Le devoir, 11 juin 2005, Cahier I
LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 J T 1 N 2 0 0 5 LE DEVOIR Premières Nations ABENAKIS - : Une nation divisée par deux ¦ > .* pays ¦ - Page3 'i/ V V 'v I J .4 ri t.*3 MENAHANEK Débarquement sur la place Émilie-Gamelin Page 4 4; % ¦K D.é \ .Æm -Mm 4 i v x ^ ‘V \ t > * i | Photos tirées du film Atanarjuat, la légende de l'homme rapide Monde On dit de la grande Amérique, celle qui est du Nord et du Sud, qu’elle est quadrilingue: n’y parle-t-on pas français, portugais, espagnol et anglais?Mais ce n’est qu’en partie vrai.N’y a-t-il point sur ce même territoire des gens qui parlent le quéchua, l’inuktitut et quoi encore?Il y a en effet tellement de langues utilisées sur ce double continent que, ferions-nous un sondage auprès des seuls habitants du Québec, 99,9 % d’entre eux (et la proportion pourrait être encore plus élevée) seraient incapables de dire avec exactitude le nombre de langues parlées dans le seul Québec, et encore moins de les nommer.L’enquête déborderait-elle hors frontière qu’il faudrait trouver l’expert du domaine pour en fait obtenir un juste compte.En ces jours de mondialisation, le débat fait aussi rage sur l’avenir des cultures: la lutte porte entre l’impérialisme américain, qui propose l’élimination de toute barrière, et la position adoptée par les «vieux pays» qui, le Canada et le Québec les rejoignant, défendent le principe de la diversité culturelle.S avec fierté on affichait, en fin de semaine dernière, la victoire des internationalistes contre le bloc anglo-saxon, que reste-t-il au quotidien des cultures continentales d’hier, si ce n’est que des objets folkloriques ou des artefacts muséo-logiques?En pratique, dans cette lutte, le débat a pris une coloration économique: une bataille de pouvoir entre des industries locales et les grands Le temps est venu de traiter d’égal à égal consortiums.Rares sont alors les productions mises en marché dont l’élément constructeur serait le mode de pensée naskapi ou la philosophie qui imposait sur la cote ouest nord-américaine, il y a un siècle encore, le potlatch comme modèle économique.Aussi est-il question d’une négociation entre un gouvernement centra] et un gouvernement des Premières Nations, que déjà se met sur la table la calculette et qu’on pense tout résoudre en déposant simplement une somme convenable: au Québec, il a fallu que la grande entente sur la baie James, la Convention, soit suivie 30 ans plus tard par une «Paix des braves» qui a remis les pendules à l’heure.Prise de contrôle Une nouvelle philosophie s’impose.Si, dans un premier temps, après les campagnes d’extermination américaines ouvertes par les Espagnols et reprises par nos républicains nord-américains, il y avait eu la solution qui consistait à «parquer» les derniers survivants des Premières Nations, on sait aujourd'hui que l’époque des «réserves» est révolue: la guerre des gangs pour le contrôle des commerces illicites, comme la dernière vente à rabais des droits d’établissement de casinos, mettra à mal la formule.Le temps est venu de traiter d’égal à égal et de ne plus voir ces «Indiens» et autres autochtones comme de simple empêcheurs de grandes campagnes de développement des ressources naturelles, qu’elles soient aquatiques, fauniques g ou forestières.Quand la société Makivik se lance en affaires, elle sait le faire, comme chez les Cris qui «volent» à bord d’appareils dont ils sont propriétaires: ce Nunavit québécois est devenu leur territoire et le Grand Nord prend forme dans un partenariat réel avec le Sud.Et il y a plus.Il y a deux ans maintenant, Atanarjuat, la lé-ende de l’homme rapide a fait preuve qu’il y avait un cinéma inuit, même chez ceux et celles qui ne sont pas des habitués des cinémathèques et autres lieux qu’alimentent les ONE' de ce monde.Pourtant, en arts plastiques, il y avait déjà une Virginie Bordeleau et une statuaire née aux confins de la baie d’Hudson, dont les œuvres ont été vues dans tous les coins de la planète.Et les Inukshut de pierre, comme celui sis à proximité du musée McCord de la rue Sherbrooke, parent maintenant plus d’un paysage.Aussi, un événement comme Présence autochtone est devenu un habituel dans la saison festivalière montréalaise.Que Loco Locass s’y associe montre d’ailleurs son caractère particulier.Quand on parle d’un art autochtone, il y a plus que l’esthétique qui soit en jeü.Ce qui est à voir est un héritage venu des siècles, d’une autre pensée, d’un autre art,de vivre.A fréquenter le Nord, comme le Sud, on en arrive à croire qui est possible de vivre dans un monde où, si l’économie est là aussi une préoccupation, elle n’est pas pour autant une valeur dominante: au mieux, un outil qui donne un accès à ce qui s’appelait dans l’autre héritage, européen, l’humanisme.Normand Thêriault À VOIR________ MAKIVIK CINÉMA UQAC Blues, Blanc, Rouge L’Echo du dernier Expéditions nordiques Marquise Lepage Centre d’études Livre d’artiste cri Page 5 Page 6 amérindiennes Eau vive Page 6 Page 7 Page 4 l Qu’est-ce que le projet de développement de la communauté crie de la baie James?• C'tffct un projet favorisant la stabilité de l’économie régionale pour que la nation crie et les résidents de la baie lames puissent échafauder des projets d’avenir ensemble.• C’est un projet de collaboration des cultures crie et québécoise en faveur des chances d’avenir de leurs collectivités et de leurs familles.• C’est un projet émancipateur visant à donner des occasions d’emploi égales à tous les résidents du territoire.• C'est un projet qui cherche à protéger le patrimoine naturel pour les générations actuelles et futures.• Par-dessus tout, c'est un projet a long terme, pour tous les résidents de la région, qui contribue aussi à l’économie du Québec et du Canada.wmÊMMmBm tflSTlSSf.¦ Le grand chef Ted Moses a dit : « Nous continuons à travailler avec Hydro Québec et le gouvernement du Québec au projet Eastmain IA.Les Cris œuvrent à renforcer leurs communautés et à prendre leur place dans le développement du territoire de la baie James.Nous collaborons également avec le gouvernement du Premier ministre Paul Martin à l’achèvement de la mise en œuvre des obligations du Canada en vertu de la Convention de la Baie lames et du Nord québécois signée en 1975.Par ailleurs, nous renforçons notre capacité à participer à la gouvernance du territoire, tel qu’il a été convenu dans ladite convention.Nous avons pleinement confiance que les négociations, qui sont dirigées au nom du Canada par l’ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis, M.Raymond Chrétien, conduiront au développement d’un gouvernement cri et à l’amélioration des services disponibles actuellement.» Grand Conseil des Cris (Eeyou Istchee) LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET D 1 M A N l HE 12 .1 T l \ 2 O O ,i I 'À PRESENCE AUTOCHTONE Abénakis Une nation par-delà les frontières Le Musée des Abénakis est l’aîné des établissements muséaux amérindiens québécois Leur territoire ancestral étant aujourd’hui sectionné par la frontière, les Abénakis du Canada et des Etats-Unis entretiennent des liens relativement ténus, informels.Ils se rencontrent lors de fêtes et d’événements, se soutiennent et s’informent de leurs défis respectifs.Leurs rares établissements muséaux se révèlent être un espace où cette nation divisée retrouve une part de son unité, un lieu de convergence de sa culture d’hier et d’aujourd’hui.DENIS LORD Comme toutes les nations autochtones, les Abénakis du Canada, en partie regroupés dans les réserves d’Odanak et de Wôlinak, sont confrontés à leur lot de difficultés.Plusieurs de leurs revendications, territoriales notamment sont actuellement à l’étude.La réalité est autrement plus problématique aux Etats-Unis, où l’existence de la nation n’est pas reconnue par le gouvernement fédéral.Cela signifie,que les Abénakis, pour l’essentiel localisés dans les États de la Nouvelle-Angleterre, ne possèdent aucune réserve, qu’ils ne peuvent se gouverner eux-mêmes et faire des réclamations territoriales, qu’ils ne jouissent d’aucun privilège de chasse ou de pêche.D ne leur est pas permis d’avoir accès aux bourses d’études créées pour les Amérindiens, d’exploiter un casino, etc.Au niveau étatique, le New Hampshire et le Vermont ne reconnaissent pas non plus l’identité des Abénakis.«Ce déni prive nos jeunes de plus de 200 types de bourses d'études, explique April St Francis Merrill, chef du conseil de la bande St Francis/So-koki, basée à Swanton (Vermont).Cela nous empêche également de présenter notre artisanat comme étant abénaki, conformément à /Indian Arts and Crafts Act* Autre conséquence: l’impossibilité de pour-suivre quelqu’un pour une discrimination fondée sur l’origine ethnique.Changement en vue?Les choses pourraient bientôt changer.En mai dernier, le Sénat du Vermont a adopté à une très grande majorité le projet de loi S.117, reconnaissant l’existence des Abénakis.Lors de l’adoption de la résolution préliminaire, le sénateur Vincent Illuzzi, président de la commission sénatoriale, a eu ce commentaire illustrant la perception des Amérindiens dans le Green State: «Au Vermont, on traitait les Indiens de ’boor white trash” ou de gitans.Dans un bon jour, on les appelait “fabricants de paniers”.» «La dernière étape avant notre reconnaissance, explique Mme St.Francis-Merrill, est un vote à la Chambre des représentants.Nous ignorons encore s’il aura lieu çn 2005 ou en 2006.Jim Douglas, le gouverneur de l’État, a déjà déclaré qu’il y opposerait son veto, mais nous croyons avoir assez d’appuis pour l’emporter.» Did un an, les Abénakis de Swanton devraient aussi recevoir une réponse de Washington quant à leur reconnaissance au niveau fédéral Y aurait-il un casino si cette reconnaissance advenait?«La communauté est divisée, explique Mme SL Frands-Merrill Mais nous réclamerons des terres que nous avions louées pour la coupe de bois et dont nous avons été évincés.» Un passé troublant A Swanton, à 15 minutes de la frontière du Québec, l’Abenaki Tribal Museum est le seul établissement muséal américain consacré aux Abénakis.«Ce n’est pas un musée professionnel ou sophistiqué, précise Fred Wiseman, son conservateur.C’est un musée pour la communauté, qui fonctionne avec beaucoup de bénévolat.» C’est la collection privée de ce docteur en archéologie originaire de Frelighsburg qui est exposée à Swanton.Après avoir enseigné au MIT à Boston, le docteur Wiseman, qui enseigne aujourd’hui au Johnson State College, s’est installé au Vermont où la communauté abénakie lui a fait part de son désir d’avoir un musée.«/ai investi tout l’argent que je SOURCE PRÉSENCE AUTOCHTONE Une des œuvres du musée d’Odanak.gagnais en faisant des consultatùms et des conférences pour acquérir des artefacts provenant du Vermont, du New Hampshire, du Maine et du sud du Québec.On m’a aussi fait des dons.» Si la plupart des pièces — éventail en plumes de hibou, coiffes de cérémonie, masques — sont authentiques, quelques-unes, comme les vêtements, sont des répliques.Les originaux ont été confiés au Musée des civilisations et au musée McCord de Montréal, pour des raisons de sécurité et de conservation.Une part des artéfacts exposes à l’Abenaki Tribal Museum s'avèrent plutôt insolites en un tel lieu.11 s'agit d’appareils médicaux utilisés pour la sterilisation, de documents juridiques attestant que celle-ci a été effectuée et pour quel montant, etc.Comme 30 autres États américains, le Vermont, dans les années 20 et 30, a été le site d'une vague d’eugénisme.On considérait que, en raison de leurs déplorables conditions socio-économiques et de leur incapacité à s’adapter à la nouvelle civilisation, les Abénakis étaient inaptes à fonder des familles.On offrait donc à certains d’eux un certain montant d’argent pour se faire stériliser.La collection d’artéfacts médico-légaux a été donnée à Fred Wiseman par un vieux médecin qui voulait montrer ce qui avait été fait, pour ne pas que l'Histoire se répété.L’ancien gouverneur de l'État, Howard Dean, a refusé de présenter les excuses officielles de l’État aux Abénakis.Au Vermont, deux autres établissements présentent aussi d’intéressantes collections d'artéfads abénakis, le Chimney Point Historic Site, à Addison, et le musée de la Vermont Historical Society, à Montpte-lier, tous les deux au Vermont Sur le thème du feu En plus de collaborer avec les musées canadiens précités, le docteur Wiseman est cet été, le conservateur invité du Musée des Abénakis, à Odanak, sur les rives de la rivière Saint-François.M.Wiseman a prêté au musée plusieurs pièces de sa collection, des tomahawks, des vêtements traditionnels et des wampums — les pièces montées avec des perles qui servaient à signer des traités, des échanges.Tout cela sera exposé dans le cadre de la «thématique du feu», adoptée pour la saison estivale 2005 par l’ensemble des établissements muséaux (musées, centres d’interprétation, galeries, etc.) de la Mauricie et du Centre-du-Québec.«On parle id, précise Nicole Obomsawin, directrice du Musée des Abénakis, de l’historique du feu, des traditions et de la symbolique qui y sont liées, mais aussi du feu comme lieu de rassemblement.À Odanak, le Conseil du grand feu ressuscite l’alliance entre les nations du Saint-Laurent, des Grands Lacs et des Maritimes.On pourra y admirer des médailles, des parures de chef et des armes provenant non seulement des Abénakis mais aussi des Mohawks, des Mie-Macs, etc.» Les Abénakis sont particulièrement renommés pour leur vannerie, confectionnée, malgré les difficultés d’approvisionnement avec du frêne ou encore avec du foin d’odeur.Le musée d’Odanak présentera des démonstrations de fabrication de paniers ainsi que des conférences sur le thème des transferts culturels.La technique de confection de certains paniers, par exemple, est issue d’esclaves africains emmenés en Amérique au XVHI' siècle; introduit par les missionnaires chez les Amérindiens, le culte de Sainte-Anne s’est associé chez ces derniers à la dévotion pour la figure de la grand-mère, particulièrement vivace dans la statuaire et les sculptures abénakies.Design et culture matérielle Cet été, le Musée d’Odanak accueille également l’exposition temporaire Design et culture matérielle, mise sur pied par l’Université du Québec à Chicoutimi.Cette exposition témoigne d’un projet quinquennal axé sur le renouvellement d'une culture créative autochtone, dans le cadre d’une alliance de recherche entre les communautés et les universités.Les œuvres exposées sont issues d'ateliers donnés dans les communautés autochtones.Ouvert en 1962, le Musée des Abénakis est l'aîné des établissements muséaux amérindiens québécois.Installé dans un ancien couvent, il a reçu en 2003 une subvention de 5,2 millions de dollars des gouvernements canadien et québécois pour s’agrandir et se moderniser.Jusqu’au 21 juin, ü est uniquement ouvert aux groupes, scolaires ou autres.Le Musée des Abénakis est aussi un lieu d’animation culturelle.On y présente des contes et des légendes, des chants et de la danse; on y offre des repas traditionnels.Toutes ces activités culmineront le 21 juin prochain, à la Journée nationale des autochtones, une grande fête ouverte à tous.Dans le cadre d’un volet multimédia, on pourra entre autres y voir de courts métrages d'Alanis Obomsawin (Kanesatake.270 ans de résistance) portant sur des personnalités abénakies du Québec.Née dans une réserve abénakie du New Hampshire, Mme Obomsawin a passé une partie de son enfance dans la réserve d’Odanak.Elle travaille actuellement à la réalisation d’un documentaire sur la nation abénakie.¦ Abenaki Tribal Museum www.abenakination.org/room 1.html » (802) 868-2559 ¦ Musée des Abénakis wum abénakis.ca/musee/ ® (450) 568-2000 ¦ Musée de la Vermont Historical Society www vermonthistory org/ * (802) 828-2291 Collaborateur du Devoir Nicole Obomsawin, directrice du Musée des Abénakis.POUR CONCLURE DES ENTENTES DURABLES.Chez Cowlings, depuis plus de vingt ans, nos professionnels du droit autochtone jouent un rôle fondamental dans un grand nombre tie dossiers historiques.Que ce soit pour négocier des revendications particulières ou territoriales, concernant l'autonomie gouvernementale ou la participation au développement, nos avocats élaborent et mettent en œuvre des solutions gagnantes.Saisissant parfaitement le contexte et les enjeux des Premières Nations, ils possèdent un large éventail d’expertise autant en litige, en fiscalité et stratégies d'investissements qu'en arbitrage ou droit du travail, et cela, dans toutes les provinces et tous les territoires.Cowlings.Une équipe de première qualité pour les Premières Nations du Canada! Robert Mainville Tel.: (514) 392-9502 robert.mainville@gowlings.com Joanne Mainville Tel.: (514) 392-9595 joanne.mainville@gur toute la journée, aura Beu l’événement «Les Boréades de la danse», dans le cadre duquel plusieurs troupes de différentes nations viendront faire leur tour de piste.Menahanek, en somme, c’est une pléiade d’activités soBidtant tant les sens que l’intellect qui aura de quoi plaire à tous les types de curieux Marilyse Hamelin La soirée du Blues, Blanc, Rouge Loco Locass et les rappteurs amérindiens Samien et Daybi s’éclateront sur la scène du Cabaret Music-Hall samedi prochain, lors de la présentation de Blues, Blanc, Rouge.Ce sera la première collaboration entre ces artistes dont les mots explosent, dénoncent soulèvent et trouvent leur cible.Le concept du spectacle Blues, Blanc, Rouge, qui revient chaque année à Présence autochtone, consiste à jumeler une vedette québécoise ou montréalaise à la relève des Premières Nations.«Ça s’appelle Blues, Blanc, Rouge parce qu’il y a des Blancs et des Rouges sur scène.L’an dernier, les vedettes étaient Richard Desjardins et Tuïma.Nous avions eu aussi, dans une édition précédente, Claude Dubois et Claude Mackenzie.Cette année, on a décidé de se rajeunir avec un concert rap», expBque André Dudemaine, directeur des activités culturelles à Terre en vue, l'organisme derrière le festival.«L’idée du spectacle remonte à l’automne dernier.Les Loco Locass étaient invités à performer lors d’un festival de courts métrages en Normandie.On s’est rencontré là-bas.Ils m’ont dit que ça faisait longtemps qu’ils cherchaient à collaborer avec des artistes issus de la culture des Premières Nations.Ç’a été la bougie d’allumage.On s’est dit: “On se reparle de retour au (juébec”», raconte-t-il.Deux saisons plus tard, le spectacle existe, les répétitions sont commencées et les Locass partageront la semaine prochaine, la scène du Cabaret Music-Hall avec deux jeunes rappeurs amérindiens, dont Samien, jeune Algonquien de la réserve de Pikogan en Abitibi: «Sachant qu’il allait participer au spectacle Blues, Blanc, Rouge, il a composé une pièce en algonquien avec sa grand-mère.Le résultat est très intéressant», lance avec fierté M.Dudemaine, qui a découvert Samien au Festival du nouveau cinéma de Montréal, lors de la projection de deux de ses cHps réaBsés dans le cadre du projet Wapikoni, amorcé à l’ONE L’autre rappeur de Blues, Blanc, Rouge cette année, c’est Daybi, Cri des plaines, originaire de Winnipeg et Montréalais d’adoption.Daybi n’en est pjas à sa première p>articipation à Présence autochtone, lui qui y a déjà présenté quelques-uns de ses vidéocüps.Guitariste et batteur en plus d’être rappeur, il s’inscrit dans la mouvance alternative du hip>hop avec des textes percutants, en anglais, il va sans dire.Il est plus connu dans le reste du Canada, où il a donné plusieurs spectacles, «mais cela va changer», selon André Dudemaine.Éclaté et engagé Interrogé sur le thème du spectacle cette année, «Délivrez-nous des Wal-Mart», le directeur de l’événement explique que, de tout temps, la culture des Premières Nations a été hors normes.«La diffusion de la culture des Premières Nations n’est pas planifiée par une multinationale, elle a lieu dans la communauté.C’est une culture qui a été maganée par l'histoire et qui resurgit dans des modes d’expression éclatés et non pas formatés pour le marketing.Ce show, c’est le moyen de dénoncer la machine et, comme gueuler contre Ronald McDonald c’est un peu usé, Wal-Mart s’offrait comme une tête de Turc idéale», lance avec verve André Dudemaine.In première partie du sprectacle sera assurée par le groupe Northern Créé, qui fait dans la musique de pow-wow traditionnel «extrêmement entraînante», aux dires de M.Dudemaine.«R y a un lien évident entre le rap et les rythmes traditionnels, tous deux permettent à l'oralité de se faire entendre.La tradition, ce n’est pas que le passé.Il faut la traîner dans le présent, la projeter dans l'avenir et l'aider à trouver une expression contemporaine», lance-t-il.M.H.Moment privilégié de l'année, le solstice d'été marque la Journée nationale des Autochtones pour de nombreux peuples d'ici et d'ailleurs.C'est l'occasion, pour les membres des Premières Nations et les Inuits du Québec, de célébrer leurs traditions et leur culture.Les festivités qui ont lieu à travers la province sont autant de moments, pour nous tous, de fraterniser et de célébrer la riche contribution des Premières Nations et des Inuits à la société québécoise.En tant que ministre délégué aux Affaires autochtones, je vous convie à ce rendez-vous unique, destiné à rendre hommage au patrimoine et à la diversité culturelle des peuples autochtones, et tout spécialement aux onze nations autochtones du Québec.Bonne fête! art autochtone envahira dès lundi la Grande ' Bibüothèque.On y présentera une exposition d’œuvres s’inspirant du concept même de livre.C’est d’ailleurs à l’occasion du vernissage de Le Livre d’artiste: l'image écrite des Premières Nations que Présence autochtone sonnera le coup d’envoi de sa semaine de festivités et d’activités.Au menu de l’exposition: un voyage en images au cœur de la culture autochtone.«Le livre d’artiste est vraiment une œuvre en soi.Il s’agit d’une pratique artistique au même titre que la sculpture ou la gravure», explique le commissaire de l’exposition, Michel Côté.Mais attention: il ne s’agit pas ici de littérature, mais bien d’objets d’art visuel puisant dans la représentation livresque sous toutes ses formes.D s’agit donc, en quelque sorte, de s’approprier différemment le Bvre et de le sortir des sentiers battus afin de lui ouvrir la porte sur un horizon nouveau.«R faut donc oublier toutes les notions de page et de narration» telles qu’on les conçoit habituellement «Les artistes vont travailler leurs œuvres à partir d’éléments qui se rapportent aux livres.Certains vont le faire à partir des trames, d’autres à partir du papier, de la reliure ou d’éléments divers», avance-t-il.Les formes artistiques devraient donc prendre des contours qui n’ont rien de familier, au premier abord, avec le concept même de Bvre.Pour certains, le Bvre d’artiste — ou le Bvre objet—prendra les allures d’une sculpture, d’un montage.Pour d’autres, il s’agira d’installations artistiques ou plus simplement.de Bvres.A vrai dire, tout dépendra de l’inspiration des quinze artistes qui participent à l’exposition et qui présenteront chacun une œuvre.Il n’est donc aucunement question d’y présenter des œuvres Httéraires provenant des diverses communautés: une Uttérature peu comme de la population québécoise qui, pour le moment, ne reste qu’embryonnaire.«Oui, il y a bien une littérature qui vient des Premières Nations.Mais ce n’est pas le sujet de l’exposition», précise M.Côté.L'exposition devrait permettre, entre autres, l’observation des influences nouvelles et anciennes qui animent et inspirent les artistes des Premières Nations.«On va se rendre compte qu’il y a des artistes particulièrement urbains, tandis que d’autres s’inscrivent davantage dans un art qu’on pourrait qualifié de traditionnel.Et on peut voir les différences que cela a engendrées dans la facture de leurs œuvres», expBque-t-il.L’écorce et la peau restent présentes dans les ouvrages de plusieurs artistes, tandis que d'autres ont depuis longtemps troqué ces matériaux contre des techniques phis modernes et plus contemporaines.Cette année, un artiste d’Amérique centrale s’est joint à l’équipe de Présence autochtone pour y présenter une réaBsation, ce qui permettra «d’avoir une vue sur certaines réalités propres au territoire américain», indique M.Coté.Histoire L> exposition itinérante D’eau vive: cinq cents géné-' rations de pêche autochtone au Canada atlantique, organisée par le Musée canadien des civüisa-tions, s’arrête au musée McCord jusqu'au 30 avril prochain.Une occasion d’approfondir ses connaissances au sujet d'une des principales traditions autochtones, soit la pêche.Encore aujourd’hui, la pèche occupe une place privilégiée au sein de plusieurs communautés autochtones.Afin d'en saisir les principaux paramètres, l’exposition remonte loin, très loin même.D est question, par le biais de découvertes archéologiques et du savoir qui en découle, de remonter jusqu’à la dernière glaciation, alors «que tout le Québec était recouvert de glace, sauf les secteurs de la Côte-Nord actuelle de la province», indique la responsable à l’interne du musée McCord, Moira McCaffrey.On propose donc «un survol de presque 10 000 ans.On raient en fait jusqu à l’époque de ce que les archéologues appellent les paléo-indiens», soit les premiers autochtones qui se sont installés dans ces régions, indique-t-elle.Le sujet restant vaste, l'exposition se concentre sur une région géographique spécifique, soit l'Est canadien.Si plusieurs des nations y sont représentées, on peut tout de même affirmer que les MiTunaqs et les Innus — Montagnais — y occupent une place privilégiée.«Le sujet n 'est pas réel lement connu des Québécois et des gens en général.À partir du fait qu'on sait les gens intéressés à l’archéologie.on croit pouvoir les intéresser en leur présentant tout l’outillage relatif à cette activité, comme les outils en pierre ou en os».expBque celle qui est archéologue de formation.L'exposition est divisée en une dizaine de sections qui permettent de parcourir l’histoire de la pêche, des origines aux réalités actuelles.Un défi immense qui retrace les différents types de pèche, mais également les fonctionnements propres aux populations paléo-amérindiennes, archaïques et sylvicoles.D s’agit aussi d'une occasion pour combattre certains stéréotypes et replacer les développements techniques dans leur contexte historique.Ainsi, se rend-on compte que les harpons à tète détachable, utilisés dans le cadre de la chasse aux morses, «généralement associés aux Inuits, étaient pourtant déjà utilisés ici, sur la côte est, avant même leur arrivée».PEDRO RUIZ LE DEVOIR Dès lundi, une exposition présentée à la Bibliothèque nationale sera consacrée à l’art autochtone.Grande Bibliothèque SL depuis 1996, Présence autochtone offrait des expositions dans l’édifice Saint-Sulpice de la rue Saint-Denis, la possibiBté d’exposer à l'intérieur du nouvel éta-bfissement change inévitablement la donne en assurant aux exposants une visibüité jusque-là inégalée.Le taux d’achalandage de la Grande BibBothèque n’a pas baissé d’un cran depuis son ouverture en avril dernier.Une popularité sur laqueUe misent inévitablement les organisateurs de l’événement «Je savais que j’allais être dans un lieu diffèrent.Je souhaitais avoir plus de volume, parce que je savais que j'aurais quelque chose d’assez vaste à occuper et qu’il y aurait beaucoup de monde.» Michel Côté y dénote un autre avantage évident l’espace offert dépasse largement celui qu'on lui a octroyé les années précédentes et fait augmenter du même coup les possibiBtés de diffusion artistique.Ce qui devrait initier plus facilement les visiteurs à l’univers artistique des Premières Nations.«Le visiteur va se rendre compte qu’il y a plusieurs nations et que nous ne formons pas un bloc monolithique», et cela, même si l’ensemble des 11 nations autochtones québécoises n'y est pas représenté.«On y retrouvera également des traits propres aux métis, ce qui amènera une réflexion sur le terme même de métis: s'agit-il d'une nation en tant que telle ou de personnes détenant diverses origines, comme on l’utilise ici au Québec?» Il soutient que les observateurs attentifs pourront ainsi en apprendre énormément sur la culture des Premières Nations.Ulysse Bergeron de pêche Aujourd’hui Plus que jamais, l’exposition ouvre la porte à une meilleure compréhension des enjeux qui sont, encore aujourd’hui, Bés à la pèche chez les Premières Nations.Des enjeux nombreux qui, sans être traités sous un angle poBtique, transparaissent des objets exposés.Il en est question, entre autres, à l’intérieur des dernières sections de l’exposition.On y rappelle que, au cours des 500 dernières années, les ressources hatieutiques ont régressé à un rythme effrayant Les pêches industrieDes, qui ont abouti dans le cas de certaines espèces à une surpêche évidente, ont mené à une réglementation de ce secteur d'activité qui n’est pas sans affecter certaines communautés autochtones.«On aborde les questions relatives à la pêche contemporaine.On y présente les enjeux pour les pêcheurs autochtones: la surpêche, les questions de consommation, les relations parfois tendues entre ces communautés et le gouvernement, ainsi que les traités non respectés», note-t-eüe.L'exemple le plus probant de cette crise de la pêche remonte à 1999, lorsque la Cour suprême du Canada a rendu un jugement qui réaffirmait la vaBdi-té des droits garantis dans les traités signés par la Couronne et les Mfkmaqs (1752-1760).Ces traités reconnaissaient alors le droit de pêcher, de chasser et de commercer dans les territoires milanaqs traditionnels.Toutefois, ces activités ne devaient en aucun cas mettre en péril les stocks de poissons.«La pêche occupe encore une place très importante, chez les Mikmaqs entre autres.On n’a qu à penser à la pêche au saumon», souligne-t-elle.Selon l’archéologue.la tradition resterait complète.Et ce n’est pas seulement la pêche qui détiendrait une importance cruciale dans la culture de certaines communautés, mais l’ensemble des activités qui gravitent autour d'elle.«On continue à attacher de l'importance à fumer le poisson, par exemple», note-t-eDe.Pour toute la durée de l’exposition, le musée offre une multitude d’ateBers destinés aux enfants et à la famille.L'étabtissement désire ainsi, dans un contexte d'interactivité, offrir la possibiBté d'en apprendre davantage sur le sujet Les renseignements concernant ces activités sont disponibles au musée McCord.U.B.I LE DEVOIR.LES SAMEDI il ET 1> I M A N C H E 1 2 ,1 V I N 2 O O f» ^PRESENCE AUTOCHTONE * 1 à Société Makivik Les Inuits se lancent dans le tourisme Un périple de sept jours sur le navire Ushaia En 2005, décidément, la société Makivik, chargée du développement social et économique du Nunavik, multiplie les créneaux.Après les courses de chiens, la création de logements sociaux et la production de films, la voilà qui se lance dans les croisières touristiques par le biais d’une nouvelle filiale, Cruise North Expeditions.DENIS LORD T es croisières en Arctique stmt ^X-jde plus en plus en demande chez les 35 ans et plus, qui jouissent de bons moyens financiers, explique .Aude Guiraud, de Voyages Flateau Mont-Royal.C’est un marché émergent, très ciblé sur les sportifs, les photographes, ceux qui ont déjà fait beaucoup de choses.U faut être initié et avoir le pied marin car les bateaux sont beaucoup plus petits que pour des croisières dans les Antilles, par exemple, et donc moins stables.D’un autre côté, c’est beaucoup plus intime.Les croisières usuelles comptent habituellement plus de 1000 passagers.» A ce jour, Voyages Flateau Mont-Royal n’a vendu aucune réservation pour les croisières de Cruise North Expeditions, mais il a reçu beaucoup de demandes d'information.Des explorations nature et culture Dans la gamme des croisières arctiques offertes au public, peu accostent au Nunavik et plus rares encore sont celles offrant, comme Cruise North Expeditions, un contact direct avec la nature et les Inuits.Entre le 10 juillet et le 4 septembre, trois itinéraires s’offrent aux voyageurs: «Sur les traces d’Hudson», «Aventure à File de Baffin» et «Explorateur arctique».Tous les départs se font de Montréal, en avion, pour une arrivée à Kuujjuaq, où commence un périple de sept jours sur le navire Ushaia, qui compte 38 membres d’équipage.Et que fait-on?L’itinéraire «Explorateur arctique» illustre bien la diversité des activités offertes.Après l’accostage à la rive orientale de la baie d’Ungava, un guide se joint aux visiteurs pour l’exploration de sites archéologiques et l’observation de la légendaire faune locale, renards, caribous, faucons, etc.A Ivujivik, au quatrième jour, après une sortie en zodiac dans le détroit d’Hudson, pour l’observation des phoques et des bélugas, des aînés racontent les us et coutumes et des légendes du peuple inuit.Le lendemain, sur Hie de Baffin, au Nunavut c’est la visite de Cape Dorset capitale de l'art inuit.Les voyageurs sont convies à la visite de galeries, à des démonstrations de sculpture sur pierre à savon, de lithographie, etc.La journée se termine sur l’île Mallikjuak, à la découverte de sites archéologiques des cultures des Dorsets et des Thulés, anterieures à l’ère des Inuits.Tout ça, c’est sans parler d’un pique-nique près des chutes du lac Soper, de marches le long de la banquise, d’une initiation à b flore locale, de b danse et des chants de gorge inuits! D’autres activités sont aussi possibles moyennant un supplément, comme le kayak de mer et b plongée sous-marine.On peut également survoler en hélicoptère le cratère Pingaluit d’un diamètre de trois kilomètres, créé par l’écrasement, il y a 1,4 million d’années, d’un météore.Outre les aînés, des guides professionnels, des historiens et des biologistes accompagnent les visiteurs.La langue dominante est l’anglais.Au Nunavik, en juillet et en août b température varie de 9 à 18 degrés.En raison du temps, de b glace ou encore des marées, les itinéraires et les excursions peuvent être modifiés.On recommande de ne pas emmener d’enfant de moins de cinq ans.Organisation Pour se lancer dans cette aventure, b filiale de b société Makivik a fait appel à Dugald Wells, vétéran du tourisme polaire et ancien chercheur scientifique.M.Wells possède 25 % des actions de Cruise North Expeditions.Les partenaires louent pour leurs huit croisières estivales, le brise-glace Ushaia, utilisé, le reste de l’année, pour b recherche scientifique en Antarctique.Le navire mesure 85 mètres et offre 66 places dans des cabines, simples ou doubles, et dans des suites.Ce n’est pas un navire de luxe, précise-t-on, mais il offre toutes les commodités.Le prix de base, pour un voyage de sept jours dans une cabine en occupation double, est de près de 3100 dollars canadiens.Ce tarif inclut les repas et le vol aller-retour Montréal- Kuujjuaq.Chez Makivik, on prétend que c’est environ b moitié du prix demandé par les concurrents.Si Cruise North Expeditions peut offrir de tels tarifs, c’est en raison de ses liens avec Air Inuit, qui assure le transport aérien et qui est une autre filiale de Makivik.En fait, les rares concurrents directs de l’entreprise, c’est-à-dire ceux qui offrent également une visite du pays, proposent des voyages de 15 jours dont les tarifs varient de 6000 à 12 000 dollars américains.Nunavut Eastern Arctic Shipping Inc.© NEAS est fier de faire partie du projet de développement des Inuits.Nous sommes là pour combler tous vos besoins en transports maritimes dans l'Arctique.Appeliez sans frais au 1 877 CAL-NEAS (255-6327) Montréal : (514) 597-0186 www.neas.ca Cruise North Expeditions est une immense aventure, non seulement pour les voyageurs mais aussi pour la société Makivik et l’ensemble du Nunavik.«Nous travaillons à mettre en place une industrie touristique dans la région qui profitera à l'ensemble de la population, precise Adamie Alaku, vice-president au développement économique de Makivik.Comme c’est notre première année, nous apprenons en travaillant.Toute la communauté y participe et elle a de grandes attentes.Mous ihmmms l’oc-casion aux artistes de partager leurs œuvres avec les visiteurs, qu’il s'agisse de; sculptures ou de chants de gorge.A bord du Ushaia, une partie de l’équipe d’entretien et de restauration est inuite, et nous envisageons de former du persemnel medical et de naligation.Mais, pour l’instant, il est difficile de savoir combien d'emplois seront créés.» Selon le président de Cruise North Expeditions, Dugald Wells, YUshaia voguera cet été rempli à 70 % de sa capacité.«Nous avons, explique-t-il, commencé notre marketing trop tard pour qu’on parle de nous dans les brochures touristiques des agences de voyage, qui sont imprimées en septembre.Cette année, notre cfientèle provient tout autant des Etats-Unis que du Canada.Mais, l'an prochain, nous travaillerons beaucoup à développer le marché outre-mer, en particulier la France, l’Allemagne et le Japon, qui devrait fournir 25 % de nos passagers.» D’après M.Wells, Cruise North Expeditions devrait devenir rentable dans environ un an et demi.¦ Internet www.cruisenorthexpe-ditions.com-, ^ 1 (866) 263-3220 Collaborateur du Devoir souri i i ri r oukhkc Les croisières en Arctique ont une saveur bien différente de celles dans les Antilles.Bffr -*" nihil : .¦- 21 JUIN JOURNÉE NATIONALE DES AUTOCHTONES ABÉNAQUIS • ALGONQUINS • CRIS ATTIKAMEKS * HURONS-WENDATS INNUS • MALÉCITES • MICMACS MOHAWKS • NASKAPIS • INUITS Onze nations .en fete I Depuis très longtemps, bien avant l'arrivée des Européens, les Autochtones célèbrent de façon particulière le solstice d'été.Le gouvernement du Québec est fier de prendre part aux festivités entourant cette journée spéciale Profitons de ce jour de fête pour découvrir l’héritage exceptionnel des onze nations autochtones du Québec Québec S S www.autochtone5.gouv.qc.ca Grande fête des Abénakis à Odanak, le 2 et 3 juillet 2005 Chants, danses, dégustations, démonstration et vente d'artisanat Deux nouvelles expositions à découvrir et une expérience inoubliable 450-568-2600 www.museedesabenakis.ca —— Wmm MUSÉE DES Abénakis LE DEVOIR.L E 5 SAMEDI II ET D 1 M A \ C H E 1 2 J U I X 2 0 0 5 I (> PRESENCE AUTOCHTONE Une histoire dont il manque quelques couleurs «Madeteine de Ver chères, Marguerite dYouville et Frontenac possédaient des esclaves.» Entretien avec la cinéaste Marquise Lepage Nos livres d’histoire n’ont pas été très bavards sur le phénomène.On a même cru, un peu naïvement, que cette pratique était le propre de nos voisins américains, ce qui rehaussait ainsi l’aura de respectabilité du Canada.Pourtant, avant même la fondation du pays, l’esclavage existait chez les peuples autochtones et, une fois la surprise passée, les colons et les explorateurs français n’ont rien fait pour y mettre fin, bien au contraire.La réalisatrice du bouleversant Des marelles et des petites filles, qui met la dernière touche à un documentaire sur Jacques Parizeau, brise le silence.SOURCE TÉLÉ-QUÉBEC Marquise Lepage, lors du tournage de La Fête des rois.AN URÉ LAVOIE Ce chapitre de notre histoire, du fait d’un temps d’esclavage, Marquise Lepage, comme la grande majorité d’entre nous, ne le connaissait pas, même si elle se doutait bien que «nos ancêtres n'étaient pas des saints».Sa surprise, elle la partage dans son nouveau documentaire, Le Rouge et le Noir.au service du Blanc! (L’Esclavage en Nouvelle-France), présenté à la clôture du volet cinéma de Présence autochtone.Mélangeant commentaires pertinents et scènes de fiction, Marquise Lepage propose un survol de cet aspect plus sombre, mais authentique, de notre passé, occulté autant par certains historiens que par lT“lite religieuse.La fin d’un silence S’il est vrai que certaines vérités ne sont pas toujours bonnes à dire, c’est peut-être parce que nous ne voulons pas les entendre.Or, son dernier film est en quelque sorte une revanche, ou du moins un juste retour des choses, pour l’historien Marcel Trudel, lui qui, au début des années I960, avait rédigé un ouvrage ayant soulevé un malaise profond: L'Esclavage au Canada français.Comme l’Église catholique avait encore la main haute à l’époque, Trudel fut menacé d’ètre excommunié et son livre ne s’est pas transformé en lecture obligatoire dans les écoles.Marquise Lepage hésite à parler de revanche.«Je voulais lui donner la parole, souligne la réalisatrice, car je crois que son discours fut un peu mis de côté à une époque où il aurait été important de discuter de ces choses-là.Quand il explique que des gens comme Madeleine de Ver-chères, Marguerite dYouville ou Frontenac possédaient des esclaves, c’est surprenant, même si, dans le cas de Marguerite dYouville, elle les a traités beaucoup mieux que d'autres.Mais il prend la peine de spécifier qu’il ne faut pas nécessairement les juger avec nos yeux d’aujourd’hui.Lhistoire recèle bien des cachettes, et il faut les connaître pour savoir d’où l'on vient.» Ces «cachettes» sont nombreuses à être dévoilées dans Le Rouge et le Noir.au service du Blanc.D’abord soucieuse d’équilibre — «Je ne voulais diaboliser ni les Blancs, ni les Amérindiens», précise-t-elle — Marquise Lepage a survolé près de 300 ans d’histoire en montrant à quel point la vie dans les colonies explique en partie le phénomène de l’esclavagisme.Tout comme les nations autochtones soumettaient leurs prisonniers de guerre à l’esclavage, ceux-ci sont devenus une marchandise comme une autre pour les Français, qui avaient cruellement be- soin de main-d’œuvre.Et alors qu’il n’était pas rare que les prisonniers autochtones fussent soumis à d’atroces mutilations (œil arraché, doigts coupés, etc.), les colons voudront des esclaves qui n’affichent aucune marque de supplice: ces pratiques cesseront par simple nécessité commerciale.Statuts variables Avec la conquête de la Nouvelle-France par les Anglais en 1760, l’esclavage autochtone va progressivement disparaître, pour deux raisons: la diminution du commerce des fourrures et surtout l’arrivée massive d’esclaves noirs.Contrairement aux Français, les Britanniques pratiquent l’esclavagisme à grande échelle, dans toutes leurs colonies, et la Nouvelle-France ne fait pas exception.Supportant un peu mieux les maladies des Blancs, moins portés à s'enfuir puisque totalement déracinés de leur pays d’origine, les esclaves noirs, phis coûteux, ont la consolation d’être mieux considérés que les esclaves autochtones dans l’échelle sociale.Leur sort était-il phis enviable qu’aux États-Unis?D est vrai que, en 1833, une loi britannique va abolir l’esclavage dans toutes les colonies britanniques, tandis qu’aux États-Unis il faudra encore attendre trente ans.Pour les esclaves américains, le Canada devenait ainsi une sorte d’Eldorado.Même si d’esclavage reste l’esclavage», souligne l’historienne Dorothy Williams dans le film, Marquise Lepage présente quelques différences: «Les maîtres ne devaient pas être trop conciliants envers les esclaves parce que cela donnait le mauvais exemple.Par contre, certains d’entre eux ont appris la lecture ef l’écriture à leurs esclaves; aux Etats-Unis, les maîtres étaient punis pour cela.Lapprentissage de la liberté se fait souvent par la lecture: on découvre des gens qui vivent et qui pensent autrement, qui cherchent autre chose.Mus tu apprends, plus tu es critique.» Opposantes Et c’est d’ailleurs ce que la cinéaste illustre, mettant en scène quelques fragments de la vie d’esclaves qui n’ont pas courbé l’échine.Des femmes comme Marguerite Duplessis-Faber, Marie-Josephe Angélique ou Marie-Madeleine Renarde (tous les esclaves recevaient des noms européens, question de faire oublier leurs origines amérindiennes ou africaines) ressemblent parfois à des héroïnes de roman, malgré le fait que les seules traces de leur existence se retrouvent dans les annales judiciaires.«Les rebelles, ça fait toujours de bonnes histoires!, lance la cinéaste dans un grand éclat de rire.Si on en savait juste un peu plus sur chacun de ces personnages, on pdùrrait faire d’excellents films de fiction.» Pourtant heureuse que son film puisse être «une bonne introduction» au sujet de l’esclavage.Marquise Lepage espère surtout qu’il modifiera notre perception du passé.Car ce silence, bien plus que l’œuvre d'«un complot de curés», trouve sans doute sa source dans cette névrose qui date de la Conquête: «Pour se démarquer des Anglais, on voulait peut-être se grandir sur le plan des valeurs.» Parmi cellesHd, on avait quelque peu négligé l'honnêteté et l'authenticité.LE ROUGE ET LE NOIR.AU SERVICE DU BLANC! (L'Esclavage en Nouvelle-France) Présenté le mercredi 22 juin au Cinéma ONF, à 20h30.Le film sera également diffusé à Télé-Québec , TV5 et TFO, à des dates à confirmer.Collaborateur régulier du Devoir Cinéma Quand les traîneaux s’arrêtèrent L’Echo du dernier cri est une docufiction sur rabattage de chiens dans le Grand Nord «Les chiens nous permettaient [.1 de chasser pour nourrir notre famille.Nous pouvions dormir tranquille dans un igloo sans craindre qu'un animal sauvage s’approche de notre camp.Les chiens étaient les meilleurs guetteurs.» Voilà ce que raconte Amaamak Jaaka, un Inuit du Nunavik, de Kangik-sujuak, dans L'Écho du dernier cri, une docufiction de 54 minutes qui sera présentée à Présence autochtone, le 20 juin.DENIS LORD Avec sa voix hors champ en vers reliant témoignages et reconstitutions, L’Echo du dernier cri illustre les abattages de chiens d’attelage perpétrés dans les années 50 et 60 par lés gouvernements canadien et québécois.Cette affaire obscure est aussi l’objet de revendications du Nunavik, exprimées dans un mémoire présenté au ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et au ministre délégué aux Affaires autochtones du Québec.Depuis plus de 1000 ans, les Inuits vivaient en symbiose avec les chiens qu’on appelait naguère, tout comme leurs maîtres, esquimaux.Le Can is familiaris borealis — qimmiit, en inuktitut — serait le dernier survivant des chiens indigènes des Amériques.Il constituait le seul moyen de transport des Inuits.Il pouvait retrouver son chemin dans les pires blizzards, repérer les trous d’aération des phoques dans la glace, débusquer les proies.Sa peau servait à la fabrication de vêtements, sa chair à nourrir d’autres chiens ou même des hommes.De multiples manières, il sauvait des vies.Il était un élément essentiel de l’économie et de la culture du peuple nomade du Nunavik.Cynocide boréal Entre 1955 et 1969, des membres de la GRC et de la Police provinciale ont procédé à l'abattage massif des qimmiits, sans l’approbation des Inuits, ni même les en informer.Les chiens étaient tués à l’arme à feu, parfois sous les habitations, leurs corps étaient ensuite rassemblés puis brûlés.On a motivé ce geste par les risques de maladies infectieuses comme la rage — un programme de vaccination avait été mis en place puis abandonné — on a invoqué des attaques de chiens contre les humains et appliqué la Loi sur les abus préjudiciables à l’agriculture.L’article 10 de cette loi interdit de laisser errer un chien; l’article 11 permet à tout un chacun d’abattre un chien contrevenant à l’article précédent.Mais les Inuits n’attachaient pas leurs chiens; cela les aurait rendus agressifs.Peta Aatami est président de Ma-kivik, la société à but non lucratif chargée du développement économique et social du Nunavik, qui a signé le mémoire et produit L’Echo du dernier cri.«Les Inuits élevaient des chiens depuis plus de mille ans, dit-il.Nous n’avions besoin de personne pttur nous dire s’ils étaient malades et qum faire avec eux.Pourquoi les gouvernements ont-ils fait ça?Je suspecte que c’était pour sédentariser les Inuits, afin de mieux les encadrer.Certains d’entre nous disent que c’était pour éradiquer la culture imite.Mais nous ne pouvons l’affirmer.C’est pour connaître les vraies raisons qui ont poussé les gouvernements à tuer nos chiens que nous demandons qu’il y ait une enquête.» Par la voix de la société Makivik, les Inuits du Nunavik demandent une enquête publique et indépendante sur l’abattage de chiens, qui se serait poursuivi jusqu’en 1975, des excuses des gouvernements et une compensation financière pour les famiEes affectées et pour les frais judiciaires encourus.Une période obscure Ce dossier, qui n’est pas sans rappeler l’extermination des bisons dans l’Ouest américain au X1X‘ siècle, est assez flou et manque de données.Çombien de chiens furent tués?A quelles dates précisément?Quelles sont les responsabilités respectives des gouvernements fédéral et provincial?Peta Aatami met les événements dans une perspective historique: «A cette époque, les Inuits n’étaient pas un peuple de mathématiques et ne fonctionnaient pas avec un calendrier.Alors, “combien" et “quand", c’est obscur.Il y les Presses de l'Université Lavai • Les Éditions de l'IQRC Être Maya et travailler dans une maquiladora , Etat, identité, genre et génération au Yucatan, Mexique Morie Fronce LA8RECQUE Coiuoiox Mondes autochtones 204 pages • 25 $ ISBN 2-7637-8196-9 Paroles et pouvoir de femmes des Premières Nations Bernard ROY el Kotia FECTEAU Cotlégion Sociétés, cultures et santé 216 pages *35$ ISBN 2-7637-8216-7 (TRI MA\A M MIL H AUH1* ' Au pays des peaux de chagrin Occupation et exploitation territoriales à Kitcisakik (Grand-Lac- Victoria) ou XX' siède Jacques LEROUX, Roland (HAMBERIAND, Edmond BRAZEAU, Claire OUBÉ (otoirtut Musée canadien des civifeations 272 pages • 35 $ ISBN 2-7637 8039-3 Droit tefaUwe ft ries peuples putotMonts Droit, territoire et gouvernance des peuples autochtones Sous lo direction de Ghisioin OTIS 212 pages.25 S ISBN 2 7637 8201-9 Sang sucré, pouvoirs codés, médecine amère Bernard ROY Collection Sociétés, cultures et sonte 264 pages • 30 S ISBN 2-7637-7917 4 Sang sucre, ' (JOBIO flékiiie amere IjOUVOiTS COdéS, rsartt Terra incognita des Kotakoutouemis L AJgonquinie orientale au XVII' siècle Roland CHAMBERLAND, Jacques LEROUX, Sieve AUDET, Serge BOUILLE, Mariano LOPEZ 280 pages • 35 $ ISBN 2-7637-8055-5 Les Éditions PUl-IQRC TeL (4141454-1131 porte 10994 • Teles.(414) 454 l»ci*.4*lm9tf/à'pV).a|airoLco •VT> www.oltvaLci /pd avait aussi la barrière des langues.» Aucune lumière n’est venue des gouvernements canadien et québécois en réponse aux premières revendications du Nunavik, en 2000.Le solliciteur général du Canada, Lawrence MacAuley, a écrit à M.Aatami pour hti dire que tous les dossiers à ce sujet avaient été détruits.Selon des estimations de la société Makivik, basées sur le témoignage de 200 personnes, phis de 1500 chiens auraient été tués à cette époque.L’abattage a été fait sans planification stratégique apparente par les gouvernements, sans mise en place de solutions de rechange.Les mo-toneiges auraient été introduites dans le Nord à partir des années 60, alors que les tueries avaient déjà commencé.D’après les témoignages présentés dans le documentaire et le mémoire, elles étaient moins fiables et phis onéreuses que les chiens.Tous n’avaient pas les moyens de s’en procurer.«Avec ces tueries, explique M.Aatami, les Inuits ont perdu leur mobilité, leur indépendance, une grande partie de leur vie.Les Inuits étaient déjà pauvres, ils le sont devenus encore plus.C’est à partir de cette époque que l'alcool s’est introduit au Nunavik.» Autre conséquence non négligeable: la sédentarisation des populations, qui ont dû s’installer dans des communautés situées à côté des postes de traite.Vers l’avenir La société Makivik demande aux gouvernements des mesures correctives afin d’offrir aux Inuits des moyens de transport abordables.leur permettant de maintenir leurs activités traditionnelles.Quant aux sommes exigibles pour le dédommagement des familles victimes de l’abattage de chiens, elles sont difficiles à évaluer, convient le président de Makivik «Combien de renards les Inuits auraient-ils pu capturer avec leur chiens?Combien d’argent ont-ils perdu?Quel est le prix de l’identité et de la culture?» Il y a un peu plus d’un mois, Makivik a plaidé sa cause devant un comité du ministère des Affaires indiennes.Celui-ci a accepté de faire une enquête, à condition qu’elle soit menée par la GRC, ce qui est bien sûr inacceptable pour Makivik, qui radge que les enquêteurs soient indépendants.Le gouvernement québécois a affirmé, quant à lui, n’avoir d’autre trace écrite des actes qui lui sont reprochés.Si les gouvernements persistent dans leur position, Makivik envisage de sonder les possibilités du côté des Nations Unies.Le savoir ancestral sur l’élevage des qimmiits n’a pas été complètement perdu.Selon M.Aatami, le qimmiit revient aujourd’hui en force au Nunavik.Makivik a mis en place plusieurs mesures pour favoriser ce retour.L’une d’elles est l’ivakkak, une course annuelle de 600 kilomètres en traîneau à chiens.Le premier prix est.une motoneige, «plus utile que les chiens pour les courtes distances».Makivik importe également des qimmiits pure race du Groenland, où ils ont été mieux protégés et où il est d’ailleurs interdit de chasser en motoneige.Collaborateur du Devoir recherches amérindiennes au québec Une revue internationale sur les Premières Nations des Amériques publiée depuis 35 ans 514.277.6178 reamqu@globetrotter.net www.recherches-amerindiennes.qc.ca ?On n’est jamais trop curieux ?IK DKYÜlil I I à LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 J V 1 N 2 0 0 5 PRESENCE AUTOCHTONE Études amérindiennes L’université du Grand Nord Près de 600 personnes issues des diverses communautés ont obtenu un diplôme universitaire délivré par VUQAC Le Centre d’études amérindiennes de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) a vu le jour en 1991.Il a reçu comme mandat de répondre aux besoins des populations autochtones en matière de formation, de recherche et de services aux communautés.La clientèle du centre comprend des Algonquins, des Atikamekws, des Cris, des Innus, des Malécites, des Micmacs et des Naskapis, qui sont issus de sept nations regroupant plus de 50 000 habitants.REGINALD HARVEY UQAC fut profondément associée à la probléma- ' tique autochtone québécoise dès sa fondation, en 1969.A cette époque, un groupe de professeurs a entrepris des recherches historiques, archéologiques et linguistiques sur les modes de vie des Premières Nations au cours des dix derniers millénaires.Sous l’impulsion des travaux du Groupe des études amérindiennes, l’universite s’est par la suite tournée graduellement vers la mise sur pied d’activités liées à l’enseignement, à l’animation et à la recherche, en collaboration avec les milieux autochtones, de sorte que l’établissement s’est forgé un véritable créneau dans ce domaine.De 1975 jusqu’en 2003, près de 600 personnes issues des diverses communautés ont ol> tenu un diplôme universitaire délivré par cet établissement Une centaine d’étudiants fréquentent annuellement le Centre sur une base régulière et quelque 300 autres suivent une formation à temps partiel.La population autochtone québécoise est jeune et tend de plus en plus à satisfaire de réels besoins de formation sur le plan universitaire.Les attentes autochtones La communauté des Montagnais de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean collabore depuis longtemps avec l’UQAC et celle-ci réalise des projets d’avant-garde en éducation sur son territoire.Louise Nepton, directrice de l’éducation et du développement de la main-d’œuvre au Conseil des Montagnais, mesure le niveau de participation des autochtones aux activités du centre: «Il nous offre un siège à son conseil pédagogique où les communautés sont invitées à désigner un représentant.On y discute beaucoup des nouveaux programmes pour les autochtones et delà situation des étudiants.On peut dire notre mot et exprimer nos aspirations.» Elle ajoute toutefois un bémol au sujet du rôle décisionnel qui leur est dévolu: «On peut aller partager ces préoccupations, mais les universités sont des grosses machines et ce ne sont pas les petites communautés qui vont arriver à les faire bouger.A tout le moins, on a une tribune pour s’exprimer et les gens en place font preuve d’ouverture envers nos propos.» La directrice se réjouit particulièrement du service d’encadrement et d’appui que le Centre offre aux étudiants: «Son rôle majeur se situe au niveau de cette clientèle étudiante fréquentant l’UQAC.Ils sont là pour régler les difficultés d’adaptation et autres problèmes de cette nature, ce qui est très apprécié.» Education à saveur montagnaise La communauté s’est érigée contre l’approche moins rigoureuse que présentait le contenu pédagogique d’un baccalauréat en enseignement dans le milieu autochtone: «On s’est manifesté contre cette pra-tiquedà, qui diminuait les exigences et qui faisait en sorte que les diplômés avaient un permis pour enseigner dans une communauté seulement.On ne voulait pas avoir des enseignants moins performants qu’ailleurs.Cette formule de bac a été abandonnée.» Présentement, l’université soutient les autochtones du côté du perfectionnement, comme elle le souligne: «Ça s’adresse aux personnels en général.Lorsque les «Une des grosses problématiques historiques de l'image que se font les gens des autochtones relève du fait que ce qui a été par nous», déplore Louise Nepton, directrice de l’éducation et du développement de la main-d’œuvre au Conseil d< avec l’Université du Québec à Chicoutimi.Sur cette photo, deux enfants d’iqaluit, au Nunavut.CASIO AlUÎC.KI AU» été écrit sur nous ne l'a [His des Montagnais, qui collabore gens éprouvent le désir d'améliorer des connaissances, ils ont pris l’habitude, comme on leur demande de le faire, de prendre contact avec nos services de l’éducation.Quand il s'agit de besoins au niveau universitaire, on prend contact avec le centre pour identifier les mesures à prendre.» C’est ainsi qu’un programme court sur l’enseignement de la langue des Montagnais a été mis sur pied afin de transmettre celle-ci aux jeunes: «Ce n’est pas parce que tu parles une langue que tu es capable de l’enseigner».Il reste que la direction de l’éducation de Mash-teuiatsh considère qu’il y a encore du chemin à parcourir pour satisfaire les aspirations profondes de la communauté.Les Montagnais travaillent depuis cinq ans au développement de leur propre système d’éducation; d’ici un an, un nouveau programme d’études aura été élaboré, qui affectera l’ensemble de la structure en place.Il n’est pas question de chambouler tout le régime en place au Québec, mais plutôt d’introduire, à l’intérieur de celui-ci, tous les éléments culturels propres à inculquer aux enfants, de l’élémentaire jusqu’à la deuxième secondaire, les valeurs traditionnelles de cette nation amérindienne.Louise Nepton voudrait bien que l’université prenne bonne note de cette réalité et qu’eDe se comporte logiquement dans les circonstances: «On espère qu’ils vont avoir un esprit d’ouverture pour intégrer certains volets de cette démarche dans les programmes d’enseignement.Sinon, il va falloir faire quelque chose, parce que notre approche ne sera pas la même que celle de la province, même si elle va s’inscrire en complémentarité avec cette dernière, parce qu’il est clair qu’on ne veut pas que nos jeunes soient pris dans un ghetto; on souhaite qu’ils soient en mesure de fréquenter des écoles ailleurs.On veut une formation qui tienne compte de notre culture et on ne réinventera pas le français et les maths.C’est beaucoup plus une question de philosophie et de façon de faire.» Ce sur quoi elle fait observer que l’UQAC se montre de plus en plus ouverte à de telles initiatives et expertises, notamment dans l’élaboration de nouveaux cours: «Ce n’est pas encore parfait mais c’est en voie de le devenir.Au fond, notre volonté serait que les universités nous consultent davantage lorsqu'elles montent des programmes.Une des grosses problématiques historiques de l’image que se font les gens des autochtones relève du fait que ce qui a été écrit sur nous ne l’a pas été par nous.Cest une version des choses qui émane des Blancs et non des autochtones.» Une leçon à tirer pour la suite des choses en éducation.Un manque d’appui financier Il y a trois projets de recherche qui cheminent depuis trois ans à Mashteuiatsh et un autre qui demeure en attente.L’un de ceux-ci porte sur l’immersion en montagnais, un autre se penche sur renseignement et les apprentissages dans le contexte culturel autochtone et le troisième est associé au développement du programme d’études.Le projet en attente est de cette nature: «On voudrait développer des nids linguistiques dans la communauté, parce que de moins en moins d’enfants ont le montagnais comme langue première».La directrice déplore toutefois un manque d’appui du côté de la recherche: «L’appui de l'UQAC est extrêmement minime.Au début, les Montagnais du Lac-Saint-Jean ont formé un consortium avec l'université pour trouver le financement, coordonner les travaux et tout le reste.Dans les faits, celui-ci n’est pas du tout actif.» Elle fait le point sur la situation: «On se débrouille avec nos propres moyens.L’université, via le Centre d'études, nous propose des enseignants chercheurs, essaie de nous trouver des ressources, mais c’est à peu près tout.» les fonds nécessaires ne sont pas au rendez-vous: «Je ne peux expliquer quelle est la cause du problème, mais il est certain que le financement est devenu pour nous une priorité.On pensait que ce serait plus facile avec l’UQAC et qu’elle nous ouvrirait des portes, mais tel n’est pas le cas et on ne sait pas pourquoi.» Collaborateur du Devoir Langue innue et recherche Au moment où il est question d’avenir et de projets de développement en cours pour le Centre d’études amérindiennes dont elle est la directrice, Hu-guette Bouchard parie d’abord de langue: «Ce sur qu/n on travaille présentement, c’est de vraiment développer un programme à l’intention de toutes les communautés innues; celui-ci va s’adresser aux enseignants dans le but de les doter du bagage de didactique nécessaire pour transmettre la langue innue à leurs étudiants.» Des spécialistes de plusieurs horizons participent à l’élaboration de ce programme, qui prendra la forme d’un certificat Elle relève un autre point majeur sur lequel se penche le Centre: «C’est notre consortium de recherche amérindienne».À titre de projet, un scientifique qui vient de terminer sa thèse de doctorat sur les étudiants autochtones réussissant à obtenir leur diplôme doit se pencher, par le biais de cette approche, sur le problème du décrochage scolaire dans les différentes nations et communautés: «H deviendra un chercheur du Centre et il travaillera sous peu avec n/ms».Le Conseil de la Nation Atikamekw est heureux de souligner la 15e édition du festival Présence autochtone, un événement voué à la promotion et à la mise en valeur des cultures des Premières Nations.Le Conseil de la Nation Atikamekw vous invite donc à célébrer les Premières Nations du 13 au 22 juin prochains, une occasion unique de découvrir et de partager notre richesse collective.F E S I I V A l P R I S F NCI A U T O C II I O NI 2 0 0 S P R F S I N I Conseil de la Nation Atikamekw 290, rue Saint-Joseph, C.P.848 La Tuque, Québec G9X 3P6 Tél:.819-523-6153 K N • - LP*Ak Société Makrvik MakMk Corporation echo or une last howl LUNDI 20 JUIN 20H30 ONF - l’Office national du film 1564, rue Saint-Denis par la société Makis ik directeur Guy Fradctte version originale Inuktitut, sous titrs-e anglais É MONTRÉAL JUIN 2005 LAND InSIGHTS Société pout It diffusion de ta culture autochtone ¦lyG^E AUTOCHTONE J J\A GRAND SPECTACLE ANNUEL OE Ll ËJ ki Mi aSk MM M w tad WH ¦ Avec Daybif Samien Bt Northern Créé invités Loco Laça mm Vendradi 17 à 80 h 30 Au Cabaret M 2111, boul.St-Entrée : 20 $ iîsw&àS j t j ^ •Vk '1 - él ; i m- i^aNKtiS ¦ ifrVi r 4 fi Montréal capitale mondiale ^ du livre CR 2005 v^J 12(106 Montréal': *# «a «S L1herit;age des Abénakis Menahanek, site extérieur de Présence autochtone 2005 Parc Émilie-Gamelin (métro Berri-UQAM) Une invitation à voyager, dans un climat d'amitié, sur le territoire de tous les possibles MU&tiDtt Films et videos autochtones 'Abénakis Du 13 au S& juin Au cinéma ONF 156^, rue St-Denis Des images exceptionnelles pour mieux saisir les enjeux et les défis auxquels, doivent faire face les Premières Nations des trois Amériques LE CINÉMA SELON JORGE SANJINES Du 15 au 18 juin À la Cinémathèque québécoise 335, boul.de Maisonneuve Est Du 16 au IB juin è partir de midi INFO FESTIVAL 51-4.571 .AAAA isFÎ 4#»» 'xr cweievision Canada ttJ oc» Montréal ^ Abonf»n« PmqIm QuébecSS I.K DEVOIR ¦/rtTT^ ^PF?T moTHre»! x» Hydro Québec à
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