Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Le devoir, 2009-07-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
2 (I 0 !l 1 |,: ^ ^ V 01 n ¦ I.K s S A M K |) | 1 K T It I M A N (' Il E 5 .1 T I I.I.E ?c i1! K Æ IDÉES MACM : des artistes s’indignent Page C 5 Br T ART PUBLIC Montréal accuse un retard tant en quantité qu’en qualité Page C 3 PERSPECTIVES Un rapport qui ne paye pas demine La stratégie minière dévoilée cette semaine ne change fondamentalement rien -fa y mm Le Québec a adopté sa première Loi sur les mines en 1880.Le gouvernement s’y attribuait la propriété du sous-sol, ce qui lui permettait d’en confier l’exploitation à qui il voulait en s’assurant que les propriétaires de la surface des terrains n’aient pas un mot à dire, ou presque.La nouvelle stratégie minière, annoncée cette semaine, ajoute certains ajustements à cette archaïque loi, mais ne change aucun de ses piliers juridiques qui remontent à l’époque coloniale.LOUIS-GILLES FRANCŒUR a nouvelle Stratégie minérale du Québec, qui est plutôt une stratégie «minière» (voir encadré), modifie quelques-unes des règles d’intendance de cette industrie sans rien bouleverser de son ancienne économie générale, ce qui pourrait bien annoncer la transformation du Grand Nord québécois en bar minier ouvert Par cette stratégie minière, Québec entend «créer de la richesse», mais en tenant compte d’exigences environnementales toujours indéfinies et d’une meilleure intégration des projets dans le milieu autochtone en particulier.Les couplets sur le développement durable ont été nombreux.Mais ce fameux Plan Nord, dont le développement minier se veut un des piliers principaux, semble devoir se faire sans plan d’ensemble et sans la moindre étude globale et préalable de ses impacts environnementaux et sociaux.Pourtant, au début des années 1970, le développement de la Baie James avait fait l’objet d’une étude globale de ses impacts environnementaux.Certes, ces études ont été réalisées pendant et non avant les travaux.Mais les études d’impacts ne constituaient pas à cette époque une exigence réglementaire.Vingt ans d’études à la Baie James nous ont appris que le désenclavement ou l’ouverture à tout le monde de ces jungles nordiques — des territoires vierges depuis des millénaires — avait plus d’impacts environnementaux que les barrages et les réservoirs eux-mêmes.A l’évidence et à moins de mesures exceptionnelles de fermeture après coup, leur invasion par les travailleurs blancs, suivis de la horde des chasseurs et pêcheurs blancs et autochtones grâce aux nouvelles routes, va modifier les équilibres historiques de la totalité des lacs et des cheptels de ces immenses régions sauvages, jusqu’ici exploitées marginalement Ouvrir l’Amazonie aux minières a exactement le même impact ici parce qu’on est en présence d’écosystèmes intouchés, encore plus lents à récupérer, qu’on s’apprête pourtant à chambarder par des mines et des projets énergétiques sans plan d’ensemble préalablement évalué.Et ces impacts ne seront pas qu’environnementaux.On a fait briller les verroteries pour obtenir l’accord des bandes amérindiennes aux projets hydroélectriques de la Rupert et de La Romaine.On récidivera avec les projets miniers.Mais quels seront les impacts sur les structures sociales et la cul- ture de ces sociétés après le passage des entrepreneurs, des minières et des castors bétonneurs?Jusqu’ici, on n’en sait rien.Et Québec se contente de procéder à des évaluations, projet par projet, alors que s’impose à l’évidence pour les cultures autochtones et l’environnement une évaluation beaucoup plus exhaustive et globale.En comparaison de cette exigence impérative, les concessions environnementales annoncées par Québec relèvent de l’intendance ordinaire, qu’il s’agisse d’éventuelles normes sur la restauration des sites miniers, sur l’abaissement du seuil d’assujettissement aux audiences publiques (qui passe de 7000 à 3000 tonnes de minerai par jour), ou de normes dont on ne sait encore rien qui devraient encadrer l’exploration minière.Certes, le ministre responsable des mines devrait avoir plus de pouvoirs pour soustraire certains territoires à l’activité minière.Mais pour l’instant, il s’agit d’un pouvoir qui n’est pas balisé, de sorte que le ministre pourrait bien ne jamais l’utiliser tout en se vantant de pouvoir le faire, une recette environnementale bien québécoise.De la même façon, l’intention d’évaluer les eskers abitibiens pour «assurer leur protection s’il y a lieu» donne au ministre un rôle de gardien de but sans offrir la garantie qu’il a le talent ou la volonté de l’exercer.Québec semble s’être occupé davantage d’intendance que des grands enjeux de société SOURCE IOC Répondre au Vérificateur Une autre partie de la stratégie «minérale» se veut une réponse, mais encore là fort malhabile, aux faiblesses criantes soulignées par le Vérificateur général au printemps.Comme le Vérificateur, la stratégie gouvernementale constate et postule que «les minéraux sont des ressources qui ne sont pas renouvelables.C’est pourquoi il convient d’assurer au Québec un juste retour de l’exploitation de ces ressources», d’où l’engagement selon lequel Québec «examinera le régime de redevances minières ainsi que les moyens pour favoriser la première transformation au Québec».Le Vérificateur a constaté dans son rapport incendiaire que 14 des 21 mines du Québec n’ont versé entre 2002 et 2008 aucun droit minier, et ce, même si elles ont cumulé une production brute annuelle évaluée à 4,2 milliards.Selon la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine, il faut désormais imposer une «redevance minimale de 2 à 5% sur les revenus bruts» des minières pour couvrir au moins les investissements publics dans leur développement et pour s’assurer qu’elles paient un juste prix pour ces ressources, sous peine de se retrouver avec une crise des minéraux, comme celle du bois d’œuvre.Pour l’instant, il semble que les investissements de 800 millions projetés par Québec pourraient dépasser les revenus qu’il retire des mines.En effet, Québec s’engage à investir 264 millions de fonds publics pour décontaminer les mines abandonnées par les minières et des investisseurs qui sont toujours à l’œuvre, souvent sous de nouveaux noms.Il ajoute un autre petit lV Les investissements de 800 millions projetés par Québec pourraient dépasser les revenus qu’il retire des mines 350 millions pour ouvrir les routes qui donneront accès aux futurs chantiers du Nord, et 200 autres millions pour soutenir l’exploration minière grâce au Fonds du patrimoine minier, dont l’argent sert à éviter aux villages miniers de devenir des villages fantômes et aux travailleurs miniers de se retrouver avec des caisses de retraite à la General Motors.Pourquoi ne pas envisager pour les mines un fonds sectoriel, comme celui de la fonction publique, afin d’encourager la mobilité et la protection de cette main-d’œuvre à long terme?Certes, Québec s’engage à exiger des garanties financières pour couvrir 100 % — et non plus seulement 70 % — du coût de la restauration des mines.Mais qu’adviendra-t-il, ont demandé les écologistes, si la mine ferme après un, quatre ou six ans?Qui déterminera la valeur de la restauration, dont le coût augmentera au fur et à mesure que les déblais s’empileront, que les lixiviats se complexifieront?A cette interrogation, le ministre délégué aux mines, Serge Simard, vient de dissiper le flou de sa stratégie dans une lettre ouverte envoyée au Devoir.Simard affirme que «ces garanties devront couvrir la totalité des éventuels coûts de restauration.Qui plus est, elles devront être versées dès le début de l’exploitation.Ainsi, nous diminuerons le risque de voir l’Etat hériter de nouveaux sites abandonnés».La précision est de taille, mais le ministre ne dit pas comment et à quelle fréquence seront réévalués les coûts de restauration, qui vont aller croissant d’une année à l’autre, et ce qui arrivera aux mines dont les garanties ne seront pas déposées à temps.Cette question est d’autant plus importante que le Vérificateur général a démontré que le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) n’était pas très strict du tout quand vient le temps d’exiger les sommes qui lui sont dues! Un dernier engagement de cette stratégie mérite aussi d’être soulevé.La stratégie minière s’engage à assurer un usage polyvalent des zones minières, ce que des pouvoirs accrus dévolus au ministre devraient là encore assurer à l’occasion d’une révision de la loi, que tous souhaitent si le ministère se décide à ne pas consulter que les industriels.Depuis 30 ans, le MRNF promet à répétition d’assurer une polyvalence M.des forêts qui se fait encore attendre, selon la commission Coulombe.Il serait surprenant que le même ministère donne plus de suites à cette promesse dans le secteur minier où le poids des privilèges historiques est encore plus lourd! Jusqu’ici, la loi sur les mines a eu préséance sur beaucoup de priorités environnementales, comme dans le cas des aires protégées, dont les limites territoriales contournent souvent les daims miniers.Sur les hauts plateaux du fleuve George, la principale aire de mise bas des caribous de ce gigantesque troupeau, Québec a mis de côté l’idée d’y créer une vaste aire protégée parce que les propriétaires de daims refusent de lâcher le morceau.Tant que les titres miniers auront préséance sur les impératifs de survie des espèces vivantes et sur la protection de la biodiversité, cette loi, mais aussi le ministère qui l’administre demeureront à bien des égards des symboles d'un développement pas endurable.Le Devoir Minéral, le rapport ?La nouvelle stratégie minière du Québec a été affublée du titre étonnant de «Stratégie minérale» dans le document officiel.Pourtant, le Robert dit que «minéral» est un adjectif «relatif aux corps constitués de matière inorganique» (ex.le règne minéral ou la chimie minérale par opposition à organique), ou à ce qui est constitué de matière inorganiqqe (une cire, une résine ou une huile minérale).A l’évidence, une «stratégie» minière ne peut être constituée de matière inorganique, pas plus que, comme on le lit dans le document gouvernemental, on ne peut parler de «secteur minéral», car le secteur minier, de son vrai nom, n’est pas fait de cuivre, de plomb, de diamant ou de pierre, même si le cœur de certains spéculateurs.Nos collègues correcteurs sont tous d’avis, ici, qu’il s’agit d’une bourde linguistique surprenante dans le titre d’une publication gouvernementale officielle.Nous avons demandé au porte-parole du ministère des Ressources naturelles et de la L'aune d’expliquer hier ce titre de «Stratégie minérale», au cas où le ministère aurait voulu ainsi conférer un sens particulier à sa démarche par le choix de cette expression.Au moment de mettre sous presse, nous n’avions reçu encore aucune réponse.L-G.F.H X t J .fSV,.' I V I K I) K V (MK, 1.K S S A M K I) I I E T l> I M A .\' ( Il K 5 .1 I I L L K T 2 (I 0 il C 2 PERSPECTIVES Le Mexique aux urnes demain Des électeurs déboussolés par une démocratie avortée Le nouveau régime dominé par le PAN n’a pas mis fin à la corruption ni aux conflits d’intérêts ALFREDO ESTRELLA AGENCE FRANCE-PRESSE Le président Felipe Calderon lors de son assermentation en 2006.¦ .V Demain, 73 millions d’électeurs mexicains se rendront aux urnes pour renouveler les 500 députés du Congrès et choisir six des trente-deux gouverneurs des États.L’abstention à ce scrutin pourrait dépasser 60 %; pourtant, ces législatives vont définir la marge de manœuvre dont disposera le président Felipe Calderon durant la seconde moitié de son mandat de six ans.BRIGITTE MOR1SSETTE Mexico — En 2000, les électeurs mexicains avaient enfreint toutes les menaces, y compris celle de perdre leur emploi, pour chasser allègrement le vieux PRI (Parti révolutionnaire institutionnel), au pouvoir depuis 71 ans.Les observateurs y avaient vu un signal pour ce passage à la démocratie que le Mexique appelait alors de tous ses vœux.Une décennie plus tard, rien ne va plus.«Pour des politiciens nuis, un vote nul», proclame un nouveau mouvement qui incite les 70 millions d’électeurs à annuler leur vote aux élections législatives de demain.Les Mexicains, avec leurs 32 Etats et leurs 500 députés élus pour trois ans, sont appelés (trop) souvent à voter — tout en entretenant une réputation d’apathie et d’abstentionnisme! En 2000, Vicente Fox avait vaincu la vieille peur du changement pour se faire élire président par l’opposition droite-gauche; ce fut la victoire du vote utile, la participation des électeurs atteignit un taux record.En 2006, le président Felipe Calderôn a fait réélire son parti sur la seule promesse d’être «le président de l’emploi».Au cocktail offert le 24 juin par la délégation générale du Québec, le célèbre gouverneur du riche Etat de Nuevo Leon, José Natividad Gonzalez, du PRI, ne cachait pas sa mauvaise humeur.En mai seulement, le nombre de chômeurs a augmenté de 100 000 dans son Etat.Des dizaines de maquiladoras (usines de sous-traitance) ont fermé à la frontière américaine.On prévoit 700 000 chômeurs de plus en 2009 au Mexique, alors qu’il faudrait créer annuellement un million d’emplois pour occuper les jeunes.Terre promise sinistrée Loin d’être la terre promise attendue, le nouveau régime dominé par le Parti d’action nationale (PAN, adversaire historique du PRI) n’a pas mis fin à la corruption ni aux conflits d’intérêts.Le malheureux ministre chargé de la gouvernance, Juan Camilo Mourino, mort en novembre dernier dans le crash d’un jet gouvernemental en plein cœur de Mexico, faisait l’objet de critiques pour les multiples contrats signés par sa compagnie — et de sa propre main — avec PEMEX, la société nationalisée des pétroles.Ce genre de cumulards vient s’ajouter aux politiciens qui passent sans états d’âme de député local à député fédéral, puis à sénateur, cumulant un poste de maire, puis recommencent le carrousel.Les «annulistes» veulent mettre fin à ces sinécures.Le plus pathétique — un adjectif que les Mexicains confondent volontiers avec grotesque —, c’est que le grand parti de gauche, ce Parti de la révolution démocratique (PRD) porteur de tous les espoirs aux présidentielles de 2006, surtout chez les 70 millions de pauvres (sur 110 millions d’habitants), s’effrite dans des querelles intestines.Vaincu en 2006 par sa propre corruption et par un célèbre publiciste américain, Dick Morris, qui en fit «un vrai danger pour le Mexique», l’ancien leader de la gauche Andrés Manuel Lopez Obra-dor fait aujourd’hui campagne sous la bannière d’un tiers parti — le PT, Parti du travail — plutôt que sous le célèbre étendard jaune du PRD qu’il contribua à fonder, et sans doute aussi à diviser! Les sondeurs accordent 36 % des votes au PRI, 34 % au PAN (l’inverse pourrait aussi se produire) et il est à craindre que le PRD ne conserve pas plus d’une cinquantaine de sièges au Congrès.Faire une croix partout ! Alors, annuler son vote demain?Deux millions d’électeurs y songent.«Tous les partis, affirme l’historien Lorenzo Meyer, ont échoué dans leur tâche de faire prendre racine à la démocratie.Durant sa campagne, en 2000, le président Fox promettait une nouvelle constitution.Finalement, le conservatisme a repris le dessus; on a même voulu jeter en prison le leader de la gauche.Jusqu’à ce que le Mexique soit emporté dans une nouvelle crise financière et cette lutte infructueuse contre les narcotrafiquants.» Denise Dresser, politicologue et éditorialiste dans les principaux médias de Mexico, a même créé sa propre organisation du vote annulé, avec un premier rassemblement qui a eu lieu, mardi, dans une enceinte de la cité olympique.Son mouvement a des soutiens dans la deuxième ville du Mexique: Guadalajara, fief de la droite, où MM.Harper, Obama et Calderôn tiendront un sommet trilatéral en août prochain.Les Mexicains, particulièrement les agriculteurs, en ont gros sur le cœur contre l’ALENA.Mais la lutte contre le gangstérisme risque d’occuper les esprits.A moins que le vrai danger ne force le trio à la lucidité: la pauvreté qui galope, faute de coopération et de règles financières et mercantiles mieux adaptées (sur le modèle européen) à l’asymétrie qui pénalise le Mexique.Pour l’instant, le directeur de l’Institut fédéral électoral, Leonardo Valdés, maintient son refus de compter les bulletins annulés.Mais si la consigne des «annulistes» provoquait une vague, ils auraient alors la voie ouverte pour lancer, fin juillet, une nouvelle association réclamant la par- ticipation des citoyens à la gestion des affaires publiques.Le Mexique a pourtant procédé à deux grandes réformes électorales depuis la fin des années 70.Pour mettre fin à un système politique que l’écrivain Mario Vargas Llosa qualifiait de «dictature parfaite», un réformateur du PRI créa un système de vote uninominal à un tour, comme au Canada, assorti d’une dose de proportionnelle.Sur les 500 députés du Congrès fédéral, 200 sont donc élus au scrutin de liste (c’est-à-dire choisis par leur parti et assurés d’être élus s’ils coiffent cette fameuse liste).Une inacceptable absence d’imputabilité devant les électeurs, pensent les annulistes.Beaucoup d’électeurs seraient prêts à prolonger à quatre ou cinq ans le mandat des députés actuellement élus pour trois ans.Cela réduirait aussi les frais causés par le financement des partis subventionnés jusqu’à l’absurde: le Parti vert, qui a fait la fortune d’un ancien partenaire du président Fox, promet le retour de la peine de mort, depuis longtemps abolie au Mexique, ce qui va à l’encontre du credo international des verts! L’astucieux système plurinominal semble aussi avoir fait son temps; il aura néanmoins permis à la gauche de siéger et à l’ensemble des partis d’installer leurs cadres au Congrès.Le Mexique traverse sa plus grave crise depuis la grande dévaluation de 1994, sinon depuis la débâcle de 1929.L’abstention pourrait gagner les trois quarts des électeurs, ce qui ferait réfléchir, espère-t-on, les partenaires du Mexique, tels l’Espagne et le Canada, si prompts à se précipiter pour féliciter les vainqueurs en 2006, malgré la contestation du scrutin.Ces élections législatives et municipales pourraient être le déclencheur des célébrations devant marquer le deuxième centenaire de l’indépendance du Mexique.Malheureusement, si la tendance se maintient, ce dimanche 5 juillet 2009 n’aura rien d’une historique)iesta\ Collaboration spéciale Si la consigne des «annulistes» provoquait une vague, ils auraient la voie ouverte pour réclamer la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques SYSTÈME DE SANTÉ AMÉRICAIN Des efforts pour procéder à une réforme contestée Barack Obama fait des pieds et des mains pour faire avaler, d’ici octobre prochain, son projet de réforme en santé, l’une des pièces maîtresses de son programme politique.La route est semée d’embûches.Tout irait mieux si certains démocrates ne s’étaient mis, à leur tour, à avoir des réticences.GUY TA ILLE FER 50 millions d’Américains (un sur six) n’ont aucune couverture médicale et des millions d’autres se vident les poches à tenter de payer des polices grevées d’exceptions et de franchises de plus en plus onéreuses.Le terrain est presque entièrement occupé par l’entreprise privée, qu’on n’entend nulle part reconnaître ses responsabilités, alors que la fourniture des soins de santé accapare 17 cents de chaque dollar gagné aux Etats-Unis, soit presque le double de ce qui est dépensé dans les autres pays développés.Le président Obama était mercredi à Annanda-le, en Virginie, pour faire la promotion de son projet de réforme du système de santé américain.Au bord des larmes, Debby Smith, 53 ans, lui raconte qu’elle lutte contre un cancer du rein et qu’aucun assureur n’a accepté de lui vendre une couverture médicale.Barack la prend dans ses bras: Debby, dit-il, est la preuve que le système est cassé.Avec les câlins, les mises en garde.Le président américain est engagé depuis quelques semaines dans un blitz auprès de l’opinion publique.Qu’il échoue à réformer le système, ce qui est possible, et à maîtriser la croissance des coûts et sa présidence en souffrirait considérablement.«Ne vous y trompez pas: les coûts de santé représentent me menace pour notre économie», prévenait-il, à la mi-juin, dans un discours majeur prononcé devant les médecins de l’Association médicale américaine (AMA), protecteur irréductible des intérêts du complexe «médico-industriel».Tout le monde s’entend aux Etats-Unis pour dire que le système se porte mal, à commencer par le commun des Américains, et qu’il faut d’urgence trouver un remède.Mais lequel?Près de Gil Cqurtemanche La chronique de Gil Courtemanche fait relâche cette semaine, mais nouis reviendra samedi prochain.L’option publique L’essentiel du plan Obama consisterait à créer, ô sacrilège, une «option publique» financée par le gouvernement fédéral afin de faire concurrence au privé.C’est à Goliath qu’il s’attaque.La secrétaire d’État Hillary Clinton, à l’époque première dame, s’y était cassé les dents en 1993.«La chose la plus importante que nous puissions faire pour maîtriser les coûts est de modifier la logique d’un système qui fait une équivalence automatique entre soins coûteux et meilleurs soins», déclarait récemment le président.Manière fine de critiquer une industrie qui a sacrifié le souci du patient à celui du profit.Au-delà, M.Obama reste vague à souhait quant aux mécanismes fiscaux — nécessairement très complexes — sur lesquels s’appuierait sa réforme et quant à la nature du compromis qu’il lui faudra inévitablement faire avec le Congrès pour la voir adoptée.Stratégiquement, il s’agit — ou s’agissait — pour lui de profiter des vents favorables de son élection à la présidence, et donc de la faiblesse républicaine, pour faire approuver une réforme au plus tard fin octobre afin que les démocrates puissent au plus vite en faire un outil de campagne en vue des législatives de mi-mandat qui se tiendront en novembre 2010.Tenir tête aux puissants lobbies du privé, qui voient dans le projet de réforme une menace existentielle, est une chose, rameuter le Congrès en est une autre.Voici que les élus démocrates donnent tout à coup des signes de désunion, rapporte Politico, site d’analyse en ligne de la politique américaine, certains leaders du parti présidentiel s’interrogeant ouvertement sur la pertinence de se lancer dans une réforme d’envergure dans un contexte où le déficit fédéral enfle et où l’horizon économique demeure incertain.» rmm KEVIN LAMARQUE REUTERS Barack Obama a récpnforté cette semaine une victime du cancer.Des pressions budgétaires Le fait est que le big bang d’initiatives législatives majeures lancées par M.Obama depuis son arrivée, couplé aux milliers de milliards engloutis dans la remise sur pied du système financier, crée sur les finances fédérales des pressions budgétaires de plus en plus difficiles à tenir, dit encore Politico.Les impopulaires républicains, dont le fonds de commerce consiste encore ej toujours à dénoncer l’interventionnisme de l’État dans l’économie, ne se gênent pas pour enfoncer le clou.Ils ont fait leurs choux gras, dernièrement, d’un rapport du Congrès indiquant que le plan Obama coûterait aux contribuables mille milliards de dollars américains sur dix ans, mais ne fournirait une couverture qu’au tiers des 50 millions de non-assurés.Le nouveau président et son projet de réforme en santé demeurent populaires auprès de l’électorat américain.N’empèche que de récents sondages, dont celui mené par NBC et The Wall Street Journal, indiquent que l’opinion publique donne des signes d’agacement à l’égard de la Maison-Blanche pour toute la place que prend le gouvernement dans l’espace social.La culture politique américaine est ainsi faite.Chassez le naturel, il revient au galop.M.Obama jongle avec le dilemme.Le Devoir c * es?c < ««sic c*« È ijttmK I.K I) K V 01 It .I.K S S A M K I) I I K T I) I M A N < Il K ,r> .1 I I I.I.K T t 0 0 I) PERSPECTIVES c I J Chicago est fier de sa gigantesque sculpture Goud Gate que des employés bichonnent quotidiennement.JEFF HAYNES AGENCE FRANCE-PRESSE Une ville en manque d’art public Montréal accuse du retard en quantité comme en qualité Avec ses quelque 300 sculptures et autres monuments, dont très peu d’œuvres de classe internationale, la métropole québécoise, près de quatre fois centenaire, affiche un piètre bilan en matière d’art public.Seulement, les contre-exemples positifs se multiplient et les défenseurs du genre se permettent de rêver.Un peu.STÉPHANE BAILLARGEON La gigantesque sculpture Cloud Gate a été créée par le Britannique Anish Kapoor pour le Millennium Park de Chicago.L’œuvre de 110 tonnes d’acier inoxydable, inaugurée en 2006, a la taille d’un édifice, 20 mètres de longueur et 10 de hauteur.Les magnifiques gratte-ciel de la ville qui les a inventés s’y reflètent.Affectueusement surnommée «The Bean» à cause de sa forme elliptique, l’œuvre est déjà utilisée comme symbole emblématique, une sorte de tour Eiffel de la Cité des vents.C’est près de ce chef-d’œuvre d’art public que Barack Obama a rassemblé un million de personnes le soir de son élection à la présidence.Cette «porte des nuages» a coûté environ 27 millions de dollars, pelletés par des mécènes.Dans son cahier des charges, Anish Kapoor assurait que sa sculpture tiendrait mille ans.Chaque jour, des employés de la Ville astiquent Cloud Gate en utilisant 150 litres de Win-dex.Francyne Lord, la commissaire à l’art public de la Ville de Montréal, a vu ces cols bleus de l’art bichonner leur haricot géant.«Ils s’activent tous les matins à 6h et ceux que j’ai rencontrés étaient très fiers d’effectuer ce travail sur une oeuvre admirée partout dans le monde.C’est vraiment une œuvre exceptionnelle.Du très grand art public et un modèle à suivre.» L’art public demeure la grande passion de cette femme.Elle dirige le bureau spécialisé de la Ville depuis des années et a grandement contribué à changer la laide réputation de Montréal en la belle matière.Les histoires d’horreur se sont accumulées.Le stabyle de Calder, une des rares pièces de stature internationale de la ville, a par exemple été abandonné à la rouille sous un pont pendant une longue décennie.Le Bureau d’art public a été créé en 1989, dans la perspective des fêtes du 3501 de la ville, célébrées trois ans plus tard.Il a permis à l’équipe de Mme Lord d’inventorier les œuvres de la collec- tion municipale, de les entretenir, de les restaurer, mais aussi d’en commander de nouvelles.Montréal compte maintenant environ 300 œuvres, dont une centaine ont fait l’objet de restauration, y compris toutes celles datant de l’Exposition universelle çle 1967 et le très beau monument à sir George-Etienne Cartier, sur l’avenue du Parc.En 20 ans, 83 nouvelles œuvres ont été commandées et déployées sur le territoire, soit près du tiers du total.Malgré ces efforts, Montréal demeure à la traîne des villes nord-américaines de sa catégorie.A Seattle, la collection constituée depuis 1973 compte 350 œuvres permanentes et 2600 autres dites mobiles, des œuvres présentées en rotation.La Ville vient de lancer un concours international pour doter chacune des 32 casernes de pompiers en rénovation d’une œuvre, à 90 000 $ pièce.«Pour la quantité comme pour la qualité des œuvres, nous sommes malheureusement en retard à Montréal», commente Clarence Epstein, directeur des projets spéciaux et des affaires culturelles de l’Université Concordia, docteur en histoire de l’art et spécialiste de l’art public.«C’est bien dommage parce que l’art public a un grand impact sur la vie quotidienne des citoyens.» Faire mieux L’administration municipale accuse le coup et reconnaît ses faiblesses.«Montréal accuse un certain retard pour ce qui est du nombre d’œuvres d’art public sur son territoire, du soutien aux œuvres éphémères, de la présence d’œuvres d’artistes de réputation internationale dans sa collection, ainsi qu’en matière de diffusion et de promotion», note le document Pour un nouveau cadre d’intervention en art public, préparé en avril.On y retrouve une dizaine d’engagements de la Ville, dont la promesse d’intégrer de l'art public à tous les grands projets.La volonté porte déjà ses fruits.Montréal a lancé le mois dernier un concours pancanadien pour doter d’une œuvre originale la place de l’Adresse symphonique.Le mois dernier, Montréal a reçu le prix Aménagement de l’organisme Les Airis et la ville pour son petit square des frères Charron dans le Vieux-Montréal, aménagé par l’artiste Raphaëlle de Groot et les architectes Robert Desjardins et Gavin Affleck.Le nouveau cadre sera adopté cet automne.Des audiences de la Commission permanente du conseil municipal sur le développement culturel ont permis de recevoir les commentaires et suggestions d’une dizaine d’organismes au cours des dernières semaines.Tous ont demandé à la Ville d’en faire beaucoup plus, d’oser davantage et finalement d’imiter l’exemple des meilleurs, Philadelphie, Seattle ou Chicago.«Les gens ne nous disent pas que nous sommes sur la mauvaise voie, commente Mme Lord.Ils confirment nos orientations et nous demandent d’aller plus loin.Nous voulons par exemple faire adopter une politique du 1 % pour les édifices municipaux, 1 % ou même 1,5 % du budget étant consacré à l’intégration d’une œuvre.Les organismes nous demandent plutôt 2 % en étendant le principes aux infrastructures.» Le Regroupement des artistes en arts visuels du Québec (RAAV) propose de lancer un concours international «au moins tous les deux ou trois ans».Le Conseil des arts de Montréal, qui cite l’exemple de Cloud Gate, le souhaite plutôt tous les cinq ans.La première recommandation de Culture Montréal vise l’augmentation des budgets du Bureau d’art public.Fournir plus La minuscule structure coûte environ 400 000 $ par année, auxquels s’ajoutent des budgets spéciaux de grands chantiers de rénovation.Au mieux, les bonnes années, Montréal consacre deux millions à son art public.De quoi asphalter un petit kilomètre de chaussée (qui en a bien besoin, on le sait).De quoi se payer un tout petit bout du Moulin à images, Québec dépensant 22 millions pour présenter la création multimédia de Robert Lepage au cours des cinq prochaines années.La cinquième mouture de l’événement Paysages éphémères, lancée avant-hier sur l’avenue du Mont-Royal, coûte environ 175 000 $, une petite partie de cette petite enveloppe étant fournie par la municipalité.La Ville mise sur le privé pour fournir les nouveaux fonds, en imitant le modèle de Chicago.Pourtant, le concours international visant le centre de la nouvelle place des Festivals devra attendre, faute de fonds.La nouvelle politique n’est pas encore adoptée qu’elle piétine déjà.L’Université Concordia, elle, n’attend personne et fonce.Sa nouvelle Ecole de gestion John-Mol-son propose deux œuvres originales d’artistes montréalais, Geneviève Cadieux et Pierre Blanchette, qui en rejoignent une trentaine d’autres réparties sur le campus.«L’art public ne doit pas seulement être l’affaire d’un bureau ou d’une structure municipale, dit encore Clarence Epstein, qui propose l’exemple de La Joute de Riopelle, «réinventée», à ses yeux, dans son nouvel espace en face de la Caisse de dépôt et placement.«Il faut multiplier ce genre de possibilités», propose-t-il, en rappelant qu’il y a 200 ans déjà l’élite montréalaise amassait des fonds pour ériger la colonne Nelson, toujours dans le Vieux-Montréal.Même le monumental Man de Calder a été financé par une entreprise privée.Surtout, le Dr Epstein finit par rappeler à quoi peut servir Part public, ce concentré idéologique et symbolique d’une époque, ce lieu de mémoire par excellence à une époque qui en manque et en oublie beaucoup.«Les monuments aux héros comme les pièces abstraites représentent des points de repère importants pour une ville.L’art public redonne aux gens une certaine image de leurs valeurs et renseigne sur l’histoire commune.» Cela dit, le spécialiste ne souhaite pas nécessairement que Montréal acquière une belle grosse œuvre tape-à-l’œil au goût du jour, signée par une star à la Anish Kapoor.«Il y a peu de villes qui ont une montagne aussi fabuleuse que la nôtre.Chicago n’a pas de montagne et se donne autrement une identité.Nous avons par contre besoin d’œuvres pour cultiver notre identité et montrer que nous sommes une ville cultivée, riche et hétéroclite.» Le Devoir PEDRO RUIZ I.E DEVOIR La joute de Jean-Paul Riopelle est un des beaux fleurons de Montréal.'irnrr?« L art public a un grand impact sur la vie quotidienne des citoyens » Le malheur québécois Michel David F rançois Legault n’a rien inventé avec son «déclin tranquille».Le «déclinisme» est un courant de pensée qui fait fureur en France depuis des années et qui a puissamment contribué à l’élection de Nicolas Sarkozy, perçu comme une sorte d’antidote.Bien des «déclinologues» en sont arrivés à la conclusion que le «malheur français», pour reprendre le titre d’un célèbre essai de Jacques Jul-liard, est moins d’ordre matériel que psychologique ou moral.Ils ont notamment souligné la perte de confiance dans les institutions publiques sous les règnes de François Mitterrand et de Jacques Chirac.Il n’est pas évident que le passage de M.Sarkozy à l’Elysée améliorera beaucoup les choses, direz-vous, mais ceci est une autre histoire.Il serait un peu simpliste de faire porter à la classe politique l’entière responsabilité du «malheur québécois».La société civile a aussi ses torts, mais les discours mensongers et le relâchement de l’éthique publique, dont les manifestations se multiplient, ne sont certainement pas de nature à favoriser la mobilisation que M.Legault appelait de ses vœux.En 1996, Lucien Bouchard avait réussi à entraîner le Québec tout entier dans sa quête du déficit zéro.On peut toujours discuter des moyens qui ont été utilisés pour l’atteindre, mais M.Bouchard avait mis cartes sur table et la société civile avait répondu à son appel avec une rare unanimité.On ne peut cependant pas mobiliser une société si elle doute qu’on lui dise la vérité et que le bien public soit l’objectif poursuivi.?Quand un premier ministre cache pendant des années le fait qu’il touche un revenu substantiel en sus de sa rémunération officielle, qu’un membre de son cabinet utilise ses fonctions ministérielles pour se négocier un emploi, qu’un autre est propriétaire d’une entreprise qui vit des contrats publics, c’est beaucoup demander à la population de croire que ses intérêts priment tout le reste.A Rivière-du-Loup, il était assez inquiétant de voir le premier ministre célébrer triomphalement la victoire d'un candidat qui, selon toute vraisemblance, a violé les règles d’après-mandat définies par la Loi sur le lobbyisme.Malgré des apparences troublantes, les activités professionnelles de Jean D’Amour depuis qu’il a quitté la mairie de Rivière-du-Loup n’ont jamais semblé préoccuper M.Charest le moindrement.Dans l’entrevue qu’il a accordée à mon collègue Antoine Robitaille à la veille de quitter son poste, le premier commissaire au lobbyisme du Québec, André C.Côté, s’est dit optimiste quant à la possibilité de voir les titulaires de charges publiques prendre conscience de leurs responsabilités.«Tranquillement, les mentalités changent», dit-il.Le terme «imperceptiblement» serait peut-être plus juste.On peut comprendre la réaction indignée des partis d’opposition en entendant Louis Roquet, qui préside le comité d’experts chargé de revoir les règles de gouvernance des Fonds d’intervention économique régionale, déclarer qu’il pourrait recommander au gouvernement de laisser les administrateurs de FIER continuer à investir des fonds publics dans des entreprises qui leur appartiennent.Tout le monde est favorable au développement régional, mais si ce programme ne peut atteindre ses objectifs qu’au détriment de l'éthique, il devrait être remplacé.?Il est vrai qu’à partir du moment où ils se montrent aussi indulgents envers eux-mêmes, il devient délicat pour les élus de faire la leçon aux autres.Même s’il a été expédié à la poubelle, le projet de code d’éthique présenté par le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Jacques Dupuis, constitue une magnifique illustration du laisser-faire qui semble être devenu la règle.Dans le mémoire qu’il a présenté devant la Commission des Institutions de l’Assemblée nationale, qui a brièvement examiné le projet, le commissaire au lobbyisme a souligné quelques-unes de ses lacunes.Par exemple, il s’est interrogé sur la compatibilité du statut de député avec une vie professionnelle parallèle.Qu’en serait-il d’un député qui continue à pratiquer le droit, comme il en a le loisir, et dont un client lui demanderait d’intervenir auprès d’une municipalité sise dans sa circonscription?M.Côté estime également que les règles d’après-mandat ne sont pas assez strictes.Présentement, un ancien ministre doit attendre deux ans avant d’accepter un emploi dans une entreprise avec laquelle il a eu des rapports directs dans l’exercice de ses fonctions ministérielles.Cette limitation est insuffisante puisque son siège au conseil des ministres lui donne accès à des informations privilégiées dans une foule de dossiers, même s'il n’en est pas directement responsable.Le projet de M.Dupuis autorisait également un député à recevoir, dans l’exercice de ses fonctions, des dons ou des marques d’hospitalité pourvu que ces avantages soient «de nature purement privée».M.Côté souligne qu’une soirée dans une loge du Centre Bell ou une excursion de pêche peuvent faciliter une activité de lobbyisme éventuelle.Il est inquiétant que tout cela ne soit pas apparu comme autant d’évidences à M.Dupuis.Quand la loi vise d’abord à fournir des échappatoires, comment se surprendre que la confiance mobilisatrice ne soit pas au rendez-vous?mdavid@ledevoir.com C^4 '4 imi.: £ c : ne I K l> K V (I I I! .L K S S A M K I) i I E T I) I M A N (' Il E !j .1 l! I L I.E T 2 0 0 i) EDITORIAL Britanniques devant les tribunaux L’Iran agace Le fossé qui sépare l’Iran de l’Union européenne (UE) est passé depuis hier de profond à béant.En affirmant que des employés de l’ambassade britannique seront traduits devant les tribunaux, l’Iran a aiguisé la colère des 27 gouvernements de l’UE, qui envisagent d’ores et déjà une série d’offensives diplomatiques autant qu’économiques.Entre les uns et les autres, rien ne va plus.0 Serge Truffaut n ne connaît pas le nombre d’individus condamnés à défiler devant des juges qui, c’est écrit dans le ciel, vont les punir en s’appuyant sur des preuves faisandées.On sait par contre une chose: l’ayatollah qui a dévoilé cette décision n’est nul autre que le président du Conseil des gardiens.Faut-il le rappeler, le Conseil en question s’avère le noyau dur des conservateurs du régime, le noyau des ultras.Le club des mandarins qui rêvent à voix haute de supprimer la portion républicaine, pourtant d’une maigreur stupéfiante, afin de transformer l’Iran en royaume islamique.Bref, ces messieurs voudraient interdire tout système électoral, estimant celui-ci trop encombrant.C’est dire.Non contents d’avoir emprisonné des milliers de citoyens, et de continuer de le faire, le Guide suprême, Ali Khamenei, et ses affidés ont donc décidé de s’en prendre au personnel britannique, responsable {sic) évidemment d’avoir organisé les manifestations.Certes, ils ne poussent pas le bouchon jusqu’à suggérer que les fonctionnaires de Sa Majesté ont tout fait, tout seuls.Mais pas loin.Toujours est-il que cette posture éminemment outrancière a ulcéré le gouvernement du premier ministre Gordon Brown, au point que celui-ci a suggéré que tous les pays membres de l’UE rappellent leurs ambassadeurs à Téhéran.En un mot, Brown envisage la rupture de tous les liens diplomatiques.Sous l’impulsion de la chancelière Angela Merkel, ce ne sera pas le cas.Du moins à court terme.En effet, le chef de l’État allemand faisant le pari que la crise ouverte par le viol des dernières élections iraniennes n’en est qu’à ses balbutiements, elle s’est opposée à Brown.Son argument?Si on rappelle tous les ambassadeurs européens, on n’aura pas de recours diplomatique lors de la prochaine crise.Président de l’UE pour les six prochains mois, son homologue suédois l’a soutenue.Si la position de Brown a été écartée, les 27 de l’UE ont tout de même fait un geste unique dans l’histoire de cette organisation: convoquer simultanément tous les diplomates iraniens basés dans les capitales des 27 pays pour leur transmettre le message que, si les Britanniques injustement accusés ne sont pas libérés, alors des sanctions seront imposées.Lesquelles?Plus de livraison de visas aux officiels iraniens et restrictions pour les autres, le tout s’accompagnant d’autres punitions à caractère économique.A l’image de la poupée russe, on a observé évidemment un emboîtement.Le chef de l’état-major iranien a clamé haut et fort que les Allemands, les Britanniques et les Français n’étaient plus qualifiés pour participer aux négociations consacrées au nucléaire.Le gradé en question ayant pour supérieur hiérarchique le Guide suprême, il va sans dire que ce dernier aimerait bien que les négos en question se poursuivent avec Moscou et Washington seulement Lorsqu'on s’attarde aux divers épisodes qui ont rythmé la politique iranienne au cours des derniers jours, c’est à se demander si Khamenei et consorts ne viennent pas d’adopter le schéma propre à la fuite en avant.Plus les jours passent, plus ils donnent l’image d’un gouvernement habité par la mentalité de l’assiégé.Et elle seule.La Romaine Là-propos de Le Clézio ean-Marie G.Le Clézio n’a peut-être jamais navigué sur La Romaine.Il mélange à tort multinationale et société d’État, lorsqu’il vise Hydro-Québec et son «monstrueux projet» de production électrique.Cela ne fait pas pour autant du Prix Nobel de littérature 2009, fin décrypteur de l’âme des autochtones, un insolent donneur de leçons bien installé dans sa chaire de Blanc.N’en déplaise à tous ceux qui détestent le rappel d'un tiers-monde en sol québécois, U: Clézio sait de quoi il cause.Sa critique réfléchie du projet de barrages hydroélectriques sur La Romaine, publiée jeudi dans Le Monde alors que Jean Charest paradait en Europe, dévoile une solide connaissance du combat autochtone pour la préservation de son territoire, un immense respect pour la fragilité de ces nations fondatrices, disséminées partout sur le continent, y compris au Québec.L’Européen, qui a fréquenté les Amérindiens du Panama et du Mexique, vit la moitié du temps au Nouveau-Mexique, fréquentant les Zunis, Hopis et Navajos.C’est lui qui le premier a traduit les textes mythologiques mayas Relation de Michoacan et Les Prophéties du Chilam Balam.Son premier contact avec l’univers amérindien, au cours des années 1970, lui a procuré un «choc violent» qui le laisse longtemps silencieux de plume.Depuis, cet écrivain des nomades, des pauvres et des exclus, fasciné par les sociétés autochtones mais inquiet des effets destructeurs sur elles du capitalisme, a côtoyé les premiers peuples.«Nous ne sommes pas les possédants de la vérité.J’ai fréquenté des peuples autochtones, comme vous en avez ici au Québec, porteurs de savoirs très profonds et négligés», expliquait-il au Devoir en octobre 2008.Son propos est légitime.Sa critique, même venue d’Europe, n’a rien de saugrenu: elle relaie non seulement le potentiel «désastre écologique» lié au développement énergétique, mais aussi l’impuissance des autochtones.Et décidément, M.Le Clézio sait saisir l’occasion quand elle se présente! le premier ministre Charest, qui s’apprêtait à clore en beauté une mission teintée de bons sentiments environnementaux, a dû rappeler qu’en ce domaine, pas d’absolu, que des «conséquences» sur la Terre des décisions de l’homme.Bon joueur, M.Charest a convié l’écrivain à rencontrer les peuples qui ont donné leur appui au projet de La Romaine.M.Le Clézio sait sans doute que quatre bandes innues de la Côte-Nord ont signé des ententes avec Québec, avalisant le projet.Mais il sait aussi — et son texte en est un vibrant rappel —- que d’autres groupes, la poétesse innue Rita Mestokosho en tête, se battent pour sauver leur rivière.Le premier ministre joue d’audace, de naïveté ou de méconnaissance en invitant ce sage, conscient peut-être plus que lui de la précarité de ces peuples, à pénétrer l’antre de leur petite misère.Ne sait-il pas qu’à côté de ces grands chantiers qui composent sa vision de «l’avenir du Québec» se déploie une détresse qui accable l’État soi-disant civilisé plutôt que de l’élever?m ach ou inanKa'ledevoir.com J Marie-Andrée Chouinaud Le FONDÉ PAK HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE IABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND LETTRES Ras le bol de la STM! Depuis le 22 juin dernier, la Société de transport de Montréal a instauré son horaire d’été.En langage plus clair, disons que c’est le régime «ultraminceur» qui s’applique avec un minimum d’autobus qui parcourent les circuits, peu importe l’heure du jour.Du côté du métro, la situation est légèrement meilleure, mais uniquement pendant les très courtes périodes de pointe du matin et de la fin de la journée.Il faut donc, encore une fois, s’armer de patience et attendre pendant de très, très longues minutes les autobus qui, vous vous en doutez bien, arrivent — lorsqu’ils arrivent — bondés.Contrairement à ce que croient les membres du conseil d’administration de la STM, tout ne s’arrête pas le 24 juin.Même si les écoliers, les élèves et les étudiants désertent le transport collectif, il y a encore beaucoup de gens qui travaillent en juillet et en août.Pourquoi l’utilisation du transport en commun à Montréal doit-elle toujours être une expérience aussi agréable qu'un arrachage de dents chez le dentiste?Je ne sais pas si les gens qui prennent la décision de varloper l’offre de service sont conscients des répercussions de leurs gestes, mais disons que cela n’aidera en rien les campagnes visant à encourager l’utilisation du transport en commun.Bien au contraire.Cela m’apparaît d’ailleurs plutôt paradoxal, car la STM n’en finit plus de souligner, par l’affichage de grands panneaux pu- R E Image de soi Manon Corne Hier La semaine de la Fête du Canada donne toujours lieu à une avalanche de textes sur l’âme canadienne.Le chroniqueur du Globe and Mail, Jeffrey Simpson, en a eu visiblement assez.«Oui, nous aimons notre pays, mais dire que c’est le meilleur au monde?Revenez sur terre [“get real”]», écrit-il.Il rappelle que le Canada est le cancre des pays industrialisés en matière d’émissions de gaz à effet de serre.Il est aussi le seul pays à toujours vouloir promouvoir l’amiante pour sauver quelques emplois à Thetford Mines, à vouloir permettre la chasse commerciale aux phoques, à hésiter à encadrer l’exploitation des sables bitumineux.Cherchez un projet innovateur mis en avant par le Canada depuis quatre ou cinq ans, dit Simpson, et vous ne trouverez que la proposition du G20 de Paul Martin.Il y a quelques réalisations à l’échelle du pays, mais Simpson avertit que «l’autosatisfaction peut mener à ne pas reconnaître nos faiblesses, à permettre au patriotisme d’étouffer la pensée critique, à refuser les choix difficiles et à camoufler une lente, et peut-être confortable, descente vers la marginalité internationale et la médiocrité nationale [“domestic”]».Voiler le regard Les déclarations du président français Nicolas Sarkozy au sujet de la burka ont aussi provoqué un débat sur les valeurs d’une société démocratique comme le Canada.En déclarant que la burka n’était pas la bienvenue en France et qu’elle n’est pas un signe religieux, mais un symbole de soumission des femmes, Nicolas Sarkozy a touché une corde sensible.Femme de gauche, Janice Kennedy, de Y Ottawa Citizen, avoue n’avoir jamais cru blicitaires dans chacune des stations de métro, la beauté et la noblesse du choix de l’utilisation du transport collectif.Il ne faut pourtant pas être devin pour constater, dans les files d’attente, l’écœurement généralisé des utilisateurs qui goûtent depuis de nombreuses années à ces services réduits comme des peaux de chagrin.Qu’on ne nous serve surtout pas l’argument de la diminution de l’achalandage.C’était vrai, ça ne l’est plus.Il y aura des élections à Montréal en novembre prochain.Croyez-vous que la question du transport en commun sera abordée?Moi, non.Je vous parie le prix d’un passage.Si vous n’êtes pas trop pressés.Gilles Teasdale Le 2 juillet 2009 Achever la bête Le premier ministre Charest, en réponse aux critiques de l’écrivain Le Clézio sur le projet de La Romaine, invite celui-ci à «venir voir».Encore une fois, belle façon de douer le bec aux détracteurs, de cette manière habile et efficace du politicien de carrière sur qui tout rebondit sans laisser de trace et qui lui permet d’effacer rapido de sa belle visite en Europe la tache qui gâcherait le portrait.Et que verrait M.Le Clézio, s’il lui prenait l’envie de relever ce défi, qu’il ne connaît déjà?C’est vrai que sur place, à la façon vulgaire des marchands d’étoffes qui invitent le client à toucher pour se convaincre, on pourrait lui faire faire trois petits tours sur lui- VUE DE PRES possible d’être un jour d’accord avec Nicolas Sarkozy.Aux musulmans qui ont protesté, en particulier en A'abie Saoudite, Kennedy rappelle que Sarkozy défendait les valeurs fondamentales de la Érance.Et «en France, le respect de la personne ne peut être compromis par l’importation de symboles qui y portent publiquement atteinte».Kennedy estime qu’il en va de même au Canada, où l’égalité et la liberté individuelle sont des valeurs essentielles et où «une femme entièrement couverte renvoie l’image d’une négation d’égalité».Kennedy se défend d’attaquer le multiculturalisme ou de faire preuve d’intolérance envers la diversité culturelle et religieuse.«Mais embrasser notre diversité culturelle ne veut pas dire accepter ces choses qui battent en brèche ce que nous sommes.[.] En d’autres mots, il y a des Imites évidentes.» Comme le dit le président français, conclut-elle, il ne faut pas avoir honte de nos valeurs, ni de les défendre.Ouvert au port de signes religieux, son collègue Leonard Stern ne peut s’empêcher d’associer visage caché et mauvaises intentions.Il rappelle que la bonne foi est associée à la transparence, à l’ouverture.Un étranger qui garde ses lunettes de soleil dérange.Une burka au Canada désoriente.C’est le cas parfait du choc des cultures, dit-il.Certains invoquent le sort des femmes pour envisager son interdiction.Stern n’est pas prêt à aller jusque-là.Il doute d’ailleurs que le sort des femmes soit la première raison de la sortie du président Sarkozy.«La burka est peut-être un signe de soumission des femmes, mais aussi un symbole d’extrémisme.Elle provoque une crainte attribuable aux liens avec les différentes formes de fondamentalisme musulman.» Stern, en bref, croit qu’il s’agit d'abord d’une question de sécurité.Mais pour éventuellement faire accepter l’interdiction de la burka dans une société démocratique, il vaut même pour l’étourdir un peu puis le prendre par la main faire la tournée des lieux du grand bâtisseur pour finalement le «lâcher lousse» avec les explications tarabiscotées des spécialistes d’Hydro-Québec dans lesquelles il ne manquerait pas de se perdre.Ne tombez pas dans ce piège, monsieur Le Clézio, vos premières impressions sont les bonnes et l’avenir est dans la réduction de la demande en énergie, cette vision révolutionnaire qui n’a pas encore été tentée.La question n’est pas de savoir, comme dans le cas du phoque, quelle est la façon propre d’achever la bête mais si c’est nécessaire de procéder, question qui n’a pas à ce jour obtenu de réponse satisfaisante.France Marcotte Montréal, le 3 juillet 2009 Et les joueurs québécois?Tout indique qu’il ne restera plus que trois joueurs québécois dans l’alignement du Canadien de Montréal: Lapierre, Laten-dresse et Laraque.Ce sera la proportion la plus faible des 100 ans d’existence de l’équipe.Il y aura davantage de Québécois chez les Penguins de Pittsburgh (au moins le double) et dans d’autres équipes de la LNH.Bien sûr, on dira que l’important est que le Tricolore gagne.Comme s’il ne pouvait pas gagner avec des joueurs québécois! Louis Fournier Montréal, le 2 juillet 2009 S E mieux invoquer les droits des femmes qu’un désir de contrer l’islam radical, croit-il.Peter Worthington, du Toronto Sun, aimerait que les politiciens canadiens fassent preuve d’autant d’audace que Sarkozy qui, selon Worthington, a «100 % raison quand il dit que la burka porte atteinte à la dignité de la femme, est virtuellement une prison mobile et est étrangère aux valeurs et aux idéaux de la France».De l’avis du journaliste, «la burka est contraire à la démocratie.Elle n’est pas m vêtement puisqu’elle se porte par-dessus les vêtements des femmes afin de les priver de toute personnalité ou identité.» C’est cette impossibilité de reconnaître une personne que Sarkozy dénonce, écrit Worthington, avant d’encourager les musulmans à abandonner les plus évidents symboles de domination masculine.Le Calgary Herald pense qu’il faut que le Canada interdise la burka et autres voiles couvrant le visage.A son avis, les Canadiens devraient se préoccuper de cette pratique avant qu’elle ne s’enracine et ils devraient la décourager, car il s’agit d’une
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.