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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier C
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2009-08-08, Collections de BAnQ.

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I.E I) E V 0 I H .I, E S S A M EDI K J"->s PERSPECTIVES Le libre-échange à l’heure des comptes Page C 3 E T I) I M A N (’ Il E !) A O fl T Z (I O !l •WP ' 4 -wl IDÉES La framboise folle! Page C 5 PERSPECTIVES PotXhoix S' * ' - les** a» cw>''** l*(X' Vie ten ce \ \ f(\)f£ /fux Ç r ¦ ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR KELLY GLASSCOCK AGENCE FRANCE-PRESSE SOURCE CANAL D , i s En haut, des manifestantes pour le droit à l’avortement au Québec; à gauche, des fleurs déposées près de la clinique texane où pratiquait le Dr Tiller, tué par balle le ans, Chantal Daigle, (a droite) gagnait sa cause devant la Cour suprême contre son ex qui voulait l’empêcher de se faire avorter.31 juillet dernier.Il y a vingt Le combat pour le droit à l’avortement se poursuit vingt ans apres la victoire de Chantal Daigle Vingt ans après la victoire devant la Cour suprême de Chantal Daigle contre son ex qui voulait l’empêcher de se faire avorter, un des seuls médecins à pratiquer des avortements tardifs est assassiné brutalement.Menaces, projets de loi, manque d’accessibilité.Le droit à l’avortement est une lutte inachevée, même au Québec.AMÉLIE DAOUST-BOISVERT Constamment persécuté, menacé et violenté, le D1 Tiller, 67 ans, n’avait jamais abdiqué devant la cause des femmes et celui du droit à l’avortement dans un Texas hostile.Pourtant, le 31 juillet dernier, un tireur opposé à l’avortement a eu raison de lui, l’atteignant d’une balle mortelle, en pleine église.Secouée, sa famille a fermé sa clinique de Wichita, au Texas, une des dernières à encore pratiquer des avortements tardifs — au-delà de 22 semaines.Un drame qui a eu des répercussions jusqu’au Québec puisqu’une vingtaine de femmes sont envoyées, chaque année, se faire avorter aux Etats-Unis.Les interruptions entre 24 et 26 semaines de gestation, c’est le D' Tiller qui les pratiquait.Depuis sa mort, le CLSC des Fau-bougs envoie ces patientes dont la grossesse est jugée dangereuse à une des deux autres cli- niques américaines qui acceptent des patientes au-delà de 22 semaines de gestation.Certains militants extrémistes surnommaient le Dr Tiller «tke baby killer», mais depuis sa mort brutale, les sites Web et les tribunes en son hommage se multiplient.11 donnait aux femmes dans les situations les plus désespérées une option là où elles n’en avaient sinon aucune.«Tiller n’est pas le premier [médecin à se faire tuer]; les médecins, c’est sûr que ça peut les décourager», croit la profes-seure en science politique Diane Lamoureux.«J’ai envoyé plusieurs patientes dans ma carrière chez ce docteur, confirme le D' Claude Faquin, de la clinique Fémina, car il n’y avait pas beaucoup d’autres options.» La clinique Fémina a cessé de pratiquer des avortements tardifs depuis quelques années.«Sa mort a un impact, poursuit-il, car c’est une procédure rare.» Au Québec, quelques établissements pratiquent des avortements après 13 semaines, mais pas au-delà de 23.«En plus, les intervenants, ici, ça ne les encourage pas à faire des avortements; ils ont peur du harcèlement», observe Nathalie Parent, de la Fédération québécoise pour le planning des naissances.Elle estime qu'il est temps de faciliter cet accès au-delà de 22 semaines.Pour elle, le Québec devrait se doter du nécessaire pour pratiquer ces interventions ici: «Diminuer les obstacles serait un grand besoin.» «Ce n ’est pas un problème d’envoyer les femmes aux États-Unis, affirme au contraire le D Faquin, car créer un réseau ici coûterait encore plus cher.» Toutefois, les médecins québécois sont moins harcelés que leurs confrères américains.Nathalie Génois, coordonnatrice au Centre des femmes de Montréal, observe un relatif sentiment de sécurité chez les praticiens d’ici.«C’est rare qu’on ait des menaces; ici, on n ’en reçoit pas.On est moins ciblés, mais on sent toujours que le droit à l’avortement, c’est précaire.Certains médecins n’aiment pas accorder des entrevues à cause de ça», dit-elle.Pourquoi se faire avorter si tard?«Quand on se fait avorter à 20 ou 21 semaines, les raisons sont multiples», dit Nathalie Parent, qui déplore l’absence d’études sur le sujet.«On n ’a pas de données sur l’expérience des femmes.Parfois, c’est à cause des tests prénataux, dont on a les résultats à 17 ou 19 semaines; il peut y avoir des décisions à prendre.Il faut se fier à l’unique jugement des femmes; elles sont les meilleures et les seules juges.» Légal, mais accessible ?L’avortement n’est plus un geste criminel depuis l’arrêt Morgentaler en 1988.La lutte de Chanta] Daigle fut la dernière cause ultramédiatisée, mais la bataille n’est pas terminée au Québec pour autant.Après cinq mois de cohabitation avec Jean-Guy Tremblay, Chantal Daigle le quitte.Elle est alors enceinte de 18 semaines.Elle décide d’interrompre sa grossesse, mais Tremblay ne l’entend pas ainsi: il obtient en Cour supérieure une injonction empêchant l’avortement.Pendant que son avocat plaide sa cause devant la Cour suprême, Chantal Daigle se rend à Boston pour une interruption volontaire de grossesse (IVG).v Puis, la Cour suprême lève l’injonction, car «les droits substantifs invoqués pour l’appuyer — les droits du fœtus ou les droits du père en puissance — n’existent pas», conclut-elle dans son jugement.Chantal Daigle a raison.Selon Diane Lamoureux, «c’est justement l’ambiguïté de la loi de 1988 qui fait que ce n’est pas encore fini aujourd’hui.Le droit à l’avortement n’est pas garanti, il y a un vide législatif qui fait que ce n’est juste pas puni.» Depuis l’avènement d'un gouvernement conservateur à Ottawa, elle constate une recrudescence des mouvements antichoix.Selon elle, «ils profitent du climat politique conservateur pour marquer des points et tenter de restreindre légalement» le droit à l’avortement, comme ce fut le cas l’an dernier avec le projet de loi C-484 sur les enfants non encore nés victimes d’actes criminels.Pour garantir une fois pour toutes le droit des femmes, la politicologue propose d’inscrire la liberté reproductive de la femme dans la Charte des droits et libertés.«C’est la meilleure protection.Mais je 4 r ne me fais pas d’illusion à court terme à ce sujet: ce n’est pas pour demain.» Temps d’attente trop long Un autre élément s’interpose entre les femmes et leur liberté de choix: les listes d’attente.La clinique L’Alternative, à Montréal, cessera le 30 septembre de pratiquer des IVG devant la lourdeur d’une nouvelle loi provinciale, révélait hier Le Devoir.Une menace qui plane également sur les autres cliniques spécialisées, qui de toute façon craignent de voir les listes d’attente s’allonger encore.Québec estime le temps d’attente moyen à dix jours, mais les cliniques parlent plutôt de 14 à 21 jours.Trop long, tranche la D" Francine Léger, de la clinique Morgentaler.qui à cause des quotas qui lui sont imposés doit restreindre ses activités sous les capacités de la clinique.Nathalie Parent demande plus d’investissements dans les services d’avortement dans le réseau public pour que toutes les femmes y aient accès.«U y a une cinquantaine de médecins qui font des avortements au Québec seulement.Certains font la navette entre deux régions et deux établissements.Très peu de relève se prépare.Il faut consolider l'offre de service pour toutes les finîmes.» Le Devoir k 1 » Pour garantir le droit des femmes, une politicologue propose d’inscrire la liberté reproductive de la femme dans la Charte des droits et libertés L K DEVOIR.LES SA M EDI H E T I) I M A N C 11 E 9 A O ü T 2 ü O 9 C 2 PERSPECTIVES fi ?00% ' JACQUES NADEAU LE DEVOIR Selon le Dr Gilles Aubé, médecin de famille dans la région de l’Outaouais, qui perd beaucoup de médecins au profit de l’Ontario, rehausser le salaire ne sera pas suffisant: il faudra des mesures contraignantes, comme leur faire signer un engagement les obligeant à rester au Québec.Mobilité de la main-d’œuvre médicale Les ententes sont loin d’être une panacée Alors que le Québec perd ses médecins au profit de l’Ontario, l’entente France-Québec est porteuse d’espoir Sur une lancée, le gouvernement du Québec a signé au cours des derniers mois une série d’ententes-cadres, notamment avec l’Ontario et la France, pour faciliter la mobilité de la main-d’œuvre.Dans le milieu de la santé, certains y ont vu un remède contre la pénurie de médecins qui sévit gravement au Québec.Mais ces ententes sont-elles véritablement ( une panacee?LISA-MARIE G E K V A1 S Avril 2009.On a salué cette entente dite historique entre le Québec et l’Ontario, qui allait favoriser la mobilité de la main-d’œuvre médicale.Tandis que le président du Collège des médecins du Québec, le D' Yves Lamontagne, la qualifiait «d’important accord», son homologue ontarien en faisait un «modèle à suivre».Des doutes sur sa mise en œuvre?Non.Ou si peu.Certes, ouvrir une voie rapide pour les médecins entre le Québec et l’Ontario, deux provinces qui ont des conditions de travail et de rémunération inégales, risquait d’en avantager une plus que l’autre.Le Québec paie moins bien ses médecins et peine davantage à les retenir.L’exode du personnel médical vers l’Ontario, particulièrement celui de l’Outaouais, est un fait reconnu.Et il était à ce point inquiétant que l’ancien ministre de la Santé Philippe Couillard avait donné à l’Outaouais un statut particulier, qui justifiait ainsi une série de mesures, y compris financières, pour retenir son personnel.L’an dernier, 125 médecins québécois ont obtenu des permis de pratique indépendants auprès du College of Surgeons and Physicians of Ontario.Mais à peine une trentaine de médecins ontariens ont fait la route vers le Québec.Beaucoup d’étudiants québécois choisissent l’Ontario pour leur résidence et très peu d’Ontariens viennent au Québec.Pour l’année 2009, les chiffres du Service canadien de jumelage pour la résidence en médecine fait état d'un solde migratoire de -42 pour le Québec.Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, avait reconnu que l’entente Québec-Ontario sur la mobilité de la main-d’œuvre pourrait amener des médecins québécois à aller pratiquer en Ontario.Mais, optimiste, il avait dit croire en lq possibilité de voir ces médecins remplacés, et même surpassés, par d’autres venus d’ailleurs.«Et de loin», avait-il dit.Beaucoup d’espoirs ont été ainsi fondés sur une autre entente de mobilité de la main-d’œuvre médicale, cette fois avec la France.Québec-Ontario : une impasse?Le but de l’entente Québec-Ontario, qui visait la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles des médecins afin de répondre à une commande provenant des deux gouvernements provinciaux dans le cadre de l’Accord sur le commerce intérieur (AGI), était clair: donner à un médecin québécois titulaire d’un permis sans restriction la possibilité d’obtenir automatiquement un permis d’exercice pour pratiquer la médecine en Ontario, et vice-versa.Aussi, simplifier la bureaucratie pour accélérer le processus et faciliter la vie des médecins, surtout.L’entente se devait d’être réciproque.Or, depuis le 1" août, si les portes de l’Ontario sont grandes ouvertes aux médecins québécois, il n’en est pas de même au Québec, où quelques détails restent à être bouclés avant que tous les médecins ontariens sans exception puissent y venir sans problèmes.Pour les médecins ontariens diplômés avant 1994, qui n’ont pas fait l’examen qui est maintenant harmonisé entre les deux provinces, la re-connaissance automatique n’est pas possible.Mais on tra- vaille là-dessus.Le dossier est sur le bureau de l’Office des professions du Québec, qui «veille à ce que la réglementation soit conforme aux normes», a indiqué Jean-Paul Dutrisac, président de l’Office des professions du Québec.Mais l’accord n’entrera pas en vigueur avant 2010.Pour le président de la Fédération des médecins omnipraticiens, le Dr Louis Godin, l’entente Québec-Ontario ne saurait être profitable au Québec sans effectuer certains ajustements.«Les conditions de travail au Québec devront être compétitives.Je ne vous surprends pas en disant que ça fait longtemps qu’on demande ça», a-t-il indiqué.Selon le Dr Gilles Aubé, médecin de famille dans la région de l’Outaouais, qui perd beaucoup de médecins au profit de l’Ontario, rehausser le salaire ne sera pas suffisant: il faudra des mesures contraignantes.«Au lieu d’ouvrir les portes du Québec, il faut au contraire mettre plein de barrières pour empêcher les Québécois de s’en aller.Il faut leur faire signer un engagement pour les obliger à rester ici, sans quoi ils devront rembourser 100 % de ce que leur formation a coûté», a lancé le Dr Aubé, qui a été candidat pour le Parti québécois à l’élection partielle dans Hull l’an dernier.France-Québec : le seul espoir?Signée le 17 octobre dernier, l’entente-cadre entre la France et le Québec visait à adopter une procédure de reconnaissance des qualifications professionnelles qui devait faciliter et accélérer l’acquisition d’un permis pour l’exercice d’une profession réglementée sur l’un et l’autre territoire.Depuis, une dizaine d’ordres québécois, dont les architectes et les ingénieurs, ont signé des accords de reconnaissance mutuelle (ARM) avec leurs homologues français.Si les deux autorités responsables de la pratique médicale ici et en France assurent qu’elles sont parvenues à s’entendre, la mobilité des médecins n’est pas encore possible.L’entente ne pourra pas entrer en vigueur tant que les autorités françaises, le ministre de la Santé ou le président lui-même ne lui donneront pas l’approbation finale, ce qui signifie un délai de plusieurs mois.Beaucoup d'espoirs sont fondés sur cet accord.Le ministre de la Santé y voit une façon d’accélérer l’intégration de médecins étrangers, en l’occurrence français, au système de santé québécois.Plus mitigée, la Fédération des médecins spécialistes croit en cette bonne nouvelle qui va emmener des renforts, mais craint également le déséquilibre que cela pourrait créer si un grand nombre de Québécois en profitaient pour tenter leur chance de l’autre côté de l’Atlantique.L’entente dispensera un médecin français de faire l’examen de français et l’examen d’évaluation du Conseil médical du Canada (EECMC).Mais en vertu de cette même entente, le professionnel de la santé devra suivre la voie du permis restrictif après avoir fait un stage d’évaluation d’au moins deux mois en qiilieu hospitalier.Selon Edith Mauguière, une omnipraticienne diplômée en France, c’est là où le bât blesse.«Je me rends bien compte qu’il y a des endroits où il y a de réels besoins.Mais moi, je suis venue travailler à Montréal.Si on m’envoie en région, je repars en France», explique cette mère de famille mariée à un Québécois.Pour soulager la pénurie, elle propose de reconnaître automatiquement la formation prédoctorale des étudiants français et de les admettre directement en résidence sans qu’ils aient à passer une panoplie d’examens.«Ça, ça pourrait aider.Mais le Collège des médecins ne le fera jamais», a-t-elle soupiré.«Est-ce qu’on est capable de se dire qu’on vit vraiment dans un monde mondialisé ou bien reste-t-on chacun chez soi?» Le Devoir ECONOMIE En Allemagne, les femmes résistent mieux à la crise La crise ne nuit pas aux affaires de Franziska Ihle.Depuis l’ouverture de son cabinet de psychothérapie, en février 2008, sur l’Alexander-platz, en plein cœur de Berlin, cette femme de 32 ans reçoit toujours autant de demandes de consultations.Certains patients viennent même du Brandebourg, la région qui entoure Berlin.La jeune femme, qui a grandi à Berlin-Est, a travaillé pendant deux ans pour des agences d’événementiel avant de décider de se mettre à son compte.Aujourd’hui, elle gagne bien mieux sa vie qu’au-trefois.«J'étais au bon endroit au bon moment», ré-sume-t-elle avec un sourire.Le succès de Franziska Ihle n’est pas un hasard.Alors que l’Allemagne affronte la plus importante récession depuis la Seconde Guerre mondiale, les femmes semblent mieux tirer leur épingle du jeu.Le chômage féminin est en baisse, tandis que le chômage masculin augmente.Entre juin 2008 et juin 2009, la part des femmes sans emploi s’est réduite de 8 % à 7,8 %.Pour la même période, la part des hommes sans emploi a bondi de 7,1 % à 8.3 %.«Ce sont avant tout des emplois masculins qui sont abolis», confirme Elke Holst, de l’Institut de recherches économiques de Berlin (DIW).Tou- i * > UNMMBHt chée de plein fouet par la crise, l’industrie allemande emploie surtout des hommes.Le recours massif au chômage partiel a jusqu’à maintenant permis de limiter les grandes vagues de licenciement.Mais les experts s’attendent à une explosion du chômage à l’automne.A l’opposé, les secteurs de la santé, de l’éducation ou des prestations sociales, où les femmes sont surreprésentées, continuent de créer des emplois.De même, les postes à temps partiel, où les femmes sont très nombreuses, ne sont pas touchés.Autre phénomène, de plus en plus d’Allemandes décident de se mettre à leur compte.En 2008, 41 % des nouvelles sociétés ont été créées par des femmes, selon des chiffres de la banque publique de crédit KFW.«Après la crise, le monde du travail sera probablement plus féminin et davantage orienté vers les services», prédit Frank-Jür-gen Weise, le président de l'agence fédérale pour l’emploi, dans l’hebdomadaire Die Zeit.«Les femmes obtiennent une chance quand l’économie s'effondre», explique l’experte du DIW.Les jeunes femmes semblent particulièrement disposées à affronter la crise.«Elles sont flexibles, en partie parce qu’elles veulent concilier famille et carrière; elles sont consciencieuses et sa- vent saisir leur chance», souligne le sociologue Klaus Hurrelmann.À côté, leurs camarades masculins raisonnent davantage en termes de carrière, ce qui les rend moins souples en cas de bouleversement socioéconomique.La thèse selon laquelle la récession n’aurait pas eu lieu si les femmes avaient occupé plus de hauls postes dans les banques et les grands groupes fleurit dans la presse allemande, qui parle d'une «crise masculine».«Les femmes sont beaucoup plus prudentes que les hommes», affirme Petra Ledendecker, présidente de la Fédération des femmes chefs d’entreprise.Selon elle, les sociétés créées par les femmes sont souvent plus petites au départ, mais ont, une plus grande chance de survie.A l’image de Franziska Ihle, qui a limité au maximum ses dépenses lors de l’ouverture de son cabinet: 5000 euros pour la rénovation de la salle de consultation et l’achat de meubles, et 500 euros de dépenses mensuelles pour le loyer, le téléphone, le chauffage et le matériel de bureau.«Il est très important de faire un calcul raisonnable», souligne-t-elle.Une enquête menée par la Ville de Munich en 2008 montre que les créatrices d’entreprise remboursent plus souvent leurs crédits que les hommes.Seules 5 % des patronnes ne tiennent pas leurs engagements financiers, contre 21 % des patrons.Pourtant, les femmes restent sous-représentées dans les hiérarchies d’entreprise.Seulement 2,5 % des postes de direction dans les 200 plus grandes entreprises allemandes étaient occupés par des femmes en 2007.Et seuls 27 % des cadres supérieurs étaient de sexe féminin.«Elles continuent d’être défavorisées parce qu’elles sont toujours considérées comme potentiellement moins disponibles, surtout quand elles sont mères», déplore l’économiste du DIW.Le Monde Wmim r GiL COURTEMANCHE La chronique de GU Courtemanche fait relâche cette semaine.WWMWilii L E I) E V OIK.L E S S A M EDI K E T I) 1 M A N < Il E !) A O V T 2 O (I !l (; Sommet trilatéral à Guadalajara Le libre-échange Quinze ans de libre-échange sous les auspices de l’ALENA nous ont habitués aux discours ronflants.«Tout va très bien, madame la Marquise», chante le vieux refrain, même si les écuries sont en feu! Pendant qu’au Canada l’économie recommence à frétiller, au Mexique les indicateurs sont passés au rouge, et le resteront pour quelque temps encore.à l’heure des comptes PERSPECTIVES (JLÎ?ANDREW WINNING REUTERS Un fermier mexicain empile ses ananas au marché public.Plus d'une décennie après l’accord de libre-échange, le Mexique a cherché à gonfler ses exportations plutôt que d’installer des mécanismes pour stimuler la consommation interne.BRIGITTE MORISSETTE Mexico — Le charme du président Barack Obama, pour sa deuxième visite éclair au Mexique, suffira-t-il à conclure une fois de plus, business as usual, au succès du sommet des leaders de l’Amérique du Nord, qui s’ouvre à Guadalajara?Ou à rassurer les protestataires qui ne manqueront pas de réclamer, dimanche et lundi, dans les rues de la deuxième ville du Mexique (cinq millions d’habitants), un changement de «modèle économique»?Quant au premier ministre Stephen Harper, il subira les pressions du président mexicain, Felipe Calderôn, devant l’indignation des 250 000 touristes mexicains forcés d’attendre un visa pour visiter le Canada.On peut ajouter aux éternuements qui secouent soudain les relations Canada-Mexique le virus A(H1N1), aussi néfaste pour le tourisme que les changements climatiques.Un pays bloqué Au Michoacân, en 1994, à l’époque où le Mexique faisait une profession de foi à l’Amérique du Nord avec l’Accord de libre-échange, tout baignait dans un calme artisanal et bucolique.Le mot narcos (narco-trafiquants) était pratiquement inconnu dans cet Etat fief des Cardenas, où Cuauhtémoc Cardenas, le fils du célèbre président qui nationalisa le pétrole, était devenu l’autorité morale de la nouvelle gauche rassemblée par le Parti de la révolution démocratique (PRD).Quinze ans plus t^rd, le Michoacân constitue l’Etat le plus agricole — avocats d’un côté, marijuana de l’autre! — et le plus violent du Mexique, et les morts par balles se ramassent à la pelle! Il y a deux semaines à peine, le gouverneur du Michoacân, Leone! Godoy, issu du parti des Cârdenas, dénonçait l’arrestation cj’une dizaine de maires de son Etat, accusés de protéger les narcos.Dans une lettre ouverte, le fondateur du PRD vient de dénoncer les clivages (ou tribus) qui ont fait éclater la gauche, allant jusqu’à réclamer une refonte du Parti de la révolution démocratique.En fait, rien ne va plus à gauche, ce qui explique l’élection récente, à l’échelle nationale, d’une majorité du vieux PRI (Parti révolutionnaire institutionnel) à la Chambre des députés, neuf ans à peine après avoir perdu un pouvoir absolu qu’il détenait depuis 71 ans.Ce qui se passe au Michoacân illustre assez bien l’évolution du Mexique au temps du libre-échange.«Le problème est le même que dans les pays sous-développés, critique Ar-nulfo Gqmez, ex-représentant commercial au consulat mexicain à Montréal, professeur à l’Université Anahuac.On cherche à augmenter les exportations plutôt que de s’ingénier à mettre en place des mécanismes pour augmenter la consommation interne.Et les maquiladoras sont demeurées des usines d’assemblage, utilisant des pièces fabriquées ailleurs, ce qui laisse au pays une très faible marge de profits.» Lorsque le Mexique a négocié l’ALENA, il s’est ménagé plus d’une décennie pour ouvrir certains secteurs particulièrement vulnérables, comme l’agriculture.«Aucune stratégie efficace n’a été mise en œuvre pour préparer les agriculteurs et les paysans à affronter la nouvelle concurrence des Etats-Unis et du Canada, renchérit Arnulfo Gomez.Le Mexique a signé à son tour des accords de libre-échange avec 44 pays.Son commerce est déficitaire avec 32 d'entre eux!» Et la vente de pétrole brut représente encore 55 % des revenus d’exportation, comparativement aux produits manufacturés (25 %).Angoisse nationale: ce pétrole bon marché à extraire pourrait être épuisé avant une décennie.«Le pays est bloqué, incapable de se développer faute de réformes, fiscale et énergétique au premier chef, commente Eugenio Clariond, un vieux loup des affaires et millionnaire du Nuevo Leôn.Le président Calderôn est bien intentionné, mais il manque d’hommes imaginatifs dans son équipe de travail.» Le Nuevo Leôn, État frontière s’activant à l’américaine, a vu s’envoler des dizaines d’usines de sous-traitance (les maquiladoras) depuis le début de la crise, fin 2008.Aux yeux de certains économistes comme Ramirez de la O, le Mexique a repris sa désastreuse politique financière consistant à entamer régulièrement sa réserve en dollars américains pour soutenir sa monnaie, dont la stabilité factice renchérit dangereusement les exportations et gruge la compétitivité.Mais laisser glisser le peso à sa valeur réelle déclencherait une inflation incontrôlable.Pourtant, même les sociétés publiques comme la CFE (l’Hy-dro mexicaine) n’hésitent pas à annoncer une augmentation de leurs tarifs de 13 %.Alors qu’en période de déflation les prix chutent, au Mexique ils grimpent! On estime déjà à 600 000 les emplois perdus formels (c’est-à-dire déclarés à la sécurité sociale) depuis le début de l’année.Des avocats à la tonne Au Michoacân, devenu quatrième producteur mondial d’avocats, Gladys Lara, excellente chiropraticienne de Mexico, passe ses week-ends à retaper la maison ancestrale.Elle cultive une dizaine d’avocatiers qui produisent 80 kilos d’avocats par arbre.(Les Mexicains mangent rarement leurs œufs et frijoles — fèves sans lard — du matin sans une petite garniture.de ce légume miraculeux.) A ses débuts d’agricultrice, le supermarché lui achetait ses avocats 15 pesos le kilo pour les revendre 28 pesos.On les lui paie maintenant cinq pesos (50 C) le kilo pour les revendre.45 pesos! «C’est alarmant, s’indigne-t-elle.Les Mexicains, même les plus diplômés, gagnent des salaires si misérables que cela défie la logique.Il n’est pas rare de rencontrer des gens de profession qui gagnent 1700 pesos [150 $] par semaine, de jeunes administrateurs d’entreprise sortant de l’Université nationale payés 5000 pesos [400 $] par mois!» Ces minisalaires contribuent à réduire l’élite de façon inquiétante.Principal atout du Mexique à la signature de l’Accord de libre-échange nord-américain, les salaires sont au-jourd’hui à la source d’une plaie nationale: la pauvreté.Comme à chaque sommet, les organisations anti-ALENA et ASPAN vont tenir un forum le dimanche 9 août au sommet de Guadalajara.Tandis que l’ALENA évolue vers un durcissement sécuritaire et militaire, ses opposants réclament une renégociation de l’accord et de ses deux traités parallèles (travail et environnement), adoptés à toute vapeur il y a 15 ans.Business as usual?Pas cette fois-ci, alors que l’Amérique centrale risque de redevenir une poudrière (avec camps de réfugiés comme dans les années 80) après le coup d’État au Honduras.En accueillant cette semaine le président déposé, Manuel Zelaya, avec tous les honneurs dus à un chef d'État, le président Calderôn a montré où étaient ses priorités.Collaboration spéciale La culture, cet heureux paradoxe au rêve d’intégration Curieusement, alors qu’elle a été exclue de l’ALENA, dont elle aurait pu constituer le troisième accord parallèle, c’est la culture (à ne pas confondre avec les industries culturelles!) qui a le mieux réalisé le rêve d’intégration nord-américaine.Et le Québec en profitera spécialement au prochain festival Cervanti-no — événement annuel que la spectaculaire ville de Guanajuato maintient depuis 30 ans.L’année dernière, le festival a attiré un demi-million de spectateurs, selon sa nouvelle directrice, Lydia Camacho.Comme au Festival d’Avignon, chaque édition du Cervantino a son pays invité.et c’est le Québec qui aura, en octobre, les honneurs de la fête, comme viennent de l’annoncer les autorités culturelles.L’Orchestre symphonique de Montréal inaugurera le festival le 15 octobre.Le Théâtre sans fil fera notamment partie des nombreux artistes québécois invités.Pourtant, à la Chambre de commerce Canada-Mexique, la présidente anglophone, tout comme ses prédécesseurs, ne parle pas la langue de huit millions de Canadiens francophones.B.M.Quinze ans après PALENA, le Michoacan constitue l’État le plus agricole — avocats d’un côté, marijuana de l’autre! — et le plus violent du Mexique L’ascension d’une « Latina » à la Cour suprême JASON REED REUTERS Sonia Sotomayor est probablement la première juge de son niveau à ne pas avoir l’anglais comme langue maternelle.M*** CORINE LESNES Washington — Comme le faisait remarquer la juge Ruth Bader Ginsburg, qui était jusque-là l’unique femme à la Cour suprême, Sonia Sotomayor, dont la nomination à la Cour suprême a été confirmée le jeudi 6 août, est probablement la première juge de ce niveau à ne pas avoir l’anglais comme langue maternelle.Quand elle est arrivée à Princeton, en 1973, son anglais écrit était loin d’être parfait.Son professeur et mentor, Peter Winn, se souvient d’avoir passé de longues heures avec elle à corriger ses maladresses de style.Sonia était une étudiante «timide», a-t-il raconté dans le Washington Post.Elle arrivait du Bronx.La prestigieuse université du New Jersey était un bastion de l’élite et ne s’était ouverte aux femmes que cinq ans plus tôt.Les Latinos y étaient rares, et encore plus les «Lati-nas», selon l'expression de Mme Sotomayor, qui a servi de base aux attaques républicaines pendant les auditions de confirmation au Sénat.Pendant un semestre, Sonia Sotomayor n’a pas osé prendre la parole en classe.Quelles que frissent leurs qualités, les étudiants issus de minorités ne pouvaient pas rivaliser avec les jeunes «Anglos» des lycées huppés.«Mais Sonia était différente, explique le professeur.Elle avait décidé de combler son retard.» Pendant l’été, elle travaille, lit des livres de grammaire.Au bout d’un an, elle réclame la création d’un séminaire consacré à l’histoire politique de Porto Rico.Le professeur accepte, comprenant que c’est une manière de gérer le choc culturel.Au bout du compte, elle est l’une de ceux qui ont tiré le meilleur parti de leur expérience universitaire.Elle est sortie avec les plus hauts honneurs et un diplôme summa cum laude qui lui a ouvert les portes d’un autre bastion de la classe dirigeante: la faculté de drqit de Yale.A 55 ans, Sonia Sotomayor rejoint la Cour suprême, l’assemblée des neuf sages élus à vie (sauf démissiqn volontaire) qui jouent aux Etats-Unis le rôle de gardiens de la Constitution.Elle devient la troisième femme de l’histoire de la Cour, après l’énergique pionnière Sandra Day O’Connor, originaire de l’Arizona, nommée en 1981 par Ronald Reagan et démissionnaire en 2005, et la frêle Ruth Bader Ginsburg, originaire de Brooklyn, une avocate féministe choisie en 1993 par Bill Clinton.Sonia Sotomayor est surtout la première juge d’origine hispanique, une communauté plus nombreuse aujourd’hui que les Noirs, mais qui se sent sous-représentée et surtout sous-considérée.Ses premiers mots de remerciements, quand elle a été nommée, ont été pour sa mère Celina, une infirmière qui a élevé seule ses deux enfants.Le père de Sonia, un ouvrier, est mort quand elle avait neuf ans.C’est à cette date, a-t-elle dit, qu’elle a commencé à s’attacher à l’anglais.Après Princeton, le professeur Peter Winn la voyait devenir une avocate spécialisée dans les droits des minorités.Elle a choisi au contraire la défense de l’ordre public et le métier de procureur dans le bureau de Robert Morgenthau, le légendaire District Attorney (ministère public) de Manhattan — ce qui ne l’a pas empêchée de conseiller bénévolement l'association de défense des Portoricains aux États-Unis.Elle a ensuite travaillé dans un cabinet privé avant de revenir à la magistrature.Au total, elle y a exercé pendant plus de 25 ans.A la Cour d'appel fédérale de New York, elle a statué sur plus de 3000 cas.On pourrait croire que la juge Sotomayor se prépare depuis toujours à la Cour suprême.Au grand désespoir des républicains, qui ont tenté de la déstabiliser sur la question de l’avortement ou du contrôle des armes à feu (la National Rifle Association avait prévenu que les sénateurs qui voteraient en sa faveur se verraient retirer des points au tableau final établi avant chaque élection), elle n'a pas laissé beaucoup de traces d’opinions personnelles dans ses écrits.Ses décisions sont solidement argumentées, sans le brio d’un Scalia, le juge le plus à droite de la Cour, mais sans prêter à controverse.Robin Giv-han, la chroniqueuse de mode du Washington Post, a étudié ses tenues (des tailleurs sans féminité).Elle y a vu un message: l’idée que la juge sait faire passer son sexe au second plan, tout autant que ses origines.Changera-t-elle la Cour?Politiquement.probablement moins que ce que pourraient laisser croire les critiques des sénateurs républicains.Elle remplacera le juge David Souter, qui était devenu un fidèle allié des juges «libéraux» (de gauche) bien qu’il ait été nommé en 1990 par George Bush père.En 2008-09, la Cour a pris 53 décisions; 23 l’ont été à la majorité d’une voix (cinq contre quatre).Dans 18 de ces 23 cas, c’est le juge Anthony Kennedy (nommé en 1987 par Ronald Reagan) qui a fait pencher la balance.Mais Sonia Sotomayor changera plus sûrement le ton et l’atmosphère de la Cour.La juge Ginsburg ne sera plus seule pour faire entendre la voix minoritaire.Avec son timbre assuré et son accent new-yorkais, la juge Sotomayor s’annonce de taille à contrer ses collègues pro-républicains.La jeune Sonia était arrivée timide à Princeton.Quatre ans plus tard, à sa sortie, elle avait poursuivi l’université pour discrimination dans ses pratiques de recrutement.Le Monde Sonia Sotomayor est la première juge d’origine hispanique, une communauté qui se sent sous-représentée et surtout sous-considérée L K I) K V OIK, L E S S A M EDI 8 E T I) I M A N 0 HE !) A O II T 2 0 O 9 C 4 EDITORIAL Assurance-emploi Éviter le simplisme La modernisation du régime d’assurance-emploi est à l’ordre du jour de tous les gouvernements.Tandis qu’à Ottawa libéraux et conservateurs poursuivent leurs discussions pour en élargir l’accès, les premiers ministres des provinces réunis pour leur conférence annuelle en Saskatchewan sont entrés à leur tour dans la danse.À retenir, cette suggestion d’accroître les budgets consacrés à la formation.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE lO JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l'information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND A^UATioM P'oüiGiNC CoNTgolfÊ-.mr Bernard Descôteaux 1 y a un an, le taux de chômage était de 6,1 %.Aujourd’hui, il est de 8,6 %, un effet direct de la crise économique.Au cours des 12 derniers mois, il s’est perdu 471 500 emplois, mais ces nouveaux chômeurs n’ont pas tous pu recevoir des prestations.Depuis la réforme du régime en 1996, il faut avoir accumulé entre 420 et 700 heures de travail, en fonction de la région où l’on habite, pour en toucher pendant un maximum de 50 semaines.Le gouvernement Harper a bien consenti ces derniers mois à quelques assouplissements, mais pas suffisamment au goût des partis d’opposition.Les libéraux de Michael Ignatieff, qui mènent la charge, veulent ramener à 360 heures l’admissibilité à des prestations.Ils menacent de faire tomber le gouvernement, qui rejette l’idée en raison des coûts.Un comité mixte composé de parlementaires conservateurs et libéraux fera rapport en septembre.p® -vm,» Les provinces veulent aussi des assouplisse- ments, mais divergent quant à leur nature.M ÜL L'Ontario appuie la proposition des 360 heures, car dans cette province où le taux de chômage atteint les 9,3 %, il faut avoir travaillé 700 heures, sauf dans les régions éloignées.Les provinces de l’Ouest voudraient pour leur part ramener les 58 normes d’admissibilité actuelles à seulement trois: une pour les villes, une pour les régions rurales et une autre pour les régions éloignées.Le Québec est opposé à la norme unique.Faute de consensus, les premiers ministres s’entendaient jeudi pour réclamer simplement une plus grande équité du régime sans égard au lieu de résidence des chômeurs.Leur incapacité à s’entendre confirme qu'il n’existe pas de formule magique pour réformer ce régime, qui se doit de répondre aux réalités économiques de chacune des régions du pays.La proposition des 360 heures est simple.au point d’être simpliste.Il faut en effet s’interroger sur la logique libérale.À ceux qui lui font valoir que sa mesure entraînera des coûts énormes, Michael Ignatieff réplique qu’elle ne restera en place que le temps que durera la récession.Or, selon la Banque du Canada, le pays serait déjà presque sorti de la récession! En réalité, le chômage ne disparaîtra pas avec la fin de la récession.Il faudra plusieurs années avant que le taux de chômage ne reviennent à 6,1 %, son niveau d'il y a 12 mois.La pression sera forte sur Ottawa pour prolonger cette mesure.Les coûts, estimés à 1,5 milliard annuellement, s’accumuleront.Ne serait-il pas plus utile alors d’investir dans la formation, comme l’a proposé le premier ministre Jean Charest, afin de réorienter les chômeurs vers de nouveaux emplois?Poser la question est un peu y répondre.Ie récession a mis en lumière l’insécurité économique dans laquelle se retrouvent des milliers de familles.Si l’adaptation du régime d’assurance-emploi au nouveau contexte économique qui se dessine s’impose, il faut toutefois prendre le temps de bien la faire.Il y aurait lieu en fait d’aborder globalement toute cette question de l’insécurité économique des travailleurs et y inclure la dimension de la retraite.Les premiers ministres de l’Ouest ont lancé l’idée de créer un régime de retraite public facultatif pour les travailleurs dont l’entreprise n’a pas de régime enregistré de retraite.La proposition mérite réflexion et étude.bdescoteaux@ledevoir.com Avortement Une logique soviétique AG*£Aia PC Cmivoi* \ PSttiDCMt Pfî |tAT$*UNÎ$ / J LETTRES Ils ont osé ! Les jeunes libéraux du Québec doivent être félicités! Ils ont osé aborder un thème qui terrifie les politiciens: les tarifs.Tout le monde sait qu’un jour, on devra prendre des décisions.Des réformes et des réingénieries ont déjà été faites, mais jamais assez.Les récents gouvernements ont toujours évité de discuter sur la place publique 4e la question des tarifs.Pourtant, aux Etats-Unis et en Europe, il y a des péages sur les routes et leurs citoyens ne s’en portent pas plus mal.Contrairement à nous, ils ont l’habitude de payer pour ce qu’ils utilisent.Ça fait partie de leurs habitudes.Et justement, leurs habitudes reflètent exactement ce que les jeunes libéraux proposent maintenant: la fin du gaspillage! On ne se rend plus compte à quel point nos services, comme l’électricité par exemple, ne nous coûtent rien par rapport à ailleurs.En conséquence, on utilise à outrance tout ce que l’on possède: l’électricité, l’eau, l’automobile, même les urgences pour certains.On ne pourra pas toujours payer pour tout le monde, alors qu’il y aura de plus en plus de retraités et de moins en moins de travailleurs.Bravo aux jeunes d’oser ouvrir ce débat.Ils ne seront pas populaires, et justement, c’est tout à leur honneur! Enfin! Frédérique Pelletier Etudiante Le 6 août 2009 Sonnette d’alarme Les jeunes libéraux touchent, avec leur proposition de réévaluer la tarification au Québec, une corde sensible.Toutefois, ils mettent le doigt sur un grave problème au Québec.La culture de la gratuité qui s’est instaurée dans notre province est responsable de nombreux maux.Ceux-ci ne peuvent que s’aggraver avec les années et cette aggravation ne peut que s’accélérer si rien n’est fait.Une tarification intelligente appliquée à nos services et à nos infrastructures ne peut qu’avoir du bon.Vous utilisez, vous payez.Cela permettra d’éviter une augmentation du fardeau fiscal pour tous les Québécois, même ceux n’utilisant pas les services en manque de financement.Cela nous libérera aussi de certaines mauvaises habitudes de gaspillage et d’abus de l’État-providence et de tout ce qu’il offre aux citoyens.La Commission-Jeunesse du PLQ tire donc la sonnette d’alarme qui sortira le Québec de son rêve du «tout gratuit».Jean-François Trudelle Le 5 août 2009 Les jeunes libéraux sur la mauvaise voie Les jeunes libéraux prétendent que pour regarnir les coffres de l’Etat, il faut augmenter les taxes et les tarifs des services publics.Question: qui paiera encore?Réponse: le travailleur déjà assez accablé en ces temps incertains.Je n’ai rien contre les impôts; ils sont nécessaires pour assurer le bien-être de la population.Cependant, avant d’en arriver à des décisions aussi simplistes, il y a une autre solution beaucoup plus équitable: faire payer leur juste part aux plus fortunés et légiférer pour éliminer toutes les échappatoires fiscales.Y a-t-il une moindre parcelle d’intelligence au Parti libéral?Cette situation démontre clairement quels intérêts les libéraux défendent, et ce n’est sûrement pas ceux des honnêtes citoyens.Jacques Sideleau Le 6 août 2009 r—| 1 arrive souvent que la technocratie défie la logique.Le dernier exemple en lice est cette décision du ministère de la Santé d’obliger les cliniques d’avortement privées à se transformer en véritables salles d’opération entièrement stériles au lieu des actuelles salles d’interven-—- dons plus conviviales, sous prétexte de l’entrée en vi- gueur, en juin dernier, de la loi 34.À cause de ces exigences jugées excessives dans le cas des interruptions de grossesse, des cliniques aussi respectables que l'Alternative annoncent quelles fernieront leurs portes bientôt.A l’heure actuelle, les cliniques d’avortement du réseau privé effectuent 5000 interventions par année, soit 18 % de toutes les interventions.A elle seule, l’Alternative reçoit plus de 1000 femmes, qui devront dorénavant aller ailleurs.Et elle n’est pas la seule qui menace de fermer.Or, comme le même ministère fixe des quotas annuels d’interventions à chaque clinique (autre bêtise soviétique que ces quotas budgétaires qui ne respectent pas les besoins!), comme les hôpitaux et les CLSC sont toujours aussi débordés, et que le temps d’attente est de plus en plus long, la nouvelle norme a toutes les allures d’une intrusion directe dans la vie des femmes.Rappelons qu’à l’origine, la loi 34 avait pour but d’encadrer les cliniques à la suite de la décision du gouvernement Charest d’accorder davantage de place au privé en santé.Certains événements, dont le décès d’une femme d’affaires connue lors d’une intervention de chirurgie plastique, avaient conduit Québec à étendre l’imposition de nouvelles normes à toutes les cliniques existantes.Le problème, c’est qu’en matière d’avortement, ces normes seraient désormais beaucoup plus restrictives pour les cliniques privées que pour les CLSC, et même que pour les hôpitaux.On aurait voulu réduire l’accès à ce service qu’on ne s’y serait pas pris autrement! Lors de sa présentation, le projet de loi 34 avait suscité bien des objections parce qu’il était perçu comme un moyen de favoriser le privé au détriment du secteur public.Or, dans le cas de l'avortement, c’est grâce à l’entêtement du mouvement féministe et de quelques médecins de pratique privée, comme le D' Morgentaler, si les femmes ont eu accès à l’avortement, les gouvernements y étant farouchement opposés.Si les nouvelles mesures adoptées par le ministère de la Santé ont aujourd’hui pour conséquence de réduire le nombre de cliniques d’avortement privées, Québec a l’obligation politique de combler le déficit créé par son intervention en ouvrant autant de places rapidement dans le secteur public.Comme il en est incapable, il doit revenir sur sa décision et faire savoir aux cliniques qui ont toujours rempli leur mission de façon sûre et conviviale pour les femmes qu’elles peuvent continuer d’offrir leurs services en toute quiétude.j-rsanstacon@ledevoir.com I »' Jean-Robert Sansfaçon REVUE DE PRESSE Que faire ?Ma non Cornellier La solidité du Bloc québécois a toujours irrité une part de l’électorat fédéraliste qui aimerait bien trouver une manière de l’affaiblir, surtout en cette ère de gouvernement minoritaire.La dernière suggestion offerte cette semaine par Andrew Stark, dans le Globe and Mail, est de tout simplement couper les vivres au parti souverainiste.Son truc: une astuce juridique.Stark recommande de modifier la Loi sur le financement des partis politiques afin de réserver l’allocation versée par Ottawa aux partis obtenant des appuis dans plus d’une province.M.Stark soutient que le principe du vote populaire est souvent modéré par d’autres facteurs, dont le principe fédéral.Ainsi, un amendement constitutionnel ne peut être adopté avec l’appui de la moitié des provinces et la représentation des petites provinces est supérieure à leur poids démographique.Le Bloc pourrait toujours présenter des candidats, mais il faudrait qu’il obtienne des appuis à l’extérieur du Québec pour obtenir l’allocation en question.L’universitaire ne dit pas cependant ce qu’il adviendrait des taxes versées par les partisans bloquistes.Auraient-ils droit à une légère déduction fiscale ou se retrouveraient-ils à soutenir financièrement et contre leur gré d’autres formations politiques?Et Stark a peut-être oublié ces sondages qui donnaient au Bloc des appuis à l’extérieur du Québec.Sortir du flou La meilleure façon de déloger un adversaire ne serait-elle pas d’offrir mieux?A mesure que l’été avance, plus de questions se posent sur ce que le chef libéral Michael Ignatieff a dans sa besace à idées.Carol Goar, du Toronto Star, veut bien qu'lgnatieff tire avantage du mauvais temps, comme il dit, pour réfléchir au pro- gramme ambitieux qu’il présentera aux Canadiens à l’automne.«Ce serait un agréable changement, dit-elle.Depuis qu’lgnatieff a pris les rênes du parti en décembre, il est difficile de cerner ce pour quoi les libéraux se battent, comment ils entendent gouverner le pays ou s’ils ont des solutions de rechange réalistes.» Goar n’accepte pas l’argument voulant qu’il soit tactiquement judicieux d’attendre l’imminence d’une campagne électorale.C’est maintenant que les électeurs doutent de la capacité d’Ignatieff de gérer l’économie et que s’enracine l’impression voulant qu’il soit plus à l’aise à brasser des idées qu’à suggérer une direction pour le pays.Les députés en souffrent, ne sachant que répondre durant leur passage dans leur circonscription cet été.Goar voudrait savoir à quelles politiques conservatrices le chef libéral est prêt à s’opposer, peu importe le risque.Elle se dit incapable de répondre, car Ignatieff a dit peu de choses sur la sécurité nationale, la politique fiscale, le développement des ressources naturelles, les municipalités, les soins de santé, la pauvreté, les affaires autochtones, l’environnement ou les relations canado-américaines.A-t-il un plan pour faire face aux changements climatiques?De l’avis de la chroniqueuse, il devient urgent qu'lgnatieff sorte de son antre, car il commence à en payer le prix.Ian MacDonald, dans la Gazette, note que le chef libéral avec lequel Ignatieff s’identifierait le mieux serait sûrement Lester B.Pearson, un ami et collègue de son défunt père diplomate.Comme Pearson, il essaie de reconstruire un parti habitué au pouvoir, mais coincé dans l’opposition, et tente de prendre le pouvoir alors qu’il est dans la soixantaine.Le hic, note MacDonald, est qu’à cet âge, Pearson formait un gouvernement après une troisième tentative.Ignatieff en sera lui à sa première campagne comme chef.Ce sera, dit le chroniqueur, sa seule chance, ce qui lui laisse peu de temps pour apprendre les trucs du métier.Depuis ce printemps, il «a trébuché à plusieurs occasions importantes tout en continuant le travail discret qui était la marque de Pearson dans l’opposition.Unir le parti et remplir ses coffres sont les conditions préalables à une campagne réussie» et il a le mérite de l’avoir fait.En revanche, il n’a pas réussi à se définir et à dire où il voulait mener le pays.On l’a peu vu cet été, alors que reprend déjà ce débat existentiel à savoir s’il faut ou non défaire le gouvernement.Comme si Michael Ignatieff n'avait rien appris de l’épisode de juin aux Communes, dit MacDonald.«Ignatieff a paru indécis et irresponsable à l’époque et il en a encore été de même la semaine dernière lors d’une entrevue télévisée.» De l’avis du chroniqueur, le chef libéral ne peut continuer ce jeu du «peut-être ou peut-être pas des élections» sans finir par avoir l’air de.Stéphane Dion.Est-ce le test?Le dernier défi lancé par Ignatieff tourne encore autour de l’assurance-emploi, qu’il voudrait plus facile d’accès durant la crise.Un comité mixte, formé avec les conservateurs à la suite de la partie de bras de fer de juin, a commencé ses travaux, mais ça tiraille, c’est le moins qu’on puisse dire.Le Halifax Chronicle-Herald n’y croit carrément pas, car les deux partis n’ont cessé de faire campagne, les conservateurs prenant plaisir à déformer les positions libérales sur cette question.Quant aux libéraux, ils défendent mal leur cause pour une norme d'accessibilité uniforme.Le quotidien estime que la réforme de l’assurance-emploi est trop importante pour qu’elle se fasse à la sauvette, entre deux invectives.mcornelliertfù,ledevoir.com > t LE DE V 0 I R .L E S S A M EDI R E T D I M A N ( Il E 9 A I) fl T 2 0 I) il (' 5 IDEES Mm'/' 7 * REUTERS Journée internationale des peuples autochtones «Nous sommes présents, fiers et incontournables» G H IS LAI N PICARD Chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador 1 y a aujourd’hui 15 ans, l’Assemblée générale des Nations unies consacrait le 9 août «Journée internationale des peuples autochtones».Célébrée annuellement par la communauté internationale, cette journée est cruciale pour l’ensemble des peuples autochtones de la planète.Il s’agit non seulement du moment de prendre conscience de la richesse culturelle des peuples premiers et de la diversité qu’ils représentent, mais aussi de l’occasion d’aborder les questions de discrimination, de pauvreté et de marginalisation qui façonnent le quotidien de la plupart des communautés.Si le 15e anniversaire de cette journée permet de souligner les progrès réalisés au cours des dernières années, notamment en ce qui concerne la reconnaissance des droits fondamentaux des peuples autochtones sur la scène internationale, il met surtout en lumière tout le chemin qu’il reste à parcourir en matière de reconnaissance, de justice et d’égalité vis-à-vis des peuples autochtones.Au Canada, les peuples autochtones représentent 4 % de la population, ce qui équivaut à plus d’un million d’individus.Parmi les collectivités, le taux de chômage, la mortalité infantile, la sous-scolarisation et les problèmes de logement sont plus élevés que partout ailleurs au pays.Cette triste réalité est le résultat d’une politique colonialiste (dont la pierre angulaire est la Loi sur les Indiens) qui perdure depuis trop longtemps, notamment en matière d’éducation, de services sociaux et de développement économique.Au Québec tout comme au Canada, ce triste constat est d’autant plus évident qu’il s’inscrit dans une situation où l’écart entre les conditions de vie des autochtones et des non-autochtones est incontestable et inacceptable.En effet, la survie et le bien-être de nos communautés sont quotidiennement menacés par de graves et de persistantes violations de nos droits humains fondamentaux.L’adhésion du Canada à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones constitue en ce sens un impératif incontournable pour assurer la survie de nos peuples.Nous somrqes indignés par le refus du Canada d’y adhérer.A l’heure actuelle, le Canada est l’un des trois pays qui persistent (aux côtés des États-Unis et de la Nouvelle-Zélande) à refuser de reconnaître l’importance vitale du précieux document Nous sommes d’avis que cette attitude ne reflète pas la volonté citoyenne.Nous invitons en ce sens tous les Québécois à manifester leur appui aux Premières Nations en signant la pétition destinée à cet effet {www.apnql-afnql.com).Nous nous interrogeons sur les réelles intentions du gouvernement canadien et sur sa prétendue volonté de respecter et d’honorer sans discrimination les droits des peuples autochtones.Il est grand temps que les deux ordres de gouvernement prennent leurs responsabilités envers les Premières Nations.Il est grand temps pour eux de reconnaître notre droit à l’autonomie gouvernementale en vertu des nouveaux standards établis par la Déclaration.Nous, Premières Nations du Québec et du Labrador, formons des nations distinctes possédant le droit à notre propre statut politique afin d’assurer librement le développement économique, social et culturel de nos communautés.Nous sommes présents, fiers et incontournables.Bonne Journée internationale des peuples autochtones! La framboise folle ! CLAUDE ST-JACQUES Ph.D.et agriculteur, De mon cabinet philosophique du val des Rosacées n la savoure, on la déguste ou on la bichonne, parfois même on la chouchoute et on la glougloute.Dame framboise est pour plusieurs dégustateurs des fruits du Québec la reine des reines en saison estivale.Qu’en est-il de la production de l’année 2009?Pour plusieurs producteurs de framboises, on peut qualifier cette année d’annus horribilis, pour reprendre l’expression d’une autre grande reine.Malgré la récolte abondante, au château de la framboise les prix aux producteurs ont chuté à un niveau bien en deçà de son coût de production.Producteur très philosophe, j’ose vous demander, à vous consommateurs, si vous avez profité de ces aubaines.J’en doute un peu; en tout cas, pas complètement, à mon avis.Laissez-moi vous exprimer l’origine de mes doutes en vous racontant ma petite historiette de la framboise folle devenue cramoisie.Le château de dame framboise, c’est le Marché central à Montréal.C’est là que toutes les petites gens de la cour de cette dame fixent le prix.Pour le producteur qui cherche à vendre ses framboises à ce marché ou à tout autre détaillant, le prix étalon sera dicté au jour le jour par ces petites gens de la cour.Parfois même pas producteurs de framboises elles-mêmes, certaines de ces petites gens font le négoce de cette dame sans trop de scrupule.Par exemple, l’un de ses vils flatteurs de la cour est venu nous dire à la ferme il y a à peine trois ans que nous pouvions augmenter notre production sans problèmes et qu’il saurait l’écouler sur le marché.Or, surprise cette année, alors que le début de la saison de récolte s’annonçait bien, le marché s’est écroulé.Il y avait «feu» ou «vente de feu» en la demeure principale de dame framboise.Nous nous sommes fait dire par notre intermédiaire que dame framboise n’avait plus la cote et qu’il fallait ralentir notre production en raison des surplus s’accumulant au Marché central.J’eus beau courir aux champs expliquer à dame framboise qu’il fallait ralentir son mûrissement, rien n’y fit; la grande dame s’est offusquée.Elle est devenue rouge de honte en apprenant le rejet dont elle était victime puis, folle de rage, elle est devenue violette et s’est jetée par terre.Mise en boîte, en nous disant qu’elle ne pouvait être vendue, on nous l’a même ramenée cramoisie de ses va-et-vient entre le château de la dame, le Marché central et nos campagnes.Comment pouvons-nous expliquer cette faute, ce crime de lèse-majesté?Les petites gens de la cour nous disent que c’est la faute de la récolte record combinée à la réticence chronique depuis quelques années des grandes chaînes d’alimenta- REUTERS JH * - ¦ .^ •* Il y a eu «vente de feu» au château de dame framboise.tion du Québec (Metro, Loblaw, IGA) à la distribuer.Pour ce qui est de la récolte record, au moment où on nous a retourné la grande dame cramoisie, nous avions livré moins de framboises que les deux années précédentes au Marché central.Est-ce pour nous un problème d’accès au château de la reine?H est vrai que certains manèges se déroulent à la cour sans que nous, simples manants de la framboise, ayons notre mot à dire.C’est l’inondation momentanée du marché par les petites gens de la cour suivant un simple intérêt pour leur négoce.En effet, pour certains riches manants producteurs de framboises, on déroule le tapis rouge à la cour, leur donnant accès au marché des grandes chaînes d’alimentation.Si ces dernières, par malheur, font la moue à leur production québécoise et préfèrent faire place à la grande dame framboise américaine, ces petites gens de la cour tassent la marchandise des producteurs plus petits pour écouler au Marché central celle de ces plus gros ayant essuyé un refus.Du même coup, ces petites gens font chuter les prix, se tirent dans le pied et tirent dans le dos de tous les autres producteurs avec leur manège.Ne faudrait-il pas séparer ces marchés ou les mains qui en contrôlent les prix?Il y aurait beaucoup à dire sur l’attitude des grandes chaînes d’alimentation, qui ont avantage dans ce contexte à refuser d’abord la production québécoise pour créer ce surplus au Marché central, lequel fait alors chuter les prix, avant de faire leurs emplettes.Les seuls qui ont fait des affaires en or cette année avec dame framboise, ce sont les intermédiaires qui l’achètent à des prix ridicules au Marché central Pourtant, le consommateur tire peu d’avantages de ce marché «déconfituré».Vous avez vu dans votre grande chaîne d’alimentation dame framboise vêtue à l’américaine; toute maquillée, bien mise dans sa petite barquette enveloppée de plastique, avec un tampon sous elle pour absorber toute exsudation qui la ferait mal paraître.Eh bien, le consommateur paie pour toute cette esthétique qui n’a rien d’une économie.Et encore faut-il la trouver chez le grand épicier de votre région.J’ai été gêné de constater qu’on laissait à peine à la framboise, durant le gros de sa récolte, un bout de comptoir pour cinq ou six barquettes chez l’un des grands épiciers près de chez moi.Les seuls qui ont fait des affaires en or cette année avec dame framboise, ce sont ces intermédiaires, pas même agriculteurs, qui l’achètent à des prix ridicules au Marché central et la revendent à vous, les consommateurs, à un prix normal.Je termine mon historiette de la framboise folle en révélant au lecteur que, si je suis sorti du mutisme philosophique que je m’impose depuis que je suis devenu agriculteur, c’est pour dénoncer en mon nom personnel et au nom de mon fils, qui veut faire une carrière en agriculture, cette situation pour le marché de la framboise, qui n’avantage ni le producteur ni le consommateur, et qu’il faut changer.Pour mon fils et moi, la stratégie immédiate est de nous rapprocher le plus possible du consommateur par l’autocueillette et la vente à des distributeurs directs qui n’ont pas de conflits d’intérêts.Une commémoration à la hauteur des espérances des jeunes de Montréal-Nord FRANTZ BENJAMIN L’auteur est commissaire scolaire et ancien président du Conseil interculturel de Montréal 1 fallait un peu s’y attendre.La date du 9 août, en ramenant à l’avant-plan la mort de Fredy Villanueva, survenue dans l’arrondissement de Montréal-Nord à la suite d’une intervention policière, charrie avec elle la suspicion, la douleur et la frustration, mais surtout l’espoir.Avant d’en arriver à l’espoir, mes premières pensées vont à la mère, à la famille et aux amis du jeune Fredy Villanueva.Un an plus tard, quelles leçons avons-nous tirées collectivement de ce drame?L’enquête à venir du coroner Robert Sansfaçon éclairera bien des choses.Nous espérons que cette enquête abordera tous les aspects, y compris celui du profilage racial.Trop de voix se sont élevées sur cette question pour la balayer aujourd’hui du revers de la main.Devant les commémorations, les revendications et les récriminations, soyons vigilants.Vigilants devant toute forme de récupération de la douleur, de la colère et du désespoir.Soyons aussi très vigilants devant les accusations hâtives.Le temps n’est pas au jeu du «A qui la faute?».La seule cause qui compte aujourd’hui doit être celle des jeunes Montréalais qui veulent se projeter dans l’avenir.A titre de commissaire scolaire, je ne veux pas qu’on me reconnaisse un statut de Noir ou d’homme d’origine haïtienne; je souhaite plutôt que le fait d’être Noir et membre de la communauté montréalaise d’origine haïtienne ne soit pas un facteur d’aliénation, de discrimination et d’exclusion à mon endroit.Les jeunes de Montréal-Nord ne souhaitent pas une reconnais- Une manifestation à Montréal-Nord en octobre dernier.JACQUES NADEAU I.E DEVOIR sance de leur appartenance ethnoculturelle, mais plutôt que la couleur de leur peau, leur accent, leurs trajectoires migratoires, leurs conditions socioéconomiques ou leurs croyances ne soient plus un facteur d’exclusion.Avons-nous des institutions qui auront le courage de se dire que, peut-être, nous n’avons pas été tout à fait à l’écoute des besoins des jeunes de nos milieux?Des institutions qui travaillent véritablement à faire tomber les barrières auxquelles les jeunes de Montréal-Nord et de Rivière-des-Praries se heurtent?Avons-nous des organismes qui continueront d’être de vrais acteurs de changement par leurs pratiques et leurs interventions?Avons-nous des pères qui, malgré toutes sortes de contraintes, répondront présents aux côtés des mères coura- ge de nos communautés?Avons-nous des jeunes à Montréal-Nord, à Saint-Michel et dans l’ensemble du territoire montréalais qui, par-delà les obstacles et parfois les échecs, continueront d’avoir l’audace d’espérer?L’urgence aujourd’hui est de sortir de la dialectique police-jeunes, ou de celle institutions-milieu, pour parler de préférence de communauté.Donnons-nous le goût de bouger, de travailler ensemble.Aurons-nous le courage de commémorer cette fin de semaine la mort de Fredy Villanueva en nous engageant, tant individuellement que collectivement, à prendre nos responsabilités dans l’avenir?Ayons une commémoration à la hauteur des espérances des jeunes de Montréal-Nord et de l’ensemble du territoire montréalais.L’ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire (adjoint au directeur de l’information).Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Stéphane Haillargeon (général), Clairandrée Cauchy (éducation), Jeanne Corrivcau (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), Inui&GiDes Francœur (environnement), Pauline Gravel (sciences).Brian Myles (justice et faits de société), Louise-Maude Riotix Soucy (santé), Alexandre Shields (général), Hiilipix' Papineau (pupitre) : information |x>liti
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