Le devoir, 13 août 2005, Cahier G
LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AOÛT 2 0 0 5 ^ LE DEVOIR Education Rentrée scolaire ECOLE QUEBECOISE A Etre un modèle à l’échelle internationale Page 2 PETITE ENFANCE Le réseau fourbit ses armes Page 5 Des étudiants de l’UQAM, au printemps dernier, lors d’un vote de grève.JACQUKS NADKAU I K I)|:V()IH C’est reparti.Si l’on croyait que les difficultés connues lors de la dernière année scolaire étaient maintenant choses du passé, il faut perdre nos illusions: le premier ministre du Québec, Jean Charest, s’est chargé de remettre les pendules à l’heure.Retour en Au moment où la Commission-Jeunesse du parti au pouvoir adoptait ce qu’elle considère comme une attitude responsable, soit de proposer avec force le «dégel» des frais de scolarité et, ce faisant se mettait à dos les fédérations étudiantes, qu’elles soient collégiale ou universitaire, le chef du Parti libéral s’est fendu d’une déclaration remarquée.Il a donc demandé à sa fonction publique, et à ses représentants, d’adopter une position qu’U qualifie de «responsable»: dans son esprit il n’est point d’autre voie que celle de continuer à lier, dans le cadre des négociations futures, équité et rattrapage, quand il est question de la masse salariale.Il faut aussi se souvenir des propos du ministre des Finances lorsqu'il a vu fa justesse de réclamer quelques milliards supplémentaires à Ottawa, donnant ainsi suite à une suggestion des FEUQ et FECQ.Dans 1a foulée, il a insisté pour dire que, d’une certaine façon, de telles sommes seraient déjà affectées à des dépenses prévues dans des secteurs autres que celui de l’Education.De déclaration en déclaration, on comprend donc quelles sont les priorités de l’Etat québécois.Négociations Dans le milieu collégial, le corps enseignant se questionne: quel automne connaitra-t-on?S 1a réforme Reid n’est plus un sujet de discussions (qui se souvient de ce Forum tenu dans l’urgence en juin 2004?), les professeur(e)s qui avaient opté au printemps dernier pour quelques jours de grève s’attendent pour la grande majorité d'entre elles et eux à se retrouver sur le pied dç guerre quand sera vraiment enclenchée avec l'Etat la grande ronde des pourparlers pour l’ensemble de fa fonction publique.Et comme si cela ne suffisait pas, est-il possible de croire que tous ces étudiants et étudiantes qui ont porté à bout de bras les différentes ASSE, ces associations considérées comme indésirables par le ministre Fournier, que cette population scolaire acceptera maintenant de se retrouver à la case départ après des semaines, des mois de grève, toutes leurs demandes étant ainsi balayées du revers de la main?Et le secteur coDégial n'est pas le seul aux prises avec des considérations financières.Le gouvernement veut aussi convaincre le monde de 1a petite enfance d’adopter «sa» solution, ceUe qui permet- trait de toujours faire plus avec moins.Dans ce secteur aussi, les mandats de grève ont déjà été reçus par les centrales syndicales.Pour les autres niveaux scolaires, il est aussi une centrale pour rappeler qu’un «plan de résistance» est déjà en place et que 1a seule question qui demande réponse est celle de déterminer le moment de sa mise en place.L’automne, à l’exemple de l’été, sera donc chaud au Québec: un tel état de fait, toutefois, ne pourra être imputable à la situation climatique.Endettement : privé ou public ?L’enjeu actuel est politique: quel est le rôle de l’Etat?A quelques millions près, il n'est pas question de couper dans les dépenses qu’impose le monde de l’éducation.Il y aurait accord pour dire que les milliards sont nécessaires pour assurer une bonne formation générale, formation qui s’impose d’autant plus en ces temps de mondialisation, quand le savoir est devenu une nécessité afin de garantir la présence d’une qualité économique dans une région donnée du monde.Non, le problème est ailleurs: à qui refilera-t-on fa facture?Le néolibéralisme voudrait qu’on élimine les impôts directs pour donner une plus grande capacité de dépenser aux citoyens: ils pourraient ainsi payer eux-mêmes leurs frais de santé ou d’éducation qui, aüleurs, sont assumés par les divers ordres de gouvernement Au bout du compte, personne n’est gagnant, sauf ceux qui se sont enrichis grâce aux diverses privatisations rendues possibles, voire nécessaires, au nom de 1a liberté de choix du citoyen consommateur.On préfère dans un tel système l’endettement individuel à l'endettement collectif: cela permet aux divers Etats de déposer de meilleurs bilans, démontrant ainsi une responsabilité confirmée de gestionnaires.Quant aux classes moyennes, elles continuent de faire ce qu’elles ont toujours fait: payer les factures.Les autres, les pauvres, paieront à leur façon leur manque d’ambition! Le Québec au pouvoir se veut néolibéral.Faudra-t-il une guerre, interne, entre les citoyens et le pouvoir central, pour que l’Etat accepte de délier les cordons de sa bourse?Normand Thériault Dans le milieu collégial, le corps enseignant se questionne : quel automne connaîtra- t-on?i r * JACQUES NADEAU LE DEVOIR À quelques millions près, il n’est pas question de couper dans les dépenses qu’impose le monde de l’éducation.Le problème est ailleurs: à qui refilera-t-on la facture ?SECONDAIRE Réforme Page 2 CONSEIL SUPÉRIEUR Priorités Page 3 CÉGEPS De Gaspé à Rouyn Page 4 UNIVERSITÉS Inscriptions Page 6 LE U E V O I R .LES SAMEDI I :i ET DIMANCHE II AO l T 200 r> (i 2 RENTREE SCOLAIRE École québécoise Etre un modèle à l’échelle internationale «Former une personne autonome dans un monde où l’apprentissage et le changement sont constants» Enclenchée au primaire depuis quelques années, la réforme scolaire qui, par ailleurs, fait son entrée au premier cycle du secondaire cet automne, a doté le Québec d’un nouveau modèle d’école.À quoi ressemble ce modèle et quelle est la philosophie qui le sous-tend?Et comment se compare-t-il à ce qui se fait dans le reste du monde?.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Au Québec, on compte trois cycles au primaire et deux au secondaire.Le but visé est d’allonger l'apprentissage dans le temps, ce qui permet de mieux encadrer l’élève et ainsi d'éviter les redoublements.PIERRE VALLÉE D* entrée de jeu, Marguerite Rioux-Dolan, directrice générale de la formation des jeunes au ministère de l’Éducation, explique que la réforme scolaire québécoise ne s’est pas réalisée en vase clos puisqu’elle s’inscrit dans un courant international.«Ce sont des études publiées par l’UNESCO et l’OCDE au début des années 1990 qui ont donné le coup d’envoi à une réflexion sur l’école dans la plupart des pays industrialisés.» Une réflexion qui, tant en Europe qu’en Amérique, porte à peu près sur les mêmes enjeux.D’une part, il y a la volonté de contrer le décrochage scolaire, de favoriser la réussite et d’augmenter le nombre de diplômés.D’autre part, il y a l’adaptation de l’école à de nouveaux défis socioculturels.«La mondialisation de l’économie, la pluriethnicité de nos sociétés, l’importance des technologies nous obligent à repenser l’école.» De plus, on a voulu, du moins au Québec, recentrer la mission première de l’école autour du concept d’apprendre à apprendre.«Aujourd'hui, ça ne suffit plus qu’un élève n ‘ait que des connaissances de base.Il faut aussi qu’il sache acquérir de nouvelles connaissances puisqu’il devra le faire tout au long de sa vie.» La nouvelle école québécoise Irr réforme scolaire québécoi- se, bien que faisant partie de cette mouvance internationale, est bien une réforme typiquement québécoise et ne s’inspire d’aucun modèle étranger.«Nous sommes conscients de ce qui se passe ailleurs, mais nous avons aussi notre propre expertise, par ailleurs fort appréciée à l’échelle internationale.Nous avons fait nos choix en fonction de nos besoins.» Parmi ces choix, celui de doter l’école québécoise de trois missions: instruire, socialiser et qualifier.La première mission consiste à enseigner le savoir de base.«La mission de socialiser est très importante puisque l’on vit dans une société pluraliste et qu’il faut apprendre à vivre ensemble.Par ‘‘qualifier”, on entend donner à l’élève ou à l’étudiant les outils nécessaires de façon à ce qu’il puisse s’adapter à un monde constamment en changement où il devra apprendre à maîtriser de nouvelles compétences.» Parmi les nouveaux outils mis à la disposition des étudiants québécois, il y a l’apprentissage des compétences transversales.«Ce sont, au fond, des compétences générales; c’est d’ailleurs ainsi qu’on les appelle en Belgique.» Au Québec, on en compte trois: la méthodologie du travail, la capacité de communiquer, et la capacité d’exploiter l’information.«On les nomme transversales puisque ce sont des compétences qui s'appliquent à toutes les disciplines.Par exemple, savoir utiliser les apprentissages de la langue maternelle lors d’une présentation en histoire.» Un autre choix, que plusieurs pays européens, telles la Belgique et la Suisse, ont fait aussi, est la division de l'apprentissage en cycles scolaires plutôt que par année.Au Québec, on compte trois cycles au primaire et deux au secondaire.Le but visé ici est d’allonger l’apprentissage dans le temps, ce qui permet de mieux encadrer l’élève et ainsi d’éviter les redoublements.Un curriculum revisité La réforme scolaire a aussi permis de revoir le curriculum scolaire québécois.On a donc décidé d’augmenter, tant au primaire qu’au secondaire, le temps alloué à l'enseignement du français, langue maternelle.Quant à l’enseignement de l’anglais, langue seconde, il commencera dès la première année du primaire en 2006.L’enseignement des langues au Québec est particulier, puisqu’il faut à la fois enseigner le français, langue maternelle, et l’anglais, langue seconde, aux écoliers francophones, et faire l’inverse pour les écoliers anglophones.Verra-t-on un jour l’introduction d’une troisième langue?Selon Mme Rioux-Dolan, la chose est possible, comme c’est déjà la tendance dans plusieurs pays euro- péens.Une modification intéressante au curriculum est le renforcement de l’apprentissage de l’histoire, qui sera enseignée maintenant durant les quatre premières années du secondaire plutôt que deux, comme c’était le cas.Autre caractéristique québécoise: l’enseignement moral et religieux.Présentement, la loi permet aux parents de choisir entre un enseignement religieux soit catholique soit protestant ou un enseignement moral tout court Ici aussi, l’école québécoise fera bientôt preuve d’innovation puisque l’actuel gouvernement a choisi d’abolir ce privilège.«A compter de 2008, il y aura un seul cours d’éthique et de cultures religieuses pour tous les élèves.» Une école plus ouverte Même la gestion de l’école s’est transformée, puisque la réforme scolaire a voulu faire davantage de place aux parents dans la conduite de leur école en créant les conseils d’établissement Ces conseils d’établissement où siègent la direction de l’école, le personnel enseignant les parents et là où il y a lieu, les autres professionnels, jouissent d’une marge de manœuvre en ce qui a trait au projet éducatif de l'école.«De cette façon, l’école peut mieux répondre aux besoins spécifiques de son milieu.» Cette ouverture à la communauté s’inscrit aussi dans un courant de pensée que l’on peut observer dans d’autres pays industrialisés et qui fait appel à la notion que Mme Rioux-Dolan nomme la «communauté-d’apprenants».Selon elle, il se fait beaucoup de réflexion à ce sujet présentement dans le monde.«Une des questions qu’on se pose est: quel est le rôle de l’apprenant dans son apprentissage?Comment peut-il s’approprier ses propres apprentissages et ses propres connaissances?Cela revient à la notion d’apprendre à apprendre.Au fond, la question est de former une personne autonome dans un monde où l’apprentissage et le changement sont constants.Sans compter que plus les problèmes sont complexes, plus les apprentissages le sont.» Là repose tout le défi de la réforme scolaire au Québec.Il est évidemment trop tôt pour en tirer des conclusions, seul l’avenir le dira, mais le coup de barre est bel et bien donné.Collaborateur du Devoir Secondaire Un monde de l’éducation divisé Des syndicats ont déjà adopté un «plan de résistance» Certains professeurs sont motivés par la nouvelle approche alors que d’autres ont l’impression de vivre un véritable cauchemar.Chose certaine, les enseignants du premier cycle du secondaire devront officiellement appliquer la réforme dès cette année, et ce, qu’ils y soient favorables ou non.Bien qu’aucun acteur du milieu de l’éducation de niveau secondaire ne sache réellement à quoi s’attendre, chacun a dû se préparer à sa manière à ce grand changement d’orientation, même s’il est toujours question d’appliquer un plan de résistance.MARTINE LETARTE En vigueur depuis 2000 au pré scolaire et au primaire, la ré forme a pour but de faire des différentes matières académiques un tout harmonisé permettant à l’élève de faire des liens entre ce qu'il apprend à l'école et les grandes problématiques de la vie.Suivant la théorie constructiviste, l’élève doit développer ses S’amuser! S’inspirer! Ballet Moderne Hip Hop Funky Flamenco de 4 à 18 ans Spectacle de fin d’année Ballet Divertimento École • Centre chorégraphique www.balletdivertimento.com Renseignements : (514) 285-2157 3505, rue Durocher, angle Milton to;» pas de Umversi-e Wh 11 » compétences à travers différentes activités plutôt qu’accumuler des connaissances en écoutant passivement ses professeurs.Tous les enseignants doivent désormais intégrer à leur matière les domaines généraux de formation tels que santé, environnement, consommation et médias.L'évaluation se fera en fonction du développement des compétences disciplinaires.En histoire et éducation à la citoyenneté, l’élève devra «intégrer les réalités sociales dans une perspective historique», «interpréter les réalités sociales à l’aide de la méthode historique» et «construire sa conscience citoyenne à l’aide de l’histoire».Les compétences transversales comme la capacité du jeune à exploiter l'information et à mettre en oeuvre sa pensée créatrice devront être évaluées collectivement par tous les professeurs d'un élève.Un certain enthousiasme À l’École secondaire Georges-Vanier, une école désignée par la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pour expérimenter des aspects de la réforme l'an dernier, un conseiller pédagogique était présent trois jours par semaine pour soutenir les enseignants du premier cycle et pour préparer les activités d'évaluation de cette année.«Malgré cela, les enseignants ne sont pas véritablement rassurés, mais c’est normal, car il n’y a pas de recette magique à appliquer avec la réforme.Nous devons progresser tout en acceptant de se tromper quelquefois», croit le directeur de l’école, Marc Prescott.Toujours à l’école Georges-Va-nier, la professeure de mathématique et de sciences, Laurie Richards, n’est pas paniquée à l’idée d'appliquer la réforme cette année après son expérience de l’an dernier.Elle est même plutôt enthousiaste.Par contre, elle se questionne toujours sur la méthode devaluation.«Le ministère de l'Éducation ne nous a jamais donné de réponses précises lorsqu’il était question de l’évaluation.Nous attendons toujours les échelles de compétences sur lesquelles nous devrons nous baser pour évaluer les élèves.» Près de Québec, les membres de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries se familiarisent avec la réforme depuis quatre ans.Des professeurs ont été dégagés de leur charge de travail pour devenir des enseignants partenaires ayant le mandat de faciliter l’application de la réforme.«Les enseignants ont participé énormément.J’ai vu de l’inquiétude chez certains, mais pas de grande résistance.Les professeurs sont prêts à assimiler ce qui s’en vient.L’ambiance est bonne», affirme l'enseignant partenaire travaillant à l'Académie Sainte-Marie et à la Polyvalente de Charlesbourg, Simon Descôteaux.Des professeurs décrochent Tous ne partagent pas cet enthousiasme.Après avoir suivi quelques formations liées à la réforme, le professeur d’écologie Bçnoît Bergeron, qui enseigne à l’École secondaire Louise-Trichet à Montréal, est convaincu que le ministère de l’Éducation fait fausse route.Il trouve particulièrement absurde l’idée d’évaluer les compétences transversales.«C’est du domaine de la subjectivité.Je regarde la description des compétences et je ne sais pas quoi penser.Je ne peux pas évaluer ça sans tomber dans le “j’aime ta gueule ou non”», s’exclame-t-il en précisant que cette année, il enseignera la biologie en secondaire 3 pour ne pas avoir à appliquer la réforme dès maintenant.A l’École secondaire Louis-Joseph-Papineau, une seconde école désignée par la CSDM, les professeurs ont tenté d’intégrer des élèves en difficulté dans des classes régulières puisque le «cheminement particulier de formation» sera aboli dès 2006.«Je n’avais jamais eu autant d'écarts entre des élèves d’un même groupe.Je ne pouvais pas retracer ceux qui étaient en difficulté et je ne suis pas formée pour aider ces élèves», s’inquiète la professeure de français en secondaire 4 Christine Laforce.Elle est cpnvaincue que le ministère de l'Éducation doit faire marche arrière avec la réforme.«Les élèves qui arrivent du primaire sont très faibles.Nous devrions leur faire passer des examens à leur entrée au secondaire et essayer de les récupérer en leur donnant le soutien dont ils ont besoin.» Le plan de résistance Après des démarches infructueuses auprès du ministère de l’Éducation pour qu’une analyse des conséquences de la réforme sur les apprentissages des élèves de & année du primaire soit faite et que la nouvelle méthode d’évaluation basée sur l’approche par compétences soit revue, les membres de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) ont adopté en mai dernier un plan de résistance à la réforme de l’éducation.Cette initiative comprend le boycott de la formation liée à la réforme ainsi que le refus d’évaluer les compétences transversales et d’enseigner le contenu propre aux domaines généraux de formation.Dans l'espoir de rameper le dialogue, le ministre de l’Éducation, Jean-Marc Fournier, a invité la FSE à se joindre à la table de pilotage de la réforme.«Il a été proposé que les compétences transversales ne soient pas évaluées dès septembre et que deux comités soient mis en place pour étudier les conséquences de la réforme et pour revoir le processus d’évaluation», affirme la présidente de la FSE, Johanne Fortier.«Nous nous rencontrerons le 1" et le 2 septembre prochain pour analyser les propositions et décider si nous mettons de côté notre plan de résistance», conclut-elle en précisant que, pour les premiers jours de classe, le plan sera bel et bien appliqué.Collaboratrice du Devoir 170 000 meHiûres 18 associations étudiantes le pCuç important groupe jeunes au Qucôcc A/os devoirs : • Stratégie d’action jeunesse 2005-2008 du Gouvernement du Québec • Augmentation des transferts fédéraux en éducation postsecondaire • Qualité de l’enseignement dans nos universités l/os qaihS : 1999 : 22 000 places de stage supplémentaires 2001 : Hausse des dépenses admises pour le calcul d’aide financière aux études 2004 : Travail hors campus pour les étudiants internationaux 2005 : Réinvestissement de 482 M$ dans le régime de prêts et bourses Notre raison d être est de promouvoir et de lutter pour les interets, les droits et l'amelioration des conditions de vie des etudiants du Quebec.FEUQ Federation étudiante universitaire du Quebec www.feuq.qc.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AGIT 2 O O .» RENTREE SCOLAIRE Priorités 2005-2006 Au cœur du changement Le Conseil supérieur de l’éducation scrute les orientations politiques Au-delà des perturbations causées par l'impasse des négociations dans le secteur public, le système d'éducation, du primaire à l’universitaire, est marqué par d'autres priorités.Le Conseil supérieur de l’éducation veille au grain, réagit et fournit des avis aux décideurs politiques sur les orientations qu’ils adoptent afin d’en assurer la bonne marche et l’évolution nécessaire.!9§2W1 JACOUKN NADKAII I K DKVOIK Le Conseil supérieur de l’éducation a ouvert il y a quelques mois un chantier très important sur «l’engagement des étudiants des cégeps dans leurs études».RÉGINALD HARVEY Président du Conseil depuis 1982, Jean-Pierre Proulx se penche sur les dossiers majeurs associés aux différents échelons du système.Il jette un regard aussi bien sur les opinions exprimées récemment par ses 22 membres que sur les sujets qu’ils aborderont lors de leurs futurs travaux.Il arrive qu’il y ait concordance ou distorsion entre les vues du ministère de l’Education et celles de cet organis me, comme il le fera ressortir en cours d’entrevue.Entente et divergences - Il aborde globalement un premier point qui est celui des modifications apportées aux régimes pédagogiques: «Il faut dire que le Conseil était largement d'accord avec les dispositions se trouvant dans le règlement du ministère.» Au nombre de celles-ci figurent une augmentation des heures d’enseignement au primaire, passant de 23,5 à 25 heures par semaine, l'ajout (à titre exceptionnel) d’une année au primaire, la révision de la grille des matières du premier cycle du secondaire, l’adoption d?un parcours de formation axé sur l’emploi au deuxième cycle du secondaire, l’établissement d’un bilan des apprentissages et quelques autres encore.Il y a quatre points qui suscitent des réserves, dont les trois suivants: l’organisation par cycles au secondaire, qui ne lui paraît pas suffisamment significative: l’enseignement des arts en continuité au primaire et au secondaire, qui pose des embûches sur le plan de l'autonomie des établissements et du maintien des centres d'intérêt des élèves; les itinéraires de formation générale en 3'', 4e et 5 années du secondaire, au sujet desquels le Conseil recommande plutôt un parcours commun centré sur un système d’options plutôt que sur deux itinéraires distincts.Enfin, celui-ci considère que la proposition de fixer l’apprentissage de l’anglais, langue seconde, dès le premier cycle du primaire est prématurée pour le moment: «On a rappelé une chose importante à ce sujet, soit la nécessité qu’on apprenne bien l’anglais à l’école.En d’autres termes, il s'agit d’avoir un enseignement efficace de cette langue.Il nous a semblé que la proposition gouvernementale était insuffisamment justifiée.On leur a dit de prendre un an, ou le temps qu’il faut, pour/dire le point sur l’efficacité des méthodes pédagogiques en enseignement de l’anglais, à la lumière des expériences vé- cues par d’autres ici et ailleurs.Le gouiemement nous a écoutés, mais il n’a pas suivi notre recommandation.» École et religion Sur la question litigieuse de l’école confessionnelle, le Conseil et le gouvernement s'entendent sur le fond, à l'exception des modalités d’application qui diffèrent.Il existera dans trois ans un programme en préparation doté d’une approche nouvelle pour l’enseignement non confessionnel de la religion.Le gouvernement devait se prononcer avant le 30 juin dernier sur la reconduction ou non des dispositions dérogatoires à la Charte canadienne des droits et libertés en vertu desquelles la religion trouvait place dans l'école québécoise sous sa forme actuelle.11 a plutôt choisi de prolonger celles-ci pour trois ans pendant qu’il préparait le terrain des prochaines orientations pédagogiques.Le président Proulx explique cette procédure: «Il a fait en sorte qu’il y ait dans la Loi sur l’instruction publique — ce qui est important — des dispositions stipulant que les privilèges et les droits confessionnels accordés par la loi vont venir à échéance en même temps que la clause dérogatoire.Aussi bien dire que dans trois ans, au moment même où les dispositions provisoires dérogatoires arriveront à échéance, les droits actuellement reconnus aux parents de choisir un enseignement religieux confessionnel catholique ou protestant vont tomber aussi.» De la suite dans les idées.au secondaire Jean-Pierre Proulx dresse un historique de la réforme de l’éducation à partir de Tune de ses prémisses, qui était la réussite scolaire, jusqu'aux états généraux de 1995-96 qui en furent le point de départ, et jusqu’aux principes retenus et aux gestes posés par la suite, qui ont donné lieu à sa réalisation toujours en cours.Il y a deux ans, le Conseil a posé le constat que cette réforme avait des fondements solides: «Nous recommandions au ministre de l’Éducation de l’époque, Sylvain Simard, d’aller de l'avant.On avait déjà décidé de la repousser d’une année au secondaire pour permettre une meilleure formation.» Plus tard, le ministre Pierre Reid décidera de reporter d’une autre année son implantation, soit jusqu’au début de la présente année scolaire.Dans cet ordre d’idées, il fait valoir la position du Conseil: «Il y avait un enjeu de société, soit de mener à terme ce qu ’on a commencé pour de bonnes raisons, quitte à redresser ce qui doit l’être en cours de route lorsqu’on se rend compte que des paramètres doivent être ajustés.» Il attire l’attention sur la situation suivante: «Cette réforme, si elle débute en 2005 au secondaire, connaîtra son terme en 2010.C’est en 1995 que furent posés ses fondements, et elle aura connu son achèvement 15 ans plus tard.L’enjeu, c’est de réussir ce qu’on entreprend et telle est la position du Conseil, qui n ’est pas dogmatique.On se dit qu’on est sérieux dans une société ou on ne l’est pas.» Dans son avis, intitulé L’appropriation locale de la réforme au secondaire, le Conseil énumérait aus- si un certain nombre de paramètres à respecter pour assurer la réussite de son application.«Statu quo» au collégial Le Conseil s'est placé dans une position d’observateur lors du Forum sur l’avenir du collégial qui s’est tenu en juin 2004 et au cours duquel l'éléphant ministériel a accouché d’une souris.Durant les dernières années, il a plutôt travaillé sur la réforme entreprise dans le secteur de la formation technique, comme le rapporte M.Proulx: «Au total, elle s’est bien implantée malgré les difficultés réelles, particulièrement parce qu’elle faisait place à l’initiative locale en matière de planification pédagogique.Au-delà des compétences à développer, qui sont fixées à l’échelle nationale à partir d’une procédure mettant en œuvre les milieux de travail et ceux des cégeps, ces derniers sont eux-mêmes chargés d'établir les programmes servant à atteindre ces mêmes compétences.C’est une opération qui a bien fonctionné parce qu’elle faisait appel à la responsabilité des enseignants dans le champ technique.» Le Conseil s’est en même temps questionné sur la place de la forma- tion générale dans le secteur technique.( )n a trouvé des punts d’accord avec la position gouvernementale de l’époque, et qui demeurent d’actualité: «On a constaté qu’il convenait d’élargir les disciplines contribuant à la formation générale, soit la philosophie, les langues maternelle et seconde ainsi que l'éducation physique.Ce modèle hérité de la conception humaniste de l’éducation n ’est pas sans mérites, mais peut être remodelé » Le Conseil a subi de sévères critiques à ce propos, mais il n’en a pas été scandalisé et maintient cette position à ce jour.Il ajoute en outre que le Conseil a ouvert il y a quelques mois un chantier très important sur «l’engagement des étudiants des cégeps dans leurs études»', il donnera un avis sur cette question, vraisemblablement au printemps de 2006.Le tout prend actuellement la forme d’une vaste enquête de terrain auprès des étudiants et d'autres acteurs des collèges.Le caractère mondial de l’université Les universités québécoises sont confrontées au problème du financement, mais aussi à la réalité de l’internationalisation.Le Conseil a donc demandé à sa Commission de l'enseignement et de la recherche universitaires d'étudier les différents éléments que comprend cette problématique devenue omniprésente.Après avoir mentionné que les universités du Moyen Age jouissaient déjà d’un caractère international, Jean-Pierre lYoulx résume le mandat: «Il y a toutes sortes d'en jeux culturels, politiques et économiques qui tournent autour de cela.Un des premiers qui tombe sous le sens et qui est de nature strictement universitaire, c’est l’enrichissement culturel de la formation et de la recherche.Un autre élément, qui est essentiellement conjoncturel, mais a un impact important aux États-Unis et même au Canada, c’est la sécurité nationale.On a remarqué que les mouvements de migration étudiante entre les pays ont été freinés par les événements du 11 septembre.» Enfin, il laisse savoir qu’un autre point important se dégage au Québec, et aussi en Europe, et c’est le fait français dans le contexte de l'internationalisation des universités.D’autres aspects seront aussi abordés.Collaborateur du Devoir RENK MATHIEU LE DEVOIR Jean-Pierre Proulx, président du Conseil supérieur de l’éducation.[ D ü C A T 1 0 N R E .V T R É E SCOLAIRE (’ K C A HIER S I' É C I A L E S T P I B U Ê P A K I, E I) E V II I R Responsable: NORMAND THERIAULT iith iTiaullaleclovoir.ca 21100.rue île Bleurv.O' ela{r.Montréal (Québec) HAA ;>M!I.Tel.: (514) OKô-AAAA redaeliou@lelievnir.eoni FAIS CE y U E I) 0 I S 1 Un suide pédagogique pour prévenir I1 homophobie chez les jeunes du primaire et du secondaire Plus de détails au www.gns ca ÉÇO^ te O L L È G EJ IrachelI Établissement privé mixte oHrant le cours secondaire complet POUR UN FUTUR PLUS QUE PARFAIT PLACES DISPONIBLES 2005 - 2006 15$ .En vente su le site du GRIS-Montréal et à la HOraine Raff in - Plaza St-Hubert Nos Programmes • Un projet éducatif en « Arts et Communications » • Une formation intellectuelle et méthodes de travail de qualité dès la 1"' secondaire • Les options Sciences Humaines et Sciences Pures a compter de la 4' secondaire Notre encadrement exceptionnel • Groupes classes fixes • tltulanat • tutorat • mentorat • Séances quotidiennes de récupération et de consolidation des acquis • Axle aux devoirs et étude supervisée encadrées par du personnel qualifié • Activités éducatives et sportives formant l'épanouissement Notre tradition d'ouverture • Accessible aux élèves talentueux et à ceux qui sont fragiles mais prêts à fournir les efforts nécessares è leur réussite scolaire • Bourses d'excellence et d'aide financière Notre dimension humaine • Structure organisationnelle accueillant 300 élèves • Ratio moyen de classe de 30 élèves Pour en savoir plus : 514-287-1944 Collège Rachel • 5030, rue Jeanne-Mance, Montréal, {Québec), H2V 4J8 Téléphona : |514( 287-1944 • Télécopieur : (514) 287-7523 • c0lle9erachel@qc.aira.com • www.c0lle9erachel.qc.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DI M A X C H E 14 AOÛT 2 O O 5 (i I RENTREE SCOLAIRE Cégeps Les défis d’un réseau en constante mutation «Si rien n’est fait, certains collèges seraient voués à la fermeture», estime un directeur en région D’un bout à l'autre du Québec, le réseau collégial, rendu fragile par le seul fait d’avoir été maintes fois remis en question tant par la classe politique, qu’elle soit rouge et bleue, que par les acteurs du milieu scolaire, dont le Forum sur l’avenir de l’enseignement collégial tenu l’an dernier, est résolument acculé au «système D», ou presque.Survol de la filière collégiale confrontée à la fois à un sous-financement et à une chute de sa clientèle, dans le cas de cinq de ses 48 institutions d’enseignement.THIERRY HARO UN Pour assurer sa survie, le chantier collégial québécois se voit contraint de s’adapter aux réalités régionales.Un défi de taille compte tenu du fait que chaque région administrative (17 au total) se meut à sa manière, selon son environnement propre, son histoire, ses ambitions, ses richesses, qu'elles soient éoliennes, forestières, minières, touristiques, marines, urbaines ou autres, et selon son tempérament propre.Rimouski Le cégep n’est pas qu’un «fournisseur de services» non plus qu’une simple «boîte à cours», c’est un partenaire régional en tous points, estime Raymond Giguère, directeur général du cégep de Rimouski, qui regroupe trois composantes d’enseignement: le campus de Rimouski, l’Institut maritime du Québec et le Centre matapédien d’études collégiales, ce dernier étant situé à Amqui et cogéré par le cégep de Matane.Ce partenariat rimouskois se traduit notamment en espèces sonnantes et trébuchantes puisque l’institution que représente M.Giguère allonge plus de un million de dollars en salaires toutes les deux semaines.Plus encore, dit-il, 60 % de sa clientèle étudiante provient de l'extérieur de Rimouski.Tout aussi important, poursuit le directeur Giguère, le cégep, «de par ses expertises à lin-terne, de par l’implication du personnel dans la communauté», est à la source de plusieurs activités économiques de la région.«Je pense par exemple à notre implication dans la mise en place de la Technopole maritime du Québec.» Le collège de Rimouski, qui compte quelque 3000 élèves et JACQUES GRATTON Le cégep de Gaspé.HlUHü L près de 300 professeurs, se démarque par son programme maritime: architecture navale, navigation, mécanique de marine, logistique de transport et plongée professionnelle.Mais il y a un hic: le financement de la formation post-secondaire.«Ce sera un enjeu majeur au cours des prochaines années.Actuellement, cette formation est sous-financée.Si on veut poursuivre notre mandat, c’est-à-dire créer un milieu de vie et d’apprentissage intéressant, il va falloir que la question du financement du secteur collégial soit revue», sinon corrigée, dit-il.Cela dit, il ne croit pas que l’actuelle pierre d’achoppement de la filière collégiale, le sous-finan-cement, soit attribuable à un manque de volonté politique, «mais il faudra que le financement provienne de quelque part», quitte à ce qu’il provienne des «étudiants eux-mêmes car on est à un tournant».Chose certaine, toutes les avenues devront être étudiées, résume-t-il.Lac-Saint-Jean Plus au nord, de l'autre côté de la rive laurentienne, au cégep de Saint-Félicien, c’est la chute de la clientèle qui pose défi.«Notre institution a déjà compté plus de 1460 élèves», alors que, aujourd’hui, décline le directeur général, Louis Lefebvre, ce collège compte 1100 élèves, dont une centaine étudient au Centre d’études collégiales a Chibougamau (l'autre composante du cégep qui couvre la région Norddu-Québec).«Notre défi, dit M.Lefebvre, repose sur la consolidation de nos créneaux d’expertise, ce qui nous permettra de maintenir en activité nos programmes tout en développant d’autres formations.» Ce sont les techniques du milieu naturel, offrant quatre voies de spécialisation (aménagement de la faune, de la ressource forestière, protection de l’environnement, aménagement et interprétation du patrimoine naturel), qui constituent la pif te de ce lieu d’enseignement «Ce programme est véritablement notre marque de commerce, affirme M.Lefebvre.Et ce qui est extraordinaire, c’est que 90 % des 300 élèves qui fréquentent ce programme proviennent de l’extérieur de la région du Saguenay-LacSaint-Jean.» En outre, la fameuse «prise en main du milieu», cette expression phare tant claironnée (parfois sans véritables assises) par les parlementaires et les communautés rurales ces dernières années, prend tout son sens à Saint-Félicien, où la mise en œuvre du projet majeur de la fondation du cégep s’est avérée heureuse en amassant récemment deux millions de dollars dans la communauté (MRC, caisses populaires, organismes communautaires et milieu d’affaires) dans le but notamment de construire une résidence étudiante assortie d’un progranune de bourses à l’hébergement pour ses locataires.Abitibi-Témiscamingue La notion de «prise en main du milieu» trouve également preneurs en Abitibi-Témiscamingue.«Notre communauté a formé des groupes de pression, soit des Corporations d’enseignement supérieur, lesquelles aident notre collège [le cégep de l’Abitibi-Témisca-mingue] et l’université régionale à s’arrimer et à aller chercher des Geôle nationale de théâtre du Canada Le faire et Vapprendre I ne formation prt>ft3sslonnelle en SCÉNOGRAPHIE (Décors, costumes et accessoires! PRODUCTION (direction technique et de production, régie, assistance à la mise en scène, conception sonore et d’éclairages! INTERPRÉTATION ÉCRITURE DRAMATIQUE j MISE EN SCÈNE ARCHIVES LE DEVOIR La rue Perreault, au centre-ville de Rouyn.V 4 bourses pour nos étudiants par le biais d’interventions politiques.Ces corporations prennent les devants et nous ouvrent des portes au-delà de nos espérances», affirme Daniel Marcotte, directeur général du cégep de l’Abitibi-Té-miscamingue, qui compte plus de 2400 élèves et 275 professeurs répartis dans trois campus d'enseignement régulier situés à Amos, Rouyn-Noranda et Val-d’Or, ainsi que dans deux centres de formation continue, soit à Ville-Marie et La Sarre.Ce sont les technologies forestières et minérales qui donnent à cette institution toute son unicité, prenant de surcroît la mesure de son environnement immédiat.«Notre cégep a ceci de particulier qu’il est le seul à dispenser un enseignement collégial sur tout le territoire, et ce, d’est en ouest de notre région, soit sur une distance de 450km», explique M.Marcotte.Même si son collège réussi pour l’instant «à retenir 80 % de la clientèle qui se destine à des études collégiales», l’immensité du territoire et la baisse démographique constituent des maux de tète permanents pour la direction du collège.«L’éloignement est un problème.Par exemple, prenons un jeune de La Sarre qui décide d'entreprendre des études collégiales.S’il fait le choix d’étudier dans la région, il devra se trouver un logement à Rouyn-No-randa, ce « quoi s’ajoutent des frais de déplacement.Dans ces conditions, le jeune décide souvent de se diriger directement à Montréal ou à Québec.Ce choix s’impose souvent à ces jeunes s’ils comptent éventuellement poursuivre des études universitaires.» Gaspésie-les-îles «Des 28 programmes que nous offrons, 17 ou 18 se situent sous le seuil de viabilité [faute de clientèle].Et le seul fait de rendre disponible cette offre nous pose un défi majeur», s'inquiète de son côté Roland Auger, directeur général du collège de la Gaspésie-les-îles, dont les quelque 1084 étudiants et 278 enseignants sont répartis à Gaspé (campus principal),, Grande-Rivière, Carleton et aux îles-de-la-Madeleine.«Devant ce constat, quand on doit mettre en branle l’organisation scolaire, appliquer les règles des conventions collectives et les normes ministérielles sur le plan du financement, on aboutit à des aberrations qui, au fond, n’assurent pas la survie de notre collège», dit-il, lequel collège se démarque par sa filière éolienne, les pêches, le tourisme d’aventure, et par la possibilité de poursuivre ses études dans la langue de Shakespeare (un service qui rend justice à l’apport historique des Anglo-Saxons — Jersey, Gpernesey, Angleterre, Irlande et Ecosse — à la péninsule gaspésienne depuis la Conquête anglaise).«Idéalement, il va falloir changer nos façons de faire si on veut maintenir notre offre de formation, car on voit notre clientèle étudiante baisser.» La solution?«Réunir autour d’une même table nos partenaires syndicaux, le ministère de l’Éducation et nos employés afin de se poser la question suivante: qu'est-ce qu’on fait avec la situation qui est vécue en Gaspésie et aux Iles?» Sinon, poursuit M.Auger, on est voué à l’échec.Il faut impérativement, croit-il, «qu’on se réunisse, et ça, on a de la difficulté à le faire».Limoilou «Le défi du réseau collégial est de maintenir des services de qualité sur l’ensemble du territoire québécois.Bien entendu, la baisse démographique et les problèmes des finances publiques sont réels et les solutions ne sont pas simples et surtout pas claires», soutient Maurice Carrier, directeur général du cégep Limoilou (5000 élèves réguliers et quelque 400 enseignants) et président du conseil d’administration de la Fédération des cégeps (l’instance patronale du réseau).Outre son vaste programme de techniques physiques (génie électrique et mécanique, génie civil, mécanique du bâtiment, entre autres), le cégep Limoilou est le seul collège du réseau à dispenser les techniques en gestion hôtelière, en services alimentaires et en restauration.«Les solutions aux problèmes à Limoilou ne sont pas les mêmes que celles de Gaspé, Matane, Rimouski, Chicoutimi ou La Poca-tière.A l’évidence, continue M.Carrier, les collèges devront davantage prendre racine dans leur milieu pour devenir des acteurs importants du développement économique et social de leur environnement, rôle que les collèges jouent déjà.» En fait, c’est une question de solutions à «géométrie variable», prétend-il, reprenant l’expression du jour.«Une faut pas cesser de réfléchir à ce réseau», insiste Roland Auger qui croit que, si l’on maintient tel quel le modus operandi de la filière collégiale, et ce dans une perspective de baisse démographique appréhendée, certains collèges se dirigent tout droit vers une «logique de fermeture».Collaborateur du Devoir info@>ent-nts.qc.ca Sans fisti» ou 1 866 547*7328 ou 514-842-7954 www.ent-nts.qc.ca wife limite d'inscription 15 février 2006 Fédération autonome du collégial — www.lafac.qc.ca Quatre mille membres Une même passion ENSEIGNER Un même objectif OFFRIR UN ENSEIGNEMENT DE QUALITÉ Les membres de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec www.fneeq.qc.ca au cœur de la réussite étudiante 00 LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DI M A N ( H E I A O I T 2 O O 5 RENTREE SCOLAIRE En mode mobilisation Le réseau fourbit ses armes pour défendre le concept même du centre de la petite enfance Après un été relativement calme, les centres de la petite enfance s’apprêtent à reprendre la lutte contre le gouvernement Charest.Au cœur du litige, trois enjeux distincts souvent confondus sur la place publique, que tente de clarifier le réseau des CPE.Grève ou pas grève, l’automne sera chaud.MYLÈNE TREMBLAY Le mois de juin a été pour le moins mouvementé dans le réseau des CPE du Québec: débrayage des éducatrices syndiquées dans 310 centres de la petite enfance, adoption des nonnes budgétaires par le Conseil du trésor confirmant des compressons de 41 millions de dollars, vote d'un mandat de grève générale illimitée.A quelques jours de la «rentrée scolaire», après une accalmie qui a permis aux parties patronale, syndicale et gouvernementale de prendre un peu de vacances et de réfléchir à une ligne d’action pour les mois à venir, l’Association québécoise des centres de la petite enfonce (AQCPE) fait le point sur les débats qui animent le réseau.Car, pour l’organisme qui représente quelque 700 CPE à travers le Québec, les discussions, quoique intimement liées, ne relèvent pas toutes de la même logique.«B ne faut pas confondre les trois enjeux qui concernent l’avenir du réseau, explique Jean Robitaille, directeur général de l’AQCPE.H y a d’abord la demande des salariés avec, en toile de fond, l’équité salariale et les conditions de travail, ü y a ensuite les coupures de l’ordre de 41 millions de dollars dans le budget de fonctionnement des CPE.Et il y a enfin la remise en cause du concept même de CPE dans sa mission globale, avec des amendements législatifs qui pourraient être déposés à la mi-septembre.» Conditions de travail Au chapitre des demandes des salariés, on se souviendra notamment des quatre jours de grève en-chenchée par les 7500 éducatrices de 310 CPE syndiquées à la CSN, qui ont forcé les parents en juin à recourir au système D.Au cœur du litige: le dossier de l’équité salariale.En clair, Québec consent à offrir une augmentation de 6,5 % aux travailleuses en garderie, alors que celles-ci réclament 17 %.Pour ce qui est des négociations autour du renouvellement des conventions collectives, Québec ne veut pas que la masse salariale des éducatrices dépasse les 12,6% prévus pour l’ensemble des salariés de l’Etat eux aussi en pourparlers.Pour Jean Robitaille, la négociation est pourtant terminée.«Il y a eu un blitz entre le mois d’avril et la mi-juin.Les deux parties, patronale et syndicale, se sont entendues sur les grands paramètres de la négociation.La base de l’entente a été jetée, mais elle n ’a pas été officialisée par le Conseil du trésor.C’est ce qui a entraîné la grève de quatre jours et qui fait craindrq une grève illimitée à l’automne.» A son avis, tant que les négociations dans la fonction publique ne seront pas réglées, le Conseil du trésor refusera de mettre en œuvre l’entente avec le secteur de la petite enfance qui, \ i-.ac i iiI'.voik faire m sorte que plus de parents puissent en bénéficier et s’assurer qu ’on puisse le eonserverà long terme.» Fin attendant que le gouvernement dé|X)se à l'automne ses orientations en vue de réviser la loi sur les CPE, les représentants du réseau comptent tout faire pour convaincre la ministre du danger de «chaos» que représente la restructuration du milieu familial.«On va mener une bataille pour tenter de faire réinjecter des crédits supplémentaires par le Conseil du trésor», annonce Jean Robitaille, «ajoutant en outre que TAQCPE a déposé en mai une proposition conforme aux paramètres impartis par le Conseil et visant à réaliser des économies et à générer de nouveaux revenus sur un horizon de trois ans, et ce, sans procéder à des coupures.le gouvernement a refrisé, au grand dam des CPE.«Il faut comprendre qu ’on est en mode mobilisation, tonne Inc Grégoire, directeur de la Sourithèque.On a tout un plan de eommunica-tion pimr faire passer notre message.On veut tout faire, saufemper.J’ai le sentiment que les CPE vont monter aux barricades.» Grève ou pas grève, les CPE n’ont pas dit leur dernier mot.Collaboratrice du Devoir Invitation à la Mélomanie Une série de 8 cours d’initiation à la musique classique basée sur l’écoute commentée d’extraits sonores CLAUDIO RICIGNUOLO de l’Orchestre Métropolitain « Claudio Ricignuolo est un passionné de musique et un formidable vulgarisateur.» -YVES BEAUCHEMIN • Série classique • Cours à la carte Nouveau : • Série Beethoven Jeunes adultes -, (514) 385-5015 www.melomanie.com dMv Orchestre Métropolitain d« Grand Montrt»l Yfcnntcfc Né»!-Ségur Liions Louise Lapierre Tu vaux créer, développer et réaliser tes propres 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adopté, pour cet automne, une mesure qui devrait faciliter l'accès aux étudiants provenant du réseau collégial.ULYSSE BERGERON Quel devrait être l’impact de la grève étudiante de l’hiver dernier sur le processus d’admission?•La réponse n'est pas aussi évidente qu'on le voudrait, assure le registraire de l’Université de Montréal, Fernand Boucher.Je suis encore partagé à ce sujet.Oui, U va y avoir des conséquences, mais elles ne seront pas nécessairement très apparentes.» Une chose est néanmoins certaine: si onde de choc il y a, celle ci ne devrait pas se faire sentir dans le nombre d’inscriptions, aussi bien au premier cycle qu’aux cycles supérieurs.Sur ce point, la position du registraire est ferme.Néanmoins, il serait prématuré, voire trompeur, d’affirmer que la mobilisation de cet hiver n’aura pas d’effets secondaires, précise M.Boucher «Elle a eu des effets sur les étudiants des cégeps', sur les possibilités pour ces derniers de compléter leurs études dans les délais requis.» Retards Certains étudiants du niveau collégial auraient accumulé un retard dans l’obtention de leur diplôme d’études collégiales (DEC), une certification qu’exigent les institutions universitaires lors du processus d’admission.Pour d’autres, il s’agit de compléter des cours de structures d’accueil.Effet domino oblige, les universités doivent aujourd’hui s’adapter à cette situation en adoptant une mesure exceptionnelle.•Notre université, comme plusieurs autres d’ailleurs, a convenu de mesures temporaires afin d'être moins contraignant qu’on pouvait l’être les années précédentes.» L’UdeM a donc assoupli ses conditions en permettant aux étudiants sortant des cégeps de faire leur entrée à l’université sans avoir complété leur programme.•On est prêt à laisser entrer un étudiant à qui il manque un ou deux court pour avoir son DEC.On lui laisserait le temps qu’il faut pour compléter les matières exigées pour l’obtention de son diplôme», explique le registraire.Cette période tampon peut s'étendre jusqu’à l’automne 2006, ce qui laisserait un an aux étudiants sortant des cégeps pour se conformer aux exigences requises.L'objectif de cette mesure: •atténuer les impacts relatifs» qui auraient pu découler du refus d’un nombre anormal d’étudiants, précise-t-il.Exigences modifiées Pour sa part, la directrice du service des dossiers universitaires à l'UQAM, Louise Richard, rappelle qu'il y a eu une entente entre les universités québécoises et le Conseil des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ), «« l’effet d'appliquer avec souplesse les exigences d’admission».Afin de communiquer aux futurs étudiants du niveau universitaire cette mesure temporaire, l’UQAM diffuse sur le site Internet de son registrariat une rubrique spécialement destinée aux candidats admis condition-, nellement, où l'on décrit l'ensemble des modalités à suivre.On peut y lire que les étudiants admis sans avoir en main leur DEC devront expliquer, par le biais d’une lettre, en quoi la grève est à l’origine de leur retard.De plus, ils devront obtenir l’appui de leur aide pédagogique individuel (API) dans cette démarche afin d'ètre admis conditionnellement.Une correlation entre la grève et la situation de l’étudiant est nécessaire.Solution temporaire ?Notons que ce qu’on qualifie ici de «mesure temporaire» était chose courante avant 1996.Les institutions universitaires ouvraient beaucoup plus facilement leurs portes aux étudiants qui combler une demande anormalement élevée d’étudiants.Une baisse de 2 % L’Université de Montréal a néanmoins connu cette année une baisse des demandes d’admission de 2 %.Une situation qui ne serait toutefois pas imputable à la grève.•Cette situation pourrait être le reliquat de la baisse du nombre d’étudiants dans les cégeps il y a quelques an- nées», note le registraire.Malgré cela, il y a présentement plus d’étudiants inscrits qu’à pareille date l’an dernier.Une situation que Fernand Boucher explique par les démarches entreprises l'an dernier par l’UdeM qui, pour des raisons de compétition entre universités, •a fait plus d’offres que dans les années passées.On a pris plus de risques, ce qui fait que, malgré les pertes, on se retrouve avec un peu plus d’inscriptions».Les risques d’une telle démarche sont de se retrouver finalement avec plus d’étudiants que ne le permet la capacité d’accueil de certains cours.À l’UQAM, on assure qu’on ne remarque aucune baisse des demandes d’admission, ce qui laisse présager que le nombre d'inscriptions ne devrait pas changer.Collaborateur du Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’impact de la grève étudiante de l’hiver dernier sur les inscriptions dans les universités est difficile à évaluer.n’avaient pas complété les cours obligatoires à l’obtention de leur DEC.M.Boucher rappelle que les universités ont dû •resserrer» les conditions d’admission, «parce qu’il y avait un peu trop de monde qui se trouvait dans cette situation et que cela posait toutes sortes de problèmes.Et c’était des mauvais signaux à passer aux étudiants».Il ne s'agit donc pas d’un retour à ce mode de fonctionnement, mais bel et bien d’un assouplissement temporaire afin de s’adapter à une situation particulière.Qu’est-ce qui pousse les universités à adopter de telles mesures?Tout d’abord, celles-ci risqueraient de se priver d’une partie de «leur clientèle, les étu- diants», note le registraire de l’UdeM.Et le fait d’agir autrement déstabiliserait certains pans du réseau universitaire et soulèverait des problèmes relevant aussi bien des finances que de la logistique interne propre à chaque université: nombre d’étudiants par cours, locaux, volume des cohortes, horaire, etc.Mais au-delà des universités, c’est l’ensemble du réseau scolaire qui pourrait être affecté.M.Boucher rappelle que les cégeps se retrouveraient également dans une situation délicate si les universités agissaient autrement.Ceux-ci seraient à leur tour confrontés à un casse-tête logistique et financier afin de ACADEMIE MICHELE-PROVOST inc.Collège privé mixte - fondé en 1957 agréé aux fins de subventions (MEQ) Primaire & Secondaire / (0llige qu .fSO" 2*;gyni*use son ^gramJ Q°nStt, J'tr sott Pr08ra'»Zte Ue " kit J «Vaw# w O la moitié Ce, au Primait 0f V au Second PORTES OUVERTES TOUS LES JEUDIS ENTRE 10H ET UH Téléphonez au (514) 934-0596 1517 av.des Pins - Ouest - Montréal (Québec) H3G 1B3 (métro Sheibrooke et autobus 144 ou métro Guy et autobus 165/535) www.academiemicheleprovost.qc.ca ItlSlf m ' ife ’'¦& S?1 ¦- - ,*.4.a j jz ¦ ' Le présignalement, une nouvelle mesure de sécurité! Jusqu'à tout récemment, le présignalement dans le domaine du transport scolaire n'était pas obligatoire au Québec.C'est maintenant chose faite, et c'est sous le thème C'est jaune.préparez-vous à arrêter! que nous vous invitons à respecter cette nouvelle mesure de sécurité.En actionnant les quatre feux jaunes d'avertissement alternatifs du, à défaut, les feux de détresse, les conducteurs d'autobus scolaires préviendront ainsi les autres usagers de la route qu'ils se préparent à arrêter leur véhicule pour y faire monter ou descendre des élèves.Les nouveaux feux jaunes, qui clignotent en alternance, sont situés dans la partie supérieure avant et arrière du véhicule, à côté des feux rouges intermittents.Rappelons que l'application de la nouvelle mesure ne change en rien les règles de sécurité que doivent respecter les élèves : attendre l'immobilisation complète du véhicule avant d'y monter ou d'en descendre, ou de passer devant l'autobus.Pour plus d'information, visitez le site Web du ministère des Transports du Québec à l'adresse : www.mlq.gouv.qc.ca.Québech" • Ministère des Transports • Société de l'assurance automoPèe 4
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