Le devoir, 3 août 2009, Cahier A
X* ACTUALITES Karlheinz Schreiber a été expulsé vers l’Allemagne Page A 2 y \ ?w w w .1 e (I e v o i r.c o m ?«fr'i r ri ATTENTAT Les homosexuels de Tel-Aviv sont sous le choc Page A 4 LE DEVOIR V o i.C N " 1 7 2 ?L E L II N I) I 3 A O Û T 2 0 0 il I , 1 0 $ + T A X K s = 1.23$ LE GRAND ART, LA GRANDE JULIETTE PEDRO RUIZ LE DEVOIR DES TEXTES qui parlent au présent d’hier comme au présent d’aujourd’hui, une voix qui les porte et qui porte, le geste qu’il faut quant il faut, un accordéon, le piano de Gérard Jouannest et un public fidèle au rendez-vous: le récital que présentait Juliette Gréco hier à la salle Maisonneuve de la PdA était, comme au premier soir du Boeuf sur le toit 60 ans plus tôt, la démonstration d’un art d’interprétation sans artifices, mais non sans théâtre.Lire la critique de Sylvain Cormier sur le site www.ledevoir.com.Le pire serait à venir en Afghanistan L’OTAN poursuit une grande opération en vue des élections ALEC CASTONGUAY Le niveau de violence a beau atteindre des sommets en Afghanistan, les trois prochaines semaines pourraient être encore pires, prévient le brigadier-général Jonathan Vance, qui dirige les Forces canadiennes à Kandahar.Une situation qu’il juge toutefois temporaire, puisque la nouvelle approche de l’OTAN et du Canada dans ce pays en guerre pourrait stabiliser la région à moyen terme.Les talibans ont récemment appelé au boycottage de l’élection présidentielle prévue le 20 août prochain en Afghanistan et promis de s’y opposer avec énergie.Dans ce contexte, le pire pourrait être encore à venir, estime Jonathan Vance, qui a accordé une longue entrevue téléphonique au Devoir vendredi, à partir de son quartier général de Kandahar.«Je pense que la possibilité est forte que les insurgés tentent de déstabiliser l’élection, dit-il.Ils vont continuer à utiliser des engins explosifs improvisés.Ils vont tenter d’empêcher les gens de voter.C’est assez clair qu’ils vont essayer.On verra s’ils parviendront à leurs fins, car on a pas mal réussi à les contrecarrer depuis quelques mois.Ils sont plus en mode “réaction” qu’en mode “offensive”présentement.Ils ont de la difficulté à monter des attaques d’envergure qui fonctionnent.» Depuis le début de la mission canadienne en Afghanistan, 127 militaires ont perdu la vie, dont sept depuis le début du mois de juillet.Hier, deux VOIR PAGE A 8: AFGHANISTAN le brigadier-général Jonathan Y'ance Lire aussi en page A 3 ¦ Deux autres soldats de Valcartier sont tués ¦ Les députés britanniques jugent sévèrement la mission afghane AGENCE FRANCE-PKESSE IRAN Khatami dénonce line « mise en scène » judiciaire ¦ À lire en page B 1 INDEX Annonces.B (i Avis publics.B 2 Culture.B 8 Décès.B 6 Économie .A 5 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 5 Monde.B 1 Mots cnnsés.B 5 Religions.B 6 Sudoku.B 6 Télévision.B 7 L’ENTREVUE L’espoir d’un Maghreb pour les femmes JACQUES NADEAU I.E DEVOIR La psychanalyste marocaine Ghita El-Khayat Port du voile, femmes et politique, en matière de débats féministes, la psychanalyste marocaine Ghita El-Khayat n’en est pas à ses premières armes.En lice pour le prix Nobel de la paix 2008, cette militante a des idées révolutionnaires pour le Maghreb, où les femmes ont un grand rôle à jouer, insiste-t-elle.Entretien.LI S A - M A R1 E GER VAIS Si menue et délicate qu’elle soit, il y a quelque chose de plus grand que nature qui émane de Ghita El-Khayat.Et pour cause.Avec ses quatre doctorats et 37 livres à son actif, cette psychanalyste marocaine âgée 65 ans en impose.Assise sur la terrasse du Hilton-Bonaventure de Montréal, la militante féministe parle avec passion de ce qui l’anime.«Le Maghreb se fera avec les femmes ou ne se fera pas du tout.Et pour l'instant, il n'est toujours pas fait», lance-t-elle à brûle-pourpoint.Cette animatrice de radio, passionnée des arts et de la lit- térature, était de passage au Québec en mai dernier dans un dessein tout féministe: elle avait été invitée par des historiens à participer au colloque «Femmes, culture et pouvoir» organisé par l’université de Sherbrooke et auquel participait Micheline Dumont, la grande spécialiste de l’histoire des femmes.«J’ai lu les textes fondateurs — la Charte de création du Maghreb est énorme! —, mais je n ai pas trouvé un seul mot sur les femmes.J'ai donc fait ma Micheline Dumont en disant que le problème de ces pays, c’était l’absence des femmes», a indiqué Mme El-Khayat qui ne manque VOIR PAGE A 8: MAGHREB ÉTUDE Les urbains marchent, les banlieusards jardinent MÉLISSA GUILLEMETTE Les «450» et autres banlieusards du pays sont aussi actifs que les résidents des grandes villes, selon une étude de Statistique Canada.La plupart des études sur le sujet, surtout américaines, démontraient jusqu’à présent que les banlieues nord-américaines, par leur urbanisme, favorisent la sédentarité et l’utilisation de la voiture pour tous les déplacements, tandis que les villes incitent davantage à se déplacer à pied ou à vélo.Peut-être, admet Martin Turcotte, analyste chez Statistique Canada, mais les banlieusards passent plus de temps que les autres à travailler sur leur terrain, ce qui compense leur tendance moins forte aux déplacements actifs.Les déplacements utilitaires sont effectivement deux fois plus populaires chez les résidents de grands centres, qui vont pédaler ou marcher pour se rendre au travail ou à l’épicerie un peu moins d’une fois sur trois, contre environ une fois sur sept pour les habitants de quartiers VOIR PAGE A 8: URBAINS Le jardinage contribue-t-il à la bonne forme physique?A * 4 V 77831302380032 LE D E V 0 I K .LE LUNDI 3 AOÛT 200 !) ONTRlAL AVANT-APRES “ Quartier des spectacles en émergence, CHUM à édifier, échangeur Turcot à reconstruire, campus de Concordia redéployé, carrefour du Parc-des Pins enfin redessiné.Les projets qui refaçonnent le visage de Montréal ne manquent pas ces jours-ci.Mais, à toutes les époques, la ville s’est bâtie et rebâtie, faisant disparaître, bouger ou apparaître des repère» visuels qui marqueront leur époque.Tous les lundis de l’été, un petit voyage photographique dans le passé vous en fera la démonstration.SOURCK E.N.M., BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEÇ, DIRECTION DU CENTRE D'ARCHIVES DE MONTRÉAL, SERIE OFFICE DU FILM DU QUEBEC, E6, S7, SSI, P612051 GUILLAUME SAINT-JEAN Le collège Sainte-Marie en 1961, rue Dorchester Sur le même emplacement s’élève aujourd’hui une tour logeant les bureaux de SNC-Lavalin.-¦ns! rSi/a«l WÈÊÊ k MW ^^3 W .: '.tm D’un collège classique à une firme d’ingénierie de réputation mondiale Les générations d’anciens élèves du collège Sainte-Marie ne reconnaîtraient plus les lieux, désormais occupés par une tour de granit et un terrain vague Dans l’ombre de la place Félix-Martin se dresse, au coin des rues Bleury et René-Lévesque, un terrain qui abritait autrefois une institution phare de l’enseignement à Montréal: le collège Sainte-Marie.Mais il n’en subsiste guère de traces: c’est plutôt l’un des emblèmes du Québec des affaires qui se dresse maintenant sur les lieux.GUILLAUME SAINT-JEAN En 1846, les pères jésuites souhaitent créer à Montréal un lieu d’enseignement destiné aux laies de toutes classes.Pour ce faire, ils achètent le lot situé à l’intersection des rues Bleury et Dorchester (aujourd’hui René-Lévesque) au coût de 12 500 livres, selon un contrat stipulant que le terrain ne pourrait être utilisé à d’autres fins que pour l’éducation.En attendant la construction de l’établissement souhaité, les jésuites vont d’abord offrir des cours, de 1848 à 1850, dans une maison de la rue Saint-Alexandre.Puis, ils s’installeront de façon permanente dans leur collège de pierre nouvellement construit sur le lot acquis au centre-ville.Le collège Sainte-Marie, où les frais de scolarité s’élevaient à deux et trois dollars par mois, n’accueillit toutefois que 13 élèves lors de la première rentrée des classes.Mais leur nombre grimpa à 56 avant la fin de l’année, dépassa la centaine dès la rentrée suivante et augmenta par la suite de façon croissante.Surtout fréquenté par les fils de la bourgeoisie canadienne-française et irlandaise, ce lieu d’enseignement offrait alors un cours classique comprenant entre autres l’étude des lettres grecques, des leçons de philosophie, d’économie politique et d'opérations commerciales.En plus de l’église du Gesù, construite en 1865 et voisine du collège Sainte-Marie, les jésuites érigèrent dans l’ouest de la ville le campus Loyola en 1896, afin d’y regrouper les élèves de langue anglaise, et le collège Jean-de-Brébeuf à Côte-des-Neiges en 1928, destiné à héberger des pensionnaires.Au cours des années 60, les religieux souhaiteront transformer le site de la rue Bleury en campus universitaire.Leur rêve de créer la deuxième université catholique francophone à Montréal ne pourra malheureusement pas se concrétiser.Après avoir accueilli sa dernière promotion en 1969, le collège Sainte-Marie sera plutôt loué à l’Université du Québec à Montréal, tout juste créée, avant d’être mis en vente en 1975.Des promoteurs suisses propose ront alors de raser le lieu d’enseignement ainsi que l’église du Gesù afin d’ériger un vaste complexe comprenant deux tours à bureaux, un hôtel, une tour d’habitation et un auditorium.Sauvée de la démolition après avoir obtenu le statut de monument historique reconnu dès l'automne 1975, l’église du Gesù fut dès lors restaurée.Considéré sans originalité architecturale, le collège, lui, tomba sous le pic des démolisseurs l’année suivante.Deux tours à logements d’une hauteur de 32 étages devaient y être érigées.Finalement le site accueillit plutôt la place Félix-Martin et un projet de deux tours à bureaux, dont seule la phase I sera érigée, faute de locataires.De médiocre qualité architecturale, l’immeuble, où logent les bureaux de la firme d’ingénierie et de construction SNC-Lavalin, remporta le prix Citron de Sauvons Montréal en 1988.Les générations d’anciens élèves du collège Sainte-Marie, qui y avaient autrefois appris ce qu’était le sens de la vie, ne reconnaîtraient plus les lieux, désormais occupés par une tour de granit et un terrain vague.Seuls les restes d’un mur de pierre ceinturant autrefois la cour de récréation permettent de se souvenir encore aujourd’hui de l’apport que le coDège a eu dans la société québécoise.Collaboration spéciale Considéré sans originalité architecturale, le collège tomba sous le pic des démolisseurs en 1976 LES ACTUALITES Dernier recours judiciaire épuisé Karlheinz Schreiber a été expulsé en Allemagne Toronto — La longue et souvent déroutante saga de Karlheinz Schreiber a pris fin hier, la juge d’un tribunal ontarien a rendu vain l’ultime effort fait par l’homme d’affaires dans l'espoir d’éviter son extradition vers l’Allemagne.Il a été placé en soirée dans un avion à destination de l’Allemagne, selon ce mlÊm, EGYPTE .Lîf 5 432$ ?TOUT INCLUS • 25 jours k 27 OCt.ou 20 nov.2009 • ouclouis PLACts 5 ou 29 nov.2009 • couput 12 nov.au 6 déc.2009* stunwits pucis ITINÉRAIRE II PLUS COMPLET SUR II MARCHÉ ! HÔTELS ET BÂTEAUX OOOOO POSSIBILITÉ DE VISITER PÉTRA (avic suppUmou) u MOCHum oi nmirtAmi courut 3627.RUE SAINT-DENIS MONTRÉAL.QC H2X 3L6 T 514-844-0407 • 1-866-481-4425 WWW.VOYAGESCULTUREISVIP CA VOYAGES CULTURELS VIP mm qu'a indiqué son épouse au réseau anglais de Radio-Canada.L’avocat de Schreiber, Edward Greenspan, avait obtenu la tenue d’une audience extraordinaire à la Cour supérieure de l’Ontario à Toronto, en plein week-end estival, pour requérir une injonction qui aurait permis à son client d’éviter un aller simple vers l’Europe.Mais les efforts de M.Greenspan se sont révélés inutiles.«Je ne crois pas qu’en justice vous soyez censés mettre en balance le nombre de fois que vous gagnez et que vous perdez», a-t-il déclaré à la suite de l’audience, évoquant le nombre de procédures judiciaires engagées par M.Schreiber en près de 10 ans au Canada.«Chaque affaire doit être jugée en fonction de ses mérites.La juge a décidé de ne pas nous accorder une prolongation, et c’est fini», a ajouté l’avocat.i o ro QUÉBEC \mi Gagnants 6/6 0 5/6+C 5 5/6 216 4/6 12 684 3/6 245 684 2/6+C 167 651 Ventes totales : Résultats des tirages du : 2009-08-01 14 24 40 48 Lots 23 543 579,00 $ 121 583,80 $ 2 324,90 $ 75.00 $ 10.00 $ 5,00 $ 29 505 528 $ Prochain gros lot (approx.) 35 000 000 $ ÇÉlS! QZ 22 26 27 33 47 Gagnants Lots 6/6 1 2 000 000,00 $ 0 23 1 007 19 044 11 016 Ventes totales : 75 000,00 $ 750,00 $ 75,00 $ 10,00$ 5,00 $ 951 070.00 $ EHtra 1739884 ISHIfrI 08 12 14 15 19 23 33 Résultats des tirages du : 2009-07-31 J E[J|tra 4992200 GAGNANTS 7/7 0 6/7+C 2 6/7 83 5/7 4 798 4/7 102 266 3/7+c 92 487 3/7 855 045 Ventes totales Prochain gros lot (approx.) LOTS 2 500 000,00 $ 70 076,10 $ 1 688,60 $ 99,30 $ 10,00$ 10,00 $ Participation gratuite 12 266 924 $ 5 000 000 S Elle est de retour ! JUSQU’A 90 PARTICIPANTS A LA TÉLÉ ET S,8 MILLIONS EN LOTS AU TOTAL.En cas de disparilé entre cette liste et la liste ofl < lellil de Loto-Québec, cette dernière a priorité.La juge Barbara Conway est parvenue à la bonne conclusion en refusant à M.Schreiber une injonction qui aurait retardé davantage son extradition, a pour sa part estimé l’avocat de la Couronne, Richard Kramer.En conséquence de la décision rendue par la juge, M.Schreiber s’est rendu de lui-même à un centre de détention de Toronto, a indiqué M.Greenspan, ajoutant que le processus d’extradition était susceptible de se dérouler rapidement.Dans une lettre envoyée au premier ministre Stephen Harper, qui a été lue en cour, M.Schreiber a écrit avoir demandé une audience extraordinaire après avoir reçu la visite de deux responsables du ministère de la Justice, vendredi soir.M.Schreiber a expliqué que.les fonctionnaires venaient lui donner une réponse à une autre missive transmise par son avocat.Cette visite a déclenché un processus exigeant de lui qu’il se rende aux autorités au plus tard dimanche soir.Agé de 75 ans, l’homme d’affaires tentait de s'opposer à une demande d’extradition de l’Allemagne, qui veut le traduire en justice pour évasion fiscale, subornation et fraude.Les audiences publiques au sujet de ses relations d’affaires avec l’ancien premier ministre conservateur Brian Mulroney se sont terminées mardi dernier.r» La Presse canadienne EN BREF Nuit mouvementée à Montréal Une fusillade à l’intersection des rues Saint-Laurent et Duluth, à Montréal, a fait un mort et un blessé, dans la nuit d’hier.Vers 3h25, un homme de 27 ans et une femme de 22 ans ont été atteints de projectiles, près d’un bar.L’homme a succombé à ses blessures à l’hôpital.Quant à la jeune femme, elle a subi des blessures graves, mais elle est hors de danger.Le mo- tif de ces agressions est inconnu.Par ailleurs, un homme de 38 ans repose dans un état critique après avoir été atteint par balle samedi soir au centre-ville de Montréal.Les policiers ont retrouvé l’homme ensanglanté dans une ruelle, à proximité des rues Milton et Sainte-Famille.Ils s’étalent rendus sur place après avoir reçu plusieurs appels de citoyens.L’auteur de cette tentative de meurtre a pris la fuite.La victime est connue des milieux policiers.— La Presse canadienne LE DEVOIR.LE L L’ N I) I R A O 0 T 2 O O !l A :i ACTUALITES Fin de semaine meurtrière en Afghanistan Deux autres soldats canadiens sont tués Juillet a été le mois le plus meurtrier pour les forces de l’OTM depuis 2001 Jamais l’OTAN n’avait compté autant de morts en Afghanistan qu’en juillet.La première fin de semaine d’août aura été catastrophique.Les insurgés ont tué pas moins de neuf soldats de l’OTAN, dont deux Canadiens.Des pertes lourdes au moment où un rapport britannique dénonce le fait que la mission internationale est loin d’avoir rempli ses objectifs.AMÉLIE DAOUST-BOISVERT Les insurgés ont tué neuf soldats cette fin de semaine en Afghanistan: deux militaires canadiens de Valcartier, six Américains et un Français.Ces deux jours de violences portent à 127 le nombre des victimes canadiennes de ce conflit.Une attaque a été fatale pour le caporal Christian Bobbitt, 23 ans, originaire de Sept-îles, et un de ses camarades, dont l’identité est tue pour le moment, à la demande de la famille.Un troisième Canadien souffre de graves blessures.Il a été transporté en hélicoptère à la base de Kandahar, où son état est jugé stable.Les trois militaires du Royal 22 Régiment ont essuyé l’assaut fatal d’insurgés dans le district de Zhari, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de la ville de Kandahar, a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.Ils avaient quitté leur véhicule blindé afin de sécuriser une zone ciblée par une explosion lorsqu’une deuxième bombe improvisée a explosé, a raconté le général Jonathan Vance lors d’un point de presse retransmis à Radio-Canada.La majorité des Canadiens morts en mission ont été victimes d’engins artisanaux.«Ce lâche attentat n’atténuera pas la détermination du Canada à améliorer la vie du peuple afghan», a déclaré le ministre de la Défense Peter MacKay dans un communiqué, tout en offrant également ses condoléances aux familles et amis des disparus.Lourdes pertes Les forces de l’OTAN ont essuyé de lourdes pertes cette fin de semaine.En tête de peloton, les Américains ont perdu six militaires.Trois sont morts hier dans une embuscade dans l’est du pays.Une fusillade a éclaté après l’explosion d’une bombe au passage de leur véhicule, a confirmé l’OTAN.Samedi, trois soldats américains sont i: -A - morts dans la province de Kandahar.Un Français est tombé dans un traquenard dans la province de Kapissa, au nord de Kaboul.Par ailleurs, 19 Afghans ont perdu la vie samedi, soit 12 insurgés, trois policiers et quatre soldats afghans.Une bombe artisanale a tué ces derniers dans la province de Helmand, au sud.Les policiers ont également essuyé le feu mortel d’une bombe artisanale, au nord.Juillet a été le mois le plus meurtrier pour les forces de l’OTAN depuis 2001, avec 74 morts, dont 43 Américains, 22 Britanniques et cinq Canadiens.Approche du scrutin Plusieurs sources, dont des responsables militaires, anticipaient depuis longtemps une recrudescence des violences à l’approche du scrutin présidentiel du 20 août prochain, que les talibans ont juré de perturber.Inquiétudes que la dernière flambée confirme.Les talibans ont appelé les Afghans à boycotter les élections et à prendre les armes contre les «envahisseurs» étrangers.Au même moment, un rapport britannique rendu public hier dresse un bilan très critique de la mission internationale en sol afghan, estimant que les objectifs fixés il y a huit ans sont loin d’être atteints (voir autre texte).Selon le New York Times, cette escalade de la violence s’explique d’abord par l’envoi de 21 000 militaires américains supplémentaires par le président Obama, dont plusieurs dans la province de Helmand, une des plus dangereuses du pays.Deuxièmement, les engins explosifs fabriqués par les insurgés gagnent en efficacité et explosent au passage des véhicules.Ces engins explosifs improvisés sont à l’origine de plus de 60 % des pertes humaines de l’OTAN de juillet Le Devoir avec La Presse canadienne, VAssociated Press et l’Agence France Presse > m « w® IÉÉS Un policier afghan surveille quatre talibans arrêtés lors d’une opération dans la province de Kunduz, ce week-end.WHADAT REUTERS Les députés britanniques sont très durs envers la mission en Afghanistan AMELIE DAOUST-BOISVERT Les forces militaires internationales ont manqué à leurs promesses en Afghanistan, conclut un rapport accablant rédigé par des députés britanniques, rendu public hier.«L’absence d’une stratégie cohérente basée sur les réalités de l’histoire, de la culture et de la politique en Afghanistan» aurait plombé les résultats escomptés en 2003, lorsque l’OTAN a pris les commandes de la coalition.Ce rapport, rédigé par la Commission des affaires étrangères de la Chambre des Communes, condamne «l’important manque de sensibilité culturelle» de certains mili- taires, dont les dégâts «seront difficiles à réparer».Selon les députés, «l’effort international en Afghanistan depuis 2001 a donné beaucoup moins de résultats que ce qui avait été promis».Ils estiment que «l’absence de vision» et d’une stratégie en adéquation avec la réalité culturelle du pays a considérablement affaibli l’impact de la mission.«Des fautes évitables, comme des réactions inconsidérées, l’éparpillement ou les chevauchements dans les prises de décision rendent aujourd’hui» la tâche plus difficile, selon eux.L’usage de la force aérienne par les Américains inquiète les auteurs du rapport, qui soulignent que les tirs de missiles par des drones américains sur des objectifs situés au Pakistan ont «compromis la réputation des Etats-Unis».Situation des prisonniers détenus par les autorités afghanes ÇtiRtellT A U'ECHANGE £ V « LETTRES Réchauffement de la planète: ce qu’on ne dit pas! Évidemment, le réchauffement de la planète, ça fait peur, et les prophètes d’une catastrophe prochaine, tels Al Gore, Greenpeace et autres, ne manquent pas! Mais jusqu’à quel point l’Homme en est-il responsable?Dans son livre Mal de Terre, Hubert Reeves montre à la figure 1.4 l’évolution de la température de la Terre depuis 400 000 ans.On y voit qu’il y a eu une période chaude sur la Terre tous les 100 000 ans, mais qu’entre ces périodes de réchauffement il y a eu 80 000 ans d’ère glacière.Actuellement, nous sommes dans une de ces périodes chaudes.Mais il faut se rappeler qu’il y a environ 10 000 ans nous étions à la fin d’une ère glacière et que des milliers de mètres de glace permanente recouvraient notre région, et ce, jusqu’au sud de New York.Au cours des prochains 10 000 ans, serons-nous à nouveau dans un climat tellement froid que la vie sera impossible ici?Dans le passé, le réchauffement n’était certainement pas attribuable à l’activité humaine: il n’y avait que quelques millions de personnes sur la Terre.De plus, il faut se rappeler que le pétrole, souvent montré du doigt, n’est utilisé que depuis 150 ans.Et, à moins d’un miracle, le pétrole «classique», celui qui est pompé mondialement à raison de 80 000 barils par jour, sera épuisé dans moins de 50 ans.Hubert Reeves tente d’expliquer le phénomène du réchauffement en l’attribuant à la variation lente de l’insolation due aux variations séculaires des propriétés de l’orbite de la Terre (ellipticité, obliquité) autour du Soleil.Il est fort probable que les gens s’affolent pour des phénomènes naturels, cycliques, dont ils ne sont que très marginalement res- ponsables.Mais les prophètes de malheur vont continuer leur prêchi-prêcha.C’est payant! Gilbert Belzile Ingénieur, Québec Garderies: les choses ne s’améliorent guère J’ai lu avec intérêt les lettres de Mme Lacroix et de M.Laurendeau au sujet des services de garde pour la petite enfance.Cette réalité est derrière moi maintenant, mais je constate avec tristesse que la situation ne semble guère s’être améliorée et je m’inquiète des effets de la pénurie de places en milieu de garde sur le maintien de la qualité.J’ai connu le régime des garderies, puis celui des CPE.Alors que le modèle est fantastique sur le papier, j’ai constaté que, dans la réalité, il restait bien des problèmes à régler.Le milieu que j’ai fréquenté se targuait d’être «le meilleur à Montréal».J’y ai en effet trouvé des éducatrices extraordinaires, une belle programmation, un environnement naturel hors pair.Une réalité qui a trop souvent été occultée par des relations de travail empoisonnées, des besoins non comblés, des CA où régnaient les petits amis, des listes d’attente factices où tous étaient loin d’être égaux.Bien des efforts en vue d’améliorer les choses se sont évanouis, alors que suggestions, doléances et plaintes restaient chuchotées, notamment pour conserver de «saines relations» (!) et parce que, de toute façon, il n’y avait pas de solution de rechange.J’aimerais croire que mon témoignage appartient à une époque révolue, mais les propos de Mme Lacroix et de M.Laurendeau m’incitent à penser que tout ne va pas au mieux.Lucie Richard Montréal Hydro-Québec au pilori La décision d’Hydro-Québec d’augmenter ses tarifs de 6,7 % d’ici 2013 est tout simplement scandaleuse.Alors que ses principaux dirigeants et employés se paient annuellement de généreux bonis grâce aux hausses successives de tarifs, et que celle-ci ne permet pas de vendre les surplus d’électricité, comment Thierry Vandal peut-il justifier une nouvelle série de hausses quand tous savent qu’Hydro-Qué-bec fonctionne en surcapacité de production et poursuit à grande vitesse ses projets de développement de nouveaux mégawatts?Le plus ironique, c’est que, tout récemment Hydro-Québec invoquait une explication douteuse pour justifier les multiples hausses de tarifs: le Québec se dirigeait, disait-on, vers une pénurie d’électricité.Aujourd’hui, c’est toute l’organisation qui souffre d’une véritable pénurie de crédibilité.Alors que M.Jean Charest se vante de la réalisation du mégabarrage de La Romaine, il serait peut-être souhaitable de déterminer à qui sera destinée toute cette électricité excédentaire.Il ne faudrait pas que la population québécoise se retrouve une nouvelle fois à payer pour la surproductjon d’Hydro-Québec.Comment la société d’État peut-elle annoncer que non seulement elle s’est trompée dans ses prévisions de consommation, mais que le surplus d’énergie servira de justification pour fouiller encore une fois dans les poches des contribuables?La vache à lait du gouvernement est indéniablement devenue trop gourmande.D serait peut-être temps que l’Etat procède, à une révision complète de cette société d'État, avant qu’elle devienne la risée de l'ensemble des contribuables du Québec.Simon Bissonnetle Québec LIBRE OPINION Négliger les enjeux environnementaux: un risque de poursuites pour les conseillers des investisseurs institutionnels MAMADOU LAMINE BEYE Analyste en environnement Groupe Investissement Responsable Selon un groupe de gestionnaires d’actifs responsable d’environ 2000 milliards de dollars américains, prendre en compte les préoccupations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) dans les décisions d’investissement devrait désormais être une obligation légale.Dans un rapport publié en juillet 2009 par la United Nations Environment Programme Finance Initiative (UNEP FI), le groupe met en garde les conseillers et fournisseurs de services en investissement contre le risque accru de poursuites judiciaires s’ils ignorent ces enjeux extrafinanciers.Le rapport, intitulé Fiduciary Responsibility: Legal and Practical Aspects of Integrating ESG Issues into Institutional Investment, conclut que les conseillers des investisseurs et les gestionnaires d’actifs ont le devoir d’évaluer, par défaut, les enjeux ESG dans le cadre des services qu’ils offrent.Qui plus est, les législateurs devraient donner à ce devoir un caractère explicite et contraignant, de telle sorte que ces enjeux seraient inclus dans les contrats liant les investisseurs institutionnels aux gestionnaires de portefeuille.Actuellement, il ne fait plus aucun doute que la performance environnementale a un impact sur la performance financière.Des entreprises arrivent à améliorer leurs revenus de plusieurs millions de dollars tout en réduisant leurs impacts sur l’environnement.Par exemple, en 2008, Texas Instruments a économisé 5,1 millions de dollars américains à travers 159 projets d’efficacité énergétique et d’économie d’autres ressources.En revanche, certaines entreprises perdent des millions de dollars à cause des dommages causés à l’environnement.Ainsi, Exxon Mobil a été condamnée à verser près de 1 milliard de dommages et intérêts, sans compter ses frais de justice, aux victimes de l’Exxon Valdez, un pétrolier qui s’est échoué en 1989.Juges Il est d’autant plus indispensable de prendre en compte les risques environnementaux en amont de tout investissement qu’ils peuvent contrecarrer l’activité d’une entreprise, même si des conditions financières favorables sont réunies.En juin 2008, un juge de Géorgie a interrompu la construction d’une centrale au charbon de Dynegy, à Longleaf, parce que l’entreprise n’avait pas pris les mesures nécessaires pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES).De la même façon, en mai 2009, un juge de la cour supérieure du comté de San Bernardino, en Californie, a retiré à Wal-Mart l’autori- sation d’ouvrir un centre commercial, car l’étude d’impact environnemental n’avait pas bien pris en compte les émissions de GES qui en résulteraient.Ces exemples, parmi tant d’autres, montrent qu’une prise en considération adéquate des enjeux environnementaux est indispensable, non seulement pour les investisseurs qui se considèrent responsables, mais pour tous les actionnaires, afin que ces derniers soient conscients des risques auxquels sont exposés leurs investissements et des occasions d’affaires dont ils pourraient tirer profit.Entreprises transparentes S’il était difficile de trouver les informations relatives à la performance environnementale des entreprises il y a quelques années, les choses ont maintenant changé.Les entreprises sont désormais de plus en plus transparentes, même si elles le sont souvent devenues sous la contrainte.En effet, certaines divulguent volontairement leurs informations environnementales, tandis que d’autres le font sous la pression de clients, d’actionnaires, de gouvernements ou d’autres parties prenantes.La Global Reporting Initiative (GRI) rapporte que 1002 entreprises ont utilisé ses directives, considérées comme les plus crédibles, pour rédiger leur rapport de développement durable en 2008, ce qui constitue une augmentation de 46 % par rapport à 2007.Aussi, de nombreuses réglementations, en vigueur dans plusieurs pays, obligent les entreprises les plus polluantes à divulguer leurs informations environnementales, surtout leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).Risques financiers De plus, certaines entreprises qui participent au Carbon Disclosure Project vont plus loin, en identifiant les risques et les occasions d’affaires que présentent les,changements climatiques.D’autre part, aux États-Unis, les compagnies d’assurance dont les primes annuelles totalisent plus de 500 millions de dollars devront divulguer, à l’intention des actionnaires et des organismes de régulation, les risques financiers liés aux changements climatiques et les mesures qu’elles prennent pour les prévenir, et ce, à partir du 1" mai 2010.Il est donc évident que la performance environnementale a des répercussions sur la performance financière des entreprises et, par conséquent, sur les portefeuilles des actionnaires.Les informations environnementales sont de plus en plus disponibles et crédibles.Les actionnaires ne devraient donc pas manquer d’arguments en cas de poursuites contre leurs conseillers, si leurs investissements sont compromis par la mauvaise performance environnementale d’une entreprise, sans qu’ils aient été avertis du risque.86 LE I) E V 0 I K , LE LUNDI 3 A 0 U T 'i (I 0 9 A 7 IDEES Lutte aux changements climatiques Le Québec et ses partenaires doivent faire entendre leur voix au Conseil de la fédération STEVEN GUILBEAULT Coordonnateur général adjoint, Equiterre ANDRÉ BÉLISLE Président, AQLPA JÉRÔME NORMAND Directeur général, ENvironnment JEUnesse VIRGINIE LAMBERT FERRY Responsable de la campagne Énergie-Climat de Greenpeace Canada KAREL MAYRAND Directeur général pour le Québec, Fondation David Suzuki CHARLES-ANTOINE DROLET Vice-président, Nature Québec PIERRE VERONNEAU Directeur général, Oxfam Québec JACQUES RUELLAND Président du RNCREQ Lettre rédigée dans le cadre de la prochaine rencontre du Conseil de la fédération à Regina, du 5 au 7 août 2009.a prochaine rencontre du Conseil de la fédération se tiendra cette semaine à Regina, où les premiers ministres des provinces et des territoires discuteront notamment de la lutte contre les changements climatiques au Canada.La table semble mise pour de vigoureuses discussions.Lors de son passage à Bruxelles le mois dernier, le premier ministre Charest a très clairement exprimé son souhait de voir le gouvernement fédéral adopter une position commune avec les provinces quant aux décisions déterminantes qui seront prises sur la scène internationale, à la conférence de Copenhague en décembre prochain.Cette demande est d’autant plus pertinente que la position du gouvernement fédéral ne refléterait en rien celle du gouvernement du Québec, ni celle de la société civile québécoise, ni même celle de la grande majorité des Canadiens.ym JACQUES NADEAU DEVOIR ' 7>c:-';vC Pour éviter un le réchauffement, la communauté scientifique internationale appelle les sociétés industrialisées, comme le Québec et le Canada, à réduire collectivement leurs émissions de GES de 25 à 40 % au-dessous de leurs niveaux de 1990 d’ici à 2020.Au cours des dernières années, certaines provinces comme le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique ont fait preuve de leadership en matière de lutte contre les changements climatiques, en se donnant des objectifs clairs de réduction de leurs émissions et en mettant en œuvre des mesures concrètes et des ressources importantes pour les atteindre.Malheureusement, ces efforts risquent d’être complètement effacés par l’inaction du gouvernement fédéral et son appui actif au développement de l’industrie des sables bitumineux, l’une des plus polluantes au monde, et la principale source de croissance des émissions canadiennes de gaz à effet de serre (GES).Plus inquiétant encore, le gouvernement fédéral révise actuellement son cadre régle- mentaire pour diminuer les émissions des grands secteurs industriels, et cherche à octroyer un traitement de faveur à l’Alberta et à l’industrie des sables bitumineux.Alors que le Canada doit faire sa part pour réduire ses émissions de GES, permettre la forte croissance des émissions des sables bitumineux équivaut à exiger que les autres secteurs de l’économie en fassent plus afin de compenser.La communauté scientifique internationale prévient les décideurs mondiaux qu’il faut limiter le réchauffement de la température moyenne du globe à moins de deux degrés Celsius, de manière à prévenir des changements climatiques dangereux.C’est d’ailleurs l’un des engagements pris par les pays membres du G8 et du Forum des économies majeures au cours du sommet de L’Aquila au début juillet.Pour éviter un tel réchauffement, la conununauté scientifique internationale appelle les sociétés industrialisées, comme le Québec et le Canada, à réduire collectivement leurs émissions de GES de 25 à 40 % au-dessous de leurs ni-vequx de 1990 d’ici à 2020.A cet égard, le premier ministre Charest aurait tout intérêt à indiquer publiquement et clairement la vision qui anime le Québec dans la lutte contre les changements climatiques.La rencontre du Conseil de la fédération sera également l’occasion pour le Québec, aux côtés de l’Ontario et de la Colombie-Britannique, de proposer à leurs partenaires provinciaux et territoriaux de définir un objectif global de réduction des émissions de GES d’au moins 25 % sous leurs niveaux de 1990 d’ici à 2020, soit le minimum indiqué par la communauté scientifique internationale.Ce sera également l’occasion de reconnaître que le Canada a l’obligation de faire sa juste part afin d’aider l’adaptation des pays en développement aux impacts des changements climatiques, ainsi que de soutenir leurs efforts de «décarbonisation» et d’augmentation de la résilience de leurs économies.Finalement, ce sera l’occasion d’exiger du gouvernement fédéral, dans le contexte du nouveau cadre réglementaire à l’intention des grands émetteurs industriels, que les émissions de l’industrie des sables bitumineux soient appelées à diminuer, tout comme celles des autres secteurs de l’économie, de manière à ne pas comporter de coûts additionnels pour ces autres secteurs.A défaut d’un consensus sur ces questions à Regina, le soutien de grandes provinces comme le Québec à ces propositions serait perçu très favorablement par des millions de Canadiens et de Québécois.Et serait de nature à influencer la position du gouvernement fédéral.Inepties du nihilisme postnational Au-delà de l’amour SIEGFRIED L.MATHELET Doctorant en philosophie UQAM / Université catholique de Louvain Réponse à Jimmy Lee Gordon ans un brûlot intitulé «Les dangers du nationalisme» publié dans cette page le 30 juillet, .Jimmy Lee Gordon rassemble sans plus d’analyse quelques grossièretés sur le nationalisme, assorties de nombreux qualificatifs, pour ne faire l’apologie que d’une forme de nihilisme postnational — c’est-à-dire, de rien du tout, sinon du simple bonheur de penser avoir dépassé ce «vestige tribal» qu’est la nation.Après avoir tenu le nationalisme québécois responsable d’une «constipation intellectuelle», M.Gordon entend pourtant nous en débarrasser par une diarrhée d’inepties qu’il nous faut dénoncer.Tout d’abord, l’auteur assimile le nationalisme à un sentiment grégaire primitif caché sous des concepts transcendants.Il évacue ainsi toute la question du fondement et des limites de la communauté politique au profit d’une psychologie à deux balles.Il ignore tout autant que le sentiment d’appartenance à un groupe et à une nation n’a jamais été dépassé ni par la psychologie humaine, ni par quelque mouvement postmoderne qu’il soit.Au contraire, comme le suggère Dominique Wolton dans L’autre mondialisation (Paris, Flammarion), l’accélération des communications dans la modernité avancée nous fait prendre conscience des enjeux liés à la langue, à la culture et à l’identité propre de nos communautés d’appartenance.Et c’est ce mouvement très actuel quç dénonce M.Gordon.A côté de la psychologie au rabais, l’auteur utilise de façon abusive et, franchement, ridicule quelques termes philosophiques.La nation est un concept transcendant pourquoi en a-t-on plus besoin que de l’identité individuelle, demande-t-il?Cette question est mal posée puisqu’elle suppose que l’identité individuelle postnationale est moins transcendante que l’identité nationale, alors qu’en fait la première prétend à une identité universelle étendue à l’humanité entière, alors que la seconde se présente comme un élément structurant la diversité des identités particulières.Pour couronner le tout, l’identité postnationale renoue avec un sentiment grégaire méprisant et ne peut se priver d’un besoin d’appartenance à un groupe.Ce groupe est une humanité homogène, incolore et inodore où, pourtant, chacun est convaincu d’avoir réinventé le monde de façon originale.M.Gordon pense que ce «peuple» auquel il en appelle est moins grégaire que la nation.Et, en vertu de la transcendance d’une certaine «humanitude» bien-pensante, il se montre arrogant à l’égard des autres groupes, ceux qui tiennent encore à leurs particularités et à l’originalité de leur culture — et à une culture qu’ils reconnaissent ne pas avoir inventée seuls, dont ils reconnaissent l’appartenance à une communauté nationale.Ceux-là, les Québécois en particulier, sont pour M.Gordon des constipés intellectuels, des névrosés identitaires, des idéologues archaïques et stupides, égocentriques, des colonisés menacés qui ont oublié l’histoire du XX siècle.Nous ne pouvons accepter ces insultes.Quand l’auteur s’interroge sur l’utilité des concepts transcendants, il ne voit pas qu’il utilise lui-même l’identité individuelle précisément pour regrouper des humains autour d’une cause politique.Même s’il entend rassembler son «peuple» sous la cause commune qui est de ne plus avoir de cause commune, sous l’idée transcendante que nous ne sommes que des individus isolés, que nous n’avons pas besoin du pouvoir politique législatif, et que ce nouveau peuple se gouvernera tout seul, comme par magie.Car l’auteur dénonce les pro tections juridiques de la langue française au Québec.Mais M.Gordon dira-t-il à ceux qui demandent moins de pauvreté, un meilleur environnement ou plus d’éthique financière, qu’au-jourd’hui le «peuple» doit se contenter d’affirmer ses valeurs sans légiférer?Ou est-ce une accusation taillée sur mesure contre la protection de la culture francophone en Amérique et contre le Québec?De surcroît, en plus d’être illégitime, la législation linguistique serait inutile.«J’affirme» que le français n’est plus menacé, dit l’auteur, après avoir déversé son fiel.Bien qu’il qualifie abondamment ses détracteurs d’idéologues, M.Gordon ne prend pas la peine d’étayer cette affirmation sur des faits.Il ne nous dit pas non plus en quoi la protection du français l’obligerait, lui, au nom de ses origines, à se mortifier.Ni en quoi son amour des langues lui vaudrait l’accusation de traître.Sur ce point, comme sur tous les autres, M.Gordon ne fait que mettre de l’avant sa propre confusion intellectuelle pour pester contre le Québec et sa population francophone.MARC OUIMET Étudiant à la maîtrise en histoire à l’UQAM et directeur général de la revue en ligne Le Panoptique Réponse à Jimmy Lee Gordon Tr^====] out d’abord merci, M.Gordon, de m’éclairer de vos justes lumières sur le «vestige tribal» -qu’est mon identité nationale, sur la «schizophrénie collective» qui m’oblige à «baragouiner» le français et sur «le chauvinisme et la stupidité» de vouloir se souvenir de son passé.Décidément, il me fallait bien un étudiant de lettres à McGill pour me renseigner sur tous ces horribles torts et travers de ma société.Permettez-moi cependant de douter de la justesse de votre analyse, voire de votre bonne foi, quand vous vous dites vous-même stagner «confortablement dans un bourbier de cynisme et d’indifférence».C’est là votre problème, Monsieur, et nous sommes en droit d’espérer que vous gardiez un peu de votre fiel littéraire pour vous-même, question de bon goût, de retenue, voire de respect pour une bonne partie de la population qui ne partage pas votre opinion.Vous me semblez sombrer dans l’enflure verbale un peu creuse et mesquine, à se demander en quoi cela favorise le dialogue et porte plus loin la réflexion sur le sujet.Pour parler sociologie, sachez d’abord que la nation n’est pas un concept transcendant, mais plutôt un concept immanent, puisqu’il s’appuie sur des caractéristiques identitaires objectives d’une population donnée, comme la langue, l’histoire, la culture, le sens d’un devenir commun.Rien de chauvin, en soi, là-de- dans.Or, il est désormais classique de voir les détracteurs du nationalisme, pour en discréditer toute valeur, l’associer de facto aux pires atrocijés commises en son nom.Etonnamment, ces gens ne parlent jamais des nombreux cas où le nationalisme a servi de vecteur d’émancipation pour des peuples colonisés, et les exemples sont au moins aussi nombreux que les atrocités nazies qu’on se plaît à ressasser.Discréditer quelque chose par son extrême n’est pas un argument, M.Gordon, mais au mieux un sophisme, sinon de la démago- gie pure et simple.Ce n’est pas très rigoureux pour un universitaire.Le «juridisme fanatique» dont vous parlez semble bien renvoyer à la loi 101, si je ne m’abuse, bien que vous n’osiez pas la nommer.Encore une fois, vous enflez sérieusement, et cela n’aide en rien à la crédibilité de votre argumentaire.Alors, vous dites que ce ne sont pas les lois qui forment l’identité nationale sur laquelle vous crachez, mais bien l’amour de la langue?Monsieur, je peux bien aimer ma langue de tout mon cœur, mais, si je n’ai pas le droit de la parler sur mon lieu de travail, si on refuse de me servir dans ma langue quand je vais au restaurant ou au centre commercial, si les nouveaux arrivants ont le loisir de ne la pas parler, je vois difficilement comment cet amour empêchera ma langue — et ma culture — de disparaître sous peu.Si on vit bien au Québec, comme vous le dites, c’est justement parce que des balises ont été mises en place qui assurent le respect de l’identité d’un peuple largement minoritaire sur le continent nord-américain.Que vous le vouliez ou non, le peuple québécois n’existe pas seulement par sa culture distincte, il existe aussi par le politique qui lui a justement fourni les instruments de sa survie et, surtout, de son émancipation.Que vous n’ayez pas de mémoire, Monsieur, c’est votre affaire, mais ce n’est pas parce d’autres en ont qu’ils sont centrés sur eux-mêmes et moins équipés pour faire face aux défis contemporains.Au contraire, il en est certains pour penser qu’un tel ancrage fournit une grille de lecture particulière et unique qui participe de la richesse plurielle de l’humanité, à un dialogue entre les cultures qui profite d’une mise en commun d’expériences distinctes, dans le respect de la différence.Le respect, ai-je bien dit.Ce n’est pas en insultant les gens qu’on crée le dialogue, et encore moins qu’on trouve des solutions.Un petit conseil, M.Gordon: si vous voulez parler d’identité collective et surtout de nationalisme, il vaudrait mieux vous faire historien ou sociologue que littéraire — vos arguments auraient plus de poids et moins la teneur de figures de style boueuses et méprisantes.« Si on vit bien au Québec, c’est justement parce que des balises ont été mises en place qui assurent le respect de l’identité d’un peuple largement minoritaire.» L’ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de rin/brmation), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Stéphane Baillargeon (général), Clairandrée Cauchy (éducation), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (comommatum ), Jean Dion (sports), I .oui s-Gilles Francœur (environnement), Pauline Gravel (sciences), Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude Rioux Soucy (santé), Alexandre Shields (général), Philippe Papineau (pupitre) ; infini notion politique Michel David (chnmigueur), Hélène Buzzetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa).Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque (reporter) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Paul Cauchon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Paré (reporter).Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end).Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), François Desjardins (reporter).Éric Desrosiers (reporter).Claude Turcotte (reporter).Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information), Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque (reporter), Jean-I*ierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) .Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger (responsable du site Internet), Emilie Folie-Boivin et Vincent Cauchy (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction), Jean-Jacques Coulombe et Étienne Plamondon-Ëmond (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Olivier Spéciel (Québec), Monique Bhérer (Ottawa) PUBLICITÉ Julie Chrétien (directrice adjointe), Amélie Bessette.Jean de Billy, Jennifer Body Demers.Jean François Bossé.Manon Boilard.Marlène Côté.Richard Douangmala, Amélie Maltais.Claire Paquet, Elyssa Porlier, Chantal Rainville.Isabelle Sanchez.Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion.Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu.Manon Blanchette.Nathalie Filion.Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISITUATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des sendees comptables).Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier.Monique Proteau.Danielle Ross. ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦I L K I) K V ü I R , l V.I, H N I) 1 ü A 0 0 T ‘i 0 0 !) ACTUALITES URBAINS AFGHANISTAN SUITE DE LA PAGE 1 résidentiels de faible densité.Toutefois, les banlieusards pellettent, jardinent, tondent le gazon et entretiennent leur terrain dans une proportion de 12 %, contre 5 % en ville.Le temps alloué à la pratique d’un sport pour le plaisir ne change pas selon le lieu de résidence.Une personne sur quatre participe à une activité sportive pendant ses loisirs, en banlieue comme en ville.Qu’est-ce qu’une activité physique?Christian Duval, professeur à la faculté de kinanthropologie de l’Université du Québec à Montréal, se dit «perplexe» devant cette étude.Selon lui, considérer l’entretien extérieur de la maison comme une activité physique est une aberration.«Le jardinage, c’est bon, mais à long terme, ça ne réduit pas les risques d’hypertension, d’obésité ou d’accident cardiaque.Si c’était vrai, personne ne ferait d’accident cardiaque en pelletant! Tant qu'on va flatter le monde dans le sens du poil et leur faire croire que jardiner est une activité physique, on n’aura pas une population en forme.» L’étude ne révèle pas que le taux d’activité est le même en ville comme en banlieue, mais plutôt «que le taux d’inactivité est le même», ironise M.Duval.Il ajoute que même les déplacements actifs ne contribuent pas vraiment à améliorer la santé physique, «à moins qu’une douche soit nécessaire en arrivant au travail», signe d’un effort physique soutenu.«Il faut faire de l’activité dans le but de se dépenser.» Les données de Statistique Canada ont été obtenues grâce à un questionnaire général sur l’emploi du temps des répondants, ce qui a permis d’éviter que des personnes gonflent le temps qu’elles allouent à l’acti-vité physique.«C’estsûrqu’idéa-lement il aurait fallu équiper tous les répondants d’appareils qui évaluent l’effort physique, mais ça coûterait très cher, explique Martin Turcotte.Mais cette étude a l’avantage de s’intéresser à toutes les formes d’exercice physique.Dans plusieurs études, c’était seulement les déplacements actifs qui étaient comptés.» L’étude a été menée auprès d’habitants de 27 régions métropolitaines canadiennes, dont Montréal, Sherbrooke, Québec, Trois-Rivières, Saguenay et Gatineau.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 autres soldats canadiens basés à Valcartier ont perdu la vie lors d’une patrouille, fauchés par une bombe.La mort des deux militaires québécois porte à neuf le nombre de militaires de l’OTAN tués cette fin de semaine.En raison des offensives britanniques et américaines dans la province d’Helmand, voisine de Kandahar, les semaines qui s’achèvent auront été les plus meurtrières pour l’OTAN depuis 2001.Selon le général Vance — qui a accordé un entretien au Devoir avant les décès de la fin de semaine —, cette situation n’est pas surprenante, même si elle est malheureuse.«En général, l’augmentation de la violence est le résultat d’une offensive des forces de l’OTAN.À titre de comparaison, on n’a qu’à penser à ce que la France occupée de la Seconde Guerre mondiale avait l’air avant le débarquement des Alliés.C’était calme.Quand les Alliés ont débarqué, il y a eu plus de combats.C’est un peu la même chose dans le sud de l’Afghanistan.Présentement, on est en mesure de mener de grandes offensives, car il y a plus de troupes de l’OTAN sur le terrain.Ce n’est pas parce que les insurgés prennent de la force ou gagnent du terrain.C’est parce qu’on les chasse.On les force à réagir.L’insurrection n’a pas plus de pouvoir présentement que les autres années.» Une nouvelle approche La province de Kandahar n’est pas en reste, alors que les soldats américains débarquent massivement pour aider les militaires canadiens à étendre l’influence de l’OTAN à l’approche des élections afghanes.Près de 4000 soldats américains se sont ajoutés aux 2850 soldats canadiens pour implanter la nouvelle stratégie de l’OTAN.Depuis quelques semaines, grâce aux nouvelles troupes à Kandahar et à l’arrivée des renforts civils, le Canqda et ses alliés (surtout les Etats-Unis), mettent de l’avant une approche qui répond mieux aux impératifs liés à une insurrection.L’objectif consiste à se concentrer d'abord sur la population afghane et ses besoins, et ensuite seulement à chasser les talibans.Bref, les priorités ont été inversées.Mais, avant d’y parvenir, les combats sont inévitables, affirme le brigadier-général.«Depuis mai, on mène une grande opération pour sécuriser les régions populeuses de Kanda- amaBMMs .^ fL»: T'tr «V-V'.•jgj , -\ ¦*; r's’'.' OMAR SOBHANI REUTERS Le président Hamid Karzaï est descendu d’hélicoptère entouré de gardes du corps bien armés, samedi, pour participer à un rassemblement électoral dans la vallée de Baghlan.Une recrudescence de la violence est à prévoir en Afghanistan à l’approche de l’élection présidentielle du 20 août.har en vue des élections du mois d’août, explique Jonathan Vance.C’est très énergique, alors il y a des effets temporaires sur le niveau de violence.On tente de séparer les talibans de la population ordinaire, et ça provoque des combats avec les insurgés.On veut les repousser dans des zones moins peuplées, ce qui permettra ensuite de lancer des projets de développement et de reconstruction dans les villages.» Maintenant, lors d’une opération militaire, les soldats restent sur place après les combats et la déroute des talibans.L’armée tente alors de créer une bulle de protection autour du village pour que les projets de développement et de reconstruction voient le jour.Auparavant, les forces se retiraient après l’opération militaire, faute de soldats en nombre suffisant pour rester sur place.Les militaires devaient aller chasser les insurgés dans un autre village.L’arrivée des soldats américains change la donne et permet aux Forces canadiennes de se concentrer sur la ville de Kandahar et ses banlieues, le secteur le plus peuplé de cette province d£ 1,3 million d’habitants.Les Etats-Unis vont s’occuper des autres districts, dont ceux qui bordent la frontière avec le Pakistan.«Ce qu’on veut, c’est séparer les talibans de la population pour que les insurgés cessent de menacer les Afghans et de les intimider.Si ta vie est en jeu, tu ne vas pas aider le gouvernement à bâtir la société.Alors, il faut de la sécurité.Ensuite, les services gouvernementaux peuvent se développer», explique Jonathan Vance, qui dirige les Forces canadiennes à Kandahar depuis « Il ne s’agit pas d’une conquête » ALEC CASTONGUAY Le 16 juillet dernier, un sondage pancanadien d’envergure montrait que la mission canadienne en Afghanistan n’a jamais été aussi impopulaire depuis ses débuts, en 2002.Selon le coup de sonde de la firme Ekos, 54 % des Canadiens s’opposent à la mission, contre 34 % qui la soutiennent.Le sondage a été mené auprès de 2713 Canadiens entre le 8 et le 14 juillet.Un sondage de cette ampleur comporte une marge d’erreur de 1,9 %, 19 fois sur 20.Les militaires canadiens réagissent rarement aux sondages, mais le brigadier-général Jon Vance, qui dirige les troupes canadiennes à Kandahar depuis février, a accepté de livrer le fond de sa pensée lors d’une entrevue téléphonique avec Le Devoir.«J’aurais aimé que les gens supportent davantage la mission, c’est certain, dit-il candidement.Chacun a droit à son opinion, mais j’aimerais que les gens soient plus au courant de ce qui se passe ici et des progrès qu’on fait.» Selon lui, les gens ne cherchent pas à comprendre l’Afghanistan et l’intervention internationale.«Il y a beaucoup d’opinions qui ne sont pas fondées sur une analyse sérieuse, estime Jon Vance.Je pense qu’il y a beaucoup d’incompréhension sur cette mission.Par exemple, beaucoup de personnes se disent que la communauté internationale va échouer en Afghanistan parce qu’Alexandre le Grand a échoué dans sa conquête, tout comme les Britanniques et les Russes ensuite.Mais ce n'est pas juste de faire ces comparaisons, le mois de février.«Si on y arrive, les talibans vont devenir un mouvement marginal.» Il précise sa pensée: «Tu ne peux pas tuer une insurrection.Elle sera toujours rampante.Mais tu peux couper ce qui l’a nourrie, comme l’insatisfaction, le manque d’emplois et ainsi de suite.En offrant des services à la population, en construisant le pays, le gouvernement afghan va rendre les talibans marginaux.L’Afghanistan pourra ensuite se développer malgré une faible insurrection.» Selon Jonathan Vance, les Afghans eux-mêmes demandent aux forces de l’OTAN de repousser les talibans loin des zones peuplées.«Les talibans ne donnent pas plus d’espoir à la population que le gouvernement afghan.Pour les habitants, ils ne sont pas une alternative attrayante.Les talibans tuent des civils, enlèvent des gens et font des menaces.Ce n’est pas un message populaire.» Selon l’estimation des Forces canadiennes, il y aurait actuellement environ 1000 vrais talibans idéologiques à Kandahar, soit des insurgés qui proviennent de la frange fondamentaliste qui a imposé un régime de terreur à l’Afghanistan entre 1996 et 2001.Le foyer de ce régime était à Kandahar.Toujours dans la province de Kandahar, il y aurait également environ 600 combattants étrangers, entraînés par al-Qaï-da et provenant surtout du Pakistan voisin.Enfin, pour ajouter au mélange, il y a les criminels de droit commun, les trafiquants de drogue et les milices des seigneurs de guerre qui aident les talibans afin de profiter du chaos ambiant pour s’enrichir et assouvir leur soif de pouvoir.Ils seraient plusieurs centaines.Le Devoir car la nature des événements n’est pas la même.L’objectif n’est pas le même.Il ne s’agit pas d’une conquête.» Le brigadier-général Vance blâme au passage les médias, qui couvrent moins l’Afghanistan depuis plusieurs mois.«Si les gens voyaient le travail accompli par les soldats et les fonctionnaires canadiens, les gens seraient plus favorables à la mission.Ils verraient que ça n ’a rien à voir avec une force d’occupation.» Le Devoir MAGHREB « Pendant 35 000 ans, nous avons été prises dans un patriarcat qui nous humiliait » SUITE DE LA PAGE 1 pas une occasion de débattre des questions féministes, son dada.Parmi ces combats, celui des NIP («Non Important Persons» par opposition aux VIP), qui lui a valu d’être proposée pour le prix Nobel de la paix 2008.«C’est un concept que j’ai inventé.Les NIP c’est 99 % de l’humanité, ceux qui n’ont pas le pouvoir et dont on n’entend pas parler.C’est le boulanger qui se lève à 4h du mat, l’infirmière qui pleure la mort de son patient, les gueux, les clochards», explique celle qui est aussi très sensible à la cause des migrants clandestins.Depuis toujours, ses écrits humanistes et fédérateurs plaident en faveur du «droit à la paix pour tous».«Et peut-être que ce seront les femmes qui donneront la paix puisqu'elles donnent la vie», note-t-elle.La faute des femmes?N’empêche, les femmes ont leurs torts, croit-elle.«Le Maghreb se débat dans des difficultés effrayantes à cause des femmes.Ce sont les femmes qui le tirent vers le bas.» Cette déclaration plutôt choquante, c’est Ghita El-Khayat qui l’avait prononcée publiquement il y de cela plusieurs années.Aujourd’hui, elle n’en pense pas moins la même chose, mais elle s’explique.«Je parlais des femmes conservatrices.Ce n’est pas uniquement le problème des Maghrébines, c’est celui du monde entier», souligne-t-elle.«Pendant 35 000 ans, nous avons été prises dans un patriarcat qui nous humiliait au Maghreb.Mais, sans ces vieilles femmes extrêmement conservatrices, le patriarcat masculin se serait effondré depuis longtemps.Ces femmes ne se sont jamais élevées contre le mariage d’une fille de 15 ans qui, à sa nuit de noces, se fait sauter dessus par un type qu'elle n’a jamais vu.Pour moi, c’est un viol consenti.[.] Et moi, pour l’avoir subi, je parle de terreur», souffle-t-elle.Ghita El-Khayat insiste: elle sait de quoi elle cause.Elle qui dit être la petite-fille d’un «taliban dans l’âme», un homme qui disait que la musique ne s’écoute qu’au paradis.Née en 1944 sous le colonialisme français, d’un père bilingue et d’une mère anal phabète qui a été battue parce qu’elle apprenait à lire en cachette, elle est allée à l’École moderne, celle des filles de notables dont le gouvernement français se servait pour mener à bien son protectorat Puis, elle a atterri en Europe, où elle a regretté d’être restée aussi longtemps colonisée.«J’avais cette aptitude à l’excellence scolaire, et c’est ce qui m ’a sauvée.J’ai pu casser la barrière de la pauvreté pour vivre l’ascension sociale», dit celle qui a maintenant quatre doctorats, dont un en anthropologie et en médecine aéronautique.A cette époque, le féminisme battait son plein.Elle a pu choisir ses combats qu’elle mène encore «parce que tout n’est pas acquis.» Une ouverture malgré tout Certes, Ghita El-Khayat reconnaît que le monde s’est ouvert aux femmes.Au Maroc, avec sept femmes ministres, le gouvernement est l’un des plus féministes du monde arabe, voire du monde musulman, reconnaît-elle.Il y a dix ans, l’actuel souverain, Mohammed VJ, arrivait sur le trône, en digne héritier de son père, qui avait déjà commencé à opérer une transition démocratique à la fin de sa vie.Voyant des voix dissidentes s’élever pour mettre en péril ce geste de main tendue vers les femmes, elle a pris la plume.«J’ai décidé d’envoyer une lettre à notre souverain, écrite dans un style voltairien.Je ne le savais pas à l’époque, mais cette épître d’une femme à un monarque était la première lettre écrite par une femme adressée à un roi, aussi bien chez les Arabes que chez les musulmans», raconte-t-elle.«Heureusement, ce règne a fini par donner une plus grande place aux femmes dans le pays, et les hommes sont devenus beaucoup plus respectueux à notre égard et beaucoup moins agressifs», constate celle qui enseigne à l’université de Chieti, en Italie.Selon elle, ce changement a été timidement amorcé dans l’histoire par les gestes posés par certains hommes, notamment Tahar Haddad, un syndicaliste tunisien mort en 1935, seul et persécuté, car il avait fait une thèse à l’Université traditionnelle sur l’abolition de la polygamie.Le roi d’Afghanistan Mohammad Zahir Shah, mort récemment, est un autre exemple: il a été destitué, car en 1973, il avait demandé que toutes les femmes de la famille royale et les épouses des membres du gouvernement aillent à l’université publique dévoilées.Les féminismes d’État, dont celui d’Atatürk en Turquie, d’Habib Bourguiba, qui a donné des droits révolutionnaires aux Tunisiennes, et celui du roi marocain Mohammed V, qui a laissé sa fille aînée, Lalla Aïcha, prôner pu- bliquement l’émancipation des femmes, ont également contribué à l’avancement de la cause.Pour en finir avec le voile Lors du passage au Québec de Mme El-Khayat, la polémique autour de la question du voile venait d’être relancée après les déclarations de la Fédération des femmes du Québec, doublée de celle de la ministre de la Culture et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, en faveur du «libre choix» concernant le port du voile et autres signes religieux.Pour la militante féministe, faire une telle déclaration d’appui au port du voile, c’est faire montre d’une profonde méconnaissance du problème.«Le voile est actuellement un problème de mode.Dans certains cas, les filles le portent, c’est comme une façon de dire, “je ne suis pas comme vous”, résume-t-elle.Mais moi, je le ressens d’une autre manière.Je ressens la douleur terrible du contexte dans lequel on a dévoilé les musulmanes dans les années 40 et 50.Je me rapporte nécessairement aux circonstances horribles dans lesquelles ma mère et ma grand-mère ont dû se dévoiler et aux événements douloureux de lutte nationale.C’était la guerre, un moment extrêmement particulier de l’irruption de la modernité dans nos sociétés.Et là, les femmes veulent se voiler de nouveau.C’est un révisionnisme de l’histoire.C’est un mouvement à contre-courant imposé par le système chiite.Mais vous, les Québécoises, vous ne savez pas tout ça», conclut-elle.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury.9’ étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans (rais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 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