Le devoir, 20 août 2005, Cahier B
LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 A 0 l' T 2 0 0 5 À LA UNE Les soldats canadiens se sont battus furieusement à Dieppe Page B 6 Le précédent de sir Sean Connery Page B 5 PER.SPECT VES Le retrait israélien de la bande de Gaza Le grand déménagement La fin d’une longue parenthèse historique JEAN-LUC ALLOUCHE Jérusalem — Rien n’y fera.Ni les manifestations, ni les infiltrations dans Gouch Katif d’opposants au démantèlement des colonies, ni les malédictions, ni les menaces.Pas même les supplications de rabbins qui, hier encore, adjuraient Ariel Sharon dans son bureau d’ajourner son plan.Il aurait versé une larme avec eux, dit-on dans son entourage.Mais l’évacuation de 21 colonies occupant 25 % des 360 km2 de la bande de Gaza, de 8000 colons installés au milieu de près de 13 million de Palestiniens, et de quatre autres colonies dans le nord de la Cisjordanie, ira à son terme.Que ce soit sous le feu des Palestiniens ou les cris et les pleurs des colons.«Je suis déterminé», n’a cessé de marteler le premier ministre israélien depuis qu’il a annoncé, il y a 18 mois, son plan d’évacuation unilatérale.Naguère, il disait aux colons: «Emparez-vous de chaque colline, avant qu’il ne soit trop tard.» Aujourd’hui, il reconnaît: «Nous ne serons pas partout où nous avons rêvé d’être.» D y aura d’autres compromis territoriaux.Pas aussi importants que le revendiquent les Palestiniens.«Les retraits ne doivent pas avoir lieu à Gaza seulement mais aussi en Cisjordanie», a rappelé Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne.«Nempêche, il s’agit en principe d’un pas historique que nous devons consolider et mettre à profit pour le bien de notre peuple», a-t-il reconnu dans le même souffle.De son côté, un des plus fidèles interprètes des plans d’Ariel Sharon, son ministre de la Défense Shaul Mofaz, a dès hier tracé la géographie de la nouvelle carte de redéploiement «Les colonies conservées vont déterminer le tracé de notre frontière orientale, qui doit être défendable et nous assurer une profondeur stratégique.Les blocs de colonies en JudéeSamarie et dans la vallée du Jourdain resteront sous le contrôle d’Israël.Il s’agit de Maalé Adoumim [est de Jérusalem] , Efrat [près de Bethléem], Gouch Etsion [sud de Jérusalem], Ane/ [nord de la Cisjordanie], Kédou-mim-Kamé Shomron [nord de la Cisjordanie] et Rehan-Shaked [nord de la Cisjordanie].» Trop peu, pour les uns.Encore trop, pour les autres.Après cette évacuation, Palestiniens et Israéliens, de gauche comme de droite, en débattront longtemps.Que ce soit au moment du retour aux négociations de la «feuille de route» vers un règlement du conflit Ou, plus sûrement, lors des prochaines élections israéliennes.La fin de Gouch Katif a d’ores et déjà ouvert une crise politique, voire de régime.Le retour aux urnes est inéluctable.VOIR PAGE B 2: PARENTHÈSE Les premières colonies ont été encouragées par le mouvement travailliste comme «couverture défensive» contre une menace venue de l’est GORAN TOMASEVIC REUTERS G1LCOHEN MAGEN REUTERS — v.,,, ¦ ¦ V Wm, Mai rv.EN, .La colonie de Nassanit a été vidée de ses habitants.La classe politique israélienne est sous le choc Sharon, parfois qualifié de «traître» au sein de la droite, a été contraint de s'allier avec les travaillistes STÉPHANIE LE BARS Jérusalem — Lorsque, le 2 février 2004, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a annoncé son intention d’évacuer Gaza de manière unilatérale, la classe politique dans son ensemble a été prise de cours.Les réactions ont été à la hauteur de la surprise, et les alliances politiques en ont été bousculées.C’est à droite, dans le propre camp du chef de gouvernement, que l’onde de choc a été le plus violente.Depuis cette date, le Likoud est en proie à de profondes divisions.L’ancien premier ministre Benjamin Nétanyahou a démissionné avec fracas du gouvernement le 7 août Les ministres Sylvan Shalom ou Limor Livnat ont pris leurs distances tout en continuant de siéger au gouvernement La dissidence de M.Nétanyahou a révélé la faiblesse ac-tuelle de M.Sharon dans sa propre maison.Coupé d’une grande partie des membres du comité central, initiateurs de la «rébellion» coordonnée par l’ancien ministre Ouzi Landau — mis en minorité lors du référendum auprès des militants sur le projet de retrait désavoué par près de la moitié des 40 députés du Likoud lors de votes au Parlement hué par les jeunes de son parti qui ont réclamé sa démission —, M.Sharon a été contraint de trouver du secours en dehors de son propre camp.Qualifié de «traître» et de «dictateur» par ses propres troupes, il n’a pas hésité à passer en force, limogeant les ministres récalcitrants.Il a en revanche gagné en popularité auprès des électeurs centristes et de certains électeurs de gauche.Cette période pourrait déboucher sur une scission du parti lors des prochaines échéances électorales en 2006.A la veille du début du retrait, la presse agitait même l’idée d’un «big bang» politique, à savoir la création d’un parti centriste conduit par M.Sharon et destiné à marginaliser M.Nétanyahou à droite.Des travaillistes ravis Ravi de voir mise en oeuvre une partie du programme qu’il avait défendu lors de la campagne pour les élections générales de 2003, le Parti travailliste a d’emblée soutenu le plan d’évacuation de la bande de Gaza.Les travaillistes ont toutefois précisé qu’il ne s’agissait pour eux que d’un premier pas dans le processus de règlement du conflit avec les Palestiniens; le retrait israélien de la majeure partie de la Cisjordanie et la conclusion d’un accord pour la création d’un Etat palestinien demeurent l'essentiel de leur ligne politique.L’absence de promesses en ce sens de la part de M.Sharon ne les a pas empêchés de rallier sans délai la nouvelle coalition gouvernementale, rendue indispensable par la crise au sein des partis de droite.Le soutien sans faille que les mi- nistres travaillistes apportent depuis lors à M.Sharon brouille un peu plus l’image de la gauche classique israélienne.Les partis de la droite radicale, religieux ou «laïques», traditionnellement défenseurs de la colonisation, ont, de leur côté, pâti de la nouvelle politique gouvernementale.Membres des premiers gouvernements Sharon, le Parti national religieux (PNR) et la coalition Union nationale ont été contraints de quitter le pouvoir, leurs ministres ayant été limogés par M.Sharon après qu'ils eurent exprimé leur opposition au plan de retrait de Gaza.Divisé sur les modalités de la lutte, le PNR a perdu, dans la bataille, son chef radical, Effi Eitam.Le Shass et le Parti unifié de la Torah — deux partis religieux, le premier séfarade et le second ashkénaze — ont monnayé leur soutien à la coalition chargée de mettre en oeuvre le plan d’évacuation en échange de garanties budgétaires pour leur électorat, en particulier les institutions religieuses et les familles nombreuses.À l’origine, le Shass était pourtant opposé au retrait unilatéral, lui préférant une évacuation des territoires décidée en accord avec les Palestiniens.Ces accords de circonstance ont également précipité le départ du gouvernement du parti ultra-laïque Shinouï; ses responsables ont dénoncé la stratégie de M.Sharon VOIR PAGE B 2: CHOC le Saviez-vous que.le Centre des politiques en propriété intellectuelle (CIPP) de l’Université I l’étude et de l’élaboration des politiques ayant trait à la propriété I reçu l’une des plus importantes s proposer des réformes au r est au premier pian de Ses chercheurs ont MMMH ^ McGill ('entre cl éducation permanente de I Université McGill • (514) 398-6200 L Formations pour professionnels en gestion de réseaux et programmation informatique AméHorez vos perspectives de carrière grâce à des cours du soir ou de fin de semaine menant à des certifications professionneHes en gestion de réseaux (Cisco, Linux, Microsoft) et en programmation (Java).• www.cep.mceill.ca 4 LJ.D E V 0 I R , LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AOÛT 2005 B 2 PERSPECTIVES Les recettes de l’or noir Pétrole cher : manne ou malédiction pour les pays producteurs ?wv 'jÿ.' ¦¦ ¦Hgfjjii Ü.: % m i i i* s*.si^ 9^ V msmm La plateforme de forage Goodwyn A au nord de l'Australie.REUTERS Les Journées Alternatives 8-9-10 septembre 2005 CMmatMque québécoise, Maison Théâtre, Cégep du Vieux-Montréal, Bibliothèque Nationale du Québec, ONF et calés du quartier latin.Dans le cadre des Journées Alternatives, venez à la rencontre de • ¦ jr fUS LAUTRE ISRAEL &-) 'i- \ 'L- vendredi, 9 septembre, MhOO à 17h00, Cégep du Vieux-Montréal AVEC: Connie Hackbarth, directrice du Alternatives Information Center (AIC), à Jérusalem.AIC est une organisation israélo-palestinienne qui produit, diffuse et partage de l'information et des analyses critiques tant sur les sociétés palestinienne et israélienne, que sur le conflit israélo-palestinien.AIC fait la promotion de la coopération responsable entre les Palestiniens et les Israéliens, fondée sur des valeurs de justice sociale et politique, d'égalité, de solidarité, d'engagement communautaire, et sur le respect des droits inaliénables du peuple palestinien.Sergfo Yahni, du Alternatives Information Center (AIC), à Jérusalem.Il a été condamné en mars 2002 à une peine de 28 jours de prison, pour refus de servir comme réserviste dans l'armée israélienne.Leena Dailasheh, de U'ayush (Vivre ensemble), à Jérusalem.Ta'ayush est une organisation réunissant des citoyens israéliens, juifs et arabes, luttant contre le racisme, la ségrégation, et pour la construction d’une réelle égalité entre tous les citoyens.Ital Ryb, du mouvement israélien Yesh-Gvul (U y a une IfanHe), à Tel-Aviv.Un mouvement encourageant les appelés et les réservistes de l'armée israélienne à refuser de servir dans les territoires occupés.Un invité de Physicians For Human Rfghts-lsrael (Médecins pour las droits humains en Isratt), à Tel-Aviv.Cette organisation lutte pour les droits humains, et particulièrement pour la dignité humaine et le droit à la santé et au bien-être physique et psychologique en Israël comme dans les territoires occupés.L’organisation mène tant des campagnes de sensibilisation afin d'influencer les politiques, que des actions médicales sur le terrain.Animation: Yakov Rabkln, professeur au département d’histoire de tVniversité de Montréal.Alternatives .pour un monde différent Information : 514.982.6606 poste 2224 - www.alteniatlves.ca LE DEVOIR JEAN-MICHEL BEZAT La rente pétrolière a recommencé à gonfler au début des années 2000 et coule à flots .dans les caisses des pays producteurs depuis 2004.À plus de 65 $ le baril, ils engrangent 2 milliards par jour, et la banque Goldman Sachs a prévu, dans une étude publiée jeudi dernier, un prix moyen de 60 $ dans les années à venir.Ainsi disposent-ils d’une force de frappe financière que certains sont tentés de convertir en arme politique.On est pourtant loin du compte, même si ce surcroît inespéré de recettes leur a souvent permis d’assainir les finances publiques, d’investir dans les infrastructures et d’acheter une relative paix sociale.A l’exception du président vénézuélien Hugo Chavez, qui puise dans les 31 milliards de réserves de change pour exporter sa révolution bolivarienne en Amérique du Sud, les pourvoyeurs d’or noir de la planète manient l’arme pétrolière avec précaution.Quand ils disposent encore de cette arme! Redoutée dans les années 1970, l’OPEP (40 % de l’approvisionnement mondial) a perdu de son influence en 2004 quand elle s’est révélée incapable de calmer les marchés faute d’une capacité de production suffisante sur le moyen terme.Cette perte d’influence a été renforcée par les divisions stratégiques du cartel, où deux approches s’affrontent Peu peuplés et riches en réserves, les pays du Golfe ont «une logique de parts de marché» qui les pousse à préserver leurs intérêts à long terme et à défendre des prix relativement modérés tout en assurant la sécurité de la demande des pays consommateur^, analysent les auteurs de Géopolitique du pétrole (Editions Technip, février 2005).A l’inverse, des pays très peuplés (Nigeria, Iran.) sont tentés de privilégier «une logique de revenu» pour financer des programmes sociaux urgents.Une dichotomie qui se réduit cependant, le royaume saoudien devant lui aussi répondre à une très forte pression sociale.Recentrée sur la politique des prix, TOPEP laisse ses 11 membres mener une stratégie différente.L’inscription de l’Iran sur la liste des «États voyous» par Washington n’a pas empêché la République islamique de multiplier les accords énergétiques Qapon, Inde, Chine) sans craindre de représailles.Comment sanctionner un pays qui détient les deuxièmes réserves mondiales de pétrole et de gaz, alors que toute tension supplémentaire risque de porter les cours du brut à des sommets?L’influence perdue de Moscou La Russie tente, pour sa part, de regagner l’influence perdue dans ses anciennes républiques de l’ex-URSS, avec lesquelles elle envisageait naguère la création d’une OPEP-bis.Depuis 1999, sa croissance a été généreusement alimentée par la hausse de sa production d’hydrocarbures (qui stagne désormais): elle a rempli les caisses de l’État permis une rallonge budgétaire de 13,5 milliards en juin et a nourri les ambitions internationales des sociétés russes.Mais ni cette bonne fortune ni l’emprise croissante du Kremlin sur le secteur énergétique n’ont pu empêcher ses revers en Géorgie, en Ukraine et en Asie centrale.Dernier symbole: la récente mise en Deux approches s’affrontent service de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, grâce auquel le pétrole de la Caspienne parvient en Èurope sans transiter par la Russie.Moscou se console avec ses réserves de Sibérie orientale, qui lui permettent de tenir sous une relative dépendance de gros consommateurs (Chine, Japon, Inde).Encore traumatisés par le souvenir des surcapacités des années 1980 qui avaient conduit à la chute des cours, les pays producteurs doivent aussi investir dans l’exploration-production pour maintenir leur position stratégique et multiplier leurs recettes.L’Arabie Saoudite prévoit 50 milliards d’investissements de plus sur cinq ans par rapport à 2000-2004, et le Mexique 13 milliards en 2005.Après 27 ans de guerre civile, l’Angola espère entrer dans une ère plus prospère en doublant sa production d’ici à 2008.L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a prévenu qu’une telle relance implique une ouverture plus grande aux compagnies étrangères (ExxonMobil, BR Shell, Total), qui disposent des technologies permettant d’améliorer le taux de récupération des puits exploités et d’en découvrir de nouveaux.Or les tensions se multiplient entre ces compagnies et des pays qui, comme le Venezuela ou la Russie, leur réclament plus de royalties.au sein de l’OPEP « Une drogue » Dans des États où les recettes des hydrocarbures représentent de 30 % à 90 % des ressources budgétaires — où opacité et corruption sont la règle —, la grande difficulté réside dans la répartition des surplus entre les dépenses courantes (éducation, santé.,) et l’investissement dans l’exploration, la production et le raffinage.Une équation fort différente d’un pays à l’autre.La Norvège, dont les habitants ont le niveau de vie le plus élevé du monde, peut alimenter son Fonds pétrolier pour les retraites.Les États du Golfe vont investir à l’étranger 290 milliards d’euros en 2005 et 2006.Mais le Nigeria, dont les trois quarts des 130 millions d’habitants vivent avec moins de 1 $ par jour, doit toujours subventionner des produits de première nécessité.Les promesses de l’or noir ont souvent tourné à la «malédiction» en interdisant l’émergence d’une économie diversifiée.Le risque est toujours là.Il y a quelques semaines, le ministre russe des Finances estimait que l’afflux de devises dans son pays ressemblait à «la dépendance d’une drogue».Cette richesse a aussi exacerbé les tensions internes: en Irak, le conflit sur la répartition des ressources pétrolières entre Kurdes, chiites et sunnites explique en partie le retard sur la Constitution.Au sein de populations appauvries depuis au moins deux décennies par l’effet conjugué de h baisse des cours et du boom démographique (sept pays de l’OPEP ont vu baisser le PNB par habitant depuis 1973), la question revient, lancinante: que faites-vous de l’argent du pétrple?Des puits ont été occupés ces derniers jours en Équateur, obligeant la compagnie nationale Petroecuador à suspendre le pompage et l’exportation.Dans le delta du Niger, des groupes armés prélèvent directement leur dîme sur les oléoducs.Et c’est bien une crise autour de la propriété des hydrocarbures qui a ébranlé la Bolivie en juin.Le Monde SUITE DE LA PAGE B 1 destinée à acheter le silence de deux partis religieux sur le retrait Le Shinouï, parti centriste et libéral, avait pourtant vocation à soutenir le plan de désengagement de la bande de Gaza.Le parti de l’ancien journaliste Yossef Lapid a d’ailleurs renoncé à renverser le gouvernement et a voté le budget en mars, pour que le projet de retrait de Gaza aille à son terme.De semblables contradictions ont traversé la formation la plus à gauche de l’échiquier politique, le Yahad, ainsi que les partis arabes israéliens.Soucieux de préserver à tout prix le processus d’évacuation, le premier a voté la confiance à la coalition Likoud-travaillistes, les seconds se sont abstenus.Dès que le retrait aura été effectué, les uns et les autres entendent clarifier leurs positions et repasser dans une opposition active.Es prônent une reprise des négociations politiques avec les Palestiniens pour un règlement global du conflit et pour un retrait total des territoires palestiniens.CHOC L’opinion publique, majoritairement favorable au retrait israélien de Gaza jusqu’à ces dernières semaines, n’a pas pris la peine de se mobiliser pour défendre le projet Seule une manifestation de masse — 150 000 personnes rassemblées à Tel-Aviv — s’est tenue en mai 2004, à l’appel de la mouvance pacifiste.Un exercice délicat pour ces électeurs de gauche contraints de soutenir une idée portée par leur adversaire politique, M.Sharon.Pour s’en démarquer, les manifestants ont réclamé, parallèlement au retrait, la reprise immédiate de discussions politiques avec les Palestiniens.Malgré un bref sursaut concrétisé par la distribution de rubans bleus (rappelant l’une des couleurs du drapeau israélien), la rue a été laissée aux opposants au retrait et à leurs étoffes orange.Mobilisée, efficace et organisée, cette minorité agissante a été soutenue et financée par le Conseil des implantations de Judée, Samarie et Gaza (Yesha), d’influents rabbins, des lobbies américains et une partie de la droite parlemen- La presse généraliste s’est engagée comme un seul homme en faveur du retrait taire.Les défenseurs des colons ont multiplié les initiatives plus ou moins réussies: mapifestations, chaîne humaine entre Jérusalem et les colonies du Goush Katif à Gaza, blocage de routes, distributions de rubans orange accrochés sur les véhicules, éphémère grève, de la faim devant la Knesset.A l’approche du retrait, l’extrémisme de certains de leurs membres a cependant braqué une grande partie de la population contre eux.La presse généraliste, écrite et audiovisuelle, s’est engagée comme un seul homme en faveur du retrait jugeant ainsi sévèrement la démission de M.Nétanyahou.Et les journalistes israéliens ont momentanément mis sous le boisseau leurs enquêtes sur les affaires qui planent depuis des mois sur M.Sharon et sur ses fils pour des problèmes de pots-de-vin.Un long documentaire réalisé par le présentateur vedette de la télévision publique, Haïm Yavin, a mis en lumière l’extrémisme et le mysticisme radical de certains colons de Cisjordanie et de Gaza; il a été diffusé sur une chaîne privée quelques semaines avant le début du retrait Le Monde PARENTHESE SUITE DE LA PAGE B 1 Mais, pour l’heure, Israël est en train de clore un épisode d’occupation et de colonisation de 38 ans.Au début, la stratégie est une «carte d’échange» pour une improbable paix avec les pays arabes, qui se heurte aux «trois non» de Khartoum de l’été 1967 («Pas de réconciliation, de reconnaissance et de négociation»).Cette année-là, le Gouch Etsion, détruit en 1948 par les Jordaniens, renaît.En 1968, Hébron accueille ses premiers colons venus réoccuper d’anciennes possessions juives de la ville, détruites en 1929 et 1936.Jusque-là, le consensus en Israël est presque total.Ensuite, la naissance du parti Gouch Emounim (Bloc de la foi), en 1974, en- gendre le véritable mouvement de colonisation idéologique.Issu du milieu national-religieux, ayant étudié à la prestigieuse ye-shiva Merkaz Harav, école religieuse qui dispense l’enseignement du rabbin Kook, ce mouvement prend, après la victoire de 1967, un tour messianique.Ses dirigeants sont encore, pour beaucoup, les inspirateurs des manifestants «orange» qui s’opposent aujourd'hui à l’évacuation.Si les colonies sont en majorité de droite et religieuses, elles n’ont pas manqué de fées de gauche et laïques au-dessus de leur berceau.Les premières colonies ont été encouragées par le mouvement travailliste, surtout dans la vallée du Jourdain entre 1967 et 1977, comme «couvertu-re'défensive» contre une mena- ce potentielle venue de l’est.À Gaza, l’une des plus anciennes colonies, Netzarim, a été créée en 1972 comme implantation d’une unité militaire de membres de mouvements de jeunesse de gauche, avant de se transformer en colonie peuplée de religieux.Avec l’arrivée au pouvoir de la droite, sous Mena-hem Begin, le mouvement s'est accéléré (99 colonies nouvelles).Aujourd’hui, on compte 120 colonies où résidept près de 230 000 habitants.A Gouch Katif, tombe le crépuscule de ce qui apparaîtra sans doute comme une longue parenthèse de l’Histoire.Pour l’heure, c’est encore une histoire pleine de bruit et de fureur qui se joue là.Libération * IE DE VOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 2 B B PERSPECTIVES À l’assaut d’Hillary La républicaine Jeanine Pirro tentera de ravir le siège au Sénat de l’ex-première dame des Etats-Unis en novembre 2006 CHARLES-PHILIPPE GIROUX Washington — Ce n'est plus tout à fait un secret plusieurs démocrates révent de voir Hillary Clinton se lancer dans la course à la présidence américaine de 2008.Mais avant de s'engager sur le chemin qui mène à la Maison-Blanche, l'ex-première dame des Etats-Unis devra d’abord reconquérir son siège au Sénat en opposant son charme à celui d'une républicaine, Jeanine Pirro.Si le nom n’évoque pas grand-chose pour une majorité d’Américains, cela est en voie de changer depuis que la dynamique, procureure du comté de Westchester, dans l’État de New York, a annoncé il y a près de deux semaines son intention de briguer le titre de sénatrice d’Hillary Clinton lors des élections de novembre 2006.Le simple fait qu’une femme ose se présenter contre Hillary Clinton semble suffisant pour faire fantasmer les médias américains, déjà fébriles à la perspective de cet affrontement Le New York Times décrit Jeanine Pirro comme un femme •très énergique», se réjouit de \•excitante nouvelle» et croit que les New-Yorkais assisteront à une «grande campagne».Pourtant malgré ses 30 années de carrière en droit et ses trois mandats comme procureure dans son comté, Jeanine Pirro a encore beaucoup à faire avant de constituer un danger réel pour Hillary Clinton.Les sondages la placent pour l’instant loin derrière la sénatrice.Et elle devra surtout convaincre les membres du Parti républicain de la choisir comme candidate officielle lors des primaires qui devraient notamment l’opposer à Edward Cox, un gendre de l’ex-président Richard Nixon.•Si elle réussi à franchir l’étape des primaires, [Jeanine Pirro] sera une adversaire sérieuse parce que n’importe qui décidant de faire campagne contre Hillary Clinton sera pris très au sérieux», note Kathleen Knight, professeur de science politique du College Barnard affilié à l’Université Columbia.«C’est un pari risqué.Si [Pirro] devait gagner à cause d’une erreur [de la part de Clinton], le gain serait important, alors il y aura beaucoup de personnes qui seront prêtes à miser sur elle.» Le fait que Pirro soit une femme pourrait aussi être un avantage en ce sens qu’elle pourrait neutraliser tout vote de sympathie de la part des femmes qu’obtiendrait normalement Hillary, estime Kathleen Knight En attendant les primaires, Pirro a causé la surprise cette semaine en obtenant les appuis de deux membres new-yorkais du Comité national républicain, fait inhabituel à 15 mois du scrutin et surtout compte tenu du fait que d’autres républicains sont en lice pour se présenter contre Hillary Clinton.Femmes de caractère En plus de leur image de femmes de caractère, les deux candidates partagent certaines idées, surtout sur les questions sociales.Par exemple, toutes deux se disent pro-choix et sont en faveur de la recherche sur les cellules-souche embryonnaires.Elles sont aussi d’accord pour défendre les droits des gais, mais s’opposent aux mariages homosexuels.Un expert de l’Institut de sondage de l’Université Quinnipiac cité par l’agence Associated Press en arrive à cette conclusion: «S’il y a de grosses différences entre elles, je n’arrive pas à voir lesquelles.[.] Clinton est une démocrate légèrement modérée et Pirro est une républicaine typique du Nord-Est.» Malgré tout contrairement à Hillary Clinton, Pirro appuierait une initiative pour rendre les réductions d’impôts du président Bush permanentes et approuve ses politiques contre le terrorisme ainsi que la controversée loi des Patriotes.«En bout de ligne, si elles vont au Sénat, Hillary aura tendance à appuyer le Parti démocrate et Pirro appuiera le leadership républicain.C’est une grosse différence en soi.Mais en ce qui a trait à la plupart des questions, elles sont toutes deux plutôt modérées, et c’est ce que ça prend pour gagner à New York», remarque Forrest Maltzman, professeur de science politique à l’Université George Washington.Hillary Clinton n’a toujours pas fait connaître ses intentions en ce qui a trait à la course à la présidence de 2008, mais pour La campagne électorale s’annonce corsée pour Mme Clinton.LARRY DOWNING KK1ITERS «Il faudra voir si la lutte pour le Sénat entre ces deux femmes atténue les chances de Mme Clinton pour la présidence Jeanine Pirro, c’est tout comme.«Je me présente contre Hillary Clinton parce que l’Etat de New York mérite une sénatrice qui se consacrera complètement aux gens de New York pour un mandat complet et qui ne manquera pas certains votes [au Sénat] pour faire campagne lors des primaires présidentielles», a-t-elle déclaré lors du lancement de sa campagne il y a près de deux semaines.«Elle veut nous utiliser comme tremplin pour la présidence.Je crois que nous méritons mieux.» Les commentaires de Pirro ne sont pas sans rappeler ceux de Rick Lazio, opposant républicain d’Hillary lors de la campagne sénatoriale de 2000, qui l’avait alors taxée de carpetbagger (essentiellement une opportuniste qui vient de l’étranger).«Pirro va tenter de jouer cette carte contre Hillary et c’est certainement la chose la plus facile à faire parce que les Clinton ont toujours donné l’impression d’être un peu opportunistes», note Forrest Maltzman.«Mais ce n'est probablement pas important», opine Kathleen Knight.«Dans n’importe quel État, la fierté qu’éprouvent les gens à voir un des leurs devenir président est supérieure aux irritations que cela peut causer à court terme.» Époux controversés A la liste des ressemblances entre les deux candidates, il faut en ajouter une qui ne manque pas de réjouir la fibre politico-potineu- n; 1111111 v nimimm ii* •’» 4 f:.11 fill i r i s » « REUTERS Les deux candidates au Sénat partagent certaines idées sur les questions sociales.se de certains chroniqueurs: toutes deux ont un mari au passé marqué par les scandales.Bien sûr, tout le monde se souvient des pauses-cigare de l’ex-président Bill Clinton dans le bureau ovale.Aujourd’hui, les Américains découvrent l’histoire d’Albert Pirro, un avocat qui a purgé 11 mois de prison pour fraude fiscale il y a cinq ans et a eu une enfant avec une autre femme il y a 22 ans, alors qu’il était marié à Jeanine.Certains estiment que le handicap des époux controversés des deux femmes s’annule de part et d’autre, mais d’autres croient tout de même que Clinton est avantagée par la situation.«Tout le monde sait qu'il n’y a plus de saleté à déterrer du côté de Bill Clinton.Les gens aiment ou détestent Bill Clinton et c’est une décision qu’ils ont prise il y a longtemps.Mors le public est surtout exposé aux controverses du mari de Pirro, ce qui pourrait être un problème pour elle», juge Forrest Maltzman.Pirro tente d’éviter de parler des frasques de son mari en ce début de campagne, mais le sujet est difficile à contourner.la fille illégitime d’Albert Pirro a elle-même appelé le New York Times cette semaine pour dire que son père s’en occupait bien et dénoncer la campagne de salissage dont il fait l’objet «Je crois que toute cette publicité contre Pirro est unefiiçm de s'assurer que tous les squelettes soient sortis du placard avant de lui accorder un appui républicain officiel», observe Kathleen Knight Madame la présidente ?Bref, il y a loin de la coupe aux lèvres pour Jeanine Pirro.Mais pour certains, l’intérêt est ailleurs.«Plus il y aura de femmes pour se lancer dans de telles campagnes, mieux ce sera», se réjouit Marie Wilson, présidente de l’organisation non partisane White House Project, qui travaille à l’avancement des femmes dans des positions de leadership en politique.Selon elle, le fait que plusieurs femmes soient impliquées dans une même course détourne l’attention par rapport au genre des candidates et permet de se concentrer davantage sur les vrais aspects d’une campagne électorale.«Ce que nous demandons, c’est que la presse ne traite pas l’événement comme s’il s'agissait d’une catfight [une chicane de fille, en quelque sorte].» Mais pour Kathleen Knight, même si la campagne est couverte «au pire niveau des stéréotypes des médias», elle permet tout de même aux jeunes femmes de prendre conscience que de telles panières leur sont accessibles.Mais les États-Unis sont-ils prêts à élire une femme à la présidence de leur pays?•Nous avons des sondages qui montrent qu’entre 78 et 82 % des Américains seraient prêts à voter pour une femme en 2008», assure Marie Wilson, qui croit qu’Hillary Clinton et Condoleezza Rice contribuent beaucoup au changement des mentalités.«Il faudra voir, ajoute Kathleen Knight, si la lutte pour le Sénat entre ces deux femmes atténue les chances de Mme Clinton pour la présidence, parce que d’ici les deux prochaines élections présidentielles, je crois qu’elle est la seule femme qui serait capable de faire campagne à ce niveau.» Collaborateur du Devoir Jean Dion Une revue de l’actualité Fouillant sans relâche les archives secrètes du combat révolutionnaire pour la libération de l’oppression du joug colonial, un séparatiste de choc a découvert qu’un cinéaste ambigu avait, avant d accepter une chambre d’amis du fédéralisme pourri a Rideau Hall, tourné un film en Iran.•Ottawa, le SCRS et la CRC ne veulent pas que vous sachiex cela, mais j’en ai la preuve», a dit le séparatiste, qui a trouvé la révélation sur le site officiel de la gouverneure générale désignée.«lx fédéral a tout fait pour cacher que le film a gagné un prix Cémeaux.mais c'était sans compter ma perspicacité et mon sens inné de l'enquête.» •Or je ne veux pas partir de rumeurs, a-t-il ajouté, mais l'Iran, non seulement ça fait partie de Taxe du mal, c’est aussi proche d’autres pays que je ne nommerai pas parce que je veux laisser les Anglais les trouver tout seuls.• Réflexion faite, le limier a fina)en\ent convenu que, oui, il voulait |>artir des rumeurs.«A votre place, je ferais des petites recherches du côté d'une cellule de souche dormante d'une nébuleuse appelée al-Qanada.Ils plantent des colis suspects à double fimd contenant du shampoo à la citadelle de Québec.Bon, je sais que la blague du double fimd commence à être usée en ta.mais peut-on vraiment sen empêcher?» Selon le séparatiste, le groupe al-Qanada [xisséde-rait également des armes de destruction massive, difficiles à trouver toutefois parce quelles ont été camouflées en fromage entreposé au fond de la baie des Ha! Ha!.?La ligue monarchisante royale dynastique absolutiste du Commonwealth du Dominion de l’Empire s’est insurgée hier contre la nomination île la nouvelle gouverneure générale du Canada et a demandé à ce que celle-ci fasse une nouvelle profession de foi, qui serait sa quatrième en six jours et abaisserait la marque établie par Benoît XVI aux JMJ.Si la ligue a mis 48 heures avant de réagir, c’est que personne n’y parle un traître mot de français et qu’on s’était donc contenté jusque-là de la version véhiculaire de la profession de foi n° 3, qui précise que ni la gouverneure générale désignée ni son consort n’avaient embrassé la «separatist ideology».Ce n’est qu’hier qu’on a signalé au chairman de la IA!RI)AGUE, âgé de 93 ans, que la version vernaculaire faisait état de «l’idéologie souverainiste».t «Je comprends que s'ils ne sont pas souverainistes, c’est qu'ils sont contre la souveraine.Dehors!», a dit le chairman avant qu’on lui signale qu’il y avait malentendu: c’est juste que les séparatistes sont tellement habiles et tellement partout et tellement sournois qu’ils ont même réussi à récupérer à leur compte le vocabulaire de la Couronne britannique.Informé de la situation, le chairman, maintenant âgé de 94 ans, a quand même demandé à ce que fa g.g.en devenir s’engage résolument en faveur du Canada en incluant dans sa profession de foi nu 4 les expressions «loyauté», «adoration», «pâmoison», «appétence», «prête à donner ma vie pour» et «maudits Français».?La reine du Royaume-Uni, Elizabeth II, tient à vous dire quelle se contrefiche éperdument de vos histoires à la mords-moi le nœud.«Je n’ai aucun pouvoir ici, je n'ai aucun pouvoir nulle part, je me fous du Canada, arrangez-vous avec vos troubles et sacrez-moi patience», a déclaré fa souveraine au bord de 1a dépression après qu’on l’eut informée que des citoyens ulcérés lui envoyaient des courriels pour se plaindre de fa g.g.désignée grâce à un hyper lien créé par un député conservateur d’Ottawa.«Vous voulez savoir ce que je fais de vos e-mails ?Vous voulez vraiment le savoir?Nm, vous ne voulez pas le savoir.» Selon des sources au palais de Buckingham, la reine en a plein sa sacoche.Déjà que des mauvais souvenirs de représentation de 1a Couronne dans les colonies s’étaient imposés à sa mémoire lorsque le prince Harry s’est présenté à un party d’Halloween déguisé en nazi, voici une autre histoire dont elle pourrait parfaitement se passer.«Vous noterez qu'en fait de conjoints, mettons, ayant un passé, elle peut déjà compter sur Camilla», a déclaré un proche, «je pense qu’elle en a marre.L’autre jour, elle s'est mise à pleurer lors-qu'tm lui a parlé de changer les rideaux dans le hall.Et comme Rocky, elle s'est mise à hurler "Adrienne!".» ?A fa suite du départ pour IVA de l’animateur Denis Lévesque, un ministre fédéral des Transports a fait savoir qu’il était prêt à faire double emploi et donc disponible pour reprendre 1a barre du Grand Journal à TQS.«Je me sens de plus en plus à Taise avec les caméras depuis que j’ai décidé d’en faire installer partout», a déclaré le ministre lors de conférences de presse tenues hier a Saint-Hyacinthe, à Rivière-du-Ijoup, à Gatineau, à Sherbrooke et à Gaspé, et jeudi à TroiirRi-vières, à Sept-lles, à Granby, à Roberval, à la Pocatiè-re et à Valleyfield.«Et puis, j’ai le.sentiment qu'on ne me voit pas assez I^es gens s'ennuient d'entendre aussi peu de déclarations de ma part sur une gamme étendue de sujets dans les médias», a-t-il ajouté lors d’une visite de presse à Victoriaville.Selon le ministre, la possibilité d’ètre à la fois lecteur de nouvelles et lieutenant québécois de Paul Martin ne présente aucun conflit d’intérêts.•J'ai appris en politique à appréhender la réalité de manière objective et mm partisane.Et puis, les tâches de présentateur d'un bulletin et de ministre srmt très similaires: dans les deux cas, il s’agit d’informer les citoyens», a-t-il dit lors d’un point de presse a Rimouski.Le député d’Outremont a dit rêver d’une «stimulante concurrence» dans les informations télévisées de fin de soirée qui le verrait opposé à la gouverneure générale présentant Le Téléjoumal à Radio-Canada «et, pourquoi pas, Liza ou Denis au TVA 22 heures» «Comme ça, les séparatistes seraient obligés de prendre leurs nouvelles à Télé-Québec, tsé veux dire», a-t-il lancé depuis Kuujjuaq.Selon des sources, le nom du ministre aurait par ailleurs été placé sur la liste préliminaire des candidats au prix Nobel de la paix après qu’il eut déclaré — dans le cadre d’une rencontre de presse à Baie-Comeau — qu’«0« n'est pas pour envoyer nos F-18» envahir les Etats-Unis pour régler le conflit du bois d’œuvre.Les F-18, notons-le, sont cloués au sol en attendant un débarquement au Danemark visant la récupération de lHe de Hans, où se trouve le ministre aujour-dliui en vue d’une exposition de presse. B 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AOÛT 2005 EDITORIAL Uessence puissance Jusqu’à présent, l’économie était parvenue à contrer l’augmentation soutenue du prix du pétrole.Ce n’est plus tout à fait le cas.Depuis que le baril se transige au-delà des 60 $US, le consommateur freine ses ardeurs.Condamner à débourser plus de un dollar pour un litre d’essence, il commence à couper ailleurs.LE DEVOIR D Serge ‘Truffaut epuis que le coût du baril a dépassé les 50 $US, on suppute les conséquences inévitables à cette hausse en comparant la situation actuelle à celle qui prévalait en 1979.Selon les calculs des analystes, lorsque le baril atteindra les 80 $, si jamais il atteint ce prix évidemment, il égalera le record historique de 1979.Mais voilà qu’une étude signée par Stéfane Marion, économiste en chef adjoint de la Financière Banque Nationale, apporte un éclairage diffé-Aèbt parce que plus ciblé sur le consommateur.)Selon la recherche effectuée par cet expert, lorsqu’on ramène le prix du baril au prix à la pompe, on constate qu’on est beaucoup plus près du niveau observé en 1979.Pour être exact, nous sommes à 10 % seulement du sommet enregistré à l’époque.Pour la première fois en vingt ans, la part que le consommateur consacre à l’achat d’essence dépasse les 3 % du revenu disponible.Et comme le taux d’épargne est à un bas historique, la pression financière que le consommateur subit est naturellement plus prononcée aujourd’hui qu’il y ^ un an.Dans l’est des Etats-Unis, monsieur Tout-le-monde a commencé à s’ajuster.D’après la banque JP Morgan, il dépense moins en sorties tfiverses et jongle davantage avec les soldes.On s’attend d'ailleurs à ce qu’il maintienne ce cap pendant plusieurs mois afin de limiter les effets qu’auront, ici également, les majorations des factures d’huile , et de gaz l’hiver prochain.En attendant les premiers froids, on se rappellera que toutes les grandes compagnies aériennes nord-américaines, y compris Air Canada, ont haussé récemment leurs tarifs.Pour l’ensemble de l’industrie, les conséquences inhérentes à l’envolée de l’or noir vont se traduire par une perte combinée de six milliards de dollars américains.Les gros joueurs de la livraison de lettres et colis, les FedEx, UPS et consorts, ont annoncé eux aussi des augmentations.Au Canada, les gouvernements fédéral et provinciaux n’entendent pas agir à court terme à une exception.et demie.L’exception?Le ministre des Finances de la Nouvelle-Écosse a signalé qu’une baisse éventuelle de la taxe serait étudiée.La demie?L’Alberta n’écarte pas une possible inscription du sujet au programme politique.Au Québec, on compte pour l’instant sur l’autodiscipline du citoyen.On espère qu’il sera acteur de l’économie d’énergie.Au passage, on doit rappeler que le litre d’essence est plus cher à Montréal qu’ailleurs au Canada.'1 Cela étant, la grande question suscitée par ce baril voguant vers les 70 $US se résume ainsi: y aura-t-il crise, voire récession, ou pas?Comme d’habitude, l’univers des économistes se divise entre ceux qui voient le verre à moitié plein et ceux qui l’estiment à moitié ride.Entre pessimistes et optimistes.Les premiers jugent qu’on approche dangereusement de la frontière de l’effet domino.En un mot, que la crise systémique n’est pas loin.Car c’est au cours du prochain hiver que tous les impacts provoqués par cette envolée de l’or noir auront intégré, si l’on ose dire, la sphère économique.Il faut savoir qu’outre le prix à la pompe, le chauffage, la baisse de certaines dépenses à la consommation, etc., des entreprises ont fermé des usines pour cause pétrolière.Par exemple, l’énorme Dow Chemical a mis la clé sous la porte de douze centres de production en Amérique du Nord.Couplée à un resserrement du loyer de l’argent, le cocktail pourrait s’avérer explosif au printemps prochain.Surtout si les prédic-tiqns des économistes versés en taux hypothécaire se réalisent.Ces derniers s’attendent à une augmentation de 2 % d’ici six mois.• Les optimistes parient sur une crise à la fois faible et de courte durée.Pour eux, il ne faut pas perdre de vue que le contexte actuel sè distingue de celui observé en 1979 comme suit: à l’époque, on àVait assisté à une restriction de l’offre alors qu’aujourd'hui on est témoin d’une pression sur la demande attribuable notamment à la soif de la Chine et de l’Inde.Et alors?Une fois achevés les nouveaux sites d’extraction, une fois inaugurées les nouvelles raffineries, on va récolter d'une addition sans équivalent de pétrole à compter du dernier trimestre de 2006.Nostradamus excepté, on ést pris entre le peut-être bien que oui, peut-être bien que non.FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE APêÊS lit fAsTutuSB MiCHAÉuÇ, To CftfiiS Qtiî CA VA SATISFAIS >A Léôiof* WM, CANAtnCwt ?& üfrMiîf Persécution déguisée de Mme Jean?Le genre de débat qui a présentement cours au Québec et dans le reste du Canada concernant la pensée politico-idéologique de Michaëlle Jean et de son époux Jean-Daniel Lafond est digne des jours noirs des pays non démocratiques du Tiers-Monde, où des individus et des groupes sont persécutés pour avoir pensé en dehors des normes imposées par certains cercles.Soulever des controverses pour manifester son existence ne devrait pas exister dans les pays démocratiques.Ce qui se passe aujourd’hui est une tentative malsaine de certaines personnes pour limiter deux individus dans l’exercice de leur droit fondamental en tant que citoyen.Comment peut-on célébrer l’anniversaire de la victoire sur les idéologies fascistes en Europe, notamment, et poursuivre une chasse aux sorcières ici?S’il doit y avoir critique à l’endroit de Mme Jean et de M.Lafond, que ce soit en fonction de leurs actions publiques et de leurs engagements sociaux.Indépendamment des accusations politiques à l’endroit des motifs du premier ministre dans la sélection de Mme Jean pour le poste de gouverneur général, ce choix est judicieux et à saluer.Le parcours de Mme Jean peut nous donner des leçons inestimables.Son choix n’est que la poursuite d'une politique exercée au Canada depuis sa conception comme entité politique.L’apport des immigrants dans la construction du Canada, et ce depuis les premiers colons, est reconnu, même si tout n’est pas toujours juste.Espérons que le remplaçant de Mme Jean, après la fin du mandat de celle-ci, sera une personne issue des Premières Nations! Houchang Hassan-Yari Professeur Collège militaire royal du Canada V Kingston, Ontario, août 2005 LETTRES -4- Un geste opportuniste Michaëlle Jean a enfin brisé son silence, sous la pression, je dois dire, une pression un peu gênante de quelques souverainistes.Mais même madame trouve la situation assez importante pour répondre et clarifier la chose.Je brise mon silence devant cette chose qui me rend mal à l’aise depuis le début Je dois dire que depuis quelques semaines je regarde la chose évoluer.J’écoute les extraits de films de son conjoint; j’admire la beauté de la femme, j’écoute le propos.J’arrive à un constat pour le moins troublant Mme Jean affirme ne jamais avoir été souverainiste, pas plus que son mari; donc elle peut (et veut) occuper le poste de gouverneur général du Canada.Si c’est le cas, ils auraient berné le mouvement souverainiste pendant des années en étant dans leur cercle intime, en faisant film après film avec eux pour faire connaître leur thèse?Je suis mal à l’aise devant cette situation, car j’aime bien Mme Jean.Mais je dois dire, par contre, que je sens de l’opportunisme à plein nez.Pensez pour un moment que, si le Québec avait atteint son statut de souveraineté cuelque part dans les dix dernières années, aujourd’hui Mme Jean, accédant au poste de beutenant général du Québec, nous dirait que depuis toujours elle est souverainiste, ayant les films et les déclarations de son mari comme preuve.Je suis mal à l’aise.Normand Rélair Saint-Lambert, août 2005 Sages éminences Dans les dernières minutes de la conférence que Gérard Bouchard a donnée le 16 août dernier à l’Institut du Nouveau Monde, le sociologue a délaissé son texte pour aller directement au message qu’il voulait transmettre.Bien qu’à son avis, la société québécoise soit inscrite dans un mouvement déstabilisant de transition et de profonde mutation, dans lequel tout l’Occident est aussi engagé, il nous invitait, nous, la jeune génération, à corriger l’image que nous avons de notre société.Il nous exhortait à modifier l’état d’esprit pessimiste et déprimé qu’il a constaté dans ses recherches et à reconnaître les formidables opportunités du Québec d’aujourd’hui afin de s’y épanouir.Ceci m’a beaucoup interpellé.Et voilà qu’à mon tour, je me tourne vers les intellectuels du Québec, ces éminences sages, pour les inviter à prendre la parole et à témoigner des forces vives de notre société.Celles qu’ils constatent, qu’ils reconnaissent et que nous devons connaître.Je serai très attentif à leur discours pour m’accomplir en tant que citoyen éclairé.Simon Hardy Montréal, août 2005 Traduction infidèle Dans la lettre intitulée «A token», publiée le 17 août, l’auteur Pascal Barrette a eu tort de traduire le mot anglais token par «pion».Dans le contexte, token veut dire «symbole» en français.Cela a une signification positive et n’a rien à voir avec le sens figuré d’un pion sur l’échiquier politique utilisé par l’auteur.Donc, en réponse à la question de savoir si elle se considère comme un symbole, Michaëlle Jean a répondu: je ne suis pas un symbole, et je ne le serai jamais.Richard Qi Chen Montréal, août 2005 REVUE DE PRESSE L’Alberta, c’est les États-Unis ANTOINE ROBITAILLE ¦ où vient le caractère distinct de l’Al-' * berta?Ses opinions très «red State», bref «bushiennes»: pro-armes à feu, anti-mariage gai, pro-guerre en Irak, radicalement individualiste, méfiance envers l’État, etc.?«L’est du Canada a été fondé par trois, peuples vaincus: les Français, les loyalistes et les Écossais, ces derniers ayant été chassés de chez eux pour faire place à des moutons.», me disait la semaine dernière Link Byfield, un des quatre sénateurs «élus» albertains (Paul Martin refuse de les nommer à la Chambre haute).Èn revanche, les individus qui ont peuplé l'Alberta au siècle dernier étaient des immigrants «en quête d’occasions».Et cela, affirme-t-il, «a toutes sortes de conséquences encore de nos jours dans le rapport que vous et nous avons à l’État».C'est là une interprétation.Il y en a d’autres.Dans le Winnipeg Free Press, hier, Frances Russell se penchait de manière très intéressante sur la question.Selon elle, l'Alberta a de «profondes racines américaines qui ont été magnifiées par des générations de dirigeants».Et de ce mythe découle une attitude «vicùmaire», qui veut que l’Ouest soit négligé et méprisé par le Canada central.C’est l’idée de «l’aliénation».Elle ne fait pas l'unanimité parmi les experts.Russell cite Keith Brownsey, politologue du Mount Royal College.C’est selon lui un outil «pour l’extrême droite cherchant à dévier le débat et à occulter les enjeux plus importants».Brownsey remet en question un des «griefs fondamentaux» des Albertains à l’endroit de «l’Est», soit qu'au début de l’exploitation pétrolière, l’Ontario et le Québec aient refusé de lui octroyer tout financement «En réalité, c’est Ernest Manning, premier mi- La presse nistre d'alors [pendant 25 ans], qui écarta toute sorte d'investissement canadien, trop plein de “socialistes" à son goût.Il invita plutôt quatre grandes multinationales américaines» à investir chez lui, sans conditions: elles n'avaient à promettre ni l'embauche d’Al-bertains ni l’octroi de contrat à des sous-traitants de la province.La chroniqueuse Russell, du Free Press, citait aussi un professeur de Regina, James M.Pitsula, qui prétend que, dans les années 1920, les Albertains d’origine étasunienne étaient deux fois plus nombreux que ceux d'extraction britannique.En Saskatchewan, les groupes les plus nombreux provenaient d’Allemagne ou de pays Scandinaves.Autre personnage déterminant dans le caractère américain de l'Alberta: Henry Wise Wood, né au Missouri en 1860 d'un père sudiste.Président des Fermiers unis de l’Alberta de 1916 à 1931, il refusa de devenir premier ministre de la province et développa une critique virulente de la démocratie parlementaire à la britannique.Il préférait la démocratie de type populiste, 1RR (initiative, referendum, recall), connue celle que le Parti progressiste favorisait aux États-Unis depuis les années 1910.Projet ramene au devant de la scène au début des années 90 par le fils d'Ernest Manning, Preston, chef du Reform Party.L’autre composante de l’esprit albertain, «une confiance quasi religieuse dans le marché», a aussi été instillée par Manning.Il y a donc des raisons culturelles, en plus des financières, qui motivent les autonomistes de l'Ouest Vous voulez vraiment revenir sur la polémique délirante au sujet de la nouveDe gouverneure génra-le Michaëlle Jean?Bon d’accord.Puisque vous in- du Canada sistez.Heureusement il y a certaines opinions qui ressortent du lot Rick Salutin, hier, dans le Globe and Mail, se disait déçu du communiqué de presse de Mme Jean.Pas assez canadien à son goût5 Non non, ce chroniqueur du Gobe, expert en surprises, a mieux à dire.Il reproche principalement un mot à Mme Jean: «unequivocally», c’est-àdire «sans équivoque».Salutin dit aimer «une certaine dose d'ambiguité, de complexité et d'incertitude» dans l’expression d’une opinion politique.«J’ai un préjugé favorable pour toute prise de position qui commence par “il est difficile de dire."ou ‘ça dépend’.» Après tout Lénine, lorsqu’il a pris le pouvoir en Russie, a décidé «qu’un peu de capitalisme était acceptable».Et Churchill, qui a tenté pendant des décennies «d’étrangler le bolché-visme», a fait alliance avec Staline, car «il était prêt à fain front avec le diable pour vaincre Hitler».Et Salutin d’y aller d’une confidence sur ses propres ambivalences: «Moi, parfois, je sens qu'un Québec souverain en bons termes avec le reste du Canada serait pour nous tous préférable à l'étreinte haineuse dans laquelle nous sommes prisonniers.À d’autres moments, je crois plus simplement qu’ils devraient déguerpir.» Par exemple, Salutin, résolument de la gauche canadienne, en a encore gros sur le cœur contre Jacques Parizeau, qui a déddé d'appuyer le libre-échange.L’ambiguïté, toutefois, n’est pas l'apanage de tous dans le ROC.Salutin donne l’exemple du très carré Andrew Coyne, du National Post, qui se demandait cette semaine si «Michaëlle Jean croyait au Canada».Réplique du chroniqueur du Globe: «Depuis quand le Canada est-il une religion?» Bonne question! Le nationalisme a ced de détestable qui! nous intime souvent d'adhérer de manière pré-rationnelle à un pays.Comme si ce n’était pas un contrat, un «plébiscite de tous les jours», selon le mot de Renan.Bref.Salutin ne croit pas en un Canada qu’il faudrait suivre «right or wrong», un Canada aux prétendues «valeurs éternelles, comme l’unité nationale ou même le système de santé universel».Mais plutôt à un Canada telle une «aventure commune, dans laquelle ces gens différents discutent de manière démocratique afin d’accommoder leurs besoins et leurs idéaux divers».Brèves «on the ROC» Michaëlle, encore.Qe l’appelle par son petit nom, comme nous y contraignait le titre de l’émission qu’elle animait jusqu’à récemment Passe encore les patronymes comme titre d’émission.Mais les prénoms.) ¦ Dans le National Post d’hier, David Asper, en faveur de la nomination de l’ancienne animatrice: •Son mari et elle ont déjà considéré l’option de l’indépendance comme un objectif pour le Québec?Et alors?» Puis il se questionnait «A-t-on interrogé Stephen Harper pour savoir s’il a déjà adhéré au plan de séparation de l’Ouest?[.] On devrait pourtant avoir tiré la leçon de cette phrase: ‘Avez-vous déjà été membre ou êtes-vous actuellement membre du Parti communiste?» (phrase de McCarthy, chasseur de sorcières).¦ La CBC est en lock-out II faut adopter une programmation d’urgence, disait à la blague hier Stephen Lautens dans le Calgary Sun.D suggère qu’à 9h, quotidiennement U y ait une «conversation de café» avec la nouvelle gouverneure générale.«Cette dernière retournerait à ses racines, à la télé de la CBC, pour donner un coup de pouce en ces temps de crise.Il s'agirait d’une tribune libre.Alors appelez en grand nombre et abordez tous les sujets que vous voulez.Sauf le séparatisme.On remet l’ordre du Canada aux trois premiers qui téléphonent.• arobitaillefijsympatico.ca wÊÊSÈêÊÊÊ. LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 0 E T D 1 M A N C H E 2 1 AOÛT 2 0 0 5 B 5 IDÉES “ Sean Connery est connu pour son appui accordé au Scottish National Party, le parti indépendantiste écossais.Nomination de Michaëlle Jean LEE BESFORD REUTERS Le précédent de Sean Connery RENÉ MARCEL SAUVÉ Géographe et auteur de Géopolitique et avenir du Québec eu importent leurs antécédents et leurs options politiques, rien n'empêche Michaëlle Jean de devenir gouverneur général du Canada et son conjoint Jean-Daniel Lafond, de lui servir de consort.Le seul obstacle vient non de leurs antécédents — réels ou imaginés —, mais de l’interprétation étriquée qui s'est répandue partout au Québec et au Canada à ce sujet , Le 5 juillet 2000, la reine, Elisabeth D s’est rendue au château de Holyrood en Ecosse pour accorder à l’acteur Sean Connery le titre de chevalier de l’Ordre de l’Empire britannique.Pourtant, deux ans auparavant ce titre lui avait été refusé.Depuis longtemps, le célèbre acteur était connu pour son appui accordé au Scottish National Party, le parti indépendantiste écossais, équivalent à notre Parti québécois.Non seulement Sean Connery ne s’est pas «reconverti» au fédéralisme ou au centralisme unitaire à l’honneur dans l’Empire britannique, il a augmenté son appui au Scottish National Party jusqu’à lui fournir de substantielles contributions en argent D est allé encore plus loip, en déclarant publiquement qu’il n’irait pas vivre en Ecosse tant que «son pays» ne sera pas devenu indépendant Pas question pour la reine de lui enlever l’honneur qu’elle lui avait octroyé.Sean Connery est devenu Sir Sean Connery et va le rester.Son option politique ne lui enlève aucune éligibilité pour les grands honneurs de l’Empire.En 1998, le nom de Sean Connery pour le titre de chevalier de l’Ordre de l’Empire britannique avait été recommandé par Tony Blair, mais refusé par Donald Dewar, secrétaire aux Affaires écossaises, à cause de l’appui de Connery envers le Scottish National Party.La proposition d’octroyer un tel honneur à un indépendantiste écossais n’était pas que personnelle.Elle était surtout politique, mais pas de la manière dont on JUDITH LUSSIER Etudiante en communication et politique à l'Université de Montréal, également artiste travailleuse autonome LI industrie du disque monte encore aux barricades à l’idée qu’une autre occasion de perdre quelques ventes point à l'horizon.Ne soyons pas dupes! Il est évident avant même de savoir que la Grande Bibliothèque est munie de graveurs, qu’il y aura, d’une façon ou d’une autre, copies illégales de disques compacts et de DVD.Comme il y en a toujours eu.Et ce n’est pas tout! Saviez-vous qu’on pouvait faire des photocopies dans la même institution?Bien sûr! «Tous ces livres vous appartiennent»-, le titre évocateur de l’une des premières expositions présentées à la Grande Bibliothèque donne le ton dès l’inauguration de l’établissement Gratuité et accessibilité sont les mots d’ordre, et ce, dans un désir louable de démocratisation de la culture.Lorsque j’ai fait la visite guidée de la bibliothèque nationale, les questions qui revenaient le plus souvent de la part des utilisateurs novices étaient «Mais ça, est
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