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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2009-10-10, Collections de BAnQ.

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I- K I) K V (I I R .I, E S S A M E I) I 10 K T 1) I M A N C H E 11 0 C T O B R R SCIENCE ET CULTURE PRIX ACFAS 2009 Toute recherche est utile Des chercheurs reçoivent de leurs pairs la reconnaissance de leur travail Les universitaires feraient de la politique?À ce qu’il semble.Deux présidents, 1 un d un organisme responsable de la recherche, l’autre d’une association des professeurs universitaires, demandent en effet la démission d’un ministre du «gouvernement Harper», gouvernement tel qu’ici nommé pour reprendre 1 expression utilisée au niveau fédéral afin de désigner des initiatives politiques qui tiennent souvent de l’ingérence partisane.Tout cela parce qu un ministre veut qu on éliminé une subvention qu’il juge idéologiquement malsaine.La recherche ne serait donc pas neutre.NORMAND THÉRIAULT Alain Caillé ne craint pas de s’engager.Vers la fin de son mandat de vice-recteur à la recherche, l’universitaire faisait lire dans ce journal qu’il était indécent de voir le déséquilibre existant dans l’attribution des diverses aides par les organismes ayant pour mandat de subventionner les multiples secteurs de recherche.Et, lors de cette dénonciation, le gouvernement fédéral était directement visé : ce que recevaient les chercheurs en sciences dites appliquées dépassait nettement en total les montants attribués à toutes celles et tous ceux qui œuvrent dans le monde des sciences dites humaines.Et, depuis ce temps, ce déséquilibre a toujours été entretenu.Déséquilibre, donc.Et maintenant, il y a plus: ingérence.Gary Goodyear, ministre d’Etat aux Sciences et à la Technologie, aurait demandé au Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) de ne pas maintenir une subvention accordée à un organisme qui, lors d’une conférence tenue en début d’été dernier, aurait démontré une attitude partisane au profit de la Palestine et au détriment d’Israël.Que le CRSH ne réponde pas à sa demande, le ministre vient d’en tenir compte lors de l’élaboration du prochain budget fédéral.Par suite de cela, levée de boucliers.Pierre Noreau, de l’Association francophone pour le savoir, l’Acfas, a demandé la semaine dernière la démission du ministre, tout comme l'avait déjà fait James Turk, président de l’Association canadienne des professeurs et professeures d’université.Optiques Il y a toutefois un débat plus lourd qui anime le monde universitaire, que ce soit en recherche ou en enseignement: à quoi sert l’université?Y formerait-on des citoyens ou aurait-on pour mandat d’assurer la formation d’une main-d’œuvre économiquement rentable?Autrement dit, il y a savoir, certes, mais aussi en jeu des retombées économiques.Ainsi, notre Alain Caillé est un homme utile : les travaux de recherche de ce physicien ont permis des avancées dans le secteur des cristaux liquides: que seraient, sans ces matières, nos téléviseurs et divers portables devenus, ou comment encore certains secteurs de la biologie médicale verraient leurs nanovéhicules menacés d’une panne ?Utile, donc, cette recherche de pointe: l’Acfas le reconnaît, puisque l’organisme lui attribue en 2009 un de ses prix annuels.Tout comme elle en accorde un aussi à Claude Panaccio, un médiéviste reconnu internationalement comme un spécialiste de l’œuvre et des œuvres d’un Guillaume d’Ock-ham.Dans son cas, il est sans doute plus d’un ministre qui se demande en quoi et à qui cela est utile (tout en demandant, en aparté, qui était cet Ockham dont on parle ici: un concurrent étranger, peut-être, d’une firme de rasoirs pourtant solidement bien établie en terre canadienne?).Visions Mais que la recherche soit utile, nul n’en doute.Et les divers récipiendaires des prix de l’Acfas en cette année 2009 en témoignent.Isabelle Peretz, Prix Jacques-Rousseau, aime peut-être la musique, mais elle œuvre aussi dans le monde de la neuropsychologie cognitive.Michel J.Tremblay, Prix Léo-Pariseau, est un biologiste mais aussi un chercheur qui s’attaque au virus qui a pour nom le VIH.Et Yoshua Bengio, Prix Urgel-Archambault, est un expert en intelligence artificielle, quand un Roger Lecomte, Prix J.-Armand-Bombardier, est un pionnier dans le monde des scanners et de l’imagerie moléculaire.Même une Suzanne Rivard, Prix Marcel-Vincent, ne déclare-t-elle pas que, «le premier jour de mon doctorat, le recteur nom a adressé la parole.Il nous a dit que, si la recherche que nous voulions entreprendre n’était pas pertinente pour l’entreprise, elle n’était pas pertinente pour son école.Et cela correspondait précisément à ce que je voulais faire»"! Bien sûr, d’autres pourraient aussi faire réagir quand, comme Jean-Guy Vaillancourt, Prix Michel-Jurdant, ils informeraient que, «sans intégrer, par exemple, les femmes ou les populations des pays du tiers-monde, il ne peut y avoir de développement durable».Faudra-t-il cependant surveiller les jeunes chercheurs, car Julien Béguin parle de biodiversité, Shanie Leroux, d’engagement citoyen, et Adolfo Agundez Rodriguez, de consommation éthique?Courte vue Si, dans le passé, plus d’un chercheur Si la seule norme utilitaire prévaut, il faudra alors craindre pour l’avenir dont la qualité du travail a été reconnue par l’Acfas s’est souvent vu couvert d’honneurs ailleurs, et localement, entre autres, un Prix du Québec leur étant ainsi souvent attribué, il faut admettre que les divers jurys ne font pas leur le virage utilitaire.^ Car c’est là qu’il y a débat: pour un Goodyear, il semblerait que ce que le gouvernement subventionne devrait refléter la ligne politique du parti au pouvoir, pour d’autres, il semblerait que la reconnaissance des pairs prime.Et, au Québec, il y a même une remise en question de la gouvernance universitaire, et la communauté professorale est ainsi divisée au sujet de la composition des conseils d’administration des établissements du savoir.Toutefois, il est certain que, si un jour la seule norme utilitaire prévaut dans l’orientation de la recherche, il faudra alors craindre pour l’avenir.Ainsi, quand le jeune Caillé a entrepris sa recherche sur les cristaux liquides, qu’en aurait pensé un ministre de l’époque s’il avait appris qu’en même temps la multinationale RCA Victor, entreprise alors toute-puissante qu’on allait plus tard liquider, mettait fin à ses recherches sur ces cristaux, car elle considérait que cette voie était sans avenir?Et ce, pour le bonheur de Japonais qui ont obtenu pour quelques petits millions les brevets alors déposés.La politique utilitaire se révèle souvent être, même en matière économique, une stratégie à trop courte vue.Et l’histoire, une discipline souvent trop ignorée, enseigne que l’ingérence politique est ordinairement qualifiée négativement.Le Devoir LE DEVOIR JACQUES NADEAU, LE DEVOIR PRIX JACQUES- ROUSSEAU Isabelle Peretz allie musique et connaissance Page 2 PRIX URGEL-ARCHAMBAULT Yoshua Bengio est derrière l’intelligence de l’intelligence artificielle PRIX DESJARDINS ET RESSOURCES NATURELLES Shanie Leroux, Adolfo Agundez Rodriguez et Julien Béguin sont déjà des experts Page 2 PRIX ANDRÉ-LAURENDEAU Claude Panaccio relit les textes médiévaux PRIX LÉO-PARISEAU Michel J.IVemblay traque le VIH Page 3 PRIX ADRIEN-POULIOT Alain Caillé relie la France au Québec PRIX MARCEL-VINCENT Suzanne Rivard entre l’ordinateur et l’utilisateur PRIX MICHEL-JURDANT Jean-Guy Vaillancourt est un écologiste de la première heure Paged PRIX J.- ARMAND- BOMBARDIER Roger Lecomte porte son regard sur les scanners Page 6 f 4 V I- K l> K V I K .LES S M E I) I 10 ET DIMANCHE II OCTOBRE 2 0 0 9 G 2 ACFAS Prix Urgel-Archambault Une « recette magique » enfouie dans notre cerveau Si vous vous inquiétez de ce que votre ado passe son temps devant son ordi, rassurez-vous: ii suit peut-être les traces de Yoshua Bengio.Et aujourd’hui, l’étudiant de ce temps reçoit le prix Urgel-Archambault pour souligner son travail sur l’intelligence artificielle.CLAUDE LAFLEUR Cette sommité en intelligence artificielle a passé sa jeunesse devant un Apple II.«C'était avant Pacman, se rappelle en riant Yoshua Bengio, et on programmait tout en basic!» Néanmoins, il lui a fallu atteindre les études de maîtrise pour enfin trouver sa voie.«Je savais que l'informatique m’intéressait vivement, mais c’est quelque chose qui a dû mûrir dans ma tête, commente-t-il Ce n’est que lorsque j’ai lu des articles traitant des réseaux de neurones, alors que je faisais ma maîtrise, que ç’a été le coup de foudre: l’intelligence artificielle et le cerveau, voilà qui m’a fait craquer!» Après avoir terminé ses études doctorales à l’Université McGill puis postdoctorales au MIT de Cambridge près de Boston, Yoshua Bengio est devenu professeur au département d’informatique et de recherche opérationnelle de l’Université de Montréal.H est en outre chef du Labo- ratoire d’informatique des systèmes adaptatifs et dirige deux chaires de recherche.En quête de la «formule magique» Aujourd'hui encore, Yoshua Bengio conserve son rêve de jeunesse.«J’ai l’impression qu’il y a me sorte de “recette magique’’ enfouie quelque part dans notre cerveau et qui nous permet de faire quantité de choses extrêmement dif férentes, dit-il.On est capable d’apprendre à résoudre des problèmes entièrement nouveaux.» Ce chercheur a donc pour ambition de comprendre les principes de l’apprentissage qui donnent lieu à l’intelligence.«Cela touche à qui nous sommes et, en même temps, c’est peut-être quelque chose qu’on a en commun avec d’autres ères vivants et qu’on pourrait même partager avec des êtres artificiels qu’on créerait.» Il cherche donc à comprendre cette «recette magique» du cerveau et à la reproduire dans une machine.«Lorsque je dis “ma- gique”, on s’entend que c’est un qualificatif émotionnel, nuance-t-il.Je ne pense pas qu’il s’agisse de magie.R s’agit plutôt de quelque chose qui semble magique et que je cherche à comprendre.» «C’est une capacité présente dans notre cortex, précise-t-il, une recette générale qui s’applique à tous nos sens — vision, audition, etc.— qui nous permet de résoudre toutes sortes de problèmes.» Après avoir trouvé cette recette, Yoshua Bengio espère l’appliquer à des ordinateurs qui deviendraient capables de résoudre une foule de problèmes complexes.Déjà, les travaux qu’il réalise mènent à d’importantes applications concrètes, notamment la reconnaissance de l’écriture manuscrite par des machines.«Au début des années 1990, nous avons développé un produit qui sert à présent à traiter 10 % de tous les chèques qui transigent dans les banques d’Amérique du Nord, dit-il.Donc, les recherches fondamentales que je fais servent, ce qui est très motivant!» Cerveaux informatiques Ces dernières années, ses collègues et lui ont élaboré une nouvelle démarche en matière d’apprentissage machine.«Nous nous basons sur l’idée que, pour SOURCE ACFAS Yoshua Bengio arriver à construire des machines capables d’accomplir des tâches complexes, il faudrait que celles-ci fonctionnent selon plusieurs niveaux d’abstraction successifs», d’expliquer le spécialiste.Cette démarche s'inspire directement du fonctionnement de notre cerveau.Selon ce qu’ont observé les chercheurs, celui-ci analyse une situation quelconque selon des niveaux de plus en plus abstraits.«Dans notre cerveau, on a tendance à organiser hiérarchiquement nos idées, de telle sorte que les concepts plus complexes sont définis en termes plus simples», indique Yoshua Bengio.Pour qu’un ordinateur soit capable de se représenter quelque chose de complexe — par exemple, comprendre ce qu’il y a autour de lui — il faudrait qu’il effectue une série de traitements de plus en plus abstraits de ce qu’il perçoit «C’est donc dans cette direction que je travaille: comment l’ordinateur peut apprendre comme nous le faisons pour comprendre la réalité autour de lui en l’organisant de façon hiérarchique et selon plusieurs niveaux d’abstraction.» Or, justement, en 2006, les chercheurs en intelligence matricielle ont réalisé une percée remarquable qui permet désormais aux ordinateurs de travailler selon plusieurs niveaux d’abstraction.«Nous avons trouvé des algorithmes qui permettent d’accomplir des choses qu’on n’arrivait pas à faire auparavant, dit-il, ce qui nous donne l’espoir d’accomplir des progrès substantiels en intelligence artificielle.» Bientôt dans Google images Les recherches que mène Yoshua Bengio portent essentielle ment sur les mécanismes qui nous rendent capables de saisir la réalité autour de nous.«Dans notre tête, nous sommes comme de petits scientifiques qui construisent des modèles de la réalité, dit-il.Or quel est le mécanisme qui nous permet de faire cela?Et ce mécanisme pourrait-il être recréé à l’intérieur d’un ordinateur, afin que celui-ci puisse développer une représentation interne de la réalité?» On pourrait entre autres utiliser cette capacité pour mettre au point des machines capables d’extraire de l’information nous aidant dans toutes sortes de tâches complexes.Comme exemple d’utilités pratiques issues des recherches fondamentales qu’il réalise, Yoshua Bengio cite le cas du fameux moteur de recherche de Google.«Le défi pour Google, c’est de traiter des quantités phénoménales de données —les requêtes que nous adressons à son moteur de recherche — en des temps très courts.» Non seulement cette société utilise-t-elle les travaux de Yoshua Bengio, mais elle investit aussi dans ses travaux de recherche.Elle vient même de conclure un partenariat avec lui pour parfaire l’application Google images.«Des entreprises comme Google sont très heureuses que je fasse de la recherche fondamentale», souligne Yoshua Bengio avec toujours autant de passion.Collaborateur du Devoir Prix Desjardins et Ressources naturelles Des étudiants récompensés pour leurs projets engagés Une grande soif de savoir, des projets ambitieux et un dossier universitaire exemplaire, voilà ce qu’ont en commun Julien Béguin, Shanie Leroux et Adolfo Agundez Rodriguez.Ces trois étudiants se sont vus décerner, le 8 octobre dernier, un des prestigieux prix de l’Association francophone pour le savoir.ISABELLE BINGGELI Le prix Ressources naturelles a été attribué à Julien Béguin, actuellement au doctorat en sciences forestières à l’Université Laval.Ses recherches portent sur l’évolution de la forêt sur de très grands territoires.«Jusqu’à maintenant, les études sur ce sujet ont été faites à une échelle spatiale de 30 000 kilomètres carrés, explique-t-il.Mon but est de créer un modèle qui permettra de simuler la transformation de la végétation dans l’espace et dans le temps, mais cette fois à une échelle jamais atteinte au Québec, soit de 300 000 kilomètres carrés.» Concrètement, ces données permettront à M.Béguin de mieux évaluer des enjeux d’ordres écologique et économique, notamment la conservation du caribou, la création d’aires protégées et la définition de politiques alternatives plus performantes dans l’industrie forestière.«R y a assurément un compromis à trouver entre l’efficacité économique et le respect de la biodiversité, et cela, à travers les multiples scénarios d’aménagement forestier, ajoute avec enthousiasme le lauréat Avec mes recherches, je souhaite poser un regard nouveau sur ces problématiques.» SOURCE ACFAS Julien Béguin Prix Desjardins pour la maîtrise Shanie Leroux est un modèle d’engagement citoyen: stages, conférences, travail auprès d’or- ganismes communautaires, son travail depuis maintes années dans le rapprochement interculturel est notable.«Je vois un lien direct entre l'engagement et mes recherches, car tous deux ont des visées de changement social», dit celle qui reçoit le prix Desjardins pour la maîtrise.Son projet de maîtrise consiste à explorer le point de vue des Innus sur les relations entre autochtones et non-autochtones en milieu urbain.Sept-îles, d’où Mme Leroux revient tout juste d’une cueillette de données, était l’endroit indiqué pour étudier le phénomène.Sur une population de 25 000 habitants, cette ville compte plus de 1500 autochtones.Sa communauté innue, Uashat mak Mani-Ute-nam, est divisée en deux territoires, dont un est enclavé dans le territoire urbain.L’étudiante propose donc de cerner des mesures pour développer une citoyenneté plus inclusive.«Je trouve manquant le point de vue des Innus dans notre société, déplore-t-elle.Pourtant, lorsqu’on se penche sur les relations interculturelles, c’est d’abord aux relations interculturelles fondatrices qu’on devrait s’intéresser», fait-elle valoir.Consommation éthique Couronné par un prix Desjardins, le projet de recherche d’Adolfo Agundez Rodriguez, étudiant au doctorat, propose une réflexion sur la consommation éthique chez des élèves du primaire.Trop peu exploité, selon lui, cet enjeu de société mérite d’être approfondi.«Les enfants sont beaucoup plus aptes qu’on ne le croit à penser sur le monde en général, et ils influencent grandement les achats familiaux», souligne-t-il.Afin de développer la pensée critique des élèves, M.Agundez Rodriguez s’est donné pour objectif d’élaborer un matériel didactique sur la consommation éthique, de le mettre en œuvre et ensuite de l’évaluer dans les classes.«Il sera composé de courts romans ou de nouvelles traitant de consommation éthique, qui déclencheront par la suite des discussions chez les élèves.Le but n’est pas de leur dire quoi faire, mais bien de les faire réfléchir sur les enjeux abordés.» Pour le lauréat, le prix Acfas représente bien plus qu’une récompense académique.«C’est surtout une occasion de renouveler mon engagement envers la société, conclut-il.Pour moi, cet engagement, c’est de faire de la recherche en éducation.» Collaboratrice du Devoir Prix Jacques-Rousseau La musique avant toute chose La neuropsychologue Isabelle Peretz, qui a fait la preuve de l’existence bien concrète du «cerveau musical», reçoit le prix Jacques-Rousseau.MICHEL BÊLAI R Le cerveau est un objet d’étude fascinant.Et si certains chercheurs travaillent à mieux connaître, par exemple, les mécanismes de la mémoire ou encore le dosage, la nature et même le tracé des échanges électrochimiques qui quittent chaque milliseconde le vide synap- tique, Isabelle Peretz s’intéresse, elle, à la musique.«A la circuiterie bien particulière de notre cerveau qui ne sert que pour la musique», précise-t-elle au téléphone.Rencontre, trop brève, avec une ancienne guitariste classique devenue chercheure passionnée.Depuis plus de 25 ans, la fondatrice du Laboratoire international pour la recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS) est une pionnière de ce secteur de pointe, aux frontières des sciences cognitives, neurologiques et mu-sicologiques.Ses travaux et ses publications ont littéralement donné naissance au secteur: ses recherches ont montré que la musique, en plus d’être un art, est un langage en soi, une façon de communiquer propre aux êtres humains, bref, une composante de base de l’expérience cognitive humaine.Si la chose peut sembler évidente à tous les amateurs de musique, la contribution d’Isabelle Peretz aura d’abord été de démontrer scientifiquement les fondements biologiques, neurologiques et même génétiques d’une telle affirmation.Elle fut ainsi la première à défendre l’idée que le cerveau dispose de réseaux corticaux spécialisés permettant de percevoir et de goûter la musique; en fait, de «modules» bien précis, différents de ceux du langage et situés dans une zone particulière du cortex cérébral.Pour y arriver, elle a conçu une série de tests s’adressant tout autant à des musiciens qu’à des sujets non musiciens et a publié ses résultats dans une série d’articles sur la reconnaissance et le traitement des mélodies par le cerveau humain; ses conclusions furent peu après confirmées par les développements de la neuro-imagerie.Isabelle Peretz s’est ensuite occupée d’étendre les bases empiriques de son champ de recherche en travaillant avec • » < SOURCE ACFAS Isabelle Peretz des patients qui lui permirent de démontrer, entre autres, que le dysfonctionnement du module musical est à la base du phénomène de l’amnésie musicale ou amusie, un «trouble neurologique caractérisé par l’incapacité à identifier ou à reproduire des sons musicaux».Approfondissant encore plus cette découverte, elle a ensuite mis en relief le syndrome d’amusie congénitale.C’est dans ce secteur précis des fondements génétiques de l’amusie et des possibilités d’intervention que s’effectuent aujourd’hui une bonne partie de ses travaux de recherche.Mais elle travaille aussi dans un tout nouveau champ, qui est celui de la réponse esthétique émotionnelle.Tout pour BRAMS Isabelle Peretz a toutefois le triomphe modeste.Même si elle a réussi à démontrer que les capacités musicales du cerveau — que Darwin voyait comme un simple outil de stimulation d’ordre sexuel — marquent une étape importante de l’évolution de l’homme, elle déplore ne plus avoir le temps de jouer de son instrument.Elle souligne aussi que ce qui l’occupe le plus, c’est son «bébé», le BRAMS, fondé en 2005, avec son complice de l’Université McGill, Robert Zattore.L’importance de ses travaux et de ses découvertes a fait se canaliser là d’importants projets de recherche, financés par des organismes comme l’Institut de recherche en santé, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, le Fonds de recherche en santé, nature et technologie du Québec et même le Human Frontier Science Program.Laboratoire multidisciplinaire unique au monde, où on retrouve à parts égales des chercheurs de l’Université de Montréal et de l’Université McGill, le BRAMS entretient des liens avec une foule d’universités et d’instituts de recherche en tout genre.C’est en fait une véritable ruche, qui attire déjà dans ses nouveaux locaux les plus grands spécialistes étrangers et où travaillent 25 chercheurs à temps plein et plus de 80 étudiants, du bac au post-doc.On aura une petite idée de l’ampleur de tout cela en consultant le site Internet www.brams.org.On saisira là encore plus pourquoi la prestigieuse revue Science a dit d’Isabelle Peretz que son travail avait «fondamentalement changé notre compréhension de la façon dont le cerveau analyse et traite la musique».Le Devoir Félicitations à Claude Panaccio L’UQAM est fière de compter dans ses rangs le professeur Claude Panaccio, lauréat du prix André Laurendeau.Médiéviste, professeur au Département de philosophie et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en théorie de la connaissance, Claude Panaccio apporte une contribution remarquable au développement du savoir et à la formation de la relève.L’effet UQÀM 4 t L E I) E V OIK, L E S S A M EDI 10 E T l> I M A X 0 HE II 0 (' T 0 B K E > 0 0 !l (i ‘> f > Prix André-Laurendeau « Je suis de la génération des années 1960 » Professeur et titulaire d’une chaire de recherche du Canada à l’Université du Québec à Montréal, Claude Panaccio met en relation des idées d’auteurs médiévaux et des théories philosophiques contemporaines du langage, de la connaissance et de l’esprit.L’Acfas vient de lui décerner le prix André-Laurendeau en sciences humaines.KRlGITTE SAINT-PIERRE Claude Panaccio s’intéresse à la pensée d’auteurs médiévaux depuis une quarantaine d’années.Après avoir obtenu une maîtrise en philosophie, il s’inscrit à un programme de maîtrise en sciences médiévales, puis il obtient un doctorat dans la même discipline.Il voit dès lors un intérêt à la fois historique et théorique dans l’étude de textes médiévaux.«Je trouvais là des idées qui me semblaient, et me semblent toujours, pertinentes philosophiquement aujourd’hui, des idées sur le langage, sur l’esprit, sur le monde en général», indique le professeur au département de philosophie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).Le professeur Claude Panaccio est à la fois un médiéviste de renom et un philosophe très respecté.Dans les années 1970, il s’intéresse à l’analyse et à la justification du discours moral, à sa signification et à sa pertinence en l’absence d’un fondement religieux ou métaphysique.Il travaille par la suite sur le phéno- mène de l’idéologie et codiri-ge un ouvrage sur cette question en 1984.Il s’interroge plus tard sur la connaissance que nous pouvons avoir des phénomènes linguistiques et sociaux et apporte des contributions à l’épistémologie des sciences humaines, comme le rapporte le recteur de l’UQAM, Claude Corbo.Parallèlement à ses travaux de recherche, M.Panaccio s’engage dans l’animation du milieu philosophique québécois et canadien.Il est l’un des fondateurs de la Société de philosophie du Québec et s’y investit beaucoup dans les années 1970 et 1980.«Je suis de la génération des années 1960, où il allait de soi qu’un intellectuel ou un philosophe devait s’engager d’une façon ou d’une autre dans la vie sociale», dit le philosophe et historien de la philosophie médiévale.«Moi, j’ai conçu mon propre engagement comme un engagement dans le milieu philosophique», poursuit-il.M.Panaccio souhaite alors favoriser à la fois les échanges et la «qualité académique».Il devient plus tard directeur francophone de Dialogue, la revue de l’Association canadienne de philosophie, une fonction qu’il occupe de 1991 à 2003.Au cours des années, il organise de nombreux congrès.De 1974 à 2004, il est professeur au département de philosophie à l’Université du Québec à Trois-Rivières.En 2004, il obtient la Chaire de recherche du Canada en théorie de la connaissance à l’UQAM et se joint alors au département de philosophie de cet établissement.En septembre dernier, il est nommé membre de la Société royale du Canada.Il est spécialiste tant de la philosophie médiévale que de la philosophie contemporaine de l’esprit, du langage, de la logique et de la connaissance.Nominalisme et reconstruction Au fil des ans, Claude Panaccio acquiert une reconnaissance internationale, en particulier pour ses travaux sur Guillaume d’Ockham, auteur nominaliste du XIV siècle.«Le nominalisme est une conception du monde selon laquelle il n’existe réellement dans l’univers que des entités singulières, que des individus comme vous, moi, cette table, un cheval, et pas de nature commune», explique le professeur de l’UQAM.Pour les nominalistes, il n’y a pas, par exemple, de nature humaine au-dessus des individus, ni d’entités abstraites comme les nombres, mentionne-t-il.Cette position «est revenue à l’avant-scène de la [s* '~- SOURCE ACFAS Claude Panaccio réflexion philosophique dans les dernières décennies, depuis un demi-siècle à peu près», ajoute le philosophe et historien de la philosophie médiévale.En 1992, Claude Panaccio fait paraître Les Mots, les concepts et les choses.La sémantique de Guillaume d’Oc-cam et le nominalisme d’aujourd’hui.Dans cet ouvrage, il reformule dans un langage philosophique d’aujourd’hui des thèses de cet auteur du XIV siècle.«Ce que j’ai essayé de faire, c’est de mettre cette théorie reconstruite en dialogue avec un certain nombre de philosophes récents», dit-il, mentionnant Nelson Goodman, Donald Davidson et Jerry Fodor.Des médiévistes contemporains, dont Alain de Libera, professeur à l’Université de Genève, estiment qu’il existe ainsi une «méthode Panaccio».Le professeur de l’UQAM a en effet beaucoup été associé à la notion de reconstruction.«J’appelle “reconstruction” la nouvelle mise en forme à laquelle l’historien de la pensée se livre pour rendre accessible à ses contemporains la pensée de quelqu’un d’une autre époque», explique-t-il.Selon lui, tous les historiens de la pensée en font, à divers degrés.Deux contraintes sont associées à la reconstruction, explique M.Panaccio.La première est celle de la fidélité, c’est-à-dire la nécessité de ne pas trahir l’auteur ancien.La deuxième est celle de la pertinence par rapport aux lecteurs d’aujourd’hui.«Selon qu’on insiste davantage sur la pertinence, par exemple, ou sur la fidélité, on peut être amené à mettre davantage en évidence certains aspects de la théorie originale plutôt que certains autres», indique le professeur.M.Panaccio dit avoir fait, pour sa part, de la reconstruction de façon très consciente, dans un objectif de mise en dialogue.«Dans la mesure où c’est fait avec tout le respect dû aux exigences du travail d’historien, cela permet de dépoussiérer des théories qu'autre-ment on a tendance à enfermer dans des musées», estime-t-il.Selon lui, cette mise en dialogue est éclairante sur les plans à la fois historique et philosophique.Travaux ultérieurs En 1999, Claude Panaccio fait paraître Le Discours intérieur.De Platon à Guillaume d’Ockham.Il obtient pour cet ouvrage le prix Grammatica-kis-Neumann, de l’Académie des sciences morales et politiques de l’Institut de France, et le prix Nicholas Hoare-Re-naud-Bray, de l’Association canadienne de philosophie.En 2002, le Conseil des arts du Canada lui décerne une bourse de recherche Killam.Et il publie en 2004 Ockham on Concepts, pour lequel il reçoit le Prix du livre de l’Association canadienne de philosophie.Depuis quelques années, il explore le lien entre le nominalisme médiéval et l’externa-lisme, une position défendue par plusieurs auteurs depuis les années 1970.Le professeur Claude Panaccio indique que l’externalisme est le concept selon lequel le contenu de ce que nous disons, voire de ce que nous pensons, ne dépend pas seulement de ce que nous avons dans l’esprit, de ce qui est à l’intérieur de nous, mais aussi d’éléments extérieurs.«Ce dont je me suis rendu compte au fil de mes lectures sur le XIV’ siècle, c’est qu’il y a une tendance externa-liste assez forte chez certains, notamment chez Guillaume d’Ockham», mentionne-t-il.Collaboratrice du Devoir Prix Léo-Pariseau Le VIH traqué ! ri Inspiré par deux maîtres qui l’ont guidé dans sa carrière de chercheur, Michel J.Tremblay a pris en chasse le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), qu’il traque depuis les années 1980.Il s’est parallèlement penché sur le système immunitaire pour mieux connaître les méfaits de l’ennemi sur ses victimes.Il est en quête du vaccin et de la thérapie qui pourraient sauver un grand nombre de vies et enrayer une pandémie qui cause des ravages à l’échelle mondiale.REGINALD HARVEY Michel J.Tremblay obtient un diplôme d’études collégiales en sciences de la nature au Cégep de Jonquière, avant de dénicher un emploi chez Iron Ore, à Sept-îles, et de voyager en Amérique durant quelques mois: «J’ai travaillé là-bas durant un an et je ne me voyais pas faire cela durant toute ma vie, parce que je trouvais que c'était routinier.» Il décide donc de retourner aux études et complète un bac en biologie à l’Université du Québec à Chicoutimi.Diplôme en poche, il souhaite alors devenir un biologiste de terrain et se rend dans le nord de l’Alberta pour travailler à l’identification des oiseaux; il devient une sorte d’ornithologue: «Je me suis rendu compte, en ce début des années 1980, que, dans l’exercice de ces fonctions, on obtenait seulement du travail à contrat de courte durée, à gauche et à droite.» Il abandonne la profession et part en Asie pour quelques mois.De retour, il s’attaque à une maîtrise en virologie à l’Institut Armand-Frappier, interpellé qu’il est par cette science: «Après mes études de 1982 à 1984, je n’étais toujours pas certain de vouloir continuer dans ce domaine-là.» Il accepte finalement un emploi au laboratoire de diagnostic viral de l’Hôpital de Montréal pour enfants, où il fait la rencontre du docteur Mark Wainberg, un des scientifiques les plus reconnus sur la scène mondiale en matière de VIH et de sida, dont les travaux portent sur les mécanismes de résistance aux drogues; il développe des atomes crochus avec cet homme.Le «rétrovi-rologiste» célèbre se rend régulièrement au labo à titre de consultant; il finit par le convaincre de se joindre à son équipe: «Chaque fois qu’il venait à l’hôpital, il insistait pour que je poursuive mes études.J’ai décidé de faire le grand saut et de commencer mon doctorat dans son laboratoire.» \ A la poursuite du VIH.Michel J.Tremblay entreprend alors sa véritable carrière: «C’était en janvier 1986 et c’est à ce moment que j’ai vraiment eu la piqûre, parce qu ’il faut bien comprendre que le docteur Wainberg était probablement le seul à travailler sur le virus du sida à ce moment-là; ce virus a été découvert à la fin de 1983.Quand je suis arrivé, je me trouvais dans le seul laboratoire au Canada qui se penchait en recherche fondamentale sur ce dernier, et personne au pays n’avait encore réussi à l’isoler sans patient.Tout ce qu’on faisait se transformait en or à cette époque et toutes les idées qu’on avançait devenaient des publications; le milieu était en ébullition et c’était incroyable! Ce fut donc très propice et très utile pour moi, parce que je parvenais à lire en entier les 20 ou 25 articles qui se publiaient à ce sujet chaque semaine; j’étais comme une éponge et je m’imbibais de toute cette connaissance-là.» Il rend hommage au docteur Wainberg: «Je partageais sa façon de voir les choses et c’était une personne qui laissait beaucoup d’indépendance et d’autonomie aux gens qui étaient dans son labo; j’ai toujours adoré laisser libre cours à ma pensée et à mes idées.Grâce à lui, j’ai enfin trouvé ce que j’aimais faire: de la recherche.» Du virus au système immunitaire Il obtient son doctorat en 1989 et amorce immédiatement un stage postdoctoral: «Je suis demeuré à Montréal parce que j’avais deux enfants en bas âge et que ma conjointe occupait un emploi dans cette ville; elle était le soutien de famille à ce moment-là.Je suis allé à l’Institut de recherche clinique de Montréal, dans le laboratoire du docteur Rafick-Pierre Sékaly, un immunologiste de réputation internationale.» Il demeure à cet endroit pendant deux ans.Que retient-il de ce séjour?SOURCE ACFAS Michel J.Tremblay «Pendant mon doctorat, j’ai appris les rudiments de la ré-trovirologie, donc l’aspect viro-'ogique de l’infection ou du virus.Quand je suis arrivé chez Rafick, j’ai acquis des connaissances en immunologie, parce c’est un virus affectant le système immunitaire.Je me suis dit: maintenant que je connais bien le virus, je vais aller voir ce qui se passe sur le plan de la réponse immunitaire.Je voulais obtenir le patron complet de la pathophysiologie de l’infection.» Il ajoute: «J’ai appris auprès du docteur Sékaly à conduire une démarche scientifique; celui-ci possède une mémoire phénoménale et a une capacité de tisser des liens entre les différentes thématiques, entre les projets, etc.Il est extraordinaire.» Le cœur même de la recherche Il passe ensuite, en juillet 1991, de Montréal à Québec, où il accepte une offre de l’Université Laval pour devenir chercheur au Centre de recherche en infectiologie, dirigé par le docteur Michel Bergeron.Il se retrouve à la tête d’une équipe qui compte aujourd’hui 26 personnes.Michel J.Tremblay et ses collègues chercheurs centrent leurs activités sur cet axe de recherche: «La thématique qui a fait en sorte que mon laboratoire a été financé et que j’ai obtenu une certaine reconnaissance internationale porte sur l’incorporation de molécules de la cellule hôte dans le virus, dans le VIH.On sait que le virus, lorsqu’il va sortir d’une cellule infectée, va accaparer certains constituants de celle-ci; il va être entouré, entre autres, d’une enveloppe qu’il va emprunter à la cellule hôte.» Il poursuit plus à fond ses explications, avant d’en arriver à identifier le but de tels travaux: «Cela pourrait être utilisé entre autres sur le plan de la vaccination; cela pourrait l’être aussi sur le plan d’une thérapie éventuelle.» Récemment, le labo a reçu de l’argent frais qui servira à ces fins: «On a été financé pour développer une nouvelle démarche vaccinale, pour développer un vaccin contre le VIH.Il y a présentement trois ou quatre personnes qui travaillent là-dessus.On espère développer aussi de nou- velles démarches pour le traitement de l’infection, parce que mieux on connaît le virus, plus on est en mesure d’attaquer la cible et de percer les faiblesses de l’armure.Dans l’ignorance de l’opposant, il est difficile de passer à l’attaque.» Collaborateur du Devoir fait partie du programme Le Pr Roger Lecomte, spécialiste en imagerie moléculaire à la Faculté de médecine et des sciences de la santé, a reçu le prix J.Armand Bombardier, innovation technologique, pour le développement et l'exploitation de l'imagerie moléculaire préclinique à l’aide de la tomographie d'émission par positrons (TEP) L Umversite de Sherbrooke est très fière de compter dans sa communauté universitaire cet éminent chercheur et ce brillant étudiant qui par leur talent et l’excellence de leurs travaux contribuent à l’avancement des connaissances et à l’essor de notre société M.Adolfo Agundez Rodriguez, doctorant en éducation, à la Faculté d'éducation, a reçu le prix Desjardins, pour souligner l'excellence de son parcours et encourager la poursuite de ses travaux sur l'élaboration et la mise en oeuvre d'un matériel didactique en lien avec le dévelop pement de la pensée réflexive en éducation à la consommation éthique chez les élèves du primaire Félicitations! UNIVERSITE DE SHERBROOKE www.USherbrooke.ca I V.I) K V 0 1 R .L E S S A M EDI 10 E T l> I M A N C HE II OCTOBRE 2 O 0 9 (1 4 Prix Adrien-Pouliot L’homme des exposants de Caillé Alain Caillé n’aime pas l’ordinateur.Mais ce physicien a beau avoir découvert les exposants qui portent son nom en couchant sur papier formule après formule, il est aussi fort pour agir en solitaire que pour tisser des relations humaines.Les ponts qu’il a bâtis entre la France et le Québec lui valent aujourd’hui le prix Adrien-Pouliot AM ÉLIE DAOUST BOISVERT Alain Caillé, physicien à l’Université de Montréal, aime à croire que sa vie a changé en un instant, à l’automne 1970.«Cet au-tomneià, je vais en France pour la première fois.» La mi-vingtaine, sur le point d’empocher son doctorat sous la direction de Philippe Wallace, de l’Université McGill, il présente outre-mer les résultats de ses travaux en physique théorique.Atterrissage à Paris, train jusqu’à Grenoble.Au retour du congrès, le temps presse: il a rendez-vous le lendemain à Paris avec Pierre-Gilles de Gennes, un jeune chercheur très en vue.«]e décide de prendre l’avion.C’était un petit appareil à six places et je me mets à jaser avec le gars à côté de moi.On parle, on parle.c’était lui!, s’étonne-t-il encore./’cto/s décidé à aller travailler avec lui, je n’avais même plus besoin de ce rendez-vous.Le reste de ma vie a en quelque sorte été déterminé par ce moment précis, cet événement dans l’avion a changé mon existence.» Le printemps suivant il s’installe à Paris avec sa femme et leur bébé d’un an et se met à étudier une branche de la physique qu’il avait peu touchée au Québec: la mécanique des fluides.Il constate que, depuis des dizaines d’années, les scientifiques se cassent les dents sur une formule expliquant le comportement des cristaux liquides.Les cristaux liquides ont été découverts au XIX' siècle par un chimiste allemand, Friedrich Rei- SOURCE ACFAS Alain Caillé nitzer.Aujourd’hui, ils composent entre autres les écrans de nos téléviseurs et de nos ordinateurs.à «cristaux liquides».Dans son laboratoire praguois, Reinitzer tentait de déterminer le point de fusion du cholestérol — cette substance qui bloque les artères, mais qui est également essentielle aux cellules de notre corps.Il a beau recommencer son expérience, rien à faire, le même phéno- mène étrange se produit la sub-stance possède deux points de fusion! À 145,5 °C, le cholestérol cristallisé et solide fond en un liquide laiteux.Mais, surprise, à 178,5 °C, il devient clair.Avec son collègue allemand Otto Lehman, Reinitzer en vient à la conclusion qu’il existe, entre la phase solide cristalline et la phase liquide, une phase intermédiaire, ni solide, ni liquide.Il nomme «cristal liquide» cet état nouveau de la matière.Entre cette époque et celle où, 100 ans plus tard, Alain Caillé arrive en France, les scientifiques avaient conclu qu’il existait non pas trois phases de la matière — solide, liquide, gazeuse — comme ils le croyaient, mais également des phases intermédiaires.Toutefois, le siècle n’aura pas suffi à venir à bout de l’explication mathématique de ce phénomène.Cristaux nobélisés Dans les années soixante, Pier-re-Gilles de Gennes découvre des ressemblances frappantes entre les cristaux liquides, les supraconducteurs et les matériaux ma- gnétiques.Les cristaux liquides réagissent aux courants électriques et aux champs électromagnétiques, ainsi qu’à la température.C’est pourquoi nos ordinateurs portables n’aiment pas trop les froids sibériens ou les canicules: les cristaux liquides des écrans se rapprochent de leur état solide ou liquide et perdent leurs propriétés uniques.Les travaux de Pierre-Gilles de Gennes lui valent le prix Nobel de physique en 1991.C’est stimulé par son directeur de recherche qu’Alain Caillé plonge lui aussi dans cet univers surprenant «f aime les questions sans réponse, je m’y attaque, au risque de me tromper», explique-t-il en repensant à ce début de carrière qui allait être fulgurant.Un Noël, il s’attaque ainsi aux formules et trouve.Un exposant règle tout La théorie fonctionne.Peu de temps après, des laborantins confirment son intuition sur de vrais cristaux liquides et nomment sa découverte les exposants de Caillé.Une avancée importante publiée en français et à ce jour, la plus citée de sa carriè- re, qui a connu de nombreux autres succès.Mais cette découverte fait naître davantage qu’une carrière scientifique.Elle marque le début des longues relations entre le chercheur et la France.L’originalité des chercheurs du pays de nos ancêtres le séduit.«Ils ne veulent pas refaire ce qui a déjà été fait, c’ek ennuyant.» L’UQAM, l’Université de Sherbrooke: il revient au Québec après son doctorat, avant d’obtenir un poste à l’Université de Montréal, où il occupera jusqu’à la retraite de nombreuses fonctions, dont ceËe de vice-recteur à la recherche.Depuis 2005, il passe plusieurs mois par année à l’Institut Curie de Paris.Avec des médecins, il étudie les cristaux liquides biologiques, qui peuvent par exemple servir de nanovéhicule pour le transport de médicaments dans le cotps humain.Loin du physicien asocial, la force d’Alain Caillé est de rassembler des équipes fortes.La science, dit-il, «ça marche toujours par les personnes».Collaboratrice du Devoir Prix Marcel-Vincent Prix Michel-Jurdant Information pour tous Professeure en technologies de l’information et titulaire de la Chaire de gestion stratégique des technologies de l’information à l’Ecole des hautes études commerciales de Montréal (HEC), Suzanne Rivard a largement contribué, par ses recherches et ses écrits, à l’avancement dans le domaine de la gestion des technologies de l’information.La qualité de son travail, reconnue internationalement, lui vaut aujourd’hui le prix Marcel-Vincent.PIERRE VALLÉE Suzanne Rivard fait d’abord ses études collégiales en sciences pures, puis elle s’inscrit au baccalauréat en administration des affaires aux HEC.Pourquoi ce choix, en apparence contradictoire?«C’est parce qu’à cet âge, explique-t-elle, j’hésitais.J’étais attirée par le côté formel des sciences pures, mais j’étais aussi attirée par la dimension humaine que l’on trouve dans les sciences humaines.En administration des affaires, j’y retrouvais ces deux aspects.D’un côté, l’aspect formel avec les maths, l’économie et les statistiques; et de l’autre côté, l’aspect humain avec la gestion du personnel, la psychologie industrielle et le marketing.» En 1975, elle obtient sa maîtrise en administration des affaires, puis elle s’inscrit au doctorat à l’Université Western Ontario.C’est alors qu’elle s’intéresse de façon particulière aux technologies de l’information et qu’elle obtient, en 1983, son doctorat en systèmes d’information.Sa thèse de doctorat porte sur les utilisateurs de {’informatique.«Auparavant, les technologies de l’information appartenaient aux seuls informaticiens.Mais tout cela a changé avec l'apparition des micro-ordinateurs.» Gestion des systèmes Tout au long de sa carrière, Suzanne Rivard a mené de nombreux projets de recherche sur plusieurs aspects de la gestion des technologies de l’information.Elle s’est particulièrement intéressée, ces dernières années, à l’évaluation et à la gestion du risque dans l’implantation des systèmes d’information.«Le risque varie selon le projet.Prenons, par exemple, la taille du système d’information.Plus il y a d’informations et plus il y a de personnes qui les utilisent, plus le système est complexe.Le lieu aussi compte.Il est plus facile d’implanter un système rejoignant 10 000 utilisateurs dans un seul lieu qu’un système rejoignant le même nombre d’utilisateurs mais en plusieurs lieux.L’utilisation d’une technologie nouvelle peut aussi faire augmenter le risque.» Que doit-on faire pour minimiser ce risque?«Dès la conceptualisation d’un projet, il faut déjà préciser les éléments qui pourraient être un risque et prévoir le mécanisme à mettre en place pour l’éviter, poursuit-elle.Mais, comme il y a de multiples possibilités d’utilisation des technologies de l'information, il faut aussi bien cerner ce que l’entreprise veut faire.Avant de se lancer dans toutes sortes d’applications, il faut donc d’abord bien définir son alignement stratégique.» Dans le même ordre d’idées, Suzanne Rivard s’est aussi penchée sur le cas de l’impar-tition, par une entreprise, de son système d’information.«Cela se décide évidemment au cas par cas, mais parfois l’impartition est le choix le plus efficace.Par ailleurs, dans la vie de tous les jours, nous faisons tous de l’impartition.Par exemple, je laisse à d’autres la fabrication du beurre que je consomme.Par contre, il faut s’assurer de bien gérer l’entente d'impartition.Il faut tenir compte de la culture des entreprises.Par exemple, qu’est-ce que le client et le fournisseur entendent par “rapidement’’?» La résistance à l’implantation des technologies de l’information est un autre sujet qu’elle a étudié.«La résistance se produit chez l’utilisateur lorsqu’il perçoit une menace et se sent insécurisé.» Partager ses connaissances Suzanne Rivard s’est aussi distinguée par le nombre et la SOURCE ACFAS Suzanne Rivard - ;gj ; qualité des articlesqu’elle a publiés dans de nombreuses revues scientifiques, dont la prestigieuse revue MIS Quar-tely, qui lui a attribué en 2005 son Prix de l’article de l’année (Paper qf the Year Award).«J’adore écrire.Lorsque j’entreprends un projet de recherche, j’ai hâte à la période de rédaction, parce que rédiger est un immense plaisir.J’ai même du plaisir à écrire la base théorique de mes recherches.» L’enseignement et le contact avec les étudiants sont aussi des sources de satisfaction.«J’aime discuter avec mes étudiants et essayer de bien les outiller.» Elle tient aussi à sortir du cadre universitaire et à se rapprocher des entreprises et des organisations, pour lesquelles elle agit parfois à titre de conseillère.«Je m’intéresse aux problèmes qui occupent les entreprises et les gestionnaires.Ce que ces derniers me disent alimente ma recherche.» Ce désir de marier la recherche universitaire au côté pratique de l’entreprise ne date pas d’hier.En fait, il a coloré toute sa carrière.«Le premier jour de mon doctorat, le recteur nous a adressé la parole.Il nous a dit que, si la recherche que nous voulions entreprendre n’était pas pertinente pour l’entreprise, elle n’était pas pertinente pour son école.Et cela correspondait précisément à ce que je voulais faire.» Collaborateur du Devoir « Le mouvement vert est partout » Après la philosophie et la sociologue, rien ne prédestinait Jean-Guy Vaillancourt à rayonner dans le domaine de l’environnement.Il a pourtant pris le virage dans les années 70, au moment où le mouvement vert émergeait.Véritable précurseur, il a énormément travaillé sur le concept de développement durable et sur le rapport entre la société et l’environnement.Son apport a été si important que l’Acfas lui a décerné le prix Michel-Jurdant 2009.MARTINE LETARTE Sans intégrer, par exemple, les femmes ou les populations des pays du tiers-monde, il ne peut y avoir de développement durable», affirme Jean-Guy Vaillancourt, professeur retraité du département de sociologie de l’Université de Montréal.Au cours de sa carrière, qui dure depuis une quarantaine d’années, il a beaucoup écrit sur le concept de développement durable, démontrant notamment l’importance du volet social, souvent laissé dans l’ombre des volets économique et écologique.Il a notamment été influencé par Pierre Dansereau, homme qu’il qualifie de «mentor».En publiant, en 1981, le numéro spécial de Sociologie et sociétés qui contient notamment son article sur les origines du mouvement vert québécois, Jean-Guy Vaillancourt devient un véritable expert en la matière.Le chercheur introduit au Québec et au Canada, en 1982, le concept d’écosocio-logie, qui s’intéresse au rapport entre la société et l’environnement, avec Mouvement écologiste, énergie et environnement.Essais d’écosociologie, qui comprend 25 chapitres sur lesquels il a travaillé pendant 10 ans.L’énergie a d’ailleurs été, tout au long de sa carrière, un thème de recherche important.«J’ai entre autres classifié les différentes sources d’énergie, de la plus polluante à la moins polluante», indique celui qui milite toujours activement contre l’énergie nucléaire.Au milieu des années 80, le chercheur se penche sur les liens unissant l’environnement et la paix.S’il a longtemps donné un cours sur l’écosociologie à l’Université de Montréal, il fut aussi invité par l’UQAC, l’Université Laval, l’Université Bishop et l’UQAM.Un parcours atypique Jean-Guy Vaillancourt travaille d’arrache-pied depuis le début de sa carrière pour la cause écologiste, mais, au cours de ses études, rien ne laissait deviner une telle orientation.Après avoir fait son cours classique à l’Université de Sudbury et deux années d’études en philosophie chez les jésuites, il entreprend un baccalauréat en sciences sociales à l’Université grégorienne, à Rome.Il prend ensuite la route de Berkeley, où il complète un doctorat en sociologie à l’Université de la Californie.«C’est là que j’ai découvert la vie intellectuelle, le militantisme et l’écologie», précise M.Vaillancourt.C’est pourtant dans le domaine de la sociologie des religions, et plus particulièrement sur le pouvoir du Vatican, qu’il a choisi de faire sa thèse.C’est aussi la sociologie des religions qu’il a enseignée à son arrivée à l’Université de Montréal, en 1969.«Rapidement, j’ai compris que peu de gens s’y intéressaient.Toutefois, le mouvement vert commençait et prenait de plus en plus d’importance.Je trouvais ça intéressant et je sentais que ce ne serait pas une mode, que ça durerait», indique Jean-Guy Vaillancourt.Il aurait difficilement pu miser plus juste.Le chercheur a écrit une trentaine de livres et de numéros spéciaux de revue, en plus de rédiger une centaine d’articles et de recensions de volume.Il a dirigé de nombreux étudiants à la maîtrise et au doctorat et, encore aujourd’hui, il collabore avec plusieurs d’entre eux pour la rédaction d’articles scientifiques et de livres.«C’est très important pour moi de donner une chance aux jeunes, de travailler de façon intergénérationnelle et interdisciplinaire», affirme-t-il.Ainsi, s’il est un retraité de l’enseignement, Jean-Guy Vaillancourt est toujours très SOURCE ACFAS Jean-Guy Vaillancourt actif comme chercheur.Il a dirigé dernièrement, avec René Audet et Corinne Gendron, le collectif des auteurs du livre intitulé Développement durable et responsabilité sociale, qui sera publié prochainement par les Presses internationales Polytechnique.Au fil des ans, le professeur a été appelé à aller enseigner à l’Université du Minas Gerais, au Brésil, et à l’Université d’architecture de Hanoï, au Vietnam.«C’est intéressant de voir à quel point le mouvement vert est partout.Les pays du tiers-monde sont gravement affectés par les problèmes écologiques», indique M.Vaillancourt.Il a aussi participé au Sommet de la Terre de Rio, en 1992, et à celui de Johannesburg, en 2002.La grande carrière de M.Vaillancourt, ses nombreuses publications et ses contacts dans des universités situées aux quatre coins du monde ne l’empêchent toutefois pas de s’engager dans la vie citoyenne de sa région et de faire des gestes concrets pour l’environnement.Conseiller municipal responsable, de 1976 à 1980, du dossier de l’environnement à Dunham, où il possède une maison de campagne, membre du conseil d’administration du Groupement forestier du Haut-Yamaska depuis 1993, il en est devenu le président en 2007, lorsqu’il a pris sa retraite de l’enseignement «J’essaie d’orienter l’aménagement des terres vers quelque chose de plus rationnel, vers un développement durable», explique-t-il.Collaboratrice du Devoir PRIX d’excellence de l’association des doyens des ÉTUDES SUPÉRIEURES AU QUÉBEC (ADESAQ) EN COLLABORATION AVEC LES TROIS FONDS QUÉBÉCOIS DE RECHERCHE Les Fonds québécois de recherche offrent leurs félicitations aux lauréats de l’édition 2009 pour la meilleure thèse de doctorat dans leur secteur de recherche respectif SCIENCES DE LA SANTÉ Madame Anne Gallagher Université de Montréal ' Colloques scientifiques et activités spéciales: 2 novembre 2009 > Communications libres: 30 novembre 2009 Règlements et formulaires disponibles sur www.acfas.ca Association francophone pour le savoir Développement économique, Innovation et Exportation __ __ Québec un t+EC MONTREAL C($>f ÉCOLE MONTRÉAL Université fHî de Montréal r
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