Le devoir, 22 août 2005, Cahier A
AUTOMOBILE GAZA L’évacuation des colonies est presque terminée ; place aux bulldozers Page B 1 ?w w w .I e d e v o i r.c o ni Petite révolution dans le monde de la voiture d’occasion Pages B 5 à B 8 LE DEVOIR Benoît XVI passe l’examen avec succès mm K ^ V' * • ; • «».«> r - .Jr' * • - r«i PIER PAOLO CITO REUTERS PLUS D’UN MILLION DE JEUNES ont assisté hier à la messe célébrée en plein air à Marienfeld, près de Cologne, par Benoît XVI qui effectuait, dans son Allemagne natale, son premier déplacement à l’étranger depuis son élection à la tête de l’Église catholique.Le pape a donné rendez-vous aux pèlerins en 2008 à Sydney pour les prochaines Journées mondiales de la jeunesse, avant de repartir pour Rome en début de soirée.Au cours de son homélie sous un épais manteau nuageux et une température frisquette pour la saison, le pape a dénoncé le «boom du religieux», transformant la religion en «produit de consommation» où chacun prend ce qui lui plaît.Devant les jeunes, Benoît XVI n’a cependant pas fait preuve de la même aisance que Jean-Paul IL Pour autant, les jeunes ne l’ont pas boudé.L’affluence n’a pas pâti de sa réputation de conservatisme.Nos informations en page B 10.Jean-François Fillion sévira sur Internet L’animateur-producteur créera sur la Toile le premier service de radio payant au Québec REUTERS Les chefs du Bloc québécois, du Parti conservateur et du Nouveau Parti démocratique, Gilles Duceppe, Stephen Harper et Jack Layton.Layton lâche Martin Le NPD n'écarte pas Vidée d'une alliance avec le Bloc ou le PC ALEC C A S T O N G I) A Y Ottawa — A un mois de la rentrée parlementaire à Ottawa et au moment où les libéraux fédéraux prennent le chemin de Regina pour un caucus préparatoire de trois jours, le premier ministre Paul Martin se retrouve de nouveau isolé à la Chambre des communes, exactement comme à pareille date l'année dernière.11 devra de nouveau jauger ses appuis au cas par cas et naviguer à vue, alors que le chef du .NPD, Jack Layton, a confirmé lors d'un entretien avec Le Devoir qu i] lâchait les libéraux.Fini l’alliance PLC-NPD conclue le printemps dernier dans la foulée d’un ajout au budget et de l'instabilité à la Chambre des communes.Ije budget ayant reçu la sanction royale cet été, Jack Layton tient parole et VOIR PAGE A K: LAYTON Rentrée scolaire Au beau milieu de poursuites et de scandales qui entachent toujours son nom, l’animateur Jean-François Fillion prépare son retour au microphone dans un monde parallèle.Jeff Fillion: à o , l’abri du CRTC Pas question de retourner a CHOI, pas question de prendre l’autoroute 40 pour aller rejoindre le roi Arthur à Don- nacona, Jean-François Fillion prépare plutôt son retour en grand, sur le réseau Internet BRUNO GUGL1ELMINETTI L* animateur de Québec n’a jamais caché son intérêt r pour le monde d’Internet D’ailleurs, il déclare: «Moi, je suis un maniaque de tout ce qu’il y a comme nouveaux gadgets, fai toujours été un maniaque d’Internet.Je suis toujours branché.» L’animateur, aujourd’hui devenu producteur, a décidé de profiter de sa nouvelle notoriété pour offrir le premier service de radio payant au Québec: «Je veux sauter là-dedans à pieds joints avant que tout le monde embarque dedans.Je crois qu’il faut s’implanter en premier, il faut faire son nom et il faut faire sa place tout de suite, parce que, dans quatre ou cinq ans, il sera déjà trop tard.» Le marché est prêt, et la technologie est là.Jean-François Fillion affirme: «Il y a trois ans, on n’était pas capable d’avoir plus de mille personnes sur un serveur pour nous écouter avec une qualité moyenne.Aujourd'hui, on peut avoir50 000personnes à des coûts de 501 l’utilisateur avec une qualité CD ou à peu près.Ça demne d’énormes possibilités pour le futur.» Ses plus fidèles auditeurs ne seront donc pas surpris d’apprendre la mise en chantier de son grand projet de radio sur Internet Un service de radio payant qui offrira un bouquet d’une douzaine de stations audio avec, en plus, quelques personnalités radiophoniques pour agrémenter l’offre.Une offre qui, selon Fillion, poussera les internautes québécois à débourser jusqu’à 5,99 $ par mois pour avoir accès à cette programmation exclusive en direct sur Internet ou en différé.VOIR PAGE A 8: FILLION L’ENTREVUE \ A tour de rôles Rita Lafontaine fait partie de ces interprètes que le temps n’abime pas.Révélée par André Brassard et par le théâtre de *j Tremblay en 1968, elle n’a «r TH cessé d’être active sur scène, 1* ® ainsi qu'au petit écran et au 3*e5# cinéma.En janvier dernier, La Tribune de Sherbrooke |f lui attribuait le «Mérite es- ••- trien» pour la création d’un Rita Lafontaine centre des arts qui porte son nom à Saint-Joseph-de-Ham-Sud.SOLANGE LÉVESQUE Entre le personnage d'une jeune fille dans Les Belles-Sœurs (1968) et celui de la mère de l’auteur dans Encore une fois, si vous permettez (1998), de Michel Tremblay; entre le film Le soleil se lève en retard (1969), où elle interprète une bouleversante trentenaire qui rencontre l'amour grâce à une petite annonce, et La Grande Séduction (2003), où elle compose avec Clémence DesRochers une paire VOIR PAGE A 8: LAFONTAINE Les enfants du cyberespace (2) PEDRO RUIZ LÉ DEVOIR ïSali* Seulement le quart des enseignants utilisent régulièrement les technologies de l’information et des communications pour faciliter l’apprentissage de leurs élèves.L’essentiel du travail d’accompagnement et de formation des professeurs reste à faire.Uécole débranchée Les ados ont vu le jour en même temps que le cyberespace et ont grandi avec lui.Cette génération est sans contredit la plus branchée: 89 % des 12-17 ans utilisent Internet régulièrement et 99 % y ont recours occasionnellement Le Devoir poursuit aujourd’hui sa série sur cet univers, qui se terminera demain.Aujourd’hui: l’école.INDEX Annonces.B9 Avis publics.B 2 Convergence B 11 Culture____B 12 Décès.— B 9 Économie____B4 Éditorial __A6 Idées-A 7 Météo.B 2 Monde.B 1 Mots croisés.B 2 Religions____B10 Sports________B9 Télévision.B 11 CLAIRANDRÉE CAUCHY h école est le phis souvent à la remorque ” de la maison, voire carrément absente du train, en ce qui concerne l’utilisation d’Internet.Ordinateurs désuets, manque de formation des enseignants, résistance au changement quelles que soient les raisons, un fait demeure: le recours à la Toile et à ses dérivés, comme les outils de clavardage ou le cour- riel, est encore loin d’être intégré à l’enseignement Seulement le quart des enseignants utilisent régulièrement les technologies de l’information et des communications (TIC) pour faciliter l’apprentissage de leurs élèves, selon une étude réalisée en 2004.Ces derniers sont surtout concentrés au primaire, où l'organisation scolaire et la présence plus fréquente d’ordinateurs en classe facilitent l’utilisation.VOIR PAGE A 5: ÉCOLE A Grèves en cascade Les employés de soutien des cégeps du Québec lancent aujourd’hui une série de grèves dans le secteur public, qui suivront le calendrier de rentrée des différents établissements.C’est la semaine prochaine que les principaux cégeps et écoles de la métropole seront touchés.Les syndiqués regroupés en un front commun FTQ-CSN considèrent «insultante» l’offre inflexible de Québec.Leur convention est échue depuis 2003.Le ministre Jean-Marc Fournier appelle les enseignants à franchir les lignes de piquetage et répète que le portefeuille du gouvernement est vide.¦ Lire nos informations en page A 3 Jean-Marc Fournier BIBLIOTHÈQUE QUÉBÉCOISE www.livrts-bij.com Martine Desjardins H Alain Grandbois U ans» 4t Cia» H Hé » Québec % * K» zoS pages • 8,9j $ 232 pages • 8,9$$ Lionel Groulx Rodolphe Girard '?¦i.*- 136 pages .7,9s S 200 pag V 778313000641 ^événement GAGA/4/^ En location et à l’achat d’un CR-V 2005 Obtenez une carte-cadeau de 500$ CR-V LX 2005 Prix de location 288$ 0$ par mois/48 mois dépôt de sécurité Incluant 96000 km • Option O $ comptant disponible Transport et préparation inclus en location seulement d’essence* wmmmmm.CR-V EX illustré Odyssey LX 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chaque véhicule, sont identifiés : a) le paiement mensuel, b) le montant initial requis ou échange équivalent, c) le montant total au terme de la location.CR-V LX (modèle RD7755E) : a) 288 î.b) 5 216$.c) 19040$; Odvssey LX (modèle RL3825E) : a) 338$, b) 7 259$, c) 23 483$; Pilot LX (modèle YF18150: a) 399$.b) 4943$, c) 24095 $.Programme 0$ comptant également offert.Franchise de kilométrage de 96000 km; frais de 0.12 $ le kilomètre excédentaire.Transport et préparation inclus en location seulement.Frais de publication, taxes, immatriculation, assurance et frais d'administration en sus.Le prix de location des concessionnaires peut être inférieur.Voyez votre concessionnaire pour plus de détails.Photos à titre indicatif.••P.D.S.F.sur les Ridgeline LX (modèle YK16460 neufs.Transport, préparation, frais de publication, taxes, immatriculation, assurance et frais d'administration en sus.Offre d’une durée limitée.Photo J titre indicatif, tOffre sujette 4 changement sans préavis par le manufacturier.La carte-cadeau d'essence ne peut être jumelée i aucune autre offre.r t f LE DEVOIR.LE L l S D I •i •> A OIT 2 O O .ï A _______^ '_________________ Chantal Hébert Été libéral, automne électoral?Si les souvenirs de la crise des commandites n’étaient pas si frais dans les mémoires, on serait tenté de conclure au mirage.Poussés dans leurs derniers retranchements au pire moment du scandale des commandites le printemps dernier, les libéraux de Paul Martin terminent l’été comme si de rien n'était, au seuil d’une éventuelle majorité aux prochaines élections.Tous les sondages concordent le PLC est le parti fédéra] qui a connu le meilleur été.Continuant sur sa lancée de la fin-juin, sa cote est la seule à avoir augmenté.La domination libérale de l’Ontario et de la région atlantique ne se dément pas.Les actions du parti sont en hausse en Colombie-Britannique.Au Québec, le parti a rebondi pour rejoindre son niveau plancher traditionnel.Si le scandale des commandites est encore dans l’air, il ne constitue plus nécessairement le mètre étalon en fonction duquel sont mesurés et surtout diminués tous les faits et gestes du gouvernement Martin.La chance ne se commande pas.Les crises qui ont dominé l’actualité estivale étaient taillées sur mesure pour avantager les libéraux.Le suivi des attentats de Londres n’est pas susceptible de provoquer de grands clivages politiques au Canada, mais c’est le type d’événement qui alimente l’appétit de stabilité.Les derniers rebondissements du conflit sur le bois d’œuvre jouent sur les forces du PLC.Pour la première fois depuis 1988, son opposition initiale au traité canado-américain de libre-échange reprend des allures de scepticisme de bon aloi.?Privé du pain quotidien des commandites, le Bloc québécois vit de nouveau à la petite semaine.Décollée du plafond des sondages, la formation va devoir ramer plus fort cet automne pour garder sa belle place dans les intentions de vote.La base militante souverainiste est mobilisée par la course à la direction du PQ.La faiblesse chronique du Parti conservateur au Québec force le Bloc à abandonner l’espoir de voir le vote fédéraliste se diviser à la faveur d’une crise de confiance à l’égard des libéraux.L’affaire Michaëlle Jean et ses retombées négatives sur les relations entre le mouvement souverainiste et les communautés culturelles ne l’aidera pas à faire basculer dans son camp les bastions libéraux montréalais qu’il a ciblés en vue des prochaines élections.De tous les chefs, aucun n’a passé autant de temps sur la route à courtiser l’électorat que Stephen Harper.Si le chef conservateur n’est pas au bord de l’indigestion de hamburgers, c’est qu’il a l’estomac solide.Mais la stratégie a eu plus d’impact sur le tour de taille de M.Harper que sur la position de son parti dans les intentions de vote.Le Parti conservateur ne décolle toujours pas en Ontario; il recule en Colombie-Britannique.Tout indique tout de même que ses militants se sont résignés à faire la prochaine campagne avec M.Harper à leur tète.Sans solution de rechange évidente sous la main, les conservateurs n’ont pas vraiment d’autre choix.Plusieurs se disent que tant qu’à perdre les élections, aussi bien finir d’user un chef qui ne réussit pas à s’imposer.Et si les libéraux en profitaient pour regagner une majorité, nombreux sont les membres de son aile progressiste qui verraient dans cette déconfiture d’un ténor de l’aile allianciste de la nouveDe formation une belle occasion de revenir aux affaires.Ceci expliquant cela, une des meilleures nouvelles que Stephen Harper ait eues cet été est venue de.Paul Martin.Parmi les sénateurs nommés au début du mois, on retrouve Hugh Segal et Andrée Champagne.Cet ancien chef de cabinet des premiers ministres Brian Mulroney et William Davis et cette air cienne députée conservatrice du Québec, identifiés à l’aile progressiste de l’ex-parti conservateur du même nom, se sont joints au caucus de M.Harper sans faire de manières.C’est grâce au NPD que le gouvernement libéral a réussi à passer à travers le pire printemps de son histoire récente au Parlement L’appui de Jack Layton avait largement fait la différence dans l’épreuve de force qui avait opposé le gouvernement minoritaire à l’opposition conservatrice et bloquiste.Mais c’est aux libéraux que semblent profiter les mesures populaires du prétendu budget néo-démocrate.Comme ses prédécesseurs avant lui, M.Layton accumule les succès d’estime pendant que les libéraux engrangent des votes.?En principe, le dépôt du premier rapport de la commission Gomery au début novembre est suspendu comme une épée de Damoclès au-dessus de la vie du gouvernement minoritaire.Ce rapport qui portera sur les faits du scandale, est bien plus susceptible de remettre le feu aux poudres dans l’opinion publique que celui du 15 décembre qui doit signaler, selon le scénario libéral, le début du décompte de 30 jours avant le déclenchement d’une nouvelle campagne fédérale.Il se concentrera exclusivement sim les recommandations de la commission pour l’avenir.Mais déjà le chef conservateur a fait savoir qu’il ne monterait phis aux barricades d’un vote de confiance sans être assuré de l’appui du NPD.Les calculs de Stephen Harper ne sont pas strictement mathématiques.Hors Québec, ses fréquentations du printemps avec le Bloc lui ont coûté cher.Surtout, il ne croit phis vraiment à la possibilité de surfer vers une victoire électorale sur le dos des commandites à l’extérieur du Québec.Dans le jeu parlementaire du chat et de la souris, le gouvernement libéral et les conservateurs ont changé de rôle pendant l’été.Dans la mesure où Stephen Harper n’a pas envie de se faire manger tout rond, ce renversement devrait rendre un scrutin automnal improbable.chebertfathestar.ca Chantal Hébert est columnist politique a« Toronto Star.Le Bloc va devoir ramer plus fort cet automne pour garder sa belle place dans les intentions de vote Grèves en cascade dans l’éducation Le ministre Fournier invite les enseignants à franchir les piquets de grève Quelque 73 000 élèves sont touchés par les débrayages dès aujourd'hui FRÉDÉRIQUE DOYON La chaude rentrée annoncée dans le secteur public commence aujourd'hui.Les élèves des 20 ce-geps du Québec qui inaugurent Tannée en ce 22 août se buteront à des lignes de piquetage, alors que les employés de soutien dont les syndicats sont affiliés à la CSN débraient pour une période de 24 h.Cette manœuvre est la première d’une série de grèves dans les écoles, les collèges et les organismes gouvernementaux.dont les modalités ont été précisées hier par le front commun FTQ-CSN.Les centrales syndicales ont choisi de suivre les calendriers de la rentrée de leurs membres pour maximiser le mandat de grève de deux (CSN) ou trois (FTQ) jours dont elles disposent.Les débrayages se feront donc en cascade entre le 22 août et le 6 septembre.Onze autres cégeps, dont les principaux de Montréal (Vieux-Montréal, Saint-Laurent.Maisonneuve, Marie-Victorin, Rosemont), se joindront au mouvement le lundi 29 août.En tout, quelque 73 000 élèves seront touchés.Les syndiqués des 32 commissions scolaires optent majoritairement pour des demi-journées de grève, le matin.Celle de la Commission scolaire de Montréal se tiendra le mardi 30 août.Le 1" septembre, ce sera au tour des employés de cinq organismes gouvernementaux, notamment du Palais des congrès et de la Régie des installations olympiques, de débrayer pendant 24h.•On continue les négociations, mais les travailleurs sont en droit de mettre un peu de pression sur le gouvernement afin qu’il accouche d’une meilleure proposition salariale», a fait valoir en conférence de presse Michel Murray, coordonnateur à la mobilisation pour la FTQ, qui met en doute la volonté de Québec de négocier, comparant ses méthodes à celles de •voleurs de sacoches».La proposition à laquelle s’en tiennent strictement le premier ministre Jean Charest et la présidente du Conseil du trésor Monique Jérômf-Forget prévoit une augmentation salariale de 12,6 % en six ans, y compris le règlement de l’équité salariale, offre jugée •insultante» par le porte-parole de la FTQ puisqu’elle ne suit JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Si [les professeurs) ne sont pas sur les piquets de grève, ils son( dans les classes», a affirmé le ministre de l’Education, Jean-Marc F'ournier.même pas la hausse du coût de la vie.•Dans les commissions scolaires et dans les cégeps, le salaire moyen d’un employé de soutien est de 29 (XX) $, a-t-il souligné.Une secrétaire d’école commence à 15 $/h.Et environ 55% de nos gens sont à statut précaire.» les syndiqués réclament pour leur part une hausse salariale de 12,5 % en trois ans sans compter l’équité salariale.Près de 35 000 employés — secrétaires, concierges, techniciens de laboratoire et membres des services de garde — participent à ce •premier coup de semonce», a prévenu Ginette Guérin, prési- dente de la Fédération des employées et employés de services publics, brandissant la menace de nouvelles journées de grève, notamment à la fin septembre, si les négociations n’avancent pas.•On va faire en sorte que (les 20 cégeps] soient fermés [de main]», a-t-elle declare, soulignant avoir eu l’assurance que les enseignants et les étudiants allaient res-pecter les lignes de piquetage.In principale organisation syndicale représentant les professeurs a exprimé sa solidarité envers les employés de soutien par voie de communique hier.Réponses et réactions Le ministre de l’Éducation, du loisir et du Sport a d’ailleurs invité les enseignants à franchir les piquets de grève à l’occasion d’un point de presse hier.«Si [les professeurs] ne sont pas sur les piquets dégrève, ils sont dans les classes», a affirmé M.Jean-Marc F'ournier.C'est à la table que ça se passe, les négociations.J’espère que les services seront maintenus.» Toutefois, •le porte-monnaie est vide», a-t-il répété avec insistance, tout en témoignant de la •bonne fin» du gouvernement à négocier.In Fédération des cégeps qui fait partie du Comité patronal de négociation des collèges, déplore les conséquences de ce premier débrayage de 24h.•La rentrée est un moment important, en particulier pour les jeunes qui arrivent du secondaire.Perturber cette journée et compromettre le début des cours affectent en tout premier lieu nos étudiants et nos étudiantes», a indiqué M.Gaétan Boucher, président-directeur général de la Fédération des cégeps.Invité à réagir aux propos de M.Charest qui accusait les syndicats de prendre en otages les enfants et les parents, les porte-parole de la FIT) et de la CSN ont rappelé que cette prise d’otages avait commencé quand les conventions ont échu il y a deux ans.«O» ne retient personne à la maison, on n’embarre personne, on exerce un droit reconnu par le Code du travail après deux ans de patience et de tolérance», a dit Mme Guérin.Ixs négociations des tables sectorielles reprennent cette semaine.Le Devoir Environnement et santé EN HR E F Le gouvernement Charest scrute les médias d’information québécois NORMAN DELISLE Québec — Le gouvernement Charest paye pour faire suivre les médias québécois d’information à la trace.La Presse canadienne a appris que le ministère des Ressources naturelles avait accordé un contrat de 19 750 $ à la Chaire en relations publiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), pour analyser 4a perception des médias et des intervenants sur le choix du gouvernement et des ministres» dans le dossier des forêts et dans celui de l’énergie.Les conclusions des chercheurs de 11IQAM sont négatives: •L’analyse du discours de presse révèle que les médias tiennent généralement des propos défavorables concernant l’action gouvernementale», tant dans le domaine de la forêt que dans celui de l’énergie.Les universitaires de TUQAM se sont penchés sur la couverture médiatique faite entre novembre 2004 et mai 2005, alors que plusieurs débats faisaient rage concernant l’avenir énergétique du Québec et la politique forestière.Ces chercheurs avaient le mandat •d’interpréter de façon objective la couverture de presse, de scruter ce qu’elle contient, et de décoder certaines données et références qui se dégagent de l’injbrmation véhiculée par la presse».Dans le dossier de l’énergie, on en arrive à un «taux de partialité» de 18 %, généralement défavorable à l’action gouvernementale.Plus de 82 % des textes analysés demeurent néanmoins «neutres», ce qui fait dire aux analystes que 4es médias adoptent un ton relativement neutre».Les recherches de TUQAM effectuées depuis 25 ans montrent en effet que amartine.A la Chambre des députés, il a fait du droit d’association ouvrière, le combat de sa vie.Croyant affiché, il s’attire néanmoins le respect de Jaurçs, de Gambetta et de Waldeck-Rousseau.A lire son autobiographie et ses discours, Marie croit entendre le plaidoyer vibrant de Mp Myriel, le prélat des pauvres imaginé par Victor Hugo dans Les Misérables.Elle sait désormais quelle a trouvé sa voie.Et ce n’est pas tout Devant le feu vert ainsi donné à l'action sociale par l’encyclique Rerum novarum.les initiatives se multiplient dans divers pays.Voyageant en Europe en 1913, Marie Gérin-Lajoie va se passionner pour l’expérience de jeunes universitaires britanniques partis s’installer dans lés quartiers défavorisés de Londres pour y effectuer un travail d’animation et d’action sociales auprès de la population ouvrière.Leur projet enthousiasme littéralement la voyageuse, dès lors résolue à,implanter à Montréal un modèle inspiré des nouveaux settlements londoniens.Le projet prend forme et recueille rapidement l’adhésion de quelques-unes de ses compagnes d’études.En 1918, Marie effectuera, à cette fin, un séjour à New York pour y étudier les techniques du service social à l’Université de Columbia.Deux ans plus tard, elle établira le premier service social de langue française au Québec, celui de l’hôpital Sainte- Justine, fondé en 1907 par sa tante, Justine Lacoste-Beaubien.(quelle famille!).Une « résistance de velours » Même si elle entend demeurer célibataire pour se rendre entièrement disponible à son vaste projeL Marie a d’abord en tête la voie du lai'cat.Mais lorsqu’avec ses compagnes, eDes se présentent dans les paroisses pour y jeter les bases de leur action, les curés leur opposent une fin de non-recevoir «Nous vous reverrons, mesdemoiselles, lorsque vous aurez pris le petit bonnet!’» La réponse est on ne peut plus claire: au Québec, en ces années-là, le cleigé et les communautés religieuses exercent un monopole exclusif sur l’action caritative et sociale.Persuadée que son approche professionnelle de l’action sociale demeure la seule qui puisse répondre aux besoins des familles montréalaises, Marie — profondément croyante — acceptera de la faire advenir par la voie religieuse.Mais à certaines conditions d’autonomie et de liberté d’action quelle défendra, au cours d’une longue «résistance de velours», auprès des autorités épiscopales.Par la suite, la fondatrice poursuivra, avec ténacité et succès, les démarches nécessaires à l'obtention de constitutions romaines qui mettront l’action sociale et son jeune institut à l’abri des tracasseries des évêques locaux.En 1923, naîtra donc, de ces divers compromis, l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil.Avec les années, ce dernier implantera, dans les quartiers ouvriers de Montréal, puis dans des petites villes industrielles avoisinantes, les premiers Centres sociaux rêvés par la fondatrice et qui préfigurent nos CLSC actuels.Marie, quant à elle, inaugurera, dans sq maison du boulevard Saint-Joseph, la première Ecole de service social du Québec.Lorsque l’Ecole, dûment reconnue, devra émigrer vers les locaux de l’Université de Montréal, les autorités épiscopales prendront bien soin, cette fois, de substituer à la fondatrice, un directeur masculin et ecclésiastique, l’abbé Lucien Desmarais.On ne peut s’empêcher, en conclusion, de rapprocher l’utopie sociale de la fille de l'utopie féministe de la mère.Si la voie religieuse a permis à la première de poser, en 1923, les bases du service social à Montréal et de faire des membres de son institul «des sœurs pas comme, les autres» au service des femmes et des familles défavorisées, la trajectoire de la mère s’achève, la même année, sur un douloureux échec.Devant l’obstruction de l’épiscopat québécois d’accorder le droit de vote aux femmes, la présidente de la f ederation nationale Saint-Jean-Baptiste décide de se rendre à Rome pour savoir en quoi les Québécoises ont démérité, aux yeux de leur Eglise, pour se voir refuser un droit que toutes les femmes catholiques du Canada exercent déjà La réponse de Rome est a priori réconfortante: aucune raison doctrinale ne peut être invoquée pour refuser le droit de vote aux Québécoises.Toutefois — in cauda venenum — Rome ajoute à sa réponse un paragraphe perfide: il appartiendra cependant à l’épiscopat du Québec de détenniner le moment opportun pour lever l’interdiction.la suffragette peut d’ores et déjà anticiper la réaction des évêques! Brisée, écartelée entre ses convictions et sa foi, elle se retirera définitivement de la vie militante.Ainsi va — d’échecs en victoires — le destin souvent chaotique des femmes utopistes.La semaine prochaine: Antoine libelle JACQUES NADEAU LE DEVOIR Marie Gérin-Lajoie établira le premier service social de langue française au Québec, celui de (’hôpital Sainte-Justine, fondé en 1907 par sa tante, Justine Lacoste-Beaubien.SYLVIE DUGAS Journaliste indépendante et chercheuse à l'Observatoire des Amériques et au Centre Etudes internationales et mondialisation de l'Université du Quebec à Montreal approbation par le Congrès américain de l'Accord de libre-échange entre les Etats-Unis, l'Amérique centrale et la République dominicaine (CAFTAT )R), le 27 juillet dernier, représente une bonne occasion de se pencher sur certains mythes véhiculés à propos du libre-échange entre' iiays riches et pauvres.Cet accord a été adopté à 217 voix contiv 215, ce qui en tait un vote excessivement serre.1 es velleiles i>ro-tectionnistes des producteurs américains de sucre et de textik- expliquent en partie le doute de la Chambre des représentants.Mais la déception générée par les résultats de TALK N A.dix ans après son entrée on vigueur, justifie aussi la réaction des congressistes.Une miijorité des Américains était lavorable au CAF-TA-DR à condition que soient implantées des mesuivs légales visant à assurer le respect des droits des travailleurs centraméricains et républicains, de même que des politiques d'ajustement |x>ur les travailleurs américains affectés par la concurrence internationale.Cela n’a pas été k> cas dans l'accord entériné ivtr le Congrès.En faisant La promotion iln CAFTA DK.le gouverna ment Bush a Êiit valoir que cet accord garantirait la stabilité régionale, la démocratie et le developixTncnt économique, tout en freinant l’immigration.1rs présidents d’Amérique centrale et de République dominicaine si' sont dits convaincus que leCAFTA-1 )R allait générer la croissance, réduire La pauvreté, diminuer la corruption et renforcer le rôle de la société civile.Il serait toutefois difficile que ces espoirs soient comblés dans un proche avenir, compte tenu de l’asymétrie économique entre les Flals-Unis et le reste des pays signataires.À cet égard, les promesses du libre-échange n’ont guère été tenues dans d’autres espaces libéralisés tels que T ALENA et le Partenariat euro-méditerranéen.|.| Et le niveau de vie?lx's Centraméricains s’inquiètent des effets éventuels du dumjiing des pnxluils agricoles américains subventionnés sur le secteur agricole régional, qui emploie la moitié des travailleurs de Tisthme.les clauses sur l'investissement, les services et les achats gouvernementaux pourraient aussi mener à la privatisation des services publics et nuire à la capacité de l'Etat d'implanter des programmes visant le mieux-être de la pipulalioir En éliminant les droits de douane sur la majorité (80 %) des produits de consommation et des biens industriels américains, le CAFTA-DR a certes le ixilen-tiel de stimuler les échanges commerciaux entre ses partenaires.Mais réussira i il à améliorer le niveau de vie des habitants de pays où le revenu per capita n’excède pas 1000 $ par année ?D'après les décideurs centraméricains, la signature de l’accord était inévitable pour Êdre face à la concurrence chinois!'.Mais comme dans le cadre de l'Initiative du Bassin des Giraibes, la majorité des biens négociés viendront sans doute des maquiladoras ti 'Xtilt 's (70%).|.| Si les maquiladoras requièrent une nuiin-d’œuvre intensive, elles proposent toutefois de faibles rémunérations et des conditions de travail pénibles, appliquant souvent une stratégie résolument antisyndicale.Fn laissant aux gouvernements le soin de s’assurer du respect des normes internationales, le CAFTA-I )K sanctionne k* statu quo en matière de réglementation environnementale et de droits du travail L’heure des bilans a sonné.Les exemples de l’AIJÎNA et du Partenariat euro-méditerranéen sont éloquents à maints points de vue.Selon une étude de la Banque mondiale, TAIJ'.NA a eu un impact favorable sur le commerce, l’investissement étranger, tes transferts technologiques et la croissance économique, mais beaucoup moins sur la réduction de la pauvreté et la création d’emplois de qualité.la Fondation Carnegie pour la paix aflirme que la création d’emplois dans tes pays de TA] ENA a été minime : tes emplois créés dans les manufactures exportatrices ont à peine compensé k*s emplois perdus en agriculture en raison des l’augmentation des importations.Au Mexique, la majorité de la |x>|xi)ation a même connu une baisse de son niveau de vie deixiis 1994.h's llux migratoires ne !je sont pas taris en raison des salaires attrayants aux EtaLsUnis.Sur le plan démocratique, il est vrai que te processus électoral mexicain s’est amélioré, mais la corruption perdure encore au Mexique.Il faut rappeler également qu’en Amérique centrale, la CIA a contribué à plusieurs reprises à la violation des droits de la personne (coups d’Etat au Guatemala en 1954 et au Salvador en 1979, financement des Contras).Accusé de financer les promoteurs du libre-échange dans cette région, le gouvernement Bush qualifie maintenant les opposants au CAFTA-DR d’antidémocrates et de communistes.Ix- bilan de l’Accord de Barcelone, conclu en 1995 entre l’Union européenne et une douzaine de pays du bassin méditerranéen, n’est pas plus reluisant Cet ac-cord Nord-Sud de même nature cjuc l’AIUNA a libéralisé les biens industriels et les services, excluant les produits agricoles.(.] Au terme de 10 ans de libre-échange, tes pays méditerranéens se situent toujours en dessous de la moyenne des pays à revenu intermédiaire et leur écart face aux pays membres de l’Europe des 15 s’est creusé davantage.Ix chômage y a augmenté et l’immigration s’est poursuivie.Pour assurer te développement des pays jxiuvres, te modèle néolibéral promu par fAIJîNÀ est déliassé.11 serait plus judicieux de promouvoir une véritable |xili-tique d’intégration incluant des transferts de fonds structurels, comme Ta (ait lliuroix.' avec l'Espagne, te Portugal et la Grèce et dans une moindre mesure, avec tes pays d’Europe centrale et occidentale.L’idée d’un fonds de développement à l'AITNA fait d’ailleurs pro-.gressivement son chemin.[.J De son oncle Léon, Marie retiendra l’intérêt capital représenté par le questionnaire et l’enquête de terrain L’ÉQI JIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire {adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau {affaires municipales).Fabien Demise, Marie-Andrée ( houinard (éducation) , Joaée Boileau fédiU/riahxte, responsable de la pay* Idées), Brian Myles (justice (•rfaits de société), Clairandrée Cauchy {Général).Jean Dion.Louis-Gilles Francoeur (environnement).Benoit Munger {responsable du site Internet), Laurence Clavel, Jean-Guillaume Dumont {commit Internet) Isabelle Paré (santé), Ijouise Maude Kkmx Soucy (surnuméraire) , Pauline Grave! (uonces) ; Guillaume Bourgault-Côté (surnuméraire), Michel Garneau (caricaturiste) .Diane Precourt (responsable des pages thématiques) : Martin Duclos.Michele Malenfant et Christine iJumazet (relecteurs).Renée Léo Guimont et Serge Paquin (relecteurs surnuméraires) : J at que-, Grenk i
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