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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2005-08-20, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AOÛT 2 0 0 5 CINÉMA Une entrevue avec Gérard Jugnot Page E 12 I I L LIVRES L'histoire de la censure au Québec Page E 3 v j Ll IBP PEDRO RUIZ LE DEVOIR «La foi, le sens de la vie, la mort: le Québec d’aujourd’hui ne pense pas à ces grandes choses», affirme avec sévérité le réalisateur de La Neuvaine, Bernard Emond.ST™-» Le cinéma comme une offrande Entretien avec Bernard Emond, réalisateur de La Neuvaine ANDRÉ LAVOIE Jacques Marchand Introduction à la lecture de Jean-Paul Sartre â fa (fi ’tir»1 .dr Jttan-Pau} ‘-«am** t.Gatineau, Place de la Francophonie 19 août au 22 août lOh à 20h 1~6 Danes.18 dollars Ottawa, le long du canal Rideau (près des écluses, à l’ombre du Château Laurier) 26 août au 29 août lOhà 20h [| (lülfoNtlH IK( I.K DfiVOlK Québec nn Canada Gatineau U(i\ 1*1 Desjardins m distrait, accoudé dexxmt la vitre à rr-garder dehors.» Le billettiste de l'epoque — k' tait mérite d'être souligne à gros traits — est souvent une femme.Dans cette anthologie, pir exemple, c'est le cas de cinq îles huit auteurs convoqués, et le genre semble leur convenir à merveille.Si certaines d’entre elles, en effet, se contentent de broder de petites promenades littéraires qui ressemblent à des courtepointes pastorales, d'autres, comme 1 ouyse de Bienville (pseudonyme de Marie-Louise Manuel te, fille du romancier Joseph Mar mette et petitiAilk de François-Xavier Garneau) et plus particulièrement Fadette (pseudonyme d'Henriette Dessaulles, longtemps responsable de la page féminine du Devoir et cousine d’Henri Bouras-sa), en profitent pour philosopher avec élégance.la première, sur un bateau en direction d’Anticosti et inspirée par les eaux du golfe Saint-Laurent, s’exclame: «Chercher?N’est-ce pas là.semble-t-il, l’unique vocation de l'homme et l’ironie du maître — là-haut — qui tient toujours ouvert sur la machine ronde, son œil, dans le triangle sans issue qui contient la loi unique, la matrice essentielle du système universel et l’énigme de l’être.» Fadette, elle aussi fascinée pu- le sens de la vie et le «pourquoi profond des volontés divines», raconte de tort belles choses sur la grandeur de la musique et sur la solid i de humaine, mais elle brille surtout par la finesse de son regard introspectif qui la fait phénoménologue, comme en lait foi ce magnifique ex trait: «Et c'est cela la vie.la vraie, la vie profonde et intérieure qui fuit de nous des êtres supérieurs.Tant que nous ne vivons qu'à la surface, que nous ne prêtons l’oreille qu’aux voix extérieures, nous sommes de pauvres marionnettes dont les ficelles sont livrées au caprice du hasard.Nous ne vivons vraiment qu'en prenant conscience de notre conscience, en discutant avec elle, en lui obéissant ou en l’étouffant, c’est-à-dire que nous ne vivons que dans la lutte.Avant qu 'elle ne commence, cette lutte.les jeunes âmes sont des fleurs: leur rie est presque vegetative.Et quand la lutte cesse, c’est que nous glissiins dans iineonscienct qui précède la mort.» Souvent moralisatrice — le bonheur est dans le devoir, rappelle-t-elle à ses lectrices —.Fadette ne l’est pourtant pas au point de s'aveugler sur l'injuste sort reserve à trop de ses contemporaines.Stratège, elle laisse la parole à une de ses correspondantes pint din.' leur tait aux hommes: «Ce que g' vous demande, chère Madame Fadette, c'est que les hommes aient leur part de vos bons conseils.Dites-teur donc que Ui jeune fille dont ils ont tiiil leur servante était heureuse et choyée chez elle, qu ’elle a eu confiance en eux quand ils promettaient de la rendre heureuse.[.[ Ditesdeurdonc qu’il ne suffit pas à une femme d’être logée.nourrie et pas battue pour être heureuse.Dites-teur donc qu ’ils ne supporteraient pas un mois la vie qu ils font à leur femme depuis des années!» Et c'était dit.11 y a bien.d;uis cette anthologie, trois hommes, dont le délicat Al-bert Lozeau, fascine pu les jardins de givre si chers à Nelligan, mais leur parole intime, ici, pâlit à côte de celle des billettistes féminins accoudés avec grâce aux fenêtres de l’air du temps.Collaborateur du Devoir louiseorneUierXttfmrroinfo.net UNE HEURE À SOI Anthologie des billettistes (1900-1930) Choix et présentation de Vincent Charles I amber t Nota bene Québec, 2005,216 pages SOIIKI I I III (Jl'KBla Le romancier Jean Barbe, à l’époque où il était rédacteur en chef de l’hebdomadaire Voir, signait des textes qui s’inscrivaient dans la tradition du «billet».Présente: www.essiior.ca LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d'art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.L’AGENDA l’IiorÉUtlé, le pdciuos soirée MlltdKltlflÉlIlliailKlIi LE DEVOIR i E 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 D I M A X C HE 2 1 A 0 C T 2 0 0 5 E T - Livr es ^ ESSAI Keynes ou les combats d’un économiste Pour Dostaler, la révolution économique que veut mettre en vigueur Keynes s’appuie sur une vision du monde empreinte de tolérance et de compassion AFP Le 8 mars 1946, John Maynard Keynes pose en compagnie du père intellectuel du Fonds monétaire international, Harry Dexter White, à l’occasion de la réunion inaugurale de cette organisation en Géorgie.Le célèbre économiste, né en 1883 à Cambridge, est décédé le 21 avril 1946.JEAN-FRANÇOIS NADEAL' Les religieux de l’économie, souvent extravagants dans leur prosélytisme, n’ont heureusement pas réussi à convertir tous les païens qui refusent l’emprise de leurs prédications saugrenues.Un des économistes les plus éloignés de la fâcheuse religion qu’est souvent l’économie fut John Maynard Keynes (1883-1946), coqnu comme le grand théoricien de l’intervention de l’État et le père du socialisme libéral.Professeur à l’UQAM, spécialiste de l’histoire de la pensée économique, Gilles Dostaler affirme dans Keynes et ses combats que son œuvre a hélas été réduite par rapport à ses dimensions humaines réelles.Des économistes et leurs disciples, qui semblent croire que toutes les théories, y compris les théories économiques, s’autogénèrent «indépendamment des conditions qui les voient naître», ont en quelque sorte tués Keynes.Dans cette vaste étude solidement documentée que constitue Keynes et ses combats, Gilles Dostaler entend pour sa part resituer l’économiste en prenant en compte l’ensemble de sa vision du monde.Il explore à cette fin plusieurs facettes méconnues de sa pensée sous la forme d’une étude rigoureuse et particulièrement profitable pour quiconque cherche à comprendre un peu mieux les sérieux défauts de notre système économique.Qui sait que Keynes, révulsé par l’hypocrisie de la morale victorienne, appuyait sa pensée économique sur une conception morale où une quête de libertés plus grandes s’avère omniprésente?Keynes se montre même un défenseur des droits des homosexuels et milite, jusqu’à la fin de sa vie, pour que soient changées des coutumes et des lois dont il juge le caractère moyenâgeux.Petit-fils d’évêque et néanmoins mécréant, Keynes se passionne pour l’art, la morale et la philosophie.Faire l’histoire, des idées, y compris en économie, est pour lui un préalable essentiel pour quiconque souhaite une plus grande émancipation de l’esprit humain.Ami de Virginia Woolf, plongé comme elle au cœur de Bloomsbury, ce milieu intellectuel anticonformiste londonien, il s’attache à discuter ouvertement de toutes les facettes de la vie.S’il en avait eu le talent naturel, affirmait-il, Keynes aurait préféré être un artiste plutôt qu’un homme des sciences du chiffre.Imagine-t-on un autre économiste que lui fonder un théâtre?«Une science morale» Le «nouveau libéralisme» que propose Keynes n’est donc pas qu’économique.Dans Keynes et ses combats, Gilles Dostaler défend l’idée que la révolution économique que veut mettre en vigueur Keynes s’appuie sur une vision du monde empreinte de tolérance et de compassion.Pour lui, l’économie est d’abord et avant tout «une science morale».Keynes et ses combats débute par une synthèse de l’univers de la pensée de l’Angleterre du XIXr siècle.Keynes cherche en somme à résoudre les mêmes problèmes éthiques auxquels se confrontent, entre autres, Jeremy Bentham, John Stuart Mill, Henry Sidwick, Leslie Stephen et George Moore.Sa pensée, Keynes la module cependant en dehors de cette tendance à la mathématisation de l’économie qui réduit la vie à une équation.11 est convaincu qu’on ne peut appliquer les mêmes règles froides à l’économie qu’à la physique.«Si Keynes ressuscitait aujourd’hui, affirme Dostaler, ce serait pour découvrir que la soumission des sciences morales à l'emprise du raisonnement mathématique s'est affermie, non seulement en économie, qui ressemble de plus en plus à une branche des mathématiques appliquées, mais dans plusieurs autres sciences humaines.» Tout au long de sa vie, le politique occupe une place importante dans l’organisation de sa pensée.Mais où campe-t-il exactement sur le terrain politique?Pour certains, Keynes se situe à gauche, très à gauche.Pour d’autres, notamment les marxistes, il est jugé comme un conservateur d’autant plus dangereux qu’il affecte, à leurs yeux, une sympathie pour les couches populaires.Keynes s’amuse dans les faits à naviguer entre les perceptions, déjouant à peu près tout le inonde.Un penseur complet Pas étonnant que Dostaler tienne Keynes pour un penseur plus complet qu’on a voulu le croire en le réduisant très sommairement à un statut de lor.d anglais devenu théoricien de l’intervention de l’État et du déficit comme moteur de relance économique.D’ailleurs Keynes prône «plutôt l’alternance de déficits et de surplus en fonction de la conjoncture», qui s’appuie sur une vision sociale d’ensemble.Chose certaine, Keynes s’oppose aux tenants du laisser-faire: «Croire, écrit-il, qu’il existe un quel- conque mécanisme automatique d'ajustement fonctionnant sans heurts qui préserve l’équilibre à la condition de se fier aux méthodes du laisser-faire constitue une illusion doctrinaire qui ne tient pas compte des leçons de l’histoire tout en n’ayant aucun support théorique solide.» Servi par une plume vive et précise, le travail de Gilles Dostaler est tout à fait passionnant, de bout en bout.Il ne remplace peut-être pas les grandes biographies et certaines études consacrées à l’économiste anglais, mais il donne à réfléchir au mieux sur ce qui apparaît de plus en plus comme une évidence: Keynes doit être relu.Le Devoir KEYNES ET SES COMBATS Gilles Dostaler Albin Michel Paris, 2005,544 pages Keynes aurait préféré être un artiste plutôt qu’un homme des sciences du chiffre HISTOIRE Des primates au World Trade Center LOUIS CORNELLIER Le pari de l’essayiste Jean-Claude Barreau et du jeune historien Guillaume Bigot était ambitieux: tenter de raconter rien de moins que toute l’histoire dit monde, des primates au World Trade Center, en 450 pages.Le résultat est un ouvrage passionnant et instructif qui donne une bonne idée de l’évolution du genre humain à travers les principaux épisodes qid l’ont jalonnée.«Iss Français, et d'ailleurs tous les Occidentaux, écrivent les auteurs, sont devenus, pour la plupart, des hommes sans passé, des “immémorants”.» Cela tient entre autres, selon eux.à une nouvelle façon de faire l’histoire qui délaisse l’approche chronologique générale au profit d’une approche thématique ou sociale qui prive les contemporains d’une vision d’ensemble signifiante: «Ce salmigondis fait disparaître ce qui permettait aux individus d’effectuer l’inventaire de leur héritage.» Toute l'histoire du monde entend donc corriger cette lacune en offrant une histoire à l’ancienne, un récit chronologique de faits réels, résumant l’histoire de l’humanité pour le grand public.Et tout, en effet, ou presque, y est.On pourra, évidemment, contester les proportions (plus de pages, par exemple, sur la guerre d’Algérie que sur la Shoah), mais on sera forcé de reconnaître le brio avec lequel Barreau et Bigot — qui se permettent à l’occasion de petites piques polémiques — mènent leur audacieuse entreprise.Enfin, se dit-on une fois la dernière page tournée, un essai historiographique populaire, accessible et de qualité qui nous permet de nous retrouver dans cette fascinante aventure dont nous ne sommes que les petits derniers.Collaborateur du Devoir TOUTE L’HISTOIRE DU MONDE De LA PRÉHISTOIRE À NOS JOURS Jean-Claude Barreau et Guillaume Bigot Fayard Paris, 2005,462 pages éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature sous la direction de Francine Saillant et Éric Gagnon Communautés et socialites Formes et force du lien social dans la modernité tardive ÉrawotK’ S**4*nt nTri.collaborateurs Gilles Bibeau Andrée Fortin Communautés Eric Gagnon et socialites Jacques T.Godbout Jkm »»*» «J Daniel Jacques 4*>* Is MMximrftt 'mit** Diane Lamoureux * '- T - François Laplantine Raymond Lemieux Joseph J.Lévy Pierre Ouellet Françoise-Romaine Ouellette Jean-Bernard Pocreau b ' .5.S \ • Francine Saillant Stéphane Vibert 288 pages, 2“' dollars VITRINE DU DISQUE Les préférées des éplorées.et des fêlés ELVIS BY THE PRESLEYS Elvis Presley Boîtier de deux disques RCA (Sony-BMG) Aussi sûr qu’il y a des p’tits cœurs en sucre à la Saint-Valentin, il y a du nanane Elvis sur les coupes glacées à la mi-aoùt I.e 16 du mois, faut-il le rappeler, correspond a l’une des deux dates annuellement commémorées par la diaspora elvissienne: la triste, celle du décès (provoqué, dit-on, par l’ingestion sans mâcher d’un traité de pharmacologie ça d’épais).L’autre date, le 8 janvier, étant la joyeuse, cel]e de l’anniversaire de naissance.A ces dates, même les années au chiffre pas rond, Elvis réapparaît aux croyants à plusieurs milliers d’exemplaires dans les disquaires affiliés aù culte.Et en plus grand nombre encore dans les entrepôts-cathédrales d’Amazon.com.Cela se passe un peu comme dans la parabole du pain et des poissons, à cela près que c’est le poisson qui achète.Mais ne blasphémons pas en vain.C’était donc le 16 août la semaine dernière et il y avait comme d’habitude de l’Elvis tout neuf à se mettre — au choix — sur la langue ou dans le lecteur audionumérique.Du bon?C’est selon.Cela s'intitule FJ vis By The Fresleys et c’est un disque double, le premier se voulant Y «essential companion» du documentaire pareillement intitulé Elvis By The Presleys, par ailleurs disponible en DVD.Entendez par ce titre évocateur que les survivants du nom, la veuve Priscilla et l’héritière Usa Marie, nous proposent ici leur Elvis.Sur le DVD.cela nous vaut moult extraits de films de famille, la visite personnalisée de Graceland (sauf le cabinet de toilettes du deuxième, là où l'on trouva Elvis et son traité), les souvenirs intimes les moins intimes du monde.bref, le toutime.Sur disque, on obtient les chansons préférées des éplorées, ce qui semblera un brin redondant pour qui a tout ça vingt fois dans sa collection mais n'est pas inintéressant d'un point de vue dramatique, notamment pour la séquence de titres qui correspond à la rupture du couple: de You 've Lost That Lovin ’ Feeling à It's Over à Seperate Bins à Always On My Mind, on entend littéralement Éhis chanter son drame.Cela dit.compilation thématique ou pas, c’est quand même un peu mince, fut-ce pour le fan fini.On a donc adjoint au lot un second disque, aussi chiche en quantité que riche en qualité: cela dure en tout vingt petites minutes, mais impossible de vivre sans les prises trois à cinq de Jailhouse «iüg;.> Rock, jusqu'alors inédites.C'est à l’immortalité que l’on tend ici, et l’occasion fournie de sentir le moment de grâce approcher est plus que précieuse pour le fêlé d’Élvis dans mon genre.Pareillement, la petite bobine de ruban magnétique retrouvée chez les parents de Linda Thompson, petite amie de l’Elvis d’après Priscilla, est une sacrée trouvaille: on est en 1973, et Elvis, s’accompagnant seul à la guitare, joue et chante Baby What You Want Me To Do et surtout Tm So Lonesome I Could Cry avec la même pureté de timbre et d’émotion qu’à ses débuts.Oui, ça revient cher le frisson.Mais c'est dans de tels moments qu'au-delà du culte, au-delà du nanane anniversaire, on sait pourquoi on revient toujours à Elvis.C’est pas mêlant: quand il chante, on remercie le ciel à genoux.Sylvain Cormier THE OTHER SIDE Chris Hillman Sovereign Artists (Fusion HI) Chris Hillman est un humble.Un effacé.Autant dire qu’on le remarque peu.Il vit très bien dans son relatif anonymat: ceux qui savent qui il est et ce qu’il vaut ne l'oublient pas, et ils sont juste assez nombreux pour lui assurer digne pitance et lui pennettre d'enregistrer avec une beDe régularité des albums de qualité.Rappelons tout de même qu'il fut, derrière la frange qui lui cachait les yeux, le bassiste émérite des Byrds d'origine, et que c’est sa belle voix qui se mariait si mélodieusement à celles de David Crosby, de Gene Clark et de Roger McGuinn dans toutes ces fameuses reprises de Dylan (et quelques-unes de ses chansons à lui.dont l’exaltante Have You Seen Her Face).C’est un peu beaucoup à lui que les Byrds doivent leur déterminant virage country et le recrutement de Gram Parsons à temps pour l'album Sweetheart Of The Rodeo, virage qu'il continua de prendre avec les Flying Burrito Brothers, puis avec son propre groupe, l'excellent Desert Rose Band.Parcours exemplaire que nous saluons à l’occasion de cette parution discrète qui a pourtant de quoi satisfaire quiconque ne jure que par Gillian Welsh, Lucinda Williams ou Ryan Adams.Difficile d’imaginer plus délicate concoction de jus de racines que ce florilège de titres neufs et anciens (Drifting, The Water Is Wide, Missing You), où bluegrass, country, folk et ballades des Appalaches se racontent des histoires comme le feraient des voisins sur la véranda un samedi soir d’été.Vieux fan, je goûte particulièrement la relecture country-blue-grass de l’hymne psychédélique Eight Miles High: c’est fou comme le morceau de bravoure des Byrds, que je croyais indissociable de la 12-cordes électrique de McGuinn et de son fameux solo à la Coltrane, s’épanouit dans le registre intemporel de l’instrumentation acoustique.Seules restent, intactes et essentielles, les hannonies de voix.Belle leçon d'humilité.Décidément S.C.JAZZ SOMEWHERE IN FRANCE Ray Bryant Étiquette Hyena H y a les géants, les petits, les moyens et il y a les grands méconnus.Ceux qui mériteraient une attention soutenue, notamment des radios.C’est le cas du pianiste Ray Bryant.Né à Philadelphie en 1931, cet homme est un des six ou dix musiciens outrageusement sous-estimés.On s'emballe?Nenni.Le topo est simple: il a joué avec tous ceux avec lesquels il fallait jouer.Les Charlie Parker, Miles Davis, Dizzy Gillespie.Aretha Franklin, Coleman Hawkins, Betty Carter.Lester Young, Max Roach, Sonny Rollins, etc.Quoi d'autre?11 excelle lorsqu'il est seul au piano.Bryant est un immense soliste.Aujourd'hui, l'étiquette Hyena a la bonne idée de proposer l’enregistrement d’un spectacle donné en 1993.Intitulé Somewhere In France, cet album comprend treize morceaux.Il y a des classiques comme Take The A Train et St.RAY BRYANT: SOMEWHERE IN FRANCE Louis Blues ainsi que des pièces devenues populaires après avoir été tamisées par Bryant.On pense surtout à Slow Freight, que notre homme décline en plus de sept minutes.Le tout devrait ravir tous ceux qui aiment Oscar Peterson, Teddy Wilson, Jay McShann et autres pianistes ancrés dans le blues., Dans le cas de Bryant, il faut souligner son affection pour le gospel ainsi qu’une incroyable maîtrise de la.main gauche, la terreur des pianistes.Cet album, c’est du classique bien rythmé.Serge Truffaut Classique BER10 Transcriptions orchestrales à partir d’œuvres de Purcell, Bach, Boccherini, Mozart Schubert et Brahms.Orchestre symphonique Giuseppe Verdi de Milan, dir.Ric-cardo Chailly.Decca 476 2830.Luciano Berio (1925-2003) était un gros malin.Il n’avait pas manqué de remarquer que le système du collage d’œuvres exogènes dans la Sinfonia (1968) avait contribué au grand succès de celle-ci.Il s'est donc penché avec délectation (et pas seulement par intérêt, n’en doutons pas) sur les œuvres du passé, afin de les transcrire à l’orchestre, de les adapter ou de «réécrire dessus», comme le formule bien Giordano Montecchi dans sa notice.Parmi les adaptations, il y a la transformation de la Sonate pour clarinette op.120 n° 1 de Brahms en concerto pour clarinette, qui, passé l’effet de surprise, marche plutôt correctement et fournira peut-être dans le futur un concerto de plus aux clarinettistes qui en manquent Sacrément L’œuvre la plus célèbre du lot est Rendering, dans laquelle Berio fait se succéder des fragments d une symphonie de Schubert restée à l’état d'ébauche, fragments orchestrés avec l'effectif de l’inachevée.Dans les interstices, Berio instille des mises en suspens avec ses propres couleurs, illuminées par un celesta.C’est un exercice étrange et intéressant Les mises en bouche sur Purcell, Bach, Boccherini, Mozart tiennent majoritairement de la discipline -reecriture dessus», avec plus (Purcell, Boccherini) oir| moins (Mozart) de réussite.Le ‘ travail sur le Contrapunctus XIX, de L’Art de la fugue de Bach tjtj une transcription de la meilleure | veine.Chailly.lui.est dans un élément qu'il maîtrise et apprécie.C'est évident Christophe Huss LE I) E V 0 I K , LES SAMEDI 20 ET DI M A X (HE 21 A 0 Ê T 2 0 0 .» K I I I u>vu ¦ E-mu K Mrçio ta |V.O taienne avec s-t françaB IEspagneteleG.-6f MM ••8mr •’ans* I Lundi Tj apMl 19 II 30________ n ^ e x Ce n t r i s HORAIttS S14 847 2206 WWW.EX-CfNTRIS.COM Entretien avec Élise Guilbault et Patrick Drolet L’état de grâce Entre Sainte-Anne-de-Beaupré et Petite-Rivière-Saint-François, ils incarnent un duo dans le film de Bernard Emond, qui prendra l’affiche vendredi prochain ODILE TREMBLAY Le public du Festival de Locarno a beau avoir accueilli avec une immense chaleur La Neuvai-n et avant de lui décerner un prix d’totçrprétation pour Patrick Dro-lét.Elise Guilbault avoue avoir surtout hâte de connaître la réaction des Québécois devant l'oeuvre de Bernard Emond.«Le fi\in pose un regard sur nous plein delcompassion et de respect pour notre bagage religieux.Et c'est ici qièil trouvera toute sa portée.» 'Élise Guilbault vous dira être entrée dans quelque chose de vertigineux en prêtant ses traits et£a silhouette à la Jeanne désespérée de La Neuvaine.Celle-ci, passage à Sainte-Anne-de-Bèaupré, fera la rencontre d'un jaune homme en pèlerinage qui apaisera sa détresse.’¦feçt la seconde fois que Ber-nfrd Emond porte cette grande comédienne à l'écran, elle qui fut ilÿ a cinq ans «la femme qui boit», aîhre rôle de dignité et de douleur.Mais jamais auparavant un metteur en scène ne lui avait dit, à elle dont tous utilisent le registre d’intensité: «Retiens-toi.Je veux ton âme à nue.Sans artifice.À part tori chum et ta mère, je dois être celui qui connaît le mieux ton visage.Tu vas être éclairée par la lumière du bon Dieu.» Cette phrase venue d’un non-croyant à l’intention d’un personnage également athée décrit tout le film.«Il est rare que.devant Tæil de la caméra, on ait l’impression de vivre un moment théâtral, ajoute la comédienne.Jusqu ’à maintenant, à part pour des pièces de Racine et des tragédies grecques, c’est un des rôles les plus difficiles que j’ai eus à mettre au monde.Bernard Emond réalise son troisième long métrage.Il pbssède une assurance, une maturité qu’il nous a transmises.» Il n’y a pas de place popr l’im-pipvisation avec Bernard Emond.Ensemble, ils ont longtemps discuté du personnage.«Il m’a vraiment demandé de penser fort en campant cette femme.Jeanne, il la voyait brisée mais droite, vivante à trqvers sa coquetterie, sa démarche, son débit.» Ce rôle de plongée intérieure luj.est apparu plus difficile à soutenir sur le plan physique que mo-raT.«La tension était épuisante.Je ne,suis pas comme Jeanne dans la vie.Ce gouffre est absent de mon registre personnel.» Cette tension se jouait dans une quête de vérité incessante, en dénudant le personnage de toutes les scories d'interprétation.«Je pleurais durant le tournage, et il a enlevé au montage les scènes de larmes.Jamais il n’a laissé Jeanne déborder du cadre de sa retenue.Je n’étais pas “lâchée lousse’.D’où l’état de grâce de La Neuvaine.» «Le film parle de l’âme, de la morale, de la dignité, de la loyauté, de la responsabilité, du bien et du mal», poursuit Elise Guilbault, qui décrit La Neuvaine comme un film élevé, élaboré dans une absence totale d’ironie et de cynisme.«Il parle aussi du sens de la vie, des valeurs qui peuvent se jouer hors du champ de la foi, dans l’entraide humaine, la sagesse et la poésie.,» Bernard Emond, Elise Guilbault le décrit comme un homme de silence.«En cette période où la terre est à feu et à sang, il se retourne pour parler des choses graves avec un regard consistant.» A son avis, l’attitude respectueuse de toute l'équipe leur a permis de circuler au milieu des pèlerins sans les importuner.Ce personnage du jeune homme, incarné par Patrick Drolet elle goûte le fait qu’il ne lui demande jamais les raisons qui l'ont plongée en pareil état.«Dans cette scène où le jeune homme lui dit: “Votre âme est dans l'angoisse."Elle répond simplement: “Oui.” Tout est dit.» Prix d’interprétation Patrick Drolet a l’élégance de ne pas se monter la tête avec ce prix d’interprétation récolté en fin de semaine à Locarno.Bien sûr, ça fait plaisir d’être fêté partout dans un décor fastueux.«Mais une journée et demie avant de me retrouver sous les flashs des caméras, je coupais du bois dans les Cantons-de-TEst.Cet appel m’invitant à venir d’urgence à Locarno avait quelque chose d’absurde.Il y en a tellement, des acteurs qui deviennent ‘la saveur de la semaine” et dont on ne reparle plus sept jours plus tard.» Il vous dira avoir eu la chance énorme d'obtenir la confiance de Bernard Emond.«Travailler aussi avec Elise Guilbault sous la direction photo de Jean-Claude La-brecque constitue un privilège.» Son rôle de garçon compatissant et aimant ne lui a pas semblé difficile à jouer.«Mon personnage est allumé et à l’écoute.Il est aussi un enfant de la campagne qui vit sans stress.Le drame de la maladie grave de sa grand-mère transforme ¦ v: \ f \ Élise Guilbault et Patrick Drolet sont les vedettes du dernier film de Bernard Émond, La Neuvaine.sa vie.Il n’a pas d’analyse devant Jeanne au bord du gouffre, mais il s’occupe de cette femme comme d’une petite bête blessée.» Patrick Drolet a senti parfois sur le plateau passer cet état de grâce qui porte le film.I>a religion catholique n’est pas quelque chose d’ésotérique pour lui.Le jeune comédien a étudié auprès des clercs de Saint-Viateur, qu’il dit respecter beaucoup.«J’ai lu aussi sur les jésuites en France et en Nouvelle-France.Non, je ne me sens pas perdu sur ce terrain-là.» Patrick Drolet n’a pas une longue carrière derrière lui, mais une carrière tout de même.Di- plômé 2001 de l’École nationale de théâtre, on l’avait vu au cinéma dans L’Ange de goudron de Denis Chouinard et dans, 2(7/ii7 rue Darling de Bernard Émond.Les téléphiles le connaissent à travers Iss Bougon, Ayoye, Fortier III, et compagnie.Sur les planches, il travaille beaucoup aux côtés JACQOI N(,RKNll;K I I.DKVOIR d’Alexis Martin, entre autres dans Les Cabarets du Nouveau Théâtre expérimental.Quoi qu’il en soit, ce laurier à De carno ne saurait lui nuire.Et un rôle d’épure dans un film aussi inspiré ne liasse peut-être qu’une fois.Le Devoir Pipi caca dodo * THE ARISTOCRATS Réal, et scén.: Paul Provenza, Penn Jillette.Avec Jason Alexander, Paul Reiser, Whoopi Goldberg, Drew Carey, etc.Image: Paul Provenza, Michael Lynne, etc.Montage: Paul Provenza, Emery Emery.Musique: Gary Stockdale.Etats-Unis, 2005, 86 min.ANDRÉ LAVOIE Il y a des jours où je m’attriste davantage que je ne m’émerveille des possibilités infinies du numérique, permettant aux cinéastes de filmer, et de filmer encore, sans trop se préoccuper des coûts.Et alors que certains sujets ne résisteraient pas aux exigences, financières entre autres, des tournages sur pellicule, voilà que la convivialité de la caméra numérique permet toutes les audaces, ou encore toutes les insolences, certaines parmi les plus futiles.C’est ce sentiment d’inutilité qui nous habite devant The Aristocrats, de Paul Provenza et Penn Jillette, un documentaire d’où émane une forte odeur d’oeufs pourris, de sperme séché et de coulisses encombrées d’un quelconque club de nuit à l’abandon.Sortie de nulle part, une bonne vieille blague salace déclinée sur les modes les plus vulgaires, et les plus scabreux, mérite supposé-ment une attention particulière; jusqu’à présent, on ne l’entendait qu’en de rares occasions (dans quelques galas en circuit fermé ou à la série South Park, le plaisir coupable des scatophiles qui n’ont pas sorti du placard) et personne ne s’en plaignait En effet depuis de nombreuses B » I -, •Andy Dick (^ms Les Aristocrates.SOURCE THINKF1LMS années court parmi les humoristes américains une histoire destinée a faire rire (jaune), rarement débitée en public pour des raisons de simple bienséance.Elle débute toujours de la même façon: un stand-up comic se présente devant un agent avec un nouveau numéro comprenant une liste interminable d’insanités où la bestialité, la scatophilie, l’inceste, le viol, et j’en passe, tentent de se voler la vedette, évoquant au passage la présence des membres de leur famille pour nous dégoûter davantage.Et maintenant arrive le -punchline», ou ce qui en tient lieu: «Comment se nomme ce numéro?», demande l’agent, ou du moins celui capable de se rendre jusqu’à la fin.«The Aristocrats!», réplique l’humoriste.Et nous de crouler de rire.Supposément.Paul Provenza et Penn Jillette ont décidé d’aller à la rencontre d’une centaine d’acteurs reconnus pour leurs talents comiques (Robin Williams, Chris Rock, Whoopi Goldberg, Paul Reiser, Drew Carey), ainsi que des scripteurs (entre autres ceux de Saturday Night Live) et des journalistes pour cerner le phénomène entourant cette blague devenue légende dans ce milieu, la portion socio-historique tient sur une feuille de papier (hygiénique, bien sûr.) et dans une succession ininterrompue de témoignages, vite lassants et répétitifs, chacun s’amusant à la surenchère.Qui sera le plus bestial, le plus abject ou tout simplement le plus résistant à étirer cette farce (Paul Reiser a bien raison d’affirmer: «It’s the opposite of a joke») aux extrêmes limites du supportable?Ce pensum affligeant de près de 90 minutes aurait pu, au mieux, fai- re l’objet d’un court métrage caustique et méchant.Alors que ce n’était pas le but recherché, ce tableau d’ensemble ne fait que cultiver notre mépris pour un humour facile et bas de gamme, même si la plupart des humoristes se gardent bien d’offrir Ihe Aristocrats à leur public, tellement plus sophistiqué que celui de leurs concurrents.Reposant sur la renommée de ses protagonistes, cette enfilade de têtes parlantes — la forme est aussi répétitive que le fond — en vient même, et c’est encore plus triste, • à accorder un soupçon de génie à certains humoristes québécois.Mais la véritable origine de cet humour adolescent, très -pipi caca», s’expliquerait par le fait que les Etats-Unis, selon la thèse (?) d’un des humoristes interrogés (qui ne sont identifiés qu’à la fin, si vous avez assez d’endurance pour tenir jusque-là), «really need an orgasm».J’ignorais que la vie sexuelle de nos voisins était si pitoyable.Collaborateur du Devoir Parce que n®us S3 m mes t® us montréalais ! ®.Radio-, Montreal « CIBL, la radio communautaire francophone de Montréal, fête son 25’'’™* anniversaire de musique et d'information.À ce carrefour de son histoire, la station a choisi d'actualiser son appellation pour mieux figurer son identité.Pendant 25 ans, la RADIO LIBRE de Montréal s'est faite le reflet de la vie montréalaise du point du vue des groupes sociaux et d'un quartier important de la Métropole.CIBL veut maintenant élargir son approche et vivre Montréal dans la totalité de sa région métropolitaine.Pour CIBL, MONTRÉAL devient un parti-pris.En devenant globalement montréalais, nous restons libres.» www.cibl.cam.org 4 E 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 AOUT 2 0 0 5 om v in JACQUES GRENIER LE DEVOIR Dans Boudu, Gérard Jugnot est à la fois derrière et devant la caméra.Entrevue avec Gérard Jugnot Boudu repêché des eaux.pour le meilleur et pour le pire ODILE TREMBLAY Gérard Jugnot se fait appeler «monsieur le professeur» .dans la rue depuis qu’il a joué dans le mégasuccès Les Choristes.Il a l’habitude d’être confondu avec ses personnages.Cette fois, le rôle lui collait vraiment trop à la peau, et il avait envie de changer de registre.Quand on est à la fois acteur et cinéaste, ça brouille parfois les cartes.Combien se souviennent que Christophe Barratier a réalisé Les Choristes?Des gens pensent: c’est un film de Gérard Jugnot, comme on lui attribuait parfois Tandem de Patrice Leconte, où il n’était qu’interprète.Qu’à cela ne tienne! L’après-Choristes s'intitule Boudu.Et cette fois Gérard Jugnot est à la fois derrière et devant la caméra.«C'est toute l’ambiguïté d’être à la fois réalisateur et interprète.J'ai fait la part belle à mes deux acteurs: Gérard Depardieu et Catherine Frot, alors mon personnage demeure en retrait.Ceux qui ve- naient voir une prestation de Gérard Jugnot s’en plaignent.» Mais il a aimé réaliser Boudu.malgré quelques pépins à la réception.En fait, devant un jus de canne-berge au Café Méliès, il l’admet d’entrée de jeu: le fait d’appeler son film Boudu.en se posant en sorte de remake du film de Renoir Boudu tombé des eaux, ne fut pas une idée très heureuse.Le classique de Renoir porté à bout de bras par le grand acteur Michel Simon en 1932 est demeuré culte.Et n’y touche pas qui veut.En France, Gérard Jugnot s'est fait reprocher d’avoir osé se coller au modèle.Autre levée de boucliers quand le cinéaste-acteur a ajouté que Boudu tombé des eaux n’était pas le meilleur film de Renoir et une commande en plus de Michel Simon à partir de la pièce de théâtre de René Fauchois.«Mon Boudu est très différent du premier film.Seule la trame: un clochard sauvé de la noyade par un bourgeois, qui l'accueille et voit sa vie chambardée par lui.est demeurée.L’action a été déplacée de Paris à Aix-en-Provence, les péripéties ont changé.Le scénariste Plùlippe Lopes Curval a fait une nouvelle version de la pièce.Il ne reste pas une seule réplique initiale, f aurais mieux fait de ne pas l’appeler Boudu du tout.» Gérard Jugnot voit des liens entre spn film et Theorema de Pasolini.A cause de ce personnage qui arrive dans une famille coincée pour révéler chaque membre à lui-mème, le clochard Boudu étant la version truculente et paillarde de l’ange venu d'ailleurs.«Je voulais faire Astérix 3, et le projet a échoué.Mais le personnage d’Obélix me manquait.Or, dans le téléfilm Volpone, j’avais retrouvé Gérard Depardieu.Il n’était pas question que j’interprète moi-même Boudu.Depardieu possède ce côté “hénaurme”, pas moi.U est Boudu dans la vie: insupportable, attachant, immodéré Boudu.L’important avec Depardieu, c’est qu’il se lasse vite.Avec ce personnage, il s'est éclaté, trouvant des mimiques, des postures.» De Catherine Frot, Gérard Jugnot parle comme de la plus grande actrice comique française, la seule qui soit à la fois jolie et détentrice de ce grain de folie supérieure qu’elle exploite à merveille.Dans Boudu, elle incarne la femme d'un galériste d’art (joué par Jugnot).Névrosée, négligée, elle s'épanouira au contact du clochard rabelaisien tombé du ciel.Le tournage en partie dans un décor reconstitué près d’Aix-en-Provence fut un régal de lumière et un cauchemar.«Les cigales faisaient un tel vacarme qu’il jullut refaire tout le son.» Gérard Jugnot, qui aime la comédie, n’est pas l'enfant chéri des critiques.«Mais je suis un auteur à ma façon.J’ai ma couleur, mon style, même si je ne travaille pas pour récolter des Césars.En France, on paie le tribut de la Nouvelle Vague depuis quarante ans.Il y a autre chose.La preuve.» Le Devoir Ci UJ Un FFM envers et contre tout ODILE TREMBLAY Se jouant des prédictions annonçant son trépas, le Festival des films du monde entamera bel et bien sa 29' édition vendredi jusqu’au 5 septembre.Il n’est guère besoin de parcourir des yeux bien longtemps la programmation déjà annoncée pour comprendre à quel point la moisson cinématographique est maigre, le bataillon des cinéastes, grosso modo inconnu.On ignore aussi combien d’invités s’y pointeront Cela dit le fait que cette édition se déroule sans les subsides de Téléfilm et de la SODEC constitue en soi un tour de force qui suscite le respect.Serge Losique contribuerait même de sa poche au financement de son rendez-vous.Trois festivals de cinéma se suivent donc cette année dans une absurde danse en ligne: le nou-veau-né piloté par l'Equipe Spectra, le FIFM, commence deux semaines après la clôture du FFM.Le Festival du nouveau cinéma suivra en octobre.Affaibli, saigné par le nouveau rival, le FFM garde quelques bonnes flèches dans son carquois.Son jury d’abord, présidé par le grand cinéaste grec Théo Angelopoulos, avec à ses côtés les actrices françaises Anna Karina et Amira Casar, le cinéaste russe Pavel Lounguine, etc.L’hommage rendu au grand cinéaste chinois Chen Kaige (mais vien-dra-t-il?) et celui rendu à l'actrice d’origine chinoise Maggie Cheung s’inscrivent dans un intéressant coup de chapeau au centième anniversaire du septième art chinois.Un volet à suivre.Mais le FFM, après s’être aliéné les distributeurs québécois au profit du FIFM, n'est plus en mesure de jouer son rôle moteur — préservé au-delà du déclin des dernières années —, c’est-à-dire servir de rampe de lancement aux oeuvres nationales.Seul Ka-mataki, de Claude Gagnon, représentera le Québec en compétition.Pour mal faire, le film québé-çois La Neuvaine, de Bernard Emond, qui en des temps meilleurs aurait sans doute assuré l’ouverture du FFM, gagne les salles québécoises le jour même où le FFM part son bal.En compétition, le manque de cinéastes locomotives est criant.Il y aura bien l’Iranien Mohsen Mak-malbaf avec Sexe et philosophie, l’Italien Allessandro d'Alatri avec La Fièvre.Mais plus que jamais le public devra magasiner ses films à l’aveuglette en espérant tomber sur un bon lot Les œuvres de Kim Ki-duk, de Raul Ruiz et de Pavel Lounguine sont présentées hors concours et constituent quelques valeurs sûres, tout comme les documentaires de Rithy Panh et de Mika Kaurismàki.Les grands films de Cannes manquent à l’appel.C’est le Festival du nouveau cinéma qui en récupérera quelques-uns en octobre, dont la Palme d’or L’Enfant des Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne.De la confusion Reste à voir si le public, qui a toujours été le grand allié du FFM, sera au poste.La carte atout du FFM s’inscrit dans le calendrier.H constitue le dernier des grands rendez-vous culturels de l’été.Traditionnellement, des cinéphiles ont gardé du temps de vacances pour s’y gaver de films.Et le FIFM, qui suivra cette année dans sa case automne, n'aura pas l’avantage de la saison des vacances.Que le FIFM talonne le Festival des films du monde deux semaines après la clôture de ce dernier, cela crée une confusion qui ira en s’accentuant.Deux jours avant le début du FFM, le FIFM révélera la sienne, un timing pas très élégant d’ailleurs, qui tire dans les pattes de Serge Losique.Hier, le Festival du nouveau cinéma, qui roulera en octobre, dévoilait plusieurs morceaux de sa programmation.On peut présumer que le FIFM fera rouler ses pubs durant le FFM, achevant de mêler tout ce qui bouge.Personne ne se fait de cadeaux.V’ià le cinéma transformé en terrain de guérilla! Le FFM débute le 26 août donc, mais allez demander aux médias de suivre intensément trois rendez-vous.Allez demander au pu- .blic montréalais de savoir où donner de la tête.Pour parler en langage économique, l’offre ne correspond plus à la demande.Trois festivals de film à Montréal, c’est trop.Trop pour que les trois cuvées ne se nuisent pas les unes aux autres.En sandwich entre le FFM et le FIFM, les rendez-vous de Toronto et de Venise auront le bataillon des grosses primeurs, de toute façon.Montréal s’est affaibli en se divisant.On sait que Serge Losique rêve de se rendre jusqu’à la 30 édition du Festival des films du monde.Dans ce cas, la saga des trois festivals se poursuivrait en 2006.Le FIFM avancerait alors ses dates en été.Autre lutte de territoire en vue, avec le FFM cette fois.Alouette! Le Devoir HiimKii üalsan ul l .iilu nm’ Burniaux pri scnu-ni /GAGNANT DE 2 CESAR | Meilleure actrice / Meilleure première oeuvre tie fîclion I.A CRITIQUE ESI UNANIME ! « I n petit bijou Martine Dtntcoi, C’est bien mcilleut le matin Aussi sincère que délient.» « Yolande Moreau est lumineuse.» - Amlrv I avoie.I e IX*voir Marc- Vmlrc I iismcu I a Ères « Du grand art • » - Erie I ibioj, 1 'Express L ^ , • * LE DERNIER CHEF-D'ŒUVRE DE INGMAR BERGMAN « Simplement sublime.Sarabande est une oeuvre d'une profonde beauté, à voir Yolande Moreau Wïm XVillaerl Un film de Gilles Porte ot Yolande Moreau À L’AFFICHE! ?CINEMA ?SEMAINE DU 20 AU 26 AOÛT 200S Les NOUVEAUTES et le CINÉMA en résumé, pages ?4 6 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES, pages ?7,15 dans LAGENDA culturel TOUTE AFFAIRES CESSANTES.» La Prfs.se, marc-André Lussier «Remarquable, magistral, évènement choc du dernier Festival de Films du Monde.Un chee-d'œuvre de puissance et de concision.» Le Devoir, Odile Tremblay 9/10 « UN VÉRITABLE JOYAU.» ICI, Helen Faraoii LIV ULLMANN ERLAND jOSEPHSON ALAFrlCHfc! IXIMOBS wLEtlr, G k SON DIGITAL — V«v • j«u.: 12M0 - 14M0 - 17HÛ0 T9M0 - 21M0 v»rtion onpnai* sutttoùc me »ou»-titr*s «nfixt rCINÉMA DU PARC] 1 3676 Ou PRTC 361-TWO ?| «WO-ITMO-MWC • il DTI PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE! I-OWÉW.tH OCÉOM ——I * cuti louimnBRurai.K’isr mfam' ’—owpiBt ootow-i r—— cwtiwA —i üsnS ccwnwgAuTn ^EPaRooKE 71 rïr££>lLÉT~l APRES LE SUCCES DES CHORISTES GÉRARD JUGNOT A UN GROS PROBLÈME.GÉRARD DEPARDIEU CATHERINE FROT GÉRARD JUGNOT BOUDU UN FtM Dfc GERARD JUGNOT
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