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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2005-05-14, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR .LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2 0 0 5 SCIENCES Hugo Martel invente des univers Page B 6 « IDÉES r Education : du faux débat entre compétences et connaissances Page B 5 * PERSPECTIVES La Chambre des communes paralysée La guérilla parlementaire Le citoyen est le grand perdant d’une situation politique qui contribue à dévaloriser les institutions MANON CORNELLIER Ottawa — Une Chambre des communes vide, un Parlement paralysé, des députés qui s’invectivent, des ministres qui sillonnent le pays pour faire des annonces.Tous les partis jouent gros dans l'actuelle partie de bras de fer qui secoue Ottawa, et pas seulement pour l’avenir de leur propre formation.«Le grand gagnant, c’est le cynisme politique.Le spectacle qui nous est donné donne l’impression de gens qui ne respectent pas un code d'honneur, et ce, de part et d’autre.C’est le parlementarisme qui perd quelques points et le cynisme qui en gagne», déclare le politologue Jean-Herman Guay, de l'Université de Sherbrooke.Son collègue de l’Université d'Ottawa, François-Pierre Gingras, est carrément inquiet «Ce qui me dérange le plus dans ce qui se passe actuellement, c’est comment ça dévalorise le processus démocratique et les institutions canadiennes.Ça me dérange particulièrement parce que le noyau dur de gens qui participent au processus politique diminue constamment.(.] Le spectacle qu’on nous donne, tant à la Chambre qu’à la commission Gomery, tend à conforter les préjugés à l’endroit de la classe politique», confie-t-il.Il craint que cela n’entraîne une nouvelle chute du taux de participation aux élections, en particulier chez les jeunes dont la confiance est difficile à regagner.Les débats aux Communes depuis une semaine, pour ne pas dire depuis le dernier mois, manquent, de l’avis de tous, de la plus élémentaire dignité.Cela s’est aggravé après la défaite du gouvernement mardi soir.Ce vote a de plus augmenté la pression sur le premier ministre Martin, qui a promis un vote de confiance sur le budget pour jeudi prochain.Cela a été loin de suffire.D s’est aussitôt fait accuser de s’accrocher, de vouloir gagner du temps.Les libéraux, eux, ont soutenu que l’opposition a perdu de vue les priorités des citoyens pour ne servir que leurs intérêts partisans.Pour montrer la nécessité de poursuivre les travaux, ils citaient des projets de loi qui, dans certains cas, étaient pourtant morts au feuilleton l’an dernier à cause du déclenchement des élections provoqué par Paul Martin lui-même.La méfiance En Chambre, la liste des allégations de corruption, d'opportunisme, d’utilisation d’«argent sale», qu’on entend depuis des lustres, s’est allongée pour faire apparaître celles de déni de démocratie, de non-respect des conventions constitutionnelles.La méfiance s’est installée et plus personne ne s’en cache.La guerre de procédures s’est poursuivie de plus belle, menant à l’ajournement des travaux parlementaires trois journées d'affilée, gracieuseté des conservateurs et des bloquistes.Les libéraux ont tenté mercredi et jeudi de tenir tête, mais ils n’essayaient déjà plus hier de sauver les apparences.Eux qui accusaient l’opposition la veille de ne pas vouloir se présenter au travail n’étaient qu’une soixantaine aux Communes en début de journée et qu’une cinquantaine une heure plus tard pour s’opposer à la motion d’ajournement.En comparaison, 138 conservateurs et bloquistes étaient au poste.Les débats ont aussi pris une tournure macabre cette semaine quand le chef conservateur, Stephen Harper, a affirmé que le premier ministre retardait le vote en espérant que la santé de deux députés conservateurs atteints du cancer se détériore.«Nous n’allons pas joué à ce jeu une autre semaine, comme cela il pourra espérer que la santé de certains députés se détériore», a dit M.Harper en répondant à l’annonce du vote de confiance du 19 mai.Sans aller aussi loin, Gilles Duceppe avait affirmé le même jour que Paul Martin faisait ses calculs en fonction de la maladie des députés.«C’est le calcul que fait Paul Martin actuellement, sincèrement là.|.] [Ces députés] ne savent pas s’ils seront en mesure d’être ici la semaine prochaine.Ils sont ici aujourd’hui et ce n’est pas un hasard si Paul Martin veut gagner du temps encore une fois.» Les libéraux ont aussitôt fait les vierges offensées, le premier ministre accusant Stephen Harper d'être tombé bien bas.Mais ils n’ont offert aucune solution pour dénouer l’impasse et rassurer les deux députés.C’est finalement le NPD qui a proposé de recourir à la vieille tradition parlementaire des députés «pairés».En vertu de cette dernière, deux partis aux positions opposées s’entendent pour garder à l'écart un nombre égal de députés pour permettre à ceux qui sont retenus à l’extérieur pour des raisons familiales ou de santé de manquer un vote sans affecter le résultat final.L’ancien chef néo-démocrate Ed Broadbent se serait donc porté volontaire pour être «pairé» avec le conservateur Darrel Stinson, qui doit être opéré mercredi, la veille du vote.Cette offre a changé l’atmosphère, remettant une dose de civilité dans les échanges entre partis.Il était temps car, hier, la colère voisinait avec l’indignation sur les lignes ouvertes, les politiciens, toutes allégeances confondues, s’y faisant joyeusement savonner la tête.Cela n’aurait pu durer et il semble que Stephen Harper l’ait compris.Intéressé par la proposition du NPD, il s’est montré ouvert aussi à une trêve lundi, mais à la condition d’avoir la garantie sous forme de motion qu’un vote de confiance aura bel et bien lieu jeudi.L’image Jean-Herman Guay pense qu’à court terme, le PC et le Bloc ont remporté la «bataille de l’image».Pour s’en convaincre, il suffît, selon lui, de regarder les manchettes d’un bout à l’autre du pays, qui disaient cette semaine que le gouvernement libéral s'accrochait.«Les libéraux, en contrepartie, perdent des plumes à s’accrocher.Ça donne l’impression de gens qui ont quelque chose à cacher et qui n’ont pas le courage d’affronter l’électorat», dit-ü.Le politologue Stephen Clarkson, de l’Université de Toronto, pense que le chef conservateur n’a pas perdu de points dans l’immédiat mais que la poursuite de la guérilla parlementaire pourrait le faire passer pour un homme déraisonnable, le premier ministre ayant promis un vote de confiance pour jeudi.M.Harper l’a en quelque sorte reconnu hier.«C’est impossible de forcer le départ du gouvernement avec un vote d’ajournement chaque jour.H y a un danger dans une telle stratégie et nous n’avons pas l’intention de poursuivre l’obstruction si nous pouvons avoir un vote la semaine prochaine», a-t-il dit à sa sortie des Communes.Fait à noter, seul le Bloc insistait encore hier pour avoir un vote de confiance dès lundi, mais c’est aussi le parti qui a le moins à perdre de cette guerre parlementaire, croit le professeur Gin-gras, alors qu’il y a des risques à s’acharner pour les conservateurs et les libéraux Le NPD, pour sa part, est resté à l’écart de la guerre de procédures.Selon M.Clarkson, les efforts de conciliation du NPD jouent à son avantage, en particulier dans la région de Toronto, où son accord sur le budget a été bien reçu.L’image du chef Jack Layton y gagne aussi.M.Gingras pense quant à lui que le NPD doit, pour marquer des points, faire passer son message.«Et on peut se demander si c’est possible de susciter une réaction rationnelle dans le cadre d’une campagne où les attaques seront vicieuses et où on misera sur la peur», dit-il.Personne ne peut prédire qui emportera le vote de jeudi.Les conservateurs et les bloquistes comptent 153 députés et les libéraux et les néo-démocrates, 150.Si aucun député n’est VOIR PAGE B 3: GUÉRILLA « On a porté les antagonismes à un niveau qui fait qu’on s’en prend aux personnes plutôt que de débattre les idées » Du calme ! Il n’est pas étonnant que l’offre de jumelage vienne du très respecté et expérimenté Ed Broadbent, un des rares parlementaires à avoir gardé la tête froide dans le tumuhe des derniers jours.D l'avait déjà démontré il y a une semaine en invitant ses coDègues à plus de civilité.Voici quelques extraits de la réponse qu’il a donnée à l’hommage qu'on lui a rendu apres l'annonce de sa retraite politique: «fai participé à tous les grands débats de mon époque, sur la Constitution, le Programme énergétique national, la Loi sur les mesures d’urgence, VOIR PAGE B 3: CALME Ed Broadbent JIM YOUNG REUTERS mmi JIM YOUNG REUTERS Les trois principaux protagonistes de la guerre qui paralyse Ottawa: Paul Martin, Stephen Harper et Gilles Duceppe. B 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2 0 0 5 PERSPECTIVES Jean Dion Des nouvelles fraîches George W.Bush s’est réjoui cette semaine de l’enthousiasme qui gagne les citoyens américains alors que son combat personnel pour la liberté et la paix dans le monde connaît des succès inespérés.•Je venais défaire du bicycle dans le Maryland entouré de 60gorilles lorsqu’on m'a montré les images de tous ces gens qui couraient dans les rues de Washington pour exprimer leur bonheur de faire partie d’une nation forte qui n’a peur de rien, a déclaré le président des Etats-Unis.Ils se sentent en parfaite sécurité, comme moi quand je vais me balader au Maryland.» Il appert que, trois ans et demi après que M.Bush eut annoncé l’avènement d’une «guerre contre la terreur» et la capture imminente d’Oussama ben Laden «mort ou vif», les responsables de la sécurité n’ont pas osé lui dire qu’en réalité, la population en proie à la panique se sauvait d’un biplace de tourisme à peine plus gros qu’un 4X4, le véhicule national.«Ça n’aurait pas fait très sérieux, a déclaré un porte-parole.Cela étant, on ne sait pas sous quelle forme peut se présenter une arme de destruction massive puisqu'on n’en a jamais trouvé.» Le porte-parole a ajouté qu’il valait mieux ne pas contredire le président, qui croit que la guerre en Irak est terminée et que la Corée du Nord ne possède plus l’arme nucléaire puisqu’elle l’a utilisée lors d’un test il y a deux semaines.«Quand il se met en colère, ça lui donne le goût d’envoyer des troupes quelque part et, franchement, ça commence à coûter une beurrée.En plus, demandez à n'importe qui, au bout d’un certain temps, la guerre devient lassante et les cotes d’écoute à la télé baissent.Tout ça est mauvais pour l’économie», a-t-il dit Far ailleurs, un des premiers gestes de la Maison-Blanche a été de hausser le niveau d’alerte à orange.«Je sais que ce n’est pas le temps de foire dans l’agencement des coloris quand un aéronef porteur d’apocalypse file à fond la caisse vers le siège du gouvernement du leader du monde libre, mais je suis chargé de vous foire part de ce passage au plus foncé.Je dois vous dire que je suis d'autant plus étonné de cette décision que le changement de couleur ne change rien et que tout le monde, y compris moi-même, croyait qu’on était déjà au stade orange», a expliqué le secrétaire de presse du président Cette information n’a pas non plus été portée à la connaissance de M.Bush.«S’il entend parler d’orange, a dit un de ses amis, ü voudra envahir l'Ukraine.» ?Un contribuable moyen qui regardait les audiences de la commission Gomery à la télévision est tombé en bas de sa chaise lorsqu’il a reçu un avis de Revenu Canada l’informant qu’il leur doit 1500,04 $.«Le médecin que je n ’ai pu rencontrer parce qu’il y a une liste d’attente de six mois m’aurait dit, si nous nous étions rencontrés, que cette chute, au cours de laquelle je n’ai heureusement été que blessé aux poches qu’on m'a faites sans vergogne, est imputable à un déséquilibre fiscal», a déclaré le contribuable, qui s’est demandé quels seraient le volume et le poids d’une enveloppe brune contenant 150 004 cennes noires qu’il enverrait à l’impôt.Pour se refaire une santé financière à la suite de ce revers de fortune, le contribuable songe à faire du bénévolat «ü parait qu'il y a un parti politique reconnu où les bénévoles sont, enfin, tsé veux dire, je m'arrête là avant qu'on me flanque une mise en demeure», a+i balbutié.Selon des sources, le contribuable, un passionné de la commission Gomery, est le tout premier citoyen à s'abonner au Forfait Télémax Plus du câble juste pour capter la chaîne CPAC.?Un fumeur qui fumait à 8,95 mètres d'un abribus non ventilé où devait passer un véhicule de transports en commun à destination de la porte d’un établissement public situé à proximité d’une terrasse comprenant des parasols assimilés à une espèce de toiture amovible de salle de bingo a appris que, bientôt, il n'aura plus le droit «Ah ben dis donc», a-t-il fait savoir entre deux inhalations de smog.?Bien que deux partis d’opposition formant une majorité de voix aient déclaré publiquement que le vote qu'ils venaient de prendre était un vote de non-confiance, le gouvernement libéral a dit qu’il ne s'agissait pas d’un vote de non-confiance puisqu'il n'a pas confiance en l’opposition qui ne lui fait pas confiance.«Ils disent qu 'ils n ’ont pas confiance, mais comment se fier à des gens qui se méfient?, a confié un libéral.Moi, j’ai confiance que cette non-confiance illustre en réalité la confiance que nous ne sommes pas confiants de gagner un vote de non-confiance, alors que c'est le contraire: la confiance n'a rien à voir étant donné ce climat de méfiance qui équivaut à une non-non-confiance.Vous comprenez?» Le libéral a ajouté qu'il ne cherchait nullement à s’accrocher au pouvoir en jouant sur les mots.«Je suis confiant qu'on nousfoit confiance*, a-t-il dit, précisant que la semaine prochaine, il tiendra un point de presse sur les notions de «censure», de «sans censure», de «sens sûr», de «100 sur 100» et de «censure sans sursis».«Avouez que c'est quand même plus amusant qu un gouvernement conservateur», a-t-il conclu.?Après avoir vainement passé 1200 heures sur Internet à tenter de connaître des morceaux du scénario de Star Bars Episode III: Revenge of the Sith, qui sortira jeudi, un gars a résolu de s’entourer de mystère en ne livrant dans son blogue que des bribes des bandes-annonces du film.•Les bandes-annonces sont excellentes.Je peux seulement dire qu'il y a beaucoup d’effets spéciaux et qu ils sont très réussis», a écrit le gars.D a longuement hésité avant de vendre le punch: la bande-annonce courte se termine par une explosion de feu, et la bande-annonce longue se conclut par Darth Vader qui respire fort.Mais il a finalement décidé de déballer la marchandise.«De toute façon, il y a toujours des explosions et Darth Vader respire toujours fort.Je ne pense pas que j'annonce ici une révolution.» Le gars a expliqué que, tout compte fait, le dénouement des bandes-annonces et du film n’est pas si important que ça puisqu'on sait depuis près de 25 ans que, finalement, l’Empire va contre-attaquer et que le Jedi va revenir.jdionfoledevoir.com Uélève modèle malien Lune des nations les plus pauvres de VAfrique subsaharienne a pris la voie démocratique en 1991 et garde le cap GUY TAILLEFER T e Mali est gouverné de façon consen- Cotor+t VNt PicHl PôQp St CHANÉfl?V iHtSf / ûfitWTrf PEnEAnT Ct îpwps AU UC HS PtLÊÇ.- Une certaine idée de la démocratie Dans le fracas médiatique du renversement du gouvernement canadien, un événement passera peut-être complètement inaperçu: la visite du chef d’Etat africain Amadou Toumani Touré, président du Mali depuis 2002, présentement en visite officielle au Canada.Il risque d’avoir une bien piètre idée de notre démocratie, ce qu’exigent d’ailleurs les pays du Nord auprès des pays du Sud afin qu’ils aient droit, selon nos critères, à l’aide au développement Le président Touré sait très bien ce qu’il en coûte d’établir une démocratie dans un pays pauvre — appauvri, devrait-on dire.De quel droit pourrons-nous exiger de ce président des preuves de sa «bonne gouverne»?Et je n’évoque pas ici le seul scandale des commandites; l’attitude de nos chefs et représentants de parti au Parlement canadien est hautement discutable, sinon scandaleuse.J’entends d’ici les qualificatifs qui seraient employés si un des pays d’Afrique avait le même niveau «lamentable» d’échanges que celui qu’on observe entre les représentants des partis en pleine session parlementaire.Ceux qui avancent l’idée d’une perte de «crédibilité morale» à gouverner le pays sont-ils si purs que l'idée de leur réélection ne les effleure pas?Quelle mascarade! Représentent-ils vraiment ce que les citoyens souhaitent'1 Nos dirigeants politiques auraient sûrement intérêt à dialoguer sincèrement avec le prési- LETTRES -4- dent Touré.Contrairement à ce que plusieurs pensent il aurait des choses à leur apprendre.Pour cela, il faut une certaine dose d’écoute et d'humilité.Dans tout cela, le Canada risque de perdre cette bonne réputation dont il jouit sur le plan international depuis plusieurs années.Charlotte Paquet Windsor (Québec), mai 2005 L’instabilité politique en Haïti Alors que l’attention médiatique est rivée sur les forces onusiennes, la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MI-NUSTAH), l’instabilité politique et économique ainsi que la violence qui ont résulté du conflit politique ont engendré une nouvelle classe en Haiti, les déplacés internes.En raison des persécutions pour certains et du marasme économique pour d’autres, plus de 30 000 Haïtiens, la plupart provenant de quartiers populaires, ont dû quitter leur domicile et vivre dans des lieux insalubres, sans nourriture et sans ressources.De plus, deux semaines après la diffusion à Radio-Canada d’un documentaire.L’Empire du sucre, portant entre autres sur les conditions de travail des travailleurs haïtiens employés dans les plantations de canne à sucre en République dominicaine, il est à noter que plus de 18 000 Haïtiens ont été embauchés de manière clandestine à la frontière haïtiano-dominicaine en 2004.Ce chiffre représente 50 personnes par jour.Ces travailleurs sont connus sous le nom de travailleurs migrants et, tels des esclaves modernes, gagnent moins de 2 $ pour une journée de travail de 12 heures, n’ont pas de liberté de mouvement, n’ont pas de protection s’ils se blessent et se font souvent retirer leur passeport une fois en République dominicaine.Comme le souligne le Groupe d’appui aux réfugiés et rapatriés (GARR) dans son rapport sur la migration en 2004 sur Tile d’Hispaniola, la frontière est caractérisée par 4 présence de groupes armés et l’absence de l’Etat, ce qui se traduit par une plus grande criminalité (vols, meurtres, viols, etc.).Le Comité québécois pour la reconnaissance des droits des travailleurs haïtiens en République dominicaine (CQRDTHRD) Mai 2005 Après huit ans.Le mode de scrutin électoral américain a du bon.George W.Bush devra quitter la présidence des Etats-Unis le 4 novembre 2008, ayant complété son deuxième mandat.Les élus de la Chambre des communes devraient édicter une loi similaire pour le poste de premier ministre du Canada.Cela amenuiserait les risques de connaître d’autres scandales des commandites.Claudia Boucher Laval, mai 2005 - a crise qui paralyse le Parlement fédéral n'est pas encore résolue, mais la tension est quelque peu tombée hier alors que les conservateurs obtenaient l’assurance que le vote de confiance qui se tiendra vraisemblablement jeudi se déroulera dans des conditions équitables pour tous les partis.Curieusement, cette assurance n’est pas venue d’où elle aurait dû provenir.Depuis deux joins, le Parti libéral refusait de devancer ce vote à lundi afin de permettre à un député conservateur très gravement malade d’y participer.La voix de ce député pouvant faire la différence entre la survie ou la défaite du gouvernement, les ministériels maintenaient que les absents ont tort peu importe la raison.Ce que les libéraux ne voulaient pas faire, les néodemocrates le feront en laissant leur ancien chef, Ed Broadbent s’abstenir lors de ce vote afin de compenser l’absence de ce député conservateur.L'attitude adoptée par le NPD est exemplaire.D subsiste malgré tout un peu de fair-play dans ce Parlement.Le sort du gouvernement ne peut être Bernard le tait d’événements fortuits comme la maladie.Le Descôteaux leader parlementaire du gouvernement, Tony Vale- ri, s’est défendu de miser sur la détresse physique d’un adversaire pour remporter ce vote.S tel était le cas, on comprend mal pourquoi il n'a pas accepté de devancer la mise aux voix de la motion de confiance que proposait le chef conservateur, Stephen Harper.Aux abois, le gouvernement Martin ne répugne à aucun calcul.Le vote de blâme qu’il a perdu mardi aurait dû le conduire, suivant la tradition parlementaire, à demander immédiatement au Parlement de lui exprimer sa confiance.Il a plutôt cherche à repousser le plus loin possible ce rendez-vous dans l’espoir que.si des élections doivent avoir lieu, elles se tiennent dans les plus mauvaises conditions pour les partis d’opposition.Le temps gagne lui permet par ailleurs de dispenser ses largesses, ce qu’il fait depuis trois se maines au rythme de un milliard de dollars par jour en moyenne.Devant ce comportement, le NPD devrait s’interroger sérieusement sur la pertinence de maintenir son engagement d'appuyer le gouvernement en contrepartie d’un amendement au budget Goo-dale.Accordé de bonne foi, cet appui est cependant en train de se retourner contre lui.Non seulement il n’a aucune assurance que l’amendement au budget qu’il a proposé sera adopté même si le gouvernement réussit à survivre encore quelques mois, il sera de plus associé dans l’esprit des électeurs à la dilapidation des surplus budgétaires à laquelle celui-ci se livre sans retenue.Mal à l’aise, le NPD l'est sans doute.Le geste fait hier à l’endroit des conservateurs est une façon de mitiger le soutien promis aux libéraux.Les circonstances dans lesquelles ce soutien avait été accordé ont suffisamment changé pour qu'il puisse être remis en question S’il ne le fait pas, il sera associé à la chute du gouvernement qui est inéluctable.bdescoteauxtjïledevoir.ca R E V U E I) E P R ESSE -4- Adrienne ! Adrienne ! Dissous la garderie ! Antoine Robitail le « A drienne! Adrienne!» Si vous connaissez vos classiques du cinéma, vous aurez compris cette fine allusion de José Rodriguez, du Calgary Sun: «Jamais depuis Rocky Balboa, debout et sonné au milieu du ring, l'appel à Adrienne n’a été aussi fort et aussi pertinent.» Selon Rodriguez, le gouvernement est dans un tel état de blocage que des hommes et des femmes d’âge mûr — nos élus — ont transformé la Chambre des communes en «foutoir inimaginable».Vivement l’intervention d'Adrienne.Clarkson.Selon le chroniqueur, le «spectacle de la période de Questions» fait de plus en plus penser à «un match de tennis.féminin».Oui.car il y a là une véritable débauche de «grimaces, de visages déformés et de grognements indistincts» (!).Rodriguez parle des élus comme d'une bande de «clowns dysfonctionnels auxquels on donne trop d'importance».Bien que «non élue» et même si elle est une «représentante royale de pacotille».Adrienne Clarkson est la seule à pouvoir sortir ce gouvernement «démocratique» de son malheur actuel.Le problème, note Rodriguez, est que le pouvoir de la vice-reine est défini par une convention imprécise.«La portée de son pouvoir safoste à ce que les accidents de l’histoire imposent » Le chroniqueur rappelle qu’en 1975, le gouverneur gêné rai de l’Australie, le général John Kerr, avait dé mis de ses fonctions le premier ministre Gough Whitlam.«Le Sénat australien, qui est élu.refusait d'entériner le budget de Whitlam.• Kerr avait alors nommé un premier ministre intérimaire jusqu'aux elections, qui ont eu lieu quelques mois plus tard et lors desquelles le parti de Whitlam a été éjecté du pouvoir.Rodriguez aimerait bien qu’un tel scénario se produise au Canada.«Peu probable, mais pas impossible».espere-t-U.?44 .La Chambre des communes «mérite mieux La presse du Canada que ça», écrivait le Globe and Mail en éditorial hier.«Il est difficile de se souvenir d’épisodes aussi dégradants que ceux auxquels nous avons assisté cette semaine.» Pour le Globe, cette espèce de «garderie» qui tient lieu de Parlement doit cesser.Tout a commencé avec la décision des libé raux.le mois dernier, d’annuler les journées de l’opposition.Mais il y a pire, selon le Globe, nommément cette décision, prise jeudi par les conservateurs et le Bloc, de carrément fermer le parlement.Selon le Globe, les conservateurs et le Bloc exagèrent lorsqu’ils soutiennent que le gouvernement n’a plus la confiance du Parlement.De plus, «ils prennent des mesures totalement disproportionnées».Ce sont les libéraux qui avaient «l’argumentation la plus solide» lorsqu'ils ont soutenu que le vote de mardi ne constituait pas un vote de confiance.En comparaison, «Paul Martin a l’air d’incarner la voix de la raison».Le Globe n’en revient pas des affirmations du chef conservateur Stephen Harper, qui a déclaré que le premier ministre cherchait sciemment à fixer la date du scrutin afin qu’il y ait un conflit d'horaire avec les élections en Colombie-Britannique, mardi prochain, ou pour que le vote en Chambre soit perturbé par la visite «du chefd’État canadien», la reine d'Angleterre.Toutes ces outrances ainsi que d’autres — comme ceUe selon laquelle les libéraux veulent profiter de la maladie de certains députés pour battre l’opposition — rappellent un dérapage de Harper lors de la dernière campagne électorale: il avait alors affirmé que Paul Martin était «en faveur de la pornographie infantile».Le Globe concède que le premier ministre a prêté flanc à toutes sortes de critiques, par exemple cette «apparence de manipulation des priorités militaires canadiennes» — une aide pour le Darfour — afin de convaincre le député indépendant David Kilgour d’appuyer les libéraux.«Toujours dans le domaine militaire».pensons à cette autre bourde qui a consisté à annuler le voyage d’hommage aux anciens combattants de la victoire aux Pays-Bas, pour ensuite faire volte-face.«Le gouvernement gagnera-t-il le vote de jeudi?Qui sait?Etant donné le comportement des principaux partis aux Communes cette semaine, la tentation est forte de répondre: “on s’en fout”.» Et c’est là ce que la situation actuelle recèle de plus grave, selon le Globe.«Par leur comportement, les conservateurs et les libéraux ont conforté le cynisme que plusieurs Canadiens entretiennent à l’endroit des politiciens et ont plus que jamais donné aux gens des raisons de mépriser la politique.» «F a-t-il un gouvernement dans cette chambre?», écrivait John Robson dans (Ottawa Citizen hier.Selon lui, la résolution de mardi des conservateurs et du Bloc n’était pas clairement une motion de non-confiance.«Elle recommandait à un comité de demander la démission du Parlement.Et si le comité en question refuse.comme il le fera très probablement?» Robson n’en revient pas qu’Andrew Coyne, chroniqueur au National Post, ait écrit qu’«i7 existe maintenant une nouvelle forme de gouvernement.le gouvernement par point de détail [technicality]».Robson commente: «Drôle de façon de parler de la primauté du droit!» A Stephen Harper, qui a accusé jeudi Paul Martin «d’assassiner la démocratie» alors qu’Andrew Coyne affirme que nous sommes plongés dans une crise constitutionnelle grave, «je dis: s’il vous plaît! Ayez un peu de respect pour notre système et arrêtez de crier des noms en public! Ce gouvernement présentera bientôt sa loi budgétaire.Si le Parlement l’entérine, on dira qu'il a la confiance de la Chambre.Sinon, il tombera, parce que cela prouvera qu’il n’a pas cette confiance.H n’y a rien de nouveau ici».Le Devoir arobitaille@sympatico.ca Lutte antitabac DEES RÉFORME DE L’ÉDUCATION t Du faux débat entre compétences et connaissances JACQUES GRENIER LE DEVOIR Classe de musique à l’école secondaire Saint-Henri, à Montréal.MARC-ANDRÉ ÉTHIER Didacticien des sciences humaines.Université de Montréal ALAIN DALONGEVILLE Enseignant en école secondaire et formateur de maître, France =| ans moins de cent jours, les enseignants du secondaire devront implanter de nouveaux programmes d’études.Boisvert (La Presse, 14 mars 2005), Gauthier et Mellouki (Le Devoir, 23 février 2005, page B 4) réclament la suspension de cette réforme au motif qu’elle prône des formules pédagogiques dont l'ineptie tombe sous le sens (commun) ou dont la recherche scientifique prouverait qu’ils confortent la réussite scolaire des enfants de parents aisés et instruits, mais nuisent aux autres.Avant de crier au loup, peut-être faudrait-il dresser un bilan des programmes en place depuis 1982: quels concepts et méthodes (en sciences sociales, en ce qui nous concerne) les élèves maîtrisent-ils et exercent-ils leur vie durant?Peut-être même faudrait-il se demander si l’on veut dresser des robots rentables et des consommateurs dociles ou aider à se former des citoyens qui pensent par eux-mêmes.On pourrait encore ajouter, au moment du bilan, la question suivante: les sciences sociales doivent-elles être des disciplines scolaires coupées de la recherche universitaire en histoire et en géographie?Mais, surtout [.], il faudrait dissiper la fausse opposition entre compétences et connaissances.Car a contrario de la vision réductrice des fondements de la réforme colportée par ses détracteurs, on ne peut pas être compétent et ignorant, mais on peut être connaissant et incompétent [.] Ainsi, nous attendons d’un diplômé ayant soutenu une thèse sur l’histoire de Cuba au XX' siècle qu’il sache faire de la recherche et qu’il sache (entre autres!) qu’une révolution y eut raison d’une dictature en 1959, que Fidel Castro est un de ses protagonistes, qu’un commando d’exilés soutenus et entraînés par les dirigeants états-uniens débarqua dans la baie des Cochons le 17 avril 1961 pour abattre la révolution et que ce commando échoua Certes, l’étudiant peut l’avoir appris en mémorisant une page de manuel.Mais pouvoir répéter cette version et mille autres détails suffirait-il à le dire compétent s’il ne sait pas se poser des questions sur le passé ni comment y répondre?Nous en doutons, comme nous doutons qu’on puisse devenir un historien compétent en se bornant à lire un manuel.Nous croyons plutôt qu’il faut, pour le devenir, pratiquer la démarche historique, ce qui n’exclut ni de lire (des manuels ou des archives), ni d’écouter, ni d’assimiler des faits.Est-ce plus intéressant que de mémoriser une liste de noms et de dates sans autre but que de la répéter?Oui.Est-ce plus facile pour autant?Pas nécessairement.Est-ce phis rapide?Rarement Retient-on l’information plus longtemps?Oui, en général.Est-ce que ça permet davantage de comprendre le monde et donc, de s’y adapter ou de le changer en toute connaissance de cause?C’est notre avis.Est-ce que cette compétence peut se résumer par une note chiffrée ou littérale?Bien sûr, comme un film peut se résumer au nombre d’étoiles que lui accorde un critique, mais cela ne remplace pas l’explication du critique ni l’écoute du film.Au secondaire Qu’en est-il des compétences proposées en histoire au secondaire?D s’agit pour faire vite, de se questionner sur l’origine d’une «réalité sociale» (comme Athènes au Ve siècle avant notre ère) et de s’enquérir du contexte de l’époque en se documentant sur divers aspects de cette réalité, de l’interpréter à l’aide de ses questions et de la comparer à d’autres réalités (comme la Perse et Sparte), pour enfin se réinterroger sur la réalité sociale dans laquelle on est immergé.Nous ne voyons rien là d’ésotérique ni de saugrenu.C’est une approche, somme toute, voisine de l’histoire-problème de Braudel.Par ailleurs, à la lecture du programme d’histoire, il appert que les savoirs comme tels ne sont pas négligés par la réforme.Au contraire! Pour la première fois, on insiste sur les concepts et on soumet à l’attention des élèves une série de «repères culturels» (le code d’Hammourabi, par exemple).[.] En somme, que les enseignants se rassurent aussi bien en histoire qu’en géographie et probablement ailleurs, il faut enseigner des contenus de haut niveau, car il est impossible de construire des compétences à vide, sans des contenus sur lesquels travailler.En fait plus les exigences seront élevées en matière de compétences et plus la quantité de savoirs à transmettre, effectivement transmis et véritablement maîtrisés par les élèves, sera importante.Au-delà de la mémorisation Or la réciproque est fausse ou, plutôt n’est pas tout à fait vraie: si, dans certaines conditions, on peut énoncer à certains élèves (surtout à ceux qui auraient appris malgré les pires enseignants) des savoirs qu’ils retiendront on ne fait alors pas construire beaucoup de compétences, exceptées celles, certes essentielles, de l’attention, de la mémorisation.Mais cette transmission limitée des savoirs est-elle acceptable pour les élèves, les enseignants, les parents et la société dans sa globalité, à l’heure où plusieurs déplorent le manque d’autonomie et d’esprit critique des élèves?[.] Ce qui est en cause n’est pas la transmission des savoirs, dont tout le monde s’accorde à penser qu’elle est indispensable, mais les pratiques censément transmissives des savoirs.Celles-ci ne transmettent en fait que peu de connaissances, au surcroît vite oubliées une fois l’évaluation terminée et de piètre qualité, car la principale compétence que ces pratiques développent est celle de ré-énoncer à l’identique des leçons de l’enseignant et des résumés des manuels.Il nous semble que, si des éléments de la réforme ont des adeptes, ce n’est pas parce qu’elle sacrifierait à la mode du socioconstructivisme et qu’elle viserait à distraire des vrais problèmes (comme les mauvaises conditions d’enseignement), mais bien parce qu’elle offre le potentiel [.] d’aider les élèves à pouvoir réinvestir leurs savoirs dans des situations de leur vie quotidienne de citoyens et, dans certains cas, à éventuellement accroître à leur tour le corpus des connaissances scientifiques.Angoisse légitime Les enseignants ont raison d’être angoissés par un programme appelant à faire apprendre des contenus modifiés avec une pédagogie qu’en général ils méconnaissent et d’évaluer les élèves selon des critères encore incertains.Ils critiquent à bon droit le jargon du programme, son imposition par des bureaucrates dont ils se raillent et son application dénaturée par des gestionnaires qu’ils soupçonnent de les mépriser.Ils dénoncent légitimement l’insuffisance des ressources consenties à la formation continue, les classes surchargées et trop nombreuses, ainsi que la pénurie d'équipement et de livres.Ils se défient pertinemment des intentions so-cioéducatives réelles des gouvernements qui alternent au pouvoir, alors que leurs conditions d’enseignement se détériorent Ils sont justement révulsés par la récupération des principes égalitaires de la réforme pour les culpabiliser et leur imputer l’odieux des ratés du système scolaire et de la société dont celui-ci émane.Mais si surseoir à la réforme peut exercer une pression opportune sur le gouvernement, ni cet ajournement ni sa mise en œuvre ne peuvent résoudre les nombreux problèmes résultant des mauvaises conditions d’enseignement, car les causes de ces problèmes bien réels ne sont ni didactiques ni psychopédagogiques, mais sociopolitiques et socioéconomiques.Grève à l’Orchestre symphonique de Montréal Un appel à la solidarité n’est pas une menace de représailles GÉRARD MASSE Président de la Guilde des musiciens du Québec Réponse à Pierre A.Goulet, président des Jeunesses musicales internationales et membre du conseil d’administration de l'OSM ans l’article «OSM: des jeunes pris en otage» publié dans Le Devoir du jeudi 12 mai 2005, Pierre A Goulet accuse la Guilde des musiciens du Québec et l’Association des musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal de ‘dépasser les bornes .] en faisant des pressions et en menaçant de représailles les musiciens pigistes qui acceptent de jouer dans l’orchestre ad hoc en voie deformation parle Concours musical international de Montréal».L’appel à la solidarité lancé par la Guilde des musiciens et l’Association des musiciens de l’OSM ne peut en aucun cas être interprété comme une menace de représailles envers qui que ce soit S’abstenir Les briseurs de grève existent et il s’en trouvera toujours qui ne répugneront pas à franchir des pi- quets de grève, si légitime soient-ils.Nous ne faisons que demander aux collègues musiciens de s’en abstenir car les enjeux de cette négociation avec le vaisseau amiral québécois qu’est l’OSM auront des répercussions sur toutes les autres formations musicales à l’avenir.Qui plus est les membres des Jeunesses musicales d’aujourd’hui verront leur avenir professionnel façonné par ces ententes.Plus loin, M.Goulet écrit que «7e conflit à l’OSM est malheureux» et que ‘jamais nous n’aurions dû nous rendre à de telles extrémités».Nous ne pouvons qu’approuver ses dires.Il est vrai que 4e jeu de notre système de relations de travail [.) peut amener des conséquences graves».C’est pourquoi la Guilde des musiciens du Québec et l’Association des musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal tiennent à réitérer qu’ils sont disponibles et désireux de reprendre les négociations et d’en arriver à une entente respectueuse des deux parties.La décision d’aller en grève n'a été prise qu’après 18 mois de négociations infructueuses ajoutées à au moins deux autres années de gel des salaires et des conditions de travail.Bref, les musiciens ont été patients, compréhensifs et souples.L’heure est maintenant venue pour l’administration de l’OSM de leur rendre la pareille et de démontrer un respect mini- mal pour les personnes qui forment l’Orchestre symphonique de Montréal.Dissuader poliment La Guilde des musiciens du Québec et l’Association des musiciens de l’OSM ne peuvent empêcher les dirigeants du Concours musical international de Montréal de demander à des musiciens professionnels de former un orchestre de remplacement pour accompagner les concurrents du concours.Nous préférons cependant tenter de les en dissuader poliment et calmement tout en leur suggérant, à l’instar du pianiste Alain Lefebvre, d’aider à faire comprendre à qui de droit que ‘la musique classique ne peut pas se permettre un conflit long» [.] et qu’il faut espérer que ‘les gens en mesure de régler cela vont comprendre que les joyaux ne sont pas que le Cirque du Soleil et Céline Dion mais aussi l'OSM, qui nous rend fiers à travers la planète depuis 50 ans».D en va du respect fondamental de notre profession et des années de labeur consacrées à l’atteinte de l’excellence par chacun des membres de l’OSM.Nous sommes fiers, à juste titre, de l’orchestre virtuose que nous sommes et voulons, avec enthousiasme, atteindre de nouveaux sommets avec le maestro Kent Nagano.La fin ne justifie pas les moyens JACQUES BERNARD Conseiller en communications, Montréal "“““I e lobby antitabac a eu raison du gouver- Lnement.Même si les fumeurs représentent le quart de la population du Québec, il sera interdit de fumer dans les endroits dits publics à partir de janvier 2(X16.Dans la campagne menée pour obliger le gouvernement à promulguer une telle loi, l’idée de la toxicité de la fumée secondaire a été martelée, on l'a soutenue de tout ce qui peut sembler lui convenir, sans faire d’analyse, sans discuter d'objections, sans donner de références.Bref, le lobby antitabac a eu recours à de la manipulation psychologique dans la plus pure tradition de la propagande.Le but du lobby antitabac est clair réduire au miné mum le nombre de fumeurs au Québec.C'est un objectif on ne peut plus louable.Mais cette tin, aussi noble soit-elle, justifie-t-elle tous les moyens?Une bonne cause ne sanctifie pas les moyens qu elle utilise.La campagne visant à convaincre les citoyens de l’importance de ne pas consommer de tabac est assunS ment marquée du sceau de la manipulation en ce sens qu'elle affirme mais ne fait jamais appel à (argumentation.Cela a été flagrant dans cotte campagne visant à interdira l’usage du tabac dims les endroits publics.Jean-Marie Domenach, cité par Philippe Breton dans La Parole manipulée, définit la propagande conune une technique mettant en application ‘cinq règles de mise en forme: la personnification d’un ennemi unique; la déjiguration des faits; la répétition du message; l’adaptation du message aux différents publics; la contagion».Examiner la campagne antitabac à la lumière de seulement trois de ces critères suffit à constater qu’il s’agit bel et bien d’une campagne de propagande.Reine des régies de la propagande, elle est surtout appliquée par des régimes dictatoriaux et est d’une redoutable efficacité.Dans la stratégie de communication adoptée* par le lobby antitabac, les compagnies de tabac sont responsables de tous les maux.Toutes les autres |>arties prenantes dans ce dossier sont des victimes, les frimeurs?Des victimes! Les gouvernements?Des victimes aussi! la manœuvre est astucieuse en ce qu'elle permet à certains acteurs impliqués de continuer à profiter de la situation sans subir les foudres du lobby imtita-bac.C’est le racket de la protection! Et, bien sûr, il y a un prix à payer.Les fumeurs, présentés comme des toxicomanes incapables de décider d’eux-mêmes, y perdent leur droit de parole.Le gouvernement, obligé de se soumettre aux diktats du lobby, y ix*rd son droit de gouverne.La défiguration des faits L’arrogance et le mépris affichés par le lobby antitabac pour toutes les recherches ou les études qui ar rivent à des conclusions contraires à celles qui servent sa cause, voire envers des opinions contraires à la sienne, sont caractéristiques d'une démarche ma-nipulatoire.La tactique employée dans ce cas consiste à discréditer l’auteur, à tuer le messager.la manipulation ne prise guère l’argumentation, c’est-à-dire l’échange d’une parole.La manipulation cherche à supprimer la possibilité de choisir.‘La fumée secondaire augmente de 25 % les risques de développer un cancer du poumon.» C’est peut-être vrai, mais on ne dit jamais 25 % de quoi.‘136 Québécois meurent tous les ans à cause de la fumée secondaire.» C'est une déclaration qui frappe l’imagination! Cela nécessiterait à tout le moins une explication.Comment en est on arrivé à cette conclusion?Y a-t-il des études qui arrivent à des conclusions différentes?Ije lobby antitabac ne le dit pas et personne ne pense à le lui demander.C’est un cas typique où le message est construit uniquement en fonction de sa capacité à emporter coûte que coûte l’adhésion de l’auditoire.Il y a aussi les fameux sondages d’opinion, qui font parfois l’objet d’interprétations douteuses.La manipulation est une méthode de présentation et de diffusion d’une opinion qui donne l’illusion d’un accord entre le manipulateur et sa victime.C’est ainsi que la moindre majorité favorable à un durcissement de la Loi sur le tabac devient un ‘consensus social» sur la question, alors qu’il faudrait plutôt parler dans certains cas d’une profonde division de la société.L’adaptation du message Pour ce faire, le lobby antitabac se sert de la séduction.E s’agit de séduire afin de conditionner l’auditoire de telle façon que celui-ci accepte le message sans discussion.Quoi de mieux que la bonne bouille d’un Jean Pagé ou du chic d’une Mireille Deyglun pour imposer une façon de voir les choses à un public ou à un autre?C’est ce que lionel Bélanger, dans La Persuasion (collection «Que sais-je?»), appelle la «persuasion-séduction».D y a aussi («argument d’autorité».L’appel à (autorité permet de trancher, plutôt que de discuter, en vue de faire accepter un comportement Le lobby antitabac a enrôlé de gré ou de force tout ce qu’il peut y avoir de professionnels de la santé ainsi que d’associations et d’organismes de santé publique, non seulement dans sa croisade mais dans sa façon de la mener.Et g are à ceux qui ne rentrent pas dans le rang! Le lobby antitabac a décrié la publicité des produits du tabac au point d’en réclamer l’interdiction.On ne peut pas critiquer les méthodes manipulatoires chez ses adversaires et les appliquer soi-même.E y a une distinction à faire entre une éthique des fins et une éthique des moyens.Une distinction que le lobby anti-tabac ne fait manifestement pas.Denise Bombardier La chronique de Mme Bombardier sera de retour la semaine prochaine.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Géraid Dallaire {adfoint au directeur de l'information).Jeanne Corriveau (affaira municipales), Fabien Degliae, Marie-Andrée Chouinard (éducation).Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et toits de société) Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion.Louis-Gifles Fruncœur (environnement).Benoit Monger (responsable du site Internet).Laurence Clavel, Jean-Guillaume Dumont (commis internet) Isabelle Paré (santé), Louiae-Maude Rioui Soucy (surnuméraire) ; Pauline Gravel (sciences) ; Guillaume Bourgàult-Côté (surnuméraire).Michel Carneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages tkématignes) : Martin Dodos.Michele Malenfant et Christine Dumazet (relecteurs).Renée Léo Guimont et Serge Paquin (relecteurs surnuméraires) ; Jacquea Grenier et Jacques Nadeau pkoloerupkes) A l'information culturelle Michel Bélair (théâtre et cahier culture).Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaus et culturels du weeh-end), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpebt (livra).Odile Tremblay (cinéma).Bernard Lamarche 'arts visuels et musique) Frédérique Doyon (surnuméraire) ; h l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de (information).Dominique Reny (pupitre).Philippe Papineau (surnuméraire), Éric Dearosiera.Aiec Castonguay, Claude Turcotte.Françoia Detjardina (surnuméraire), h l’information internationale Jean-Pierre Legault (pupttre international et page éditoriale).Claude Lévesque.Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information).Serge Truffaut (éditorialiste) ; à l’information politique Héléne Buietti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires d Ottawa).Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires d Québec.Kathleen Lévesque : Marie-Hélene Alarie (secrétaire d la rédaction).Marilyse Hamelin, Alexandre Shields (commis).La documentation (Biles Paré (directeur) : Manon Derome.Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort .Ottawa) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril.Jean de Billy.Marlene Côté, Dave Cameron, Van Hamel.Christiane Legauh.Amélie Maltais.Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Micheline Ruelland, Nadia Sebai, Méliaande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Manon Blanchette Svivie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchei, Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard De* Cormiers.Donald FUion.Yannick Morin.Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Linda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage).Roxanne Labelle (coordonnatrice d la promotion et i la sollicilation), Loli Sénéchal-Berthiaume.Monique L'Heureux, Rachelle Leclerc.Caroline Simard.L'ADMINISTRATION Nicole Carme!1 resVcnsabie des services cumtéabies) Céline Furov.Germain Haeck 'contrôleur; Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adioinu admiuistratioe).Clnudine Cbeyriot.Monioué Proteau Danielle Rom h g LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2 0 0 5 B 6 CIENCES EN BREF Ingénieures mannequins Une vingtaine de femmes ingénieures délaisseront leurs savants calculs pour se faire mannequins d'un jour et défiler avec les créations de designers québécois: Muse, M Siamo, Hélene Barbeau, Aline Moreau, üddley Herrisson, Isabelle Deak, DollFa-ce, Mlle C, ON&ON, Marie St-Pierre, Genre féminin, Artefact, Virginie et Parasuco.Elles seront parfois accompagnées d’ingénieurs masculins portant les créations de Parasuco pour hommes, parfois d’enfants portant les vêtements de Souris Mini.Ce défilé est organisé par les comités Femmes en ingénierie des sections régionales Plein-Sud, Drummond et Laval-Laurentides de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) afin de recueillir des fonds pour Les Scientifines, un organisme sans but lucratif de Montréal offrant des activités scientifiques et technologiques aux jeunes filles de 9 à 12 ans daps le but de susciter leur intérêt pour les sciences.A partir de 18 h le mercredi 18 mai au bain Mathieu, 2915, rue Ontario Est, à Montréal.Même si les femmes représentent la majorité de la clientèle étudiante (58,5 %) au Québec, elles demeurent sous-représentées dans le domaine des sciences et du génie.femmes@legenial.qc.ca.- Le Devoir Physionomiste ou pas ?Il y a ceux qui ont du mal à reconnaître un visage et ceux pour qui c’est une véritable maladie: on appelle ça la prosopagnosie.Jusqu’à une personne sur 50 en souffrirait, et il n’y a rien à faire, c’est de naissance.Les gens qui en souffrent n’arrivent pas à reconnaître jusqu’à 30 % des visages sur des photos.de leur propre famille! Alors ils utilisent des trucs: la barbe, par exemple.«Quand je vais au parc, je reconnais les amis par leurs chiens», ajoute l'un d’eux dans une édition récente du New Scientist.Mais il y a des avantages, comme l’explique dans le même article Mme Deb Kleber, 43 ans, du Portugal: «Je regarde souvent mon mari et je pense: “Wow! Quel beau gars! Après 23 ans de mariage, c’est une vraie bénédiction.”» -Agence Science-Presse Record mondial du vol Le record mondial du vol sans escale par un oiseau migrateur a été battu: 8000 kilomètres.La barge rousse accomplit cet exploit en six jours, dans le cadre de son déplacement annuel de l'Australie ou de la Nouvelle-Zélande jusqu’en Alaska.Le voyage total fait 11 000 kilomètres, et l’oiseau ne s’arrête pour reprendre des forces qu’aux trois quarts du trajet, soit au Japon ou autour de la mer Jaune.L’équipe américaine qui a suivi ces voyageurs hors pair au moyen de colliers émetteurs souligne, dans la revue The Condor, avoir récolté beaucoup moins d’informations sur le voyage de retour vers le sud: on n’a pu attribuer à la barge rousse aucune escale, ce qui suggère que, forte des réserves de graisse accumulées pendant l'été, elle fait le voyage de retour d’une seule fraite.- Agence Science-Presse Le voyageur et son parasite Les espèces migratrices changent de décor pour des raisons alimentaires.Mais serait-il possible qu'il y ait une autre raison?Plusieurs chercheurs proposent depuis longtemps que la migration est aussi une façon de se débarrasser des parasites: en gros, on fuit un environnement devenu par trop infecté et on y revient quand les microbes sont redescendus à un niveau acceptable.Eh bien, des entomologistes américains viennent de démontrer pour la première fois que cette hypothèse est exacte, du moins chez les papillons monarques: dans la revue Ecology Utters, ils expliquent que c'est chez les monarques qui migrent que les populations de parasites sont au plus bas.Des papillons que les chercheurs ont infectés avec un protozoaire ont vu diminuer leur perfonnan-ce en vol et leur endurance.- Agence Science-Presse Polluants saisonniers On commence à bien connaître les effets qu'ont sur notre santé les différents types de particules microscopiques qui se retrouvent dans l'air dans les filmées des cheminées d'usines et des voitures, dans les aérosols, etc.On sait que leur impact varie en fonction de leur concentration dans l’air, et que chaque personne peut en être affectée différenmient (si elle souffre d’asthme, de problèmes cardiaques, etc.).Mais voilà qu'il faudra ajouter une couche: l’impact de ces polluants varie aussi suivant les régions et., la saison! Une équipe de l’Université Johns Hopkins à Baltimore a effectué un travail de moine: comparer, pour chaque jour de 1987 à 2(XX), le nombre de morts dans UX) grandes villes et le taux de concentration dans l’air des plus petits de ces polluants.Les courbes qui en ressortent montrent que la hausse des morts suit bel et bien celle du nombre de particules, mais que la variation est significative entre l’hiver et l’été dans une région comme le nord-est, et pas du tout significative en Californie.-Agence Science-Presse Crises cardiaques matinales Les crises cardiaques et autres problèmes du cœur se produisent le plus souvent entre 9h et llh.L’hypothèse la plus courante, pour l'instant, est qu’il s'agit d’une réponse de notre corps au stress d’une activité matinale survenant tout de suite après une longue période de repos — la nuit.- Agence Science-Presse Ascenseur spatial S’inspirant du succès du prix An sari X attribué l’automne dernier à la première compagnie privée qui est parvenue à envoyer — deux fois — un homme en orbite, la NASA lance son premier des Défis du centenaire: deux prix de 50 000 $ seront attribués à qui aura développé les technologies les plus prometteuses pour un ascenseur spatial, c’est-à-dire un système qui permettrait de «monter» en orbite à bord d’un véritable ascenseur, donc sans ces fusées coûteuses et polluantes.- Agence Science-Presse L’astronomie virtuelle Hugo Martel invente des univers et fait des simulations qu’il compare avec les observations des astronomes scrutant le ciel Vous faire rencontrer des chercheurs passionnants et passionnés, c’est ce que proposent la revue Découvrir et Le Devoir dans cette série de portraits de membres de notre communauté scientifique.Ces portraits, présentés en primeur ici, sont extraits de la revue bimestrielle Découvrir, qui rend compte des avancées de la recherche d’ici dans toutes les disciplines ( www.acfas.ca/decou vrir).FRANÇOIS DION Bien cachée dans les dédales du département de physique de l’Université Laval, une petite pièce en apparence anodine vient d’accueillir en ses murs un superordinateur d’une valeur de 600 000 $.La machine fait deux mètres de haut et a besoin d’une batterie presque aussi géante quelle pour fonctionner.Bienvenue dans le monde de l’astronomie virtuelle! Hugo Martel n’est pas le type d'astronome qui passe des nuits blanches à observer le ciel étoilé au télescope, n est ce qu’on appelle un théoricien.Son laboratoire est constitué des cellules grises de son cerveau et des puissants processeurs de son superordinateur.Il invente des univers virtuels, simule par ordinateur leurs propriétés observables et compare ensuite ses résultats avec les observations des astronomes qui scrutent le ciel.Pourquoi ne se contente-t-il pas d’un ordinateur acheté au magasin du coin?Parce que les calculs, au lieu de durer quelques heures, demanderaient des semaines et des semaines! Représenter artificiellement l’univers n’est pas une mince tâche.Heureusement, des ordinateurs très puissants permettent de simuler des phénomènes cosmiques hautement complexes et souvent impossibles à observer au télescope.C’est donc confortablement installé devant son écran que Hugo Martel se lance à la poursuite de l'univers virtuel, qui lui fournira la clé de l’univers réel.Face à face avec Einstein Si le jeune Hugo fut très tôt fasciné par la science, c’est seulement après un baccalauréat en physique à l’Université de Montréal qu’il décide de se diriger vers l'astronomie.En 1983, il a la chance d'être accepté dans le prestigieux département d'astronomie de l’Université Cornell, aux Etats-Unis, où Hubert Reeves a fait ses études.Dans cette même université, il soumet en 1989 une thèse de doctorat sur un problème très controversé à l’époque: la constante cosmologique.De quoi s’agit-il?Cette constante indique la présence d'une hypothétique force de répulsion qui remplirait tout l’univers et qui contrebalancerait l’effet de la force gravitationnelle.Elle a été introduite par Einstein en 1917, mais le savant l’a finalement rejetée, la qualifiant de «la plus grande erreur de sa vie».Hugo Martel commente: «A l'époque de ma thèse, l’idée de la constante cosmo-logique ne plaisait pas beaucoup; certains m'ont dit poliment que je perdais mon temps avec un tel sujet Par contre, eile est devenue populaire plus tard et c'est agréable d'avoir eu le dernier mot!» En effet depuis 1998, des observations le laissent entendre: fl existe probablement ime force de répulsion qui fait accélérer l'expansion de l'univers.Einstein s’est sûrement retourné dans sa tombe! Long séjour chez l'oncle Sam Au sortir de ses études, Hugo Martel n'a qu'un seul objectif: devenir professeur d'université et poursuivre sa carrière d'astronome.Il rencontre toutefois un obstacle de taille: le manque de places.«Cétait possible il y a 30 ans mais, de nos jours, on ne devient presque jamais professeur d'astronomie en sortant de l’université avec un doctorat.» En attendant de trouver un tel poste, il lui faut alors se faire chenheur postdoctoral, c’est-à-dire un chercheur à temps plein engagé par un professeur d’université.fi choisit l'Université de Montréal.Puis, l'astronome Paul Shapiro, un expert mondial de la formation des galaxies, l'invite à TUniversité du Texas.C’est le début d'un séjour de recherche qui se révélera enrichissant, quoique un peu inhabituel.«Quand je suis parti, je m 'attendais à être là-bas trois ans, soit le temps d’un postdoctorat.Finalement, j’y ai passé 12 ans et demi!» Non sans inquiétudes.Les fonds de recherche qui payaient son salaire devaient être renouvelés tous r m "TJjKBr Xm & v* , W m LOUISE BILODEAU Hugo Martel: «L’avenir de l’astronomie passe par la collaboration non seulement entre les astronomes du monde entier mais également entre les chercheurs de plusieurs domaines.les trois ans.Or chaque demande de subvention n’avait qu’une chance sur cinq d’être acceptée.«C’était un peu énervant.Je ne pouvais pas faire de plan à long terme.Tous les trois ans, jetais placé face à l’angoisse de ne pas réussir à renouveler le fonds de recherche.Si je ne réussissais pas, je n’avais plus de salaire.» Ce long séjour à l’Université du Texas a toutefois eu ses bons côtés.Hugo Martel est tout d'abord devenu un spécialiste reconnu des problèmes cosmologiques, c’est-à-dire ceux qui concernent l'univers à grande échelle: la constante cosmologique, la formation des galaxies, les lentilles gravitationnelles et bien d’autres.De plus, il a eu l’occasion de côtoyer certains des plus grands astronomes de notre temps comme Martin Rees, James Peebles et le Prix Nobel Steven Weinberg, avec qui il a cosigné un article.Enfin, il a présenté des conférences partout dans le monde, ce qui lui a permis de s’adonner à ses deux passions, le voyage et la peinture.D a notamment visité certains des plus grands musées d’art la Galerie des Offices à Florence, la Galerie nationale à Washington, le Musée de Tokyo et, bien entendu, le Louvre à Paris.Quelle peinture aimerait-il avoir dans son salon?/La Jeune Fille à la perle de Vermeer.À condition d’avoir l'original! Mais je suis conscient que ce n est pas dans les moyens d’un professeur d’université.» Un astronome du XXT siècle Après une vingtaine d'apnées passées en grande partie aux Etats-Unis, Hugo Martel reçoit en 2004 une offre qui consacre l'ensemble de ses efforts: un poste de professeur d’astronomie à TUniversité Laval, doublé de la Chaire de recherche du Canada en cosmologie théorique et numérique.Laurent Drissen est professeur d'astronomie à l’Université Laval et connaît bien Hugo Martel.Ils ont étudié ensemble au Cégep de Bois-de-Boulogne à la fin des années 70.C'est lui qui a proposé sa candidature.«Hugo était le candidat idéal: on était quatre observateurs dans le Groupe d’astrophysique de l’Université Laval et on avait besoin d’un théoricien qui nous aiderait à comparer nos observations à des modèles théoriques.» la chaire de recherche dont il est titulaire est assortie d'une subvention de 1,4 million de dollars étalée sur sept ans.Ce genre de chaire est habituelle-ment décerné à des chercheurs supé- rieurs reconnus par leurs pairs comme des chefs de file mondiaux dans leur domaine.De façon tout à fait exceptionnelle, ce qui atteste son potentiel immense en tant que chercheur, Hugo Martel s’est fait offrir cette chaire en début de carrière.«Je montais non pas une marche, mais trois: j’obtenais un emploi stable, la permanence à ma première année d’enseignement, et surtout beaucoup d’argent pour mener à bien mes recherches.» Le superordinateur En tant que détenteur de cette chaire, Hugo Martel pourra bâtir le premier groupe de chercheurs en cosmologie au Québec.Leur principal outil?Le superordinateur le plus puissant sur le campus de TUniversité Laval, dénommé affectueusement PuipleHaze («Brume violette»).«Cest le titre d’une chanson de Jimi Hendrix que j’aime beaucoup.Elle parle de drogue, comme beaucoup de chansons des années 70.fai baptisé ainsi le superordinateur parce qu'un des problèmes qui préoccupent le groupe est la réionisation de l’univers.Or, pour réioniser l’univers, ça prend des rayons ultraviolets!» Armé de ses 1,5 gigahertz de vitesse, de ses 32 gigaoctets de mémoire et de ses 372 gigaoctets d’espace disque, Pur-pleHaze fonctionnera 24 heures sur 24 pour aider le Groupe de recherche sur la cosmologie théorique et numérique à sonder les mystères de l’univers.Un tel engin pourrait faire des jaloux dans le Groupe d’astrophysique de TUniversité Laval.Hugo Martel n'a toutefois pas l’intention de travailler en vase clos.«Je recherche activement des collaborateurs, c’est mon style.Je ne veux pas rester dans mon coin.» D tentera de travailler le plus possible avec d'autres professeurs de l’Université Laval, qui pourront notamment profiter des simulations numériques de Pur-pleHaze.Il pourra également compter sur un réseau — une quarantaine de personnes — mis sur pied pendant ses années de recherche aux Etats-Unis.Ces chercheur^ travaillent surtout au Canada et aux Etats-Unis, mais également au Mexique, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Suisse, en Australie, en Indonésie, au Japon, en passant par Israël et la Corée du Sud.Hugo Martel y croit fermement: l'avenir de l'astronomie passe par la collaboration non seulement entre les astronomes du monde entier mais également entre les chercheurs de plusieurs domaines.«Il reste de grandes questions sans réponses en astronomie et les réponses viendront peut-être d’autres domaines de la physique.Par exemple, plus on s'approche du big-bang, plus l’univers devient petit, et l’astronomie a besoin de la physique des particules.» Au tout début de l’univers, Tinfiniment grand rejoint donc Tinfiniment petit Suspendu comme tous les êtres humains entre ces deux infinis, Hugo Martel caresse un noble espoir: pouvoir contribuer à les comprendre un peu mieux pendant son passage sur terre.Mettre Vunivers en boîte Voici à quoi peut ressembler l’univers virtuel créé par le superordinateur de Hugo Martel.Le chercheur a simulé la structure à grande échelle de l’univers au moment où celui-ci était âgé de 500 millions d’années, ce qui équivaut à 3 % de son âge actuel.Le diamètre de ce cube est de 326 000 années-lumière, c’est-à-dire environ trois milliards de milliards de kilomètres.La masse totale contenue dans le Ctibe est comparable à la masse de notre galaxie, la Voie lactée, qui compte une centaine de milliards d’étoiles.La réionisation de Vunivers Au tout début de l’univers, la matière était ionisée, donc chargée électriquement puisque la température était très élevée.Celle-ci diminuant avec l'expansion, la matière est deve nue neutre électriquement environ 300 000 ans après le big-bang, comme l’atteste le fameux rayonnement de fond cosmologique.Etrangement, l’analyse du même rayonnement révèle aussi que l’univers a été réionisé environ un milliard d'années après le big-bang.Pour expliquer ce phénomène, qui suppose la présence de beaucoup d'énergie, l’hypothèse la phis répandue est l’apparition précoce d’étoiles très chaudes émettant des rayons ultraviolets.Magazine Découvrir *
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