Le devoir, 30 juillet 2005, Cahier A
?www.ledevoir.com ?AVENTURES DU FAUX Une série du Monde en six épisodes, par Michel Braudeau Page A 4 LE DEVOIR 2 , 1 8 $ + T A X K S LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 JUILLET 2 0 0 5 V 0 L .X C V I N I 0 ?Water-polo : une fin parfaite Le Canada connaît sa meilleure journée avec trois autres médailles ______________— .»H,*L ,, ^ - t JACQUES Dominique Dion, entraîneur adjoint de l’équipe de water-polo féminine du Canada, a plongé dans la piscine pour célébrer la victoire avec ses joueuses.JEAN DION Après un total combiné de 42 années sous les couleurs de l’équipe nationale, c’était le chant du cygne, hier, pour ces piliers du water-polo féminin canadien qui ont pour noms Ann Dow, Johanne Bégin et Cora Campbell.Or, tant qu’à quitter la scène, ont-elles semblé se dire, pourquoi ne pas le faire avec panache?Et en dépit de l’émotion, panache il y eut.Dow a fait mouche sur tous ses tirs du match et compté les quatre premiers buts de son club et Bégin a ajouté un filet pour mener le Canada à une victoire convaincante de 8-3 face à la Russie et lui permettre de mettre la main sur la médaille de bronze devant environ 4000 spectateurs aux XI” Championnats du monde FINA disputés au parc Jean-Drapeau de Montréal.Il s’agissait de la septième médaille canadienne jusque-là à ces championnats 2005 (quatre en plongeon, deux en natation) et d’un troisième podium dans l’histoire de la FINA pour l’équipe féminine de water-polo après le bronze à Fukuoka, en 2001, et l’argent à Perth, en 1991.> Par ailleurs, dans la grande finale disputée plus tard en après-midi, les Hongroises ont eu la frousse de leur vie lorsqu’elles ont laissé filer l’avance de quatre buts qu’elles détenaient à la mi-temps pour fi- nalement vaincre les Etats-Unis en prolongation par le score de 10-7.La Hongrie, déjà championne du monde en 1994, s’approprie ainsi la médaille d’or et les USA se contentent de l’argent Après leur difficile défaite en demi-finale mercredi soir contre la Hongrie, on pouvait craindre que les Canadiennes aient du mal à se ressaisir.Mais elles ont répondu avec une prestation pour tout dire impeccable face à une formation russe qu’elles sont parvenues à assommer en première moitié de joute.•C’est notre médaille d'or.Il était absolument hors de VOIR PAGE A 10: MÉDAILLES ¦ Autres informations en page C 8 COMMUNAUTÉ GAIE Les stéréotypes ont la vie dure, mais il y a de l’espoir Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas l’image de l’homme gai efféminé qui dérange le plus les homosexuels masculins.C’est plutôt celle de l’homme toujours dans les bars, à la recherche de promiscuité sexuelle et qui ne pense qu’à s’amuser qu’on voudrait éliminer.¦ À lire en page A 2 INDEX » Actualités — A2 Annonces.C 7 Avis publics.C 2 Bourse.C4 Carrières.C3 Décès.C 7 Économie.C 1 Éditorial.B 4 Historique.B 6 Idées.B 5 Monde.A 6 Mots croisés.C 7 Météo________C7 Perspectives.B1 Rencontres.D 2 Sports.C 8 Le patrimoine agricole en danger L’industrialisation menace le poulet Chantecler Poulet Chantecler, prune de Damas, reinette grise de Montréal, vache canadienne.Dans la plus grande indifférence, le Québec est actuellement en train de perdre plusieurs membres de sa grande famille alimentaire.Au rythme de l’industrialisation des pratiques agricoles, des dizaines d’espèces végétales et animales portant l’histoire de notre coin de pays s’éteignent lentement Premier texte d’une série de trois portant sur le patrimoine agricole en danger.FABIEN DECUSE LE DEVOIR Le poulet Chantecler pourrait s’imposer comme un produit de luxe «si bien sûr la volonté politique était là pour encourager son développement», dit André Auclair.FABIEN DEGLISE Grand jour à Saint-Paulin.Devant de petites armoires installées sur une table, dans le «boudoir» de sa ferme, André Auclair, le propriétaire des lieux, a un sourire paternel radieux et le regard plein de satisfaction devant la nature à l’œuvre.Et pour cause.Depuis quelques heures, sous ses yeux, l’éclosion d’une batterie d’œufs de poule est en marche à l’intérieur des trois couveuses chaleureusement habitées par une lumière artificielle.Une ode à la vie attendue par l’éleveur, visiblement ému, comme si c’était la première fois, devant le crescendo de piaillements qui accompagne l’arrivée de petits becs, de bouts de pattes ou d’ailes aussi fragiles que drôlement plumées.•C’est magnifique, n’estolice britannique à Londres.Le troisième homme, Osman Hussain, 27 ans, Somalien naturalisé britannique, a été arrêté hier après-midi à Home, a annoncé le ministre italien de l’Intérieur.Il avait trouvé refuge chez un parent, après les attentats, et pourrait être extradé en Grande-Bretagne.Selon des informations non confirmées, il serait l’auteur de l’attentat commis à la station de métro de Shepherd’s Bush.Enfin, le quatrième suspect recherché, Yasin Hassan VOIR PAGE A 10: SUSPECTS WASHINGTON Les cellules souches divisent le Parti républicain ¦ À lire en page A 6 Et certains prétendent que les livres sont chers.www.livres-bq.com BIBLIOTHÈQUE QUÉBÉCOISE A 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 JUILLET 2005 LES ACTUALITES r Vi ( Communauté gaie Les stéréotypes ont la vie dure, mais il y a de l’espoir MATA HARI LE DEVOIR Travaillant dans un commerce du Village, Charles Deschênes et Pierre-Paul Ménard en connaissent un bout sur les clichés concernant les gais.ISABELLE MALTAIS Bien que l’on parle souvent de la communauté gaie comme un tout, la réalité des gais et des lesbiennes est bien différente.Cela se manifeste particulièrement par les stéréotypes qui sont véhiculés à leur sujet et qui forgent l’identité qu’on leur prête, bien souvent contre leur gré.Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas l’image de l’homme gai efféminé qui dérange le plus les homosexuels masculins.C’est plutôt celle de l’homme toujours dans les bars, à la recherche de promiscuité sexuelle et qui ne pense qu’à Du 28 au 31 juillet avec tout achat de CRANIM Rl AppUUnON CONTRÔLÉE AYEZ-V Ut it• ., V4Th.- ».; C'WrL îKmL 'U A- jfrfop LOTI jIPï UmJF - .»-.ï > SPECTACULAIRE D'INVENTAIRE Tous tapis en soldes à prix incroyables Rabais jusqu'à 50° o * iT —» .^r, » * •« • « » 0 * • .^.V.’.'.'«U*.0 & -U 1 :.* - * v ¦I I Tapis Orientaux lOO St.Paul Est, Vieux Montréal, TéL: 514-871-1664 -4SOJ tin P.trc I u I: (514) coin ri vl : intlipi »ri a s\ 11 ip.it ico.ca vn \v\v .i yii) i p« »r t .cou i Ouvert 7 jours ¦jrifcL Zli ________________ 7.- m K -X-; LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 JUILLET 2005 A 8 ACTUALITES Une Québécoise succéderait à Clarkson Ottawa—À moins d’un revirement, le Canada devrait connaître d’ici une semaine le nom de la personne qui succédera à Adrienne Clarkson au poste de gouverneure générale.Le premier ministre Paul Martin aurait déjà arrêté son choix sur celle qui deviendra la prochaine représentante de la reine au Canada.On sait qu’il s'agira fort probablement d’une femme, francophone, originaire du Québec, se|on les informations qui circulent depuis quelques jours.Selon des sources, le choix du premier ministre se serait arrêté sur une personnalité connue du grand public.Mais là s’arrêtent les indices qui transpirent de ce grand secret qui entoure le nom de la personnalité retenue, le cabinet du premier ministre refusant tout commentaire avant l’annonce officielle.En choisissant une candidate du Québec, les libéraux espèrent en retirer quelques bénéfices politiques.Le rôle de la gouverneure générale étant de promouvoir l’image du Canada, la nomination d’une Québécoise bien en vue pourrait être bien perçue dans une province où les libéraux connaissent bien des problèmes depuis l’irruption du scandale des commandites.Presse canadienne MEDAILLES SUSPECTS Rectificatif Dans notre édition d’hier, il était écrit en page A 3 que la CSN avait refusé de siéger au comité de travail sur la pérennité du système de santé, lequel rendait public son rapport hier.Or la CSN n’a en fait pas été invitée à y siéger, malgré des représentations faites en ce sens auprès du gouvernement Sudoku 0020 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque botte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une botte 3x3.lnfoOlee-mordus.com www.lee-mordus.com Solution du damier numéro 8 4 3 6 1 2 9 5 i 7 9 7 1 3 4 5 6 2 8 6 5 2 9 8 7 1 4 3 3 9 4 1 7 6 5 8 2 1 2 7 4 5 8 3 9 6 5 6 8 2 3 9 7 i 4 4 ^ 8 6 5 9 3 2 7 1 2 1 5 7 6 4 8 3 9 7 9 8 lL 1 4 6 5 0019 LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopier (514) 985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur Par courriel Les avis de décès (Le Mémoriel) (514)525-1149 info@lememoriel.com (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3340 avisdev@ledevoir .corn SUITE DE LA PAGE 1 question que nous finissions quatrièmes», a déclaré l’entraineur-chef Patrick Oaten, qui a tenu à louer la force de caractère de ses équipières et est allé les féliciter, à l’issue de la rencontre, en sautant tout habillé dans la piscine.Dans un beau geste, son vis-à-vis Alexander Kleymenov a pris la peine de lancer au groupe un drapeau du Canada.Pour son ultime tour de piste, Ann Dow, 34 ans, de Montréal, a fait les choses en grand.Dès la 5' minute, elle a ouvert la marque pour le Canada et nivelé la marque à 1-1 à la faveur d’un tir de punition.Au deuxième quart, elle profitait de sa polyvalence pour compter à deux reprises de loin (un lancer est venu d’au-delà de la ligne des huit mètres) et une troisième fois sur un petit lob.Lorsque Tara Campbell y est allée d’un filet de son cru dans les derniers instants de la période pour porter le score à 5-2, on sentait que le glas venait de sonner pour les Russes.D’autant plus que la gardienne canadienne Rachel Riddel, qui avait connu une sortie difficile en demi-finale, faisait les arrêts clés et jouissait d’une excellente communication avec ses poteaux et sa barre horizontale sur lesquels sont venus s’échouer cinq ou six tirs de l’adversaire.En deuxième demie, Susan Gardiner, Bégin et Krystina Alogbo (à 19 ans, cette dernière est l’un des grands espoirs du wa-ter-polo canadien) ont marqué à leur tour, et l’affaire était dans le sac.«On a suivi le plan de match à la lettre.[Gagner le bronze après la défaite contre la Hongrie], c’était la meilleure revanche qu’on pouvait imaginer», a dit Marie-Luc Arpin.Au terme du match, l’humeur des trois nouvelles retraitées internationales — Bégin, notamment, poursuivra sa carrière professionnelle en Italie — oscillait entre la joie d’avoir accompli avec brio cette dernière mission et la tristesse de quitter la «famille».(«C’est comme si elles étaient mes sœurs», disait Oaten hier.) Les trois ont par ailleurs indiqué qu’elles resteraient associées à l’équipe nationale à un titre ou à un autre.Autre point commun: la difficulté pour elles et leurs coéquipières de traduire en mots leur état d’esprit en ces intenses moments.«Indescriptible», «incroyable», «je ne sais pas comment le dire» sont revenus à plus d’une occasion.Après la rencontre, les filles se sont offert un tour de la piscine, pendant lequel elles en ont profité pour serrer la main des spectateurs.Il faut dire qu’en moins de deux semaines, l’équipe s’est constitué un impres- Au téléphone Par courriel Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514)985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) ntvoir prut.à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés a la T'-tion d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les servkrs dispos* s lecteurs.Si vous ne souhtitei pas recevoir de «saber en ^ ,xare ^ à 1.oieotelr , est oublié du lundi au samedi par Le Devoir toc dont lé siège social (-'.‘v’ ‘Jj-o rue Pe Bleurv.» étage.Montréal (Québec).H3A 3M9.H est mt" Imprimerie Québécor World.St jean.MO.boulevard Industriel ‘"T lean-sur RcheUeu.division de Imprimeries Québécor toc .612.rué Saint , ,,, Ouest Montréal L'agence Presse Canadienne est autorisée à ' ’T"’ ^ à diffuser les informations publiées dans U Dnvtr.U Dttvir est employe Mtww.ries Dynamiques, division de Corporation Sun Media.dlÜînk„,.lrvard Saint Martin Ouest.Uval.Envoi de publication — L^regénreniem n' 0658.Dépôt légal: Bibliothèque nationale Su Québec.sionnant contingent de supporters dont on espère, chez ces sportives de l’ombre, que l’engouement ne sera pas que temporaire.Par ailleurs, la Hongrie aura la chance de réaliser un doublé, aujourd’hui, puisque son équipe masculine, déjà double championne olympique, se mesurera à la Serbie-Monténégro en finale (match prévu à 14h30).Auparavant, la Croatie et la Grèce se seront disputé la médaille de bronze.?Le Canada entretenait des ambitions plutôt modestes en natation à l’aube de ces championnats.Bien voilà.Et de huit Et de neuf Quatre heures après les poloïstes, le pays hôte est de nouveau monté sur le podium, hier soir, lorsque Mike Brown, de Perth (Ontario), a arraché la deuxième place de l’épreuve du 200 m brasse.Brown a amélioré son propre record canadien avec un temps de 2 min 11 s 22, étant devancé assez largement par l’Américain Brendan Hansen qui a Ixniclé les quatre longueurs en 2 min 9 s 85.Et Brown n’avait pas encore fini de se faire sécher que ses collègues du relais 4 X 200 m nage libre — Brent Hayden, Colin Russell, Rick Say et Andrew Hurd — l’imitaient et allaient chercher une médaille d’argent en n’étant devancés que par le quatuor américain mené par Michael Phelps.Hayden et Say avaient déjà remporté l'argent, dimanche dernier, au 4 X100 m libre.Les Canadiens, qui ont été campés au deuxième rang tout du long, ont négocié les 1,6 longueurs en 3 min 16 s 44, alors que les États-Unis établissaient une nouvelle marque FINA en 3 min 13 s 77.Par ailleurs, on avait dit que la piscine de lHe Sainte-Hélène favoriserait, en raison de sa profondeur, des chronos très rapides.Bien voila L’Américain Aaron Peirsol a abaissé hier soir de huit centièmes de seconde la marque mondiale qu’il détenait lui-même et remporté la médaille d’or du 200 m dos avec un chrono de 1 min 54 s 66.Peirsol, qui avait aussi enlevé le 100 m dos mardi, n’a pas perdu dans cette épreuve depuis les Jeux olympiques de Sydney, en 2000, où il s’était classé deuxième.Il s’agissait du sixième record du monde battu au cours de ces championnats FINA Puis quelques minutes plus tard, l'Australienne Leisel Jones a remis ça en défonçant à son tour la marque du 200 m brasse, détenue jusque-là par l’Américaine Amanda Beard.Jones a négocié le parcours en 2 min 21 s 72, soit 72 centièmes de seconde de moins que l’ancien record, réalisé Tan dernier.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 Omar, avait été interpellé mercredi a Birmingham, dans le centre de l’Angleterre.D aurait tenté de faire exploser sa charge explosive dans la station de Warren Street.«Ma conviction est que les quatre personnes que nous cherchons ont été arrêtées», a déclaré une source de la police britannique à Reuters.Scotland Yard n’a cependant pas annoncé officiellement la fin de la chasse à l’homme.•L’enquête a avancé de manière relativement rapide, mais je tiens à souligner qu’elle est toujours en cours», a déclaré le chef de la police antiterroriste, Peter Clarke.Les attentats ratés du 21 juillet visaient les stations de métro de Warren Street, Oval et Shepherd’s Bush et un autobus à impériale de la ligne 26, sur Hackney Road.Ces tentatives survenaient deux semaines jour pour jour après les attentats meurtriers du 7 juillet La station de métro Edgwa-re Road, où sept personnes avaient alors péri, a été rouverte hier au public.« Retire tes sous-vêtements! » L’intervention hier de policiers lourdement armés, équipés de grenades étourdissantes et coiffés de passe-montagnes noirs, a offert aux habitants de Ladbroke Grove un spectacle inhabituelle-ment violent Les caméras de télévision ont montré un policier en tenue de combat éloigner deux enfants, pendant que les voisins des suspects quittaient leurs logements.Selon Josephine Knight travailleuse sociale de 55 ans dont l’appartement donne sur celui d'ibrahim Muktar Said, les forces de sécurité ont lancé: «Sors de là, Mohammed, retire tes sous-vêtements!» Un homme est apparu sur le balcon puis, après de nouveaux échanges de tifs, deux autres Tont suivi.Cédant aux ordres de la police, tous trois se sont dévêtus et ont posé les mains sur la tête.La police a par ailleurs procédé à l’arrestation de deux autres per- sonnes à la gare de Liverpool Street qui a été fermée au public pendant une heure en raison de la présence d'un colis suspect Selon certaines sources, il s’agirait de deux femmes.En Zambie, un Britannique d’origine asiatique a été appréhendé.Cet homme, identifié sous le nom de Haroon Rashid Aswad, pourrait être lié aux attentats meurtriers du 7 juillet qui avaient fait 56 morts et 700 blessés dans les transports londoniens.De source proche des services de sécurité à Londres, on a cependant minimisé l’importance de ce suspect qui présenterait davantage d’intérêt pour les États-Unis.Ce Britannique a été arrêté à Livingstone, à 400 km au sud de Lusaka, après être entré sur le territoire zambien en provenance du Zimbabwe, a déclaré un responsable du renseignement ayant requis l’anonymat Par ailleurs, au milieu des pleurs et des applaudissements, plusieurs milliers de personnes, portant des roses rouges, ont rendu un dernier hommage hier dans son village natai du sud-est du Brésil à Jean Charles de Me-nezes, abattu par erreur il y a une semaine à Londres par la police.Au moins 3000 personnes étaient présentes pour assister au transport du cercueü du jeune électricien, qui était âgé de 27 ans, vers le cimetière municipaL où il a été enterré.«C’est trop triste», a déclaré un cousin de Jean Charles, José Gomes da Silva, photographe, qui n’a pas voulu graver ces instants dans le cimetière situé sur les flancs d’une montagne, où les tombes sont identifiées par des petites croix en bois.«Je ne veux pas prendre des photos de lui, cette fins non, je veux me souvenir de lui comme il était», a-t-il ajouté.Les parents de la victime, Maria Otoni et Matoshinos Otoni da Silva, ont reçu de la part des autorités brésiliennes le drapeau du pays, celui qui a enveloppé le cercueil le temps de la veillée funèbre.Agennce Frannce-Presse Reurers POULET SUITE DE LA PAGE 1 massives, qui connaît sur le bout des doigts la nature des oiseaux qu’il vient d’amener à maturité en cette chaude journée de juin.Des oiseaux rares, mènacés d’extinction, connus sous le nom de poulet Chantecler.Poulet tricoté serré Propre au Québec, l’espèce — la seule à pouvoir techniquement revendiquer une appartenance au terroir — n’est depuis une dizaine d’années, et après une disparition presque totale dans les années 60, plus que l’ombre d’elle-même.Le cheptel actuel est microscopique: 600 têtes à peine, réparties à ce jour dans six fermes s’étant donné comme mission de faire revivre l’animal, qui porte une partie de l’histoire alimentaire du Québec dans son blanc plumage.«On est encore loin du but, poursuit T ex-citadin de Québec qui s'est installé dans cette ferme au nord de Trois-Rivières il y a quelques années, histoire de renouer avec la terre.Pour assurer la survie de l’espèce, il nous faudrait au total 35 000poulets.Le compte n’y est toujours pas.» La mathématique de la sauvegarde est cruelle.Elle est aussi sans doute à des années lumière de ce que Wilfrid Châtelain, frère trappiste de son état à Oka au début du siècle dernier, a envisagé un jour pour le Chantecler.Son Chantecler.Un poulet indigène développé par ses soins en moins de 13 ans à grands coups de croisements, de sélections génétiques et d’observations afin de mettre dans les poulaillers de la province un oiseau capable de supporter les conditions climatiques de l’endroit C’était en 1908, dans un Québec franchement rural pris d’assaut depuis des lunes par des poulets venant d’Europe et des Etats-Unis.Gaulois, Cornish, Leghorn, Rhode-Island, Wyandotte blanche, Wyandotte de Colombie ou Plymouth Rock, ces races importées ici par les premiers cotons ou au gré des échanges avec le voisin d’en bas tenaient alors le haut du pavé dans les basses-cours.sans toutefois réussir à s'imposer.C’est qu'avec d’un côté de bonnes pondeuses et de l'autre de bons poulets dits de chair, les campagnes peinent alors à faire germer en sol québécois un animal capable de remplir en même temps ces deux fonctions, vitales pour l’homme — et pour la femme —, tout en composant sans trop de dégâts avec les gels d’hiver ou les canicules de l’été canadien.Une quête du tout en un, incontournable dans les conditions d’élevage de l’époque, que le frère Wilfrid comprend très bien et qui l’incite à jouer un brin avec la nature afin d’aider ses contemporains.En 1921, le Chantecler voit officiellement le jour, reconnu alors cette année-là comme race à part entière, après des années de tâtonnements et une alchimie génétique étourdissante mettant à contribution le meilleur de la Comish foncée, de fa Rhode-Island rouge ou de fa Plymouth Rock blanche, pour ne citer quelles.Ce grand métissage, finement calculé par l'ecclésiastique, est à la base de ce gros poulet unique, dit de race mixte, à fa peau jaunâtre, au plumage généralement blanc, à la poitrine développée, à fa petite crête en forme de pouce sur fa tète et aux petites caroncules (ces excroissances rouges situées sous la gorge) qui lui permettent de se maintenir en bonne santé même quand les grands froids frappent Roi chantant pour les mâles et reine pondeuse pour les femelles, le poulet et la poule Chantecler s’imposent alors très vite dans les fermes du Québec, poussés par une gestion sévère de l’élevage (pour ne pas altérer la race) imposée par le frère Wilfrid mais aussi par des œufs délicatement bruns pâles parfaits pour les beignets des grands-mères.Son poids généreux (entre 2,5 et 3,9 kg) fait aussi du sympathique volatile un festin de choix dans sa version rôtie ou bouillie, les jours de fête.Le ton est donné.L'animal, dont pDusieurs exem- plaires, selon la légende, auraient été offerts en 1919 au pape Benoît XV, a alors une belle carrière gastronomique devant lui.Mais il devra finalement se contenter de trois petites décennies pour picorer et caqueter dans les campagnes, rattrapé très vite dans sa course par l’industrialisation des pratiques agricoles.«C’est une question de marché, souligne Martine Boulianne, spécialiste du poulet à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.La demande grandissante des consommateurs pour le poulet, l’urbanisation du Québec, l’intensification des élevages, la quête de coûts de production moindres, ont porté un coup fatal à cette espèce, comme à bien d’autres aussi.» Poulet à double fonction (chair et œuf), le Chantecler affiche rapidement, au cœur de la modernisation du Québec, son obsolescence, malgré la robustesse de l’animal et la délicatesse de sa chair.H se retrouve alors déclassé par les envies de grandeur et de spécialisation des poulaillers industriels naissants, qui lui préfèrent des poulets hybrides dont le rendement et la productivité s’avèrent mieux répondre aux nouvelles règles du jeu économique.C’est que l'hybride, par définition, en combinant le meilleur de deux races (sans devenir lui-même un poulet de race), se transforme par la magie de l’assemblage génétique en animal extrêmement performant.Il arrive à maturité plus vite que ses géniteurs.Il est aussi en mesure, mieux que ses parents, de remplir les fonctions spécifiques pour lesquelles il a été créé: produire deux grosses poitrines — la partie la plus prisée des consommateurs — ou pondre un nombre supérieur d’œufs en une année.Agriculture et dépendance Face à cette concurrence presque déloyale, l'ensemble des poulets de race prennent immédiatement la route des oubliettes empruntée par le Chantecler.Et ce, même si avec la performance des hybrides vient par la force des choses, un effet pervers: l'hybride n’est pas fait pour être utilisé plusieurs fois, son rendement diminuant après la première génération.Conséquence: incapable de mettre à profit la descendance d’un poulet hybride dans son élevage, l’agriculteur se doit alors de se tourner pour chaque «récolte» vers les fournisseurs de poussins — comme Ross.Isa ou Dekalb, une filiale de la multinationale Monsanto — qui eux gardent jalousement dans leur ferme laboratoire les poulets de races pures afin de concocter leurs «produits».La mainmise de ces multinationales agroalimentaires du poussin est telle qu’aujourd’hui elles contrôlent l’ensemble du marché avec leurs hybrides, que Ton rencontre également et paradoxalement dans les élevages spécialisés en poulets biologiques.L’équation, qui s’applique aussi de plus en plus aux plantes comme à d’autres races d’animaux, est toujours très contemporaine.Mais elle est aussi à l'origine du marasme qui rythme aujourd'hui le quotidien du poulet Chantecler, dont les chances de survie, dans cet environnement, sont de plus en plus minces.«C’est là tout le drame, lance André Auclair.Une partie importante du patrimoine agricole du Québec va foutre le camp si on ne fait rien.» Ét pourtant Avec sa fière allure, son histoire et sa rusticité, le Chantecler dispose aujourd'hui de tous les atouts nécessaires pour s’imposer sur les marchés dits de niche, comme le fait ailleurs dans le monde le poulet de Brest en France, par exemple, seul volatile du genre pouvant se vanter d'être un produit d’appellation d'origine contrôlée (AOC).Mieux, avec sa viande maigre et fine, il pourrait très bien, dans un contexte agricole homogénéisé (performance et goût ne faisant pas toujours bon ménage), s'imposer comme un produit de luxe que plusieurs restaurants en quête de saveurs et de produits du terroir pourraient certainement s’arracher.«si bien sûr la volonté politique était là pour encourager le développement de ce poulet», dit M.Auclair.Marcher sur des œufs La chose est encore loin d’être jouée, même si, depuis 1999, l’Assemblée nationale Ta reconnu officiellement comme faisant partie des «races animales du patrimoine agricole du Québec».Une reconnaissance orchestrée à l’époque par la députée de Rimouski, Solange Charest, mais qui, six ans plus tard, est encore loin de faire véritablement chanter l’oiseau, contraint de se démener dans un environnement économique et réglementaire pas vraiment construit pour lui et encore moins pensé pour permettre aux éleveurs d'exprimer leur goût de défense du patrimoine.Ralenti par la faiblesse du cheptel, qui ne permet pas d'envisager facilement la création de nouveaux élevages, le Chantecler est aussi pénalisé par la structure du marché du poulet qui fait la part belle aux hybrides plutôt qu’à ceux qui ne le sont pas.Un exemple: les droits de production obligatoires (500 $ environ par an et par mètre carré de poulailler) à verser aux instances de contrôle de ce marché agricole pour élever un poulet au Québec sont calculés pour des oiseaux arrivant à maturité en 39 jours (soit neuf poulets en moyenne par année), comme le veut la norme aujourd’hui.Le Chantecler, prêt à consommer en cinq à six mois, ne peut certainement pas être rentable dans ce cadre réglementaire immuable dit des quotas de production.Pis, dans un univers agricole cloisonné où poulet de chair et poule pondeuse évoluent désormais avec des règles du jeu distinctes, ce poulet patrimonial qui fait de la chair et des œufs n’arrive pas à rentrer dans les cases des formulaires du gouvernement ou de la Fédération des producteurs de volailles du Québec (FPVQ).Sans compter que sa production annuelle de cocos (210 pour la Chantecler bonne pondeuse), moindre que celle de ses homologues industrielles (288 œufs en moyenne par an), le place également hors compétition de ce côté-ci de la clôture Depuis son renouveau donc, au début des années 90, ce poulet se cantonne dans des élevages de moins de 100 têtes (pour lesquels il n’est pas obligatoire de se plier à la dure et coûteuse loi des quotas de production), sans possibilité de faire mieux.D reste aussi le privilège des éleveurs — et de leur famille —, qui ne peuvent pas .vraiment en vendre à la visite ou à des restaurateurs.À moins de les avoir abattus, non pas à la ferme mais dans un abattoir reconnu par Québec, ce que très peu font en raison des coûts que cela engendre.«C’est un peu comme si les races patrimoniales n’avaient pas le droit de survivre, résume André Auclair.On pourrait au moins avoir des exemptions pour produire.Cela faciliterait grandement notre tâche.» A fa FPVQ, l'appel n'a pas encore été entendu pour relancer la production de ce poulet de race dont la Fédération ne connaît rien de plus que le nom, «pour en avoir entendu parier un jour, dit Bernard More, porte-parole du regroupement Nous n’avons pas de programme particulier pour lui.En ce moment, nous produisons du poulet qui répond à la demande des consommateurs et le marché s’est construit en conséquence.Pour un changement, il faudrait que la demande change elle aussi.• La logique commerciale est bien entendu sans appel Elle joue aussi en défaveur du Chantecler en raison de sa rareté, qui fait que les consommateurs aujourd’hui ne peuvent pas vraiment y être exposés.Son absence dans les épiceries entretient du même coup l’indifférence qui, elle, vient justifier la rareté.Preuve qu’en naissant poulet on n'echappe^as pour autant au paradoxe de fa poule et de Tœui f.vJ '! 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