongée dans le ventre des années 30 et 40 haBennes.Qui est-il?De quelles lectures et de quels films a-t-il été constitué?De quelles passions a-t-il été nourri?Il espère que Rocambole, Arsène Lupin, Guy L’Eclair, Mandrake, Buffalo Bill, les romans de cape et d’épée, Vidocq et Flash Gordon le lui révéleront Le Corriere dei Piccoli ou l’histoire aujourd’hui «complètement stupide» de la reine Loana — l’héroïne d’un album dont le titre avait littéralement fasciné Yambo dans son enfance — auront aussi leur rôle à jouer dans cette recherche du temps perdu.Un fabuleux lecteur On connaît la passion légendaire d’Umberto Eco pour le livre, comme objet et comme sujet d’étude.Poids lourd de la littérature mondiale, romancier à succès — son premier roman, Le Nom de la rose, s’est vendu depuis 1980 à 16 millions d’exemplaires et a été traduit en 26 langues —, professeur de sémiotique à l’Université de Bologne et essayiste acclamé, l’homme est aussi un remarquable collectionneur de livres anciens.Une ferveur que la bonne fortune du romancier a évidemment contribué à nourrir.Manuscrits rares, parchemins, romans de gare, incunables ou cahiers d’écolier — «fai joué avec mes jouets», dira-t-il quelque part en entrevue à propos de la rédaction de ce roman —, sa bibliothèque milanaise contiendrait à elle seule quelque 50 000 titres.Son cinquième roman est une fiction encyclopédique et délirante qui remonte à travers la «mémoire de papier» d’un homme (qui pourrait être son double), vers les sources de la passion du sémiologue-romancier italien pour le livre.Ce «roman illustré» en couleurs (qui a dû donner quelques maux de tête à son éditeur) recompose, à partir de la mémoire publique italienne, une curiosité bien personnelle pour la chose imprimée: jaquettes de couvertures, reproductions d’affiches fascistes, photographies, paroles de chansons, vieux timbres et fascicules de bandes dessinées.L’objet est magnifique et nous fait découvrir avec fascination, sur les traces d’un Yambo qui avance à tâtons au fil de ses souvenirs flous du règne de Mussolini et de la Seconde Guerre mondiale, un monde à peu près inconnu de la plupart des lecteurs.Un monde dans lequel le romancier italien se joue de tous les registres pour reconstituer la jeunesse de son narrateur.Mussolini en culottes courtes Biographie d’une génération en forme de roman illustré, La Mystérieuse Flamme de la reine Loana est sans doute le plus personnel des romans d’Umberto Eco.L’écrivain de 73 ans nous y restitue la psychologie complexe d’une époque schizophrène, constituée de petites histoires de résistance et de courage, mais également d’épisodes de fascisme quotidien et tentaculaire.Comment pouvaient cohabiter les défilés militaires d’écoliers avec les images dansantes de Fred Astaire?Il y fait le pari que les traces de la vie matérielle peuvent en dire autant sur l’âme d’une société — sinon davantage — que ne le font les grands événements et les textes littéraires canoniques.Yambo découvrira son rôle dans la résistance et celui des membres de sa communauté.«Au fond, c'était une aventure qu’après je pourrais raconter autour de moi, digne d’un partisan, un de ces coups que pas même Gordon dans la forêt d’Arboria.Que pas même Tremal-Naïk dans la Jungle noire.Mieux que Tom Sawyer dans la caverne mystérieuse.Que la Patrouille de l'Ivoire, qui ne s’était jamais aventurée à travers des jungles pareilles.Bref, ce serait devenu mon moment de gloire et c’était pour la Patrie, la bonne, pas la mauvaise.» 11 y fera aussi la découverte (en même temps que le lecteur) de son grand amour de jeunesse pour la belle üla — inoubliable et pourtant oubliée, Yambo lui avait donné le visage de la Roxane de Cyrano de Bergerac.Fresque intime et historique, Im Mystérieuse Flamme de la reine Loana est l’histoire d’une renaissance à l’italienne.LA MYSTÉRIEUSE FLAMME DE LA REINE LOANA Umberto Eco Traduit de l’italien par Jean-Noël Schifano Grasset Paris, 2005,489 pages I F 2 L E E V 0 A -M E U I AVRIL ET DIMANCHE MAI 200 Livres ÉCHOS EN APARTÉ Le livre savant démystifié Jusqu’au 19 mai.Le Printemps du 6vre savant met a l’honneur la publication scientifique sous toutes ses formes, passées, actuelles et a venir.Organisé par les Presses de FUniversité de Montréal, en collaboration avec Les Belles Soirées de TUdeM et la Direction des bibliothèques de TUdeM, l'événement propose encore trois conférences: Christian Vandendorpe aborde le livre savant à l’heure du numérique (5 mai), Michel Pkrssens parie des revues de l’avenir (12 mai) et Yvan LamOnde dresse un portrait de l’imprimé au Québec aux XVTI1' et XK' siècles (19 mai).Une visite guidée inédite des collections de livres rares de TUdeM est offerte le 4 mal Enfin, un magnifique ouvrage, Le Savoir des livres, qui reunit les textes des conférences, est lancé le 18 mai.- Le Devoir Yvan Lamonde Les confessions de Denis Vaugeois Yvon RIVARD Yvon Ri va ko LF SIFCLF DF If ANNE L enfance est notre ôeule patrie Yvon Riv.t ni I.c Milieu du jour ¦¦ .www.edi i ionsborea I.qc.ca Son téléphoné enfoui au fond d’un vieux porte-documents entonne l'indicatif musical de la defunte Soirée du hockey.Denis Vaugeois plonge rapidement la main pour faire taire la musique de ce second hymne national canadien.•C’est dire combien je m’ennuie du hockey», lance tout sourire l'éditeur! Alors qu’on inaugure avec emphase l’imposante Grande Bibliothèque, l’ancien ministre de la Culture du gouvernement Lévesque, devenu éditeur à l’enseigne du Septentrion, regrette amerement la fermeture de la Bibliothèque centrale de Montréal •Pour régler une sombre histoire de déficit, le gouvernement péquiste» a fermé la stale bibliothèque municipale de Montréal encore •digne de ce nom», dit-fl en rageant L’édifice, venu notamment au jour'grâce au travail admirable de cette femme qu’était Eva Circé-Côté, venait tout juste d’être rénové au coût de quatre millions de dollars.Denis Vaugeois lance ces jours-ci L’Amour du livre, un essai né à la suite du souhait exprimé par l’Université Laval de le voir offrir •un cours sur l’édition», ce champ d’étude hélas trop souvent laissé pour compte.•Annoncer un livre pour faire connaître sa parution peut paraître normal, mais l’éditeur cherche surtout à intéresser un journaliste, écrit Vaugeois dans son livre.Un bon article, une bonne entrevue a plus d’effet qu’une annonce.» L’éditeur applique donc tout naturellement à la lettre ce qu’il avance et passe lui-même livrer le fruit de son travail au Devoir.Dans L'Amour du livre, l’exposé sur la pratique générale du métier d’éditeur se confond allègrement avec les mémoires de l’auteur.Manifestement, Denis Vaugeois tient à Jean-François Nadeau s’assurer de sa place dans Fhistoire.D utifise pour y parvenir le procédé éprouvé des confessions.Dans un souri de transparence qui frôle parfois le masochisme, Feddeur raconte ainsi tout de son travail, s’attardant presque avec plaisir aux erreurs éditoriales qui ont accablé sa maison d’édition au fil du temps.Denis Vaugeois ne semble rien vouloir cacher, pas même la haute estime qui a de luknême.D’entrée de jeu, Vaugeois se situe en politique par rapport à ses collègues Gérald Godin et Camille Laurin.D s’attarde à narrer, avec une profusion de détails qui font un peu perdre de vue son chemin, la genèse de sa participation aux politiques culturelles mises en place par Je premier gouvernement Lévesque.Vaugeois multiplie particulièrement les détails à propos de l’élaboration de la loi 51, cette balise qui donne au milieu du livre québécois l’espace nécessaire à son épanouissement II cite.D reproduit des documents.D donne des dates et des précisions.A l’excès.En fait, Denis Vaugeois a tant à dire sur l’édition québécoise qu’il multiplie même les longues notes en aparté et bourre le moindre espace disponible d’illustrations dont le sens et l’à-propos ne semblent malheureusement pas toujours en lien étroit avec ce qu’on lit Dans cette vaste galerie, on trouve néanmoins une multitude d’éléments pour mieux comprendre le monde de l’édition.Comment s’opère la métamorphose du manuscrit en livre?Sur quelles bases un éditeur et un auteur se trouvent-ils liés?Qu’est-ce qui justifie le prix d’un ouvrage?Les réponses que donne l’éditeur de la rue Maguire à ces questions et à bien d’autres sont claires et presque toujours illustrées de cas précis.^Triptyq ue www.t npiyque.qc.ca rriptyque$®editionrri ptyque.com Tel.: (514) 597-1666 Éric M Comber JLa ^)il au corps / ^ Y rom*) NANCY M'DONALD Éric: MLCombfr La Mort au corps roman, 299 p., 20 $ Sexe, drogue et rock’n’roll ! Un ado banlieusard arrive en ville bourré d’illusions et se retrouve rapidement bourré tout court.Pierre Gobeii.La cloche de verre fictions, I5l p.I8 $ Sans qu’on sache pourquoi, un petit rien peut tout trans-former.C'est ce qui arrive ici à Pierre Gobeii qui, porté par une petite phrase somme toute assez banale, tentera, après bien des détours, de dire l’indicible.Pierre Gobeii LA CLOCHE DE VERRE JACyiiES GRENIER LE DEVOIR L’éditeur Denis Vaugeois vient de publier L'Amour du livre.L’amour de l’édition est ici total et manifeste.Denis Vaugeois a de bons mots pour tout le monde, comme en témoigne déjà de façon éloquente sa dédicace démesurée qui court sur une page entière, en petjts caractères.A l’égard de ses compétiteurs, l'éditeur se montre gépéreux, voire un peu flagorneur.A l’évidence, l’ancien politicien ne souhaite pas déplaire.Ses rares pointes sèches n’en sont que plus notables, notamment lorsqu’il traite de •l’ineffable Thomas Déri», ancien directeur des Presses de l’Université du Québec et antenne du livre québécois en France, ou de la romancière Nelly Arcan, à ses yeux femme autant que vedette fabriquée de toutes pièces.Mais c’est à l’égard des positions et des déclarations publiques de l’éditeur Jacques Fortin, le fondateur de Québec Amérique, que Denis Vaugeois semble nourrir le plus de rancœur.Denis Vaugeois a été président de l'Association nationale des éditeurs jusqu’à tout récemment D est aujourd’hui au centre de l’événement Montréal capitale mondiale du livre, placé sous l’égide de l’UNESCO.Connaître sa conception de l’édition s’avère incontournable et permet de surcroît de soulever plusieurs questions sur l’univers du livre, comme le signale à juste titre l’écrivain Bruno Roy dans sa préface.Parmi celles-ci, on pourrait se demander si tous les éditeurs, comme Denis Vaugeois, ne lisent pas en entier le manuscrit d’un auteur qu’ils entendent publier.C’est •le réviseur qui est la première personne» à lire vraiment le manus- crit d’un auteur, explique de façon assez surprenante l’éditeur.•Même s’il n’a pas lu au complet le manuscrit», clame-t-il du même souffle, d'éditeur a une bonne idée de l'ouvrage», assez en tout cas pour s’arroger le droit de rédiger lui-même les textes de réclame destinés à la quatrième de couverture, voire à la publicité.Dans son essai, Denis Vaugeois parle plus volontiers de diseurs» que de decteurs».Qu’est-ce à dire?A le lire, on comprend vite en tout cas que le livre, chez lui, touche de fort près au commerce.•La Culture, écrit-il au sujet du I> Camille Laurin, c’était son fort, les affaires [sic] culturelles, le mien.Je viens de ce milieu, celui des affaires, et j’y suis retourné.» Grand amateur de Volvo et de Saab, comme il le répète dans son ouvrage, Denis Vaugeois roule aujourd’hui dans une rutilante BMW rouge et porte au bras une montre noire à l’effigie du constructeur allemand, signe ostentatoire, dans le monde du commerce qui est le nôtre, d’une certaine réussite financière.•L’éditeur, qu’il le veuille ou non, et même s’il a un autre gagne-pain, ce qui est le cas de 40 % des éditeurs québécois, doit se comporter en homme d’affaires» Mais est-ce vraiment avec des livres qu’un honnête homme peut espérer s’enrichir au Québec?Quiconque connaît le moindrement le milieu répondra par la négative, sans hésiter.Ce qui n’est pas une raison pour un écrivain, comme le souligne Bruno Roy, de donner le bon Dieu sans confes-sion aux éditeurs.jfnadeau@Jedevoir.com A~WIKmmmmmm^BÊÈ3ÊI3tÊ^KBKSBSSÊ f&Wk&ÆSËÊ BIB LIO S: LE PEUPLE DES LIVRES « Avec une scie è chaîne et diverses meules, je sculpte, dans des encyclopédies et des dictionnaires, des reproductions de l'habitat des Biblios.» V GUY LARAMÉE lü UNE EXPOSITION DE DU 25 AVRIL AU 26 MAI M» \ .Ü 4 GALERIES NORMANDIE 2752, DE SALABERRY, MONTRÉAL SORTIE 4 EST DE L'AUTOROUTE 15 (514) 337-4083 : -______ J CONSULTEZ LE CALENDRIER DE NOS ACTIVITÉS CULTURELLES SUR WWW.LIBRAIRIEMONET.COM Collection Éducation-Recherche Pédagogie et psychologie des émotions V«r5 la compéfftncÉ émottaranclk Récits .exemplaires de pratique enseignante Analyse typologique 37* Louise Lafortune, Marie-France Daniel, Pierre-André Doudin, Francisco Pons et Ottavia Albanese 1 enjeu n île U réussite 1 dans renseignement p supérieur Pm-ï-tv t WaurJ rl IVw» Ikw I Presses de l'Université du Québec 39*| Serge Desgagné 39*1 Pierre Chenard et Pierre Doray Téléphone : 418.831.7474 Sans frais : 1 800 859.7474 WWW- OflJEJ.ca Québeci V ? L £ DEVOIR.LES SAMEDI AVRIL E D I M A \ l H E l MAI 2 O O 5 F ROMAN QUÉBÉCOIS ITTERATURE ESSAI Le fabuleux destin de Marie-Antoinette DIANE PRÉCOURT est l'histoire d'une ecrivaine québécoise méconnue que J’auline GiD a choisi de faire sortir de l’oubli avec Marie-Antoinette, la dame de la rivière Rouge.Cette auteur qui a vécu au siècle dernier a mené une vie hors de l’ordinaire pour son époque.Intellectuelle, instruite, sans enfant.Marie-Antoinette Grégoire-Coupal défie aussi les lois de la vie de couple d'alors en multipliant à ;la fois les publications et les voyages à travers le monde.La vie de couple.En fait, son obstination à marier ce Louis Coupai, instruit lui aussi, inventeur de son état, n’aura d’égal que son étonnement face à l’existence qu'il lui aura réservée dans leur résidence de Brébeuf, petit village des Laurentides, aujourd’hui centenaire.Résignée à la relation d’«nmi-tié» à laquelle l’a conviée son mari, elle se surprendra parfois à éprou- Pauline Gill Marie-Antoinette h Jttme Je Li QUfSfl ver quelque malaise devant certaines présences masculines! Que s’est-il donc passe pendant cette fameuse nuit de noces entre Louis Coupai et son -bel ange»?Le refuge de récriture Auteur prolifique, Marie-Antoinette Gregoire-Coupal trouvera refuge dans l’écriture, le silence et la solitude comme remèdes à ses angoisses existentielles.Décédée en 1984, elle aura signé une trentaine d’oçuvres publiées au Canada, aux Etats-Unis et en Europe, du roman à la biographie, de l’étude de mœurs à la poésie, de la nouvelle au récit de voyage.Chroniqueuse en pages féminines du Bulletin des agriculteurs dès l'âge de 17 ans, elle fut lauréate de la Médaille d'or de l’Académie française en 1933.Dans un style sans reproche, Pauline GUI a construit un roman sur la vie de cette femme.Certes, le livre a le mérite de faire connaître a posteriori une auteur québécoise et un pan intéressant de notre histoire, mais il semble que l’intrigue n'arrive pas à exploiter au maximum le rôle de cette Marie-Antoinette au destin pour le moins particulier.Celle qui a donné entre autres publications l’excellente saga de La Cordonnière nous a pourtant habitués à des personnages admirablement attachants.Le Devoir MARIE-ANTOINETTE, LA DAME DE LA RIVIÈRE ROUGE Québec Amérique, collection «Tous continents» Pauline Gill 2005,312 pages Un anarchiste chez les poètes LOUIS CORNELL1ER Pedagogue du militantisme, le professeur Normand Baillargeon.un peu à la manière de Michel Chartrand, sait que la vie et l’art ont partie liee et que.pour changer le monde, i il faut aussi savoir le dire et l'exprimer dans des termes libérateurs a la fois intimes et collectifs.Dans Trames - Esthétiques politique, il propose donc une inclusion dans le monde de la poesie afin de réfléchir aux rapports «qu entretiennent l'art et le politique», et ce, en explorant des esthétiques qui ont -le mérité de prendre leur point de depart dans l’experience de Tart».Les œuvres qui l’intéressent sont celles qui ont su éviter un double ecueil: celui de l’art pour l'art, une approche trop desincarnée, et celui de V-engagement direct de Tart lui-même dans des causes immédiates», une approche trop instrumentale.Dans une série de textes déjà publies dans Le Devoir et repris dans ces pages, Baillargeon nous invite à la rencontre de ces grandes figures de la poésie québécoise ou franco-ontarienne que sont Denis Vanier, Paul-Marie la-pointe, Gilles Hénault et Patrice Desbiens.Il consacre aussi un essai à l’œuvre essentielle de Roland Giguère.Les auteurs qui l'inspirent le plus, toutefois, ceux auxquels il consacre des essais plus substantiels, ont pour noms Jacques Prévert, Gilbert 1 angevin, Georges Brassens et André Breton.Dans une présentation de Y-analyse préver-tienne des médias», Baillargeon nous fait découvrir l'engagement très particulier de l'auteur de Paroles à l’égard du langage.Familier de la logique médiatique.Prévert en fat aussi im solide critique qui proposa des -moyens d autodéfense intellectuelle» pour survivre à ce type de discours.Sensible au -phénomène d’unicité dans la représentation du monde proposé par la presse écrite», le poète nous invite à la lucidité devant la logique immédiate et sensationnaliste imposée par les médias, il rappelle la nécessité de s’informer à de nombreuses sources et de refaser l’ar- ARCHIVES LE DEVOIR Gaston Miron en compagnie de Gilbert I .angevin.gument d’autorité.Bfallargeon présente cette analyse comme un -mode d'emploi d’une machine à lessiver le vocabulaire».L’œuvre de Brassens, quant à elle, a droit à une exégèse anarchiste.Selon Baillargeon, en effet, la vision du monde du brillant et truculent chansonnier (où dominent le rationalisme, le scepticisme, l’antinationalisme, le pacifisme et un humanisme individualiste qui chante la grandeur de l’amitié) appartient pleinement à cette tradition de pensée libertaire.De l’œuvre d’André Breton, à laquelle il consacre l'essai le plus exigeant de ce recueil, Baillargeon retient surtout son souci de dé- fendre une conception révolutionnaire de l’art qui refuse le service commande, même au nom du communisme.L’œuvre d’art, pour le père du surrealisme, est la solution persoiuielle de l’ar liste au problème artistique tel que légué par lliistoiie de l’art, et la détourner pour la mettre au service d'une cause, aussi noble soit-elle.stv rail la priver de ce qui.en elle, est proprement révolutionnaire, c'est-à-dire sa mission de déchiffrement du monde.Gilbert 1 .angevin Ses plus belles pages, cela dit.c’est à Gilbert 1 angevin que Baillargeon les reserve.-Cherchant la spécificité de cette poesie, écrit-il on la trouvera d'abord, à mon sens, au camfimr d’une métaphysique de l’instant et d'une morale de la fraternité » Le chant du poète.ajouUM-il, t-st -un des plus boulet'crsants et des plus généreux appels d la fraternité de toute la poésie québécoise».Quels mots employer pour le décrire sans le trahir?Baillargeon.qui, comme Unis les poètes dont il traite, avoue cultiver un immense res-pect face à l'irréductible part de mystère que contient toute poesie.laisse finalement la parole à Langevin à Ineure de définir le nœud de l'ex périence poétique: -Comme un frère humain, comme un frère nues mains.» Un inédit de lair gevin nous est aussi offert dans ces pages.-Ou est-ce dime que Tart et la poesie?Quels en sont les moyens propres?(Quelles fonctions remplissent-ils?Que peut-on en espérer?Comment convient-il d'en parler?» Dans un parcours qui brille par sa clarté et sa modestie, c’est à ces questions essentielles que Normand Baillargeon s’attache avec le souci du militant en quête de cette fraternité qui reste le plus beau poème du monde.TRAMES Esthétiques / Politique Normand Baillargeon Nota bene Québec', 2(X)4,278 pages éditions Liber PliiliiMiplik • Scii.-m.vs humaines • 1 iiui.imic ÉCHOS Luc-Normand Tellier Nos illustrateurs s’illustrent Deux illustrateurs québécois de livres pour enfants ont récolté des prix d’illustrations.Il s’agit d’Anne Villeneuve, qui a illustré le livre Me voilà, mon album de bébé, chez Hurtubise HMH, et de Stéphane Poulin, pour ses illustrations du livre Un chant de Noël, publié chez Dominique et compagnie.Anne Villeneuve a remporté le prix Illustration jeu- nesse, dans la catégorie Album, pour les illustrations de l’album de bébé.Ce prix, accompagné d’une bourse de 2500 $, lui a été remis au Salon du livre de Trois-Rivières, le 21 avril dernier.Stéphane Poulin a quant à lui reçu le prix Elizabeth Mrazik-Cleaver, accompagné d’une bourse de 1000 $, qui lui a été remis au musée du Château Dufresne, jeudi dernier, par Barbara Scharioth, la directrice de la Bibliothèque internationale de jeunesse de Munich, de passage à Montréal.- Le Devoir Prix Trillium 2005 Un vendredi du mois d’août 5x3 ¦¦ Peut-être est-ce grâce à son eioignement du Québec qpe D Alfonso parle si ben de la metrb pole provinciale7 Son roman ¦ ; - mas :> a< *>.• fail l Toronto, et il arnv uheie des deux v amertume, à mi-c mélancolie ¦> ?en tri se et la out a tche pas ait mèir afie-Claire BUIS August!no et le chœur de la destruction Marie-Claire Blais AUGUSTINO tf LE CHŒUR i g DE LA DESTRUCTION I V' U » «Marie-Claire Blais, avec cette foisonnante trilogie, persiste et signe une magistrale plongée à l'intérieur \ ^ du présent, au coeur f * \ rg de son temps.» jp M * Robert Lévesque .Ici 1 f .- 4 * Roman 304 pages 25,95 $ www.ediî it tnsborea I créa REDÉCOUVRIR L’HISTOIRE MONDIALE sa dynamique économique, ses villes et sa géographie REDÉCOUVRIR L'HISTOIRE MONDIALE 592 pages, 40 dollars Théorie et littérature XYZ mmmmm Dans le contexte de notre culture actuelle, l’histoire la tradition, tout ce qui est du domaine d’un passé qui, naguère, était prisé pour l’expérience qu’il pouvait livrer à la postérité, n'a pour ainsi dire plus de rôle à jouer pour nous, sinon celui d’incarner ce que nous rejetons, de représenter ce que nous ne sommes pas.Cnheitm î*wv«*M* I u dc»t»n*taut » venu Catherine Dhavernas Le destinataire à venir Culture et planéité à l'ère du refus XYZ êditeut, 1781.rup Saint-Hubert, Montréal (Québec) HzL 3Z1 Téléphone : (si4) 545.21.70 • Télécopieur: (51/1) 575.75.37 Courriel: info'ô’xy/edil.qr.ra • www.xyzedit.qe.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 AVRIL ET D 1 M A.V ( 1 MAI 2 0 0 5 F 4 —«-Littératüre-*— Du côté de chez Sean Le merveilleux est affaire d’idées.Bip, bip, bip, j’ai trouvé! comme disait le bon professeur Mandibule.Calvino imagine un homme fendu en deux qui continue de vivre ou un chevalier dénué d’existence corporelle sous son armure: porté par l’écriture, le lecteur range son incrédulité au placard, accepte la convention et le roman peut démarrer.Pourquoi pas?Devise par excellence de la littérature d'imagination.L’idée qui se trouve à la base du second roman d’Andrew Sean Greer, salué par John JJpdike comme la révélation de l’année 2004 aux États-Unis, est si simple, sa logique contraire aux lois de la nature répond à un fantasme si ancien et si profondément ancré dans le coeur humain (si actuel, aussi), qu'elle prend presque tout de suite des allures de récit universel a nos yeux: un homme naît vieux (littéralement dans la peau d’un humain de soixante-dix ans.) et passera ensuite le reste de sa vie à rajeunir.Aucune explication médicale, aucune caution scientifique pour entacher la crédibilité de cette histoire de monstre, nul mode d’emploi à l’usage des esprits réalistes, ce qui repose des tripoteurs d’ADN remettant laborieusement au monde les dinosaures ou le Christ Pourquoi pas, au fait?Avec Greer, on est plutôt projeté d’emblée dans un conte de fées servi à la sauce moderne, en plein mythe.Celui de la jeunesse éternelle fait figure, en littérature, de sentier rebattu, entre Faust, Dorian Gray et leurs quelques douzaines de clones.Mais le problème de Max Tivoli est différent et n’a rien à voir Louis Hamelin avec l’immortalité.Né avec l'apparence d’un septuagénaire, il connaît au contraire, de source pour ainsi dire certaine, l’année exacte de sa mort La question qui se pose alors à hn est la suivante: comment accorder sa conscience, condamnée, elle, à s’enrichir avec les années, à la contradiction permanente que représente une apparence physique toujours plus fraîche?Si jeunesse savait si vieÿlesse pouvait.Cette vieille rengaine, Max Tivoli ne pourra l’actualiser qu’au prix d’un mensonge énorme et constant que résume assez bien le conseil donné très tôt par sa mère et qui deviendra le commandement suprême de sa vie: «Sots ce qu'ils pensent que tu es.» Opposition du temps biologique et du temps réel, chronologique.Voilà une forme d’inversion à laquelle Proust n’avait pas pensé.Le temps n’est pas plus gagné pour Max (né en 1871) qu’il n’était perdu pour le petit Marcel.Il reste pour lui cette loi souveraine qui se joue de nous et à laquefie seul le récit permet ultimement d'échapper.Entre-temps, il n’y a qu’à jouer la comédie, celle de la bonne société de San Francisco n’étant pas si differente de celle des salons parisiens, avec ses maquerelles en mal de respectabilité, son sens du Beau qui s’achete, ses fortunes édifiées sur la matière noire et friable du désir et ses amours dont la condition premiere et de toujours semble être le mensonge et le secret Reste que llngenieuse invention de cet Américain permet d’introduire, dans cette trame intemporelle, des trouvailles étonnantes, comme, par exemple, les mutations d’un Grand Amour vécu à trois reprises par un homme qui sait hü, retrouver la même femme alors que celleci croit persister dans sa fuite et son vœu d’un énième recommencement dans les bras d’un autre.1) un quinquagénaire adore en secret une fillette de quatorze ans; 2) un homme de trente-cinq ans (Tivoli fait alors son âge pour la première et dernière fois de son existence) épouse une femme ravissante et lui fait un enfant 3) un vieillard jaloux caché dans un corps de garçonnet de nouveau réduit au secret se consume d’amour et de désir même pas freudien pour sa mere adoptive.Autant de variations portant la marque d’une seule et même passion perdue et retrouvée et dont la succession interroge notre mortelle condition avec une grandeur souvent comique.Sans compter que Max vit ses derniers jours en compagnie des deux personnes qu’il aime: sa femme, son fils, son frère et sa mère, un privilège plutôt rare, à moins d’avoir recours à l’inceste.Les confessions de Max Tivoli doivent beaucoup à Proust et pas seulement cette idee que notre vraie vie est essentiellement secrete, que notre être réel demeure invisible aux yeux des autres, simple forme estompée par le brouillard de la vie mondaine avec ses postures et ses faux-semblant, y compris et jusque dans la quête amoureuse, et que ses véritables dimensions ne deviennent perceptibles qu'une fois transfigurées par notre propre regard.L’influence du maître de la rue Hamelin se fait sentir chez Greer jusque dans le phrasé au style précieux et aux métaphores polies avec soin, dans cette obsession aristocratique, aussi, du beau monde dont il nous décrit avec un luxe de détails anachronique les vêtements, les poses et les signes d’aisance morale et de richesse extérieure en jouant d’une sensibilité livrée sur un ton plein d’affectation et une prose surannée et empesée qui à la longue peuvent agacer.Pastiche ou postiche?Comme Max Tivoli, la littérature tend, dans l’idéal, à enrober de formes toujours plus jeunes sa conscience séculaire des êtres et des choses.Greer, hn, procède à l’inverse, et son livre au contenu novateur fait nettement phis que son âge.LES CONFESSIONS DE MAX TIVOLI Andrew Sean Greer Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laetitia Devaux Editions de FOlivier Paris, 2005,311 pages POÉSIE EXPOSITION Réserve faunique 100 % littérature pour la jeunesse 4-Hrt trfr JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’expo 100 % audace a lieu au Château Dufresne jusqu’au 1er juillet .Ldi* THIERRY BISSONNETTE v , A la source des Éditions L’Oie de Cravan, il y a un poète qui s’amuse à se faire oublier, mais dont l’humilité voile peut-être de surprenantes ambitions.Lire les quelques recueils signés Benoît Chaput, c’est en quelque sorte entrer chez un caviste absent, se risquer à y tâter quelques vieilles fioles sans nom ni âge et connaître un peu l’hôte à travers la singularité de ses potions.Alors que les plaquettes Loin de nos bêtes (1992) et Les Bonnes Intentions (1998) étaient devenues à peu près introuvables, ce sont les Éditions Trois-Pistoles qui en offrent une version combinée, occasion de redécouvrir notre plus fidèle héritier du surréalisme.Grâce à une mise en page aérée et à des illustrations diverses, cette nouvelle édition parvient à reproduire la relation très intime qu’entretient le poète-éditeur avec l’objet-livre.Dès le poème initial, Le Petit Sentier.Benoît Chaput décrit bien l’onirisme modéré qui lui est propre.Sur un ton léger, à la limite de l’anodin, le voilà qui fragilise en douce l’idée qu’on se faisait de la perception: «J'ai rêvé couché / brusque réveil / les sables qui mènent au soleil / éteignant tout / le vent, la campagne / par la fenêtre qui claque.» Une telle limpidité dans l’évocation, on a rarement lu ça outre chez Roland Giguère et quelques autres.«/e veux correspondre / à cette illustration / simple / où je suis / l’inconscience et la couleur», nous dit plus loin l’auteur, en prenant soin de ces mailles qui le relient toujours à l’enfance.C'est pourquoi les petits animaux lui seront toujours plus familiers que les facéties humaines, même si chaque ANTOINE PEUCHMAURD Benoît Chaput jour dément notre innocence.•Nous avons des animaux pleins / de ce que nous sommes», est-il encore permis de chanter, paradis perdu, certes, mais que l’apitoiement ou la colère seraient impuissants à nous rendre.Non, cette écriture n’est pas de celles qui batifolent devant les prix et les distinctions, mais quel prix et quelle noblesse cela lui confère! «/« reviens de loin et n'y retournerai pas: certains mots n’ont plus de sens pour moi.Voilà pourquoi j’aime ton dessin: il n'a pas de titre.» Tiré d’un texte nommé Sexualité, ce dernier extrait prouve que la poésie peut encore lutter contre la pornographie intellectuelle qui nous entoure.LOIN DE NOS BÊTES Suivi de LES BONNES INTENTIONS Benoît Chaput Éditions Trois-Pistoles Trois-Pistoles, 2005,60 pages CAROLINE MONTPETIT C* est un univers à part dans la littérature, où d’autres audaces sont permises, avant que l’enfance ne cède sa place au conformisme.Jusqu’au T juillet, on peut visiter au Château Dufresne de Montréal une exposition dédiée à la littérature pour la jeunesse, du Québec et de l’Allemagne.L’expo s’intitule 100 % audace et elle avance que la littérature pour la jeunesse se fait aussi avec 100 % de désinvolture, 100 % de cran et 100 % de démesure.Ce projet est le finit d’un jume lage entre les collections de la bibliothèque de littérature pour la jeunesse de Munich et les créations des auteurs d’ici.Elle s’ouvre d’ailleurs sur quelques dessins originaux de Michèle Lemieux, dont le livre Nuit d’orage a d’abord été publié en Allemagne avant d'être traduit en treize langues.La programmation de l’expo prévoit aussi la diffusion d’un film d’animation fait à partir de ce livre.La visite se poursuit avec la diffusion d’un enregistrement d’extraits de contes, lus par Kim Ya-roshevskaya.Puis, une pause permet aux enfants d’inventer leurs propres personnages de romans, sur de grands cahiers ouverts à leur créativité, ou encore de participer à des jeux conçus par les étudiants de muséologie du collège Montmorency.Plus tard dans la visite, les enfants seront d’ailleurs invités à participer à un atelier de création leur permettant de laisser libre cours à leur imagination.Au cours du mois de mai, l’exposition accueillera un groupe en provenance de Bavière, ainsi qu’une série de tables rondes et de conférences sur le thème de la littérature pour la jeunesse.Les auteurs allemands pour la jeunesse Judrun Mebs ou Quint Buich-holz y échangeront avec des auteurs d’ici sur les parentés, les affiliations et les coïncidences de ces deux littératures.D faut dire que la ville de Munich abrite la plus grande bibliothèque pour la jeunesse du monde.Fondée en 1949, cette bibliothèque regroupe 550 000 livres provenant de 130 pays et de 1000 maisons d’édition.A elle seule, sa collection de livres anciens, toujours pour la jeunesse, compte 10 000 titres, publiés entre 1574 et 1950.La bibliothèque de Munich publie chaque année un catalogue des meilleurs titres pour la jeunesse à travers le monde.Dans ce catalogue de 250 titres, qui vient d’être dévoilé à la Foire internationale du livre de Bologne, six sont québécois.C’est à cause de ces liens que Communication-Jeunesse a choisi de s’associer à la bibliothèque de Munich, au moment de monter cette exposition, qui prend place à l’occasion de l’événement Montréal, capitale mondiale du livre.L’exposition doit d’ailleurs voyager vers Munich, en mars 2006, après avoir fait escale à Québec.Elle est aussi organisée en collaboration avec l’Institut Goethe, qui organisera notamment une rencontre sur les adaptations d’œuvres de littérature pour la jeunesse allemandes faites au cinéma.Le Devoir Poèmes.porte-voix Soirée de lecture Maison de la culture Plateau-Mont-Royal Laissez-passer disponibles Mercredi 4 mai, 20h Une présentation de la Maison de la poésie, du Marché francophone de la poésie et de la Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique de l'UQÀM.Guillaume Asselin, Éric Brogniet (Belgique), Paul Chamberland, Karine Drolet, Emmanuel Laugier (France), Bertrand Laverdure, Pierre Ouellet, Nicolas Pesquès (France), Michel van Schendel, Marc Vaillancourt [.] Le poétique tient la parole, tient parole, - dans la mémoire et l'avènement.La politique, quand elle consiste à masquer l'intérêt, c'est-à-dire le plus souvent, ne tient ni le fait ni la parole, ne tient pas la route, ne tient pas parole, fait mentir le discours.Michel van Schendel Maison de la culture Plateau-Mont-Royal 465, Mont-Royal Est pour obtenir des laissez-passer : (514) 872-2266 infos : www.maisondelapoesie.qc.ca Mctixvmm ÇfV'flt__».exlUiik+t ttfioétUM* leP!«tr«y-Mont-*oval __ ,, Montréal @ Marche francophone de la poésie Québec MAECI COMMlXAmt FUNÇjfSE Premier prix du Concours intercollégial de poésie Nous publions le poème gagnant du Concours intercoDé-gial de poésie, œuvre de Clémence DumasCôté, du Cégep de la Gaspé-sie et des Des.Ce concours annuel, parrainé par Le Devoir, est organisé par la Société littéraire de Laval en collaboration avec le collège Ahunt-sic, créateur du concours.Les prix offerts par la Société littéraire seront remis lors d’une cérémonie à Laval le 7 mai prochain.Le plan de décharge Trouble.salive et sang cariés entre les cartilages, une danse biotique Je dis tout Pour me traîner jusqu’à moi, le traversier longe l’eau malade je subis les connections chimiques, ma finalité Souvent la durée d'un essoufflement bleu-brisure, je suis chantre des colères maniaques Derrière mes petits sons, mes petits frères de corde Ce sont Trente-huit mots qui le sont de naissance D’abord tu courais Née à Montréal en 1986, Clémence Dumas-Côté est passionnée de théâtre et de poésie.Elle a jusqu’ici publié dans les revues Dialogis et Steak haché.Contre Google La Bibliothèque nationale de France a annoncé que 19 bibliothèques nationales européennes ont signé une motion destinée à contrer le gigantesque programme de numérisation de livres lancé par le moteur de recherche hégémonique Google.Pour Jean-Noël Jeanne-ney, président de la BNF, ü s'agit de faire en sorte, dans l’urgence, d’éviter «une domination écrasante de l’Amérique dans la définition de l’idée que les prochaines générations se fieront du monde».-Le Devoir Prix Goethe à Amos Oz L'important prix Goethe de la VTDe de Francfort, décerné depuis 1927, ÉCHOS a été décerné cette année à Fécri-vain israélien Amos Oz pour Fen-semble de son œuvre.Son travail littéraire et son engagement politique ont été salués par le jury.Amos Oz est tenu pour être une des grandes voix de la paix au Moyen-Orient Le prix Goethe est doté d’une bourse de 50 000 euros.- Le Dawir Les archives de Norman Mailer L’écrivain américain Norman Mailer cède pour 2,5 millions $US ses archives au centre Ransom, de l'Université du Texas à Austin.L’auteur prolifique a cédé quelque 900 cartons de documents, parmi lesquels on trouve notamment des manuscrits, des photographies, des textes inédits et de la corres- pondance.Le centre Ransom, une des institutions cqlturelles les plus importantes aux Etats-Unis, conserve déjà 36 millions de manuscrits, un million de livres rares, cinq millions de photos.Né dans le New Jersey en 1923, Norman Mailer a connu un succès constant depuis Les Nus et les Morts, publié à l’âge de 25 ans.- Le Devoir Contes de fées Un chercheur britannique a établi un Hen entre la lecture des contes de fées au cours de Fenfance et le risque d’engager des relations violentes à Fâge adulte.Les filles qui se sont nourries de telles histoires tendent à devenir phis soumises dans leurs relations et croient que la force de leur amour pourra changer leur conjoint - Le Ltawir » LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 A V R I D I M A Y THE I M A 1 2 0 0 5 LimHATTRE'1 B I O G Les lectures de ünda Lê Une autobiographie et un nouveau roman de lecrivaine d'origine vietnamienne Max Jacob, le clown magnifique G U YL AIME MASSOlïTRE Linda Lê se remarque par son style incisif et intense.Depuis l’âge de 21 ans.date de son premier livre, elle n'a fait que le peaufiner.Nee au Vietnam en 1963, de sa jeunesse à Saigon elle garde le souvenir du communisme, regime des interdits, et les rêves dupe élite culturelle francophile.A quatorze ans, laissant son père au pays natal, elle émigre avec les femmes de sa famille.Devient-eBe apatride?Non.Exilee de l'intérieur au Vietnam, puis étrangère a Lille et à Paris, où elle complète une formation en lettres dont la solidité se mesure à ses textes, elle signe une oeuvre qu'elle aimerait éviter de voir étiquetée -francophone» Dans Le Complexe de Caliban, elle s'explique.Arec une belle économie d'écriture, elle fait le tour d’une relation déterminante aux livres.Ces quelques romans interdits, qualifiés de «produits d’une culture jugée permissive et dégénérée», ont engendré «le désir d'autres livres, la recherche d’autres voix».Par l’étendue de ses références, Lè montre combien l’interdit de la dictature a aidé l’idéalisation.Comme chez Daï Siji, Les Misérables de Victor Hugo crée un appel d’être formidable.De même, Ann Redcliffe, rappeUe Lê, éveilla cet appétit chez le tout jeune Dostoïevski.Le rêve des uns Le Complexe de Caliban sacrifie au genre de l’autobiographie intellectuelle d’écrivain.L’expérience d'une gestation venue de loin, racontée avec simplicité lorsqu’il s’agit du Vietnam, se complexifie au fiir et à mesure que la migrante implante sa curiosité et ses choix.Dans cet essai, Lê réussit à surprendre, par son usage de la mémoire — «L’écrivain est un lecteur de soi qui se subvertit lui-même», dit-elle dans les mots de George Steiner.La liberté de ses associations fait naître une bibliothèque vivante.Entre ses rayonnages, la figure paternelle, «le gredin», le nomme-t-elle, joue en clair obscur, ombre batailleuse se mesurant au visage sévère des autorités.À la troisième personne, Lê va à l’essentiel: son propre combat.«Les mots devaient être sa patrie, l’écriture tenait lieu de racines.La grenouille, la métèque, tout ce qui en elle était en procès avec soi et avec le monde, trouvait l’apaisement dans la grammaire», explique-t-elle.On le voit, la cohabitation avec la langue acquise s’effectue sans honte ni ressentiment Pour elle, l’intimité partagée entre lecteurs est un bonheur chuchoté.Comment tant de ses condisciples, s’étonne Lê, peuvent-ils s’en désintéresser?Sa discipline vis-à-vis des lettres finit par payer.Lê salue en Cioran l’écrivain apatride, dont le mysticisme et la lucidité tranchante lui permettent de s’élever «à la volupté du silence».A force de côtoyer les grands, de Sylvia Plath à Akutagawa, en passant par Pasternak ou Dagerman.Nizon ou Tsvetaeva.une voix -criminelle» se fait entendre en elle.•J'avais tué le mandarin mais son fantôme hantait mon encrier.» La lecture d'une édition française polymorphe, qu elle semble avoir avalee, la renvoie aujourd'hui à l'incontournable adage socratique.Connais-toi toi-même.La vérité des autres Lê n’échappe pas au tourbillon occidental.Au contraire, elle tend ces spirales de perdition au miroir oriental et frappe un écho de vide Encore faut-il le sentir! Lorsqu'elle passe d'un ton de révolté à l’obeissance, ou des contes vietnamiens à la legende de Salomé réclamant la tète de Jean-Baptiste, il faut suivre la romancière chaussée de bottes de sept lieues.La voici en train de revêtir la pelisse changeante du comédien, du héros ou de la victime! Elle se libère des préjugés.Dans ce tohu-bohu, Lê définit le complexe d’un romancier.Pour cela, elle se réfère à Caliban et à Ariel, les génies shakespeariens de La Tempête.L'un sans l’autre n’est rien.Mais chacun d'eux doit survivre, dit-elle, à la discorde essentieUe qu'il entretient avec l'autre.La démonstration est brillante.La tension que Lè met au jour sans l’éviter résonne dans une coque vide.C'est intelligent très stimulant.La romancière publie aussi un roman.Conte de l'amour biffons.Dans ce treizième ouvrage, la dualité précédente se retrouve.Non, Lê n’y formule pas une théorie de la littérature.Mais elle illustre avec une énergie impétueuse un mode d’être qui consiste à ouvrir promptement ses bagages: lorsqu’elle raconte, ses maîtres se montrent Conte, parabole, allégorie d’une autobiographie, ce puzzle mental est un résidu dudit complexe de Caliban.Le sujet funambulesque, au dire même de Lê, se casse le cou après quelques chapitres.Alors, le moi honni des Orientaux pointe le nez, et avec lui le combat entre deux pensées.Entre cynisme et orgueil, exhibition et retrait du je, le récit recommence.Il tangue sans couler.Janus bifrons, le dieu de janvier à double face, s’empare du crayon.Il s’en dégage une obscurité, une énigme que le mythe incarne.Le nœud sourd à la source du récit De l'intérieur.Ainsi, la preuve est faite: la voix de Lê se plie avec humilité à l’antagonisme.Mais, à la fin, quelque chose de disponible a progressé: «Elle va elle ne sait où rapporter elle ne sait quoi.» Elle, c'est la lectrice, personnage immatériel qui unit tous les livres.LE COMPLEXE DE CALIBAN et CONTE DE L’AMOUR BIFRONS Linda Lê Christian Bourgois éditeur Paris, 2005,180 et 151 pages xueiruc tnemiarv setê suov iwim PAUL BENNETT Qui lit encore Max Jacob aujourd'hui?Pourtant, ce brillant causeur, peintre autant que poète, ami intime de Picasso et d'Apollinaire, figure mythique de la faune artistique de Montmartre à l’aube du siècle dernier, a laisse derrière lui une œuvre aussi bariolée que le manteau d'Arlequin qu'il aimait parfois endosser pour epater ses amis.Max Jacob passera probablement à l'histoire littéraire comme un -personnage» plutôt que comme un créateur de premier plan, un excentrique au talent protéiforme mais manquant du sérieux et de l’ambition qui font les génies.Béatrice Mousli lui consacre, chez Flammarion, une biographie inspirée, où elle tente de rassembler tous les morceaux du puzzle que fut la vie souvent trépidante de ce caméléon, juif converti au catholicisme, homosexuel honteux, peintre rêvant de littérature et poète se rêvant à l'égal des Matisse et Picasso, précurseur des surréalistes et dadaïste avant Dada.Déjà, ses contemporains prenaient plus ou moins au sérieux ce saltimbanque qui aimait trop les feux des projecteurs et que ses amis peintres représentaient le plus souvent «comme un homme rond et chauve, monocle sur œil rieur, dandy en chapeau, cravate, écharpe, avec canne et bagues», lui pourtant pauvre comme Job.Picasso, Braque, Modigliani, Juan Gris se lient d’amitié avec cet excentrique bon vivant et le prennent comme modèle.tout en se moquant derrière son dos de son côté cabotin, éparpillé.Et pourtant, Max le pitre aura toujours une haute conception de la littérature comme de la peintu re, qu’il pratiquera toutes deux en ermite, s'enfermant des jours entiers dans une chambre minuscu le.Contrairement aux surréalistes qui le rejetteront très vite.Jacob ne croit pas à la création sponta née et aux miracles de l’automatisme: pour ce fantaisiste épris de mysticisme, la création est synonyme de solitude et de travail.Sa devise?«Ecrire pour mieux écrire», renoncer au premier jet.ne pas craindre de recommencer.Entre plume et pinceau Son problème, c’est qu’il ne saura jamais choisir, peignant de plus en plus pour gagner sa vie, écrivant sans faillir dans l’espoir d'être reconnu par un plus large public.En 1937, il avouera sans détour dans une lettre: «J’ai perdu ma vie littéraire à cause de la pein ture et perdu ma vie picturale à cause de la littérature.» Commentaire de Béatrice Mousli: «Il est vrai que ses références sont Apollinaire d’un côté et Ficasso de l’autre deux hommes qui se sont donnés to- talement à leur art, sans partage et compri/mis Lui, le touche-à-tout, a limpressutn de n'ai'oir rien accompli.de laisser des morceaux, mm en semNe inachevé, sans unité.» Et en effet, à part Le Cornet à des et quelques poèmes épars, que sont les œuvres de Jacob devenues?est-on tente de se demander.«Max.c’est un amas de bouts de ficelles», écrivait un de ses amis.Et son œuvre est à son image, foisonnante mais sans qu’on sache par quel bout l'aborder.Si Jacob est important, c’est davantage comme découvreur de talents, de Pierre Reverdy à Michel Leiris, d'André Malraux à Charles Trenet.Max Jacob est un passeur, un entremetteur.Sans le sou durant toute sa vie, même à l’époque où la gloire finit: par lui sourire, Jacob est prêt % donner sa dernière chemise pour venir en aide à ses protégés.Durant les dernières années de sa vie, ce juif converti vivra de plus en plus en reclus et en dévot les nazis l’enverront mourir au l'amp de Drancy en février 1944.La biographie de Béatrice Mousli a l'avantage de nous brosser le |x>rtrait nuancé d'un personnage changeant, dont l'œuvre et l'action ont été plus ou moins occultées par la légende du Montmartre des années folles.Cet ouvrage a le grand mérite de ramener Mtix Jacob à l’avant-scène, là où ce «clown de la poésie» brillait de tous ses feux.Le Devoir I MAX JACOB Béatrice Mousli Flammarion, coll.«Grandes biographies» | Ptiris, 2(X)5,514 pages NOUV Linstant ruant félicite Gilles Pellerin Lauréat du Prix de création littéraire Ville de Québec Salon international du Livre de Québec [ « êtes PeUerÈt * ?1 £ s m (i tréma) *»>/< 1i trénu * » Lrtffletrttmjfie ¦ JF1* ¦ * r .I* ¦ Wc 156 p., 17,95$ ISBN 2-89502-157-0 KAY SCARPETTA est de retour à Richmond où son ancienne équipe compte sur elle pour élucider un meurtre.?On n’est jamais trop curieux • PATRICIA LE bEVOIR, LE AVRIL ET DIMANCHE I ** Ai A I 2 0 0 5 F 6 t U I Vaincre l’homophobie en 175 pages !» ©JOSÉE LAMBERT !Wm CAROLINE MONTPETIT Au sein de la société québécoise.l’école est l’un des milieux les moins ouverts a l’homosexualité.C’est ce que croit le chercheur Michel Dorais, professeur en travail social à l’Université Laval.qui vient de publier un livre intitulé Sains et saufs - Petit manuel de lutte contre l’homophobie à l'usage des jeunes, chez VLB.Ce livre, qu'il a cosigné avec le Français Eric Verdier, s’adresse aux jeunes de 14 à 25 ans, mais aussi à leurs parents, à leurs professeurs et aux intervenants qui sont en contact avec eux.Récemment, une étude américaine concluait que 90 % des jeunes homosexuels avaient fait l’objet de remarques désobligeantes à l’égard de leur sexualité, que le tiers avaient subi une forme de harcèlement physique en 2003 et qu’un sur cinq avait subi une agression physique au cours de la même période.Selon des chercheurs canadiens, ces données valent aussi pour le Canada.Michel Dorais ajoute quant à lui que les jeunes sont ostracisés non pas seulement parce qu’ils sont homosexuels, mais aussi parce que leur profil ne correspond pas aux stéréotypes sexuels.Un garçon qui n’aime pas les sports et qui préfère la danse, ou qui parle d’une certaine façon, sera beaucoup plus facilement ostracisé qu’une feqime qui a des côtés masculins.A cet égard, remarque-t-il, l’égalité entre les garçons et les filles n’existe pas.Çans leur livre, Michel Dorais et Eric Verdier incitent les jeunes ayant une sexualité différente à combattre les stéréotypes récur- Michel Dorais rents.Os condamnent notamment le fait quliomosexualité et pédophilie soient étroitement assodés.•Rien n’est plus faux, écrivent-ils.La majorité des actes pédophiles sont commis par des hommes envers des fillettes.Même ceux qui abusent des garçons ne sont généralement pas homosexuels.Enfin, les femmes lesbiennes sont, toutes catégories confondues, les moins susceptibles de commettre des abus sexuels.» Il faut dire aussi que les deux chercheurs ont beaucoup travaillé sur le suicide chez les ho- mosexuels, des deux côtés de l’Atlantique.Il y a quatre ans et demi, Michel Dorais constatait, au cours de cette étude, que la prévalence du suicide chez les jeunes ostracisés pour leur comportement sexuel était six fois plus élevée, même dans les pays du monde où ces indices étaient les plus bas.Nuance ! Michel Dorais tient cependant à préciser que c’est l’homophobie qui peut entraîner le suicide et non l’homosexualité.•Ces jeunes se suicident parce qu’ils ont l’impression qu’ils ne pourront jamais avoir de place.Il n’y a pas de jeunes qui se suicident parce qu'ils découvrent qu'ils sont attirés par le sexe opposé, parce que ce n’est pas ostracisé», remarque-t-il.Alors que le débat sur les mariages gais se poursuit et que l’on peut voir des couples homosexuels dans un téléroman comme Virginie par exemple, les jeunes sont moins éduqués à l’ouverture à l’homosexualité que les adultes, soutient Michel Dorais.Alors que l’école se fait un devoir de soutenir l’ouverture envers les différentes communautés religieuses, elle semble continuer de croire que la discrimination envers les homosexuels ne la concerne pas.Sains et saufs ne s’adresse pas d’ailleurs uniquement aux homosexuels, mais aussi aux bisexuels, aux ambisexuels, aux queer, aux transgenres et autres non-conformistes.Selon le chercheur, 20 % des jeunes ont des rapports homosexuels à l’adolescence, mais cette proportion descend à 10 % lorsqu’on parle des adultes dont l’homosexualité est identitaire.Fait à noter, le chercheur affirme que ces données sont demeurées les mêmes à travers les années.Le Devoir SAINS ET SAUFS Petit manuel de lutte CONTRE L’HOMOPHOBIE À l’usage des jeunes Michel Dorais et Eric Verdier VLB éditeur Montréal, 2005,175 pages Jean Ziegler plaide pour la dignité de la honte ANNE MARIE B R II N E L L E La Déclaration d’indépendance des Etats-Unis stipule que •tous les hommes ont été créés égaux; le Créateur leur a conféré des droits inaliénables, dont les premiers sont: le droit à la vie, le droit à la liberté, le droit au bonheur».Lors d’une visite en France en 1776, Franklin, coauteur de ce célèbre texte, s’est fait reprocher par le jeune Danton le fait que la Déclaration d’indépendance ne comporte aucun pouvoir pour se faire respecter.•Erreur!», rétorqua Franklin.•Derrière cette déclaration, il est un pouvoir considérable, étemel: le pouvoir de la honte.» la honte dont traite le Suisse Jean Ziegler dans son dernier essai, L’Empire de la honte, diffère de celle qu’évoquait Franklin.Une dérive a fait que la victime, plutôt que l’oppresseur, se sent aujour- d’hui honteuse.La honte s'abat sur le pauvre qui mendie, sur la mère d’enfants affamés, sur le public accablé par la fatalité et le sentiment de son impuissance.Citant Emmanuel Kant, selon qui le sentiment de honte découle du déshonneur, Ziegler appelle à remettre la honte à sa place: •L’empire de la honte a pour horizon le déshonneur infligé à tout homme par la souffrance de ses semblables», écrit Jean Ziegler.La honte redevient alors source de solidarité, comme au temps des insurgés français de 1789.Utopie?Certainement.Ziegler s’en réclame, tout comme Riccar-do Petrella dans Désir d’humanité (2004) .Ces penseurs de l’altermondialisation semblent avoir décidé de revaloriser la notion même d’utopie, mise à mal par la force du discours sur l’inéluctabilité des inégalités et des malheurs humains.LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité -"*3 Livres d'art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Littérature —^ Philosophie —^ Sciences humaines —^ Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.Ol i vier i librairie • bistro Olivieri Au cœur de l'actualité Jeudi 5 mai à 18h30 Places limitées 5219.Côte-des-Neiges Metro Côte-des-Neiges 739-3639 Reservation obligatoire Entrée : 5$ sauf Amis Causerie L’éthique : l’affaire de tous ?A l’occasion de son passage à Montréal, nous recevons Martin Wincklet médecin et auteur de nombreux romans.Il viendra débattre d’éthique à l’heure où cette notion est présente partout dans l'espace public.Comment dans notre société globalisée, les décisions prises collectivement peuvent-elles aussi servir chaque indiviclu ?Cette causerie sera précédée d'une lecture de textes de M.Winckler par Sophie Clément.Dans le cadre du colloque : La bioéthique des modes et lieux de décision www.fM.umontraal.ca/bloetblqiM/ Ziegler poursuit donc son travail de démonstration et de dénonciation entrepris dans Les Nouveaux Maîtres du monde (Fayard, 2002).Il y écrivait que mourir de faim aujourd’hui, c’est mourir assassiné, parce que jamais l’humanité n’a eu autant de moyens pour dompter la famine et la misère.En 2005, il va plus loin en qualifiant la faim et la dette d’armes (honteuses) de •destruction massive».Jean Ziegler est un penseur et un homme de terrain.Depuis 2000, il est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation.Il n’hésite pas à faire appel à des expériences personnelles, à des rencontres et à des souvenirs pour illustrer son propos.C’est parfois agaçant — son je se fait insistant sans toujours être utile —, mais on ne pourra lui reprocher de ne pas s’impliquer personnellement.La mondialisation néolibérale ne manque pas de détracteurs.Jean Ziegler se démarque en racontant des histoires.Il dénonce avec force chiffres les multinationales et le FMI, mais la faim est aussi racontée par une mère éthiopienne ou un enfant des dépotoirs.Le lecteur en apprendra plus sur l’enfance du président Lula, du Brésil, qui se raconte.Jean Ziegler consacre d’ailleurs tout un chapitre à Lula et au Brésil, disant qu’il se prépare là une formidable révolution démocratique et économique, à l’issue incertaine, mais dont l’Europe ne se soucie pas du tout Et au Québec, qui s'en soucie?Bombardier?La FTQ?La démonstration de Ziegler est riche.Elle puise dans l’histoire, chez les philosophes et les dramaturges, de même que dans l’expérience personnelle de l’auteur.C’est là tout l’intérêt de son livre, qui ne s’adresse pas aux spécialistes ni aux militants, mais bien à un public plus large.Ziegler convie de belle manière à se réapproprier cette vieille idée du bonheur commun.L’EMPIRE DE LA HONTE Jean Ziegler Fayard Paris, 2005,324 pages 19,95 J -Mariloue Sainte-Marie- Un essai de Mariloue Sainte-Marie sur les lettres de Gaston Miron à Claude Haeffely.Elle y démontre que l’essentiel de la poésie de Miron est déjà toute présente dans ces lettres.ÉCRIRE À BOUT PORTANT LES LETTRES DE GASTON MIRON A CLAUDE HAEFFELY
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