Le devoir, 26 mai 2005, Cahier A
ACTUALITES Québec tourne en rond dans le dossier des sages-femmes Page A 2 ?w w w .1 e d e v o i r.(* o m ?BOLIVIE Des militaires demandent la démission du président Page A 5 LE DEVOIR Nathalie Simard poursuit Guy Cloutier C LAIRAN D R ÉE CAUCHY Ayant recouvré son droit de parole avec la levée de l’ordonnance de non-publication mardi, Nathalie Sirnard passe à l’offensive et exige réparation de la part de Guy Cloutier.Elle a intenté hier une poursuite en dommages et intérêts de \2 million de dollars contre son ancien imprésario et la firme à travers laquelle il gérait sa carrière, Novem Communications, maintenant propriété de sa fille Véronique.La poursuite déposée par les avocats de Mme Simard réclame 5578 $ pour les frais de psychologue et les coûts de médicaments, 300 000 S pour la perte de revenu, 800 000 $ en dommages moraux et 100 000 $ en dommages punitifs.Guy Cloutier A travers la plume de ses avo- cats, Nathalie Simard décrit le contrôle total qu’exerçait Guy Cloutier sur tous les aspects de sa vie, et ce, dès sa phis tendre enfance.D était perçu comme un «père de remplacement», lui qui avait tiré sa famille d’une situation économique précaire en prenant en charge la carrière du jeune René puis, plus tard, celle de sa sœur Nathalie.M.Cloutier a agi à titre de gérant de Mme Simard de 1979 jusqu’en février 2004, quelques semaines avant son arrestation.VOIR PAGE A 8: SIMARD ¦ L’éditorial de Josée Boileau, page A 6 L’or noir coule entre la Caspienne et la Méditerranée LADA EVGRACHINA Bakou — Entré en service hier en Azerbaïdjan, un nouvel oléoduc à vocation stratégique reliera la mer Caspienne à la Méditerranée en limitent l’emprise de la Russie sur les exportations de pétrole du Caucase.Ce pipeline, construit par un consortium international dominé par le géant du pétrole britannique BR exportera à terme plus de un million de barils de pétrole par jour d’Azerbaïdjan en suivant un itinéraire compliqué qui passe par la Géorgie et aboutit au port turc méditerranéen de Ceyhan.Cette entreprise, appuyée par les États-Unis, contribue à refaçonner la carte géopolitique du Caucase en réduisant la dépendance économique de la région envers Moscou.Elle donnera aussi au Kazakhstan, VOIR PAGE A 8: OR NOIR L'oléoduc Bakou-Ceyhon RUSSIE Champ pétrolier AZERBAÏt TURQUIE Terminal | Ceyhan 200 km SYRIE AGENCE FRANCE-PRESSE INDEX Annonces.B 5 Idées.A 7 Avis publics.B 4 Météo.B 4 Culture.B 8 Monde.A 5 Décès.B 5 Mots croisés.B 4 Économie.B 1 Sports.B 6 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 L’Irak fait appel à l’ONU Incapable d’assurer seul la sécurité, Bagdad demande le prolongement de la présence des forces américaines jfsWte a—t.THAI ER AI ^SUDANI REUTERS Pompiers et policiers irakiens s’affairent sur les lieux d’un attentat suicide à la voiture piégée qui a fait trois victimes parmi les policiers et trois autres blessés hier dans le quartier Doura, dans le sud de Bagdad.Débordées par ces actes de violence quotidiens, les autorités irakiennes ont demandé le prolongement de la présence de la coalition militaire dirigée par les États-Unis.New York et Bagdad — Les autorités irakiennes ont demandé au Conseil de sécurité de l’ONU 4e permettre à la coalition militaire menée par les États-Unis de rester en Irak, s’estimant encore incapables d’assurer seules la sécurité du pays.Cet aveu survient dans le contexte d’importantes opérations militaires américaines contre la rébellion et au lendemain de l’annonce selon laquelle un des principaux chefs de celle-ci, Abou Moussab Zar-qaoui, a probablement été grièvement blessé.Le ministre irakien des Affaires étrangères, Ho- chiyar Zebari, a fait sa demande dans une lettre qui circulait hier à l’ONU.«Dans sa situation actuelle, notre pays continue d’affronter une insurrection armée qui compte encore dans ses rangs des combattants étrangers opposés au passage de l’Irak à la démocratie», a déclaré Zebari dans cette lettre adressée au représentent danois Ellen Oij, qui préside le Conseil de sécurité ce moisci.«Malgré nos efforts continus pour créer des forces de sécurité, elles ne sont pas encore aptes à assumer seules la responsabilité du maintien de la sécurité nationale et la défense de nos frontières», poursuit-il.la résolution 1546, adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité le 8 juin 2004, mettait en place le programme de la transition démocratique irakienne, autorisait la présence en Irak des forces menées par les États-Unis et prévoyait un réexamen du mandat américain ou bien 12 mois après VOIR PAGE A 8: IRAK ¦ L’éditorial de Serge Truffaut, page A 6 Le pichet déborde Les microbrasseries s’apprêtent à désobéir à la loi pour forcer Québec à modifier une réglementation «injuste» FABIEN DEGUISE C% est la petite goutte qui vient de faire ’ déborder le pichet.Incapables de vendre leur bière en dehors de leurs établissements au Québec alors qu’ils peuvent très facilement l’exporter aux Etats-Unis, les propriétaires de «broue-pubs», ces microbrasseries ayant pignon sur rue dans la province, ont décidé de passer à l’offensive.Comment?En défiant dès la semaine prochaine la loi sur la vente de la bière afin de dénoncer «une réglementation injuste et incohérente» ainsi que l’inertie d’un gouvernement qui tarde à la corriger.«Il est temps que quelque chose se passe, a expliqué hier au Devoir Pierre Turgeon, propriétaire de la microbrasserie L’Inox à Québec.Chaque fois que l'on voit poindre un début de règlement avec Québec, il y a un changement de gouvernement, un changement de ministre, un changement à la direction de la Régie [des alcools, des courses et des jeux (RACJ)] et tout est à recommencer.De toute évidence, la volonté politique n’est pas là.Mais ça ne peut plus durer.» Les brasseurs artisanaux de bière bouillonnent Et pour se faire entendre, ils s’apprêtent donc à em- prunter la voie de l’illégalité, annoncent-ils, sans plus de détail.Le «coup d'éclat», disent-ils, programmé au début de la semaine prochaine, vise à mettre en lumière le paradoxe d’une loi désuète, selon eux, qui nuit à leur développement C’est qu’en matière de brassage, le Québec dispose en effet d’un système à deux vitesses avec, dans ses rouages, deux permis de brasseur.L’un, dit artisanal, permet aux «broue-pubs» de vendre leur bière uniquement dans les bars, généralement ultrapopu-laires, entourant leur cuve de fermentation, mais aussi dans le réseau de la SAQ.L’autre, qualifié d’industriel, offre les mêmes avantages, avec en prime, depuis un amendement apporté à la loi sur la vente d'alcool en 1997, la possibilité de mettre la bière en bouteille pour la vente à emporter et la mise en rayon dans les épiceries et les dépanneurs du Québec.Le hic, c’est qu'actueDement ces microbrasseries ne peuvent pas toutes se prévaloir du permis industriel, accessible uniquement lorsque les cuves de fermentation sont physiquement séparées de l’espace réservé à la vente et à la consommation de la bière, selon les termes de la loi Un détail qui a son importance et qui a aussi VOIR PAGE A 8: PICHET JACQUES NADEAU LE DEVOIR Benjamin Tremblay, un membre du personnel des 3 Brasseurs, rue Saint-Denis, à Montréal.Le monde des microbrasseries s’impatiente devant la lenteur de Québec à modifier la loi sur la vente de la bière.UNMUSÉUMNATUREMONTRÉAL Le Rendez-vous horticole Cette année, on jardine,., naturellement! mai de * Près de 150 exposants * Conseils sur le jardinage écologique * Grande vente de nouveautés horticoles * Causeries par des personnalités du monde de l'horticulture * Démonstrations des experts du jardin /-—Montréal @ Programme complet: www.vllle.montreal.qc.ca/jardin Demandez le Passeport Rendez-vous horticole, valide pour 2 jours.JARDIN BOTANIQUE 4101, rue Sherbrooke Est Téléphone: 514«872»1400 mgi « LE DEVOIR, LE J EL' DI 26 MAI 2005 A 2 ?LES ACTUALITES- Québec tourne en rond dans le dossier des sages-femmes Rien ne sert de former des sages-femmes si elles n’ont pas de lieux pour pratiquer, dénonce une coalition JACQUES NADEAU LE DEVOIR La coalition demande au gouvernement de débloquer des fonds pour développer de nouvelles maisons de naissance.r-îmËm V" ¦ LOUISE-MAU DE RIOUX SO UC Y Il faudra plus que l’annonce d’une politique de périnatalité promise hier par le ministre Philippe Couillard pour contenter la Coalition pour la pratique sage-femme.Sortie les mains vides de l’étude des crédits budgétaires, la coalition, forte d’une dizaine d’organismes, estime que ce revers aura pour conséquence de mettre sur la glace le développement de nouvelles maisons de naissance, un avis que partage la porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, Louise Harel.Il revient en effet aux agences de chaque région d’accorder le financement nécessaire à la mise sur pied d’une maison de naissance.Mais voilà, les agences ont à peine les crédits nécessaires pour couvrir les coûts de leur système, elles qui ont vu l’enveloppe de la santé passer de 1,2 milliard il y a deux ans à 963 millions l’année suivante, pour atteindre les 780 millions cette année.«Il y a des projets, comme ceux du Plateau, des iMurentides ou de Umoilou, qui attendent un feu vert qui ne vient pas parce que le ministre n’a pas dédié de crédits [aux maisons de naissance] comme il le fait pour les personnes âgées, la santé mentale ou le maintien à domicile», dénonce la députée d’Ho-chelaga-Maisonneuve.Mme Harel demande donc au ministre Couillard de faire le nécessaire pour que sa volonté politique se traduise par l'octroi de crédits dédiés spécifiquement au développement de maisons de naissance.Son objectif: développer au moins deux maisons de naissance par année afin, qu’à terme, chaque région puisse disposer d’un tel service.Four le moment, le Québec ne dispose que de huit maisons de naissance.Ainsi, si la loi permet aux femmes qui le désirent d’être suivies par une sage-femme, bien peu de parturientes ont accès à ce service.«Présentement, de 1 à 2% des femmes accouchent avec une sage-femme; nous savons qu’il y a facilement 13 % des femmes qui aimeraient le faire mais ne le peuvent pas, faute de services», fait valoir Geneviève Labelle, coordonnatrice au Regroupement Nais-sance-Renaissance.La Coalition pour la pratique sage-femme est d’autant plus déçue du désintérêt manifesté par le ministère que plusieurs des projets qui sont prêts à décoller ne peu- vent être lancés faute de sous, mais aussi faute de clarté dans les lignes gouvernementales.«Techniquement, il revient aux agences de faire le développement, mais dans les faits, tout le monde se renvoie la bal-déplore Mme Labelle.A 800 000 $ par année, les frais de roulement d’une maison de naissance typique sont pourtant une aubaine pour le système de santé.Pour ce montant, cinq ou six sages-femmes peuvent pratiquer en moyenne 250 accouchements par année.La création de nouvelles mai- sons de naissance est d’autant plus urgente que les femmes ont désormais le droit d’accoucher à la maison.si elles sont suivies par une sage-femme qui a accès à une maison de naissance «On tourne en rond.On a des listes d’attente à n’en plus finir, des sages-femmes au chômage et, entre ça, on a un gouvernement qui paie pour les former mais qui ne développe pas les services pour répondre à la population», conclut Geneviève Labelle.Le Devoir I nvestissez-vous Obligations à taux fixe Capital garanti à 100 %.Remboursables à l’échéance.Choix d’échéances de 1 à 10 ans.Achat à partir de 100 $.Ternies 1 an 2ans Sans 4ans Sans Sans 7ans Sans 9ans 10ans Taux annuels (%) 2,05 2,50 2,85 3,10 3,40 3.80 4,00 4,15 4,30 4,40 Les taux annoncés peuvent varier en fonction des conditions du marché.Téléphonez-nous du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, ou passez nous voir au 2000, av.McGill College, du lundi au vendredi, de 8 h à 17 h.Nos bureaux sont également ouverts les samedis de mai, de 10 h à 16 h.www.epq.gouv.qc.ca BONI DE 1 % la première année pour les nouveaux fonds REER.Epargne Placements Québec o n CHOI veut négocier son éventuel retour sur les ondes NORMAN DELIS LE uébec — M' Guy Bertrand, 'OÇ avocat de Cenex Communications, a proposé mardi de négocier dans les prochains jours les termes d’un nouveau permis avec le CRTC pour la station de radio CHOI-FM de Québec.«On va faire une proposition d’ici vendredi [demain] sur la durée [du permis], sur le code de déontologie d'une nouvelle entente», a signalé M' Bertrand en terminant sa plaidoirie devant la Cour fédérale d’appel.Le bouillant avocat a dit faire cette proposition à la suite d’un certain malaise qu’il dit avoir perçu auprès des trois juges qui entendent l’appel déposé par Cenex Communications contre le non-renouvellement de sa licence de CHOI-FM décrété par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes en juillet 2004.«Les juges aussi sont inquiets.On sent sur le banc une inquiétude par rapport à cette décision astronomique, et les avocats ont du flair à ce sujet.Le CRTC a pris un marteau-pilon pour écraser une mouche», a dit M'Bertrand.Cette négociation «se ferait avec le personnel du CRTC et l’entente pourrait être homologuée par la cour.Je pense que c’est une bonne formule», a poursuivi l’avocat de Cenex.Une proposition venant de Cenex pourrait être prête d’ici demain et Me Bertrand espère que le CRTC sera «ouvert» à une telle proposition.La décision du CRTC de ne pas renouveler le permis a été tellement radicale que «même les adversaires de CHOI disent que cela n’a pas de bon sens et que le Canada, comme démocratie, deviendrait la risée du monde, croit Me Bertrand.On souhaite que Cenex obtienne justice et revienne en ondes.» Si jamais la cour rejetait cette proposition, M' Bertrand croit qu’il faudra probablement retourner devant le CRTC, devant possiblement des commissaires ad hoc spécialement nommés par le gouvernement fédéral, et qui pourraient entendre le dossier «de façon objective».Une licence est un privilège Mais l’avocat du CRTC, M'Guy Pratte, a rappelé qu’une licence obtenue du CRTC par un poste de radio «constitue un privilège et non un droit».«H s’agit d’un privilège conditionnel et temporaire.Si on donnait raison à Cenex au niveau du contenu, une licence de radio serait donnée pour tout le temps et on convertirait un privilège temporaire en droit acquis et permanent», a dit M' Pratte.«Le CRTC accorde un permis pour un maximum de sept ans.Quand tu fais la demande, tu sais qu’il va venir à échéance après sept ans et tu sais que, pour qu’il soit renouvelé, le CRTC possède une discrétion», a poursuivi M‘ Pratte.«La loi est claire depuis 1936, le CRTC a le droit, comme partout dans le monde, d’intervenir sur le contenu dans un contexte de limiter les propos offensants ou dégradants.La loi et les règlements doivent per» mettre un contrôle sur le contenu», a conclu M'Pratte.Le procureur du CRTC poursuivra sa plaidoirie mercredi devant les trois juges de la Cour fédérale d’appel.Rappelons que le CRTC a refusé de renouveler le permis de diffusion de la station CHOI-FM en juillet 2004 en invoquant les propos «outranciers» entendus en ondes.La direction de CHOI-FM a depuis ce temps retiré des ondes l’animateur Jean-François «Jeff» Fillon, auteur des propos jugés controversés.Presse canadienne Guy Bertrand FELICITY DON REUTERS Robert Pikton, tel que dessiné par un artiste, a comparu par vidéoconférence hier afin de répondre à 12 nouvelles accusations déposées contre lui.Pikton est maintenant accusé de 27 meurtres STEVE MERTL New Westminster, C.-B.— Robert Pickton, l'homme qu’on croit être le pire tueur en série au Canada, fait face à 12 nouveUes accusations de meurtre, ce qui porte à 27 le nombre total d’accusations pesant contre lui.Sept des nouvelles accusations découlent de l'enquête préliminaire de Pickton.Les cinq autres sont le résultat de preuves obtenues depuis la tenue de l’enquête préliminaire.Pickton a été envoyé à son procès à la conclusion d’une enquête préliminaire qui a débuté en janvier 2003 et a pris fin six mois phis tard.Il est accusé d'avoir joué un rôle dans la disparition de certaines des femmes — plus d'une soixantaine, principalement des travailleuses du sexe toxicomanes — qui ont disparu du quartier défavorisé de Downtown Eastside à Vancouver.Cinq des nouvelles accusations portent sur les décès de Cara EL lis, Andrea Borhaven, Kerry Kos-ki, Wendy Crawford et Debra Lynne Jones.Sept autres accusations sont reliées aux décès de Mamie Frey, Tiffany Drew, Sarah Devries, Cynthia Feliks, Angela Jardine, Diana Melnick et une femme non identifiée.Les 15 accusations précédentes ont trait aux décès de Serena Abotsway, Mona Wilson, Jacqueline McDonell, Diane Rock, Heather Bottomley, Andrea Joesbury, Brenda Ann Wolfe, Jennifer Lynn Furminger, Helen Mae Hallmark, Patricia Rose Johnson, Georgina Faith Papin.Heather Chinnock, Tanya Holyk, Sherry Irving et Inga Hall.Ces 15 accusations couvrent la période de 1996 à 2002, mais certaines des nouvelles accusations sont reliées à des décès remontant à 1995.Pickton a comparu par vidéoconférence.Son avocat Peter Ritchie, a fait savoir au juge qu’il souhaite obtenir une ordonnance de non-publication plus étendue, pour éviter que les procédures ne soient dévoilées dans les médias étrangers et sur Internet Le procès devrait débuter à l’automne, par un long voir-dire, c’est-à-dire un procès dans le procès qui examine la preuve avant que celle-ci ne soit soumise à un jury.La portion publique du procès devrait démarrer en janvier, en Cour suprême de la Colombie-Britannique, à New Westminster.L'accusé, qui est âgé de 55 ans, est gardé derrière les barreaux depuis son arrestation, le 7 février 2002.Presse canadienne I LE DEVOIR.LE J E l' D 1 20 MAI 2 0 0 5 A A OIITIQIIE JOURNEE NATIONALE DE LUTTE CONTRE L'HOMOPHOBIE 1" juin 2005 - lmpliqu«x-vousl www.homophobie.org Fondation Émergence (514) 866-6788 Michel David Un programme de province Camille Laurin disait jadis que les dispositions de la Charte de la langue française n'étaient pas «gravées dans la pierre».Dans son esprit, la loi 101 était une mesure d’urgence destinée à répondre à une situation d’urgence, mais il était d’avis que, le jour où le Québec deviendrait souverain, il deviendrait moins nécessaire de rappeler continuellement aux immigrants qu’ils arrivaient dans un Etat essentiellement français.Vingt-huit ans après son adoption, on peut légitimement prétendre qu’en dépit de progrès substantiels, la situation du français est encore trop fragile pour qu’on envisage certains assouplissements.Même dans un Québec souverain, qui ne changera pas de continent, il est probable qu’une certaine protection législative demeurera nécessaire, par exemple en matière d’affichage commercial.Dans son statut actuel on peut être d’avis que la force d’attraction de l'anglais est suffisamment inquiétante dans les communautés culturelles pour justifier l’extension au niveau collégial des critères d’accès à l’école anglaise qui s’appliquent aux niveaux primaire et secondaire.Les plus récentes données rendues publiques par l’Office de la langue française, qui datent de 2001, indiquent que 54,3 % des allophones qui ont délaissé leur langue maternelle l’ont fait au profit de l’anglais, tandis que 45,7 % ont opté pour le français.Il s’agit sans doute de «gains encourageants» depuis 1991, alors que seulement 35,8 % choisissaient le français, mais il demeure que, dans la région de Montréal, les transferts linguistiques profitent encore à l’anglais trois fois sur cinq.D n’en fallait pas davantage au «Robin de la langue», Yves Michaud, pour monter aux barricades en compagnie de six associations régionales du PQ, du Comité national des jeunes et du SPQ libre, qui appuieront au congrès des 3,4 et 5 juin une résolution pour forcer les allophones à fréquenter le cégep français.D’avance, M.Michaud balaie les objections que pourraient faire valoir «les frileux, les pusillanimes et les étemels bons ententistes» qui refusent de faire face à «une implacable réalité».Au congrès de mai 2000, la garde rapprochée de Lucien Bouchard avait utilisé tous les moyens pour faire battre une proposition identique à celle qui sera présentée au congrès de juin.On peut comprendre que M.Michaud en ait gardé un goût amer.Le débat avait donné lieu à un véritable tripotage procédurier qui s’apparentait à la tricherie.Cette fois-ci, Bernard Landry a décidé de ne pas s’opposer à un mouvement qui paraît irréversible.Le chef du PQ connaît bien son parti.Maintenant que la question de son leadership est pratiquement réglée, il est inutile de provoquer les «purs et durs».Comme toujours, la langue servira d’exutoire à leur frustration.Ce sera déjà beau si on peut les convaincre de ne pas couper les vivres à l’université McGill.Curieusement ces gens qui se battent depuis des années pour que le PQ cesse d’envisager l'avenir dans une perspective provinciale et se donne enfin un «programme de pays» semblent incapables de considérer la question linguistique sous l'angle d’un Québec souverain.Sur la question du cégep, M.Michaud et ses amis défendent un programme de province.Remarquez, il a parfaitement raison de dire: «L’assimilation par la minorité anglo-québécoise à 55 % des immigrants, ça n'a pas de sens.Il n’y a aucun peuple qui est capable de tolérer ça.» Le problème est que les nouveaux arrivants débarquent dans un pays qui s’appelle encore le Canada, ne lui en déplaise, et ce qu’il qualifie de minorité anglophone y constitue en fait la majorité.Dans un Québec souverain, il serait clair aux yeux de tous que la majorité est francophone et qu’il est bien plus intéressant de s’y intégrer.Certes, il restera toujours une minorité anglophone, dont les droits historiques devront être protégés de façon absolue, mais ce sera vraiment une minorité, avec tous les désavantages que cela comporte, même en Amérique du Nord.Est-ce que ces «enfants de la loi 101», que le PQ se félicite de voir basculer en nombre grandissant dans le camp du OUI, appuieraient la souveraineté pour choisir ensuite de faire leur vie en anglais?Allons donc! Commission Gomerv ?Depuis des décennies, les souverainistes réclament la totalité des pouvoirs en matière d’immigration.S cela leur apparaît si important pour le Québec, c’est sûrement qu'ils en espèrent des avantages concrets, comme celui de pouvoir privilégier systématiquement des immigrants plus facilement intégrables à la majorité francophone, sans qu’Ottawa ait le moindre mot à dire.D ne faut pas sous-estimer non plus l’effet de la disparition du gouvernement fédéral, qui ne pourra plus peser de tout son poids en faveur du bilinguisme, comme les souverainistes ne cessent de le déplorer.Dans dix jours, les délégués au congrès de juin vont inscrire dans le programme du PQ qu’un référendum sera tenu «le plus tôt possible dans le prochain mandat».Ne pourrait-on pas attendre un peu avant de s’attaquer à une refonte de la loi 101 qui ne sera peut-être pas nécessaire avec la souveraineté?M.Michaud estime que la situation actuelle «est une entrave à l’avènement d’un Québec français, préalable à tout combat pour l’indépendance nationale».L’équation est mal posée: c’est plutôt l’indépendance nationale qui permettra l’avènement d’un Québec réellement français.A moins, évidemment, que les péquistes eux-mêmes ne croient pas réellement à une victoire du OUI.Dans la perspective d’un Québec davantage affaibli par un troisième NON consécutif, où le français risquerait d’être perçu comme la langue des éternels perdants, il est en effet possible qu'un renforcement de la protection linguistique devienne indispensable.En relançant les hostilités sur le front linguistique de façon totalement prématurée et peut-être inutile, le PQ pourrait bien réussir à saboter une conjoncture à laquelle aucun souverainiste n’aurait osé rêver il y a à peine dix-huit mois.Une condition indispensable à la réussite de son projet est qu’il n’apparaisse pas comme le prélude à l'acrimonie et à l’insécurité, qui ont toujours été associées au débat linguistique.mdavid@ledevoir Les limites de l’enquête de Kroll La firme de juricomptables ne peut dire dans quelle mesure le PLC a profité des contributions de Jean Brault BRIAN MYLES Aucune preuve ne permet de conclure que des contributions officieuses de 1,8 million de Jean Brault ont abouti dans les coffres du Parti liberal du Canada, section Québec (PLC-Q), a concède hier le commissaire John Gomerv.faisant fa preuve des limites de fa colossale enquête de fa firme Krofl, Lindquist et Avey.Malgré l’examen de 28 millions de pages de documents, les juricomptables de Kroll ne peuvent pas élire toute fa lumière sur les flux financiers réalisés dans le cadre du programme de commandites entre le gouvernement fédéral, les agences de publicité et le PLC-Q.Tout au plus peuvent-ils certifier que Jean Brault, le fondateur de Groupaction, a sorti 1,8 million de sa poche.«Nous ne faisons que reproduire les paiements que nous avons retrouvés dans les registres comptables», a (fit le juri-comptable Steven Whitfa lors d’un contre-interrogatoire mené par Doug Mitchell, l’avocat du PLC-Q.«Nous sommes partis du témoignage de Jean Brault et avons vérifié s’il y avait des traces ou non des paiements dans ses états financiers, point à la ligne.Quant à savoir si l’argent a profité au Parti libéral, comme l'a suggéré Jean Brault, ce sera au commissaire de le déterminer», at-il ajouté.Le commissaire Gomery a permis d’abréger l'exercice en reconnaissant que fa preuve comptable ne soutenait pas fa totalité des allégations de Jean Brault, notamment en ce qui a trait aux sommes versées au lobbyiste Alain Renaud.«La plus grosse part de cet argent n ’a de toute évidence pas cheminé jusqu’au Parti libéral.Mais il s’agissait de sommes payées par Groupaction à des fins politiques, selon Jean Brault», a dit M.Gomery.Le Parti libéral a cependant prêté foi à certaines déclarations de Jean Brault en reconnaissant mardi, lors de la publication du rapport Kroll, qu’il a reçu des contributions officieuses de 128 615 $ de fa part de M.Brault.La somme se ventile comme suit 50 000 $ versés à des travailleurs d’élections par l’entremise de Commando Marketing, la firme de Bernard Thiboutot, 24 975 $ payés au «créatif» Richard Boudreault pour son travail militant lors de la campagne libérale de 1997, 14 790 $ à fa compagnie de M.Boudreault utilisée comme paravent pour rémunérer d’autres travailleurs d'élections, et 39 850 $ à Productions Caméo pour une vidéo réalisée pour le compte du parti.De nouvelles tuiles sont tombées sur le PLC en fin de journée avec le témoignage de Gaetano Manganiel-lo, un employé de fa formation, payé 32 000 $ par Pluri-Design à l'automne 1998 à l’instigation du directeur général à l’époque, Benoît Corbeil.Le PLC était fauché, ce pourquoi M.Corbeil s’est tourné vers Jacques Corri-veau pour la rétribution des services de M.Manganiel-lo, enfreignant en ce cens la loi électorale.M.Manga-niello a aussi fait ses déplacements à bord d’une fourgonnette prêtée par Groupaction.Une pièce du casse-tête L’examen de Kroll constitue une pièce importante du casse-tête que devra assembler le commissaire Gomery dans son rapport final mais il ne dresse certes pas le portrait définitif du scandale des commandites.Le juge devra soupeser son rapport en fonction des témoignages de Jean Brault, Michel Béliveau, Marc-Yvan Côté et Benoît Corbeil, qui ont tous reconnu l’existence de pratiques de financement occultes au sein du PLC-Q.Les limites de l’enquête sont nombreuses mais ont été enterrées par l’avalanche de chiffres divulgués mardi.La firme Kroll, lindquist et Avey n’a pas obtenu toutes les données relatives au programme car elles n’existent tout simplement plus.Des agences ont détruit des documents après avoir obtenu l'approbation de Charles Guité, directeur du programme.Des états financiers n'ont pas été produits pendant des 4 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les experts de la firme Kroll, Undquist et Avey, Robert Macdonald et Steve Whitla, ont reconnu les limites de leur enquête.années entières, d autres ont fait l’objet d’une «refonte» et les originaux restent introuvables.Le gouvernement du Canada a aussi procédé à des opérations de destruction de dossiers.les comptes bancaires de nombreux acteurs du scandale, dont ceux de Jean Brault, Claude Boulay, Diane Deslauriers et Jacques Corriveau, sont restés fermés aux enquêteurs.Ces entraves «limitent notre aptitude à jâire rapport sur la destination ultime de tous les montants de commandites et d’activités publicitaires», précise Kroll.Les enquêteurs ont par ailleurs fait preuve de mollesse dans fa poursuite des fonds qui auraient été placés dans des paradis fiscaux par les publicitaires.C’est ainsi qu’ils n’ont pas enquêté sur les allégations portant sur Claude Boulay et son épouse.Selon le quotidien The Ottawa Citizen, le couple a fait l’acquisition d'une maison aux Etats-Unis et paie un loyer à une compagnie enregistrée aux Bahamas en son nom.Cette astuce permet à M.Boulay et à son épouse de soustraire graduellement leur actif à la gounnandise du fisc canadien.«Nous n’avons pas examiné les comptes bancaires personnels de chaque publicitaire», a reconnu le directeur canadien de Kroll, Robert Macdonald.L’étude du rapport Kroll a enfin permis de clarifier les montants empochés par les dirigeants de BCP en salaires et dividendes qui sont attribuables aux commandites et aux activités de publicité.Il s’agit d’une ;s NADEAU, E DEV0IR somme de 5,8 milbons et non de 219 nulfons.Lécart Manganiell ; diriRe actuellement le est imputable a un dividende spécial verse aux action- 9ervice dc p^.sse duq prenlier ministre Paul naires lore de fa vente de BCP a fa firme française Pubh- Martini a confe89é hier qu’il avait été rétribué as, ce qui n a nen a voir avec les contrate fédéraux.,)ar jaCqUes Corriveau, de Pluri-Design, à l’époque où il était un employé permanent du Le Devoir PLC-Q.Jean Charest régularise le statut de son directeur des communications JOCELYNE RICHER Québec — Le premier ministre Jean Charest a mis fin hier au malaise qui entourait le statut de son conseiller Michel Guitard en le nommant officiellement directeur des communications de son cabinet Mais 1a nomination n’a pas pour autant freiné l’ardeur de l’opposition officielle, qui a continué hier à s’acharner sur son cas, en Chambre, comme elle le fait depuis plusieurs jours.Aussi, même si M.Guitard est devenu un salarié comme les autres employés du cabinet du premier ministre, le député pé-quiste de Gaspé, Guy Lelièvre, a estimé que le directeur des communications devrait rembourser au fisc les sommes qu’il aurait dû lui envoyer, selon lui, du temps où son statut était différent soit depuis février 2004.Jusqu’à hier, M.Guitard était contractuel.Son entreprise — MGTD communications et stratégies — avait signé un contrat avec le cabinet du premier ministre, en février 2004, pour des services de communication.Le contrat avait été conclu pour des honoraires de 150 000 $, phis 40 000 $ en frais de voyage, en vue d’effectuer 1000 heures de travail, soit 20 heures par semaine.Comme il n’était pas salarié comme teL il n'avait pas de contrat d'exclusivité, ce qui aurait pu le placer en conflit d’intérêts, avait soulevé l’opposition cette semaine.Tant qu’il travaillera auprès du premier ministre, M.Guitard suspendra les activités de son entreprise, dont il était le seul actionnaire et dont le seul client était en Jean Charest fait le gouvernement du Québec.M.Guitard, qui occupait le poste de directeur des communications par intérim depuis le mois d’avril, a refusé hier les demandes d’entrevue.Pressé de questions en Chambre, le vice-premier ministre, Jacques Dupuis, a rappelé que le statut de contractuel de M.Guitard ne contrevenait pas aux règles d’em-bauche du gouvernement Il est passé à l’attaque pour inviter le chef de l’opposition à faire «un examen de conscience», lui rappelant que, lorsqu’il était au pouvoir, il avait accordé un contrat de 93 000 $ à Richard Nadeau «pour quatre mois de travail», puis un autre contrat de 90 000 $ à M' Yvon Martineau pour trois mois de travail.Quant à lui, le ministre du Revenu, Lawrence Bergman, n’a pas retenu les affirmations du député de Gaspé voulant que M.Guitard ait payé 18 % d’impôt plutôt que 52 %, grâce à son statut de contractuel.Au contraire, «les conséquences fiscales pour l'actionnaire et la société sont globalement plus lourdes», selon M.Bergman.Jusqu’à maintenant M.Guitard avait toujours refusé un poste de salarié au cabinet du premier ministre, car cela aurait signifié pour lui une importante baisse de revenus.Son salaire n’a pas été révélé hier.Normalement son revenu annuel devrait avoisiner les 110 000 $.Mais les règles en vigueur prévoient aussi toute une série d’exceptions aux échelles salariales des cadres.Presse canadienne ROLEX Explorer II AJ ro i Gambard Vente et service technique 6J0-A RUE CATHCAKT, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (S 14) 866 3876 I LE DEVOIR.LE JEUDI 26 MAI 2 0 0 5 A 4 • L E S ACTUALITES- Montréal a sa charte des droits et devoirs Inspirée d’une charte adoptée par 250 villes européennes, celle de Montréal pourra être invoquée pour déposer une plainte auprès de l’ombudsman JEANNE CORRIVEAU \ A partir de janvier prochain, les citoyens pourront invoquer la nouvelle Charte montréalaise des droits et responsabilités auprès de l’ombudsman de la Ville s’ils estiment que leurs droits ont été lésés par l’administration municipale.Le maire Gérald Tremblay a rendu publique hier la version finale du document qui, dans ses grandes lignes, définit les engagements de la Ville en matière de démocratie, d'environnement et de services municipaux.Avec la Charte montréalaise des droits et responsabilités, la Ville s’engage à promouvoir la participation des citoyens à la vie démocratique, à leur fournir une eau potable de qualité, à maintenir des lieux de diffusion de la culture, à favoriser l’accès à des logements abordables pour les familles à faible revenu et à limiter les nuisances abusives liées au bruit et à la circulation.Voilà un échantillon de la quarantaine d’engagements énoncés dans la char- te, qui entrera en vigueur le 1" janvier 2006.Les citoyens sont également liés aux valeurs et aux principes défendus par cette charte, la Ville ayant jugé nécessaire de leur rappeler leurs responsabilités même si les règlements municipaux existent déjà pour encadrer leur bonne conduite.La charte leur rappelle donc qu’ils doivent faire preuve de civisme, contribuer à maintenir la propreté de la ville et s’abstenir de jeter des ordures sur la voie publique alors qu’on s’attend d’eux qu’ils consomment l’eau potable de façon responsable.L'idée d’une telle charte, née lors du Sommet de Montréal de 2002, s’inspire de la Charte européenne des droits de l’homme dans la ville, adoptée par quelque 250 villes d’Europe au cours des cinq dernières années.Mais alors que la charte européenne ne constitue qu’une déclaration de principes, la charte montréalaise pourra être invoquée par les citoyens qui estimeront que leurs droits n’auront pas été respectés et qui désireront porter plainte auprès de l’ombudsman de la Ville, Johanne Savard.Mais cette charte n’a pas le poids des chartes québécoise et canadienne des droits et libertés, qui peuvent être utilisées devant les tribunaux, a précisé le maire hier.Si l’ombudsman juge une plainte recevable, elle pourra mener son enquête et formuler des recommandations à l’administration municipale.Même si l’ombudsman n’a qu’un pouvoir de recommandation, le maire fait valoir que ce processus peut être plus efficace que le recours aux tribunaux, qui mettent pim sieurs années à se prononcer sur une cause.Une réserve Par mesure de protection, la Ville a pris soin de préciser, à l’article 31 de la charte, que ses engagements sont soumis aux limites de ses compétences et de ses ressources financières.Mais un citoyen pourrait du même coup évoquer cet article contre une administration municipale qui voudrait par exemple mettre fin aux programmes d’accès au logement abordable pour les familles moins nanties, a précisé le maire.«Je verrais très mal une administration ne pas donner suite aux initiatives qui ont déjà été prises par notre administration.Et si jamais c’était le cas, un citoyen pourrait dire que la Ville avait les moyens de le faire dans le passé.Pourquoi n ’aurait-elle pas les moyens de le continuer à l’avenir?Ça pourrait donc être invoqué devant la protectrice du citoyen», a expliqué Gérald Tremblay.La charte, qui a reçu l’aval du comité exécutif hier, devrait être adoptée par le conseil municipal le 20 juin prochain pour entrer en vigueur le 1er janvier 2006.L'administration entend toutefois demander au gouvernement du Québec de l’enchâsser dans la Charte de la Ville de Montréal afin qu’il soit plus difficile pour une administration municipale ultérieure d’y apporter des modifications.Montréal deviendra alors la première ville canadienne à disposer d’une charte des droits.Le Devoir Avancée importante dans la lutte contre le cytomégalovirus PAULINE GRAVEE c 1 ’¦ ' ' La reine Élisabeth II accepte un bouquet de lilas que lui tend une monarchiste d’Edmonton.DAN RIEDLHUBER REUTERS La reine rentre en Angleterre Des chercheurs de l’université McGill viennent d’élucider pourquoi certains individus résistent mieux que d’autres à une attaque perpétrée par le cytomégalovirus, un pathogène très répandu et appartenant à la grande famille des virus de l’herpès.Leur découverte, qui est publiée dans la revue Nature Genetics, devrait conduire à la mise au point de traitements efficaces contre ces infections virales qui peuvent être dévastatrices.Le cytomégalovirus (CMV) se transmet par tous les liquides organiques, dont la salive, le lait maternel et les sécrétions vaginales, ce qui le rend extrêmement contagieux.Tous les habitants des pays en voie de développement sont infectés par le CMV et entre 50 et 70 % des Américains du Nord l’auraient également contracté.Lorsque le CMV infecte une personne en bonne santé, il n’entraîne habituellement que des symptômes bénins, tels qu’un rhume accompagné d’une légère fièvre.Mais chez les individus dont le système immunitaire est affaibli, comme les nouveau-nés, les personnes atteintes du syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) et les greffés, les conséquences peuvent être nettement plus graves.Une première infection au CMV durant la grossesse peut induire un retard mental chez le bébé.De même, les personnes soumises à un traitement d’immunosuppression en raison d’une greffe d’organe sont particulièrement vulnérables au virus, qui peut être présent dans l’organe transplanté ou qui peut être transmis par une personne de l’entourage.Ces différentes circonstances peuvent entraîner le rejet du greffon, voire mener à la mort.Une fois que le CMV infecte un personne, il s’y installe à demeure.Et il n’est plus possible de s’en débarrasser.Le virus entre le plus souvent en dormance dans certaines cellules du système immunitaire et laisse la personne porteuse asymptomatique.Mais il peut se réactiver à l’occasion de stress importants.L’organisme libère alors de nouveaux virus dans les sécrétions et la personne devient contagieuse sans même en être consciente.C’est en étudiant une lignée de souris résistantes au CMV que l’équipe de Sylvia Vidal, chercheuse à l’université McGill, a identifié deux gènes participant à cette résistance.L’un de ces gènes fabrique un récepteur situé sur les cellules tueuses naturelles (natural killer), qui forment le tout premier bataillon s'attaquant aux pathogènes lorsque ceux-ci pénètrent dans l'organisme.Le second gène synthétise une protéine de la cellule hôte (que le virus colonise) à laquelle s’attache un fragment du virus présent dans la cellule afin qu'il devienne visible et soit repéré par différentes cellules du système immunitaire, notamment les cellules tueuses natu- relles et les cellules T, qui interviennent plus tardivement dans la guerre contre les pathogènes.Or c’est l’interaction entre ce récepteur localisé uniquement sur les cellules tueuses et ces protéines, dites présentatrices d’antigène, présentes sur les cellules hôtes, qui confère à ces souris leur résistance au CMV.la résistance génétique à certains pathogènes que possède un individu est liée à la capacité de ses mécanismes de défense à les identifier et à les détruire, rappelle la virologiste moléculaire Or la mobilisation des cellules tueuses est immédiate, contrairement à celle des cellules T qui doivent être éduquées.Les cellules tueuses naturelles permettent donc de mater l’ennemi avant qu’il ne progresse trop dans l’organisme.«Les cellules tueuses naturelles jouent un rôle très important dans l’élimination de l’infection, explique-t-elle.Car plus la charge virale initiale est importante, plus il y a de chances que le virus s'établisse dans l’organisme pour le reste de la vie de l’individu.Nos découvertes nous indiquent qu’en stimulant les cellules tueuses naturelles qui entrent en action au cours des premiers instants de l'infection et en les guidant vers ces parcelles de CMV que nous présentent les cellules infectées nous parviendrons peut-être à enrayer très vite l’infection et à éviter l’établissement de cet état de latence des virus dans le corps.» Sylvia Vidal avait précédemment mis en lumière chez une autre lignée de souris un premier mécanisme de résistance contre le CVM.Très semblable à celui récemment découvert, ce mécanisme se compose aussi d’un récepteur associé aux cellules tueuses naturelles, mais celui-ci reconnaît et se fixe directement sur une protéine du virus lui-même qui est exposée à la surface des cellules infectées.La chercheuse trouve toutefois étonnant qu’il existe deux mécanismes de résistance innés contre un seul et même virus, le CMV, car l’évolution naturelle a plutôt tendance à opter pour l'économie de moyens.«Ces deux récepteurs reconnaissent quelque chose du virus qu’il nous faut déchiffrer plus précisément, affirme-t-elle.Il s’agit d’une ‘‘étiquette’’ nous indiquant que la cellule est infectée par le CMV.Mais cette étiquette est peut-être commune à d’autres virus, comme celui de l’herpès génital, de la mononucléose ou de la varicelle, qui font tous partie de la même grande famille.» Les traitements que l’on élaborera à partir de ces découvertes pourraient donc s’avérer efficaces contre les infections induites par ces autres pathogènes.Bien que Sylvia Vidal ait effectué ses découvertes chez des souris, la chercheuse croit qu'un phénomène comparable existe aussi chez l'humain puisqu'on observe une variation de la susceptibilité au CMV au sein de la population humaine.Le Devoir Calgary — La reine Élisabeth II a rendu hommage au passé militaire du Canada hier alors que prenait fin à Calgary sa visite officielle de neuf jours dans l'ouest du pays.In monarque britannique et sop époux, le prince Philip, duc d’É-dimbourg, se sont rendus au Musée des régiments, où les objets exposés témoignent de la contribution des Forces armées canadiennes à l’histoire du pays.La reine a profité de l’occasion pour rencontrer des officiers de trois régiments dont elle est le colonel en chef: les Calgary Highlanders, le King’s Own Calgary Regiment et le 33' Escadron de génie.Washington — Le Sénat américain a estimé hier que David Wilkins, un politicien conservateur de la Caroline du Sud, était exactement l’homme qu’il fallait pour rétablir de meilleurs rapports diplomatiques aveç le Canada à un moment où les États-Unis ont besoin de rallier leurs alliés.M.Wilkins, un conservateur modéré de 58 ans, a été très actif dans les campagnes de finance ment du Parti républicain et a dirigé les deux campagnes électorales du président George W.Bush à la Maison-Blanche dans son État, fi a également été président de la législature de la Caroli- L’une des personnes invitées était une femme de 89 ans, Helen Kozicky, venue à la rencontre de la reine en fauteuil roulant, vêtue de son uniforme militaire.Mme Kozicky avait en sa possession une photo datant de 1951 la montrant en train de remettre un petit point à la reine.«Pour moi, cela est très important», a-t-ellç affirmé.A la suite de son passage au musée, le couple royal a pris part à un déjeuner officiel au Centre du Stampede en présence de 600 personnes, parmi lesquelles des dignitaires comme le premier ministre fédéral Paul Martin et son homo- ne du Sud pendant dix ans.Sa nomination à titre d’ambassadeur américain au Canada doit être entérinée par le Sénat M.Wilkins a déjà indiqué que ses priorités étaient la sécurité et le commerce, en particulier le règlement des conflits sur le bœuf et le bois d’œuvre.En matière de sécurité, il a déclaré qu’il presserait le Canada de mettre en œuvre dans son intégralité le plan d’action pour une frontière intelligente, qui a fait l’objet d’un accord entre les deux pays en 2001.M.Wilkins juge par ailleurs trop sévère le projet de la secrétaire d’Ëtat Condoleezza Rice d’exiger un passeport des visiteurs qui logpe de l’Alberta, Ralph Klein.Élisabeth II et le prince Philip ont conclu leur visite à Calgary en assistant, au Saddledome, à un spectacle mettant l’accent sur le patrimoine et les valeurs du sud de l’Alberta tout en visant à célébrer le centenaire de la province ainsi que le passé, le présent et l’avenir de Calgary.La reine, dont il s’agissait du 22e voyage au Canada — le 2T en tant que monarque —, s’est ensuite envolée en direction du Royaupie-Uni en compagnie du duc d’Édimbourg.Le couple royal était arrivé au pays le 17 mai afin de prendre part traversent fréquemment la frontière dans les deux sens.Cela étant, M.Wilkins affirme qu’il ne se mêlera pas de la politique canadienne comme l’a fait son prédécesseur, Paul Cellucci.Selon lui, le Canada s’est avéré «un ami fidèle dans la guerre contre le terrorisme».Il a rappelé que les Canadiens avaient ouvert leurs aéroports aux voyageurs américains lorsque de nombreux avions de ligne avaient dû atterrir en sol canadien lors des attentats du 11 septembre 2001.Le président du comité sénatorial qui doit ratifier le choix de M.Wilkins, le sénateur Norm Coleman.aux célébrations du centenaire de l’adhésion de la Saskatchewan et de l’Alberto à la Confédération.La visite royale a été marquée par un temps pluvieux et venteux partout où la reine s’est rendue.Il est tombé des trombes d’eau lors de la première journée complète passée par la monarque à Regina, mercredi dernier, puis à Edmonton, lundi.Les fortes pluies ont d’ailleurs contraint les organisateurs à écourter le programme des activités prévues au stade du Commonwealth d’Edmonton ce jour-là.du Minnesota, a pour sa part affirmé qu’il «serait impossible de surestimer» l’importance d,es relations entre le Canada et les Etats-Unis.«Parfois, nous tenons pour acquis notre relation d’amitié avec le Canada.Mais il est essentiel de comprendre que cette relation est primordiale.» «Nous sommes en guerre», a pour sa part déclaré la sénatrice Lindsey Graham, de la Caroline du Sud.«Nos relations avec le Canada sont tendues.H nous faut y envoyer quelqu'un qui donnera de nous la meilleure image possible.» Presse canadienne Presse canadienne Le Sénat américain veut améliorer ses relations avec le Canada Menace de grève Les travailleuses de 310 centres de la petite enfance (CPE) menacent de tenir trois jours de grève, soit les 3, 6 et 7 juin, si les négociations avec le gouvernement portant sur l’équité salariale ne progressent pas.La CSN a indiqué hier que les pourparlers sur ce sujet durent maintenant depuis quatre ans et que le syndicat compte bien en arriver à une entente d’ici le 3 juin.Sinon, il y aura de-brayage, ce qui toucherait environ 25 000 enfants à travers le Québec.«Le gouvernement et les associations patronales savent depuis janvier que nos membres tiennent à ce qu une entente sur l’équité EN B salariale intervienne ce printemps.À notre avis, si toutes les parties y mettent du leur, aucune raison ne devrait retarder cette conclusion», a indiqué hier dans un communiqué Ginette Lavoie, représentante du secteur des CPE à la CSN.- PC Pour une loi plus musclée Environ 1500 jeunes ont réclamé hier un peu plus de muscle au projet de loi sur le tabac du ntinistre de la Santé.Une élève de cinquième secondaire.Janie Blouin-Grondin, a déposé hier au Parlement de Québec une pétition réclamant un meilleur contrôle R E F de la promotion des produits de l’industrie du tabac.Les jeunes signataires se disent déçus de ne pas retrouver dans le projet de loi du ministre Philippe Couillard une mesure qui viserait à contrôler la promotion des produits de l’industrie du tabac aux points de vente par des affiches, des murs promotionnels.des présentoirs et autres étalages visibles.«Comment pourra-t-on réussir à convaincre les jeunes de la dangerosité réelle des produits de l'industrie du tabac si le gouvernement continue à permettre l’étalage de paquets de cigarettes dans tous les dépanneurs de la province comme si le tabac était un produit de consommation ordinaire?», a fait valoir Janie Blouin-Grondin.- Le Devoir Jenny Skene cède sa place .Apres un peu plus de 11 ans à la tête de la J Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), sa présidente Jenny Skene estime qu’il est temps de tirer sa révérence.«Je quitte au moment où je décide de le faire et où les membres ont ' encore le goût de me garder.Mon mandat n ’a pas été facile et le temps est venu de céder ma place à la présidence», a-elle fait valoir hier par voie de communiqué.Celle qui prendra sa place sera élue à 1 occasion du septième congrès de la FIIQ, qui se déroulera du 6 au 10 juin, à l’Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe.- Le Devoir LE DEVOIR, LE JEUDI 2 R MAI 2 0 0 5 E MONDE MONA S H ARA F REUTERS Malgré l’interdiction, des opposants au président Moubarak ont manifesté hier au Caire.if 93 Amendement constitutionnel / Egypte : peu votants au Caire Le Caire — Les Égyptiens ont été peu nombreux à voter au Caire hier pour le référendum sur l’amendement constitutionnel controversé instituant l’élection du chef de l’État au suffrage universel, mais les autorités assurent que la participation a été beaucoup plus forte en province.«Le taux de participation est faible au Caire et dans sa région, mais nettement plus fort en Haute-Égypte [sud] et dans les provinces du Delta», a indiqué une source au ministère de l’Intérieur peu après la clôture du scrutin.Les résultats définitifs du référendum, que l’opposition a appelé à boycotter, doivent être promulgués cet après-midi.Quelque 32,5 millions d’électeurs inscrits dans 54 000 bureaux de vote étaient appelés à se prononcer sur un amendement à la Constitution instituant pour la première fois l’élection du président de la République au suffrage universel parmi plusieurs candidats.Malgré l’interdiction formelle du ministère de l’Intérieur, des manifestations appelant au boycottage du référendum ont eu lieu au Caire et à Ismailia, sur le canal de Suez, qui se sont soldées par 30 interpellations, selon la police.La manifestation au Caire, que la police, aidée de militants du parti au pouvoir, a dispersée à coups de matraques, était organisée par le mouvement Kefaya (Assez!), et celle d’Ismaïlia par un front de partis de l’opposition légale et des Frères musulmans, mouvement interdit mais toléré, qui constitue la première force d’opposition au régime du président Hosni Moubarak.En revanche, les électeurs de la Haute-Égypte et du Delta, notamment les femmes, se seraient déplacés massivement, selon la source du ministère de l’Intérieur.Dans une déclaration à la presse, le président du Sénat, Safouet el-Chérif, s’était félicité dès la fin de la matinée du «raz de marée» de la participation, affirmant que «les appels au boycottage de l'opposition avaient échoué».Des autobus et des véhicules de transport ornés de portraits du chef de l’État et de slogans du PND ont déversé des électeurs, notamment des fonctionnaires, aux abords de plusieurs bureaux de vote de la capitale.Selon les autorités, ils ont été mobilisés par des «volontaires».Les principaux partis légaux (Wafd, Tagamoo, Parti nassérien et al-Ghad) et les Frères musulmans ont appelé au boycottage du référendum, estimant que les conditions que l’amendement constitutionnel impose aux candidats indépendants à la présidentielle sont extrêmement restrictives.Ils demandent en outre l’abrogation de l’état d’urgence en vigueur depuis l’assassinat du président Anouar el-Sadate en 1981, la réduction des pouvoirs du président de la République, la réduction du temps passé à la présidence à un maximum de deux mandats de quatre ans et le renforcement du rôle du Parlement Agence France-Presse Visite à Washington Abbas veut des engagements clairs Washington — Le leader palestinien Mahmoud Abbas a réclamé un engagement, américain clair en faveur d’un État palestinien en entamant sa première visite à Washington depuis son élection en janvier à la tête de l’Autorité palestinienne.•Nous voulons des États-Unis, comme nous l’avons.répété à plusieurs reprises, une position politique claire pour l’application de la Feuille de route ainsi qu’un soutien économique», a déclaré M.Abbas à des journalistes dans la nuit de mardi à hier, peu après son arrivée à Washington.«Nous espérons pouvoir obtenir cela», a ajouté le président de l’Autorité palestinienne, qui enchaînait les rencontres avec des parlementaires américains hier avant d’être reçu aujourd'hui à la Maison-Blanche par le président américain George W.Bush.La Feuille de route est un plan de paix international qui prévoit la création d'un État palestinien indépendant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, en principe en 2005.Ce plan, que Washington parraine avec l’Union européenne, la Russie et l’ONU, est resté lettre morte depuis son lancement à Tété 2008.•Nous espérons que cette visite fosse avancer le processus de paix et contribue au succès des efforts déployés en ce sens parce que nous af foontons de graves dfficuités», a preo sé le porte-parole palestinien Nabfl Abou Roudeina L’accueil de Washington a été plutôt chaleureux, bien que prudent Alors que son prédécesseur Yasser Arafat, accusé de complicité avec le terrorisme, était persona non grata à Washington, M.Abbas sera reçu à la Maison-Blanche par un président américain qui a salué à plusieurs reprises sa détermination à mettre fin à la violence.M.Abbas «a fait de très bonnes choses», a également souligné la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice.•Je crois qu’il n’y a aucun doute que c’est une direction palestinienne différente de ce que nous avions par le passé, c’est quelqu’un qui prend des engagements.» Mme Rice a ajouté que les forces de sécurité palestiniennes devaient continuer à se réformer mais a insisté sur le fait que le nouveau président de l’Autorité palestinienne avait «foit beaucoup de bons changements structurels» depuis son élection, en janvier.Les parlementaires sont pour leur part restés discrets sur la teneur de leurs entretiens avec M.Abbas.«Un État palestinien stable et pacifique est nécessaire pour protéger les intérêts américains et parvenir à la sécurité à long terme au Proche-Orient», a souligné le président républicain de la commission des Affaires étrangères, Henry Hyde.Mahmoud Abbas fera un arrêt à Ottawa demain pour rencontrer le premier ministre Paul Martin.Agence France-Presse L’ETA frappe en plein Madrid L’explosion d’une voiture serait la réponse de l’organisation aux offres de pourparlers DANIEL TROTTA EMMA P INEDO Madrid — L'explosion d’une voiture piégée a fait 34 blessés hier dans le nord-est de Madrid, attentat qui semble constituer une réponse de l'organisation séparatiste basque ETA aux offres de pourparlers du gouvernement espagnol.La bombe, placée dans un véhicule volé, a explose dans le quartier de San Bias 45 minutes après qu'un journal basque eut reçu un avertissement d'un correspondant qui se réclamait de l’ETA L'appel téléphonique a permis à la police d’évacuer les lieux, mais des dizaines de personnes ont été blessées par des éclats de verre ou par le souffle de la déflagration.L’explosion a détruit au moins cinq voitures et brisé les vitres des bâtiments voisins, ont rapporté témoins et médias.Selon le ministre de l’Intérieur, José Antonio Alonso, la bombe contenait entre 18 et 20 kilos d’explosife.L’ETA semble vouloir ainsi répliquer aux autorités huit jours après que le Parlement espagnol eut autre risé le gouvernement à ouvrir des négociations de paix avec l’organisation séparatiste si celle-ci acceptait de désanner.L’attentat survient 48 heures après l’arrestation en France de trois membres présumés de l’ETA et quelques heures avant la comparution de deux dirigeants de Batasuna (interdit en tant que «vitrine politique» de l’ETA) devant un tribunal de Madrid pour appartenance à l’organisation clandestine.Le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a condamné l’attentat comme un «acte de terrorisme».«Im seule option du groupe terroriste ETA est de renoncer aux armes et de se dissoudre», a dit Zapatero au Sénat.L’ETA a tue près de 850 personnes depuis le lancement en 1968 de sa campagne d'attentats et d'assassinats visant à créer un Etat basque indépendant couvrant le nord-ouest de l’Espagne et le sud-ouest de la France.Le groupe a été affaibli ces dernières années par des operations de police qui ont entraîné l'arrestation de centaines de ses membres en France et en Espagne.Il a poursuivi ses attentats à la bombe de façon sporadique, sans toutefois faire de morts depuis le 30 mai 2003, date à laquelle un de ses engins explosifs avait tué deux policiers et grièvement blessé un troisième agent dans le nord de l'Espagne.Selon le plan adopté au Parlement le 17 mai, l’ETA devra «se dissoudre et déposer les armes» avant que le gouvernement n’accepte d'entamer des négociations avec lui.le Parti populaire (PP) de centre-droit a combattu cette initiative, accusant le gouvernement de céder aux terroristes.Alberto Ruiz-Gallardon, maire de Madrid et dirigeant du PP a adressé hier un message indirect à Zapatero: «Nous devons engager tout un chacun à ôter les œillères qui pourraient lui foire croire que l’ETA est autre chose que ce qu 'il est.L’ETA est un groupe terroriste.» Reuters % m "-v # JOSE MIGUEL GOMEZ REUTERS Une paysanne bolivienne a fait face à la police antiémeute hier à La Paz.Des militaires demandent la démission du président bolivien EN BREF Acquitté pour le meurtre de six Tchétchènes ^ Moscou — Un officier russe ac-| cusé du meurtre de six Tchétchènes a été bliuichi hier par un tribunal russe, qui a estimé que ce militaire n'avait tait qu’exécuter les ordres, ce qui a suscité l’indi-I gnation en Tchétchénie.Edouard i Ulman avait été une première fois acquitte la semaine dernière.C’était la deuxième fois que cet officier et trois autres soldats russes étaient acquittés, malgré les témoignages attestant qu'ils avaient tué six Tchétchènes puis tenté de faire disparaître les corps, la décision du tribunal a provoqué l'indignation en Tchétchénie, en proie à une rébellion séparatiste depuis la chute du régime soviétique, l es Tchétchènes, qu’ils soient prorusses ou indépendantistes, ont dénoncé le verdict, qu'ils assimilent à une légalisation des atteintes aux droits de l’homme.- Reuters Le Sénat étudie le cas Holton Washington — le Sénat américain a commencé hier son débat en séance plénière sur la nomination très controversée de John Bolton au poste d'ambassadeur à l’ONU, que la commission des Affaires étrangères avait refusé d’appuyer il y a deux semaines.La majorité républicaine, qui dispose de 55 des 100 sièges de sénateurs, affichait un optimisme prudent sur les chances de confirmation de cette nomination lors d’un vote prévu d’ici la fin de la semaine.La commission des Affaires étrangères avait pris l’initiative très inhabituelle le 12 mai dernier de soumettre cette nomination directement à un débat en séance plénière, aucune majorité ne s’étant manifestée en faveur de M.Bolton, fervent partisan de la guerre en Irak et d'une ligne dure envers l’Iran et la Corée du Nord.-AFP Chili : Alvear renonce Santiago — L’ex-ministre des Affaires étrangères chilienne, la démocrate-chrétienne Soledad Alvear, a surpris la classe politique de son pays et renoncé à sa candidature pour la présidentielle de décembre, laissant la voie libre à Tex-ministre Michelle Bachelet, pasionaria de la gauche.Mme Alvear a annoncé sa décision tard mardi soir.«Je souhaite, énormément de succès à Michelle et je suis sûre qu 'en mars prochain, elle entrera à In Moneda en tant que première femme présidente du Chili», a-t-elle dit.les deux femmes étaient données au coude-à-coude par les instituts de sondages pour succéder au président socialiste Ricardo Lagos.-AFP La Paz — La mobilisation sociale a marqué une pause hier en Bolivie, au lendemain de manifestations violentes, mais la crise s’est compliquée avec l’irruption d’un groupe militaire inconnu laissant craindre des velléités putschistes, dénoncées par la classe politique.Un groupe d’officiers qui s’est présenté sous le nom de mouvement militaire générationnel a fait une intervention-surprise sur une chaîne de télévision privée, exigeant le départ du président Carlos Mesa et une refonte des structures du pays.«Qu’il laisse place à un gouvernement du peuple», a déclaré le lieutenant-colonel Julio César Galindo.Un autre officier, le lieutenant-colonel Julio Herrera, a précisé qu’il ne s’agissait «pas d’un coup d’État militaire», même si le groupe a dit vouloir «prendre les commandes pour changer les structures du pays, lui donner une nouvelle vision».Les forces armées boliviennes ont rapidement dénoncé les «attitudes putschistes» de ce groupe, qui ne •reflète pas le sentiment des membres des forces armées», lesquelles défendent «l’état de droit, la démocratie et les institutions du pays».L’intervention de ce groupement a contribué a souder la classe politique bolivienne, qui a exprimé son attachement à la démocratie, restaurée en 1982 après plusieurs décennies de régimes militaires.Le parlementaire libéral Enrique Urquidi a estimé que ce message témoignait de la volonté de certains d’établir une dictature populaire inspirée inexpériences vécues dans d’autres pays».D faisait allusion à des déclarations la veille du chef de la Centrale ouvrière bolivienne, Jaime Solares, qui s’était dit prêt a soutenir un militaire du style du pré- sident vénézuélien Hugo Chavez si cela pouvait résoudre la crise politique bolivienne.Ces trois derniers jours, il est parvenu à mobiliser ses militants, notanunent les mineurs, dans des manifestations qui ont dégénéré mardi en affrontements avec la police et l’armée faisant six blessés légers.La COB de M.Solares conteste une nouvelle loi sur le gaz jugée trop favorable aux compagnies étrangères.M.Solares est en faveur d’une nationalisation du secteur alors que la loi prévoit des royalties de 18 % et un impôt non révisable de 32 %.Le texte a été promulgué il y a huit jours par le Parlement malgré l'opposition du président Mesa.Même le leader de l’opposition, Evo Morales, chef des producteurs de coca, a critiqué la démarche/iu groupe d’officiers, affirmant rejeter «tout coup d'État militaire d’où qu’il vienne».Le gouvernement n'a pas réagi directement, mais le président Mesa a indiqué par deux fois mardi qu’il entendait finir son mandat alors que 8000 manifestants défilaient sous ses fenêtres.Le médiateur Waldo Albarradn, mandaté par le gouvernement, a intensifié les consultations pour organiser une rencontre nationale de réconciliation, alors que trois routes importantes menant au Pérou et au Chili restaient bloquées par des manifestants.M.Albarradn veut essayer de faire discuter des secteurs aussi opposés que les radicaux de Solares et les représentants des provinces de Santa Cruz et de Tarija, qui réclament l’autonomie de ces régions prospères.Agence France-Presse Coran : des gardiens fautifs à Guantanamo Washington — Plusieurs prisonniers de Guantanamo se sont plaints de maniéré répétée de l’attitude irrespectueuse de leurs gardiens envers le Coran, l’un d’entre eux ajoutant que le livre sacré de l’islam avait été jeté dans les toilettes, selon des documents dévoilés hier par l’ACLU.Ces documents, obtenus et rendus publics par TAmerican Civil Liberties Union (ACLU), prindpale organisation américaine de défense des droits civiques, et qui ont été transmis à la presse, rassemblent un résumé d'entretiens menés entre des détenus et des agents du FBI entre 2002 et 2003.Es montrent que le traitement du Coran était un sujet de contentieux entre les détenus et leurs gardiens, conduisant des prisonniers a mener une grève de la faim ou à menacer de suicide en masse.La plupart des plaintes soulignent qu’en matière de punition, les gardiens leur retiraient l'usage du Coran.Tous n’ont pas vu de leurs yeux le Coran profané, mais certains ont indiqué que le livre sacré avait été jeté par les gardiens, l’un d’eux affirmant l’avoir vu jeté dans les tofleües.Ces témoignages surviennent peu de temps apres l'affaire du Coran présumé profané qui avait été divulguée par l’hebdomadaire Newsweek le 2 mai.Agence France-Presse La nourriture diminue au Darfour Genève —les stocks de vivres diminuent dangereusement au Darfour, où des millions de personnes dépendent désormais de l’aide alimentaire, a averti hier le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui a décidé d'augmenter son aide.•Dans cette région, dans un climat d’insécurité généralisée, les agriculteurs ont de grandes difficultés à ensemencer leurs champs, a expliqué l’organisation dans un communiqué.La saison dernière, moins de.30 % des terres arables ont été cultivées et cette situation devrait encore s’aggraver», précise-t-elle.-AFP Washington n’est pas d’accord Washington — La Maison-Blanche a qualifié hier de ridicules et infondées les critiques d’Amnesty International accusant Washington de duplicité pour chercher à contourner l’interdiction de la torture.«Je pense que ces accusations sont ridicules et ne sont pas fondées sur des faits», a affirmé le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan.•lœs États-Unis memtrent la voie pour ce qui est de protéger les droits de l’homme et la défense de la dignité humaine», a-t-il ajouté.Amnesty International a accusé les autorités américaines de se draper dans les idéaux de justice et de liberté alors que, dans le même temps, plusieurs de ses soldats ont été accusés de torture et de mauvais traitements dans la prison irakienne d’Abou Ghraib ou à Guantànamo.-AFP LE DEVOIR.LE J E L' D ! 2 H MAI 2 0 0 5 A f» D I T 0 R I A L Aveu de faiblesse Le gouvernement irakien éprouvant toutes les difficultés du monde à pacifier le pays, il vient de demander à l'ONU une prolongation du mandat des forces de la coalition.Ce faisant, l’administration Bush ne sera pas en mesure d’amorcer le rapatriement, prévu en décembre prochain, du contingent qu’elle maintient à Bagdad et ailleurs.La situation va de mal en pis.1 y a peu, l’état-major américain envisageait avec un certain optimisme la suite des événements en Irak.Généraux et colonels croyaient être en mesure de sonner le rappel des troupes à la fin de la présente année ou au début de la prochaine.Ce n’est plus du tout le cas.La flambée de violence des dernières semaines s’est soldée par une révision de l’hypothèse dessinée par le Pentagone.Un chiffre en particulier est révélateur: au cours du présent mois, on a dénombré 25 attentats à la voiture piégée, soit autant que ceux inventoriés pour toute l’année 2004.Cette détérioration découle en grande partie d’un fait militaire.Selon le grand patron des troupes américaines au Moyen-Orient, le général John P.Abizaid, l’entraînement des forces de sécurité irakiennes n’a pas du tout donné les résultats escomptés.Tout avance à pas de tortue.On compte en effet 65 000 hommes en uniforme sur les 160 (XX) jugés nécessaires à la pacification du pays.Autrement dit, on ne peut pas encore tabler sur le remplacement progressif des soldats de la coalition.Pour ce qui est maintenant des relations entre sunnites et chiites, l’aigreur est de plus en plus vive, les accusations réciproques se déclinant de plus en plus sur le mode de la violence.Là également, la dégradation laisse présager des lendemains plus cahoteux que ceux qu’on espérait.Chose certaine, on ne peut pas espérer une amélioration à court terme des rapports entre ces deux communautés.D’autant moins que les sunnites estiment avoir été provoqués de façon aussi gratuite que brutale.A ce propos, deux épisodes méritent d’être soulignés.Tout d’abord, on se rappellera que la semaine dernière, le ministre iranien des Affaires étrangères s’est entretenu à Bagdad avec le premier ministre irakien Ibrahim al-Jafaari.Au terme de cette rencontre, un communiqué conjoint a été publié dans lequel les autorités irakiennes reconnaissaient que c’est bel et bien Saddam Hussein qui avait donné le coup d’envoi à la guerre entre les deux nations.Ce mea-culpa a contrarié les sunnites irakiens au plus haut point La raison?Il est exact que bien des dignitaires irakiens d’aujourd’hui s’étaient à l’époque exilés en.Iran! Le deuxième épisode annonce pour sa part de violents heurts entre ces groupes.La Brigade du Madhi, cette milice chiite commandée par le radical Moqtada al-Sadr, a joint ses efforts à ceux des policiers dans les raids lancés contre les mosquées sunnites qui se sont conclus par la mort de représentants religieux.Lorsqu’on additionne les faits, et seulement les faits, observés au cours des derniers jours, il est évident que l’ordre du jour politique élaboré par les Içaders irakiens et l'administration américaine vient d’imploser.A moins d'un miracle, il est peu probable que la rédaction de la Constitution soit achevée pour la mi-août comme prévu.Et comme le référendum sur cette question et les élections générales sont arrimés au dépôt de la loi fondamentale, il est fort probable qu'il faudra décaler le tout.Et voilà qu’en plus, le calendrier strictement militaire est lui aussi appelé à être révisé.Qu’on le veuille ou non, c’est la pagaille dans tous les coins, sur tous les fronts.A moins d’être aveugle, il faudra bien finir par reconnaître que la planification de l’après-guerre s'est conjuguée avec l’ineptie et une bonne dose de vanité.Serge Truffaut Raconter aintenant qu’il est confirmé que Nathalie Simard est bel Met bien la petite fille dont Guy Cloutier avait abusé, maintenant qu’on comprend qu’il a eu sur elle tous les pouvoirs, maintenant que la poussière est retombée sur la poursuite criminelle et que l’homme est emprisonné, il ««J reste à écouter ce que la jeune femme a à dire.Il n'est pas mauvais qu’il se soit écoulé des mois entre les procédures criminelles et la poursuite civile déposée hier, qui exigeait de révéler l’identité de Mme Simard.Pas mauvais que les confessions publiques, qui débuteront ce soir et se poursuivront dans un livre, aient mis un certain temps à être faites.Cette histoire est si grave quelle avait besoin de plus de sérénité que de déballage afin de mieux en appréhender l’ampleur.Le Québec a vu grandir Nathalie et avait fait de Guy Cloutier, déjà un pivot de notre vedettariat local, le bienfaiteur de la famille Simard.Tout ce qui aurait pu ternir cette image d’Epinal ne pouvait qu’être vivement rejeté, ce que Nathalie Simard a toujours pleinement mesuré.H fallait donc des circonstances particulières pour parler publiquement.La poursuite au criminel a été une première étape, qui a eu d’autant plus de force qu’il n’y a pas eu de procès mais un plaidoyer de culpabilité de la part de Guy Cloutier.On a beaucoup dit qu’il a ainsi évité l’opprobre.Nous estimons toujours que c’est Nathalie Simard qui a été la grande gagnante de cette stratégie.Le seul exemple de Sophie Chiasson.dont la vie intime a été étalée en cour simplement parce qu’elle se défendait des niaiseries de Jeff Pillion, suffit pour faire réfléchir.Cela a été épargné à Mme Simard.Mieux encore, tout le Québec a été obligé de la croire.On vient de franchir la deuxième étape: une poursuite civile visant à réparer les torts causés.Ceux-ci sont nombreux.et la requête est à la hauteur.Mais elle a été déposée sans cirque médiatique par une femme maintenant assez forte pour aller jusqu’au bout de sa démarche juridique.Reste l'autre étape: l'ex-enfant-vedette qui parle à son public.La jeune femme a été blessée pendant des années par quelqu'un qu'elle admirait.Le public, lui, a été floué.Il a besoin de comprendre son aveuglement.Elle lui expliquera tout ce soir à TVA à ses conditions — et l'argent est ici plus secondaire qu'on ne l’a d’abord cru.Peut-être que cette histoire, jusqu'ici caractérisée par la dignité de Mme Simard mais aussi par celle de la famille Cloutier, finira par être ternie par la surenchère.Il suffira alors de revenir à la décision sur la peine rendue en décembre par le juge Robert Sansfa-çon, ainsi qu'à la requête déposée hier, pour retrouver l’essence du drame.Les tiens de Nathalie Simard avec Guy Cloutier?*Un père de remplacement et un mentor, à qui elle t
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