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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2009-09-26, Collections de BAnQ.

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S li I* T K M B 11 K 2 0 II !) I.K I) K V 0 I 11 .LES S A M K I) I 2 (i K T I) | M \ \ c || (.; ^ 7 Il M ESSAI Alain Finkielkraut et la sagesse de la littérature Page F 5 BEAU LIVRE L’art de René Derouin Page F 8 D.R.mmm Pauline Julien et Gérald Godin : la renarde et le mal peigné « Il y a “mon amour je t’adore” et moi qu’il faùt garder autonome quand je me sens et ne désire qu’être esclave» Pauline Julien et Gerald Godin ont marque le Québec.Elle comme chanteuse, militante, féministe et comédienne.Lui comme journaliste, ministre péquiste et poète.Amoureux pendant plus de 30 ans, leur histoire est en partie dévoilée par les fragments de leur correspondance, La Renarde et le Mal Peigne, chez Leméac.Un petit livre touchant d’intimité qui révèle les déchirements de ces amoureux.CATHERINE LALO N DE C& est, à vue de nez, une centaine de lettres écrites entre 1962 et 1993 que la fille de Pauline Julien, Pascale Galipeau, ressort à la lumière.Des lettres mises sous scellés aux Archives dès la mort de sa mère.«Je les avais mises au tombeau, explique Galipeau en entrevue, et l’an dernier, 10 ans après la mort de Pauline, j’ai réalisé que les lettres pourraient y rester.Et qu’il fallait passer outre la pudeur.» La chronologie tentative — les lettres ne sont pas toujours datées — permet au lecteur de voir d’abord un Gérald Godin qui résiste aux sentiments, avant de tomber tout cru dans le grand amour.Le ton des premiers échanges est charmant, légèrement guindé, avant de se lâcher en gl andes foulées énamourées ou en solides engueulades.Les sacres, les incertitudes, les piques défilent aussi dans le flot de mots doux.Si tu dois partir, va-t’en Pauline Julien et Gérald Godin forment un couple contemporain avant l’heure et ils en souf- frent autant qu’ils en jouissent.Godin le voit tôt: «Tes répétitions, ton travail, le mien, les enfants, la revue LJarti] P[ris], le Parti socialiste, les éditions, l’écriture, tout ça remplit nos vies, et continuera à les remplir.[.] Il n’y a pas de vie à deux qui soit facile quand, comme nous, les deux parties du couple travaillent et ont besoin de leur métier ou occupation pour ne pas mourir.[.] C’est aussi ce qui met un océan entre nos deux vies.C’est con, con, con et re-con.» Et dans la colère née d’une des énièmes absences de Pauline Julien, encore: «C’est difficile être en amour avec une femme qui ne veut pas être me petite conne de ménagère.» Car elle part, en France ou en Suisse pour sa carrière, en Gaspé-sie pour les tournées ou pour se reposer.Ce n’est que plus tard que Godin, ministre, trottera lui aussi et quittera le rôle de celui qui attend.Ce qui frappe, dans ces lettres?Ils ne se parlent presque que d’amour, malgré leurs profonds engagements professionnels et politiques et malgré la richesse de leurs vies respectives.Godin mentionne bien sûr certains enjeux politiques, Julien se demande pourquoi elle chante, pourquoi elle court ainsi de scène en scène.S’ils partagent leurs lectures et sèment leurs missives de références à Salinger, à Rimbaud, à Ferré, à Apollinaire, à Grass — «vous êtes intellectuelle et vicieuse, écrit Godin.Vicieuse en ceci que l’enchevêtrement des idées vous satisfait comme une vérité» —, ces écarts ne sont que gouttes dans leur discours amoureux.«C’est l’essence de leur correspondance, confirme Pascale Galipeau, qui n’a effectué aucune censure dans la correspondance retrouvée.Effectivement, c’est leur rapport intime qui est là.» Et cette passion en dents de scie qu’ils nourrissent s’en trouve dévoilée, accentuée.«La plume ne nous est pas salutaire, écrit Godin.Nous nous marrons plus quand nous parlons.» La fille de Pauline Julien ne se rappelle pourtant pas tant d’orages et de tumultes.«Ils étaient assez pudiques.Ce n’était pas évident.» La deuxième surprise vient de l’écriture de Julien, ici belle, par moments folle et libre.«Il y a Montréal, écrit-elle, la ville qui s’avance, il y a les champs où on fait les foins, il y a moi moulue par vous et votre présence en moi presque encore physique, tant nous avons essayé de n’être qu’un.Il y a “mon amour je t’adore” et moi qu’il faut garder autonome quand je me sens et ne désire qu’être esclave.» Pour sa fille, c’est une révélation.«Vers la fin de sa vie, Pauline a écrit quelques livres, beaucoup plus constipés.Là, dans la mesure de ses moyens et de son envolée pour son amoureux, son écriture est plus forte et plus touchante.Gérald, sa maîtrise de l’écriture, on la connaît.Mais elle, à ce point.» Lapsus et poésie La Renarde et le Mal Peigné est strictement axé sur la correspondance de Julien et Godin, n’ajoutant que les repères chronologiques et contextuels essentiels.Passent comme fantômes en filigrane les amis, artistes, politiques.Passe une soirée où l’on aurait bien voulu être, à regarder à la télé le Canadien gagner la coupe Stanley en compagnie de Godin, de Gaston Miron et de Roland Giguère.On sort de cette lecture avec l’envie de fouiller davantage.Reste à se jeter sur la biographie de Julien, La Vie à mort (Leméac), signée il y a quelques années par Louise Desjardins, pour imaginer la rencontre, alors que Godin interviewe Julien pour Le Nouvelliste lors d’un récital à Trois-Rivières.Et reste le plaisir triste de fabuler sur leurs fins tragiques.Car ces immenses amants des mots ont succombé tous deux à des maladies de tête: lui d’un cancer du cerveau, elle d’une aphasie dégénératrice qu’elle prendra de vitesse en se suicidant Un des derniers poèmes de Godin en fantasme les symptômes: «elle dit Pyrénées pour piranhas / interlocutés pour interloqués / grotesque pour grossesse / chanceuse pour chanteuse / cordes postales pour cordes vocales / patate pour pascale / elle fait VOIR PAGE F 2: RENARDE «Un amour, c’est quelque chose déjà.Un amour qui dure, c’est incroyable.» 26e Salon du Avec un hommage à Irving Layton Une exposition de documents d'archives tirée des Collections spéciales de la Webster Library sera présent.ée sous vitrines L LE DEVOIR APMIS.WSS6.00 POUR l±S m '.xpt RYfcB K \ h \ i s ni $1.00 \ v i; c c i; i r i \ \ s o \ r i IVRE ANCIEN www.bibliopolis.nd /ciaq de Montréal LES 26 ET 27 SEPTEMBRE 2009 samedi : 12h à 18h - dimanche : llh à 17h Université Concordia, Pavillon McConnell Métro Guy-Concordia 1400, boul.de Maisonneuve ouest NOMBREUX PRIX DE PRÉSENCE ET BONS D'ACHAT Grand choix de livres anciens et rares, illustrés, ÉDITIONS ORIGINALES, RELIURES, CARTES, ETC. F 2 I.K l> K V 0 I It I K S S A M K l> I 2 (i E T I) I M A N C II E S E I* T E M B It E 2 0 0 «I LIVRES Trois-Rivières : berceau de poésie Elle est plus ancienne que Montréal, à peine plus jeune que Québec.Gérald Godin, qui y est né, y a pondu son premier recueil de poésie, Chansons très naïves, avant de devenir journaliste, puis député, «entré en politique par la grande porte de la poésie», comme le résume son frère Guy dans le livre Rencontrer Trois-Rivières.375 ans d’histoire et de culture, publié aux Éditions d'art Le Sabord.Dans ce même texte, Guy Godin raconte d’ailleurs comment leur père, médecin, se disait «plus rimailleur que chirurgien» et garnissait de vers ses ordonnances.TRIFLUVIENNES CAROLINE MONTPETIT Depuis 25 ans, Trois-Rivières est l’hôte d’un festival international de poésie.Pour l’occasion, chaque année, la ville s’ouvre au monde.Elle le fera de manière encore plus significative cette année, puisqu’elle vient d’ajouter cent noms, d’un peu partout dans le monde, à sa promenade de la Poésie, qui comptait jusqu’à présent des extraits de poèmes de 300 poètes québécois.Voilà donc que s’ajouteront des poèmes de l’Islande, de l’Argentine, de la Turquie, du Sénégal, d’Haïti ou du Japon, en langue d’origine puis en traduction française, donc en 21 langues en tout, sur la promenade internationale inaugurée près du port de Trois-Rivieres.Du Québec, le poète Jean-Paul Daoust sera particulièrement à l’honneur cette année, lui qui vient de remporter le prix Québécor du Festival international de poésie de Trois-Rivières, pour son recuejl Le Vitrail brisé, publié aux Editions des Forges: une série de textes sur le thème de la douleur, que le poète a écrits après un grave accident qui lui a endommagé des vertèbres, un genou, des côtes.Le «vitrail brisé», c’est d’ailleurs une métaphore du squelette, invisible de l’extérieur, comme les vitraux, mais qui se fait sentir avec acuité de l’intérieur, lorsque le corps est tordu de douleur.«J’ai voulu créer pour apprendre des mots pour m’accrocher à la vie et remonter à la surface, et aussi pour donner un ca- deau, ces poèmes, à ceux et celles qui traversent des épreuves terribles», dit-il.La souffrance traverse d’ailleurs tout ce recueil, écrit par un homme qui est sorti «du coma en déclamant des poèmes».L’anecdote est vraie.Jean-Paul Daoust raconte s’être éveillé après une longue opération en déclamant des poèmes.«Tous les mots sont pesés [dans ce recueil].J’avais de la difficulté à écrire, à créer dans la douleur totale.La poésie aidait, et chaque mot a été tracé dans le sang.[.]Je tenais à parler de ça.Il y a toujours moyen, avec quelque chose de laid, de faire quelque chose de beau.» Jean-Paul Daoust fréquente assidûment le Festival international de poésie de Trois-Rivières depuis sa fondation, il y a 25 ans.«Cela a permis de faire des échanges, dit-il, en plus de permettre aux poètes d’aller à la rencontre du public.» Jean-Paul Daoust s’est notam- ment rendu à Dakar, où se tient un festival semblable à celui de Trois-Rivières, et revient d’une résidence à Charleville-Mézières, où il a séjourné durant trois semaines dans la maison même où Arthur Rimbaud a écrit Une saison en enfer.«Nous avons des ententes avec dix événements internationaux», raconte Gaston Bellemare, fondateur du festival comme des Ecrits des Forges, maison d’édition de poésie créée avec Catien Lapointe en 1971.«Au début des années 1980, la poésie était invisible, il n’y avait à peu près que Le Devoir qui en parlait», raconte-t-il.L’idée d’un festival venait de cette nécessité d’accorder une meilleure diffusion aux poètes d’ici et d’ailleurs.Le Festival international de poésie tient à souligner cette année les 375 ans de la ville qui l’héberge depuis sa naissance.On comptera notamment cette année sur la présence d’Hubert Reeves, qui donnera une conférence intitulée «Cosmos et poésie», et sur celle de Chloé Sainte-Marie.Du même souffle, plusieurs publications portant sur l’histoire de Trois-Rivières voient le jour cette année.Mentionnons par exemple Nouvelles pages tri-fluviennes, au Septentrion, qui retrace les 375 ans de la ville.Le titre fait d’ailleurs référence aux premières Pages trifluviennes, publiées en 1934, à l’occasion du 300e anniversaire de la ville.Ces premières Pages trifluviennes, collection de 39 volumes publiés sous la direction de l’abbé Tessief, avaient d’ailleurs paru aux Editions du 375 ANS D'HISTOIRE ET DE CUITURE ^ vV*3' Bien public, là même où Gérald Godin avait fait paraître ses très naiVes chansons.Le De voir NOUVELLES PAGES TRIFLUVIENNES Sous la direction de Jean Roy et Lucia Ferretti Editions du Septentrion Québec, 2009,342 pages RENCONTRER TROIS-RIVIÈRES 375 ANS d’histoire ET DE CULTURE Editions d’art Le Sabord Trois-Rivières, 2009,229 pages LE VITRAIL BRISÉ Jean-Paul Daoust Ecrits des Forges Trois-Rivières, 2009 RENARDE SUITE DE LA PAGE F 1 des lapsi / et lui de l’épilepsie.» Avant, plus loin, d’aller dire La renarde et le mal peigné rjS’XWm'KWm ' r qu’«w« des derniers refuges de la poésie / c’est le lapsus».Les lettres de La Renarde et le Mal Peigné offrent le plaisir lointain de se rappeler l’ébullition de l’époque, et celui, surtout, de se plonger dans la vie, au jour le jour et tout en rebondissements, d’un immense attachement.Car, comme l’écrit Godin: «Un amour, c’est quelque chose déjà.Un amour qui dure, c’est incroyable.» Collaboratrice du Devoir LA RENARDE ET LE MAL PEIGNÉ PauEne Julien et Gérald Godin Leméac Montréal, 2009,180 pages EN BREF Prix du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean Après délibérations, le jury du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean a retenu, comme ga- gnant du Prix roman 2009, Je pense à toi de Nicole Houde, publié aux Editions de la Pleine Lune.Un prix «Intérêt général» a aussi récompensé Les Québécois et l’anglais, publié chez les Editeurs réunis, du juriste Christian Dufour.Le 45' Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean se déroule cette année du 1" au 4 octobre.- Le Devoir Littérature et cirque on the rocks Dub & Litté, un cabaret littéraire qui décoiffe En guise de point final au Festival international de littérature (FIL), Dub & Litté dépoussière le cabaret littéraire et lui insuffle une sérieuse dose d’audace, de coups de gueule et des décibels bien sentis.Avec le cirque, ce cabaret qui décoiffe pousse la prose plus loin, mêlant rythmes et lettres à d’inusitées contorsions.ISABELLE PARÉ Le tandem incongru, composé du journaliste, auteur et ex-forain Michel Vézina et du musicien Vander, ex-membre des Colocs, s’adonne depuis déjà plusieurs années au cabaret littéraire revisité.Dès 2006, la paire avait marié dub et littérature lors d’une première au Divan orange.Le duo y a pris goût et a récidivé, exportant l’expérience en France, en Belgique, en Haïti et au Sénégal, dans le cadre de Cap sur les ports francophones, mêlant textes et synthés dans un exercice grisant d’improvisation musicale.La dernière folle mouture de Dub & Litté, au printemps dernier, avait réuni au Don d’Or Suzanne Clément, Yann Perreault et Catherine Lalonde, dans un entrelacs textuel et musical inspiré par The Road, de Cormac McCarthy.«La plupart des poètes sont tellement plates sur scène qu’on ne veut pas les entendre.C’est pourquoi nous choisissons souvent des comédiens pour ces cabarets.Pour moi, la scène est un privilège, et il ne suffit pas d’être poète pour être intéressant.On veut faire entrer la parole dans le rythme», plaide Michel Vézina, ex-clown qui a brûlé les planches aux côtés du groupe punk-rock français Bérurier noir et fondé la troupe Le Cochon souriant.D’où l’idée de pondre une variante circassienne du cabaret, à laquelle se joindront trois disciples des 7 doigts de la main, Samuel Tétreault, Isabelle Chassé et Patrick Léonard.En plus de partager le même ADN que ces saltimbanques, Vézina affiche à son dossier deux ou trois circonstances aggravantes, dont Les Presses de l'Université de Montréal tiennent à féliciter leurs auteurs finalistes pour le prix Victor-Barbeau de l’Académie des lettres du Québec 2009.Éric Méchoulan La culture de la mémoire ou comment se débarrasser du passé ?et Guillaume Pinson Fiction du monde De la presse mondaine à Marcel Proust Deux essais remarquables à découvrir.mwM iilturr de U mémoire www.pum.umontreal.ca Œuvres de Charles De Koninck Philosophie de la nature et des sciences volume 1 TOME I JACQUES GRENIER LE DEVOIR Michel Vézina celle d’avoir traduit et adapté en français la création La Vie des 7 doigts de la main, spectacle d’abord créé en anglais.Tombé dans la potion quand il était petit, Vézina affirme que la frange punk, qu’il a abondamment côtoyée, a longtemps partagé le même lit que le monde marginal du cirque, accouchant dans les années 80 de cirques avant-gardistes comme Archaos.«On vient d’une culture punk, mue par l’esprit du “Do it yourself’.Le thème du cirque, c’était tout naturel et conséquent avec notre parcours.J’ai fait le clown avec les Béru dam les années 80 et Vander est un ami du cirque Plume, qui a participé à de nombreux festivals des arts de la rue.Notre génération a grandi avec le nouveau cirque», insiste Vézina.Sur des textes de Henry Mil- ler, de Cocteau, de Romain Gary, de Frank Etienne et de Federico Garcia Lorca, et en compagnie de l’auteure Catherine Lalonde, les artistes se plieront à mille contorsions et oseront marcher sur le fil raide de la parole.«On a voulu qu’ils nous parlent d’eux-mêmes, de l'envers du cirque», relance l’auteur à’Asphalte et vodka, devenu récemment directeur littéraire aux 400 Coups.Enveloppé de projections vidéo, le tout devrait faire basculer le texte dans des sentiers rarement empruntés.Pour Vander, rock et paroles peuvent rimer avec autre chose que rap ou slam.«On se pose en réaction par rapport à un certain milieu de sla-meurs qui s’adonne à la rimette facile.U y a moyen de faire m show rock et d’avoir un texte qui se tient.C’est ça, l’esprit de Dub & Litté», plaide le musicien qui, avec Dan Beats, enrobera les textes de ses «loops» et bases rythmiques.Improvisation planifiée, donc, pour ce premier tandem cirque et littérature.«Le défi de Dub & Litté, c’est que tout le monde soit en danger.On ne veut pas faire un show parfait.On est tous surmfildefer perpétuel», conclut Vézina Le Devoir DUB & LITTÉ: LE CIRQUE Soirée de clôture du FIL Don d’Or, dimanche 27 septembre, 20h Œuvres Ac ch>Si*Ko,u' Avant-propos Thomas De Koninck Présentation Yves Larochelle La maîtrise de la langue française passe obligatoirement par la compréhension et l’utilisation de ses expressions les plus courantes.Le but de cet ouvrage est surtout d’offrir à ceux et celles qui éprouvent des difficultés de décodage le sens d’un grand nombre d’expressions françaises et québécoises.Édition originale par le célèbre auteur des sagas québécoises : /ViLcJuJ! d OA> uf 624 PAGES Format 6 X 9 pouces Guérin 2009 /I lu’Û'ridrid dictionnaire Université fttl de Montréal 978-2-7637-8845-6 507 pages ?59,95 $ pu! LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAL • www.pulaval.com DES eyArtssuiïiï 18,95$ ISBN 978-2-7601-7122-0 Guérin^ 4501, rat Drolet Montréal (Québec) H2T2G2 Téléphone: 514-842-3481 •Télécopie: 514-842-4923 UiumelttnMatë’guerin-editeur.qc.ca • www.guerin-editeiu.qc.ca MHNMNMMMI i L i; I» K V (I I It , I.E S S A M E I) I 2 E T I) I M A N ( ME 2 7 S E I’ T E M It It E 2 II (I !l K 3 LITTERATURE Oser le pathétique FRANCIS-WILLIAM REHAUME Lauréat du prix Fiché de poésie 2009, Simon Boulerice publie son premier roman, Les Jérémiades.Un premier roman, ça émeut toujours un peu.Va-t-on découvrir ce je-ne-sais-quoi qui n’a rien à voir avec la recette toute faite?Va-t-on entendre une voix, une vraie?Va-t-on voir quelqu’un véritablement foncer, sauter dans le vide, se mouiller?Pour Les Jérémiades, de Simon Boulerice, une seule réponse possible: oui.C’est clair et net Dès les premières pages, pour ne pas dire les premières lignes.On entre dans un univers tout à fait particulier, singulier.«Il m’est arrivé de coller ma gomme à mâcher en boule, dans l’une de mes narines, et de paniquer avec sincérité, ne pouvant la retirer de l’endroit fâcheux.» Le roman commence ainsi.Aucune idée où cela va nous mener en vérité.Mais on y va.Un peu plus bas: «J’allais mourir une gomme engoncée dans une narine.J’allais mourir, car j’allais me taire.» Suit un scénario catastrophe au conditionnel.On est dans la surenchère, on le restera.On a envie de rire en même temps qu’on sent qu’on sait tout de suite qu’on doit s’attendre au pire.Pas en ce qui concerne cette histoire de gomme Trident dans la narine, non.Ce n’était qu’une entrée en matière, pour donner le ton.Quoique.La fin du roman nous réserve une surprise là-dessus.Avant d’aller plus loin, une précision, tout de même: nous ne sommes pas vraiment, ici, dans le balbutiement, le commencement d’une œuvre.Dans les faits, l’auteur, jeune artiste polyvalent de 27 ans par ailleurs acteur et metteur en scène, n’en est pas à ses premières armes dans l’écriture.Dramaturge, Simon Boulerice a signé entre autres pièces Qu'est-ce qui reste de Marie Stella, présentée en reprise récemment à La Petite Licorne, et Simon aime danser, un solo qu’il a lui-même interprété lors du dernier Carrefour international de théâtre.Il est aussi poète.Son recueil Saigner des dents lui a d’ailleurs valu le prix Piché de poésie 2009, remis par l’Université du Québec à Trois-Rivières.Bref, le roman n’est qu’une corde de plus à son arc, un prolongement de sa démarche.On a là quelqu’un qui a le sens du théâtre, qui manie la langue et sait comment faire naître les images, quelqu’un qui cultive son univers propre.On reconnaît d’ailleurs dans Les Jérémiades deux pôles de cet univers-là: l’enfance et l’homosexualité.Jérémie, neuf ans, tombe amoureux fou d’Arthur, un adolescent roux.C’est le véritable point de départ du roman.Dès la deuxième page, c’est là.Et ce sera là jusqu’à la toute fin.C’est la version de Jérémie qu’on aura, celui-là même qui un jour a pensé mourir à cause d’une gomme Trident mâchouillée qui lui bouchait le nez.Mais ce n’est pas le Jérémie de neuf ans qui parle.Plusieurs années se sont écoulées depuis son aventure amoureuse, la première qu’il a connue.Sans doute ce recul, cette distance sont-ils salutaires.Car le Jérémie de neuf ans que le Jérémie jeune adulte décrit est tellement intense, excessif, délirant, qu’il fallait d’une façon ou d’une autre désamorcer le récit par l’autodérision.C’est ce qui fait la force du roman.Cette voix narrative tragi-comique qui ose tout.Qui ose le pathétique.Et derrière laquelle on perçoit une réelle émotion, une réelle douleur, une réelle blessure, un réel désarroi.L’histoire est à la fois banale et unique.Banale dans le sens que s’y déploient toutes les étapes, tous les stades prévisibles de la passion dévorante, de l’amour absolu, sans demi-mesures.Mais unique parce que ces sentiments exacerbés, c’est un petit garçon de neuf ans qui les éprouve, envers un gars de 15 ans.Tout y est la découverte exaltante de l’autre, le secret, 1’inter-dit, le septième ciel sexuel.Puis la trahison, le désir de vengeance, le je-t’aime-je-te-hais, la descente aux enfers.Tout y est vécu par le Jérémie de neuf ans, menteur, manipulateur, qui joue l’innocent et se brû- le les ailes.Ce Jérémie enfant que le narrateur porte encore en lui.Qu’il sait si bien faire parler, bouger, agir.Mais en ne perdant pas de vue qu’il s’est brûlé les ailes, justement C’est très puissant.Pour le reste.H y a toutes sortes de références d’époque, qui vont dans tous les sens.Nous sommes en 1992, quand Jérémie rencontre Arthur; il est maniaque des soaps à la télé, en particulier de Top Model: «J’aurais donné ma vie inutile pour que Ridge Forrester me prenne dans ses bras.» Il y a même les chansons de Martine Sinclair.Plusieurs incursions dans le cinéma aussi, même un peu trop, à la longue.Le récit, par bouts, prend les allures d’une enfilade de gags comme autant de clins d’œil aux films qu’affectionne le petit Jérémie.L’impression que ça stagne, qu’on n’avance plus un moment donné.Que l’auteur cherche à faire à tout prix diversion.Que c’est échevelé, même.Pas suffisamment resserré.Que s’est-il passé?Vient un moment où, pour tout dire, l’exaspération guette devant les jérémiades de Jérémie, hissent-elles bien envoyées, bien enveloppées.Jérémiade: «plainte sans fin qui importune», selon la définition du Petit Robert L’auteur aurait-il voulu tester nos limites?On ne saurait lui en vouloir trop longtemps.Après avoir mis le pied sur le frein un temps, il file ensuite la pédale d’accélérateur au plancher.Les dernières pages du livre sont un pur délice, un peu délire, dans ce que la littérature produit de inieux.LES JÉRÉMIADES Simon Boulerice Editions Sémaphore Montréal, 2009,154 pages Les Jérémiades À LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Beauté désespérée Vniil LES EDITIONS DU BORÉAL FÉLICITENT LEURS AUTEURS EN LICE POUR LES PRIX LITTÉRAIRES FRANÇAIS I jipifr - I i^i»y Prix Femina étranger pour La Veuve Traduit par Lori Saint-Martin et Paul Gagné Danielle Laukin CHRISTIAN DESMEULES Petite dernière d’une famille de paysans du Morvan où il y a «plus de bouches à nourrir que de terres à cultiver», rêveuse et intouchable, en ce début de XX' siècle, la belle Marie Brault a le profil parfait d’une madone et voue un culte personnel à la Vierge Marie.L’héroïne de La Louée, premier roman de Françoise Bouffière, a donc tout pour inspirer autant l’amour que le crime.Engagée à 18 ans comme bonne à tout faire dans la famille d’un riche négociant de Lyon, elle est vite violée par son patron «soyeux», pressé d’arracher les ailes de cet ange fait femme.Sans surprise, la jeune femme tombe enceinte et perd sa place lorsqu’on découvre sa condition.Après avoir accouché, elle monte à Paris et devient nourrice dans une famille aisée.Les Morvandelles avaient à l’époque la réputation d’être «les meilleures nourrices depuis la nuit des temps», et cette activité, pratiquée dans la grande ville ou au cœur même du Morvan, était presque devenue une industrie dès le milieu du XIXe siècle.Le temps d’accumuler de substantielles économies, Marie retourne au village avec son bâtard, qu’elle avait elle-même placé en pension à la campagne durant ce temps.Mais dès son retour, la jeune mère célibataire, «la Brault», comme on la surnomme au vil- lage, est la cible des commérages les plus débridés.Faisant fi des qu’en-dira-t-on {«Qui fait l’ange fait la bête», murmure-t-on dans son dos), elle reprend la ferme familiale et accueille bientôt chez elle un garçon de l’Assistance publique.Un enfant d’une dizaine d’années auquel elle s’attache et qui, de son côté, développera envers elle des sentiments ambigus.Mais c’est un flirt avec l’instituteur du village, qui la trouve «limpide comme l’eau cristalline des rivières morvandelles», qui conduira cette histoire vers la conclusion dramatique que le lecteur anticipe depuis le début.Roman de la désespérance et de l’enfermement, trajectoire d’une vie minée par la misère collective et le sacrifice de soi, La Louée parvient à transcender le genre parfois bavard du roman historique.Cette histoire classique de la petite bonne dont on abuse et qu’on jette à la rue après usage — un air pourtant bien connu —, Françoise Bouffière la conduit habilement au moyen d’une écriture sobre, quelquefois mêlée d’expressions régionales.On pourra tout au plus lui faire le reproche d’avoir escamoté trop rapidement, surtout vers la fin, certains ressorts du drame.Collaborateur du Devoir LA LOUÉE Françoise Bouffière Septentrion, coll.«Hamac» Québec, 2009,232 pages De la populaire biogueuse des Chroniques blondes GENEVIEVE JE COMPTE ,.****•¦ ILES MORTS .LEFEBVRE En librairie dès maintenant PHOTO © JACgUII MIGNBAULT Geneviève LEFEBVRE vUj GROUPE LIBKRX Une compagnie île Quetiecor Media GROUPELII3REX.COM éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature sous la direction de Yves Boisvert Scandales politiques Le regard de l'éthique appliquée Sous la direction de Yves Boisvert SCANDALES POLITIQUES Le regard de l’éthique appliquée r!F ¦ rt* Liber 264 pages, 25 dollars Gil ADAMSON Prix Concourt pour Les Pieds sales Edem AWUMEY Prix Feminâ étranger pour Cartes postales de l’enfer Traduit par Lori Saint-Martin et Paul Gagné Neil BISSOONDATH Prix Médicis Prix Femina Prix France-Culture/Télérama Prix Wepler pour L’Enigme du retour Dany LAFERRIÈRE I C ÜJL i I i: l> I- '¦ OIK.I.K S S A M K I) I 2 (i K T I) I M A .V < Il E 27 S E P T E M B II E 2 0 0 !» V 4 LITTERATURE Litanie de la dépossession Louis Hamelin Devoir de mémoire, devoir de lecture: j’avais, au printemps, refermé ce livre à mi-chemin, accablé, à la longue, par son aspect répétitif, par la monotone désespérance que le lecteur contemporain éprouve à voir tomber une après l’autre, fauchées par les balles, soumises par traité, trahies, recyclées en éclaireurs de l’armée et retournées contre leurs frères, et repoussées, toujours plus loin, parquées sur des terres toujours plus petites, plus morcelées, plus mortes, les grandes nations de l’Ouest: Navajos, Cheyennes, Sioux Santees, Oglalas, Hunkpapas, Miniconjous et Arapahos, Blackfeets, Apaches, Modocs, Kiowas, Comanches, Nez-Percés, Poncas, Utes, leurs noms comme une litanie.Désespérance monotone à peine adoucie par le fait que, à un siècle et demi de distance, l’expansion anglo-américaine vers l’Ouest, cette ruée de pionniers et de prospecteurs, de locomotives à vapeur et de chasseurs professionnels, d’orpailleurs sans scrupule et de Tuniques bleues, tous ces gens et ces machines qui, dans leur fièvre de l’or et leur marche vers le Pacifique et le pays sauvage, formaient l’avant-garde d’une civilisation de l’avidité, prend l’allure d’un mouvement irrésistible de l’histoire.Le général Crook l'a bien expliqué aux Sioux: «Les Blancs de l’Est sont tels des oiseaux.Chaque année, ils ont de nouveaux œufs et il n’y a pas assez de place dans l’Est, si bien qu’ils doivent aller ailleurs [.] et il en viendra toujours plus, jusqu’à ce qu’ils aient envahi le pays tout entier.Vous ne pourrez pas les empêcher.[.] Tout est décidé à Washington à la majorité et quand ces gens arrivent dans l’Ouest et constatent que les Indiens disposent d’un immense ter- ritoire dont ils ne font rien, ils disent: “Nous voulons ces terres”.» Dans l'histoire américaine, il ne sera jamais question de restreindre d’aucune manière ces marées humaines venues de la vieille Europe blanche.Les chariots bâchés vont continuer de cheminer pareils à des œufs de fourmis dans la plaine.Le droit du sol sera, d’emblée, celui du plus fort.La Conquête de l’Ouest, du point de vue des Indiens, c’est d’abord un problème d’immigration.Et à lire ce classique, réédité dans la riche collection «Terre indienne» que dirige Francis Geffard ch,ez Albin Michel, impossible d’en douter: les Etats-Unis d’Amérique, ceux de la recherche du bonheur et de l’égalité des chances, de Thomas Jefferson et d’Abra-ham Lincoln, passé le Mississippi, se sont édifiés sur le sang d’un génocide, tout juste 25 ans avant celui des Arméniens par les Ottomans.Mais évidemment, les empires passent et ne s’excusent guère.Un argument périmé ?Pour un Nord-Américain, cependant, lire aujourd’hui cette histoire et ne pas noter quelques constantes reviendrait à ajouter au catalogue des injustices.Ainsi, que reproche-t-on aux Indiens?Le général Crook l'a très bien résumé dans sa tirade: «Ils disposent d’un immense territoire dont ils ne font rien.» On aurait tort de croire cet argument périmé.On peut trouver en ce moment, à Havre-Saint-Pierre, des chauffeurs de taxi qui ne demandent pas mieux que de vous édifier et de vous expliquer que, au fond, les rivières «sont là pour ça» (le «ça» désignant en l’occurrence le genre de mégaprojet bétonné que les pluies de dollars hydro-québécoises font pousser sous les climats nordiques).Les Nez-Percés, qui furent d’abord les amis des Blancs et poussèrent l’amabilité jusqu’à prendre sous leur aile les explorateurs Lewis et Clark, avant de devenir encombrants à leur tour et d’être dépossédés et tassés aussi sûrement que leurs frères des tribus dites hostiles, avaient des idées différentes sur ces sujets.«Cette terre fait partie de notre corps», disait joliment l’un d’eux, Toohoolhoolzote, considéré ANNABEL REYES / HBO Une scène du téléfilm américain Enterre mon cœur à Wounded Knee, réalisé par le Québécois Yves Simoneau et présenté cet été à Radio-Canada comme un prophète par les siens et qui allait mal finir.Et le fameux chef Joseph, lui: «Nous nous contentions de laisser les choses telles que le Grand Esprit les avait faites.Eux ne s'en satisfaisaient pas, et s’ils l’avaient pu, ils auraient changé les rivières et les montagnes qui ne leur convenaient pas.» Maintenant, ils le peuvent.Mais il est frappant de constater que, si les techniques permettant de modifier, de dominer et de soumettre le territoire ont évolué, les méthodes de persuasion employées à des fins de désappropriation nationale restent, elles, à peu près les mêmes 150 ans plus tard.Deux exemples: la métaphore territoriale que semble filer tout du long le récit scrupuleusement documenté de monsieur Dee Brown est la peau de chagrin.Or, non seulement confine-t-on, à force de mensonges, de cajoleries et de parole reniée, ces empêcheurs de progresser en rond dans des zones géographiques de plus en plus restreintes, mais il faut en plus qu’on leur attribue systématiquement les terres les plus pauvres (l’actuel Oklahoma, pays de poussières, sera longtemps connu comme le Territoire indien).Cette forme de sélection perdure aujourd'hui, entre autres au Québec, dans le processus de délimitation des futures aires protégées.Les Atikamekw de Manawan qui connaissent un peu l’histoire des Hunkpapas n’ont pas dû être trop surpris quand leur proposition de créer une réserve de biodiversité sur leurs terres ancestrales leur est revenue, amputée comme par hasard, par les gens de crayon du ministère, de sa forêt la plus riche.Mais dans cette histoire, les Blancs ne mentent pas toujours.Ils disent parfois la vérité.C’est ainsi que, lors du démantèlement final de la Grande Réserve sioux, les délégués du Grand Père de Washington jouèrent d’abord la carte de la division entre factions rivales, puis offrirent au peuple de Sitting Bull 50 cents du demi-hectare, laissant clairement entendre aux Sioux qu’ils étaient bien libres d’accepter ou non l’offre du gouvernement, mais que de toute manière ils allaient perdre leurs terres.On a tenu un langage identique aux Innus de Min-gan-Ekuanitshit pour les embarquer dans le projet hydroélectrique de la rivière Romaine.Et c’est ce qui rend la lecture û’Enterre mon cœur à Wounded Knee si passionnante: cette histoire n’est pas encore terminée.hamelinlo@sympatico.ca ENTERRE MON CŒUR À WOUNDED KNEE Dee Brown Traduit de l’américain par Nathalie Cunnington Albin Michel Paris, 2009,477 pages POÉSIE LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Voyages intérieurs Film de peur, le roman HUGUES CORRIVEAU Ils sont deqx.Elle et lui voyagent aux Etats-Unis.L’argument pourrait facilement tomber dans le cliché.Or le poète évite constamment cet écueil en faisant en sorte que son périple réel soit transfiguré par une voix poétique qui pénètre au cœur des sensations, des craintes et des émerveillements.Prouesse sans doute que cette façon de nous faire du même coup pénétrer dans l'âme d’un lieu et dans le lieu même où l’âme cherche à comprendre la réalité.«Cela débute ainsi: on peut voir une haute maison entourée d’une galerie.Un ciel bas, vers cinq heures, quand la mort est dans les arbres, un crucifix qui brûle sur une colline.Et toi qui lèves ta robe au-dessus du genou, et toi qui entres dans la rivière gonflée en disant: mon sexe est une étoile qui danse.» Nous sommes à Bayou Fernand, et les sens s’affûtent.Et comme le dit le poète: «Le voyage nous élève, le voyage nous emplit d’une grâce radicale.» ANTONIO D'ALFONSO Pierre Barrette Les poèmes en prose sont entrecoupés de «Contrepoints» en vers libres qui ponctuent cette méditation.Et d’une façon très juste l’auteur insère souvent dans ses textes des vers extraits du Bateau ivre d’Arthur Rimbaud.De La Nouvelle-Orléans jusqu’en Arizona, la traversée géographique trouve à soulever des couches sédimen-taires où le désir des décou- vertes devient une révélation: «Vraie lumière / Du continent / Ses armées / D’oiseaux / Longeant/La frontière lucide /Au milieu du monde».Recueil intense qui ouvre une voie aussi bien vers des lieux mythiques que vers l’autre, l’aimée.Combat pour la survie À la mi-septembre, on trouvera en librairie un recueil important.Surtout à cause du sujet qu’il aborde: à savoir, 20 ans plus tard, la tuerie de Polytechnique.Recueil qui souligne en rouge la misogynie constante, la permanente rage qui prévaut contre les femmes, sur tous les continents, chaque fois que la haine supprime une vie de femme.EngagementTremblé, épicentre d’une conscience qui ne doit jamais s’estomper, ce Sel et sang de la mémoire est un plaidoyer qui revendique le droit à la vie, qui rappelle la mort de 14 jeunes femmes auxquelles on a enlevé l’élan, le cœur et la parole.Elaine Au-det prend de plein fouet cette parole et écrit une série de poèmes qu’elle dédie à l’une des victimes, Geneviève Bergeron, amie de sa fille.«Tu gis dans l’eau terne de ton sang éteint / tes yeux lumineux / tes yeux clairs et clairvoyants / restent obstinément ouverts / face à la masse sombre de l’homme / qui n’en finit plus de te cribler le souffle / de son silence de plomb».Il faut lire ce livre dans la peine même qu’il évoque.Il faudrait aussi relire le très beau livre de Denise Desautels, Leçons de Venise, qui contient également une ode à ces femmes, radiées.On ne saurait se passer de ces voix qui s’élèvent pour que l’existence soit possible, pour que toute femme n’ait plus à craindre de seulement désirer.Collaborateur du Devoir EPIPHANY, ARIZONA Pierre Barrette Editions du Noroît Montréal, 2009,76 pages SEL ET SANG DE LA MÉMOIRE Polytechnique, 6 décembre 1989 Élaine Audet Editions Sisyphe, coll.«Poésie» Montréal, 2009,84 pages CHRISTIAN DESMEULES Rien à faire, les tueurs en série finissent toujours par échapper à l’entendement.C’est l’abject incarné, l’innommable, la tache aveugle de l’expérience humaine.Aussi bien, à ce compte-là, remplir cette béance avec de l’humour et de la grand-peur, deux sentiments aussi fossiles.Dans Maudits!, Edouard H.Bond met en scène l’après-bal d’une petite bande d’adolescents qui tourne à la tragédie quand leur limousine a une crevaison sur la route 343, quelque part entre Saint-Ambroise-de-Kildare et Saint-Alphonse-Ro-driguez, en haut de Joliette.Dans un secteur prétendument «maudit», s’il faut croire ce que raconte «un vieux débile qui écrit des cochonneries dins journaux», un pilier de comptoir de La Patate à Gilles qui griffonne dans des cahiers Canada.Ce bout de route est le territoire de chasse de Serge, une sorte de géant Beaupré maniaque et salement défiguré, spécialiste de l’arbalète, amateur de sashimis humains — il faut voir comment il manie le couteau Rapala.Un vrai Bonhomme sept-heures, parfait émule de Jason Voorhees ou de Freddy Krueger, deux icônes du film d’horreur.Comme il se doit, le beau Serge patrouille dans son secteur au volant d’une vieille Econoline qui crachote.Un modèle de véhicule utilitaire parfois surnommé, on se demande bien pourquoi, «van de violeur».Quelques meurtres sauvages plus tard, et après une traque en forêt, les jeunes survivants auront la malchance de mettre les pieds dans un champ de pot «sécurisé» et de tomber entre les mains d’une escouade d’affreux, sales et méchants qui, entre deux lignes de «moulée à danseuses», leur en feront voir de toutes les couleurs.Au terme d’un épisode de boucherie BRÈVE Prix de l’Académie Les prix de l’Académie des lettres du Québec ont été décernés cette semaine à Montréal.Monique Deland a remporté le prix Alain-Grandbois de poésie pour son recueil Miniatures, balles perdues çt autres désordres, publié aux Éditions du Noroît.Le prix du roman Ringuet a été remis à Martin Robitaille pour lilMililliIiUlil qui n’épargnera pas grand monde, l’ogre vainqueur ramènera quelques-unes de ses prises bien ficelées jusque dans sa tanière.Et pour l’édification du lecteur, l’auteur de Maudits! insère de courtes biographies de tueurs en série «célèbres» entre les chapitres.Le second roman de gare et d’«épouvante» d’Edouard H.Bond, auteur de Prison de poupées (Coups de tête, 2008), qui reprend le canevas des films de peur pour adolescents, est une petite «vue» en version originale sans sous-titres truffée d’anglicismes, qui donnent une couleur étrangement ou-taouaise à cette histoire campée dans Lanaudière.Délicieusement vernaculaire, dirait peut-être Fabrice Luchini, en détachant chaque syllabe.Sans vraiment renouveler le genre, l’auteur à la langue sale y puise à fond dans les stéréotypes.Mais en nous interprétant la partition, il est vrai, avec un léger doigté d’ironie.Des frissons, peut-être pas, mais quelques passages jouissifs et des sourires garantis.Collaborateur du Devoir MAUDITS ! Édouard H.Bond Coups de tête Montréal, 2009,142 pages Les Déliaisons, publié chez Québec Amérique.Le prix de l’essai Victor Barbeau est allé quant à lui à Jacques Beaudry, pour La Fatigue d'être - Saint-Denys Garneau, Claude Gau-vreau, Hubert Aquin, publié chez Hurtubise HMH.Enfin, l’Académie des lettres a attribué sa médaille 2009 au musicologue Jean-Jacques Nattiez pour l’ensemble de son œuvre.- Le Devoir LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité MIFESIt Cet exemplaire sera mis en vente dimanche le 4 octobre au 29 Salon du livre ancien dVttawa.514-522-8848 1-888-522-8848 44B7, rue de La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasinn@bellnet.ca Le premier roman du journaliste Michel Jean MICHEL JEAN monde comme En librairie dès maintenant PHOTO © RunijRT rrr.HEVÏItHY G R O U I' R L I B R R X Une compagnie de Quebecot Medto GROUPELIBREX.COM M^iwmnaMRHi .c* «K»* «SiCl Alain Finkielkraut et la sagesse de la littérature I) K V II I lî I.K S S A M E I) I I) I M A N T II K S K I' T K M H li E 2 (I I) !( LITTERATURE LOÏC VENANCE REUTERS Le philosophe Alain Finkielkraut dans la bibliothèque de son appartement à Paris wm FRANÇOIS RICARD Platon, on le sait, n’aimait guère les poètes.C’est que, malgré la meilleure volonté du monde, les philosophes, en général, n’entendent pas grand-chose à la littérature.Ils l’admirent, certes, et même la citent volontiers dans leurs travaux; mais dans le domaine de la connaissance, qui est leur domaine à eux, ils ne la considèrent au mieux que comme un moyen détourné, provisoire, donc un brin superfétatoire, dont les découvertes leur paraissent brumeuses et approximatives aussi longtemps que leurs redoutables machines conceptuelles ne les ont pas éclairées, mises en ordre et traduites comme il se doit.Pour le commun des philosophes, l’écrivain, en écrivant ses romans ou ses poèmes, ne sait pas très bien ce qu’il fait, tandis qu’eux le savent, ou en tout cas le savent mieux que lui et ne se laissent donc pas abuser par ses prétentions.C’est pourquoi ils ont inventé (ou inspiré) cette calamité: la «théorie littéraire», qui, sous prétexte de «démystifier» la littérature, ne fait en réalité que la remettre à sa place et la réduire au silence.D’où le prix qu’il faut accorder au dernier livre d’Alain Finkielkraut.Pour une fois, un philosophe, au lieu d’aborder la littérature comme une sorte de pensée inférieure, archaïque ou «sauvage», qui demande à être expliquée, critiquée, voire corrigée par la rationalité, se met tranquillement à son écoute.Non pour y trouver — ou y retrouver — ses thèses ou celles de ses conifères, mais pour entendre ce qu’elle a à dire, avec sa voix et son intelligence à elle, qui ne sont jamais aussi justes ni aussi précieuses que lorsqu’elles lui permettent de dire ce qu’elle seule est capable de dire, sa vérité à elle, une vérité qui ne peut donc qu’échapper et à la philosophie ordinaire et à tous les autres, discours qui, aujourd’hui plus que jamais, prétendent éclairer nos esprits et guider nos pas dans le labyrinthe du monde et de notre existence.Car ce que dit la littérature (la littérature digne de ce nom), et ce que l’auteur A'Un cœur intelligent s’efforce d’entendre (et de nous faire découvrir) en elle, c’est que nos esprits, au contraire, ne trouvent jamais la pleine lumière, que l’ombre et l’ignorance sont notre seul royaume; c’est que nos pas, au contraire, sont toujours plus ou moins ceux d’un errant, qui ne connaît ni sa route ni la destination vers laquelle elle le conduit.Une révélation En ce sens, l’enseignement que dispense la littérature est d’abord critique, voire polémique.«On n’a pas besoin de la littérature pour apprendre à lire, écrit Finkielkraut.On a besoin de la littérature pour soustraire le monde réel aux lectures som- maires, que celles-ci soient le fait du sentimentalisme facile ou de l’intelligence implacable.» Maîtresse d’ironie et de perplexité, la littérature répond à notre incorrigible désir de cohérence (politique, sentimentale, morale, intellectuelle) par le rappel du désordre inextricable de la vie humaine, nous apprenant «à nous défier des théorèmes de l’entendement et à substituer au règne des antinomies celui de la nuance», du clair-obscur et de l’incertitude.Mais cette critique est en même temps une révélation, un dévoilement.En récusant l’orgueil dévastateur des systèmes, des idéologies et des fables que nous fabriquons pour donner de l’ordre à nos vies, l’imagination littéraire fait apparaître une autre réalité, où réside pour elle la seule beauté véritable, la seule vérité: celle de l’être concret de l’homme.Ce trésor perdu, cet homme d’autrefois et de toujours, pétri de bien et de mal entremêlés, coupable et innocent à la fois, victime et bourreau, et qui, surtout, «se définit non par ce qu’il fait — ses projets, ses produits, ses prouesses, ses édifices, ses monuments — mais par ce que le scrupule et la vergogne le retiennent de faire», c’est dans le plus humble des visages, dans l’existence la plus commune qu’elle le cherche, en marge ou en deçà des jugements de la morale ou de l’His- toire, là où ne s’est pas encore tout à fait éteinte «la frêle voix de l’oblitéré».L’ouvrage comprend neuf parties, ou plutôt neuf «lectures» (c’est son sous-titre) consacrées à autant d’œuvres du XXe siècle, essentiellement des romans.Il s’ouvre sur La Plaisanterie de Kundera, référence majeure, et se referme sur Le Festin de Babette de Karen Blixen, que relient Tout passe de Vassili Grossman, Histoire d’un Allemand de Sebastian Haffner, Le Premier Homme de Camus, La Tache de Philip Roth, Lord Jim de Conrad, Carnets du sous-sol de Dostoïevski et Washington Square de Henry James.Une prose élégante et limpide Ecrite dans cette magnifique prose française qui distingue si fortement le style (et je dirais: la pensée) de Finkielkraut, une prose élégante et limpide, amie de la métaphore qui illumine mais ennemie de tout jargon, chacune de ces lectures est un modèle de critique littéraire, où il s’agit non tant d’expliquer les œuvres (quoique les analyses soient d’une grande précision et d’une grande finesse) que de se laisser expliquer et transformer par elles, en quelque sorte, d’apprendre leur langage, de se hisser (ou de descendre) jusqu’à elles pour mieux entendre et répercuter ce qu’elles ont à nous dire.Mais chaque partie, en même temps, forme en soi un petit essai libre inspiré par la lecture de l’œuvre, dans lequel l’auteur voit le monde et l’existence à partir de cette œuvre, du point de vue particulier qui est le sien.On lira ainsi des pages superbes sur la nature de l’imagination (opposée au fantasme), sur l’humour (opposé à la bêtise de la «rigolade contem- poraine»), sur l'antiracisme (et sa ressemblance avec le racisme), sur X«attirante étrangeté» de l’ancienne culture scolaire, sur la «civilisation de l'image aujourd’hui arrivée à maturité», sur Y«encamaradement», sur la notion A’«aventure», sur l’esprit de Mai 1968.Autant de thèmes qui sont familiers aux lecteurs de Finkielkraut, mais qui reçoivent ici, de leur ancrage dans l’expérience directe des grandes œuvres littéraires, un supplément de signification et de gravité.Depuis une dizaine d’années, la plupart des publications d’Alain Finkielkraut étaient soit des textes brefs, soit des entretiens.On se réjouit, en lisant ce Cœur intelligent, de retrouver le grand essayiste du Juif imaginaire (1980), de La Défaite de la pensée (1987), du Mécontem-porain (1991) ou de L’Humanité perdue (1998).Et on se réjouit d’autant plus qu’il s’agit de ce qu’on peut appeler, au sens le plus fort du terme, un livre de maturité, dans lequel un homme, un intellectuel, un lecteur ayant derrière lui quarante ans de réflexion, d’écriture et de combat, expose avec une liberté et une sérénité exemplaires l’essentiel de son expérience et de sa pensée.«Etre homme, écrit-il à la fin de son livre, c’est confier la mise en forme dç son destin à la littérature.» À ce livre, il aurait pu, en s'inspirant d’un autre de ses ouvrages (La Sagesse de l’amour, 1984), donner pour titre: «La Sagesse de la littérature».Collaboration spéciale UN CŒUR INTELLIGENT Lectures Alain Finkielkraut Stock/Flammarion Paris, 2009,282 pages ARCHAMBAULTqi Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS LIVRES LITTÉRATURE FRANÇAISE Liban : un passé qui renaît N A ï M KATTAN \ A la suite d’un accident de voiture, Laura, une Parisienne de 25 ans, est sujette à des hallucinations.De sa fenêtre, elle a la vision d’un homme portant un journal où est annoncée la découverte des corps de trois officiers français ensevelis en 1941 dans un temple de Djebel druze au Liban.La disparition d’une jeune fille, Nora, y est également mentionnée.Laura est convaincue qu’elle est la réincarnation de cette Nora disparue 50 ans auparavant.Pour reprendre sa place, elle décide de se rendre dans le territoire druze au Liban.On connaît la poésie et les romans de Vénus Khoury Ghata, qui évoque souvent son pays d’origine, le Liban.Elle nous transporte dans ce roman chez les Druzes, une secte musulmane dont les pratiques sont secrètes.Les druzes sont, encore aujourd’hui, très importants au Liban, en Syrie et en Israël.Laura explore les lieux où se sont déroulés les événements qu’elle croit avoir vécus.Elle interroge le père de la défunte Nora, ainsi que d’autres protagonistes de la tragédie.La romancière fait puissamment vivre l’espace et le temps où cette mort a frappé.Elle fait état de l’amour qui a lié la jeune Druze, fiancée à un cousin, un prince riche et puissant, à l’un des officiers français ensevelis, et la naissance clandestine d’un enfant dont le destin demeure un mystère.Vénus Khoury Ghata nous fait pénétrer dans une région libanaise peu connue.Elle nous conduit jusqu’au seuil de la religion des Druzes dont elle fait état humainement et géographiquement sans en révéler tous les secrets.Le plaisir du lecteur demeure entier.Collaborateur du Devoir LA REVENANTE yénus Khoury Ghata Editions Ecriture Paris, 2009,203 pages éditeur lyvrj cditionsxyz.com i JftcouES Cardinal S Z ^ Le livre des fondations g Incarnation et enquébecquo.sement dans 4 Le ciel de Québec de Jacques Perron K XYZ Les Éditions XYZ félicitent Jacques Cardinal auteur de Le livre des fondations : incarnation et enquébecquoisement dans Le ciel de Québec de Jacques Perron finaliste pour le prix Jean-Éthier-Blais 2009 de la Fondation Lionel Groulx.LUX VIENT DE PARAÎTRE JMtljfUjjNCpiS JMftEAH .Robert.i dr l Jean-François Nadeau ROBERT RUMILLY L’HOMME DE DUPLESSIS 116 pages - 34,95$ Pour Robert Rumilly, les idéaux de la Révolution française ont souillé la France.Il s’exile alors au Canada et s’y engage dans une activité intellectuelle frénétique.On lui doit pas moins de 91 livres, dont l’Histoire de la province de Qttébec en 41 volumes.Son énergie est surtout consacrée au service de l’Union nationale de Duplessis.Jean-François Nadeau met ici en lumière la place qu’occupe la droite extrême dans la fondation du Québec contemporain.Disponible en lu www.luxediteur.com ROMAN HELL.COM Patrick Senécal (Alire) LA COMMUNAUTÉ DU SUD T.4 Charlaine Harris (Flammarion Québec) LE ÆU DE L'ANGE Carlos Ruiz Zafén (Robert Laffont) OUVRAGE GENERAL IDOCTEURE IRMA T.3 Pauline GUI (Québec Amérique) L'ÉNIGME DU RETOUR Dany Laferrière (Boréal) J LE VOYAGE D’HNER É'-l Amélie Nothomb (Albin Michel) I LA TRILOGIE BERLINOISE Philip Kerr (Du Masque) K» j L’ÉCOLE DES DIEUX Stefano Ellio D’Anna (Le Jour) B MILLENIUM T.3: U REINE DANS LE.Stieg Larsson (Actes Sud) L'ÉLÉGANCE DU HÉRISSON Muriel Barbery (Gallimard) JEUNESSE US SECRETS DU DIVAN ROSE T.1 Nadine Descheneaux (Boomerang) FASCINATION T.4: RÉVÉLATION Stephenie Meyer (Hachette Jeunesse) US SORCIÈRES DE SALEM T.1 Millie Sydenier (Éditeurs Réunis) D LES SANG D'ARGENT Melissa De La Cruz (Albin Michel) VISIONS T.1 : NE MEURS PAS UBELUILE Linda Joy Singleton (ADA) B JOURNAL D’UN VAMPIRE T.1 Lisa Jane Smith (Hachette Jeunesse) I AMOS OARAGON T.1 Bryan Perm (Intouchables) CATHY’S BOOK S.Stewart / J.Weisman (Bayard-Jeunesse) LE JOURNAL D’AURÉLE LAFLAMME Y.1 India Desjardins (Intouchables) LE ROYAUME DE LA FANTAISIE Geronimo Stilton (Albin Michel) U WHY CAFÉ John P.Strelecky (Dauphin Blanc) LE GUIDE DE L’AUTO 2010 Denis Duquel (Trécarré) MULTIDICHONNAIRE DE LA LANGUE.Marie-Éva De Villers (Québec Amérique) IV LE NOUVEAU PETIT ROBERT DE LA.Collectif (Robert) L'ANNUEL DE L'AUTOMOOIU 2010 Benoît Charette (Annuel de l’automobile) MANGE PRIE AIME Elizabeth Gilbert (Livre de Poche) R U PETIT LAROUSSE ILLUSTRÉ 2010 Collectif (Larousse) ABDOS FESSIERS Josée Lavigueur (De l'homme) R L’AUTO 2010 J Duval, é.Lefrançols, J.-F.Quay (La Presse LA NOUVELLE GRAMMAIRE EN TABLEAUX Marie-Éva De Villers (Québec Amérique) {! ANGLOPHONE THE LOST SYMBOL Dan Brown (Doubleday) VAMPIRE DIARIES V 1: THE AWAKENING Usa Jane Smith (Harper Collins) THE BRASS VERDICT Michael Connelly (Warner Books) PI THE TIME TRAVEUR’S WIFE Audrey Niffenegger (Vintage Canada) DEAD UNTIL DARK Charlaine Harris (Ace Books) THE OUTSIDERS S.E.Hinton (Penguin Books) ^^1 ECLIPSE Stephenie Meyer (Little Brown &Co) | 206 BONES Kathy Reichs (Scribner) ü THE RERUN NOIR TRILOGY Philip Kerr (Penguin Books) LOVEYHE ONE YOU'RE WITH Emily Glffln (Griffin) CONCOURS Jusqu'au 30 septembre ’ ARCHAMBAULT recherche de nouveaux talents littéraires DÉTAILS SUR WWW.CQTEBLOGUE.CA, LE BLOGUE D ARCHAMBAULT Votez pour le NOUVEL AUTEUR sur coteblogue.ca iCHHRHMMMBBHRlHBiC itl ih.w xÊtàSÈk REPA^-POÉSIE (Réservation recoivjlviaNdée) Au Four à bois Dîner-poésie : 12 h - 3 et 5 au 10 oct.Souper-poésie : 18 h 30 - 3 et 5 au 10 oct.Le Lupin Dîner-poésie : 12 h - 4,6 au 9 oct.Souper-poésie : 18 h 30 - 3,4 et 6 au 11 oct.Café Bar Zénob Pique-nique-poésie : 12 h 3 au 11 oct.Maison de la culture Pique-nique-poésie : 12 h - 3 au 9 et 11 oct.Apportez votre lunch Saint-Germain Bistro Souper-poésie : 18 h 30 - 3 au il oct.Le Sacristain Tartines et poésie : 9 h - 5 au 9 oct.Souper-poesie:18h30-5et9oct.Café le Bucafin Dîner-poésie : 12 h - 5 au 9 oct.L’Essentiel Dîner-poésie : 12 h - 3,4,5,10 et 11 oct.Souper-poésie : 17 h 30 - 3,4,10 et 11 oct.18 h - 5 oct.Le Manoir du Spaghetti Dîner-poésie : 12 h - 3,4,9,10 et 11 oct.Souper-poésie : 18 h 30 - 7,8 et 9 oct.Le Rouge vin Souper-poésie : 18 h- 4,7,8,9 et 11 oct.Il Circo Pâtes et Passion Souper-poésie : 18 h - 7 au 10 oct.Le Bistro l’Ancêtre Souper-poésie : 18 h - 6 et 7 oct.Art de ville Thé-poésie : 10 h et 16 h- 3,4,10 et 11 oct.Café Morgane-Librairie Morin Muffin-poésie : 11 h - 4 et 11 oct.AteuerS d ecptUfe Café Morgane 14het20h-3au 11 oct.Maison de la culture 15 h-3,4,6,7,9 et 11 oct.Le Sacristain 15h-6,7et8oct.Musée des Ursulines 14 h-3,4,7,8,9 oct.Apepos-poesie Café Bar Zénob Apéro-poésie:17h-3au 11 oct.De la coupe au livre Jazz-vin-poésie :V h -7 au 10 oct.Barl’Hexagone/Delta Apéro-poésie:17h-8au10oct.LeS doUceS Lectures L’Embuscade Café Galerie Scotch-poésie : 15 h - 3,5 au 11 oct.Maison de la culture Apéro-poésie : 17 h 3,4,5,7,8,9 et 11 oct.Archambault Un poète vous attend : 14 h -10,11 oct.L’Embuscade Café Galerie Terrasse-poésie : 20 h 30 - 8,9 et 11 oct.Café Bar Zénob 19 h,20h30 et23h-2au11oct.Café Morgan 15V ane-Librairie Morin 3 au 10 oct.19 h 30 - 3 au 9 oct.Art de ville 20h-8et9oct.LeS CONceftS Concertée Chloé Sainte-Marie avec l’OSTR Salle J.-A.Thompson Dimanche 12 octobre 14 h 30 Andrzej Stèts, ténor et Jean-Eudes Vaillancourt, piano Conservatoire de musique Samedi 3 octobre 19 h présente le -••-T je LS poeSi® Édition spéciale du 375e anniversaire deTrois-Rivieres Du 2 au 11 octobre 200g POÈTES INVITÉS Prix de poésie 234 56 7 891011 Poètes québécois 23456789 1011 Grand Prix Québécor du Festival International de la poésie 2009 DAOUST, Jean-Paul Prix Félix-Leclerc de poésie 2009 LEBLANC-POIRIER, Daniel Prix Piché de poésie UQTR BOULERICE, Simon Prix Félix-Antoine Savard CHEVARIER, Corinne Prix Émile-Nelligan LALONDE, Catherine Prix Jean-Lafrenière/Zénob ELEUSIS Prix International de Poésie Antonio Vtccaro BONI, Tanella (Côte d’ivoire) Gouverneur général du Canada PLEAU, Michel Terrasses Saint-Suipice/Estuaire et Grand Prix Québécor du FIP 2001 DES ROCHES, Roger Prix Athanase-David JACOB, Suzanne Prix littéraires de la Société Radio-Canada Poésie AUDET, Martine Prix ANEL-AQPF 2008 ALAVO, Yves (Sénégal/Québec) Prix ABITIBI BOWATER LEBEL, Carol Prix Théophile Gautier de l’Académie française DAGTEKIN, Seyhmus (Kurdistan turc) Prix louise-Labé 20M et Grand Prix Québécor du FIP-1997 et 2004 BEAUSOLEIL, Claude Premio Nadonal de Poesia del Ministerio de Cultura HERRERA, Fernando (Colombie) Grand Prix du FIP des 24 premières années itr * ¦* Jfc ?LABRIE, Chantal LAUZON, Dominique LESSARD, Rosalie MONCEAU, France MORISSET, Jean PHELPS, Anthony (Haiti/Québec) PRÉFONTAINE, Yves RENAUD, Alix (Haiti/Québec) RICHARDSON, Peter RIVERIN, Agnès ROBERT, Dominique ROY, Bruno SCHÜRCH, Franz STANTON, Julie THÉRIEN, Michel TREMBLAY, Martin-Pierre VENART, S.E.CHIASSON, Herménégilde (N-B) CONN, Jan (Québec) DESROCHERS, Chantal (Ontario) DI MICHELE, Mary (Québec) LAVALLÉE, Loïse (Québec) MAYNE, Seymour (Québec) PAYETTE, Denis (Québec) ï RAÎCHE, Jean-Philippe (N-B) SWANNEL, Anne (C-B) VIOLY, Christian (Manitoba) Poètes internationaux 23456789 1011 23456789 1011 HÉBERT, Louis-Philippe (2008) OUELLET, Pierre (2007) LABINE, Marcel (2006) TURCOTTE, Élise (2002) DES ROSIERS, Joël (Haiti/QuébacK2000) MALENFANT, Paul Chanel (1998) THIBODEAU, Serge Patrice (1996) BROCHU, André (1995) DESCENT, Jean-Marc (1994-2005) DUPRÉ, Louise (1993) LONGCHAMPS, Renaud (1992) DESAUTELS, Denise (1991) CHARRON, François (1990) BROSSARD, Nicole (1989-1999) ROY, André (1987) DE BELLEFEUILLE, Normand (1986) Poètes Québécois 23456789 1011 ACQUELIN, José ANGUELOVA, Sonia (Bulgarie/Québec) AUGER, Steve BÉLANGER, Paul BERGER, Maxianne BERROUËT-ORIOL, Robert CATELLIER, Maxime DAVID, Carole DESPATIE, Stéphane FOURNIER, Danielle GENOIS, Normand GILL, Marilène LABINE-GAUDET.Isabelle I AL MASSRI, Maram (Syrie) ANDERSEN, Sejer (Danemark) l ARAOZ, Graciela (Argentine) BORIN, Marie (France) CLAPÈS, Antoni (Espagne/Catalogne) £ COHEN, Sara (Argentine) DASS, Ram Yuyutsu Sharma (Népal) lÜi ELLENBOGEN, George (Etats-Unis) ESPINA, Eduardo (Uruguay) GAY, Maria (Mexique) GOMEZ, Giovanny (Colombie) GOVEA, Miguel Angel Leon (Mexique) fïï HEREDIA, Cristobal Barreto (Mexique) E JANGBU (Tibet/Chine) KAKPO, Mahougnon (Bénin) KAM, Sophie Heidi (Burkina Faso) , KURAPEL, Alberto (Chili) J MARTIN, Jean-Claude (La Rochelle) MOFZALES, Andrés (Chili) OWEN, Jan (Australie) ROUGÉ, Erwann (France) SALVAT, Julienne (La Réunion) g TCHIGRINE, Evguéni (Russie) K VAN ROSSOM, Christophe (Wallonie-Be) j VERHEGGHE, Willie (Flandre-Be) , VILLARREAL, José Javier (Mexique) ZOUEIN, Sabah (Liban) * * * * * EL DYCK, Régina (Allemagne) LESSARD, Daniel REEVES, Hubert STÈTS (ténor) VAILLANCOURT, Jean-Eudes VOYER, Bernard ; billetterie de I Info-Festival : 819 379-9813 Site Internet : www.fiptr.com Vous trouverez notre _ chez tous les hôtes du Festival.soirée de poésie Québécor Samedi 10 octobre ia h et 20 h.ène à la Maison de la culture.Prix 15 $ taxes incluses, pson entre 11 h et 18 h : 819 380-9797 ou billetteriereùvunet ou 1866 416-9797 (sans frais).Conseil des arts et des lettres^ ^ ^ partjcjpatjon dg • ( b* ra - Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine - Ministère du Tourisme - Ministère des Relations internationales - Office Québec-Amériques pour la jeunesse Patrimoine Canadian canadien Heritage Conseil des Arts du Canada 1 bonjourquebec.com ORGANISATION INTERNATIONALE DE < AI'ITAt • t.T 1 1 1 I I II KM I I < MM -)( \ > ____ _ ____ TROIS-RIVIÈRES 1 ROis-RIvif.RF.s VILLE ''HlSTOjM CULTURE O la francophonie LE Devoir C C DX t I.K I) K V 0 I R .LES S A M EDI 2
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