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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2005-06-18, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 S ET DIMANCHE 19 JUIN 2 O O 5 SOUS LA PLUIE OU SOUS LE SOLEIL, IL FAIT TOUJOURS BON VIVRE AU PAYS DES LIVRES t tu ; it* ?I.E DEVOIR - LECTURES D'ETE ROMAN Des livres de poche Pour l’été F 2 ROMAN QUÉBÉCOIS Les suggestions du Devoir F3 ROMAN Du côté américain F6 ESSAI L’autodéfense intellectuelle F9 ESSAI Les choix de Louis Cornellier F10 POLAR Du noir sous le soleil F 12 X x OSAMA SILWADI REUTERS TMf- José Saramago, un homme indigné De passage à Ottawa après avoir reçu un doctorat honorifique à l’Université de l’Alberta, l’auteur portugais et Prix Nobel de littérature (1998) José Saramago a accordé une entrevue à notre collaboratrice Anne Michaud.Oui, je serai un homme indigné jusqu’au dernier instant José Saramago, vous êtes né en 1922 dans une famille très pauvre où il n’y avait aucun livre.Comment avez-vous découvert la littérature dans un tel environnement?H est vrai que je suis né dans une famille non seulement pauvre, mais extrêmement pauvre.Tous les membres de ma famille étaient analphabètes et moi, j’ai fait l’école primaire puis un an de lycée mais, après cette première année, mes parents se sont rendu compte qu’ils n’avaient pas les moyens pour que je continue, donc je suis allé dans une école professionnelle pour devenir serrurier.Il y avait dans cette école deux choses surprenantes, des cours de français et de littérature.Ce fut mon premier véritable contact avec les livres.Ensuite, j’ai commencé à fréquenter une bibliothèque, publique de Lisbonne et là, sans personne pour me guider ou me conseiller, j’ai cherché mon chemin à travers les livres comme si j’étais tombé sur une île inconnue.Puis, vers l’âge de 23 ans, j’ai écrit un premier mauvais roman, enfin, pas si mauvais mais pas très bon.Ensuite, j’ai écrit autre chose vers l’âge de 44 ans.Mais mon véritable travail littéraire n’a commencé qu’en 1979.Durant toutes ces années où vous avez exercé une dizaine de métiers, serrurier, traducteur, etc., aviez-vous toujours en tête de devenir écrivain?Vers l’âge de 18-19 ans, avec un petit groupe d’amis, nous nous demandions entre nous ce que nous voudrions faire, ce que serait notre avenir, et déjà j’avais répondu que je voulais devenir écrivain.A ce moment, je ne croyais pas avoir l’éducation, la culture pour être écrivain, mais tout de même, environ cinq ans plus tard, j'écrivais un roman! Au fond, j'ai toujours adoré la lecture et sans vouloir dire que tous ceux qui aiment la lecture deviendront écrivains, le goût de la lecture est tout de même essentiel.J’ai lu que vous aniez déjà déclaré n’avoir rien publié plus tôt parce que vous n’aviez rien à dire.Non, je ne crois pas en la nécessité de l’expérience, que pour écrire on doit avoir vécu ce que l’on va écrire.Bien sûr, des écrivains comme Jack London, par exemple, n’auraient pas pu écrire ce qu'ils ont écrit sans l’avoir vécu, mais tous les écrivains ne doivent pas avoir eu une vie remplie de choses extraordinaires et exceptionnelles, risquées, merveilleuses ou dramatiques.Chacun de nous, c’est une banalité de le dire mais c’est vrai, est un véritable petit univers: il suffit de trouver sa voue pour que cet univers s'exprime.Votre univers à vous et votre manière de l’exprimer sont très particuliers: ces longues phrases entrecoupées de virgules et de digressions où vous vous adressez directement au lecteur, ces dialogues intégrés au texte, tout cela vous est-il venu naturellement ou à force de travail?Je ne dirais pas que c’est venu comme une révélation, mais pas non plus à force de travail.En 1979, j’écrivais un roman, qui n’est pas traduit en français mais qui s’intitulerait Soulevé du sol, et qui est né du fait que, quelques années plus tôt, alors que j’étais au chômage, j’avais pensé qu’il était temps de voir si j’étais vraiment un écrivain.J’ai donc passé du temps à la campagne, parmi les paysans, prenant en note leurs histoires, puis, pendant un an ou deux, j'ai cherché une façon de raconter tout cela; finalement, j’ai commencé à écrire et tout à coup, a la page 23 ou 24, sans réflexion préalable, sans m’arrêter pour me demander si c’était bon ou mauvais, j’ai commencé à écrire comme aujourd'hui.Cette fusion entre le récit, le dialogue et les observations représentait pour moi l’idée que l’on puisse exprimer dans une page la simultanéité: j’essayais de dire en même temps tous les éléments» de l’histoire, les plus importants comme les détails.Evidemment, c’est impossible, mais je vois mes récits, c’est une métaphore bien entendu, comme des fleuves où tout se mélange mais où tout a sa place.Donc c’est quelque chose qui s’est présenté tout à coup, comme en disant: «Voilà, ce que tu cherchais sans le savoir, c’est ça.» Certains critiques parlent de vos livres comme étant des contes philosophiques ou des fables, d’autres disent que vous actualisez les grands mythes.Comment voyez-vous vos romans?Ce que je raconte dans mes livres est tout à fait courant' s’il y a une chose dont je peux dire qu’elle est à moi, c’est cette manie que j’ai de regarder de l'autre côté, ce qu’il y a derrière les façades.Car ce que nous voyons, des objets comme des gens, ce ne sont que les facades.Ce n’est pas facile de faire le tour d'une personne.Les mythes, les traditions, les coutumes, tout est là! Nous vivons plongés dans le passé; le présent n’est qu’un moment qui passe instantanément Le fait d’écrire pour moi, c’est une façon de réfléchir et d’être toujours présent dans ce que j’écris.Depuis Lacan, on pourrait faire référence au narrateur omniscient mais, au fond, qui est-cé qyi parle quand on écrit, quand on raconte une histoire?Ecrire, c’est avoir une voix et cette voix, autant elle nous appartient autant elle est multiple et exprime tout ce qui nous entoure.C'est pourquoi je suis présent d’une façon presque scandaleuse dans tout ce que j’écris.I-a société que vous décrivez dans vos livres, et particulièrement dans la trilogie composée de L'Aveuglement, de Tous les noms et du La Caverne, est plutôt inquiétante.Est-ce que cela reflète votre vision du monde moderne?Oui, je crois que nous vivons dans un monde qui est facile pour beaucoup de gens, mais, même dans ce monde facile, il y a des choses qui risquent de nous dévorer, lu Caverne m’a été inspiré, au deuxième ou troisième degré, par une visite au West Edmonton MalL où l’on trouve même une plage tropicale: l’artifice prend la place de la réalité.De plus en phis dans le monde, le seul endroit propre, illuminé, pacifique et tranquille, c’est k- centre commercial.Tout ce qui est agressif est au dehors, alors qu’à l’intérieur c’est le paradis.J’arrive même à imaginer un monde avec des centres commerciaux éparpillés dans un désert d’immondices, de saletés, d’eau corrompue c’est la menace.Moi, je suis comme le médecin qui fait un diagnostic exact et c’est à vous de trouver le remède, à vous tous, à nous tous.VOIR PAGE F 2 SARAMAGO f Y LE DEVOIR.-A M E D I I ET D I M A \ C H E 19 JUIN 2 0 0 5 F 2 L E * LECTUHES D'ETE - SARAMAGO SUITE DE LA PAGE F 1 Vous êtes certainement ce qu’il est convenu d’appeler un écrivain engagé.Pour vous, le regard de l’écrivain nécessite-t-il l’engagement?Être un écrivain engagé, c'est une idée qui vient des mouvements réalistes et néoréalistes.Dans mon cas, ce n’est pas l'écrivain qui est engagé, c’est le citoyen.L’écrivain que je suis n’est donc autre que le citoyen, il ne s’agit pas de deux personnes parallèles, les deux cohabitent dans mes romans.Pourtant, je n'écris pas de pamphlets ou de manifestes; je ne fais pas non plus de prosélytisme politique ou idéologique, je ne dis jamais au lecteur dans quelle voie aller, quoi penser tout est ouvert, et le lecteur intelligent voit le côté critique de mon propos.Au fil des ans, vos prises de position vous ont causé de nombreux problèmes, particulièrement avec les autorités religieuses à la suite de la parution de L’Evangile selon Jésus-Christ.Avez-vous des regrets?Je ne regrette rien de ce que j’ai dit ou écrit publiquement.Dans ma vie personnelle, c’est autre chose, mais en tant qu’écrivain, j’écrirais de nouveau tout ce que j’ai écrit avant aujourd'hui.Mais comme ce serait une perte de temps, je continue à écrire! Croyez-vous que le fait d’avoir obtenu le prix Nobel donne à vos paroles une plus grande portée qu’avant?Évidemment, oui.Tout ce que je dis aujourd’hui, je le disais avant d’avoir le prix, et certaines per sonnes m’écoutaient, plusieurs même.Mais depuis que j’ai ce prix.même si moi je n’ai pas changé, tout le reste a changé.Recevoir ce prix a fait de moi quelqu’un de reconnu, au point où plusieurs pourraient croire que je devrais être prudent dans ce que je dis.Je ne crois pas que le fait d’être écouté doive nous rendre plus prudents.Il y a trop de prudence, de patience dans le monde.Il est temps d’être impatient, que le citoyens qui le désirent deviennent impatients.On ne peut pas continuer à croire ou a faire semblant que l’on vit en plein paradis.Nous sommes responsables: nous devons nous ouvrir à la réalité du monde.Et avec l’âge, de-vient-on de plus en plus responsable?Oui, car à 82 ans, la mort est déjà là.Toute notre vie, la mort s’en vient; cependant, à 82 ans, elle est déjà là.On doit donc profiter le plus possible du temps qu’il nous reste et faire quelque chose.Si Dieu existe et que vous arrivez au ciel, qu’est-ce que vous Lui dites?Tout d’abord, Dieu n’existe pas.Mais je Lui dirais: Vous êtes un imbécile! En supposant que Vous avez créé l’univers et que Vous avez créé l’espèce humaine à Votre image, pourquoi?Cela n’a aucune importance! Dans un univers dont les limites sont maintenant si éloignées, à des milliards d’années-lumière, que signifie donc la Terre?Lorsque le Soleil cessera de brûler, la vie cessera et nous disparaîtrons.Don Quichotte, La Divine Comédie, Sha- kespeare, Léonard de Vinci.Tous les chefs-d’œuvre disparaîtront, mais il n’y aura personne pour s’en rendre compte.Et quand le dernier homme mourra.Dieu mourra aussi, parce qui! n’y aura plus personne pour dire: Dieu.Et Dieu est tout simplement ce nom qu’on Lui donne, rien d’autre.Cela peut sembler terrible, blasphématoire, et pourtant je crois franchement que je suis une bonne personne; simplement, je j’ai plus aucune illusion, sur moi-même ou sur l’espèce humaine.Les religions, qui sont présentes dans beaucoup de mes livres, n’ont jamais servi à rapprocher les hommes les uns des autres.Tuer au nom de Dieu, c’est faire de Dieu un assassin! Et Dieu ne peut pas être un assassin; s’il a créé la vie.Il ne peut la détruire ainsi, être un agent de la mort.C’est cela que je dirais à Dieu.Apres L’avoir traité d’imbécile, je Lui ferais un discours.Vous acceptez la mort; vous en parlez régulièrement dans vos livres, dont celui qui paraîtra dans quelques mois et qui s’intitule Les intermittences de la mort.Que voudriez-vous qu’on retienne de vous après votre mort?On peut croire, lorsqu’on écrit des livres, qu’ils vont rester et avoir des lecteurs dans l’avenir.Cependant, tout tombe dans l’oubli, à un moment ou à un autre.Il y a même une forme d’oubli qui n’est pas un oubli véritable mais qui est une réduction a un nom, un concept Prenons par exemple Homere.Très peu de gens ont véritablement lu YIliade ou Y Odyssée.cependant partout on voit des références a Homere et la plupart des gens connaissent son nom.On ne retient que le nom, l’œuvre disparait Et arrive un moment ou le nom disparaît aussi.J’aimerais simplement qu’on se dise dans le futur que José Saramago, celui qui a écrit tel ou tel livre, a écrit quelque chose de bien, que j’étais un homme bien.•José Saramago, un homme bien-, cela vous conviendrait comme épitaphe?S’il y a une épitaphe qui me conviendrait ce serait: •Ci-git M.Untel, un homme indigné-.Indigné non seulement par la mort, mais aussi par le fait que.depuis que je suis venu au monde en 1922, rien n'a changé.Toutes les conséquences des développements scientifiques, technologiques, sont formidables, mais l’homme, l’être humain, n’a pas changé.La Terre n’est toujours pas un lieu où l'on peut se dire: c’est bien d’être vivant.Quelquefois, oui, dans notre vie personnelle, on peut être heureux, comme moi je suis heureux avec ma femme, par exemple.Mais dans le monde, il y a des millions de personnes qui ne connaîtront jamais un simple petit morceau de bonheur.Elles ne naissent que pour entrer dans la mort.Et la corruption, tout cela.A quoi sert le pouvoir?Qui est-ce qui détient le pouvoir?Et nous, qu’est-ce que nous faisons là-dedans?José Saramago, vous demeurerez un homme indigné jusqu’à la toute fin?Oui, je serai un homme indigné jusqu’au dernier instant «Je ne dis jamais au lecteur dans quelle voie aller, quoi penser; tout est ouvert, et le lecteur intelligent voit le côté critique de mon propos » ÉCHOS Des prix L’écrivain Andreï Makine est le lauréat de la fondation Prince lierre de Monaco.David Camus reçoit (tuant à lui le prix Relay du roman d'évasion pour les Chevaliers du royaume (Laffont).Antoine Cazé remporte le prix Maurice-Edgar Coindreau pour ses traductions de YVtiS B K AUC HEM IN Un saut M dans ie vide soupes eél,estes Nicholson Baker chez Christian Bourgois.- Le Devoir Pensée juive en ligne L’ensemble des fonds des trois principales bibliothèques françaises dTiebnuca, ces ouvrages Yves Beauchemin Charles le téméraire Un saut dans le vide Jacques Savoie Les soupes célestes 280 pages .24,95 S 416 pages • 24,95 $ imprimés en caractères hébreux, et de judaïca, les ouvrages concernant la pensée juive, est désormais accessible en ligne (http:// www.rachelnet.org).-Le Devoir Nouvelles traductions de B.Traven B.Traven, le plus mystérieux des auteurs mexicains, fait l’objet de nouvelles traductions françaises à l’enseigne de La Découverte.Un de ses meilleurs roman, La Révolte des pendus, raconte la sombre histoire d’indiens exploités dans des camps de bûcherons du pays du soleil.Exploités, battus, volés, les Indiens finissent par se révolter pour reproduire, paradoxale ment le système de caste qui les écrase.On pourra lire aussi Le Vaisseau des morts, l'histoire d’un marin qui.trop longtemps abandonné entre les bras d'une putain d’Anvers, voit son bateau partir sans lui.Débute alors une errance à travers l'Europe des sans-grade et des vaincus de l’histoire.Rosa Blanca, troisième roman de Traven repris par La Découverte, est le nom d’une hacienda, propriété d’un Indien, objet de la convoitise de la Condor Oil Company.D’origine américaine, ayant vécu en Allemagne où il fut considéré comme un révolutionnaire, Traven est un des écrivains mexicains les plus énergiques du XXe siècle.- Le Devoir Rosa Blanca TRAVE L existence en elle-même n 'est rien.C est la qualité de notre rêve qui lui donne sa forme.Pierre Chatillon Le château de sable Une vie d'écrivain Les romans de l'été sont chez Fides www.editionsfides.com Jane Urquhart LES AMANTS DE PIERRE FIDES jane Urquhart Les amants de pierre 488 pages • 29.95 $ Pierre Préface de LOUIS CARON LOUIS GAUTHIER Voyage en Inde avec un grand détour Louis Gauthier Voyage en Inde avec un grand détour 2S0 pages .24.95 S «Ce livre est un coffre au trésor.Il y a peu d’exemples, s’il y en a.d’une synthèse aussi complète d’un destin humain accolé à son époque et entretoisé de l’expression littéraire qui en découle.» LOUIS CARON Venez rencontrer PIERRE CHATILLON Jeudi 23 juin de 17 i 19 heures 5219, Côtc-des-Nàges ,métro Cète-des Nagesi .It Les Éditions l David www.tivres-disques.ca/editions david/home (613) 830-3336 l DANS LA POCHE t Eté rime avec densité JOHANNE JARRY La chose semble incontestée, incontestable: l’été, il faut être léger.Alors, côté lectures, grosse promotion de briques pour la plage, des histoires distrayantes (haïssable association) estampillées «évasion garantie».Heureusement, on peut encore choisir.Voici quelques suggestions | de livres avec lesquels échapper à cette épidémie de légèreté.Commençons raide avec Mauvaise pente (Phébus libretto), premier roman de l’écrivain irlandais Keith Ridgway.Une femme, voyant son mari agenouillé sur les Beux où il a happé une jeune fiHe avec sa voiture, décide d’en finir avec cet homme violent Après, elle quitte fa ferme et cherche refuge chez son fils, à Dubfin.Mais l’accueil qu’elle espérait y trouver lui est refusé.Dans ce roman complexe, Keith Ridgway i trace le portrait d’une femme seule, d’une mère dont la douleur est insaisissable.«Elle n’avait pas eu de chambre à elle depuis qu’elle avait quitté son père et sa mère et avec eux sa vie d’enfant, toutes ses petites habitudes d’enfant.Ensuite, plus rien.Rien qui eût jamais été vraimt nt à elle.Qu’avait-elle donc espéré?» Par son souffle et ses thèmes, le roman La Mort du roi Tsongor (Babel), de Laurent Gaudé, rappelle les tragédies grecques.Tsongor est roi de Massaba, un royaume qu’il a conquis en soumettant plusieurs peuplades à sa loi.Katabolonga, dernier rescapé des massacres, lui propose de devenir son serviteur à la condition qu’il puisse un jour le tuer pour venger les siens.Tsongor accepte.«En l’entourant de sa présence, il lui rappelait sans cesse ses crimes et le deuil.Et jamais, ainsi, Tsongor ne pouvait oublier ce qu’il avait fait durant ces vingt années de jeunesse.La guerre était là, dans ce grand corps maigre, qui marchait à ses côtés.Sans rien dire.Et qui pouvait à tout moment lui trancher la gorge.» Les pillages cessent et Tsongor pense à la paix.Mais le mariage de son unique fille ranime la haine entre les hommes.Le cycle infernal des guerres.Pour Tsongor et les siens, la parole est sacrée, et lorsqu’on la donne, il faut t'honorer.D y a des Uvres qu'on aime sans pouvoir dire pourquoi, à l’instinch on les reçoit.Seule la mer (Folio), de l’écrivain israélien Amos Oz, est de ceux-là.Litanie qui entremêle poésie, fragments et trame romanesque, ce texte polyphonique évoque le deuil d’un homme, seul depuis la mort de sa femme et qui espère le retour de son fils.La forme très libre du récit permet une lecture éparpillée; l’histoire ne progresse pas, elle se fragmente, ouvre une porte ici, et puis une autre là-bas.On a l’impression d’écouter quelqu’un parler seul dans la nuit face à la mer, au désert Précision d'éditeur le texte présente plusieurs «références intertextuelles, notamment bibliques».Précision de lectrice: qui peut les repé- rer accède assurément à un autre type de lecture, qui ne les possède pas concentre son attention sur la démarche poétique d'Oz.Quel vœu former lorsqu'une étoile filante traverse le ciel?L’amour l’amour c’est ce que souhaite la narratrice de La vie passe comme une étoile filante: faites un vœu (L'Instant même), un recueil de textes de Diane-Monique Da-viau.Amour trouvé, amour attendu, amour perdu.Ça pourrait être très anecdotique, ça l’est par moments un petit peu.mais il se dégage de l’ensemble de ces fragments amoureux un sentiment d'urgence transparent fragments qui saisissent avec justesse des moments de vie qui nous traversent comme des étoiles filantes, et dont on garde parfois la trace en soi.En 2006, la grande mode, c’est l’art hyperdramatique.Qu’est-ce donc?Les artistes travaillent des modèles vivants (extérieur et intérieur du corps) qui sont ensuite exposés dans des musées, des galeries, œuvres vivantes qu’on achète, qu’on entretient, qu’on revend.Ces toiles sont des femmes qui, pour avoir le privilège d’être l'œuvre de maîtres réputés, se soumettent corps et âme à toutes les épreuves, certaines vont même jusqu’à risquer (et trouver) la mort.Le roman Clara et la pénombre (Babel), de l’écrivain José Carlos So-moza, est une histoire violente, qui remet en question (entre autres) notre rapport aux limites et au pouvoir celles du corps, de Fart, de l’argent Car dans ce négoce artistique humain déshumanisé, il y a beaucoup d’argent en jeu.Dans La Lionne blanche (Points), l’écrivain Henning Man-kell invente un complot contre Nelson Mandela, planifié en Sca-nie (Suède) et en Afrique du Sud en 1992.L’inspecteur Kurt Wallan-der remonte une piste lorsque le doigt tranché d'un homme noir et le corps d’une femme sont découverts au même endroit.Quels liens établir entre les deux?L’enquête menée en Suède est plutôt ordinaire, mais l’action qui se déroule en Afrique du Sud (élaboration du complot, réalité de l’apartheid et complexité politique) est fort bien rendue.Terminons avec Parle-moi (Le livre de poche), un roman très fin de Pascale Roze qui saisit avec une grande justesse le moment où deux sœurs bien différentes se rencontrent vraiment une nuit, en se parlant pour de vrai pour la première fois de leur vie.Lors de cette conversation, un secret de famille est brisé, secret (oublié lequel, d'ailleurs) secondaire car, ce qui compte ici, c’est Frida et Perla qui se parlent, peut-être pour la dernière fois, mais cette parole-là existe maintenant entre eÛes.Collaboratrice du Devoir SOURCE LE SEUIL Henning Mankell «g»] Récits de montagne cclilc-iir Les treize voix de la montagne de ce recueil empruntent des voies distinctes qui provoquent la rêverie du randonneur.La montagne) K à porter Je vc-.W.~ Sous la direction de Hélène Guy et Anne Brigitte Renaud La montagne à portée de voix Récits de montagne 184 p.• XYZ éditeur, 1781.rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2I 3Z1 Téléphone : $*«; 21 70 • Télécopieur ; (^14) 525.7^.37 Courriel: info*?xyzedit qc.cn • www xy/edit.qc ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 J L I N 2 0 0 5 LEflTRES D'ETE Nos choix de romans québécois pour l’été Pikauba, de Gérard Bouchard Nikolski, de Nicolas Dickner A l’orée de la vingtaine, trois personnages à la généalogie floue, reliés entre eux par un mystérieux livre sans couverture, dé- SOURCE ANTOINE TANGUAY Nicolas Dickner barquent à Montreal et s’y frôlent sans jamais vraiment se rencontrer.Avec des phrases à la precision chirurgicale, portées de la première à la dernière page par une ironie assurée, Nicolas Dickner s’offre un premier roman à l’imaginaire débridé et contagieux.Un chassé-croisé aux allures de thriller, fait avec des îles, des livres, des rencontres.Une sorte de Jacques Poulin altermon-dialiste, mêlé d’Amélie Poulain, de Borges léger et de Louis Hamelin «on the road».Assurément l’un des meilleurs romans de l’aimée.NIKOLSKI Nicolas Dickner, Nota Bene, coll.«Alto» Pour sa seconde incursion dans l’univers de la fiction, le sociologue et historien bien connu Gérard Bouchard renoue avec certains des personnages de Mistouk, un premier roman qui avait connu un succès considerable en 2002.A Pikauba, petit village situé non loin de Chicoutimi, Moise-Méo-Léopaul Tremblay-Manigouche.dit Léo le Bâtard (fils métis du Grand Méo, personnage central de Mistouk), fonde une florissante entreprise forestière.Avec hu- mour et verve.Gérard Bouchard raconte, de 1940 jusqu a aujourd'hui.l’histoire du village qui se construit autour de l'exploitation et de ces habitants (extravagants, démesures, bâtisseurs d'avenir) qui ont 4e goût du rèt'e et de la p-lie».Un roman qui explore de façon personnelle et authentique l'utopie du Nouveau Monde.PIKAUBA Gerard Bouchard Boreal JACQUES GRENIER I E DEVOIR Gérard Bouchard Je m’ennuie de Michèle Viroly, de Victor-Lévy Beaulieu Ainsi font-elles toutes, de Clara Ness Etudiante en médecine qui approche de la trentaine, la narratrice du premier roman de Clara Ness cultive la liberté sous toutes ses formes.Entre Paul, son amoureux musicien avec qui elle habite à Montréal, et Luiz S., un écrivain français avec qui elle entretient à distance depuis dix ans une relation «clandestine et absolue», apparaît un jour une jolie libraire nommée Agnès pour qui elle développe une grande passion.Eloge et critique de la femme par une femme, réflexion lucide sur l’amour, le plaisir et la liberté.Ainsi/ont-elles toutes est un poème court et farouchement sollersien dédié à la beauté franche de la vie.Un fracassant bijou de maîtrise, de sensibilité et d’intelligence, écrit par une jeune femme de 22 ans.AINSI FONT-ELLES TOUTES Clara Ness XYZ éditeur La Femme de ma vie, de Francine Noël Neuf ans après la mort de sa mère, Francine Noël remonte le cours de sa relation incontournable et complexe avec la «femme de sa vie».Le portrait d’un être non conformiste et exubérant qui lui a légué le verbe.«Il n’y a pas de récit complet et objectif, écrit-elle.Je n’ai donc pas cherché la vérité, mais à raconter ma mère comme elle se disait et comme je l’entendais se dire.» Entre quête des origines et devoir de mémoire, loin de l’hommage maternel figé et «béatifiant», l’auteure de Maryse et de Myriam première écrit sans fard et sans détours «contre l’envasement de la mort».Un récit bouleversant d’émotion et de vérité.LA FEMME DE MA VIE Francine Noël Leméac Hélène de Champlain, de Nicole Fyfe-Martel Les lecteurs qui s’étaient laissé séduire par les pérégrinations d'Hélène Boullé, alias Mme de Champlain, pourront plonger de nouveau dans le récit de ses aventures passionnées puisque Hélène de Champlain - L’Érable rouge (tome II) arrive en librairie.Forcée par son père d’épouser, à 12 ans, le cartographe Samuel de Champlain, qui, lui, en affiche phis de 40, Hélène s’était pourtant éprise du beau Ludovic lors d’un séjour à ; la campagne.Et, pendant qu’elle poursuivait son rêve de le retrouver, son explorateur d’époux poursuivait son rêve de colonisation dans le , Nouveau Monde.À l’époque où , ^Amérique fait rêver l’Europe, les ’fourrures de la Nouvelle-France caressent déjà la douke France.Dans L’Érable rouge, on retrouve une madame de Champlain en proie à la dépression au retour en terre française après les quatre années qu’elle vient de passer en Nou-veDe-France, et qu'elle fait d’ailleurs renaître dans un cahier secret Puis elle sera de nouveau animée par le désir de reprendre la traversée vers la Nouvelle-France, où elle est persuadée que son amant l’attend sous l'érable rouge.Pour revoir Ludovic Ferras, le pelletier de son coeur, Hélène de Champlain fera un pacte étrange avec elle-même.HÉLÈNE DE CHAMPLAIN, TOME II Nicole Fyfe-Martel HMH U iî H < t *f 9 9 îi n .if il: «.pourrait bien être le meilleur polar québécois de l’année.» La Presse « .fait partie des trouvailles al Txt \nglt Xt lluhirt • Mclrn Mnnl-Rn>al 523-5628 I 1 4|î LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE l l I N 2 O O 5 LECTURES D'ETE ESSAIS QUÉBÉCOIS Le prof Baillargeon et la pensée critique « S Louis Cornellier > nous avwns un vrai système d’éducation, écrit le célèbre linguiste et intellectuel Noam Chomsky, on y donnerait des cours d'autodéfense intellectuelle.» En attendant que ce soit le cas.Normand Baillargeon, profes-s e u r à l’UQAM et militant anarchiste, a choisi de faire sa part Dans un ouvrage à la fois lumineux et amusant intitulé Petit cours d'autodéfense intellectuelle, il nous offre une sorte de boîte à outils du penseur critique qui n’entend pas s’en laisser imposer par les manipulateurs de tout acabit.Nous sommes peut-être plus instruits que nos ancêtres, mais nous ne sommes pas pour autant à l’abri des croyances irrationnelles.Même à l’université, écrit Baillargeon, l'inculture et le charlatanisme fleurissent.La démocratie, pourtant, exige que nous ayons une bonne compréhension du monde dans lequel nous vivons afin de pouvoir agir sur lui dans le sens souhaité.Le langage, les mathématiques, l'expérience personnelle, la science et les médias nous permettent d’avoir accès au monde, mais ils peuvent aussi être ce qui nous trompe.Des outils de pensée critique nous sont donc indispensables pour éviter de nous faire berner ou encore de nous berner nous-mêmes.Au sujet de l’univers linguistique, Baillargeon nous invite donc à distinguer les notions de dénotation et de connotation qui influent sur le sens des messages (dire automobile ou minoune, employés ou associés, ce n’est pas la même affaire), nous incite à la prudence à l’égard de certaines stratégies rhétoriques comme, par exemple, l'accentuation (une phrase telle que «on ne doit pas dire du mal de nos amis» peut changer de sens selon que l'on met l’accent sur l'un ou l’autre des mots qui la composent) .nous introduit à l’art de la définition qui ne se réduit pas à l'usage du dictionnaire et nous présente une très instructive liste de paralogismes (ou sophismes) qui brille par la qualité de ses exemples.L’univers des mathématiques, quant à lui, peut sembler plus compliqué parce qu’on le manipule, consciemment en tout cas, moins quotidiennement.Pourtant, comme le précise Baillargeon, nous ne pouvons nous permettre de l’ignorer, «ne serait-ce que parce que nous sommes constamment bombardés de données chiffrées qu’il nous faut comprendre et évaluer».Aussi, dans un exercice stimulant et salutaire de «mathématiques citoyennes», notre guide nous introduit dans le monde plutôt complexe des probabilités et des statistiques, nous rappelle que corrélation n’est pas causalité et nous offre une très éclairante leçon de lecture de graphiques, le tout afin de nous soustraire au «terrorisme mathématique» qui «consiste à utiliser le prestige des mathématiques dans le but de confondre, tromper ou autrement embrouiller les gens à qui l’on s’adresse».Les explications du professeur, souvent comiques, ont pour effet de faire tomber les écailles de nos yeux.Brillant petit cours d’épistémologie en accéléré, les sections sur l’expérience personnelle et la science expérimentale sont peut-être celles qui risquent d’ébranler le plus fortement les abonnés du sens commun ou, pire encore parce que plus insignifiant, du gros bon sens.La perception de petit cours d'autodéfense intellectuelle la réalité — et non la realite elle-même — «est une construction».precise le professeur.Aussi, ce que l'on tient pour vrai parce qu'on l’a perçu, juge ou parce qu'on s'en sourient, peut être affecte par une foule de biais qui tiennent à nos schémas mentaux préalables.Aussi, la prudence est de mise, de même qu’une connaissance au moins rudimentaire des méthodes de validation de la science expérimentale dont Baillargeon nous offre un aperçu.Connaître le monde, enfin, c’est aussi fréquenter les médias d’information.Souvent, on le sait, ceux-ci manquent à leur noble mission d’être des instruments démocratiques en se vautrant dans le seul divertissement.Pis encore, ils se prêteraient de plus en plus souvent à une «fonction de propagande et d’occultation du réel».Nous en avons pourtant besoin et il faut les lire, mais une pensée critique à leur égard doit tenir compte des cinq filtres qui influencent leur production: leur taille et appartenance, leur dépendance à la publicité, leur dépendance à certaines sources officielles, les critiques que les puissants leur réservent afin de les discipliner et un anticommunisme de principe.Sachant cela, grâce à Herman et Chomsky auxquels Baillargeon emprunte cette grille, nous voilà mieux équipés pour décoder cet univers qui nous donne, chaque jour, le monde à sa façon et qu'il importe de fréquenter, bien sûr, mais avec les précautions sommes peut-être plus instruits que nos ancêtres, mais nous ne sommes pas pour autant à l’abri des croyances irrationnelles propres au penseur critique.Comme l’écrivait le regretté Cari Sagan que cite Baillargeon.il s'agit de trouver «un délicat équilibré entre les deux tendances: celle qui nous pousse à scruter de manière inlassablement sceptique toutes les hypothèses qui nous sont soumises et celle qui nous invite à garder une grande ouverture uicr idées nouvelles».N’ètre que sceptique équivaut à une prétentieuse fenneture d’esprit.N'ètre qu’ouvert équivaut à s'égarer dans la crédulité et le relativisme.Avec ce réjouissant et instructif Petit cours d'autodéfense intellectuelle, le prof et citoyen Normand Baillargeon fait la preuve qu’une saine curiosité à l’égard des croyances et des connaissances qui s'offrent à nous doit toujours s’accompagner d'une solide dose de pensée critique et rationnelle pour contribuer à l'indispensable construction de la vraie démocratie, qui ne saurait se fonder sur la bêtise et l’ignorance.Vulgarisateur hors pair qui a une haute conception de la pédagogie citoyenne et militante, Normand Baillargeon sait être convivial sans jamais tomber dans la facilité et sans mépriser l’intelligence de ceux à qui il s’adresse, c’est-à-dire sans la sous ou la surestimer.Maître de l’anecdote éclairante, de même que des exemples parlants et pertinents, il nous offre ici le beau spectacle d'une intelligence qui sait quelle gagne à être partagée à hauteur d'homme.Collaborateur du Devoir louiscornellieria'parroinfo.net PETIT COURS D’AUTODÉFENSE INTELLECTUELLE Normand Baillargeon Illustrations de Charb lux Montréal, 2005,344 pages “Éblouissante Louise Erdrich.” Le Magazine Littéraire 44 Somptueux recpiiem, cantate pour cœurs blessés , flamboyant et incroyablement sensuel.Lire Margaret Atwood Le dernier homme I|-!q Rol>eri La0btrt PAVILLONS Albin Michel Entre Orange mécanique et Le Meilleur des mondes, un chef-d œuvre d’anticipation.« Margaret Atwood au sommet de son art.L'intelligence du propos saisit, I humour cynique provoque de noirs sourires et la langue foisonnante donne au livre ses lettres de noblesse.» Baptiste t iger.Lire Robert Laffont N '•Tft/MiUfcie.ûoêUMS qo< Afcir, QOifaMbï OiTfSfUTbr (A DêSôNÉ fbm>TQoâ4oU'i 0£flfcSi6oui TMatëiW îAiAifB- SOURIT I UX J Illustration de Chab pour le Petit cours d’autodéfense intellectuelle, de Normand Baillargeon.Québec Amérique félicite Jean-Claude Corbeil I NOMME OFFICIER DE L’ORDRE NATIONAL DU QUÉBEC /tour le caractère exceptionnel de ses réalisations et de sa contribution à l'épanouissement du Québec.En collaboration avec Ariane Archambault, Jean-Claude Corbeil a créé le Dictionnaire Visuel, un ouvrage novateur diffusé internationalement, traduit en 26 langues, le plus important succès d'édition du Québec.Félicitations à Pierre Duchesne PRIX RICHARD-ARÈS 2004 Catégorie essai (Jacques l'anzeau.tome III, le Récent.I9H5-1995) Les deux premiers tomes {Le Croisé et Le Baron) nous ont révélé un biographe hors du commun Le Régent vient clore spectaculairement cette enquête à laquelle Pierre Duchesne aura consacré sept ans de sa vie.« S’il est un mérite que les trois livres de Pierre Duchesne ont en commun, c'est de démontrer que Jacques Rameau n'est pas homme à s’en laisser imposer.Quel souffle ce Duchesne! Et quel courage!» Michel Vaste!, Le Soleil QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com Ê m F 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI I ET D I M A X C H E 19 J U I X 2 0 0 5 ÆCTTKES D'ETE Quatre essais pour l’été Serge Cantin Robert Melançon Qu'est-ce qu’un classique québécois?LOUIS CORNELLIER Pour les partisans de la thèse du «cerveau à off» durant l'été, notre petit palmarès de la semaine dernière, qui invitait les vacanciers à lire les essais récemment publiés de Normand Baillar-geon, Jacques Beauchemin, Hubert Reeves, Mathias Brunet et Louis Fréchette, constitue déjà un programme trop chargé.Pour les autres, qu’on présume être majoritaires dans les rangs des lecteurs du Devoir, il reste évidemment insuffisant et attend d’être enrichi.Voici quelques titres en ce sens.¦ On parlera beaucoup du PQ, cet été, et de son futur chef.LES AMIS D'EMMA Roman Le livre phOTomène qui a déjà fait rire et pleurer des centaines de milliers de lecteurs ^1 «Imagine/ une sorte Je Fi fi brin d'acier adulte à la sauce Bougon qu'auraient revisitée Amélie Nothomb et Boris Vian.» Hic Québec PHOTO RENK MATHIEU Quelles devraient être ses qualités?Quelle attitude devra-t-il privilégier dans le débat à finir sur la question nationale et sur une éventuelle stratégie référendaire?Pour dépasser les lieux communs Claudia Schreiber Claude Gingras et les analyses superficielles que ne manqueront pas de susciter ces discussions, les lecteurs que la chose intéresse pourront lire Redonner sens à l’indépendance (VLB), un recueil d’essais rédigés par onze intellectuels pour la souveraineté (IPSO).Ils y retrouveront les brillantes analyses d’un Jacques Beauchemin qui cherchent à concilier la mémoire cana-dienne-française avec l’esprit d’un Québec pluraliste, l’argumentaire souverainiste très actuel d’un Michel Venne, les critiques sévères d’un Serge Cantin à l’égard d’un certain souverainisme mou et les nuances d’un Michel Seymour, qui craint les effets pervers de ce type de radicalisation indépendantiste.Une lecture qui contribue à relever le débat ¦ Pour se changer les idées, les mêmes, ou d’autres, trouveront profit à se plonger dans l’excellent La Mémoire du désir (Typo), de Michel Dorais.Exploration à saveur multidisciplinaire de l’univers du désir et du fantasme, cet essai d’un rare raffinement évite tous les pièges (dont celui du psychologisme gnangnan) propres à ce genre de projet et parvient à conjuguer l’esprit scientifique avec le respect de l’insondable mystère de la psyché humaine.Une sorte de classique du genre.¦ Mais qu’est-ce, justement, qu’un classique et quelles œuvres québécoises peuvent prétendre à ce statut?Dans un petit essai-conférence intitulé Qu’est-ce qu’un classique québécois?(Fides & PUM) et dont la lecture ne vous volera que quelques heures de votre précieux temps estival, le professeur Robert Melançon réfléchit avec un certain brio à ces questions qui interrogent gravement la valeur de notre culture et de notre littérature.Un peu timoré &&&•$ G .Cè.V.VÆ'-ÆA A* LVVS.V.V.V.S Michel Dorais à l’heure de dresser la liste de «os classiques, Melançon a au moins l’important mérite de nous fournir des critères d’évaluation indispensables à une saine discussion.Un ouvrage bref mais dense, à même de susciter de passionnants débats.¦ Dans le même genre, c’est-à-dire celui de l’essai-conférence qui brille par ses qualités synthé-tiques, on trouve aussi Eloge de l’homo techno-logicus (Fides) de l’historien des sciences Yves Gin-gras.Ouvrage provocateur qui propose «un éloge de la technologie et de l’artifice», ce petit essai SOURCE JOSEE LAMBERT montre que la nature de l’homme est, en fait, une contre-nature et que ses réalisations technologiques sont une manifestation de la rationalité en acte.A partir de quels critères, alors, pourrait-on s’y opposer et faut-il même le faire?Voilà une réflexion qui bouscule le romantique qui dort en chacun de nous et que les charmes naturels de l’été, souvent, réveillent De tout cela, évidemment, les «cerveaux à off» n’ont cure.Tant pis pour eux.Collaborateur du Devoir Le magazine sur plaisir de lire sPé ,a! dété LIRE À L’AIR LIBRE! LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d’art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.Les Éditions du Noroît lancent une nouvelle collection www.entrelesl ignés.ca ISRAIR1ES DU QUÉBEC Cette collection propose une rencontre entre un écrivain et un lieu.Autant d'écrivains et de lieux exigeant leurs propres histoires.Chaque ouvrage sera également un parcours photographique.Alain Médam Ils passent la Main Photographie» de Yves Médam Félicitations aux auteurs des livres préférés des jeunes Palmarès Communication- Jeunesse 2004-2005 Noémie 13 - Vendredi 13 Gilles Tibo Les Idées noires d'Amélie Blanche - Roger Des Roches L'Effet Zaza ! Louise Champagne Premier voyage pour Momo de Sinro - François Barcelo La Chute du corbeau Anique Poitras Marie Quatdoigts « les Idées noires d'Amélie Blanche ^ ROGtft DCS tOCHCS Le Grand Vertige Martine Latulippe L’Effet Zaza! Phlmiui voyag# eouit Momo « Sinro Aniquv ftâtras Ij Chute Un corbeau f Le Grand Vertige BT** U»|U(rt»Pf •» QUÉBEC AMÉRIQUE Livre préféré des 6-9 ans Livre préféré des 9-12 ans Livre préféré des 9-12 ans Livre préféré des 9-12 ans Livre préféré des 12-17 ans Livre préféré des 12-17 ans i 1 LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JUIN 200 5 F 11 LECTI RES D'ETE Voyage en bref À la découverte de Saint-Ex L’écrivain et aventurier Antoine de Saint-Exupéry appartient a la légende de la littérature.Son œuvre demeure une des plus fréquentées au monde.Dans les malles-cabines de sa femme, on a retrouvé les trésors d'un amour lettres, dessins, papiers, photographies, aquarelles, carnets de croquis, manuscrits.Alain Vir-condelet et José Martinez Fruc-tuoso présentent ces documents dans Antoine et Consuelo de Saint-Exupéry, un amour de légende (Les Arènes éditeurs).On y rencontre, en images et en textes, les trois passions de l’écrivain: la littérature, les femmes, l’aviation.- Le Devoir Saveurs du Vietnam Petite incursion dans le savoureux univers de la bouffe vietnamienne.En 50 recettes, Jean-Louis André, en collaboration avec Didier Corlou, chef cuisinier au chic hôtel Métropole d’Hanoi, propose de nous faire découvrir le pays de l’oncle Ho (Chi Minh, s'entend) à travers sa gastronomie et les visages qui la font vivre.Un bouquin qui se déguste lentement, au gré des recettes de riz gluant au lait et lotus caramélisé ou de dorade à la citronnelle, et des nombreuses photos, signées Jean-François Mallet, qui témoigne des transformations majeures que connaît aujourd’hui ce coin de pays.Le Vrai Goût du Vietnam, de Jean-Louis André et Jean-François Mallet, aux éditions de la Martinière.- Le Devoir René Derouin Ce livre abondamment illustré fait le bilan d’une carrière qui s’étend sur un demi-siècle.René Derouin est un important artiste du Québec fasciné par l’américanité, S JpSi DEROUIN Manon Reüimuald • œwxf*.SOURCE LES ARÈNES Saint Exupéry devant l’épave du Simoun dans le désert.Après 19 heures et J 8 minutes, l’Avion s’est écrasé à la frontière de la Lybie et de TEgypte.les territoires, les frontières, le Nord et le Sud, les lieux de passage et de mémoire, le Québec et le Mexique, le monde et la terre.Il aime marcher, flâner, pénétrer le paysage.11 aime brouiller les limites et explorer les marges.«Derouin est un géoartiste, un artiste de la Terre, écrit le géographe Henri Dorion dans la préface.Il en décline les formes, les rythmes, les fractures et les continuités.R en illustre la cohérence et la diversité.R la parcourt horizontalement et l'ausculte verticalement.Ainsi, il a fait à la fois œuvre de géographe et de géologue.» En chemin avec René Derouin, de Manon Régimbald, en collaboration avec Montserrat Gali Boadella et publié à l’Hexagone - Le Devoir Les Laurentides en photos Près de 200 photos d’archives consacrées à la vie d’une région parmi les plus populaires du Québec: les Laurentide.s.Voilà ce que proposent les Editons Wt'+ GID avec Les Laurentides, la belle randonnée, un album signé Jean-Pierre Bourdeau qui permet de mieux comprendre par l’image l’histoire d’une région.Même s’il s’agit d’un travail pré cieux, dans la mesure où il fait connaître de belle façon la petite histoire locale, il faut regretter que l’impression des photos, des documents magnifiques, soit de faible qualité.- Le Devoir Biographie d’un fleuve CAROLINE MONTPETIT histoire commence avec le r Saint-Laurent», dit Iq légende d’une photo du livre À la ^couverte du Saint-Laurent, de Jéan Gagné.Et cette histoire est dô vrai plaisir à découvrir au fil des pages de ce précieux livre ri-qhement illustré et documenté.• Le sujet est de taille.Le fleuve a abreuvé, nourri, transporté des centaines de générations d’Amé rindiens avant l'arrivée des Blancs et a maintenu sa vocation après l’arrivée des colons.Jean Gagné, qui a travaillé sous l’égide des Amis de la vallée du Saint-Laurent, l’a abordé par petites capsules truffées d’anecdotes et parcourant avec nous la biographie d’un fleuve d’hier à aujourd’hui.La première partie remonte donc le cours de l’histoire jusqu’aux cassures tectoniques qui ont creusé le lit d’un des plus vieux fleuves du monde, entre les Laurentides précambriennes et les Appalaches.Cela ne fait pourtant qu’un peu moins de 10 000 ans que la mer de Champlain s’est Retirée pour dévoiler la plaine du Saint-Laurent que l’on connait aujourd’hui.Viennent les autochtones, puis les Vikings, puis diffé rents explorateurs européens ayant la Nouvelle-France de Carier et de Champlain.Lieu de asport par excellence, le fleuve nt-Laurent n’a suscité de véri- J» an fiagrié À la découverte du Saint-Laurent table prise de conscience environnementale qu’au XX' siècle, alors que l’on entreprend d’évaluer sa santé et de le débarrasser de ses contaminants.Suit un voyage, dans le temps et l’espace, qui part de Montréal vers Québec.On y survole l’archipel du lac Saint-Pierre et les 400 espèces d’oiseaux qui y sont observées, Trois-Rivières, ancienne capitale mondiale du papier, Cap-Rouge et Saint-Nicolas.On se rendra ensuite à Saint-Jean-Port-Joli, en passant par l’île aux Grues et la Grosse-Île, qui accueillait les immigrants venus d'ailleurs et mis en quarantaine avant d’entrer au pays, pour combattre les épidémies de choléra.On se risque ensuite dans l’embouchure du Saguenay, puis au large des Escou- mins, où les Basques pêchaient déjà, au XVI' siècle, la morue et la baleine franche.On remonte ensuite plus au nord encore, vers Blanc-Sablon.Entre Godbout et Blanc-Sablon se trouvait autrefois le «bout-du-bout», ce territoire essentiellement autochtone jusqu’au début du XK' siècle.La liste des rivières à saumon qui se trouvent dans la région est impressionnante! Un seul et même chapitre regroupe le Bas-Saint-Laurent et la Haute-Gaspésie, de Kamouraska à Sainte-Anne-des-Monts.En 1634, le père Lejeune, qui séjourne à Kamouraska, visite une île qui s’appelle Ca chibariouachcate.«Nous la pourrions nommer l’Isle aux Oyes blanches, car J’y en vis plus de mille en une bande», écrivait-il alors.Enfin, la Gaspésie et les îles de la Madeleine ouvrent l’horizon sur le vaste large, que l’on peut scruter du haut de mille phares, surplombant des paysages époustouflants.Un livre que l’on entame comme un séjour au pays des ancêtres, sur un territoire sans cesse à redécouvrir.Le Devoir À LA DÉCOUVERTE DU SAINT-LAURENT Jean Gagné Editions de l’Homme Montréal, 2005,339 pages Michel Dufour L’inconnu dans la voiture rouge 17,95 $, 131 pages Je retourne fréquemment dans l’arrière-nuit.Là, emporté par la musique, je me sens léger.Lmsîant même L Vincent Engel alias Baptiste Morgan L'art de la fuite 24.95 S.228 pages La mort est le seul événement qn ils attendent encore.Celle des autres, surtout.Lins tant même NOUVELLES ROMANS ESSAIS Lectures de vacances Et si on se retrouv@it Julie LXtrocher et Charles Faquin 176 pages- 22,95 $ Et si on se retrouvait, une histoire écrite à quatre mains, à la fois moderne et romantique, qui donne envie de dire : « Vive la vie ! ».La suite de Et si on se rencontrai! Eva Lucie Pagé 4ôt> pages - 29,95 $ » Une formidable leçon d’histoire, portée par une passion brûlante, qui se lit d’un seul souffle ».Châtelaine, juin 2005.BFRNADETTF RENAUD Les chemins d’Eve tome 3 Bernadette Renaud 327 pages - 24,95 $ Une «saga-chroniques» du Québec contemporain avec, en toile de tond, la brutale réalité économique des années 80, l’arrivée du sida et la dislocation des modèles familiaux.Une œuvre-miroir qui reflète l’expérience des femmes contemporaines de la Révolution tranquille à nos jours.Mon beau Far West Jean O’Neil 240 pages - 24,95 $ Lire O’Neil, c’est un dessert.Comment le situer pour les malheureux qui ne l’ont jamais lu ! Disons que c’est du Foglia à son meilleur, mais en mieux.En beaucoup mieux.» Didier Fessou, Le Soleil, 24 avril 2005.A paraître cet automne Montréal by foot, IJHMS MON ar un si beau matin Par un si beau matin Denis Monette 416 pages - 24,95 $ Jean O'Neil Mon beau Far VVesl Par un si beau matin, un autre beau rendez-vous avec l’un des plus grands romanciers du Québec.Douce moitié Matthieu Simard 208 pages - 14,95 $ Un demi-roman, mais une histoire au complet.Une histoire d’amour et de demande de mariage vécue avec humour, émotion et.une pointe de drame sans laquelle la vie ne vaudrait pas la peine et le plaisir d’être vécue.Fascination Patrice Dansereau 160 pages - 19,95 $ « Luxure, envie et le péché de la chair sont au cœur de La Fascination.Excitant.A lire au bord de la piscine.» Karine Projean, CHOQ.FM, 9 juin 2005.Cousine de personne Isabelle Gaumont 184 pages - 19,95 $ Cousine de personne « Ce roman d’Isabelle Gaumont est écrit d’un ton très personnel.L’écriture est incisive, tranchante.Elle ne pardonne pas.Cousine de personne s’avère un petit bouquin délicieux dont il ne faut absolument pas se passer.» Karine Projean, CHOQ.FM, 8 juin 2005.312, Ontario est Robert W.Brisebois 272 pages - 24,95 $ Le 312, Ontario Est, c’est d’abord une adresse.Une adresse qui a servi de prétexte à une histoire de gardien de bicyclette.Stanké 9 0UMC0* WdX* Urret Expression *» OlfKCO» MfDIA En vente partout «» QQ8KOI MU)1A l F 12 LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 JUIN 2005 LECTURES D’ETE ^ ^ itt r-csdt^ïncnt- Inavouables secrets de Chrystine Brouillet MARIE CLAUDE MIRANDETTE Chrystine Brouillet, écrivain populaire et vedette du petit écran, n’a plus guere besoin de présentation.Toute une génération d’enfants a en effet grandi au rythme des ^ventures qu’elle a fqit pa-raitre, entre autres, aux Editions de la Courte Echelle, sans compter les romans policiers, pour adultes ceux-là, de la série Maud Graham.Avec Rouge peer et, l’auteur entame une nouvelle série policière aux Editions du Boréal Cette série est consacrée cette fois aux enquêtes de Frédéric F ontaine.Rouge secret tourne essentiellement autour du personnage d'Irène PouBot, une jeune femme de 18 ans a l’orée de cette aventure dont l’intrigue débute en 1956 pour se conclure presque 20 ans plus tard, en 1975.Amoureuse folle d’une petite frappe prénommée Bobby, Irène, secrète, introvertie et dont le père, Georges PoulioL est décédé lors d’un étrange accident de voiture quelques années auparavant, accepte de conduire la voiture qui servira à perpétrer un vol par effraction dans une résidence cossue de Sainte-Foy.Malheureusement pour les tourtereaux, l’affaire tourne mal quand le propriétaire, le juge Casgrain, surprend Bobby la main dans le sac.Irène est envoyée à la maison de correction Notre-Dame-de-la-Garde de Cap-Rouge tandis que Bobby prend le chemin d’Orsainville.C’est là que Bernard Nadeau, homme d’affaires en vue maladivement attiré par la beauté juvénile et androgyne de la blonde adolescente, la «recrute», en même temps qu’une certaine Guylaine, pour travailler pour sa compagnie d’articles de sports.lentement se tisse entre les deux une étrange relation qui mutera en aventure sexuelle puis en mariage de convenance.Ce qui n’empêche pas Nadeau de continuer à consommer les très jeunes filles, surtout lors de ses voyages d’af-faires en Thaïlande et au Mexique.Et Irène de n’éprouver aucun sentiment digne de ce nom pour cet homme froid et de plus en plus cruel.Meurtre et lecture Après le meurtre sauvage et inexpliqué de Guylaine, Irène quitte son emploi pour se réfugier dans ses rares passions, la lecture et la peinture, et assumer son rôle d’épouse modèle.Les affaires de Nadeau prospèrent et bientôt le couple a une petite fille, Jeanne.C’est à ce moment que le hasard lui fait croiser la route du policier Frédéric Fontaine, dont le père, Marc Fontaine, était un flic corrompu, qu’il a conspué jusqu’à le pousser dans l’escalier, le rendant impotent Ce même Marc Fontaine qui avait assassiné, sous les yeux ahuris de son fils Frédéric, un certain Georges Fouliot quelques années auparavant en précipitant sa voiture dans un ravin, simulant ainsi un accident de la route.Voilà pour l’essentiel de la trame narrative de cette histoire, qui relève nettement plus du roman psychologique que du polar, malgré le titre de la collection dans laquelle il paraît Brouillet, en écrivain de métier, fait montre d’un certain talent de conteur; et tant qu’on se laisse porter par cette vague rassurante, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.Mais quand on y regarde de plus près.Construction L’une des lacunes de ce livre, et plus généralement de cet auteur, c’est que ses récits sont trop construits, trop bien huilés, au point de s’avérer ultra prévisibles.D’entrée de jeu, le lecteur sait que les chemins de Fontaine et de Pouliot se croiseront (ce qui prend quand même plus d’une centaine de pages à se produire!), que le passé reviendra hanter l’existence d’Irène et que son mari, jaloux, pédophile et bientôt meurtrier Oe passage de l’un à l’autre n’est pas du tout convaincant!), la prendra lentement mais sûrement au piège de sa toile d’araignée.Rapide- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Chrystine Brouillet menfi la trame policière, cousue de fil blanc, est reléguée au second rang, et le lecteur comprend que l’essentiel du récit repose ailleurs: dans la psychologie des personnages et dans leurs interactions.Malheureusement, cet aspect du récit n’est guère plus convaincant que l’intrigue policière.Le comportement d’Irène est d’une inconstance crasse (elle s’avère une artiste de plus en plus affirmée et déterminée, ce qui ne l’empêche pas de suivre son mari, lequel a avoué ses «crimes» à sa sortie de prison!) auquel répond comme en écho l’incompétence de Fontaine, qui prend quelque sept ans à résoudre une affaire somme toute simple pour laquelle il dispose de deux témoins près de craquer.Bref, ce nouveau roman s'avère indigne de l’indéniable talent dont Brouillet a fait preuve dans Le Collectionneur, qui demeure à ce jour son titre le plus achevé.A la lecture se dégage en effet l’impression que le travail éditorial, pourtant essentiel pour peaufiner quelque écrit que ce soif est ici lacunaire.Le lecteur a le sentiment d'avoir entre les mains une ébauche, intéressante certes, mais néanmoins une ébauche d’un roman en gestation.L’ensemble aurait mérité plus d’attention afin d’être resserré (notamment toute la partie en prison, qui s’étire trop) mais aussi afin d’éviter les erreurs historiques qui agacent Irène ne mentionne-t-elle pas la fascination de sa mère pour l'irrésistible voix de Jean Coutu dans le radio-roman?Pourtant, l’action se déroule entre 1956 et 1960 et ce classique québécois est diffusé depuis 1954 au petit écran plutôt qu’à la radio! On apprend aussi qu’Irène, vendeuse de chaussures à temps partiel, a acheté pour elle et sa mère un téléviseur, ce qui est pour le moins surprenant compte tenu du prix prohibitif de ce genre d’appareil à l'époque, soit entre 300 et 1000 $! Dommage, car il y a d'habiles descriptions et de beaux passages qui méritaient d’être mieux entourés.Collaboratrice du Devoir ROUGE SECRET Chrystine Brouillet Boréal, coll.«Polar» Montréal, 2005,503 pages Pour vacanciers en quête d’émotions fortes MARIE CLAUDE MIRANDETTE Deux semaines à la plage ou au chalet?Rien de mieux pour se vautrer dans une pile de polars bien juteux et s’en délecter jusqu'à plus soif en sirotant une sangria frappée! Rien que d’y penser, ça fait saliver.Pour vous aider à bien vous évader dans le vice des autres, quelques suggestions parmi les nombreux titres parus au cours des derniers mois.les fans de Dan Brown peuvent se le tenir pour dit: Rita Monaldi et Francesco Sorti concoctent, depuis quelques années, des polars historico-religieux bien mieux ficelés et bien mieux documentés que le dandy amerloque de la Nouvelle-Angleterre! Dans Secre-tum, second volume d’une série de sept (Plon) dont l’action se dé roule à la cour des grands de ce monde et des papes fin XVIF, dé but XVHF siècle, on retrouve tous les ingrédients d’un bon thriller historique: le mariage du neveu du cardinal Scarpa auquel sont conviés les membres des plus grandes familles italiennes et des principales cours d'Flurope.Au sein de cette fête qui tourne mal, Atto Melani, ancien castrat devenu espion de Louis XTV, est poignardé par un mendiant.Mais cette fastueuse fête est surtout pré texte à de bien plus importants desseins, alors que Scarpa use de ruse et de stratège pour tenter d'influencer l'élection du prochain pape et la succession d'Espagne, rien de moins! Sueurs froides et délectation perverse garanties! La littérature est au cœur de l’intrigue du très sympathique roman de Ian Caldwell et Dustin Thomason, La Règle de quatre, paru chez Michel Lafon.Un chefd’œuvre de la Renaissance: Le Songe de Poli-phüe, ouvrage de 1499 écrit en cinq langues et orné de gravures érotiques, semble porter avec lui la mort et le malheur.Deux jeunes étudiants de l'Université de Princeton s’y intéressent et découvrent l’histoire d’un prince du Quattrocento et d’une crypte secrète recelant des trésors inouïs.Un mélange plutôt réussi des Mille et une nuits et de Donna Tartt (Le Maître des illusions).Sympathiques et joyeux! C'est ainsi que l'on pourrait qualifier les deux fifres suivants, qui partagent une trame similaire: utiliser une légende du passé comme moteur d'une série d’enquêtes.Dans Le Mystère de la chambre obscure (NIL), clin d'œil avoué au Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux.Guillaume Prévost fait revivre le Paris de l'Exposition universelle de 1855, alors que le jeune Jules Verne, 27 ans.enquête sur une étrange affaire: l'assassinat par balle d'un célèbre spirite anglais dont le corps sans vie jouxtait le couvercle d'un appareil photographique! Une chouette balade dans le Paris du XIX' siècle, entre les boulevards de Haussmann et les bas-fonds des faubourgs, qui ravivera l’amateur de Verne qui sommeille en chacun de nous! De son côté.l’Américain Daniel Klein fait paraître chez Pygmal-lion un nouvel épisode de la sérié El vis Presley détective, où le King de Memphis mène de nouveau l’enquête dans Elvis mène l'enquè-te.Le sensuel chanteur à la noire tignasse, qui sort à peine du tournage de Salut les cousins où il tient, rappelons-le.les deux rôles principaux, sans compter une torride liaison hautement médiatisée avec l’actrice Ann-Margret, est contacté par un ancien camarade emprisonné qui prétend avoir été accusé à tort du meurtre d’une starlette.Avec l’aide d’un avocat sans envergure, d’un médecin mexicain en avance sur son epoque et d’un journaliste du L4 Times désabusé, le King remonte jusqu'au cœur de la Babylone moderne: Hollywood.Ça changera les amateurs de «nouvelles artistiques» A'Entertainment Tonight et d’Access Hollywood.Pour les réfractaires aux auteurs peu connus, une valeur sûre: le nouveau Patricia Cornwell, Signe suspect (Flammarion/Québec), marque le retour de Kay Scarpetta à Richmond.Elle constate que celui qui Ta remplacé à titre de médecin légiste lorsqu’elle a quitté la Virginie pour s’installer en Floride est en fait un total incompétent et quelle va devoir réparer les pots cassés, les amateurs de Cornwell seront ravis.Pour terminer, un roman noir: La Ligne de sang de DOA (Fleuve Noir) démarré avec un simple accident de circulation au cours duquel Pierre Grieux, antiquaire à Lyon, est blessé et entre dans un coma dont il ne semble plus vouloir sortir, sinon pour pousser des cris de délire incompréhensibles.Priscilla Mer, jeune et jolie lieutenante de police, et Marc Launay, du SRPJ Lyon, tentent de comprendre de quoi U en retourne en enquêtant sur cet homme anormalement discret et dont la seule amie connue est une certaine Madelaine.sa fiancée.Au cœur du temps qui fuit, on ne sait où mènera la mince ligne rouge qui s’esquisse lentement entre ces quatre personnages.Habilement ficelé.Collaboratrice du Dei'oir Pour les réfractaires aux auteurs peu connus, une valeur sûre: le nouveau Patricia Cornwell, Signe suspect nyyca^cj\A-c Marie-Claire BLAIS « Marie-Claire Blais, avec cette foisonnante trilogie, persiste et signe une magistrale plongée à l’intérieur du présent, au cœur de son temps.» Robert Lévesque, Ici __ Roman, 304 pages • 25,95 $ Gérard BOUCHARD ((Pikauba, la suite du premier roman écrit par l’historien Gérard Bouchard, est une œuvre magistrale.» Bertrand Tremblay, Le Quotidien Roman, 576 pages • 29,95 $ Louise DESJARDINS « So long est une chanson douce sur le thème du vieillissement, et une réflexion lucide sur ces familles éclatées, recomposées, éparpillées, que l’auteur dépeint avec sensibilité et justesse.*** 1/2» Marie-Claude Fortin, La Presse Roman, 168 pages • 19,95 $ s © Christiane FRENETTE «Écrit dans un style minimaliste et avec une puissance d’évocation rare, Après la nuit mge sonne admirablement juste.» Suzanne Giguère, Le Devoir Roman, 176 pages • 19,95 $ Louis LEFEBVRE «On entre dans ce livre comme dans un paysage de l’Italie éternelle, on en sort avec le goût de revoir cette terre.» Réginald Martel, La Presse Roman, 274 pages • 22,95 $ « Gilles MARCOTTE «Il y a dans ces pages très sobres un travail de peintre et de musicien qui reflète assez bien la vaste culture de l’auteur.***» Réginald Martel, La Presse Roman, 224 pages • 21,95 $ Yvon RIVARD «Tout, absolument tout dans LeSièc/e de Jeanne est à fleur de peau.C’est lyrique, tragique.Et vrai.» Danielle Laurin, Le Soleil Roman, 408 pages • 27,95 $ Miriam TOEWS É « 3 .S’ É ï Prix du Gouverneur général 2004 «Un roman poignant bouleversant écrit à la pointe de l’humour ravageur et désespéré.**** » Marie-Claude Fortin, La Presse Roman, Traduit de l’anglais (Canada) par Lori Saint-Martin et Paul Gagné 360 pages • 25,95 $ < « TJ v.5 « M ’ü G0 Edwidge DANTICAT «Un livre majeur.émouvant fort bien écrit qui permet de comprendre le drame haitien.» Chantal Jolis, Indicatif présent, Radio-Canada Roman 286 pages • 24,95 S Boréal www.editjonsboreal.qc.ca
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