Le devoir, 3 août 2009, Page(s) complémentaire(s)
ACTUALITÉS Karlheinz Schreiber a été extradé vers l’Allemagne Page A 2 ww.ledevoir.co ni ATTENTAT Les homosexuels de Tel-Aviv sont sous le choc Page A 4 LE DEVOIR Vol.C N " 1 7 2 LE LUNDI 3 AOÛT 2 0 0 !> I , I 0 $ + T A X K S = 1,2 .r) $ LE GRAND ART, LA GRANDE JULIETTE Le pire serait à venir en Afghanistan L’OTAN poursuit une grande opération en vue des élections ALEC CASTONGUAY Le niveau de violence a beau atteindre des sommets en Afghanistan, les trois prochaines semaines pourraient être encore pires, prévient le brigadier-général Jonathan Vance, qui dirige les Forces canadiennes à Kandahar.Une situation qu’il juge toutefois temporaire, puisque la nouvelle approche de l’OTAN et du Canada dans ce pays en guerre pourrait stabiliser la région à moyen terme.Les talibans ont récemment appelé au boycottage de l’élection présidentielle prévue le 20 août prochain en Afghanistan et promis de s’y opposer avec énergie.Dans ce contexte, le pire pourrait être encore à venir, estime Jonathan Vance, qui a accordé une longue entrevue téléphonique au Devoir vendredi, à partir de son quartier général de Kandahar.«Je pense que la possibilité est forte que les insurgés tentent de déstabiliser l'élection, dit-il.Ils vont continuer à utiliser des engins explosifs improvisés.Ils vont tenter d'empêcher les gens de voter.C’est assez clair qu’ils vont essayer.On verra s’ils parviendront à leurs fins, car on a pas mal réussi à les contrecarrer depuis quelques mois.Ils sont plus en mode “réaction” qu’en mode “offensive" présentement.Ils ont de la difficulté à monter des attaques d’envergure qui fonctionnent.» Depuis le début de la mission canadienne en Afghanistan, 127 militaires ont perdu la vie, dont sept depuis le début du mois de juillet.Hier, deux VOIR PAGE A 8: AFGHANISTAN le brigadier-général Jonathan Vance PEDRO RUIZ LE DEVOIR DES TEXTES qui parlent au présent d’hier comme au présent d’aujourd’hui, une voix qui les porte et qui porte, le geste qu’il faut quand il faut, un accordéon, le piano de Gérard Jouannest et un public fidèle au rendez-vous: le récital que présentait Juliette Gréco hier au théâtre Maisonneuve de la PdA était, comme au premier soir du Boeuf sur le toit 60 ans plus tôt, la démonstration d’un art d’interprétation sans artifices, mais non sans théâtre.Lire la critique de Sylvain Cormier en page B 8.Lire aussi en page A 3 SI Deux autres soldats de Valcartier sont tués ¦ Les députés britanniques jugent sévèrement la mission afghane w-*: AGENCE FRANCE-PRESSE IRAN Khatami dénonce une « mise en scène » judiciaire ¦ À lire en page B 1 » INDEX Annonces.B 6 Avis publics .B 2 Culture.B 8 Décès.B 6 Économie .A 5 Éditorial.A fi Idées .A 7 Météo.B 5 Monde.B 1 Mots croisés.B 5 Religions.B 6 Sudoku.B 6 Télévision.B 7 L’ENTREVUE L’espoir d’un Maghreb pour les femmes JACQUES NADEAU LE DEVOIR La psychanalyste marocaine Ghita El-Khayat ; *5'-::>>¦ Port du voile, femmes et politique, en matière de débats féministes, la psychanalyste marocaine Ghita El-Khayat n’en est pas à ses premières armes.En lice pour le prix Nobel de la paix 2008, cette militante a des idées révolutionnaires pour le Maghreb, où les femmes ont un grand rôle à jouer, insiste-t-elle.Entretien.LISA-MARIE GERVAIS Si menue et délicate qu’elle soit, il y a quelque chose de plus grand que nature qui émane de Ghita El-Khayat.Et pour cause.Avec ses quatre doctorats et 37 livres à son actif, cette psychanalyste marocaine âgée 65 ans en impose.Assise sur la terrasse du Hilton-Bonaventure de Montréal, la militante féministe parle avec passion de ce qui l’anime.«Le Maghreb se fera avec les femmes ou ne se fera pas du tout.Et pour l’instant, il n'est toujours pas fait», lance-t-elle à brûle-pourpoint Cette animatrice de radio, passionnée des arts et de la lit-1 i térature, était de passage au Québec en mai dernier dans un dessein tout féministe: elle avait été invitée par des historiens à participer au colloque «Femmes, culture et pouvoir» organisé par l’université de Sherbrooke et auquel participait Micheline Dumont la grande spécialiste de l’histoire des femmes.«fai lu les textes fondateurs — la Charte de création du Maghreb est énorme! —, mais je n’ai pas trouvé un seul mot sur les femmes.J’ai donc fait ma Micheline Dumont en disant que le problème de ces pays, c’était l’absence des femmes», a indiqué Mme El-Khayat qui ne manque VOIR PAGE A 8: MAGHREB ÉTUDE Les urbains marchent, les banlieusards jardinent MÉL1SSA GUILLEM ETTE Les «450» et autres banlieusards du pays sont aussi actifs que les résidents des grandes villes, selon une étude de Statistique Canada.La plupart des études sur le sujet, surtout américaines, démontraient jusqu’à présent que les banlieues nord-américaines, par leur urbanisme, favorisent la sédentarité et l’utilisation de la voiture pour tous les déplacements, tandis que les villes incitent davantage à se déplacer à pied ou à vélo.Peut-être, admet Martin Turcotte, analyste chez Statistique Canada, mais les banlieusards passent plus de temps que les autres à travailler sur leur terrain, ce qui compense leur tendance moins forte aux déplacements actifs.Les déplacements utilitaires sont effectivement deux fois plus populaires chez les résidents de grands centres, qui vont pédaler ou marcher pour se rendre au travail ou à l’épicerie un peu moins d’une fois sur trois, contre environ une fois sur sept pour les habitants de quartiers VOIR PAGE A 8: URBAINS i \ Le jardinage contribue-t-il à la bonne forme physique?P * » I- K 1) E V 0 I R .L E L U N I) I 3 A 0 f T 2 0 0 9 A 2 MONTREAL AVANT-APRES Quartier des spectacles en emergence, CHUM à édifier, échangeur Turcot à reconstruire, campus de Concordia redéployé, carrefour du Parc-des Pins enfin redessiné.Les projets qui refaçonnent le visage de Montréal ne manquent pas ces jours-ci.Mais, à toutes les époques, la ville s’est bâtie et rebâtie, faisant disparaître, bouger ou apparaître des repères visuels qui marqueront leur époque.Tous les lundis de l’été, un petit voyage photographique dans le passé vous en fera la démonstration.Il m in SOURa: K.N.M.HIBMOTHKQDI-: ET ARCHIVES NATION Al ES DU QUEBEC.DIRECTION DU CENTRE D'ARCHIVES DE MONTRÉAI SERIE OFFICE DU FIEM DU QUEBEC, E6, S7.SSI.P61205Ï Le collège Sainte-Marie en 1961, rue Dorchester GUILLAUME SAINT-JEAN Sur le même emplacement s’élève aujourd’hui une tour logeant les bureaux de SNC-Lavalin.D’un collège classique à une firme d’ingénierie de réputation mondiale Les générations d’anciens élèves du collège Sainte-Marie ne reconnaîtraient plus les lieux, désormais occupés par une tour de granit et un terrain vague Dans l’ombre de la place Félix-Martin se dresse, au coin des rues Bleury et René-Lévesque, un terrain qui abritait autrefois une institution phare de l’enseignement à Montréal: le collège Sainte-Marie.Mais il n’en subsiste guère de traces: c’est plutôt l’un des emblèmes du Québec des affaires qui se dresse maintenant sur les lieux.GUILLAUME SAINT-JEAN En 1846, les pères jésuites souhaitent créer à Montréal un lieu d’enseignement destiné aux laïcs de toutes classes.Pour ce faire, ils achètent le lot situé à l’intersection des rues Bleury et Dorchester (aujourd’hui René-Lévesque) au coût de 12 500 livres, selon un contrat stipulant que le terrain ne pourrait être utilisé à d’autres fins que pour l’éducation.En attendant la construction de l’établissement souhaité, les jésuites vont d’abord offrir des cours, de 1848 à 1850, dans une maison de la rue Saint-Alexandre.Puis, ils s’installeront de façon permanente dans leur collège de pierre nouvellement construit sur le lot acquis au centre-ville.Le collège Sainte-Marie, où les frais de scolarité s’élevaient à deux et trois dollars par mois, n’accueillit toutefois que 13 élèves lors de la première rentrée des classes.Mais leur nombre grimpa à 56 avant la fin de l’année, dépassa la centaine dès la rentrée suivante et augmenta par la suite de façon croissante.Surtout fréquenté par les fils de la bourgeoisie ca-nadienne-française et irlandaise, ce lieu d’enseignement offrait alors un cours classique comprenant entre autres l’étude des lettres grecques, des leçons de philosophie, d’économie politique et d’opérations commerciales.En plus de l’église du Gesù, construite en 1865 et voisine du collège Sainte-Marie, les jésuites érigèrent dans l’ouest de la ville le campus Loyola en 1896, afin d’y regrouper les élèves de langue anglaise, et le collège Jean-de-Brébeuf à Côte-des-Neiges en 1928, destiné à héberger des pensionnaires.Au cours des années 60, les religieux souhaiteront transformer le site de la rue Bleury en campus universitaire.Leur rêve de créer la deuxième université catholique francophone à Montréal ne pourra malheureusement pas se concrétiser.Après avoir accueilli sa dernière promotion en 1969, le collège Sainte-Marie sera plutôt loué à l’Université du Québec à Montréal, tout juste créée, avant d’être mis en vente en 1975.Des promoteurs suisses proposeront alors de raser le lieu d’enseignement ainsi que l’église du Gesù afin d’ériger un vaste complexe comprenant deux tours à bureaux, un hôtel, une tour d habitation et un auditorium.Sauvée de la démolition après avoir obtenu le statut de monument historique reconnu dès l’automne 1975, l’église du Gesù fut dès lors restau- rée.Considéré sans originalité architecturale, le collège, lui, tomba sous le pic des démolisseurs l’année suivante.Deux tours à logements d’une hauteur de 32 étages devaient y être érigées.Finalement, le site accueillit plutôt la place Félix-Martin et un projet de deux tours à bureaux, dont seule la phase I sera érigée, faute de locataires.De médiocre qualité architecturale, l’immeuble, où logent les bureaux de la firme d’ingénierie et de construction SNC-Lavalin, remporta le prix Citron de Sauvons Montréal en 1988.Les générations d’anciens élèves du collège Sainte-Marie, qui y avaient autrefois appris ce qu’était le sens de la vie, ne reconnaîtraient plus les lieux, désormais occupés par une tour de granit et un terrain vague.Seuls les restes d’un mur de pierre ceinturant autrefois la cour de récréation permettent de se souvenir encore aujourd'hui de l’apport que le collège a eu dans la société québécoise.Collaboration spéciale LES ACTUALITES Dernier recours judiciaire épuisé Karlheinz Schreiber a été extradé vers l’Allemagne Toronto — La longue et souvent déroutante saga de Karlheinz Schreiber a pris fin hier.La juge d’un tribunal ontarien a rendu vain l’ultime effort fait par l'homme d’affaires dans l’espoir d’éviter son extradition vers l’Allemagne.D a été placé en soirée dans un avion à destination de l’Allemagne, selon ce qu’a indiqué son épouse au réseau anglais de Radio-Canada.Le gouvernement fédéral a confirmé, en soirée, que le marchand d’armes avait été remis aux autorités allemandes, qui veulent le juger depuis des années pour subornation et fraude, notamment «Le 2 août 2009, M.Schreiber a été extradé vers l’Allemagne conformément à l’arrêté d’extradition valide émis à son intention le 31 octobre 2004 par l’ancien ministre de la Justice Irwin Cotler», a déclaré le ministre de la Justice, Rob Nicholson, dans un communiqué.«Au cours d’une période de 10 ans, M.Schreiber s’est vu accorder toutes les occasions raisonnables de contester son extradition.Son extradition vers l’Allemagne est tout à fait conforme à la loi et à l’esprit et à l’objet de l’extradition.» Plus tôt dans la journée, l’avo- cat de Schreiber, Edward Greenspan, avait obtenu la tenue d’une audience extraordinaire à la Cour supérieure de l’Ontario à Toronto, en plein week-end estival, pour requérir une injonction qui aurait permis à son client d’éviter un aller simple vers l’Europe.Mais les efforts de M.Greenspan se sont révélés inutiles.«Je ne crois pas qu’en justice vous soyez censés mettre en balance le nombre de fois que vous gagnez et que vous perdez», a-t-il déclaré à la suite de l’audience, évoquant le nombre de procédures judiciaires engagées par M.Schreiber en près EGYPTE 5 432$ • TOUT INCLUS * 25 jour» ?"% 27 oct.au 20 nov.2009-amoves «aces Jfjk 5 au 29 nov.2009 • counir *r* A12 nov.au 6 déc.2009¦ aunavts pl/icis ITINÉRAIRE U PLUS COMPLET SUR LE MARCHÉ - Wiv HÔTELS ET BÂTEAUX OOOOQ POSSIBILITÉ DE VISITER PÉTRA (avk suppliant) DEMANDEZ U BROCHUM DI l ITtNtRAIRI COMPLET VOYAGES CULTURELS VIP 3627, RUE SAINT DENIS MONTRÉAL, QC H2X 3L6 T.514-844-040/ • 1-866-481 4425 WWW VOYAGESCULTURELSVIP.CA Résultats des tirages du : 2009-08-01 LOTO QUÉBEC 13 14 24 31 40 48 Gagnants 07 22 26 ijnnssa 44 compi.35 compl 27 33 47 Lors 0 23 543 579,00 $ Gagnants 6/6 1 5/6+C 0 5/6 23 4/6 1 007 3/6 19 044 2/6+C 11 016 l/entes totales 2 000 000,00 $ 75 000,00 $ 750,00 $ 75.00 $ 10.00 $ 5,00$ 951 070.00 $ 5 216 12 684 245 684 2/6+C 167 651 Ventes totales 5/6+C 121 583,80 $ 2 324,90 $ 75.00 $ 10.00 $ 5,00 $ 29 505 528 $ Prochain gros lot (approx.) : 35 000 000 $ 1739884 Résultats des tirages du : 2009-07-31 o GAGNANTS 0 2 83 4 798 102 266 92 487 855 045 Ventes totales LOTS 2 500 000,00 $ 70 076,10$ 1 688,60 $ 99,30 $ 10,00$ 10,00$ Participalion gratuite 12 266 924 $ 08 12 14 15 19 23 33 compl.3/7+C EQtra 4992200 5 000 000 $ Prochain gros lot (approx.) : En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité Elle est de retour ! Jusqu'à 90 participants A la télë n ET 5,8 MILLIONS EN LOTS AU TOTAL.de 10 ans au Canada.«Je ne crois pas qu’en justice, voies soyez censés mettre en balance le nombre de fois que vous gagnez et que vous perdez», a-t-il dédié à la suite de l’audience, évoquant le nombre de procédures judidaires engagées par Schreiber.«Chaque affaire doit être jugée m fonction de ses mérites.La juge a décidé de ne pas nous accorder me prolongation, et c’est fini», a ajouté l’avocat La juge Barbara Conway est parvenue à la bonne conclusion en refusant à M.Schreiber une injonction qui aurait retardé davantage son extradition, a pour sa part estimé l’avocat de la Couronne, Richard Kramer.En conséquence de la dérision rendue par la juge, M.Schreiber s’est rendu de lui-même à un centre de détention de Toronto, a indiqué M.Greenspan.Dans une lettre envoyée au premier ministre Stephen Har- per, qui a été lue en cour, M.Schreiber a écrit avoir demandé une audience extraordinaire après avoir reçu la visite de deux responsables du ministère de la Justice, vendredi soir.M.Schreiber a expliqué que les fonctionnaires venaient lui donner une réponse à une autre missive transmise par son avocat Cette visite a déclenché un processus exigeant de lui qu’il se rende aux autorités au plus tard dimanche soir.Agé de 75 ans, l’homme d’affaires tentait de s’opposer à une demande d’extradition de l’Allemagne, qui veut le traduire en justice pour évasion fiscale, subornation et fraude.Les audiences publiques au sujet de ses relations d'affaires avec l'ancien premier ministre conservateur Brian Mulroney se sont terminées mardi dernier.La Presse canadienne EN BREF Nuit mouvementée à Montréal Une fusillade à l’intersection des rues Saint-Laurent et Duluth, à Montréal, a fait un mort et un blessé, dans la nuit d’hier.Vers 3h25, un homme de 27 ans et une femme de 22 ans ont été atteints de projectiles, près d’un bar.L’homme a succombé à ses blessures à l’hôpital.Quant à la jeune femme, elle a subi des blessures graves, mais elle est hors de danger.Le mo- tif de ces agressions est inconnu.Par ailleurs, un homme de 38 ans repose dans un état critique après avoir été atteint par balle samedi soir au centre-ville de Montréal, Les policiers ont retrouvé l’homme ensanglanté dans une ruelle, à proximité des rues Milton et Sainte-Famille.Ils s’étaient rendus sur place après avoir reçu plusieurs appels de citoyens.L’auteur de cette tentative de meurtre a pris la fuite.In victime est connue des milieux policiers.— Im Presse canadienne LE DEVOIR.LE LUNDI 3 A O Û T 2 O O î) CULTURE Les FrancoFolies de Montréal Juliette Gréco au théâtre Maisonneuve de la PdA Place à Gérard Jouannest SYLVAIN CORMIER Petite scène de la vie conjugale.Juliette Gréco, avant de lancer hier soir la toute dernière chanson de son récital, en l’occurence Ne me quitte pas, immortelle des immortelles de Jacques Brel et Gérard Jouannest, a présenté l’accordéoniste Jean-Louis Matinier et le Jouannest en question: son mari depuis 40 ans, son accompagnateur de scène et son compositeur attitré.Elle n’a rien précisé de tout cela: on sait Elle a dit «Au piano, Gérard Jouannest.» Et tout Maisonneuve s’est levé pour ovationner Gérard Jouannest.Pendant qu’on applaudissait l’homme s’est rassis.Et sa Juliette, hors-micro, l’a admonesté, on a seulement vu le geste leste de la main, lui signifiant allez de- bout, elle est pour toi l’ovation.Et Jouannest s’est relevé pour se rasseoir plus vite encore et jouer les cinq notes du fameux motif.Regard sur le clavier, signifiant bon, ça ira comme ça.L’histoire de la soirée.Juliette qui mène son théâtre de chanson à sa guise et sa manière, et Gérard Jouannest effacé mais là.Doublement présent.Là pour jouer, et là parce que nommé.Souvent nommé.Juliette Gréco, faut-il rappeler, nomme avant chaque chanson l’auteur et le compositeur.«C’est la moindre des politesses, disait-elle en entrevue au Devoir l’autre jour.J’ai pour bonheur de faire que les gens ne soient pas morts.L’oubli étant la mort la plus sûre.» Or Jouannest est une sorte d’oublié volontaire.Comme l’explique fort bien Angela Couzet dans la récente biographie intitulée Gérard Jouannest, de Brel à Gréco, l’homme s’est tenu exprès «à l’ombre» (et non pas «dans l’ombre») du grand Jacquot et de la grande Juliette.Seulement voilà, il se trouve que Gréco chante de plus en plus de Brel-Jouannest dans ses récitals, exprès aussi.Hier, j’en comptais cinq: Bruxelles, Mathilde, La Chanson des vieux amants, J’arrive, et Ne me quitte pas.S’ajoutaient les collaborations avec Jean-Claude Carrière (notamment la terrible C’était un train de nuit, «devoir de mémoire» évoquant les convois de déportés sous l’Occupation), ainsi que les nouvelles chansons de l’album Je me souviens de tout, composées par Jouannest sur des textes d’Orly Chap, Olivia Ruiz, Marie Nimier et surtout Abd al Malik (l'extraordinaire Tout ira bien).Ça voulait dire qu’il restait au programme un peu de Gainsbourg (Accordéon, La Javanaise, La Chanson de Prévert), un peu de Ferré (Jolie môme, ainsi qu’une magistrale relecture à'Avec le temps), et ça voulait dire aussi que ça laissait Béart, Brassens, Aznavour, Trenet, Queneau et compagnie au vestiaire.Choix assumé, compre-nait-on.Place était faite à Jouannest, et place n’a jamais été plus méritée.Cela dit, j’aurais bien pris Le Déserteur, qu’interprète Juliette sur l’album-hommage paru pour les 50 ans du décès de Boris Vian.Mais là, je chipote.Une heure et demie de Juliette Gréco et Gérard Jouannest et je chipote.Faites-moi mal, quelqu’un.Le Devoir i JEAN FRANÇOIS LEBLANC Pour ce spectacle, Malajube est apparu avec des versions intenses et plus rodées.Malajube au Métropolis Cimenté et généreux PHILIPPE PAPINEAU Malajube s’est drôlement amusé samedi soir au Métropolis, et nous aussi par le fait même.D’une humeur incroyable — ce qu’elle n’a pas toujours —, la formation a donné un spectacle haut de gamme, généreux, bien cimenté.Au lancement de Labyrinthes, en février, les bottes encore aux pieds, on les avait trouvés un peu techniques, prudents dans l’interprétation des nouvelles pièces.C’était les premières heures de ces chansons, rien d’anormal.Mais samedi, Malajube est apparu devant nous avec des versions autrement plus senties, intenses et rodées.On n’entendait pas quatre musiciens, mais un groupe cimenté.Du bonbon pour la foule nombreuse qui avait envahi la salle.En début de concert, Malajube a surtout joué ses nouvelles pièces, avant de piger dans le répertoire de Trompe-l’œil et du Compte complet.Le quatuor s’est fait généreux, effectuant deux rappels.Le chanteur Julien Mineau a même laissé filer une de ses guitares dans la foule, c’est dire l’ambiance.Le fou du roi Plus tôt, samedi, Carl-Eric Hudon a attiré une foule discrète mais attentive.Peut-être nerveux, Hudon aurait gagné à improviser un peu plus, à laisser la folie agir.Tout de même, il nous a rappelé, avec ses pièces mi-folk mi-expérimentales, que son répertoire valait le détour, et que son dernier disque Contre le tien Ananas Bongo Love mérite qu’on s’y attarde davantage.Un autre qui devrait être davantage sous les projecteurs, c’est Benoît Paradis.Vendredi soir, cette espèce de fou du roi en habit de soirée a brillé par son originalité et par son attitude de doux névrosé.La cravate de travers, de petites lunettes rondes sur le nez, Paradis et ses deux musiciens ont fait se marrer la foule avec leurs chansonnettes jazz.Il fallait le voir osciller entre le trombone, la trompette, les percussions et la guitare — qu’il jouait debout sur une chaise en utilisant le même micro que pour sa voix.Vous pourrez vous rattraper hors Francos le 18 août, au bar Les Pas sages, à Montréal.Le Devoir Spectacle de Davy Sicard Le créole du bout du monde YVES BERNARD En 2007, la plainte mordante que Davy Sicard a révélée à travers sa prière pour la liberté s’est avérée un véritable coup de cœur.Demain et mercredi, il livrera une fois de plus son blues rythmé des champs de canne à sucre de la Réunion.Tout en acoustique, sans basse, en mode afro-folk, la voix pure sur le ton de l’intimité, le «soûl» plein l’âme, en soufflant sur les notes et les silences comme sur une douce incantation.Dans chacune de ses pièces, on perçoit ce «ma-loya» qui est à la fois rituel sacré, culte de rapprochement avec les anciens, musique de guérison, objet de répression devenu symbole national.Davy Sicard explique: «C’est une forme de blues hérité des esclaves et c’est vraiment le tronc commun de tout ce que je peux faire.C’est une mu- sique, mais ça implique aussi une perception de la vie, un lien avec le spirituel».Ce «maloya», l’auteur-com-positeur l’a découvert sur le tard, à la suite d’un long processus d’apprentissage après avoir chanté en français et en anglais.«A ce moment, le créole symbolisait un sentiment de honte à la Réunion.Mais je sentais qu’il me manquait quelque chose.Je n’arrivais pas à éprouver un vrai partage avec les gens.Je me suis donc mis à me renseigner sur notre histoire qui est camouflée», raconte Davy Sicard.Dorénavant, le créole se retrouve au cœur de sa création.Inspiré par un poète comme Alain Peters autant que par les anciens, il lance en 2007 Ker Maron, un disque empreint de quête identitaire qui reçoit des éloges, avant de faire paraître cette année Kabar qui tend davantage vers la spiritualité.«J’essaie de raconter le cheminement à travers le deuil», explique-t-il.«Je passe par toutes les étapes, de la douleur, à l’acceptation et à la sérénité».Tout cela sur les cadences d’un «maloya» cabossé, inventif, teinté de soul et de saisissantes harmonies vocales, joliment rythmé par deux instruments de percussion emblématiques de la liberté affirmée: le rouleur, un gros tambour basse, et le kayamb, proche cousin des maracas.«Pour moi, le rouleur c’est le son profond de la terre, alors que le kayamb est celui de l’eau et de la mer», résume le doux poète du bout du monde.Collaborateur du Devoir ¦ Dans la série Les Acoustiques, mardi 4 août et mercredi 5 août à 19h ¦ Renseignements: w 514-876-8989 www.cinemadupnrc.com consultez notre site Internet L’INTÉGRALE JOHN CASSAVETES EVERLASTING MOMENTS BELA FLECK Throw Down Your Heart J'AI TUE MA MERE «VALENTINO WHATEVER WORKS nu fCINÉMA DU PARC AutobuiaO/l» | 3575DuPore 514-281-HOO «J’essaie de raconter le cheminement à travers le deuil Je passe par toutes les étapes, de la douleur, à l’acceptation et à la sérénité ».Bernard Lavilliers - Les Fatals Picards Un homme et sa parodie SYLVAIN CORMIER Sûr qu’il l’a fait exprès de les programmer en même temps, Laurent Saulnier.C’était trop beau.Trop synchro.A 20h, samedi soir, montaient sur scène, à quelques centaines de mètres les uns de l’autre, les Fatal Picards et Bernard Lavilliers.Les premiers à l’extérieur, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Jeanne-Mance, avec la PdA dans le collimateur.Et dans la PdA, plus précisément au théâtre Maisonneuve, le second.Là, comme ça, ça n’épate personne.Encore faut-il savoir que les Picards, espèces de punks de la satire, des Français qui ne respectent rien et surtout pas ceux qui se prennent trop au sérieux, ont un jour écrit une ode au baroudeur de la chanson, au titre évocateur: Bernard Lavilliers.Ça va un peu comme ça, je cite de mémoire (c’est pas vrai, j’ai été voir sur le Web): «Ah c’était la belle vie avant quand tétais aventurier/Quand tétais gardien de phare, pilote de Fl, catcheur ou bien skieur alpin /Après c’était plus dur quand tas été guérillero / Pendant que tu /disais proxénète, banquier et puis dresseur de chameaux /Maintenant tu es chanteur, tu gagnes pas mal ta vie / Mais des fois quand vient le soir ben tu tennuies».Et ça débouche sur un refrain imparable: «Bernard Lavilliers / Mais qu’est ce que tu vas pouvoir faire /Lite reste plus de métier à faire / Bernard Lavilliers/Ah si p’têt obstétricien /Ah ben non tu l’as fait en 81».C’était plus fort que moi.Sachant les Picards dehors, j’arrêtais pas de me chanter Bernard Lavilliers dans ma tête, pendant que le Lavilliers en question, dans ses pantalons de cuir à la Jim Morrison, avec ses boucles d’oreille achetées à des narcotrafi-quants en échange d’otages (je déconne, là), servait ses dénonciations sur rythme reggae ou funk: Samedi soir à Beyrouth, Pigalle la blanche, Les troisièmes couteaux, Ordre nouveau, Killer.C’était bigrement efficace dans le genre, musiciens en acier trempé et tout le tremblement, et Lavilliers lui-même tenait la forme des bons jours, mais, quand même, je rigolais en douce.Dehors, fatalement, les Rcards allaient la chanter, la chanson qui tue.N’y tenant plus, alors que Lavilliers, retrouvant sa sèche, réitérait On The Road Again avec la salle pour chorale, je me suis esquivé.Sur l’esplanade, les R-cards placardaient les supporters de clubs de foot dans leur chanson Les princes du Parc.Et puis.et puis.oui! Bernard Lavilliers'.La présentation était à saveur locale: «R a tout inventé, Bernard Lavilliers, les brasseries de bière de Robert Charlebois, c’est lui; les cirrhoses de Robert Charlebois, c’est lui aussi!» Et la chanson a résonné jusqu’à la PdA, sûr qu’on pouvait l’entendre dans les couloirs.«Ah la la une avalanche en Haute-Savoie et un barrage qui vient de craquer / Faut appeler Bernard Lavilliers.» Jusqu’à la fin, j’ai cru qu’on allait avertir Lavilliers, qu’il allait sortir, rejoindre les Rcards sur scène et leur montrer ses biceps, comme dans le clip.Hélas, non.Peut-être les Picards sont-ils allés le trouver dans sa deuxième partie à lui.Si oui, vous me raconterez.Moi, j’avais chanté Bernard Lavilliers et j’étais rassasié: «T’as même connu MacGyver à l’époque ou t’étais coiffeur / Bernard Lavilliers».Un grand moment francofou.Le Devoir NOS CHOIX Anis Après être venu nous rendre visite en 2007, le Français Anis revient encore cette année aux FrancoFolies et foulera nos scènes pas moins de trois fois.Le chanteur de charme à la voix nasillarde, amoureux du blues et du swing, viendra défendre son deuxième et plus récent disque, dont la pièce éponyme Rodéo Boulevard est un pur délice pour les oreilles.On claque des doigts, on joue des épaules et on twiste un brin, c’est un peu ça, le bonheur.¦ Aux portes du Complexe Desjardins ce soir à 19h et 22h.Au Cabaret Juste pour rire, demain à 22fi avec Doriane.¦ A écouter: Rodéo Boulevard, EMI.Philippe Papineau LA FEIE EST COMMENCEE El SE POURSUIT JUSQU A DIMANCHE ! DE MONTRÉAL LES ÉIÉNEMEinS^i» fusion 20 h THÉÂTRE MAISONNEUVE.Place des Arts m collaboration avec rrjQ IMiUüH boorrA- Q EKSttSTM PÉVÉMENMM TOMES SOIRS DONlJ WMIM LES NUITS focus 21 h METROPOLIS r BSMMBîlilliAHHMMalsiEÜÀlÉiDiiiREa 3ljirite|^ci|ôîi6AI!L] lonHüCHHwoELTOMwcmuum «WT|BEIHItSE«SpSriltWRtl| MIlLWCHEMRElmOTjlIHj Eiunmsnmnia ‘“r Special Francos TIKF.N F AK Côte-d'IvoIre .vASi.r5 Ariane Moffatt F! DEMAIN SOIR 21 h francofolies.com Emily l£i/cnu SAMEDI 8IDU1 MARDI 4 (DUT BILLETTERIE CENTRALE mIiropous 59, rue Sainte-Catherine Est sauf pour les spectacles 514 908-9090 - ticketpro.ca nrdsonfi's r) la Place des Arts PLACE OIS ARTS 514 842-2112 lanlaccdcsorts.com nfNfHUW D'AVANTAGES AVK li PROGKAMMf Dt RfCOMI'INSIS VISA DESJARDINS AU 1 877 BIUEIS RENSEIGNEMENTS INFO-FRANC OS Çj VIDÉOTRON I Vvj.mlim 13 VIOeOTRON francofolies.com (nnada 0
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