Le devoir, 25 juin 2005, Cahier C
LE D E V 0 I R .-L E S S A M E D AMÉRIQUE DU SUD Hilario s’interroge sur son gouvernement Page C 2 I**- t# # ^ % % v 2 6 JUIN D I M A N 2 O O à IDEES Jean-Paul Sartre : référence obligée ou mauvais maître ?Page C 5 • PERSPECT VES La course à la chefferie est engagée PQ : que le meilleur gagne ! Le mode de scrutin retenu pourrait réserver des surprises S Sis*’ Ml WÊ *.ROBERTO SCHMIDT AGENCE FRANCE PRESSE CT >- Æ m.a «S,,: mm sa» ROBERT DUTRISAC Québec — Les principaux candidats dans la course à la direction du Parti québécois ont aeja des agendas bien remplis pour tout l’été.Ils ont même commencé à se croiser fortuitement sur le terrain.En fin de journée jeudi, Pauline Marois et Richard Legendre ont participé à la même activité de recrutement du PQ devant la statue de René Lévesque sur la colline parlementaire sans savoir qu’ils y seraient ensemble.Autre signe que la course à la succession de Bernard Landry est bel et bien amorcée: jeudi, Richard Legendre a diffusé sur le fil de presse les activités qu'il avait inscrites à son agenda pour les 23 et 24 juin, un peu conune le font les premiers ministres ou encore les chefs de parti en campagne électorale.Pauline Marois fera de même sous peu, dit-on dans son organisation, et on peut croire qu'André Boisclair s’y mettra lui aussi.Les trois candidats feront une tournée du Québec cet été.En parcourant leur emploi du temps, on pourra connaître tout ce que le Québec compte de festivals d’été et d’épluchettes de blé d’Inde.C’est dans les nuances qu’il faut trouver des différences dans les idées des trois candidats issus de la députation.Tous les trois doivent composer avec le carcan du nouveau programme de pays conçu sous la gouverne de Bernard Landry.En officialisant leur candidature, ils ont tous affirmé qu’ils se conformeraient à ce programme, à commencer par «tenir un référendum le plus rapidement possible dans le mandat».Ds n’ont pas non plus dérogé à la vision nettement social-démocrate qui se dégage du document Pour employer une image de la For-, mule 1, Richard Legendre est le mulet dans cette course à laquelle s’était préparé François Legault — la première voiture de l’écurie — depuis deux ans.Doté d’une partie de l’équipe réunie par M.Legault Richard Legendre reprend les mêmes idées que celles de ce dernier.La plateforme du PQ lors de la prochaine campagne électorale, si le parti est dirigé par le député de Blainville, portera exclusivement sur un programme de pays.«Il y a urgence de faire la souveraineté», a-t-il dit Dans son discours de mercredi, Pauline Marois est apparue nettement moins pressée.La députée de Taillon a critiqué le gouvernement Charest que le PQ, dirigé par elle, se promet de remplacer.Manifestement Mme Marois se prépare à gouverner le Québec le temps qu’il faudra avant qu’il ne devienne souverain.De plus, «la candidate de l’expérience» a mis l’accent sur l’importance de créer une vaste coalition populaire pour réaliser la souveraineté et entend adopter «une attitude ouverte pour ceux et celles qui hésitent encore à faire ce choix de pays».De son côté, André Boisclair s’est présenté comme celui le plus à même de faire le pont entre les différentes générations de souverainistes, comme celui aussi qui incitera les jeunes, plus intéressés par l'altermondialisme et par les enjeux environnementaux globaux qu’à la politique québécoise, à se joindre au PQ, «à se ressaisir de la politique».Se rapprochant du camp Legault-Legendre, M.Boisclair a affirmé que la prochaine campagne électorale devra porter sur le projet de pays et non pas sur un projet de gouverne de province.Toutefois, sans doute influencé par Jean-François Usée, M.Boisclair a avancé l'idée de l’accession «naturelle» du Québec à la souveraineté.Il faut «travailler à faire apparaître le pays du Québec», a-t-il dit Comme une photo à partir d’un négatif, c’est-a-dire gradueDe-ment, doit-on comprendre?En dehors des trois candidats issus de la députation péquiste, seule la candidature de Louis Bernard a suscité de l’intérêt dans le caucus des députés péquistes.Si on lui prévoit la défaite, on lui accorde toutefois le mérite de relever le débat et d'apporter une certaine rigueur intellectuelle dans cette course.Âgé de 67 ans, cet homme de l’ombre qui a conseillé plusieurs premiers ministres est celui parmi les candidats qui apparaît comme étant le phis pressé à réaliser la souveraineté.S’il se joint à la course, c’est «qu’il y a une possibilité très réelle que, sous peu, le Québec devienne un pays indépendant», a-t-il dit en conférence de presse.Une fois le PQ au pouvoir, il devra préparer le référendum et non pas tenter de gouverner la province qui, pour presque toutes les décisions qui la concernent, doit en référer à Ottawa, que ce soit en santé, en éducation ou en infrastructures municipales, a fait valoir M.Bernard.Jeudi, il s’est rendu à Ottawa pour rencontrer les députés bloquistes et s’est dit encouragé par l'accueil qu'il a reçu depuis l’annonce-surprise de sa candidature, a-t-il déclaré au Devoir.Les autres deux candidats qui ne viennent pas du sérail — l’écologiste Jean Ouimet et le psychiatre Hugues Cormier — apparaissent marginaux.M.Ouimet avait déjà songé à se présenter en 2001 dans une course contre Bernard Landry.C’est en escaladant une falaise qu’il avait présenté sa candidature, qui n'avait toutefois pas levé de terre: il lui avait manqué une centaine de signatures pour déclencher une course qui aurait coûté plusieurs centaines de milliers de dollars au PQ.Proche du député de Borduas, Jean-Pierre Charbonneau, qui a collaboré avec lui, Jean Ouimet propose un contrat social basé sur la démocratie participative et préconise l’abandon de YAmerican way of life au Québec pour des motifs de protection de l’environnement.Dans un point de presse diffusé jeudi sur RDI, le sixième candidat, le Dr Hugues Cormier, debout à un coin de rue devant les trois tomes de la biographie de René Lévesque écrite par Pierre Godin, a livré une brève déclaration devant la caméra afin de présenter ses idées.Trois «idées forces [sic] pour le bien commun», a-t-il dit.Il propose un «Québec pays [sic]» de bien commun, de simplicité volontaire, dans une «société monde [sic]».Manifestement, ce psychiatre de l’hôpital Louis-H .-La Fontaine a un goût marqué pour les appositions.Âgé de 51 ans, M.Cormier s’est porté candidat pour le PQ dans Crémazie, où il a connu la défaite lors des élections de 2003.Indépendantiste converti par Pierre Bourgault dans les années 60, M.Cormier a dû fournir quelques explications sur le fait qu’il est un important donateur individuel du Parti libéral du Canada.Il fait partie du Club Laurier, réservé aux personnes qui versent plus de 1000 $ par année au PLC.Appréciant échanger avec les fédéralistes, il a dit vouloir «établir des ponts avec des gens qui pensent autrement».Le «Québec pays» aura besoin de parler au «Canada anglais pays», estime M.Cormier.Un septième candidat pourrait venir du SPQ libre (Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre).Le syndicaliste Marc Laviolette a toutefois confirmé cette semaine au Devoir qu’il ne se portera pas candidat «J'ai une boîte à lunch, moi, et je ne suis pas indépendant de fortune», a-t-il dit Quelques personnalités de la gauche québécoise ont été sollicitées, mais elles ont toutes décliné l’invitation, a révélé M.Laviolette, qui n’a pas voulu donner de noms.Le conseil d’administration du SPQ libre doit se réunir dans les semaines qui viennent afin d’étudier d’autres candidatures qui se sont manifestées.En raison du mode de scrutin choisi par la direction du parti, l’élection du nouveau chef péquiste pourrait réserver des surprises.Jeudi, Jean Ouimet se réjouissait qu’un candidat qui ne serait pas dans le peloton de tète au premier tour puisse en théorie coiffer les favoris aux tours suivants.Dans le cadre d’un scrutin postal, les membres du PQ devront indiquer sur leur bulletin de vote non seulement leur premier choix mais aussi leur deuxième, troisième et quatrième choix.Au terme du premier tour, si aucun des candidats n’obtient la majorité simple, les candidats qui n’auront pas recueilli 15 % des voix sont éliminés pour le deuxième tour.Le deuxième choix des membres qui ont voté pour ces candidats éliminés est alors reporté sur les candidats qui restent au deuxième tour.S’il n’y a toujours pas de vainqueur, le troisième choix intervient puis le quatrième, si d’aventure un quatrième tour est nécessaire.Dans cette logique, les deux candidats favoris au premier tour — prenons l’exemple de Mme Marois qui aurait recueilli 34 % des voue et André Boisclair 30 % — pourraient mordre la poussière.Un candidat comme Richard Legendre, qui aurait obtenu 20 % des voix au premier tour, pourrait gagner si le deuxième choix des candidats éliminés, qui comptent pour 16 % des votes, se reportent sur lui.Ce système à un seul bulletin à votes multiples, que le PQ a choisi pour des raisons budgétaires et d’organisation, favorise le candidat qui est le deuxième chouc des membres dont le premier choix porte sur des candidats marginaux.C’est le même système que le Bloc québécois avait employé en 1997 pour choisir le successeur à Lucien Bouchard.Au premier tour, Gilles Duceppe avait reçu 49 % des voix et au deuxième tour, 53 %.M.Duceppe n’était donc pas le deuxième choix de bien du monde.Au bout du compte, ce type de course sans délégués, où tous les membres du parti ont le droit de vote, se solde bien souvent par la victoire du candidat qui possède la meilleure organisation, celui qui est en mesure de vendre le plus grand nombre de cartes de membres.Toutefois, au PQ, rallier les membres existants - entre 50 000 et 75 000 personnes - est tout aussi important Les organisations des candidats ne sont pas encore bien arrêtées, bien que Richard Legendre peut compter sur l’organisation constituée par François Legault et que André Boisclair, qui jouit de l’appui tacite de Bernard I^n-dry, peut compter sur les conseils de Pierre Boileau, un ancien directeur général du PQ et un proche de l’anden premier ministre.Le course sera longue jusqu’au 15 novembre.«Il faut avoir du souffle», confiait Pauline Marois jeudi, qui se rappelle de la dernière course à la chefferie du PQ en 1985 dans laqueDe elle avait terminé bonne deuxième.Que le meilleur gagne, à moins que ce ne soit que le meilleur deuxième gagne.Le Devoir C’est dans les nuances qu’il faut trouver des différences dans les idées des trois candidats issus de la députation !> Saviez-vous que.¦ La Réserve naturelle Gault de l'université McGill, située à Mont-Saint-Hilaire, est reconnue réserve de la biosphère | par ('UNESCO.Ce site unique renferme les plus grands vestiges encore intacts des forêts anciennes de la vallée du Saint-Laurent.Des sentiers ouverts au public permettent de visiter une partie de cette forêt ancienne n'ayant jamais été coupée depuis la colonisation.m b m.> Certificat en relations publiques Le certificat en gestion des relations publiques a pour but de répondre à la Pour phis d'informations : demande cioissante de reiationnistes dans les organisations.Il est reconnu par (514)398-6200 la Société des reiationnistes du Québec b Sodété canadienne des relations ou visitez notre site intemet.pubgques et l'association Internationale des professionneis de la communication.> Certificat en gestion des ressources humaines Une carrière en gestion des ressources humaines Pour plus d'informations : vous intéresse?Ce certificat Initie fétudiant (514) 398-6200 aux disciplines et pratiques fondamentales de ou vititez notre site intemet.la gestion des i ) Gestion de projets la réussite de vos projets est déterminante dans le succès de votre entreprise ou de votre carrière.Nous offrons des cours en gestion de projet qui peuvent aider à faire de vous un gestionnaire hors pair.Pour plus d'informations : (514) 398-5454 ou visitez notre site intemet.$ McGill ( entre d education permanente \v u vv.c e p.m c g ill.c a LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 J D I X 2 0 0 5 C 2 ?PERSPECTIVES* Jean Dion Fêtons la fête Voilà qui ne laisse pas de m'ahurir.Saint Frusquin.J’aurais juré jusqu’à mon dernier râle que vous consacriez votre 24 juin à festoyer comme un damné afin de remercier la Providence de vous avoir fait naître dans une I contrée qui connaît la paix, la prospérité et la démocratie, qui caresse un projet de société emballant et qui a donné au monde la poutine Michigan, la vente de garage, le roulement des r, les annonces maison chantées de concessionnaires automobiles et Lynda Lemay.- Encore une fois, tu te fourres l’annulaire dans le globe oculaire jusqu’au ligament croisé antérieur, mon légionnaire.Qu’y a-t il à célébrer, au juste?Laisse-moi te raconter une petite chose: ce n’est pas en écoutant les vox pop que tu le sauras.Cas type: «Et vous, qu’est-ce que c'est pour vous, tout ça?» «Ben euh, c'est une fête.Une fête pour fêter.» «Et vous fêtez quoi?» «E, une opportunité de célébrer.» «C’est important pour vous?» «Mets-en, de la sauce.Si il n’y aurait pas de fête, on pourrait fêter la fête.» «La fête de quoi?» «C’est ça.Vous avez vu ynon beau chapeau?» A moins, bien sûr, que le véritable sens de la célébration ne se trouve dans l’annonce publicitaire d’une chaîne de dépanneurs: «As-tu ta 24 pour le 24?» Ça, c’est envoyé.Ça ne fait pas semblant, ça ne prend pas de détours sinueux, ça satisfait tout plein la loi fédérale sur la clarté de la question.Moi, mon visionnaire, j’ai la fibre patriotique beaucoup, plus dense que cela.Pour remercier la nation d’être, je suis allé passer la journée au Casino de Montréal.Ainsi, j’ai pu contribuer au fonds consolidé du Québec et favoriser l’essor de nos programmes sociaux sans lesquels il n’y aurait rien à fêter.- Je sens en vous comme de l’amertume, Saint Preux.- Pantoute, et je dirais même: au contraire.Quel est, en ce moment, le projet mobilisateur de la nation?Faire de Montréal un deuxième Las Vegas.Personnellement, je ne connais rien de plus emballant.D’abord, à Las Vegas, il fait chaud.Il y a une réplique de la tour Eiffel.L’architecture est superbe.Et puis, Ins Vegas est au Nevada.Or, au Nevada, on peut parier légalement sur tout.Imagine si on pouvait, par exemple, se rendre en monorail à Pointe-Saint-Charles et mettre un brun sur la course à la direction du PQ.Quel suspense insoutenable! Sept candidats, dont cinq n’ont pas la moindre chance de gagner! Tous ceux qui miseront sur ceux-ci verront leurs pertes automatiquement redirigées vers les soins de santé! Fini les files d’attente, sauf au casino! D’ailleurs, sans doute en as-tu entendu parler, le vote au PQ sera géré par le même système que celui en vigueur pour Star Académie.Aussi, je le dis au peuple: si vous vous prénommez Wilfred, posez votre candidature, la victoire est assurée.Les gens n’y verront que du feu.Même pas besoin d’être séparatiste, suffit de chanter comme Roch Voisine.Je songe du reste à m’engager moi-même.Il y a le candidat jeune, la candidate femme, le candidat vert, le candidat sportif, le candidat inconnu.Je serai le candidat loterie.Mon programme: éliminer les impôts obligatoires et s’en remettre uniquement à la taxe volontaire.Je serai le candjdat de la réduction draconienne des dépenses.L’Etat-gratteux.- Selon mes sources, toutefois, Saint Glinglin, un nouveau casino fera en sorte de créer des milliards d’emplois.-Tu me vois horriblement déçu de constater que tu penses que je n’avais pas pensé à ça, mon gestionnaire.Car en plus de faire de Montréal un Las Vegas en plus amusant grâce à la French Canadian joie de vivre, je vais la transfonner en paradis fiscal.Ainsi, Canada Steamship Unes pourra réinvestir ici même ses légers profits et faire en sorte de réduire le taux de chômage de huit points de pourcentage.Je ferai du Québec la Barbade du Nord! Je nous ferai crouler sous le fric! Je serai l’homme le plus puissant de l'univers! Je.- Vous vous emportez.Saint Hubert Bar-B-Q.Ce n’est pas dans vos habitudes.- Excuse-moi, c'est l’ivresse de l’excitation.Les courses à la direction nie font toujours cet effet-là.Surtout quand tous les candidats sont d'accord entre eux.J’espère d’ailleurs que tu auras remarqué que des «observateurs» qui déploraient qu’il n’y avait que des couronnements depuis 20 ans dans les partis politiques au Québec trouvent aujourd’hui qu'il y a trop de candidats en lice.Personnellement, j’aimerais qu'il y en ait 32.juste pour voir ce que donnerait un débat.Vous avez dix secondes pour expliquer votre programme, monsieur chose, et vous, madame, vous avez un droit de ré plique de trois secondes.- Vous auriez donc très peu de temps pour définir votre approche loterie.Saint Profond.- Pas besoin de plus.L'avantage, avec les jeux de hasard, réside dans la facilité à les résumer.Tiens, au début des années 70.Loto-Québec avait un slogan à haute teneur grammaticale pour promouvoir l’Inter-Loto: «Moi, j’deux-piasses.Deux-piasses-tu?» Je me présenterais donc devant les électeurs et je lancerais: «Deux-piassez-vous-tu ?» Comme on ne trouve plus rien pour cette somme modique, je passerais pour le roi du bas prix et je ferais un sacré tabac.- Et qu’obtiendrait le citoyen en retour de ces 2 $, Saint Nitouch?- Un litre d’essence sans plomb.(Je te signale au passage qu'il ne sera pas long avant que mon mot d’ordre soit plagié et qu’une quelconque station-service affiche «Une-piasse-tu >».Non mais, pauvres automobiles, ne trouves-tu pas?Un dollar le litre! 50 % moins cher qu'en Europe'! Moins cher que le Perrier limette, le lait homo, le jus de canneberge et la 24 pour le 24! Qu'est-ce qu'ils vont faire, rond-judju?Prendre l'autobus?Marcher?Rester chez eux et passer du temps de qualité avec la petite famille?Ça n’a juste pas d'allure, mon missionnaire.Il faut faire quelque chose, sinon personne n'aura le goût de célébrer la fête des célébrations festives!) Donc, oui.un litre d'essence, et l'autre pias-se, je la mets dans mes poches en disant que c’est la faute du fédéral.- Vous êtes un rusé.Saint Siège.- Je ne te le fais pas dire, mon fonctionnaire.Et j'ajouterai ceci, en guise de conclusion parce que je dois aller ne pas fêter: s'il n'en tient qu’à moi, à l’avenir, le slogan de la Saint-Jean avec sa 24, dans un contexte d'explosion du prix du gaz, sera: •Tinques-tv?» jdionffledevoi r.com -«r ^ » Jf -y ^ j» r .O* JEAN-PIERRE LEGAULT LE DEVOIR Les petits producteurs péruviens reçoivent maintenant 4 C le kilo de patates, îy’ -2- ¦- ¦ -’V Hilario s’interroge Des millions de Sud-Américains se sentent exclus de la vie politique Les récents événements en Bolivie ont encore une fois démontré la fragilité des jeunes démocraties de l’Amérique du Sud, qui, après quelques décennies d’existence, tentent de trouver leur propre voie et de s’adapter aux particularités du continent.JEAN PIERRE LEGAULT Les yeux cernés et les pupilles rougies par une journée de labeur, Hilario Huberto, tout en pelant les gros grains de maïs qu’il mangera avec un peu de fromage, réfléchit.«Ça n'a aucun sens, il faut se regrouper pour parvenir à vendre au meilleur prix possible.» Ce leader naturel, ex-président de la petite communauté de Tank’a, dans les hauteurs andines du Pérou, vit pourtant relativement bien: le camion qu’il s’est acheté après avoir travaillé des années comme un forçat dans des fermettes, gagnant six soles par jour, soit environ 2 $US, lui permet de faire vivre la famille élargie.Le petit lopin de terre du père exploité par ses fils fournit patates et mais.Poules, lapins et cochons complètent le patrimoine familial.Au début de la trentaine, le haut de la bouche édentée, père de deux jeunes enfants, la bonté lui sort par les yeux, qu’effleure continuellement un soupçon de tristesse.Ce péon s’interroge: «Comment se fait-il que nous ne parvenons pas à vivre décemment?Pourtant, nous travaillons 15 ou 16 heures par jour, et c’est à peine si nous vivotons», lâche-t-il en se massant l'épaule droite, endolorie par une journée à charger et décharger des bûches de bois.«Le gouvernement ne comprend pas ce dont nous avons besoin.Ce que nous demandons sans cesse.» Et de rappeler le rôle important que jouait jadis l’imposant réseau de coopératives, démantelé à la fin des années 80 au nom du libéralisme économique et du développement du pays.Demandez à Hilario ce qu’il pense du FMI.De Washington.Des politiques du gouvernement Toledo.Du néolibéralisme.Des événe ments récents en Bolivie.Du Brésilien Lula.Et les réponses tomberont, acérées et tranchantes, articulées et directes.Quelques jours après cette rencontre, Agustin Carstens, directeur général adjoint du FMI.en visite à Lima, a déclaré que l'organisme était très satisfait de la performance de l'économie péruvienne et que les Pémviens devraient s'en enorgueillir.Pour faire une telle déclaration, M.Carstens ne savait sûrement pas que le prix payé aux petits producteurs de patates, qui sont légion en .Amérique du Sud, est passé en un an de 50 à 10 centimes le kilo, soit environ 4 CCAN.Depuis quelques semaines d’ailleurs, chroniqueurs et dépêches de presse reprennent les données économiques officielles: une croissance d’environ 6 % pour l’ensemble de l’Amérique latine — là où les inégalités et la concentration de la richesse sont partout décriées — et un taux de chômage relativement stable, comme en Bolivie aux alentours de 10 %.Hilario et tous ses voisins ne font pas partie de ces statistiques.L’anecdote du FMI et les chiffres officiels sont révélateurs de la situation que vivent des dizaines de millions de Sud-Américains, qui ne cessent de réclamer leur place dans la vie démocratique, dans les choix de société, sans jamais remettre en cause l’ordre institutionnel, et expliquent, du moins en partie, les fréquents changements de gouvernement, particulièrement en Equateur et en Bolivie, deux des trois pays andins où la démocratie est la plus fragile, du moins en apparence.Le politicologue bolivien Carlos Toranzo, qui dirige un centre de recherche à La Paz, ne cesse de le clamer: «La Bolivie est le laboratoire idéal pour observer la démocratie en train de se construire.» Pourquoi la Bolivie?Parce qu’elle sort à peine de décennies de dictature, quelle est peuplée d'une majorité d'Aymaras, de Quechuas et d’indiens du bassin amazonien, et que les règles du jeu imposées jadis par l’élite excluent une majorité du processus démocratique.Ces arguments pourraient aussi bien s’appliquer pour l’ensemble de l’Amérique du Sud, majs plus particulièrement pour le Pérou et l’Equateur qui, par leur composition sociale, leur culture et leur situation géographique, évoluent dans un contexte semblable.Car déficit démocratique il y a.Encore de nos jours.L'auteur américain William Powers écrivait récemment dans le New York Times, dans la foulée de la démission du président Mesa, que la Bolivie s’était en quelque sorte colonisée elle-même lorsque l'Empire espagnol a fermé boutique.«Les Européens qui sont restés n’ont pas semblé s’en apercevoir, et ne s’en rendent pas encore compte», soutient-il.Cette situation est aussi vraie pour les autres pays andins.Pourtant, il n'y a plus de coups d'État en Amérique du Sud.Le dernier en date a été mené par un civil, le président Alberto Fujimori, de triste mémoire, qui, après avoir restreint les libertés civiles, avait simplement changé la Constitution du pays pour servir ses intérêts.Les militaires n’ont plus de velléités de pouvoir et ne pourraient plus d’ailleurs imposer des dictatures comme jadis.Des présidents ont cependant été boutés dehors.En Equateur, au Pérou, en Bolivie, mais aussi en Argentine.D’autres ont été forcés à démissionner à la suite de scandales, certains ont subi des revers électoraux sans équivoque.Peu après la démission forcée du président équatorien Lucio Guttiérez, l’analyste péruvien Nicolas Lynch expliquait le très grand raz-le-bol de la population de ces dirigeants incompétents.«Il s’agit d’une crise aiguë de représentation qui touche toute l’Amérique latine [.].» Dans tous les cas, le détonateur a été les politiques économiques néolibérales appliquées depuis une vingtaine d’années sur le continent qui entrent en collision avec la démocratie, comme l’a noté le PNUD dans son dernier rapport sur le développement humain.Et Lynch y va d’une mise en garde à Lima: «Ce sont les mêmes politiques d'exclusion qu’appliquait Fujimori qu'applique le gouvernement actuel.» Et d’ajouter Lynch: rien ne garantit que les gouvernements péruviens ne connaîtront pas le même sort que ceux de ses pays voisins.Péril en la demeure?Peut-être.En avril, une première depuis longtemps dans un pays où tout mouvement social a été sévèrement réprimé depuis deux décennies, au point où les organisations sociales peinent à se réorganiser, les paysans de la région d’Abancay ont bloqué les routes et paralysé l’appareil gouvernemental pour protester contre le sort qui leur est fait Ceux d’Ayacucho les ont imités peu après pour forcer Lima à respecter ses engagements sur le prix des denrées.Et, fait important l’Équateur, le Pérou et la Bolivie comptent des proportions très importantes de population indienne.Ces gens réussissent lentement à s’imposer et à occuper de plus en plus la place que leur poids démographique leur accorde.La question indienne, que certains tiennent à mettre entre guillemets, est centrale lorsqu’il s’agit de l’Amérique latine.Ce dossier suscite des craintes telles que, tant pour l’élite que pour nombre d'universitaires, elle n'existe tout simplement pas.Pourtant, la réalité est en train de rattraper les élites, comme, par exemple, en Bolivie, où la représentativité parlementaire indienne ne cesse d'augmenter depuis une décennie.Le problème est entier au Pérou et en Équateur, mais aussi dans tout le bassin amazonien, dont le Brésil, ainsi que dans le nord de l’Argentine et du Chili.Pendant ce temps, le président brésilien Ignacio Lula, celui qui a été capable de freiner l'appétit des États-Unis pour l’Amérique du Sud et qui a suscité tant d'espoir, voit ses appuis s'effriter.Ses politiques économiques, jugées «orfawtoes» par de larges pans de la population, en laissent plus d'un sceptiques.Les laissés-pour-compte sont nombreux dans ce pays.La réforme agraire s'effectue au rythme d'une tortue.Le nord du pays s'enlise.Le président est aux prises avec un scandale de corruption.Ses alliés politiques des pays voisins soupçonnent maintenant un certain «impérialisme économique» de la part de cet ancien syndicaliste, négociateur hors pair issu de la grande industrie.L'Argentine, pour sa part, se relève lentement de la situation économique catastrophique dans laquelle l'aveuglement de la classe politique l'a plongée.Fort de l’appui de larges pans de la société, le Vénézuélien Chavez, celui qui est accusé de tous les maux de la terre, résiste aux assauts répétés de l’oligarchie de son pays.La Colombie, elle, est toujours en guerre.Et caressant la tète de sa file endormie sur ses genoux Hilano laisse tomber «Nous avons beaucoup de revendications, mais les gens des Petites communautés des hauteurs, eux?Ils ont davantage besoin d’aide que nous.Il faudrait bien que l'on s'en occupe.» Le Devoir JEAN-PIERRE LEGAULT LE DEVOIR Des journées de travail de 16 heures et plus sont monnaie courante.lorsqu'il y a du boulot.fi.-.mm .’ * « Il s’agit d’une crise aiguë de représentation qui touche toute l’Amérique latine» 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 20 J T I N 2 0 0 5 (' 3 •PERSPECTIVES* Un rapport accablant pour Judy Sgro Bernard Shapiro soulève des questions que personne n ’avait prévues MANON C O R N E L L I E R Ottawa — Le gouvernement Martin attendait avec impatience le rapport du commissaire àlethique Bernard Shapiro sur l'ancienne ministre Judy Sgro.Il a bien cru.juste avant le déclenchement possible des élections ce printemps, avoir en main tout ce quil fallait pour la disculper.Le rapport final paru cette semaine fournit un bilan moins reluisant et soulève surtout des questions que personne n'avait prevues et avec lesquelles les liberaux devront maintenant se débattre.Et.pour ajouter à l’imbroglio, le document est venu alimenter la grogne de l'opposition à l'endroit de M.Shapiro.L'affaire remonte à la dernière campagne électorale.Mme Sgro.qui est alors ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, avertit son personnel, dont une partie prend congé de son bureau ministériel pour travailler à sa réélection, qu’elle ne délivrera pas, durant la campagne, de permis de séjour temporaire, à moins de raisons urgentes.Mais, une fois la campagne terminée, elle en avait délivré 128, dont un à Alina Balaican, une danseuse nue qui avait travaillé bénévolement pour la campagne de la ministre.M.Shapiro conclut que le personnel de la ministre, en particulier Ihor Wons, qui deviendra par la suite son chef de cabinet, a manqué de jugement en n’avertissant pas la ministre du statut de bénévole de Mme Balaican et en ne faisant rien pour décourager cette dernière de participer à la campagne.Le commissaire note d’ailleurs que M.Wons a continué à se mêler de dossiers ministériels même s’il était en congé pour la campagne et devait éviter de brouiller les cartes.«Si la responsabilité de cette situation de conflit d'intérêts semble devoir principalement être imputée au personnel de la ministre, surtout à M.Dior Wons, et si la confiance de.la ministre dans son personnel n’a pas toujours été accordée à bon escient, cela n’empêche pas qu’elle a, dans cette histoire, une grande part de responsabilité, puisque, après tout, les permis de séjour temporaire ont été accordés avec son autorisation directe», écrit Bernard Shapiro.Mais la ministre ayant démissionné, il dit n’avoir aucune autre recommandation à formuler.Boîte de Pandore Intitulé L’enquête Sgro: ni noir, ni blanc, le rapport de M.Shapiro offre des conclusions quand même mi-figue mi-raisin, et ce, malgré des faits troublants.Il a en effet découvert que 43 des 128 permis ministériels délivrés durant la campagne l’avaient été durant la dernière semaine.Par ailleurs, 76 des 128 demandes acceptées ont été appuyées par des députés, dont 74 libéraux.«De ces 74 permis, 24 ont été reliés directement à Mme Sgro, dont 19 ont été approuvés entre le 23 et le 25 juin 2004», écrit-il, précisant plus loin que, dans certains cas, «il semble y avoir au moins quelques liens indirects entre le bénévolat pour la campagne de la ministre et les avantages consentis à la famille ou aux amis du bénévole ou à des organismes particuliers».Seulement 874 permis ministériels ont été délivrés en 2004 alors qu’environ 13 000 permis de séjour temporaire sont accordés en moyenne chaque année.Il s’agit en général d’une intervention pour résoudre le cas urgent d’un participant à une conférence ou à un événement culturel ou sportif.Il y a aussi les cas de conjoints ou de parents qui se voient autorisés de rester au pays pour faire une demande d’immigration plutôt que d’être séparés de leurs proches pour faire la même demande à l'extérieur des frontières.Le problème est que les libéraux ont souvent été accusés de manipuler le processus d’immigration à des fins partisanes, que ce soit en accordant la citoyenneté de façon accélérée à la veille d’un référendum ou en annonçant à la veille d’une possible élection une hausse des niveaux d’immigration pour la catégorie de la famille.Le gouvernement s’en défend, mais les chiffres dévoilés par Bernard Shapiro nourrissent cette mauvaise impression.Les réponses de Mme Sgro et du ministre actuel Joe Volpe n’ont rien arrangé.Mardi, Mme Sgro attribuait l’écart entre les députés libéraux et les autres au fait que les libéraux représentent des comtés à forte population immigrante, passant sous silence la présence des autres partis à Montréal, Calgary et Vancouver.M.Volpe, lui, a laissé entendre mercredi que les chiffres montraient simplement que les libéraux faisaient mieux leur travail.«Je suppose que ceux d’entre nous qui servent réellement JIM YOUNG REUTERS Judy Sgro CHRIS WATTIE REUTERS Une affiche proposant aux danseuses exotiques de se présenter au ministère de l’Immigration a été installée devant le parlement d’Ottawa l’hiver dernier.mi® LD/i\m©Bmg M.P.H.B.D.C.416-781-5583 .iajiliiifliyBBfMli leurs commettants sont accusés de le faire pour des raisons partisanes», a-t-il dit L’opposition, que la crédibilité du processus d’immigration inquiète, exige davantage du gouvernement.Pour l’instant, cependant, les réponses tardent à venir, surtout que les libéraux ne pensaient jamais voir resurgir ces questions dans la foulée du rapport Shapiro.Épine pour Martin Il aura fallu sept mois et 170 (XX) $ à M.Shapiro pour produire un rapport d’à peine 26 pages.Jeudi dernier, devant un comité parlementaire, il a attribué ce délai à la complexité du dossier, aux contradictions parsemant les témoignages, au besoin de procéder à plus d’une quarantaine d’entrevues.Entre-temps, par contre, il a fait parvenir à Mme Sgro une lettre disant que son personnel l’avait possiblement placée en situation de conflit d’intérêts sans qu’elle le sache et que, dans les circonstances, elle avait bien agi dans le cas de Mme Balaican.Mme Sgro a rendu la lettre publique au moment même où tout le monde craignait le déclenchement rapide d’élections.Elle espérait du coup, comme son parti, faire campagne l’esprit tranquille.Mais il est apparu que la lettre originale blâmait son personnel mais disait aussi qu’efie était responsable de ce dernier.L’opposition n’a pas manqué de souligner que la lumière n’a été faite sur ces différences qu’une fois passée la menace d’élections.Et le rapport, beaucoup plus critique, n’a été complété qu’après la date où des élections auraient pu avoir lieu.Le commissaire y blâme l’ancien personnel de Mme Sgro — M.Wons ayant quitté son cabinet —, mais il souligne aussi que la ministre restait responsable de la conduite de ses employés en vertu du principe de fa responsabilité ministérielle.Pour l’opposition, cela va de soi, mais si tel est le cas, pourquoi M.Shapiro refuse-t-il d’examiner 1a conduite du chef de cabinet du premier ministre ou celle du premier ministre lui-même dans l’affaire Grewal?demande le néo-démocrate Ed Broadbent Le chef de cabinet de Paul Martin, Tim Murphy, et le ministre de la Santé, Ujjal Dosanjh, ont discuté a plusieurs reprises avec le député conservateur Gurmant Grewal a fa veille du vote de confiance du 19 mai dernier, dans l’espoir d’obtenir son vote.Des enregistrements furtifs, effectués par M.Grewal ont par la suite laissé croire que MM.Murphy et Dosanjh laissaient miroiter au député conservateur de possibles récompenses futures pour lui et sa femme, elle aussi députée.M.Shapiro a été saisi de l’affaire par le NPD mais a toujours dit que seuls les élus pouvaient être formellement l’objet de son enquête.Par contre, fl a encore refusé cette semaine de obier le premier ministre.Il a toutefois précisé jeudi qu’il devrait tenir compte du rôle de M.Murphy puisqu’il était au cœur des échanges mais qu’il ne pouvait être 1a cible directe de son investigation.Ed Broadbent, texte de loi et code d’éthique en main, conteste cette interprétation.Cela ramène sur le tapis le débat sur la définition de fa responsabilité ministérielle sur laquelle le président du Conseil du trésor devait faire un rapport il y a déjà quelques mois.D en avait reçu la commande du premier ministre le jour même du dévoilement du rapport de la vérificatrice générale sur le scandale des commandites.Un comité parlementaire s’est penché sur la question mais, là encore, le rapport tarde à arriver.Shapiro dans le collimateur Cette affaire a aussi mis en relief les contradictions inhérentes au mandat de M.Shapiro.Lui-même s’en plaint et envisage de présenter un rapport cet automne sur les améliorations à apporter à la loi qui le gouverne.Comme plusieurs personnes l’avaient souligné l’an dernier, à l’époque de l’adoption de la loi créant le poste de commissaire indépendant, ce dernier risque lui-même d’être en situation de conflit d’intérêts lorsqu’il se fait demander un avis confidentiel par un ministre sur un cas qui fait ensuite l’objet d’une enquête.Exactement ce qui s’est produit dans le cas de Mme Sgro.En attendant ses suggestions cependant, il fait face à une fronde du NPD et du Parti conservateur, qui contestent sa compétence.Ed Broadbent a d’ailleurs déjà mis en avant, au comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique, une motion exprimant la perte de confiance du Parlement à l’endroit de M.Shapiro.Les reproches à l’endroit du commissaire sont nombreux.Ils vont de l’embauche des avocats de Jean Chrétien pour l’aider dans son enquête sur Mme Sgro à l’exemption accordée a deux anciens ministres désireux de faire du lobbying avant fa fin du purgatoire de deux ans qui leur est normalement imposé.Les libéraux sont farouchement opposés à cette remise en question de fa compétence du commissaire, même si ce dernier avoue candidement être encore en période d’apprentissage.Le Bloc québécois, malgré son insatisfaction, pense que M.Shapiro a droit à un peu plus de temps pour s’ajuster, surtout que le poste est nouveau et que le mandat a besoin d’être réexaminé, les regies, peaufinées.Le comité doit étudier fa motion de M.Broadbent mardi.S elle est adoptée, ce qui a peu de chances de se produire, il reviendra à la Chambre d’en disposer et au cabinet de l’entériner.D est rarissime de voir un officier du Parlement contesté de fa sorte.La demiere fois que cela s’est produit, le commissaire à la vie privée George Radwanski n’avait pas attendu le verdict de fa Chambre pour remettre sa démission.Le Devoir Le tiers des 128 permis ministériels délivrés durant la campagne l’avaient été durant la dernière semaine Michel David Bulletin de l’opposition Par une approche nettement plus collegiale que celle de son prédécesseur Antin' Bois-clair.Diane lemieux a su insuffler un esprit tie corps à l'opposition officielle.Durant fa période de questions à l'Assemblée nationale, les attaques sont davantage concentrées sur les dossiers chauds de l'heure, évitant un éparpillement inutile.Mme D'mieux a bien dosé sa hargne quand Thomas Muleair a été condamné pour diffamation.Elle a cependant commis une erreur en laissant une jeune députée inexpérimentée s'en prendre gratuitement à l'épouse du premier ministre.A- Camil Bouchard continue de s'améliorer.Il est vrai que la ministre de la Famille, Carole Théberge, ferait bien paraître n'importe qui.mais le député de Va-chon a appris à mordre.11 était cependant bien malvenu de reprocher à la ministre de fa Solidarité sociale, Michelle Courchesne, de ne pas avoir tenu compte des «besoins essentiels» dans la nouvelle loi sur l’aide sociale puisque le gouvernement péquiste s’y était toujours refuse 11 a eu la sagesse de ne pas se lancer dans La course au leadership.B Stéphane Bedard (Chicoutimi) a également pu profiter de l’extrême vulnérabilité de Mme Théber ge, qu'il a accusée d’avoir orchestré illégalement une fuite de renseignements nominatifs dans le but de discréditer les centres de la petite enfance, à la suite de quoi une plainte a été déposée à la Commission d’accès à l’information.B Porte-parole en matière de revenu, Guy Lelièvre (Gaspé) n’est pas le plus spectaculaire, mais il a contribué à forcer le gouvernement à régulariser La situation du directeur des communications du premier ministre, Michel Guitard, qui profitait d'avantages fiscaux indus grâce à un statut de travailleur autonome totalement injustifié.B-L’élection de Louise Harel au poste de chef intérimaire, qui témoigne de l’estime dans laquelle la tiennent ses collègues, a permis d’éviter que l’opposition soit trop déstabilisée par la démission de Bernard Duidry.En sa qualité de critique en matière de santé, elle n’a toutefois pas réussi à faire pâlir l’étoile de Philippe Couillard.La valse-hésitation du PQ dans le dossier du CHUM a été désolante.B~ Depuis deux ans, la fortune politique de Pauline Marois a pris des allures de montagnes russes.Son ralliement sans enthousiasme à Bernard Lmdry semblait marquer la fin de ses ambitions.Sa démission-surprise leur a soudainement redonné de la vigueur, mais ses collègues lui reprochent un manque de solidarité.Son appui à l’implantation du CHUM à Outremont a également été très mal perçu.B- ?Porte parole en jnatière de réforme des institu lions démocratiques, laïc Thériault (Masson) se retrouve dans une position quasi intenable.Ses collègues sont divisés sur 1a réfonne du mode de scrutin; L>uise Harel la juge totalement inopportune tant que le Québec ne sera pas souverain.M.Thériault doit donc faire en sorte que le dossier s’enlise sans donner l'impression d’un sabotage.Dans les circonstances, il s’en est assez bien tiré.B-Daniel Turp (Mercier) donne parfois l’impression de s’intéresser davantage aux débats internes du PQ qu’aux travaux de l’Assemblée nationale.Placer sa photo en gros plan sur la page couverture d'un livre consacré à un projet de constitution du Québec manquait un peu de modestie.C Jonathan Valois (joliette) est rentré bredouille de sa partie de pêche aux bénéficiaires des enveloppes jaunes dont la commission Gomery a tenté de suivre la piste.Il devrait prendre garde de ne pas se faire 1a réputation d’un lanceur de boue.C Son entrée dans 1a course au leadership à la suite du désistement de François Legault permettra enfin de voir ce que Richard L-gendre (Blainville) a dans le ventre.Jusque-là, il avait été égal à lui-même, c’est-à-dire décevant pour un homme dont on attendait beaucoup.C Jean-Pierre Charbonneau (Borduas) a vécu une autre session controversée.À la veille d’un conseil national, Bernard Landry vivait dans la hantise de ce qu’il pourrait encore inventer pour miner son leadership.Dans le cadre du récent filibuster contre le projet de consultation sur la réforme du mode de scrutin, M.Charbonneau s’en est pris au politologue Louis Massicotte, de l’Université de Montréal, qu’il a accusé de partisanerie.S’il n’existait pas, les journalistes voudraient l’inventer.C- ?Rien ne-peut justifier que le premier ministre traite une députée de «chienne», mais Elsie Ijefebvre (Lau-rier-Dorion) ne disposait d’aucune preuve pour accuser l’épouse de M.Charest d’avoir usé de son influence au profit de fa Croix-Rouge.C’est une règle d’or à l’Assemblée nationale: à moins de raisons d’une exceptionnelle gravité, on n’attaque pas la famille d'un de ses membres.In vie politique est déjà suffisamment dure.D Sur fa foi de ce qu’il qualifiait de «pointage chirurgical», Sylvain Simard (Richelieu) avait assuré Bernard landry que le vote de confiance au congrès du PQ ne serait qu’une formalité.Après les élections du 14 avril 2(X)3, il s’était précipité dans le camp de Pauline Marois pour ensuite l’abandonner aussi rapidement Souhaitons a M.Simard qu’elle ne soit pas élue le 15 novembre prochain.Ses collègues ont promptement opposé un fin de non-recevoir à son ambition d’être chef intérimaire.D Les effectifs du club des silencieux ont été coupés de moitié au cours de la dernière session.André Boulerice (Sainte-Marie-Saint-Jacques) et Jean-Claude Saint-André (L’Assomption) sont en quelque sorte des membres à vie, mais U est plus étonnant d’y retrouver un ancien ministre comme Michel Létour-neau (Ungavaj, que fa politique semble intéresser de moins en moins.D Même s’il s’était finalement résigné à ce que Bernard Landry demeure chef quelques années de plus, François lœgault s’était plutôt bien tiré d’affaire pendant la «saison des idées».Il avait réussi à présenter son budget de l’an 1, qui n’a pas été trop mal reçu, et a imposer son -programme de pays».A l’Assemblée nationale, sa performance a également été à 1a hauteur.Tout cela ne peut cependant pas compenser l’immense déception qu’a constitué son désistement pour tous ceux qu’il avait mobilisés depuis deux ans en prévision de 1a course à la succession de M.Landry.E m da vidéa lede vo ir.com L £ DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 JUIN 2 0 0 5 ÉDITORIAL Attendons voir La course à la direction du Parti québécois est enclenchée.Plus d’une demi-douzaine de candidats s’activent pour recueillir les appuis nécessaires au dépôt de leurs bulletins de candidature.Bien que certains d’entre eux se démarquent déjà, il ne faut cependant rien tenir pour acquis.L es deux meneurs dans cette course ont, pourrait-on croire, une avance insurmontable.Pauline Marois a une longue feuille de route, elle qui a dirigé plusieurs ministères clés.Elle est une figure familière — et rassurante — dans notre paysage politique.André Boisclair, malgré une expérience ministérielle plus brève, dispose de solides racines au Parti québécois.A priori, il incarnerait l’arrivée d’une nouvelle génération a la tête de ce parti.Une fois qu’ils auront été soumis au supplice de la question pourrait se dégager une tout autre image qui modifiera la perception qu’on se fait de ces deux vedettes aujourd’hui.Peut-être voudra-t-on alors examiner plus attentivement les autres candidats.Une course au leadership agit comme un révélateur.La première chose qu’on voudra mesurer sera la capacité de chaque candidat d’établir un lien de confiance avec les Québécois et de remporter les prochaines élections.Ultimement, on recherche un éventuel premier ministre.Charisme, autorité morale, expérience, jeunesse et sexe sont des éléments qui seront pris en compte.Le Parti québécois étant ce qu’il est, la volonté de porter le projet de souveraineté sera un facteur tout aussi déterminant, peut-être même davantage que les traits de personnalité.La j marche vers la souveraineté demeure une ques- Mk ^ tion obsédante.Bien que la question de la date ¦&.W du prochain référendum ait été réglée lors du Bernard congrès tenu au début de ce mois — ce sera le Descôteaux plus tôt possible au cours du prochain mandat d’un gouvernement péquiste —, plusieurs voudront profiter de l’occasion pour préciser davantage cet engagement, conscients que les mots inscrits au programme laisseront beaucoup de latitude au prochain chef.On ne pourra toutefois pas s’en tenir à ce seul sujet Quoi qu’on en dise, les prochaines élections n’auront pas pour seul thème la souveraineté.Le Parti québécois devra s’y présenter muni d’un programme de gouvernement.S’il est élu, il devra voir au bon fonctionnement de l'Etat du Québec, que celui-ci soit province ou pays.Il importera de connaître quelles orientations le prochain chef adoptera.Gouvernera-t-il plus à droite, plus à gauche, plus au centre?Favorisera-t-il le retrait de l’État au profit du secteur privé?E’era-t-il du développement durable la priorité du gouvernement?Les réponses à ces questions guideront les choix de plusieurs.|»v ?A travers cette course au leadership s’affronteront les nombreux courants d’idées qu’on retrouve au sein du Parti québécois.Interviendront aussi les rivalités personnelles.On pourrait croire que ce parti ressortira davantage divisé qu’uni le soir du 15 novembre, alors que sera proclamé un vainqueur.Ce danger devrait cependant être grandement atténué par le fait que le nouveau chef, élu au suffrage universel des membres, aura une légitimité qui le placera au-dessus des clans.Il n’aura pas de dettes à l’endroit des activistes et des apparatchiks du parti.Contrairement aux congrès traditionnels au leadership, on n’assistera pas au «paquetage» des assemblées de comté pour le choix des délégués.Nous ne verrons pas non plus de candidats troquer l’appui de leurs supporteurs en contrepartie d’un éventuel poste de ministre.Certes, chaque candidat cherchera à obtenir l’appui des figures les plus influentes du parti.Chacun se livrera à un recrutement intensif de nouveaux membres.Pour s’assurer des votes, on fera des promesses.Mais les débats seront davantage transparents.En fin de course, les membres pourront faire leur choix avec d’autant plus de liberté que le vote s’exercera à distance, loin du tohu-bohu propre aux grands rassemblements.Pour intéressant qu’il soit ce mode de scrutin comporte néanmoins un risque qui tient à la formule du vote lui-même.Sur leur bulletin, les militants auront à exprimer un premier, un deuxième, un troisième et un quatrième choix.On fera ainsi l’économie de nouveaux tours de scrutin si personne n’obtient dès le départ une majorité absolue des voix.Ne connaissant pas le résultat du premier tour, les membres ne pourront toutefois pas calibrer leurs choix subséquents.Ils n’auront pas la possibilité de procéder à une nouvelle évaluation.Le risque de dérapage est minime, mais il existe.Le report des voix pourrait permettre à un candidat de se faufiler du deuxième au premier rang sans que cela corresponde à ce que les membres auront vraiment voulu.Il aurait été préférable de tenir des tours de scrutin réels plutôt que virtuels pour s’assurer qu'il n’y ait pas de mauvaise surprise.bdescoteauxiftledevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSALE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE U* Co/v\mun£$ ADoPffNÎ lî NPD é ÇARCffAPDe \ MAL ^ VoTt ConTrê I / U \ SMi/ A J LETTRES Une Saint-Jean sous le signe du capitalisme Alors qu’une vague de privatisations déferle sur le Québec, Les Cowboys fringants se mettent de la partie en nous concoctant cette année une Saint-Jean-Baptiste privée, donc monnayable.Certes, l’actuelle Fête nationale publique bat de l’aile.Organisée sans grande conviction par ce valeureux gouvernement libéral qui n’a pas manqué de lui amputer une partie de ses revenus, la commémoration de notre culture commune ressemble de plus en plus à un mauvais show.Elle a perdu son sens politique et identitaire en même temps que ses grands artistes rassembleurs.Cette décadence de la Saint-Jean-Baptiste doit certainement susciter une réflexion sur l'identité québécoise qui, sous l’effet narcotique de la perte de sens généralisée, tend à se noyer dans le flot des promesses matérielles.Le désir des Cowboys fringants et de leurs amis de s’engager dans la réhabilitation d'une Saint-Jean-Baptiste politique, socialiste, écologique et souverainiste demeure un projet louable.En effet, trop nombreux sont les artistes aujourd’hui qui préfèrent demeurer à l’écart des questions sociales et politiques en se confortant dans le nid douillet du succès commercial et médiatique.En ce sens, Les Cowboys fringants font exception.Seulement peut-être ne se rendent-ils eux-mêmes pas compte que l’avenue alternative proposée réfute symboliquement et globalement leurs idéaux démocratiques, écologistes et humanistes.En faisant payer les Québécois de 25 à 30 $ pour assister à la commémoration de leur propre identité culturelle, ces jeunes artistes fringants s’inscrivent dans l’histoire: dorénavant nous magasinerons notre fête nationale avant de l’acheter et de la consommer.Ces artistes «engagés» s'approprient aujour-dhui un symbole culturel avant de le revendre, comme s'il s’agissait d'un produit usiné, commer- cialisé et vendu à de simples consommateurs en quête d’idéaux.Ceux qui en auront les moyens se paient donc une fête de la Saint-Jean-Baptiste de luxe, discours politiques en prime.Pour les autres, ce sera le show édulcoré qu’on connaît Pourtant tôt ou tard, nous devrons nous rendre à l’évidence: le patriotisme, comme l’amour et le bonheur, ne s’achète pas.Il se cultive dans le cœur et dans l’esprit Ce destin commun qui nous lie dans le passé comme dans le fiitur en tant que nation est une résultante commune.Ce n’est certainement pas l'affaire d’une poignée 4'artistes déguisés en hommes d’affaires.Élise Prioleau Etudiante Le 21 juin 2005 Y être fait la différence ! J’ai récemment assisté à l’étude, article après article, du projet de loi 57 en commission parlementaire.Bien que ma présence n’ait pas empêché la ministre et ses acolytes de procéder à l’adoption des 185 articles dudit projet de loi, j’ai ressenti toute l’importance d’être là en tant que témoin et objet bien vivant de leurs décisions relatives à mes conditions de vie.J’y étais avec toute ma dignité de citoyenne, convaincue que ma présence n’allait pas changer le monde ou tout au moins leurs points de vue sur les différents articles du projet de loi mais qu’elle allait susciter une différence.11 faut y être pour constater les regards fréquents que les protagonistes lancent dans l'auditoire et entendre les ajustements de leur discours à notre présence.J’étais là et je sentais que je m'occupais de mes affaires, bien qu’en simple observatrice de leurs gestes décisionnels.Je ressentais tout le respect qu'on me devait bien que ce respect n’ait pas été présent dans leurs décisions à mon endroit Et je me disais, tout au long de leur discours, que je comprenais leurs mots (maux) et qu’ils ne me passeraient plus n’importe quoi.J’ai compris l’essentiel de leur langage, parfois outrageusement technique et éminemment hermétique: j’ai compris que, dans leurs lois, je ne pesais pas lourd mais que.devant moi, ils constataient davantage la portée de leurs décisions.J’étais là pour leur rappeler que c’était de moi qu’ils parlaient à travers leur jargon bureaucratique et fonction-nariste.Et ç’a fit une différence.En tenninant, je voudrais ajouter que je suis encore quelque peu impressionnée par tout leur protocole, leurs tenues vestimentaires à la dernière mode, leur air respectable; mais, au fond, je ne suis plus dupe.Je sais la portée limitée de tant d’apparat et je ne les autorise plus à avoir sur moi un regard condescendant ou hautain.Ds me doivent le respect en tant que citoyenne consciente de sa dignité.C’est là l’essentiel de la différence que la fréquentation du Parlement m'a apportée.Et puis, à force d’y être, dans la maison du peuple, on finit par se l'approprier et par s’y sentir chez sot C’est, à mon avis, un des lieux où peut s’amorcer une citoyenneté aguerrie et productive.Micheline Bélisle La Courtepointe, le 23 juin 2005 À propos du droit à la vie Ainsi donc, en raison du droit à la vie et à la sécurité de la personne, la Cour suprême vient d'ouvrir la porte à la privatisation des soins de santé.Mais un droit comme l’écrivait Simone Weil, n’existe que si l’obligation à laquelle il correspond est reconnue.C'est pourquoi elle préferait parler de devoirs envers la personne.Quand des assistés sociaux en attente d'un traitement urgent se feront refuser l’entrée des cliniques privées, on verra bien que les puissants se reconnaissent des droits qu’ils ne reconnaissent pas aux autres.L’idée de devoir est incompréhensible pour les élites néolibérales, à moins qu’il ne s'agisse des devoirs des autres à leur endroit Ds sont les maîtres.Le jugement de la Cour suprême nous rappelle que, dans notre société, la vie d'un riche \gut phis que celle d’un pauvre.Bernard Émond Montréal, le 11 juin 2005 REVUE DE PRESSE Un 1er juillet post-Gomery Antoine Robit aille Il y aura moins d’argent cette année pour la «Fête du Canada Day» au Québec.Selon XOttawa Citizen, le ministère du Patrimoine a coupe 1,8 million de dollars du budget habituellement dédié à la ’’province».En cette ère d'après-commandites, le Citizen se réjouit de voir que ce budget a été réduit Malgré tout, le Québec rafle encore 3,2 millions du budget total, ce qui représente «presque la moitié» de ce que le gouvernement fédéral dépense pour la fête d'un océan à l'autre.«C'est fondamentalement injuste.1», fulminait le Citizen la semaine dernière.«La décision du ministère du Patrimoine d’accorder encore la majeure partie du budget au Quebec pour la Fête du Canada semble avoir été prise par le même esprit tordu qui a présidé à l’épouvantable programme des commandites.» Bien sûr.précise le Citizen, dépenser «quelques millions» au Québec pour fêter le Canada n’est pas «scandaleux en soi», mais «il n’y a aucune raison pour qu ’on refuse de donner leur juste part aux Canadiens des autres provinces», opine le journal de la capitale fédérale.«Et c'est afin de promouvoir le fédéralisme qu 'on envoie plus d’argent au Québec qu ailleurs.Le financement devrait donc provenir d'un fonds dédie à cette fin et des budgets de la Fête du Canada.» Au fait comment le ministère du Patrimoine justifie-t-il le financement disproportionné de cette fête au Quebec?«Parce que le gouvernement du Quebec ne finance pas la Fête du Canada.• Le Citizen retorque que cela ne justifie pas «l'énorme déséquilibré» et que, «si l'intention est de promouvoir l'unité nationale, il faut comprendre que ce ne sont pas quelques.feux d’artifice qui y changeront quoi que ce soit, particulièrement dans le climat politique actuel».En somme, conclut le Citizen, les gens en Saskatchewan et à l'Iledu-Prince-Édouard sont sûrement «tout aussi patriotes que les fédéralistes québécois».Ét au surplus, «ils ne vivent pas dans une province où üy a une grande partie de la population qui rêve à la séparation du Québec».En somme, pour la Fête du Canada Day, «le Québec devrait obtenir un financement au prorata de sa population.Et pas un sou de plus».?L'O Canada, maintenant «Lorsque c'est moi qui l'entonne.il a plutôt l'air d'un chant funèbre», confiait un chroniqueur invité, Robert Neilsen, dans le New Brunsmck Telegraph jeudi.«Bien qu 'un chant aussi lugubre traduise bien l'état actuel de notre pays, tourmenté par le séparatisme québécois, le sentiment d'alienation de l’Ouest, la corruption d’Ottawa et l'état de dépendance des provinces atlantiques.je crois malgré tout que notre hymne devrait être plus optimiste.» Neilsen se dit certain que dans ce grand pays, il doit y avoir quelqu'un en mesure de composer un hymne plus entraînant.Mais attention: il ne s’agit pas, insiste-t-il.de demander à un rocker (le groupe The Guess Who.par exemple) de produire une nouvelle version de notre hymne.Extrapolons: Neilsen, au fond, ne veut pas d'un Jimi Hendrix en transe, le front ceint d'un bandeau glorieux unifolié, faisant criailler une guitare en feu.Pàs plus que de l'irrévérence de quelque Gainsbpurg de Kingston marmonnant, sur un air reggae, «O Canada, et caetera».Mais Maple Leaf Forever pourrait peut-être faire l'affaire, songe Nielsen.Cette chanson a un côté très joyeux: «Il jbudrait cependant en récrire une strophe qui sort tout droit de Vère coloniale pour l’adapter au Canada multiculturel d'aujourd’hui.» Aussi devrait-on ajouter la fleur de lis à l'énumération des symboles floraux canadiens, soit le chardon écossais, le trèfle irlandais et la rose britannique.Et si nous étions contraints de conserver l'Ô Canada?Eh bien, il y aurait aussi un travail d’adaptation à faire.Par exemple, le «We stand on guard for thee»: «N'est-il pas excessif, compte tenu de l'état de nos forces armées, de notre statut de quasi-protectorat, de notre dépendance économique et de notre situation de satellite culturel des Etats-Unis?» Malgré tout des millions de Canadiens onf élimine leur «complexe d’infériorité» par rapport aux EtatSrUnis, fait remarquer Neilsen.Jusqu'à la députée Carolyn Parrish (maintenant indépendante) qui s'est permis d'insulter le président Bush.Cette évolution devrait-elle être soulignée dans une nouvelle version de l'hymne?Peut-être bien, écrit-il.«Mais l’important, c'est de s'en donner une qui soit plus animée et moins morne que la version actuelle»., blague-t-il.Il y avait aussi texte sur l’Ô Canada hier matin dans le Globe and Mail, mais sur un registre moins badin.Le titre?«We don't stand on guard for thee.» L'auteur, Andrew Caddell, un consultant en questions onusiennes pour le ministère des .Affaires étrangères du Canada, déplore qu'on n'ait aucunement souligné un double anniversaire relie à l'hymne national.Nous avons oublié que c'est le 24 juin 1880, à Québec, que l'Ô Canada fut interprété pour la première fois.Un siècle plus tard, en mai 1980, tout de suite après le premier référendum québécois, on a adopté l'Ô Cçnada comme hymne national officiel.En conséquence, on aurait pu croire qu'en 2005, «un choeur de 125 personnes au Stanley Park, un groupe de rock à Signal Hill ou un orchestre symphonique sur les plaines d'Abraham aurait chanté à l’unisson “O Canada, terre de nos aïeux’.Mais non.tout ce qu'on entend aujourdhui, c'est un silence total».Pour Caddefl.c'est là une «honte nationale».Peut-être est-ce dû à l'ignorance de notre histoire.Ignorance souvent plastronnée et «utilisée pour déclencher l’hilarité», écrit-il Caddell rappelle que l’Ô Canada, c’est d’abord une musique de Calixa Lavallée, qui avait entre autres «été musicien pendant la guerre de Sécession américaine».Blessé, il dut retourner vivre et travailler à Québec.où on lui demanda de composer un hymne.Basile Routhier, un «juge et écrivain connu», rédigea les paroles.C'est aussi au Québec que la version anglaise — qui devint officielle en 1980 — sera composée, en 1908, note Caddell.L'auteur?Un autre juge, Robert Stanley Weir, de fEstrie.Admiratit Caddell écrit «Nos dirigeants parient des "valeurs canadiennes" en récitant la liste d’épicerie des politiques publiques populaires chez les Canadiens: système de santé, péréquation, développement régional ou Charte des droits.» Mais «ce ne sont pas des valeurs».maugrée Caddell.Pour avoir une idée des véritables «valeurs communes», nous n’aurions pas à chercher très loin: eDes seraient dans l’Ô Canada'.«On v parie de sacrifices pour la liberté, de l'amour de la patrie, de Ihiver, de la loyauté à une cause juste, du sentiment de former une communauté et du fait que nous sommes une terre d’accueil.» (Dans quelle version, l’anglaise ou la française?) Caddell rappelle ensuite que Lucien Bouchard a dit un jour que le Canada n’était pas un «vrai pays».D abord, Caddell réplique que «notre pluralisme post-moderne constitue une amélioration considérable par rapport à l'ethnocentrisme des États-nations traditionnels».Mais il ajoute que si nous n'arrivons pas à cultiver le souvenir (à dire «Je me souviens», en somme?), à savoir un peu mieux qui nous sommes, «on finira peut-être par donner raison à M.Bouchard».Pour éviter ce destin funeste, «apprendre à célébrer l’hymne qui exprime ce que nous sommes, fô Canada, serait un bon début».La presse m* du Canada LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIM A X t H E 2 (i .1 1' I X D É E S Centenaire de la naissance de Jean-Paul Sartre, le 21 juin 2005 Référence obligée ou mauvais maître ?Territoires périphériques sous pression MARC CUBAIN PROULX ANNIE COHEN-SOLAL SOURCH HhA Dès 1929, Sartre mit en place avec Simone de Beauvoir une vie de couple qui préfigura les familles recomposées: complicité tant affective que politique, équilibre et honnêteté dans la durée./.«K* Professeure à l’Université de Caen, chargée de séminaire à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et auteure de Sartre 1905-1980 (collection «Folio essais», Gallimard), Sartre, un penseur pour le XXI' siècle (collection «Découvertes», Gallimard) et Sartre (collection «Que sais-je?», PUF).es premiers mois de l’année 2005, celle du centenaire de la naissance de Sartre, ont été l’occasion d'observer un phénomène qui, depuis la mort de l’écrivain, en 1980, est aujourd’hui devenu éclatant l’étrange écart dans la réception sartrienne en France et dans le monde, frappée d’anathème chez nous, référence obligée ailleurs.Alors que, dès le mois de janvier, la presse française ressassait tel un vieux disque rayé, les mêmes clichés, stigmatisant un Sartre mauvais maître, penseur démodé ou encore imposteur, au contraire les hommages en provenance de la plupart des pays d’Europe, d’Afrique, d’Asie et des deux Amériques s’accordaient sim un point le message de Sartre restait toujours jxjur eux un outil de référence pour déchiffrer leur époque et que, plus de 25 ans après sa mort son œuvre suscitait encore le même intérêt Quels éléments de la trajectoire sartrienne repèrent donc aujourd’hui ces intellectuels étrangers qui semblent échapper aux Français?Que Sartre, héritier de la bourgeoisie, ressentit dès 1925, au cours de ses années d’Ecole normale supérieure, les limites de la tradition universitaire française.D répondit à sa manière: il s’intéressa à des formes esthétiques émergentes, perçues comme moins nobles, notamment le cinéma, et à d’autres cultures, perçues comme moins anciennes, comme la culture américaine, et, selon une posture d’héritier subversif qui allait marquer toute sa vie, il lança ses critiques contre l’institution philosophique, refusant de se lancer dans une carrière universitaire et se déplaçant jusqu'à Berlin pour mettre en place son exigence de penser au présent et explorer de nouveaux chemins plus conformes à ses attentes.Il s’intéressa au roman américain expérimental de son époque, découvrit les œuvres de Dos Passes, Faulkner et Melville, décrivant plus tard cette période comme un moment d’ouverture et de régénération fulgurantes, une «véritable révolution non euclidienne».«H nous a tout d’un coup semblé que nous venions d’apprendre quelque chose et que notre littérature était sur le point de sortir de ses vieilles ornières.Aussitôt, pour des centaines de jeunes intellectuels, le roman américain a pris place, avec le jazz et le cinéma, parmi les meilleures importations en provenance des Etats-Unis.» Nouveaux équilibres Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, grâce aux deux séjours qu’il effectua aux Etats-Unis pendant ces années charnières, il put, avant tout autre, observer les nouveaux équilibres qui s’esquissaient alors et pensa le devenir de la culture européenne et de la civilisation occidentale du point de vue de «l’Européen de 45».Décrivant la culture comme la «réflexion sur une situation commune» et «le paysage de la ville mutilée» comme «une architecture humaine commune à l'Europe», il perçut «la nécessité de se rééquiper et l’impossibilité de s’adresser à d’autres qu’aux Américains» pour le faire.Dès 1948, s’appuyant sur l’affirmation selon laquelle «le Blanc a joui trois mille ans du privilège de voir sans qu'on le voie», il donna toute leur dignité à des continents ignorés, comme l’Afrique «invisible, hors d’atteinte, continent imaginaire», et développa dès lors une pensée postcoloniale qui servit d’épine dorsale à tous les mouvements de décolonisation'qui élaboraient alors leur prise de conscience.Il s'engagea à mettre en place un tribunal dont la seule «légitimité vient à la fois de sa parfaite impuissance et de son universalité».A la même époque, marquant clairement ses distances, il ajouta: «Nous n’avons pas à considérer l’Amérique comme le centre du monde.C’est la plus grande puissance du monde?Je vous l’accorde.Mais notez: elle est loin d’en être le centre.Lorsqu’on est européen, on a même le devoir de ne pas considérer l’Amérique comme le centre du monde [.] Elle est également la puissance la plus vulnérable du monde et [.] le monde ne l'a pas choisie pour devenir son centre de gravité.» En 1971, à la suite des interdictions énoncées contre les journaux maoïstes et de la découvertes des mensonges provenant des sources d’information traditionnelles, Sartre fut à l’origine de l’agence de presse Libération pour «donner la parole aux journalistes qui veulent tout dire, aux gens qui veulent tout savoir et au peuple».Dès 1929, il mit en place avec Simone de Beauvoir une vie de couple qui préfigura les familles recomposées: complicité tant affective que politique, équilibre et honnêteté dans la durée.Sartre proposa donc l’élaboration tâtonnante de nouvelles configurations.Autant de tentatives qui, comme toutes les expériences pionnières, furent bien sûr entachées de tâtonnements, de maladresses, même d’excès — mais comment être exempt d’er reur lorsqu’on expérimente?Ecart de valeurs Comment dès lors comprendre cet écart éclatant dans l’évaluation de l’œuvre sartrienne en France, où elle est frappée d'anathème, et à l’étranger?Dans un entretien de 1967, Sartre nous livre peut-être une clé en réponse à ces questions.Au détour d’une phrase, il énonce: «Luther disait: ‘Tous les hommes sont prophètes’’.» Et si Sartre, parlant au nom de ces valeurs protestantes transmises par son grand-père, Charles Schweitzer, dans la radicalité d’une certaine exigence éthique, restait inacceptable dans une France de tradition catholique et réfractaire à la confrontation avec ses propres blessures?Et si c’était au nom de ces valeurs protestantes que Sartre dérangeait, confrontant sans trêve ces tabous de la mémoire collective française comme la collaboration, le racisme, la torture, le colonialisme, autant de traumatismes nationaux qui n’ont longtemps été explorés que par des chercheurs étrangers, par exemple Robert Paxton ou Michaël Marrus?Prophétique, subversif, appuyé sur la société civile, Sartre se porta aux avant-postes pour développer une culture alternative encore en vigueur aujourd’hui.Si, aujourd’hui, le pays de Voltaire, de Diderot, de Montesquieu, d’Hugo et de Zola est incapable de mesurer l’apix>rt de Sartre et continue de chercher des poux dans la tête de Socrate, c’est paradoxalement des deux Amériques que nous arrivent les échos de ces deux philosophes qitoyens qui, comme Cornel West aux Etats-Unis ou Antanas Mockus en Colombie, se réfèrent quotidiennement à Sartre comme à une boussole éthique qui pensa avant tout autre le monde pluriculturel et postcolonial dans lequel nous vivons aujourd’hui.N'est-ce pas Sartre aussi, d'ailleurs, qui décrivit la culture comme un «échange incessant qui amène les nations à redécouvrir chez d'autres nations ce qu’elles ont inventé puis rejeté»?Prophétique, subversif, appuyé sur la société civile, Sartre se porta aux avant-postes pour développer une culture alternative encore en vigueur aujourd’hui Qui a peur des sans-statut?Professeur d'economie à R diversité du Quebec à Chicoutimi es territoires localisés en dehors des deux métropoles et de la vallée du Saint-l auront subissent actuellement des forces économiques qui causent une ties forte érosion de leur population.Les images d’usines fermées, la réduction des droits de coupe forestière ainsi que la montée aux barricades des syndicats et des unions ne font qu'illustrer un très grave problème dont l’ampleur doit être bien saisie, au-delà des aléas de la conjoncture politique.Parmi les 1100 petites municipalités (moins de 5000 habitants) dispersées sur le vaste espace québécois, 70 % de celles à vocation agricole ou minière sont en déclin ou en stagnation de l'emploi pour la période 1991-2001 alors que ce ratio s’élève à 80% maritime.Plus diversifiée, l'économie de la grande majorité des petites agglomérations urbaines localisées en périphérie ne va pas beaucoup mieux, Mont-Joli, Mani-waki, Senneterre et autres Chandler illustrant même des pertes d'emplois effarantes.Seules quelques grandes agglomérations périphériques de plus de 10 000 habitants comme Rimouski, Rouyn et Kivière-du-Loup se tirent un peu mieux d’affaire d'un point de vaie économique grâce aux effets de polarisation des activités du secteur tertiaire ou à l’arrivée bénéfique d'un important investissement industriel comme à Sept-Des et à Alma.(.) Les causes des difficultés Au-delà du bouc émissaire classique de la «mondialisation» ou de la «métropolisation», le problème périphérique du Québec s’avère bel et bien de nature structurelle.11 s’articule autour de quelques facteurs de mieux en mieux isolés.On assiste d’abord à une rupture des réserves de certaines ressources naturelles telles que, à divers degrés selon les zones, les poissons de fond, le cuivre, la forêt et les terres fertiles.A l'exploitation toujours à la hausse depuis des décennies, plusieurs limites environnementales sont désormais atteintes.Aussi, la demande internationale de certaines ressources encore disponibles s’est contractée, notamment pour le fer, l’amiante et le papier journal.Dans certains secteurs où le potentiel existe encore, le marché fixe des prix insuffisamment élevés pour couvrir les coûts marginaux de production, comme dans l’hydroélectricité et l'éolien.11 est pertinent de signaler que le virage technologique réussi rapidement dans l'agriculture, la forêt, l'aluminium (>1 le bois d’oeuvre favorise la croissance de la production mais élimine les emplois.Ceci transforme les travailleurs en victimes de la réussite économique de leurs milieux.Paradoxalement, en effet, les territoires périphériques du Québec créent globalement davantage de richesse qu’auparavant, et ce, avec moins d’emplois.Pour combler le manque à gagner en matière d’inv ix>t sur le revenu, Québec a instauré un régime de re-devances sur l’exploitation des ressources naturelles.Ce régime verse, bon an, mal an, aptour de 400 mit lions de dollars dans les coffres de l’Etat, sans compter les im]x>rt;mts dividendes à la hausse exigés de la société Hydro-Québec.On comprend alors qu’il est logique que ces nouvelles retombées financières issues de la périphérie fassent l’objet de questions dans leur utilisation discrétionnaire par Québec.Il faut en outre souligner que la vague actuelle d’intégration sectorielle des activités économiques souhaitant demeurer concurrentielles élimine dans le processus les petites unités de production dispersées dans les petits lieux et milieux, au profit de grandes unités qui se concentrent plus près des grands marchés, soit dans le sud du Québec.Du coup, la propriété locale en périphérie se voit érodée davantage.D'autant plus que cette intégration économique a atteint les secteurs de la distribution tels l’alimentation, la quincaillerie, les merceries, la restauration, la bijouterie, l’optométrie et tous les services spécialisés.lorsque la propriété des entreprises n’est plus locale, les profits ne sont que rarement réinvestis localement [,.| Face aux choix MOHAMED LOTFI Journaliste et réalisateur radio r e n’est pas tous les jours qu’une centaine C d’hommes et de femmes décident de marcher durant huit jours pour défendre une cause.Des citoyens du Québec le font depuis le 18 juin en traversant à pied villes et ^ villages, de Montréal jusqu’à Ottawa où, aujourd’hui même, se retrouveront des centaines de personnes de partout du Canada pour une grande manifestation devant la Chambre des communes.La marche rappelle quatre revendications: la régularisation de toutes les personnes sans statut (200 000 au Canada), la fin des expulsions, la fin des détentions des migrants, immigrants et réfugiés ainsi que l’abolition des certificats de sécurité.Se cacher Le moins qu’on puisse dire, c'est que cette marche n'aura pas causé un vacarme médiatique; pourtant, l'enjeu quelle soulève nous concerne tous.L’avenir du Québec et du Canada repose aussi sur ces immigrants sans statut et leurs enfants qui partagent les bancs d’école avec les nôtres.Mine de rien, ils font partie de nous.«Il suffit d’ouvrir les yeux», me disait .une des organisatrices de la marche.Les amis de ces personnes, les amoureux et amoureuses de ces personnes partagent leur insécurité, leurs souffrances, parfois leurs joies, leur vie.A-t-on idée de ce que cela signifie, 200 000 personnes non régularisées au Canada?Cela signifie que ces gens sont sans accès normal aux soins de santé, sans vie normale.Certains doivent vivre en cachette; d'autres ont des enfants nés ici mais sans les mêmes droits que les autres enfants.Citons le cas d’une Algérienne.Arrivée il y a 13 ans au Québec avec son mari, elle a aujourd'hui cinq enfants, tous nés ici, mais elle n’est toujours pas régularisée.Pire, elle est menacée d’expulsion avec son mari et ses enfants.Pourquoi ce silence ?Je ne comprends pas le silence des médias à propos de cette marche: à peine quelques images aux téléjournaux et un petit reportage à la radio nationale.Faut-il attendre d’avoir un problème avec les autorités policières pour que, tout d’un coup, la marche existe?On a attendu que Mohamed Cherfi se réfugie dans une église pour s’intéresser à son sorti Des familles entières se réfugient pendant des mois dans les sous-sols d’église avant qu’on n’évoque leurs problèmes.N’est-ce pas ridicule d'avoir peur de personnes qui ont encore plus peur que nous?La marche «Personne n’est illégal» souligne le dixième anniversaire de la marche «Du pain et des roses», une autre marche historique.Ces deux marches revendiquent simplement la dignité: la première contre la pauvreté, la deuxième contre l’insécurité, la peur et la pauvreté.Cependant, contrairement à la marche «Du pain et des roses», aucun artiste, aucune personnalité célèbre n’a pris part à la marche «Personne n’est illégal» pour lui donner un minimum de visibilité.Pour-tant, queDe belle et noble cause! Pourquoi ce silence, j’ose dire cette méfiance?Jean (Leloup) Leclerc est sorti de sa cachette pour faire une sortie médiatique pour deux amis arrêtés et détenus.Sans lui, je n’en aurais jamais entendu parler.Bravo pour l’amitié.Les sans-statut, eux, ont le malheur de ne pas avoir comme amis Jean Leclerc, Paul Piché, Dan Bigras ou quelque personnalité publique que ce soit, pour qui les micros s’ouvrent plus facilement.Les sans-statut ont comme amis des étudiants qui, depuis des mois, se donnent corps et âme pour rendre possible une marche pacifique de grande envergure.Ni les certificats de sécurité ni les mises en scène de peur ne les impressionnent.La marche «Personne n’est illégal» entrera désormais dans l’histoire autant par la cause qu'elle défend que par cette volonté titanesque d’une trentaine de jeunes d’améliorer le sort de leurs prochains.Quels que soient les résultats de cette marche, ses jeunes organisateurs, membres de la coalition Solidarité sans frontières, me rassurent un peu sur l’avenir, et je leur dis merci.Un peu, c’est déjà beaucoup.Denise Bombardier La chronique de Denise Bombardier fait relâche jusque vers la mi-juillet Doit-on abandonner les territoires périphériques à leur sort actuel?Il s’agit bel et bien d’un choix de société! Plusieurs pays combattent les imperfections des forces économiques polarisatrices actuelles par d’audacieux plans de relance des territoires périphériques, notamment la Norvège, la Finlande, l’Ecosse, alors même que l’Irlande représente clairement un cas de périphérie qui a rebondi globalement L’Australie est dotée une politique vigoureuse à l’égard des territoires non métropobtains.Les Etats-Unis, eux, interviennent massivement dans leurs régions par diverses politiques qui ne portent pas le libellé régional, notamment la recherche et la R-D, la production d'équipements militaires, les transports et l’agriculture.Le principe de base est fort simple: l’occupation des territoires périphériques.Au Québec, la nouvelle prospérité de Montréal bien branchée sur le marché international, représente le grand succès des dix dernières années.Plusieurs experts avancent qu’il faut désormais développer une vision régionale du Québec.la périphérie n’est pas un vaste désert truffé de petites zones de villégiature et de boisés d’érables à sucre, ni une source de richesse à pomper.Ce sont de nombreux bassins de ressources exploitées et exploitables, une quarantaine de poches industrielles des centres de consommation, des pôles de déveloœ pement, des institutions d’enseignement supérieur des centres de R-D, des infrastructures et des équk pements publics, et aussi une population mobilisée même en dehors des campagnes électorales.Malgré d’importantes contraintes, les territoires périphériques du Québec ont encore du ressort Les gouvernements supérieurs doivent s’en préoccuper par un vigoureux plan de relance bien ciblé.* 1 L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes t l’information générale et métropolitaine Gérald Dailaire fl» directnr dt l'information>, Jeanne Corriveau {affdirn muniripalnj.Fabien Deglise.Mane Andrée Chouinard Itiuratumt Josée Boileau fUUoruiluU, ratumvible dt la pagr hUu), Brian Myles trna rt faits de société).Clatrandree Cauchy (Général) Jean Dion.Louis-Gilles Francceur (ennronnenunV.Benoit Munger {responsable du site Internet].Laurence Clavel.Jean-Guillaume Dumont (commis internet) Isabelle Pare (santé/ I/juise Maude Rioux Soucy (surnuméraire) .Pauline Gravel (science T* Guillaume Bourgault-Côté {surnuméraire).Michel Carneau (caricaturiste).Diane Précourt (responsable des pafes thématiques).Martin Duclos.Michele Malenfant et Christine Duma/et {relecteurs).Renee Léo Guimont et Serge Paquin trelerteun surnuméraires) .Jacques Grenier et Jacques Us» ' 'Photographes .b l'information culturelle Michel Bélair (théâtre et cahier r*(r«reijul>t Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du ueek-end).Stéphane Baillargeon (reporter) Paul C tue bon (médias/.Caroline Montpetit (livres/.Odile Tremblay (cinéma).Bernard lainar'-h'1 ¦arts nsuels et musique) Frederique Doyon (surnuméraire' .h l’information économique Gérard Bérube (ad/oint au directeur dt l'information).Dominique Reny (pupitre).Philippe Papineau (surnuméraire).Fini Iresro- ers, Alec Castonguay, Claude Turcotte.François Desjardins IJ*rn«m
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