Le devoir, 17 octobre 2009, Cahier I
1.K I) E V 0 I R , L E S S A M EDI 17 E T I) I M A X ( Il E 18 0 ( T (I B B K 2 0 (I !) HSTORE LE QUÉBEC À L’ÉCOLE LE DEVOIR y:-',/, vvn'v ciisc politi(l"0 ; il faut une ÆMz’i * • -% ^ A, .- 1 LA PRESSE CANADIENNE Ces faits qu’on aimerait oublier «L’histoire purement politique marche moins» " i ROBERT COMEAU À quand une histoire nationale?Page 3 MUSÉES jr;lK «Il faut toujours garder en tête qui est le client-cible» Page 5 AU SECONDAIRE Si peu de temps et trop de matière Page 2 LIEUX DE MÉMOIRE «L’histoire comme fondement d’une nation» Page 4 Les «votes ethniques»: erreur ou juste analyse?Duplessis, premier ministre: ne pourrait-on pas gloser sur des moments plus glorieux?Le rapport Durham: faut-il insister sur le fait que le Québec fut une colonie?Les plaines d’Abraham: site historique ou souvenir d’une bataille qui divise encore?Si le Québec parfois se souvient, c’est à la pièce, et encore, pour tracer une histoire bien courte.NORMAND THERIAULT Ils et elles sont historiens et historiennes.Ensemble, ils ont collaboré, à la suite d’une invitation lancée par la Société Saint-Jean-Bap-tiste de Montréal, à la mise en place de la Coalition pour la promotion de l’enseignement de l’histoire au Québec.Et cela survient après que 2008 a été une année festive, celle où a été souligné avec éclat le 400* anniversaire de la construction de l’Abitation, cette première résidence que Champlain érigea sur ce site qui est devenu Québec, premier poste d’importance de la future Nouvelle-France.Et 2009 n’a pas été en reste: la Gas-pésie a ainsi rappelé, 475 ans plus tard, que Jacques Cartier s’était inscrit comme le découvreur «officiel» de ce pays dont un Stephen Harper fait l’éloge.Et 2009 a été pour Trois-Rivières aussi une date importante: celle du 275' anniversaire de sa fondation.À lire tout cela, on pourrait dire que oui, le Québec «se souvient».Et qui parcourait les lieux ci-haut nommés pouvait constater que tout a été fait pour que ces dates soient bien inscrites: partout, il y eut festivités, spectacles, aménagements de site, en fait tout ce que permettaient les budgets votés par les divers ordres de gouvernement, ces budgets ayant été complétés par quelques souscriptions locales.Toutefois, un seule «ième» n’a pas pu avoir lieu, celui qui aurait permis de recréer sur les plaines d’Abraham cet «accrochage» entre Wolfe et Montcalm qui a vu, il y a 250 ans, l’Anglais y laisser sa peau mais passer à l’histoire pour avoir été le vainqueur.Dans ce dossier, les «nationalistes» ont eu gain de cause et les «orangistes» ont dû se déplacer en Angleterre pour assister à la reconstruction de cette bataille, qu’un James West a immortalisée dans un tableau.Double vue On connaît le grand dilemme historique canadien, qui est le même pour le Québec.Il n’y a pas, pour ce pays du Nord, dbisr toire officielle.On a des dates, mais on est incapable de définir les faits: si l’Histoire était un «western», les méchants de l’un seraient les bons de l’autre, ce qui entache finalement le happy end de n’importe quel scénario.Et il semble que, pour le Québec et le Canada, la solution est encore lointaine.On déplore en fait maintenant que les universités de la Belle Province ne forment plus d’historiens de la grande tradition, mais que, depuis bientôt 40 ans, ils soient devenus des spécialistes de l’histoire sociale ou d’autres disciplines connexes.Ainsi, pour trouver, parlant de ce territoire, des spécialistes «purs» et «durs», il faut maintenant aller en Europe ou descendre au Sud et alors fréquenter les établissements américains.Rien de nouveau ici: n’a-t-il point fallu, il y a de cela bientôt cent ans, qu’un Franz Boas, le grand anthropologue américain, fasse un commentaire pour qu’un Marius Barbeau s’intéresse aux contes et légendes du territoire québécois?Simple vie Et cette petite histoire est devenu l’Histoire.Car les Québécois aiment se souvenir d’hier.Des chaînes spécialisées comme ARTV ne remettent-elles point à l’affiche Le Temps d’une paix ou te Belles Histoires des pays d’en-haut?Et Historia annonce déjà que La Mémoire qui tourne connaîtra un grand succès.Bref, la vie quotidienne des gens ordinaires est ce dont on aime se souvenir.Comme le signale Fabrice Brasier, vice-président à la programmation de cette dernière chaîne, «il y a malheureusement peu d’intérêt pour l’histoire de la Nouvelle-France.L’histoire purement politique marche moins.» Et les budgets disponibles ne permettent pas de faire ici ce que PBS ou BBC, voire CBC, peuvent se permettre.D’ailleurs, si Wolfe et Montcalm se sont cette année fait entendre, ce fut dans le cadre d’une diffusion d’une heure au réseau anglais de Radio-Canada.Et maintenant, en français, plus rien ou presque, depuis que les «célèbres» capsules dites historiques des Scuüy, Bronfman et consorts ont été présentées comme des éléments d’une propagande produite à grands frais, sans rhétorique rigoureuse.Triste bilan Au Québec, on a établi, au fil des décennies, la nostalgie en système quand il est question de mémoire.Qu'un citoyen ou une citoyenne aime se souvenir d’hier comme d’une période où «tout était mieux» (collèges classiques, paroisses et nature en tête), cela ne va plus quand les politiques d’éducation font reprendre la même formule et faire voir à l’aune d’aujourd’hui ce qui s’est passé dans les siècles et les millénaires antérieurs: «J’en veux particulièrement à ce que je nomme le présentisme», déclare Robert Comeau, l’homme derrière la Coalition pour l’enseignement de l’histoire.Alors, Henri-Bourassa désigne un boulevard, Jean-Lesage, une autoroute ou un aéroport (c’est au choix), quand plus d’un ignore que Jacques-Cartier identifie aussi une chaîne de montagnes.EL pour le reste, on s’insurge.Dans un tel contexte, ce sont donc les «coups de gueule» qui décident et la rectitude politique devient l’outil qui permet de mesurer la valeur d’un fait: les référendums sont dangereux parce qu’on peut «colorer» le partage des votes selon des lignes partisanes.Et ainsi de suite, jusqu’à vouloir faire passer sous silence des siècles, des faits et des lieux.«Ce qu’on ne peut dire, il faut le taire», écrivait Ludwig Wittgenstein.Peut-être cela vaut-il pour le philosophe mathématicien, mais cela n’empêchera pas que ce dont l’histoire parle, et doit parler, a eu lieu et qu’il relève de l’école citoyenne de faire en sorte que le droit de savoir de ceux et celles qui la fréquentent, qu’ils soient «de souche» ou nouvellement arrivés, soit respecté.Duplessis est mort il y a cette année cinquante ans, mais pour le Québec il est toujours vivant.Le Devoir COALITION Pour une refonte en profondeur des programmes d’histoire BARBEAU ET SÉGUIN Deux hommes sur les traces de la parole et des objets au Québec Page 6 L K l> K V OIK.L K S S A M K I) I 17 K T I) I M A X (' HE IK O C T O B Ii E 2 0 0 !) LA Au secondaire Si peu de temps et trop de matière Les élèves qui arrivent au collégial sont mal formés Étendre sur deux ans l’enseignement du programme d’histoire au niveau secondaire, cesser d’éluder des faits marquants de l’histoire nationale, sinon identitaire, du Québec et mettre sur pied un nouveau secteur à l’Institut national de recherche scientifique qui serait consacré à l’histoire politique et nationale du Québec.Voilà autant d’idées et de thèmes qui sont ressortis des entrevues que Le Devoir a conduites auprès de quatre experts.Quand l’histoire suscite toujours un débat.ARCHIVES LE DEVOIR Deux des artisans de la Révolution tranquille: René Lévesque et Jean Lesage, en 1962.wlIS THIERRY HAROUN Laurent Lamontagne est professeur d’histoire au niveau secondaire depuis 26 ans.Il préside également la Société des professeurs d’histoire du Québec.Dès qu’on lui demande comment se porte son domaine dans une large perspective, il entre immédiatement dans le vif du sujet: «Le programme d’histoire au deuxième cycle du niveau secondaire est extrêmement chargé, tout comme le fut celui de la génération précédente.On demande au ministère de l’Education depuis longtemps de l’étendre sur deux ans.Il y a des conséquences à cela, comme le fait que l’enseignement se fait en fonction de l’examen, d'autant que cette matière doit être réussie pour parvenir à l’obtention du diplôme d’études secondaires.» Et quand on lui demande si on retrouve chez les jeunes un intérêt pour l’histoire du Québec et du Canada, ce professeur sursaute et rappelle au journaliste que, avec le programme enseigné, on est loin du compte.«Vous avez bien dit “histoire, du Québec et du Canada”?Ecoutez, ça ne s’appelle même plus comme ça, alors que c’était le cas pour le programme de 1982.Maintenant, ça s’appelle “Histoire et éducation à la citoyenneté".C’est ce que déplore d’ailleurs notre coalition.C’est à se demander: “C’est l’histoire de qui, de quoi et l’éducation à la citoyenneté pour qui”?D’ailleurs, l’expression “Histoire du Québec” apparaît en tout petits caractères à la page 29 dans un document de 109 pages.» M.Lamontagne fait remarquer que, à la suite d’un débat public qui s’est tenu sur cette question en 2006, le ministère de l’Éducation avait alors ajouté le «concept de nation» dans le programme.Reste que, dit-il, «le ministère ne s’est jamais vraiment justifié sur toute cette question, qui a toujours été une patate chaude au titre de l’enseignement de l’histoire.Et ce programme a été conçu dans le secret.Je connaissais un enseignant qui faisait partie du comité et il ne pouvait même pas en parler!» Rectitude politique Professeur d’histoire au Collège militaire royal de Saint-Jean, Charles-Philippe Courtois s'inscrit dans cette même logique.Selon lui, le programme tend à inculquer aux élèves une certaine idéologie.«Ce programme est 'dénationalisé pour être plus conforme avec ce qu’on pourrait appeler une certaine rectitude politique.Cela me semble poser un grave problème.Je pense qu’un cours d’histoire du Québec au secondaire devrait offrir à tous les jeunes Québécois des repères de notre histoire, peu importe leur origine.On ne peut pas prétendre que, parce qu’ils viennent d’ailleurs, ça ne les concernerait pas.» M.Courtois note avec insistance que le programme d’histoire escamote certaines périodes de l’histoire, du fait qu’elles sont considérées «comme conflictuelles, sous prétexte que ces faits ne concerneraient que les Québécois de souche, ce qui est complètement aberrant».A titre d’exemple, il rappelle que, dans la première version du programme de 2006, il était question ni des référendums ni des Patriotes.«Et la version du programme de 2007, qui a été un peu amendée, parle des Patriotes mais sans mentionner que le rapport Durham proposait l’assimilation des Canadiens français.Ensuite, on parle de la Révolution tranquille, mais sans évoquer l’affirmation nationale de l’époque.On ne mentionnera pas non plus, déplore-t-il, que le pouvoir économique d’avant cette époque-là était largement détenu par la minorité anglophone.Et ce n’est pas parce qu’on enseigne cela qu’on conditionne les jeunes à devenir des souverainistes.Ce sont des faits historiques qui sont importants à connaître pour que l’élève puisse se forger une opinion et mieux connaître le passé.» Péril en la demeure De son côté, Gilles Laporte, professeur d’histoire au Cégep du Vieux-Montréal et porte-parole de l’Association des professeurs d’histoire des collèges du Québec, constate que, malheureusement, «il y a véritablement péril en la demeure en ce qui a trait au degré de préparation des élèves lorsqu’ils arrivent au collégial.Et, d’ailleurs, j’appuie les professeurs du secondaire en ce qui a trait à leur demande de répartition du programme sur deux ans.» D’après lui, les élèves qui arrivent tout droit du secondaire sont certes bien outillés pour interpréter des documents ou encore pour se construire une opinion à partir de traces (témoignages, artefacts, archives et autres illustrations), mais ils n’ont «aucune base conceptuelle et leur érudition est lacunaire».Il serait donc ici question d’un rattrapage quant aux connaissances de base, une fois rendu au collégial?«Oui, tout à fait!» Il précise que la faute incombe aux principes directeurs du Renouveau pédagogique, qui prévoit «une approche par compétence».Gilles Laporte notp de plus que le ministère de l’Éducation «a toujours cloisonné les niveaux d’enseignement, et c’est de notre propre chef que les professeurs jettent des ponts entre eux.Nous, au niveau collégial, on participe de plus en plus aux congrès de nos collègues du secondaire, et eux participent aux nôtres.» Nouvelle section à l’INRS?Pour sa part Éric Bédard, professeur d’histoire à la Télé-université de l’UQAM, juge que l’enseignement au niveau universitaire bénéficie de la présence «d’historiens extrêmement compétents et du plus haut niveau, que ce soit en histoire sociale ou encore en histoire culturelle.Par contre, il y a un manque quant à certaines périodes de l'histoire: plusieurs d’entre elles sont négligées, et particulièrement celles qui concernent l’histoire politique et nationale du Québec.Elles ont été boudées pour toutes sortes de raisons.» Concrètement, Éric Bédard observe qu’il n’y a pas d’historiens québécois francophones qui ont concentré leurs travaux de recherche sur la bataille des plaines d’Abraham,,pour ne nommer que ce fait «Ecoutez, il faut, dans ce cas précis, remonter à Guy Frégault dans les années 1970.Je note aussi qu'il n’y a pas, dans nos universités francophones, de spécialistes des rébellions de 1837! On dirait que les chercheurs ont un peu déserté ces terrains-là, pour se réfugier dans des expertises plus pointues, moins “dangereuses”, où on s’expose moins.» Cet excès de prudence ne serait-il pas étranger à la timidité ou au conservatisme dont feraient preuve les organismes subventionnaires?«Je ne négligerais absolument pas cet aspect-là.Les chaires de recherche du Canada financent comme par hasard le multiculturalisme, la diversité, alors qu’on sait que les dimensions nationales et identitaires québécoises n’ont pas la cote.» Que faire alors?«Moi et d’autres croyons nécessaire de proposer la mise sur pied d’une nouvelle section à l’INRS qui se consacrerait à l’histoire politique et nationale du Québec.On pourrait ainsi former un bassin de chercheurs qui pourraient creuser des faits négligés de notre histoire.Il ne s’agit pas de créer une cellule de la Société Saint-Jean-Baptiste, on se comprend bien.Je crois qu’il est urgent de créer un tel lieu où on conduira des recherches sérieuses, rigoureuses et indépendantes.Je lance l’idée sur la place publique, et tant mieux si ça engendre un débat!» Collaborateur du Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR La campagne référendaire de 1980 L’expression « Histoire du Québec » apparaît en tout petits caractères à la page 29 dans un document de 109 pages Appuyez la Coalition pour la promotion de l’enseignement de l’histoire au Québec Appel aux associations d’enseignants, aux organismes québécois, aux parents, aux citoyens, aux professeurs et aux chercheurs Pour une meilleure connaissance et un renforcement de l’enseignement de l’histoire au Québec Appuyez la Coalition en nous écrivant à info@coalitionhistoire.org Visitez www.coalitionhistoire.org La Coalition regroupe : • Fédération des sociétés d’histoire du Québec • Société des professeurs d’histoire du Québec • Fondation du Prêt d’Honneur • Association des professeures et des professeurs d’histoire des collèges du Québec • Fondation Lionel-Groulx • Bulletin d'histoire politique • Société du patrimoine politique du Québec • Mouvement national des Québécoises et des Québécois • Collectif pour une éducation de qualité • Revue Action nationale • L’Ensemble Nouvelle-France • Société historique de Montréal • Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal 82, rue Sherbrooke Ouest Montréal (Québec) H2X 1X3 Téléphone : 514-843-8851 Télécopieur : 514-844-6369 % * » cm c mmmmÊmmmmc % * ZMÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊZ C MMCl E c nz : , E' E 5523 E I) E V Les directions des musées informent L’histoire se raconte au présent « Il faut toujours garder en tête qui est la clientèle-cible de nos différentes actions » SOURCE MUSEE MCCORD Créer une exposition nécessite plus que d’accrocher un tableau sur un mur.L’idée doit être réfléchie, mûrie, et il peut s’écouler de trois à cinq ans avant que l’exposition ne voie le jour.Une exposition sur le vélo à Montréal au Château Ramezay, une autre sur le hockey au Musée McCord et une autre actuellement sur les pirates, corsaires et autres flibustiers à Pointe-à-Callière.Voilà des sujets qui n’auraient sans doute pas eu leur place dans de tels établissements il y a dix ou quinze ans.Les temps changent et même les musées, fussent-ils d’histoire, ont pris le virage de la modernité: interactivité, spectacle multimédia, scénographie étonnante.mais surtout des thèmes plus diversifiés, propres à attirer une nouvelle clientèle.HÉLÈNE ROULOT-GANZMANN Conserver, interpréter, exposer: les musées ont la lourde tâche de rendre l’histoire accessible au public.«Aux publics, rectifie Nicole Val-lières, directrice du Musée McCord.Un musée sans visiteurs, ce n’est pas un musée, c’est une réserve.Chaque fois que nous imaginons une exposition, nous devons nous demander qui nous souhaitons toucher.Il n’y a pas un public, mais des publics, celui qui vient régulièrement, les touristes, ceux qui ne sont pas encore venus, les groupes scolaires aussi, les aînés: il faut toujours garder en tête qui est la clientèle-cible de nos différentes actions.» Cette préoccupation oblige les conservateurs à faire preuve de vision.Parce qu’une expo, ça ne se monte pas en claquant des doigts.Il y a d’abord une idée, qui doit être mûrie, réfléchie, débattue en comité, validée, et alors seulement commence le travail de réalisation: scénographie, rédaction, traduction, vérification, impression, graphisme, design, éclairage, son.bref, il peut s’écouler de trois à cinq ans.«Les gens pensent souvent qu’il s’agit d’accrocher des tableaux, s’amuse André Delisle, directeur du Château Ramezay.L’histoire n’est pas figée.Il y a de nouvelles découvertes, de nouvelles analyses.C’est une science qui s’ouvre sur d’autres disciplines également.Il ne faut pas avoir peur d’innover.Quand nous avons fait la démarche de recréer le jardin du gouverneur il y a quinze ans, j’admets que c’était un pari un peu fou.Alors qu’aujourd’hui les potagers historiques sont devenus populaires et les gens redécouvrent avec joie les légumes oubliés.Nous, ça nous a permis de proposer plusieurs expositions autour des traditions alimentaires au Québec, depuis les échanges amérindiens jusqu’à aujourd'hui, en passant par le XVIIIe siècle, qui reste notre spécificité.» Hier et après Car, si le but est de faire venir le plus de visiteurs possible dans ses galeries, il ne faut toutefois pas s’éloigner de sa mission et de sa particularité.«Chez nous, ce sont bien évidemment les vestiges archéologiques, souligne Francine Lelièvre, directrice du musée Pointe-à-Callière.Nous sommes installés à l’endroit même où les premiers colons ont posé le pied surl’île.Notre salle en sous-sol est jonchée de fondations.On se doit de les mettre en valeur, de les faire parler, dans la perspective de faire comprendre l’histoire de Montréal à nos visiteurs.» Le Musée McCord insiste pour sa part sur l’ancrage dans la réalité quotidienne.«Une exposition, ce n’est pas gratuit intellectuellement, insiste Nicole Vallières.Elle doit susciter le questionnement, car c’est la base de la démarche historique.Elle doit faire écho aux préoccupations contemporaines.Parce que nous faisons tous déjà partie de l’histoire.» Un souci partagé par Francine Lelièvre, pour qui il est fondamental de créer des liens entre la société d’accueil et les Montréalais d’aujourd’hui.«Quand nous proposons une exposition sur la Grèce antique, par exemple, nous essayons de faire connaître la civilisation d’une des communautés importantes de la métropole à tous les Montréalais, explique-t-elle.En retour, on essaie d’amener les néo-Québécois au musée, pour qu’ils découvrent l’histoire du territoire sur lequel ils vivent.» Interaction Faire venir de nouveaux visiteurs dans leurs galeries, tel est donc l’objectif commun de ces trois directeurs.Mais, plus encore, les faire revenir.Au Château Ramezay, on a misé sur l’aspect ludique et familial.«C’est une tendance forte dans tous les musées du monde, alors les parents qui voyagent s’attendent à trouver ça, assure André Delisle.Il y a des visiteurs qui lisent tous les panneaux, du premier au dernier mot, d’autres qui préfèrent plus d’interaction, des audio-guides, voire des brochures.Il faut répondre à tous ces besoins.Et, pour les enfants, nous avons par exemple le jardin en accès libre.En ce moment, ils peuvent y voir l’exposition Espèce de courges.Il y a des jeux, des énigmes, bref, de quoi apprendre en s’amusant.» L’interactivité, un maître-mot également du côté du Musée McCord.«Le public local, on veut qu’il ne visite pas le musée, mais qu'il le fréquente, précise Nicole Vallières.On tente d’établir une relation à long terme, une relation de plus en plus bidirectionnelle.Avec les nouvelles technologies, nous avons facilement et rapidement les commentaires des visiteurs, ce qu’ils ressentent à tel ou tel moment de l’exposition.C’est essentiel pour nous, parce que ça nous permet d’en savoir davantage sur eux.Mais nous développons aussi d’autres outils, comme notre site Internet, pour toucher une clientèle qui n’est pas forcément celle qui vient au musée.Nous avons 100 000 visiteurs par an à McCord, mais, dans le Web, ce sont deux millions de visites par an!» Le Château Ramezay est passé de 20 000 à 50 000 visiteurs en l’espace de dix ans.Quant à Pointe-à-Callière, avec ses 380 000 visites annuelles, il est le musée d’histoire le plus fréquenté de la métropole.«Les Montréalais nous ont adoptés et nous sont fidèles, remarque Francine Lelièvre.Nous sommes chanceux.Mais j’ose aussi croire que c’est dû à la qualité de ce que nous produisons, à notre souci permanent de diversité, à notre capacité d’aller chercher des œuvres qui sont souvent des premières mondiales ou au moins nord-américaines ou canadiennes, et puis aussi au créneau que nous avons développé dans l’organisation d’activités culturelles et urbaines.» «On innove, résume Nicole Vallières.Parfois, on fait des erreurs, mais ça nous permet de nous requestionner.Et finalement, le but, c’est d’arriver à convaincre les publics que l'histoire, ce n’est pas toujours plate!» Collaboratrice du Devoir I fllll Savoir d’ou l’on vient 1 ' I! ¦AAIIU A A1 « A ¦ U All I / A IA ¦ MM Le MNQ et ses Sociétés affiliées appuient la Coalition pour la promotion de l’enseignement de l’histoire Société nationale des Québécoises et des Québécois d’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec Société nationale des Québécois de l’Amiante Société nationale des Québécois et des Québécoises de la Capitale Société Saint-Jean-Baptiste du Centre-du-Québec Société nationale des Québécoises et des Québécois de Chaudière-Appalaches Société nationale des Québécois de la Côte-Nord Société nationale de l’Est du Québec Société nationale des Québécoises et Québécois de l’Estrie a Société nationale Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine Société nationale des Québécoises et Québécois des Hautes-Rivières Société nationale des Québécoises et Québécois de Lanaudière Société nationale des Québécoises et Québécois des Laurentides Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Société nationale des Québécois et des Québécoises de l’Outaouais Société nationale des Québécois de Richelieu-Saint-Laurent Société Saint-Jean-Baptiste de Richelieu-Yamaska Société nationale des Québécoises et des Québécois du Saguenay-Lac-Saint-Jean Société nationale des Québécois du Suroît Mouvement national des Québécoises et Québécois mnq.qc.ca I.K I* K V (MR, I, K S S A M RDI 17 E T I) I M A N < HE I « 0 (' T 0 B R K 2 (t 0 !l i a HISTOIRE Traditions populaires Deux hommes sur les traces de la parole et des objets du Québec Marius Barbeau et Robert-Lionel Séguin ont été des pionniers L’un, Marius Barbeau, a parcouru le pays en quête de ses gens de paroles; il a récolté tout un trésor de mots façonnant contes et chansons des gens d’ici.L’autre, Robert-Lionel Séguin, s’est promené un peu partout au Québec à la recherche de milliers d’archives et d’objets de la vie quotidienne de nos ancêtres; il témoigne du Québec d’autrefois à travers cette ARCHIVES LE DEVOIR collection ainsi recueillie.REGINALD HARVEY Marius Barbeau a d’abord exploré le grand terrain des autochtones, dont celui des Hurons-Wendat; il s’est beaucoup promené dans ce but», rapporte d’entrée de jeu Jean Du Berger, ethnologue et professeur à la retraite de l’Université Laval.Barbeau travaille alors à la Commission de géologie, à Ottawa.Il fait une rencontre déterminante qui donnera un deuxième souffle à sa carrière en 1914, au moment où il est âgé de 31 ans: lors d’une réunion de l’American Folklore Society, il croise Franz Boas, connu comme le père fondateur de l’anthropologie américaine.Ce dernier l’interpelle: «Avez-vous encore des contes français au Québec?Je vous pose cette question parce que, du côté des Etats-Unis, tous les anthropologues trouvent de tels contes dans les tribus des Sioux, et on sait que ceux-ci viennent de chez vous», rapporte M.Du Berger.Il n’en fallait pas plus pour que Barbeau se tourne du côté du village huron de Wendake, près de Québec, où la famille Sioui l’amène à découvrir de «beaux grands contes français», tout en lui passant ce message: «Nous sommes ici de bons conteurs, mais les meilleurs, vous allez les rencontrer de l'autre côté du Cap-Tourmente, dans Charlevoix.» Voilà de quelle façon a commencé l’histoire de ce pionnier des traditions orales québécoises.Le pays de la parole Il découvre dans cette région de Charlevoix des personnages comme «Louis l’aveugle Simard» et bien d’autres, qui lui révèlent toute la richesse de la tradition orale.Il continue de travailler officiellement auprès des Amérindiens, mais il profite de ses vacances pour se rendre en Gaspésie et ailleurs, où il va de découverte en découverte: «Il a recueilli des centaines de chansons et de contes.Les gens ne savent pas que, dans les archives de folklore de rUniversité Laval, où j’ai fait carrière, il y a assez de matériel sonore pour meubler trente ans de vie; impossible de l’écouter au complet, et c’est un très grand fonds de recherche.» La deuxième carrière de Marius Barbeau a pris son envol.En 1937, il rencontre Luc La-courcière et invite ce dernier à le regarder travailler pour lui enseigner les rudiments de son métier.Ultérieurement, Lacourciè-re effectuera des travaux plus en profondeur dans Charlevoix, ailleurs au Québec et jusqu’en Acadie, d’où il rapportera d’autres éléments fort intéressants: «Il faut se rendre compte que, dans le Québec de ce temps-la, celui des années 1940, il existe une sorte de grande peur de perdre notre identité.Une des premières intentions de cette prise de conscience de la parole relevait d’une quête identitaire.Lacourciè-re va même élargir cela à une connaissance du folklore universel.Pour lui, un conte du Québec est une porte ouverte vers la tradition du monde», relate Jean Du Berger, qui ajoute cette remarque personnelle: «Par nos contes, toutes les cultures se ren- contrent.Il y a un lien profond, qui est celui de l’esprit humain.» Plus tard, Barbeau deviendra en quelque sorte le gourou de Lacourcière.L’allumeur de ces temps-là Barbeau s’est livré à une synthèse de l’activité artistique de son temps dans les différentes formes qu’elle prenait: «C’était une sorte d’hyperactif qui allait de tous les côtés, qui s’emballait pour les choses.C’était un éveilleur.Quand on regarde maintenant notre société, il y a tellement de personnes qui n’éveillent plus, qui endorment et qui tuent.Lui, c’était un de ces hommes, un peu comme le grand Louis Harvey de l’Isle-aux-Coudres, dont Pierre Perrault disait: “C’est lui qu'il ne faut pas croire mais entendre, ce faiseur de mots qui est aussi chantre d’églisç.Un homme à brûle-pourpoint! Evident! Instantané! Il surgit en paroles, comme arbre en branches.Il marche dans l’homme en parlant, en paraboli-sant, “interbolisant”, affabulant, discourant et gesticulant.Et il se croit immortel.Allons-nous le mettre en oubli?”» Séguin, le collectionneur Paul-Louis Martin, ethnologue et historien, a lait carrière à FUni-versité Laval et à l’Université du Québec à Trois-Rivières, où il a assuré en quelque sorte la succession de Robert-Iionel Séguin dans l’enseignement de la culture matérielle.D situe l’ensemble de l’œuvre: «C’est vraiment le pionnier de la culture populaire, de l’histoire du peuple et de celle des masses anonymes.E a écrit sur les activités, les métiers, les comportements, la sorcellerie, l’injure, le costume, etc.; il n’y a donc pas que le volet de la culture matérielle.Voilà pour le chapeau général.» Il aborde un autre aspect de son travail: «E y a toute la partie révolutionnaire sur les activités au moment de la rébellion des Pa- L’anthropologue Marius Barbeau triâtes.Je dirais qu’il s’agit de son côté patriotique.Bref, il est évident que Séguin s’est penché sur la pensée révolutionnaire de la population en général.Ce volet spécifique de son travail est probablement lié à sa région d’appartenance, qui est celle de Rigaud, Vaudreuil et les alentours.» L’homme, les objets et la méthode De façon plus générale, Séguin s’est intéressé à la culture matérielle : «C’est très rural, jusqu’à un certain point, parce que la réalité de la vie matérielle des temps passés est à dominance plus rurale qu’urbaine.Sur ce plan, la liste est longue et il y aà peu près de tout: ça va des ustensiles à la maison, à l’équipement de la ferme, aux instruments agricoles, en passant par les costumes civils et les jouets anciens.» Il formule cet- te remarque au sujet d’un aussi large inventaire: «Quand on est un pionnier, on va dans toutes les directions, parce que personne n’y est allé avant soi.» Toute cette information figure dans sa grosse brique de quelque 700 pages publiée chez Fides et intitulée La Civilisation traditionnelle aux XVII et XVIII siècles: «C’est une bible sur la culture matérielle.» Séguin utilise essentiellement les fiches pour compiler toute sa documentation: «C’est le reflet de certaines méthodes de l’époque et cela montre à la fois les limites de cette façon de faire elle-même.Il s’agit tout de même d’une œuvre considérable et utile mais, jusqu'à un certain point, complètement dépassée parce qu’il s’agit d’un traitement primaire de la culture matérielle, en ce sens qu’il s’agit d’abord d’un travail d’archiviste de celle-ci», estime M.Martin.Il fournit ces explications: «Contrairement à bien d’autres avant lui, il a fréquenté les fonds d’archives depuis les tout débuts du régime français.E a dépouillé les greffes notariés et c’est un spécialiste des archives notariales; ça désigne les inventaires de biens après décès, les contrats de vente et d’achat, de même que les engagements de toute nature.De la sorte, on retrouve, dans La Civilisation traditionnelle, plein de listes et d’énumérations des différents aspects de la culture traditionnelle, avec la référence évidemment, mais aucune de ces pièces-là n’est mise en contexte; c’est m vaste inventaire et c’est une approche primaire.» Il s’agit de la première étape de compilation de la culture matérielle.Des milliers d’objets En ratissant le Québec, Robert-Lionel Séguin a ramassé au bas mot quelque 25 000 objets, qu’il a entreposés chez lui à Rigaud: «Il avait fait construire deux ou trois bâtiments pour abriter ses collections», rapporte l’ex-professeur qui l’a quelquefois accompagné dans ses tournées.«C'était d’abord un collectionneur.» Les ethnologues et les historiens qui ont suivi ont développé une toute autre approche et se préoccupent davantage d’analyser des contextes que de cumuler des séries.Paul-Louis Martin dégage les mérites de cet homme, au-delà des failles propres à son époque: «C’était un pionnier et un éveilleur.Il éveillait les gens à la richesse avec ses expositions sur les jouets ou les costumes; il se trouve quand même une richesse de nature formelle et technique dam ses collections, sauf que, comme celles-ci sont complexes à remettre en contexte, on peut difficilement aller plus loin que Séguin s’est rendu avec le type de documentation qu’il a accumulée.» Collaborateur du Devoir L’histoire d’Historia L’autre « petite » vie « Il y a malheureusement peu d’intérêt pour l’histoire de la Nouvelle-France » Le canal Historia aura bientôt dix ans.Le 30 janvier 2000, la seule chaîne francophone spécialisée en histoire au Québec a commencé à émettre, sous l’étiquette Astral Média.Petite histoire d’Historia.CATHERINE LALONDE Fictions, documentaires, magazines, productions canadiennes ou acquisitions, Historia traite de l’histoire sous toutes ses formes.Mais, souligne le vice-président programmation, Fabrice Brasier, «on privilégie maintenant l’histoire récente, celle des cinquante dernières années, et on la traite beaucoup par l’histoire sociale.L’expérience a montré que, en couvrant trop large, on perd l'intérêt.» Car, si Historia fait de la vulgarisation scientifique, elle est, comme toutes les chaînes, soucieuse de popularité.«Il faut que ça demeure grand public.Les cotes d’écoute au fil des années n’ont cessé d’augmenter.» Histoire populaire Deux millions de téléspectateurs s’attardent désormais sur Historia au moins quinze minutes par semaine, dont 50 % de femmes, alors que les chaînes historiques attirent de prime abord un cœur de cible masculin.Le contenu, pour garder tout ce beau monde, est le nerf de la guerre.«Il y a malheureusement peu d’intérêt pour l’histoire de la Nouvelle-France, déplore M.Brasier.L'histoire purement politique marche moins, mais ça ne m’empêche pas d’en faire.» Comme le Québec n’a pas les moyens de s’offrir les reconstitutions avec comédiens qui pimenteraient le contenu, la «vieille» histoire garde sa place grâce aux acquisitions faites auprès de BBC, A&E TV et History Channel.«Ils peuvent traiter de la Rome, de l’Amérique précolombienne ou des guerres avec des reconstitutions historiques et des images de synthèse.C’est presque de la fiction mais avec les faits historiques vérifiés.» Les fictions et l’histoire sociale remportent assurément la palme du public.«On cherche les sujets rassembleurs.Au Québec, le fait que notre histoire est si courte nous oblige à faire preuve d’imagination, à explorer tous les pans de notre histoire: sociaux, économiques, politiques.» Parmi les grands succès, Fabrice Brasier nomme L’Histoire de la folie, tes Saltimbanques du ring, sur l’histoire de la lutte, Champion/Coup sûr, sur le baseball, et Motel, No Vacancy, sur le tourisme.Cet hiver, on pourra voir tes Rois de la patate, sur les cabanes à frites.«Ces documentaires, à leur façon, approfondissent l’histoire du Québec.On est les seuls à les faire.Dans 50 ans, il sera trop tard.On contribue à construire un fonds patrimonial de toute l'histoire, qu’elle soit plus ou moins sérieuse.» J’ai la mémoire qui tourne Succès-surprise d’Historia cette année, J’ai la mémoire qui tourne déterre les vieux films de famille et offre un retour nostalgique sur les façons de vivre.Pour le producteur et réalisa- teur des Productions de la ruelle, Éric Ruel, J’ai la mémoire qui tourne «est au-delà d’une émission: c’est une mission.Partager et mettre en valeur de façon intelligente ces images riches de petite histoire.On a entre les mains des centaines d’heures de films que l’ONF n’a pas, que Radio-Canada n’a plus.On sauve un patrimoine extraordinaire.Les images qu’on avait de notre passé venaient de documentaires scénari-sés: le film de famille offre le point de vue intime.L’Eglise n’est pas au-dessus de l’épaule de celui qui filme.Personne ne prend un accent français [devant la caméra].C'est la vraie vie.Les archives étaient souvent organisées.Dans le film de famille, c’est l’émotion du moment qui déclenche le besoin de filmer.» Et des personnalités publiques de tous horizons, telles Ron Fournier, Michel Barrette, Liza Frulla, Janette Bertrand ou Mahée Paiement, commentent.«L’idée était de trouver les membres les plus reconnaissables de notre grande famille, comme si on visionnait par eux.On présente l’émission du point de vue familial, de la transmission bouche à oreille.» Et la voix hors-champ de Marcel Sabourin, grand-père mythique, assure la passation des informations essentielles.En plus des quatre émissions déjà en rediffusion et des huit épisodes en préparation,/’a/' la mémoire qui tourne comporte un volet Web.«On a plus de 3000 films sur le site.» Et le public continue à contribuer.De ce catalogue qui vise les 10 000 bobines, les Productions de la ruelle ont repiqué des images autour de thèmes précis.Cinquante-six webépisodes en découlent, sur les bikinis, la cigarette, les scouts ou Maurice Richard.«La beauté du Web, poursuit Ruel, c’est qu’on s’adresse à une nouvelle génération avec ces souvenirs-là.tes grand-parents mentionnent le site à leurs petits-enfants.On va peut-être mettre un passé dans la tête des jeunes et les rendre plus fiers de qui ils sont.» Les «maudits» vieux films Le financement de ce succès a pourtant été ardu.«On a tous le préjugé — mon père m’a assez écœuré à Noël avec les mêmes maudits vieux films de vacances où il faisait toujours la même blague à la même place — mais on a trouvé des gens passionnés chez Historia et au Fonds Bell qui ont cru au projet.» J’ai la mémoire qui tourne a touché de 180 000 à 200 000 téléspectateurs lors de sa première diffusion.«Et le site Internet dépasse de beaucoup les objectifs, selon les Productions de la ruelle.On souhaite qu’un organisme ait envie de participer à cette conservation et décide de mettre les films dans ses voûtes.On parle de milliers de bobines, c’est énorme.On espère que la Cinémathèque, l’ONF, un musée ou une bibliothèque pourra nous donner un coup de main pour assurer leur survie.» En attendant, le public peut continuer à envoyer ses vieux films à http://jailamemoirequitourne.historiatv.com.Collaboratrice du Devoir Association des professeures et des professeurs d’histoire des collèges du Québec .Représente l’Histoire dans plus de 40 établissements Céqen Je Sainte- Jou " " Cégep de l’Outaougis Collège Ahuntsic JeaiI-die^Brébeilf Cégep de Sept-îles Cégep Cégep de Sherbrooke Limoilou aW$Qn iu Vieux-Montréal CE RÂNBY A73C
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