Le devoir, 6 août 2005, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 6 I) I M ANCHE A OCX 2 0 0 5 Pitié pour Cuba Page E 4 t MUSIQUE De The Arcade Fire à The Bell Orchestre BERNARD LAMARCHE La berlue.Quand un mot des gens de l’étiquette Blue Skies Tum Black est apparu dans la boîte à courriel nous offrant une entrevue avec Richard Reed Parry, l’incrédulité nous a pris à la gorge.Dans le passé, on avait fait des pieds et des mains pour obtenir une entrevue avec le monsieur, pour la bonne raison qu’il s’aligne habituellement avec nul autre que The Arcade Fire, la sensation montréalaise de l’heure sur la scène internationale du rock indépendant.Or, cette fois.Parry allait nous causer de sa formation à lui, The Bell Orchestre (TBO), en concert ce soir à Montréal, elle qui comprend, justement, deux membres de The Arcade Pire.La rengaine est connue pour Parry; certains les voient déjà comme the next big thing.Dur, dur, de joindre les membres de The Arcade Fire.Si Parry s’occupe un brin de sa formation dans le moment, c’est pour mieux repartir, plus tard à la fin de l’été, pour deux mois de tournée avec les Fire, notamment au Japon.La difficulté, jadis, de décrocher l’entrevue, Parry l’explique en disant qu’au printemps, les membres très sollicités de The Arcade Fire, de retour à la maison, ne voulaient pas passer tout leur temps à jaser avec les journalistes.«Cétaitftm autour de The Arcade Fire, dit Parry pour s’excuser.On ne voulait pas que notre semaine disparaisse entièrement à faire des entrevues.C’était une question de gestion de temps.» Bon, la chose est compréhensible, et ne doit absolument pas être confondue avec le snobisme des défunts Godspeed You! Black Emperor, qui refusaient de parler aux médias (d’ici du moins), un refus qui a largement contribué, avec la qualité phénoménale de leur musique, à créer le mythe autour de ce groupe important Les fantômes de Godspeed! pourraient bien hanter un brin TBO.Instrumentale, avec des pièces longues et touffues, d’une pop technoïde apte à faire rêvasser, la musique de TBO touche aux structures glissantes du postrock, mais les dépasse largement grâce au caractère intime de la musique de chambre.TBO évoque des espaces ouverts, le mouvement des plaques tectoniques, des fluctuations atmo-sphériques.Sa musique a pris son VOIR PAGE E 2; BELL CINÉMA Dérive intérieure de l’autre côté de la vie Page E 5 e tCùlture Rien de moins que.le bout du monde ! P ' btr.) « >1 mm ¦ JACQUES GRENIER LE DEVOIR « Gilles Vigneault a commencé par amener Natashquan jusqu’à nous ; maintenant, il nous emmène chez lui en ami, autant les artistes que les spectateurs», raconte Monique Giroux.L’animatrice Monique Giroux est à la barre du spectacle de clôture des FrancoFolies consacré à Gilles Vigneault Les FrancoFolies de Montréal prennent fin ce soir sur un spectacle intitulé Tous avec Vigneault au bout du monde, qui réunit Yvon Deschamps, Jean-Pierre Ferland, Louise Forestier, Robert Charlebois, Claire Pelletier, Florent Voilant et de nouveaux venus comme Martin Léon, Yann Perreau, Éric Landry (quincaillier-chanteur de Natashquan), Jack Mondor et Jessica Vigneault autour de Gilles Vigneault.y SOLANGE LÉVESQUE Aune dame qui le qualiliait un jour de «monument de la culture québécoise», Gilles Vigneault avait répondu: «Attention, madame, il bouge encore!» 11 bouge, et plus que jamais! À preuve, les nombreuses réalisations que le poète-chanteur est en train de mener à terme.D’abord, deux livres: le premier en collaboration avec le peintre catalan Villalonga.le second avec le photographe Claude Lafrenière.A l’automne, un album élaboré en collaboration avec Les Charbonniers de l’enfer sortira; on y trouvera 16 reels et une valse retrouvés par Vigneault dans ses souvenirs d’enfance.Parallèlement, le poète travaille à mettre sur pied une fondation qui portera son nom.En attendant, il nous propose le «bout du monde», son village natal de Natashquan, qui fête son 150r anniversaire cette année, en même temps que la chanson Gens du pays fête son 30" anniversaire.Quand la direction des Francos a eu l’idée du spectacle, Vigneault a proposé à Monique Giroux de le concevoir et de le monter.«Ça ne se refuse pas, commente l’intéressée.Gilles Vigneault acceptait de s 'impliquer mais ne voulait pas d'un hommage.» Avec lui, elle a donc imaginé un rassemblement de personnages issus de ses chansons, puis ils ont dressé une liste des chanteurs invités.«Tous ont un rapport avec lui; ils ne sont pas plaqués là comme c'est souvent le cas lors de ces événements.Les choses se sont emboîtées très naturellement.On a établi l’ordre du spectacle ensemble; il y a, entre autres, des duos et des trios.Quant à Vigneault lui-même, il y créera une chanson nouvelle.» Une route enfin ouverte La camaraderie et l’esprit du voyage ont présidé à la conception du spectacle.«Gilles Vigneault a commencé par amener Natashquan jusqu ’à nous; maintenant, il nous emmène chez lui en ami, autant les artistes que les spectateurs, explique Monique Giroux.J’ai envie que le spectacle soit un cadeau pour le monde.Nous avons conservé une souplesse dans le format et Vigneault animera.Le spectacle demeure le sien, même si j’ai amtribué à son élaboration.» Monique Giroux l’a pensé dans cet esprit: «Comment un gars de Natashquan qui a grandi en regardant des galets, des bateaux et l’horizon a-t-il pu rejoindre autant de gens, toute la francophonie?Il a réussi à transporter tout cela jusqu’ici et a retrouvé, autrement, un horizon, une ‘mer de monde"; c’est fascinant!», explique-t-elle.Selon Monique Giroux, Gilles Vigneault a contribué à nommer le Québec et les Québécois.«Félix a nommé les lieux, la terre, le printemps; Clémence: l'été; Ijèveiüée: l'automne.Et Vigneault: le pays et ses habitant.Son écriture est très différente de celle de hélix.On retrouve chez lui toute une galerie de personnages.Gilles est resté constant à travers les genres elles époques, n'accordant jamais son pas aux modes passagères.» VOIR PAGE E 2: VIGNEAULT CAHIER SPÉCIAL Æ DEVOIR::: RENTRÉE CULTURELLE LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 AOÛT 2 0 0 5 -«r II V R F ^ - À l’ombre du temple des livres Odile Tremblay n vacances d’été, on se promène de-ci delà, parcourant sa propre ville avec l’œil du badaud qui prend le temps de vagabonder sans consulter sa montre.Le vrai luxe aujourd’hui, c’est d’avoir le temps de son côté.Quand ils passent à ma portée, je me grise de ces moments libres comme d’un vin nouveau.Mes pas m’ont menée ainsi l’autre jour vers la Grande Bibliothèque.Même pas pour bouquiner, à propos.Plutôt histoire de me rincer l’œil devant une exposition, visible depuis l’ouverture, que je n’avais pas eu, de fait, dans la course folle du rat, le temps de voir avant Petite expo.Et pour cause.Celle-ci est composée de mini-livres qui, forcément n’occupent guère trop d’espace.Il s’agit de la collection du Français Hubert Sylvain, couvrant quatre siècles d’ouvrages minuscules sacrés ou profanes.Derrière ces vitrines, ils ont la beauté de pièces d’orfèvrerie à déguster des yeux.Expo prétexte, au fait, pour déambuler encore dans la Grande Bibliothèque, si engageante et si lumineuse, pour croiser les enfants plongés dans des bouquins multicolores, le bonhomme endormi sur son livre, sourd aux bourdonnements ambiants.Et pour regarder les gens penchés sur leurs volumes ou branchés sur des disques, sourires aux levres.Des lamelles de l’édifice ont beau s’écrouler, la porte voler en éclats, la fréquentation publique ne dérougit pas.Et le peuple des sans-abri a adopté son seuil, bon vent, mauvais vent, gardant le temple littéraire comme des drôles de cerbères.Garants de la démocratisation du livre.Du moins, tel est le symbole que je greffe sur leurs silhouettes assises, joviales sous le soleil.On a été nombreux à douter du projet de la Grande Bibliothèque avant sa naissance.Une seule visite à bord a fait tomber nombre d’idées préconçues.Aujour- PEDRO RUIZ LE DEVOIR L’environnement de la Grande Bibliothèque rend heureux et donne le goût de lire.d’hui, rançon du succès, on déplore que le service d’abonnement n’aille pas plus vite.11 y a encore des files pour s’inscrire.L’environnement rend heureux, donne le goût de lire.Appelons ça une sorte de grâce.Peut-être cette histoire de lamelles de verre tombées aurait-elle pu être évitée.Qui sait?Si le projet initial de les faire en cuivre, ces lamelles-là, abandonné pour des raisons surtout financières, avait été de l’avant, par exemple.On les imagine plus solides, prenant des tons vert-de-gris avec les années, rendant l’enveloppe du bâtiment aussi belle que son intérieur.Et s’il fallait cesser de chiquer la guenille avec des questions de dépassements budgétaires quand le jeu en vaut la chandeDe.J’avance ça comme ça.Osons un vœu ardent: que l’engouement des Montréalais pour le bel établissement tout neuf profite aux bibliothèques municipales, lesquelles, pour la plupart, vivotent encore dans leurs galetas.Le mois dernier, une enquête issue du Sommet de Montréal démontrait une fois de plus l’indigence des services hors du noyau de la rue Berri.Dans le panorama des grandes villes canadiennes, Montréal persiste à traîner la patte, côté quantité de volumes, espace, services, nombre d’employés, à travers son réseau de bibliothèques municipales.Celle de West-mount a beau briller de tous ses feux, Westmount, c’est Westmount.Vancouver, Toronto et Ottawa devancent largement Montréal pour ce qui est du nombre d’ouvrages par habitant Le tiers des bibliothèques mont- réalaises abritent moins de 22 livres par habitant un seuil déjà critique.La situation n’est guère nouvelle et revient sans cesse sur le tapis.L’héritage d’un lourd passé de censure catholique a teinté de noir le rapport des Québécois francophones aux livres.L’anti-intellectualisme verdoie encore chez nous comme de l’herbe à poux.Le monde des mots et des idées sent toujours le soufre de l’enfer catholique dans l’inconscient collectil Alors oui, on rend grâce à la Grande Bibliothèque de venir dissiper un peu cette odeur fétide.Tout cela est bel et bon, mais les gens n’accourent pas rue Berri que pour lire.Ils viennent voir des films, entendre de la musique aussi, s’initier aux langues étrangères, écouteurs aux oreilles et télécommande à la main.Les bibliothèques municipales, pour pouvoir répondre aux besoins de leur clientèle, doivent se moderniser tout autant Vidéothèques, audiothèques, ateliers de langues deviennent des must, surtout dans les arrondissements multiethniques, peuplés d’immigrants qui veulent parfaire leur français ou leur anglais.Comme à la Grande Bibliothèque, mais à petite échelle.De beaux espaces clairs, des rayons remplis de volumes, de nouveaux services audiovisuels, des em-ployés qui ne sont pas débordés: on leur souhaite tout ça aux petits établissements de quartier.Ça prendrait 200 millions de dollars pour équiper le réseau, paraît-il.Une grosse somme, tant les prises de décisions ont traîné.La Grande Bibliothèque prétend rayonner avec des prêts dans tout le réseau.Mais celui-ci possède-t-il vraiment les ressources! pour les gérer?Il ne répond déjà pas à la demande, faute de personnel en nombre suffisant alors! Montréal est sacré capitale du livre cette année.À travers les chambres de bois et les étages de la Grande Bibliothèque, on se prend à croire que le titre n’est pas usurpé.Suffit de se balader ailleurs dans l’île, plus à Test au nord, aux quatre coins cardinaux, pour déchanter.L’ennui avec la Grande Bibliothèque, c’est que sa criante réussite met en lumière plus que jamais les carences de ses cousines pauvres.Folle ironie du sort et du succès.otrem blay(& le de voir, com SUITE DE LA PAGE E 1 L’animatrice de l’émission de radio Fréquence libre souligne également une force particulière de Vigneault «Il a su se relever de nos détresses politiques avec une rare élégance, tout en faisant appel à l’humanisme avec des chansons comme Théo l’orphelin, La Ballade d’un sans-abri, Madame Adrienne, etc.» Monique Giroux se sent très privilégiée de diriger le spectacle.«U n’y a pas de conditions Parfaites ou idéales, mais je n 'ai pas rencontré d’embûches et j’ai eu carte blanche.Souvent, je m’arrête et j’essaie de mesurer ce Privilège que j’ai.La chanson m’a toujours fascinée.Depuis 22 ans, j’ai la chance de faire un métier bizarre et envoûtant, qui me porte.» Monique Giroux sait bien que les jeunes sont attirés davantage par le son que par les mots.«J’ai confiance en eux.Je suis encouragée par leur attitude; ils sont militants, impliqués, conscientisés.Je crois que la chanson La Marche du président les surprendra.Ce spectacle s'adresse aussi à eux.Je souhaite qu ’il reste dans les mémoires de tout le monde, que les spectateurs se disent: j’ai t’y ben fait de venir! Qu'ils aiment ça, VIGNEAULT qu’ils découvrent ou redécouvrent Gilles Vigneault», conclut-elle.Un pays à bâtir De son côté, Gilles Vigneault croit plus que jamais qu’il reste «un pays à bâtir».«Il ne faut pas perdre sa foi dans le voyage à la première grosse vague.“L’indépendance reste à faire tant qu’elle n’est Pas faite", disait Miron.Quand on a décidé de traverser, on traverse coûte que coûte, même si les vents semblent défavorables», affirme-t-il, joint par téléphone.«Ce pays ne naîtra peut-être pas comme on l’a rêvé, mais ce sera intéressant de toute façon; je suis très heureux de voir de si nombreux jeunes s’engager concrètement.» Même après avoir écrit de nombreux ouvrages, enregistré des dizaines de chansons et donné des centaines de concerts à travers la francophonie, Gilles Vigneault n’a pas l’impression d’avoir accompli tant de choses.«La jeunesse, c’est pour demain!», commente-t-il avec humour.11 y songeait depuis cinq ans; une fondation nommée Fondation du patrimoine Gilles-Vigneault aura enfin son pied à terre à Nata-shquan, dans la maison paternelle des Vigneault, maison dont la sœur du poète a pris soin depuis 30 ans.Le spectacle de ce soir est un concert-bénéfice et une partie des profits constituera une base pour obtenir des subventions qui serviront à la fondation par la suite.«La maison de mon enfance a été légèrement transformée; j’ai l'intention de la remettre dans l’état où elle était à l’époque; la fondation la protégera en en faisant un lieu visitable et un lieu d’accueil pour des ateliers et pour des activités culturelles dans l'avenir.» Gilles Vigneault imagine des ateliers thématiques s’apparentant aux classes de maîtres et destinés à de jeunes artistes de la parole.«Ils seront offerts à de jeunes créateurs désireux d'apprendre quelque chose et d'étudier la poésie.Ces ateliers se tiendront dans la maison et aussi ailleurs dans Natashquan, où ce n’est pas l’espace qui manque! En se développant, la fondation pourra inviter des conférenciers, proposer des concerts, etc.Il n’y aura jamais trop de culture à Natashquan!» Collaboratrice du Devoir TOUS AVEC VIGNEAULT AU BOUT DU MONDE Ce soir à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.Réalisé par Pierre Séguin, le spectacle sera capté par TV5 et rediffusé le dimanche 28 août prochain.SOURCE THE BELL ORCHESTRE The Bell Orchestre peut être vu comme une formation d’étoiles de la scène locale.SUITE DE LA PAGE E 1 envol dans des studios de compagnies de danse contemporaine avec lesquelles les musiciens ÏÏRUDE Si JE SAGAN 15 * A NS GEORGE SAND entre Nqhant et l'Italie Soirée GERTRU$t.N Soirée FEm® Lundi 1er août 2005 a 20 h cou agi: JEANNE GOLDIN mi .1 en ic lin DOMINIQUE LEDUC SOPHIE CLÉMENT • SOPHIE CADIEUX Lundi 8 août 2005 à 20 h lu ,0 : r M F f N LECIUCC CHRISTIANE PASQUIER ÙUAP' .RAI ION AU UAL Vf JEAN FRANÇOIS COTÉ AVI JACINTHE LAGUË • KATHLEEN FORTIN • AMÉLIE CHÉRUBIN SOULIERES • CLAUDE LEMIEUX Lundi 15 août 2005 à 20 h ullacf H Mi=f.f-n Ltirur-F MARC BËLAND GEOFFREY GAQUÉRE «JEAN ASSELIN ¦ lAN .JEAN MARCHAND GABRIEL GASCON 05 une çertaine petite musique Soirée Hommage à RÉJEAN DUCHARME REJEAN DÜCHARMjf SAND Lundi 22 août 2005 a 20 h FRANÇOISE FAUCHER SOPHIE FAUCHER • FRANÇOISE FAUCHER • MARKITA BOIES • PASCALE MONTPETIT Lundi 29 août 2005 à 20 h • : GHYSLAIN FILI0N MARIE FRANCE MARCOTTE • AN ABEL TREMBLAY ' JACQUES LAVALLÉE • HÉLÈNE MERCIER • EMMANUEL SCHWARTZ HUNUCF HMicrf MARIO VIGNEAULT EVENEMENT 15- ANNIVERSAIRE: LECTURE DU MAHÀBHÀRATA DEJean-Claude Carrière Dimanche 18 septembre a 14 h Mut IN truiFi ALICE RONFARD 21 COMÉDIENS • QUELQUES MUSICIENS ET DE S VIClUAII.LLS DE CIRCONStANCE uWF vo rwivf ENTRE 6 ET 8 HEURES I MAISON DES ARTS DE LAVAL FERNANDO PESS0A Québec an LE DEVOIR BILLETTERIE ET RÉSERVATIONS MAISON DES ARTS DE LAVAL [450] 667.2040 1395.BOUL.DE LA CONCORDE OUEST.LAVAL METRO HENRI-BOURASSA, AUTOBUS 40 OU 61 RESEAU ADMISSION [514] 790.1245 www.trois.ca INFO 1.877.664.1136 • festival3#bellnet.ca BELL travaillaient.Les paysages sonores ainsi créés se sont émancipés de la danse, mais en ont gardé la physicalité.Parry raconte que le futur album de TBO, qui doit être lancé le 22 août prochain, a été enregistré en même temps et dans le même studio que le désormais classique Funeral, de The Arcade Fire.«Mais il n’a pas été complété aussi rapidement.L’album est resté sur la glace une année, puis nous l’avons fini et envoyé à quelques étiquettes.» L’album sera finalement lancé par le label britannique Rough Trade, qui, soit dit en passant s’occupe de The Arcade Fire dans ce coin du globe.Un autre espace Si par l’instrumentation les amateurs de The Arcade Fire se reconnaîtront dans TBO, Parry explique que «l’esprit en est différent.En ce qui a trait à la réaction émotive à la musique, indépendamment de l’absence de paroles, TBO laisse les auditeurs dans un tout autre espace.Après un spectacle de The Arcade Fire, les gens sont excités, fébriles et fourbis.Ils semblent beaucoup plus calmes avec TBO.Les gens viennent me voir après les spectacles pour me dire que la musique les a menés à des endroits plus calmes, plus paisibles.» Si The Arcade Fire puise dans des orchestrations classiques pour embellir la musique, chez TBO elles en constituent le noyau.•On tente de créer quelque chose d’engageant physiquement, sans utiliser de mots, sans écrire des chansons.La musique possède de cette façon une capacité à raconter des histoires à travers la musique.» Encore, l’ombre de Godspeed se pointe.«Mais on traite les choses plus légèrement que Godspeed», affirme Parry, rieur.TBO peut être vu comme une formation d’étoiles de la scène locale.Deux de ses membres, dont Parry, en font partie, l'autre membre étant Sarah Neufeld (violon).La formation est complétée par Stefan Schneider, de la formation jazz [1KS], de Mike Feurstack, membre de Wooden Stars (en première partie ce soir) et de Snailhouse, de même que par Pietro Amato, connu pour s’être occasionnellement pointé avec The Arcade Fire, et plus récemment pour son travail avec Torngat, dont le superbe album indépendant, La Rouge, a été lancé plus tôt cette année.Plusieurs poignées se présentent à qui veut entendre TBO.Parry raconte pour l’anecdote qu’au Banff Center, le groupe a joué devant un public de personnes âgées, habituées aux concerts de musique de chambre de l’endroit «Recevoir une ovation de ces gens était plus spécial pour moi que la présence d’une bande de kids amateurs d indie rock Jouer dans un concert où on pouvait entendre avant nous du Chostakovitch et avoir des bravos à la fin est plus important pour moi.» La présence du cor français de Piefro Amato assure une bonne partie de l’identité de la musique de TBO.De fait, les plages les plus planantes peuvent doiyier l'impression d’entendre un Erik Truffaz, sans le drum’n’bass.«C’est fou, mais si tu paries du violoncelle ou du cor français aux gens, ils vont dire combien c’est leur instrument préféré.En l'entendant, les gens pensent à Pierre et le loup, à des musiques de l’enfance.» L’instrument ouvre de tels espaces qu’il donne un caractère presque pastoral à cette musique pourtant très urbaine.TBO n'entend pas devenir le monstre de tournée qu’est devenu The Arcade Fire.Pourtant le Exclaim! Magazine a averti ses lecteurs de ne pas se surprendre si TBO devenait le prochain groupe instrumental de la fertile scène de Montréal.The Arcade Fire était la prochaine grosse affaire, est devenu la grosse affaire, et Parry se fait remettre ça sous le nez.«Ça aide à attirer l attention, mais ça ne veut rien dire.» On pourra le vérifier ce soir, à 21h.au Local, au 7159 de la rue Saint-Urbain.Le Devoir ! LE DEVOIR.LES SAMEDI D 1 M A X (' H E A O l> T 2 O O 5 6 ET Livres ROMAN QUÉBÉCOIS Les humeurs et les amours d’Hélène de Champlain DIANE PRÉCOURT Le deuxième tome A'Hélène de Champlain, intitulé L’Érable rouge, raconte l’histoire au XVII' siècle des colons de la Nouvelle-France et de ceux qu’on appelle alors les «Sauvages», avec comme trame de fond la tumultueuse vie amoureuse d’Hélène Boullé, épouse du grand explorateur Samuel de Champlain.Mariée à 12 ans alors que lui en a pratiquement quatre fois plus, il ne sera jamais l’élu de son cœur.Non, la belle Hélène vibre de tout son être pour Ludovic, son cher pelletier.Elle l’aimera tendrement, mais en cachette et à la sauvette.Dans la seconde tranche de ce qui s’annonce comme une trilogie, on retrouve une Hélène de Champlain en proie à la dépression — identifiée ici par l’expression ronflante de «ses humeurs» — depuis son retour forcé en France, après quelques années passées sur les rives du Saint-Lau- rent, son amoureux à portée de fleuve, qui, lui, est resté dans le Nouveau Monde où il a trouvé un pays à bâtir.Pour revivre les grands moments de ce séjour en Nouvelle-France qui l’aura marquée pour toujours, l’héroïne s’emploiera donc à en écrire ses souvenirs.Entre France et Nouvelle-France L’auteure A'Hélène de Champlain, Nicole Fyfe-Martel, nous fait voyager, au fil des chapitres, entre cette France où Hélène verra s’égrener les années sans aucune nouvelle de son cher Ludovic, dont elle est persuadée qu’il l’attend sous l’érable rouge, là-bas, près de leur cabane, et cette Nouvelle-France avec les hauts et les bas de la vie des colons.Car madame de Champlain se voit confinée à rester en place malgré son désir de reprendre la traversée de l’Atlantique vers la Nouvelle-France.et l’amour de sa vie.Cette féministe avant la lettre se battra jour après jour, passionnément, pour réaliser son rêve.Mais aussi contre ses démons.Elle ira même jusqu’à conclure un pacte avec elle-même, se promettant de prendre le voile en échange de retrouvailles avec son fils illégitime, fruit de sa liaison avec Ludo- vic.Imaginons un peu, elle, femme rebelle pour l’époque, donner sa vie à Dieu.Dans ce deuxième tome, les Anglais finissent par arriver dans le décor des rives du Saint-Laurent et le roi de France, qui a d’autres chats politiques à fouetter, prêtera une oreille un peu moins attentive aux requêtes de Samuel de Champlain pour la lointaine colonie.Aussi, les dernières pages du livre voient surgir, coup sur coup, une série de coïncidences qui étonnent quelque peu pour être ainsi réunies.Par chance, cela n’empêche en rien ce roman historique d’être de très intéressante et enrichissante lecture.Le Devoir HÉLÈNE DE CHAMPLAIN - L’ÉRABLE ROUGE Nicole Fyfe-Martel Hurtubise HMH Montréal, 2005,690 pages ROMAN Une prouesse brésilienne GUYLAINE MASSOUTRE ouvrage peut figurer dans les lectures estivales: la couverture — une photo de Rio de Janeiro — attirera votre œil.Si l’objet séduit, le sujet aussi, puisque Corcovado est le nom du sommet portant un Christ acrobatique, au-dessus de la fameuse baie brésilienne.Il y a donc une matière intéressante pour la détente: Corcovado est, en fait, le premier tome d’une saga qui en comprend trois.Le reporter Jean-Paul Delfino connaît bien le Brésil.Son roman raconte une histoire inspirée par la réalité, avec un enthousiasme qui caractérise bien un Marseillais.L’éditeur le décrit comme issu du pur style de Cendrars.L’ouvrage, en effect, regorge d’effets et d’émotions.A tel point que, chargé d’adjectifs, il demande au lecteur de s’accorder au tempo de la bossa nova.L’auteur pense ainsi évoquer les cloaques des bidonvilles où se tiennent tant les affaires louches que les cœurs débordants.L’entreprise franco-brésilienne mérite le qualificatif de colossale.Car ce qui est raconté, c’est l’histoire du monument peu ordinaire, pointé en haut du Corcovado.A plus de 700 mètres au-dessus de la mer, un Christ de trente mètres, dont la tête pèse 30 tonnes et chaque main huit tonnes, dont la distance entre les doigts couvre 38 mètres, bénit l’univers.Si les personnages n’ont guère de consistance littéraire, la fresque des années vingt, sur laquelle ils se projettent, vaut un voyage d’écriture.Les jeux sont faits.Entre Marseille et Rio, d’un dock à l’autre, BRUNO DOMINGO REUTERS Jour de lessive dans les rues de Rio de Janeiro.Un quotidien auquel s’est frotté le reporter Jean-Paul Delfino pour écrire Corcovado, un roman chargé d’effets et d’émotions.tout n’est plus que tempêtes de caractères.L’aventure est furieuse.Mais elle révèle surtout une écriture bourrée de clichés.Tant pis si les pluies sont nécessairement diluviennes, les grondements terrifiants, les délices incomparables; c’est l’été pour le lecteur.Dépaysement garanti.Symbole d’un catholicisme triomphant et fétiche populaire, la statue légendaire fait l’objet d’un culte débridé, qui tient sans doute au concert des nations, des hommes de toute foi, des bénévoles, des adeptes de macumba, des Indiens, des Africains, des Métis et des Blancs de tout poil qui mirent le pied à l’étrier et la main au chantier.En épilogue, l’auteur précise ce qui, dans l’exploit de cette entreprise, relève de l’invention ou de l’histoire: il boucle le périmètre de sa fiction.Amour brésilien sans fond.Collaboratrice du Devoir CORCOVADO Jean-Paul Delfino Métaillé Paris, 2005,403 pages Retour à Beyrouth NAÏM KATTAN Romancier, essayiste, Alexandre Najjar, un Libanais francophone, dresse dans ce livre un portrait de sa ville: Beyrouth.D donne la parole à un journaliste en fin de vie, petit-fils de Roukoz qui, employé à l’ambassade de France, fut un précurseur, celui qui en 1858 poussa à la révolte les paysans exploités par les féodaux.Il en choisit le chef: Tanios Chahine, qui proclama la première république d’Orient Ce fut la naissance d’un Beyrouth moderne, multi-religieux et multiethnique.Les péripéties que traversa ensuite cette ville furent aussi diverses que sanglantes.L’Empire ottoman qui gouverne force juifs, chrétiens et musulmans à vivre ensemble et à se partager une ville, chaque groupe se cantonnant dans son territoire.La France, protectrice des minorités chrétiennes, prend la suite à la fin de la Première Guerre mondiale, la Société des Nations la nommant comme mandataire.La France libre s'installe dans cette ville en 1941.Les Libanais réclament alors leur indépendance.En pleine guerre, le général britannique Spears encourage les nationalistes à se battre contre les gaullistes.Jusqu’en 1967, le Liban vit une période que Najjar qualifie de dolce vita.Les Palestiniens se réfugient au Liban à la suite de la victoire dlsraël.Ils affrontent les libanais.Arafat est contraint par les Israéliens de quitter ce pays et de se réfugier en Tunisie.Les Libanais brandissent ensuite des bannières religieuses et mènent une guerre fratricide à laquelle la Syrie met fin en s’imposant comme nouvel occupant du pays.Les forces syriennes viennent de quitter ce territoire, forcées par la pression de l’ensemble des Libanais, chrétiens et musulmans.Vivre ensemble exige un accord tacite entre les diverses communautés, accord fragile qui est en voie de réalisation.Beyrouth qui renaît des cendres d’une guerre civile peut donner l’exemple, aux pays de la région sinon au monde entier, d’une harmonie possible, fondée sur la reconnaissance et l’acception de l’autre.Dans ce roman, Alexandre Najjar mêle habilement les épisodes des ries individuelles à ceux de la ville et du pays.Il permet au lecteur de se rendre compte de la complexité des rapports entre groupes dans une société faite de diversité.On ne peut que partager l’admiration de l’auteur pour une population qui, en dépit des diffé^ rences, ne cesse de proclamer son amour de sa rifle et sa volonté de vivre dans l’harmonie en assurant la pane Collaborateur du Devoir LE ROMAN DE BEYROUTH Alexandre Najjar Plon Paris, 2005,369 pages LIOTHÈQUE Les livres reprennent la route à Montréal La Ville de Montréal a lancé récemment ses activités littéraires jeunesse pour les moins de 14 ans, qui prennent plusieurs formes à la grandeur de la ville.Ainsi, le Bibliobus, une véritable bibliothèque mobile, a repris ses activités en sillonnant différents quartiers, particulièrement Mercier, Hochelaga-Maisonneuve, Ahunt-sk, Villeray, Saint-Michel, Parc-Extension, Rosemont et la Petite Patrie.Le Bibliobus compte environ 5000 livres, et les jeunes peuvent y emprunter un maximum de dix livres et quatre revues Ju&ju’en septembre, 47 des 57 bibliothèques montréalaises proposent également des clubs de lectu- re pour les jeunes de 3 à 14 ans.L'activité Livres dans la rue se poursuit également, alors que tous les après-midi de la semaine huit animateurs se rendent en équipe de deux dans différents endroits de la ville, parcs ou cours intérieures de HLM, pour faire la lecture aux enfants.Cette actirité vise particulièrement les jeunes des milieux défavorisés ou multiculturels.La pièce de théâtre Dans le livre, les étoiles, de la troupe Piper-ni, sera également présentée à différents endroits, dont les 20 et 21 août dans le cadre de la Fête des enfants au parc Maisonneuve.Le Devoir LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d’art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, nie De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.ROMAN QUÉBÉCOIS Suzanne Giguère Sourire railleur ous portons des tonnes de colère qui alourdissent nos pas», déclare Biarritz Monnier, le héros du deuxième roman de Michel Frenette.Qui n'a pas rêve un jour de trucider le professeur qui lui a colle un échec sur un travail de fin de session, de tordre le cou du patron qui a recours à l'intimidation ou à la guerre psychologique?Qui n'a jamais souhaité voir disparaître celui ou celle qui a mis son cœur en piecesr Nous parlons ici de fantasmes homicidaires.Avec humour et ironie, l’auteur explore ce sentiment obscur de la nature humaine: la vengeance.Il trace le portrait de Biarritz Monnier, jeune avocat ambitieux rêvimt de réussite et d'argent, qui, pour arriver à ses fins, est prêt à bien des détoura.Il égratigne au passage l'esprit de compétitivité et de productivité emblématique de notre époque.Un homme ambivalent Son père rêvait de voir Biarritz, alors il Ipi a donné le nom de son rêve.A quarante ans, Biarritz Monnier, bien qu'il soit amoureux de Nathalie, a souvent la tête ailleurs.Avalé par son boulot, il se relève la nuit pour plaider dans sa tête le dossier du jour.Avocat respecté, Biarritz évolue au sein d’un cabinet juridique où les mesquineries et les perfidies rythment le quo tidien.Ijes collègues n’hésitent pas à se démolir entre eux.Dans ce cabinet, «tes amitiés passent, les intérêts demeurent».Comme ses collègues, il a soif de pouvoir, d’argent et de réussite.Il se demande jusqu'où il peut aller pour y parvenir.Il accepte l'étrange mission que lui confie une vieille dame, soit de venger son mari mourant.Elle lui remet une liste de huit noms sur laquelle apparaît celui de son patron.Contrairement au film Kill Hill de Quentin Tarantino, le but n’est pas de tuer mais de venger.«Le plus loin que je suis allé, c’est à leur chevet pour gâcher leur agonie et leur signifier l’horreur de leur vie; pour qu’ils partent dans l’angoisse et la peur, avait assuré M.Demers.» Mais Dans ce cabinet, «les amitiés passent, les intérêts demeurent» avec la mort de trois personnes inscrites sur la liste, la vie de Biarritz tourne au cauchemar.IVndant ce temps, son meilleur ami, dont la réussite professionnelle a été fulgurante, perd son emploi, victime du plan de restructuration de l'entreprise où il travaille.Face à cet échec retentissant, il s'effondre en lui-même.«Iss gagnants sont forts parce qu ils sont féroces, ils se permettent tous les coups.Les doux et les sensibles s'écroulent devant des crocs aussi aiguisés.» Devant la dérive humaine de son ami, Biarritz s'interroge sur son arrivisme et ses propres ambitions: «Nous nous cachons dans des forteresses et nous comprenons trop tard que les forteresses sont dangereuses.L'attaque vient toujours de l’intérieur.» Au fond, Biarritz, tout en recherchant le pouvoir, l'a toujours méprisé.Parce qu'il a vou- ¦ lu être aussi fort que son père avait été faible — «on n a pas le droit de s'enlever la vie quand on ' a un petit gars, on le condamne à être un homme inachevé» —, il allait, c’est certain, être un battant, un gagnant.U' roman tourne à l'introspection.Il nous montre un Biarritz Monnier ambivalent, déchiré entre ses idéaux et ses ambitions professionnelles.Avec une intrigue rondement menée, des dialogues efficaces, un sourire railleur accroché aux mots, 1m Nature humaine de Biarritz Monnier et autres détours apparaît un roman tout indiqué pour ceux et celles qui en ce mois d’août vacancier ont le goût de flemmarder ou de lézarder, avec, dans les mains, un livre léger, sensible et rempli d’humanité.Collaboratrice du Devoir LA NATURE HUMAINE DE BIARRITZ MONNIER ET AUTRES DÉTOURS Michel Fréchette Editions Vents d’Ouest Collection «Azimuts» Gatineau, 2005,208 pages Lanctôt éditeur cherche encore un directeur littéraire Philippe Poloni, qui avait été nommé en juillet directeur littéraire chez Lanctôt éditeur, n’a pas eu le temps d’imposer sa marque: Mi- chel Brûlé, l'éditeur des Intouchables, qui avait racheté Innctôt éditeur cet été et nommé Philippe Poloni au poste de directeur littéraire, est déjà à la recherche d’un nouveau directeur pour le remplacer.En principe, le programme de parution pour l’automne demeure le même, puisqu'il avait déjà été planifié par Jacques lanctôt, précédent propriétaire de la maison d’édition.- Le Devoir LES CORRESPONDANCES REVER LE MONDE N'AURA JAMAIS ÉTÉ AUSSI INSPIRANT ! À ne pas manquer : SAMEDI 20 AOÛT 16 h 30 Les désirs de la modernité.L'époque hédoniste et ses chimères : lepomt de vue des écrivains.Animation : Marie-France Bazzo Avec Nicolas Dickner, Louise Dupré, Yvon Rivard, Patrick Snyder.20 S 20 h 00 Nelhgan ou le Reve fantasque.Lecture-spectacle Poèmes (chansons) d'Émile Nelligan Avec Daniel Gadouas, Sébastien Ricard, Karine Tremblay.25 S FORFAIT : 40 $/ DEUX ACTIVITÉS LITTÉRAIRES INÉDITES I DIMANCHE 21 AOÛT 11 h 00 Ciné-Correspondances Avec les cinéastes des Films de ('Autre : lolande Carirm-Rossignol, Carlos Ferrand, Claudie Lévesque, Sylvie Paradis, Julie Perron, Lysanne Thibodeau et un cinéaste de Winnipeg, Matthew Rankin.9 S 13 h 30 Mon livre, un jour Cale-littéraire.De l'écriture a la publica tiôn, les fantasmes de l'écrivain.Animation : André Vanasse Avec Pierre Leroux, Johanne Guay, Louise Desjardins, Pascal Jourdana, 15 S Programme complet disponible www.lescorrespondancet.ca RENSEIGNEMENTS / BILLETTERIE : (450) 297-2265 /1 -888-297-3449 Urnamamnm e» r «n«e« ~ m QUEBECOR INC.-X- fUvtnnûdùhi SX’JST* i dvn îhwmon9 Québec mm .~ , A OUT 2 0 0 5 "\ •E 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 "%- LITTÉRATURE AMÉRICAINE Louis Hamelin Hubert, ou la dernière sortie.Livres U • JT- V • e-gendre) et Un invétéré noceur allergique à la paternité (Patrice Robitaille), le spectre est complet Des figures masculines secondaires ajoutent des facettes à ce refus de l’âge adulte.Une métaphore assez lourde sur les hommes de caverne vient en contrepoint exprimer à quel point l’homme d’aujourd’hui demeure proche de ses frustres ancêtres, sous des oripeaux plus modernes.Nos compères sont particulièrement vulgaires en groupe, courant les bars de danseuses, collectionnant les farces grasses.Surtout le personnage de Patrice Robitaille (fort bien rendu), plus macho que nature, antipathique, mentant à sa blonde et la manipu-lant, rictus aux lèvres.Ils n’ont pas fait de cadeaux à leur propre sexe, nos trois scénaristes, les peignant sous un jour particulièrement grossier.Des gars aussi épais que ceux-ci, on en rencontre plein les rues, mais ils pré- sentent en général une face plus tendre dans leurs rapports avec leurs blondes.Ces parenthèses de tendresse prévues et tournées ont, sembfe-t-il, sauté au montage, laissant fleurir le seul côté négatif de ces hommes.Jean-Philippe Pearson, dims le rôle du brave type influencé |>ar ses copains mais heureux quand même avec sa copine et son enfant, incarne, il est vrai, un personnage plus sensible que les deux autres, mais il manque de scènes pour le prouver.Dans Québec-Montréal, les profils féminins étaient bien dessinés et très vivants.Ici, ils sont à peine esquissés, à deux dimensions, sans substance.Dans toute œuvre à thèse, il est bon de glisser des scènes de traverse hors de la trame principale, pour aider les personnages à vivre et à respirer.Elles manquent ici.Les femmes ne parlent avec leurs chums que de leur maternité, celle-ci fût-elle désirée, en gestation ou vécue.Même durant l’amour, il n’est ques-' lion que d’enfant.Ça devient un peu beaucoup.Il reste des moments vraiment drôles, et les héros dérisoires, bien joués, conservent les côtés mordants de ceux qui nous avaient fait rire dans Québec-Montréal.Horloge biologique constitue par ailleurs un film courageux dans sa volonté de prendre le taureau du machisme par les cornes, mais il a du mal à sortir de sa gangue, d'autant plus que des incohérences de scénario sapent la vraisemblance de certaines scènes.Et puis, une musique trop forte ensevelit l’action pour enlever au film encore plus de fluidité.Cela dit, Horloge biologique connaîtra sans doute un franc succès en,salle, à cause du miroir tendu aux Peter Pan québécois et de l’enrobage de comédie qui leur dore la pilule.t Le Devoir VITRINE SUITE DE LA PAGE E 6 BAR KOKHBA SEXTET 50TH Dirigé par John Zorn Étiquette Tzadik John Zorn est un compositeur prolifique, très prolifique.Heureusement pour nous, il est bourré de talent et extrêmement., curieux! On insiste sur ce trait de caractère parce qu’il est autant amoureux des musiques orientales que de la musique de chambre.Lorsqu’il ne fréquente pas les univers andalous, le répertoire de Serge Gainsbourg ou de Burt Bacharach, il s’approprie le monde de Béla Bartok.Le Bar Kokhoba qu’il vient de produire, c'est cela.C’est ce goût pour la musique de chambre musclée, rythmée.Aujourd’hui, il présente un coffret de trois compacts enregistrés live dans le cadre de la série Sfr anniversaire.Les musiciens?Marc Ribot à la guitare.Mark Feldman au violon, Erik Fried-lander au violoncelle, Greg Cohen à la contrebasse, Joey Baron à la batterie, Cyro Baptista aux percussions et John Zorn à la direction d’orchestre.On vous prévient, parfois ça décape.En clair, si on n'apprécie guère les improvisations un tantinet avant-gardistes, on sera déçu.Par contre, si on aime cela, si on goûte un peu de mélodie, un peu d'aventure, un peu de prouesse et le souci de la cohésion.alors on sera conquis.On Ta été.S.T.classique beck Six symphonies opus 1.Orchestre de chambre de Nouvelle-Zélande, dir: Donald Armstrong.Naxos 8.554 071.Void un très agréable disque estival une musique très classique que Franz Ignaz Beck (1734-18(8) écrivit dans son jeune âge.Cet Opus 1 a été publié à Mannheim en 1758.Mannheim était alors un gr^nd centre musicaL on parlait de «L’École de Mannheim», dont la figure de proue était Johann Stamitz.Beck, exact contemporain de Haydn, est un élève de Stamitz.L’attention des mélomanes avait été attirée sur ce compositeur, qui, étonnamment, fit une partie importante de sa carrière dans le sud de la France, il y a un an à travers un CD, édité par CPO, présentant les Symphonies op.3 n” 1, 2 et 6.Cet Opus 3 de 1762 était très marqué par le style enflammé du courant « Sturm und Drang», que Haydn cultiva aussi dans ses symphonies médianes.LOpus 1 est très différent, beaucoup plus galant, nettement marqué par HtaBe, comme en témoigne la Symphonie n° 3.C’est que, dans ses jeunes années, Beck avait fait un court séjour à Venise.Ces œuvres de bonne compagnie, dont quelques mouvements, comme le premier volet de la 2 Symphonie, se démarquent sont jouées avec justesse, rebond et un bon dosage du continue de clavecin par l’Orchestre de chambre de Nouvelle-Zélande.C’est un disque très agréable, qu’on ne rangera pas toutefois parmi les découvertes renversantes.Pour cela, on attendra des révélations du Beck phis tardif ce- lui qui, avant Beethoven, fut le premier à utiliser des trombones dans une symphonie, celui aussi qui faisait l'admiration de Joseph Haydn.Christophe Huss GE GAN-RU Chinese Rhapsody (1992).Wu (1984).Six Pentatonic Tunes.Margaret LengTan (piano), Orchestre national royal d’Ecosse, dir.: José Sérebrier.BIS SACD 1509 (distr.SRI).J’ai rarement vu un titre aussi trompeur et aussi contestable appliqué a posteriori à une œuvre musicale.Au moins, dans la symphonie «Surprise» de Haydn, il y a une surprise, et la symphonie «Inachevée» de Schubert l’est vraiment! Lorsqu’on lit «Chinese Rhapsody», on imagine une bluette sentimentale sino-classique, genre Butterfly Lovers Concerto ou Concerto «Les Petites Sœurs de la prairie».Ce n’est pas du tout le cas, car Ge Gan-Ru, né en 1954, est un «avant-gardiste chinois»! Né à Shanghaï, interné en camp de travail agricole à l’âge de 17 ans, Ge Gan-Ru a été formé au violon et à la composition dès sa sortie du camp, trois ans phis tard.Admirateur de Cage, Crumb, Ligeti, Bou-Ipz et Stockhausen, 0 a émigré aux États-Unis en 1983.De ses différents modèles il semble avoir surtout retenu dans la pratique les leçons de Crumb et Ligeti, qu’il ne décalque pourtant en rien.Il y a dans la musique de Ge Gan-Ru une griffe personneDe identifiable, un art de jouer des percussions, de faire miroiter des sonorités, un art aussi de créer, dans un cadre défini, une grande sensation de liberté rythmique.L'orchestration de la Rhapsodie est un bonheur enivrant pour les sens et l’imaginaire.Cet univers onirique, le compositeur l’avait rodé dans la décennie précédente dans Wu, pour piano et orchestre, œuvre d'une féconde invention sonore également.Par contre, la dernière partition, la plus récente, est davantage attachée à des racines mélodiques chinoises et paraît plus anecdotique.C.H.¦Si**8® a* Tf ftSTIVAL INTERNATIONA! -ï—DU—- Rêse Oesconce à des prix J?Les u .beaux détours CISCUITS CUITUREIS Quelques places seulement.16 août : Québec Camille Claudel et Radin 10-11 septembre La maison : un thème original pour découvrir le VIEUX-LÉVIS et SAINT-JEAN-PORT-JOLI! Il est encore temps de réserver! Salnt-HItaire : Leduc et Borduas 23 octobre, complet, circuit répété le 30 octobre www.lesbecnixdetoun.com (514) 352-3621 En cotaboofeon avec Oub Voyage* ®o*enx>nt OU 25 JUIN AU 28 AOÛT 2005 JEUDI 11 AOÛT 28$ Les Concerts Jeu HROurnrmxs aluanci Soirée QC Jeri Brown, voix Simon Sloutsker, piano Rémi-Jean Leblanc, contrebasse Isaiah Ceccarelli, batterie Yves Pierre,voix Une voix remarquable émotive et virtuose, purement jani VENDREDI 12 AOÛT 28$ Yehonatan Berick, Philippe Djokic et Claude Richard, violons Alar Arad, alto Matt Haimovitz et Johanne Perron, violoncelles Paul Ellison, contrebasse Élise Richard, piano Des joyaux du répertoire de musique de chambre SAMEDI 13 AOÛT 32$ Marc-André Hamelin, piano __________ Le retour attendu d’dn grand virtuose1 | VENDREDI 19 AOÛT 28$ Ernst Kovacic, Geoff Nuttalt, violons Steven Dann, S
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