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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2009-09-26, Collections de BAnQ.

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!¦ E I) K V U I It .I.K S S A M E I) I 2 (i E T I) I M A N (' Il E 2 7 S E P T E M B R E 2 I) 0 «I DANSE Les images provocantes de Hofesh Shechter au Maisonneuve Page E 4 l A CINÉMA r Tautou après Amélie en Coco avant Chanel Page E 8 ( ULTURE DISQUE Fred Fortin : retour aux premières amours PHILIPPE PAPINEAU Il aura bien fallu attendre cinq ans, mais voici qu’arrive enfin le quatrième et plus récent disque de Fred Fortin.Après avoir pris quelques mois pour enregistrer et tourner pour le Français Thomas Fersen, le chanteur originaire du Lac-Saint-Jean lance Plastrer la lune, qui marque pour l’au-teur-compositeur-interprète un retour aux sources: des récits de personnages et un esprit musical davantage bricolé.Chez les amateurs de musique alternative, la chanson authentique et coriace du vétéran Fred Fortin fait souvent office de référen- « Dans les arrangements, je voulais que ça soit dépouillé le plus possible, que ça soit ce.Oscillant toujours entre la douceur et le rock, dans une poésie touchante mais pas vraiment lustrée, le natif de Dol-beau roule sa bosse de-mums puis 1996> chargé» date où il a lancé son premier (Wsque, Joseph Antoine Frédéric Fortin Perron.Souvent bassiste, parfois batteur, Fortin a aussi travaillé avec plusieurs groupes et artistes, dont Galaxie 500, Gros Mené, Les Breastfeeders et Mara Tremblay.Fersen, Star Académie et Bobbie Plastrer la lune marque un revirement évident pour le père de famille de 38 ans.Son dernier disque, le magnifique Planter le décor, nous plongeait dans un univers sonore sombre et planant, en mode mineur, et dans des textes personnels à la première personne.Rappelons-nous Mélane, Scotch et Château-briand.L’époque est terminée.«Je me suis imposé d’autres paramètres pour aller chercher d’autres choses, précise Fortin, assis dans un café de la rue Amherst, en face de son local de répétition.Dans Planter le décor, il y avait bien des sonorités qu’on entend aujourd’hui chez d’autres groupes, c’est dans l’air du temps.Et c’est sans dénigrer le mood de personne, que ce soit celui de Patrick Watson ou de n’importe qui.Ya de quoi pour la mélancolie qui est fort maintenant, et je ne voulais pas aller là-dedans, pantoute.» VOIR PAGE E 2: FORTIN Sylvie Drapeau est Blanche, dans Un tramway nommé Désir au Rideau vert MICHEL B É LA I R Il y a deux ans déjà, ils avaient tous deux suscité l’admiration avec un bouleversant Marie Stuart, au Rideau vert Denise Filia-trault a le nez fin, mais comment a-t-on pu ne pas voir ce qui est maintenant si évident et que nous n’avions pas deviné avant qu’elle le sente, elle?Que Sylvie Drapeau et Alexandre Marine étaient faits pour travailler ensemble! La passion et le feu dans la rigueur qui caractérisent le travail d’Alexandre Marine.La passion, le feu encore, plus la fragilité criante et quasi cristalline de Sylvie Drapeau.C’est ce qui s’imposait déjà il y a deux ans dans le Marie Stuart de Schiller.Et c’est bien sûr ce qui transpire tout au long à'Un tramway nommé Désir, le chef-d’œuvre de Tennessee Williams: l’implacable rigueur du drame, la fragile démence de celle qui le vit Comment ne pas la voir, elle, en Blanche?Comment ne pas l’avoir vu, lui, cherchant la lumière sous la noirceur du monde dans la moiteur odorante de La Nouvelle-Orléans?L’espoir et la lumière Ils sont épuisés, «vannés», comme disent les cultivateurs en vidant leurs champs de grains.Dans la petite salle de répétition du Rideau vert, de l’autre côté de la rue Gilford, l’équipe travaillait depuis quelques heures déjà.Bientôt, il n’y a presque plus qu’eux; tout le monde est parti.Voilà déjà qu’on parle de l’intensité qui marque leurs visages, de tout ce qu’il faut investir dans une production puis, comme Sylvie Drapeau doit quitter le théâtre dans une heure pour répéter un autre spectacle au Quat’Sous, nous plongeons tout de suite- Alexandre Marine précise d’abord qu’il n’est pas le premier metteur en scène russe à monter Tennessee Williams.«C’est au contraire un auteur très joué, très connu en Russie.Il y a de profondes parentés entre son monde et l’âme russe: la passion et le désespoir, par exemple.Le sentiment de la perte et l’espoir aussi.On peut faire beaucoup de liens entre Williams et Tchékhov: ils se complètent puisque chez Williams on voit sur la scène ce qui reste caché chez Tchékhov.C’est pour ça que les héroïnes de La Cerisaie et du Tramway se ressemblent beaucoup.Ce sont des femmes troublées pour lesquelles l’amour est plus important que-tout.La connexion est très forte avec l’âme russe qui essaie de garder l’espoir toujours.» Sylvie Drapeau poursuit en soulignant que c’est précisément là, «du côté de l’espoir», qu’elle et Marine se rejoignent le plus.«Alexandre comme moi, on est intéressés par la part de lumière que cachent les personnages.Il y a de la lumière en Blanche: son personnage ne peut pas exister sans espoir, sans lumière, sans aimer.L'histoire est triste, bien sûr, mais jusqu’à ce qu’elle craque, elle s’acharne à cultiver l'espoir et c'est ce qui en fait un grand personnage de théâtre, intemporel, classique.Jouer Blanche pour une actrice, c’est très spécial.Mais j’essaie de prendre ça “cool” en me disant que ce sera une Blanche possible parmi tant d’autres: celle que peuvent dessiner aujourd’hui Sylvie Drapeau et Alexandre Marine.» Alexandre Marine PHOTOS: JACQUES GRENIER VOIR PAGE E 2: WILLIAMS MUSÉUMSNATUREMONTRÉAL JARDIN BOTANIQUE s.La Magie des lanternes 11 septembre au 1er novembre • 9 h à 21 h museumsnature.ca 1 ?A I.K DEVOIR, L K S S A M E D I 2 (! E T D I M A \ < Il E S E l> T E M li RE 2 O (I D CULTURE D’Islande en fantômes.2 7 Odile Tremblay Reykjavik — Ça se déroule sous le cercle polaire, sur fond de geysers, de volcans et de glaciers.Ici, les hommes ressemblent aux Vikings, leurs ancêtres: visages plus rondouillards que féroces, drakkars en moins.On a les images qu’on peut de l’Islande, dont les paysages de début du monde occultent la modernité.En fait, sa capitale, Reykjavik, est folle de culture, jeune, branchée, créative, environnementaliste, ivrogne le week-end à n’en plus tenir debout, policée le reste du temps.Très hip! et très cela! Visiblement, la crise économique n’empêche personne de faire de la musique, d’aller au cinéma.Surtout pas les étudiants, qui se bécotent devant le beau lac du centre-ville où les oies et les canards crient en fond de scène.Chouette tableau! Le Festival international du film de Reykjavik roule là-bas, tout en films et en rencontres.On s’y pointe, on voit des documentaires sur l’antisémitisme et les Thaïlandaises à vendre, des fictions magiques comme Kelin du Kazakh Ermek Tursunov aux rituels fascinants dans la steppe.Ces films-là ne viendraient pas en salle sans rendez-vous de cinéma.Quelque 170 000 personnes habitent Reykjavik, la moitié de la population de la contrée.Des jeunes en grappe fréquentent le festival.Faudrait pas le leur enlever.ESPACE GOUNE TRUITE POUR ERNESTINE SHUSWAP —¦ * DU 15 SEPTEMBRE DE TOMSON HIGHWAY AU 10 OCTOBRE 2009 MISE EN SCÈNE D'ANDRÉ BRASSARD AVEC PIERRETTE ROBITAILLE + VIOLETTE CHAUVEAU + KATHLEEN FORTIN + SHARON IBGUI Une mise en scène très maîtrisée d'André Brassard.Les comédiennes sont à la fois graves et divertissantes.Un décor qui est une véritable œuvre d'art.Claude Deschênes, le Téléjoumal, Radio-Canada Une mise en scène époustouflante d'André Brassard.Quel plaisir! Quatre formidables comédiennes (dont Pierrette Robitaille, admirable dans le rôle-titre).Lysiane Gagnon, La Presse Un conte habilement orchestré, savoureusement ironique et ponctué de passages oniriques.Ce qui frappe d'abord, c'est la beauté et la pertinence du décor.Il fallait des actrices de calibre, elles le sont.Alexandre Vigneault.La Presse Une mise en scène sobre et efficace.Pierrette Robitaille est merveilleuse dans le rôle-titre.À la fois drôle et touchante, elle réussit encore une fois un tour de force.Quatre actrices de grands talents.Chapeau! Maxime Charbonneau, 7 Jours Une production de haut calibre.Un décor immense et audacieux, des costumes magnifiques, des comédiens de haut calibre et une mise en scène stylisée signée par André Brassard.Benoît Aubin, Journal de Montréal Cette pièce-là m'a touché profondément.Ça m'a embarqué.La traduction et la mise en scène d'André Brassard sont très réussies.C'est très bien interprété.Christian Dufour, Je l'ai vu à la radio, Radio-Canada Le décor d'Olivier Landreville est hallucinant.Je ne me lassais pas de regarder les costumes de Mérédith Caron.Il y a beaucoup d'humour.La pièce ne me quitte pas, deux, trois jours après; j'aime ça.Louise Forestier, Je l’ai vu à la radio, Radio-Canada Ernestine est incarnée avec beaucoup de panache par Pierrette Robitaille.Une belle mise en scène, très efficace d’André Brassard.Magnifique décor tout en bois.Les éclairages relèvent du grand art.Un spectacle extraordinaire! Francine Grimaldi, Samedi et rien d'autre, Radio-Canada L'ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE! NU présente PASSAGES Du 23 octobre au 7 novembre 2009 De Catherine Dajczman Mise en scène de Marcel Pomerlo Théâtre PAR présente PORC-ÉPIC Du 16 février au 13 mars 2010 De David Paquet Mise en scène de Patrice Dubois ESPACE GO présente UNE TRUITE POUR ERNESTINE SHUSWAP Du 15 septembre au 10 octobre 2009 De Tomson Highway Mise en scène d'André Brassard La Manufacture et ESPACE GO présentent LES SAISONS Du 23 mars au 24 avril 2010 De Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent Mise en scène de Martine Beaulne Théâtre de La Manufacture présente FÉLICITÉ Ou 20 avril au 2 juin 2010 D'Olivier Choinière Mise en scène de Sylvain Bélanger Momentum présente BUFFET CHINOIS Du 4 au 22 mai 2010 De Nathalie Boisvert Mise en scène de Jean-Frédéric Messier Théâtre PÀP présente ROUGE GUEULE Du 20 octobre au 14 novembre 2009 Détienne Lepage Mise en scène de Claude Poissant ESPACE GO présente SEXTETT Du 12 janvier au 6 février 2010 De Rémi De Vos Mise en scène d'Éric Vlgner 4890, boulevard Saint-Laurent, Montréal ESPACE GO 514 845-4890 Admission SI4 790-1245 WWW.eSpaceQO.COm PARTENAIRE transat [li “!S0N Q^Hyÿro Québec Coiiwl de» Arts CONCOURS Ql^^Jébec Les Rencontres d’AviCLMC Voyez d'UNE TRUITE POUR ERNESTINE SHUSWAP et courez la chance de remporter un forfait* pour deux personnes à la Baie-James offert par Hydro-Québec.Valeur 3 600$.Assistez à la rencontre d'Ariane du jeudi Tr octobre 2009 et recevez 2 coupons de participation supplémentaires.Détails et règlements disponibles au www.espacego.com.•Certaines restrictions s'appliquent.Aucun achat obligatoire.Le règlement du concours est disponible aux bureaux administratifs d'ESPACE GO.Quand même, les petits pays possèdent des mœurs bien singulières.Tenez! Ça fait six ans que le Festival du film international de Reykjavik existe et une tradition a déjà pris racine.Le président de l’Islande, Olafur Ragnar Grimsso, reçoit le grand lauréat du prix hommage.Cette année: Milos Forman.Dans la belle résidence officielle à Reykjavik, aucun garde du corps identifiable.Chic suprême: la bibliothèque ne contient que des ouvrages de poètes islandais, legs, dit-on, d’un prédécesseur.Le président, fort élégant, nous serre la main, livre un beau discours très érudit, Milos Forman reçoit son prix, et on sort de là un peu affamés après trois petits fours, mais grisés de champagne et épatés en douce qu’un chef d’Etat fasse tan,t de cas de la culture.A Reykjavik, suffit de tendre l’oreille et toutes les difficultés de la terre à financer un film se déclinent aux accents divers de la planète, mais aussi les exigences du métier, la résistance dans un monde de divertissement.La directrice du festival, Hrdim Marinosdottir, vous explique qu’après avoir perdu le gros commanditaire bancaire à la suite du krach de l'automne dernier, le fonds de médias de l’Union européenne a soutenu leur manifestation pour la première fois.A ses yeux, la vie est faite de petits miracles.Alors, faut pas enterrer l’Islande trop vite.Compris?Et les films?On va voir celui de Solveig Anspach, qui avait réalisé l’extraordinaire Haut les cœurs! avec Karin Viard ainsi que le lancinant Stormy Weather tourné en Islande.Anspach est une enfant du pays, Islandaise par sa mère, domiciliée à Paris depuis longtemps, mais de retour à Reykjavik çà et là.C’est ici qu’elle lance Louise Michel, fragment de biographie de l'anarchiste communarde, qui combattit à Paris avant d’être exilée en Nouvelle-Calédonie, sur les terres des Canaques.Etrange film, tourné pour la télé mais sombre à l’image comme au ton, sans humour, avec une grandeur et une volonté de refuser les critères télévisuels qui impressionnent.Sylvie Testud joue Louise Michel, avec ce côté émacié, désincarné et antisensuel qui sied bien à ses traits osseux.La comédienne française est également l’interprète principale de Lourdes, de l’Autrichienne Jessica Hausner, œuvre ironique et philosophique bien ficelée sur une miraculée en pèlerinage.Testud, qui n’a pas un physique de jeune première, inspire les cinéastes français, surtout les femmes.Il devient parfois absurde de demander à des beautés absolues de défendre des héroïnes peu séduisantes.Alors, les Yolande Moreau et les Sylvie Testud sont en demande par les temps qui courent.On approuve.Question de crédibilité.Ah oui, disions-nous, Milos Forman se voit honoré en cette sixième édition du festival de Reykjavik.Après un prestigieux passé au cinéma tchèque, il fut cette haute statue du septième art américain au cours des décennies 1960 et 1970.Vol au-dessus d'un nid de coucou, Amadeus, Val-mont et compagnie, qui a oublié?Personne.N’empêche, la roue a tourné pour Forman.On le sent si dépressif.En 2006, Les Fantômes de Goya fut un échec commercial.Il n’a pas réussi à trouver le financement du Fantôme de Munich, son prochain film.Au fait, plusieurs fantômes hantent son univers récent, flottant d’un titre à l’autre.Symbole d’une nostalgie, à croire.Cette fois, Forman entend revenir sur les accords de Munich, qui permirent en 1938 à Hitler de s’emparer d’une grande partie du territoire tchèque avec la bénédiction de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Italie.Le film est cher, prévu en trois langues.Forman n’a pas la cote de Tarantino pour boucler des projets aussi casse-gueule.Hollywood, en ces temps difficiles, rappelle-t-il, aime mieux faire des contes de fées avec effets spéciaux que des œuvres à portée historique et sociale.Mais les vieux lions sont parfois écartés.Alors, on regarde ce cinéaste majeur, jadis trésor vivant, perdre pied, recevoir des hommages un peu partout sur la planète festival, avec cet air triste de celui qui se sent empaillé vivant.A sa mort, il recevra des milliers de coups de chapeau supplémentaires.Et la profession s’inclinera bien bas, avant de l’oublier plus longtemps encore.Ainsi passe, dit-on, la gloire du monde.A Reykjavik aussi, on détourne parfois les yeux.otrem blay@ledevoir.com Odile Tremblay était l’hôte du Festival international du film de Reykjavik.WILLIAMS s SUITE DE LA PAGE E 1 Il reprend tout de suite.«C’est un grand rôle de Sylvie, je le crois personnellement: c’est une performance majeure! Mais parfois, au cours des répétitions, j’ai un peu peur pour elle tellement elle s’implique intensément, toujours! Elle fait tout tout de suite à 100 %! Elle comprend tout ce que je lui propose, tout de suite.Je me sens presque obligé de la retenir.» Ce à quoi elle réplique en disant qu’elle n’est pas une actrice «technique», qu’elle «fonctionne au cœur» et que pour elle tout cela ne prend vraiment un sens que lorsque l’on est à la limite de ce que l’on peut faire.Conune ça.Dense, rapide, violent Tout en parlant de légèreté — un mot qui sonne un peu bizarre dans leur bouche et qui ne leur ressemble pas beaucoup —, les deux complices parlent de l’état d’esprit «déconnecté» de Marie Stuart à la fin du texte de Schiller et se mettent d’accord sur une formulation: «la recherche de la légèreté pour amener lentement, organiquement et simplement les choses plus graves».Pas mal.Ça vaut bien «le désespoir élégant» que l’on accole souvent à Tchékhov.C’est Alexandre Marine maintenant qui parle de son adaptation du texte de Williams.D a coupé une bonne heure à la durée habituelle du spectacle — «des petits bouts un peu partout» — et gardé un noyau de six personnages pour resserrer l’action et densifier encore plus le drame de Blanche.La comédienne enchaîne en parlant des flash-back qui prendront forme aussi sur scène et qui sont «beaucoup plus qu’une illustration.» de ce que raconte le texte.«Ce sont les pensées mêmes de Blanche, complète Marine.Deux mondes en même temps vivent en elle et le spectateur le verra clairement en quelques occasions.Comme lorsqu’elle parle d’Allan, le grand amour de sa vie; on saisira clairement, je crois, qu’Allan était homosexuel.» Au bout du compte, même en comptant les flash-back, on aura droit ici à une version de deux heures, sans entracte.Deux heures denses, rapides, violentes parfois, avec des moments pour respirer.avant de replonger encore plus creux dans la tragédie.Comme dans les montagnes russes.«Je crois que l’on sentira ainsi tout le climat de violence émotive dans lequel Blanche a vécu toute sa vie.Le fait de resserrer l’action et de jouer encore plus sur l’intensité rend son personnage plus fragile, plus touchant.Vous verrez: l’approche d’Alexandre plonge les comédiens comme les spectateurs directement dans le senti de la cassure qui habite Blanche; tout le monde s’en sentira plus concerné par ce qui se passe sur scène.» Ouf.Faudra être prêt.Le Devoir UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR Texte de Tennessee Williams mis en scène par Alexandre Marine.Une production du Théâtre du Rideau vert à l’affiche du 29 septembre au 31 octobre.FORTIN SUITE DE LA PAGE E 1 Et c’est plutôt réussi.Ce dernier disque sonne brut, entre l’esprit homme-orchestre de son premier disque et le côté plus lourd de son deuxième effort, Le Plancher des vaches (2000).Quelques couches sonores toutes simples, de la guitare, de la basse, de la batterie et un tout petit peu de clavier.«Dans les arrangements, je voulais que ça soit dépouillé le plus possible, que ça soit moins chargé, dit Fortin.J’ai fait trois ou quatre morceaux seul à mon chalet cet été.J’enregistrais la préproduction en ne sachant pas si j’allais pouvoir la refaire où si ça serait la version de l’album.Elles sont restées comme ça.» Depuis l’automne 2008, la carrière de Fred Fortin a connu une accélération notable.Difficile de passer sous silence le fait que la machine Star Académie, habituellement à des lieues de l’esprit de la musique de Fortin, ait épousé sa chanson Moisi Moé’ssi.Le morceau a trouvé sa place sur l’album de la dernière cuvée et joue abondamment à la radio — honneur que les stations commerciales n’ont jamais vraiment fait à l’interprète d’origine.«J’ai pas reçu le chèque encore, dit Fortin en rigolant.On m’avait demandé de faire un petit mot pour William Deslauriers, qui était en danger.Je lui ai dit que de chanter mes tounes, ça ne m’avait jamais sorti du trouble!» Reste que d’éviter les compromis créatifs s’est avéré payant pour Fred Fortin l’an dernier, alors que Thomas Fersen, le vieux de la vieille de la plus très «nouvelle» chanson française, lui a demandé de réaliser son disque Trois petits tours, avant de le faire voyager avec lui en tournée.«Thomas a relancé mon affaire, assure-t-il.C’est sûr que c’est un Français, il s’attarde aux textes, mais il me disait que ma force, c’était d’inventer des histoires.Je me suis laissé guider par ça.Essayer de refaire des histoires.Et ç’a marché.» Personnages Les personnages, Fred connaît, c’est vrai.Il y avait bien sûr Gaston, Gaspard, Wégi-nald, Gros Bill, Léo et son gâteau au chocolat.Sur Plas-trer la lune, on en retrouve encore plusieurs, surtout en première moitié d’album.Bobbie dit le tueur, Grandes jambes, Madame Rose et autres protagonistes.La chanson Le cinéma des vieux garçons, par exemple, raconte l’histoire d’un homme de 40 ans qui est mis à la porte de chez ses parents et qui trouve un boulot au cinéma.«Je pensais au Cinéma Météore à Dolbeau, qui a existé longtemps.Il y avait un gars là-bas, Gérard, qui était le propriétaire.Il passait des films de fesses.Tu pouvais arriver là avec un marteau pis une poignée de clous et il te faisait rentrer.Ça faisait dur.Moi, j’étais trop petit, je ne rentrais pas, mais on lui faisait des coups au téléphone!» De tous ces personnages, Fortin rit bien, le regard amusé, mais avec un grand respect.«J’adore ce monde-là.Il y a quelque chose de nous autres qu’ils réussissent à exprimer.Le transsexuel à Saint-Prime, Fred aux pieds à Dolbeau, Baptiste, Giorgianna.Je pense que j’ai pas fini d’en raconter.» Le Devoir ¦ Fred Fortin est porte-parole de la première édition du Coup de grâce musical de Saint-Prime, qui aura lieu le week-end de l’Action de grâce et qui mettra entre autres en vedette Malajube, Vincent Val-lières et Karkwa.* ?4 me DE * Ce *C C t I.K I) K V OIM.I, K S S A M K I) I 2 (i K T I) I M A \ ( Il i: THÉÂTRE THÉÂTRE JEUNES PUBUCS Plaisir d’amour MARIE LABRECQUE On est bien d’accord avec elle: Macha Limonchik ne joue pas assez souvent sur scène.La vedette de Tout sur moi ne se plaint pas, mais elle est visiblement ravie de renouer avec les planches.Et par une comédie classique de Shakespeare, s’il vous plaît.«Après plusieurs saisons de télévision à jouer “petit”, à essayer de faire de la dentelle, c'est un plaisir de faire du vrai théâtre, de parler très fort, de faire de grands gestes, de porter un costume.C’est comme le théâtre qu’on s’imagine quand on est une petite fille qui rêve d’être actrice!» Et le rôle de Béatrice dans Beaucoup de bruit pour rien, pièce apparemment jamais montée sur une scène professionnelle franco-montréalaise, la comédienne le reluquait depuis longtemps.«Chaque année, je me disais: ils vont présenter la pièce, c’est pas possible.J’aimerais que ce soit avec moi.Mais je suis trop jeune [pour la jouer].Tranquillement, j’arrivais à l’âge du personnage, et j’y pensais plus sérieusement.Il y a même une couple d’années que je me disais que je devrais peut-être appeler Lorraine [Pintal, la directrice du TNM], Buis: non, ne fais pas ça, c’est “loser”, elle va le proposer à une autre actrice et ça va donner un épisode de Tout sur moi [rire]//« ne fais pas ce genre de démarche, je ne suis pas très proactive dans ma carrière.» L’histoire finit bien, avec un appel de René Richard Cyr lui offrant le rôle plutôt qu’à la manière d’une scène loufoque de l’adorable sitcom écrite par Stéphane Bourguignon.Macha n’allait pas rater cette occasion de travailler avec le metteur en scène, leur première collaboration.«Pour moi, le théâtre, c’est d’abord des rencontres.Et René Richard a fait une très belle adaptation, qui raconte l’histoire plus directement.R a élagué, enlevé des personnages.Mais il reste que ce sont les mots JACQUES GRENIER LE DEVOIR Macha Limonchik joue du Shakespeare au TNM de Shakespeare et que c’est vraiment bien tourné.» Guerre et amour Mettant en scène une garnison de soldats victorieux, cette comédie séduisante multiplie les péripéties autour de deux couples en devenir.Les brillants Bénédict (David Savard) et Béatrice y résistent au sentiment amoureux en guerroyant à coups de réparties spirituelles.Miroir inversé de ces tourtereaux mûrs pour qui se présente «l’amour de la dernière chance», la passion naissante d’un jeune couple (Maxim Gaudette et Sophie Desmarais) encouragera à s’ouvrir au mariage ces deux êtres qui, c’est évident pour tous, sont faits l’un pour l’autre.«Bénédict et Béatrice ont l’esprit raffiné, avec une désinvolture qui cache une blessure, une peur.C’est cet équilibre qui a été difficile à trouver.Si on est trop hautain et que le texte reste juste une joute de l’esprit, c’est moins intéressant.Avec les personnages colorés de Shakespeare, on a tendance à vouloir en rajouter, c’est facile d’aller dans la farce.Mais René Richard insiste pour qu’on soit toujours dans la vérité, qu’on raconte simplement cette histoire, qui va virer en drame au milieu de la pièce.On ne la joue pas à la légère, afin de pouvoir amener les spectateurs vers ce côté sombre, surprenant.» Et si le personnage intéressait Macha Limonchik, c’est qu’on ne rencontre pas très souvent une fille aussi moderne dans une comédie classique.«C’est quand même exceptionnel que Shakespeare ait écrit ce rôle autour de 1600.» La modernité de Béatrice tient à sa quête d’indépendance, mais aussi à ses défauts.«Moi, je les connais bien, scs défauts.La fierté, la peur d’être humiliée, blessée, vouloir cacher sa fragilité, un orgueil incroyable.Et en même temps, elle est très aimable.Tout son entourage veut qu’elle se marie, c’est elle qui n’ose pas se lancer, avec raison d’ailleurs.Elle le dit carrément: je n’ai pas envie d’être blessée, alors je vais me moquer de lui.» La comédienne qualifie de «postféministe» ce personnage qui revendique sa féminité, mais qui refuse d’être soumis à «une motte d’argile tyrannique.Elle ne veut juste pas d’un mauvais mari, elle ne veut pas vivre sous la domination d’un cave — elle a tout à fait raison.Mais elle veut se marier! On le sent dans ses blagues.Quand la pièce finit, on sent que Bénédict et Béatrice vont probablement se piquer jusqu’à la fin des temps, mais ils y vont en connaissance de cause: essayons de vivre ensemble, en restant soi-même.Avec tous nos défauts qu’on connaît.» Le petit bonheur Avouant avoir beaucoup d’orgueil, elle-même comprend les hésitations de Béatrice.Cette peur de l’engagement si contemporaine, elle connaît.«Moi, j’ai été une presque vieille fille.Pen- dant très longtetnps, j’habitais seule même quand j’avais des chums.Il n’y a pas si longtemps que je vis avec un amoureux.Se marier à 20 ans, c’est quelque chose que je ne comprends pas, c’est mystérieux pour moi.Et puis, pour moi comme pour Béatrice, il fallait trou ver chaussure à son pied, c’est-à-dire quelqu’un d’aussi fort.Et on n’a pas envie de se tromper, d’avoir de la peine.Béatrice est à la fois très forte et fragile.On a de la difficulté parfois à associer les deux.Comment peut-elle être si effrontée, si directe, et en même temps si vulnérable?C’est l’amour! Faire confiance à quelqu’un, c’est difficile.» Un personnage qui lui ressemble, donc.«Je pense que oui.Moi, j’ai aussi un côté clown, candide, prêt à embarquer dans n’importe quelle folie.Mais moins en amour.» En vieillissant, Macha limonchik savoure aussi le plaisir de jouer une pièce où domine un «bonheur intelligent, raffiné».«A 20 ans, j’aurais peut-être plutôt aimé pleurer sur scène.» Selon la comédienne, «la magie opère» au sein de l’équipe pendant les répétitions — la partie du processus théâtral qui d’ailleurs lui plaît le plus: «C’est privilégié, être complètement libre entre quatre murs.» Beaucoup de bruit pour rien lui procure un plaisir du jeu pur.«J’ai fait plusieurs créations, où l’on se pose des ¦questions sur tout, qui demandent une implication différente.Id, je suis moins créatrice, davantage interprète.On s’assoit confortablement en se laissant guider.C’est comme rouler en Cadillac pour une interprète.» Collaboratrice du Devoir BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN Texte de William Shakespeare.Adaptation et mise en scène de René Richard Cyr.Au Théâtre du Nouveau Monde, du 29 septembre au 24 octobre.f f f f t?g?4?4?]^ fin r\ vit It -'ll ^ CRÉATION THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI DU 15 SEPTEMBRE AU 10 OCTOBRE 2009 DE ROBERT CLAING MISE EN SCÈNE ROBERT BELLEFEUILLE AVEC BENOÎT DAGENAIS ET PAUL SAVOIE - - - COLLABORATEURS AUDREY LAMONTAGNE + JEAN BARD + LINDA BRUNELLE + ERWANN BERNARD + LOUISE BEAUDOIN Au cœur d’une journée caniculaire dans une France qui a bercé leur amour du vin et de la fête, deux Québécois désenchantés ayant atteint le mitan de leur vie, décident de fourbir les lances du désir et de la fougue, de mettre les compteurs à zéro et de tout recommencer.EN SAVOIR PLUS.WWW.THEATREDAUJOURDHUI.QC.CA/CARAVANSERAIL § THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI 3900, RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL, H2W 2M2 il SHERBROOKE 514-282-3900 or Hydro Québec m Devoir ?I flANQUt lAUWMKNNl Québec ï Alice et ses amis ALICE AU PAYS DES MERVEILLES Texte écrit et mis en scène par Hugo Bélanger d’après Lewis Carroll.Une production du Théâtre Tout à trac, destinée aux enfants de 6 à 10 ans, présentée à la Maison Théâtre jusqu’au 4 octobre.Durée: presque une heure.MICHEL BÉLA IR /"'a fait toujours chaud au V/cœur de voir se remplir la Maison Théâtre jusqu’à la toute dernière rangée, surtout quand on devine que les enfants sont là pour la première fois.Tant d’émerveillement, de curiosité, de responsabilité aussi au centimètre carré.Que garderont-ils de l’expérience?Vont-ils attraper la piqûre?S’ennuyer à mourir ou en sortir transformés?Hum?On en était donc à la première matinée de la nouvelle saison, mercredi dernier, et faisant taire rapidement les piaillements en tous genres, l’histoire d’Alice au pays des merveilles semble avoir fait le bonheur de tout le monde.Tous les enfants connaissent Alice, enfin presque.Souvent plus par le biais de la télé et du cinéma que par le texte de Car-roll, fondé sur le plaisir des mots tout autant que sur l’opposition entre la logique et la réalité d’un côté et l’imagination et l’absurde de l’autre.Brillamment adaptée par Hugo Bélanger, simplifiée, la version du Théâtre Tout à trac colle à l’original en mettant l’accent sur les jeux de mots et l’étrangeté de l’univers dans lequel se voit plongée la jeune héroïne, jouée par Valérie Deault avec beaucoup d’énergie et de crédibilité.Bélanger et son équipe savent investir avec bonheur dans le mélange des genres et dans les «effets spéciaux», si l’on peut dire, en ayant recours à des ma- rionnettes et à des ombres tout autant qu’à des comédiens «en peau» (Sarianne Cormier, Gabriel De Santis-Caron, Josianne Dicaire et Philippe Robert).Ici, tout est possible, on le sent rapidement malgré l’aspect imposant et statique du décor, qui restera presque le même pendant toute la représentation; on sait heureusement en utiliser le moindre recoin.Les personnages les plus connus de l’œuvre sont particulièrement réussis, à l’exemple d’Alice, dessinés fermement, avec clarté: le Lapin, le Chapelier, la Reine de Cœur, le Chasseur de Snark et surtout le Chat de Cheshire n’ont rien à envier au dessin animé et réussissent au contraire à surprendre complètement les enfants.Cela s’explique d’abord et avant tout par la rigueur et le rythme de la mise en scène d’Hugo Bélanger; tout tourne tellement au quart de tour que s’installe rapidement un climat propice à la complicité entre Alice et les enfants qui vivent l’aventure avec elle.Une belle façon de commencer la saison! Le Devoir CLAUDIA COUTURE Une scène d’Alice au pays des merveilles L’amour dans tous ses états! Macha Limonchik / David Savard Jf.isis Shakespeare / Adaptation et mise en scène René Richard Cyr | DE BRU ' mm POUR RIEN i et 12 comédiens YVES AMYOT/ OLIVIER AUBIN DANY BOUDREAULT / , SOPHIE DESMARAIS / SIMON FRÉCHETTE-DAOUST / MAXIM GAUDETTE ROBERT LALONDE / MILÈNE LECLERC / VINCENT-GUILLAUME OTIS / FRÉDÉRIC PAQUET / ÉRIC ROBIDOUX / VÉRONIC RODRIGUE/ J|§g| Assistance la mise en LOU AHTEAU / Concepteurs JEAN BÉGIN' MÉRÉDITH CARON / ESTELLE CLARHON ' ALAIN DAUPHINAIS / MARTIN LABRECQUE ' PIERRE-ETIENNE LOCAS / RACHEL TREMBLAY Théâtre: ou ISÏouvealj IMonoe: DU 29 SEPT AU 24 OCT / TNM.QC.CA / 514.866.8668 M" eue «| Astral Media’ i [ in m n n e i1 0 p s 1 s Une maison propre CYCLE ETATS- 2 spectacles UNIEN FIN.Les États-Unis vus par.Réservations (514) 522-9393 Cette offre est valide jusqu’au 1er novembre 2009 19 novembre au 19 décembre 2009 Confit 0*1 arfi xu MM Québec hh Emploi Québec CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL 23 lévrier au 13 mars 2010 614 I K l> K V U I It .IKS S A M K I) I i\ K T I) I M A .V (' Il E S E P T Ë M K I! E 2 (Ml it CULTURE DANSE Le mystère Shechter Au public montréalais de mesurer le talent du jeune chorégraphe Hofesh Shechter FRÉDÉRIQUE DOYON Hofesh Shechter, vous connaissez?Fort probablement pas, et c’est bien normal.Car ce jeune chorégraphe londonien, d’origine israélienne, considéré comme l’une des nouvelles figures les plus inventives de la danse actuelle, a fondé sa compagnie en 2008 et fait ses premiers pas chorégraphiques il y a à peine cinq ans.Mais l’illustre inconnu risque fort de laisser une marque indélébile dans l’imaginaire des spectateurs qui le verront cette semaine à Montréal, à Ottawa ou à Québec.Sa danse est souvent décrite comme un mélange d’ordre et de chaos, de physicalité brute et de détails minutieux, de force primitive et de nuance dans l’expression de l’indicible.Et il compose lui-même la musique très percussive de ses pièces.Premier surpris de son fulgurant succès, qu’il est loin de vouloir s’expliquer («Il peut disparaître aussi vite qu’il est arrivé», note-t-il, philosophe), Hofesh Shechter reconnaît que cette tension entre deux extrêmes, entre le geste senti et le geste réfléchi, définit bien son travail.«J’oscille entre un espace plus analytique et plus instinctif ou émotionnel, dit-il.Mais l’essence de mon travail, c’est l’émotion humaine: la musique, le mouvement, la composition sont faitspmr traduire des émotions.» D ose donner une clé pour résoudre l’énigme de sa consécration, qu’il balaiera pourtant du revers de la main après l’avoir formulée.«Quand je travaille, je recherche toujours une certaine simplicité, une clarté, lavée des règles BEN RUDICK Une scène d’Uprising, une pièce pour sept danseurs masculins de la danse, qui rend peut-être ma danse plus lisible.» Mélange fou Né en 1975 à Jérusalem, Hofesh Shechter danse longtemps au sein de la prestigieuse Batsheva Dance Company d’Ohad Naharin avant d’aller étudier la composition musicale en France et de s’établir à Londres en 2002.Il fait ses débuts chorégraphiques en 2004 avec Fragments.Suivent Cuit, puis Uprising et In Your Rooms, les deux pièces au pro- SACRE CŒUR de Alexis Martin et Alain Vadeboncoeur production du Nouveau Théâtre Expérimental EN REPRISE DÈS LE 20 OCTOBRE avec Stéphane Demers / Muriel Dutil / Hélène Florent ou Édith Paquet / Jacques L'Heureux / Alexis Martin collaborateurs Colette Drouin / Réal Dorval Francis Farley-Lemieux / Catherine Gauthier / Yves Labelle Jean-François Landry / André Rioux / Nancy Tobin mt vcfïé'MmhJ www.nte.qc.ca DU 20 OCTOBRE AU 21 NOVEMBRE 2009 À ESPACE LIBRE 1945 FULLUM MÉTRO FRONTENAC RÉSERVATIONS 514-521-4191 RÉSERVEZ MAINTENANT ! LE DEVOIE gramme canadien.Bien court curriculum pour faire autant de bruit! Quoiqu’il ait aussi chorégraphié pour d’autres compagnies de danse, comme le Bern Ballet (Suisse), le Scottish Dance Theatre et le Ballet CeDeCe (Portugal) , pour des pièces de théâtre londoniennes ainsi que pour une série télévisuelle (Skim).Son passage à la Batsheva — où il a croisé le travail des grands Wim Vandekeybus, Pina Bausch.William Forsythe et Inbal Pinto — a largement nourri sa vision artistique.«Je setts un fort héritage de la compagnie, des danseurs avec qui j’ai travaillé, du chorégraphe Ohad et des artistes qui y sont passés, dont Wim Vandekeybus.» Il a entretenu un rapport très paradoxal avec le travail de ce dernier.Du genre amour-haine.Le chorégraphe d’Ultima Vez était venu monter une pièce à la Batsheva pendant quelques jours.L’œuvre ne lui a d’abord inspiré que de la haine.«Ce n’était que corps en lambeaux, douleur, dureté, rien de plaisant.Mais à la fin, j’ai totalement adoré.Wim a débloqué une motivation, un dynamisme chez moi.» Il est aussi intarissable à l’endroit de la regrettée Pina Bausch.«Elle avait un monde visuel fascinant et cette capacité puissante de mettre en scène quelque chose de totalement visuel sur scène et de nous faire comprendre et ressentir quelque chose de si fort à travers cela.» Hofesh aurait une histoire à raconter pour chaque rencontre artistique.«Tout ça m’a influencé très fortement.Je ne fais rien d’original, dit modestement l’artiste, associé au prestigieux théâtre Sadlers Wells de Londres.C’est m mélange fou.» Dualité Le programme double qu’il présente ici articule deux œuvres pour lesquelles il a aussi composé la musique.Danse et musique sont ici indissociables, interdépendantes.Il danse lui-même dans Uprising, une pièce pour sept danseurs masculins.«J’avais envie de travailler avec des hommes, alors inévitablement ça devient à propos de l’énergie des hommes, explique-t-il Mais ce qui est aussi intéressant, c’est la dualité de cette énergie et de toute situation: le fort et le fragile, le puissant et la victime, l’amitié/rivalité, le ludique et le sérieux.» In Your Rooms, créée pour une douzaine de danseurs et cinq musiciens (cordes et percussions), a été présentée à guichets fermés dans trois théâtres londoniens.La pièce lui a valu le Critics Circle National Dance Award for Best Choreography, pour lequel étaient aussi en lice Akram Khan — la précédente coqueluche de la danse londonienne — et le bien-aimé Sidi Larbi Cherkaoui.Le dossier de presse décrit une œuvre à la fois politique et personnelle sur le désir et la douleur, où la tension se joue entre l’individu et le groupe.«Je n’ai pas des intentions si précises, répond l’artiste étonné.Im création est un processus aléatoire.C’est la vérité cruelle: je n’ai pas de système, je ne peux me fier à rien, sauf à la certitude que l’œuvre aura lieu.» Il admet tout de même que cette pièce, «plus imposante et épique», peut être abordée «à travers le prisme politique».Hofesh Shechter se réjouit de la diversité des lectures de sa danse, que le public s’extasie tantôt devant son essentielle physicalité, tantôt devant sa théâtralité puissante.«J’aime laisser des miettes pour guider les spectateurs dans un périple émotionnel sans pour autant proposer une histoire définie.» Le Devoir HOFESH SHECHTER Les 29 et 30 septembre au Centre national des arts d’Ottawa; du 1" au 3 octobre au théâlre Maisonneuve; le 5 octobre au Grand Théâtre de Québec.MÉDIAS RÊVES, CHIMERES ET MASCARADE ÏJVNlBUS u* corps ^théâtre DU 22 SEPTEMBRE AU 10 OCTOBRE 2009, 20 H ILL* BILLETTERIE.514.521.4191 ÉTUDIANT 21 $ TARIF RÉGULIER 28 S oapfice _ LIBRE Omnibus 1945 rue Fullum, Montréal © Frontenac // www.mlmeomnlbus.qc.ca MAÎTRISE D’ŒUVRE Réal Bossé, Pascal Contamine, Christian LeBlanc DISTRIBUTION Sabrina Connell-Caouette, Jennyfer Desbiens, Solo Fugère, Xavier Malo, Sacha Ouellette-Deguire, Anntf jabourin SCÉNOGRAPHIE ET COSTUMES Charlotte Rouleau LUMIÈRES Mathieu Mardi SON Éric Forget ONF : portrait de groupe avec crise STÉPHANE BAILLARGEON Daniel, un jeune quinquagénaire de Saint-Georges-de-Beauce, travaillait 76 heures par semaine quand la crise lui a truandé ses deux emplois tout d’un coup.Il vit maintenant de prestations de l’État et fait du bénévolat à temps plein en gardant le cap sur le bonheur qu’il porte en lui depuis tout petit Alison, une agroéconomiste de la Montérégie, s’est recyclée dans la production bio.Un gel tardif de mai lui a mangé une bonne partie de sa récolte et de ses rêves.Christian, un artiste, a quitté New York pour revenir à Windsor.11 vit entre ses grandes toiles sans clients et un joli piano à queue.Chez lui, tout le reste n’est que tape-à-l’œil, parce que Chris s’estime heureux quand il rapporte 100 $ par semaine à la maison.Trois Canadiens.Trois mondes.Une seule et unique aventure documentaire en ligne lancée hier par l’Office national du film (ONF).Une très grande affaire Le projet va s’étaler sur un an et suivre les effets de la crise économique sur la vie de personnalités fortes et attachantes choisies d’un bout à l’autre du pays.Les cobayes humains sélectionnés proviennent de la finance ou de l’immobilier, du secteur manufacturier ou des transports, travaillent dans le secteur des biens et services ou celui des ressources naturelles.Il y a un trader de Toronto, un courtier immobilier de Vancouver et un restaurateur de Windsor qui a fermé son quatre étoiles pour ouvrir un «motorburger».Les chômeurs de l’industrie automobile constituent l’essentiel de sa clientèle.Bravo, les recherchistes! «Comme tout le monde, j’ai été abasourdi par l’ampleur des effets de la crise économique et je me suis dit que nous avions le devoir de documenter cette réalité», explique Monique Simard, directrice générale du programme français de l’ONF depuis un peu plus d’un an.C’est donc elle qui a eu l’excellente idée, coulant de source pour cette ancienne syndicaliste devenue productrice de documentaires engagés.«On pouvait envoyer nos équipes tourner longtemps, comme pour le tournage de toute l’épopée Pour la suite du monde, qui avait duré dix ans.On a préféré tirer profit des nouveaux moyens de production et de diffusion » Baptisée PIB — l’indice humain de la crise économique canadienne —, la grande,très grande affaire, va monopoliser le cinquième du budget annuel de production de l’institution.Huit réalisateurs et huit photo- graphes professionnels vont fignoler plus de 150 films de quatre minutes et une centaine d’essais photographiques, ajoutés à des milliers de propositions des internautes.Le budget otal de l’entreprise, déployée sur une quarantaine de sites au Canada, oscille autour de 1,5 million de dollars.Les récits de la vie canadienne sur fond de crise économique constituent un premier projet conjoint de grande ampleur pour les services anglais et français de l’institution.Les films comme les diverses productions seront sous-titrés dans l’une ou l’autre des deux langues officielles.Le dernier «plan stratégique» force l’ONF à prendre un virage numérique.Environ 1000 films se retrouvent déjà sur onf.ca et le transfert en ligne de la gigantesque collection se poursuit La production Web originale de documentaires ouvre un autre chantier de la dématérialisation.«Le webdocumentaire reste un genre assez nouveau, mais qui demeure fondé, dans ses meilleurs exemples, sur une admirable tradition», explique encore la directrice générale.Elle cite Gaza-Sdérot.La vie malgré tout, une production d’Arte bâtie autour d’une douzaine de Palestiniens et d’une douzaine d’Israéliens.Puis Voyage au bout du charbon, un documentaire photographique immersif en zone chinoise appuyé par le journal Le Monde.Êt encore Interview de David Lynch, qui propose un panorama de portraits d’Américains.«A notre connaissance, il n’y a cependant rien de semblable à notre projet dans le monde.En tout cas, rien de semblable à cette échelle, avec autant d’équipes sur le terrain, autant de sujets suivis pendant un an, autant d’ambition de relayer des centaines et des milliers d'histoires.» La cadence annoncée semble ambitieuse, avec cinq nouveaux récits livrés par semaine, trois filmés, deux photographiés.«L’ONF joue son rôle, encore une fois, dit fièrement la directrice Simard.Ce rôle consiste à documenter, de la meilleure façon possible, par l’audiovisuel, ce qui se passe dans notre société.Dans les années I960, nous avons produit beaucoup d’œuvres sur la restructuration industrielle.Fernand Danse-reau a magnifiquement documenté les effets des fermetures d'usine avec son film Saint-Jérôme en 1968 tout en intégrant des réactions de ses personnages aux scènes tournées et montées.R a ouvert le chemin à l’interactivité.Dans les années 1970, nous avons suivi la révolution féministe.Avec PIB, nous voulons documenter les répercussions fondamentales du capitalisme après 30 ans de déréglementation et de pratiques sauvages.» Le Devoir y • .A HiÉ Une production de Danse-Cité, en collaboration Ç » avec le Festival International de Littérature ^ 11 L et À La3 danse etc.•CjJ 23 AU 26 SEPTEMBRE 21H30 30 SEPTEMBRE-1-2-OCTOBRE 20H 3 OCTOBRE 22H USINE 0 1345 ave Lalande EU Beaudry BILLETTERIE 514 521 4493 Rendez-vous Danse-Cité : Rencontrez les artistes les 24 septembre et l"* octobre après la représentation.Nous aurons l'honneur de recevoir M.Guy Corneau comme animateur.A4us/ca est à l'image de ces nuits courtes et intenses qui donnent des frissons dans l'échine, de ces nuits qui devraient durer encore pour que le plaisir demeure.CLAUDIA lAROCHELLE, JOURNAL DE MONTRÉAL la trace des créateurs TEXTE ET DIRECTION ARTISIQUE Catherine Lalande INTERPRÈTES Jean François Casabonne Geneviève La CHORÉGRAPHIE Geneviève La Catherine Lalande COUABORATEURS Lucie Bazzo François Senneville Annick La Bissonnière i b ___ _ A E I) E V 0 I R , LES S A M EDI 2 (i E T I) I M A N C S E l> T E M li R K CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Atma au pays des fourmis qui chantent CHRISTOPHE HUSS Le monde de la musique classique, et plus particulièrement de l’édition phonographique, est un monde à part.La loi du plus fort de celui qui peut installer ses compilations et autres crossovers bien en vue chez les marchands, n’empêche pas les «petits» d’exister.C’est heureux, car cela nous permet de fêter quelques anniversaires sympathiques, à l’image du 15'' de l’étiquette Atma.Pensez aux rayons de votre supermarché.Quel est le choix offert quand vous cherchez du détergent?Pas très vaste, n’est-ce pas?Heureusement, il y a une marge importante entre le marché des détergents et celui du classique! Les 15 dernières années ont vu une redistribution des cartes, notamment aux sommets.Universal et EMI ont confirmé leur engagement sur ce marché, malgré des dégraissages massifs de personnel, Sony et BMG (RCA) ont fusionné.La grande victime reste Warner, où une politique de recherche de profit immédiat et de satisfaction des actionnaires a condamné des étiquettes admirables: Teldec et Erato.La française Erato, modèle historique de tous ceux qui prospèrent aujourd’hui (Harmo-nia Mundi en France, Hyperion en Grande-Bretagne, etc.), a eu la malchance d’être vendue à la multinationale américaine à la fin des années 80.Les vertus de l’indépendance Au sein de ce marché, ceux qu’on appelle les labels indépendants ont fait leur niche.Au fur et à mesure que les cigales s’enrouaient, les fourmis — dont les frais fixes étaient à taille humaine et les politiques artistiques, souvent mieux ciblées—se mettaient à chanter.Le français Harmonia Mundi est devenu le modèle de l’indépendant bien géré qui affronte crânement la crise.Au Québec, une politique de soutien financier, notamment de la SODEC et de Patrimoine Canada, et le caractère pugnace d’entrepreneurs tels que François Mario Labbé d’Analekta et Johanne Goyette d’Atma, ont permis à deux étiquettes de s’implanter sur le marché mondial et, ainsi, aux artistes du Canada et du Québec de se faire entendre sur la scène internationale.Car au-delà de simples galettes de 12 cm qu’on dit dépas- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Johanne Goyette, des disques Atma sées par la dématérialisation des supports, ce sont des carrières et des tournées, une présence sur les scènes à l’étranger, qui ont pu se développer pour nos meilleurs artistes.Johanne Goyette a fait des études musicales en piano et aux Ondes Martenot.Elle fut réalisatrice à Radio-Canada de 1981 à 1994, époque à laquelle elle parachevait des études en enregistrement sonore à l’Université McGill (1989-1993).En 1996, elle devenait actionnaire unique d’Atma, créée en 1994.Le catalogue, initialement spécialisé dans la musique baroque, comprend aujourd’hui 325 titres variés.Le modèle éditorial se situe dans le même créneau — le classique bien trempé — que celui d’Analekta, mais avec le souci de donner une vitrine à un nombre plus important d’artistes, à travers davantage de sorties, alors qu’Analekta cherche à allouer des ressources plus importantes à l’acte de commercialisation de chacun de ses titres.Aux yeux de Johanne Goyette, «la bonne cadence pour exister sur le marché international, pour assurer une présence constante, est de trois nouveautés par mois.» Interrogée par Le Devoir, elle ajoute immédiatement: «C’est aussi notre capacité maximale!» Un catalogue de disques peut se bâtir selon deux logiques: une logique de répertoire ou une logique d’artistes.La logique de répertoire, prônant une documentation sonore le plus vaste possible, a fait les grands succès des années 90: Naxos, Hyperion, etc.Cette logique a permis d’élargir considérablement l’offre de musique classique et notre connaissance du répertoire.La logique d’artistes, où l’on travaille sur l’image des artistes et où l’on construit le catalogue au gré de leur expertise, était le modèle historique de l’industrie.On y retourne petit à petit.C’est le modèle clairement suivi et affiché au Québec depuis toujours.«J’aime bien suivre des artistes et des groupes.Ils ont besoin de produire un disque au minimum tous les 18 mois pour rester présents dans l’actualité», résume la directrice d’Atma.Vers le téléchargement Contrairement à Analekta, Atma s’est beaucoup engagée dans l’enregistrement multicanal et l’édition de SACD.Cette ère touche à sa fin.Les fabricants de matériel n’ont jamais vraiment soutenu ce format qui présente pourtant plein d’avantages.Le désengagement de l’édition phonographique est visible.Mais, aux yeux de Johanne Goyette, c’est reculer pour mieux sauter: «Je crois toujours au format surround; c’est trop intéressant pour que ce soit abandonné.Et le format surround de l’avenir est évidemment le Blu-ray.» Le frein actuel au développement du format Blu-ray dans la sphère audio tient à la licence de protection antipiratage que les éditeurs doivent acquitter pour accéder au support, un écot assez disproportionné pour le marché du classique.Ventilé sur un chiffre moyen de ventes, chaque disque se verrait plombé par une surtaxe d’office de huit dollars à la production.Une situation intenable que la directrice d’Atma voit évoluer: «Je pense que cela va baisser vite, surtout si quelqu’un trouve le moyen de contourner la protection!» Johanne Goyette est prête à s’engager dans le marché du multicanal sur le nouveau support et ne regrette absolument pas son engagement envers le SACD et sa passion pour le multicanal: «J’ai gagné beaucoup de distributeurs par ce biais-là.Le marché japonais, notamment, en était très friand.» Atma est distribuée aujourd’hui dans 20 pays.Les ventes de disques au Canada représentent 50 % de son chiffre d’affaires; celles hors Canada, 35 %.Les ventes électroniques, en croissance, comptent actuellement pour 10 % du chiffre d’affaires, les ventes de licences représentant les 5 % restants.Longtemps un leurre en classique, le développement vers le )t Û HOFESH SHECHTER COMPANY Theatre Maisonneuve a i s o n 2 0 0 9 2 0 10 ©laplacedesarts.com 514 842 2112 /1 866 842 2112 !?DANSEDANSE.NET téléchargement se matérialise de plus en plus — «On commence à observer le glissement», dit Johanne Goyette — et pourrait bien induire une simplification des modèles d’affaires pour les éditeurs.Les titres sont ou seront présents dans le mois qui vient sur les sites généralistes (iTunes, Amazon, eMusic, Napster, Virgin, Fnac, Archambault) et des sites spécialisés (Classiconline, Arkiv, Naxos Music Library, Passionate, Classical Archives), ceux-ci étant d’autant plus nécessaires que, chez des généralistes comme iTunes, les bases de données, confondant compositeurs et interprètes, ne sont pas adaptées au classique.En janvier 2010, tout le catalogue sera disponible en MP3 et en FLAC (Free Lossless Audio Codec) sur le site d’Atma.La simplification du circuit commercial résulte du fait que l’éditeur fait affaire avec un méta-distributeur, un «agrégateur» tel que la société loda, qui rend disponible le produit à tous les sites dans tous les formats.«On leur envoie tous nos disques et, en trois semaines, on les retrouve partout sur la planète.» Ces 10 % de chiffre d’affaires sont très intéressants, car Es n’impliquent aucune dépense de commercialisation ou d’entreposage.Les lendemains des fourmis survivantes pourraient bien chanter encore plus fort.Avec, en plus, des défis nouveaux, car, pour Johanne Goyette, «tout reste à inventer dans la mise en marché de la musique en téléchargement».Le Devoir Mark Feldman : le violon du jazz SERGE TRUFFAUT Greffer un violon à une formation rythmique traditionnelle — contrebasse, piano, batterie — relève de l’audace.C’est pas évident, peu courant, l’exercice pouvant s’avérer casse-gueule.Toujours est-E que Mark Feldman, violoniste «exxxttr-raorddinaaaiire» connu pour être citoyen de la planète Zorn comme dans John Zorn, propose depuis peu un album aussi splendide que convaincant.Pour confectionner cette production baptisée Secrets sur étiquette Tzadik, Feldman s’est acoquiné avec le pianiste Uri Caine tout en convoquant ses complices dans les aventures Bar Kokhba, soit le contrebassiste Greg Cohen et le batteur Joey Baron.Ces derniers étant par aEleurs les che-vEles ouvrières de Masada.On sait que nos bonshommes connaissent leur histoire du jazz sur le bout de leurs doigts.On sait également qu’Es fréquentent les horizons sonores propres au klezmer de l’Europe de l’Est tout en ayant un regard appuyé sur les musiques orientales.Par contre, on sait peu que, par goût comme par formation, ils ont une forte inclination pour les compositeurs de l’École de Vienne: Arnold Schoenberg, Alban Berg et Anton Webern.Mettons.Mettons que là, tout au long de ces Secrets écrits E y a des lunes et des lunes par d’obscurs compositeurs de klezmer, ça s’entend.Et pas à peu près.Ça commence sur les chapeaux de roues, ça se poursLiit sur un mode plus zen, ça s’imbrique avec une aisance remarquable, ça s’emboîte avec un naturel qui fait de cet album un disque de valeur.Chose notable, Uri Caine déploie un jeu d’une fébrilité qu’on ne lui connaissait pas.C’est d’ailleurs à se demander s’il ne fait pas partie de cette catégorie de musiciens plus à l’aise, plus E-bérés, lorsqu’ils mettent leur talent au service d’autrui que lors-qu’Es sont aux commandes.Comme d’habitude, Baron et Cohen font preuve d’une cohésion si profonde qu’ils favorisent l’esprit d’aventure ou la prise de risque des solistes.Chose certaine, dans tous les morceaux de cet album, Mark Feldman déploie des chapelets de notes très acérés et pleins de finesses.Séduisant de bout en bout Le prix?25 $ sans les taxes chez Archambault.En rafales ¦ Ce soir, à la Maison du Festival, le grand, l’immense McCoy Tyner se produira en trio.Les dernières fois que l’on a entendu le pianiste de la densité, E était à la tête d’un quartet ou d’un quintet.Là, ils seront trois et seulement trois.C’est unç chance.Prix du bElet?39,50 $.A compter de 20h.¦ Mercredi prochain, soit le 30 septembre, deux musiciens phares du free jazz mâtiné de musiques actuelles seront parmi nous.Il s’agit du saxophoniste britannique Evan Parker et du saxophoniste-flûtiste-clarinettiste Ned Rothenberg de New York.Ils se produiront à la Casa del Popolo, située au 4873, boulevard Saint-Laurent.Les billets sont en vente chez Cheap ThrEls, à l’Oblique, au Phonopolis, chez Atom Heart, sans oublier, évidemment, la Çasa.Le prix?14 $ ou 16 $.A noter que les portes ouvrent à 21h.Le Devoir DERNIERES CHANCES DE S’ARONNER ! |Royaume-Uni| UNE ODYSSEE SPECTACULAIRE ET MUSICALE DOMINIC CHAMPAGNE JEAN LEMIRE DANIEL BELANGER DU 26 JANVIER AU 6 FEVRIER 2010 THEATRE MAISONNEUVE ParadisPerducom «T.iJ:l44U t,1.-!"11.1 laplacedesarts.com 514 842 2112 /I 866 842 2112 e(Ut6lC*} CONSULTEZ LES QUIDE8-]mSl: 1 230ft, BoaubtonY Tai-dOdO | HORAIRES OES CINÉMAS Les âmes sensibles trouveront peut-être que les cinéastes canadiens en font parfois beaucoup pour se faire remarquer.Jane Campion, à l’écoute Rencontre avec la cinéaste au sujet de son récent Bright Star {Mon amour) ) qui gagne nos écrans la semaine prochaine MARTIN BILODEAU Tous les cinéastes vous diront que tourner est un privilège très coûteux, et que les minutes sur un plateau se débitent en dollars.Bien que la règle s’applique également à Jane Campion, réalisatrice palmée d’or et oscarisée de La Leçon de piano, celle-ci aime prévoir du temps, beaucoup de temps, entre les prises, pour parler avec les acteurs.Quelques minutes ici, une heure là, le temps de forger un climat de confiance, de trouver une tonalité qui convient.Bright Star (Mon amour), qui prend l’affiche la semaine prochaine, a été enfanté de cette façon.«Il faut d’abord convaincre les acteurs qu’ils n’ont pas besoin d’en faire beaucoup.Que leur charisme et la chimie opèrent mieux sans effort.Il faut les aider à se détendre et à laisser venir des éléments de leur propre personnalité se mêler au personnage», confiait-elle à notre tablée de journalistes réunie à Toronto la semaine dernière, où son film sur l’histoire d’amour tragique entre le poète John Keats (Ben Wishaw) et sa jeune voisine Fanny Brawne (Abbie Cornish) était présenté en première nord-américaine au Festival international du film.La consigne vaut pour elle aussi.«C’est très important d’être détendu sur un plateau parce que je dois être perméable, ressentir et voir à ce que tout fonctionne.Dans un état de tension, on devient imperméable.Je suis à l’écoute de ce qui se passe et de ce que je ressens, et je cherche le chemin permettant de relier tout ça.» Auparavant fermée à la poésie, la Néo-Zélandaise, en panne d’inspiration pour l’écriture de scénarios, s’est tournée vers elle.Dans In the Cut, son opus précédent tiré du roman de Susanna Moore, Meg Ryan citait quelques strophes de Keats, dont sa productrice Jan Chapman est une fervente admiratrice.Il n’en fallait pas plus pour que Campion fasse plus ample connaissance avec l’œuvre du poète romantique du début du XIXe siècle, timide prisonnier d’un corps d’adolescent, mort de tuberculose à 25 ans.Mais ce sont ses lettres adressées à une belle coquette extravertie dont il était amoureux qui l’ont le plus bouleversée et qui ont inspiré le film qu’elle a défendu à Cannes devant un parterre médiatique partagé.«En lisant leur histoire, j’ai découvert en moi un niveau supérieur de tendresse que je ne soupçonnais pas.Je crois que mon émotion venait de la pureté de leur amour, de l’épreuve douloureuse qu’ils ont traversée.Les lettres que Keats a écrites possèdent la même force aujourd’hui qu’à l’époque où elles ont été écrites», répond la cinéaste à une question sur la résonance contemporaine de son film.«Notre accès à cette histoire d’amour est plus intime que celui que nous avons avec celle de Brad Pitt et Ange- LA FILLE DURER A L’affiche! raasasTissm CONSULTEZ LES OUIDES-HOnAinES OES CINÉMAS •k'k'k'k C’EST MAGNIFIQUE! TÈLÉCJNÉOBS •k-k-kir EMILIE DEQUENNE EST ÉBLOUISSANTE! 20 MINUTES kkkk LA FILLE DU HER EST LE FILM D’UN GRAND CINÉASTE AU PLUS VIF DE SES CAPACITÉS.LES iNROCKUPTfBLES EMILIE JJEQummm MTHtMmBtm Mmrmfic m RONIT ELKABLEZ^ MATWBnJBmiïM •vmvLrtFiutnuiwN.iwaM.CoM rnûtrripole I ri su REUTERS On sent Jane Campion en pleine possession de ses moyens et, malgré les reproches faits à Bright Star depuis sa première à Cannes, la cinéaste demeure très fidèle à son film et fière de sa démarche.lina Jolie», conclut-elle en riant de soulagement.Jane Campion possède un esprit aiguisé et un humour tranchant.En entrevue, la cinéaste de 55 ans, aux cheveux blond-gris qui lui descendent jusqu’aux reins, pense à voix haute et s’esclaffe à plusieurs reprises.Pas d’un rire nerveux.On la sent en pleine possession de ses moyens et, malgré les reproches faits à Bright Star depuis sa première à Cannes, la cinéaste qui avait si bien adapté Henry James (Portra it of a Lady) demeure très fidèle à son film et fière de sa démarche.Et cela malgré le cynisme qui a force de loi dans l’industrie du cinéma contemporaine.«Quand tu travailles avec les acteurs, que tu repousses tes propres limites, que tu dé- i couvres en toi des ressources insoupçonnées, tu oublies tout ça.En revanche, il ne faut pas prendre les choses trop au sérieux», dit-elle en réponse à ma question sur la course aux Oscar, passage obligé des cinéastes anglo-saxons reconnus et des films d’auteur de luxe.Bright Star remplit toutes ces conditions.«Les Oscar sont une pantomime.On veut tous y participer, mais notre objectif, c’est dé faire en sorte que les gens aillent voir le film; les Oscar sont un des moyens pour y parvenir.Ça fait partie du jeu», dit avec une résignation bien audible dans la voix celle qui fera l’objet d’une rétrospective au Festival du nouveau cinéma, du 8 au 17 octobre, en collaboration avec la Cinémathèque québécoise.Au programme: ses six longs métrages anté- rieurs à Bright Star, ainsi que ses courts métrages.Collaborateur du Devoir ARCHAMBAULT^ Une compagnie He Québécor Media PALMARÈS DVD Résultats dss ventes: du 15 au 21 septembre 2009 X-MEN ORIGINS: WOWERME GREY’S ANATOMY Season 5 HEROES Seasons ¦N TERRE HUMAINE U Saison 4 KAAMELOTT Livre 1 RAISON ET SENTIMENTS EN JOSÉE UUflGUEUR WJÊ Abdos fessiers TOUT SUR MOI Saison 2 GOSSIP GIRL klI Season 2 ONE TREE HILL Season 6 BARBIE » THE THREE MUSKETEERS PRIVATE PRACTICE Season 2 KILL BILL Volumes 1 et 2 TWILIGHT POLYTECHNIQUE LES PARENT Saison 1 DISNEYNATURE: EARTH 24 Season 7 DÉDÉ À TRAVERS LES BRUMES MICHAEL JACKSON Live In Bucharest : The Dangerous.A'Vi sÿi ; §1» .:.»¦ SOURCE FFDPM Une scène tirée du précédent film de Jane Campion, Water Diaries.FRANCE : $10 MILLIONS AU BOX OFFICE « Une comédie de mœurs truculente et sensible î Le Pifuiroscope NATHALIE BAYE ÉRIC CARAVACA ISABELLE CARRÉ JOSIANE BALASKO Cliente Un film d« JOSIANE BALASKO Ç1**" IHt |www.clUwf»4»f>lii».t0m1 ± À L’AFFICHE DÈS LE 2 OCTOBRE • a».#™» . 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