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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2005-07-02, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET D 1 M A X C R E 3 JUILLET 2 0 0 5 BIOGRAPHIE Henri Tranquille et l’amour des livres Page E 3 ¦ DE VISU Métis: jardins et art contemporain Page E 5 etlumire \ LES SAGES FOUS Mollusque étrange tiré de Bizzarium F ES TI VAL D’ETE DE QUÉBEC Irrésistibles fous Après Paradissimo et ses mythiques autruches, la troupe de théâtre de rue Les Sages Fous se pointe au Festival d’été de Québec pour lancer Bizzarium, sa toute nouvelle création inspirée des cabinets de curiosité.Du jamais vu sur la terre.ISABELLE PORTER Québec — On en entend peu parler, mais Les Sages Fous font un tabac partout dans le monde.«La grande différence dans les publics, raconte Jacob Brin-d’Amour, l’un des trois membres réguliers de la troupe, est dans le cercle que les gens font autour de nous.Dans les pays germaniques par exemple, le cercle est parfait, droit, et ne bouge pas, alors qu’en Italie, il n’y en a pas, de cercle.En Espagne, c'est une espèce de rond complètement bordélique et en Sardaigne, les gens s’approchaient tout près de nous.Enfin, dans les Balkans, en Croatie, il n’y avait plus de barrière, comme si la guerre avait détruit les barrières normales.» Qu’ils aient vu Paradissimo de près ou de loin, les festivals sont tous d’accord: Les Sages Fous sont irrésistibles.Sans paroles, surprenants, suscitant le rire et la peur, les spectacles des Sages Fous mettent en scène les créatures les plus fantasmatiques de notre imaginaire.Ils appellent cela de d’archéologie onirique».Tout juste rentré d’une série de spectacles à Singapour, Jacob Brind’Amour tente de nous décrire Bizzarium: «Ça concerne l'étude des créatures qui n'ont pas encore été découvertes par la science, comme une sirène lacustre, par exemple.Le monstre du Loch Ness est aussi dans cette catégorie, mais c'est un faux, bien entendu.Dans le milieu, on sait que c’est de la désinformation.» VOIR PAGE E 2 :FOUS ALLIANCE AT!ANTIS VIVAKILM Aurore: vie et mort d’une pop-martyre Quatre-vingt-cinq ans après le fait divers qui a bouleversé le Québec et cinquante-quatre ans après le film qui a stigmatisé l’imaginaire collectif des Québécois, la petite Aurore Gagnon ressuscite sous l’effet des électrochocs de Ci-némaginaire et d’Alliance.MARTIN BILODEAU En 1964, dans la revue Parti pris, Denys Ar-cand, alors documentariste à l’ONF, se livrait à une passionnante analyse des films A tout prendre, de Claude Jutra, qui venait de sortir, et de La Petite Aurore, l’enfant martyre, réalisé par Jean-Yves Bigras treize ans plus tôt A propos de ce dernier film, il écrivait: «J’ai cru en voyant le film que peut-être il s'agissait là d’une œuvre cynique, un super-canular, fait par des gens lucides et cruels, uniquement intéressés à s’assurer un succès financier auprès du peuple québécois.» Le cinéaste aurait voulu transmettre un message subliminal à sa conjointe, la productrice Denise Robert, qui ne s’y serait pas mieux pris.Comment en effet ne pas percevoir dans cti Aurore qui pointe, fruit d’un partenariat entre Cinémaginaire (dont Denise Robert est la patronne) et Alliance Atlantis Vivafilm, le cynisme et l’opportunisme d’entrepreneurs du cinéma qui, enivrés par le triomphe de Séraphin, cherchent le Klondike dans le répertoire de la Grande Noirceur?L’eussent-ils réinventé, modernisé et rendu pertinent qu’ils mériteraient sinon notre admiration, du moins notre clémence.Or la nouvelle version du martyre par Luc Dionne, «inspirée» du roman d’André Mathieu, ne fait que réactualiser bêtement un des films les plus stupides de notre cinématographie — qui plus est en s’y mesurant presque à son désavantage.Si, pour des raisons d’embargo, je ne peux ici me pencher sur les défauts de ce médiocre téléfilm, sa sortie la semaine prochaine nous invite, dans l’intervalle, à nous pencher sur le chemin parcouru par la petite Aurore dans la dramaturgie québécoise.D’ailleurs, le seul fait que ce prénom soit devenu une locution populaire désignant une personne persécutée n’est-il par révélateur des stigmates que le sort de la malheureuse enfant a laissées dans l'inconscient coDectif des Québécois?Une «Passion» La petite Aurore Gagnon (1908-1920) ne donnait pas au cimetière depuis un an lorsque Léon Petitjean et Henri Rollin décidèrent de transposer sa vie et sa souffrance dans une «Passion» intitulée Aurore l’enfant martyre.Le fait divers survenu à Fortierville, dans le comté de Lotbinière, avait créé un émoi inédit dans la population québécoise, qui avait suivi en prière le procès pour meurtre de Marie-Anne Houde et de Télesphore Gagnon, respectivement belle-mère et père naturel d’Au-rore.Elevée au rang de martyre, l’enfant s’était aussitôt réincarnée au théâtre en une représentation angélique, voire sacralisée, dans une pièce passée de deux à quatre actes (le martyre, la mort, le procès et le châtiment) et jouée plus de 5000 fois depuis.Exception faite de l’étonnante relecture qu’en a faite René-Richard Cyr au Quat’Sous en 1984, la carrière commerciale de la pièce du tandem Petitjean-Rollin a pris fin avec la production de l’éprouvant film de Jean-Yves Bigras, sorti au plus fort des politiques obscurantistes de Maurice Duplessis.Libéré de prison pour bonne conduite en 1925, Télesphore Gagnon ne s’était jamais opposé publiquement à la pièce de théâtre du tandem Petitjean-Rollin, pas plus qu’à toutes les autres — dont celle qu’Henri Deyglun a écrite en 1927.Auteur du roman dont le film avait été tiré, Marc Forrez racontait d'ailleurs qu’après avoir assisté incognito à une représentation de la pièce, l’infâme menuisier de Fortierville avait conclu: «C’est ça et c’est pas ça.» «Pas ça!», c’est cependant ce qu’il a déclaré en 1951 en prenant connaissance du projet d’adaptation cinématographique par France Film.Au terme d’un recours judiciaire hautement publicisé, sa demande d’injonction a été rejetée par le tribunal.Si bien que la petite Aurore (campée par la petite Yvonne Laflamme) a pu, en noir et blanc s’il vous plaît, recevoir les coups de tisonnier brûlant, manger les tartines de lessive, dévaler l’escalier du grenier, bref, subir pour nous piécheurs les sévices qui ont précipité sa rencontre avec Dieu.VOIR PAGE E 8 : AURORE S PRESENTE Prtsy Gâtant / Tout va trop rite Aujourd'hui encore./ Une compilation des plus pands Hommage t Aznawur Un vibrant hommage en chansons succès de Patsy Gaim par 15 artistes du Québec iffititint TRI LOG En vente chez ARCHAMBAULTmI «quKctwn» Bleu de mémoire Avec ta coHaborztton de Jean-Piem Zaneea, de Pado Ramos et de Fmds Coran faute Magan / Les Machines Guitariste de la défunte formation TSPC PUiNgU* BELLE ET BUM L.J , ' ' ' ' : , BeMeS Bum/ Le monde de BELLE ET BOM fuec ta parbapatnn, entre atdres, de Lynda Thahe, Luck MerUBe.Paolo Ramas, EmeHne Michel.TRILOGIE O «UCT* LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 E 2 FOUS ET DIMANCHE 3 JUILLET 2 0 0 5 Livres LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Humeur voyageuse Quand la littérature devient «une terre d’asile» ouverte à tous les songes qui se terrent en chacun de nous SUITE DE LA PAGE E 1 Bizzarium met aussi en scène des chenilles qui se nourrissent de cire d’oreille, une pieuvre géante des Malouines, un couple de maringouins géants de l’Abitibi, •qui se nourrissent exclusivement du sang des jolies filles».On comprend qu’une partie de ce spectacle de rue se déroule dans l’eau.Mais, de là à savoir comment, il faudra le voir pour le croire.La petite histoire Les Sages Fous sont nés, il y a un peu plus de cinq ans, de la rencontre à Montréal entre Jacob Brind’Amour et sa voisine de palier, South Miller.«Elle fabriquait des masques et des marionnettes et moi j’étais intéressé par la piraterie, je voulais écumer les sept mers.Les deux ensemble, on se retrouvait autour de la figure du saltimbanque et on s’est dit qu’il fallait fonder une compagnie.» Il lâche l’université et part avec elle à New York pour vendre des marionnettes dans la rue.De retour à Montréal, le couple écrit des contes pour enfants, fait un peu de théâtre jeunes publics et part finalement s’installer à Trois-Rivières où les rejoint la troisième tête du trio, Sylvain Lompré.Jacob Brind’Amour ne croit pas que la troupe aurait mieux ou moins bien réussi si la compagnie était restée à Montréal: «Les avantages ici, c'est qu’on a un accès plus facile aux décideurs.[.] Et à Trois-Rivières, il n’y a pas de loi qui nous empêche de jouer dans la rue.[.] Par contre, on est assez loin du bassin de créateurs et il nous faut souvent faire venir des gens de Québec ou de Montréal.U faut savoir planifier.» Les Sages Fous ont aussi quitté la ville par conviction: «Pour nous, la décentralisation culturelle, c'est important.On pense que le Québec en a besoin.Il y a comme un virage qui s’est effectué en Europe durant les années 1950 que nous, ici, n’avons jamais vécu.» Le Bizzarium est la deuxième création de la troupe.La première, Paradissimo, qui mettait en scène d’impressionnantes autruches, en est à sa quatrième année de tournée et est déjà passée par 70 festi- SOURCF.FESTIVAI.D'ETE DE OUÉBEC Les autruches de la troupe de théâtre de rue Les Sages Fous w ^ vais internationaux.Les Sages Fous aiment trimballer leurs spectacles longtemps: «On ne voulait pas être une usine à faire des spectacles.Avant de commencer, on est allés en Europe et on a vu des spectacles de toutes les formes.Des dix minutes, des tout-nus, des spectacles pour trois personnes, des mégaspectacles, dans la rue, dans les salles, dans des appartements.On a réalisé qu’on pouvait faire strictement tout ce qu'on voulait et on a mis tout le temps qu’il fallait pour le faire.» Tandis que Bizzarium mènera Les Sages Fous à Syracuse et au festival Zones théâtrales d’Ottawa, Paradissimo les guidera probablement à Moscou, en Irlande et à Barcelone.Jacob Brind’Amour explique que les deux projets sont nés ensemble.«On a fait les deux autruches en pensant qu’elles allaient tirer le cabinet de curiosité [.], en se disant que ça allait juste être des bêtes de somme.» Or U appert que les marionnettes ont le plein contrôle sur leur destin, «ü y avait un mâle autruche et une femelle, on les a laissés tout seuls dans l’atelier et là.il y a eu un œuf.Alors finalement, c’est leur histoire qu 'on a décidé de raconter.» Collaboratrice du Devoir Du 7 au 10 juillet Entre 18h et 23h, rue Saint-Jean, à Québec Il n'y a pas de voyage innocent», dit le narrateur de Que-namican, dont la femme vient de partir à la découverte du Mexique et qui s’engage, lui, avide et insatiable lecteur, sur les traces d’un Gérard de Nerval solitaire et tourmenté, explorant l’Orient et ses mystères et s’aventurant jusqu’au Nouveau Monde.Avec ce roman-voyage qui tient du parcours à la fois philosophique et littéraire, où se mêlent rêve et réalité et se superposent lieux et époques en un mystérieux jeu de miroirs, Roger Magini, écrivain à la plume inquiète, poète de «l’espace du dedans», poursuit sa plongée au cœur des ténèbres de l’âme humaine.Dans ce roman où l’intelligence prend sans cesse le relais de l’émotion, où on glisse de la sensation à l’impression, puis de l’impression à la méditation, la littérature devient «une terre d’asile» ouverte à tous les songes qui se terrent en chacun de nous.Et l’écriture, un acte amoureux.Oscillations existentielles «Renaîtrons-nous mon amour comme le phénix renaît de ses cendres?», demande Marguerite à son compagnon avant de s’envoler pour le Mexique?Ce dernier revoit en un éclair «le beau Rick et l’émouvante Usa se séparant à jamais» dans le film Casa- blanca.Il essaie de fredonner As Time Goes By, mais ça ne passe pas.«Comment maintenir ce qui a été défait, comment recomposer ce qui s'est décomposé, comment recréer ce que le feu a consumé», se demande à son tour le narrateur.Un ange viendra-t-il — comme dans le poème de Baudelaire — «un soir de rose et de bleu mystique ranimer, fidèle et joyeux, les miroirs ternis et les flammes mortes» des vieux amants?Pour tromper l’attente quotidienne du retour de Marguerite — tout gravite autour de cette espérance redoublée d’angoisse, de vide à combler —, le narrateur accueilli par ses amis en Corbières apprivoise ce coin qu’il avait cru oublié mais qui a survécu dans sa mémoire comme une arrière-sensation.Les journées se rattachent les unes aux autres avec leur cortège de livres lus, «plus aimés que jamais pour leurs rêves éveillés», de dîners au cours desquels se cachent de grands moments de plaisir, d’allégresse et de volupté.Quand le cœur désemparé se fait trop lourd, le narrateur, la tristesse à la boutonnière, squatte les bas-fonds du rêve au son de la voix du grand chanteur de flamenco Manolo Caracol, ni caverneuse, ni déchirée, qui vient des profondeurs, par le souffle expiré jusqu’au bout, par l’intensité de tout l’être.Quotidiennement, l’invité à l’humeur voyageuse, rêveuse, se rend à Narbonne.Il s’installe à la terrasse d’un café sous les platanes longeant le canal, en face du vieux marché, replonge dans les Œuvres complètes de Nerval, suit le poçte dans son Voyage en Orient (Egypte, Levant, Turquie) — un Orient au sens métaphysique du terme, qui désigne ce «pôle au-dedans de nous-mêmes» — puis vers ce Mexique mythique qui le fascine: «Dans les écritures déchiffrées des anciens Mexicains est évoqué un lieu où Ton vit selon ses désirs, Quenamican.» Les oscillations existentielles du poète toujours en «quête de ce moi intérieur, sauvage, que l’homme apprivoise à la fois comme un enfantement laborieux et une résurrection nécessaire mais improbable», de même que sa dévotion à l’imaginaire, trouvent des résonances au plus profond de l’esprit du narrateur.«J’ai toujours adoré ça, ce dédale entre l’imaginaire et le réel, je m’en délecte à m’y perdre, quel vertige.» La littérature, une fête Quenamican impose au lecteur un effort par son mode de narration et d’écriture zigza-gant, qui pourrait sembler alambiqué si tout ne fonctionnait pas parfaitement.Fort d’une écriture expérimentée, tous les éléments narratifs s’emboîtent les uns dans les autres: les récits de voyage de Nerval et celui du narrateur, les digressions, les incises, les rêves qui rendent compte des méandres de ses pensées.Que l’auteur salue au passage le labeur des artisans responsables de la typographie impec- cable du livre de l’écrivain voyageur Thomas Gage — premier étranger à visiter au milieu du XVII' siècle les colonies espagnoles au Mexique et en Amérique centrale —, qu’il exprime un propos critique sur l’anéantissement des Indiens d’Amérique et la destruction des splendeurs originelles, qu’il commente la •longue marche» sur Mexico d’El Subcomandante et de l’Armée zappatiste de libération nationale en 2001, ou qu’il disserte sur la tyrannie de la passion qui «nous fait supporter l’insoutenable.Tin-tolérable, tous les paradoxes», chaque fois il arrive à organiser ces différents éléments, à les intégrer au récit, à donner à cha-cun sa place.Quand on a l’occasion de lire une plume pleine de vivacité, de découvrir des histoires transformées par l’imagination et réinvesties par l’écriture, de voir un écrivain s’emparer de la création comme d’une chose qui est sienne, on se dit que la littérature est une fête et l’écriture, un tourment et un apaisement «dans une identique jubilation», pour reprendre l’expression de Nerval.Et qui sait, les lecteurs à l’humeur vagabonde et rêveuse découvriront peut-être en lisant Quenamican que c’est leur propre histoire qu’il sont en train de lire.Collaboratrice du Devoir QUENAMICAN Roger Magini La Pleine Lune Montréal, 2005,258 pages ROMAN FRANÇAIS Les soleils révolus de Simon Liberati Suzanne Giguère Marie (loue Blais Phoio Mkhel Tremblay NUIT LE MAGAZINE DU LIVRE Numéro 99 en librairie le 1er juillet 2005 Marie-Claire Blais par Armelle Datin ; un rap inédit par Tania Kontoyanni ;des livres sur des phénomènes de société par Laurent Laplante; Brina Svit par Michèle Bernard ; «Écrivain méconnu du XXe siècle » Georges Navel par Bruno Curatolo; « Le livre jamais lu » par Mario Bergeron ; « Littérature jeunesse» par Laurent Laplante (accès gratuit dans Internet).Iflaa Saif fholo Jotquu Sossiit Site Internet www.nuitblanche.com Tous les abonnés (version papier) y ont accès gratuitement Abonnez-vous : 4 numéros pour 31,06 $ taxes incluses Nom : .Prénom : .Adresse : .Ville : .Code postal : .Tél.:.Courriel : .?Par carte de crédit Visa n° : .Date d’expiration : .?Ci-joint mon paiement par chèque Envoyez votre chèque A l'ordre de Nuit blanche, 1026, rue Saint-lean, bureau 403, Québec (Québec), GIR 1R7 Tél.: (418) 692-1354 Télécop.: (418) 692-1355 CHRISTIAN DESMEULES Cf est l’une des véritables sensations de la rentrée de l’automne dernier en France.Une sorte d'oiseau rare et nocturne qui laisse loin derrière, en matière de force de frappe, les minets échevelés qui retiennent les feux de la rampe.Honnis une petite campagne orchestrée par le magazine littéraire Topo, une apparition équivoque et désastreuse sur le plateau du Tout le monde en parle français, le premier roman de Simon Liberati a fait peu de vagues.Avec ses vingt-neuf ans au charme un peu fatigué, revenu de tout sans être jamais vraiment allé nulle part, Claude Boudin, le narrateur de cette Anthologie des apparitions, présente toujours ce visage à la «beauté luciférienne qui lui avait valu de ne jamais travailler et de ne jamais prendre aucune décision».Adolescent des années soixante-dix, rescapé d’une génération post-hippie perdue entre romantisme de gauche et fascination pour l'argent, il traine un passé qui brille avec l’éclat fascinant de soleils sombres et révolus.«Notre propos n'est pas de raconter des histoires mais d'éqoquer des fantômes», avertit Simon Liberati.A quinze ans et demi, les yeux déjà cernés, perchée à moitié nue sur des talons de douze centimètres, sa jeune sœur Marina, dont la trace s’est rapidement perdue entre Cannes, Paris et Los Angeles, l’accompagnait dans ces voyages au bout de la nuit «Lorsque Marina et Claude entraient bras dessus bras dessous tels deux petits bergers d’idylle dans un restaurant ou un bar d’hôtel, le troupeau des clients fré- missait et un silence, court comme un souffle, passait de table en table.» Portrait moral d’une jeunesse droguée d’héroïne _ _ et de désillusion, rabatteurs sentimentaux, gitans de circonstance, qui marchandent sans frémir la perte de leur innocence à des émirs arabes en virée sur la Côte d’Azur.«Si Ton n’est pas capable de se déshonorer, si Ton sait dire non, c’est qu’on accorde de la valeur aux choses de ce monde, et par exemple au confort, à la sécurité, à l’estime de soi ou à la santé.» Simon Liberati, à quarante-quatre ans, a choisi de laisser mûrir ses phrases avant de s’essayer au roman.Avec ce je-ne-sais-quoi du mémorialiste de l’Ancien Régime qui revisite ses crimes, cet ex-rédacteur en chef du Cosmopolitan françajs écrit avec le dos droit et l’esprit souple.Etude de mœurs et morceaux choisis d’un théâtre décadent.Anthologie des apparitions prend aussi parfois un profil de traité d’aphorismes: «Les bouches des hommes et des femmes sont comme des baignoires d’hôtel, on oublie qu’elles ont beaucoup servi quand on a besoin d’elles.» Un bijou d’intelligence froide qui ouvre sur un gouffre de passions humaines.Collaborateur du Devoir ANTHOLOGIE DES APPARITIONS Simon Liberati Flammarion Paris, 2004,222 pages Portrait moral d’une jeunesse droguée d’héroïne et de désillusion ANTHOLOGIE Vin et ivresse en Islam « N AÏ M KATTAN \ A première vue, une anthologie du vin et de l’ivresse en ^BOUQUINERÎE vous offre les plus beaux livres et disques compacts d'occasion à une fraction du prix du neuf.Arts, philosophie, littérature, histoire: musique francophone, classique, jazz et d'avant-garde.fichât à domicile 4075, rue Saint-Denis, Angie Duluth 288-5567 7*)*).Mont-Royal Est \ngh- St-Hubert • Metro Mont-Rmal 523-5628 Islam peut sembler bizarre ou, du moins, inattendue.Car on sait que le Coran interdit toute boisson alcoolique.D’ailleurs, Che-bel cite le texte qui impose l’interdit Cela ne rend que plus surprenante l’existence d’écrivains, de poètes, d’historiens et de médecins qui, sous le règne de l’Islam, ont chanté le vin ou, du moins, tenté de le réhabiliter.Ce dernier est certes interdit ici-bas mais, comme le dit le Prophète lui-même, au paradis il est une abondante récompense, ü y eut diverses manières de contourner l'interdiction.Des médecins ont fait prévaloir la valeur thérapeutique du vin.Les mystiques soufis lui ont reconnu des qualités qui permettent d'atteindre une élévation spirituelle et qui, au lieu d’éloigner d’Allah, aident à s’en approcher.On cite Jalal Eddine Rûmi: l’amour de La femme et l’ivresse sont des voies qui conduisent à Dieu.Interdit et transgression Cependant certains écrits, tout en reconnaissant l’interdit, le transgressent C’est surtout le cas d'Abou Nuwas.le grand poète du K' siècle, qui fut protégé par le calife Haroun al-Rachid et par son filsal-Amin: •Touchée Cesse de me blâmer, car blâmer est inciter (à boire encore)! Soigne-moi plutôt avec ce vin qui fut le mal.Liqueur dorée, les tristesses ne sont pas ses hôtes Touchée par la pierre, celle-ci serait touchée par la joie.» Les Mille et une nuits sont des contes populaires où s’étalent l’érotisme et l’ivresse.On y trouve des astuces pour contrecarrer l’interdit.Le chantre le plus connu est le savant persan Omar Khayyâm, qui lui aussi propose une justification de la boisson: •Le vin est défendu, car tout dépend de qui le boit.Et aussi de sa qualité et de la compagnie du buveur.Ces trois conditions réalisées, tu peux dire: Qui donc boit du vin, si ce n’est le sage?» D’une très belle présentation, cette anthologie est un plaisir à lire.Chebel nous présente des hommes qui, tout en affirmant leur appartenance religieuse et en dépit des rigueurs des théologiens, ont cherché des moyens de vivre et de chanter le plaisir et l’ivresse.Collaborateur du Devoir ANTHOLOGIE DU VIN ET DE L’IVRESSE EN ISL\M Malek Chebel I P Paris, 2005,274 pages LE DEVOIR.LES SAMEDI D 1 M A \ C H E 3 J T 1 L L E T 2 O O 5 2 ET «•Livres-» k a CAROLINE MONTPETIT Je n'ai jamais connu la Librairie Tranquille.Je n’ai jamais franchi, à la recherche d’un livre, compagnon de quelques heures, le portail de ce temple du livre, qui s’est trouvé successivement rue Sainte-Catherine, rue Saint-Denis et avenue du Mont-Royal Et pourtant, le personnage d’Henri Tranquille, libraire par excellence, très grand amoureux des livres, fait depuis longtemps partie de mon imaginaire.C’est la figure, qui a presque 90 ans aujourd’hui, d’un éclaireur, de l’un de ses meneurs qui ont forcé la venue des livres au Québec, avec celui d’une certaine laïcité et, dans son ensemble, de la Révolution tranquille.D disait qu’un «livre bien choisi devrait être attaqué le soir même comme une conversation commencée doit se poursuivre.Ainsi se développe la curiosité intellectuelle».Cette conversation, il l’a entamée avec des centaines et des centaines de clients, des interlocuteurs, des amis.Un ancien client aujourd'hui directeur du Devoir, m’a même conté que le tranquille libraire avait longuement houspillé un voleur de livres avant de finalement le laisser partir avec le butin volé! C’est dire comment il respectait les lecteurs.Tranquille amour des livres Pour rendre hommage à ce maitre, Yves Gauthier publie ces temps-ci une biographie d’Henri Tranquille aux Editions du Septentrion.Sous le titre Monsieur Livre, Henri Tranquille, il retrace la vie du libraire, le début de sa passion pour les livres, ses bons coups et ses revers comme libraire, puis une sorte de consécration qui s'est associée à un certain déclin, et qui en a peut-être fait un monument avant l’âge.Le métier de libraire n’est sans doute pas apprécié à sa juste valeur aujourd'hui.Reste qu'Henri Tranquille aimait tant les livres qu’il se résignait parfois même mal à les vendre.Et que cette passion lui est venue dès le cours classique, qu’il a commencé comme boursier en prétendant devenir prêtre, avant d’abandonner par honnêteté.Là, déjà, il achetait lisait et revendait les livresO pour les autres étudiants.A l’époque, c’est Rabelais qui le marque par-dessus tout «à cause de la qualité de sa langue et de sa grande culture».Dans les années 30, l’édition de la littérature québécoise n’est pas rentable — «Le serait-elle actuellement sans les subventions?», demande d’ailleurs l’auteur.Et l'éditeur Valiquette, pour lequel travaille Tranquille à un dollar par jour, de 9h à 23h —, profite de la guerre en Europe pour publier plusieurs auteurs français.Autour LE DEVOIR Henri Tranquille en 1947 de 1942, on peut donc rencontrer Georges Simenon ou Antoine de Saint-Exupéry aux éditions de la rue Saint-Urbain.La vie de libraire que raconte Yves Gauthier, qui connaît Henri TranquiDe depuis le collège et qui a fréquenté sa librairie à partir de 1957, n’a pourtant rien de facile, malgré l’aura romantique qu’elle revêt.C’est une vie entière à tenter de joindre les deux bouts, à équilibrer les entrées de livres et les sorties, et à regretter, parfois sans doute malgré soi, les rares livres vendus.Cette passion, qui est en fait la passion de lire, n’a jamais quitté Henri Tranquille, qui lui a même sacrifié une vocation d’écrivain.«Quand on est un gros liseur, dit-il on ne peut presque pas cesser de l'être.Cest sûrement pourquoi je n'ai pas écrit davantage, faisais trop de plaisir à lire, à jbire des trouvailles.• L’homme avait aussi le sens de la promotion, savait attirer l'attention des médias.D est par-dessus tout connu pour avoir organisé le lancement du sulfureux Refus global.le 9 août 1948, dans la librairie qu'il avait ouverte le 8 mai précédent.Mais Tranquille tempère aujourd'hui la portée de cet événement.«Les journaux en ont parlé.Mais ça n’a rien changé.Le Refus global, ça s ’est pas vendu.'», dit-il.Anticonformiste, communisant puis brièvement fascisant, indépendantiste convaincu, TranquiDe aura vraiment été de tous les débats inteUectuels de son époque.Il reste à espérer que l'hommage qu'on lui rend ici n'est pas un tribut à un règne du livre et du véritable libraire aujourd'hui révolu.Le Dei'oir MONSIEUR LIVRE, HENRI TRANQUILLE Yves Gauthier Editions du Septentrion SiUery, 2005,283 pages JACQUES GRENIER LE DEVOIR Henri Tranquille en 1990: une vie entière à tenter de joindre les deux bouts, à équilibrer les entrées de livres et les sorties, et à regretter, parfois sans doute malgré soi, les rares livres vendus.Un nouveau Rebus MARIE LABRECQUE S f il n’a pas encore atteint ici la notoriété d’un James Ellroy ou d’un Michael Connelly, Ian Rankin est une grosse pointure du polar anglo-saxon.Depuis 1987, il a écrit quinze romans mettant en vedette l’inspecteur Rebus, une œuvre primée et traduite en vingt-six langues.Pour le lecteur étranger, l’un des attraits des polars réalistes de Rankin tient à leur décor écossais pur malt L’auteur, né en 1960 au pays de Walter Scott, est Dé fie façon indissociable à la vüle d’Edimbourg.La belle cité lui offre un cadre idéal, avec sa riche histoire, sa dimension secrète, son cDmat imprévisible, sa géographie étouffante, sa gastronomie exotique et malsaine (sandwich au corned beefed, à la betterave, scotch egg — œuf dur entouré de chair à saucisse!).Et, bien sûr, ses nombreux pubs, où l’inspecteur Rebus passe beaucoup de temps à enfiler bière et whisky.Le protagoniste d’Ian Rankin ne dépare pas la tradition des héros du roman noir: porté sur la bou-teille, soUtaire (il est divorcé et ne voit plus ni son ex-épouse ni sa fille) et réfractaire à l’autorité, il mène ses enquêtes à sa guise, sans trop s’encombrer des règles procédurières, ce qui lui vaut des ennuis avec ses supérieurs.Dixième roman de la série Rebus traduit en français, La Colline des chagrin?s’ancre dans le passé sordide d’Edimbourg.Comme il le fait souvent, Ran km part d’un fait véridique: en 1836, la découverte mystérieuse de 17 cercueils miniatures abritant des poupées de bois au fond d’une cave.Cette énigme historique (selon une hypothèse récente, cet étrange mémorial serait lié aux crimes de Burke et Hare, qui avaient assassiné 17 personnes afin de vendre leurs cadavres aux profs d’anatomie) expDque peut-être pourquoi on a retrouvé un petit cercueil similaire à proximité du manoir de la famille de Füp Balfour, une jeune fille de bonne famille portée disparue depuis une semaine.En cherchant la trace d'autres minicercueils, l’inspecteur Rebus exhume d’anciennes affaires non résolues.Y aurait-il un Den avec la disparition de Flip?Pendant que Rebus traque la piste incertaine du passé (avec l’aide d’une séduisante conservatrice de musée), sa jeune coDègue Siobhan Clark est entraînée dans un passionnant jeu de rôles sur Internet par un mystérieux correspondant virtuel de Füp.Surnommé Quizmaster, le suspect soumet à la poücière des énigmes qui, à chaque étape, la promènent dans djvers Deux au cœur ou autour d’Edimbourg.Un jeu qui pourrait s’avérer dangereux.Si le dénouement de La Colline des chagrins ne comporte finalement pas de grande surprise, on suit avec beaucoup d’intérêt cette enquête complexe, qui suit en pa-raUèle des chemins aussi décalés que l’Histoire et les nouveües technologies! Et Rankin a le don d’écrire des dialogues qui sonnent juste.Le roman s’attarde aussi beaucoup aux relations entre les différents personnages d’enquêteurs, des rapports tissés de rivaüté, de jeux de pouvoir, de jalousie ou d’émulation.Il montre de manière convaincante le dilemme des jeunes poüciers (particuDèrement, ici, des femmes) désirant se taüler une place au soleil, sans pour autant «renoncer à une part de soi-même pour monter en grade».L’auteur dépeint notamment le tiraillement de Siobhan, ambitieuse mais séduite par les méthodes inorthodoxes de Rebus.Suivra-t-elle la mauvaise pente de son aîné?On devine en tout cas que cet intéressant personnage est appelé à prendre une place grandissante dans l’univers d’Ian Rankin.Collaboratrice du Devoir IA COUINE DES CHAGRINS Ian Rankin Traduit de l’anglais par Daniel Lemoine Editions du Masque Paris, 2005,521 pages EXPOSITION DI77 JUILLET A0 14 AOÛT Fragments pigmentés Peintures detoussef 0HARBA0UI • Pbèrnee d abkd ELINAHI Petit* poil* noir* dispersé* sur la neige Menu* être* qui cherchent à dire Qui vont à tâton* vers un sens à venir l’aire libre C l«llt m.lli I7SI.DE SiUBERRT.lOSTRt AL SORTIE 4 DE tiUTOROUT! 1S (5141 S37 4083 / 1 877 337 4033 WWW LIBR1IRIEI0IET COI POLAR Bosch est de retour ! MICHEL R É LAI R Ce coup-ci, ça y est: Harry Bosch est de retour au LAPD (Los Angeles Police Department).Après une retraite «officielle» qui n’aura duré que quelques années, après une dernière enquête à titre de «privé» qui lui aura permis d’éliminer enfin le tueur en série répondant au nom du Poète (Los Angeles River), Bosch retrouve sa coéquipière Kiz Rider à la toute nouvelle escouade des Affaires non résolues.Pour amorcer sa nouvelle carrière, ils reprendront tous deux l’enquête sur le meurtre impuni d’une jeune adolescente, Becky Verloren, survenu 18 ans plus tôt dans les collines entourant Los Angeles.Le coup de génie de Michael Connelly, c’est de faire participer le lecteur à l’enquête dès le départ puisque Bosch doit reDre tout le dossier à partir d’une trace d’ADN retrouvée sur l’arme du crime.La toute première journée du retour de Bosch, on pourra ainsi rencontrer tous les personnages liés de près ou de loin à l’affaire; le père et la mère de Becky, qui n’ont jamais pu se faire à sa disparition et dont les vies détruites sont demeurées figées dans le temps; ses copines de l’époque aussi, qui ne comprennent toujours pas ce qui a pu se passer, de même que le seul flic ayant participé à l’enquête et qui soit encore vivant.« Michael CONNELLY DEUIL INTERDIT La manière Connelly En filigrane, on voit prendre forme peu à peu le profil d’un petit truand minable, supréma-ciste à ses heures, qui a eu l’idée saugrenue de laisser son ADN sur la gâchette du pistolet qui a tué la jeune Verloren, et que Bosch tentera de piéger en espérant qu’il le mène au coupable qui se promène toujours impunément.En l'espace d’une semaine à peine, en remontant méticuleusement toutes les pistes et en potassant le dossier de l’affaire jusqu’à le lire entre les lignes, Harry Bosch et Kiz Rider parviendront à provoquer une brusque accélération des choses.Soudain, tout se mettra Montréal capitale mondiale du livre 20,03 |2006 1 w MONTRÉAL À LIVRE OUVERT I I I I I I I I CIRCUIT DE DÉCOUVERTE URBAINE I SUR L'HISTOIRE DU LIVRE ET .DE LA LECTURE A MONTRÉAL UNE OCCASION UNIQUE DE DÉCOUVRIR LE PATRIMOINE LITTÉRAIRE MONTRÉALAIS PROCHAINS CIRCUITS > Samedi 9 juillet de 9 h 30 à 13 h > Samedi 30 juillet de 9 h 30 à 13 h > Samedi 13 août de 9 h 30 à 13 h > Samedi 27 août de 9 h 30 à 13 h I I I Il II Il II Réservation obligatoire au Collectif L’autre Montréal Information : www.autremontreal.com Réservation : (514) 521-7802 Prix du billet : 5,00 $ I I I mcml.canoe.com I CCMC **VT(8|*II CD I =r- =7 J* rss- srr- tS» **4, @*T*r à aller très, très vite.Trop vite même.Et avant qu'ils arrivent à résoudre l’affaire, le cadavre d’une nouvelle victime presque innocente s’ajoutera à celui de Becky Verloren.Derrière tout cela, il y a toujours la manière Michael Connelly, son sens du détail anodin, sa façon de raconter, de faire ressortir la petitesse des uns et la grandeur ordinaire des autres.Et Los Angeles, bien sûr.Attachante, inhumaine et monstrueuse tout à la fois, cette ville impossible est l'un des person- nages préférés de Connelly à travers ses livres, quels que soient ses héros.De Laurel Canyon, où Bosch vit à fianc de colline, jus-qu'au dédale du centre-ville, Connelly trouve là un terrain fertile où l’on ne peut que souhaiter qu’il s’épivarde encore.Le Devoir DEUIL INTERDIT Michael Connelly Le Seuil, collection «PoUciers» Paris, 2005,389 pages YVES Ht ALICH EM 1N Un saut dans le vide 4 4 ' ' Yves Beauchemin Charles le téméraire Un saut dans l§ vidt 416 pages • 24,95 $ JACQUES SAVOIE Les soupes céLesties Jacques Savoie Les soupes célestes 280 pages • 24,95 f Les romans de l'été sont chez Fides www.editiontfidet.com M D I f Jane Urquhtrt LES AMANTS DE PIERRE jane Urquhart Les amants de pierre 488 pages » 29,95 S LOUIS OAUTHISR Voyage en Inde avec un grand détour ' Louis Gauthier Voyage en Inde avec un grand détour 280 pages * 24,95 S t E 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 JUILLET 2005 ••Livres •* C c t r 4 C I t ] 1 1 < < J J < j J ESSAIS QUÉBÉCOIS Pour que la simplicité soit vraiment volontaire Les porte-parole les plus consciencieux de la simplicité volontaire — et Dominique Boisvert en fait partie — sont des gens plutôt sympathiques.Os privilégient l'ètre au lieu de l’avoir, ils respectent l'environnement, ils ont l’esprit communautaire, ils souhaitent sincèrement contribuer au bonheur de chacun et, dans l’esprit de notre époque un peu molle, ils proposent au lieu de sermonner.Tous ceux qui, un jour ou l’autre, ont eu du mal à joindre les deux bouts, ont été stressés par le rythme de leur vie et ont réfléchi au sens de la vie, ne peuvent que se reconnaître un peu dans ces sages des temps postmodernes qui leur proposent de ralentir pour mieux se réapproprier leur propre vie.Dans L'Abc de la simplicité volontaire, Dominique Boisvert leur rappelle délicatement que l’argent ne fait pas le bonheur, qu’on peut, avec un peu de bonne volonté, résister à l’envahissement publicitaire et à la surconsommation pour renouer avec des valeurs plus enrichissantes sur le plan humain.Difficile, là-dessus, de le contredire: le désencombrement de l’existence, pour la plupart d’entre nous, est une opération salutaire qu’il faudrait avoir le courage de mener plus souvent Mais peut-on parler, pour autant, au sujet de la simplicité volontaire, d’un «véritable courant philosophique», comme le suggère le préfacier Serge Mon-geau?Est-on là en face, comme l’avance Boisvert à son tour, d’un mouvement social qui mériterait qu’on lui consacre nos énergies de militants en quête de justice sociale?Il me semble que ce serait là beaucoup s’illusionner et confondre une modeste sagesse pratique avec un combat politique plus essentiel.Bien conscient de ces enjeux, Boisvert n’hésite pas à poser la question de front: «Faut-il changer d'abord le cœur des individus ou les structures collec- Louis Cornellier tives?» H répond: «Et si c’était les deux à la fois, indissociablement?» Son argumentation n’est pas inintéressante: «Des individus qui cherchent, dans leur agir propre, à améliorer le sort du monde vont nécessairement appuyer aussi les changements collectif ou structurels nécessaires.» En effet, pourrait-on conclure, mais le problème n’est pas aussi simple.En insistant sur le caractère d’abord individuel de la démarche de simplicité volontaire (chacun à son rythme, à sa façon, à sa mesure), les tenants de ce courant donnent dans un relativisme dont le potentiel mobilisateur risque de s’épuiser rapidement.Si, par exemple, par souci environnemental, les membres de ma famille et moi choisissons de nous limiter à l’usage d’une seule petite automobile, il n’est pas dit que notre voisin, qui en a quatre grosses, choisira de suivre notre exemple.Pour lui, la simplicité volontaire signifiera peut-être de se limiter à deux grosses voitures et deux petites.Ainsi, la seule chose que nous partagerons sera notre bonne conscience respective, mais, à moyen terme, un problème d’équité risque de surgir et d’entraîner notre démobilisation (à quoi bon?nous dirons-nous) ou notre ressentiment (il ne comprend rien, celui-là).Nous serons peut-être, malgré tout, plus heu- reux que lui, mais le sort du monde, lui, ne s’en portera guère mieux.Faute d’horizons communs clairement établis et de contraintes démocratiquement définies visant à les réaliser, le militantisme s'enferme dans une démarche personnelle peut-être réconfortante mais tristement inoffensive quant à l’objectif de justice sociale.Dans le même sens, quand Dominique Boisvert écrit «Si vous avez besoin de 50 000 $ par an, votre dépendance à l’égard du travail sera forcément plus grande que si vous n’avez besoin que de 25 000 $», il énonce une vérité de La Palice qui laisse en plan l’essentiel, c’est-àdire la notion de la juste rétribution.Si je travaille au salaire minimum (environ 15 000 $ par année), que dois-je faire?Ajuster ma vie en fonction de ce salaire de misère ou lutter pour améliorer mon sort et celui de mes semblables?Boisvert répondra que la première option ne concerne pas son discours puisqu’il s’agirait dans ce cas, d’une simplicité involontaire.Mais, justement, cela ne confirme-t-il pas que la voie qu’il propose demeure l’apanage de ceux qui ont déjà plus que le nécessaire et qu’il est franchement abusif de prétendre que «rien ne vous empêche de reprendre le contrôle de votre propre vie si vous le voulez vraiment»?La simplicité volontaire, suggère-t-il, peut être un instrument de justice.Ne faudrait-il pas plutôt renverser cette logique et dire que la justice est la condition préalable à la pratique de la simplicité volontaire?Comprenons-nous bien.D ne s’agit pas de discréditer la simplicité volontaire, dont les fondements, comme sagesse pratique, présentent une évidente valeur.D s’agit toutefois de reconnaître qu’il y aurait un moralisme indécent à faire miroiter aux pauvres qu’ils y sont invités sur un pied d’égalité avec les autres puisque quand on veut, on peut.à notre mesure.La quête de la justice sociale — et cela s’applique aussi aux enjeux écologiques —, qu’on le veuille ou non, passe par le politique, qui n’est pas soluble dans le lifestyle, aussi noble et bien intentionné soit-il.Si la conscience des valeurs vraiment humanistes et écologiques est un moteur nécessaire d’un sain militantisme, leur mise en pratique exige des structures collectives pour être rendue possible.Selon Boisvert la conscience doit dès maintenant engendrer des pratiques qui mèneront à des structures.Cette logique, malheureusement, avorte toujours avant l’atteinte de ses finalités politiques et réserve ainsi le privilège de la sagesse pratique à ceux qui en ont les moyens.La logique militante politique moderne sait bien, elle, que, pour donner une chance à l’universalisation du désir de sagesse pratique, la lutte, inspirée par la conscience, doit d’abord engendrer des structures de justice qui fixent les contours d’un monde commun.La simplicité volontaire ne précédera pas la justice sociale qui en est la condition; elle sera peut-être son enfant En attendant s’ils n’oublient pas que sagesse n’est pas lutte, rien n’interdit aux volontaires de se désencombrer.Collaborateur du Devoir louiscornellier@parroinfo.net L’ABC DE LA SIMPLICITÉ VOLONTAIRE Dominique Boisvert Préface 4e Serge Mongeau Ecosociété Montréal, 2005,160 pages L’envers de la camisole CAROLINE MONTPETIT Ils vivent la folie de l’intérieur.La portent, bon an, mal an, envers et contre tous.Eux seuls savent à quelle montagne de préjugés ils sont confrontés, dans là rue, chez eux, et même chez le médecin.Eux seuls connaissent aussi la profondeur de leur souffrance.Le Petit dictionnaire des idées reçues sur la folie, qui lance ces temps-ci un troisième tirage, tente de dire et de démystifier, souvent par le biais de l’humour, la réalité des personnes souffrant de maladie mentale.Publié par Folie-Culture, il fournit ainsi un petit lexique visant à montrer l’envers de la camisole au grand public.Pour eux donc, un diagnostic est «un changement prescrit de statut social», un demeuré est quelqu’un «qui reste chez lui», la désinstitutionnalisation est «un grand mot».Pour eux encore, la dignité est «plus difficile en pyjama», le désespoir est «le train au bout du tunnel», les antidépresseurs sont des «vélos chimiques pour piétons boiteux».Le psychiatre est celui qui «doit tout aux fous», le délire est «une explication qui traîne en longueur» et le sans-abri est «moins bien logé qu'une auto».Folie-Culture est un organisme qui a été créé en 1984 par Autopsy, un groupe de défense des droits des personnes psychiatrisées, et Obscure, un regroupement d’artistes québécois.Dès le début, l’objectif de l’organisme a été d’amener sur la place publique la question de la folie et de combattre les préjugés sur les problèmes de santé mentale.Régulièrement, depuis 1996, Folie-Culture organise des campagnes de sensibilisation, la campagne intitulée Un traitement propre, propre, propre visait récemment à dénoncer la recrudescence de l’usage des électrochocs.Un défilé de camisoles de contention, organisé avec la participation de différents artistes, visait à sensibiliser la population à l’isolement des personnes souffrant de problèmes de santé mentale.En 2000, l’idée est venue à l’or- ganisme de lancer ce Petit dictionnaire des idées reçues sur la folie, inspiré du Dictionnaire des idées reçues, de Gustave Flaubert Comme lui, il est ironique et souvent grinçant, et vise à dire des vérités autrement tues.La récolte d’une liste de préjugés vécus s’est faite auprès de personnes souffrant de problèmes de santé mentale, à travers les organismes communautaires qu’elles fréquentent.Ensuite, le comité de rédaction en a rédigé la version finale.«On a voulu toucher le grand public de façon ironique, moins légère et plus sérieuse», explique Céline Marcotte, directrice de Folie-Culture.Reste que, sous le couvert de l’humour, le dictionnaire révèle parfois un désespoir abyssal.Tout n’est pas perdu, cependant, et Céline Marcotte remarque une plus grande tolérance du grand public aux problèmes de santé mentale qu’autrefois.Quelques préjugés persistent cependant.Comme celui qui veut que les personnes souffrant de ces problèmes ne soient pas intelligentes.Ou encore qu’elles soient dangereuses, alors que la majorité le sont plus pour elles-mêmes que pour autrui.Ou encore celui qui veut qu’elles ne soient pas capables de travailler, qui fait quelles ont tant de difficultés à décrocher un emploi.Le Petit dictionnaire des idées reçues sur la fb-.lie et autres considérations tente de jeter un meilleur éclairage sur tout cela.Et de faire comprendre que la délinquance est parfois un «mal incurable», qu’obéir est souvent «écouter ceux qui crient le plus fort» et la douleur: «une exhortation à se mettre hors de soi».Le Devoir PETIT DICTIONNAIRE DES IDÉES REÇUES SUR LA FOUE ET AUTRES CONSIDÉRATIONS Troisième tirage Folie/Culture Québec, 2005, sans pagination du 12 juin au 4 septembre 2005 INFOS VITRINE DU DISQUE Aux Français le meilleur de Marie-jo Thério 1JUIRENCE LABAT Marie-jo Thério: un nouvel album très abouti._ LES MATINS HABITABLES Marie-jo Thério Naive /GSI Musique (Sélect) Cet album a d’abord paru en France: c’est pour ça qu’il y a dessus des réenregistrements des trois chansons majeures de la Ma-rie-jo Thério que nous connaissons, nous, depyis une bonne dizaine d’années.A savoir A Moncton, Arbre à fruits, arbre à fruits et Café Robinson.Plus une reprise d’Évangéline, la chanson de Michel Conte devenue hymne national acadien, que Marie-jo Thério avait em-egistrée en tout début de carrière en duo avec la chanteuse lyrique Rosemarie Landry.J’établis une cause à effet parce qu’on sent bien qu’il s’agissait pour la compagnie de disques Nat ve de positionner Marie-jo en France en tant que chanteuse acadienne plutôt que comme chanteuse québécoise, parmi une flopée d’autres chanteuses québécoises.On a donc marqué fortement l’appartenance historique avec Evan-géline, et on a ramené la fille dans le Café Robinson que tenait son frère à Moncton.C’est que l’Acadie, en passant par la Louisiane et les Cajuns, ça plaît là-bas.Je le dis sans cynisme.Y a qu’à lire les quelques lignes consacrées par la presse française à ce nouvel album: on ne manque pas de rappeler comment «un peuple tout entier a été déporté», et on décrit non sans délectation anthropologique le drôle de franglais qu’est le chiaque, dialecte acadien.Cela dit nous retrouvons, nous, notre Marie-jo Thério, avec ses mélodies un peu trop libres, ce piano qu’elle caresse et maltraite comme si c’était son meilleur ami, ses chansons sans contours et ce personnage de douce foldingue qu'elle incarne expertement.Les nouvelles chansons ressemblent en cela passablement à celles de l'album précédent, La Maline, moins les saynètes psychédéliques qui nous perdaient dans la brume.Id, il y a une évidente volonté de cohésion, du moins dans les arrangements.Un quatuor de cordes tisse une sorte de grand hamac dans lequel les chansons, les andennes comme les nouvelles, viennent se lover.Ça rend les maniérismes vocaux de Marie-jo, ses chuchotements, ses envolées, ses pauses abruptes, beaucoup plus lisses à l’oreille.Marie-jo demeure Marie-jo, sa poésie est encore impressionniste et parfois indéchiffrable (dans la bilingue Bodily Deltas, par exemple), ses airs sont encore extrêmement volatils, mais ces cordes et les guitares très enracinées de l’ami Bernard Falaise et de Bill Dillon (collaborateur de Daniel Lanois, chouchou des Français) rattachent la chanteuse et son piano à la terre.Dans fvas m’en aller, dans Brille brille petite tortue, l'équilibre est parfait Tout ça compose un album très abouti.Le meilleur de Marie-jo Thério, de loin.Peut-être bien par ses côtés a priori agaçants pour nous.Ça se tient à cause de l’estampille Acadie, à cause de ces réenregistrements qui font admirablement corps avec le reste.Le portrait de Marie-jo n’avait jamais été aussi bien dessiné.Question de perspective.Sylvain Cormier DOUBLE VUE CharlÉlie Couture Flying Boat / GSI Musique (Sélect) C’est le je-ne-sais-plus-conj-bientième album du cher CharlÉlie, mais son premier depuis qu’il vit dans la Grosse Pomme, et c’est aussi le premier disque dont il n’a pas composé les musiques.Et c’est certainement l’un des premiers disques où un auteur aura surtout travaillé avec des compositeurs sans les avoir jamais rencontrés en personne.En effet, c’est par Internet que tout s’est fait.Au hasard fies méandres de la toile, CharlÉlie s’est trouvé en contact avec des types d’un peu partout, un certain Dombrance, un certain Mathias Delplanque, un gars de Marseille du nom d’Usthiax B., qui lui ont envoyé des musiques en MP3.Il n’en a pas fait une recette: quelques complices de longue date ont aussi été réquisitionnés, dont Alice Botté.Cela dit, peu importe la méthode, l’important est que ça colle entre le texte et la musique, et c’est le plus souvent le cas ici.Ça se passe souvent en rap, forme qui sied tqut à fait au verbe délié du CharlElie, notamment dans l’excellente Ballade en ruine, sorte de constat urbain de fin du monde, mais aussi dans Appel à l’aide (Les Peurs) et Killer Zoom Zoom.Les rimes se déclinent aussi en reggae à la Gainsbourg dans Gangsters, en folk-blues dans Tourne en rond, en chanson chansonnière aussi.Moj, pour dire la vérité, c’est le CharlElie chanson que j'aime.Celui qui émeut plus que celui qui décrit l’état des lieux.Alors je zappe un peu le rap et passe directement aux ballades piano: Estelle a disparu, poignante évocation d’un fait divers terrible fia disparition d’une fillette); Sers-toi de moi, très très belle chap-son d’un père à son enfant CharlElie est un type moderne, bravo pour lui, mais plus important encore, c’est un homme sensible.S.C.C L A S S I Q IJ E BACH Cantates pour la Saint-Jean-Baptiste, BWV 7,30 et 167.Suzie Le-Blanc (soprano), Daniel Taylor : (alto), Charles Daniels (ténor), Stephan MacLeod (basse), Montréal Baroque, dir.Eric Mifries.ATMA SACD 2 2400.Fil rouge, qui reliera les éditions de Montréal Baroque pour les prochaines années, voici une collection de cantates de Bach dans l’esthétique défendue jadis par Joshua Rifkin: une voix par partie.Ce pari ne peut être réussi qu'avec un qua tuor homogène qui se connaît bien et possède les mêmes réflexes musicaux.C’est tout à fait le cas dans ce disque rassemblant trois cantates pour la Saint-Jean-Baptiste, choix logique puisque le festival se tient précisément autour de cette fête.On notera que le programme 2005 (Saint-Michel) sera donné ce samedi soir à la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours.On relèvera enfin que ce premier volume est édité sous forme de SACD, que les possesseurs de CD pourront écouter normalement mais qui offre aux adeptes de l'écoute en multica nal une piste SACD admirablement équilibrée et très efficace.Les caractéristiques principales du disque sont la lumière distillée par les effectifs réduits et le rebond imposé par le chef Eric Milnes, 1 parfaitement en situation dans la ' Cantate BWV 30, et tout particulier rement son chœur introductif, 1 «Freue dich» (Réjouis-toi).Oui, on se réjouit de la sensibilité des inter: vendons de Daniel Taylor, de ces ¦ timbres orchestraux à la fois fondus mais à forte personnalité.L’al-chümie opère réellement entre les quatre chanteurs et les vingt instrumentistes.Tout juste regrettera-t-on, petit bémol, la relative placidité et le manque d’autorité de la basse Stephan MacLeod dans ses airs.Mais on écoute ce disque avec ferveur et joie.Christophe Huss RITA LETENDRE - Petits tableaux ef ART PREMIER AFRICAIN Jusqu'au 3 septembre 2005 La galerie sera fermée du 17 juillet au 8 août 2005 GALERIE SIMON BLAIS JAZZIQUE Sculptures: Jean-François André Tableaux: André Schirmer et Biljana Vujicic Œuvres sur papier: Nicolas Robert et Stéphan Senghor jusqu’au 11 juillet galerie d’art 261, St-Jacques Ouest, Montreal (Quebec) I cl.: ô I t) 8 IS-0>6I - va w w .Mtidio261 .ca «Sur une évocation figurative émerge une conversion abstraite» TABLEAUX RÉCENTS : LOUISE FAUTEUX et BERNARD GILBERT Prolongation jusqu’au samedi 16 juillet GALERIE BERNARD" 3926 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2W 2M2, TéL: (614) 277-0770 [H^air»jjnerOTedi_Ub^_ini_jgudl-YBDdrodl 11 h 2Gh samedi 12h-17h et sur r«nri»»g-vnng SYMPOSIUM INTERNATIONAL D'ART /» SITU ^FONDATION DE RO )UII \J 11 1 6 JUILLET AU 5 SEPTEMBRE 2005 - VAL-DAVID www.fondationderouin.com « I> I M A N IE VISU Festival de Métis Quand l’art des jardins rime avec art contemporain Que diriez-vous de humer le parfum des eucalyptus à deux pas du Saint-Laurent (Kate Cullity et Ryan Sims)?Aimeriez-vous vous laisser emporter le long d’un toboggan géant au-dessus d’étranges épinettes bonzaï (BGL)?Avez-vous déjà déambulé la tête dans les nuages (Atelier Big City)?Voudriez-vous contempler de miroitants réseaux de camouflage zébrant ciel, mer et forêt en les faisant se télescoper (Benjamin Aranda et Chris Lasch)?Grand-Métis — Ludiques, inédites, sensorielles, les créations du sixième Festival international des jardins de Métis bouscu- lent les genres.Face aux jardins traditionnels d’Elsie Reford, elles modifient les a priori du visiteur.•Le spectateur est appelé à participer, à jouer, à poser des questions, à expérimenter un espace», indique Lesley Johnstone, historienne de l’art contemporain et commissaire du festival.Inspiré au départ par la référence qu’est le Festival international de Chaumont en France, en cinq ans le Festival de Métis s’est imposé comme l’un des rendez-vous internationaux en la matière.Cette saga au vert a d’abord germé dans l’imagination d’Alexander Reford, qui préside aux destinées du lieu et de ces jardins temporaires.Avec charme, calme et détermination, il emmène depuis 2000 créateurs et paysagistes vers des conceptions atypiques, guettant chaque fois la nouveauté technique ou poétique.Grâce à lui et à son équipe, Métis est devenu ce point annuel sur la création en matière de paysage et de jardin, sans se référer uniquement aux professionnels.Avec le I.LEDUC Modulations, des Français Philippe Coignet et David Serero.corollaire de faire connaître ce qui se fait et de mettre à de jeunes créateurs le pied à l’étrier.«Nous voulions, dit-il, offrir une tribune aux concepteurs tant québécois et canadiens qu’étrangers tout en tentant de conquérir un nouveau pu- Des fleurs pour Miss Elsie Estevan Lodge n’était en 1887 qu’un camp de pêche au saumon.Lord Stephen, bâtisseur du Canadien Pacifique, fit son domaine de ce promontoire à l’embouchure de la rivière Métis.Nièce de lord Stephen, Elsie Meighen Reford hérite en 1924 de cette retraite grandiose.Philanthrope, suffragette, Elsie Reford était aussi une virtuose du lancer au saumon.Convalescente après une opération de l’appendicite, son médecin lui déconseille en 1926 la pêche.Il craint que sa patiente de 54 ans n’ait plus la force de braver le courant «Pourquoi ne pas vous mettre au jardinage?», lui suggère-t-iL De cette prescription naît ce rassemblement de 3000 variétés indigènes ou exotiques sur 18 hectares.Jardin contre nature! Loin de toute pépinière, cette néophyte se met en tête de transformer une forêt d’épinettes ne se prêtant guère à l’horticulture.Tenace, elle a raison des circonstances les plus difficiles.Elle fait creuser, ériger des murets, déplacer arbres et pierres.Elle forme des jardiniers.Obtenir les feuilles afin de fabriquer le compost très fin requis pour ses plantes exotiques relève en cette confiée de résineux du casse-tête.Qu’à cela ne tienne! Elle les échange avec les fermiers voisins contre du saumon.Dosant tourbe, sable et gravier ramassés sur les grèves, elle fabrique une terre adaptée à chaque espèce.Un microclimat favorable.Des défenses mises en place pour contrer les rigueurs hivernales.Un entretien constant, l’amendement des sols, le maintien d’un bon taux d’acidité assurent à ses jardins beauté et pérennité.Découverts en 1924 dans les gorges de Tsuang Po au Tibet les pavots bleus, plutôt d’un turquoise profond et lumineux, ont été acclimatés par Elsie Reford.Rare, cette fleur qui s’y épanouit en ce moment se fait l’emblème, et l’orgueil, du lieu.On peut lire là-dessus: M Jardins de Métis, par Alexander Reford.Éditions Fîdes.Montréal, 2001.¦ Le Paradis d’Elsie,Reford: Les Jardins de Métis, par Alexander Reford.Éditions de l’Homme.Montréal, 2004.blic.» Rassemblant les talents à chaque édition, une douzaine de concepteurs poursuivent sur les bords du golfe une réflexion, quelquefois critique et dans ce cas alimentée par la conscience écologiste, sur les jardins contemporains.Le site a été aménagé à la suite d’un concours d’idées remporté par l’atelier In Situ et VLAN paysages de Montréal.La disposition est constituée d'une esplanade ouverte et d’enceintes devant le fleuve.Ces éléments obligent les concepteurs à envisager avec cohérence leur articulation à une géographie très forte.Grand chouchou de Grand-Métis et médiatisé depuis à travers le monde dans des revues spécialisées, Blue Stick Garden de Claude Cormier paysagistes associés est emblématique des lignes de force cultivées dès la première édition.En un jeu subtil entre la nature et l’artifice, Cormier y faisait référence à la cou- leur des précieux pavots de l'Hi-malaya des jardins voisins d’Elsie Reford.Le pavot a été scanné, fractalisé.Les tonalités «éblouissantes» de la fleur s'affichaient à l’extrémité de ces balises à travers, lesquelles le visiteur s'engage.À la fin du parcours se dévoilait au visiteur, saturée de pigments orange, la face cachée de ces jalons.«Immense exercice de créativité au sein d'une pratique axée sur le domaine public, explique Claude Cormier, Métis a ouvert les voies.» Pas étonnant qu'aux côtés de Chaumont, Métis ait été un relais pour l’expérience nouvelle de Cornerstone, en Californie.Son directeur, Chris Hougie, est venu à Grand-Métis s’en inspirer afin de lancer à Sonoma cette première manifestation des jardins «autres» aux Etats-Unis.Cormier a été l’un des invités en 2(X)4 de ce premier festival.Autre installation-vedette, Réflexions colorées, du Montréalais Hal Ingberg, enserre depuis 2003, d’un triangle de verre coloré, une parcelle de nature.Remuer ciel et terre Jardins de bâtons ou de verre.d’autres «favoris» ont choisi à Métis de manier l’ironie.Mousse Architecture de paysage (Charlotte Gaudette et Emmanuelle Tittley) fait intervenir de nouveau cet été son Unité d’intervention paysagère mobile.Autour de «jardins d’urgence», un conteneur transporte des outils nécessaires à la réhabilitation écologiste en une veine à la fois Robinson et nomade.En bleu et vert, Su-zan Herrington chorégraphie pour Hip Hop des figures surréalistes et un cheminement avec des fleurs et du houblon.Avatar de la maison fantôme de nos en- lances.Nettoyage à sec, par AM MA, architecture du paysage, joue sur la surprise.Bulles de savon et franges balayantes évoquent avec humour le parcours d’un lave-auto qui envoie au visiteur des pulvérisations rafraîchissantes.D'paysagiste Philippe Coignet et l'architecte français David Serero déclinent en «couper-ca-cher» les subtiles modulations de fougères s'entrecroisant à une structure réfléchissante d'inox.Reprenant le thème de la dissolution, Pierre et Maxime Bour-gault invitent à observer à la longue-vue une sculpture de sel en train de se «réintégrer» lentement au fleuve.Le site est revisité jusqu’en son sous-sol par Charles Waldheim et Glenn Herman.Subterranean, leur jardin noir, donne à voir les réseaux enchevêtrés des racines et de l’hydrographie souterraine.Tout aussi underground, laria Sheppard et Mason White mettent en scène des prélèvements de différents sols de la région sous plexi transparent.Ici, les sédiments se font horizons.La Tète dans les nuages, de l’atelier Big City, est une échappée vers les jardins suspendus que sont ces toitures végétales en hauteur.Des racines, donc.Et des ailes! Collaboration spéciale FESTIVAL INTERNATIONAL DES JARDINS DE MÉTIS Jardins de Métis, Grand-Métis Tous les jours de 8h30 à 17h.Jusqu’à 18h en juillet-août.Jusqu’au 2 octobre wwmjardinsdemetis.com ROTHKO NEWMAN 1er juin au T AOÛT 2115 INCURS ONS DANS LE COLOUR FIELD 1950-2005 Bénévoles du Musee des beaux-arts de I Ont et de la Dedalus Foundation Inc .New York trams- ., , , formation Musee des beaux-arts de l'Ontario La Revente 14 juillet au 20 août 2005 - Art Mûr vous invite à placer vos oeuvres d'art contemporain en consignation à la galerie ou encore d’acquérir des oeuvres de nouveau sur le marché; Info: 514 933 0711 artmurfcfvidootron.ca 5826 rue St-Huberi, Mtl.Soc/pfp de développement det entreprises culturelles Québec " " la Galerie d'art Stewart Hall 176, Bord du Lac, Pointe-Claire Du 3 juillet au 28 août 2005 Paysages Oriental Occidental Est-Ouest Catherine Young Bates Andrea Blanar Baowen Fan Peter Krausz Heather Midori Yamada VERNISSAGE le mercredi 6 juillet à 19h Info: (514) 630-1254 festival internation de jardins jardins de métis/reford garder r du 24 juin au 2 octobre 2 jardins performance conférence 200, route 132, Grand-Métis (Québec) G0J 1Z0 (418)775-2222 www.jardinsmetis.com - ; ÊM 1*1 Cm* Econome — — • ¦ économique ConMo Omotopment mé PASTEL INTERNATIONAL Exposition d’Art International - I O' anniversaire Pastel Society of Eastern Canada Présidente d’honneur : Çji+l&ttç R,G4tQ- 8 au 17 juillet 2005, Salle Tudor, Ogilvy, 1307 Sainte-Catherine ouest, 5* étage (aux heures d’ouverture du magasin) La PSEC vous invite i son Cocktail - Art & Jazz Dimanche, 10 juillet, midi à 17 h.\m Claude Texier i LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 JUILLET 2005 E 6 Culture Raffinement à l’italienne > A Marrakech avec Randy CAROLINE MONTPETIT Gianmaria Testa est un charme, tant sur disque ou en spectacle que dans la vie.Joint par téléphone, il nous parle, dans un français impeccable, depuis l'Italie, où il occupe, dans la vie, un poste de chef de gare, c’est-à-dire qu’il aiguillonne les trains sur la ligne qui relie Nice à Turin.Dimanche soir, Gianmaria T esta revient à Montréal pour le Festival international de jazz, au Spectrum.Ce spectacle tournera cette fois encore autour des chansons enregistrées sur le dernier disque de Testa, Altre iMtitudini.Le batteur Philippe Garcia, qui était absent en février, s’ajoutera cependant à Enzo Pietropaoli à la contrebasse et à Piero Ponzo à la clarinette, donnant tgie couleur plus jazz à l’ensemble.A chaque album.Testa tente de recréer un tout, une cohérence.C’est pourquoi il lui arrive d’aller repiquer des chansons écrites il y a vingt ans mais qui jusqu’à présent n’avaient pas été enregistrées.D faut dire que le chanteur voit la musique comme une résistance, résistance au règne de Berlusconi, en Italie, résistance à la menace environnementale, à la guerre utilisée comme réponse à tout «J’ai comme l’impression qu'on est en train d’oublier l’humanité», dit-il d’une voix un peu triste.Reste la musique, si belle, alors qu’on est en train d’oublier la beauté même de la GT Le Festival international -DU- DOtyAINE -,uu—; TOMAINE J/onjeV OU 25 JUIN AU 28 AOUT 2005 MERCREDI 6 JUILLET 28$ Roland Dyens, guitare Quatuor Arthur-LeBlanc Hommage au jazz et autres musiques Soirée les amis du Domaine JEUDI 7 JUILLET 16h - GRA TUIT Luluk Purwanto & «ffin the Helsdingen Trio «Tulipes 2005» Un groupe de jazz Hollandais en tournée canadienne pour commémorer le 60' anniversaire de la libération des Pays-Bas * Présenté exceptionnellement sur les terrains du Casino de Charlevoix.% 29$ Soiré* Deloitte.VENDREDI 8 JUILLET [bjm-danse] Direction artistique : Louis Robitaille Ateliers chorégraphiques [bjm.danse] Chorégraphes : Éric J.Miles, Neelanthi Vadivel, Zachary Whittenburg et Edgar Zendejas.Mapa chorégraphe Rodrigo Pederneiras ; Musique : Uakti SAMEDI 9 JUILLET 30$ Soledad, tango nuevo Génial, irrésistible! Lis Concerts Jazz INDUSTRIELLE ALLIANCE LESBRUNCHES-MUSIQUE fci Veuillez noter que la série des brunches-musique 1 est reportée à l’été 2006.Consultez notre programmation pour les autres activités du Festival et de l’Académie.(418) 452-3535 ou 1-888-DFORGET (336-7438) Programmation complète : www.domaineforget.com •f CommunlcMtion* Patrimoine Canadian canadien Hanfoel Québec DE MONTREAL LE FESTIVAL EST COMMENCE ! BILLETS EN VENTE MAINTENANT 20 h 30 PLEINS FEUX SALLE WILFRID-PELLETIER - PdA 175, rua Saint a-Catharine Ouest i 8 ^VOICES OF SOUL.L^KbeClT ANN PjËEBLES.« THE'NEVILLE BROS.^ ** DEBORAH COX, " * jjP JULLY BLACK # f t JACKSOUL f * M / SYLVIE DESGROSEILL-ERS ET CHORALE SONNY ROLLINS 1, t, S.JAZZ GREGORY CHARLES SAMEDI PROCHAIN ! CONCERT D£ CLOTURE 9 jiiiuh 18h00 LES GRANDS rg CONCERTS THÉÂTRE MAISONNEUVE PdA -,«/
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