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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2005-05-02, Collections de BAnQ.

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ACTUALITES Le public montréalais accorde un accueil enthousiaste à la nouvelle Bibliothèque nationale du Québec Page A 4 -?w w w .1 e d e Le devoir v o i r.c o in ?Des gestes de violence ternissent le défilé du 1er mai à Montréal JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ramon Villarroel, un Mexicain d’une cinquantaine d’années, a reçu hier en plein visage et sous les yeux de plusieurs journalistes une forte dose de poivre de Cayenne lancée par un policier membre de l’escouade anti-émeute du Service de police de la Ville de Montréal, sans qu’il y ait eu de provocation apparente de sa part.L’homme a été conduit à l’hôpital après plusieurs minutes de souffrance, incapable de reprendre son souffle.La police est intervenue à la toute fin du défilé du l"mai, qui a réuni hier quelque 8000 personnes à Montréal.manifestation était nationale, cette année, elle est régiona- GU1LLAUME B 0 U RG AU LT-C ÔT É Encore cette année, et malgré une participation beaucoup moins massive qu’en 2004, c’est l’expression d’un grand mécontentement des syndicats et des travailleurs envers les politiques du gouvernement Charest qui a dominé le discours de la grande marche organisée hier par la coalition du 1er mai pour marquer la Fête internationale des travailleuses et des travailleurs.Mais la manifestation, qui s’est généralement déroulée dans le calme, a été obscurcie en fin de parcours par une intervention plutôt musclée du groupe anti-émeute du Sendee de police de la Ville de Montréal (SFVM) qui en vou- lant prévenir des affrontements avec certains anarchistes, a causé l’hospitalisation d’un Mexicain d’une cinquantaine d’années, victime de violents troubles respiratoires après avoir été aspergé de poivre de Cayenne.L’an dernier, près de ICO 000 personnes s’étaient déplacées pour transformer la fête des travailleurs en un gigantesque rassemblement anti-gouvernement Avec ses 8000 participants, le défilé d’hier avait donc des allures beaucoup phis modestes.«Ce n’est pas du tout la même chose, avance Claudette Carbonneau, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui fait partie avec plusieurs autres groupes de la coalition du 1" mai, organisatrice de l’événement L’an dernier, la le.Alors, nous sommes très satisfaits des résultats.» Selon Mme Carbonneau, la présence de ces travailleurs à leur fête doit surtout être interprétée comme un acte de protestation contre le gouvernement «Cest très clair On se rassemble pour demander d’être libérés des projets néolibéraux des libéraux.Les PPP [partenariats public-privé] signifient pour nous pauvreté, privatisation et précarité.Aujourd’hui, les gens témoignent d’une autre VOIR PAGE A 8: VIOLENCE ¦ Rendez-vous manqué avec Charest, page A 3 Irak: les rebelles narguent le pouvoir Regain de violence trois jours après la formation d’un gouvernement démocratique Attentats à la voiture piégée, embuscade, fusillades et nouvelle prise d'otages: trois jours après la formation du premier gouvernement démocratiquement élu, l’Irak a connu hier une journée de violences d’un niveau rarement atteint depuis les élections du 30 janvier.Dans le nord du pays, près de Mossoul, un attentat anti-kurde à la voiture piégée a fait au moins 25 morts et une trentaine de blessés.Les victimes assistaient aux tiinérailles d’un responsable kurde à Tall Afar, à 80 km à l’ouest de Mossoul (dans le nord de l’Irak).L'auteur de l’attentat, qui a fait une vingtaine de morts et une trentaine de blessés, s’est jeté au volant de sa voiture contre le cortège avant de déclencher sa charge explosive, ont rapporté des dirigeants kurdes locaux.A Bagdad, cinq policiers irakiens ont été abattus tandis que quatre civils trouvaient la mort dans un autre attentat à la voiture piégée, la capitale irakienne a également été secouée tard hier par quatre explosions et une fusillade survenus dans divers quartiers.D’autre part, par l’intermédiaire d’une cassette vidéo, un groupe insurgé irakien a annoncé avoir pris en otage un ressortissant australien d’une soixantaine d'années résidant aux Etats-Unis.la cassette, transmise à des agences d'information occidentales à Bagdad, montre un homme grisonnant, portant une moustache, assis sur le sol et encadré par deux militants cagoulés et armés.VOIR PAGE A 8: REBELLES PERSPECTIVES Le neutre Le gouvernement Martin nie l’existence d’un déséquilibre fiscal qui cause un tort immense au Québec.En février, le ministre fédéral des Finances, Ralph Goodale, est même venu à Québec le clamer bien haut à la face de son homologue québécois, Michel Audet, qui a encaissé sans mot dire.Jean Charest sait parfaitement à quoi s’en tenir, et tout le monde sait qu’il sait Pourtant sous le couvert d’une neutralité factice, le premier ministre va laisser ses députés et ses organisateurs entièrement libres d’appuyer les candidats du Parti libéral du Canada aux prochaines élections.Ils le feront à Mic h e l titre strictement individuel, a-t-il Da vid réitéré en fin de semaine à Saint-Hyacinthe, où était réuni le conseü général de son parti.A titre individuel?ADons donc! Sans les avantages que procure leur affiliation au PLQ, cet appui ne présenterait aucun intérêt Le rôle de M.Charest lui-même durant la campagne se limitera à adresser des questions aux divers partis en lice.Et encore le fera-t-il, comme l’an dernier, par l'intermédiaire du Conseil de la fédération.C’est moins compromettant Il sait très bien, et pour cause, que le Parti conservateur est beaucoup plus ouvert aux réclamations des provinces et plus respectueux de leurs champs de compétence.Sur un plan personnel, il est certainement plus sympathique à son ancien parti qu’à ceux qu’il a combattus pendant quinze ans et qui l’ont cruellement déçu depuis qu’U est premier ministre, mais un chef ne doit jamais donner à ses troupes un ordre auquel elles n’obéiront pas.M.Charest est bien placé pour savoir qu’aux élections de 1988 Robert Bourassa avait mis tout son poids dans la balance pour faire réélire le gouvernement Mulroney au détriment des libéraux de John Turner, parce qu’il VOIR PAGE A 8: NEUTRE INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 6 Convergence B 7 Culture.B 8 Décès______B 4 Économie.B 1 Éditorial .A6 Idées________A 7 Météo.B6 Monde.B 5 Mots croisés .B 4 Religions .B 6 Sports-B4 Télévision___B 8 Révolution dans les hôpitaux britanniques Ou comment Tony Blair a pu métamorphoser le plus vieux système de santé du monde STEFAN ROSSEAU AGENCE ERANCE PRESSE Tony Blair examinant des mammographies dans un hôpital de Londres le mois dernier.Le temps d’attente d’un traitement pour le cancer ne dépasse plus deux semaines en Grande-Bretagne.ELECTIONS À l’approche des élections britanniques qui auront lieu jeudi, le correspondant du Devoir à Paris, Christian Rioux, s’est rendu à Londres pour préparer une série d’articles.Voici le deuxième, portant sur la réforme du système de santé.CHRISTIAN RIOUX Londres — C’est un des rares moments où Tony Blair a dû affronter directement la colère des électeurs.Réunies sur le plateau de la BBC, une dizaine de mères de famille en furie, ne décoléraient pas.Imaginez, leur médecin refusait de leur accorder des rendez-vous plus de 48h à l’avance.Vous avez bien lu! Ces mères de famille n’avaient aucune difficulté à rencontrer leur médecin le lendemain ou parfois même dans le courant de la journée.La raison de leur colère était ailleurs: pour respecter les objectifs fixés par le ministère de la Santé, certains i i médecins (à peine 10 % selon la BBC) refuseraient de leur donner rendez-vous dans une, deux ou trois semaines.Es exigeaient de les rencontrer sur-lechamp! E y a cinq ans, explique Rhazes Esref, il était difficile d’obtenir un rendez-vous chez le médecin en moins de deux semaines.Depuis que les travaillistes ont forcé les médecins de famille, auxquels les Britanniques sont obligatoirement rattachés, à s’engager à recevoir leurs patients en moins de 48h, •la situation s’est complètement transformée», dit-il.* E y a deux ans, cet immigrant indien de 62 ans qui vit à Londres depuis une vingtaine d’années en a fait l’expérience.Dès que son médecin a détecté chez lui un ré- trécissement des artères, en moins de 48h, Rhazes a passé une batterie de tests à l’hôpital.Comme son cas n’était pas urgent, il a subi une angioplastie coronarienne moins de deux mois plus tard.S son cas avait été urgent, il aurait été admis immédiatement B y a cinq ans, le cas de Mavis Skeet avait stupéfait les Britanniques.Cette grand-mère de 73 ans était décédée d’un cancer de l’œsophage.Rien de plus naturel à cet âge.Sauf que l’opération qu’elle devait subir avait été reportée à quatre reprises: trois fois faute de place et une quatrième parce que l’anesthésiste, malade, n’avait pu être remplacé.L’intervention était VOIR PAGE A 8: RÉVOLUTION L’ENTREVUE Redonner un sens à ce qu’il reste de vie Justine Farley, médecin en soins palliatifs depuis quinze ans À mesure que la médecine progresse et que le recours aux rites religieux traditionnels décline, la mort devient une sorte de tabou dont on ne parle plus.Si bien que, trop souvent, les malades meurent assez seuls parce qu’on ne sait plus comment rester proche quand l’étape ultime de la vie s’annonce.Le docteur Justine Farley travaille à l’unité des soins palliatifs de l’hôpital St.Mary’s.Depuis 15 ans, elle accompagne ceux qui vont mourir et leur famille.Pour elle, il importe que les malades bénéficient du meilleur confort possible jusqu’à la fin, dans la dignité.SOLANGE LÉVESQUE ujourdliui débute la Semaine nationale des soins palliatifs consacrée à une branche de la médecine dont la nature demeure encore étrangère à plusieurs.«Certaines personnes les associent à l'euthanasie», constate Justine Farley qui définit les soins palliatifs de la façon suivante: «L'ensemble des soins requis pour répondre aux besoins bio-psycho-sociospirituels des personnes dont la survie est compromise.On tente de leur offrir le maxi- Justine Farley mum de cohort possible en dépit de leur maladie.Cet objectif ne peut être atteint que dans la concertation, par les infirmières et les médecins qui constituent le noyau dur, avec des psychologues, bénévoles, VOIR PAGE A 8: FARLEY I t stHubert C est désormais tout ce qui fume chez St-Hubert.NicoDerm Lorsque la volonté ne suffit pas ON M1L2N3 F^f • ÉL__ Chantal Hébert Le malaise conservateur Stephen Haiper était convaincu que le pacte budgétaire entre le NPD et le PLC lui donnait une solide poignée pour défaire un gouvernement minoritaire opportuniste.A la place, voilà que son avantage sur les libéraux dans la faveur populaire lui glisse entre les doigts.Les sondages concordent Le chef conservateur est le grand perdant de l’avant-première électorale qui s’est déroulée à la faveur de la relâche parlementaire la semaine dernière.En promettant de déclencher un scrutin dans les trente jours qui suivront le dépôt du rapport final sur le scandale des commandites et en réécrivant son budget de la main gauche, Paul Martin a réussi à renverser la tendance qui avait vu son parti dégringoler dans les intentions de votes au cours du dernier mois.Le PLC, qui piquait du nez depuis les allégations choc de Jean Brault devant la commission Gomery, a repris du poil de la bête en Ontario où il mène désormais le peloton politique.Alors que le Bloc québécois demeure solide comme le roc, le Parti conservateur ne réussit pas à tirer profit de la faiblesse évidente de son adversaire libéral.À la clé du malaise conservateur, il y a davantage que la personnalité distante de son chef ou encore que la crainte que peuvent inspirer à un électorat plutôt centriste ses politiques plus à droite.C’est vrai, Stephen Harper est capable de transformer jes bains de foule en douche froide.Il n’a pas la fibre empathique très développée.Mais, nonobs-fimt ses antécédents familiaux, on ne peut pas dire non plus que le chef du Bloc québécois Gilles Du-ceppe soit une bête de scène.Personne ne s’est jamais plaint d’avoir été accablé par sa chaleur.Cela fie l’a pas empêché de devenir la personnalité souverainiste la plus en vogue au Québec.On ne peut pas non plus reprocher au Parti .conservateur d’avoir fait la sourde oreille à ceux qui lui conseillaient de se recentrer.Depuis un an, il a excisé la question de l’avortement de son pro-gramme.Il s’est engagé à maintenir le bilinguisme pfficiel.Vendredi, M.Harper est allé devant l'institut Fraser — le temple de la droite canadienne — pour répudier l’idée de grands-prêtres comme Mike Harris et Preston Manning d’instaurer un système de santé à deux vitesses.; Au cours des trois dernières semaines, les conservateurs ont fait des virages qui auraient été qualifiés de spectaculaires n’eût été du tête-à-queue budgétaire des libéraux.Ainsi, un gouvernement conservateur garderait le cap sur les objectifs canadiens dans le cadre du protocole de Kyoto.H maintiendrait les engagements pris par les libéraux à l’égard des municipalités.Il honorerait la signature fédérale sur les accords qui se signent ces jours-ci avec les provinces sur le front des garderies et augmenterait même le budget consacré à la réconciliation travail-famille.C’est finalement dans le malaise Canada/Qué-bec qu'il faut aller chercher une grosse partie de la réponse à la croissance négative du Parti conservateur.De façon prévisible, l’intervention d’une entente cordiale entre les libéraux et le NPD a eu pour effet de braquer les projecteurs sur la cohabitation du Bloc québécois et du Parti conservateur dans le camp de ceux qui veulent faire tomber le gouvernement Maintenant que le NPD les soutient, les libéraux ont les coudées encore plus franches pour accuser M.Harper de faire le jeu des souverainistes en provoquant des élections au moment où les fédéralistes sont vulnérables au Québec.Devant des sondages qui font état d’une remontée de l’appui à la souveraineté, bon nombre d’électeurs s’inquiètent de l’avènement d’un gouvernement conservateur.Et si les libéraux avaient raison, se disent-ils, de prédire que l’arrivée au pouvoir d'un tel gouvernement inciterait les Québécois à vouloir quitter en masse la fédération canadienne?Pourtant, contrairement à Paul Martin, Stephen Harper est prêt à revoir le fédéralisme fiscal.En principe, cela ferait de lui un premier ministre plus susceptible de répondre aux revendications unanimes de la classe politique québécoise sur le déséquilibre fiscal.A terme, cela pourrait avoir des effets positifs sur la cote du fédéralisme au Québec.Mais voilà que cette perspective réveille un autre démon ontarien, la hantise d’un gouvernement fédéral qui démantèlerait le Canada à la pièce pour acheter la paix au Québec.En clair, Stephen Harper est soit la pire menace à l’unité canadienne à cause de ses politiques à contre-courant du Québec, soit la pire menace à la fédération à cause de son ouverture à une vision du fédéralisme qui correspond davantage à celle du Québec! On est ici devant la quadrature d’un cercle qui profite aux libéraux.Mais pour combien de temps encore?En fin de semaine, le Toronto Star a passé un savon au ministre fédéral du Revenu John McCallum pour avoir accusé le premier ministre ontarien Dalton McGuinty de nuire au Canada en faisant sien le cheval de bataille du déséquilibre fiscal.Il n’y a pas si longtemps, personne ne se serait attendu à lire un tel texte dans un journal qui a historiquement été très proche des libéraux fédéraux.Ce changement de cap est symptomatique d’une évolution, voire même d'une révolution au sein de l'élite ontarienne.Elle est de plus en plus critique sur la place faite à l’Ontario dans les calculs fédéraux Les mentalités changent, mais peut-être trop lentement pour Stephen Harper, qui risque de brûler ses freins s’il tente d’arrêter le train électoral sur sa lancée actuelle, mais qui se dirige sans doute vers un autre déraillement si le Canada va aux urnes dès ce printemps.chebert^thestar.ca Chantal Hébert est columnist politique ou Toronto Star.Conseil général du PLQ Rendez-vous manqué entre Charest et les chefs des grandes centrales Un imbroglio provoque l'annulation de la traditionnelle rencontre du 1er mai entre le premier ministre du Québec et les chefs syndicaux JACOUliS NADEAU I.E DEVOIR Quelque 8000 personnes ont participé hier à la grande marche des travailleurs à l’occasion du 1" mai, dans les rues du centre-ville de Montréal.•wM'V U.¦.KATHLEEN LÉVESQUE Saint-Hyacinthe — Le nouveau départ du gouvernement Charest a quelque peu été freiné hier par un imbroglio autour de l’annulation de la traditionnelle rencontre entre le premier ministre et les chefs des grandes centrales syndicales pour la fête des travailleurs.L'équipe de Jean Charest avait pourtant organisé le conseil général du Parti libéral pour démontrer aux mihtants qu’il y avait matière dans le bilan des deux premières années au pouvoir pour s’enthousiasmer et que la deuxième moitié de ce mandat s’annonçait bien.Jean Charest a même décrété que le développement durable serait dorénavant 4a marque de commerce du gouvernement».Mais le ciel libéral a été assombri par le 1" mai.Un conflit d’horaires aurait forcé l’annulation de la rencontre entre M.Charest et les quatre leaders syndicaux (FTQ, CSN, CSQ et CSD).Les parties s'accusaient mutuellement d'être responsables de ce rendez-vous manqué.•J’étais disponible pour rencontrer les chefs syndicaux.C'est à leur demande que la rencontre a été annulée», a affirmé le premier ministre après avoir participé à l’assemblée des conseillers jeunes du PLQ, qui suivait la tenue du conseil général du parti.M.Charest ne voit pas là l’illustration de la grogne syndicale à son endroit.Il a plutôt laissé entendre qu’il y avait dissension entre les centrales syndicales, ce qui expliquerait la situation.•C’est des enfantillages, s’est exclamé une source syndicale.Même si c’est une tradition de plus de 30 ans, ça ne se déroule pas nécessairement le 1” mai.L’année dernière, c'était le 30 avril.Il pourrait donc y avoir une rencontre mardi ou mercredi.» Cette personne, proche des discussions avec le bureau du premier ministre, a expliqué qu’un changement dans les horaires des activités du PLQ a tout bousculé.A l’origine, la rencontre devait avoir lieu hier matin, puis le premier ministre a proposé hier après-midi alors que se déroulait la grande manifestation des travailleurs.•La décision était unanime entre les chefs des quatre centrales de ne pas accepter l’heure fixée par le premier ministre», a expliqué à la Presse canadienne la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.Les jeunes Si les chefs syndicaux ont choisi de manifester, Jean Charest a choisi, lui, de s’adresser aux militants jeunes hier matin.Il a notamment salué le choix de ces jeunes qui ont choisi «ce chemin pas toujours facile» qu’est la politique et le Parti libéral, «un parti qui a duré».Il leur a parlé de la consultation qui s’amorce sur la stratégie d’action jeunesse et de développement durable, «la marque de commerce du gouvernement» pour les prochaines années.En conférence de presse, le premier ministre a réitéré l’importance de ce dossier pour les prochaines années.Il a également indiqué que la décentralisation régionale, le pacte fiscad avec les municipalités, la conciliation travail-famille et les premiers projets réalisés en partenariat public-privé marqueraient l'action gouvernementale.Rendu à mi-mandat, M.Charest a souhaité donner un nouvel élan à son gouvernement dont la popularité est en chute libre.D’ailleurs, au cours du conseil général qui s’est déroulé vendredi et samedi à Saint-Hyacinthe, M.Charest a insisté sur le bilan de son gouvernement afin de donner des munitions aux militants libéraux pour qu’ils soient fiers et qu’ils transmettent la bonne nouvelle.Samedi, le ministre Jacques Dupuis, a arpenté la salle, micro à la main, pour sti- muler les troupes et hacher menu les adversaires, y compris les journalistes.Et avec les élections fédérales qui pourraient être déclenchées sous peu, Jean Charest a repris son credo de l’année dernière sur le déséquilibre fiscal.Il fera pression sur les chefs des quatre grands partis pour qu’ils reconnaissent le problème et qu’ils s’engagent à le régler.En fait, ce discours ne s’adresse qu’au premier ministre du Canada, Paul Martin, le seul à refuser de parler du déséquilibre fiscal.Pour ce qui d’appuyer un parti plutôt qu’un autre, Jean Charest s’est montré prudent, rappelant qu’il n’y aurait pas de mot d’ordre, mais plutôt des choix individuels.Le Devoir Les travailleurs du monde défilent pour le 1er mai MELISSA EDDY Francfort — Des Philippines à Cuba en passant par l’Espagne, la Russie, la France ou la Chine, des millions de travailleurs ont manifesté hier sur la planète pour demander l’amélioration de leurs conditions de travail et protester contre certaines politiques de leurs gouvernements.Mais d’un pays à l’autre, les revendications en ce 1er mai étaient parfois aux antipodes les unes des autres, soulignant le fossé grandissant entre les travailleurs du Nord et ceux du Sud.Plus de 530 000 personnes ont participé hier, selon les organisateurs, aux manifestations du 1" mai en Allemagne, tandis que des «automomes» ont défilé à Berlin où de légers incidents ont éclaté dans la soirée avec la police qui a interpellé deux suspects.Quelque 6500 policiers avaient été mobilisés en raison des affrontements redoutés chaque année à l’occasion du 1" mai dans la capitale allemande avec des «autonomes» qui cherchent à en découdre avec les forces de l’ordre.Plus tôt dans la journée, le président du Parti so- cial-démocrate (SPD), Franz Muentefering, a été pris à partie par des salariés et syndicalistes mécontents lors d’une manifestation à Duisbourg, où il était venu prononcer un disours.«Muente, menteur, barre-toi», ont scandé un millier de salariés, chômeurs et syndicalistes dans un concert de sifflets et de huées, avant qu’il ne soit victime de jets d’oeufs.Dans le sud de l’Europe, des milliers d'Espagnols ont également défilé en ce 1" mai pour exiger des emplojs plus stables et davantage de protection sociale.À Madrid, les membres du Parti socialiste au pouvoir et de la coalition de gauche se sont joints aux syndicats pour un défilé qui a réuni 25 000 personnes, selon les organisateurs.Selon des chiffres publiés vendredi, le taux de chômage espagnol est tombé à 10,2 % (soit 2 millions de personnes), mais un tiers des salariés sont en contrat à durée déterminé.«Nous avons besoin d’un emploi stable et productif», a estimé hier José Maria Fidalgo, secrétaire général des Commissions ouvrières.Selon lui, •ce pays a besoin d’investir davantage dans l’éducation, la rénovation et la technologie».En Asie les exigences étaient autres au Bangladesh où 5000 travailleurs ont défilé dans la capitale Dacca pour demander un salaire mensuel minimum de 3000 takas (38,85 euros) et une meilleure protection au travail une semaine après que 73 ouvriers eurent été tués dans l’effondrement (l’une usine de vêtements.Dans cette nation classée panni les plus pauvres de la planète, le revenu minimum n’existe pas: les travailleurs non qualifiés gagnent une moyenne de 8(X) à 1200 takas (15 à 25 $) par mois.«C’est une questùm de survie», a déclaré une militante, Chirine Akter.«Nous voulons un nouveau plan maintenant ptmr sauver nos travailleurs.» A Hong Kong, des dizaines de milliers de femmes, originaires d’Asie du Sud et employées comme domestiques dans l’opulente cité ont défilé pour demander des horairps de travail fixes et un salaire minimum pour tous A des milliers de kilomètres de l'ex-colonie britannique, plus d’un million de Cubains se sont réunis hier sur la Place de la Révolution à la Havane pour entendre le discours du 1" mai de Fidel Castro.Associated Press EN B Nouveau président de la FEUQ Trois-Rivières — Après la Fédération des étudiants du collégial (FECQ), au tour de la Fédération étudiante universitaire du Qué- R E F bec (FEUQ) d’avoir un nouveau président François Vincent a été élu samedi au cours de l’assemblée générale annuelle de la FEUQ, àTrois-Rivieres.Etudiant à l’Université de Montréal, M.Vincent succède à Pier-André Bouchard, un des leaders de la récente grève étudiante.- PC Destinaticm t hfre />/'(> N\0H t?£ Au AtpNDr tT AU£2 - vous K CoWSÎRu'RÉ D£ ptuS V/ 0 A (il.( **•" v- lotf.(.Tri.La fin du Canada selon Gagliano Selon ex-ambassadeur du Canada au Danemark, M.Alfonso Gagliano, la décision de Paul Martin de créer la commission Gomery et le risque de renversement de son gouvernement pourraient conduire à la souveraineté du Québec ou du moins, à un Canada qui ne serait plus le même.M.Gagliano se réfère à la vision du Canada qu’il partage avec Jean Chrétien et Pierre E.Trudeau.Une vision centralisatrice qui a conduit au fédéralisme actuel basé sur le pouvoir de dépenser d’Ottawa, l’envahissement des champs de compétence des provinces et surtout, l'exclusion du Québec de la constitution canadienne de 1982.Ce sont les mêmes artisans qui ont maintenu le Québec exclu de la constitution en 1990 par le rejet de l’Accord du Lac Meech contribuant du même coup à la création du Bloc québécois à la Chambre des communes.Ce sont encore une fois les mêmes artisans qui ont bafoué les lois québécoises en matière de consultations publiques lors du référendum de 1995.En clair, il a lui-même attisé les braises de la souveraineté dont il a si peur aujourd’hui! M.Gagliano s’efforce de sauver sa réputation et le Canada qu’il a contribué à édifier.Foutefois, il n’est pas certain que les québécois et québécoises ne pourraient pas vivre dans un Canada gouverné par le parti conservateur, qui respecterait l’autonomie des provinces et qui a déjà tenté de réintégrer le Québec à la constitution canadienne dans l’honneur et la dignité.Reste à savoir si le parti de M.Harper est l’héritier du Parti conservateur que les Québécois et Québécoises ont élu il y a plus de 20 ans.Jacques Vachon Beauport, 26 avril 2005 Les pilleurs Nous avons tous été pillés.Cependant, quand je songe à nos aînés qui ont peine à boucler leur budget et à se nourrir décem- LETTRES ->- ment, quand je pense aux gens qui attendent une intervention ou un examen dont leur vie dépend, je suis bouleversée.Comment peut-on descendre si bas pour glisser la main dans des bourses si dépourvues?Ayant travaillé dans divers secteurs d’activité où il faisait bon pour les patrons d’être connu des hautes instances libérales, il était facile de pressentir les magouilles qui se tramaient dans les bureaux.Quoi d’autre que l’appât du gain pourrait propulser un professionnel débordé à un dîner du Parti libéral, quoi d’autre que l’appât du gain peut rendre cruciale l’obtention de places près des gens vraiment influents?Peut-être que tous les Canadiens n’ont pas l’occasion d’observer ces manèges, mais j’espère sincèrement qu’ils ont compris comment bien des affaires fonctionnent et fructifient, ici, comme ailleurs.J’espère aussi que les convictions inébranlables en prendront un coup et qu’on ne sera plus ni rouge, ni bleu, mais plutôt des citoyens lucides, ignorant le sectarisme politique et veillant à nos intérêts communs, comme aux intérêts des plus dépourvus.Jocelyne Parisella Montréal, avril 2005 Le vote unique transférable Depuis le dépôt de l’avant-projet de loi de réforme du mode de scrutin par le Parti libéral du Québec, toute la population du Québec semble divisée entre vote uninominal à un tour (ce que nous avons présentement), vote proportionnel et vote proportionnel mixte, soit le mélange des deux premiers.La population ne semble pas comprendre que d’autres options s’offrent à nous.Dernièrement, un petit groupe de citoyens fut chargé par le gouvernement de la Colombie-Britannique d’évaluer les différents types de scrutin pour trouver le meilleur.Le mode de scrutin choisi: le vote unique transférable.Ce type de mode de scrutin fait en sorte que, plutôt que de voter pour un seul candidat dans sa circonscription, l'électeur trace une liste de 1 à.de ses préférences.De plus, plutôt qu'il n'y ait qu'un seul député par circonscription, il serait possible qu'il y en ait deux, trois ou même plus! Le vote unique transférable a l'avantage de laisser plus de liberté aux électeurs, de maintenir la présence actuelle des régions à l'Assemblée générale et de laisser une place aux tiers partis.Il compte donc tous les avantages de tous les autres types de scrutin, sans en avoir les défauts.Alors, oubliez le mode de scrutin actuel et cessez de demander un scrutin de type proportionnel et demandez le vote unique transférable! Maxime Schinck Etudiant Sherbrooke, avril 2005 Les leçons de l’histoire ?Alors qu'on se rappelle le lointain génocide arménien suivi de tant d’autres depuis,, n’est-il pas urgent de réfléchir sur cette triste réalité que tout profil racial poussé à sa limite risque inévitablement de sombrer dans la démesure et l’intolérance génocidaire.NuJ n’est à l’abri de refuser la différence.A partir de ce refus, le risque de dérapage finit souvent par se réaliser.Espérons que les Québécois sachent s'opposer à toute forme d’invitation à créer un pays qui refuse la diversité et le respect de tous ses citoyens de toute origine et opinion qu’ils soient Rejetons fermement l'expression «assimilation» pour choisir plutôt celle de réflexions communes sur l’avenir de ce territoire qui appartient à tous ceux qui y habitent.Jacques Léger Morin-Heights, le 25 avril 2005 LIBRE OPINION Le Projet vert d’Ottawa : le noir total JEAN-FRANÇOIS SAM RAY Président-directeur général, Association de l'industrie électrique du Quebec Le Plan du Canada sur les changements climatiques de 2002 voulait «ne,Inire porter un,fardeau déraisonnable à aucune région» et «minimiser les coûts d'atténuation tout en optimisant les avantages» pour réduire ses émissions de CO ,.Il y a quelques jours, Ottawa nous a présenté un plan révisé qui est ai fait une révision à la baisse de ses attentes et de ce qu’il conçoit comme étant équitable.De fait, le gouvernement fédéral a rêvai ses couleurs et rebaptise ce nouveau «partage» un Projet vert.La première constatation que nous tirons dudit projet est qu'il ne responsabilise pas ceux qui polluent le plus, bien au contraire.Its obligations des grands émetteurs finaux (GEF) ont été corrigées à la baisse depuis 2002 et le domaine des transports échappera à sa juste charge.Par contre, le Québec avec ses ressources renouvelables devra participer au partage des coûts: des coûts qui sont considérables et sous-estimés, compte tenu des coûts relatifs à la mise en œuvre des mesures.Où en sommes-nous avec le Projet vert du gouvernement fédéral en 2005?La comparaison du volume des émissions ne laisse aucun doute.Au chapitre des émissions totales des gaz à effets de serre (GES), pour l’année 2002, la moyenne canadienne était près de deux fois supérieures à celle du Québec et celle des Al-bertains était près de six fois la nôtre.Di différence était encore plus notoire en ce qui a trait au GES produits pour fabriquer de l’électricité.Ainsi, la moyenne canadienne des émissions était 51 fois supérieure à celle du Quebec et l'écart allait jusqu'à 214 fois pour l'Alberta.Le projet actuel nuit également aux principes d'équité et de poDneur-payeur.L'industrie et les citoyens que» bécois contribueront disproportionnellement aux coûts de réduction des émissions canadiennes.Conse-quemment, nous assistons à la naissance d'un «déséquilibré carbonique» puisque nous sommes pénalisés pour notre excellente performance dans ce dossier.Un pragmatisme absent Le Projet vert prévoit plusieurs fonds, dont le Fonds du climat L'Association de l’industrie électrique du Québec (AIEQ) reçoit favorablement a priori cette idée, mais reste perplexe par rapport à son application.Dans sa présentation, le ministre présente la possibilité d'acheter des crédits pour réduire les émissions, des crédits domestiques, des crédits internationaux, etc.Mais 1 industrie électrique du Québec reste face à ime boîte noire: comment le marche du carbone sera-t-il mis en place?Quels projets seront admissibles?Quelle sera la place des ressources renouvelables?Comment et quand le marché canadien sera-t-il intégré dans un marché global?Ottawa renvoie les décideurs économiques à des plans ultérieurs qui régleront les détails.Mais les décideurs de l'économie québécoise doivent savoir très rapidement, et de façon précise et fiable, comment ce marché de carbone fonctionnera.S les énergies renouvelables sont intégrées à leur juste valeur dans ce marché, le Québec pourra fournir de ï'éneigie propre à prix raisonnable et contribuer encore davantage à la réduction des émissions du CO, du Canada.Outre ses ressources hydrauliques, le Québec dispose d'une to- pographie propice à l’énergie éolienne.Le développement de ces ressources permettrait d'accélérer la fermeture des centrales polluantes au Canada.Basé sur le Fonds du partenariat le gouvernement fédéral envisage d’investir considérablement dans les initiatives pour le «charbon vert».En 2002, il avait pourtant déclaré que «la transition vers une économie fondée sur de l’énergie a plus foible intensité d’émissions est la voie de l’avenir».Propre ou sale, le charbon demeure une énergie fossile.Pourquoi encourager les investissements dans une filière qui restera polluante alors que le Québec possède un potentiel de ressources propres et renouvelables à développer?Contrairement aux ouvrages hydroélectriques, ces nouvelles installations de «charbon propre» ne seront soumises à aucune évaluation environnementale en ce qui a trait aux habitats fauniques.En phis, elles seront admissibles à un financement provenant du Fonds du partenariat Une telle approche ne compromet pas seulement la voie de l'avenir, basée sur une éneigie à plus faible intensité démissions, mais elle heurte encore une fois le principe d'équité.L'AIEQ s’interroge sur la cohérence d’une telle approche et questionne particulièrement la durée de cette transition vers un avenir énergétique à faible intensité démissions.La filière hydroélectrique, quant à elle, porte un lourd fardeau de preuve.La construction de nouvelles installations hydroélectriques est soumise à de multiples approbations: commissions fédérales et provinciales, audiences publiques, analyses d'impact environnemental.Il y a là une disproportion flagrante quant aux critères dévaluation appliqués aux deux filières.Ottawa souligne à de multiples reprises le rôle de pionnier que le Canada veut jouer aussi bien dans le processus de Kyoto et post-Kyoto que sur le plan de l’innovation technologique, fi est pourtant difficile d’entrevoir où ce leadership se manifeste.Le gouvernement fédéral souhaite voir le Canada comme locomotive du processus de Kyoto, mais les gestes qu’il pose risquent plutôt de lui faire rater le train.^ Au sein de l’Union européenne, les émissions de CO.ont diminué en 2004 tandis quéfies ont augmenté de 20 % et continuent de s’accroître.LUE a égalé ment mis en place un système d’échange de droits démission de GES qui contribuera à respecter ses engagements de Kyoto.Cette bourse est opérationnelle depuis janvier.Pendant ce temps, Ottawa ne semble pas avoir une vision claire quant au fonctionnement du système canadien et laisse les décideurs économiques dans la noirceur totale.L’AIEQ demande un système d’échange de droits démissions de GES comparable et compatible avec le système européen: les critères du système compensatoire pour les marchés domestiques et internationaux doivent être explicites.De plus, les énergies renouvelables du Québec doivent y trouver une place correspondant à leur rôle-clé au sein d’une stratégie d’approvisionnement énergétique durable.Le gouvernement à Ottawa, de même que les partis d'opposition, doivent agir promptement Des modifications doivent être apportées au Projet vert afin d en faire un plan d'action national, pragmatique, équitable et répondant rapidement aux enjeux liés au réchauffement planétaire.Plus ils hésitent plus les coûts pour la société canadienne, l’industrie et les citoyens québécois en particulier, seront élevés. LE DEVOIR.LE L l \ l> 1 M A I 2 O O A é DEES Dossier ados et porno Les jeunes filles, éternelles victimes du sexe ?FREDERICK FLORIN AFP Il n’est pas exclu de penser que les filles, sous l’apparence d’un assujettissement, en tant qu' «objet sexuel» à 15 ans, seraient celles qui dominent réellement.Car loin d’être victimes, elles sont en fait l’objet d’admiration de toutes et de tous.VALÉRIE DAOUST Auteure de De la sexualité en démocratie.L’individu libre et ses espaces identitaires (Presses Universitaires de France, 2005) et chargée de cours en philosophie à l’Université d’Ottawa e sexe à la une au Québec.En visite chez ma mère pour Pâques j’apprends la parution du livre Le Sexe en mal d’amour de la sexologue Jocelyne Robert.Ma mère, dans tous ses états, me parle de ce nouveau phénomène inquiétant de la consommation de la pornographie par les jeunes.Un mois plus tard, mon père, qui revient de la Floride, m’envoie par Internet les articles du Devoir qui parlent du sexe chez les jeunes.Lui aussi, scandalisé, dénonce les pratiques sexuelles de la jeunesse.Pourtant, avec papa et maman, gentil petit couple «traditionnel» des années 1970, marié en 1965 (probablement pour exercer légitimement leur sexualité) et divorcé en 1975, le sexe n’a jamais constitué un problème dans mon éducation: on devait être informé et, à l’heure des menaces du sida, il fallait en tant que citoyen responsable, faire bon usage de sa sexualité, principalement en se protégeant Mais encore, à l’heure d’un féminisme naissant au Québec, il fallait prendre ses responsabilités en tant que femme, c'est-a-dire en évitant les grossesses et en sachant dire «non», mais on pouvait aussi dire «oui».Autrement dit on cherchait à penser la femme comme plus autonome sexuellement tous les «privilèges masculins» d’une sexualité «sans entrave » devaient désormais s’appliquer au féminin.La règle d’or demeurait «pense à toi», soit active sexuellement pas seulement dans le sens d’avoir des rapports sexuels, mais dans le sens aussi d’avoir des rapports satisfaisants et donc d’être «activement à la recherche de son plaisir».Je crois d’ailleurs que les hommes de cette génération ont compris le message en ce qui concerne le plaisir des femmes.En tout cas, c’est ce que la pornographie nous enseigne en présentant habituellement la gent masculin comme des étalons performants qui orchestrent le plaisir des femmes.Rien d’étonnant Ce qui m’étonne pourtant dans les articles parus dans Le Devoir, ce n’est pas tellement la consommation de la pornographie par les jeunes et l’influence que celle-ci exerce sur leurs pratiques sexuelles.Car, on le sait, l’adolescence est une période de la vie où l’individu est susceptible de ressentir son désir sexuel avec beaucoup de force.Si la pornographie intéresse autant les adultes (ce que démontrent les chiffres d’affaires de l’industrie du sexe), il faudrait être naïf pour ne pas penser qu’elle intéresse aussi les adolescents.On est conscient que cet intérêt vient aussi du contexte social dans lequel ils évoluent les images à caractère sexuel, ce n’est pas dans l’histoire de l’humanité un fait nouveau, mais leur distribution massive par les moyens de communication modernes est certainement un trait particulier de notre époque.Les images pornographiques influencent l’imaginaire collectif, l’imaginaire des jeunes et des moins jeunes.Rousseau, croyant à l’importance de la bonne éducation en matière sexuelle, disait déjà «J’ai toujours vu que les jeunes gens corrompus de bonne heure, et livrés aux femmes et à la débauche, étaient inhumains et cruels.Au contraire, un jeune homme élevé dans une heureuse simplicité est porté par les premiers mouvements de la nature vers les passions tendres et affectueuses.» Devons-nous croire pour autant que nos jeunes sont élevés dans la débauche et la corruption?Devons-nous être scandalisés parce que les jeunes rêvent d’abord d’expériences sexuelles et ensuite d’être amoureux?Rien de moins sûr.De surcroît, devons-nous, après 30 ans de lutte féministe, continuer à perpétuer le statut de victime des jeunes femmes qui, un peu plus tôt que leurs aînées, s’adonnent à des activités sexuelles?Voilà ce qui m’étonne dans les articles parus dernièrement dans Le Devoir.Les filles demeurent encore «les premières victimes».Une menace?Avant les revendications féministes, les femmes étaient victimes d'un manque de liberté sexuelle.Aujourd’hui, elles sont encore les victimes, mais d’une trop grande liberté sexuelle.Victimes, toujours victimes, et on connait la suite: s'il y a des victimes, il y a des bourreaux, et on devine qui ils sont Les jeunes garçons, nouveau visage de la terreur sexuelle, sont présentés comme des agresseurs, déjà à l'âge ingrat de leurs 12 ans, alors que la majorité d’entre eux ont plein de boutons et de complexes.Toujours triomphant, à la lumière des scénarios pornographiques, le jeune homme rempli d’une sexualité débordante demeure une menace pour nos vierges (et pas si vierges) jeunes filles.Comme si les filles en général n'étaient pas capables de dire «non», et qu’elles n'avaient pas un minimum de respect et de conscience de soi pour s’adonner aux activités sexuelles de leur choix.Bien sûr, il y a la pression des pairs.Est-ce que cela fait d’eDes de phis grandes victimes que les jeunes garçons?Je serais portée à croire que les jeunes garçons sont soumis à une pression beaucoup phis forte que le sont les filles.Pour les premiers, leur masculinité dépend de ce qu’ils ont ou pas une sexualité active.Mais d’eux, on ne se préoccupe pas vraiment parce qu’on les pense assez forts pour se défendre tout seuls.Par ailleurs, il n’est pas exclu de penser que les filles, sous l’apparence d’un assujettissement, en tant qu’ «objet sexuel» à 15 ans, seraient celles qui dominent réellement Car loin d’être victimes, elles sont en fait l’objet d'admiration de toutes et de tous.Elles sont jeunes et belles, sexy à croquer, et intelligentes aussi.EDes jouissent d’un choix quasiment absolu en ce qui concerne les partenaires sexuels (mais nos sociétés ne veulent pas admettre que cela puisse constituer un privilège lorsqu’il s’applique aux femmes).Les hommes de 10 ans à 78 ans seraient sensibles à leurs charmes! Mais ne soyons pas bêtes, il est raisonnable aussi de penser que le regard porté sur les très jeunes femmes par beaucoup d’hommes adultes est un regard, tout à fait légitime, d’admiration de la jeunesse et de la beauté.Nous, les femmes, on les admire aussi, les jolies jeunes filles.Les moins chanceux et peut-être les vraies victimes sont les jeunes garçons moches, comme je disais, plein de boutons, mais aussi plein de désir, et qui tombent dans les filets de la société mercantile et consommatrice.Pour ces jeunes hommes, le fond de pantalon aux genoux, la casquette en arrière, on dirait que tout est contre eux, même la mode.Pourtant, on nous les représente comme de vieux maquereaux qui orchestrent les fellations des filles, qui, elles, n’ont pas d’orgasme en échange, tout en déplorant par ailleurs que les jeunes aient une conception de la sexualité mécanique et individualiste.Ne pas paniquer Une sexualité mécanique, n’est-ce pas de cela que-parle sans cesse notre culture scientifique, psychologie et sexologie au premier plan?Comment jouir ou comment, surtout, ne pas jouir (trop vite).Une sexualité individuahste, il ne faut pas paniquer non plus.Imaginer que les jeunes s’intéressent d'abord à leurs besoins ne devrait pas conduire à penser nécessairement un repli sur soi.On peut supposer que l’un des besoins du jeune homme est de se faire accepter par les filles, notamment en leur faisant plaisir, surtout s’il compte se faire inviter au prochain «sex-party»! La sexualité se fait au moins à deux (excluant ici la masturbation solitaire), et on peut alors aussi penser que, dans plusieurs cas, il s’agit de deux sujets, ici jeunes, qui apprennent à devenir autonomes dans leurs rapports à soi et à l’autre, qui se découvrent en même temps que l’autre, par des expériences sexuelles.S’il est raisonnable de croire qu’en raison de facteurs biologiques le garçon «se découvre» phis rapidement, est-ce que cela doit conduire à l’idée de la fille comme l’étemelle victime qui ne sait retirer aucun plaisir de ses relations avec les garçons?Non seulement elles seraient victimes mais aussi masochistes, parce qu’elles y reviendraient toujours et encore.Je ne dis pas, évidemment, que l’exploitation sexuelle n’existe pas.Mais on pourrait supposer qu’une fille qui se «fait avoir une fois», n’étant pas heureuse d’une rencontre sexuelle, apprend et s’organise pour ne pas «se faire avoir une seconde fois».Bien sûr si, dans le pire des cas, «se faire avoir» signifie «se faire violer», il faudra entreprendre des mesures judiciaires, mais aussi des mesures préventives en éduquant mieux les filles et les garçons sur le sexe, sur ses plaisirs et ses dangers.Cela étant dit contrairement au psychiatre Pierre H.Tremblay, cité dans le dossier du Devoir, je crois que l’on doit tracer des frontières claires entre la séduction, l’agression sexuelle et le conformisme aux pressions de l’entourage.Ce sont des phénomènes bien différents: une société qui ne voit pas de différence entre se «faire agresser sexuellement» et s’adonner joyeusement à des rapports sexuels avec les copains et les copines parce que «tout le monde le fait» est vraiment inquiétante.Le plaisir féminin et l’ordre social J’aimerais postuler une hypothèse.Il se peut que nos sociétés n’acceptent pas entièrement la sexualité féminine, et surtout celle des jeunes femmes.Le plaisir des femmes a toujours constitué un danger pour l’ordre social.Traditionnellement, la vierge est l’honneur de la famille.On peut comprendre pourquoi: le sexe représente un danger pour la femme, car non seulement elle peut tomber enceinte mais aussi mourir en couche.Aujourd’hui, pourtant, la femme exerce un contrôle sur ses grossesses et ne meurt pratiquement plus en couche (en Occident évidemment).Cependant, n’aurait-on pas conservé cette image traditionnelle de la sexualité de la femme comme quelque chose de mal en soi, c'est-à-dire la sexualité comme une activité dont seuls les hommes peuvent vraiment profiter?Ainsi, nos jeunes filles actives sexuellement se «feraient nécessairement avoir» par les garçons.Comme le suggère la féministe Angela Carter, nous avons peut-être un «commun attachement, hommes et femmes confondus, au mythe de la femme victime irréprochable, vouée à la souffrance».la société aime toujours l’image de la femme passive et érotisée dans ses faiblesses: dans les magazines de mode, la femme jeune, talons hauts, dans des positions inconfortables, souvent les genoux légèrement pliés et les deux pieds pointés vers l’intérieur, on se demande comment elle tient debout En revanche, dans la pornographie, les membres inférieurs féminins sont plutôt pointés vers l’extérieur, et s’il faut se poser des questions lorsqu’on a affaire à une femme nue représentée sur Internet avec un bouquet de carottes dans le vagin, ce n'est pas de la sexualité des enfants qu’il faudrait parler mais bien de celle des adultes.Oui, cette expression de la sexualité génitale est dominante dans nos sociétés (pas expressément le fantasme jardinier!).Alors on peut se demander si l’identité féminine, davantage liée au corps, en comparaison avec Hdentité masculine, ne contribue pas à perpétuer des inégalités entre les sexes au sein de la société.Mais reconnaissons également que le pouvoir du corps en est bel et bien un.Ce pouvoir est à ce point important que des sociétés choisissent aujourd’hui encore de «voiler» cet irrésistible corps féminin.(.] En ce qui concerne les lois de l’amour, je crois que l’individu jeune ou moins jeune apprend rapidement que le génital a aussi ses limites et que la sexualité n’est jamais complètement extérieure aux émotions (on peut penser l'orgasme même comme une émotion).Car si la sexualité pornographique, assurément low emotion, domine sur les écrans d’ordina- ' teur, eDe constitue toujours une sexualité semi-légiti- : me, et cela, même les plus jeunes le savent La sexua- i lité socialement acceptable, dominante sur les petits comme sur les grands écrans, reste en fin de compte la sexualité avec sentiments.g Le plaisir des femmes a toujours constitué un danger pour l’ordre social 1 GBQ: la force d’une institution Par le seul fait qu'elle existe, la (Irande Bibliothèque du Québec est déjà un succès.On peut chicaner sur son apparence extérieure ou s’éblouir de la richesse de ses collections, de la beauté du mobilier ou de la modernité des technologies disponibles, le principal intérêt de la GBQ réside dims la puissance conférée par l’Etat québécois à une institution culturelle d’envergure.Cette puissance ne lui vient pas seulement de l’ampleur des budgets qui lui sont confiés.Par la nature de son activité, la GBQ tirera sa légitimité non seulement d’une élite créatrice et consommatrice, mais du vaste peuple des lecteurs.La Bibliothèque nationale était, jusqu'à présent, une institution invisible.Elle dispose désormais d’une vitrine magnifique et d’un ancrage populaire inédit.les détracteurs d'autrefois, recrutés au sein même de La république littéraire ou éditoriale, ont sjuis doute fini par le comprendre et se rallient à la GBQ.Le bloc de verre ayant jailli dans l’ombre de l'UQAM n’est pas seulement le lieu où des milliers de gens se délecteront de poésie ou de traités scientifiques, mais une force au sein de la société, un formidable levier ixmr promouvoir non seulement la lecture mais la culture comme ciment et aiguillon du projet de société québécois.Les objections suscitées par ce projet étaient des objections de consommateurs.La promotion de la lecture, disait-on, allait être mieux servie en saupoudrant les deniers de l’Etat à un chapelet de bibliothèques locales.Comme si l’un devait empêcher l’autre.Mais surtout, si on avait écouté ces récriminations, on se serait contenté de disséminer l’aide publique à des organisations qui ne seraient pas devenues moins précaires pour autant ?En réunissant au sein de la Bibliothèque nationale des ressources et des services, Québec a créé une structure plus solide.Déjà, elle peut annoncer un accès meilleur que jamais à tous les documents (puisque la GBQ n'abrite pas que des livres) dont un Québécois peut rêver où qu’il vive sur le territoire du Québec et quelle que soit la provenance de l’objet recherché.L'institution peut rassembler des compétences qu’une petite succursale n’est pas en mesure de réunir, soutenir la recherche sur les meilleures méthodes d’archivage ou de diffusion, s’allier à des institutions similaires dans le monde et faire bénéficier les Québécois de cette coopération riche et féconde.Et puis la Grande Bibliothèque peut parler au nom des petites.Sa voix risque de porter davantage.le goût de la lecture naît souvent des rencontres que l’on fait avec des personnes qui nous font découvrir les univers qui se cachent derrière les couvertures de carton ou entre les lignes imprimées.Ce peut être un professeur, un ami, un parent Mais ce goût de lire est d’autant mieux entretenu que le nouveau lecteur peut avoir un accès facile à une multitude de sources, certaines même insoupçonnées par le guide initial.Une (irande Bibliothèque est une fenêtre sur tous les mondes.L’influencq des institutions culturelles bien appuyées par l’Etat déborde largement l’horizon de la culture.la GBQ a permis de revitaliser l'aménagement urbain dims cette zone du centre-ville où la laideur le disputait à la vétusté.L’UQAM vient d’annoncer un projet immobilier qui permettra d’achever l’œuvre de rénovation urbaine entamée sur les débris de l’ancien palais du commerce.L’édifice deviendra lui-même un superbe lieu d’animation.?C’est au sein des institutions que se créent et que sont préservés les traditions et les savoir-faire.Depuis quelques années, en se réfugiant derrière l’argument un peu court voulant qu’il soit préférable d’investir dans la création que dans le béton, les gouvernements ont hésité à investir les montants nécessaires pour conserver à plusieurs institutions culturelles toute leur pertinence et leur utilité.le déshabillage indécent de Télé-Québec en est une illuslration.Jamais cette télévision publique n’a joui des moyens qui auraient dû lui être conférés pour que celle-ci joue son rôle, préside à un renouveau du genre télévisuel et contribue à bâtir un patrimoine audio-visuel nourri par toutes les régions du Québec.A Ottawa, l’Office national du film est victime depuis des lustres la même entreprise de démolition.L’univers culturel est désormais dominé par une logique d’entreprise commerciale.Or il est peu probable qu’une armée de sous-traitants qui se disputent chaque année les budgets de production comme des vautours le cadavre d’un animal mortellement blessé, s’estime responsable de protéger le patrimoine et de bâtir des traditions.la naissance de la GBQ est une belle exception dans ce paysage.Si seulement celle-ci pouvait faire tache d’huile.11 a fallu d’abord qu’une personne y croie et formule une idée.L’ancienne directrice du Devoir, lise Bis-sonnette, a ainsi utilisé la tribune qu’était sa chronique hebdomadaire dans ce journal pour formuler une proposition, la documenter, en débattre et la promouvoir.Cela s'appelle prendre ses responsabilités.Mais cette belle idée serait restée lettre morte sans une volonté politique affirmée.Tant de bonnes idées meurent étouffées par les jeux d’intérêts et la lourdeur des bureaucraties.Sans l’appui et l’intervention politique de Ixiuise Beaudoin et de Lucien Bouchard, le carrefour Berri-De Maisonneuve aurait sans doute conservé la même sinistre apparence.Cela s’appelle le leadership.La GBQ est un cadeau.Ne laissez personne vous l’enlever.Prenez-en possession.Investissez les lieux et ainsi donnez-lui une âme.La vôtre.La nôtre.michel.vennefaj.inm.qc.ca Michel Ven rtc L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine Gerald Dallaire (adjoint au directeur de ( information), Jeanne Corriveau (affairez municipals), Fabien Deglise.Marie-Andrée Chouinard (éducation) Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myies (justice et.faits de société), Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion.Louis-Gilles Francoeur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet), Laurence Clavel.Jean-Guillaume Dumont (commis internet) Isabelle Paré (santé), Louise-Maude Rioux-Soucy (surnuméraire) ; Pauline Gravel (sciences) ; Guillaume Bourgault-Côte (surnuméraire).Michel Garneau 'caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos, Michele Malenfant et Christine Dumazet (relecteurs), Renée I>o Guimont et Serge Paquin (relecteurs surnuméraires) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau photographes) : h l'information culturelle : Michel Bélair [théâtre et cahier culture).)\i]x Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard Lamarche arts visuels et musique).Frédérique Doyon (surnuméraire) ; à l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Dominique Reny (pupitre).Philippe Papineau (surnuméraire), trie Desrosiers.Alec Castonguay.Claude Turcotte.François Desjardins (surnuméraire): à l'information internationale Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque.Guy Taillefer (adjoint au directeur de linformation).Serge Truffaut (éditorialiste) , à l’information politique Hélene Buzetti et Manon CorneÜier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac [correspondants parlementaires à Québec).Kathleen Levesque : Marie-Hélene Alarie (secrétaire à la rédaction) Marilyse Hamelin, Alexandre Shields (commis) La documentation Gilles Paré (directeur) Manon Derome.Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril.Jean de Billy.Marlene Côte.Dave Cameron.Van Hamel.Christiane Legault Amélie Maltais.Jacques A Nadeau.Claire Paquet.Micheline Rueüand, Nadia Sebaï.Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchez, Philippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Can tara, Richard Des Cormiers.Donald Filion, Nathalie Zemaitis.Olivier Zuida.Yannick Morin (surnuméraire).INFORMATIQUE Yanick Martel \responsablei.PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Linda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Roxanne Labelle (coordonnatrice a la promotion et a la sollicitation), lah Sénéchal-Berthiaume.Monique L’Heureux.Rachdle Leclerc, Caroline Simard L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furov Germain Hæck (contrôleur).Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adrotnte administrative).Claudine Chevrier.Monique Proteau.Danielle Ross LE DEVOIR.LE LUNDI 2 MAI 2 0 0 5 r ¦ A 8 RÉVOLUTION SUITE DE LA PAGE 1 finalement devenue inutile à cause de la progression de la maladie.En 2000, dans le cadre d’une série de reportages, j’avais pu constater l’état catastrophique des hôpitaux britanniques.Une vedette de la télévision, le EU Robert Wilson, avait alors comparé les services de santé de Sa Majesté à ceux de la Pologne.Cinq ans plus tard, la situation est méconnaissable.Nombre d’hôpitaux ont été rénovés et les salles d'urgence bondées ont généralement disparu.Un patient est assuré d’y rencontrer un médecin en une heure ou deux, le délai ne dépassant pas quatre heures dans le pire des cas.«Il n'y a pas de secret, explique Howard Glennester, de la London School of Economies.Il y a cinq ans, le Royaume-Uni était au dernier rang des pays européens pour ce qui est des dépenses en santé.Il a aujourd'hui rattrapé la moyenne européenne.» En 1999, les Britanniques ne consacraient que 5,5 % de leur produit national brut à la santé.Ils y consacrent aujourd'hui 8 % et le chiffre devrait atteindre 9 % avant 2008.En huit ans, le nombre de médecins, d’infirmières et d’employés de la santé a augmenté de 20 %.•Nous avons 24 heures pour sauver le système de santé britannique!», avait lancé Tony Blair en 1999.Le cri avait semblé étrange de la part d’un premier ministre qui avait poursuivi pendant son premier mandat les réductions budgétaires draconiennes planifiées par Margaret Thatcher.En novembre 2001, le chancelier Gordon annonce des investissements massifs en santé.Les budgets vont croître de 7 % par année (en termes réels) jusqu’en 2008.Il s’agit ni plus ni moins que de redonner vie au plus vieux système de santé du monde.Les résultats ne se font pas attendre.Le temps d’attente d’un traitement pour le cancer ne dépasse plus deux semaines.Les délais pour une opération ont chuté de neuf à trois mois.Lorsqu’un cancer a été diagnostiqué chez l’épouse d’Howard Glennester, elle lut admise à l’hôpital quatre jours plus tard.Mais les travaillistes ont aussi utilisé cette conjoncture exceptionnelle pour introduire des réformes importantes, dit Glennester.•Auparavant, l’Etat attribuait un budget aux hôpitaux, et ceux
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