Le devoir, 10 mai 2005, Cahier A
LE MONDE L’armée américaine lance une offensive dans l’ouest de l’Irak Page B 5 ?www.ledevoir.com ?PAYS-BAS Paul Martin s’excuse auprès des anciens combattants Page A 4 LE DEVOIR La fin du gouvernement Martin ?Un vote de défiance sera tenu dès aujourd’hui aux Communes ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le gouvernement minoritaire de Paul Martin pourrait vivre ses dernières heures et voir sa chute précipitée dès aujourd’hui.Manœuvrant avec finesse au milieu de la guerre de procédu- re que se livrent les partis en Chambre, conservateurs et bloquistes ont réussi à prendre de court les libéraux et ainsi forcer un vote cet après-midi sur une motion qui demande la démission du gouvernement Si le résultat du vote exige la défaite du Parti libéral et que le premier ministre Paul Martin accepte le verdict, le Canada pourrait se retrouver en campagne électorale dès la fin de semaine.Les conservateurs ont choisi la même avenue qu’il y a quelques semaines, lorsqu’ils ont entrepris d’amender une motion qui émanait d’un banal rapport de comité.L’amendement déposé et débattu hier demande au gouvernement de «dém»ssio»»ier à cause de son incapacité à corriger les lacunes en matière de gestion de la fonction publique mentionnée dans le rapport*.Ce rapport est donc utilisé VOIR PAGE A 8: MARTIN Gagliano aurait prié Corbeil de se taire Des «enveloppes» pour Coderre, Charbonneau et des attachés politiques toujours actifs BRIAN MYLES Alfonso Gagliano a exercé des pressions sim Benoît Corbeil afin qu’il n’éclabousse pas la famille libérale devant la commission Gomery, mais il a manqué de pouvoir de persuasion.L’argent des commandites a facilité l’élection de Denis Coderre et d’Yvon Charbonneau et il a servi à rémunérer des attachés politiques encore actifs à Ottawa, a révélé hier l’ex-directeur général de la section Québec du Parti libéral du Canada (PLC-Q) contre vents et marées.M.Corbeil a essuyé les menaces voilées d’Atfonso Gagliano et d’un interlocuteur anonyme dans les semaines précédant son passage à la commission Gomery.Son témoignage a culminé hier par la réception d’une mise en demeure de la part d’Irène Mar-cheterre (directrice des communications de Jean La-pierre), de Luc Desbiens (conseiller politique de Lucienne Robillard) et de Richard Mimeau de premier directeur général du PIjC-Q de l’ère Martin).Benoît Corbeil a remis 50 000 $ en liquide aux Mar-cheterre, Desbiens, Mimeau et à six autres militants qui ont prêté main-forte au Parti libéral du Canada, section Québec (PLC-Q) lors de la campagne de 2000.Comme à chaque campagne depuis 1993, le Parti était démuni, il craignait l’avancée du Bloc au Québec et Alfonso Gagliano VOIR PAGE A 8: GAGLIANO JACQUES NADEAU LE DEVOIR Benoît Corbeil montre le type d’enveloppe dans lequel il a reçu 5000 $ et 4000 $ destinés aux candidats libéraux Denis Coderre et Yvon Charbonneau.1MMPV ¦ - - • ffimî Des ministres à la défense de leurs employés ALEC CASTONGUAY Ottawa — Les allégations de Benoît Corbeil, l’ancien directeur général du Parti libéral du Canada au Québec (PLCQ), ont frappé l’entourage de plusieurs ministres fédéraux et provinciaux hier.Ces derniers ont toutefois défendu bec et ongles leurs employés, refusant de les suspendre ou de les congédier.Benoît Corbeil a affirmé devant la commission Gomery que plusieurs militants et membres du FLC avaient reçu de l’argent comptant pour payer leurs services tors de l’élection de l’an 2000, et ce, en contravention de la foi électorale.Ainsi, selon M.Corbeil, Irène Marcheterre, l’actuelle directrice des communications du ministre Jean Lapterre, aurait reçu 5000 $ comptant en 2000, tout comme Luc Desbiens, actuel conseiller de la ministre Lucienne RobiDanL Daniel Dezainde, le directeur des communications du ministre J acques Saada aurait quant à lui VOIR PAGE A 8: MINISTRES THÉÂTRE Mouawad refuse un Molière Le Quat’Sous reçoit trois millions en subventions STÉPHANE BAILLARGEON BERNARD LAMARCHE Deux coups de théâtre au Quat’Sous hier soir.Alors que le projet de rénovation de la saDe reçoit un appui de trois millions de Montréal et de Québec, l’ex-directeur de l’établissement, Wajdi Mouawad, refuse le Molière que le milieu du théâtre de France voulait lui décerner dans la catégorie «meilleur auteur francophone vivant*.Il a ainsi voulu protester contre Y «indifférence» des directeurs de théâtre à l’égard de la création.Les deux cadeaux ont surgi alors que le Théâtre de QuafSous ^ organisait hier soir une grande fête Mouawad bénéfice pour célébrer son cinquantième anniversaire.La soirée a réuni phis de 300 personnes, dont plusieurs personnalités de la scène au théâtre Latulippe, sur le plateau Mont-Royal VOIR PAGE A 8: MOUAWAD INDEX Annonces_____B 4 Avis publics.A 4 Culture.B 8 Décès_______B 4 Économie.B 1 Éditorial___A6 Idées________A 7 Météo________B 4 Monde-B 5 Mots croisés.A 4 Sports_______B 6 Télévision.B 7 l Menace sur les ormes de Québec Les mises en chantier freinées par Montréal ¦ À lire en page B 1 La Ville tente de piéger un insecte dévastateur VILLE DE QUÉBEC Quelques ormes ornant la Grande Allée, à Québec, l’été dernier 4 JEANNE CORRIVEAU Les ormes de la ville de Québec sont sous haute surveillance, car on craint que le scolyte européen, un insecte propagateur de la maladie hollandaise, n’ait fait son apparition dans la cap-taie.L’an dernier, les autorités ont enregistré une recrudescence de la mortalité de ces arbres sur son territoire et 167 d’entre eux ont dû être abattus.Cela a suffi pour donner l’alerte.Contrairement au scolyte indigène, qui sévit depuis des décennies à Québec, le scolyte européen est un adversaire presque impossible à combattre.La Ville de Québec traite ses ormes avec grand soin et en a même fait son arbre-embleme.Le port majestueux de l’orme d’Amérique et sa rusticité en feraient l’arbre urbain idéal s’il n’était pas si sensible à la maladie hollandaise causée par un champignon microscopique se développant dans les vaisseaux conducteurs de sève.Lan dernier, la ViDe a dû procéder à l’abattage de douze ormes sur un terre-plem du boulevard Lange-lier, au sud du boulevard Charest «On en perdait un de temps en temps, mais là, il y en a douée qui sont morts d'un coup sur le même terre-plein, relate Jacques Grantham, directeur de b Divisfon de la foresterie urbaine à la ViDe de Qué- bec.Ça nous a fait réfléchir, d’autant plus qu’on remarque une augmentation du taux de mortalité un peu partout, dans les boisés et le long des autoroutes 20 et 40.» Les soupçons se sont alors portés sur le scolyte européen.Cantonné dans le sud de fa province où le climat est phis clément, l’insecte avait épargné Québec jusqu’à maintenant.Mais on craint que les changements climatiques n’aient modifié son aire de distribution.Pour en avoir le cœur net fa ViDe s’est associée à ITJniversi-té Laval afin de mener, cet été, un projet de recherche destiné à débusquer le suspect «On va installer des rangées de pièges à partir du fleuve sur tout le territoire pour voir s’il y en a.Si c’est le cas, on va vérifier sa distribution.On ne se le souhaite pas parce que ce serait une très mauvaise nouvelle», indique M.Grantham.L’arrivée du scolyte européen à Québec serait catastrophique, car les autorités sont démunies devant cet adversaire redoutable, avoue M.Grantham.C’est le scolyte européen qui, il y a trois décennies, a fait des ravages ailleurs en province, notamment à Montréal où il a décimé la population d’ormes.Selon Pierre-Emile Ro-cray, ingénieur forestier à fa ViDe de Montréal, il ne resterait que 500 ormes dans fa métropole alors qu’on en comptait environ 50 000 à fa fin des années 60.VOIR PAGE A 8: ORMES atlitüde jazz » * ! LE DEVOIR, LE MARDI 10 MAI 2005 A 2 LES ACTUALITES Réforme de l’enseignement au secondaire Les enseignants préparent la résistance Les syndicats réclament le report de la mise en œuvre de la réforme CLAIRAN DRÉE CAUCHY Les syndicats du milieu de l’enseignement se prononceront vendredi sur un "plan de résistance» à la réforme de l’éducation pour forcer le report de l’implantation des nouveaux programmes au secondaire et pour exiger des correctifs à ceux déjà en vigueur au primaire.Dans un document dont Le Devoir a obtenu copie, qui faisait l’objet jusqu’à hier d’une consultation auprès des membres de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), on propose notamment de ne pas procéder à l’évaluation des compétences transversales au primaire.Il est également question de boycotter, en tout ou en partie, les activités de formation sur la réforme, qui gagnera en septembre prochain la première année du secondaire.Le «plan de résistance» suggère aussi que les enseignants du secondaire se limitent à dispenser les contenus propres à leur discipline, »ce qui exclut notamment l'application des domaines généraux de formation et des compétences transversales, ainsi que leur évaluation».C’est en fin de semaine que les membres de la FSE-CSQ, qui seront réunis en conseil fédéral, se prononceront sur la mise en œuvre de ce plan pour barrer la route à la réforme, qui pourrait prendre des allures de boycottage, sans toutefois en porter le nom.»C’est vrai que c’est assez sérieux comme plan de résistance.Maintenant, on va prendre le temps de mesurer si les gens imt adhéré à ce plan-là, jusqu’où cela va dans les modalités et de faire les évaluations sur les réponses qu’on aura du ministère de l’Éducatiim», explique la présidente de la FSE, Johanne Fortier.La,FSE avait donné au ministre de l’Education jusqu’au premier mai pour qu’il reporte d’un an l’implantation de la réforme au secondaire.L’ultimatum syndical exigeait aussi, entre autres, la création d’un comité pour revoir la politique d’évaluation.Les syndicats en ont principalement REUTERS I-a réforme de l’enseignement au secondaire doit être mise en œuvre en septembre prochain mais les enseignants entendent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour l’arrêter.contre le non-redoublement au primaire, la disparition des classes de cheminement particulier au secondaire et l’évaluation des compétences transversales.Hier, les pourparlers se poursuivaient toujours entre le syndicat et le ministère, qui a cependant fait savoir qu’il n’avait pas l'intention de surseoir à l’entrée en vigueur de la réforme au secondaire.Sept syndicats membres de la FSE, représentant 20 000 enseignants des commissions scolaires de Montréal et de l’ouest du Québec, n'ont cependant pas attendu leur fédération pour passer à l’action.Ils ont annoncé hier une campagne de sensibilisation auprès des parents, les invitant à signer une pétition intitulée «Stoppons la réforme» qui exige le report de son implantation au secondaire et des correctifs au primaire."La prémisse de base de la réforme est fausse.Après l’avoir expérimentée au primaire, on peut constater que c'est un échec.Les enfants ont besoin de plus d’encadrement, ils ont besoin d’être dirigés», fait valoir Yves Parenteau de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal.Les sept syndicats croient que la réforme dévalorise l’importance des connaissances au profit du savoir-faire, s’engageant ainsi dans une «approche utilitariste» de l’éducation.Peu d’écho L’initiative des sept syndicats auprès des parents ne trouvera pas beaucoup d’écho du côté de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), où la présidente rappelle une décision unanime prise par ses membres, il y a quelques semaines, de recommander au ministre d'aller de l’avant dès septembre avec les nouveaux programmes.«Je ne pense pas qu’on va changer notre fusil d’épaule là-dessus à la demande des syndicats, qui ont Rêvez maintenant, réalisez plus tard : Obligations à taux fixe Capital garanti à 100 %.• Remboursables à l’échéance.Choix d’échéances de 1 à 10 ans.Achat à partir de 100 $.Termes 1 an 2ans 3ans 4ans Sans Sans 7ans Sans Sans 10ans BONI DE Taux annuels (%) 2,05 2,50 2,85 3,10 3,40 3,80 4,00 4,15 4,30 4,40 Les taux annoncés peuvent varier en fonction des conditions du marché.1 % la première année pour les nouveaux fonds REER.Téléphonez-nous du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, ou passez nous voir au 2000, av.McGill College, du lundi au vendredi, de 8 h à 17 h.Nos bureaux sont également ouverts les samedis de mai, de 10 h à 16 h.www.epq.gouv.qc.ca Épargne Placements Québec nn eu assez de temps pour se préparer», observe la présidente de la FCPQ, Diane Miron, qui ne peut s’empêcher de faire un lien entre l’opposition à la réforme et le contexte chaud de la négociation des conventions collectives.L’apaché de presse du ministre de l’Education Jean-Marc Fournier, fait lui aussi ce parallèle, en rappelant que les syndicats avaient demandé le report de l’implantation de la réforme au primaire, au moment des dernières négociations dans le secteur public, il y a de cela cinq ans.«Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas y tendre l’oreille», nuance-t-il cependant, soulignant que le ministre est ouvert à des «accommodements» pour que la réforme puisse suivre son cours.«Ils se trompent royalement!», réplique Johanne Fortier de la FSE, soulignant que si l’enjeu de la réforme refait surface en pleine période de négociation, c’est que le ministère a «traîné les pieds».•Voilà un an, on a dit au ministère de prendre très au sérieux le cri du cœur que nous lui adressions sur la mise en application de la réforme au primaire, qu’il y avait des lacunes importantes, qu’on n’était pas capables de bâtir sur le primaire.Cela n’a pas été entendu», déclare Mme Fortier.Négociations Le prochain conseil fédéral de la FSE sera aussi très actif sur le front des négociations, alors que les délégués se prononceront sur la deuxième phase des moyens de pression.Il discuteront entre autres de la pertinence de voter de nouveaux mandats de grève d’ici à la fin de l’année scolaire et du plan de match pour l’automne, s’ils doivent se rendre jusque-là Johanne Fortier est cependant assez optimiste sur la possibilité qu'un règlement survienne avant l’été: «Une autre rencontre au niveau politique est prévue cette semaine.C’est un signal important lorsqu’on discute à un autre forum que la table habituelle.» Le Devoir Une vie saine pour vieillir en santé Ottawa — Les Canadiens ayant de bonnes habitudes de vie sont plus susceptibles de vieillir en bonne santé, selon une nouvelle étude de Statistique Canada Cette dernière indique que les mauvaises habitudes de vie n’ont peut-être pas de conséquences immédiates sur la santé des adultes d’âge mûr, mais qu’elles rattrapent en général les personnes âgées au fil du temps.Selon cette nouvelle étude qui a suivi les mêmes Canadiens depuis huit ans, les comportements qui nuisent à la bonne santé comme le tabagisme, l’inactivité physique et un «poids non santé» sont négativement associés aux chances de vieillir en bonne santé pour les aînés âgés de 65 ans et plus.Chez les adultes âgés de 45 à 64 ans, les caractéristiques socioéconomiques comme le niveau de scolarité et le revenu du ménage sont des éléments déterminants plus importants du vieillissement en bonne santé que les bonnes habitudes de vie.L’étude a suivi les personnes qui étaient en bonne santé en 1994-1995 pendant cinq cycles de l’Enquête nationale sur la santé de la population.Evidemment, lorsque les gens vieillissent, les chances qu’ils demeurent en bonne santé diminuent Environ un adulte d’âge mûr sur cinq a perdu sa bonne santé ou est décédé d’un cycle d’enquête à l’autre.Chez les personnes âgées, cette proportion était plus élevée, soit environ un sur trois.Les conséquences du tabagisme sur les chances de vieillir en bonne santé n’étaient observables que chez les personnes âgées.Celles qui fumaient ou qui avaient cessé au cours des dix dernières années étaient moins susceptibles de demeurer en bonne santé que celles qui n’avaient jamais fumé ou qui avaient cessé depuis au moins les dix dernières années.Presse canadienne Torture Le Canada pourrait essuyer un blâme de l’ONU C LAI RAN DRÉE CAUCHY La comparution du Canada devant le Comité de l’ONU contre la torture, qui se déroulait la semaine dernière à Genève, a laissé la Ligue des droits et libertés sur sa faim.•Plusieurs questions ont été laissées sans réponses», déplore la Ligue, qui avait dépêché pour l’occasion un représentant à Genève afin de déposer tin rapport alternatif aux membres de ce comité onusien qui veille à l’application de la Convention de Genève, qui proscrit «la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants».La Ligue s’inquiète tout particulièrement des réponses offertes par le Canada au sujet de l’expulsion de ressortissants étrangers vers des pays où ils risquent d’être soumis à la torture.En effet, les représentants du Canada ont soutenu que la sécurité nationale l’emporterait sur le risque pour les personnes.Cette position est jugée undefendable» par la présidente de la Ligue dçs droits et libertés, Nicole Filion: «A la lumière de ce que nous avons appris sur le travail des services de renseignement de sécurité, notamment dans l’affaire de Maher Arar et durant les audiences dans l’affaire d'Adü Charkaoui.le potentiel d’abus commis au nom de la sécurité nationale est trop grand» Cette ouverture du Canada à expulser des personnes qui risquent d’être soumises à la torture pourrait lui valoir un blâme du comité de l’ONU dans son rapport attendu d’ici la fin de mai.Déjà, mercredi, un expert membre du comité a jugé «inappropriée» la po- sition canadienne.Les experts ont par ailleurs interrogé vendredi dernier les représentants canadiens sur l’utilisation de mesures de contention dans les établissements de santé ainsi que sur l’emploi de substances chimiques telles que les gaz lacrymogènes et le poivre de Cayenne pour contrôler les foules.La Ligue demandait que des études indépendantes soient conduites sur ces pratiques, ce dont le Canada n’a pas fait mentioa Le recours à l’isolement des mineurs dans les centres jeunesse du Québec a également fait l'objet de questions de la part des membres du comité.Le Canada a fait valoir qu’une formation avait été offerte ces dernières années aux intervenants et que le recours à cette mesure avait diminué.Selon la Ligue, les délégués canadiens n’ont pas pu répondre à des questions sur la durée de l’isolement, l’aménagement des locaux prévus à cette fin et l’âge des jeunes qui y sont soumis.Tant au gouvernement du Québec qu’à l’Association des centres jeunesse du Québec, on semblait vendredi être peu au fait de ces discussions à TONU.Au cabinet de la ministre québécoise de la Protection de la jeunesse, on a précisé que l’isolement était une mesure de dernier recours, «exceptionnelle», que les intervenants peuvent utiliser uniquement lorsqu’un jeune présente un danger pour lui-même ou pour ceux qui l’entourent Des orientations ont d’ailleurs été émises en 2002 pour mieux baliser ce type d’intervention.Le Devoir À vendre EN BREF Saint-Jean — Un diocèse catholique de Terre-Neuve a annoncé hier son intention de vendre ses églises afin d’obtenir les fonds nécessaires pour l’indemnisation de 39 victimes d'agressions sexuelles de la part d’un prêtre, le père Kevin Bennett Le diocèse de Saint-George a précisé qu'il vendra toutes ses églises et missions afin de recueilfir les 13 millions nécessaires au règle- ment «Tout est à vendre, a déclaré hier l’évêque Douglas Crosby, de son quartier général de Corner Brook.Toutes les églises, tous les presbytères et toutes les missions.» Au total, quelque 150 propriétés sont touchées, de Port-aux-Basques à Saint-Anthony, dans l’ouest de Terre-Neuve.L’avocat de 37 des 39 victimes du père Bennett, Greg Stack, a indiqué que ses clients approuveraient l’offre à l'occasion d’un vote le 25 mai.- PC a « LE DEVOIR, LE MARDI 10 MAI 2 0 0 5 A :i CTUALITES Michel David La commande epuis deux semaines, Bernard Landry ne trouvait pas de mot assez fort pour dénoncer les propos du juge en chef de la Cour d'appel, Michel Robert, selon lequel les souverainistes ne devraient pas être nommés juges.Comment pouvait-on avoir l’indécence scandaleuse de laisser entendre que les orientations politiques d’un magistrat pourraient l’empêcher d'interpréter correctement la loi?Ce cuistre de Robert ne méritait rien de moins que la destitution.Dans les circonstances, il est assez ironique d’entendre M.Landry accuser un autre juge, à la retraite celui-là, d’avoir rempli une «commande politique» du gouvernement Charest en signant un rapport qui le blâme très sévèrement pour le désastre de la Gaspésia.Le chef du PQ n'a pas mis ouvertement en cause les convictions fédéralistes du juge Robert Lesage, mais d'autres membres de la famille souverainiste n’ont pas mis de temps à le faire sur la base d’une décision qu’il avait rendue à la veille du référendum de 1995.Dans un communiqué, le directeur du journal souverainiste Le Québécois.Patrick Bourgeois, a rappelé que le juge Lesage, qui siégeait alors à la Cour supérieure, avait accepté d’entendre les représentations de Guy Bertrand, qui avait vainement tenté de faire interdire la tenue du référendum.Tout en rejetant la demande d’injonction de M.Bertrand, il avait qualifié de «manifestement illégale» une éventuelle déclaration unilatérale d’indépendance.«Quand on connaît cette facette de la carrière de M.Lesage, on comprend pourquoi les libéraux l'ont mandaté pour analyser les événements liés au chantier de la Gaspésia.On comprend aussi qu’un être aussi anti-indépendantiste ne pouvait faire autrement que de produire un rapport aussi anti-péquiste», conclut M.Bourgeois.CQFD.?D est vrai que le juge Lesage s’est engagé résolument sur le terrain politique en affirmant qu’une «idéologie interventionniste et des motifs électoralistes, sans doute», ont amené le gouvernement Landry à se lancer dans l’aventure de la Gaspésia «sans se soucier de la rationalité économique».Le ministre du Développement économique, Claude Béchard, a à peine exagéré ses propos en lançant «Voilà où mène l’interventionnisme aveugle, partisan et irresponsable du Parti québécois.» Cela ne signifie pas nécessairement que le diagnostic de la commission Lesage soit mauvais.M.Landry plaide que les dépassements de coûts sont survenus après l’arrivée au pouvoir des libéraux.Il est même possible que les libéraux aient tardé à mettre fin à cette hémorragie de fonds publics pour mieux accabler le PQ, mais il est clair que le projet avait été lancé dans les pires conditions imaginables.Le chef dq PQ a toujours été un interventionniste impénitent A l’époque où il n’était que ministre des Finances, Lucien Bouchard pouvait intervenir pour calmer ses ardeurs.Une fois devenu premier ministre, M.Landry a pu laisser libre cours à un penchant que bien des membres de son cabinet déploraient sans oser le dire publiquement Sa détermination a parfois été récompensée.Au départ, bien peu de gens auraient parié sur les chances de rouvrir l’usine de Kenworth, à Sainte-Thérèse, dont la relance s’est révélée un grand succès.En revanche, on peut remercier le gouvernement fédéral d’avoir refusé de s’associer au projet d’usine de semi-conducteurs de Mosel Vitelic, qui enthousiasmait au plus haut point M.Landry et le président de la SGF, Claude Blanchet Cela dit le chef du PQ a raison de déplorer que le juge Lesage n’ait pas jugé utile d’entendre son point de vue avant de le condamner.Comme il le disait si bien en d'autres circonstances, il existe une règle de justice fondamentale appelée audi alteram partem.L’automne dernier, Mario Dumont avait demandé que les différents acteurs politiques soient entendus, non seulement M.Landry, mais également sa ministre des Finances, Pauline Marois, de même que l’actuelle présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget et celui qui était alors ministre du Développement économique dans le cabinet Charest Michel Audet Le chef de l’ADQ avait également demandé que la commission parlementaire des Finances soit saisie du rapport Lesage dès sa publication et que M.Landry y soit entendu, mais les députés péquistes siégeant à la commission s'y étaient opposés.?D n’est jamais facile d’admettre ses erreurs.C’est particulièrement vrai dans le cas de M.Landry, qui aimerait mieux se faire arracher un bras.Cette fois-ci, il devrait cependant reconnaître s’être trompé, plutôt que de donner l’impression qu’il récidivera à la première occasion.SU a réagi aussi vivement au rapport du juge Lesage, c’est qu’il sait à quel point il risque de lui coller à la peau.Entre un juge et un politicien, la population croira invariablement le premier et on peut compter sur le premier ministre Charest pour faire en sorte qu’eDe n’oublie pas ce qu’a dit le juge Lesage.Un rapport comme celui-là est beaucoup plus dommageable pour le projet souverainiste que toutes les critiques que les porte-voix habituels du camp fédéraliste ont pu adresser au budget de l’an I concocté par François Legault Lors d’un référendum, on ne répond pas seulement à la question posée, mais également à la personne qui fa pose.Si Lucien Bouchard avait été premier ministre en 1995, bien des Québécois auraient sans doute accepté de prendre un risque qui leur semblait trop grand avec Jacques Parizeau.Les prédictions apocalyptiques de Richard le Hir, qui a réapparu en fin de semaine, feront plutôt sourire, mais fa population ne fera le pari de fa souveraineté que si elle a confiance dans le jugement de celui qui sera à la barre dans les temps incertains de l'après-oui.rndavidaledevoir.com L’Ontario recevra 5,75 milliards d’Ottawa L’opposition dénonce les ententes à la pièce Goodale préfère les accords particuliers à la négociation d'une réforme globale des transferts MANON CORNELLIER Ottawa — Le ministre fédéral des Finances, Ralph Goodale, a dû défendre l'accord de 5,75 milliards sur cinq ans intervenu samedi entre les gouvernements fédéral et ontarien, les partis d'opposition y voyant une tentative d’acheter des votes dans la province qui décidera de 1a couleur du prochain gouvernement Le premier ministre Martin est «prêt à s'asseoir avec chaque premier ministre provincial qui souhaiterait discuter d’un ou de problèmes spécifiques», a rappelé le ministre aux Communes.«Quand la conversation porte sur des questions concrètes et précises, que les intérêts provinciaux et fédéraux coïncident et que nous avons la volonté d’en arriver à une solution pratique, de bonnes choses peuvent en effet être réalisées», a-t-il ajouté à sa sortie de la Chambre.L'entente avec l’Ontario survient toutefois à la veille d’une possible élection difficile pour les libéraux.La province compte 106 des 308 sièges fédéraux et le Parti libéral fédéral en détient 74.Mais il est malmené depuis quelque temps, y compris par le premier ministre McGuinty qui fait campagne depuis des semaines contre le déséquilibre fiscal dont souf-frirait sa province.Tous les partis d’opposition ont déploré hier l’approche à fa pièce du gouvernement fédéral.«Au lieu de discuter de façon responsable avec l’ensemble des gouvernements des provinces de la question du déséquilibre fiscal, le premier ministre continue d’apporter des modifications à la pièce pour régler un problème complexe.[.] Comment le premier ministre peut-il justifier qu'une fois de plus il ait négocié une entente à la pièce avec l’Ontario, une entente qui ressemble beaucoup plus à une tentative d’acheter des votes qu'à un règlement permanent du déséquilibre fiscal?» a demandé aux Communes, le critique bloquiste en matière de finances, Yvan Loubier.Le porte-parole conservateur Monte Solberg n’était pas plus tendre à sa sortie de fa Chambre, accusant les libéraux de tous les maux.Mais comme M.Loubier, il croit «qu’il ne faut pas traiter ces enjeux au cas par cas, mais adopter une approche globale, s’asseoir avec les provinces et voir s’il n’est pas possible d’élaborer un cadre global qui respecte aussi le cadre financier du gouvernement fédéral».Le néo-démocrate David Christopherson voit d’un bon œil que l’Ontario ait pu résoudre certains dossiers litigieux, mais lui aussi pense que «faire les choses à la pièce sans reconnaître la nécessité de revoir l’ensemble de la relation fiscale peut seulement provoquer plus de problèmes».L’accord de 5,75 milliards sur cinq ans, conclu après un marathon de négociations de neuf heures entre les premiers ministres Dalton McGuinty et Paul Martin, porte sur des dossiers que l’Ontario tentait de résoudre depuis des mois.Seule province sans accord sur la formation de la main-d’œuvre, l’Ontario devrait maintenant en conclure un d’ici 30 jours.Un nouvel accord sur l’immigration entraînera une hausse des paiements pour les services aux immigrants et corrigera un écart dont se plaignait Toronto.Actuellement de 800 $ par immigrant le montant versé approchera d’ici cinq ans celui versé au Québec, qui est de 3800 $.Les fonds pour l’éducation post-secondaire seront Ralph Goodale a dû défendre hier l’accord particulier conclu avec l’Ontario.augmentés, 1a coopération en matière d’inspection des viandes poursuivie et une entente en vue de confier à Ottawa la collecte des taxes provinciales versées par les entreprises serait imminente.De plus, Ottawa s’engage, dans le cadre de son plan de mise en œuvre du protocole de Kyoto, à aider fa province à fermer ses centrales électriques au charbon.Selon M.Goodale, le budget présenté en février, mais pas encore adopté, pennettra d’éponger le tiers de 1a facture.L’entente conclue avec le NPD il y a deux semaines paierait un autre tiers.Le dernier tiers exigera de nouveaux engagements budgétaires, mais il n’y a pas d’urgence, a fait comprendre le ministre, car ces dépenses ne seront engagées qu’à 1a fin de fa période de cinq ans.Cette entente ne comble pas le fossé de 23 milliards entre les impôts payés par les contribuables ontariens à Ottawa et la totalité des dépenses fédérales dans leur province, écart dont se plaint M.McGuinty.Ce dernier, qui présentera son budget demain, espérait une première correction de cinq milliards dès cette année.Il a averti dimanche qu’il continuerait à se battre pour l’obtenir, quitte à rencontrer le chef conservateur Stephen Harper.Mais comme Ottawa ne reconnaît pas l’existence du déséquilibre fiscal, il n’est pas question que le fédéral accepte d’en discuter, pas plus qu’il ne compte entamer des discussions sur une réforme d’en- semble des transferts fédéraux, comme le souhaite Québec.«Notre position est que ce genre de discussions plus vastes et philosophiques ne sont pas la façon la plus pratique pour en arriver à des solutions.Nous exa minons des questions précises, une à une et nous faisons des progrès et en résolvons plusieurs», a dit le ministre Goodale à 1a presse.Il ne croit pas que cela pousse les provinces à protester à leur tour pour avoir leur part du gâteau.Le danger plane pourtant, surtout depuis la conclusion des accords sur les revenus extraçôtiers avec Terre-Neuve-et-Labrador et fa Nouvelle-Écosse.Di Saskatchewan exige depuis d’être traitée sur le même pied.Le Nouveau-Brunswick veut 700 millions pour mettre à niveau la centrale nucléaire de Pointe-Lepreau.M.Goodale affirme qu’Ottawa «dialogue» avec toutes les provinces, que ce soit pour discuter de leurs problèmes, du transfert de 1a taxe sur l’essence aux municipalités ou des garderies, et qu’il ne s’agit pas de gestes précipités ou soudains.«Nous ne lançons pas l'argent par les fenêtres.Nous faisons face aux questions que les premiers ministres des provinces soulèvent et nous le faisons avec eux de façon sérieuse, constructive pour en arriver à des solutions utiles aux Canadiens», a-t-il déclaré.Le Devoir La CSN franchit le cap des 300 000 membres LIA LÉVESQUE Alors que commence son 61’ congrès à Montréal, 1a CSN annonce qu'elle a franchi le «cap historique» des 300 000 membres.La Confédération des syndicats nationaux avait effectivement 300 727 membres enregistrés, le 31 mars dernier, a précisé en conférence de presse lors de l’ouverture du congrès la présidente Claudette Carbonneau.Il s’agit d’une augmentation de 30 000 membres depuis 2002.Ces nouveaux syndicats viennent majoritairement du secteur privé, a affirmé la présidente, bien que plus de 3000 nouveaux membres soient issus des fusions de syndicats dans les établissements de santé, imposées par le gouvernement Charest Sont également arrivés à la CSN les 3800 membres du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de fa Société des alcools du Québec, lors du conflit de travail de l’hiver dernier.Mme Carbonneau a dit voir dans cet accroissement de son effectif «un signe de santé, de vitalité de l’organisation», malgré plusieurs lois du gouvernement Charest qui ont heurté de front le mouvement syndical depuis deux ans.Les délégués du congrès se pencheront sur fa lutte contre les partenariats public-privé, la conciliation travail-famille et le travail à statut précaire.Des thèmes on ne peut plus d’actualité comme les licenciements collectifs et le développement régional sont également à l’ordre du jour.Plusieurs régions du Québec viennent de vivre des licenciements collectifs ou fermetures d'entreprises, comme dans le textile à Huntingdon, dans la transformation de 1a viande chez Olymel ou au Wal-Mart de Jonquière.L’industrie de l’amiante vit aussi des jours difficiles et, bien sûr, le bois d’œuvre.Mme Carbonneau se dit «préoccupée par l’avenir des régions» dans ce contexte et plaide pour que les licenciements collectifs soient mieux encadrés.Elle aimerait que l’on s'inspire de ce qui existe dans certains pays d’Europe, où les entreprises ont une obligation de fournir des raisons pour ces licenciements collectifs, où elles sont soumises à des contraintes plus serrées en matière de transparence de l’information et d’avis à émettre.«L’Europe a une approche plus complète, plus civilisée.Il y a des limites à vouloir jeter les gens par la fenêtre comme des Kleenex usagés», a déploré la dirigeante syndicale.Les entreprises ont des responsabilités à l'égard des communautés, a-t-elle ajouté.Mme Carbonneau, qui a été élue à fa présidence de fa CSN en mai 2002, sollicite un renouveDement de son mandat Jusqu’ici, elle n’a pas d’opposition.Le congrès de la CSN se tient à Montréal jusqu’à samedi Presse canadienne Dépister simplement le cancer des ovaires Toronto — Les spécialistes du cancer sont depuis longtemps à 1a recherche d’un test qui leur permettrait de diagnostiquer avec justesse et facilité le cancer des ovaires — l’un des types de cancer les plus meurtriers — alors qu'il en est encore à un stade précoce et qu’il est davantage possible de le traiter.Une étude publiée aujourd'hui par un groupe de scientifiques canadiens et américains laisse espérer qu’un tel test puisse être en vue.Les chercheurs rapportent en effet qu’une prise de sang visant à dépister quatre protéines — ou -biomarqueurs» — s’est révélée hautement efficace pour détecter le cancer des ovaires parmi un groupe de 242 femmes, dont environ la moitié étaient aux prises avec fa maladie.Mais bien que ces résultats soient extrêmement prometteurs, ils ne sont pas suffisants pour laisser croire que le test soit prêt à être utilisé comme moyen de dépistage auprès de millions de femmes apparemment en bonne santé, a indiqué le principal auteur de l’étude, David Ward, biologiste moléculaire de Terre-Neuve-et-Labrador à l’emploi du Nevada Cancer Institute.«U n’est pas encore prêt pour une utilisation à grande échelle», a affirmé M.Ward depuis Las Vegas, hier.«U est considérablement plus sensible que tout ce que nous avons en ce moment, mais il y a encore des progrès à faire», a-t-il ajouté.Presse canadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jean Charest Charest rejette les accusations de Landry Même après sa fermeture, l’usine de Papiers Gaspésia de Chandler continue de soulever les pa» sions.Alors que le président de fa commission d’enquête, Robert lesage, critique dans son rapport fa gestion de l’ancien gouvernement péquiste, c’est au tour de Jean Charest de rejeter le blâme sur le Parti québécois.M.Charest refuse d’assumer fa responsabilité de la fermeture de l’usine Gaspésia.«// faut bien travailler avec ce qu’on nous laisse comme legs.Essayer de présenter ça comme étant la faute du gouvernement actuel, c’est proprement absurde et ridicule», a dit Jean Charest hier lors d’un passage à Montréal.«Le rapport ne l’honoré pas.Il devrait assumer ses resptmsabi-lités», a ajouté le premier ministre Charest Le premier ministre a répondu ainsi à Bernard Landry qui a affirmé, dimanche, que l’échec du plan de relance de fa Gaspésia était plutôt imputable au Parti libéral.«On a cherché par tous les moyens à ce que le projet puisse avoir un repreneur industriel», a affirmé Jean Charest «On n’a épargné aucun effort pour y arriver et on va continuer à faire ces «ffbrts-là.» D’autre part, fa ministre des Affaires municipales et des Régions, Nathalie Normandeau, a affirmé être en contact avec des industriels et avec la ville de Chandler afin de relancer l’économie de fa région gaspésienne.«C’est toujours notre grande priorité de trouver un partenaire intéressé à relancer Papiers Gaspésia», a dit fa ministre.Mme Normandeau a fait référence, entre autres hypothèses, à de nouveaux projets concernant l’énergie éolienne, qui seraient annoncés sous peu.Presse canadienne LE DEVOIR.LE MARDI 10 MAI 2 0 0 5 L E S A C T U A LIT E S Retour au camp de Westerbork MICHELLE MACAFEE Westerbork — Ernst Verduin n’est demeuré que quelques jours au camp de transit de Westerbork, dans le nord-est des Pays-Bas, avant que les Allemands ne les envoient, sa sœur et lui, au camp d’extermination d’Auschwitz.Aujourd’hui âgé de 77 ans, M.Verduin a cependant appris il y a quelques années qu’il aurait peut-être pu profiter de ce bref séjour pour échapper au sort infernal ayant déchiré sa famille et l’ayant vu être transféré d’un camp à l’autre jusqu’à ce qu’il ait finalement été libéré, en 1945, à Buchenwald.Durant une visite du camp, transformé en musée et centre commémoratif, il a découvert que les barbelés qui entourent toujours les lieux n’ont jamais été électrifiés, connue le croyaient les prisonniers.«A ce moment, je me suis presque évanoui», s’est souvenu M.Verduin lors de son retour au camp de Westerbork, en compagnie de quelque 60 anciens combattants canadiens et de 13 jeunes délégués, à l’occasion des célébrations du 60e anniversaire de la libération des Pays-Bas.«Si j’avais su que les fils n’étaient pas sous tension.Nous avions déjà discuté avec mes parents du fait que même si un membre de la famille risquait d'être tué, ceux qui pouvaient fuir devaient fuir.» Au lieu de cela, M.Verduin a survécu à la guerre grâce à son instinct — en sachant à quel moment se jeter au sol lorsqu’un officier SS était pris d’un accès de folie meurtrière, en mentant au sujet de son âge afin de se glisser parmi un groupe destiné à un camp de travail.M.Verduin figure au nombre des 107 000 juifs néerlandais enregistrés comme étant des Tziganes — aussi connus comme des Roms — à être passés par les portes du camp de Westerbork entre le moment où les Allemands en ont pris le contrôle, en 1942, et celui de sa libération par les forces canadiennes, aux derniers jours dç la Deuxième Guerre mondiale.A l’origine, le camp avait été construit afin d’accueillir les réfugiés juifs.Pendant une période de 26 mois, 96 trains ont quitté Westerbork chaque mardi.Le dernier train est parti le 13 septembre 1944.Parmi ses passagers se trouvait la jeune Anne Frank, morte avec sa sœur à Bergen-Belsen en avril 1945, quelques semaines à peine avant la fin de la guerre.Hier, M.Verduin s’est joint aux anciens combattants canadiens qui ont assisté à im service commémoratif sur les lieux.Ce service était l'un des derniers événements d'une semaine d’activités auxquelles ont pris part quelque 1500 ex-soldats canadiens afin de souligner le 60e anniversaire de la libération des Pays-Bas.Presse canadienne & MARC VAN DE KO RT REUTERS Paul Martin serre la main d’anciens combattants canadiens dans un cimetière situé près d’Utrecht, aux Pays-Bas.Le premier ministre de même que les trois chefs d opposition sont aux Pays-Bas afin de participer aux célébrations entourant le 60' anniversaire de la libération.PAYS-BAS «J’aurais aimé que nous soyons ici hier» Le premier ministre s’excuse auprès des anciens combattants MARC VAN DE KORT REUTERS Des anciens combattants se recueillent dans un cimetière d’Apeldoorn, aux Pays-Bas.BRUCE CHEADLE Apeldoorn — Arrivé in extremis pour assister hier aux cérémonies soulignant le 60e anniversaire de la victoire alliée qui mettait fin à la Deuxième Guerre mondiale en Europe, le premier ministre, Paul Martin, a été reçu avec des fleurs fanées, des drapeaux canadiens moins fringants et des banderoles trempées.M.Martin et les trois chefs de l’opposition, Stephen Harper, Gilles Duceppe et Jack Layton, sont arrivés aux Pays-Bas presque 24 heures après le défilé dans les rues d’Apeldoorn auquel quelque 200 000 Néerlandais ont participé pour célébrer l’anniversaire de leur libération de l’occupation nazie.L’important défilé visait spécifiquement à honorer le Canada pour son rôle; des anciens combattants canadiens, émus, parlaient encore avec émerveillement de l’accueil qui leur a été réservé lorsque les dirigeants politiques canadiens ont fait irruption, hier.«Avec ces gens qui vous remercient de cette façon, vous pleurez la moitié du temps», a dit, les gens rougis, Donald Pennell, 84 ans.M.Pennell était parmi la quarantaine d’anciens combattants canadiens et leurs familles à avoir assisté au dépôt de gerbes au mo- nument aux morts près d’Amers-foort avec MM.Martin, Harper, Duceppe et Layton.Le premier ministre Martin avait changé l’horaire de son voyage aux Pays-Bas la semaine dernière de peur de ne pas être là au cas où une motion de censure à l’endroit de son gouvernement serait déposée en chambre.La façon dont la question a été gérée et l’absence de représentants majeurs aux Pays-Bas la semaine dernière pour le début des cérémonies ont été vivement critiquées.Le président de l’Association des anciens combattants de l’armée, de la marine et des forces aériennes au Canada, Kenneth Henderson, n’a pas mâché ses mots.Selon lui, les dirigeants politiques canadiens n’ont pas rendu aux anciens combattants ce qui leur revenait «Le respect», a-t-il affirmé, détachant avec soin chacune des syllabes.Les soldats canadiens qui se sont battus aux Pays-Bas il y a sk décennies «ont mis leur vie en jeu et n’ont pas reçu le respect qui leur était dû», a affirmé M.Henderson.Paul Martin s’est excusé hier pour le délai et s’est abstenu de rejeter la faute sur qui que ce soit «Malheureusement, il y a eu des événements politiques à la maison qui ont jait obstacle, a dit le premier ministre.Je suis très, très heureux d’être ici aujourd’hui [\àer\.J’aurais aimé que nous soyons ici hier.» Vers la fin de la semaine dernière, Paul Martin a invité les autres dirigeants de parti et leurs épouses à l’accompagner aux Pays-Bas pour participer aux cérémonies.Us ont fait le voyage à l’arrière de l’avion du premier ministre.Mais, M.Martin s’était déjà engagé à participer à l’ouverture du nouveau Musée de la guerre à Ottawa dimanche.Le groupe s’est envolé de nuit pour Amsterdam et s’est dirigé directement vers le cimetière hier matin.M.Harper a affirmé hier qu’
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