Le devoir, 29 août 2005, Cahier B
VENEZUELA LE DEVOIR.LE L l' \ P I 29 AOÛT 2 0 0 5 Jesse Jackson à la rescousse d'Hugo Chavez Page B 3 ÉTHIQUE Nations unies: d’abord mettre de l’ordre dans la maison Page B 5 François Brousseau Les sales « S ale fédéraliste!» «Le fédéralisme, c’est le chaos!» «Le fédéralisme, c’est un complot américain!» «Le fédéralisme, c’est un coup des Iraniens!» Ces phrases ont été récemment entendues dans les rues d'Amman.Je les tiens d'un collègue posté en permanence dans la capitale de la Jordanie, pays frontalier de l’Irak, peut-être le mieux placé pour répercuter les bruits et les fureurs de l'ancienne Mésopotamie.Ce collègue m’assure que ces phrases reflètent vraiment ce que pense «la rue», dans la ville où il se trouve.Le mot «fédéraliste» serait donc devenu, en Jordanie, un mot vaguement, obscène, presque injurieux.Mais pourquoi?A cause de ce qui se passe en Irak, où les élites politiques, ce weekend encore, ont essayé en vain de trouver un compromis constitutionnel qui pourrait raccorder tout le monde, faire tenir ensemble le pays kurde du nord, le pays chiite du sud, et le «triangle sunnite» du centre.grâce à une clé magique nommée «fédéralisme».Mais voyez comme les mots changent de sens selon les latitudes: nous vivons dans un pays où «fédéralisme» et «séparatisme» sont des concepts antinomiques, des ennemis politiques, un pays où «fédéralisme» se conjugue avec «unité canadienne».pour combattre le «séparatisme» québécois.En Irak, au contraire, les «fédéralistes» d'aujourd’hui sont vus par leurs adversaires comme de vrais séparatistes qui s’avancent masqués.Lorsqu’un Kurde crie «Vive le fédéralisme!», le sunnite en face de lui n’est pas dupe et il entend plutôt: «Vive le Kurdistan libre!» Et en effet, dans ce «Lac Meech» qui s’éternise depuis quelques semaines à Bagdad, si les représentants kurdes réclament aujourd’hui le fédéralisme, c’est afin d’y favoriser un maximum d’autonomie pour cette nation écartelée, qui a subi depuis au moins un siècle, et sans ménagement, les régimes turcs, irakiens et iraniens, entre autres.On pourrait, juste une minute, faire le grand écart pour rappeler qu’il est au moins un autre pays — démocratique celui-là — où le slogan «Fédéralisme!» est également perçu comme du crypto-séparatisme: l’Italie.L’Italie où la Ligue du Nord, ce parti d’une droite xénophobe et bouffonne, économiquement égoïste, réclame depuis dix ans le «fédéralisme».pour se dégager au maximum de la présumée tutelle appliquée par Rome aux régions italiennes.Au-delà de l’élasticité amusante des mots et des concepts, le débat sur le fédéralisme en Irak — et sa perception agressivement négative dans les pays arabes environnants — a un sens plus sérieux, plus grave.Pour la minorité sunnite naguère toutç-puissante sous la diçtature de Saddam Hussein, l’Etat fédéral serait un Etat impuissant, étiolé, rabougri.Un Etat qui laisserait, d’un côté, les Kurdes toucher du doigt le pays rêvé.Et qui verrait, de l’autre, les élites chutes partir avec le pétrole du sud, la théocratie des mollahs.et une alliance toujours plus étroite avec le grand frère d'Iran.Qui plus est, ce «cauchemar sunnite» commence à être également perçu comme tel par les frères arabes des pays environnants.D'où l’usage infamant, ces jours-ci, du mot «fédéraliste» dans les cafés et les dépanneurs d'Amman.et sans doute d’ailleurs.Car de Damas au Caire, derrière le «fédéralisme à l’irakienne», c’est la main malfaisante de Washington et de Téhéran que «la rue arabe» s’évertue à voir.?Fédéral ou pas, l’Etat irakien et son tuteur américain paraissent toujours aussi impuissants à ramener un semblant d’ordre dans un pays ou la vie quotidienne — du moins dans la partie centrale de l’Irak — est devenue un véritable enfer.Et cette impuissance devant le «chaos» déclenché par l’invasion américaine commence à rattraper le président dont l’équipée irakienne ne fait plus recette au pays des «spin doctors».Devant les ratés persistants de l'occupation irakienne, la cote d’approbation de M.Bush était passée la semaine dernière à 36 %, la plus basse de sa présidence.Quelque 55 % des Américains pensent désormais que la guerre a été une erreur.Voici, pour finir, quelques citations tirées de mes archives, autour du thème «le chaos en Irak».De quoi rire et surtout pleurer.¦ «L’invasion de l’Irak ouvrira les portes de l’Enfer.» (Amr Moussa, Égyptien, secrétaire général de la Ligue arabe, en février 2003, peu avant l’invasion américaine).¦ «Vous savez, cela prendra du temps pour restaurer le chaos et l’ordre en Irak.» (George Bush, en avril 2003, peu après la chute de Bagdad.Le président s'était ensuite repris de son lapsus, ajoutant «l'ordre à partir du chaos»).¦ «Je crois que notre engagement a déstabilisé le Moyen-Orient.Et plus nous restons, plus la déstabilisation s’accroît.» (Chuck Hagel, vétéran du Vietnam, sénateur républicain du Nebraska, août 2005).François Brousseau est chroniqueur et affectateur responsable de l’information internationale à la radio de Radio-Canada.Constitution irakienne: ce sont les électeurs qui trancheront Les sunnites appellent d’ores et déjà au rejet du texte lors du référendum prévu à la mi-octobre MICHAEL GEORGY Bagdad — La lecture du projet de constitution à l'Assemblée irakienne a mis fin hier aux longues tractations entre groupes religieux, mais les sunnites appellent d'ores et déjà au rejet du texte lors du référendum prévu à la mi-octobre.«Nous avons tout fait pour prendre en compte les exigences des uns et des autres, mais cela n’a pas pu aboutir.Certains restent hostiles à des points du texte.Moi-même, j’ai certaines réserves», a dit le président du Parlement, Hadjim al Hassani.«Mais maintenant, nous devons penser à ce pays et à son unité.Pour ceux qui veulent changer quelque chose, le référendum est la dernière chance.Les Irakiens doivent se préparer à ce scrutin», a-t-il ajouté.Le prérident Djalal Ta-labani a pour sa part appelé ses compatriotes à soutenir le projet de constitution, tout en concédant qu «aucun texte n’est parfait au point de ne pouvoir être amendé, à l’exception du Coran».Passant sous silence l’âpreté des que relies intercommunautaires, le premier ministre britannique Tony Blair a préféré voir dans la finalisation du texte une vk'-toire de La démocratie sur le terrorisme.«Les Irakiens ont réussi à rédiger cette constitution malgré l’action des terroristes, qui tentent de détruire le désir que nourrit ce pays d’un avenir pacifique», peut-on lire dans un communiqué rédigé au nom de l’Union européenne, dont Blair assure jusqu’en décembre la présidence tournante.«Tentatives d’intimidation» George Bush a pris acte des désaccords persistants, malgré l’insistance des Américains pour impliquer les sunnites dans les tractations: «Certains sunnites ont exprimé des réserves au sujet de plusieurs aspect de la constitution.C’est leur droit.» «Certains sunnites croient fermement que cette constitution est bonne pour tous les Irxtkirns et qu'elle reflète un compnmis acceptable pour tous les groupes», a-t-il cependant ajoute, le président américain a fait l’éloge du texte en soulignant qu’il contenait «des garanties de grande portée pour les droits fmdamentaux.notamment la liberté de culte, de réunion, de conscience et d'expression».le président américain a malgré tout prédit un cheminement difficile jusqu'au référendum d'octobre.«Nous pouvons nous attendre [.j à une intensification des atrocités dans les mois qui viennent, car l'ennemi sait que sa plus grande défaite réside dans l’expression d'un peuple libre, dans des lois librement adoptées et dans les urnes», a-t-il déclaré.VOIR PAGE B 2: IRAK RONEN Z VU LU N REUTERS L’attentat a été commis sur un stationnement situé à une centaine de mètres de la gare routière de Bersheeba, où se trouvaient de nombreux voyageurs.Un attentat suicide vient ébranler le processus de paix au Proche-Orient Le président de VAutorité palestinienne Mahmoud Abbas a qualifié cet acte de «terroriste» et a appelé Israël à faire preuve de retenue AMY TEBEL Jérusalem — Un kamikaze palestinien s’est fait exploser hier matin près de la gare routière de Bersheeba dans le sud d’Israël, après avoir été repéré par deux vigiles qui ont été grièvement blessés dans la déflagration.L’attentat suicide — le premier en Israël depuis l’évacuation des colons de la bande de Gaza lundi dernier — a été condamné par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.La responsabilité de cet attentat a été revendiqué une douzaine d’heures plus tard par un responsable du Djihad islamique et les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, groupe radical issu du Fatah de Mahmoud Abbas.Ceux-ci ont dit avoir mis au point l’attentat ensemble, en riposte au raid israélien deToulkarem.Les deux groupes ont envoyé Ayman Za’aqiq, kamikaze de 25 ans habitant les environs d’Hébron, commettre l’attentat à Bersheeba, a déclaré un porte-paorle des Brigades.Le président de l’Autorité palestinienne.Mahmoud Abbas, a qualifié cet acte de «terroriste» et a appelé Israël à faire preuve de retenue.«Nous condamnons de telles attaques.Nous ne les acceptons pas et nous appelons tout le monde à s'abstenir de représailles», a-t-il dit Il a aussi reproché à l’État hébreu d’avoir provoqué cet attentat en menant un raid meurtrier il a quelques jours en Cisjordanie qui a fait cinq morts.M.Abbas a souligné que les deux parties devaient continuer à respecter la trêve en vigueur depuis six mois, «car elle est dans leur intérêt et dans celui du processus de paix».A la suite de l’incursion israélienne en milieu de semaine dans un camp de réfugiés, des organisations palestiniennes avaient annoncé des représailles.Hier, Israël a demandé à Mahmoud Abbas d’agir.«Cet attentat [.] est une indication supplémentaire y M V /.irir-J SOHAIB SALEM REUTERS Signe que la tension ne cesse de croître, les brigades des martyrs d’al-Aqsa ont revendiqué avec force la responsabilité de l’attentat de Bersheeba, en riposte au raid israélien de Toulkarem.que l’Autorité palestinienne doit prendre des mesures adéquates contre le terrorisme et sans ces mesures il n'y aura aucun progrès entre les deux parties», a estimé David Baker joint au bureau du premier ministre israélien Ariel Sharon.L’attentat a été commis sur un stationnement situé a une centaine de mètres de la gare routière, où se trouvaient de nombreux voyageurs.Selon des témoins, deux gardiens chargés de la sécurité ont arrêté le kamikaze, empêchant un attentat plus meurtrier.Les vigiles ont été grièvement blessés dans cette explosion.Le kamikaze, qui a été tué, portait un lourd sac, au lieu d’une veste contenant des explosifs comme la plupart des auteurs d’attentats suicide commis auparavant «Il me paraissait suspect», a raconté un chauffeur de taxi, en précisant qu’il en avait parlé à un vigile et avait appelé la police.«Fendant que je partais à la police, il y a eu une explosion», a-t-il dit VOIR PAGE B 2: PROCHE-ORIENT i B 2 E 1) E V O I H LE L L' X 1) l 2 !) A » I T O l) L E M 0 N D E IRAK SUITE DE LA PAGE B 1 Pour le président américain, la décision prise par les dirigeants irakiens de clore les négociations sur ce texte, menées depuis le 7 août et celle des représentants sunnites de dénoncer simplement certains articles du texte plutôt que de le rejeter en bloc, constitue en fait un gros soulagement.Un échec des pourparlers total des pourparlers aurait encore davantage terni le blason du président qui a de plus en plus de mal à convaincre les Américains du bien-fondé de sa politique irakienne.Pas de «débaasification» Le projet constitutionnel, lu hier au cours d’une séance parlementaire conclue sans vote, fait des concessions mineures aux sunnites en supprimant l’allusion directe à la «débaasification» — traque des partisans de l’ex-dictateur —, pour se borner à interdire «le Haas de Saddam et ses symboles».Le projet maintient cependant l’organisation fédérale rejetée par les sunnites, qui redoutent de voir les Kurdes et les chiites s’arroger, avec une large autonomie, le contrôle des régions pétrolifères du Nord et du Sud.«Nous n’avons pas dit oui à cette constitution [.] // s'agit là d'une constitution américaine, et nous ne l’accepterons en aucun cas», a déclaré à Reuters un négociateur sunnite, Hussein al Falloudji, en précisant qu’il parlait au nom de l'ensemble des délégués.Depuis une semaine déjà, dirigeants politiques et prédicateurs sunnites s’efforcent de mobiliser leurs partisans, nombreux à s’être abstenus aux législatives du 30 janvier, pour faire échouer le référendum.«Si on ne manipule pas les résultats, je pense que les gens diront “non ” à la constitution américaine», a estimé Falloudji.Un vote négatif de deux tiers au moins des électeurs, dans trois des 18 provinces irakiennes, suffirait à rejeter le texte., L’ambassadeur des Etats-Unis en Irak a estimé que le texte constitutionnel était «parmi les plus progressistes du monde musulman en termes de protection de la liberté religieuse et de la liberté de conscience», mais il s’est dit déçu par les négociateurs sunnites.•Je comprends leur situation, ils sont dans une position difficile.U y a manifestement eu des tentatives d'intimidation.Certains d'entre eux ont dit qu'ils approuvaient ce document, mais ils ont peur de mettre leur vie en danger en soutenant ouvertement le texte», a déclaré Zalmay Khalilzad.Un journaliste tué Par ailleurs, un preneur de son irakien de Reuters TV a été tué et un cameraman, également irakien, a été blessé par des tirs de soldats américains a Bagdad, selon la police irakienne.Selon la police irakienne, les deux hommes, de nationalité irakienne, ont été pris pour cibles par des soldats américains.Un porte-parole de l’US Army a fait savoir qu’on enquêtait sur l’incident, ajoutant qu’il était interrogé en raison à'«incohérences dans sa première déposition».Walid Khaled, 35 ans, a été tué d’une balle au visage et d’au moins quatre à la poitrine alors qu’il se rendait en voiture sur les lieux d’un échange de tirs signalé par la police dans le quartier de Haï al Adil, dans l’ouest de la capitale.L’armée américaine a annoncé que deux Algériens et un Tunisien avaient été tués samedi par la force multinationale près de Mossoul dans le nord de l’Irak.Un membre présumé du réseau al-Qaïda en Irak, surnommé Abou Jabbar, a été arrêté en compagnie d’un autre «terroriste» par les forces américaines le 23 août à Ramadi à l’ouest de Bagdad, selon la même source.Un détenu s’est évadé hier à l'aube d’Abou Ghraïb, à l’ouest de Bagdad, a d’autre part indiqué l’armée américaine, au lendemain de l’annonce de la libération d’un millier de détenus de cette prison.Les violences ont fait onze tués irakiens dans le pays, dont quatre policiers, ont indiqué différentes sources sécuritaires.Reuters avec l'AFP ALI JASIM RKUTEKS L’onde et le père du journaliste de Reuters, Walid Khaled, tué par erreur par des soldats américains, étaient inconsolables hier.1*1 Environnement Canada Environment Canada Montréal Prévisions météo AUJ0UR0 NUI CE SOIR MARDI Risque d orages Quelques passages Alternance de soleil max 26 nuageux et de nuages min 20 max 27, min 20 MERCREDI JEUDI Ensoleille Ensoleillé max 24.mm 18 max 23, mm 16 La météo en un clin d’œil H Max.Min.Normales 23.4 12.8 Precip.0.0 mm Phases de la lune • © O (J 9/3 9/11 9/18 9/25 & .23/12 Val d‘Or 19» 13 Saguenay Québec * ^ 97/17 i 26» 17 Qàllneau ^Mgntréal £> Z' mu / it-lles EDI?1 i 1 Couctwr du •ol*il 19:37 l»>dlc« uv o o a • Fxpoao'too • l
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