Le devoir, 10 septembre 2005, Cahier B
LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 SEPTEMBRE 200 :> La doctrine Gérin-Lajoie : un cadre toujours d'actualité Page B 5 ¦ 1 POLITIQUE Est-ce la faute au multiculturalisme ?Page B 3 » PERSPECTIVES La succession de Bernard Landry Une course à deux vitesses ROBERT DUTR1SAC Québec — À cinq jours de la fin de la période de mise en candidature en vue de l’élection du nouveau chef du Parti québécois, une course à deux vitesses se dessine.Quatre protagonistes — André Boisclair, Pauline Marois, Richard Legendre et Louis Bernard — sont invités à des débats à la télévision d’Etat tandis que les quatre autres candidats—Jean-Claude St-André, Ghislain Lebel, Pierre Dubuc et Gilbert Paquette — sont relégués au second plan.Mardi, l’environnementaliste Jean Ouimet doit se joindre à leur rang en déposant son bulletin de candidature avec 1400 signatures, 400 de plus que le minimum requis.Après le retrait loufoque du psychiatre Hugues Cormier qui a eu la drôle d’idée de vendre des cartes de membres à ses patients pendant ses consultations et les désistements des discrets Gilles Paquette et Gilles Hébert, sans oublier Bernard Landry lui-même qui a renoncé à se présenter à sa propre succession, la course à la direction du PQ version 2005 comptera neuf candidats, deux de plus qu’il y 20 ans quand Pierre-Marc Johnson fut choisi pour remplacer René Lévesque.IParmi ces sept candidats, cinq étaient ministres du gouvernement et jouissaient donc dupe bonne notoriété.La télévision d’Etat a rapidement conclu que les débats à neuf n’ont rien de bien médiatiques.On s’en tiendra surtout aux échanges entre les quatre principaux candidats.Malgré cette précaution, le débat, animé par Dominique Poirier au Point jeudi soir, entre les Bernard, Boisclair, Legendre et Marois a sombré à quelques reprises dans la cacophonie.La semaine prochaine, Marie France Bazzo a invité les quatre comparses à son émission télévisée II va y avoir du sport.Les cinq autres candidats devront se trouver d’autres tribunes.Au PQ, on s’arrache toujours les cheveux pour trouver la formule qui permettra de tenir les sept débats officiels, prévus tous les mercredis soir à compter du 21 septembre, avec les neuf candidats en lice.On cherche à éviter que l’exercice ne distille le plus profond ennui ou qu’il donne cours à des échanges criards et désordonnés.La direction du PQ a choisi le mot tribune plutôt que débat pour désigner ces événements.Entre-temps, on assistera à des répétions générales en régions.Tous les candidats en lice ont été invités par l’Association péquiste de la région de la Gaspésie-Les Des à participer à un échange aujourd’hui à Pabos Mills, un viUage près de Chandler.Déjà, six candidats ont confirmé leur présence: Jean-Claude St-André et Ghislain Lebel rejoindront les quatre protagonistes.Un autre échange doit avoir lieu le lendemain dans la circonscription de Matapédia Que nous a réservé ce premier débat télévisé à quatre?Essentiellement, une variation sur le thème de l’empressement relatif à tenir le référendum au cours d’un premier mandat A cet égard, le plus âgé des candidats à 68 ans et le plus pressé, lixiis Bernard, propose de tenir un référendum trois mois après la victoire électorale du PQ.Richard Legendre y va de sa nuance personneDe: il n’y aura qu’un seul budget de province avant la tenue du référendum.André Boisclair et Pauline Marois s’en tiennent à la formulation contenue dans le programme péquiste adopté au congrès de juin: le plus rapidement dans le mandat.M.Boisclair a ajouté que le parti n’était pas prêt à tenir ce référendum, ce qui justifie un délai d’au plus deux ans.Hier, au cours d’une conférence de presse, Mme Marois a pris à contre-pied son adversaire: le PQ est fin prêt mais il manque encore l’ingrédient essentiel à un référendum gagnant soit la constitution d’une vaste coalitioa On le voit même si Louis Bernard qui cherche à se distinguer en s'adressant davantage aux membres du PQ qu'à la population en général, tous les candidats jouent dans les nuances.D’ici le 15 novembre, le temps risque d’être long.A la décharge des candidats, il faut souligner que les candidats sont engoncés dans le carcan du programme du parti que les militants, après deux années de la Saison des idées, ont adopté il y a quelques mois.«Le corridor idéologique est très étroit», fait remarquer un député péquiste.André Boisclair Ta bien compris.D n'a pas l’intention de se casser la tête: les idées qu’il défendra lors de la course sont ceUes du programme.C’est en se présentant comme le candidat le plus apte à susciter la confiance de la population, à défendre l’idée de la souveraineté dans la sérénité et à rallier les souverainistes des autres formations politiques — Action démocratique du Québec, Union des forces progressistes et Option citoyenne — qu’il entend remporter la course.D ne veut pas non plus soulever de controverses qui pourraient alimenter les libéraux et nuire au travail d'opposition des élus péquistes.Panni les candidats, il est celui qui dispose de la meilleure organisation constituée en bonne partie des supporters de Bernard Landry.Pauline Marois voudrait bien être la première femme élue première ministre du Québec.Elle joue aussi la carte de la compétence et de l’expérience, deux qualités essentielles pour «réussir l'indépendance», comme le dit son slogan.Sa campagne n’a jusqu’ici guère levé.Mme Marois est ceUe qui jouit de la plus grande notoriété parmi les candidats, mais pour cette raison même, eUe pourrait avoir plus de mal à voir ses appuis progresser.EDe a reçu l'appui de rinq députés péquistes et de huit députés blo-quistes ainsi que celui de l’ex-vice-prési-dente du PQ, Marie Malavoy.Comme Richard Legendre est parti de zéro en quelque sorte, D n'a pas donc pu que marquer des points depuis le début de la course.D bénéficie en outre du réseau mis en place par François Le-gault.Il a reçu l’appui de neuf députés péquistes, davantage que Mme Marois, et de cinq élus bloquistes.L'ex-ministre des Finances, Jean Campeau, lui a aussi accordé son appui.Depuis le début de la campagne, M.Legendre s’est évertué à se présenter comme celui qui va tout mettre en œuvre rapidement pour tenir un référendum et le gagner.Candidat surprise, Louis Bernard lui aussi part de zéro.D a réussi à se hisser dans le peloton des candidats qui intéressent les médias électroniques.Son discours de l'œmpressé» à réaliser la souveraineté vise avant tout à rallier les membres du PQ et non pas la population en général.En revanche, 0 insiste sur l’importance d’une transition harmonieuse et prévisible vers la souveraineté après un OUI au référendum, un argument essentiel pour gagner la population au projet d’indépendance, selon lui.Dans cette optique, il entend respecter les principes énoncés par la Cour suprême dans son renvoi sur la sécession du Québec et estime essentiel de négocier les modalités de l’accession à la souveraineté avec le Canada avant de faire une déclaration dindépendance.Le député d’Assomption, Jean-Claude St-André défend une démarche, élaborée notamment par le directeur de la revue L’Action nationale, Robert La-plante, qui a été défait au congrès national de juin dernier les gestes de rupture avant le référendum et la déclaration unilatérale d’indépendance une fois le référendum remporté.L’ancien député bloquiste, Ghislain Lebel, est certainement le plus imprévisible des candidats.D est là pour susciter les débats, dit-il, notamment sur l’entente avec les Innus, négociée par Louis Bernard au nom du gouvernement péquiste, à laquelle il s’oppose.D a accusé les élus péquistes de s’être embourgeoisés et de s’être complus dans la gestion provincialiste du Québec en mettant sous le boisseau l’option souverainiste, dont ils ont peur.Enfin, le candidat du club des Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ libre), l'aile gauche du PQ, Pierre Dubuc, en annonçant cette semaine sa candidature, a tiré à boulets rouges sur André Boisclair.C’est un «jeune vieux* qui compromet le virage progressiste du PQ et qull a comparé à Mario Dumont C’est le genre de propos qui a déplu a la chef de l’opposition officieDe, Louise Harel, qui a mis en garde les candidats contre les attaques person-neDes.Au PQ, on doit savoir débattre sans combattre, a-t-eDe dit Le Devoir Les candidats sont engoncés dans le carcan du programme du parti que les militants ont adopté il y a quelques mois JACQUKS GRKNIER LK DEVOIR J AU QUI s (iRKNIKR LF DEVOIR H > RYAN RKMIROZ PC vllSÛ ' 2- fuipe pour mm D 1 r ARCHIVES LE DEVOIR De haut en bas, Pauline Marois, Richard Legendre, Louis Bernard et André Boisclair.¦' v; < * i Gestion de projets Inscrivez-vous à notre populaire programme de 26 semaines en gestion de projets! Débutant le 27 septembre, cette formation pratique s'adresse aux gestionnaires et professionnels qui désirent suivre un programme approfondi.Le contenu de ce programme est conforme aux normes reconnues mondialement par le Project Management Institute (PMI®).Formation en gestion de réseaux et programmation informatique Améliorez vos perspectives de carrière grâce i des cows du soir ou de fin de semaine menant à des certifications professionnelles en gestion de réseaux (Cisco, Linux, Microsoft) et en programmation (Java).3ɧèï?, Admission : hiver 2006 Améliorez vos perspectives de carrière! C'est présentement le temps de soumettre votre demande d'admission à un programme crédité menant A l'obtention d'un certificat ou un diplôme en gestion et administration des affaires.Date limite d'inscription : l" octobre 2005.I» Programmes intensifs d'anglais et de français La communication est à la base de la réussite professionnelle.Nos programmes intensifs d'anglais et de français vous aideront à développer vos compétences linguistique et communicative.La réussite de ce programme mène au Certificat de compétence de l'Université McGill Dates : 19 septembre au 18 novembre.Huafi m LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 SEPTEMBRE 2 0 0 5 B 2 PERSPECTIVES y.Jean Dion Nulle part au Texas ites donc, Grand Escogriffe, vous qui disposez d’une théorie explicative générale ne souffrant ni exception ni contestation, vous qui avez l’irréfragable certitude que l’humanité irait bien mieux si tout le monde était comme vous, vous qui commencez toutes vos phrases par «mais» et trouvez toujours à redire juste pour le fun, qu’est-ce que vous pensez de tout ça?-Tout quoi?- Ben.ça.Ce dont tout le monde parle.- On ne peut pas savoir, l’émission n’est pas encore commencée.En attendant, si tu veux, on peut parler de Star Académie, ce n’est pas commencé non plus mais ça me passionne à l’os.Tout ce talent - Mais non, je veux dire le sujet de l’heure, du jour, du mois, de Tannée, quoi.-Tu vois, c’est toi qui commences tes phrases par «mais».- Si je vous dérange, Grand Journal, je peux m’en aller.- N’en fais rien, Ti-Prout, il te manquerait un pan de sagesse.Donc, oui, en effet il y a une grosse nouvelle.Lance Armstrong songerait à sortir de sa retraite et à reprendre la compétition.Il ferait un autre Tour de France juste pour, c’est son mot, «emmerder» les Français qui Tont accusé de toutes sortes d’affaires.Personnellement, je crois que ce serqit une excellente chose.Avec ce qui leur arrive, les Etats-Unis ont bien besoin de se refaire un amour-propre et de trouver une nation à laquelle ils sont supérieurs, fût-ce en bicycle à pédales.-Justement, Grand Prix du Canada, c’est de tragédie que.- Tu trouves que je parle tout le temps de sport, je suppose.Que ce ne sont que billevesées, calembredaines et pitreries insensées dans un monde en proie au bruit et à la fureur, hmm?Bien je vais t’apprendre un petit truc historique, mon jeune sans-mémoire.Au moment où les Etats-Unis sont entrés dans la Deuxième Guerre mondiale, le commissaire du baseball majeur avait offert au président Roosevelt de suspendre les activités.Mais le vieux FDR a dit non.Il a dit qu’alors que tous les citoyens travaillaient comme des forçats ou allaient au casse-pipe, ils avaient besoin de se changer les idées.Et le baseball a continué.Il faut que le divertissement continue en toutes circonstances, Firmin: sinon, tu donnes raison aux terroristes et aux ouragans.Il faut faire comme si de rien n’était.D’ailleurs, tu ne l’auras sans doute pas remarqué parce que tu étais occupé à te demander par quel sortilège les reporters de CNN sur le terrain par-viennertt, dans le dépotoir jusqu'au cou, à garder la chemise aussi impeccablement pressée et la lèvre aussi brillamment luisante, le sport professionnel présente ici un avantage indéniable.Selon mes sources, les Américains ont un peu honte qu’ait été montrée à la face du monde cette fracture sociale que ne parviendra pas à plâtrer le FEMA—c’est une image, et je te le dis par ailleurs en passant, FEMA, je trouve que ça fait davantage marque de margarine ou vitamines pour postménopause qu'attention les gars, on s’en vient vous sortir du trouble avec nos tanks.Or regarde-moi un peu cette occasion, incarnée en un simple match de football américain, de prouver que les Noirs ne sont pas tous pauvres et qu'il y en a même des pas mal riches.Je ne vois-d'ailleurs pas ce que vous avez tous à jouer les scandalisés, comme si vous ne saviez pas avant.Si je ne me retenais pas, je vous traiterais même d’hypocrites, mais je me retiens.- Allons, Grand Format, pas de gros mots.11 y a des gens qui sont sincèrement bouleversés.- Et il y a de quoi, même si je ne me lasse pas de trouver sensationnel que les mêmes carnages provoquent des réactions en crescendo à mesure qu'ils s’éloignent du Tiers-Monde.En plus, as-tu vu, les gens adorent les chiffres.Y a-t-il eu plus de morts là que là?Combien de sacs pour cadavres ont été embarqués?L’atrocité a une échelle, même si elle arrive un peu tard, mon Hectard, pardon, Hector.Et puisque tu m’amènes si gentiment sur la question des chiffres, je vais t’en soumettre un autre: où s’arrêtera donc le maudit prix de l’essence?- Toute me semble dans toute, Grand Cric Me Croque.- Admire la situation: quand tu vois une scène dont on dit quelle se passe de mots, elle déclenche en général un verbiage infini.En deux semaines, la mixture a inclus le réchauffement de la planète, le racisme, la guerre en Irak, l’accord de Kyoto, l’occupation des zones côtières, les alligators et les ser-pents, les armes à feu.la richesse des nations, la production de déchets, et Di peux continuer comme ça jusqu’à demain matin, avec des conjectures, des on-dit.des j'ai lu que, des il paraît que.On mélange tout, on brasse et on va se coucher en se disant qu'on a compris.- Mais où est donc la vérité.Grand Dérangement?- Dans le fond, Stanislas.Comme dans: on dit quelle a fait une gaffe, mais dans le fond, tout est là.c'est exactement ce quelle a voulu dire, pas besoin d’aller plus loin.Je te parle bien sûr de madame Bush mère.Barbiira.Elle a visité 1’Astrodome de Houston, où sont entassés quoi, 20 (XXL 30 000 tout-nus?Dans une promiscuité harassante, les lumières allumées en permanence, le bruit constant.Après, madame Bush mère a dit: «Ce que J'entends, et ça.fait un peu peur, c’est qu 'ils veulent tous rester au Tejcas.Tout le monde est si renversé par l'hospitalité.» Je continue?«Et plusieurs des personnes qui se trouvent ici dans le stade, vous save*, étaient démunies de toute Jhçon, alors ça fonctionne très bien pour eux.» Je précise pour tes archives que j'ai rendu par «démunies» le mot underprivileged.Eloquent tenue.Privilégié.de vivre en Amérique je suppose, mais pas vraiment Juste en dessous.Sous-privilégié.J’imagine que c'est le contraire de surprivilégié.Faudrait que tu demandes à madame Bush mère.Et j'ajouterai en tenninant: monsieur Bush fils, lui, a dit pas plus tard que l'autre jour au chef de la FEMA, Michael Brown: «Brownie, tu Jais de la sacrée belle ouvrage de qualité totale.« Hier, Brown a été semi-congédié, dedans pour l'image mais dehors pour l’essentiel.Elle est bonne, je trouve.- Mais que nous dit le message de madame Bush.Grand Nord canadien?- Qu'on a enfin une definition du conservatisme de compassion: on compatit au fait qu’on vous conserve dans la merde.jdiontfledevoir.com Jacques Chirac est sorti de l’hôpital ?Un président en sursis : La courte hospitalisation du président français a véritablement ouvert la course à sa succession CHRISTIAN RIOL'X En quittant l’hôpital du Val-de-Grâce peu avant 12h30 hier, le président Jacques Chirac voulait projeter l’image d’un homme qui reprenait ses fonctions comme si de rien n’était.Pourtant, cette courte semaine d’hospitalisation, due à un «petit accident vasculaire» cérébral dont les conséquences et la nature demeurent floues, n’est pas sans modifier la donne 19 mois avant la prochaine élection présidentielle.C’est un paysage politique différent que découvrira Jacques Chirac en retrouvant ses fonctions.Différent d’abord parce que l’éventualité de sa candidature à un nouveau mandat semble aujourd’hui définitivement enterrée.Différent aussi parce que la course à sa succession est plus que jamais engagée.Pour la première fois depuis une semaine, les Français ont pu entendre leur président s’adresser à eipc, visiblement en forme, mais d’une voix rauque.L'Elysée et le gouvernement se font très rassurants, mais les médecins lui ont déconseillé tout voyage en avion au cours des six prochaines semaines.Jacques Chirac ne se rendra donc pas comme prévu au sommet de TONU la semaine prochaine.En fait, cette semaine fiTiospitalisation aura aussi illustré la mainmise de l’Elysée sur toute l’information au sujet de l'état de santé de Jacques Chirac.La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, dont relève l’hôpital du VakleGrâce, a beau dire que les communiqués rassurants émis pendant l’hospitalisation du président «ont respecté l’exigence médicale», personne n’y croit.Pas même le président du conseil de l’Ordre des médecins, Jacques Roland.«Pour moi, ces communiqués n’émanent pas des médecins qui soignent le chef d'Etat», a-t-il déclaré au journal La Croix.«Nous ne sommes plus dans la communication médicale mais dans la filtration politique.» L’événement n’a rien de neuf dans un pays où la santé du président a toujours été un secret d’Etat.En 1974, les Français avaient vu la santé du président Georges Pompidou se dégrader sans avoir la moindre information sur son état On parlait alors de simples grippes à répétition alors qu’il s’agissait d’une leucémie galopante.François Mitterrand avait bien promis la transparence.C’était avant d’apprendre, quelques mois plus tard, qu’il était atteint d’un cancer de la prostate.qu’il cachera pendant 11 ans.On ne se surprendra donc pas que, toute la semaine, des rumeurs aient circulé à Paris sur l’état véritable du président.La plus insistante, démentie par l’Elysée, laissait entendre que Jacques Chirac a souffert de troubles d’élocution, ce qui aurait laissé soupçonner un accident plus grave.\ Villepin a su Un président affaibli Quoi qu’il en soit, c’est surtout la santé politique de Jacques Chirac qui a souffert de cette hospitalisation.Au printemps dernier, la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne l'avait déjà passablement affaibli, sur la scène tant nationale qu’internationale.Il s’agissait d’un troisième échec depuis 2002, après ceux des élections municipales et européennes.Son épouse Bernadette avait beau rappeler que son mari est un «guerrier», rares étaient ceux qui croyaient ses proches lorsque ceux-ci laissaient planer l’éventualité d’une troisième candidature en 2007.Avec cette hospitalisation, plus un seul Français ne pense que Jacques Chirac sera, de nouveau candidat à la présidence.«Le chef de l'État revient diminué, amputé de sa capacité à concourir pour un troisième mandat», écrit Jean-Michel Thénard dans Libération.Cette hospitalisation aura du coup rappelé aux s imposer en seul véritable rival de Sarkozy Le président français Jacques Chirac a quitté Bernadette.Français qu’à 73 ans, Jacques Chirac est le doyen des chefs d'Etat et de gouvernement occidentaux, à l’exception de la reine Elizabeth II, qui a 79 ans.Au-delà de son âge, les Français découvrent que celui que Newsweek surnomme «The Dinosaure» est aux commandes, d'une façon ou d’une autre, depuis maintenant 40 ans.Il faut dire que, contrairement à un Mitterrand qui paraissait accepter son âge, Jacques Chirac a soigneusement cultivé l’image de la jeunesse.Toujours bronzé, le cheveu encore noir, il a toujours fait attention de projeter son image de bon vivant, de coureur, d’amateur de bière et de tête de veau.Seule une indiscrétion de sa ministre Roselyne Bachelot avait permis d’apprendre qu’il portait un appareil auditif.Le rival de Sarkozy Maintenant qu’on le sait hors d’état de nuire, Jacques Chirac pourra remonter dans les sondages.Mais son hospitalisation aura aussi été l’occasion pour le premier ministre Dominique de Villepin de s’imposer en seul véritable rival du chef de TUMP, Nicolas Sarkozy.Pour la première fois depuis l’élection de 1995, Villepin a présidé le conseil des ministres.Il est le seul responsable politique à avoir rendu visite au président.A force de poser en dauphin, Dominique de Villepin recueille depuis peu la préférence de 42 % des Français (selon ITFOP), contre 51 % pour Nicolas Sarkozy.Si le ministre de l’Intérieur est considéré comme le candidat naturel de la droite, dorénavant, le premier ministre le «talonne», a déclaré Brice Teinturier, analyste de la SO PRES.L’hospitalisation a coïncidé avec l'anniversaire des 100 jours du gouvernement.Il y a trois mois, le pre EMMANUEL FRADIN REUTERS l’hôpital hier en compagnie de son épouse mier ministre avait promis une baisse du chômage.Celle-ci n’est pas vraiment au rendez-vous, mais Dominique de Villepin en a profité pour se faire le défenseur du «modèle français» et de la tradition gaulliste face à un Nicolas Sarkozy qui réclame des réformes radicales et que certains n’hésitent pas à peindre en clone de Margaret Thatcher.Les deux hommes ont profité de l’absence du président pour croiser le fer.Habitué à tirer sur un homme affaibli, Nicolas Sarkozy aura plus de difficulté à venir à bout du premier ministre, qui a présenté cette semaine son plan pour une «croissance sociale».L’exercice reprend quelques propositions de LUMP défendues par Nicolas Sarkozy, comme l’augmentation de la prime pour l’emploi et la simplification de l’impôt sur le revenu.Nicolas Sarkozy a évidemment dû arrêter de lancer des piques au président: en effet, on ne tire pas sur une ambulance.Côté image, Dominique de Villepin ne cesse d’arpenter les plages en faisant du jogging pendant que Nicolas Sarkozy n’hésite pas à parler de ses problèmes de couple.Un Français ordinaire contre un aristocrate, cela ressemble étrangement au combat qui avait opposé Jacques Chirac à Valéry Giscard d’Estaing lors de la présidentielle de 1981.Le combat des chefs ne fait pourtant que commencer.Il durera 19 mois.Car personne n’imagine que, même à l’article de la mort, Jacques Chirac puisse démissionner avant la fin de son mandat ou déclencher des élections anticipées, comme Gerhard Schrôder vient de le faire.On savait que les Français n’avaient jamais tout à fait rompu avec la monarchie.Plus de deux siècles après la Révolution, cette rupture n’est toujours pas consommée.Correspondant du Devoir à Paris Le Japon aux urnes demain La Poste, principal enjeu du scrutin nippon P H 1 LI P PE PONS Tokyo — Principal enjeu de la campagne pour les élections législatives de demain au Japon, la privatisation de la Poste n’est pas la question qui préoccupé le plus l’opinion, mais elle est explosive.Elle a été le détonateur de scissions au sein du Parti libéral-démocrate (PLD) et a conduit le premier ministre Junichiro Koizumi à convoquer des élections anticipées à la suite du rejet par le Sénat de son projet, le jeu en vaut-il la chandelle?Alors que l’opposition met en avant des problèmes, selon elle, plus pressants, le PLD fait de la privatisation de la Poste la question fondamentale — «la plus grande réforme depuis 1ère Meiji — seconde partie du XIX' siècle, époque du bascult'ment du Japon dans la modernité».Derrière les hyperboles et les enjeux politiciens — la Poste constitue un puissant lobby conservateur — se pose un problème aux ramifications financières complexes.Au cœur d'un système de corruption endémique et de dilapidation des deniers publics qui a contribué à creuser une phénoménale dette publique (160 % du produit intérieur brut), la Poste a aussi constitué un des rouages de l’expansion japonaise.Elle est aujourd’hui la plus grosse institution financière du monde, avec plus de 34,2 milliards $US d’actifs sous forme d'épargne et de contrats d’assurance vie.Pour les défenseurs du projet de privatisation, la question est simple.Ou bien le Japon se tourne résolument vers l'économie de marché en mettant à bas ce «monstre antimarche» — qui n'est cependant pas déficitaire —.ou bien il maintient dans le giron de l'Etat un fonds colossal servant à financer des projets publics et à engraisser les lobbys.Selon M.Koizumi, le démantèlement de la Poste sera le déclencheur d'un vaste programme réformiste.Ce n'est pas faux: l'épargne postale est le nœud des réseaux de collusion entre les milieux politiques et de la construction, par le biais des commandes publiques.Une collusion qui, avec son cortège de scandales et de prébendes, a été l’un des grands mécanismes du pouvoir dans le Japon de l’expansion (des L’épargne postale est le nœud des réseaux de collusion entre les milieux politiques et de la construction années 60 au début de la décennie 90).C’est Kakuei Tanaka, premier ministre au début des années 70 et «orfèvre» en matière d’accaparement des fonds publics par le PLD, qui a fait de l’épargne postale Tune des sources de financement des «caisses noires» du camp conservateur, à travers les travaux publics.Le système a donné lieu à d'enormes gaspillages: des routes ne menant nulle part, des ponts desservant des îles de quelques centaines d’habitants, des trains à grande vitesse s'arrêtant dans des bourgades ou des aéroports surgissant à quelques centaines de kilomètres de distance.Les exemples sont légion des extravagances de TEtat-bâtisseur.Mais il n’y a pas eu que gâchis des deniers publics d;ms cette débauche d'infrastructures.Les travaux publics ont aussi été Tune des facettes dime politique de compensation sociale qui a été T«intelligence» du capitalisme japonais en permettant de maintenir la paix sociale et de réduire les disparités régionales.Les travaux publics n'ont pas uniquement engraisse les potentats locaux: ils ont aussi ete pourvoyeurs d'emplois.Dans ce système, les actifs de la Poste, investis en obligations d'Etat, nourrissent un fonds de financement et de dotations du secteur public.L'abondante épargne drainée par la Poste a contribué au redressement economique du pays en fournissant un financement stable, indépendant des mécanismes du marché.à des projets à long terme menés par l'État dirigiste de l’époque et en offrant des prêts à taux bonifie aux ménagés pour accéder à la propriété.Nouvelles priorités Aujourd'hui, l'économie japonaise, plus déréglementée.a des priorités nouvelles qui appellent une orientation différente des flux financiers.En outre, l'État est en quasi-banqueroute alors que le vieillissement de la population se traduit par une diminution de la proportion d'actifs et un accroissement des charges sociales.Le projet de privatisation de la Poste n’est cependant pas appelé à remédier au déficit public.Sa scission en quatre entités (à opérer entre 2007 et 2017) et la cession gradueDe de leurs actifs devraient avoir un effet marginal sur le redressement des finance publiques; elles surviendront en effet après que le comptes publics auront été rétablis (à partir de 20K selon le plan du gouvernement).Une réforme entreprise en 2003 a donné à la Post une plus grande autonomie, majs elle reste le plu gros acquéreur d’obligatioqs d’Etat (20 %).Ce rôl dans le refinancement de l’Etat explique la formul graduelle de privatisation adoptée par le gouverm ment: tant que les finances publiques ne sont pas n tablies, une entière autonomie de la Poste, qui pou rait être tentée de se tourner vers des investigsi ments plus rémunérateurs que les obligations d'Éta risquerait de placer celui-ci en situation délicate.La privatisation de la Poste soulève encore un pn blême.Dans le schéma actuel, la gestion de ses aefr s inscrit dans un système national et sécurisé dans li quel les intérêts étrangers ne sont pas partie prenai te.En ouvrant le marché de l'epargne postale à de intervenants non japonais, qui ont des objectifs ps forcément convergents avec les intérêts nationau: 1 Etat risque de perdre la maitrise d’une partie de so «bas de laine».Avec des garanties — que le projet gouverm mental ne présente pas —, la privatisation des se vices financiers de la Poste paraît à terme inelu table.D autant que les épargnants japonais, doi les livrets postaux rapportent un intérêt dérisoir (moins de 1 %), semblent désormais sè départir c leur aversion au risque et être plus attirés par de placements plus rémunérateurs.L'augmentatio du volume des transactions individuelles sur 1 marché boursier en témoigne.La privatisation inquiète en revanche une popul tion vieillissante de petites gens en raison des se vices multiples de proximité que rendent ses bi ream; dans les campagnes.Beaucoup craignent qi le souci du profit maximal ne se traduise par un «d graissage» du réseau des 24 000 agences d’une ins: tution vieille de 130 ans.La campagne électorale aura au moins contrail les partis d'opposition à se dégager de leur attituc de simple rejet du projet gouvernemental et à éclai cir quelque peu le débat en présentant des contr propositions de réforme.Le Monde LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II SEPTEMBRE 2 0 0 5 B 3 PERSPECTIVES ns \1 pis ._ JACQUES NADEAU LE DEVOIR La loi sur le multiculturalisme adoptée en 1971 a permis de donner une nouvelle signification de ce qu’est être canadien signifie.La charia en Ontario Est-ce la faute au multiculturalisme ?Le philosophe Will Kymlicka ne croit pas que cette politique puisse servir d’argument aux anti ou aux pro-charia ANTOINE ROBITAILLE Est-ce la faute au multiculturalisme si on est, en 2005, à débattre de la possibilité de créer des tribunaux islamiques au Canada?Pour plusieurs, la réponse, affirmative, va de soi.Du côté des opposants comme chez les promoteurs de la charia, d’ailleurs.Dans le premier camp, la députée québécoise de La Pinière, Fatima Houda-Pepin, affirmait cette semaine que les islamistes «ont ciblé le Canada comme le ventre mou de l’Occident» entre autres à cause «de la loi sur le multiculturalisme, qui leur permet de faire avancer cette revendication-là sous couvert des droits de la personne».D’autres vont plus loin: les tribunaux islamiques, ce serait du «multiculturalisme devenu fou», selon les mots de Ta-rik Fatah, du Congrès musulman du Canada.Dans le camp des promoteurs de la charia, le militant islamiste ontarien Syed Mumtaz Ali affirme pour sa part que «quiconque appuie la politique de multiculturalisme devrait reconnaître la légitimité de l’arbitrage islamique en droit familial».Mais l’expert en multiculturalisme de l'université Queen’s en Ontario, le philosophe Will Kymlicka, ne croit pas que le multiculturalisme puisse servir d’argument ni aux anti ni aux pro-charia.Kymlicka défend depuis longtemps cette politique contre ses critiques les plus durs, notamment le romancier Neil Bissoondath et le journaliste Richard Gwyn.Ici, son argument principal, qu’il a présenté lors d'une conférence devant le Conseil canadien des femmes musulmanes du Canada en avril dernier à Toronto, est que le multiculturalisme canadien est une politique fédérale adoptée par Pierre Elliott Trudeau en 1971.Bien sûr, cette politique a eu un «effet symbolique énorme» et a servi à donner une nouvelle définition de ce qu’être canadien signifie.Mais dans le cas des tribunaux islamiques, rien ne se passe au niveau fédéral.C’est en Ontario que la charia pourrait servir de règle aux différends en matière de droit familial.Aussi souligne-t-il que l'adoption de la loi ontarienne sur l’arbitrage, celle, précisément, qui pourrait permettre l’instauration de tel tribunaux islamiques, ne répondait à aucune revendication de la part d’aucun groupe d'immigrants.De même, rien dans les politiques de multiculturalisme n’imposait ce type de mécanisme.«Au contraire, la loi sur l’arbitrage a été conçue pour des membres non immigrants de la société qui l’avaient L’adoption eux-mêmes réclamée et qui souhaitaient avoir une méthode de résolu- de la loi tion de conflits moins chère, plus rapide et moins litigieuse.» La tendan- ontarienne ce à la création de tels tribunaux , est très courante dans le monde sur * arbitrage occidental, fait-il remarquer, même , , .dans les pays qui n'ont aucune po- ne répondait litique de multiculturalisme.La ' droite et la gauche étaient même d dutunt d'accord pour créer de tels tribu- revendication naux.C est un gouvernement de gauche, celui de Bob Rae, du Nou- (Je \a part veau Parti démocratique, qui a promulgué la loi sur l'arbitrage en d’aucun Ontario, dont le but était de rendre la résolution de conflits plus accès- groupe sible aux gens qui n’ont pas les moyens d’avoir recours au systè- d immigrants me judiciaire.Kymlicka insiste pour dire que cette loi n’accorde aucun droit spécial ni aucun privilège à la communauté musulmane ou à quelque autre groupe religieux que ce soit.«C’est simplement un cadre juridique au sein duquel quiconque, religieux ou non, peut accepter d’utiliser l’arbitrage privé pour résoudre des différends.[.) Les musulmans n’y ont pas plus ou moins de liberté d’utiliser cette méthode d’arbitrage privé que les athées, les environ-nementalistes ou les membres du club Rotary.» Aussi, souligne-t-il, l'adoption de cette loi n’a été recommandée ou financée par aucun programme de multiculturalisme ni par le gouvernement fédéral.Personne non plus n’a jamais suggéré que cette loi visait à accommoder la diversité et personne n’a dit qu’elle était conforme à la loi sur le multiculturalis- ¥¥FJl l l.muR IH h ti - ¦?v- ¦ : ; ^ J L.n IcErfarï"" /J jfFÆ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Kymlicka insiste pour dire que la loi ontarienne n’accorde aucun droit spécial ni aucun privilège à la communauté musulmane ou à quelque autre groupe religieux que ce soit.me ou à l’article de la Charte des droits et libertés sur le multiculturalisme.Autrement dit, la création d'une occasion juridique de mettre sur pied des tribunaux de droit familial de nature religieuse n’était aucunement liée à un processus de réforme d’inspiration multiculturaliste, fait-il valoir.«C’est la conséquence accidentelle d'une réforme de l’environnement juridique.» Certes, mais ne peut-on pas dire que ces tribunaux, s’ils venaient à voir le jour, seraient conformes à un certain esprit du multiculturalisme canadien?Au contraire, répond-t-il: c’est la loi sur l’arbitrage qui viole l’esprit de la loi sur le multiculturalisme.En effet, il fait valoir qu’un des principes cardinaux de cette loi est que tous ceux qui adoptent des mesures multiculturalistes doivent prendre en compte la façon dont leur action se répercutera sur les membres les plus vulnérables des groupes ethniques.Autrement dit si on s’était conformé à l’esprit du multiculturalisme canadien — «qui est clairement libéral» sur le plan philosophique, insiste Kymlicka —, on aurait pris soin d’adopter des mesures de protection pour les femmes immigrantes.«La loi de 1991 sur l'arbitrage peut bien fonctionner pour la résolution de conflits commerciaux entre des gens d’affaires indépendants — ce qui était son but à l'origine —, mais en la concevant, on n’a pas tenu compte des intérêts des immigrants et des autres groupes vulnérables.» En somme, affirme Kymlicka, ce n’est pas le multiculturalisme qui est «devenu fou» dans cette affaire mais bien le système d'arbitrage privé.Le philosophe prône une refonte complète de cette loi pour protéger les intérêts des gens les plus vulnérables.«Mais cette refonte ne commande aucun amendement à la politique de multiculturalisme.» Kymlicka étoffe son argument: «Imaginons un instant que la loi sur l’arbitrage n’existe pas en Ontario.Les leaders musulmans comme Mumtaz Ali auraient-ils pu aller devant les tribunaux et invoquer la loi sur le multiculturalisme ou la Charte, des droits pour créer leurs tribunaux islamiques?Les tribunaux auraient-ils alors affirmé que les provinces ont une obligation juridique de créer de tels tribunaux?Je crois sans l’ombre d’un doute que la réponse est non.» Déjà, soutient le philosophe, le multiculturalisme a montré qu’il avait de sérieuses limites: les tribunaux au Canada n’ont jamais interprété la loi sur le multiculturalisme ou la Charte des droits comme une autorisation d'enfreindre les droits des individus.En somme, le multiculturalisme n’est pas a la source de la question des tribunaux islamiques, répété Kymlicka.A preuve: l’abolir ne changerait rien au débat actuel en Ontario.?La Voie canadienne - Repenser le multiculturalisme au Canada, paru au Boréal en 2003, a été traduit de l'anglais par Antoine Robitaille.Le Devoir Michel David La langue sale Dans L» cacophonie qui régnait au Pinnt jeudi soir, Richard Legendre avait un ptsi de mal | à se faire entendre au départ, mais c'est finalement lui qui a eu la phrase Li plus assassine: .S'il ne s’était (>as plié aux exigences de Lucien Bouchard et de Mario Dumont, le I camp du OUI se serait tait massacrer.En fait, il n’y | aurait même pas eu de référendum.«On ne veut pas de la langue de bois.Et on ne veut I pas de la langue de Boisdair non plus», a lancé mercredi le candidat du SIX) libre, Pierre Dubuc.le jeu de mots était un peu facile, mais il est tout à fait normal que les attaques des autres candidats se concentrent sur celui qui mène le peloton.Encore faut-il être un peu conséquent.L’’est bien beau de reprocher à M.Boisdair sa langue de bois, mais si on le | stigmatise chaque fois qu'il dit quelque chose d’un |H‘u conséquent, il va s'empresser de retourner à ses lieux communs, ?Une course au leadership, où les amis d’hier sont les ennemis d’aujourd’hui, (Huit être beaucoup plus déchirante qu’une campagne électorale, qui oppose îles adversaires de toujours, auxquels ou n’en veut pas vraiment.Il y a 20 ans, la course à la succession de René Lévesque s’était déroulée dans un climat relativement serein dans la mesure où les «orthodoxes» avaient déjà quitté le parti pour protester contre le «beau risque».C’est seulement après la défaite de décembre 1985, quand Pierre Mare Johnson avait mis le cap sur r«affinnation nationale», que les choses s’étalent détériorées, le putsch contre M.Johnson s’était déroulé dans un climat de guerre civile.Quand Lucien Bouchard avait annoncé sa démission, en jtuivier 2(X)1, le IX) avait pu éviter ces empoignades fratricides.Bernard Landry avait réussi à décourager ses rivaux potentiels avant même qu’ils ne se lancent dans la mêlée, le tordage de bras en coulisse n’est guère plus élégant que l’invective publique, mais les apparences sont sauves.Si une course avait eu lieu, l'équipe de M.landry aurait déjà eu quelques flèches bien aiguisées dans son carquois.Sachant que ses adversaires n’auraient pas manqué de le présenter comme un adversaire de la social-démocratie, on s’en serait pris au «club des millionnaires» auquel appartenaient François Ia> gault et Pauline Marois.Voyant le ton monter, 1 nuise Harel, qui doit maintenir un minimum de cohésion au sein de l’équipe péquiste à un mois de la rentrée parlementaire, a senti le besoin de faire un rappel à l’ordre.«Débat ne veut pas dire combat», a-elle dit.Li ligne qui sépare les deux est cependant très fine, surtout dans un parti idéologique comme le IX), ou une simple divergence de vues peut être assimilée à de la traîtrise.?In langue de bois est sans doute regrettable, mais la langue sale ne vaut certainement pas mieux.Dans la bouche d'un péquiste, qualifier quelqu’un A’«homme de Gesca», comme l’a fait le député de L’Assomption, Jean-Claude Saint-André, est carrément injurieux.Remarquez, M.Saint-André n’est pas le seul candidat à penser que M.Boisdair est le favori de Power Corporation et du camp fédéraliste, mais personne d’autre n’avait encore osé le dire ouvertement Un collègue de lu Presse, Denis lessard, reconnu pour être particulièrement fouineur, a brossé un portrait percutant de M.Boisdair quand il a annoncé sa candidature, en juin dernier.Il y évoquait la colère «titanesque» que Luden Bouchard avait faite en 1997 quand on l’avait mis au courant des frasques de son jeune ministre: «Cocaïne, excès d'alcool, fins de semaine exaltées au terme desquelles on ne sait plus où se trouve l'auto qu'on a louée.Immature et arrogant, le jeune politicien roulait a trmbeau ouvert.» L’équipe d’un des adversaires de M.Boisdair — il ne s'agit pas de M.Saint-André — a remarqué que ce passage, publié dans D Droit, également propriété de Gesca, avait été coupé dans La Presse.De là à conclure qu’il bénéficie de protection en haut lieu, il n’y avait qu’un pas.U* milieu politique a souvent des réflexes paranoïaques face aux médias, dont il comprend mal le fonctionnement Il demeure qu’un homme averti en vaut deux: certains estiment que l’élection de M.Boisdair serait une véritable catastrophe pour le IX) et le mouvement souverainiste en général.Ils ne feront pas de quartier.mdavifPalede voir.com archives le devoi La course à la succession de René Lévesqu s’est déroulée dans un climat relativemer serein. B 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 SEPTEMBRE 2 0 0 5 DI T 0 RI A L Les sophismes de Pettigrew Le documentaire Point de rupture nous a fait revivre cette semaine la saga référendaire de 1995.Les promesses de changement faites alors pour garder le Québec dans la fédération ne se sont jamais réalisées.Dix ans plus tard, Ottawa ne bouge toujours pas, comme l’a illustré cette semaine le rejet d’une présence autonome du Québec sur la scène internationale de peur de donner des outils aux «fanatiques de l’indépendance».J Bernard Descôteaux a volonté de sortir du statu quo constitutionnel n’est pas le propre des seuls indépendantistes.À leur maniéré, les fédéralistes qui se retrouvent au sein du Parti libéral du Québec tentent, chaque fois qu’ils le peuvent, d’élargir l’espace dont le Québec dispose dans la fédération.Jean Charest, dont on attendait pourtant peu, fait ainsi un effort remarquable pour que soit reconnue la capacité du Québec à parler en son nom propre sur des questions relevant de sa compétence.Cette revendication, qui repose sur des fondements constitutionnels incontestables établis en 1965 par Paul Gérin-I^ijoie, fait l’objet d’un consensus à ce point large que le premier ministre Paul Martin ne pouvait ne pas l’entendre depuis Ottawa.Dans le contexte de mondialisation, il est de plus en plus important que le Québec puisse agir sur la scène internationale.Que soient clarifiés les domaines d’intervention où il pourra le faire seul et ceux où il devra le faire en relation avec Ottawa s’impose.Le ministre des Affaires étrangères, Pierre i Pettigrew, qui a eu le mandat de négocier avec gL M le Québec, s’est montré d’emblée peu empres- sé.laisser passer 20 mois avant une première rencontre constituait déjà une indication qu’il allait aborder les discussions avec de fortes réserves.On en a eu la confirmation la semaine dernière lorsqu’il qualifia de dépassée la doctrine Gérin-Lajoie.C’était une façon de dire que la revendication du gouvernement Charest, bien que fondée constitutionnellement, ne correspond plus à notre époque de mondialisation qui exige que le Canada parle d’une seule voix.L’argument s’inverse facilement comme le font dans un texte qu’ils signent dans la page voisine les ministres Benoît Pelletier et Monique Gagnon-Tremblay au nom du gouvernement québécois.Ce mauvais sophisme ne tenant pas la route, Pierre Pettigrew s’est rabattu cette semaine sur un autre argument, celui des «fanatiques de l’indépendance».À l’entendre, il ne faudrait pas faire de concession au Québec de peur que les indépendantistes ne se servent d’un précédent sur lequel Ottawa ne pourrait plus revenir.Il y aurait danger à reconnaître au Québec le droit de parler en son nom propre au sein de l’UNESCO dont le mandat éducatif est clairement dans le champ de compétence constitutionnelle du Québec.Le ministre voudrait que l’on se contente de moduler la voix internationale du Canada pour y intégrer les «expertises» québécoises.Des précédents, il y en a eu pourtant quelques-uns de très importants faits par Ottawa par le passé, y compris avec des gouvernements péquistes.Citons l’entente Couture-Cullen sur l’immigration et celle permettant au Québec de siéger comme gouvernement participant à la Francophonie.Ils ont été concédés au Québec, l’un par Pierre Elliott Trudeau, l’autre par Brian Mulro-ney, qui n’ont pas eu peur des «fanatiques de l’indépendance».'L’attitude de M.Pettigrew est difficile à comprendre.Son propos laisse entendre que la légitimité du gouvernement québécois varie selon la couleur politique, qu’il y aurait des concessions que pourrait faire Ottawa seulement à un premier ministre libéral, qi,ais qu’après tout, puisque Jean Charest risque de perdre les prochaines élections, il vaut mieux s’abstenir.Il y a pas si longtemps, le discours qu’on entendait à Ottawa était bien différent.Elisez Jean Charest, disait-on aux Québécois en les assurant qu'il serait tellement plus facile de s’entendre lorsqu’un parti fédéralis-tè serait au pouvoir à Québec.Vraiment?Constatons que souvent Ottawa varie et que bien fol qui s’y fie.bdescoteaux^ledevoi r.ca La preuve par Powell 1 y a des accents de sourde vengeance dans le timing de la confession faite jeudi soir à la journaliste Barbara Walters par l’ex-secrétaire d’Etat Colin Powell au sujet de l’absence d’armes de destruction massive (ADM) en Irak.Elle survient au moment où le président George W.Bush traverse une authentique crise d'incompétence pour les ratés de sa gestion des dévastations causées par l’ouragan Katrina.Une sortie presque détonnante de la part de celui qui, contre vents et faucons, avait mis au service de l’administration Bush son image publique d’homme intègre, solidaire et modéré.Non pas que le malaise de M.Powell face aux manipulations qui ont servi à lancer la guerre contre Saddam Hussein nous était tout à fait inconnu.Les opinions publiques n’ont pas mis beaucoup de temps à comprendre que les Dick Cheney, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz ont instrumentalisé la réputation de M.Powell ce matin du 5 février 2003 lorsque, devant le Conseil de sécurité de l’ONU et sur fond de bruit de bottes, il avait présenté au monde les «preuves» américaines de l’existence d’ADM en Irak.A la suite de sa démission, tout de suite après la réélection de M.Bush, en novembre 2004, M.Powell avait fait un début de mea-culpa en affirmant que ces preuves étaient bel et bien fausses mais qu’il n’en savait rien le jour où il s était amené devant le Conseil de securité pour justifier le projet d’invasion militaire.Très diplomatiquement, il en a rajoute dans son entrevue avec Mme Walters, sur les ondes d'ABC.Il a jugé que sa presentation devant l'ONU faisait une tache indélébile sur son image et declare que le souvenir de cet épisode lui était «douloureux».Surtout, il a affirme n’avoir «jamais vu de preuve» d’un lien entre' les attentats du 11 septembre 2001 et le régime de Saddam Hussein.On ne pleurera pas sur les remords de M.Powell puisque ces remords l’accusent.L’ancien général s’est fait complice et victime consentante d’une décision militaire, fondée' sur une supercherie politique, aux répercussions incalculables pour le monde entier.N’empêche que le fidèle Colin Powell lance un pavé dans la mare: ce qui transpire de ses bribes d’aveux est accusateur pour la présidence.Mais en toute logique, ces reproches porteront peu au final.D’abord parce que M.Powell met avant tout en cause les dysfonctionnements des services de sécurité américains.Ensuite parce que les faits ont démontre' de façon probante, dès après la prise de Bagdad.en avril 2tX13, qu’il n’y avait pas d’ADM en Irak.Or la révélation progressive du mensonge n’a pas empêché M.Bush d’être réélu pour un second mandat.En ce sens, la preuve par M.Powell que les armes ont été inventées, si scandalisante soit-elle, arrive trop tard.G u y Taitlefer LH DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE LA Noi>tf£u.£-AMANS: ?RoPoVtTi0N« D'A*PC ARRivfNÎPu Aaon΀ gwTi'fg, 0 1&0\ Mi 'J>Z y t i&\ .JE T£ PR|T{ MES SPffiiAWfS WkN* LA CfltfSTRuCfaw DE DiStAfS MffU ÉTANCHE S V aaK EXPERT* £n P-tViTMT* fclfAiC'tT&AKflV / „ "rrf hé ÆAR/'feTtf tiwÇa^.io Le confort et la différence L’été s’alanguit en cette rentrée d’automne, les marchés publics regorgent de légumes frais, on cause ketchups et confitures, et c’est ça aussi, la vie! Notre vie à nous, bien à l’abri des ouragans, des tornades, des guerres et autres dévastations.Il y a bien les prix du pétrole qui aug-mentent, enrichissant des entreprises de raffinage toujours en quête de profits exorbitants.Ces prix scandaleux appauvriront les personnes qui chauffent leur demeure au mazout et pénalisent déjà les populations travailleuses des régions où les transports en commun sont dérisoires.Que penser, que dire, que faire?Au moms, s’informer, lire, réfléchir.On ne peut plus ignorer que, là-bas, à La Nouvelle-Orléans, au cœur d’une Inuisiane chérie par bien des Québécois, vit une population noire et terriblement pauvre.On ne peut plus faire semblant de croire que le racisme est extirpé de cette société longtemps nourrie par l’esclavage.On comprend que La Nouvelle-Orléans n’est pas un cas unique et que les Etats-Unis d’Amérique comptent 30 millions de pauvres, l’équivalent de toute la population du Canada.Ijes gouvernements de ce pays, qui prétend donner des leçons de civilisation au monde, baissent les impôts des riches et coupent l’aide sociale, accroissant ainsi les inégalités et les différences entre riches et pauvres.Ça vous rappelle quelque chose?Une fois qu’on le sait, comment ne pas être solidaire?Et, tant qu’à y être, pourquoi ne pas réfléchir à des solutions et à nos propres contradictions, loin du confort des habitudes?Les pé- LETTRES -«- trolières accumulent des profits éhontés?Cherchons comment civiliser ce marché aux allures de monopole.Et, déjà, exigeons plus de transports en commun dans toutes les régions, l’utilisation accrue du train pour les transports commerciaux, un gouvernement préoccupé d’économies d’énergie au sein de l’administration publique, des taxes additionnelles sur les véhicules énergivores, le développement contrôlé par la collectivité de nouvelles sourçes d’énergie non polluantes, le soutien de l’Etat québécois à l’achat local, particulièrement dans le domaine alimentaire.Opposons-nous au prolongement de l’autoroute 25 au nord de Montréal.Et modifions nos comportements: finis, les VUS, achetons de petites voitures et des voitures hybrides, mangeons local, prenons l’autobus, le métro, enfourchons nos bicyclettes, faisons du covoiturage.Ce pied de nez aux pétrolières sera aussi un service rendu à l’environnement L’ouragan Katrina ne nous rappelle-t-il pas que la nature est souveraine et qu’il nous faut la respecter?Cap enragé, chantait Zachary.Cap sur l’engagement dirons-nous en cette rentrée qui annonce des combats porteurs d’espoir.Françoise David Porte-parole d’Option citoyenne Montréal, le 8 septembre 2005 Point de rupture J’ai regardé avec un grand intérêt le document Point de rupture au sujet du référendum de 1995 sur l’avenir politique du Québec.Bien sûr, j’ai revécu la peine profonde de cet inoubliable échec.Mais une colère a resurgi du fond de ma mémoire.Elle concerne ce dont il n’a jamais été question dans le documentaire présenté par Radio-Canada: l’obtention massive de la citoyenneté canadienne accordée au Québec à de nouveaux arrivants au cours des mois qui ont précédé le référendum québécois, ce qui a permis à ces derniers de voter audit référendum.Pourquoi ce silence autour de ce scandale dont l’esprit de détournement de la démocratie ressemble étrangement aux pratiques de détournement des commandites?Pourquoi ne pas avoir parlé de cette machination électorale qui a faussé le rapport à la démocratie et dont la mise en scène grotesque en a constitué un exemple déplorable?Ce comportement du gouvernement fédéral s’est appuyé sur un pouvoir machiavélique qui a trouvé sa brutale expression dans la malhonnêteté.Les clans du OUI et du NON n’ont pas joué à forces égales: oui à la démocratie, non à la majorité.«Tous sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres», a déjà écrit George Orwell.La fin du documentaire laisse entendre que la démocratie a parié.Ce n’est pas vrai.Elle a été détournée.L’obtention massive de la citoyenneté canadienne n’est qu’un exemple parmi d’autres.Dans toute cette histoire du référendum, on peut imaginer ce qui n’a jamais été dit ou dévoilé à propos d’autres machinations fédérales et dont les commandites, après coup, nous donnent une petite idée.Cela, dans le «plusse» beau pays du monde.Évidemment Bruno Roy Ecrivain Montréal, le 8 septembre 2005 REVUE DE PRESSE La justice sous la loupe MANON CORNELLIER La justice canadienne évolue-t-elle dans la bonne direction?La question se pose quand on voit le débat autour de l’implantation possible en Ontario de tribunaux d’arbitrage en matière de droit familial inspirés de la chaîna.Les manifestations d’opposition de jeudi et l’annonce d’une décision imminente «respectueuse des valeurs canadiennes et ontariennes» par le gouvernement ontarien de Dalton McGuinty ont évi-demment suscité moult articles et commentaires à travers le pays, le Globe and Mail se montrant le plus fervent supporteur de l’autorisation de ce type d’arbitrage, à la condition qu’il soit bien encadre.du Canada Le témoignage d’une femme musulmane, paru dans le même quotidien, dénonçait les dérives de l’arbitrage religieux et le chantage auquel il pouvait donner lieu, mais l’équipe éditoriale y a plutôt vu une illustration de sa position.Après avoir obtenu un jugement d’une cour ontarienne, cette femme s’est ensuite tournée vers son imam pour obtenir un divorce religieux, question de pouvoir se remarier en vertu des rites de sa religion.C’est alors que le chantage a commencé et quelle a dû céder certains des acquis obtenus dans le jugement du tribunal.Selon le Globe, cela illustre la justesse d’articles des lois ontarienne et canadienne adoptées dans les années 80 pour contrer un problème similaire au sein de la religion juive orthodoxe.Ces articles assurent qu'un conjoint qui refuse de coopérer au divorce religieux soit pénalisé par le tribunal.De l’avis du journal.mieux vaut encadrer ce genre d’arbitrage que de l’ignorer puisque des gens continueront à y avoir recours pour pouvoir se remarier en vertu de leur religion.«Quand des personnes se lient volontairement par une dérision, le gimemement a bien du mal à offrir sa protection.Amener les tribunaux islamiques sous la loi de l'arbitrage est une manière de demander équité et adhésion aux normes canadiennes en échange de l'inclusion.» Le Toronto Stor va dans le même sens.Notant la division au sein même de la communauté musulmane ontarienne, le quotidien souligne que d’autres confessions religieuses offrent déjà officiellement des services d’arbitrage depuis l’adoption de la loi en 1991, soit les catholiques, les juifs et les musulmans Ismaéliens.Les gens y ont volontairement recours et leurs décisions sont reconnues, pourvu quelles ne contreviennent pas à la Charte des droits ou aux lois ontariennes, écrit le journal.Ce système n’a soulevé aucun débat pendant des années, jusqu’à ce qu’un groupe musulman envisage d’offrir de l’arbitrage familial sur la base de la charia Selon le Star, M.McGuinty n’aura peut-être pas le choix d’autoriser ce service, à moins d’interdire tout arbitrage d’inspiration religieuse.Le journal estime toutefois que si le gouvernement autorise l'arbitrage sur la base de la charia.il doit le superviser étroitement pour assurer le respect des droits de tous.«Il y a des mesures de protection auxquelles les personnes de toute confession religieuse ont droit.M.McGuinty ne devrait permettre l’existence de tribunaux religieux qu'après les avoir mis en place», écrit l’équipe éditoriale.Le Calgary Sun ne l’entend pas ainsi, parlant carrément de «démence» et donnant sans hésitation raison aux manifestants qui ont protesté dans plusieurs villes du monde.Le journal convient que la charia ne sert toujours pas de réference juridique et qu’il n’est pas question de lapidation ou de polygamie mais d’arbitrage en matière de droit familial et matrimoniaL La reaction des groupes de femmes musulmanes devrait toutefois servir de sonnette d’alarme au gouvernement McGuinty.dit le journal al-bertain.«Quel message cela envoie-t-il aux islamistes radicaux qui rêvent d'imposer les principes de la charia à travers le monde?» L'equipe du Sh» pense que le gouvernement McGuinty n’avait aucune idée du terrain miné qui l'attendait pensant simplement faire preuve d'equite en permettant aux musulmans d’imiter les catholiques et les juifs.Le journal pense qu"ü doit refuser.L'Ontario discrimine déjà en faveur des écoles catholiques, les seules à être financées par l’État et pourrait donc justifier le fait de faire preuve de discrimination à l'endroit des musulmans dans ce casri, croit le journal.Fait à noter, toutes les femmes chroniqueuses qui se sont prononcées cette semaine ont affiché leur opposition à l’arbitrage islamique.«Une patate chaude religieuse», écrit Christina Blizzard dans le Toronto Sun.Selon elle, M.McGuinty fait bien d’hériter car, «de tous les enjeux très difficiles susceptibles de lui exploser au visage avant les prochaines élections, celui-ci est de taille».A son avis, cette question se résume à déterminer le moment où le multiculturalisme va trop loin.«Même dans ses versions les plus modérées, la loi islamique ne traite pas les femmes en égales des hommes», écrit-elle.Le dilemme du gouvernement consiste donc à rejeter ce projet d’arbitrage sans avoir l’air de critiquer nriam.En fait, elle s'interroge sur l’existence de tout arbitrage d'inspiration religieuse.Margaret Wente, dans le Globe and Mail, fait carrément un parallèle entre Toronto et Bagdad, notant que.dans les deux cas, les femmes ont dû descendre dans la rue pour dénoncer les référencés possibles à la foi islamique dans les fois de l’Etat Elle ne peut pas croire que, par souci de respect de la diversité culturelle, le gouvernement ontarien puisse même envisager de permettre l'arbitrage familial sur la base de la charia Elle ne s'étonne pas que des gais à travers le monde pensent que l’Ontario ait perdu les pédales.«Qu'y a-t-il de mal avec les lois canadiennes pour que des Canadiens religieux veuillent regarder ailleurs?».demande Mona Eltahawy, une musulmane citée par Mme Wente.Selon la journaliste.M.McGuinty a l’obligation de répondre à cette question car de nombreux groupes et de femmes musulmanes exigent la même foi pour tous.Une supervision de l'arbitrage religieux ne réglera pas tout et de toute façon, demande-t-elle.«pourquoi même donner à des accords de nature religieuse l ’imprimatur de l’État?» Le mot de la fin revient peut-être au caricaturiste du Droit, d’Ottawa, qui met en doute les intentions de Dalton McGumty.Bado le représente se questionnant la balance de la justice à la main, le vote ethnique sur un plateau et le vote des femmes dans l’autre.m cornellier q ledevoir.com LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 1 SEPTEMBRE 2 0 0 5 B 5 D É E S La doctrine Gérin-Lajoie : un cadre de référence toujours d’actualité BENOIT PELLETIER Ministre responsable des Affaires intergouvemementales canadiennes, de la Francophonie canadienne, de l'Accord sur le commerce intérieur, de la Réforme des institutions démocratiques et de l’Accès à l’information MONIQUE GAGNON-TREMBLAY Ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie e ministre fédéral des Affaire étrangères, Pierre Pettigrew, prétend que la doctrine Gérin-Lajoie est dépassée parce que la mondialisation exige, selon lui, que le Canada parle d'une seule voix qui devrait être contrôlée par le gouvernement fédéral Comment ce ministre québécois influent peut-il nier le fondement même de la poli-— — tique internationale du Qué- bec, la doctrine Gérin-Lajoie en l'occurrence?Celle-ci demeure le cadre de référence pour faire évoluer les relations internationales du Québec par une approche pragmatique qui s’incarne dans l’action.Comment M.Pettigrew peut-il croire que ses propos s’inscrivent dans la modernité?Le discours du gouvernement fédéral était le même dans les années 60, comme en témoigne notamment le livre blanc Fédéralisme et relations internationales, publié en 1968.L’unicité de la voix canadienne était l’argument sur lequel Ottawa s'appuyait pour contrer les positions défendues par Paul Gérin-Lajoie qui, déjà, constatait l’importance pour le Québec d’accroitre sa présence au sein des organisations internationales.Même à cette époque, ce discours fédéral purement défensif était sans fondement.C'est encore plus le cas de nos jours avec l’avènement du phénomène de la mondialisation, qui fait que le Québec doit jouer un rôle accru sur la scène internationale.Comme le reconnaît le ministre Pettigrew, les dernières décennies ont donné lieu à l’arrivée de nouveaux acteurs dans les relations internationales, distincts des Etats souverains.Cette évolution ne discrédite en rien la doctrine Gérin-Lajoie.Au contraire, elle la renforce.Comment pourrait-on aujourd'hui refuser aux gouvernements fédérés comme le Québec, démocratiquement élus, l’accès à la scène internationale lorsque celle-ci s’ouvre justement à une multitude d’acteurs étatiques et non étatiques?Mondialisation oblige L’internationalisation s’est transformée en mondialisation, affirme M.Pettigrew?Raison de plps pour que le Québec puisse en être partie prenante.A l’heure de la mondialisation, de grandes questions se débattent et des décisions se prennent au sein des organisations multilatérales.Les discussions portent souvent sur des domaines de responsabilité provinciale.D’où la nécessité d’une action directe du gouvernement du Québec.Refuser au Québec l'accès à la mondialisation, c’est lui refuser l’accès à la modernité! Le discours fédéral doit évoluer.Après tout la fédération canadienne a déjà innové, comme dans le 'Z Sgi 1 t CHAIWAT SURKASOM RIÎUTEKN L’internationalisation s’est transformée en mondialisation, affirme M.Pettigrew?Raison de plus pour que le Québec puisse en être partie prenante.cas de l’Organisation internationale de la Francophonie, où le Québec s’exprime de sa propre voix sans que cela déforme les positions canadiennes ni porte ombrage au Canada.Aujourd’hui, nombre d’États fédérés ou non souverains, un peu partout dans le monde, voient de plus en plus la nécessité d’être présents sur la scène internationale.Plusieurs pays se dotent de mécanismes pour reconnaître cette évolution.Pourquoi le Canada n’en ferait-il pas autant?11 faut cesser de craindre le pluralisme dans l’expression canadienne.D est possible de concilier unité et diversité.Une voix plurielle est un facteur de renforcement et d’enrichissement de la voix canadienne, entendue ici dans un sens plus global et non limité à la voix «fédérale».Ce renforcement s’est notamment illustré dans le cadre des travaux à l’UNESCO sur l’élaboration d’une convention sur la diversité culturelle.Mauvaise cible Plus récemment encore, M.Pettigrew a affirmé que le Canada envoie des messages différents sur la,scène internationale par divers ministères fédéraux.A l’évidence, le ministre se trompe de cible en concentrant son attention sur la doctrine Gérin-Lajoie.Peut-être aurait-il intérêt à agir de façon à ce que le ministère des Affaires étrangères canadiennes coordonne d’abord la position fédérale.Qu’il laisse au ministère québécois des Relations internationales le soin d’en faire autant au Québec.Nous pourrons ensuite discuter de nos positions respectives de façon éclairée.Le gouvernement fédéral doit moderniser sa conception du rôle des entités fédérées, dont le Québec, à l’échelle internationale.Les discussions qui s’entameront sous peu avec Ottawa sur le rôle du Québec dans les négociations et les forums internationaux lui en fourniront assurément l’occasion.Cacher cet œil au beurre noir qui gêne les Etats-Unis décents D HARRY DORTÉLUS Centre d’études Justice, société et minorités ans l’ouvrage The Souls of Black Folk, publié au début du siècle dernier, W.E.B.Dubois écrivait «The problem of the twentieth century is the problem of the color line.» Dans le chapitre intitulé «The Black Belt», Dubois décrivait la ségrégation raciale qu’il observait lors de sa tournée dans l’Etat de la Géorgie.Cent ans plus tard, le problème reste entier, malgré le recul de certains préjugés.La société américaine demeure divisée géographiquement et mentalement sur le plan social et ethnique.La semaine dernière, les Etats-Unis auraient préféré croiser le fer avec un ennemi plus tangible que Katrina afin de cacher une fois de plus l’œil au beurre noir des préjugés et de l’égoïsme social qui les caractérisent Nos sociétés contemporaines seront de plus en phis pluriethniques.Ainsi, notre plus grand défi restera la cohésion sociale participative.Le 7 juillet dernier, des terroristes attaquaient de l’intérieur la Grande-Bretagne.Tous les yeux étaient rivés sur des ennemis extérieurs.Surprise: après quelques jours d’enquête, la police révélait que c’étaient les propres enfants de la patrie qui s’étaient levés contre elle.Depuis, les sociologues, les journalistes et les travailleurs communautaires essaient de comprendre pourquoi les fils d’une société si généreuse, qui accorde éducation et avantages sociaux à ses nouveaux fils, puissent se retourner contre elle.En France, en moins d’un an, trois incendies mortels ont décimé plusieurs familles africaines.Celles^n rivaient dans d’incroyables conditions d’insalubrité au pays de la devise «liberté, égalité et fraternité».Ici aussi, le politique s’active afin de rendre plus réalistes les grandes idéologies dans un contexte de pluralisme ethnique et social.Une loi non écrite La vue de ces milliers de pauvres majoritairement noirs, réfugiés malgré eux de l’ouragan Katrina, rappelle ces récits de la grande migration des Noirs fiai-chement émancipés vers les grandes villes du Nord, entre la fin du XK' et la premiere moitié du XX' siecle.Tout comme à l’époque, ils déambulent comme des brebis égarées, saps chef et sans recours.Leur état piteux fait peur aux Etats-Unis bien pensants.Les villes avoisinantes non inondées ne s’empressent pas de les accueillir car le plus près que les habitants se sont approchés de ces malheureux, c’est probablement lors de bulletins de nouvelles télévisés, dans la section des faits divers.Faut-il se surprendre que la première réaction des autorités politiques blanches ait été de donner un sentiment de sécurité à leurs électeurs par le renforcement policier et non de secourir les démunis?Les plus cyniques suggéraient de limiter leur liberté de mouvement en les enfermant carrément dans le stade de Houston.Les mentalités ont peu évolué.Malgré la témérité des élites libérales américaines des années 60, l’ingénierie sociale et la théorie tronquée du «separate but equal», bien que défaite à l’unanimité par la Cour suprême en 1954 dans l’arrêt Brown c.Board of Education, demeure la loi non écrite, dans le Sud comme dans le Nord.Selon les ségrégationnistes, il était tout à fait possible d’avoir des écoles séparées entre les races tout en gardant la notion d’égalité entre elles.La Cour suprême des Etats-Unis rejeta cette thèse, battue en brèche par le brillant juriste noir Thur-good Marshall, secondé par des progressistes blancs et divers intervenants sociaux.L'arrivée des ghettos noirs, véritables réservoirs de pauvreté, et le repli des Blancs vers les villes de banlieue allaient rendre ce jugement {de facto) caduque.En effet, l’érection de chaque autoroute, chemin de fer, boulevard, poste de police, centre commercial, etc., est pensée dès sa conception de façon à maintenir cette ligne de démarcation physique ou psychologique entre les pauvres (généralement noirs) et les autres.Les médias, inaccessibles aux plus démunis, jouent un rôle de tampon.En effet, ce sont les médias qui critiquent vertement le président américain pour son apathie envers les sinistrés.Or ce sont ces mêmes médias qui ne ratent pas une occasion de servir la cause de la majorité bien pensante.Face à la détresse des personnes âgées et des enfants privés de nourriture et d’eau depuis cinq jours ainsi que de ces familles isolées sur les toits de maison criant leur détresse, l’accent est mis sur les thèmes classiques du reportage en temps de -paix»: le vol le pillage, la délinquance, etc.L’instinct de survie appar-tient-fl uniquement aux peuples primitifs?Contrôler la parole Le contrôle de la parole et de l'image demeure entre les mains du groupe dominant En temps normal, honnis le Mardi gras de La Nouvelle-Orléans, le ramadan en Angleterre ou les conflits en Afrique, nos trois sujets, retranchés dans leur ghetto (ou plutôt leur bayou) respectif, sont des citoyens de secon- TIM JOHNSON REUTERS Un père et sa fille réfugiés à Houston à la suite de l’ouragan Katrina.de zone, absents des radars médiatiques.Il en résulte ces cas bizarres où tous les intervenants (journalistes, éditorialistes, policiers, pompiers, politiciens, etc.) sont issus de la majorité alors que le sujet est la minorité socialement isolée.Nous devons regarder les événements qui se déroulent dans ces contrées avec modestie et circonspection.Une société généreuse et cohérente doit s’assurer que tous ses citoyens aient la possibilité de participer a son évolution.Pour le moment, notre société répudie la théorie tronquée du «separate but equal», comme le faisait ressortir, l’an dernier, la future gouvemeure générale du Canada, MkhaëDe Jean, dans le cadre du Colloque pédagogique.A la question du choix de la Petite Bourgogne (berceau de la collectivité noire de Montréal depuis plus d’un siècle) comme milieu de vie et l’école publique du quartier pour sa fille, elle répondait: «Im vraie ville (est celle] où se côtoient riches et pauvres, blancs et noirs, certains cultivés et d’autres analphabètes.Mais tous leurs enfants ont droit et accès aux mêmes chances dans l’école du quartier ou la langue française sert de creuset dintégratvm sociale.» Les politiciens locaux, les intervenants communautaires et les promoteurs de projets de revitalisation de ce quartier peuvent être fiers.Pérenniser cette philosophie sociale restera un défi collectif.{ U * t / Denise Bombardier Uenfant-roi et la reine Photo pour le moins inusitée que celle de Su Majesté Elizabeth 11 devisant avec l’époux de Son Excellence, fa future gouvemeure générale.pendant que cette dernière pose, elle, un regard attendri sur sa fillette ennuyée qui occupe le centre de ce salon royal Pour sa part, le prince lîiilip soiuit devant la petite, faute de pouvoir le faire devant ses propros petits-enfants, dont on le voit rarement entouré.Et pour cause: les activités protocolaires ne tiennent généralement pas compte des enfants.Cette photo, donc, s’ajoute aux images de l’annonce officielle de fa nomination de fa gouvemeure générale ; [vu' le premier ministre Paul Martin, alors que l’enfant était aussi présente au milieu de ce beau monde.Ces événements nous donnent l’occasion de nous interroger sur la place de l'enfant d;uis notre société actuelle.11 peut paraître incongru que la rencontre officielle entre fa reine et sa représentante au Canada se déroule en presence d’une enfant qui, visiblement, pré férerait d’autres compagnes de jeu que ceux qui l'entourent.les mères modernes et actives le deviennent sur le tard et semblent croire que le miracle de la maternité qu’elles vivent dims une euphorie fébrile doit être partage par tous.Par ailleurs, dans les couples, l'enfant unique transformé en enfant-roi occupe dims la vie de ses parents une place si prépondérante, si centrale et si compensatoire qu'elle fait éclater les territoires respectifs de l’enfant et de l'adulte.Cette habitude qu'ont plusieurs parents d’emmener systématiquement les enfants dans leurs activités professionnelles et sociales s’explique par ce qu’on pourrait appeler la rareté de l'enfant dans la vie des adultes d’aujourd’hui.Mais l'amour de l’enfant n’oblige pas à l'imposer au travail car ces lieux ne sont pas des garderies.Et l’affirmer ne suppose aucune hostilité à l’endroit des enfants.Il est fini, heureusement, ce temps où on interdisait aux enfants de parler à table lorsque les adultes discouraient.Mais cela ne signifie pas que dans une discussion entre adultes, les enfants puissent interrompre comme bon leur semble et qu’on doive écouter leurs arguments.Pour qu'un enfant vive son enfance, les adultes ont la responsabilité de respecter son territoire, mais l'inverse est aussi vrai.Toutes ces modes et ces supposées nouvelles pédagogies qui font éclater les distances générationnelles et les différences d’âge, qui tendent à niveler les develop pements psychologiques, entraînent souvent chez l’enfant une incapacité à se définir lui-même et à circonscrire les limites qu’il ne doit pas dépasser.\r monde de l’enfance est fait de secrets, de cachettes.de jeux et de codes qui excluent l’adulte.Et le monde adulte n’est pas un lieu où l’enfant peut circuler sans balises, sans directives et sans dangers également.Les adultes doivent s’abstenir de tenir devant les enfants des conversations déplacées, des propos qui supposent une maturité d’esprit que n'ont pas les petits, mais ils doivent aussi refuser d’être traités comme des pairs par leur progéniture.In relation parent-enfant n’est pas une relation égalitaire, comme plusieurs le pensent.U- respect de l’autre n’est pas affiüre de droit mais de morale, d’affectioti et d’amour.lœs adultes qui crient trop fort leur égalité avec leurs enfants réussissent-ils à être des parents rassurants, consolants et exemplaires?Tenir compte des besoins de la famille et des contraintes des parents dans le monde du travail semble être interprété ])ar un nombre de plus en plus grand de couples à enfant-roi comme un envahissement de la vie familiale, c’est-à-dire privée dans la vie professionnelle, c'est-a-dire publique.C’est une curieuse façon d’envisager l’humanisation des milieux de travail Si la passion des parents pour leur enfant unique est touchante, justifie-t-elle que ce dernier participe étroitement aux décisions familiales?Est-ce l'enfant qui doit décider d’un déménagement possible, du choix d’une destination de vacances ou de son école?C’est prêter à l’enfant une capacité de jugement qui ne s’acquiert qu’avec l’âge.C'est aussi lui mettre sur les épaules une responsabilité qui sera sienne bien assez vite.L’enfant-roi a également été créé pour contrer la culpabilité des parents, des mères en particulier, qui se sentent confusément coupables de devoir les abandonner à des tiers à cause du travail.Le premier droit de l’enfant n’est-ce pas celui d'être un enfant plutôt que ce petit être parfois tyrannique qu’on croise?En abolissant les signes sensibles de l’exercice de l’autorité, ces formules de politesse, par exemple, qui indiquent a l’enfant qu’il ne s’adresse pas a un adulte comme il parle à un autre enfant l’école n’a pas aidé à délimiter les territoires des uns et des autres.Prénommer et tutoyer ont un sens, quoi qu’en disent les obsessionnels de l’égalitarisme qui utilisent la Charte des droits comme auparavant le petit catéchisme.A l’époque victorienne, on disait que les enfants devaient être vus mais pas entendus.Cette période est définitivement enterrée.Mais cela ne signifie pas que l'enfant-roi doive être au centre de toutes les activités des parents.Etre au cœur de leur vie, n'est-ce pas sa place la plus légitime?denbom ba rdieFa v ideotron.ca Écrivez-nous! D Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à HtXXJ carac-J teres (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel {redactvmtPledmnr.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris | votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes A l'information générale et métropolitaine : GeraW Daliaire \adrotnt a» directeur de l in/ormatwei Jeanne Corriveau (affaires muminpales/ Fabien Degiise.Marie-Andrée Choumard r’durationi , Joaee Boileau féditorialiste, reiponsable de la page Ideei, Brian Mylet r/ustin et hits és société).ClaSrandree Cauchy (Général Jean Dion.LouieOillea Francceur tenneonnement).Benoit Munger Impensable du site Internet).Laurence Clave!.Jean-Guillaume Dumont (commit Internet) Isabelle Paré (santé) I-ouiv Maude Rioua-Soucy rsuenumérairej ; Pauline Gravel (sciences) : Michel Garneau (caricaturiste) : Diane Precourt (responsable des pages tbémalipuest Martin Duclot.Michele Malenfant et Christine Dumazet (relectenrs).Renee Léo Guimont et Serge Faquin treleclenrs surnuméraires) .Jacquet Grenier et Jacquet Nadeau Oftawr.-Aateine Robitaille et Robert Dutritac (correspondants parlementaires a Québec Kathleen Lévetque Mane-Helene Aline (secretaire a la redaction i Mantyv Hamelin.Alexandre Shietdt (commis/ La documentation Colle.Pare (dirirtrur) .Manon Derome.Serge I apian te (Québec).Rachel Roche fort OttciKi) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril.Jean de Billy.Jean-François Bosse.Mariene Céte Dave Cameron.Van Hamei Christiane Legault.Ame!*- Mahai- Jacques A Nadeau.Claire Paquet Micheline Ruelland.Nadia Vbai.Meli.ande Simard publicitaires) laurencr Thériault (directrice ad/ointe) Manon Blanchette.Sylvie Laporte Martine Berube (secrétain LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production Michel Bernatcher.Johanne Brunet.Danielle Cantara Richard Des Cormiers, Donald Fîlion Ytnmck Morin Nathalie Zemaitis.Ohve-r Zuida INFORMATIQUE ïamck Martel imp.nsabiri PROMOTION.DISTRIBUTION ET TIRAGE Linda Theriault (responsable service a la clientele, distnbntion et tirage i.Alexandre Gaudreau Icooedonnatene a la promotion et a la sollicitation, Monique L’Heureux, Rachelle Irclerc.Caroline Simard L’ADMINISTRATION Nicole Carmel TTrlr iÉnf lr des services comptables).Céline Furov Gliisbine Labeur Claudette Béliveau adrnnte administrante Claudine Chevrier.Monioue Protean Danielle Ross « i LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 SEPTEMBRE 2005 IDÉES LA RÉFORME DES NATIONS UNIES Sécurité, développement, droits humains Le sommet de New York féunira, à la mi-septembre, près de 180 chefs d’Etat et de gouvernement JEFF CHRISTENSEN REUTERS r J5C ‘ : ¦ ,¦ < V yiHMlmi ?, » V Une assemblée de l’Organisation des Nations unies à New York.JEAN-LOUIS ROY Président, Droits et Démocratie e contrat politique dont les Nations unies sont les fiduciaires n’est plus susceptible, dans ses formes actuelles, d’assurer la sécurité globale, le développement partagé et la protection des droits de l’homme, qui constituent sa raison d’être.Ce constat définit l’enjeu majeur du sommet qui réunira, ,à New York, près de 180 chefs d’Etat et de gouvernement les 14, 15 et 16 septembre prochains.L’humanité marche à vue concernant les conditions de sa sécurité globale.Le sommet de New York est confronté à trois défis considérables et urgents.¦ L’affaissement des structures, des normes et des pratiques de sécurité dominantes dans la seconde moitié du dernier siècle à la suite de l’implosion de l’Union soviétique et au désengagement des Etats-Unis d’importants traités, notamment en matière nucléaire.¦ L’évolution de la nature des conflits actuels qui ont peu à voir avec les affrontements classiques entre Etats.Des 60 conflits recensés depuis dix ans, deux seulement appartiennent à cette catégorie.Les autres, tous les autre?se sont déployés au sein des Etats avec, cependant, des répercussions régionales et/ou globales significatives.¦ La résurgence du terrorisme organisé en réseau opérant à l’échelle internationale, faisant peser une menace récurrente de frappe aveugle contre des civils innocents, mettant à mal les institutions dédiées à la sécurité et conduisant à des fonnes d’autoritarisme sans précédent dans les démocraties occidentales.Ces trois défis appellent des réponses globales, substantielles et immédiates.Ils posent aussi la question redoutable de la représentativité et de la légitimité du Conseil de sécurité chargé d’assurer la paix et la sécurité communes.Dans certains cas, il s'agit de relancer la négociation internationale, là où elle est arrêtée.On pense, en priorité, à la politique de contrôle nucléaire à des fins militaires: arrêt de l'expérimentation; destruction progressive des arst^ naux et contrôle strict des matières fissiles.L’échec de la conférence visant La révision du traité de non-prolifération nucléaire en mai dernier, la politique iranienne et celle de nombreux pays pointent dans unp même direction.A moins d’im sursaut politique et éthique de grande portée, u,n nombre important d’Etats disposeront de l’arme nucléaire avant la fin de la présente décennie.Dans le désordre actuel, il est aussi probable que les acteurs non étatiques se l'approprient et disposent en conséquence des moyens ultimes de chantage et de terreur, les mêmes échéances, et pour les mêmes acteurs, valent pour la prolifération des armes biologiques et chimiques.Dans d’autres cas, il s’agit de tirer les leçons des évolutions du monde et de se doter des instruments et des institutions conséquents.On pense notamment aux opérations de paix des Nations unies visant la prévention et la gestion des conflits et la recons-truction post-conflit.La multiplication des Etats en déroute est intolérable, dangereuse et coûteuse.Pour conduire avec quelques chances de succès ses missions de paix, les Nations unies doivent disposer d’une com- mission de consolidation de la paix, de ressources adéquates et d’un appui financier, logistique et militaire sans faille des pays développés du monde.Dans la situation actuelle, la moitié des pays qui sortent d’une guerre retombent dans la violence dans les cinq années qui suivent Enfin, la reconstruction d’un cadre global de sécurité doit impérativement inclure une convention globale en matière de lutte contre le terrorisme.Le développement partagé Deux milliards de personnes naîtront d’ici 2020, 90 % d’entre elles dans les zones sous-développées du monde.L’ampleur des besoins actuels et à venir rend impérieuse la relance du développement.On doit regretter le peu d’audace des propositions soumises à l’attention du sommet Pour l’essentiel, il s’agit de réaffirmer à nouveau les objectifs de développement du millénaire, objectifs arrêtés voilà cinq ans par l'ensemble des gouvernements du monde.On pense notamment à la réduction de l'ordre de 50 % de la pauvreté d'ici 2015.Certes, malgré le caractère limité de ces objectifs, ils n'en sont pas moins significatifs.Il s'agit, de plus, de hausser les financements.bref de reconstituer progressivement les budgets de l’aide publique au développement qui ont chuté dramatiquement depuis 1990.Ces budgets représentent aujourd’hui 5 % des budgets consacrés à la défense et à l'armement dans le monde.Le talon d’Achille de cette politique est justement de dépendre trop exclusivement de l’aide publique au développement Les facteurs de la croissance sont ailleurs: l’investissement direct international comme le montre le cas de la Chine, le dégagement de marges budgétaires nationales pour l’investissement comme le montrent les cas de l’Inde et du Ghana, l’accès aux marchés solvables comme le montre clairement l’histoire des dragons de l’Asie.A elle seule, l’aide publique n’est pas susceptible de faire accéder «les pays non membres de l’économie mondiale», selon l’expression douteuse de l’OCDE, au niveau de croissance et de çléve-loppement indispensables.A elle seule, elle n’est pas susceptible de conduire à la gouvernance démocratique libérant l’initiative et le débat publics.A l'instar de la politique de TUpion européenne à l’endroit des Etats désireux de la joindre, des règles et des normes doivent être définies pour permettre aux pays en déve- loppement d’accéder à l'aide publique.Ces règles et ces nonnes doivent être convenues d’un commun accord.La protection des droits humains La mutation de la doctrine des droits de la personne en une politique universelle constitue l’un des événements majeurs du XX' siècle, peut-être l’idée la plus révolutionnaire de l’ère moderne.Cette doctrine constitue un bien commun de l’humanité.Elle est appréhendée comme telle sous toutes les latitudes.Le sommet devra décider de leur installation au niveau des organes principaux des Nations unies, à parité avec le Conseil de sécurité et le Conseil économique et social.Ce choix corrigerait leur absence du système institutionnel onusien durant des décennies et la désastreuse situation actuelle de la Commission des droits de l’homme de Genève.La création d’un Conseil des droits de l’homme rapprocherait la problématique des droits humains de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.Elle corrigerait, en substance et en apparence, l’impression de double standard selon les pays concernés en instaurant un système d’enquête et d’évaluation pour l’ensemble des pays membres des Nations unies.Enfin, elle procurerait au Haut-Commissariat un interlocuteur politique permanent et spécialisé.Dans ce temps d’inquiétude profonde, la réaffirmation des valeurs communes que représentent la Charte universelle des droits de l’homme et les conventions en découlant, le consentement à nouveau à une politique affirmant la commune dignité de chacun et de tous et à la promesse de libérer les hommes et les femmes de la crainte et des besoins de base, élargiraient un horizon par ailleurs sombre et inquiétant.Ils éclaireraient l’idée et la réalité de la responsabilité de protéger qui est au cœur de la réforme proposée des Nations unies.Ces dernières sont souvent et durement critiquées.Les Etats membres auront l’occasion, en septembre, de jouer leur partition et de montrer à quel niveau de responsabilité ils souhaitent se situer.En définitive, il leur est demandé de donner sens et direction, pour notre temps, à ce contrat politique dont les Nations unies sont les fiduciaires.Ce contrat doit assurer la cohésion d’un monde ouvert, dangereux et inégal.Il doit assurer cette cohésion et progressivement construire une communauté internationale capable de se penser comme un ensemble solidaire.L’humanité marche à vue concernant les conditions de sa sécurité globale.La réforme du Conseil de sécurité n’aura pas lieu Le secrétaire général de l’ONU a tenu à présenter lui-même deux propositions GEORGES PAQUET Ottawa ème si presque tous les 191 pays membres de l’ONU seront représentés au plus haut niveau à ta session spt> riale de ta mi-septembre portant sur la réforme de l’institution et sur l’aide au développement, les résultats de cette rencontre s’annoncent déjà assez modestes.Il y aura beaucoup de discours et plusieurs promesses, on proposera certaines réformes administratives, mais le cœur de la réforme envisagée, une recomposition du Conseil de sécurité (CS), ne se fera pas.Pourtant, le secrétaire général de l’ONU a tenu à présenter hû-même deux propositions.Dans une formule, il suggère la création de six nouveaux sièges permanents, sans droit de veto: deux pour l’Afrique, deux pour l’Asie, un pour l’Europe et un pour les Amériques, plus 13 sièges non permanents, électifs, pour un total de 19.Dans l’autre, il ne propose pas de nouveaux sièges permanents.Il ne suggère que 19 sièges non permanents dont les mandats électifs seraient de deux ou de quatre ans.Dans les deux cas, le nombre total de sièges serait porté à 24, compte tenu des cinq sièges permanents déjà existants que le secrétaire général n’a pas eu le loisir de remettre en question.Dans le premier cas.l’Europe aurait quatre sièges, ta région Asie et Pacifique trois, l’Afrique, deux et les Amériques, deux également (les Etats-Unis et le Brésil).Par contre, la seconde formule n’intéresse pas beaucoup de pays car on n’y parle que de sièges non permanents alors qu’on sait déjà que les Etats-Unis donnent leur appui au .lapin, comme membre permanent avec droit de veto, que la Russie appuie ITn- de et que ta Fiance appuie l’Allemagne.L’Italie, pour sa part, souhaite que l’Union européenne y représente tous ses pays membres.Vouées à l’échec Je crains fort que, sans un recours à l’Assemblée générale, avec un projet simple, novateur et courageux, cette réforme du Conseil de sécurité demeure pour longtemps bieia improbable, car les deux prop> sitions du secrétaire général paraissent déjà vouées à l’échec, pour deux raisons principales.La première est très simple, aucun des cinq pays membres permanents du CS, immuable depuis 60 ans et de moins en moins représentatif, ne veut céder une parcelle de ses privilèges.La seconde est le retard que met l’Union européenne ll’E) à s'organiser et à assumer le rôle qu’elle s’est donné de représenter tous ses Etats membres et de parler d’une seule voix sur ta scène internationale.Les cinq membres permanents du CS, 1a Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie, n’acceptent toujours pas de céder leur place.C’est pourquoi, depuis une vingtaine d’annees, tous les projets de réforme sont partis de ce constat et n'ont abouti qu'à des propositions Laiteuses.C’est le cas encore maintenant .Ainsi, comment des pays qui en seraient exclus, comme l'Italie, l’Espagne et même le Canada, accepteraient une réforme du CS qui y ajouterait comme menabre p'nnanent un pays comme l’Allemagne, tout en conservant les places de 1a France et de 1a Grande-Bretagne qui sont des pays de tailles comparables?Bien sûr, la France et la Gnuade-Bretagne nbnt pas à négocier, ils détiennent un siège permanent avec droit de veto depuis 1945.Ils peuvent oppaser leur veto à toute réforme qui les bousculerait.Voilà donc le cœur du problème.L’autre volet se situe au sein de l’UE.Plusieurs pays de l’UE, dont l’Italie et l’Espagne, n’acceptent pas que l’Allemagne, qui est également membre de l’UE, conune eux, devienne membre permanent du CS et qu’eux en soient exclus.Ces pays, et beaucoup d’autres, seraient cependant d’accord pour que tous les Etats menabres de l’UE soient représentés au CS par un seul porte-parole, soit le président de l’UE.Mais voilà, le problème persiste, les deux membres pennanents du CS qui sont également membres de l’UE, ta France et ta Grande-Bretagne, ne veulent pas céder leur place, même à l’UE.Par ailleurs, les Etats-Unis, qui soutiennent 1a candidature du Japon, soulignent qu’ils ne voient pas sur quelle base TUE aurait trois de ses Etats membres au sein du CS (TAllemagne.la France et la Grande-Bretagne) et trois droits de veto, alors que les Etats-Unis, qui négocient d égal à égal avec l’UE dans plusieurs forums, n’en auraient qu’un.Réactions diverses On constate donc que l’UE, puissance economique et monétaire imporante.forte egalement dans le domaine militaire, demeure encore timide au niveau politique.Et ce n’est même pas parce que la nouvelle Constitution n’a pas encore été adoptée.Les textes déjà en force prévoient explicitement une re-presentatiopn unique de lUE sur ta scène mondiale.Mais certains Etats membres ne sont pas presses de voir cela arriver.Par ailleurs, la Chine s'oppose à la candidature du Japon.L'Inde ne parvient pas à obtenir les appuis quelle attendait.L’Afrique renonce à proposer les noms de deux pays candidats au CS, comme elle en aurait le droit, car les -grands pays industrialisés» soutiennent que les pays africains, même s'ils obtenaient un ou deux sièges au CS, n’auraient pas automatiquement le droit de veto.Le Canada, pour sa part, ne fait aucune proposition au sujet d’éventuels membres permanents du CS.Il a simplement proposé que le nombre de membres non permanents soit porté de 10 à 20 et que toutes les candidatures soient soumises à un vote de l'Assemblée générale.Rien pour déranger les membres permanents.Mais les chances que cela soit adopté sont quasi milles.Voilà comment le nouveau président de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre suédois des Affaires étrangères Jan Eliasson, abordera sa tâche à ta mi-septembre.Puisqu'il connaît bien le milieu, il ne doit pas se faire d'illusion.Line proposition Pour ma part je me permets de formuler une proposition que certains qualifieraient d’idéale mais qui serait quand même réalisable avec un peu de bonne volonté et surtout avec beaucoup de courage politique, ce qui n'est pas distribue très généreusement ces jours-ci.Elle consisterait à refonder le CS avec neuf membres pennanents ayant droit de veto.Le secrétaire general de l’ONU soumettrait cette proposition en bloc au vote de l'Assemblee générale.Ces membres permanents seraient la Chine, Jes États-Unis, le Japon, l'Inde, l'Afrique du Sud.l'Egypte, le Brésil, ta Russie et lUnion européenne.L’accord sur les autre projets de reforme et sur le nombre de membres non permanents du CS serait ensuite facile à obtenir.Mais l’idéal n’est pas pour demain.Les intérêts particuliers des Etats dominent encore dans beaucoup d’enceintes.En parodiant Molière, dans Le Malade imaginaire, on peut dire: «Voilà pourquoi PONU est bancale.»
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