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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2005-05-07, Collections de BAnQ.

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DEVOIR.LES SAMEDI DIMANCHE S M A I 2 O O 5 7 ET Emio Greco entre l’ordre et le chaos Page E 4 DOSSIER La scène en crise ?Quelle crise ?Pages E 6 et E 7 LE DEVOIR © DANSE DGM Danse génétiquement modifiée; le corps de demain sous la loupe dans CYP 17 FRÉDÉRIQUE DOYON La fin du siècle dernier a déversé son lot de peurs — in-formatiques, politiques, apocalyptiques.En sondant les enjeux appelés à marquer ce début d’une ère nouvelle pour en faire une pièce, André Gingras ne se doutait pas qu’il préparait le terrain de son succès.Au-delà des fantasmes ballottés par l’air du temps, une renaissance bien réelle ^’annonce pour lui.A l’époque, le chorégraphe d’origine canadienne basé aux Pays-Bas n’a qu’une création à son actif mais beaucoup de millage à titre de danseur, tant pour des artistes de la danse que pour ceux du théâtre, des deux côtés de l’Atlantique.Mais, après avoir travaillé pendant huit ans pour le dramaturge Robert Wilson, du sang de créateur coule indéniablement dans ses veines.Au festival CaDance de La Haye en 2000, son solo CYPI7 fait sensation et le propulse au rang des créateurs en vue aux Pays-Bas.Depuis, il multiplie les projets, mais c’est avec cette pièce qui l'a vu naître comme chorégraphe qu’il baptise la scène montréalaise et canadienne cette semaine.•Je trouvais important de montrer où on en était, comme société et dans les arts, explique en entrevue au Devoir André Gingras, dans un français rouillé par les années passées aux Pays-Bas, à propos de la gestation de cette oeuvre charnière.Je voulais aborder un thème qui reflète l’état du corps da^s la société.» À l’époque, la vache folle accaparait les médias européens.Derrière les questions plus alimentaires se dressait le spectre du génie génétique, qui commençait à montrer des signes concrets de son potentiel de transformation de la vie, à la fois fascinant et inquiétant Rassemblant ces phénomènes et leur impact sur la vie humaine, il crée un solo comico-absurde où le corps semble en proie à une nervosité extrême, risible, incapable de compléter un geste qu’il semble décomposer et recomposer à l’infini.CYPI?renvoie d’ailleurs à l’identification du gène responsable de la réaction chimique qui s’opère dans le corps à la suite d’un stress, mieux connue sous le nom d’adrénaline.VOIR PAGE E 2 : DGM MAKI h LHOUINAKD Plonger Benoît Lachambre et Carol Prieur Avec de nouveaux espaces et un calendrier resserré, le festival Elektra, pour sa sixième mouture qui débute cette semaine, continue d’allier musique électronique de pointe et création visuelle.Avec les Front 242, Red Sniper, UVA et D-Fuse, quelques-uns des plus importants groupes et VJ de l’heure en art technologique, la musique se fera plus que jamais visuelle.Mais le festival Elektra propose cette année un programme qui donne à la notion d’interactivité un tour de vis supplémentaire.Bienvenue dans l’«inter-réactivité».BERNARD LAMARCHE Lors de la conférence de presse du 6' festival Elektra, Patrick Masbourian, porte-parole de l’événement, a lâché le mot «inter-réactivité» au sujet de la programmation.Lorsqu’il est marié à la technologie de pointe et à un brin de créativité, l’art de l'installation peut proposer des rencontres plus incarnées entre les œuvres — des machines qui cherchent à se faire oublier en tant que machines — et le public.Cet amalgame largue loin derrière les bornes qui n’ont d’interactif que le nom et qui font de vous les héros d’une aventure aux ramifications limitées.L’approche n’est pas inédite, mais elk semble désormais prendre une plus grande place.Les machines réagissent à votre présence et provoquent à leur tour des réactions, influencent vos comportements.Ainsi, la communication emprunte les voies de transactions complexes entre les ordinateurs et vous.En toute honnêteté, Patrick Masbourian avoue avoir lancé le mot à l’improviste.Mais derrière cette intuition devait bien se cacher quelque chose, non?-Je n'ai pas fait une thèse là-dessus, mais je trouvais que plusieurs artistes l’avaient explorée dans le cadre de certaines œuvres présentées à Elektra.Par ta présence physique, par ta gestuelle, par ton déplacement, et dans certains cas parce que tu peux dire, tu vas influer sur le comportement d'une machine, d’une œuvre, et cette machine et cette œuvre vont réagir à la présence et vont faire réagir le visiteur et ainsi de suite.» Ce vaet-vient s’approche peut-être le plus d’un négoce émotif journalier, de modes de communication connus, de transac- tions quotidiennes.«Tu réagis à ce que tu as provoqué, en d’autres mots, complète le porte-parole.Ce que j’aime beaucoup, c’est la réaction en chaîne que ce contact provoque, qui devient un vrai dialogue.» On n’en est plus depuis belle lurette à des bornes interactives qui se limitent à un questionnaire qui déballe, au mieux, une histoire dans laqueDe le visiteur est appelé à se promener et à explorer diverses possibilités.U y a fort à parier que cette nouveDe option sur l’interactif sera traitée à fond par Chris Salter, professeur adjoint à Concordia au département en design et arts informatiques.Ce dernier prononcera en effet une conférence, k 13 mai à l’Usine C, intitulée •Espaces visuels et sonores réactif - Immersion, performance et élasticité du temps».Cantique n° 3 Une des œuvres exemplaires de cette approche dans Elektra, selon Masbourian, est l’œuvre de Marie Choui-nard et de Louis Dufort Le Cantique n° 3, qui fait suite aux versions cinématographique et multi-écran de l’œuvre, revient au tête-à-tête, entamé dans les deux premières versions, entre un homme et une femme pour lesquels le souffle, la voix et les cris, parfois étouffés, sont les moteurs VOIR PAGE E 2 : ELEKTRA www.fta.qc.ca BILLETS EN VENTE DES MAINTENANT Festival de théâtre des Am èm*i q u e s m I mËÊÊÊMkJzTZ JHp ^tÊÈÈÊKÊr «lu i»u»t mu !J Juin î-?OCJ!j |i (¦(!.!¦ a INFO-FESTIVAL Furfa:!.s spectacles Forfaits héberqement 15141 871-2224 1-866-844-2172 L' Articulée MnilüSIOtl Mol ifra fs/li tr tnt In ( .oit n llrttjtnllnr* llnyintttJt TortiriVr» LHlItos N i LE DEVOIR, LES SAMEDI Le happening théâtral à Québec ! 25 MAI AU 5 JUIN 2005 La chambre d'Isabella Belgique Une présentation Mc( Earthy Ter ranIr Sur le plateau, neuf interprètes disentjouent, chantent et dansent la vie d'Isabella.un très réjouissant happening théâtral « Avec La Chambre d'Isabella, Jan Lauwers, Viviane de Muynck et la joyeuse bande de Needcompany répondent par des figures de liberté et de jouissance aux ersatz d'un monde abêti par le mensonge » Mouvement Half Life Toronto En anglais avec surtltres français Qu'est-ce qui demeure quand les souvenirs s'effacent?Une méditation poétique sur l'identité, la vie et la mémoire.«Production magnifique et brillante» The Globe and Mai! Danse sur des verres Iran En farsi avec surtltres français Première nord-américaine I Un spectacle qui parle à l'âme et rejoint le cœur.c’est un appel à la liberté, le cri d'une féminité insaisissable.«Après Bonn et Moscou, Danse sur des verres a laissé Bruxelles les larmes aux yeux» Le Monde Vie et mort du roi Boiteux Québec Une présentation LE SOLEIL.Frédéric Dubois et sa bande s'en donnent à coeur joie dans cette saga familiale fabuleuse et pitoyable.«(.) une aventure incontournable au sein d'une création mythique de notre théâtre» Le Soleil «Voir le roi Boiteux est une expérience, un «trip», un voyage extraordinaire.» Le Devoir SOIRÉE énéfice 25 MAI JAMES HYNDMAN COMÉDIEN ET PRÉSIDENT D'HONNEUR ¦ «Cet événement rassembleur donne un air • de fête à la cité et nous permet, à nous , spectateurs - le temps d’une représentation -de voir le monde autrement, de le questionner, de se révolter, et parfois, de se réconcilier avec lui.Soyez avec moi, complices de cette Belle cause» , , .17h30 Cocktail dînatoire à l’Observatoire de la capitale 20 h Spectacle La chambre d'Isabella [Belgique] au Grand Théâtre de Québec 22 h Entretien avec le metteur en scène Jan Lauwers et la comédienne Vivianne De Muynck, animé par Brigitte Haentjens INFOS ET RÉSERVATIONS : 692.3131 www.carrefourtheatre.qc.ca SOIRÉE IS 27 MAI Totalement déraisonnable ! Le ZINK REVIVRA POUR UNE SEULE SOIRÉE EN 2005! Ne ratez pas cette occasion unique.BINGO + DJ Vendredi 27 mai dès 21 h CARTE DE BINGO REQUISE Vendues à l'entrée du ZINK au coût de 5$ ou 3 cartes au coût de 12$.Aussi disponibles à la billetterie du Carrefour international de théâtre au 369 rue de la Couronne, 4' étage Théâtres d’Aille\ :: UNE PRO TI0N CA R R INTERN DE TH 0 II E I E C Billetterie 529.1996 www.carrefourtheatre.qc.ca Québec 52 MiA ‘.«rri-n * E 2 7 ET DIMANCHE 8 MAI 2 0 0 5 ?Culture - DGM SOURCE AGORA DE LA DANSE CYP 17J d’André G ingras _ ¦ " 4/^: V r SUITE DE LA PAGE E 1 Une gestuelle unique Dans un espace restreint d’une blancheur immaculée qui évoque le laboratoire, •l’homme est mis en situation de stress trois fois dans la pièce», explique-t-iL En echo, le travail vidéo de Fabio laquone suggère un homme réduit à sa simple copie virtuelle, tandis que l’interprète Kenneth Flak livre un monologue où surgissent les scénarios d’une conspiration politique.A trop vouloir se réinventer et se perpétuer, une schizophrénie destructrice nous guette-t-elle?La question est lancée, avec humour, grande leçon apprise auprès de Robert Wilsoa •Bob montrait deux morceaux de papier, un noir et un blanc», raconte André Gingras, qui a travaillé pendant huit ans auprès du dramaturge réputé, notamment pour la tournée de Seventy Angels on the Facade (1998) et Prometheus (2001).«Il disait: “Quand on les sépare, le noir reste noir et le blanc reste blanc.Mais quand on les met ensemble, chaque couleur prend plus de valeur.Le noir devient plus noir.” C’est une belle allégorie pour le théâtre.En ajoutant l’humour au côté sombre, on rit mais on réalise encore plus que c’est terrible.» Quoiqu’il insiste sur la distance et les différences qui distinguent leur travail, il reconnaît l’influence énorme que ce monstre sacré du théâtre expérimenta] a eue sur lui.*/’ai énormément appris de lui, dit-il.C’est un maître de la lumière.» Le chorégraphe a aussi puisé chez lui le désir de mêler d’autres formes d’art à la danse, notamment l’art visuel.Les grandes questions contemporaines constituent le fil conducteur des œuvres d’André Gingras.Depuis CYFi7, il a créé The Sweet Flesh Room (2002), où il aborde l’enjeu de la sécurité, puis The Lindenmeyer System (2003), première œuvre intégrale qui traite des phénomènes migratoires.A chaque nouveau thème, il développe une gestuelle spécifique.«Dans chaque pièce, /essaie de trouver une manière de bouger qui s’accorde avec le thème.» Pour le solo CYPI7, il a passé en revue toutes les maladies génétiques jusqu’à ce qu’il découvre le syndrome de Tourette.•C’est devenu la base du langage physique».confie-t-il.Le concept de corps sans organes du philosophe Gilles Deleuze l’a aussi beaucoup inspiré.Pour l’apport vidéographique, André Gingras et son collaborateur ont puisé notamment dans le breakdance pour trouver un vocabulaire le plus «digital» possible.Formé en danse à l’université Concordia de 1986 à 1989, André Gingras a rapidement fait le tour de Montréal et de Toronto.Il a connu nilumination à New York, où il a vécu et travaillé pendant cinq ans, notamment avec Doris Humphrey et Christopher Gillis (le frère de Margie).Après quoi, la Grosse Pomme lui avait livré tous ses secrets, lui laissant surtout l’amère déception d’une nation qui n’a pas a cœur le développement artistique.Rien n’est parfait et l’Europe a ses défauts, note-t-ü, mais elle cultive au moins une volonté politique claire en matière de soutien artistique.«Il y a beaucoup d'infrastructures pour la danse: un circuit de festivals, des centres de production, et il y a de l'argent.» A La Haye où il est basé, André Gingras bénéficie, à l’instar d’une poignée d’autres chorégraphes, du parrainage de Korzo Producties, maison de production affiliée au théâtre Korzo, qui offre un lieu pour les répétitions et le montage, des techniciens, des services d’administration et de promotion.Dylan Newcomb, qui partage la soirée toute néerlandaise de l’Agora de la danse avec André Gingras, se produit aussi sous la bannière de Kprzo Producties.Né et formé aux Etats-Unis, il danse pour le prestigieux Nederlands Dans Theater pendant sept ans avant de s’engager, à partir de 1999, dans une carrière de chorégraphe et danseur indépendant.Son solo Breath, une œuvre chorégraphique et musicale qu’il interprète lui-même, complète le triptyque Full Circle, qui porte sur la lente éclosion de l’individu.cyp17 D’André Gingras BREATH De Dylan Newcomb Du 11 au 14 mai à l’Agora de la danse ELEKTRA SUITE DE LA PAGE E 1 de la liaison.Dans sa version interactive, ce sont les utilisateurs qui deviennent les manipulateurs de l’œuvre.Ils joueront à la fois les rôles de VJ et de DJ, live, grâce à un outil de montage en temps réel qui procède par granulation synthétique et par boucles.Ainsi, les visiteurs sont appelés à se glisser dans la peau de cet homme et de cette femme pour devenir les marionnettistes d’une performance visuelle et sonore dont les règles sont données par Chouinard et Dufort Rencontrée cette semaine, Marie Chouinard aime l’idée d’une rencontre plus riche que celle que permet une interactivité simple.La chorégraphe tient toutefois à ce que l’interface de communication entre le visiteur et la machine demeure la plus simple possible.Devant le travail de Chouinard et Mesdames, Messieurs, damoizelles aux cuisses fraisches et aux tétins mollets, beuveurs très illustres et vous U-bas dans le noir, Verolez très précieux et aultres stratèges de commandite.Au commencement n’étoit le Verbe, mais le Cri.Puis vint le Festin.DU 3 AU 14 MAI 2005 5m marti au samedi à 20(130 RABELAIS 5e PATRICK DROLET et OLIVIER KEMEID Avec OLIVIER AUBIN, MARIE-JOSÉE BASTIEN, PATRICK DROLET; OLIVIER KEMEID; ALEXIS MARTIN et SIMON ROUSSEAU à ESPACE LIBRE 1945 Fullum MÉTRO FRONTENAC ENTRÉE 21$ PRÉ-VENTE 30$ la pake RÉSERVATIONS (514) 52I-419I le'/wuvpnq UtMu- nue jrroÔHCtion 5m 4JTf^ NOUVEAU THÉÂTRE | C EXPÉRIMENTAL Vefmmft/ www.nte.qc.ca Di \ < H II L AiTtoricm* Dufort, quelques boutons sont offerts, qui fournissent un langage avec lequel l’usager pourra se familiariser d’abord avant d’en explorer les possibilités.Avec le Cantique n° 3, on devient presque créateur.«D’une certaine manière c’est vrai, concède Chouinard Mais c’est surtout un jeu.On est en train chaque fois de créer un nouveau montage, une nouvelle conversation à partir du souffle de cet homme et du souffle de cette femme.Je ne prétends pas que c’est une nouvelle œuvre chaque jbis.» L’œuvre propose une modalité de communication plutôt qu’un propos sur l’interactivité elle-même.Si entre la borne et le spectateur la relation est simple, c’est dans l’accord entre les deux pôles offerts par l’œuvre que les choses se compliquent bellement.«Tu peux répondre à l’autre personne en envoyant un signal différent.Si un des personnages crie trop, par exemple, tu peux envoyer avec l’autre un chuchotement.» Présentée à Monaco en décembre, la pièce parvient selon la chorégraphe, à attirer les gens et à les retenir.«À travers la machine, deux personnes se rencontrent.Un dialogue se crée entre les deux, ils communiquent de façon non verbale.» La pièce du duo Chouinard-Du-fort est présentée à l’Usine C, le quartier général d’Elektra.Des espaces qui répondent Ailleurs, au Musée d’art contemporain de Montréal, Rafael Lozano-Hemmer, un artiste québécois d’origine mexicaine, présente une œuvre intitulée Frequency and Volume.Masbourian rattache son travail à l’idée d’inter-réactivité.L’œuvre, selon lui, «transforme le corps en syntoniseurs humains.Les spectateurs présents projettent leur ombre sur un écran géant, et selon leurs déplacements captent de véritables ondes radio et manipulent le volume en fonction de la grosseur de leur ombre.On dépasse l’écran tactile et l’œuvre appelle à ce que Ton se transforme en performeur.On a un réel échange, qui est basé sur un véritable échange sensoriel.Ici, si le son est trop fort, je vais peut-être me retirer.Et la machine va réagir à la manière avec laquelle je vais me retirer.Il y a un échange.» Dans la salle des pas perdus de la Place des Arts, la pièce Vétroy, des Platinistes numériques (Patrick Lamarre, Danny Perreault et Thomas OueUet Fredericks), en collaboration avec Dominic Gagnon et Jason Arsenault cadre dans ce même type d’approche.L’œuvre propose un mur de téléviseurs qui joueront du désir des gens d’apparaître au petit écran.Les mouvements des passants devant l’appareil généreront une danse toute de bruits et d’ambiances sonores électriques, comme l'affirme le programme.Le Devoir ELEKTRA Du 10 au 15 mai En divers lieux www.elektrafestival.ca Au sujet du festival Elektra, lire aussi Bernard Lamarche en page E 8.Le Cabaret du 50e SOIRÉE BÉpÉFICE FESTIVE DERNIÈRE CHANCE ! Joignez-vous à dette grande fête! Il reste ertcore quelque! billets pour la grande célébration deg 50 ans du Quat’Sous ! Invités surprise interprétant des chansons de l'Osstidcho • Yvon Deschamps tara un noureau monologue • Le ûuat’Sous qudsse donee?¦¦ • Gilles Reuaud et René Richard Cyr interpréteront un serait de Hosanna de Michel Tremttay • France Castel, Monique Richard.Linda Sorgini et Nadine Turbide chanteront un extrait du Blues du toaster • Aux tables tournantes en lin de soirée Maxime Dénommée et Maxime Gaudette et !e BINGO DU ÔÜAT'SOUS • e P t LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE S M A I O O 5 K ;i théâtre jeunes publics Culture C H A N S O N Une fugue « sur place » L’HERITAGE DE DARWIN Texte: Evelyne de la Chenelière.Mise en scène: Sylvain Scott Avec Jacques Laroche et Frederic Paquet Scèno, costumes, accessoires: Olivier Landreville.Une production du Théâtre Le Clou présentée à la Maison Théâtre jusqu’au 15 mai.Public visé: les enfents de 11 à 14 ans.Durée: environ une heure.MICHEL B É LAI K L> un.Julien, vient d’une famille i tellement aisée qu’il est là parce qu’il n’a pas voulu suivre sa mère en Italie ou son père à New York.L’autre, Jacques, vit avec un père akoolo, une mère acariâtre et une grand-mère à moitié folle dans un quartier tout ce qu’il y a de populaire.Ils sont tous deux à Montréal pour l'été, à essayer de passer le temps ensemble en faisant tout ce qui leur passe par la tête, ou presque.Ils ont 12 ou 13 ans, pas plus.Et comme la majorité des enfants de 12 ou 13 ans, ils jouent aux grands.Es viennent d'aiDeurs de se mettre les pieds dans les plats en empruntant de l’argent pour faire un coup fumant Bref, au moment où s’amorce cet Héritage de Darwin, la deuxième production du Clou pour ce créneau très précis des 11-14 ans, Julien et Jacques sont dans la merde.Tout cela, on le sait assez rapidement L’espace de deux ou trois ré-pEques et de cinq ou six phrases, Evelyne de la Chenelière a vite fait de poser les choses clairement on sait que Julien et Jacques sont en train de faire une fugue «sur place» sans que personne le sache.Et qu’ils doivent trouver une façon de se sortir de la situation embarrassante à laqueUe on faisait ahusion plus haut.Bon.Mais l’action de la pièce n’est pas là.Elle est plutôt dans l’interaction entre Jacques et Julien et dans leur perception du monde qui les entoure.Dans cette angoisse sur le mode mineur qui est le lot des enfants de 12 ou 13 ans qui ne sont phis tout à fait des enfants— puisqu’ils ont déjà quitté l’école pri- maire — mais qui ne sont pas encore des adolescents, eux qui viennent à peine d’aborder le secondaire.C’est surtout chez Julien qu'on verra tout cela s'exprimer.Julien qui est obsédé par Darwin et sa théorie de l’évolution voulant que | seuls les plus forts survivent.Est-il un fort ou un faible?Parviendra-t-il à survivre dans le monde impi- 1 toyable auquel il fait face alors qu’il se demande déjà quelle est sa place à lui avec ses si faibles moyens?Jacques, lui, est plus pragmatique.Il cherche tout autant et même plus que Julien à trouver des solutions concrètes à leur problème commun.Evidemment c’est lui qui trouvera.Pour transcrire ce monde à la fois éparpillé et tout en subtilités où l’on reconnaît bien l'ecriture d'Evelyne de la Chenelière qui aime partir d’événements concrets, Sylvain Scott a appliqué la méthode Le Clou à sa mise en scène.Il a d’abord campé les deux personnages de façon bien claire: Jacques Laroche et Frédéric Paquet illustrent très rapidement, par leur façon de jouer, les différences de fond qui particularisent Jacques et Julien.D a ainsi fait de Jacques une sorte de patenteux qui s'amuse avec les gadgets vidéo qu’il trouve chez Julien; la production s’appuie donc tout au long sur des trouvailles souvent étonnantes qui font le délice des jeunes spectateurs.Malgré tout, on sentait des remous dans la safle l’autre matin à la Maison Théâtre.Comme lorsque les choses s’étirent en longueur.Peut-être les enfants de 11 à 14 ans sont-ils encore trop accrochés au découpage des jeux vidéo ou de la télé conçue spécialement pour eux.et peut-être Sylvain Scott trouvera-t-il le moyen de donner à sa mise en scène une allure un peu plus vive.Mais, tout compte fait, L’Héritage de Darwin est beaucoup plus réussi que La Langue du caméléon, le premier spectacle du Clou visant ce public très précis qui mérite bien qu’on s’attarde à lui.On est sur la bonne voie.Le Devoir Ce drôle d’oiseau.Emilie Simon était à Montréal pour le lancement de la bande originale du film La Marche de l'empereur *4# SIMON MÉNARD Jacques Laroche et Frédéric Paquet illustrent très rapidement, par leur façon de jouer, les différences de fond particularisent Jacques et Julien.qui MARTIN BILODEAU Pour La Marche de l'empereur, son film sur les manchots de l’Antarctique, Luc Jacquet voulait une bande sonore aux antipodes de la musique des documentaires animaliers traditionnels.Si bien qu’il a fait appel à une chanteuse de 27 ans aux antipodes de la variété française traditiormeUe, Emilie Simon.Le résultat: une œuvre encensée.qui prend l’affiche le 20 mai chez nous, ainsi qu’un disque, sublime, en magasin depuis mardi.La jeune déesse de la musique électronique, qu'on a découverte en 2003 avec un premier album éponyme, passait par Montréal cette semaine afin de promouvoir cet album sur lequel les sons et sa voix s'entremêlent pour faire parler le continent de glace et ponctuer la lente migration des manchots.•La musique plus éthérée, avec les tintements de glace, illustre ïim-mensité antarctique, les éléments.À côté de ça, les voix, les cordes, rejoignent l’intime, la petite vie du manchoU, explique la musicienne originaire de Montpellier, qui a travaiUé ces deux axes opposés et complémentaires afin d’ouvrir un dialogue entre l’infiniment grand et l'infiniment petit C’est après être rentré d’Antarc-tique avec ses kilomètres de rushes que Luc Jacquet a pris contact avec ce drôle d’oiseau.Coïncidence formidable, celle-ci travaillait à l’époque sur une chanson, Ice Girl, pour laqueUe elle se servait de glaçons comme instruments de percussion.«On dit souvent que la musique électronique est froide.J'avais envie de pousser cette idée un peu plus loin», m’a-t-elle confié à la table d’un café, de vant un thé au lait qui refroidissait «J’ai mis Ice Girl en complément sur le disque parce que cette pièce [qui ne figure pas dans le film] inaugure mon travail sur la glaçe.» A l’inverse.Ice Girl ferme La Marche de l’empereur, un album d’expérimentations soft daps l’esprit du film, dans le ton d’Emilie Simon.De fait la chanteuse espérait qu’au cinéma les images de Jacquet et sa musique ne feraient qu’un.Parallèlement, elle voulait que son disque puisse vivre et respirer sans les images, voire qu’au-delà de son rôle narratif, ses morceaux puissent acquérir leur propre indépendance.«Je n’avais pas envie de faire un disque qui ressemble à un catalogue de thèmes.Autant acheter le DVD.Je me suis demandé ce que moi-même j’aimerais acheter advenant que j’aime la musique d’un film.Ça m’a donné du recul sur ce que je faisais et ça m’a permis de faire un album adapté au médium, extrait de la vision globale du film.» Résolument à contre-courant des modes et des attentes, La Marche de l’empereur porte sa griffe et libère sa voix De fait sa voix cristalline et les chœurs (quelle __-—T H É Â T R E —:_ DENISE-PELLETIER Més UNITY, MIL NEUF CENT DIX-HUIT i DeKevinKerr| Traduction Paul Lefebvre A Mise en scène Claude Poissant | Théâtre PàP J LES FRIDOLINADES ¦ De Gratien Gélinas | Mise en scène Jean-Guy Legault J BRITANNICUS ¦ De Racine | Mise en'scène Martin Faucher / LA PRINCESSE TURANDOT 9 D aprèsGoZZi et PuCCini j Adaptation et mise en scène HugO BélângGF Théâtre Tout à Trac HORS SAISON JE SUIS UN SAUMON | LE FANTÔME DE SHAKESPEARE | RIRE FRAGILE Texte, mise en scène et interprétati' on Philippe Avron | Pulsar 3 > ™ Assistez à 5 spectacles pour seulement 75 $ q > Abonnés : tarifs privilégiés pour les f P F fir R A R R cruartarlec hr.rc calera la Callo rntUyDUnlll spectacles hors saison et la Salle Fred-Barry.SAISON 2005-2006 EN COLLABORATION AVEC GC Quibet IIMSttCNIHtMrS IT tllLfTTIIIf www.denise-pelletier.qc.ca (514) 253-8974 4353, n* SMitt-Cithmot Eit Montré»! (Qc) HIV 1« St JACQUES GRENIER LE DEVOIR Selon Émilie Simon.La Marche de l’empereur est «un dialogue entre la musique et l’image».assure elle-même) y sont très presents, très assumés.Plus que sur son premier album, pourtant essentiellement composé de chansons.«Le premier album était quelque chose de fragile, de personnel, d’intérieur, de pudique, qui me ressemblait totalement à l’époque où je l’ai fait.La Marche de l'empereur est au contraire un dialogue entre la musique et l'image, fl y a un rapport de puissance qui m'obli- geait à convaincre l'image, sans l’envahir ou me laisser bouffer par elle.Im nature du projet m'a poussée à sortir de moi et à évoluer dans la communication.» L’album aurait pu être un aparté dans sa carrière.Au contraire, c’est une œuvre pleine et entière, qui rappelle ici Bernard Herrmann (Attack of the Killerbirds), là Kate Bush (Song of the Storm), et dont la création l’a oxygénée.11 est vrai qu'avant l'intervention des musiciens, au dernier acte de la creation, cette fille-orchestre travaille dans l’intimité de son studio, bidouille et crée des sons en solo.«1m solitude me permet de créer de façon totalement transparente.Elle me permet de prendre toutes les decisions, de prendre mon temps, de savoir pas à pas où je vais.Je me pose énormément de questions et j'aime bien être celle qui trouve les réponses.» L’exercice parait d'autant plus vertigineux dans le cas d’une œuvre de commande, avec des paramètres pné définis.Or, dit-elle, «ce projet [luil a donné l'occasion de développer [son] imaginaire.Parce que l ima ge était pour (elle] un canaliseur d’imaginaire, qui |1| 'aiguillait et |lui] permettait d’aller plus loin dans cette direction».La pièce The Voyage, qui clôt le parcours de la b.o.(avant deux titres complémentaires), est un poème symphonique qu’on dirait presque en rupture avec l'album, très éthéré, un clin d'œil aux grands thèmes cinématogra phiques à la John Williams, que hi chanteuse, à mi-parcours de la piè ce, vient appuyer d’un chœur à b Bruno Coulais.«J’amis envie, pour ce premier essai au cinéma, de m'amuser avec ces grands thèmes très caractéristiques îles jilms.J'avais en tète des thèmes très épiques et lyriques, pleins de violons, et qui portent en eux cette dimension d’épopée, de conquête, d'espoir, etc.» 11 ne fait aucun doute que, dans son domaine, cette fille d'un ingè nieur du son est déjà perçue comme une conquérante.Elle a conçu son prochain disque du même souffle que celui-ci, si bien qu’on devrait le voir apparaître chez les disquaires début 2006.la marche d’Emilie Simon ne fait que commencer.IA MARCHE DE L’EMPEREUR Emilie Simon Universal du 2 mai au 11 juin 2005.514 845 7277 50e saison Admission : 514.790.1245 STaska Texte Harold Pinter Traduction Maryse Wards Mise en scène Estelle Clareton .^ [£i vB Une production du Théâtre de Quat'Sous ëfc: m * va mw, -v i LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE 8 MAI 2 0 0 5 Culture DANSE Entre l’ordre et le chaos Emio Grecoy demi-dieu de la danse européenne, présente Rimasto orfano FRÉDÉRIQUE DOYON On dit de la beauté qu’elle fait tourner les têtes.Mais attention, avec Emio Greco, Italien basé aux Pays-Bas, les têtes pourraient tourner sur elles-mêmes à l’infini, entre l’effroi, l’extase et le délire.Car sa danse, non seulement belle, sécrète une étrangeté, doublée d’une puissance qui semble venir de l’au-delà.ou de l’en-deçà.D a une manière de bouger tout à fait unique.Des critiques d’Europe et d’Amérique ont comparé son intensité à celle de Méphisto-phélès d’un Nijinski moderne.L’énergie du geste se propage follement du torse au bout des bras et même jusqu’au faciès de ses danseurs.Et pourtant, le corps semble en même temps terriblement concentré, mesuré.Cette impression paradoxale sied tout à fait à sa vision de la danse dont le corps, à la fois traversé de pulsions et capable du plus grand ordre, constitue à la fois le point focal et le point de fuite.La source du mouvement se situe «entre ce qui est physique et un état de réflexion», précise Emio Greco, dans un entretien téléphonique au Devoir, depuis la Californie, au milieu de la tournée nord-américaine de sa compagnie.Pour lui, le corps plus que l'esprit donne accès à une forme de transcendance, même si, à l'inverse, il reconnaît passer beaucoup de temps à réfléchir en studio afin de donner naissance au geste.La danse est un «chaos réglé, documenté, contrôlé».Ce qui rend sa performance si troublante, c’est qu'elle puise sa grâce dans la formation classique qu’il a reçue, qui le fascine, mais qui le porte aussi à pervertir ses codes.Sa fascination est autant celle de l'esthète que celle du scientifique.«Les formes rigides, c’est bien, ça donne quelque chose à confronter,-à traverser, d conquérir, avec quoi dialoguer», déclare-t-il.Emio Greco aime cette tension entre la rigueur extrême et le chaos incontrôlé.En laissant les forces vives et in-formes du corps s’exprimer et jouer avec les codes et techniques prémoulés du ballet, le jeune chorégraphe forge une écriture chorégraphique novatrice dont on peine à retracer les origines et les filiations.D’ailleurs, Rimasto orfano, qu'il présente à Montréal et à La danse d’Emio Greco est non seulement belle, elle sécrète aussi une étrangeté, doublée d’une puissance qui semble venir de l’au-delà.ou de l’en-deçà.USA RATZAL Ottawa, s’ouvre sur cette phrase dramatique «Emio Greco est mort», alors qu’il apparaît sur scène quelques minutes plus tard.Le titre de la pièce, qui signifie en français «resté orphelin», prend donc tout son sens: Emio Greco est en quelque sorte orphelin de toute esthétique, de tout maître.Pourtant, il a œuvré auprès d’artistes exceptionnels, au talent complexe, tel Jan Fabre et Saburo Teshigawara, dont il reconnaît l’influence, «mais pas de la façon dont on peut l’imaginer», affirme-t-il, soucieux de distinguer les apports concrets, formels d’un accompagnement dans la maturation.Le sens de la théâtralité de Fabre fut une révélation pour le jeune danseur qu’il était alors.«Il m’a fait découvrir le monde caché derrière les apparences, confie-t-il.Quand j’ai dansé pour Saburo [dans la pièce I Was Real], j’étais déjà investi dans mon propre travail [de chorégraphe]», nuance-t-il.Il reconnaît partager avec celui-ci des états de corps, entre matérialisme et immatérialité.Emio Greco a fondé sa compagnie Emio Greco / PC en 1995.Les initiales sont celles de son collaborateur, le metteur en scène Peter C.Scholten, dont l’apport artistique est crucial, notamment en matière de lumière et d’humeur scénique, souligne le danseur, qui voit son comparse comme son autre moitié artistique.Depuis 1999, il récolte éloges et récompenses: le Philip Morris Arts Prize de la danse en 1999, le Sonia Gaskell Prize for Choreography pour la série Double Points en 2001.Aux solos et duos qui ont dominé jusque-là son répertoire s’ajoutent en 2000 des œuvres de groupe.Créé en 2002, Rimasto orfano compte cinq interprètes en incluant le chorégraphe, qui évoluent com- me s’ils formaient un seul corps.Le titre de la pièce évoque aussi la fin d’un cycle de création pour le tandem artistique qui cherchait à se régénérer, à trouver d’autres sources d’inspiration.«On parlait du fait d’être orphelin de soi-même comme créateur.On voulait ouvrir une parenthèse pour s’approcher d’autres disciplines tout en gardant la puissance de la danse», explique le chorégraphe.Pour leurs créations subséquentes, ils ont flirté avec le théâtre, le cinéma et l’opéra.Depuis, la parenthèse s'est refermée, pleine d’expériences.Le Festival d’Avignon l’attend avec unç nouvelle création.Elevé dans la campagne italienne, Emio Greco rêve de danse dès l’enfance.Mais il a presque 20 ans quand il suit une véritable formation en danse classique.Cette éclosion tardive est pourtant l’histoire de bien des grands chorégraphes.RIMASTO ORFANO Du 12 au 14 mai au Théâtre Maisonneuve [Tangêntë] danse contemporaine USA RATZAL Rimasto orfano, d’Emio Greco SANTEE SMITH iSIX NATIONS) KAHA ; Wl (SHE CARBIES)| 3 DERNIÈRES REPRÉSENTATIONS BYRON CHIEF MOON (VANCOUVER) ELMER & COYOTE & KAREN JAMIESON , wamitoWAPAN , snowoown (SAMEDI 7 MAI 20h30 DIMANCHE 8 MAI 16H00 ANDANCE VENEZ VOIR OU REVOIR LE SPECTACLE DONT TOUT LE MONDE PARLE DEPUIS SA CRÉATION EN JUIN 2002 ! À U DEMANDE GÉNÉRALE a.™,,," l,rtt *“ 26, 27, 28 mai à L’Olympia ¦51; L'AGORA DE LA DANSE I l ' 640.mCHERMtl) MfTRO SHERBROOKE 514.525.1500 ¦ * 1 “ Seseau Admission 514.790.1245 www.agoradanse.com « [.] il faudrait declarer cette comédie musicale spectacle obligatoire pour mieux vivre.» « Fabuleux spectacle musical [.] magnifiquement raconté à voir ! > « Une grande ode a la vie, à l’espoir et au rêve » « Un grand evenement théâtral (.1 une production qui fera époque.» L'HommEDE la [îiaiicHa RÉVER UN IMPOSSIBLE RÊVE POUR ATTEINDRE L’INACCESSIBLE ETOILE «ktk DALE WASSERMMI «au « HITCH LEIGH ««b k JOE DARION wto» * JACQUES BREL «t IEAN MAHEUX.ÊVELINE GtlWAS.SYIVAIA SCOTT STEPHANE BRULOTTE.STÊPHAN COTE MICHELLE LABOHTt.ROGER IA RUE.SYLVAIN MASSE ET CATHERINE VIDAL RENÉ RICHARD CYR «sam a .a «t a atfw n lût'«jntAu œnwsawças r-Aiwa EOAMicaoiX> I, St-Jaequo Ouest, Montréal (Québec) Ici.: (SI il ,Xi5-()2bl - \v\v\v.stiKlio26l.ca Place au design à Elektra Les amateurs de vidéos et d'effets spéciaux pourront se gaver BERNARD LAMARCHE Le festival Elektra, consacré à la création audiovisuelle et technologique de pointe, touchera au design en plus de donner dans les performances en sons et en images.Les amateurs de vidéos et d’effets spéciaux au cinéma et dans les arts de la scène pourront se gaver lors de l’événement.UVA, qui est à l’origine du visuel dans les spectacles de Massive Attack et de U2, sera à Montréal et donnera un concert le 13 mai à l’Usine C.Le 14, Richard Baily {Solaris et The Cell) et Kevin Tod Haug (Sahara, Seven et Fight Club) ouvriront leurs cartons et dévoileront des images expérimentales inédites.Cette rencontre avec le public est prévue dans une nouvelle section de l’événement, 1024: Design en mouvement.UVA et D-Fuse (Beck) feront notamment partie de ce volet.Le volet 1024 d’Elektra 2005 porte sur le design animé.On y parlera d’images de synthèse, certes, mais aussi d’interfaces pour Internet, d’organisation et de création d’espace virtuels et de navigation sur la Toile.Ces Publicité et vidéoclip seront aussi des domaines couverts par la rencontre CIRCUITS Les, .bea ux détours CULTURELS 21 mai 100% audace! À voir au Château Dufresne 16-17 et 18 juillet Musées, nature et opérai Un beau détour aux États-Unis! Réservez avant le 3 Juin Vinci et Michel-Ange au Musée d'Ottawa 11 juin ; COMPLET 9 août : places disponibles 18 juin Camille Claudel et Rodin au Musée du Québec 9 juillet le Festival de Lanaudière www.lesbeauxdetours.com (514) 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont deux spécialistes des effets spéciaux contribueront à cette rencontre qui aura lieu samedi prochain à la cinquième salle de la Place des Arts, mais ils ne seront pas seuls.L’événement prendra la forme de présentations et d’une table ronde animée par Carole Bouchard, de Ex Cartel, et par Daniel Fortin, dç la firme montréalaise Epoxy.Cette dernière a d’ailleurs décroché le contrit consistant à revamper entièrement l’image graphique d’Elektra.Certains des travaux de l’agence seront dévoilés par George Fok, directeur artistique, qui a élaboré des outils de communication visuelle pour des clients aussi prestigieux que Softimage, Getty Images et Disney.Plus spécifiquement, la firme UVA présentera son nouveau logiciel de captation vidéo 3D (Dragonfly 3), conçu pour la prochaine tournée du groupe U2, qui passera par Montréal en novembre prochain.Ils utiliseront d’ailleurs ce logiciel lors de leur prestation à Elektra la veille de ja table ronde.La curiosité des amateurs de musique pop sera certainement piquée par la venue de D-Fuse, qui fera la présentation de son projet Guerp, réalisé en collaboration avec Beck.La présentation portera sur la création d’art vidéo non linéaire sur DVD.Publicité et vidéoclip seront aussi des domaines couverts par la rencontre alors que Frédéric Bourque, fondateur du studio Ambidextre, présentera un vidéoclip inédit.Cette bande, faite de tournages en incrustation et d’animations, a été commandée par le designer sonore et compositeur Philippe Gully à l’occasion de son premier album, Draft.Bourque a également l’intention de présenter d’autres travaux, dont un clip événementiel réalisé pour les champagnes Veuve Cliquot D’autres créateurs seront également de cette rencontre.Dans un autre registre, toutefois, pn annonce le retour inespéré de Front 242, inventeurs de {’electronic body music, au Metropolis samedi prochain.Un des membres les plus en vue de la formation, Patrick Codenys, se produira également en duo avec l’artiste visuel Kendell Geers sous le nom de Red Sniper.La première de ce spectacle a eu lieu au Centre Georges-Pompidou, à Paris, en 2003; on pourra le voir à l’Usine C mercredi soir.Le Devoir CAROL BERNIER Hivers de mars et Hommage aux premiers Plasticiens iniversaire ae la publication du Manifeste des Plas Plasticiens 13 avril au 14 mai 2005 GALERIE SI MO N B L Al S 5420, boul Saint-Laurent H2T iSl 514.849.1165 Ouvert du mardi au vendredi !0h a 18h.samedi iOh a !7h tas Je,,- , .imoiffi 1er au 15 mai ZD05 * ueuvres sur papier ?Artis 450 449 5999 wwwgalerie8rtis.com i." - 656, Marie-Victorm, Boucherville iÆIË •m?Les Eaux-fortes de Clarence Gagnon l'œuvre presque complète, incluant des pièces plus rares Exposition à la Galerie Walter Klinkhoff, 1200, rue Sherbrooke Ouest, Montréal une présentation de Jan Johnson Gravures anciennes et modernes.Inc du 9 au 21 mai, 2005 lundi au vendredi de 9h30 à 5h30, le samedi 9h30 à 5h Renseignement au 935-4721 ou 288-7306 Cynismes ?manif d’aRt 3 LA BISNNALe DE ÇUéBEc" PRENEZ CARDE Ou l«r mai au 12 juin 2005 VERNISSAGE 30 AVRIL ////////// Québec 5! A sas- ws- i*i «c WWW.l8AMtFDAHT.Ofia £ Si Lgiôiij) R«gjÿ LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE S M A 1 2 O O 5 m TOTK 'iïssr-* mmm ^ |LA MB) KTEHEURE i «Mandn: « IVersnr française Espagne.3004 1126 mr.(G).• ^ 1 n ^ IllVJliiuj f ! SOURCE CHRISTAL FILMS Sous les apparences, les personnages de Crash sont bien différents de l'image qu'ils projettent, aux autres autant qu'à eux-mêmes.Crash ou le carambolage des âmes Paul Haggis a signé le scénario du film de l’année (Million Dollar Baby).Depuis, il est devenu l’homme de l’heure.Crash, son premier film, nous rentre dedans.MARTIN BILODEAU Au dernier Festival de Toronto, Crash a été reçu avec un ‘ enthousiasme presque suspect.Certes, le film est élégant, racé, ‘ pertinent, d’une écriture fluide, bref, il est réussi.Mais Paul Hag-’ gis étant un fils de London, Ontario, en exil aux Etats-Unis, on devinait dans la vigueur de cette ac-‘ colade festivalière une part de ‘ fierté chauvine.Une fois les confettis balayés, ’ personne n’aurait osé prédire une distribution internationale à cet habile exercice sur le racisme ordinaire campé dans le labyrinthe du Los Angeles contemporain.C’était bien sûr avant la sortie de Million Dollar Baby, formidable mélo douché d’Oscars dont Haggis a signé le scénario.De-'puis, tout le monde veut voir Crash, que le scénariste a réalisé lui-tnême, parallèlement au tournage 'du film d’Eastwood.Avec une fraction du budget mais en y mettant autant de cœur.Tout comme Million Dollar Baby, Crash est le fruit d’une impid-'sion soudaine et personnelle.De ’ fait le scénario a germé dans la tête de Haggis la nuit du braquage de Sa voiture par deux adolescents, il y a quelques années, sur un grand boulevard los-angelais.Qui étaient-ils, d’où venaient-ils, où allaient-ils, ; ?’est-il demandé.Le fil de, ses réflexions l’a amené aussi à s’interroger sur sa réaction face à l’agres-¦ sion.«Nous n’apprenons qui nous sommes que face à l’épreuve.Avant l’épreuve, on n’est jamais certains de qui nous sommes.» Chaîne d’épreuves humaines et de carambolages d’âmes.Crash se déclenche sur un trottoir de Los Angeles, où deux voyous de race noire (Chris Bridges et Larenz Tate) braquent le VUS d’un procureur réactionnaire (Brendan Fraser) et d’une «desperate housewife» (Sandra Bullock).Les voyous prennent la fuite, heurtent un Cambodgien et se séparent Parallèlement le couple rentré à la maison fait changer les serrures par un serrurier qui, à son tour, se heurte à la colère d’un épicier perse, etc.Ainsi a pris forme la ronde de Crash, plus altmanienne qu’ophulsienne, à travers laquelle le cinéaste décline avec une subtilité inégale toutes les nuances de la peur, de l’intolérance et de l’incommunicabilité.«Il n’y a pas d’intrigue, pas de ligne droite», résume fièrement Haggis au bout' du fil, depuis Vancouver où il était de passage cette semaine en prévision de la sortie de Crash.Débusquer l’humain Sans dénigrer sa mise en scène, transparente et fluide, force est de reconnaître que Crash est avant tout un film de scénariste.L’écriture y est sensible, aboutie, ce que la réalisation et la très belle musique de Mark Isham ,se résument à mettre en valeur.A l’inverse, ses personnages — un détective de la LAPD (Don Cheadle), deux policiers aux antipodes l’un de l’autre (Matt Dillon et Ryan Philippe), un couple afro-américain abusé par la police (Thandie Newton et Terrence Howard) — sont complexes, bien en chair, taillés dans la réalité.D’expliquer le cinéaste: «Je ne voulais pas faire un film dont les personnages émergent sans une égratignure.» Ceux-ci ne sont par ailleurs, ni beaux ni laids, ni bons ni méchants.Sous les apparences, ils sont bien différents de l’image qu'ils projettent aux autres autant qu’à eux-mêmes.«Nous sommes programmés par nos préjugés, déplore Haggis.Le plus souvent, les gens nous déçoivent.Pas parce qu’ils sont moins bien que ce qu’on avait imaginé, mais parce qu’ils sont différents, tout simplement, de l’image qu’on s’était fait d’eux.Mon devoir consistait à débusquer l’humain derrière l’écran, à justifier ses actions selon une logique de comportement, sans égard pour la rectitude politique.» La participation de l’actrice Sandra Bullock, bien connue pour ses facéties comiques, s’inscrit dans cette démarche visant à prendre de revers les attentes des spectateurs.«La télésérie policière EZ Streets [que Haggis a écrite en 1996] explorait déjà cette idée selon laquelle on ne sait pas qui est bon, qui est méchant, à qui s’identifier, avec qui sympathiser.» Crash constitue l’aboutissement de ce projet, ainsi que le premier jalon d’une carrière de cinéaste pour ce gars qui écrit pour la télévision depuis plus de 25 ans — sa feuille de route comprend des séries telles que Love Boat, Thirtysomething, LA.Law et Due South.«f ai débarqué à Hollywood avec l’envie de faire du cinéma.Les circonstances ont voulu que je fiasse carrière dans la télévision», affirme celui qui vient d’achever le scénario de Flags of our Fathers, qui sera réalisé par Clint Eastwood et produit par Steven Spielberg.D'autres pro jets d’écriture sont en préparation, même si Haggis prévoit dorénavant se consacrer aussi à la mise en scène, un métier qui selon lui donne au scénariste la possibilité de porter sa vision jusqu’au bout Cela dit «Aussi longtemps que Clint East-wood va me demander d’écrire pour lui, je vais continuer», lâche-t-il en riant, trop heureux d’être entré dans les bonnes grâces d’im géant du 7° art américain.Or le succès çst une arme à deux tranchants.A la fois novice et vieux routier, Paul Haggis en sait quelque chose.«Le scénariste à qui pareil succès arrive se retrouve toujours devant deux possibilités.Certains choisissent de jouer leur va-tout sur une mégaproduction de cent millions de dollars.D'autres essaient de.poursuivre le même chemin en essayant de rester fidèles à ce qui les a conduits jusquedà.» Paul Haggis appartient à cette dernière catégorie.Et pour cause: les risques d’un crash sont moins élevés.CRASH De Paul Haggis.Avec Don Cheadle, Sandra Bullock, Brendan Fraser, Matt Dillon, Thandie Newton, Ryan Philippe.Scénario: Paul Haggis, Bobby Moresco.Image: J.Michael Muro.Montage: Hugues Winborne.Musique: Mark Isham.États-Unis, 2004,107 minutes.Comment ériger le cynisme en religion ENRON: THE SMARTEST j* GUYS IN THE ROOM j Documentaire d’Alex Gibney.Image: Maryse Alberti.Montage: Alison Ellwood.Musique: Matt Hauser.Etats-Unis, 2004,109 minutes.; MARTIN BILODEAU ÛT' out le monde se serait passé i.le mot qu’on ne s’y serait pas mieux pris.Avec la commission Gomery qui bat son plein à Montréal, le thème de la corruption et du scandale politique Semble fixé dans l’air.A preuve: la sortie la semaine dernière de Mémoire d’un saccage, documentaire de Fernando Solanas sur la faillite socioéconomique de l’Argentine, imputable selon l’auteur >6 des gouvernements corrom- pus.Alex Gibney (producteur de The Trials ofHenrry Kissinger et de la série The Blues) fait un diagnostic voisin dans Enron: The Smartest Guys in the Room, un documentaire fascinant présenté au Cinéma du Parc, qui raconte avec aplomb la plus grande imposture financière de l’histoire de Wall Street Enron était la septième entreprise américaine en importance.Implanté en 1985 à Houston, ce grossiste en ressources énergétiques enregistrait des déficits que ses dirigeants maquillaient en profits mirobolants.Résultat: les actions de la compagnie ont grimpé, grimpé, grimpé, permettant au p.-d.g., un ami personnel des Bush père et fils, et à tous ses directeurs, de détourner plus de un milliard de dollars sur leurs comptes personnels.Le scandale est plus complexe que cela et je vous épargne les détails — au demeurant fort bien définis dans le film.Rappelons simplement que la faillite d’En-ron, survenue en décembre 2001, a ruiné des milliers d’actionnaires et dilapidé les fonds de retraite des employés.Brisé en mille miettes par le cynisme, ce miroir qux alouettes a frappé les esprits.A commencer par ceux de Bethany McLean et de Peter Elkind, reporters pour le magazine Fortune, qui ont couché leur enquête dans un ouvrage, The Smartest Guys in the Room, dont Alex Gibney reprend l’argumentaire et la structure.Si bien qu’il n’y a rien de très novateur dans la forme de ce film, qui expose les faits avec une grande célérité et illustre brillamment de quelle façon l’Amérique des grandes entreprises s’y prend pour ériger le cynisme en religion, le gain en capital.Les ramifications sont nombreuses, les explications, parfois complexes, quoique l’ensemble, au final, s’avère assez limpide au regard des spectateurs peu versés dans l’économie, ses règles et ses fonctionnements.Comme le souligne d’entrée de jeu Bethany Mc D'an, les gens pensent que le scandale d’Enron est une affaire de gros sous et de règles économiques obscures.Alors qu’en réalité, il s’agit avant tout d’un drame humain possédant les éléments fondateurs d’une tragédie grecque.A la lumière de ce captivant feuilleton, emblématique d’un état d’esprit qui gangrène encore tout le monde des grandes entreprises (cf.The Corporation), on ne peut que lui donner raison.?CINEMA ?SEMAINE DU 7 AU I 3 MAI 2005 Les NOUVEAUTES et le CINÉMA en résumé, pages ?4,6 La liste complète des FILMS des SALLES et des HORAIRES pages ?7,14 dans LAGENDA oitunel K Ml MS AMtRIQUf PRfSfNTf ?VANCOUVER SUN QUINZAINE DES REALISATEURS CANNES 2004 PRIX DU PUBLIC FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE VANCOUVER PRIX DE LA CRITIQUE FESTIVAL INTERNATIONAL OU FILM 0E l OUTAOUAIS LE CHOIX DU CHILI POUR LES OSCARS 2005 r; m * v* ^ H> j ï fp r ^ < UN FILANDRÉS WOOD monami ¦ machuca Santiago du Chili septembre 1973 ¦Touchant., Saisissant., .avec émotion .un appel à la justice sociale.* LE DEVOIR www.machucacine.Cl RRÉSENTEIS/IENT À L*AFFICHE! v«r«0^ r—-ONtPIXX OOCON-—i fCINÉMA I I-cwtinx» OOCOM I lOUMTOCR LATWV] | ILASALUE (PI6C4) ?] ?e x Centris HORAIRES 514 847 2206 WWW.EX-CiNTRIS.COM CINÉMA LeFIFM fait son marché ?Aux deux tiers d’un discours prononcé au congrès de l’Association des producteurs de film et de télévision du Québec, la semaine dernière à Gatineau, Wayne Clarkson, le nouveau directeur général de Téléfilm Canada, annonçait que Digi-mart, un marché consacré au cinéma et aux technologies numé-riques, venait de recevoir l’appui de l’institution publique.Du même souille.Clarkson déclarait que l’évènement aurait lieu pendant le Festival international de films de Montréal (F1FM), soit du 18 au 25 sep tembre.Et non phis pendant le Festival du nouveau cinéma, sous la bannière duquel Daniel Langlois avait d’abord prévu le développer.fl y a trois mois, on aurait parlé de coup de théâtre.Dans l’état actuel des choses (recours du FFM en attente devant les tribunaux, destitution de Claude Chamberlan laissant présager la mort du FNC, guerres de dates entre les festivals, etc.), ça n’a rien de vraiment extraordinaire.De fait, langlois, qui siège depuis décembre au conseil d’administration du F1FM (après avoir déserté celui du FNC), n’avait aucune raison de déménager sans ses meubles.Et vous conviendrez avec moi que ceux qu’il a laissés derrière sont tout aussi révélateurs que celui qu’il a pris avec lui.A savoir le Digimart, qui se veut un carrefour pour le développement des nouvelles technologies mais qui sera avant tout un tremplin pour Dé giScreen, une nouvelle technologie de distribution numérique dévelop pée par I anglois.Qu’est-ce que des gens comme Moritz De Hadeln et Alain Simard entendent aux technologies de pointe?On se le demande.Pour l’instant, il est uniquement question de faire coïncider les dates du Digimart et du F1FM.C’est du moins ce que laissent entendre les organisateurs de l’un et de l’autre.Et cela bien que la visite de Sheila de la Varende, cette semaine, dans les bureaux de Spectra (bateau phare du FIFM), laisse présager une alliance plus formelle entre le festival sans marché et le marché sans bannière.Jointe cette semaine à Philadelphie, où l’équipe du Festival de jazz faisait es
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