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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2009-07-18, Collections de BAnQ.

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L E I) E V OIK.GC ¦ « < I.E S S A M EDI 18 E T IDÉES Sarkozy tente-t-il de « voiler » sa baisse de popularité?Page C 5 I* I M A X (' Il E I r I L L E T 2 0 O !l ÉTATS-UNIS La « philosophie » diplomatique de Barack Obama Page C 3 PERSPECTIVES CONCEPT TIFFIN Espace, frontière de l’infini créatif ¦ « Pour Part, l’espace ouvre un terrain de jeu et d’expérimentation extraordinaire » La conquête spatiale a engendré le space art Un petit pas pour un homme, un saut de géant pour Part et la culture, ces fondements de l’humanité.La conquête de l’espace a évidemment eu d’énormes répercussions culturelles, philosophiques et même métaphysiques dont on ne cesse de mesurer les beaux effets concrets.STEPHANE BAILLARGEON Après que Neil A.Armstrong fut devenu le Christophe Colomb de l’espace en juillet 1969, le sculpteur Forrest Myers a invité d’autres célèbres artistes américains à créer une œuvre pour la Lune.Lui-même a proposé un dessin par ordinateur.Le titan Robert Rauschenberg, habitué aux œuvres gigantesques et touffues, a tracé une minuscule ligne droite.Claes Oldenburg a reproduit une vague souris Mickey, John Chamberlain, un masque protecteur et le fantasque Andy Warhol a stylisé sa signature pour vaguement évoquer un pénis.Ces dessins miniaturisés ont été reproduits sur une plaquette de céramique de la taille d’un timbre-poste qui a ensuite été fixée en catimini sur un des pieds du module d’alunissage de la mission Apollo 12.La NASA n'a jamais confirmé officiellement son existence.Depuis novembre 1969, le Moon Museum repose dans la poussière grise de la «merveilleuse désolation» lunaire décrite par Buzz Aldrin, compagnon de fortune du commandant Armstrong.«Ce musée collectif pour la Lune constitue un des gestes culturels les plus symboliques de notre époque», commente la Parisienne Annick Bureaud, spécialiste de l’art spatial, après avoir raconté cette touchante histoire méconnue en entrevue téléphonique.Mme Bureaud a d’ailleurs décidé d’inclure une reproduction de cette petite tuile de céramique dans une exposition intitulée (In)habitable?, sur «l’art des environnements extrêmes», qu’elle inaugurera en septembre à la Maison européenne de photographie, à Paris.«Je trouve le geste de Myers particulièrement touchant.Il n'a pas cherché à envoyer son truc à lui, dans un geste égocentrique.Il a partagé avec d’autres pour déposer sur la Lune un tout petit bout de la culture humaine avant même qu’une civilisation ne s’y installe.» Le mot et les choses Annick Bureaud enseigne l’hjstoire et la théorie des arts technologiques à l’École supérieure de l’image, à Poitiers.Elle collabore régulièrement au magazine Art Press.Surtout, elle dirige l’organisme Leonardo/OlA'I'S, l’Observatoire des arts et des technosciences (olats.org) rattaché à Leonardo, la plus vieille revue dans le do- maine, fondée à Paris en 1968 par l’ingénieur-ar-tiste américain Frank Malina.L’art spatial, ou space art, la passionne depuis sa rencontre avec l’artiste Jean-Marc Philippe, pilier du genre, en 1985.«En français aussi on dit "space art”, un peu comme land art s’est imposé, explique la spécialiste.Mais bon, on peut aussi utiliser “art spatial” si on y tient.» Elle connaît bien le Québec, sa culture et ses obsessions linguistiques puisqu’elle a défendu une thèse sur le programme législatif du PQ (dont la loi 101) avant d’enseigner à l’ÙQAM au début des années 1990.Le space art donc.Le mot désigne un tas de choses.«On entend par art spatial un ensemble de pratiques artistiques qui repose sur le fait que l’être humain a été dans l’espace, directement avec des cosmonautes, ou indirectement par des satellites, explique la professeure Bureaud.Ces pratiques artistiques s’ancrent dans la réalité de la conquête spatiale.» Evidemment, d’innombrables œuvres ont évoqué les astres et l’univers avant Père inaugurée par le voyage du Spoutnik en 1957.On n’a qu’à penser au chef-d’œuvre La Nuit étoilée de van Gogh.Le space art se rattache spécifiquement à l’ère extraterrestre par les techniques ou les thèmes.Certaines œuvres du genre, né dans les années 1960, utilisent des techniques mises au point par les agences de recherche.Des exemples?Avec Signature terre (1989), le Français Pierre Comte a créé un signe déployé sur 400 000 mètres carrés et photographié par des satellites.Robert Rauschenberg a réalisé une série de lithographies intitulée Stoned Moon.11 a «Pour les danseurs, se libérer du sol, c’est franchement magique » Une scène de Li Face cachée de la Lune, de Robert U-pago, SOURCE Al.UANCE ATLANTIS VIVAFII.M beaucoup travaillé avec des ingénieurs au sein de l’organisme Experiments in Art and Technology.Il était du nombre des happy fews invités à assister au lancement d’Apollo 11.Yves Klein a conçu un Globe terrestre bleu (1962) recouvert de ses fameux pigments.Le Saut dans le vide, une autre célèbre production de Klein, était au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) il y a cinq ans pour l’exposition Village global: les années 60, largement placée sous le signe de la conquête spatiale et de ses effets artistiques.Elle ouvrait sur une maquette du Spoutnik.Au théâtre, il faut évidemment citer Robert Lepage et sa très grande réussite: La Face cachée de la Lune (également adaptée au cinéma).La pièce a en plus le mérite de rappeler l’importance des Russes en astronautique.En danse, Mme Bureaud souligne que Kitsou Dubois, la «chorégraphe de l’apesanteur», a mis en place un processus d’expérimentation des mouvements dansés dans des environnements où la gravité est altérée: dans l’eau, sur trampoline et même à bord des vols paraboliques.«Pour l’art, l’espace ouvre un terrain de jeu et d’expérimentation extraordinaire, commente la passionnée.Il devient même possible de s’interroger sur l’esthétique à offrir aux humains qui habitent ce nouveau monde.Pour les danseurs, se libérer du sol, c’est franchement magique.» La glace et ses chauds reflets L’autre point commun de ces productions concerne évidemment l’imaginaire, l’esprit du temps, cette «nouvelle et ultime frontière» qu’évoquait l’exposition Cosmos dirigée par l’historien de l’art Jean Clair pour le MBAM en 1999.«La conquête de l’espace introduit une rupture profonde dans l’histoire de l’humanité, un changement fondamental qui va finalement irriguer toutes les composantes de la culture, la pensée philosophique comme la publicité, les arts comme les utopies, note Annick Bureaud.C’est un miroir tendu à nous-mêmes, une façon de regarder de l'extérieur chacun des aspects de la vie sur la Terre.» Le Canadien Marshall McLuhan a fait du satellite artificiel le concentré symbolique d’une prise de conscience de l’unité planétaire.La pensée écologique aussi a pris de la vigueur à partir de ce moment charnière.Vu de haut et de loin, notre belle planète bleue devient encore plus précieuse et fragile.Les premiers fantasmes de «cyborg», cet être humain modifié par la machine, date de la même période obnubilée par les réussites VOIR PAGE C 2: FRONTIÈRE e 4 1 E l> I- V7 0 I ft , L K S S A M EDI IK E T I) I M A N ( Il E I il .1 I' I L L E T 2 0 0 i) (’ 2 PERSPECTIVES Leur crise Gil Courtemanche Notre vision de la crise économique mondiale et de ses effets sur les populations est occidentale, une vision de riches qui parviennent à se débrouiller en s’appauvrissant un peu et en s’en accommodant.A la limite, on imagine qu’il en est ainsi partout dans le monde.Des difficultés, certes, mais pas de grands bouleversements, ni de catastrophes tragiques.Les gouvernements travaillent à relancer l’économie, à sauver les banques et les industries de première importance.Le Québécois qui perd son emploi bénéficie de l’assurance-emploi, au pire, de l’aide sociale.Les services publics demeurent gratuits, la société fonctionne et personne ne meurt de faim.Pour l’Africain, la crise financière, causée par des prédateurs occidentaux, vient s’ajouter à deux autres crises en les compliquant encore plus.La crise alimentaire et la crise des changements climatiques, qui déjà en Afrique noire fait des ravages.Un des problèmes fondamentaux de l’Afrique est l’insuffisance des investissements étrangers et d’accès au crédit.Pas besoin de préciser que le maigre filet qui coulait du robinet s’est tari presque complètement avec le resserrement du crédit que pratiquent les grandes institutions financières mondiales.Après la crise alimentaire de 2008, les gouvernements africains avaient promis de se remettre à la recherche de l’autosuffisance alimentaire.Mais est survenue NOTRE crise et se sont envolés comme feuilles à l’automne les quelques crédits qui auraient pu aider cette relance.Les prix des aliments de base ont légèrement baissé, mais les populations ne profitent pas de ce mouvement parce que la chaîne alimentaire en Afrique ne connaît pas la concurrence.Un peu comme l’automobiliste occidental quand il fait le plein.Mince différence: l’automobiliste qui fait le plein a mangé.Pas certain pour l’Africain.Au manque d’investissement étranger, au resserrement du crédit, au prix artificiellement élevé des aliments, vient d’ores et déjà s’ajouter le réchauffement climatique, dont les effets négatifs se font déjà sentir sur une bonne partie du continent.Résultat des courses, crise sur crise, le nombre d’affamés dans le monde a dépassé le milliard en 2008, selon l’ONU.Allez voir quelle crise est responsable.En Afrique, elles se tiennent la main comme trois soeurs de l’Apocalypse.Mais la situation pourrait se détériorer encore plus.?Depuis cinq ans, les gouvernements africains sont sollicités par les riches.On veut acheter des terres agricoles et, bien sûr, les plus productives.En théorie, les objectifs sont nobles: développer l’agriculture et assurer l’approvisionnement local.Rien de moins certain.Cinq pays dans les dernières années ont cédé 2,5 millions d’hectares à des intérêts étrangers, essentiellement des fonds souverains.Ce sont l’Ethiopie, le Ghana, Madagascar, le Mali çt le Soudan.Les acheteurs sont la Chine, les Emirats, l’Arabie Saoudite, la Libye et la Corée du Sud.Sauf le Ghana, tous ces pays souffrent de graves problèmes de sous-alimentation.Le régime des terres en Afrique fait en sorte que ces transactions risquent de déstabiliser plus d’un pays.En général, les paysans africains ne sont pas propriétaires, ils cultivent des terres concédées pas l’Etat.A Madagascar, quand le gouvernement de Ravalomanana a concédé 1,3 million d’hectares à la coréenne Daewoo pour produire de l’huile de palme et du maïs, plutôt que des oignons, des tomates et des haricots, les paysans se sont soulevés.Le gouvernement a été renversé, il y a quelques mois, et ce sont les émeutiers de la terre qui ont mis le mouvement en marche.L’exemple du Mali est particulièrement exemplaire.Le Mali, ancien exportateur de riz, est devenu importateur.Plutôt que de développer ses propres rizières de l’Office du Niger, il a concédé 100 000 hectares de ses meilleures terres à un conglomérat libyen et chinois.La compagnie libyenne appartient à la famille Kadhafi et l’entreprise chinoise se spécialise dans la production d’un riz hybride.L’objectif libyen est d’assurer son approvisionnement en riz pour se soustraire aux fluctuations des cours mondiaux.L’objectif des Chinois, qui sont aussi actifs au Liberia et au Nigeria, est d’implanter en Afrique ce type de riz hybride.Les deux entreprises ont négocié une entente de priorité pour l’utilisation de l’eau en période de sécheresse.Et vlan pour les paysans locaux.Mais voilà que se pointe la quatrième crise.Le riz qui inondera les rizières maliennes ne peut être reproduit qu’avec les semences de l’entreprise chinoise.Pour le faire pousser, il faut une mécanisation sophistiquée et des entrants chimiques importants.Et voilà qu'on élimine les petits agriculteurs et aussi la diversité des souches locales, des espèces indigènes de riz.Plus fondamentalement, c’est à une énorme privatisation de l’espace public et du patrimoine terrien qu'on assiste au profit de pays riches soucieux d’assurer leur autonomie alimentaire et d’entreprises multinationales souhaitant développer sur le sol cobaye de l'Afrique leurs nouvelles graines de discorde.Cadeau Extrait d'un texte de Pierrette Fleutiaux dans Le Monde'."Repoussons cette croyance absurde qu 'il faudrait voiler les femmes pour que les hommes ne soient pas portés à désirer celles d'autrui.Une telle croyance [.] accrédite l'idée que l’homme a été créé libidineux.[.] Im dignité de l'homme exige qu’il porte la burqa.Im burqa est faite pour l'homme.» texte complet dans Is Monde du 6 juillet.L’encadrement des élus municipaux Ethique : un projet incomplet Les citoyens se méfient des politiciens en général et des élus municipaux en particulier.Les scandales qui ont secoué l’hôtel de ville de Montréal au cours des derniers mois leur ont fourni des raisons supplémentaires de douter de la probité de leurs élus.Pour dissiper le cynisme ambiant, Québec a décidé de mettre un peu d’ordre dans les règles qui encadrent le monde municipal.JEANNE CORRIVEAU Dans son rapport sur l’éthique en milieu municipal rendu public mardi dernier, le groupe de travail dirigé par Florent Gagné propose une série de mesures pour encadrer la conduite des élus.Les codes d’éthique, les règles de conduite et la menace de sanctions vont-ils éradiquer les comportements douteux et contestables de certains élus municipaux?Rien n’est moins sûr, estiment plusieurs spécialistes de l’éthique.Ancien directeur général de la Sûreté du Québec et ex-sous-ministre au sein de plusieurs ministères, Florent Gagné suggère l’adoption de codes d’éthique pour chacune des 1109 municipalités au Québec, la création de postes de commissaires à l’éthique pour les grandes villes et les municipalités régionales de comté (MRC) ainsi que l’imposition de sanctions pour les élus et les entrepreneurs qui contreviennent aux nouvelles règles de conduite.Des scandales récents survenus à Montréal ont tourné les projectéurs sur l’éthique et provoqué subitement un état d’urgence dont il fallait s’occuper sans tarder.La bougie d’allumage de tout ce branle-bas: les vacances de l’ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, sur le yacht de Tony Accurso sous le soleil des Caraïbes.Tony Accurso, faut-il le rappeler, est propriétaire de Simard-Beaudry, l’entreprise qui, avec la firme Dessau, a décroché le contrat des compteurs d’eau de 356 millions de dollars au sein du consortium Génieau.L’épisode Zampino a fait beaucoup de bruit, mais les villes québécoises, petites ou grandes, ne sont pas à l’abri des conflits d’intérêts, apparents ou évidents, de la corruption et du copinage.Ancien éditorialiste à Im Presse, Pierre Gravel occupe depuis 2004 le poste de conseiller en éthique à la Ville de Longueuil.«Au niveau municipal, il yarn rapport de proximité qui vient obscurcir ces notions qui paraîtraient beaucoup plus claires dans une grande ville ou à Québec», explique-t-il.Selon lui, il est facile pour un ministre ou un sous-ministre de reconnaître un lobbyiste, mais pour l’élu municipal d’une petite ville, le «service» demandé par une vieille connaissance rencontrée par hasard peut ne pas être perçu comme du lobbyisme.Les rats et le fromage Malgré les perceptions négatives, le monde municipal n’est pas aussi corrompu que les citoyens peuvent le croire, a tout de même affirmé Florent Gagné mardi.«On n’est quand même pas au Québec dans une situation de corruption généralisée.La démocratie municipale est très saine, bien vivante et encadrée par des lois relativement bien formulées.Mais là comme ailleurs, tout n’est pas parfait.» Cette affirmation fait bondir Jean-Claude Leclerc, professeur en journalisme et chroniqueur en éthique et religion au Devoir.«C’est une farce monumentale parce que les gens ne vont plus voter», lance-t-il en évoquant le taux de participation famélique aux élections municipales de 2005.«Si la démocratie était si saine et si vivante, on n’au- D6&N JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le dossier des compteurs d’eau à Montréal a braqué les projecteurs sur l’éthique.rait pas besoin de codes d’éthique.Mais l’absence de démocratie fait que les rats sont dans le fromage.Là, on veut poser des trappes, mais on n’ose même pas le dire.» Son jugement à l’égard du rapport de M.Gagné est lapidaire.Il est inconcevable à ses yeux qu’on demande à ceux qu’on veut surveiller d’établir eux-mêmes les règles.Le groupe de travail qui planchera sur le projet de loi promis par Québec est composé des représentants des villes et ce sont les conseils municipaux eux-mêmes qui rédigeront leurs codes d’éthique, qui nommeront leur commissaire à l’éthique, qui jugeront de la culpabilité de l’un de leurs membres et qui imposeront les sanctions aux fautifs.«On demande aux conseils municipaux d’agir comme un tribunal alors qu’ils sont des foires d’empoigne partisanes», signale M.Leclerc.Différents codes ?De même, Jean-Claude Leclerc comprend mal le concept d’autonomie que le rapport de Florent Gagné applique à l’éthique.Pourquoi la Ville de Sherbrooke aurait-elle un code d’éthique différent de celui de Montréal ou de Saint-Grégoire?Selon lui, les élus doivent être aussi honnêtes dans un village que dans une grande ville.«Il est certain que la conscience individuelle a un rôle à jouer en éthique, mais si on mise seulement là-dessus et non sur des mécanismes de « Si la démocratie était si saine et si vivante, on n’aurait pas besoin de codes d’éthique » Montréal est au centre de la tourmente depuis plusieurs mois.ACQUES (.RENIER LE DEVOIR sanctions, tous les gens honnêtes vont respecter les règles et tous les bandits vont continuer de s’y soustraire», résume-t-il.Le verdict de l’avocat Julius Grey à l’égard du rapport de M.Gagné est beaucoup moins sévère.A son avis, les recommandations formulées par le groupe de travail constituent un pas dans la bonne direction.Mais elles comportent tout de même d’importantes lacunes.Pour lui aussi, l’idée de confier au conseil municipal le soin de décider du sort d’un élu pris en faute apparaît inconcevable, car seul un scandale étalé sur la place publique pourra convaincre les élus de sévir contre un des leurs, dit-il.Les sanctions et une institution indépendante et crédible pour les imposer deviennent alors indispensables.«Un code d’éthique en soi a besoin de dents, insiste-t-il.Les bonnes intentions, on les a toujours eues.Il n’y a jamais eu une époque où on disait que nos politiciens, fédéraux, provinciaux ou municipaux, avaient le droit de faire tout ce qu’ils voulaient.» Les recommandations de Florent Gagné ont été accueillies avec enthousiasme par les représentants des villes et le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard.Ces mesures, ont-ils dit en chœur, sont susceptibles de rétablir la confiance des citoyens.Le ministre a d’ailleurs promis d’y donner suite rapidement en faisant adopter une loi en 2010.Les lois, c’est bien beau, mais les principes d’éthique s’appliquent dans un champ plus large qui devient d’ordre moral, rappelle Pierre Gravel.«Ce n’est pas parce que ce n’est pas interdit que c’est bien», dit-il.À titre de conseiller en éthique, les élus et les cadres de Longueuil peuvent le consulter lorsqu’ils sont confrontés à une situation potentiellement embarrassante.Les problèmes sont parfois complexes, mais dans d’autres cas, les dilemmes se règlent rapidement.A un élu qui lui demandait s’il pouvait accepter une invitation pour assister à un match du Canadien dans la loge d’une firme d’ingénieurs même si aucun contrat n’était en jeu, M.Gravel lui a répondu: «S’il y avait un photographe du Journal de Montréal qui vous prenait en photo avec un verre à la main et que vous étiez certain que la photo allait paraître le lendemain, iriez-vous?» Assurément, l’éthique constituera un thème de choix lors de la campagne électorale de l’automne.Et comme s’est plu à le rappeler Gilles Vaillancourt, maire de Laval, plus tôt cette semaine, la plus grande sanction en matière d’éthique, c’est le verdict des citoyens à l’occasion des élections.Le Devoir FRONTIÈRE SUITE DE LA PAGE C 1 technoscientifiques.Blade Runner ou Terminator, ça vous dit quelque chose?La culture populaire coule sous les productions, souvent fabuleuses, des fables interstellaires d’Ursula Le-Guin aux albums lunaires d’Hergé, jusqu’à Space Oddity, mégatube de David Bowie.La production québécoise n’est pas en reste, pour le ipeilleur et pour le pire, ici comme ailleurs.A elle seule, la télé a donné aussi bien Ims Satellipopettes, avec Claude Steben en capitaine Cosmos, que la délicieuse série pour ados Dans une galaxie près de chez vous.Faut-il vraiment mentionner le poème que lira bientôt dans la station orbitale ou un vaisseau Soyouz le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Lali-berté?Non.D’autant moins en fait que certains as-tronautes n’ont pas attendu le premier clown touristique des étoiles pour produire eux-mêmes du space art.Alexis Leonov, qui a réalisé la première sortie soviétique dans l’espace en 1965, comme l’Américain Alan Bean, de la mission Apollo 12, ont peint des toiles liées à leur expérience.Mais c'est à l’artiste belge Paul Van Hoeydonck qu’est revenu l’insigne honneur de produire la seule et unique œuvre d'art officielle se trouvant sur la Dîne.A la demande de l’astronaute David Scott, il a sculpté une statuette en aluminium d’environ 8,5 cm de longueur représentant une silhouette humaine.Elle a été déposée sur la Lune en 1971 par l’équipage à’Apollo 15, aux côtés d’une plaque affichant le nom de huit astronautes américains et de six cosmonautes soviétiques morts pendant la préparation de l’implacable conquête.L’œuvre s’intitule Fallen Astronaut.Avec le Moon Museum, elle demeure une des préférées de l’immense production de space art de la spécialiste française Annick Bureaud.«Ces deux œuvres sur la Lune touchent des éléments forts de l’espèce humaine, dit-elle finalement.L’une est un monument aux morts; l’autre est un musée.Les deux rappellent de formidables mécaniques de l'humanité pour engranger ses souvenirs et transmettre sa mémoire aux générations futures.» Le Devoir ?' CF ¦*> C C ** c c KUS » Z i l km C: a c c L E I) E V (MR.I.E S S A M E l> I IS E I I) I M A X < Il E I !l .1 I I I.L E l II (I (I PERSPECTIVES Après quatre rendez-vous internationaux La « philosophie » diplomatique de Barack Obama De l’Afrique au monde arabe, le président américain met chacun devant ses responsabilités « L’avenir appartient aux jeunes qui seront armés d’une éducation et d’une imagination créatrice » CORINE LESNES Washington — Ses conseillers parlent moins d’une doctrine Obama que d’une «philosophie».Avec le discours d’Accra, prononcé le samedi 11 juillet au Ghana, devant un Parlement turbulent, parfois facétieux, opinant bruyamment comme à Londres à la Chambre des communes, Barack Obama a conclu une série de discours exposant les grands principes de sa politique étrangère.De ces quatre rendez-vous — Prague, Le Caire, Moscou et Accra —, il ressort le portrait d’un moraliste qui, de l’Afrique au monde arabe, met chacun devant ses responsabilités.Pour le président américain, «le leadership moral est plus puissant que n’importe quelle arme».Et aussi celui d’un réaliste ancré (jans l’idée que la souveraineté des Etats est la «clef de voûte» de l’ordre international.Quand il a pris ses fonctions, le 21 janvier, les analystes prédisaient que l’économie accaparerait Barack Obama, qu’il devrait déléguer la politique étrangère au vice-président, Joe Biden, et à sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton.Erreur.M.Obama a montré qu’il entendait tout mener de front.Sous la pression d’un calendrier multilatéral chargé, il a enchaîné les sommets (G20, OTAN, G8).En quittant celui du G8 réuni à L’Aquila (Italie), il y a huit jours, il s’est plaint de la multiplication des sommets, phénomène qu’il a attribué au mauvais fonctionnement de l’ONU, qui devrait être le lieu des consultations.«Je suis un grand partisan des Nations Unies, mais elles doivent être réformées et revitalisée?et je l’ai dit au secrétaire général.» A chaque déplacement outre-Atlantique, le président a tenu à faire une étape dans un «petit» pays pour souligner que «le monde est interconnecté» et que les problèmes du XXI" siècle se régleront aussi à Prague ou à Accra.Ces États jouent, selon lui, un rôle pivot dans les relations Internationales.«La révolution de velours [qui a provoqué la chute du régime communiste en Tchécoslovaquie en 1989] nous a appris que des manifestations pacifiques pouvaient ébranler les fondations d'un empire et mettre à nu la vacuité d’une idéologie», avait-il dit, le 5 avril, devant le château de Prague.Les jeunes Chaque fois, il tient à s’adresser aux jeunes, pour les convaincre que le changement est entre leurs mains: «Quel ordre mondial remplacera la guerre froide?» A Moscou, le 7 juillet, les étudiants de la Nouvelle École d’économie ont écouté sans réaction.«L’avenir n’appartient pas à ceux qui massent des armées sur un champ de bataille ou qui enterrent des missiles; l’avenir appartient aux jeunes qui seront armés d’une éducation et d’une imagination créatrice», a-t-il affirmé.Pour le président américain, la coopération doit remplacer les éternels affrontements: «En 2009, une grande puissance ne prouve pas sa puissance en dominant ou en diabolisant d’autres pays.La recherche du pouvoir n’est plus un jeu de somme, nulle: le progrès doit être partagé.» A l’Université du Caire, le 4 juin, M.Obama avait parlé des tensions entre les civilisations.«C’est le discours sur lequel il a le plus travaillé personnellement», dit Ben Rhodes, son rédacteur.Pour l’étape du Ghana, M.Obama a repris ses idées sur la corruption, développées à la lumière de l’exemple de son père, écarté du gouvernement kényan à cause de ses idées et de son clan.Ije seul discours dans lequel il ait fait des propositions concrètes est celui de Prague sur la non-prolifération.Il suit ce sujet depuis plus de 20 ans.Dès 1983, dans un texte publié par le magazine de l’Université de Columbia et retrouvé récemment par le New York Times, il développait sa philosophie: «Casser la mentalité de guerre.» Il plaidait déjà pour le désarmement Les droits Sur les droits de la personne, la Maison-Blanche considère qu’il suffit à M.Obama de parler en termes globaux.Le président ne vçut pas laisser l’impression que les États-Unis donnent des leçons, après une période où le reste de la planète a pu voir qu’ils ne sont pas irréprochables.Contrairement à son prédécesseur, George W.Bush, il a choisi de n’aborder les questions qu’en termes très généraux de «droits universels» et de ne pas admonester les gouvernements sur des points particuliers.«L’Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à une autre nation, a-t-il dit.Im souveraineté des États est un principe intangible.» De Moscou au Caire, M.Obama n’a pas abordé de,front la question des libertés pour l’opposition.A Moscou, Mike McFaul, le conseiller pour la Russie, a précisé que la Maison-Blanche avait conduit en janvier une évaluation de la politique russe et qu’elle était arrivée à la conclusion que «secouer notre doigt autour du monde n’avait pas tellement bien marché dans le passé».Le conseiller a fait le parallèle avec la réaction à la répression, en Iran, des manifestations contre la présidentielle du 12 juin.Les opposants sont prévenus, autrement dit, que M.Obama n’a pas l’intention de mentionner des cas individuels, pour éviter de leur nuire.Le président américain a insisté plusieurs fois sur le nécessaire respect de la souveraineté des États.Interrogé sur le concept de responsabilité de protéger, il a répondu d’une manière limitant nettement ce devoir d’ingérence.«Le seuil à partir duquel une intervention internationale est justifiée doit être très élevé.Il faut qu’il y ait une forte indignation internationale.Cela n’est pas toujours À.¦ ï «SS JASON KEKD REUTERS Lors de son passage au Ghana, Barack Obama s’est rendu en compagnie de sa famille à Cape Coast, un haut lieu de l’esclavagisme.facile de décider», a-t-il déclaré.Il a demandé à son administration de réfléchir à la mise en place de normes internationales et de pressions (économiques, diplomatiques.) sur les pays qui ne respectent pas les «valeurs universelles» envers leurs citoyens.Le Monde Candidate à la Cour suprême des États-Unis L’examen de passage de Sotomayor La nomination de la candidate du président ne bouleverserait pas l’équilibre de la haute cour L’examen de passage semble réussi pour la juge Sonia Sotomayor, qui devrait devenir, à 55 ans, la troisième femme et la première hispanique à siéger à la Cour suprême des États-Unis.Au-delà de l’aspect symbolique de cette nomination et hormis le fait que Mme Sotomayor apportera une certaine forme de diversité à un club très fermé, son arrivée ne devrait pas bouleverser l’équilibre fondamental de la haute cour.NELLY DAYNAC Washington — Il est de coutume, lors de chaque nomination, de conjecturer sur les décisions que prendra le nouvel arrivant une fois endossée la robe noire des juges de la Cour suprême.David Souter, nommé par George H.Bush, et que Sonia Sotomayor est appelée à remplacer, s’était révélé plus progressiste que conservateur.Mais pour l’analyste Jeffrey Toobin, cette idée de changement complet de cap reste un mythe.«H n’y a pas de surprise.Les faits tendent à montrer que ce à quoi on s’attend va se dérouler exactement comme prévu.» Cet avis n’est pas entièrement partagé par Michael Behrent, professeur d’histoire à l’Appala-chian State University, en Caroline du Nord, même s’il reconnaît que les enjeux de cette nomination ne sont pas très importants.Pour l’instant, la répartition des juges s’établit ainsi: quatre progressistes, quatre conservateurs et le juge Anthony Kennedy, qui agit comme une sorte de balancier.L'arrivée de Mme Sotomayor ne devrait pas changer le rapport de forces actuel.«Cet équilibre pourrait être modifié si l’un des conservateurs ou si le juge Kennedy mourait.Le président Obama aurait alors l’occasion de nommer un autre juge et cette éventualité serait plus de nature à changer la configuration de la Cour suprême», pense ainsi Michael Behrent.Or, ajoute-t-il, «les juges les plus âgés siégeant actuellement à la Cour suprême sont de centre gauche.» Une certaine uniformité Michael Behrent pense aussi que la nomination de Sonia Sotomayor va renforcer certaines des ten-dances actuelles de la Cour.Il prend comme exemple le facteur religieux, même si cela n'affecte normalement pas in fine les décisions prises par les juges.En comptant Mme Sotomayor, six des ¦¦ ¦ US lü Jlllli ¦% \ % JANATHAN ERNST REUTERS La juge Sonia Sotomayor cette semaine lors des auditions du comité de la justice du Sénat.juges seront catholiques, deux de confession juive et un seul sera protestant.Il s'agit, selon lui, d’un aspect intéressant dans un pays créé par des Anglo-Saxons protestants et où les préjugés politiques, sociaux et culturels à l’encontre des juifs et des catholiques ont toujours été forts.Enfin, il insiste sur la notion d’uniformité en rappelant que, sur neuf juges, huit sont issus de la faculté de droit de Yale ou de celle de Harvard.Michael Behrent émet donc une réserve quant à l’idée de la diversité promue par les démocrates.Le choix de Sonia Sotomayor aurait au contraire plutôt tendance à renforcer une certaine forme de pensée unique.Il est aussi utile de préciser que les neuf juges ont un parcours strictement judiciaire et qu’aucun n’a eu cio mandat électif, ce qui n’a pas toujours été le cas dans l’histoire de la Cour suprême.On s’achemine donc vers une forme d’homogénéisation sociale et culturelle qui ne colle lias tout à fait à l’image de Sonia Sotomayor présentée par l’administration Obama.L’énigme Sotomayor Les détracteurs de Mme Sotomayor l'accusent d'être une gauchiste qui confond l’interprétation de C7•flMMHHMMC Cü SS MC C la loi et son façonnement.Il est indéniable que, sur des questions délicates comme Y «affirmative action», dont elle reconnaît elle-même être un pur produit, Sonia Sotomayor est animée par un sentiment de justice sociale.«C’est quelque chose qu’on a pu observer aussi bien dans son militantisme de jeunesse que dans ses prises de position en tant que juge», dit Michael Behrent.Cet activisme judiciaire est décrié par les républicains depuis plusieurs décennies.Il consiste à penser que les juges ne doivent pas simplement interpréter la loi, mais qu’ils sont en quelque sorte à l’avant-garde du progrès social dans leurs prises de décisions.«Sonia Sotomayor est sans doute très proche de cette idée que le progrès social s’accomplit au niveau judiciaire [dans le cas des droits civiques ou de Roe c.Wade], mais elle a aussi internalisé, pour des raisons politiques et pragmatiques, les limites de cette approche de la justice», ajoute le professeur Behrent.Ijes «Soto-sceptiques» ont eu du mal à contrecarrer la candidate sur ces questions lors de son audition lleuve.Certains sénateurs républicains ont même dû se raviser à l’issue d’une prestation rassurante de sa part sur les thèmes les plus délicats.Même si, selon Dahlia Lithwick, rédactrice en c ic m c chef de Slate.com, «les questions soi-disant pièges sont de toute façon plus rhétoriques que de nature à bloquer un processus déjà bien enclenché.On voit mal comment les républicains pourraient lui barrer la route en étant minoritaires au Sénat» Sonia Sotomayor reste moins lisible sur la question de l’avortement, un sujet qu’elle a adroitement contourné devant le comité de sénateurs et sur lequel on a du mal à la juger, «tout simplement parce qu'elle a très rarement eu à statuer sur cette question pendant sa carrière», estime Michael Behrent Le chroniqueur Jeffrey Toobin va plus loin en affirmant qu’elle ne remettra pas en cause les acquis de Roe c.Wade, la décision qui a légalisé l’avortement en 1973.Une progressiste pragmatique S’il fallait résumer le personnage, le professeur Behrent dirait «qu’elle a une philosophie judiciaire de centre gauche avec une approche conservatrice».Sonia Sotomayor est non seulement progressiste sur le plan social, elle appartient également à l’école de pensée de la «living Constitution».Elle adhère à la philosophie qui prône une interprétation de la Constitution à la lumière de la société actuelle.Le juge conservateur Antonin Scalia, lui, épouse la philosophie inverse: celle de l’interprétation stricte de la Constitution.En d’autres termes, la tâche d’un juge, selon lui, est de comprendre les intentions des pères fondateur de la Constitution et de les appliquer à la lettre.Malgré son adhésion à une philosophie progressiste, Sonia Sotomayor est tout à fait capable de raisonnements pragmatiques ponctuels.«Elle n ’extrapole pas toujours sur les conséquences constitutionnelles de ses décisions, estime Michael Behrent.Elle l’a prouvé à maintes reprises lors de son parcours de juge.» En cela, Sonia Sotomayor se rapproche de ses futurs collègues Ruth Bader Ginsburg et Stephen Breyer, qui, bien que progressistes, ne sont pas pour autant dogmatiques.Sonia Sotomayor a enfin essuyé un certain nombre de critiques concernant son tempérament, tantôt décrit comme volatil, impétueux et imprévisible.Elle s’est évertuée à rassurer ses détracteurs sur ce point en montrant, lors de son audition, une personnalité pondérée et réfléchie.Mais il ne fait aucun doute que le caractère de Mme Sotomayor aura une résonance sur l’équilibre des affinités, et des alliances, entre les juges de la Cour suprême, nommés à vie.Collaboration spéciale C 4 I.E I) E V O I R I.E S S A M E I) I I « E I) I M A X ( Il E ¦M ILLE T 2 0 0 !» EDITORIAL Visas L’incurie du Canada Depuis cette semaine, les Tchèques et les Mexicains qui veulent visiter le Canada doivent d’abord obtenir un visa de l’ambassade canadienne.Cette mesure de dernière minute, qui a pour but de réduire à la source le nombre de demandeurs du statut de réfugié en provenance de ces pays, est avant tout un aveu d’échec de la politique fédérale.Le problème est complexe, mais il faut s’y attaquer.P our un étranger, il existe deux moyens de devenir citoyen canadien: la voie normale qui consiste à demander le statut d’immigrant en présentant un dossier complet dans son pays d’origine; la voie d’exception qui consiste à se présenter à la frontière canadienne avec armes et bagages pour faire une demande de réfugié.Ce statut de réfugié qui est reconnu par la plupart des pays démocratiques découle d’une convention des Nations unies signée après la guerre, en 1951, dans laquelle les pays signataires se sont engagés à recevoir des individus qui ont dû fuir leur pays pour échapper à la «persécution».Au fil des ans, la définition du mot persécution a évolué, de sorte qu’elle inclut désormais non plus seulement les cas de persécution raciale, politique, religieuse ou nationale, mais aussi les cas de persécution sur la base de l’orientation sexuelle, par exemple.Ce qui ouvre la porte à des millions de cas potentiels supplémentaires à travers le monde, surtout pour les rares pays comme le Canada d11* ont la réputation d’être encore plus généreux à l’égard d’un étranger que le pays d’origi-ne de ce denier envers ses propres citoyens.Le problème, c’est que même en sachant qu’il n’a qu’une chance sur dix de voir sa requête acceptée à la fin du processus, le demandeur du statut de réfugié au Canada a compris qu’il se sera écoulé entre trois et cinq ans avant que la décision soit rendue, qu’il aura eu l’occasion Jean-Robert de porter sa cause en appel deux fois plutôt Sansfaçon qu’une, et que pendant tout ce temps il aura pu bénéficier des services de santé et de sécurité du revenu au même titre que les citoyens canadiens.Avec un peu d’argent, il pourra même embaucher un des nombreux conseillers privés en immigration qui font leur blé des ratés du système.Depuis des années, notre régime d’accueil des réfugiés pèche par sa lenteur extrême à rendre une décision.L’an dernier encore, la Commission du statut de réfugié n’a réglé que 16 (XX) cas en attente.La même année, le Canada recevait 36 000 nouvelles demandes.Cela porte à 42 000 le nombre de dossiers en attente, et la situation ne fait qu’empirer.A titre de comparaison, la France a reçu 41 800 demandes l’an dernier et la Grande-Bretagne, 30 500, deux pays pourtant beaucoup plus populeux que le Canada.Près de 80 % des demandes ont été rejetées, la plupart dans un délai raisonnable.?C’est donc à cause de l’incapacité du gouvernement fédéral à accélérer la prise de décision que le Canada fait face à des vagues de nouveaux demandeurs en provenance de pays qui ne sont pourtant pas reconnus pour «persécuter» leurs minorités au sens de la convention des Nations unies.Qu’il y ait discrimination à l’endroit des homosexuels mexicains ou des Roms tchèques, les deux pays touchés par l’imposition d’un visa canadien depuis cette semaine, personne n’en doute.De là à parler de persécution! Toutes les minorités de la planète peuvent être victimes de discrimination un jour ou l’autre, y compris les autochtones canadiens, les Noirs américains, les femmes africaines ou les homosexuels mexicains.Cela n’oblige pas pour autant le Canada à ouvrir ses portes à tous les homosexuels qui souhaitent venir s’établir à Toronto ou à Montréal, où la vie serait plus facile! Quant aux Roms, ils détiennent tous un passeport européen: alors, pourquoi le Canada et non l’un des 27 pays où leur citoyenneté est déjà reconnue?Cela étant admis, il faut tout de même dénoncer sans réserve la façon brutale adoptée par le gouvernement Harper pour régler bien temporairement un problème dont il est lui-même responsable.En ne donnant aucun préavis aux visiteurs mexicains de peur de faire face à un afflux exceptionnel de nouvelles demandes de réfugiés, Ottawa cause un préjudice certain à des milliers de voyageurs sans histoire, et ce, malgré les liens qui unissent les deux pays depuis la signature de l’ALENA Une telle mesure aurait au moins dû être accompagnée par l’ouverture temporaire de succursales d’ambassade à travers le Mexique, ce qui n’a pas été fait.Voilà une façon très cavalière de traiter un partenaire de l’importance du Mexique.De son côté, en imposant un visa aux seuls employés des ambassades et du gouvernement canadiens sur son territoire, le Mexique a réagi de façon fort intelligente.Tant pis pour les diplomates, et tant mieux pour les touristes et les gens d’affaires canadiens! Et maintenant, de grâce, qu’on s’attaque au vrai problème! j-rsansfacon(S>,ledevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ FAR HENRI BOURASSA UE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE IABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAP1ERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉIAND MVo'iR WH 'A «S# % mmm y T'i à ni Sü W0M ; • c- '/i m m mmM • ’"üwiF'nFBii iiui~: -H*.' ___________________________________________ REPRISE Un micro qui écoute le cœur battre Je partage entièrement l’opinion éclairée d’Emmanuel Bernier, qui en ces pages dénonçait «le triste virage d’Espace musique» (Le Devoir, 17 juillet 2009).Comme lui, j’estime qu’on a besoin d’entendre des mélomanes ou musiciens nous parler avec cœur de la grande musique avant de nous la faire écouter.Dommage qu’on n’ait pas voulu retenir une Carole Trahan; les fidèles de la deuxième chaîne la réclamaient Heureusement on a encore François Dompierre, qui d’un ton léger sait de ses doigts nous faire entendre des nuances insoupçonnées, et Alain lofevre, qui sait si bien, d’un ton grave et intime, nous prévenir que nous allons assister à «un grand moment de l’histoire de la musique».Les jours de semaine devraient tous être des dimanches à Espace musique.Dirigeants de Radio-Canada, la radio qui marque n’est pas celle d’un haut-parleur de webmart, mais d’abord celle d’un micro qui écoute le cœur battre.Pascal Barrette Ottawa, le 17 juillet 2009 Mourir de rire! Revoilà nos valeureux humoristes qui déploient leurs multiples talents pour promouvoir l’industrie du rire.Avons-nous vraiment besoin d’un festival pour bénéficier de leurs joyeuses contributions au bien-être collectif?Personnellement, je constate que ces artistes jouissent d’une visibilité hors du commun alors qu’ils accaparent beaucoup d’espace sur les scènes en général et sur celles de la culture et des médias en particulier.Ces champions incontestés de la billetterie qui poussent comme des champignons ont-ils quelque chose d’exceptionnel?Notre société est-elle à ce point distincte qu’elle né- LETTRES cessite la présence d’une industrie du rire d’une aussi grande envergure?Je crois que nous devrions nous préoccuper du produit en question et que nous pouvons aisément distinguer les traits communs qui caractérisent ces carriéristes qui envahissent la Belle Province sans discontinuer.Il est question de leur fonds de commerce, d’un humour formaté et uniformisé dans le traitement et la forme.Un point commun qui touche la grande majorité de nos humoristes et qui met en évidence la rareté désolante des exceptions.Bienvenue dans l’univers des lieux communs, univers qui se contente le plus souvent d’être anecdotique et de puiser dans la vie quotidienne et ses acteurs anonymes les situations et les personnages qui subiront leur juste (?) part de mépris et de dénigrement.11 faut comprendre que, dans la mire de nos comiques et des auteurs qui les approvisionnent en munitions, toutes les cibles sont dérisoires et profitables.Il ne reste plus qu’à trouver les ingrédients pour varier la recette et confondre la clientèle.Nos colporteurs du rire jaune et gras s’en remettent à des traits de personnalité, à un degré de bêtise et de vulgarité qui les distingue convenablement de leurs semblables.Ce faisant, ils abusent sans vergogne de la caricature de l’ordinaire, un processus de destruction qui pulvérise notre espace collectif, et matraquent sans pitié les victimes de convenance.H existe, je le crois, certains avantages à s’adonner de temps à autre à l’autodérision, je doute cependant qu’il soit sain et normal de confier cette tâche intime et délicate à autrui.En attendant, nous persistons collectivement à être bêtes et méchants, à cultiver un cynisme qui fait de nous des ignorants réactionnaires qui optent pourtant sans hésiter pour le confort précaire d’un immobilisme résigné.Nous continuons à alimenter cette industrie omniprésente (omnipotente) et à remplir les salles pour assister aux séances de ces thérapeutes improvisés dont nous sommes les souffre-douleur.Les élites de toutes les sphères d’activités (publiques ou privées) se réjouissent sans doute de ce «freak show» perpétuel alors qu’elles font souvent la démonstration de leur laxisme, de leur malhonnêteté et de leur incompétence sans toutefois éveiller le bon peuple qui rigole à poings fermés.En perdant notre capacité à nous indigner, nous perdons du même coup notre dignité.Jean Riopei Montréal, le 17 juillet 2009 Contrer les vols de Bixi Les vols de vélos Bixi se multiplient dangereusement Les supports de ces vélos sont de plus en plus nombreux à être endommagés par des vandales.Par exemple, avenue du Parc dans le parc Jeanne-Mance, 10 supports sur 11 sont inutilisables à la suite de vols d’autant de vélos.Même chose près du métro Iberville et sur plusieurs sites Bixi dans La Petite-Patrie.De jour en jour, le problème s’accentue, contrairement à ce qu’a déclaré André Lavallée, le vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, il y a une dizaine de jours.C’est la catastrophe! Depuis plus de 30 ans, les vols de vélos sont épidémiques à Montréal et la police ne fait rien pour s’y opposer.Je m’en suis fait voler cinq en 35 ans.Les vélos volés sont sûrement revendus.Mais qu’en est-il des Bixi, si facilement reconnaissables à Montréal?Prennent-ils le chemin des Etats-Unis ou du Mexique?Sinon, que font les voleurs avec eux?D faut contrer cette épidémie de vols avant d’installer des Bixi dans d’autres quartiers.François Beaulé Montréal, le 13 juillet 2009 REVUE DE PRESSE Refuge politique Manon Cornel lier J enjeu public qui a le plus retenu l’at- tention cette semaine est sûrement la décision du gouvernement Harper d’imposer à 48 heures d’avis des visas aux visiteurs en provenance du Mexique et de la République tchèque.Le Toronto Star comprend les raisons du geste risqué du ministre de l’Immigration, Jason Kenney.Le nombre important de demandes d’asile, souvent frivoles, en provenance de ces deux pays était en train d’engorger le système.Le quotidien ne suit toutefois plus le ministre quand il juge notre système d’asile trop généreux et affirme devoir le réformer, sans dire comment.Tout le monde, dit le Star, veut que les demandes soient traitées plus rapidement, mais le quotidien prévient qu’en voulant être trop expéditif, en excluant par exemple, à l’avance, des ressortissants de certains pays démocratiques, on peut en venir à commettre des injustices.Cela peut être le cas pour certains Roms qui fuient la persécution de groupes d’extrême droite tchèques.Le National Post, lui, se range sans ambages derrière le ministre Kenney.Il préférerait qu’il ne soit pas nécessaire d’imposer de visas aux Tchèques, mais depuis la levée de cette exigence, en 2007, les demandes de refuge faites par des visiteurs de ce pays sont passées de cinq à trois mille.Cela veut dire un système submergé, des services sociaux mis à contribution le temps de trancher chaque demande et un casse-tête pour expulser les demandeurs refusés.Selon le Post, l’imposition d’un visa découragera à l’avance les faux réfugiés.Le Globe and Mail, de son côté, pense qu’Ottawa se devait d’agir devant la flambée de demandes d’asile en provenance de voyageurs tchèques et mexicains et d’empêcher que le système soit «pris en otage par des migrants économiques».Insoluble Les problèmes du système de détermination des demandes de réfugiés sont connus depuis longtemps.Il semble pourtant impossible d’en venir à bout.Chroniqueur au Globe, Jeffrey Simpson jette le blâme de cette crise sur une décision rendue dans les années 1980 par la Cour suprême, qui a «mené à des amnisties, à un chaos administratif, à une bureaucratie et à des coûts énormes et, éventuellement, au système de détermination actuel».En vertu de cette décision, le gouvernement doit entendre chaque personne qui fait une demande au Canada afin de déterminer la légitimité de sa requête.Dans ces circonstances, la seule façon de ralentir le flot de demandeurs est d’imposer un visa.Simpson, lui, défend une position controversée: que le Canada établisse, après maintes recherches, une liste de pays d’où il n’acceptera pas de réfugiés.Cette solution, dit-il, serait moins coûteuse que le traitement de demandes de visa et de demandes d’asile sans fondement.Kelly McFarland, du National Post, note que la nécessité d’une réforme du système fait généralement consensus, mais à la lumière du débat qui a eu lieu cette semaine et en considérant la situation minoritaire du gouvernement, les changements ne sont pas pour demain.Bien que d’accord avec le ministre, le journaliste convient qu’il aurait pu donner un plus long préavis afin de ne pas punir les touristes légitimes.Marilla Stephenson, du Halifax Chronicle-Herald, partage ce dernier avis.Selon elle, la solution est d’améliorer le traitement des demandes d’asile et non de fermer la porte.Si certains immigrants économiques sont tentés de faire une demande d’asile, c’est parce que le système d’immigration impose parfois des années d’attente aux aspirants immi-grants, rappelle-t-elle.James Travers, du Toronto Star, renchérit en disant que l’imposition de visas ne peut servir de substitut à une politique conséquente et claire.Il note que même Jean Chrétien, pourtant à la tête de trois gouvernements majoritaires, n’est pas venu à bout des problèmes du système de traitement des demandes d’asile.«Ce qui est certain est que la décision du ministre Kemey va décourager les voyageurs légitimes, pas les migrants déterminés à améliorer leur sort.» L’expérience américaine en est la preuve, dit Travers, qui n’a pas la solution non plus.Une voix perdue Depuis que les conjectures électorales se multiplient, plusieurs commentateurs s’attardent au choix offert aux Canadiens.Cette semaine, c’était le professeur émérite de l’Université York, Arthur Haberman, qui regrettait dans le Toronto Star la perte d’influence des Red Tories au sein du Parti conservateur actuel.Après avoir entendu un exposé éloquent de Joe Clark, Haberman dit avoir réalisé ce qui manquait au discours politique canadien depuis une décennie: une voix conservatrice progressiste.«Le Parti conservateur a consciemment abandonné le volet progressiste de son programme pour y substituer un genre de doctrine républicaine américaine», affirme Haberman.Ils veulent paraître durs et privilégient la guerre au maintien de la paix.«Ils parlent de loi et d'ordre et aiment croire que la façon de prévenir le crime est de remplir les prisons et d’avoir un plus haut taux d’incarcération, peut-être pour émuler Je pays avec le plus haut taux au monde, celui des États-Unis.» Les conservateurs progressistes ne sont pas les bienvenus dans cet univers et ce sont tous les Canadiens qui «perdent au change à la suite de cette victoire des réformistes», conclut Haberman.I mcornellieridledevoir.com IC* ICI 1.E DEVOIR.LES S A M EDI IK E T I) I M A \ < H E I » .1 II I L L E T 2 0 0 !l Sarkozy tente-t-il de «voiler» sa baisse de popularité?£* C'< Ki ETrmation), Serge Truffaut (éditorialiste), Claude I-évesque (reporter), Jean-Pierre l-egault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garncnti (caricaturiste) ; Michèle Malenfant et Christine Duinazet (correctrices) ; Benoit Monger (responsable du site Internet), Emilie Folie-Boivin et Vincent Cauchy (cofnmis Internet) ; Amélie Gaudrcau (secrétaire à la rédaction); Jean-Jacques Coulombe et Étienne Plamondon-Éiuond (commit â la rédaction).OOCl 'MENTATION Gilles Paré (directeur).Manon Derome (Montréal), Olivier Spéciel (Québec).Monique Bhérer (Ottawa).PUBLICITE Julie Chrétien (directrice adjointe), Amélie Bessette.Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé.Manon Boilard.Marlène Côté.Richard Douangmala.Amélie Maltais, Claire Paquet.Elyssa Porlier.Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï (publicitaires).Sylvie Importe, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint).Michel Bernatehez.Danielle Centura, Richard Des Cormiers.Donald Fillon, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yonick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION IT TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Dme Houde-Brisebois ; Jean-Robert I fivers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier.Monique Proteau, Danielle Ross.C c JEUXdeM ïS Chaque samedi pendant la saison estivale, pour une demdème année, les lecteurs peuvent mettre leurs connaissances, et surtout leur patience, à l’épreuve en complétant les jeux préparés par notre collaborateur Michel Roy (michelroy?7@videotron.ca), spécialiste de la langue et ancien professeur de français.En règle générale, les amateurs de mots croisés ou de sudoku retrouveront aussi leur passe-temps favon dans cette page.Chaîne de mots Avec une liste de mots, il faut former des groupes nominaux qui, à l’aide d’une préposition (le plus souvent DE), s’accrochent comme les maillons d’une chaîne.Exemple : Liste des mots : CINÉMA, CROIX, ÉTOILES, GUERRE ET SIGNE LE MOT DE DÉPART : SIGNE DERNIER MOT UTILISÉ : CINÉMA On obtiendra les groupes nominaux suivants : SIGNE DE CROIX CROIX DE GUERRE GUERRE DES ÉTOILES ÉTOILES DE CINÉMA Voici la liste des mots avec lesquels il faut former une chaîne: CIEL - COURONNE - DIAMANTS - ÉPINES - ÉTOILES -JOUR - LIT - POINT - PLUIE - RIVIÈRE - ROSE.MOT DE DÉPART : POINT • DERNIER MOT DE LA CHAÎNE : ROSE POINT DU_______________ HH DE LA ROSE.Rire ou sourire Voici une blague qui se présente sous forme de séquences.Toutefois, ces séquences ont volontairement été mélangées et il vous faudra les mettre en ordre de façon à reconstituer le texte original.AU CINÉMA 1- Le spectateur s’y installe et dépose une pièce de dix cents dans sa main.2- «Non, c’est trop loin!» 3- L’ouvreuse le guide dans le noir jusqu’à un fauteuil libre.4- «Non, pas au bord de la rangée! » 5- Alors l’ouvreuse lui glisse à l’oreille: «L’assassin.c’est le mari!» 6- Patiente, elle redescend la travée avec lui et l’installe au milieu de la salle en bout de rangée.7- Un spectateur entre dans un cinéma qui passe un film d’Hitchcock.8- Excédée, elle lui indique un siège au milieu de la rangée.9- Alors, elle le conduit vers le fond de la salle et lui indique aimablement un autre siège.10- «Non, c’est trop près! », se plaint-il.(Mettez les séquences en ordre et indiquez votre réponse au moyen des chiffires qui les identifient.) Un pour tous À partir d’un certain nombre de mots donnés, il vous faut trouver un autre mot qui pourra s’associer successivement avec chacun de ceux-là.Exemple : Avec les mots RIRE, CROCODILE et ŒIL, on trouve comme réponse le mot LARME(S), car on peut RIRE aux LARMES, verser des LARMES de CROCODILE et avoir la LARME à l’ŒIL.Dans les cinq exercices suivants, on indique les mots de départ auxquels on ajoute comme indice la nature du mot à trouver, celui-ci pouvant être un nom, un adjectif qualificatif ou un verbe.1- NOIR (adj quai.), CREUSER, MÉMOIRE (nom 5- BAGAGE, MUSIQUE, CIGARETTE, MÉTAL, fém.), BOUCHER (verbe), SERRURE.SOMMEIL.Mot à trouver : un nom commun.Mot à trouver : un adj.qualificatif.Lettres communes Formez pour chacun des huit problèmes des mots de quatre lettres, en ajoutant les deux lettres initiales manquantes qui sont communes aux mots du même groupe.Exemple ?RE ID DE NG Les deux lettres manquantes sont RA, ce qui donne les mots : RARE, RAID, RADE et RANG.2- ALERTE (nom), MODESTIE, NOTE, SERMENT, 6- EMPLOI, CEINTURE, SOCIALE, MARGE, CHIGNON, MONNAIE.ROUTIÈRE.Mot à trouver : un adj.qualificatif.Mot à trouver : un nom commun.3- YEUX, ARMÉE, RIDEAU, SÉANCE, ANCRE, COUDE.Mot à trouver : un verbe.4- TAILLE, VILLE, PHRASE, CHANT, FORCE, REIN.Mot à trouver : un nom.7- BILLETS, IDENTITÉ, MÉDICAL, NAISSANCES.Mot à trouver : un nom commun.8- VILLE, TEMPS, EAU, ANGLE, LANGUE.Mot à trouver : un adjectif qualificatif.1.LÉ 2.ON 5.ÉE ?NG UT ?me ?GE ME RI ED AL 3.IT 4.AN 7.IL ?GE PO ?oS ?RE NT UX EF LI MOTS CROISÉS 1 23456789 10 11 12 1095 S ¦ 7 uzu HORIZONTALEMENT 1.Détour de langage.2.Patate douce - Pourvu.3.Souteneur - Pollution urbaine - Graff tracé ou peint.4.Rongé lentement - La fin des vacances.5.Physiciens français -Rêche.6.Système économique -Capitale du Sénégal.7.Sans conviction.8.Soutenir - Classification pour l'huile.9.Se répand - Bourse.10.Sentent - Ordinaire.11.Bière anglaise - Le homard en est un.12.Monotones - Élimées.VERTICALEMENT 1.Poivron - Emplette.2.Sert à fermer une porte - Réprime.3.Style artistique -Exhaler de la vapeur.4.Préfixe - Peut être étiré sans se rompre.5.Appuyer fortement -Saint de Charlevoix.6.Marque le doute - Mot latin signifiant la même chose - Dissimulés.7.Nymphes des montagnes.8.Grand poisson marin -Buffle d'Asie.9.À elle - Chemin de fer urbain - Véhicules publics.10.Soutenus par de nombreuses personnes - Désavoue.11.Tente pour un navire -Nymphe des rivières.12.Sur la tête de certains oiseaux - Déterminant pluriel.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 El GIE SlElQ OM I |S ElRlE RlUlM m]a rIeIn r|bTi a Ig I n 1094 SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO 6, AC ?Sc 10 8.GE ?œ PT Énigmes linguistiques Le jeu consiste à trouver un mot à partir d’indices donnés.-1 - Indices : - H - Indices : a - On n’en a qu’une et pourtant certains la donnent sans compter.b - Quand elle est en l’air, elle est plutôt légère, c - Il n’est pas recommandé de la couper, d - La tenir suppose qu’on l’a déjà donnée, e - Mot formé de six lettres différentes.Réponse : __________________________________________ a - Maladie de la feuille, b - Met le feu au pavillon, c - Tape sur l’enclume.d - Il n’est pas souhaitable qu’elle nous vienne aux oreilles.e - Mot de cinq lettres dont la deuxième et la quatrième sont identiques.Réponse : MOTS CROISÉS LE MONDE 1 23 4 5 67 8 9 10 11 12 MOTS CROISÉS Problème n° 08-297 HORIZONTALEMENT I.Ouverture sur le monde arabe.— II.Meurtrit en profondeur.Travailla sur le sauvageon.— III.Grive aux grandes ailes.A participé au Programme commun.— IV.Le lierre et le ginseng.— V.Dieu solaire.Personnage de théâtre.Mets à terre.— VI.Va mettre le feu aux poudres.Dans l'autocar.— VII.Ne vaut pas grand-chose.Psittacidé bavard.Personnel.— VIII.Évite les longueurs.Fabriquée sous le manteau.Personnel.— IX.Rendra service.Affaire commerciale.— X.La supraconductibilité les rend presque-nulles.VERTICALEMENT 1.Calme les oppositions.— 2.Cité antique.Brise sur le terrain.— 3.Dans les montagnes Rocheuses.Mis hors d'état de nuire.— 4.A longtemps vendu Le Monde.Mesure du bout du monde.— 5.Bien désavantagés.— 6.A déjà fait un beau par- cours.Surface au sol.— 7.Note.A refait le plein.— 8.Jette un œil.Unité bulgare.— 9.Agite en douceur.Préparé chez le tanneur.— 10.Charmant rôle sur les planches.Dans le pot.— 11.Conjonction.Peuple du Nigeria.Glace à London.— 12.Particulièrement odieux.SOLUTION DU N° 08-259 Horizontalement I.Effondrement.— II.Nervi.Arisée.— III.Druidesse.Cl.— IV.Orin.Réalité.— V.Rat.Prêt.AB.— VI.Mi.Fée.Zèbre.— VII.Ellipse.Ta.— VIII.Ulule.Ru.Han.— IX.Sel.Ruineuse.— X.Érubes-centes.Verticalement 1.Endormeuse.— 2.Ferrailler.— 3.Fruit.Lulu.— 4.Ovin.Fil.— 5.Nid.Pépère.— 6.Erres.US.— 7.Rasée.Éric.— 8.Ersatz.Une.— 9.Miel.Et.En.— 10.Es.Bahut.— 11.Nectar.Ase.— 12.Télébenne.Philippe Dupuis tD c ~ —I ^ CO I J QJ 09 ^ u 3 -JtrO iS 'ë -¦Uj O in CC ¦ S I ?£ P, g 5 g - £ 5g S .3?0*2 ^ .g Sudoku par Fabien Savary Niveau de difficulté : DIFFICILE 1218 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solution du dernier numéro 1 3 9 8 5 6 7 4 2 4 6 8 1 7 2 3 5 9 2 7 5 4 3 9 1 8 6 3 5 6 2 9 4 8 1 7 C\J 7 00 4 7 1 5 9 6 3 7 9 1 6 8 3 4 2 5 6 1 2 3 4 7 5 9 8 9 4 7 5 6 8 2 3 1 5 8 3 9 2 1 6 7 4 1217 SUDOKU : le logiciel 10 000 sudokus Inédits de 4 niveaux de difficulté par notre expert Fabien Savary En exclusivité sur le site des Mordus www.les-mordus.com i * V v.
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