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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2009-07-11, Collections de BAnQ.

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L K DEVOIR, LES SAMEDI 11 E T ' D I M A N C HE 12 .1 HILL E T 2 O O !) OPÉRA Placido Domingo en plein air Page E 4 [C Les sept vies de Micheline Beauchemin S Page E 5 (MIE ET UVRES ' f # 4 t ¦ wm #/¦#¦* *¦ * % & $é t 4y-f , MÊJf i f 1.1 e# M •** * » » •*«*»» *•’» »» »f t> i.***'*’ **«*»*.•*«• » ?»., v* * • ?* .»****» # » » # » t » t »¦ * *;».* «*•»»*«,« » ; * *•*«**•*••»• .*****•• *«»*»««, * # • # * #4, * |M|.* „ WAw***# « # WA^A*' ******* wfi to* % « ## • * § * » * * • t # t * • * # § » t * V ** i »t # * *#*# * iV.Vf*1« *?*?•«*• ¦ • • # fi f, « KL a, * H g.» ^ ^ *•*.*.*/.* • * * •••••>>« > • * * » •¦» » * V.V.VAV •»*«?** AVAA* * ***••«•?%•?%_#* «•«« •«•**»*% *V A vA\#A?î********** *# ^AAAAA* ?* * • *« » / * * • XVA\V/A*A*>>>>>>y," *A*•** *V#«V AVAV.V.V,VA\./.VÿW.W.V.W « *«% • • yv,.,.I' «b- 4 i îHTSmVi** •TWIT* - mj*w**1* m.K * rAA* *• * •* * * k K1 » » ^ 4 éAVAAA * *' *. Laurence Jalbert, Patrick Normand Vincent Vallière, Dale Boyle Spectacle Terre! 24 JUILLET, 20H30, 10$ Au Parc municipal présenté par: Isabelle Boulay, Laurence Jalbert, Zachary Richard.Kevin Parent, Diane Dufresne.Florent Vollant.Samian, Daniel Boucher, Pierre Flynn, Suroît, Marie-Pierre Arthur.Anik Jean, Bonnie Ste-Croix.4P /WAXWINFO •i; ESP CE MUSIQUE 90, r Diffuseur officiel du spectacle Terrel Billets en vente : Place des Retrouvailles - Admission.com ou 1800 361-4595 oor plus de débails 1888 475-1534 DEVOIR S A M E D I) I M A N C 11 E .1 i; I L L E T Z 0 ü !) CULTURE Festival Juste pour rire Patrick Timsit, l’ancien bouffon de la classe Les 17 et 18 juillet au Théâtre Saint-Denis, le Français Patrick Timsit, comédien de La Crise et d’Un Indien dans la ville, se produira pour la première fois sur une scène québécoise.Son One Man Stand- Up Show, peaufiné à l’Olympia, atterrit à Juste pour rire.ODILE TREMBLAY Il a un visage rond, une gentillesse naturelle, mais peut s’incarner au cinéma autant dans le registre noir (Les Cousins) que dans le registre léger (Un indien dans la ville, Pédale douce, etc.).Le comédien, scénariste et cinéaste français Patrick Timsit, jadis bouffon de la classe, fut d'abord un humoriste qui adorait le contact direct avec le public.Fou des planches, mais n’y étant pas remonté depuis 13 ans.Et pourquoi?«Chaque année, je comptais y revenir, mais le cinéma me happait», répond-il.Puis un petit creux du côté des rôles l’a renvoyé à sa table d’écriture pour ciseler ce One Man Stand-Up Show.«J’avais refusé une offre de l’Olympia 15 ans plus tôt.Ils sont revenus à la charge.J’ai dit oui.La scène me manquait, mais j’ignorais à quel point.» Parti avec cette question lancinante: est-ce que j’ai quelque chose à dire?, il fut acclamé dès le premier soir par le public.C’était gagné.Son «Spectacle de l’homme seul debout», dont le titre évoque pour lui la dignité, qui devait tenir l’affiche deux soirs à l’Olympia, cartonne un peu partout depuis deux ans.«On a prolongé, puis continué à Paris à La Cigale, au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse, avant d’enchaîner en province.» Deux cents représentations en tournée, ce dont il raffole.«Alors, à moins de tomber sur le rôle-qui-ne-se-refuse-pas, j’ai pris ce rendez-vous-là avec le public et le tiendrai jusqu ’au bout.» Montréal, il connaît pour y avoir accompagné des films, mais il vivra ici son baptême des planches.Il aime les Québécois, se fie à sa bonne étoile, quant au reste.Humour caustique Et de quoi cause ce «Spectacle de l’homme seul debout»?De tout et de rien, du machisme, du racisme, des scientifiques, de Dieu et des hommes, du couple, de l’Amérique.Le président français Nicolas Sarkozy s’invite bien sûr à la fête.Humour caustique, féroce, social aussi.«Comme citoyen, je fais de l’humour citoyen en observation sur le terrain.» Le cinéma est également son monde.«C’est toujours un scénario qui me choisit, et non l’inverse», précise-t-il.Timsit a connu des succès comme comédien (La Crise, Pédale douce, Un cousin), mais aussi de cuisants échecs, dont l’an dernier L’Emmerdeur de Francis Veber, remake où il reprenait le rôle de François Pignon tenu jadis par Jacques Bref H s’en étonne d’autant plus que la pièce initiale avait fait salle comble au théâtre durant deux ans.Comme réalisateur, ses films, surtout L’Américain, eurent du mal à s’imposer.Sauf son Quasimodo d’El Paris, en 1999, bien accueilli.«Il a inspiré la série des films OSS.» Pied-noir, de son enfance en Algérie, Patrick Timsit n’a pas oublié les fusillades, la peur, la fuite avec ses parents en 1961.Du quartier du Marais, où sa famille juive s’est installée, la tentative d’enlèvement sur une petite personne par un déséquilibré a marqué la chronique.D’abord agent immobilier, après des études théâtrales, au début des années 90, il s’est imposé comme stand-up comic maniant l’humour noir et provocant sur des sujets sociaux et politiques.Un de ses sketches jugé insultant pour les handi- 1 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Patrick Timsit connaît Montréal pour y avoir accompagné des films, mais il vivra ici son baptême des planches, au Théâtre Saint-Denis, les 17 et 18 juillet.capés mentaux lui valut d’aiEeurs un procès.Patrick Timsit écrit actuellement un scénario avec Tonino Benacquista.«Un film décalé, une comédie assez noire.» Le cinéma le hante.Il a sou- vent dit que son One Man Stand-Up Show serait son dernier spectacle solo, mais allez savoir.Le Devoir Festival d’été de Québec Du côté des musiques du monde ISABELLE PORTER L> Afrique et les musiques la-' fines dominent dans la programmation «musiques du monde» du Festival d’été de Québec.Bref coup d’œil sur la cuvée annuelle et quelques tuyaux du programmateur Jean Beauchesne.Si deux concerts majeurs sont déjà derrière nous — Kasaï All-stars (République du Congo) et Sergent Garcia (France) —, le menu des prochains jours n’en est pas moins appétissant.D’abord ce soir, avec King Sunny Adé & His African Beats (Nigeria), que M.Beauchesne décrit comme une «légende», dans laquelle se retrouveront les amateurs de Fêla Kuü.Juste avant, il nous propose Asa, «la découverte des dernières années parmi la relève africaine qui vit en France», une promesse de doux moments pour ceux qui s’ennuient de Tracy Chapman.Cette Nigériane d’origine rejoue demain en première partie de Lila Downs, qui nous revient quant à elle avec un nouveau répertoire où se mêlent rock amé ricain et traditions mexicaines.Du même côté de l’Atlantique, notre oreille s’est accrochée aux chansons du Brésilien Curumin, dernière sensation du répertoire électro-world.Un artiste accrocheur qui devrait plaire aux fans de Konono #1.Mais il faudra retourner en Afrique mercredi prochain témoigner d’une rencontre inédite JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lila Downs nous revient avec un nouveau répertoire où se mêlent rock américain et traditions mexicaines.entre les Maliens Béla Fleck et Oumou Sangaré.Et rebelote vers l’ouest samedi prochain, le temps d’un petit séjour à Cuba en compagnie du chanteur Carlos Varela.Lors de son dernier passage à Québec, la communauté cubaine de Québec avait fait un chaleureux accueil à cet héritier du grand SMo Rodriguez.Enfin, à l’exception des Boo- gie Boys (Pologne), les pays de l’Europe de l’Est sont quasiment absents cette aînée, mais les amateurs de blues n’ont pas été oubliés.Enfin, au risque de rappeler une évidence, ça se passe à l’entrée du Vieux-Québec au sens propre; du monde, au sens figuré.Le Devoir i Hydro Québec estival Orford 2009 CONVERSATIONS Alain Caron, basses François Bourassa, piano Vendredi 17 juillet à 20 h MUSICA INTIMA cmv Partenaire de géme musica intima Samedi 18 juillet à 20 h LEJjOyVEAU QUATUOR À CORDES ORFORD Jonathan Crow, violon Andrew Wan, violon Eric Nowlin, alto Brian Manker, violoncelle Samedi 25 juillet à 20 h La Tribune ABONNEZ-VOUS ET PROFITEZ DES RABAIS! 2009 |du 19 juin au 15 août www.arts-orford.org | réservation: 819-843-3981 11-800-567-6155 STING Méfiance partout.Sting livrera-t-il la marchandise ou fourguera-t-il en douce quelque camelote néomédiévale?SUITE DE LA PAGE E 1 s’impliquer dans l’artistique de l’artiste, et c’était pas nécessaire pour un McCartney; on savait pas mal le programme d’avance.Mais dans le cas de Sting, on lui a dit ce qu’on voulait.Tu fais pas ton show d’ensemble de cordes.Ce qu’on veut, c’est ton show rock.Pour une grosse foule sur un grand terrain.Ton show rock avec tes grands succès.Ceci dit, on ne peut pas présumer de ce qu’un Sting va vouloir faire au goût du jour.Mais on se croise les doigts.» A son bout de fil, Gélinas laisse échapper un petit rire.Méfiance partout.Sting livre-ra-t-il la marchandise ou four-guera-t-il en douce quelque ca- melote néomédiévale?Chose certaine, si l’Anglishman a été capable de retrouver ses deux acolytes détestés des Police pour rafler le magot en 2007, il ne crachera pas dans la bonne soupe québécoise.«Vous savez, j’aime faire de l’argent, déclarait Sting en 2003 à un journaliste du Sydney Morning Herald: je chante pour ça, sans honte aucune.Et je dépense bien mon argent.D’ailleurs, je ne laisserai pas un penny à mes enfants: je ne veux pas éteindre le feu dans leur ventre.» Beau principe de fils de laitier et d’ancien punk, bombardé châtelain hautain et sauveur de l’Amazonie par la grâce de simples acheteurs de disques: déshé- riter pour mieux éduquer.A-t-on enduit d’une couche d’or le pont de Québec pour lui?«Je ne donnerai pas de chiffre, lâche Gélinas en pouffant.Je peux dire que c’est un chiffre qui prend tout en compte: l’argent qu’il ferait en jouant en salle à Montréal et à Québec, etc.En tout cas, c’était pas une offre de b.s.» Et l’an prochain?Led Zep?Les Stones?«On peut rêver.» Le Devoir FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC Jusqu’au 19 juillet (infofestival, com).Sting sur les plaines d’Abraham le 18 juillet FESTIVAL DES ARTS DE SAINT-SAUVEUR 30 Juillet au 8 Août 2009 Fass danse BALLET BIARRITZ BALLET MARIBOR B JM DANSE BOUGE DE LÀ NAOMI STIKEMAN OLIVER JONES DIANE DUFRESNE CONSTANTINOPLE * tÏÉÉÜf 1 ! FASS.CA TICKETPRO C Canada Vie ARCHAMIJALm» LA PARFAITE ALLIANCE COMMUNAUTAIRE” T 89.71 » ESPACE r MUSIQUE 90,7 v ©YAMAHA Cornell rte?Am Canada Council AmericanAirlines Université A oalaxieJk 1*1 de Montreal Patrimoine Canadian canadien Heritage Québec! I.K DKVIIII! Hcrtloge ' CUnndlOT CM> 4u Canada l'.m i à \ |lAiri .iaV'H FF .99~.tacoGuco £ G" 866 908 9090 LIVRES UTTÉRATURE QUÉBÉCOISE L’esprit du lieu CHRISTIAN DESMEULES En forêt, la réalité peut prendre très vite une autre couleur.«En forêt, écrit Robert Harrison dans son essai pénétrant sur l’imaginaire occidental lié à ces espaces naturels, l’inanimé peut soudain s’animer, le dieu se change en bête, le hors-la-loi défend la justice.» C’est «l’ordre des forêts», un autre monde.Celui du roman, par exemple.Psychologue urbaine et célibataire de 38 ans, Marianne sent un joui' l’urgence d’assouvir une envie forte de solitude et de liberté, le besoin de se déprendre avant qu’il ne soit trop tard de tout ce qui la tient en laisse.«Nouée à mon ventre, la corde me hâtait sans cesse vers les autres, les besoins des autres, les attentes des autres.» L’achat d’une maison ancienne au fond des bois, située au cœur d’un «pays farouche», enclenche un processus mystérieux mais irrémédiable.Premier roman d’Isabelle Vi-net, elle-même psychologue qui habite dans la région de Québec, L’Ordre des forêts est une histoire initiatique plutôt convaincante malgré ses maladresses — longueurs, personnages secondaires plus ou moins bien définis —, chargée de sensualité primitive et libératrice.Dans ce lieu jamais nommé, un coin quelconque de la campagne québécoise, la rousse Marianne passera bientôt de plus en plus de son temps.Là-bas, où l’inconnu prend autant les couleurs du danger que celles de l’excitation, elle fera en quelque sorte l’apprentissage de la liberté.Autour d’elle, une petite communauté de voisins étend sa troublante et bienveillante influence: braconniers, bûcherons, satyres, hommes 1SABEU.F.VlNET L’offre des for en rut, peut-être même «la pire racaille du pays».Ils se jouent cj’elle un peu.A-t-elle peur?Eprouve-t-elle de l’attirance?Bien sûr.«Ils étaient aussi la révélation d’une sensation physique inconnue.» Là-bas, il n’y a plus personne à écouter et à comprendre, plus de larmes à sécher, plus de psychologue.«Moi l’altruiste, l’obsédée des autres, la dévouée chronique, je me découvrais petite fille dorlotée, copine choyée, courtisane exaucée.Dans le cadre de ma vie, c’était indécent.J’allais devoir payer pour ça.» Au bout d’un lent apprivoisement, ce sera pour Marianne la réalisation d’un fantasme: devenir une proie, communier à la «bestiale liberté» de cette forêt curieusement enchantée, offrir son corps à plusieurs hommes, tour à tour, et profiter parfaitement de cette «érection continue».S’abandonner, en somme, à l’esprit du lieu.Collaborateur du Devoir L’ORDRE DES FORÊTS Isabelle Vinet Trois-Pistoles Notre-Dame-des-Neiges, 2009,360 pages ARCHAMBAULT qi Une compagnie de Québécor Media PALMARES LIVRES Résultats des ventes : du 30 juin au 6 juillet 2009 ROMAN OUVRAGE GÉNÉRAL LE PREMIER JOUR Marc Levy (Robert Laffont) SOYEZ FEMME, MAIS PEHSEZ GOMME.Steve Harvey (trésor Caché) Q U TRILOGIE BERLINOISE Philip Kerr (Du Masque) MILLÉHHIM T.1 : LES HOMMES QUI.Stieg Larsson (Actes Sud) VV TOUTES CES CHOSES QU’ON NE S’EST.Marc Levy (Pocket) PROMESSES D’ÉTERNITÉ Chrystine Brouillet (Courte Échelle) LA VALSE LENTE DES TORTUES Katherine Pancol (Livre de Poche) LA MORT, ENTRE AUTRES Philip Kerr (Du Masque) JE REVIENS TE CHERCHER Guillaume Musso (Pocket) ET APRÈS.Guillaume Musso (Pocket) SAUVE-MOI Guillaume Musso (Pocket) JEUNESSE U JOURNAL D'AURÉLIE LAFLAMME T.8 India Desjardins (intouchables) FASCINATION T.3: HÉSITATION Stephenie Meyer (Hachette Jeunesse) VISIONS T.1 : NE MEURS PAS UBELiULE Linda Joy Singleton (ADA) M TÉA STILTON T.6 : NEW YORK, NEW YORK 1 Téa Stilton (Albin Michel) QUÊTE D’AUTOMNE T.1 Terie Garrison (ADA) CATHY'S BOOK S.Stewart / J.Weisman (Bayard-Jeunesse) |HeRAGONT.3:BRISIHGR ££ Christopher Paolini (Bayard-Jeunesse) AMOUR, TRAPÈZE ET JONGLERIE Émilie Rlvard (Boomerang) LUNA T.1 : LA CITÉ MAUDITE Élodle îirel (Michel Qulntln) LE ROYAUME DE LA FANTAISIE Geronimo Stilton (Albin Michel) GUY LAUBERTÉ: LA VIE FABULEUSE.lan Halperin (Transit Médias) PAPILLES ET MOLtCULES François Chartier (La Presse) CE QU’IL FAUT SAVOIR AVANT DE.John Izzo (Un monde différent) NOUVEAU PETIT ROBERT DE LA LÂN-~ GUE.P-OllprHt (Rnherll LE MUinOICnONNAIRE DE LA LANGUE.Marie-Éva De Villers (Québec Amérique) HORMONES AU FÉMININ Sylvie Demers (de l’Homme) U SURVIVANTE Marie-Paule Mclnnis (JCL) LA BIBLE DES ANGES Joane Flansberry (Dauphin Blanc) RÉUSSIR L'EXAMEN D’ENTRÉE AU.F.Tchou / P.Tranquille (Didier) ANGLOPHONE THE GIRL WITH THE DRAGON TATTOO Stieg Larsson (Penguin Books) BREAKING DAWN Stephenie Meyer (Little Brown & Co) LOVE THE ONE YOU'RE WITH Emily Giffin (Griffin) DEVIL BONES Kathy Relchs (Pocket) ROBERT LUDLUM’S THE BOURNE.Eric Van Lustbader (Warner Books) BWHY YOUR WORLD IS ABOUT TO GET.Jeff Rubin (Random House) i THE GUERNSEY UTERARY AND POTATO.I Mary Ann Shaffer (Dell) ONE FIFTH AVENUE Candace Bushnell (Hyperion) CHASING HARRY WINSTON Lauren Weisberger (Downtown Press) HUNTED: A HOUSE OF NIGHT NOVEL PC.Cast / Kristin Cast (St.Martin’s Press) on CONCOURS ARCHAMBAULT recherche de nouveaux talents littéraires VOYEZ VOTRE MANUSCRIT PUBLIÉ ou votât en ligne pour votre auteur préféré! DÉTAILS SUR WWW.C0TEBL0GUE.CA, LE BLOGUE D'ARCHAMBAULT Cdté El * Comment démêler le vrai du faux selon Tecia Werbowski À Dalielle Laurin lie écrit de petits livres concentrés, condensés.Où tout n’est pas dit, où plane une part de mystère.Où tout finit toujours par être remis en question.Pas de porte de sortie définitive dans les livres de Tecia Werbowski.Autre particularité des romans de cette auteure d’origine polonaise qui a grandi et passé sa jeunesse à Prague, et qui vit à Montréal depuis 1968: s’y entremêlent constamment le politique, l’existentiel, l’émotionnel.Le quotidien et l’historique.Tout ça en ayant l’air de ne pas y toucher, avec une certaine légèreté.Qu’est-ce que l’intégrité?Et comment la conserver?A quel prix?Que peut un individu face à la masse, face au pouvoir?Qui a raison, qui a tort, comment démêler le vrai du faux?C’est le genre de questions qui traversent en filigrane son nouveau roman, Entre espoir et nostalgie.Nous sommes à Prague.Où a grandi l’héroïne, où elle a passé sa jeunesse.Avant de s’installer à Montréal en 1968.Vingt-trois ans plus tard, Maya Ney, c’est son nom, retourne sur ses pas.Seule.Son mari québécois «pure laine» est resté à Montréal, tandis qu’elle réveille les fantômes du passé.Elle veut comprendre.Comprendre sans juger ce qui s’est passé depuis son départ.Et voir comment les choses évoluent dans la foulée de la révolution de Velours, de la chute du mur de Berlin.On est en 1990 quand commence le roman.Maya Ney prépare son voyage, son rêve va enfin devenir réàlité.Puis, on va la suivre pendant 18 ans, lors des séjours prolongés qu’elle effectuera à Prague.Avec elle, on verra la ville, les gens, les mentalités changer.En partie.«Plus ça change, plus c’est la même chose», constatera-t-elle.Dans un autre de ses romans, Ich Bin Prager, paru il y a quelques années, Tecia Werbowski mettait en scène un Anglais qui choisissait de s’installer à Prague.Débarqué là en 1957, il y prenait racine.Malgré l’oppression communiste qui allait en grandissant.Pas question pour lui de repasser à l’Ouest, même s’il avait pleine liberté de pirculer.Etrange parcours que celui-là.Mais l’Anglais croyait en des valeurs comme la communauté, la fraternité.Les excès du pouvoir communiste, le fait de se sentir constamment épié, tout ça le rendait triste, bien sûr.Il avait des périodes de doute.Puis arrivait la révolution de Velours de 1989: le doute avait raison de lui.Est-ce qu’il s’était trompé pendant toutes ces années?Jusqu’à quel point s’était-il laissé berner.Autrement dit, Entre espoir et nostalgie commence là où se terminait Ich Bin Prager.Ce n’est pas innocent «Nous avons combattu pour la démocratie et nous avons le capitalisme», disait un Tchèque à la fin à'Ich Bin Prager.Au fil de ses pérégrinations, au fil des ans, Maya Ney constatera l’ampleur des dégâts.Prendra le pouls des gens, surtout.Comme cette vieille dame qui a fait de la prison du temps des communistes parce que soupçonnée d’être de mèche avec un supposé espion, et à qui on reproche son passé communiste aujourd’hui.Ainsi, dit-elle, «j’étais l’ennemi du peuple sous le communisme et je suis encore l’ennemi du peuple, même après 1989».La pire insulte qui soit, après 1989, à Prague: «Salaud de communiste!» Comme le fait remarquer un vieil homme, communiste convaincu et nostalgique de l’ancien système, de l’ancienne manière de faire, fâché d’avoir perdu ses repères, sa petite vie tranquille de quartier où affluent maintenant les touristes, les promoteurs, les voleurs: «Partout il y a une chasse aux sorcières.» Ce n’est pas tout, constate-t-il, écœuré: il y a ces anciens membres du Parti «qui essaient défaire croire qu’ils étaient des dissidents», et qui «se lancent dans toutes sortes d’affaires véreuses».Nous sommes en 1992, à ce moment-là du récit.Ça va continuer.Même le célèbre écrivain Milan Kundera, établi à Paris, va y passer.On l’accuse bientôt, par journaux interposés, d’avoir dénoncé un agent anticommuniste dans sa jeunesse.Ich Bin Prager était dédié à Milan Kundera.Entre espoir et nostalgiç est dédié à Roman Polanski.A qui Maya Ney s’imagine raconter, à partir de la reconstitution médiatique des événements, l’histoire du jeune Kundera aveuglé par l’idéologie.On dirait un film de Polanski, en effet Mais, mais, se demande Maya Ney: «Si Kundera était en effet responsable de la dénonciation, est-ce que cela réduit en quoi que ce soit son statut de grand écrivain?Bien sûr que non.Comment peut-on juger sa moralité en tant qu’être humain sans vraiment, vrai- ment connaître la vérité et rien que la vérité?» Ce ne sont là que quelques aspects du roman.Il y a toutes sortes de personnages désenchantés, meurtris, désespérés qui font leur apparition.Il y a ceux qui se battent pour conserver leur dignité.Leur intégrité.Et il y a Maya Ney, dépassée par les événements, aux prises avec ses propres contradictions, sa vie personnelle.Il y a l’auteure, aussi.Qui, à la fin, reçoit une lettre à son nom.Coup de théâtre.L’un des personnages du roman, un exespion, écrit à Tecia Werbowski, le 27 janvier 2009.Il se dit dégoûté par «tous les efforts déployés par les requins actuels de l’establishment tchèque pour imposer au public tchèque une vision anticommuniste primitive, en noir et blanc, de la période qui a précédé 1989».C’est l’épilogue du roman.Un personnage de fiction (mais inspiré d’un homme réel, un ex-espion redevenu citoyen ordinaire, nous dit l’au-teure dans son prologue) remet en perspective tout ce qu’on vient de lire.Il corrige le tir, apporte un éclairage nouveau sur les événements.A nous, lecteurs, (le faire le tri, la part des choses.A nous de répondre aux questions «qu’est-ce que l’intégrité?», «comment la conserver?», «à quel prix?», «que peut un individu face à la masse, face au pouvoir?», «qui a raison, qui a tort, comment démêler le vrai du faux?».ENTRE ESPOIR ET NOSTALGIE Tecia Werbowski Traduit de l’anglais par Nicole et Emile Martel Les Allusifs Montréal, 2009,111 pages GÉOGRAPHIE Gilles Lapouge, écrivain sans âge Le géographe Luc Bureau, met au défi quiconque de lire La Légende de la géographie sans tomber amoureux de cette discipline faite de tant de songes et de féconds mensonges.Luc Bureau vient par ailleurs de faire paraître Terra erotica, aux Editions Fides.LUC BUREAU Critique invité Que dire des livres qu’on souhaiterait tant avoir écrits, mais qui excèdent notre talent?Dans de telles circonstances, la seule option est de sombrer dans la déprime et de jalouser jusqu’à la fin de nos jours les auteurs de ces ouvrages.Je m’en confesse tout de go: j’éprouve une jalousie féroce à l’égard de Gilles Lapouge, et cela fait plus de 30 ans que cela dure.Son dernier ouvrage, La Légende de la géographie, ne fait qu’exciter davantage ma jalousie.Il y a de quoi! Qu’un non-géographe comme lui réussisse à écrire un livre aussi brillant, érudit et passionnant sur l’évolution de la pensée et de la pratique géographiques a de quoi provoquer des urticaires d’envie chez le géographe que je prétends être.De quoi est donc faite la géographie «lapougienne»?En amont, elle est faite de flânerie et de curiosité, de rêve et d’utopie, de mythologie et de fable, de vagabondages et de mensonges, d’ouverture et de liberté, d’histoire et de géologie.Le mélange peut sembler suspect, surtout quand l’auteur nous révèle que sa géographie «est résolument indifférente [.] aux géographies d’aujourd’hui, à ces mappemondes post-modernes qui contiennent des carrés, des triangles et des parallélogrammes à la place de l’herbe et des collines, des parallaxes ou des algorithmes au lieu des neiges et des aubes».En somme, la géographie de Lapouge est une géographie incarnée, peu encline aux savoirs éthérés, affectés, purement théorisés ou modélisés.C’est E / JEAN-LUC BERT1NI En somme, la géographie de Gilles Lapouge est une géographie incarnée, peu encline aux savoirs éthérés, affectes, purement théorisés ou modélisés.pourquoi l’ouvrage fourmille de propositions ou d’affirmations qui nous semblent si paradoxales par rapport au savoir géographique constitué que j’ose à peine en faire mention.J’en ai quand même cueilli et condensé quelques-unes au hasard de la lecture: le premier géographe est un gros bavard et un menteur; les plus grands géographes sont ceux qui réussissent le mieux à se perdre, à preuve XOdyssée d’Homère; le géographe aveugle est la figure même du géographe, son saint patron; le siècle des grandes découvertes (la Renaissance) est le siècle des mensonges géographiques; c’est la géographie qui crée la géographie: les points cardinaux, les méridiens et les parallèles, l’équateur et les pôles, les rivières et les fleuves, les buttes et les collines sont des inventions de la géographie; le roman est une géographie et la géographie est un roman, par conséquent: géo- graphe et romancier sont un même métier.On pourrait continuer ad infinitum à recenser de pareilles opinions qui, au premier abord, désarçonne l’esprit.Il s’agit là d’une des facettes de la méthode lapougienne visant à nous provoquer par des ingrédients antinomiques, à nous mettre en état d’éveil à propos des pseudoévidences du savoir.Lapouge raconte la géographie comme d’autres racontent des légendes, à moins que la géographie, de bout en bout, ne soit elle-même une légende! Et la géologie aussi! Et surtout l’histoire! Un dernier mot sur la qualité de l’écriture de cet essai, car il y a encore une fois de quoi être jaloux de ce style émaillé de phrases qui ressemblent à des ballons gonflés à l’hélium de l’intelligence, de la simplicité, de la culture, de la poésie et de l’humour.Bref, je mets au défi quiconque de lire La Légende de la géographie sans tomber amoureux de cette discipline faite de tant de songes et de féconds mensonges.Encore une distraction de ma part J’oubliais de présenter l’auteur.Est-ce nécessaire?Gilles Lapouge est un écrivain qui n’a pas d’âge, même s’il naît en France en 1923.Il collabore au Monde, au Figaro littéraire et à Combat aux côtés d’Albert Camus, crée l’émission littéraire Apostrophes avec Bernard Pivot, publie une vingtaine d’ouvrages dont trois ou quatre — outre La Légende de la géographie — m’ont particulièrement marqué: Utopie et civilisations (1977), Besoin de mirages (1999), L’Encre du voyageur (2006).Collaboration spéciale LA LÉGENDE DE LA GÉOGRAPHIE Gilles Lapouge Albi Michel Paris, 2009,279 pages ¦¦Mi IC ¦ws I' K I) E V 0 I R , L E S S A M E I) I II E T I) I M A N C II E 12 JUILLET 2 !! 0 !) E 7 LIVRES ESSAI Courir les bois et les dieux Louis Cornellier Nos ancêtres coureurs des bois font aujourd’hui figure de modèles.On insiste sur leur courage, leur esprit d’aventure, leur indépendance et leur ouverture sur le monde.Ça n’a pas toujours été le cas.De leur vivant, ils passaient plutôt, aux yeux de leurs compétiteurs missionnaires à tout le moins, pour des porteurs de scandale qui donnaient le mauvais exemple et faisaient «le jeu de Satan».C’est ce qu’illustre habilement Dans les filets du Diable.Les coureurs des bois et l’univers religieux amérindien, un essai de Jean-François Beaudet, maître en sciences religieuses et connaisseur des communautés autochtones québécoises.En brossant le tableau de cet affrontement entre les truchements et les évangélisateurs, Beaudet veut surtout faire découvrir les univers religieux huron et algonquien.D’abord mercenaires pour des compagnies de traite de fourrure, les coureurs des bois cherchent à s’allier certaines communautés amérindiennes en se fondant à leur univers, saturé de religion.Les missionnaires, à l’inverse, «sont convaincus que, soldats de Dieu, ils s'en vont batailler contre le Diable».On imagine facilement les frictions qui s’ensuivent.Mais, et telle est la question centrale qui anime l’essai de Beaudet, quelles sont, au juste, ces pratiques religieuses amérindiennes que le récollet Gabriel Sagard assimile «à une sorte de culte satanique»?Obsédés par la mort, les Hurons craignent et vénèrent à la fois les âmes des défunts.Tous les douze ans, au moment de partir vers un autre lieu de culture, ils déterrent les cadavres, les nettoient, les peignent et les habillent, afin de leur faire des adieux avant de les enterrer de nouveau dans une fosse commune.Il s’agit de s’en faire des alliés.Jean de Brébeuf était ému par ce rituel.Pour les Hurons, tout ce qui existe, même les objets, possède un Esprit.Ces Esprits, des okis, sont partout et peuvent influencer la vie des humains.Il faut donc les amadouer.Les méthodes pour ce faire sont parfois déconcertantes.Ainsi, le rituel de guérison de Yandacwander «consiste à rassembler dans la maison du malade les célibataires du village, hommes et femmes, et à leur permettre d’y passer la nuit à s’unir sexuellement avec le partenaire de leur choix, sous les yeux du malade et des chamans».Le plein de vie contre la mort qui guette?L’univers religieux algonquien, auquel Beaudet consacre nettement plus d’espace, est centré sur la chasse, ce qui n’a rien pour déplaire aux coureurs des bois.Il s’agit d’une religion «pratique», dans laquelle prédominent les notions d’harmonie, d’équilibre et de don.La quête d’une chasse fructueuse y détermine tout le reste.Dans le rituel de la tente tremblante, un chasseur réputé communique avec les «Esprits des animaux» ou des Innus éloignés et les fait parler.Ix tambour, la scapulomancie — la lecture d’os d’animaux brûlés — et les rêves servent de moyens de divination en vue d’une bon- ne chasse.Les restes des animaux tués doivent être traités avec respect parce que, disent les Montagnais, le castor vient «faire un tour par la cabane de celui qui le tue et remarque fort bien ce que l’on fait de ses os».Si ces derniers, par exemple, étaient donnés aux chiens, «les autres castors en seraient avertis [et] c’est pourquoi ils se rendraient difficiles à prendre».Les missionnaires, devant ces rituels, se demandent s’il faut conclure à la simple superstition oy à l’action du Diable.Quand le truchement Etienne Brûlé offre du tabac à un rocher pour s’assurer de faire bon voyage, le récollet Sagard ne remet pas vraiment en doute l’efficacité du geste, mais la source de celle-ci.Alors que Brûlé, comme les Hurons, attribue un pouvoir d’influence à l’Esprit du rocher, le missionnaire est convaincu que «c’est le Diable lui-même qui exauce les prières de ceux qui offrent du tabac au rocher».De même, devant «la justesse des prévisions chamaniques», Charlevoix conclut à un «véritable commerce avec le Père de la séduction et du mensonge».Invitation au voyage Ce choc entre deux univers religieux donne parfois lieu, explique Beaudet, à de véritables «duels de magiciens».Le jésuite Ragueneau raconte que, lors d’un voyage, des autochtones tentent une «suerie» pour obtenir un vent favorable.Le succès de la démarche se transforme rapidement en échec patent.Le missionnaire qui accompagne les Amérindiens propose alors d’avoir recours à Jésus, «et Dieu très bon qui veut être reconnu, prié et adoré de ses créatures, écrit Ragueneau, leur en donna un excellent [vent] en un rien de temps».Pratiquant «l’art difficile de vivre à la frontière de deux cultures», les coureurs des bois ne sont insensibles ni à la richesse de l’univers religieux amérindien ni à leur tradition catholique.Ils négocient parfois avec les Esprits, parfois avec le divin.Ils apprennent, explique Beaudet, à «laisser Dieu à Montréal» puisque, dans les bois, ce sont les pratiques amérindiennes qui «fonctionnent».Le folklore cana-dien-français évoque même la pratique consistant à «mettre Dieu en cache».«Des bûcherons laissent à un point précis tous leurs objets religieux chrétiens, résume Beaudet.Ils les reprendront au printemps après avoir hiverné dans les bois.» Face au danger, précise toutefois l’essayiste, même en forêt, «les rites et pratiques catholiques reviennent facilement aux voyageurs».Présenté par son éditeur comme un ouvrage pouvant servir au nouveau cours d’éthique et culture religieuse (ECR), Dans les filets du Diable montre, à ceux qui en doutent encore, que l’étude des cultures religieuses peut être une fabuleuse invitation au voyage intellectuel et à l’exploration de soi-même, grâce au contact de l’autre qui ne nous est jamais complètement étranger.Les coureurs des bois n’auraient pas eu peur du cours d’ECR louiscotasympatico.ca DANS LES FILETS DU DIABLE Les coureurs des bois et l’univers RELIGIEUX AMÉRINDIEN Jean-François Beaudet Médiaspaul Montréal, 2009,128 pages BIOGRAPHIE BEAU LIVRE À l’aube de notre historiographie MICHEL LAPIERRE En 1837, lors de la répression de la révolte des Patriotes, les Britanniques ont brûlé le village de Saint-Benoît.Ce faisant, ils ont détruit le manuscrit d’une Histoire du Canada antérieure à celle de Carneau.On imagine qu’elle était libérale, elle aussi, et qu’elle évitait de trop glorifier le Régime anglais et même le Régime français.L’œuvre disparue du Canadien Jacques Labrie (1784-1831) aurait appartenu moins à l’Europe qu’à l’Amérique.C’est le sentiment que l’on a en lisant l’indispensable Jacques Labrie, écrits et correspondance, de Jonathan Lemire.Parmi les inédits que nous révèle le biographe se trouve un résumé par l’auteur de son livre perdu.Mais c’est dans ses articles de 1807 que Labrie insiste sur la mauvaise administration royale d’une Nouvelle-France trop peu peuplée et trop pauvre pour s’imposer sur le continent D’autre part, même s’il défend les très théoriques libertés constitutionnelles anglaises, il soutient en 1822 que l’Union du Haut et du Bas-Canada, projet déjà conçu par les Britan- niques, vise à «écraser les Canadiens» de la vallée du Saint-Laurent.Ami de Papineau, le docteur Labrie ne peut que partager l’essentiel de la pensée libérale du tribun sur le triste sort d’un peuple dominé.Mais sa sensibilité intellectuelle l’éloigne de la France éclairée de Voltaire et de Rousseau, à laquelle Papineau était plus ouvert.Aux «fruits empoisonnés» qu’il trouve «trop souvent» dans les romans français, il préfère «les plumes d’hommes vertueux», comme les Britanniques Swift, Fielding ou Scott.Timoré, Labrie brille peu.Le seul révolutionnaire de notre XIXe siècle reste Papineau.Même Garneau ne le suivait pas dans ses audaces, même Fréchette, le conteur, se résignait, au nom de la prudence, à exprimer les idées de l’inspirateur des Patriotes et des Rouges par la bouche des enfants et des fous.Collaborateur du Devoir JACQUES LABRIE Jonathan Lemire Septentrion Québec, 2009,396 pages Sa sensibilité intellectuelle l’éloigne de la France éclairée de Voltaire et de Rousseau Lire, entendre et rencontrer Trois-Rivières Vi W' ¦ SOURCE ÉDITIONS D'ART LE SABORD Vue de Trois-Rivières, 1760, anonyme.Une estampe tirée du livre Rencontrer Trois-Rivières.—Ü* «ut ISABELLE PARÉ En plein post-partum du 400' de Québec, difficile d’attirer l’attention sur les 375 ans de Trois-Rivières, une ville qui amorce ses célébrations dans l’ombre d’un anniversaire dont on ne cesse de vanter les retombées culturelles, politiques et économiques.Drôle de destin, puisque de tout temps la deuxième ville française d’Amérique a souffert de ce tiers statut, entre Montréal et Québec.Chose certaine, on en sait trop peu sim Trois-Rivières, pourtant fondée tout juste après Québec, au confluent du fleuve et de rivières qui laissaient espérer pour ce poste de traite majeur un avenir plus que florissant C’est la première chose que nous apprend Rencontrer Trois-Rivières, un concentré d’histoire publié par les Editions du Sabord à l’occasion des 375 bougies de la ville, qui offre l’occasion de rétablir certains faits historiques et de jeter un éclairage sur d’autres, victimes d’une certaine amnésie historique.Trois-Rivières aurait pu être.Québec, révèle l’historien Marcel Trudel, puisque Champlain, lors d’une première expédition, en avait vanté les nombreux mérites géographiques et avait pré vu en faire la capitale du Saint-Laurent.Mais le roi en décida autrement.L’historien Yannick Gendron nous dévoile quant à lui l’énig- matique fondation de Trois-Rivières par le sieur de Laviolette et multiplie les preuves militant en faveur d’une révision des livres d’histoire.Proclamé fondateur de Trois-Rivières en 1861 et inclus au panthéon des fondateurs aux côtés de Champlain et de Maisonneuve, Laviolette serait, dixit Gendron, «le plus illustre inconnu de l’histoire canadienne».Voilà qui a de quoi aiguiser la curiosité! De rares documents et registres de l’époque évoquent l’envoi d’un certain Laviolette à Trois-Rivières en 1634, mais le fameux commandant disparaît ensuite des écrans radars.Ni Champlain ni les jésuites n’en disent mot dans leurs écrits.Silence total.Selon Gendron, c’est plutôt Théodore Bochart, homme de confiance du cardinal Richelieu, qui aurait agi à titre de réel fondateur et premier fondé de pouvoir à Trois-Rivières.Laviolette a beau avoir aujourd’hui un pont enjambant le fleuve en son honneur, 375 ans plus tard, son rôle dans la fondation de la ville appert plus que douteux et serait peut-être même le résultat d’une méprise, voire d’une substitution inavouée.Rencontrer Trois-Rivières, c’est aussi parcourir les textes de Bernard Arcand sur la Mecque algonquienne que fut Trois-Rivières, ceux de Jacques Lacoursière sur les Trifluviens exilés, et ceux de Denis Vau-geois sur cette terre de métissage entre Français et Amérindiens.De l’ère dorée de la traite des fourrures à celle glorieuse des Forges de Saint-Maurice, qui sera relayée plus tard par celle de l’industrie du bois, ce livre rappelle que le développement de Trois-Rivières a connu ses heures de gloire, suivies d’autant de crises.Le livre raconte aussi l’impact des héros trifluviens d’hier, dont les Radis-son et DesGroseilliers, et des hommes politiques d’aujourd’hui, notamment Duplessis et Gérald Godin.Complété par un CD comportant sept extraits sonores, dont un de Duplessis, un du poète Gérald Godin et un du peintre trifluvien Raymond Lasnier, Rencontrer Trois-Rivières lève le voile sur plusieurs facettes de la moins connue des trois villes fondatrices du Québec.Le Devoir RENCONTRER TROIS-RIVIÈRES 375 ANS d’histoire ET DE CULTURE Éditions d’art Le Sabord Trois-Rivières, 2009,225 pages Nuit blanche été 2009 en kiosque et en librairie partout au Québec Un dossier de 33 pages, une foule d'extraits, des photos.La littérature acadienne débarque ! Les auteurs ici regroupés [.] tirent de leurs prédécesseurs et contemporains à la fois un profond sentiment d'appartenance à l'Acadie et un fort goût pour la dissidence et le fracas.par François Paré Ce dossier rappelle surtout qu'il existe des auteurs qui n'entendent faire aucune concession non seulement sur l'identité qui détermine leur rapport à la langue, mais plus encore sur une activité d'écriture qui peut se dire pleinement littéraire.par François Ouellet Textes inédits Herménégilde Chiasson Georgette LeBlanc • Le livre jamais lu d'Andrée Ferretti « En 1965, j'avais d'autres chats à fouetter qu'à me désoler de notre passé, m'activant à nous créer un nouvel avenir.» roman THEATRE / Paul AUSTIR I Alain DUBOS Andrée FiRRETTI le livre jamais lu BAnQ 100 ans d'histoire Spécial KmÊÊÊÊÊKÊÊÊÊÊÊÊÊÊm ¦«¦¦HI «CaCMCR Km mm Tout le champ littéraire québécois et international dans un seul magazine Entrevues, dossiers, portraits, commentaires de lecture, actualités littéraires.Offrez-vous Quatre numéros par année et l'accès gratuit au site littéraire le plus complet au Québec www.nuitblanche.com )e m'abonne pour une période de _j I an (4 numéros) : 34 î [_) 2 ans (8 numéros) : 56 $ taxes incluses Nom .Prénom .Adresse .Ville .Province .Code postal .Tél.Courriel .?Chèque à l'ordre de Nuit blanche ?VISA Q MasterCard N” de la carte .Date d'expiration .Veuillez poster ce coupon à Nuit blanche, 1026, rue Saint-Jean bureau 403, Québec (Québec) CIR 1R7 m E 8 DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE JUILLET 2 0 09 Dix ans d’imprimé numérique ^rnrnmmmm L'Apprentie 5 et L’Apprentie 4, une série de Manon de Pauw.MANON DE PAUW SAGAMIE L’imprimé numérique EN ART CONTEMPORAIN Maison de la culture de Côte-des-Neiges, 5290, chemin de la Côte-des-Neiges.Jusqu’au 22 août MARIE-ÈVE CHARRON Cette exposition fait office, en quelque sorte, d’appendice à la publication du même titre lancée au début de l’été, Sagamie.L’imprimé numérique en art contemporain (Editions d’art Le Sabord).Avec ses quelque vingt œuvres, produites par une douzaine d’artistes, l’exposition est un modeste aperçu du travail rendu possible grâce au centre Sagamie.Situé à Alma, l’organisme occupe le créneau de l’édition, de la production et de la diffusion de l’art numérique, ce qui comprend le traitement et l’impression de l’image numérique.Dans son genre, il est l’un des plus importants au Canada.La publication et l’exposition — laquelle est d’ailleurs appelée à circuler au Québec au cours de l’année — soulignent dix ans de production, offrant l’occasion pour l’organisme de dresser un bilan de leurs activités.Chaque année depuis une décennie, ils sont plus de 50 artistes, du Québec, du Canada et de l’étranger, à passer par les locaux de Sagamie, profitant de sa résidence de production pour développer leurs projets d’impression.L’exposition en cours n’est donc qu’un timide échantillon d’un ré- pertoire d’œuvres nettement plus vaste.Malgré cela, les œuvres réunies à la maison de la culture n’ont pas toutes été produites à Sagamie.Bien qu’elle réserve de très bons moments, l’exposition se contente de montrer un éventail d’images numériques imprimées sans toutefois éclairer les raisons de leur sélection, si ce n’est le fait que les artistes ont déjà eu recours à l’expertise de Sagamie.Il en résulte que l’objectif de montrer l’apport de l’organisme dans les avancées et les transformations de la discipline, ainsi que la contribution respective des artistes à cette aventure, demeure en sourdine.La publication, prise indépendamment, apparaît dans ce contexte comme la part la plus solide du projet Eventail d’images Parmi les œuvres exposées, il fait bon notamment de revoir celles de Nathalie Bujold de la série En wing en hein, où elle transpose images numériques, portraits et motifs grossis de pixels en broderie.Le diptyque combinant texte et image de Diane Borsato, Artifacts in my Mouth, montre quant à lui le passage de l’artiste dans un musée où elle a pu apprécier les objets par sa bouche selon une démarche valorisant d’autres sens que la vue.Une magnifique séquence d’images de Catherine Bodmer se démarque du lot Himmel und Molle (la marelle) décline en quatre plans des personnages approchant de manière ludique un terrain vague tristement enneigé.Comme plongés dans un brouillard incertain d’une blancheur opaline, les accessoires de travail composent avec élégance les boîtes lumineuses de la série L’Apprentie de Manon de Pauw.Surprenante par son très grand format, dont l’accrochage toutefois n’est pas très soigné, la scène nocturne de Jocelyn Philli- bert captive aussi par son clair obscur, d’où se découpent des arbres bien réels mais dont l’image a été manipulée dans ses moindres détails.Sont également du nombre des impressions numériques, occupant un registre plus intimiste et narratif, de Sébastien Cliche, de Josée Pellerin et de Catherine Sylvain.Des œuvres de Marcel Blouin, de Thomas Corriveau, de François Morelli et d’Alain Paiement complètent l’accrochage avec, notamment, des scènes d’autofictions assez loufoques (Corriveau).Les réflexions de la publication, elles, qu’elles soient me- nées par Hervé Fisher, Louise Poissant, Sylvie Parent ou un des huit autres auteurs invités, abordent plusieurs enjeux liés aux arts numériques, dont le phénomène de diversification des supports d’impression de l’image numérique et la remise çn cause du statut de l’image.A feuilleter les 50 démarches d’artistes qui complètent l’ouvrage — une sélection serrée parmi tous les usagers de la résidence —, il appert surtout que le centre Sagamie est un joueur incontournable de la création artistique actuelle.Collaboratrice du Devoir L’importance du couper-coller 1:26 - Au pays DE IA MAQUETTE D’ÉTUDE de Halifax à Vancouver Monopoli, galerie d’architecture, 181, rue Saint-Antoine Ouest Jusqu’au 10 octobre JÉRÔME DELGADO Au pays de l'architecture, plus particulièrement dans celui des expositions d’architecture, la maquette est un objet à part.Elle n’est peut-être qu’une projection de ce qui se mijote dans la tête de l’architecte, mais elle révèle bien des vertus cachées du bâtiment.Comme le plan ou l’esquisse sur papier.Dans sa réalité 3D, la maquette rend palpables les différences des matériaux, rend la cosa mentale bien concrète.Elle semble dès lors un pilier naturel sur lequel s’appuyer quand vient le temps de présenter l’architecture dans une exposition.L’exposition de la galerie d’architecture Monopoli ne préfigure rien d’exceptionnel.Or 1:26 -Au pays de la maquette d’étude de Halifax à Vancouver ne fait pas dans l’habituel.Conçue par Sophie Gironnay d’après une idée d’Alain Lafo-rest — le couple derrière la galerie Monopoli —, elle s’avère une manière fort originale de montrer l’architecture, de mettre en scène la maquette.Ce survol pancanadien réunit 26 noms parmi les plus réputés (Saucier + Perrotte, Hanganu, Moriyama, Henri-quez.).Il repose sur l’idée que la maquette d’étude est au cœur, voire à la source de la création.Loin de privilégier les logiciels 3D et le confort numérique, les architectes ont (encore) besoin de manipuler l’objet (de leur pensée?), de plier, couper, coller, de faire ces gestes qui demandent un certain doigté.La scénographie, signée Atelier In Situ, est d’un bel à-propos.Les socles massifs, si on peut qualifier ainsi les structures étagées en carton sur lesquelles reposent les maquettes, occupent presque à sa pleine capacité l’espace de la petite ga- Beaux-arts des Amériques art contemporain 3944 rue St-Denis Montréal, QC www.beQuxartsdesameriques.com *3» * Spécialiste dans la restauration de pièces d'art en pierre de savon, marbre, ivoire et albâtre MONSIEUR DEPUIS 1953 Nous restaurons tout.sauf les cœurs brisés ! 514 484-8332 www.themrfixit.com 4652, bout Décarie, Montréal ALAIN UFOREST La scénographie, signée Atelier In Situ, est d’un bel à-propos, lerie.Si l’encombrement qui s’en dégage devient presque dérangeant, il devient vite acceptable pour le visiteur.L’image mise en scène est celle de la densité urbaine, là où les œuvres du bâti se concurrencent.Le carton des socles, à la fois rigide et souple, robuste et fragile, évoque certains des matériaux privilégiés pour la maquette, alors que son caractère neutre convient à tous les styles.Leur superposition en étages légèrement désaxés permet de figurer les strates terrestres sur lesquelles on construit.Les 26 firmes ont été choisies en vue de dresser une cartographie de l’architecture canadienne.Coast to coast.MacKay-Lyons Sweetapple (Nouvelle-Ecosse) et Atelier Big City (et son centre d’interprétation du Bourg de Pabos, en Gaspésie) ouvrent la marche, que ferment, à l’autre bout et avec faste, la «maquette de recherche» et «l’étude pour une tour d’observation pour le parc Reine-Elizabeth de Vancouver, jamais réalisée», d’Henriquez Partners.«Salie, déchirée, démantibulée, maltraitée, la maquette d’étude souffrante et travaillante, prolétaire, écrit Sophie Gironnay, reste néanmoins tou- jours la plus belle.Car elle concrétise une pensée en marche.Comme elle, cabossée, fragile, mais porteuse de rêves.» On connaît l’importance que Monopoli et sa directrice accordent au texte, à la parole.L’excritique du Devoir et romancière en a même fait une signature avec les Archi-fictions, un projet d’expos réunissant architecture et littérature.Il ne faut pas s’étonner si, dans Au pays de la maquette, les mots (des architectes) sont rois.Sans excès, toutefois, mais chaque citation a valeur de déclaration d’amour pour le travail manuel.Pour Pierre Thibault, présent ici avec son abbaye cistercienne de Saint-Jean-de-Matha, la maquette permet de voir «ce qui compte le plus en architecture», les rapports de proportion.Elle va à l’essence des choses, alors que l’ordinateur mène aux détails.Pour Bruce Haden, de Hod-son Bakker Boniface Haden, auteur d’un magnifique centre culturel dissimulé dans le désert de l’Okanagan, en Colombie-Britannique, la maquette est importante parce que facile à comprendre.«Or un client qui comprend le projet à ce niveau-là, dit-il, peut vraiment beaucoup apporter par ses critiques constructives.» La maquette vaut dans sa réalité d’ébauche, de produit non fini.Ce n’est pas le bâtiment final qui est exposé (pas de grande photo pour mettre en valeur), mais les idées qui l’ont précédé.La verticalité qu’Architectes FABG a introduite dans le trop horizontal théâtre de Quat’Sous, le rôle d’une verrière dans le futur pavillon d’art canadien du Musée des beaux-arts de Montréal confié à Provencher Roy, les jeux de lumière dans lesquels plonge l’Atelier TAG.Au pays de l’architecture, la maquette est une planche à dessin sur laquelle on revient se ressourcer.Une planche anonyme, comme celle que Dan Hanganu expose, et dont lui-même ne sait plus trop quand et pourquoi il l’a construite.Il a coupé, il a collé, peu importe où.Collaborateur du Devoir Jean Paul RjOpellG imftiévi&iêle cuxmtune Jusqu’au 6 septembre Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire 450-536-3033 www.mbamsh qc.ca Riopelle, au-delà du all-over (Confrontation, Clément Bergeron, crédit M.Dubreuil) Peinture - dessin - sculpture 1960-1970 Bertrand Carrière et Serge Clément Orientation4 Chemin faisant Exposition des finissants d'Espace VERRE Expositions jusqu'au 1er août GALERIE SIMON BLAI www.galeriesimonblais.com 514 849-1165 www.espaceverre.qc.ca 514-933-6849 2$ ANS Du 11 juillet au 8 août A la Galerie Art Mûr 5826, rue St-Hubert à Montréal 1 / LE DEVOIR.L ES SAMEDI II Ë T DIMANCHE 12 .1 II I L L E T 2 (I O I* E î) LUNDIS ÉTUDIANTS 3/1 sur présentation de la carte d'étudiant BOITE NOIRE lélill'U/LUtM.llUM.'I.H Jennifer Baichwal et les aléas de la foudre La documentariste canadienne opère un virage à 180 degrés avec Act of God FRANÇOIS LÉVESQUE Après s’être intéressée à l’écrivam Paul Bowles et aux photographes Shelby Lee Adams et Edward Burtynsky, la documentariste canadienne Jennifer Baichwal opère, avec Act of God, un virage thématique à 180 degrés.Pour son quatrième long métrage, c’est sur la foudre et, plus particulièrement, sur les lendemains de ceux qui ont survécu à leur rencontre avec elle que la cinéaste a jeté son dévolu.Jointe en République tchèque où son film concourt présentement, Jennifer Baichwal lève le voile sur un projet insolite.Le phénomène du foudroiement demeure, par sa rareté et sa dimension aléatoire, empreint d’un certain mystère.Ce n’est sans doute pas un hasard si les nombreux reportages et documentaires qui s’y sont intéressés jusqu’à ce jour ont toujours adopté une approche scientifique démystificatrice.La compréhension de l’indicible est une marotte toute humaine.Or Jennifer Baichwal a opté pour la voie inverse.«Peut-être est-ce le fait de ma formation en philosophie, mais c'est l’aspect métaphysique qui m’intéressait.Bien entendu, j’ai vu certains documentaires du genre de ceux que propose Discovery Chanel et c’est justement ce que je ne voulais pas faire.» Le sujet et l’angle, c’est très bien, mais encore faut-il pouvoir compter sur des intervenants prêts à s’ouvrir.«J’ai fait des recherches de manière intermittente pendant trois ans, alors que j’étais toujours dans Manufactured Landscapes.Et puis un jour, au hasard d’une soirée, un convive m’a parlé de l’expérience de Paul Auster, qu’il m’a parla suite présenté.De là, tout s’est enchaîné rapidement, notamment grâce à Internet.J’ai cependant préféré attendre un an avant de contacter les familles des victimes et les survivants du foudroiement de Mexico.C’eût été obscène de le faire avant.» De fait, au-delà du drame, le foudroiement est ici fréquemment relaté comme une expérience très intime.Pour certains, on parle carrément d’une épiphanie.Du deuil à la transfiguration en passant par la curiosité scientifique, les témoignages ratissent large alors qu’on aurait plutôt attendu un spectre relativement restreint.La focalisation a-t-elle été difficile à maintenir une fois l’étape du montage arrivée?«Le découpage de ces sept segments ne s’est pas fait sans heurts.J’ai travaillé pendant cinq mois à un montage morcelé qui s’est finalement avéré incompréhensible.J’ai tout repris en adoptant une approche plus linéaire, ce à quoi je suis naturellement réfractaire.Ici, c’est pourtant ce qui convenait.» Certains témoignages ont fait grand effet à la cinéaste.«J’avais déjà filmé la prestation de Fred Frith à la Tate Gallery où je lui avais demandé d’improviser une incarnation sonore d’un orage.Plus tard, quand Paul Auster m’a lu sa nouvelle autobiographique, j’ai immédiatement su que je tenais un duo.Le montage parallèle était une évidence.» Difficile, en effet, de ne pas ressentir viscéralement le récit du célèbre auteur, une conclusion saisissante au documentaire de Jennifer Baichwal.Collaborateur du Devoir Par sa rareté, le foudroiement est empreint d’un certain mystère V AUXANDRA PETERS SOURCE MONGREL MEDIA La cinéaste Jennifer Baichwal MONGREL MEDIA L’auteure campe son récit dans un immeuble de la banlieue parisienne grise mais proprette qui change des extrêmes «cités qui craquent» et «Paris carte postale».^ ê Un des meilleurs films de Claire Denis 35 RHUMS Scénario et réalisation: Claire Denis.Avec Alex Descas, Mali Diop, Nicole Dogué, Grégoire Colin, Ingrid Caven.Photographie: Agnès Godard.Montage: Guy Lecorne.Musique: Tindersticks.France, 2008,100 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Un homme se tient sur le quai d’une gare du RER, un peu en retrait.Les trains passent, l’homme attend.Il fume à la chaîne, un casque de moto sous le bras.Dans les wagons, chacun regarde devant soi.Parmi les passagers, une belle jeune fille s’apprête à descendre.Sur le quai de la gare, l’homme remet son casque et enfourche sa mobylette.En avait-il assez de poireauter?Se connaissent-ils seulement?35 rhums s’ouvre sur un point d’interrogation et progresse à pas menus à mesure que nous est révélé le quotidien des deux principaux protagonistes, un père et sa fille, apprendra-t-on au bout de quelques minutes.D’emblée, on reconnaît la touche de Claire Denis (S’en fout la mort, J’ai pas sommeil), ne serait-ce que pour la présence de l’acteur Alex Descas, l’homme de la gare, avec qui la cinéaste collabore pour la huitième fqis.La séquence d’ou- verture, muette, annonce en outre que le thème du cloisonnement urbain sera de nouveau exploré.Dans cette optique, l’auteure campe son récit dans un immeuble de la banlieue parisienne grise mais proprette (ça change des extrêmes «cités qui craquent» et «Paris carte postale»).Un microcosme où demeurent Lionel et Joséphine, les personnages de tout à l’heure, ainsi que Gabrielle, une chauffeuse de taxi esseulée, et Noé, un jeune homme toujours parti en voyage.Entre eux quatre, un esprit de filiation.et un sentiment amoureux qui tente de se faire un chemin.L’intérêt soutenu de la cinéaste pour les communautés africaines de la France est en soi une plus-value.Après avoir exorcisé certains souvenirs d’une enfance coloniale passée au Burkina Faso, à Djibouti et au Cameroun dans Chocolat, Claire Denis a su intégrer le multiculturalisme au reste de son œuvre de manière naturelle et fluide, jamais didactique ou pittoresque.35 rhums, où ce motif trouve un aboutissement discret, est très représentatif du cinéma d’une auteure qui a construit au cours des 20 dernières années une œuvre très personnelle mais souvent d’une grande universalité, ne serait-ce que pour le thème désormais récurrent de la solitude ressentie dans les grandes villes.Caméra attentive, plans longs, la réalisatrice laisse volontiers au spectateur le soin de décoder les émotions des personnages.Remarquez, la progression narrative est là, patiente mais constante.Et dès lors que les rapports entre les quatre protagonistes ont été clairement établis, le scénario en apparence minimaliste emprunte toutes sortes d’avenues inattendues.Signalons seulement un très bel interlude allemand qui met en vedette Ingrid Caven, muse mythique de Fassbinder.Un passage finalement assez représentatif d’un film qui, sous les atours trompeurs d’une banalité de tous les jours, s’avère l'un des plus achevés de son auteure.Collaborateur du Devoir Caméra attentive, plans longs, la réalisatrice laisse volontiers au spectateur le soin de décoder les émotions des personnages Sorties gaies BRÜNO Réalisation: Larry Charles.Scénario: Sacha Baron Cohen, Anthony Hines, Dan Mazer, Jeff Schaffer.Avec Sacha Baron Cohen, Gustaf Hammarsten.Image: Anthony Hardwick, Wollgang Held.Montage: James Thomas, Scott M.Davids.Musique: Erran Baron Cohen.États-Unis, 2009,82 min.ANDRÉ LAVOIE r Etoile la plus scintillante de la constellation de l’humoriste et acteur Sacha Baron Cohen (Ali G.Indahouse, Borat), Brüno n’a guère l’étoffe d’un militant de la cause homosexuelle.U se drape plutôt dans une superficialité affligeante, recherchant la compagnie de ses semblables, surtout les plus connus.S’il ne brille pas par son intelligence, tout comme le fameux Borat, journaliste du Kazakhstan gaffeur et antisémite, il aveugle la galerie avec ses accoutrements excentriques et une franchise qui frise les pulsions suicidaires.Cette créature venue d’Autriche, rêvant de surclasser Adolf Hitler en popularité (?), est devenue persona mn grata dans le milieu de la mode puisque cet animateur de télé a provoqué la catastrophe dans un défilé avec un costume fait de Velcro.De Vienne à Hollywood, il n’y a qu’un battement d’ailes pour Brüno, consumé par le désir d’être célèbre.Et tous les moyens sont bons: talk-show ridicule, figuration bruyante dans une série télé, adoption d’un bébé de race noire sorti — littéralement — d’une boîte de carton, «pourparlers» de paix au Moyen-Orient, etc.Devant les images superposées de Kevin Spacey, John Travolta et Tom Cruise, la cause est entendue (et l’ironie dévastatrice): Brüno fera tout pour devenir hétérosexuel, quitte à abandonner la clarinette.Dans un style naviguant entre le documentaire, la téléréalité et le reportage de guerre, le réalisateur Larry Charles (Religulous) orchestre, et maquille, les péripéties de cette tête de linotte au royaume de l’homophobie et de la vacuité médiatique.Comme dans Borat, mais de façon moins abrasive et moins brouillonne, départager le vrai du faux devient un exercice futile.La vérité de Brüno est ailleurs, dans cette mince frontière entre l’absurde et le danger de mort, auprès de chasseurs qui ne tiennent pas à faire un remake de Brokeback Mountain ou dans l’armée, où le «Don’t ask, don’t tell» demeure une question de survie pour les militaires homosexuels.La multiplication de ces provocations constitue la base même de l’univers de Sacha Baron Cohen, véritable tireur fou qui fait voler en éclats la bêtise des intolérants et le ridicule pathétique des esprits narcissiques, toutes orientations sexuelles confondues.Le manège propose bien sûr ses figures imposées: deux homos à l’allure sadomaso ne peuvent passer inaperçus dans un rassemblement de cathos homophobes, et qu’espérer d’autre qu’une rebuffade de la part d’une star misanthrope comme Harrison Ford.Le simple bon goût m’empêche de décrire ici les moments les plus salaces de Brüno, mais ce personnage flamboyant demeure, malgré tout, un miroir des dérives d’une société intoxiquée au vedettariat instantané.D’accord, le discours de Sacha Baron Cohen pourrait se délester de quelques facéties, mais il se distingue justement par son caractère anarchique, doublé du vertige qu’il provoque.Cette bêtise émane-t-elle d’un scé- .V‘V' UNIVERSAL Personnage flamboyant, Brüno demeure, malgré tout, un miroir des dérives .d’une société intoxiquée au vedettariat instantané.nariste patenté ou d’un esprit dérangé?Entre une mère acceptant sans rechigner que son poupon soit déguisé en nazi et un combat extrême où le public pourrait bien tuer deux lutteurs qui s’embrassent, rien n’échappe au radar de Brüno.Finalement, il n’est pas si con.Collaborateur du Devoir ARCHAMBAULT 31 Une compagnie do Quebec >r Media PALMARÈS DVD Résultats des ventes: du 30 |uin au 6 juillet 2009 STABfiOTIOTlANnS Seasons JAZZ CONFIDENCES : 30 ANS DE FESTIVAL À MONTRÉAL IKKKEART STEVIE WONDER Live at last THE CODE B 12 VOITURES D'EXCEPTION EN UBERTt Jacques Duval ENTOURAGE SaisonS PRISON BREAK Saison 4 Jbabine TWILIGHT 12 ROUNDS IRON MAIDEN Flight 666 JEFF BECK Performing this week.At Bonn TRANSFORMERS TRUE BLOOD Saison 1 HOME 24 Saison?JONAS BROTHERS The Concert Experience PINK MARTINI Discover the World (Live in Concert) CONFESSIONS OF A SHOPAHOLIC i-V-1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JUILLET 2009 Apprivoise-moi.SEVILLE I^a jeune Bertille Noël-Bruneau est absolument craquante de naturel, V i msm.F» mm HW r''W' '¥ .*¦'*1 ?9SBSœ lïlïlx DÈS LE 17 JUILLET ?^ 'A' "A" ^ «An astonishingly mature work (.) introduce its to a new and authentic auteur » Brendan Kelly, THE GAZETTE ^ « Le film se révèle à la hauteur des prix (pi 'il a remporte à Cannes.» Cédrlc Bélanger, LE JOURNAL DE MONTRÉAL ?’A’ ^ «Un grand cri d'amour r j Un film à la fois drôle et profond.D'une fraîcheur enthousiasmante.» Marc-André Lussier, LA PRESSE Les fit» ne snwifpas t/ae leurs mères sont mortelles K-RLMS AMÈWQUE - J’AI TUé MA MèRE ANNE DORVAL XAVIER DOLAN FRANÇOIS ARNAUD SUZANNE CLéMENT PATRICIA TULASNE NIELS SCHNEIDER rt MONIQUE SPAZIANI iM'iuaof XAVIER DOLAN ru*y*»'.mn*»'»-
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