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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2009-07-04, Collections de BAnQ.

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r- Kenny Werner, ou l’art de jouer relax R" i 7 '-.¦¦ïàtcô.Cahier E w ww.ledevoir.co m LE DEVOIR Vol.C N “ I 4 LES SAMEDI 4 E T I) I M A N C II E 5 J U I L L E T 2 O O !) 1 4 $ T A X K S Main basse sur la ville Des citadins tentent de réinventer la vie en ville ; â H V À Montréal, à Toronto et dans plusieurs métropoles occidentales, individus et groupes citoyens réinventent la façon de vivre en ville.Entre béton et gratte-ciel, jardiniers clandestins, artistes, urbanistes, militants à vélo ou glaneurs urbains rêvent d’une ville à dimension plus humaine et font main basse sur la ville.Légalement ou pas, sans demander leur dû.ISABELLE PARÉ Quand la glaneuse urbaine Nancy Klehm a débarqué à Montréal en avril dernier pour ratisser des terrains vagues à la recherche de racines et de plantes sauvages à manger, plusieurs ont froncé les sourcils.Cette glaneuse végétarienne de Chicago vit entièrement aux dépens de la ville.Elle se délecte des plantes qui poussent à l’état sauvage dans les terrains vagues et des JACQUES NADEAU LE DEVOIR fruits arrachés aux arbres et arbustes sauvages qui croissent à travers le bitume.Nancy Klehm incarne la frange extrême d’une nouvelle race de citadins qui rejettent totalement les codes et les modèles de consommation traditionnels qui font le quotidien de la ville moderne.Basta la surconsommation de masse, la bouffe industrielle, l’anonymat et la passivité devant les modèles préfabriqués, ces citadins décident de VOIR PAGE A 10: VILLE Guérilleros de la binette La ville pour frigo > À lire en pages A 4 et A 5 Fronde contre le Musée d’art contemporain 80 personnalités réclament « une importante réforme » de l’institution STÉPHANE BAILLARGEON La nomination de la nouvelle directrice du Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) a déclenché un vent de fronde qui souffle maintenant tellement fort qu’une lettre de protestation en bonne et due forme a été signée par plus de 80 personnalités du milieu des arts visuels.La missive, obtenue par Le Devoir, parle A’«étonnement» et û’«indignation».L’attaque présentée comme une «réflexion» constructive porte sur la procédure d’embauche et débouche sur l’appel à «une importante réforme» de l’institution.La reprise du concours n’est pas textuellement souhaitée.fre MACM est une société d’Etat.La protestation, reproduite dans la page Idées du Devoir, est adressée à Marc DeSerres, président du conseil d’administration.Une copie a été envoyée à la ministre de la Culture et des Communications.Marc Mayer, le directeur du musée situé sur le site de la Place des arts, a quitté son poste en janvier dernier.La promotion de la conservatrice Paulette Gagnon, entrée au MACM il y a 27 ans, a été annoncée le 16 juin.Etrangement, Mme Gagnon n’est jamais nommée dans la lettre, comme pour effacer toute impression d’attaque personnelle.«C’est une-démarche contre le processus de sélection et surtout pas contre Paulette», résume en entrevue Anne-Marie Nicacs, ex-conservatrice à l’art actuel du Musée national des beaux-arts du Québec, à l’origine de cette démarche pétitionnaire avec le professeur d’histoire de l’art Laurier Lacroix, de l’UQAM.La mesure publique et critique rappelle la controverse suscitée par la nomination de l’abbé Marcel Brisebois à la tête du MACM dans les années 1980.« Le Québec sous-utilise de manière flagrante ce véhicule inestimable» VOIR PAGE A 10: FRONDE £ ® V v T ^ ^ u.>, ^ ‘ # V* ~t n fc* 1 ÊÊÊk REUTERS SPORTS Le Tour du grand retour À lire en page B 8 LE MONDE Sarah Palin démissionne ¦ À lire en page A 8 INDEX Actualités.A 2 Annonces.B 7 Avis publics.B 8 Bourse.B 2 Carrières.B 6 Décès.B 7 Éconoi.iie.B 1 Éditorial.C 4 Idées.C 5 Monde.A 8 Mots croisés.C 6 Météo.B 8 Perspectives.C 1 Rencontres.D 4 Sports.B 7 Sudoku.C6 Rétrospective Francis Bacon au MET Le château de Barbe-Bleue Après Londres et Madrid, c’est au tour du Metropolitan Museum of Art de New York d’accueillir, jusqu’au 16 août, la rétrospective organisée à l’occasion du centième anniversaire de naissance du peintre anglais Francis Bacon, une des figures majeures de l’art contemporain.Regroupant 65 tableaux et autant de témoignages documentaires, l’exposition est incontournable pour quiconque se rend à New York cet été.Le Devoir en revient tout juste.PAUL BENNETT New York — La foule qui se presse dans les salles consacrées à la grande rétrospective de Francis Bacon au Metropolitan Museum of Art de New York (MET) suffirait à convaincre les sceptiques: depuis le décès de l’artiste en 1992, l’œuvre de Bacon n’a cessé de gagner en popularité, de même qu’en succès critique.Même ses détracteurs les plus acharnés, recrutés le plus souvent chez les partisans de l’abstraction — surtout américains —, sont forcés de reconnaître son influence prépondérante chez la jeune génération d’artistes figuratifs et la fascination qu’exerce son œuvre sur les amateurs d’art contemporain.Et ce, en dépit de ses images souvent qualifiées de «repoussantes» ou à’«abjectes».Le MET n’a acquis son premier Bacon qu’en 1998 et ne possède toujours pas de grand triptyque.VOIR PAGE A 10: BACON 9* > ^ 1 ' 1 '/a W Francis Bacon, Three Studies for Figures at the Hase of a Crucifixion, 1944.Huile.I v ’ * f e 2009 THE ESTATE OE FRANCIS BACON / ARS.NEW YORK / DACS, EONDON y i ' ( f 52301^^^43 L E 1) E V 0 I R .L E S SAMEDI I ET I) 1 M A N C II E 5 .1 HI L L E T 2 0 0 !l A 2 L’été en ville se vit dehors, à profiter des piscines, à flâner dans les parcs, à courir les festivals.Mais l’été en ville, c’est aussi l’occasion de sortir de la routine ou des sentiers battus.Cette année encore, nos journalistes ont déniché pour vous des coins surprenants, des activités méconnues, des personnages, et fait bien d’autres découvertes qui donnent leur texture à Montréal, Québec, Ottawa.ACTUALITES V lÜWI 'S**/ AIR CANADA (*) FEKt .È.JACQUES NADEAU LE DEVOIR b ‘mm wwt^, •f3r * Les drôles d’oiseaux de l’aéroport de Montréal Ils scrutent le ciel le jour durant, espérant photographier les paquebots volants Neuf semaines et demie de vacances.Yoga extérieur, cocktails d’été, lits flottants, soins dépaysants, massages renversants et lac privé.Des vacances balnéaires à une heure de Montréal.Offrez-vous des vacances presque fous les jours au nouveau Club de plage du BALNEA.Nouvelle carte de membre estivale.225$ Individuelle de semaine ou de soirée 400$ Couple de semaine ou de soirée ^ r bûlneo spo bromont-sur-le-lac ’tJM 1»® 319, chemin du Lac Gale, Bromont-sur-ie-lac T: 450.534.0604 • F:450.534.1225 info@balnea.ca • www.balnea.ca t * FABIEN DEGLISE C% est l’étonnante ' surprise du prévisible.Annoncé, anticipé avec un peu de fébrilité, l’animal, qui respecte pourtant un horaire précis, finit toujours par souffler celui qui cherche à l’observer.«Quelle belle bête», s’extasie André, appareil photo en main, assis sur le toit de sa camionnette stationnée le long d’un terrain verdoyant de la rue Gougeon, une artère secondaire de la face industrielle de l’arrondissement Saint-Laurent.L’homme, un prof d’anglais de Trois-Rivières, a encore les oreilles pleines de l’incroyable vrombissement qui s’est joué, pendant une poignée de secondes à peine, au dessus de sa tête.Mais il a aussi le sourire victorieux et surtout, désormais, un souvenir en format binaire: l’image gravée sur une carte mémoire des quelque 350 000 kg du Boeing 747 d’Air France, en provenance de Paris, qui vient de se poser, avec 32 minutes de retard, sur la piste 24 gauche de l’aéroport Montréal-Trudeau, située là, juste de l’autre côté d’un épais mur d’arbres.«J’adore la sensation», commente Sylvie, du quartier Rosemont de Montréal qui, avec son Gino de mari, a installé leurs deux chaises pliantes sur un petit carré de gazon à l’extrémité de la rue Reverchon.Juste dans l’axe de la piste 24 gauche — la «24L», comme disent les initiés — qui en ce samedi après-midi, en raison des vents au sol sans doute, accueille le ballet continu des appareils de toutes les tailles, de toutes les couleurs, qui s’y posent.«On vient souvent ici pour le plaisir.Mais même si on est habitués, c’est toujours aussi impressionnant», poursuit la quarantenaire souriante alors que l’Embraer RJ145 d’American Eagle, reliant Chicago à Montréal, lui passe au dessus de la tête.A l’heure.André, parti tôt de Trois-Rivières le matin même pour passer la journée aux abords de YUL — le nom de code international de l’aéroport de Montréal —, l’a certainement pris en photo, dans l’espoir d’en faire profiter, par l’entremise d’Internet, amis et autres planespotters qui partagent avec lui cette même drôle de passion: regarder les avions voler, à basse altitude, pour le plaisir ou pour les prendre en photo, en action.Un sport international Le sport se pratique démocratiquement sur la planète, partout où il y a un aéroport Et il n’épargne certainement pas Montréal où, chaque fin de semaine, ces adeptes de l’observation de gros porteurs fourmillent dans quelques rues industrielles, à l’est des pistes de Dorval.Sur Gougeon, Reverchon ou Montée de Liesse, quand la piste 24 gauche et ouverte.Ou encore dans le cul-de-sac de la rue Pitfield, le long de l’autoroute 13, quand les oiseaux métalliques choisissent de se poser sur la 24 droite.«Il y a toujours du monde ici à partir du milieu de l’après-midi», résume Hugues, de Laval, visiblement excité à l’idée de voir se poser dans les prochaines minutes un Airbus A330 d’Air Transat, en provenance de Paris, un Dash 8 d’Air Canada arrivant d’Ottawa, ou encore un MD-11 de KLM, d’Amsterdam.«J’ai fait partie d’un groupe de planespotters ici par le passé, dit le jeune homme dans la vingtaine.Mais j’ai arrêté de venir parce que je n’avais plus de voiture.Là, je suis à nouveau motorisé depuis le début de la semaine et j’attendais mon samedi avec impatience pour revenir ici.» Avec en main le détail des arrivées du jour à Dorval, attrapé au vol, avant de partir de chez lui, sur le site Web d’Aéroports de Montréal (www.admtl.com), l’accroc devrait d’ailleurs aimer son nouveau baptême de l’observation: 20 vols par heure sont prévus jusqu’à la fin de la journée, dont plusieurs monstres volants arrivant d’outre-mer.Comme il les aime.«Moi, je vais rester jusqu’à 20h ce soir», précise André, qui prévoit ensuite rentrer à Trois-Rivière après une journée d’observation bien remplie.«J’attends les vols de Royal Air Maroc et de Mexicana pour les prendre en photo.» Normal: le Boeing 767 qui a fait le voyage depuis Casablanca, avec son étoile filante verte à queue rouge sur l’empennage, tout comme l’Airbus A-320 volant directement depuis Juarez International, avec son bleu inca sur la gouverne, manquait justement à sa collection de clichés.Avec précision pour le premier et 30 minutes de retard pour le deuxième, ce vide est désormais comblé.Le Devoir «On vient souvent ici, pour le plaisir.Mais même si on est habitués, c’est toujours aussi impressionnant.» - Sylvie, de Rosemont Masterpiece Luxor Spa —F wu S'w.Masterpiece Luxor Spa r m Vous invite à vivre comme une divinité 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ACTUALITES Les Montréalais raffolent de Bbd 2000 vélos de plus seront en service dès cet été M .:5 r / / j JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les Montréalais ont parfois de la difficulté à trouver une borne libre pour stationner leur Bixi au centre-ville.Libéraux et conservateurs se disputent les faveurs de l’électorat juif JENNIFER DITCHBURN Ottawa — Les libéraux fédéraux tentent de regagner la faveur de l’électorat juif après avoir vu leurs appuis s’amenuiser au profit des conservateurs lors du scrutin de 2008.La députée libérale Anita Neville, elle-même juive, a constaté au terme de la dernière campagne électorale que des électeurs qui lui étaient auparavant fidèles avaient été attirés par la position pro-Israël sans équivoque du Parti conservateur de Stephen Harper.Le phénomène a été ressenti dans d’autres circonscriptions libérales comptant une importante communauté juive.L’une de ces circonscriptions a même viré au bleu.«J’ai certains électeurs pour qui la situation en Israël est l’unique enjeu, et qui votent en fonction de cet enjeu, et notre parti n ’avait pas une position claire sur la question [lors de la campagne de 2008]», a remarqué Mme Neville.«Ce n’est plus le cas», a-t-elle soutenu.Le chef libéral Michael Ignatieff a livré l’un de ses discours pro-Israël les plus convaincants, le mois dernier, devant le Congrès juif canadien.Il a ainsi distancé son parti de sa position de neutralité morale sur les enjeux du Proche-Orient, qui déplaisait à plusieurs membres de la communauté juive.«Entre démocratie et terrorisme, nous ne pouvons rester neutres», avait déclaré M.Ignatieff.Mais regagner le terrain perdu ne sera pas chose simple.Il n’y a qu’à consulter l’ordre du jour du ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, pour constater l’importance accordée par les conservateurs à la lutte contre l’antisémitisme, à la mémoire de l’Holocauste et à Israël.Le 29 juin dernier, M.Kenney a assisté à une conférence sur l’Holocauste à Prague pour discuter de la restitution des biens juifs spoliés par les nazis.La semaine précédente, M.Kenney avait annoncé des investissements pour les trois prochaines années dans le Groupe de travail national sur la recherche, la mémoire et l’éducation liées à l’Holocauste.Le gouvernement conservateur a aussi fait d’autres gestes plus significatifs.Le Canada a été le premier pays à boycotter la Conférence des Nations unies sur le racisme, l’année dernière, dénonçant notamment dès le premier jour la participation annoncée du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, très hostile à Israël.D’autres pays avaient rapidement emboîté le pas.Et le gouvernement Harper a mis en place un fonds pour soutenir les organismes communautaires qui peuvent être victimes de vandalisme ou d’autres actes à caractère raciste.«Nous avions adopté ces positions bien avant d’avoir de réelles chances de remporter des circonscriptions comptant un nombre significatif d’électeurs juifs, a fait valoir M.Kenney.Les considérations politiques n’entrent pas vraiment en ligne de compte.» Malgré tout, conservateurs et libéraux adoptent des positions similaires sur la situation au Proche-Orient.Les deux partis soutiennent la feuille de route pour la paix qui implique la reconnaissance des deux Etats, israélien et palestinien.La Presse canadienne En mai dernier, les Montréalais ont fait la connaissance du Bbd, le vélo en libre-service.Sept semaines après sa mise en service, Bbd compte maintenant plus de 6300 abonnés et les vélos ont parcouru plus de 1,5 million de kilomètres.Un succès inespéré qui dépasse les prévisions de la Ville de Montréal.JEANNE CORRIVEAU L* engouement pour les vélos Bbd est tel que la < Ville de Montréal a décidé de devancer le déploiement de la phase 2 du projet et d'augmenter son parc de vélos en libre-service dès cet été.A compter de la mi-août, le service comptera 2000 vélos supplémentaires et 100 nouvelles stations seront installées dans quatre arrondissements.Le parc de Bbd passera de 3000 à 5000 vélos lorsque Stationnement de Montréal aura complété l’implantation de la deuxième phase du service.Quant aux 100 nouvelles stations, elles seront installées dans les arrondissements de Mer-cier-Hochelaga-Maisonneuve, de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Gràce, de ViËeray-Saint-Michel-Parc-Extension et du Sud-Ouest, de même que dans certains secteurs d’Outremont et de Rosemont-La Petite-Patrie.Le responsable du transport au comité exécutif, André Lavallée, ne cachait pas sa fierté hier qualifiant le lancement du service Bbd de «succès extraordinaire».«Quand je compare avec des villes similaires, comme Barcelone, la croissance est extrêmement rapide.Les commentaires des utilisateurs sont très positifs, a-t-il fait valoir.Avec l’annonce que nous faisons aujourd’hui, Bixi devient le deuxième plus important système de vélos en libre-service sur la planète, après Paris.» L’implantation de la deuxième phase du projet, initialement prévue pour 2010, nécessitera des investissements supplémentaires de 7 millions de dollars, portant à 23 millions de dollars les coûts du service Bixi.«On demeure profondément convaincus que le projet va s’autofinancer sur trois ans.Donc, c'est un investissement qui sera sans coûts pour la Ville», a soutenu M.Lavallée.Depuis l’implantation du service, Stationnement de Montréal a dû procéder à plusieurs ajustements et apporter certaines améliorations techniques à son service.L’augmentation du nombre de vélos et l’agrandissement du territoire desservi risquent d’ailleurs d’accentuer un problème auquel doivent faire face les utilisateurs de Bbd: le matin, les stations du centre-ville sont pleines et il devient difficile pour les cyclistes de trouver un point d’ancrage libre pour y laisser son Bixi.«On commence à mieux comprendre les habitudes de déplacement des usagers.Depuis trois semaines, Stationnement de Montréal a augmenté la capacité de certaines stations au centre-ville», a expliqué M.Lavallée.Comme il fallait s’y attendre, les Bbd ont également été la cible de vandales et de graffiteurs, même si le vélo et le système d’ancrage conçus par le designer Michel Dallaire sont réputés JEANNE CORRIVEAU La Ville a fait l’acquisition des équipements de l’île Notre-Dame appartenant au promoteur Normand Legault, même si on ignore toujours si le Grand Prix sera de retour dans la métropole.Cet achat de 1,5 million de dollars était indispensable pour la présentation de courses automobiles sur le circuit Gilles-Villeneuve.Par l’entremise de la Société du parc Jean-Drapeau, la Ville de Montréal a fait l’achat des équipements et des installations de l’ancien promoteur du Grand Prix du Canada.Ainsi, si Bernie Ecclestone consent à organiser une course de Fl à Montréal, la Ville sera prête à accueillir la compétition automobile.Il s’agit essentiellement de pour leur robustesse.À l’occasion de la Fête nationale, une cinquantaine de vélos ont disparu.Certains ont été retrouvés et 16 personnes seront traduites devant les tribunaux en lien avec ces méfaits.Cette vague de vandalisme ne semble pas troubler André Lavallée outre mesure.«Bixi, c’est d’abord et avant tout un succès quand je regarde le nombre d’utilisateurs, les distances parcourues, le nombre d’abonnements qui murets, de clôtures, de roulottes de premiers soins, du chapiteau pour les médias, de tours pour écrans géants et de toute une panoplie d’installations déjà sur le site.«Nous avons la responsabilité de gérer le circuit Gilles-Villeneuve et nous avons également la responsabilité d’avoir les équipements requis pour n’importe quelle course automobile.Même si on n’a pas le Grand Prix cette année, nous présentons la course de Nascar», a expliqué Nathalie Lessard, porte-parole de la Société du parc Jean-Drapeau.Si les tentatives pour ramener le Grand Prix de Fl à Montréal échouaient, la Société du parc Jean-Drapeau, qui est autorisée à présenter deux courses automobiles par année, pourrait opter continue de croître.Par rapport à ça, le vandalisme est marginal», dit-il.La Ville de Montréal souhaite exporter le concept du Bixi ailleurs en Amérique du Nord.Plusieurs villes comme Seattle, Boston, Los Angeles et New York ont déjà manifesté de l’intérêt pour le système.pour une course de formule Atlantique, par exemple, a indiqué Mme Lessard.Le calendrier des courses de Formule 1 pour 2010 devrait être dévoilé à l’automne.Des négociations ont été engagées en décembre dernier entre le grand patron de la Fl, Bernie Ecclestone, la Ville de Montréal et les gouvernements du Québec et du Canada.Les trois ordres de gouvernement ont déjà consenti à verser une aide financière de 75 millions pour favoriser le retour de cette compétition à Montréal.L’un des scénarios évoqués prévoit que M.Ecclestone agisse comme promoteur de la course autrefois organisée par Normand Legault.Le Devoir «Entre démocratie et terrorisme, nous ne pouvons rester neutres» - Michael Ignatieff Le Devoir Grand Prix: Montréal achète les équipements de Legault EN BREF Partenariat en neurosciences Deux des plus éminents centres de recherche en neurosciences, l’Université McGill et l’Université d’Oxford, ont scellé un partenariat en neurosciences, ont annoncé hier la principale et vice-chancelière de McGill, Heather Munroe-Blum, et le vice-chancelier d’Oxford, le D' John Hood.«Ce partenariat rassemblera les meilleurs chercheurs des universités d’Oxfbrd et McGill, qui mettront leur expertise au service d’un des plus grands déjis de ce siècle: comprendre le fonctionnement du cerveau», a affirmé le vice-chancelier d’Oxford, le D John Hood.Les deux chefs de file mondiaux de la recherche en neurosciences s’associeront afin d’approfondir les connaissances sur le cerveau humain, mais aussi dans l'intention de présenter des demandes de subventions conjointes et de faciliter les échanges de professeurs et d’étudiants des deuxième et troisième cycles.- Le Devoir Une autre victime de H1N1 Une 14' personne est décédée au Québec des suites d’une infection au virus de la grippe A(HINI).L’information a été rendue publique par le ministère de la santé en fin d’après-midi hier, sans plus de détails.Par ailleurs, les autorités de santé publique signalent 21 nouveaux cas de personnes atteintes du virus, pour un total de 2150 personnes atteintes au Québec.- La Presse canadienne De l’argent pour rapprocher les policiers des citoyens de certains quartiers EN BREF Le mandat du chef de police a été renouvelé LIA LÉVESQUE Québec consacrera 3,3 millions sur trois ans à différentes mesures de prévention visant à rapprocher les policiers et les citoyens de certains arrondissements de Montréal.Les arrondissements qui bénéficieront de ces ressources additionnelles sont ceux de Montréal-Nord, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Sud-Ouest, LaSalle, Saint-Laurent, Pierrefonds-Rox-boro et Ahuntsic-Cartierville.La somme permettra d’organiser des activités récréatives et sportives, des rencontres pour échanger et des rencontres d’information.Des policiers iront par exemple visiter des écoles et expliquer leur travail aux jeunes.La somme permettra aussi l’embauche de huit policiers additionnels, ainsi que de huit agents de concertation civils qui viennent du milieu.Ceux-ci travailleront en duo pour faciliter la communication.L’annonce a été faite hier dans un parc d’un des quartiers chauds de Montréal, celui de Côte-des-Neiges, par la ministre des Communautés culturelles et de l’Immigration, Yolande James, du directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Yvan Delorme, de représentants de la Ville de Montréal, ainsi que d’autres ministres du gouvernement du Québec.«Dans des quartiers de Montréal, des citoyens souffrent d’exclusion, d’aliénation, a affirmé la ministre James.Ces jeunes, on souhaite qu 'ils participent pleinement à la société et on veut s’assurer d’y travailler.» Claude Dauphin, président du comité exécutif de la Ville et responsable de la sécurité publique, a expliqué qu’il existait déjà un projet pilote avec un agent de concertation à Montréal-Nord depuis novembre dernier.Avec la somme qui est ajoutée, le projet pilote sera donc étendu à d’autres arrondissements.«Montréal a la réputation internationale d’être l’une des villes les plus sécuritaires au monde.Nous sommes numéro 22 au monde et nous sommes numéro un en Amérique du Nord.Alors, si nous voulons conserver ce qualificatif d’être une ville sécuritaire, nous devons agir, et c’est ce que nous faisons aujourd'hui», a affirmé M.Dauphin.Quant au directeur du Service de police de la Ville de Montréal, il espère pouvoir ainsi «démystifier le rôle du policier» et faire mieux comprendre son travail.Et grâce à des échanges entre policiers et jeunes, M.Delorme espère pouvoir aussi faire mieux comprendre la réalité des communautés culturelles.La Presse canadienne Al f '•1 Yvan Delorme continuera de diriger les destinées du Service de police de la Ville Montréal (SPVM).L’administration de Gérald Tremblay vient de renouveler le mandat de son chef de police pour une période de trois ans.La décision a été entérinée jeudi par le comité exécutif.Yvan Delorme, 46 ans, était entré en fonctions en 2005.Il succédait alors à Michel Sarrazin qui, pendant six ans, a dirigé le service.Le mandat de M.Delorme devait se terminer en avril 2010 et sans surprise, les élus ont convenu de le maintenir dans ses fonctions jusqu’en 2013.Yvan Delorme avait été durement critiqué par la Fraternité des policiers à la suite de l’émeute de Montréal-Nord survenue en août 2008.La Fraternité avait reproché à Yvan Delorme son approche trop «socio-communautaire».Le syndicat lui en voulait aussi de ne pas avoir pris la défense des deux agents impliqués dans l’intervention [xdicière qui s’est soldée par le décès de Fredy Villanueva.Hier, la Fraternité a été plutôt avare de commentaires, se bornant à dire que le syndicat continuerait de travailler avec le directeur du SPVM.- Le Devoir if © j Yvan Delorme ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦BBC I.K I) E V () I li .LES S A M EDI I IE(IT IIMI M A N ( Il E 5 .1 U I L L E T 2 (I 0 !l A 4 MAIN BASSE SUR LA VILLE A T) / zmmsm «Notre mouvement a eu de I impact.Pour moi, dans ce jardin, c’est plus le processus que le résultat qui est important La ville pour frigo ISABELLE PARE Nancy Klehm est un drôle d’oiseau urbain.Depuis 15 ans, cette cuisinière communautaire et herboriste accomplie vit de ce que la ville laisse pousser entre briques et bitume et de tout ce qui émerge de jardins parcellaires créés sur son toit et celui d’amis à Chicago.Herbes, racines, fruits, noix: la glaneuse a fait de sa ville un frigo à ciel ouvert.pelle «navet chinois».«Il y avait beaucoup de choses à Montréal, et à l’automne, on pourra y trouver des pommes sauvages, des prunes, des mûres et de l’épinard sauvage», ajoute-t-elle.la vie de chasseur-cueilleur, va pour l’homme des cavernes, mais aujourd’hui, à quoi bon se donner tout ce mal?«Pour moi, les épiceries ne sont pas des lieux créatifs et je n 'aime pas me faire dire quoi manger.C’est un choix personnel plus que politique.J’aime entrer en relation avec la ville, les rues, les aliments, et je récolte les PHOTOS: JACQUES NADEAU LE DEVOIR Non seulement Nancy Klehm se nourrit de ce que produit la ville, mais elle confectionne aussi ses huiles, tisanes, vins, pesto, lotions, savons et médicaments à partir des mêmes razzias urbaines Inutile de dire que le style de vie de Nancy Klehm n’est pas pour tout le monde.Plus qu’un style de vie, c’est un métier à plein temps.Pour se nourrir, cette glaneuse herbivore passe le plus clair de son temps à sillonner les terrains laissés en friche.Non seulement cueille-t-elle les fruits et les noix d’arbres qui poussent à l’état sauvage dans les moindres interstices de la ville, mais elle creuse le sol pour en extirper diverses racines comestibles.Il y a, assure-t-elle, plein de choses à manger en ville, à commencer par les feuilles de pissenlit, de moutarde, les feuilles d’ortie en décoction et des racines de bardane.Lors d’une récente visite en avril à Montréal, Nancy Klehm a repéré de l’ail sauvage, des violettes, du trèfle mauve et cette fameuse racine de bardane qu’elle ap- choses que je vois en me promenant à vélo.Évidemment, les plantes sauvages ont aussi un goût très différent», explique cette végétarienne endurcie.Presque autosuffisante, Klehm ensemence et cultive sa petite cour et celles d’amis, et troque en échange une partie des récoltes.L’hiver venu, la fourmi déshydrate, met en conserve et emmagasine ses végétaux, et donne des cours de cuisine pour payer son loyer.Elle garde des poules et des cailles sur son toit (c’est permis à Chicago!), dont elle ne mange que les œufs.A la fin de la journée, elle récupère les surplus des maraîchers quand les marchés publics ferment leurs portes.«Je mange gratuitement, mais c’est un travail à temps plein.Il faut connaître les plantes sur le bout de ses doigts.Pour moi, c'est amusant et fascinant.Contrairement aux freegans [voir texte principal], je ne suis pas en ré- volte contre la société.Même si je suis critique envers le système, je cherche simplement à vivre une expérience totale», relance-t-elle.Non seulement Nancy Klehm se nourrit de ce que produit la ville, mais elle confectionne aussi huiles, tisanes, vins, pesto, lotions, savons et médicaments à partir cjes mêmes razzias urbaines.Evidemment, il faut pouvoir distinguer le grain de l’ivraie.«Certaines plantes peuvent être vénéneuses, il faut être sûr à 100 %», dit-elle.Quant à la pollution, elle dit faire attention où elle grappille ces herbes et évite les sites contaminés.«Mais à petite dose, ça ne peut pas faire plus de mal que de respirer de l’air pollué à longueur d’année!», lance-t-elle.A sa descente d’avion à Montréal, Klehm a d’ailleurs eu la chance de croiser un chauffeur de taxi d’origine indienne qui lui a refilé de bons tuyaux pour trouver de la moutarde à Montréal.«Pour le commun des mortels, j’ai l’air très bizarre.Mais pour des tas d’immigrants, ça fait partie de leur culture.Je lui ai donné un très bon pourboire!» Pas si excentrique que ça, la Klehm, puisque en France la tendance de l’heure dans les restos BCBG est aux plantes sauvages.Certaines toques n’en ont plus que pour les chicorées, pourpiers, plantains et oxalys cueillis en plein Paris pour orner leurs assiettes! Le Devoir Voir autre texte à l’adresse suivante: http://www.ledevoir.com/ societe/villes.html ISABELLE PARÉ En avril dernier, le mot est lancé sur Internet.Les invitations courent sur Facebook.com.Tout sera préparé à l’aide d’un manuel détaillé obtenu sur la Toile, confectionné avec les moyens du bord.Puis, on décidera du jour de l’attentat à la bombe.verte.«Une vingtaine de personnes s’étaient donné rendez-vous sur Facebook.Puis, on a fait des bombes de semences que les gens pleine progression en Amérique et en Europe.Quand ce n’est pas avec binettes et râteaux que les citoyens décident d’améliorer les terrains bétonnés de leur ville, ç’gst à l’aide de ces bombettes végétales, qui peuvent être lancées sur les terrains inaccessibles et hostiles à presque toutes les formes de végétaux.«Les meilleurs endroits sont les terrains contaminés, qui peuvent être nettoyés par les plantes comme l’ortie.Le but n’est pas seulement d’embellir, mais surtout d’éveiller les consciences en utilisant un symbo- L’UQAM a finalement remis entre les mains du CRAPAUD une partie de l’entretien des jardins et paie des étudiants pour ce faire sont allés lancer là où ça leur plaisait», explique Sarah la grande, une designer graphique, nouvellement initiée à ce loisir urbain.La préparation de bombes de semences (seedbombing) fait partie des activités choyées par les guérilleros urbains, qui tentent de changer le visage de leur quartier par le jardinage clandestin.Facile.Prenez une boule d’argile, ajoutez un peu de terre, du compost, de l’eau, et insérez des semences triées sur le volet.Laissez sécher.Puis bombardez dans un endroit miteux et laissé en friche, en manque criant de verdure.Encore embryonnaire à Montréal, le guerilla gardening (guerillagardening.org) est en le qui frappe», explique Jean-Sébastien Ver-mette, étudiant en sciences de l’environne-m e n t et membre du Collectif de recherche sur l'aménagement paysager et l'agriculture urbaine durable (CRAPAUD) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).En 2007, Jean-Sébastien Ver-mette et d’autres étudiants lançaient des opérations de jardinage clandestin sur le campus pour créer des jardins improvisés.Avec plantes et semences, ils ont converti à l’agriculture urbaine certains toits et terrains gazonnés, jusque-là entretenus à coup de tondeuse.Ils ont même réussi à infléchir le sort d'une cour bétonnée du Pavillon des sciences, où s’épanouissent maintenant plusieurs potagers qui alimentent la garderie de l’université et le refuge pour itinérants de l’église St.John’s.L’UQAM a finalement remis entre les mains du CRAPAUD une partie de l’entretien des jardins et paie des étudiants pour ce faire.«Ils nous ont engagés plutôt que de confier l’entretien à des compagnies qui engageaient des Mexicains.En plus, on a poussé cette compagnie à utiliser une tondeuse électrique et des râteaux, à la place de souffleuses pour ramasser les feuilles», dit ce membre du collectif.Ils sont des centaines à tenter de changer le visage de leur coin de ville d'un coup de bêche.Depuis des années, Emily Rose Michaud, une artiste du Mile-End, affectionne le dernier refuge vert du quartier, un vaste terrain du CP situé à l’angle des rues De Gaspé et Bernard.Lorsqu’elle a appris que la Ville projetait d’y implanter un vaste projet immobilier, elle a décidé d’y créer une œuvre vivante et a débarqué avec pelles et pioches.«J’ai recréé un immense symbole Roerich, visible du haut des airs, avec des pierres et des plantes.Ce symbole était utilisé pendant la guerre pour protéger des bombardements les églises, les hôpitaux et les lieux culturels.Pour moi, ce symbole veut dire que ce terrain a une très grande valeur, en raison de sa biodiversité et de sa beauté», explique l’artiste.Ce projet personnel est vite devenu un projet de quartier.Des dizaines de personnes s’y rendent pour donner un coup de pelle de temps à autre.Un blogue a été créé, s’attirant plus de 300 fi- dèles.Le CR las de voir ces commandos de jardiniers envahir ses terres, a finalement cédé le ter-rain à la Ville, qui laisse les aficionados du site s’y rendre sans risquer une amende.«Notre mouvement a eu de l’impact.Pour moi, dans ce jardin, c'est plus le processus que le résultat qui est important.Cette œuvre a créé des ponts entre les gens, l’art et l’écologie», explique cette étudiante aux beaux-arts.Dans le même esprit, le col- COMPLET NO ^ VACANCY 5* ÉDITION DE PAYSAGES ÉPHÉMÈRES CRÉATIONS SUR L'AVENUE DU MONT-ROYAL PATRICK BEAULIEU Phare rie ville La distance de l'ombre IVAN BINET Points de liaison JULIE CHARBONNEAU ALEC SURESH PERERA Le parvis DÉRAPAGE Sélection de courts métrages non narratifs ALEXANDRE DAVID Coin du banc FRANCIS MONTILLAUD Voisins I YANNICK POULIOT Prendre place lectif d’artistes Fallen Fruit de Los Angeles créait en 2005 une carte pour localiser tous les arbres fruitiers du quartier dont les branches poussaient au-dessus de lieux publics.L’idée était simple: faire redécouvrir aux citoyens les rues bordées de citronniers, de pam-plemoussiers, d’avocatiers et d’autres fruits exotiques, dans cette ville où la voiture est reine.Des marches de nuit collectives et des récoltes sont organisées.«C’était au départ un projet temporaire lancé pour une revue artistique.Mais aujourd'hui, il y a de 70 à 120 personnes qui participent à nos soirées de récolte», raconte Mafias Viegener, un des artistes-fondateurs de Fallen Fruit.Le tout se termine ensuite par un immense party de cuisine où tout un chacun est invité à confectionner la «public fruit jam», mise en conserve et donnée gratuitement.«La confiture est donnée parce qu’on veut que ce projet retourne à la communauté.La confiture n’est qu’un prétexte pour intéresser les gens à leur ville et à leurs voisins.Le mot “jam'' vaut autant pour confiture que pour une vaste rencontre improvisée».Le Devoir http:/ /www.guerrillagar dening.org/ http://www.fallenfruit.org/ | news.html http://pousses.blogspot.corn/ Ils sont des centaines à tenter de changer le visage de leur coin de ville d’un coup de bêche •^Fabriqué au Québec DE RABAIS INSTALLATION _____GRATUITE *BOIS ou P.V.C.Stores sur mesure • horizontaux • verticaux Opaque ou solaire • Toiles à rouleau • Stores romains • Panneaux coulissants • Persiennes • Sohji Service à Domicile gratuit Région de Montréal 514 231-8677 ^ Région de Trois Rivières 819 696-8677 Région de Québec 418 654-8677 DECOR CLAUDE BOUCHARD 2362, Beaubien E.Montréal www.artisan-du-Btore.ca RIDEAU • COUVRE-LIT • TRINGLE TAPIS ¦ CARPETTE • PRÉLART DE L INSTITUT DU NOUVEAU MONDE Participez à la 6e École d’été de l'WM du 27 au 38 août à Montréal MM) A MONTREAL INSCRIVEZ-VOUS DES MAINTENANT ! www.inni.qc.ca C'est une réalité qui nous touche de près.Devenez bénévole et faites toute la différence.Société canadienne de la sclérose en plaques 1 800 268-7582 www.sderoseenplaques.ca www.paysagesephemeres.com' Un événement organisé par Odact Événements mfo^'ixlacwvencments rom Direction artistique : Michel Depatie Coordination artistique : Laurence Roux VISITES GUIDÉES Tous les samedis et dlmarirheti du 2 au 26 juillet Heure de déport : IdhOO • Point de départ, Kiosque touristique face au métro Mont-Royal GRATUIT COLWYN GRIFFITH Eye Candy 3 VERNISSAGE LE 2 JUILLET A 17HOO Au parc des Compagnons-de-SalnMaurent (Mont-Royal / Cartier) ruftiAu l.rmiHii Ici DATES ET LIEUX DE PRÉSENTATION DES CRÉATIONS DE PAYSAGES ÉPHÉMÉRES DU 2 AU 12 JUILLET Au parc des Compagnons-de-Salnt-Laurent DU 2 AU 26 JUILLET Sur l’avenue du Mont-Royal DU 2 AU 26 JUILLET Sur les quais du métro Mont-Royal JOSÉ LUIS TORRES GENEVIÈVE CARON Labyrinthes Commissaire invité STÉPHANE BERTRAND PROJECTION DE DÉRAPAGE LES 2 H 9 JUILLET A 21HI0 Au parc des Compagnons-de-Salnt-Laurent EXPOSITION A LA MAISON DE LA CULTURE DU PLATEAU MONT-ROYAL DU 2 JUILLET AU 22 AOÛT 465 av du Mont Royal Est ville montretil.qc.ca/plateau Membre O.PQ.et R.C.P.O.S.S, Psychologue clinici Adultes • Couples 25 ans d’expérience 514*861*0630 Vièux-Montréal VivezTdcpérien www.toutpourledos.com n adriENNE MMltt BROWN, l de (Environnement et des Parcs UmIRKHMMR, 1 député de Mercier I CÉLINE GAUPEM1, ï chef d'antenne à Radio-Canada m m STEVEN GU1LBEAUIT, porte-parole d'Équiteire IW, poète et slameur YVES MICHAUD, 1 Mouvement d’éducation et d défense des actionnaires , JOHN PAR1SELLA, 1 président de BCP ISABELLE HUDON, présidente de Marketei MICHEL ARSENAULT, 1 président de la FfQ ANNIE ROT, cofondatrice del Action terroriste socialement acceptable CUtl u am'.""- JH ysfOUES MÉNARD président du Conseil dadministrahon«MlW^^ POL PELLETIER, actrice, auteure et mette“n« ^RIE CHARESÏ, présidente de (Ordre des ^ (e viefcernent et les présidente-directrice générale ^^^^.^rÛsSELL COPEMAN, présidentdw COTte ncdioral ^ ^ Solidarité rurale ^ vice-président Devetoppemen CARDINAL journaliste a d ti des premières Nations AMANDA SUSSMAN, ex agitatrice pm— > EN POLITIQUE > EN ENTREPRENEZ ^ ^ ^ ^ l’iNM au www.mm.qc.ca Inscrivez-vous en ligne dès maintenant: au www.mm.qc.ca ou au 514 934-5999 poste 221 Faites vite, les places sont limitées ! NOS PARTENAIRES L’ÉCOLE D’ÉTÉ 1ST SOUTENUE FINANCIÈREMENT PAR LE SECRÉTARIAT À LA JEUNES5É DANS LE CADRE DE LA STRATÉGIE D ACTION JEUNESSE 2006 2009.Québec Ui DEVOIR MnWIrfwn du QuÉfm Q Oxfam Québec ?% - armai I Écnil P ÉTÉ III L INM EST SOUS Li PATRONAGE DE LA COMMISSION CANADIENNE POUR l’UNESCO.K L ÉCOLE D’ÉTÉ DE l'INM EST CERTIFIÉE CARBONIUTRI.Qplanetajf LE DEVOIR, LES SAMEDI I LT DIMANCHE 5 JUILLET 2009 LONDON mmrmN /ÛM %uh Awfa/Sfari/fo/rt a /76/rfyÿw &)^Æ à fÛÛ%(Jri6tH>fdle ï/nrt/16 Â'w/jt A «ms wr/fc c/a/a/)/(/p f76V TUP.ROM RAY SPIRITS COMPANY n LONDON WlB SHH ENGLAND | PRODUCT OK ENGLAND » PRODUIT D’ANG I JT1T.RRK I IM PORTED IMPORTÉ 315 ml 4fl%alc./vol.VALEUR DE •JaI?AUJOURD’HUI SEULEMENT EN PRIE PAR TRANCHE DACHAT DE SAO RECETTES • CONSEILS «TENDANCES d espacecocKTViL^ PRENEZ GOÛT À NOS CONSEILS Titulaires de permis, agences de la SAQ, comptoirs Vin en vrac, SAQ Dépôt et SAQ.COm exclus.Une bouteille de dry gin Bombay Sapphire de 375 ml (00637058), d'une valeur de 13,50$, est remise pour chaque tranche d'achat de 50$ effectuée, après toute autre réduction.Aucune substitution possible.Cette promotion ne peut être convertie en crédit.La quantité est limitée â 105000 bouteilles pour tout le réseau.Cette promotion s'applique aux achats effectués en succursale le samedi 4 juillet 2009 seulement, l es cartes-cadeaux, les cartes de dégustation, les bons-cadeaux « Les Connaisseurs» et les produits commandés par l'entremise du service des commandes privées sont exclus de cette promotion.18 ans et plus.Achats non cumulatifs.La promotion est en vigueur Jusqu'à la fermeture de la succursale ou jusqu'à l'épuisement des stocks, selon la première éventualité.A 0 ACTUALITES Des juristes québécois ont contribué à réformer la justice interne de l’ONU Six mois de labeur pour rajeunir un système vieux de 60 ans L’ONU a repensé sa justice interne le 1er juillet dernier; une réforme qui amène les juges et la médiation dans son enceinte.Cette «première», due en partie à des avocats québécois, ne règle pas tout.BRIAN MYLES L> Organisation des Nations ' unies (ONU) a finalement fait table rase de son système de justice interne, vieux de 60 ans.Une vaste réforme rendue possible en partie grâce à la contribution de juristes québécois de renom.Mercredi dernier, les Nations unies ont officiellement mis la hache dans leur ancien système de justice, qui était taxé de tous les maux.Deux tribunaux indépendants (une section de première instance et une section d’appel) ont été mis sur pied.Des juges d’expérience trancheront désormais les griefs en matière de renouvellement de contrats, promotions, relations de travail, etc.L’ombudsman de l’ONU voit son pouvoir renforcé.Autrefois basé à New York seulement, il aura des antennes ailleurs dans le monde.C’est également à l’ombudsman que reviendra la mission de coordonner les nouveaux services de médiation, résultat des efforts de Louise Otis.Juge retraitée de la Cour d’appel du Québec, Mme Otis a fait partie du comité d’experts qui a jeté les bases de cette réforme de la justice de l’ONU.Un travail fou pour faire table rase d’un héritage de 60 ans en moins de six mois de labeur.«Pour ce qui est de la création d’un système informel [la médiation], suis ravie.Il n’existait rien, rien, rien, s’exclame-t-elle.Sans un bon système informel, un système de justice ne vaut rien.C’est comme du lait passé date.» Selon Mme Otis, la médiation devrait permettre de résoudre huit conflits sur dix avant qu’ils ne se retrouvent devant le nouveau Tribunal du contentieux administratif, ce qui aura pour effet de désengorger le système.André Sirois, un avocat montréalais qui avait suggéré la candidature de Louise Otis pour repenser la justice de l’ONU, est à la fois satisfait et sceptique quant à cette réforme.«C’est un petit pas dans la bonne direction.Il reste encore un problème qui est majeur, et c’est toute la question des tiers qui ont des litiges avec l’ONU», explique M.Sirois, vice-président du Barreau des organisations internationales, un organisme représentant les employés et les syndicats des agences de l’ONU.M.Sirois et François Loriot, un autre avocat québécois, sont les cofondateurs du Barreau des organisations internationales.Ils militent depuis longtemps pour moderniser la justice de l’ONU.«M' Loriot et moi, on a porté cette demande de réforme à bout de bras pendant une douzaine d’années.C’est notre bébé à nous», affirme Me Sirois.En juillet 2006, lorsque le groupe de la refonte de la justice de l’ONU a publié son rapport final, toutes les critiques de M' Sirois et consorts ont trouvé leur confirmation.«Dépassé, dysfonctionnel, inefficace et défi- cient», le système de justice coûtait si cher et nuisait tant à la réputation de l’ONU qu’il fallait le saborder.Les comités paritaires, formés d’employés de l’ONU, ne détenaient ni l’expertise juridique ni l’indépemjance pour trancher les griefs.A cet égard, M'Sirois se réjouit de l’arrivée de juges impartiaux, dont les décisions seront exécutoires.«Ce qui me donne espoir à long terme, c’est que le système compte maintenant sur l’apport de juristes de l’externe.On est sorti de la logique des comités paritaires», dit-il.Du même souffle, M' Sirois déplore les pouvoirs consentis au secrétaire général.«Il est constamment en conflit d’intérêts, parce qu’il a toujours tous les rôles: il rédige les règlements qui vont s’appliquer à l’employeur et l’employé, il veille à leur application et il contrôle tout le système de justice», déplore-t-il.M' Sirois souhaite aussi que l’ONU honore les engagements de la Convention sur les privilèges et les immunités en se dotant d’un mécanisme de règlement pour tous les types de différends.Malgré la réforme, les tiers n’ont aucun recours s’ils sont lésés par des décisions du personnel et des contractuels de l’ONU et de ses agences.M‘ Sirois cite en exemple le cas de femmes du Kenya qui ont été violées par des fonctionnaires de l’agence dans des camps de réfugiés.Elles n’ont toujours aucun recours contre l’ONU, réforme ou pas.Le Devoir «Sans un bon système informel, un système de justice ne vaut rien.C’est comme du lait passé date.» - Louise Otis Ultime hommage PAUL HARROW REUTERS t.¦ .:V: V-\ •; L’ANCIEN premier ministre libéral Jean Chrétien et son épouse, Aline, étaient parmi ceux qui sont allés rendre un dernier hommage à Roméo LeBlanc, qui fut le 25' gouverneur général du Canada, décédé le 24 juin à l’âge de 81 ans.Parmi les dignitaires présents aux funérailles hier, figuraient aussi la gou-vemeure générale, Michaëlle Jean, le premier ministre, Stephen Harper, ainsi que le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff Sur la photo, derrière le couple Chrétien, on aperçoit le fils de Roméo LeBlanc, Dominic, qui, comme son père avant lui, représente la circonscription de Beauséjour à la Chambre des communes.EN BREF Six morts dans un incendie à Londres Londres — Trois adultes et trois enfants, dont un bébé de trois semaines, sont morts dans un incendie hier après-midi dans une tour d’habitation du quartier de Camberwell (sud de Londres), a-t-on appris auprès des pompiers.Une centaine de pompiers et 18 camions ont été mobilisés pour éteindre le sinistre d’origine indéterminée pour le moment.Le feu, qui s’est déclaré vers 16h20 (heure locale) au quatrième étage, s’est étendu jusqu’au IL étage de cette tour faisant partie d’un vaste ensemble HLM construit dans les années 60.La chaleur et les fenêtres laissées ouvertes en raison du temps chaud et humide ont facilité la propagation des flammes, selon les pompiers.Trois adultes ainsi qu’un bébé de trois semaines et deux entants de six et sept ans sont morts, tandis que 30 habitants piégés dans la tour ont été secourus «dans des circonstances extrêmement difficiles», selon les pompiers.Douze personnes ont été hospitalisées, la plupart pour inhalation de fumée.- Associated Press I.E 1) E V 0 I It .EES S A M EDI I E T I) I M A X C II E 5 .1 I' I I.E E T i (I 0 !l A 7 ACTUALITES Les ravages de la guerre en Afghanistan La moitié des blindés de l’armée sont hors d’usage Les véhicules de l’armée de terre sont durement mis à l’épreuve en Afghanistan, au point où près de la moitié de la flotte est actuellement hors d’usage.Une situation qui inquiète le chef de la Force terrestre, le général Andrew Leslie.Un 121e soldat canadien tué ALEC CASTONGUAY Ottawa — La flotte de véhicules de transport et de combat de l’armée de terre est en très mauvais état.Les conditions extrêmes de Kandahar, avec la poussière, les variations de température et les attentats, usent prématurément les véhicules, ce qui inquiète l’état-major des Forces canadiennes.Près de la moitié de la flotte est présentement hors d’usage et attend des réparations.Après la pénurie d’officiers d’expérience et de formateurs qualifiés pour entraîner les recrues de l’armée de terre — ce qui a donné naissance au phénomène de «l’armée fantôme» révélé par Le Devoir hier —, l’usure des véhicules est la plus importante inquiétude de la Force terrestre, indique un rapport émanant de celle-ci.Dans un document confidentiel obtenu par Le Devoir en vertu de la Loi d’accès à l’information, le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Andrew Leslie, décrit la situation comme étant «à haut risque».Ce rapport, intitulé Strategie Operations and Ressource Plan 2008-09, fait état des problèmes au sein de l’armée de terre.Le document de plus de 60 pages a été remis il y a quelques mois au chef d’état-major des Forces canadiennes, le général Walt Natynczyk.«Le ratio des véhicules hors d’usage atteint un record, avec une moyenne de 35 à 60% de la flotte qui est actuellement inutilisable.La norme acceptable est estimée à 10-15 %», écrit le général Andrew Leslie.La mission en Afghanistan est la grande responsable de l’état précaire de la flotte.L’usure des LAVIII, RG-31, chars d’assaut et autres véhicules de l’armée de terre est six fois plus rapide à Kandahar qu’au Canada.Plutôt que les 20 ans de vie normale, l’armée estime qu’un véhicule qui sert en Afghanistan a une durée de vie de trois ou quatre ans.Aux conditions difficiles du désert afghan, il faut ajouter les engins explosifs improvisés (EEI) et les roquettes (RPG) des talibans, qui font non seulement la vie dure aux militaires, comme en témoignait encore hier le décès tragique d’un soldat canadien, mais également aux véhicules de l’armée.Les Forces canadiennes ont aussi ajouté énormément de blindage sur les véhicules, question de mieux protéger les soldats.Or les LAVIII, les véhicules de transport et de combat les plus utilisés en Afghanistan, ne sont pas conçus pour déplacer autant de poids.La mécanique (transmission, moteur) est donc particulièrement sollicitée.Un trou de 264 millions de dollars Le rythme intense de la mission en Afghanistan et de l’entraînement des soldats avant les déploiements fait en sorte que les véhicules ne sont pas remis en état assez rapidement pour combler tous les besoins.Les véhicules sont donc de moins en moins disponibles au Canada pour l’entraînement régulier des militaires.Dans le rapport du général Leslie, on évalue le déficit lié à l’entretien des véhicules à 264 millions de dollars.L'armée de terre réclame d’ailleurs une aide d’urgence de 67 millions ARCHIVES REUTERS de dollars pour combler une partie des besoins.Le document souligne également que le problème est accentué par une pénurie de techniciens spécialisés et de mécaniciens.«Il faut davantage avoir recours à l’expertise civile», note le rapport du général Leslie.Le Devoir COLIN PE RK EL Kandahar — Un soldat canadien a été tué, hier, en Afghanistan lorsque son véhicule, qui traversait une région fourmillant de talibans, a roulé sur un engin explosif artisanal.Le caporal Nicholas Bulger, qui était âgé de 30 ans et père de deux enfants, était membre du 3' bataillon du Princess Patricia’s Canadian light Infantry, basé à Edmonton.Le commandant des forces de la coalition à Kandahar, le brigadier général canadien Jonathan Vance, était du convoi qui roulait tout juste devant celui du caporal Bulger, mais son véhicule n’a pas déclenché l’engin explosif.Selon les militaires, l’engin aurait échappé aux récents ratissages de sécurité dans la région parce qu’il avait été enterré depuis quelque temps, la terre le recouvrant étant devenue damée et ferme.Cette théorie expliquerait également que la bombe ne se soit pas déclenchée lors du passage du blindé du brigadier général.Cinq autres soldats du convoi canadien ont été blessés, mais ils se porteraient bien, selon les autorités.«Malgré sa forte carapace, Nick avait un grand cœur, dont il faisait profiter tout le monde dans sa vie et que j’ai eu l’honneur de connaître», a affirmé le brigadier général Vance.«Même si c’était sa première mission à l’étranger, il se comportait toujours comme un soldat d’infanterie aguerri», a-t-il souligné.Le brigadier général a ajouté que le soldat Bulger, originaire de Peterborough en Ontario était destiné à suivre la formation au commandement, lui qui s’est engagé dans les Forces canadiennes en 2000.Le soldat Bulger laisse dans le deuil sa femme, Rebeka, ainsi que leurs deux filles, sa mère, ses frères et sa sœur.Le chef d’état-major de la Défense nationale, le général Walter Natynczyk, a pour sa part indiqué, en entrevue depuis Calgary, que les Forces canadiennes avaient perdu l’un de leurs «vaillants soldats».«Nous pleurons de nouveau un combattant mort au combat», a-t-il affirmé.La Presse canadienne %**' ¦m fi ttÿÆ Iservices Immobiliers Ferri inci www.loflsdesarls.com Bureau des ventes, 10, rue Onterio Ouest, Montréal 514 845-6622 j Lun.Mar.Mer.Jeu.: 13h à 19h I Sam.et Dim.: 12h à 17h PLUS o 7000 EMP La collecte des matières recyclables, ça fait aussi rouler l'économie ! 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MONDE Sarah Palin démissionne «Je ne briguerai pas ma réélection» Anchorage — La républicaine Sarah Palin, 45 ans, considérée comme une candidate potentielle à l’élection présidentielle américaine de 2012, a créé la surprise hier en annonçant qu’elle quittait son poste de gouverneur de l’Alaska et ne briguerait pas un deuxième mandat Lors d’une conférence de presse impromptue à la veille de la fête nationale, devant sa maison familiale de Wasilla, Mme Palin a déclaré au côté de son mari: «Je ne briguerai pas ma réélection et je suis déterminée à transférer [.] l’autorité de gouverneur au lieutenant gouverneur [Sean] Pamell», son adjoint Selon les médias locaux, elle quitterait ses fonctions dès le 25 juillet et les spéculations sur son avenir politique national vont bon train.Tailleur rouge et cheveux aux vents, l’ex-candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis, qui gouverne l’Alaska depuis 2006, a affirmé dans une longue déclaration qu’elle voulait désarmais «prendre position et faire bouger les choses», sans donner plus de détails.Ancienne journaliste sportive, Mme Palin, surnommée «Sarah Barracuda» quand elle jouait au basket au lycée, a déclaré qu’il «était temps de passer le ballon en vue de la victoire».«Nous savons que nous pouvons avoir un effet positif en dehors du gouvernement en ce moment [.] et créer la différence avec nos priorités», a lancé l’ancienne colistière de John McCain sur la pelouse de sa mai- son où se tenait une assistance clairsemée.Future candidate?Toujours populaire auprès de la base républicaine en dépit de la défaite de son parti à l’élection présidentielle de novembre 2008, cette mère de cinq enfants peut toujours prétendre devenir la nouvelle figure de l’opposition, estimaient des commentateurs américains hier, assurant que cela pouvait constituer un premier pas vers sa future candidature à la Maison-Blanche.Dans une phrase sibylline, Mme Palin a souligné: «Cela me fait mal de faire ce choix mais je fais ce qu’il y a de mieux pour l’Alaska.Cela me fait penser à ce dicton qui était affiché sur le ré- frigérateur de mes parents: “Cherche pas d’explication.Tes amis n’en ont pas besoin et tes ennemis ne vont pas te croire de toute façon”».En quittant sop poste de gouverneur de cet Etat pétrolier et peu peuplé avant la fin de son mandat de quatre ans, Mme Palin pourra voyager, plus facilement à travers les Etats-Unis et bâtir sa propre équipe politique nationale afin de préparer son éventuelle candidature à la présidentielle de 2012.«Certains vont se poser des questions sur le calendrier de cette annonce mais laissez-moi vous dire que cette décision était en train de mûrir depuis un bon moment», a-t-elle lancé.Agence France-Presse Biden lance une sévère mise en garde aux dirigeants irakiens Bagdad — Le vice-président américain Joe Biden a lancé hier à Bagdad une mise en garde sans précédent aux dirigeants irakiens en affirmant que son pays pourrait se désengager politiquement si l’Irak replongeait dans la violence confessionnelle ou ethnique.«Si la violence reprenait, cela changerait la nature de notre engagement.Il a été très direct sur ce point», a affirmé un haut responsable américain qui l’accompagne après une série de rencontres avec les dirigeants irakiens, dont le premier ministre Nouri al-Mali-W.«Si, en raison des actions de différentes parties en Irak, le pays devait replonger dans la violence confessionnelle ou tomber dans la violence ethnique, alors ce n’est pas me chose qui nous permettrait de rester engagé car ce ne serait pas dans l’intérêt du peuple américain», a-t-il ajputé.Jamais jusqu’à présent les Etats-Unis n’avaient montré un tel agacement devant l’absence de progrès dans le règlement des problèmes qui divisent les Irakiens et qui peuvent à tout moment déboucher sur une reprise de la violence ayant plongé le pays dans le chaos en 2006 et 2007.M.Biden est arrivé jeudi soir à Bagdad, deux jours après le retrait des soldats américains des villes d’Irak, dont l’armée et la police irakiennes assurent désormais la sécurité.Le haut responsable américain a cité successivement les questions prioritaires de la ville de Kirkouk, l’intégration des différents groupes ethniques et confessionnels dans la société irakienne, le renforcement des institutions gouvernementales et la loi sur la répartition des richesses pétrolières qui n’a toujours pas été votée.Kirkouk, qui repose sur des ressources pétrolières gigantesques, est au coeur d’une bataille entre les Kurdes, qui souhaitent rattacher cette ville au Kurdistan, et le pourvoir central qui rejette entièrement cette idée.Des milliers de partisans de Moqtada Sadr ont manifesté dans leur fief de Sadr City, un quartier pauvre de Bagdad, et brûlé la bannière étoilée.«Non, non aux Etats-Unis ! Non, non à l'occupation! Oui, oui à l’Irak!», scandaient certains.Agence France-Presse -trente- te magazine du journalisme COMMENT TROUVER LE (du siècle, de préférence) Le magazine du journalisme En kiosque maintenant Abonnement et information: 514 522-8033 www.le30.org Ban Ki-moon fait le pied de grue pour rencontrer Sun Kyi XTaypidaw, Birmanie — Le se-1N crétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a été reçu hier par le chef de la junte militaire birmane, Than Shwe, qui n’a pas répondu pour l’instant à sa demande de pouvoir rencontrer Aung San Suu Kyi, chef de file de l’opposition.«Il m’a dit qu’elle était en procès.J’ai souligné que je tenais à la rencontrer en personne», a expliqué Ban Ki-moon aux journalistes, à l’issue de son entretien avec le chef de la junte, qui a duré près de deux heures.«J’attends qu’ils étudient ma demande et me répondent», a-t-il ajouté.A son arrivée en Birmanie, Ban Ki-moon n’avait pas caché son intention de demander à pouvoir rencontrer pendant sa visite de 48 heures Aung San Suu Kyi, qui est détenue et en procès pour avoir enfreint les règles de son assignation à résidence à Rangoun.Selon l’opposition, ce procès est une manoeuvre du régime pour exclure la prix Nobel de la paix des élections législatives pluralistes qui doivent se tenir l’année prochaine.Le procès de l’opposante, âgée de 64 ans, a été ajourné hier-d’une semaine — jusqu’au 10 juillet — officiellement en raison d’une erreur administrative, a fait savoir son avocat «Aung San Suu Kyi a été surprise par cette décision», a dit l’avocat, Nyan Win, à la presse.La dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) a passé 14 des 20 dernières années en détention, la plupart du temps en résidence surveillée dans sa villa de Ran-goun, au bord d’un lac.Pendant la durée de son procès, elle est incarcérée dans une dépendance de la prison d’insein à Rangoun.Reuters Poutine et Obama n’ont pas d’atomes crochus Moscou — Le premier ministre russe Vladimir Poutine, qualifié d’homme du passé par le président américain Barack Obama à la veille d’un sommet russo-américain, a riposté hier en accusant Washington de vivre dans une logique de blocs.Le locataire de la Maison-Blanche a ouvert les hostilités en estimant que l’ex-président russe, par ailleurs ancien du KGB, n’avait pas su se défaire des réflexes de la Guerre froide dans ses relations avec Washington.«Je pense que Poutine a un pied dans la vieille manière de conduire les affaires, et un pied dans la nouvelle», a lancé M.Obama, dans un entretien avec l’agence Associated Press.Le premier ministre doit «comprendre qu’une approche des relations américano-russes datant de la Guerre froide est dépassée», a-t-il ajouté, en insistant sur le fait que le président russe Dmitri Medvedev, lui, «comprenait cela».Poutine aura sans doute peu apprécié la remarque, lui qui a encore l’habitude d’être traité en chef d’État par nombre de dirigeants étrangers, à l’instar des présidents français Nicolas Sarkozy, chinois Hu Jintao et vénézuélien Hugo Chavez.U a d’ailleurs répondu à Obama à la première personne du pluriel, comme pour mieux souligner la force du tandem formé avec son successeur et le rôle primordial qu’il joue encore en Russie.«Nous ne savons pas faire le grand écart, nous sommes fermement debout sur nos deux jambes et regardons toujours vers l’avenir», a rétorqué l’ancien maître du Kremlin, un petit sourire en coin, selon des images diffusées à la télévision russe.Poutine et Obama se verront avec leurs conseillers, et non en tête-à-tête, au cours d’un petit déjeuner mardi, au lendemain de la rencontre entre les présidents russe et américain, un sommet censé marquer le redémarrage des relations entre les deux puissances nucléaires.Agence France-Presse Vous avez des droits nous pouvons vous aider Yves Ménard Avocat Vieux-Montréal 514.861.0469 X TOMAS BRAVO REUTERS Un partisan du président évincé Manuel Relaya arborant un foulard hier avec ces mots: «Non au coup d’Etat.» Crise politique au Honduras Le chef de l’OEA tente de trouver un compromis Tegucigalpa — Le secrétaire général de l’OEA José Miguel Insulza, est arrivé hier au Honduras pour tenter de convaincre le nouveau pouvoir d’accepter un compromis et de rétablir le président déchu Manuel Zelaya dans ses fonctions.Insulza doit avoir des entretiens avec des hommes politiques, des responsables religieux et de hauts magistrats, mais il ne rencontrera pas Roberto Micheletti, que le Congrès a nommé président par intérim.L’Organisation des Etats américains, soutenue par le président Barack Obama et par les dirigeants sud-américains, a donné au nouveau pouvoir jusqu’à samedi pour rétablir Zelaya.Les nouveaux dirigeants ont pour l’instant répondu par une fin de non-recevoir à cette demande et l’OEA, accentuant ses pressions diplomatiques, a menacé d’exclure le Honduras de l’organisation qui regroupe 34 Etats de la région.«Je ne peux pas dire que je sois confiant», a déclaré Insulza, qui voyageait dans un avion de l’armée de l’air brésilienne.«Je vais faire tout ce que je peux, mais je pense qu’il sera très dur de changer les choses en deux jours.» Des milliers de personnes, agitant des drapeaux honduriens bleus et blancs, ont organisé une manifestation anti-Ze-laya près du palais présidentiel à Tegucigalpa.Roberto Micheletti, qui refuse le retour de Zelaya, a appelé Insulza à se montrer «juste, équitable, et à se rendre compte que le peuple souhaite la paix, la démocratie et la tranquillité».Micheletti s’est dit «en plein accord» avec l’idée d’avancer la date de la prochaine élection présidentielle, prévue pour le 29 novembre prochain.«Si cela constitue un moyen de résoudre les problèmes actuels, je n’ai aucune objection», a-t-il ajouté.Il a également déclaré aux journalistes qu’il était possible d’organiser un référendum sur le retour au pays du président déchu, mais qu’une telle consultation ne pouvait avoir lieu dans un avenir proche.Reuters EN BREF Iran: l’UE réplique Bruxelles — Les Etats membres de l’Union européenne ont convoqué hier de façon coordonnée les ambassadeurs d’Iran en Europe pour protester contre le maintien en détention de deux employés iraniens de la mission britannique à Téhéran.Mais ils n’ont pas pris pour l’instant de mesure plus sévère comme, par exemple, le refus de visa à certains responsables iraniens.A Téhéran, au même moment, l’ayatollah Ahmad Jannati a laissé entendre que les employés iraniens de l’ambassade de Grande-Bretagne encore détenus à Téhéran seraient jugés pour leur implication présumée dans les troubles qui ont suivi l’élection présidentielle du 12 juin.«Dans ces événements, leur ambassade a maintenu une présence.Des individus ont été arrêtés et inévitablement ils seront jugés car ils ont fait des aveux», a déclaré lors de la prière du vendredi l’ayatollah Ahmad Jannati, qui présjde le Conseil des gardiens.A Londres, le Foreign Office s’est aussitôt dit «très inquiet» de ces déclarations et a dit chercher à obtenir des explications auprès des autorités iraniennes.Un porte-parole du ministre des Affaires étrangères suédois Cari Bildt, dont le pays assume la présidence tournante de l’UE depuis le 1er juillet, a jugé inacceptable que l’Iran engage des poursuites contre les employés d’ambassade toujours détenus, tout comme contre ceux qui ont été libérés.Les chefs de la diplomatie de l’UE avaient demandé la semaine dernière à l’Iran de relâcher rapidement les employés iraniens de l’ambassade de Grande-Bretagne ainsi qu’un journaliste grec, arrêtés en tant qu’instigateurs présumés de troubles.- Reuters :«xt «c ; L E I) E V (MR.LES S A M EDI I E T I) I M A N (' Il E A .1 I I I.I.E T 2 (I 0 0 A 9 LE MONDE L’offensive américaine en Afghanistan La stratégie Obama mise à l’épreuve Washington — L’offensive lancée par l’armée américaine dans le sud de l’Afghanistan marque la première initiative militaire d’ampleur du président Barack Obama contre les talibans, dont le succès aura valeur de test alors qu’il a fait de ce combat une priorité de son administration.Quelque 4000 marines poursuivaient hier une vaste opération lancée la veille dans le Helmand, un des bastions talibans du Sud afghan, dans le cadre de la nouvelle stratégie de la Maison-Blanche destinée à endiguer une insurrection montée en puissance depuis plus de deux ans.Selon les commandants sur place, l’objectif immédiat est d’améliorer la sécurité dans la région la plus volatile d’Afghanistan, afin d’assurer notamment le bon déroulement de l’élection présidentielle afghane en août À plus long terme, il s’agit d’établir une stabilité suffisante pour permettre le développement économique et politique, regagner la confiance de la population et passer le relais aux forces de sécurité afghanes.«Au bout du compte, la solution passe par l’économie et la gouvernance.Les Jbrces militaires sont nécessaires, mais insuffisantes», a résumé jeudi le vice-président américain Joe Biden, lors d’une visite-surprise en Irak.L’issue de cette première offensive est cruciale pour Obama, qui a fait de l’Afghanistan le front central de la guerre américaine contre le terrorisme, rompant avec son prédécesseur George W.Bush, dont la présidence a été dominée par la guerre en Irak.Pour mettre en échec les talibans et al-Qaïda tout en développant les institutions afghanes pour que le pays puisse un jour assurer sa propre sécurité, le nouveau «commandant en chef» a décidé de déployer 21000 soldats supplémentaires et des centaines d’experts en développement Effectifs Les effectifs militaires américains vont quasiment doubler entre 2008 et la fin 2009, pour atteindre 68 000, sur un total de près de 100 000 soldats étrangers.Obama a également nommé un nouveau commandant à la tête des forces internationales en Afghanistan, le général Stanley Mc-Chrystal, dont l’une des missions est d’éviter les bavures des forces américaines, qui ont fait de nombreuses victimes civiles et nourrissent la rancoeur de la population.Six mois après son arrivée à la Maison-Blanche, le président a une obligation de résultat afin de ne pas perdre le soutien de l’opinion publique américaine, alors que sa cote de popularité, si elle reste élevée, a glissé de 61 % en avril à 56 % mi-juin, selon un récent sondage.Le Pentagone, bien conscient de l’enjeu, sait qu’il lui faut remporter des rapidement des succès tangibles sur le front afghan.«Notre stratégie doit montrer qu’elle marche», soulignait courant juin le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, lors d’une audition au Congrès.«B est très important de pouvoir montrer aux Américains que nous réalisons des avancées d’ici la fin de l’année ou d’ici un an.Je crois que les Américains seront prêts à soutenir cet effort s’ils pensent que ce n’est pas une impasse.» Agence France-Presse REUTERS Une rare photo de talibans prise dans les montagnes afghanes en janvier dernier.Victoire du Pakistan contre les talibans de la vallée de Swat .j ••N*' rmM ».¦ * De la poudre aux yeux PHILIPPE GRANGEREAU La victoire proclamée du Pakistan contre les talibans de la vallée de Swat pourrait n’être que dq la poudre aux yeux.Sous la pression des États-Unis, l’armée pakistanaise a lancé en mai une vaste offensive contre les talibans de cette région située à une centaine de kilomètres au nord de la capitale.Deux millions de personnes ont été déplacées.Beaucoup s’entassent dans des camps de fortune à la lisière de cette vallée qui avait été conquise pendant l’hiver 2008 par plus de 5000 talibans faisant régner la terreur.Quelque 170 écoles pour filles ont été brûlées par les intégristes, qui appliquaient par ailleurs une version stricte de la charia, avec son funeste cortège d’amputations et de lapidations.L’armée pakistanaise, qui a interdit aux journalistes d’approcher du champ de bataille, a six semaines durant égrené des bilans victorieux, parlant de centaines de talibans tués, d’ennemis retranchés dans des villes comme Mingora, que l’aviation pilonnait Les agences de presse ont répercuté les communiqués militaires en précisant qu’elles ne pouvaient les vérifier en l’absence d’observateurs indépendants.Les combats ont cessé fin juin car les talibans, fidèles à leur tactique de guérilla, ont évacué la vallée.Beaucoup ont sans doute rejoint le fief islamiste du Waziristan, une «zone tribale» frontalière de l’Afghanistan, tandis que d’autres se sont fondus dans la population.Ces derniers jours, quelques rares journalistes ont été autorisés par l’armée pakistanaise à se rendre sur place.Jane Perlez du New York Times s’étonne, en survolant la ville déserte de Mingora, de constater qu’elle «paraît intacte».Elle estime que la campagne militaire «est loin d’avoir été décisive», notant que l’armée ne contrôle que les villes et les routes et qu’aucun chef taliban n’a été capturé ou tué.Un journaliste de la BBC, qui a suivi les combats à Swat, raconte que l’armée lui a affirmé avoir tué 900 talibans.«Et pourtant, je n’ai pas vu un seul cadavre de taliban», note-t-il.Même en se basant sur la version officielle, cette «offensive» a tout d’un coup d’épée dans l’eau.Islamabad affirmait que 5000 talibans avaient investi Mingora: il en resterait donc au moins 4000 qui peuvent revenir n’importe quand.Beaucoup se cachent dans les camps de réfugiés, a confié un officiel au New York Times.«Us ont rasé leur barbe et vivent avec leur famille.» Libération AUJOURD'HUI, CÉLÉBRONS LE 4 JUILLET À NOTRE FAÇON.STAR ALLIANCE '’iJT X AV;y| VOYAGEZ PLUS.OBTENEZ-EN PLUS.Accumulez jusqu’à 40000 milles-bonis AéroplanMD.Inscrivez-vous d’ici le 7 septembre 2009 sur aircanada.com/voyagezplus AUCUNS FRAIS DE RÉSERVATION Effectuez votre réservation par téléphone ou en ligne.Nos agents seront heureux de vous aider, et ce, sans frais supplémentaires.BAGAGES Enregistrement gratuit de deux bagages.CARBURANT Aucun supplément de frais de carburant pour les vols au Canada et aux États-Unis.PLUS BAS TARIFS GARANTIS Nos tarifs les plus bas sont sur aircanada.com, c’est garanti.Mettez le cap au sud de la frontière avec ces bas tarifs pour les États-Unis.ÉTATS-UNIS:tarifs aller simple au départ de Montréal, les voyages doivent prendre fin le si octobre 2009.PHILADELPHIE NEWARK FORT LAUDERDALE ORLANDO CHICAGO RALEIGH-DURHAM 134$ 167$ 189$ 189$ 200$ 208$ LAS VEGAS 219$ SEATTLE 220$ HOUSTON 222$ SAN FRANCISCO 229$ DENVER 231$ LOS ANGELES 259$ Voilà un aperçu de nos tarifs exceptionnels.Pour effectuer une réservation sans frais, rendez-vous sur aircanada.com ou appelez-nous au 1 888 247-2262.Ou encore, appelez votre agent de voyages.L’offre prend fin le 9 juillet 2009.La plaisir en primes DEPUIS 25ANS aircanada.com Service aux personnel malentendante* (ATS ): 1 800 361-8071.Les b Ilots d >iwnt bUo nrhetés ,iu plus tard lo 9 juillet 2009 les assur/vuos 1rs redovancos de navigation de NAV CANADA, les taxes et les autres (mis et suppléments ne sont pas inclus, l es billets sont non remboursables, les tards sont en vigueur au moment de la publication et applicables aux nouvelles réservations seulement Le ''onabn* de places est limité et fonction de la disponibilité.Des restrictions quant aux jours et aux heures peuvent s’appliquer Les tarifs peuvent différer selon les dates de départ et de retour.D’autres conditions peuvent s'appliquer.À moins d'avis conUalre, les vols peuvent être assurés par des appareils d’Air Canada, d’Air Canada Ja«“ de United Airlines, membre du réseau Star AlUance , ou «•» transporteurs aériens United Express (SkvWest Airlines, Chautauqua Airlines, Shuttle America, Trans States Airlines.Cojet Airlines ou Mesa Airlines).L'achat dix jours à l’avance est requis.Les voyages doivent prendre fin le 31 octobre 2009.Politique de bagages : enregistrement gratuit de deux bagages à bord des vols exploités par Air Canada et Air Canada jazz, dans les limites de taille et de poids permises Des frais allant jusqu *50$ % appliquent aux bagages cnreflistrés pour les vols è code partagé exploités par United Airlines et par les transporteurs aériens United Express entre le Canada et les États-Unis.Promotion «Vbyagex plus.Obten*z-en plus.» Inscrlvei-vous et voyagez entre le 1" Juin et le 7 septembre 2009 Accumulez jusqu'à 40000 milles-bonis Aéroplan en voyageant en Amérique du Nord au» tarifs ftngo Tango Plus, Latitude et classe Affaires, à bord des vols sans escale admissibles exploités par Air Canada ou Air Canada Jazz et des vols « code multiple d’Air Canada exploités par Central MountainAIr Services Ltd, Les milles-bonis Aéroplan ne sont pas des milles-privilèges Air Canada et ne permettent pas l'accès « un statut supérieur Air Canada.Certaines conditions s’appliquent.Pour obtenir la liste des vols admissibles, pour vous Inscnre et pour tous les autres détails, visitez alrcanada.com/voyagezplus.‘’’Aéroplan est une marque déposée d’Aéroplan Canada Inc.'•Air Canada Jazz est une marque de commerce d'AIr Canada. A 10 I l; l> K V 0 I K .L K S SAMEDI 1 E T l> I M A N' (' Il E 5 .1 r I L I.E T 2 (I 0 9 ACTUALITES VILLE SUITE UE LA PAGE 1 se forger de nouveaux modes de vie, pour des raisons écologiques, sociales, politiques ou même spirituelles.Exit le régime du métro-boulot-dodo et de l’économie fondée sur le surgaspillage qui sévit dans les milieux urbains, ces drôles de zigues cherchent de nouvelles façons d’avoir prise sur leur vie dans des métropoles en pleine crise d’identité et de ressources.Finie la revendication, voici venue l’ère de l’action.Plutôt que de se complaire dans la critique, ces nouveaux activistes, dont les réseaux pullulent sur Internet, agissent souvent dans l’anonymat et préfèrent l’acte à la parole.Guérilleros sans fusils Si certains, comme Nancy Klehm, adoptent des modes de vie marginaux par pure conviction personnelle, d’autres en font un geste politique et d’autres encore, un moyen d’humaniser leur en-virpnnement quotidien.A Montréal, ce sont entre autres des jardiniers clandestins qui tentent de reverdir les terrains vagues du Sud-Ouest et du Mile-End, ou d’embellir les dessous glauques de l'échangeur Turcot.Au printemps, ils lancent leurs bombes de semence daps les friches industrielles qui enlaidissent la ville.À Pointe-Saint-Charles, las d’attendre que la Ville se décide à transformer une zone délaissée en parc, des citoyens de La Pointe libertaire ont pris pics et pelles en 2007 pour y créer le Jardin de la liberté.Tout près de là, d’autres résidants, excédés par les lacunes du réseau de transports en commun, ont doublé la sortie du Bixi le printemps dernier en créant une flotte de bicyclettes gratuites, accessibles au premier venu.À Toronto, des militants pro-vélo font un pied de nez aux institutions en sortant la nuit avec bombes aérosol et pochoirs, pour créer des pistes cyclables sur les principales artères du centre-ville.Le credo de ce mouvement clandestin: agissons, ici, maintenant.Bref, réalisons en une nuit ce que la Ville échoue à faire depuis 10 ans.«Quand on a une idée, aussi bien la réaliser.C’est plus rapide et ça fait bouger les choses.Aujourd’hui, les gens pensent même que c’est la Ville qui a créé ces pistes.Certaines sont restées là et sont devenues partie intégrante de l’environnement», soutient Chloé, une membre de l’Urban Repair Squad de Toronto, qui a participé à plusieurs de ces raids clandestins.Le dernier en date: le remplacement de pictogrammes dans le réseau du métro de Toronto qui décourageaient le transport des vélos.«Ils envoyaient un message négatif en affichant seulement les heures interdites, et un pictogramme encerclé d’un cercle rouge.Nous, on préfère envoyer un message positif en publicisant les heures autorisées et un vélo cerclé de vert», soutient Martin Reis, blogueur et documentaliste du groupe.Mange ta ville Ces mouvements activistes, qui surfent sur la vague du mouvement vert, prennent toutes sortes de formes.Aux Etats-Unis, les freegans — contraction de free (gratuit) et de vegans (végétariens) — font de plus en plus d’adeptes.Ces végétariens anticonsuméristes dénoncent le gaspillage outrancier de tonnes de nourriture et détournent des dépotoirs les aliments non consommés qui prennent le chemin des ordures.Leur mission: récupérer ce que recrache la ville, ce monstre de la consommation gA nérateur de déchets, pour limiter le gaspillage.Aux Etats-Unis, on estime que 96 millions de tonnes d’aliments non périmés, soit 27 % de la production américaine de nourriture, finissent dans les dépotoirs.De quoi nourrir 42 millions de personnes! Fruits trop mûrs, légumes non conformes aux canons du marketing, céréales, surplus de lait et édulcorants constituent les deux tiers de cette manne alimentaire qui prend le chemin de la décharge publique.Le 19 juin dernier, à New York, les freegans tenaient un «trash tour» à l’angle de Park Avenue et de la 42e Rue.Objectif: repérer les meilleurs poubelles et dépôts du quartier susceptibles de contenir cette bouffe rejetée par une société gavée, rompue au gaspillage.Parasiter la ville Adam Bobbette, un artiste et designer qui a vécu cinq ans à Montréal et voyage entre New York, Toronto et Paris, a même créé les étiquettes Edible Excess, inspirée du ruban de Moebius, symbole du recyclage, qui identifie les contenants où restaurants, épiceries et autres commerces déposent leurs surplus, toujours propres à la consommation.Bobbette et sa collègue, l’artiste Géraldine Juarez, ont conçu plusieurs instruments de survie urbaine en collaboration avec le centre d’artisted Eyebeam de New York.Malgré leurs étiquettes, ils se défendent d’être des freegans et s’avèrent même être des critiques acerbes de la nouvelle économie verte.«L’idée de sauver le monde et de “consommer” vert n’est toujours qu’une nouvelle forme de consommation.Nous avons une approche plus radicale du développement durable», explique Géraldine.«Les étiquettes sont satiriques de ce greenwashing, qui va de la bouffe pour animaux aux actions vertes en Bourse.Ce nouveau bran- ding n’est qu’un nouveau label pour consommer davantage», ajoute Abam Bobbette.Urbains et iconoclastes jusqu’à la moelle, Bobbette et Juarez se sont donné pour mission de fouiller tous les interstices urbains et créent des prototypes de survie utilisant tous les sous-produits de la ville, y compris l’énergie.Vêtements faits de sacs postaux, fours artisanaux condensant la vapeur des chantiers de construction new-yorkais pour cuire des saucisses, rien n’échappe à leur imagination.Ils ont créé et dormi dans des abris urbains pliants faits de résidus provenant de chantiers de construction qu’on peut accrocher aux arbres.À la manière de l’artiste belge Vim Delvoye et de sa célèbre machine à caca, Cloaca no.5, ils tournent en dérision la surconsommation, notamment avec leur machine utopique, baptisée EXM {Edible Excess Machine), qui irradie les déchets pour les rendre comestibles.«Cela permet de boucler la boucle et de se nourrir de nos propres rebuts, encore et encore.C’est me juçon de montrer que l’idée même de durabilité est une vaste supercherie», lance Bobbette.L’artiste trouve que Montréal est un lieu florissant où pratiquer le glanage urbain.«Les loyers ne sont pas chers, il y a beaucoup d'espaces inutilisés, une communauté artistique forte, des immeubles abandonnés où squatter et de très bons sites de dumpster diving [glanage urbain]», dit-il.Renouveau urbain Qu’ils s’ancrent dans le jardinage, l’action communautaire ou l’adoption de modes de consommation parallèles, tous ces nouveaux mouvements urbains, souvent issus d’idées lancées dans les années 70, connaissent un nouvel essor.L’activisme citadin, après avoir été relégué aux oubliettes, reprend du poil de la bête et s’étend à partir de réseaux qui fleurissent sur le Web, explique Mirko Zardini, directeur du Centre canadien d’architecture (CCA), qui tenait l’hiver dernier une exposition intitulée Actions: comment s’approprier la ville.L’exposition réunissait 97 actions prises par des citoyens pour changer ou reprendre possession de leur environnement urbain.«Je pense que ces idées renaissent, car il y a une tmns-Jbrmation radicale et profonde de nos sociétés en ce moment Tout ce qui concerne de près ou de loin l’économie des ressources touche directement les enjeux auxquels nous sommes confrontés dans les villes», soutient l’architecte.Ce nouvel activisme souterrain, qu’il prenne une forme individuelle ou collective, traduit en sus la crise majeure de confiance de certains individus à l’égard des pouvoirs publics.«Ça arrive maintenant, car les gens se rendent compte qu’ils doivent agir s’ils veulent un changement rapide dans leur environnement.Us veulent faire en sorte que la ville réponde davantage à leurs besoins», dit-il.À l’heure où près de la moitié de la population terrestre vit dans les villes, la cité elle-même, et ses modes de fonctionnement, est confrontée à de nouvelles limites, pour ne pas dire à un cul-de-sac.Surpopulation, gestion des déchets, gestion de la pollution et du bruit, de la congestion automobile: la ville du troisième millénaire reste à inventer.«Je crois qu’il y a plus derrière ces mouvements qu’un seul souci écologique, conclut Mirko Zardini.Il y a un revirement culturel dans nos façons d’interagir avec la ville, car la démocratie directe et la qualité de vie en milieu urbain seront des facteurs essentiels pour faire face aux enjeux environnementaux et sociaux des villes de demain.» Le Devoir http://urbanrepairs.blogspot.corn/ http://freegan.info/?page_id=2 http://www.we-make-money-not-art.com/archives/2007/12/i-read-about-yo.php http://www.lapointelibertaire.org/jardindelaliberte JACQUES NADEAU LE DEVOIR ïÉsMm BACON SUITE UE LA PAGE 1 C’est dire la résistance passée de la critique et des institutions américaines devant l’œuvre de cet artiste à la vie sulfureuse, jouisseur et joueur compulsif, qui peignait comme il jouait à la roulette, en misant sur le hasard.À ce petit jeu, Bacon, critique impitoyable de son œuvre, perdait plus souvent qu’à son tour, ce qui l’amena à détruire des centaines de tableaux — il n’en subsiste qu’environ 600.Un choc Parcourir la grande rétrospective du MET, c’est encaisser tout un choc, mais pas nécessairement celui auquel on s’attendait.Car le visiteur n’est pas tant happé par un sentiment de trouble ou de répulsion devant cette succession de créatures monstrueuses et de corps déformés, disloqués, qu’ébranlé par la grandeur austère et la théâtralité complexe — en écho à un Becket ou à un Ionesco — des œuvres.Il ne peut aussi qu’être séduit par la sensualité presque voluptueuse de ces couleurs chaudes et franches.Dans les salles où sont regroupés la série des papes (d’après Innocent X de Velasquez) ou encore les grands triptyques des années 1950 et 1960, on a l’impression de déambuler dans les galeries de grands maîtres de la Renaissance.Comme si les imposants cadres dorés qui servent d’écrin à chaque tableau et les vitres qui les recouvrent — à la demande expresse de Bacon — concouraient à la fois à protéger leur mystère et à leur conférer une noblesse altière, à la limite parfois de la grandiloquence.Sans jamais atténuer la crudité des scènes violentes ou sordides projetées sur la toile, les procédés utilisés par Bacon — comme ces rideaux qui font corps avec les personnages, les cages qui les emprisonnent, ces rails qui les hissent comme sur une tribune — contribuent eux aussi à engendrer chez le visiteur une certaine distance avec le drame qui se déploie sur la toile.Le sens énigmatique des œuvres est ainsi préservé.Tableau après tableau, le visiteur a l’impression d’ouvrir une après l’autre les portes d’un château de Barbe-Bleue, derrière lesquelles viendrait de se dérouler ou s’apprêterait à éclater un drame sanglant et tragique, comme dans les pièces d’Eschyle — une inspiration pour Bacon — ou de Shakespeare.Les tableaux et triptyques de Bacon ne racontent cependant pas d’histoire; leur sens reste ainsi voilé d’ambiguïté, d’où leur énorme pouvoir de suggestion.Le parcours Le parcours de l’exposition est chronologique, depuis les premières œuvres à l’imagerie agressive qui ont propulsé dès 1945 Bacon à l’avant-scène de l’art contemporain jusqu’aux autoportraits et aux grands triptyques des années 1980 et 1990, dont le raffinement accru de la composition et les couleurs plus subtiles ne réussissent pas à masquer une froideur presque clinique.Certains préféreront sans doute les premiers tableaux, plus crus et moins encombrés par les procédés ultérieurs, telles ces terrifiantes Têtes des années 1945-47 dans des tons de gris, mi-humaines mi-animales, qui semblent tenter de s’arracher à un cauchemar.La Tête I, avec ses crocs et sa gueule convulsée, sans qu’on sache si elle hurle de peur ou si elle s’apprête à mordre, clame la nature bestiale de l’homme, qui faisait partie du credo de Bacon.Tout comme Jean Genêt à la même époque, le peintre, d’un pessimisme irréductible, s’appliquait à terrasser toute illusion réconfortante sur la nature humaine.Les murs des premières salles de l’exposition sont malheureusement encombrés, au risque de gêner le champ visuel des visiteurs.Dans les salles suivantes, dont celles abritant les grands triptyques, la présentation devient beaucoup plus espacée, l’éclairage plus lumineux.À mi-parcours, il vaut la peine de s’attarder dans la salle dédiée aux documents d’archives retrouvés dans le dernier atelier de Francis Bacon à Londres.Ces documents permettent de comprendre de manière saisissante de quelle façon l’artiste Iravai liait, à partir de photographies, de reproductions d’œuvres d’art ou de pages de revues délibérément pliées, froissées et découpées.On sait à quel point la découverte de ces précieuses archives après la mort de l’artiste a bouleversé la compréhension de son œuvre: Bacon assimilait un nombre incalculable d’influences pour en faire chaque fois une seule image intense et déroutante, dans un style personnel immédiatement reconnaissable.Les panneaux explicatifs qui accompagnent les œuvres sont instructifs, mais se font discrets sur son homosexualité pourtant manifeste dans certains tableaux (pudibonderie américaine?) ou encore sur sa dette envers le surréalisme (Ernst, Michaux, Dali).Heureusement, le somptueux catalogue de l’exposition — en anglais seulement — ne fait pas l’impasse sur ces questions et comprend plusieurs études thématiques passionnantes, notamment sur certains mythes à propos du travail de Bacon, par exemple sa prétention à l’absolue «spontanéité» de son œuvre, souvent contredite par les reprises détectées dans plusieurs tableaux.Pour finir, une suggestion: ne manquez surtout pas la sculpture fabuleuse de l’artiste américain Roxy Paine sur le toit du MET, vous le regretteriez.Le Devoir Le MET offre des visites guidées et des audioguides en français.Pour plus de renseignements, voir le site du musée: www.metmuseum.org.FRONDE «Nous trépignons d’impatience de voir ce joyau de la modernité québécoise proposer une véritable vision de Fart contemporain» SUITE DE LA PAGE 1 Le président DeSerres reste sur ses positions et défend son choix dans une lettre, également obtenue par Le Devoir.«Nous vous assurons que ce processus de sélection a été fait selon les règles de l’art et nous espérons que tout le milieu de l’art contemporain se joint à nous et se mobilise pour le rayonnement du Musée, écrit-il à Mme Nicacs et M.Lacroix.La personne choisie, Paulette Gagnon, a une grande expérience en muséologie et cumule plus de 30 années en conservation (programmation, collection, acquisition et exposition), en gestion et en éducation.Le conseil d’administration est convaincu que sa passion pour le Musée et sa connaissance de l’art contemporain feront en sorte de développer tout le potentiel de notre institution, et ce, pour le bien du Musée, de la communauté artistique, de la métropole et du Québec.» Une cinquantaine d’artistes accompagnent la charge, dont plusieurs grosses pointures (David Altmedj, Dominique Blain, Louise Robert, Isabelle Hayeur, Pierre Bourgeault.) et même deux Prix Borduas (Françoise Sullivan et Jocelyne Alloucherie), la plus prestigieuse récompense du Québec dans le domaine.Une dizaine de professeurs d’histoire de l’art se joignent à la fronde, dont quelques vedettes, Lise Lamarche et Johanne Lamoureux notamment.Le groupe des critiques et des conservateurs indépendants forme un dernier contingent notable avec, là encore, de fortes pointures (Gilles Daigneault par exemple).Tous ces gens affichent ouvertement leurs craintes et leurs espoirs déçus.Le texte qualifie de «leurre» le concours organisé pour remplacer Marc Mayer, parti diriger le Musée des beaux-arts du Canada.Le comité de sélection est accusé de ne pas avoir «reçu des candidats valables repérés» par le chasseur de têtes.La requête affiche aussi son choix pour le «recrutement de candidats sur la scène internationale».La nomination récente de deux conservateurs, à l’interne et sans appel public, est aussi critiquée.Le président DeSerres balaie ces prétentions dans sa propre réponse.«Sur 125 candidatures, dont 30 à l’échelle internationale, 20 candidats ont été présélectionnés par la firme de spécialistes [Kenniff et Racine, embauchée par le MACM], écrit-il.Par la suite, un certain nombre [d’entre eux] ont fait l’objet de discussions par le comité de sélection, composé de membres du conseil d’administration du Musée ayant à cœur les intérêts de l’institution.Seize personnes ont été retenues pour des entrevues.De ce nombre, sept personnes ont été présentées au comité de sélection.Quatre candidats ont finalement été rencontrés par le comité de sélection.» Une «short list» non-officielle établie par Le Devoir à la fin du processus nommait cinq candidates potentielles, dont Louise Déry, directrice de la galerie de l’UQAM, la favorite d’une grande proportion de gens du milieu.Selon les informations obtenues, le conseil d’administration se serait fortement divisé autour de sa candidature.Comme le veut une pratique courante, ses membres auraient fini par désigner un candidat de compromis.Le texte trahit aussi les frustrations d’une part du milieu face à un musée jugé «timoré», «qui ne fonctionne pas à la mesure de son potentiel», est qui est même décrit comme «méconnu, voire invisible» sur la scène internationale.Le reproche peut bizarrement être lu comme un désaveu des quatre dernières années sous la direction de Marc Mayer, lui-même un directeur au profil international souhaité.«Nous trépignons d’impatience de voir ce joyau de la modernité québécoise proposer une véritable vision de l’art contemporain et actuel, dit le texte.Pour le moment toutefois [.] le Québec sous-utilise de manière flagrante ce véhicule inestimable.» Finalement, malgré l’étendue impressionnante des appuis à la «réflexion», il faut noter l’absence ou la sous-représentation de plusieurs joueurs importants du milieu.Soulignons les galeristes et les directeurs de centres d’artistes (sauf Simon Blais et Lili Michaud de la galerie Occurence, ajoutés après l’envoi de la lettre), les directeurs de revues spécialisées (sauf Serge Fisette, de la revue Espace), et surtout la grande majorité des artistes présentés aux MACM au cours de la dernière décennie (avec quelques exceptions notables, dont David Altmedj et Dominique Blain).Le bureau de la ministre Christine St-Pierre disait ne pas encore avoir reçu la lettre hier.Son attachée de presse a fait savoir que de toute manière, le conseil d’administration du musée demeurait entièrement indépendant dans le processus de sélection d’un directeur.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9' étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.coin La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au téléphone 514-985-3346 Par télécopieur 514-985-3390 Li Devoir peut, à l'occasion, mettre la lifte d'adn i leiü ibonn à la disposition d au samedi par le Devoir Inc, dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury.9 r d'organisations reconnues dont la cause.1rs produits ou les services jicuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez lias recevoir de correspondance de ces organisations, veuille/ en avertir notre service à la clientèle Le Devoir vs\ publié du lundi .,.étage, Montréal.(Québec).IDA 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel Inc , 12 800 rue Brault.St Janvier de Mirabel.Québec, division de Québécor Média, 012 rue Saint-Jacques, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l’imprimerie du Journal de Qui bec, 4,>0 avenue Becbard, Quebec qui est la propriété di ( orporation Sun M'
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