Le devoir, 12 septembre 2005, Cahier A
r AUTOMOBILE ISRAËL Tsahal quitte Gaza après une occupation de 38 ans Page B 1 ?w w w .1 e d e v o i r.c o m ?Les vedettes de la rentrée Pages B 5 à B 8 LE DEVOIR r A x K s = l $ ÉTATS-UNIS Le 11 septembre fait un peu oublier Katrina ?v£Ry .CARLOS BARRIA REUTERS Kevin Bourke, un pompier de New York, embrasse un camarade au cours d’une messe célébrée hier à La Nouvelle-Orléans à la mémoire des victimes des attentats du 11 septembre 2001.Quatre ans après les attaques terroristes, les Américains ont détourné un peu les yeux de la catastrophe Katrina afin de se souvenir.Les Américains ont brièvement chassé de leur esprit les dégâts causés par l’ouragan Katrina pour se recueillir, hier, en mémoire des milliers de personnes tuées lors des attentats du 11 septembre 2001.Sur la pelouse sud de la Maison-Blanche, un marine a joué la sonnerie aux morts à 8h46, heure à laquelle le premier avion détourné par le commando terroriste percutait la tour nord du World Trade Center, à New York.George Bush, son épouse Laura et les principaux responsables de son administration ont observé quelques minutes de silence jusqu’à ce que le chant du clairon s’éteigne, approximativement au moment où, quatre ans plus tôt un deuxième avion frappait l’autre tour du WTC.«faimerais que l’on puisse dire [.] que le temps du souvenir pacifique est venu, j’aimerais que nous nous rassemblions aujourd’hui pour commémorer un danger qui appartient au passé, mais nous ne pouvons pas», a déclaré le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld.«L'ennemi, bien qu’il soit sérieusement affaibli et que nous le soumettions à une pression constante, continue à préparer des attaques.Le danger qu ’il pose au monde libre est réel et bien présent», a-t-il poursuivi.À l’extérieur du Pentagone, où un troisième avion détourné a fait 184 morts, plusieurs milliers de manifestants se sont dirigés en milieu de matinée vers la pindpale avenue de Washington pour une «Marche de la liberté».Les familles des milliers de personnes tuées dans l’effondrement des deux tours, à New York, se sont rassemblées sur le site du «Ground Zéro» pour lire la liste des victimes, devant une foule silencieuse.VOIR PAGE A 8: 11 SEPTEMBRE ¦ Autres textes en pages A 4 et B 2 Un ouragan nettement moins meurtrier que prévu La Nouvelle-Orléans — Quinze jours après le passage du cyclone Katrina, les responsables des secours ont estimé hier que le bilan des morts pourrait être nettement inférieur aux premières estimations, pendant que le président américain George W.Bush entamait une troisième visite dans la région pour exprimer la solidarité de la nation aux populations sinistrées et aussi tenter de redresser une image ternie par la gestion de cette catastrophe.Ce déplacement survient le jour du quatrième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, objet de multiples commémorations aux Etats-Unis.Mais bonne nouvelle: dans le sud du pays, les autorités ont retrouvé «beaucoup moins de morts que certains ne le craignaient», a déclaré le vice-amiral de la Garde côtière Thad Allen, nouveau coordinateur des opérations de secours.Il s’est par contre refusé à toute estimation.VOIR PAGE A 8: OURAGAN L’Ontario rejette la charia Aucun tribunal religieux ne sera toléré, annonce McGuinty KEITH LESLIE Toronto — L’Ontario ne deviendra pas la première juridiction occidentale à autoriser le recours à un ensemble de règles religieuses appelées charia pour résoudre des conllits familiaux chez les musulmans et interdira tout arbitrage religieux dans la province, a déclaré son premier ministre, Dalton McGuinty, à la Presse canadienne.En entrevue téléphonique, hier.M.McGuinty a annoncé que son gouvernement agirait rapidement pour interdire les tribunaux religieux existants utilisés depuis des années, notamment par des chrétiens et des juifs, en vertu de la I/>i sur l'arbitrage.«J’en suis venu à la Dalton conclusion que le débat avait as- McGuinty sez duré, a-t-il dit.Il n’y aura pas de loi de la charia en Ontario.Il n’y aura pas d’arbitrage religieux en Ontario.Il y aura une loi pour tous les Ontariens.» M.McGuinty a ajouté que l'arbitrage religieux menaçait «notre terrain commun» et a promis que son gouvernement libéral déposerait un projet de loi «aussitôt que possible» pour l’interdire en Ontario.«Les Ontariens auront toujours le droit de solliciter l’avis de toute personne en matière de droit familial, y compris un avis religieux.Mais l'arbitrage religieux ne tranchera plus de questions de droit familial.» En décembre dernier, Marion Boyd, une ex-procu-reure générale de l’Ontario, néodémocrate de l’Ontario, VOIR PAGE A 8: CHARIA Un Sudoku par jour ! A la demande générale, Is Devoir reprend la publication quotidienne du Sudoku interrompue en semaine depuis la lin des vacances.Après avoir été le premier quotidien québécois à publier ce jeu comme divertissement estival pour ses lecteurs friands de casse-tête mentaux, nous vous offrons à partir d’aujourd’hui un nouveau jeu chaque jour présentant un niveau de difficulté variable.Vous trouverez votre Sudoku nouveau a l'intérieur du journal en consultant l’index du Devoir, ci-dessous.Un Sudoku par jour et la patience pour toujours.Bon courage! JEFF ZELEVANSKY REUTERS Andre Agassi et le vainqueur du US Open, le Suisse Roger Federer.US OPEN Agassi n’aura pas eu raison de Federer ¦ À lire en page B 9 I Fr INDEX Annonces.B2 Idées.A 7 Avb publics.B 9 Convergence B 11 Culture_____B 12 Décès_______B2 Économie____B 4 Éditorial .A 6 Météo_______B 9 Monde.B 1 Mots croisés.B 9 Religions .B 10 Sudoku-B2 Télévision B 10 Un mardi, à la pisdne, à Brooklyn La Québécoise Noémie Lafrance crée une œuvre monumentale avec trente danseurs dans une piscine désaffectée de New York STÉPHANE BAILLARGEON Les nuis ne sont jamais prophètes, même dans leur pays.Normal.Mais les bons et les excellents, les beaux et les doués, c’est étonnant voire impossible, de ne pas en entendre parler, non?Pourtant rien n’a jamais été publié ici sur la Québécoise Noémie Lafrance.Une longue plongée sur une décennie de production médiatique nationale ne fait ressortir qu'un maigre entrefilet paru dans Le Devoir l’an dernier, alors qu’elle s’apprêtait à participer à la Biennale du Whitney.Par contraste, il y a dix jours, la chorégraphe avait droit à une pleine page dans le cahier des arts du prestigieux New York Times.Le dossier de presse de sa compagnie baptisée Sens (sensproduction.org) a la taille d’un gros livre.La plupart du temps, les préposés au sens américains ne se gênent pas pour agiter la cassolette.Ils ressortent encore la pommade en prévision de la création d’Agora, une nouvelle pièce qui sera présentée une dizaine de fois à compter de demain soir.La production démesurée pour un millier de spectateurs à la fois implique une trentaine de danseurs à l'œuvre dans la piscine du McCarren Park, dans le quartier de Williamsburg, à Brooklyn.Mme Lafrance est aux commandes chorégraphiques.Le budget de l’entreprise aussi éphémère que monumentale frise le demi-million de dollars américains.Pas mal pour une artiste arrivée à New York sans le sou a 21 ans, en 1994.«f ai été formée aux ateliers sf;ns production La chorégraphe Noémie Lafrance dirigeant une répétition du grand spectacle Agora, à New York.VOIR PAGE A 8: LAFRANCE L’essence est donnée En location et à l’achat Carte-cadeau de 500$ d’essence’ Berline ou Coupé Civic DX 2005 À l’achat À partir de 16 200$ Taux de financement à partir de 1,9 Pour un temps ' limite' Berline Civic Si illustrée En location et à l’achat Carte-cadeau de 1350$ d’essence1 Berline Accord DX 2005 À l’achat À partir de 24300 Taux de financement à partir de 2,9 % Berline Accord EX-L illustrée PKOGJUMMf POUR DIPLÔMÉS OUI, ON A FAIT LE PLEIN ¦U Tous les véhicules Honda sont livrés avec un réservoir plein.L’Association des concessionnaires Honda du Québec Pour obtenir l’adresse d’un concessionnaire près de chez vous, visitez le www.honda.ca ou composez le 1 888 9-HONDA-9.•les offres d'achat sont faites par Honda Canada Finance Inc.sur acceptation du credit.PDSF sur les véhiculés neufs 2005 mentionnes ci-apris.Berline ou Coupe Civic DU 5 vitesses (modèle ES1515P* et EM2U5P)0 et Berline Accord DX 5 vitesses (modèle CM5515E) Transport, preparation frais de publication, taies, immatriculation, assurance et frais d'administration en sus.Offre d'une duree limitée.Vover votre concessionnaire pour plus de details, fffrotos I titre indicatif.Taux de financement I l'achat à partir de 1.9% pour 60 mois sur la Berline ou Coupe Civic'dx 5 vitesses (modèle ES1515PX et EM2I1SPX).Taux de financement à l'achat à partir de 2,9% iuspu'à AB mois sur la Berline Accord DX 5 vitesses (modèle CM5515E) •?les recents diplômes universitaires ou collegiaux peuvent »tre admissibles au programme donnant droit à une allocation allant iusqu'à 750$ sur certains modèles 'La carte-cadeau d'essence ne peut Ure jumelée i aucune autre offre Offre suiette i changement sans préavis par le manufacturier I à LE DEVOIR, LE LUNDI 12 SEPTEMBRE 2005 àÆ Chantal Hébert Pierre Pettigrew, kamikaze ! SM il faut en croire Paul Martin, la politique étrangère aura une place de premier plan dans Faction de son gouvernement d’ici au déclenchement des prochaines élections dps quelques mois.Le premier ministre, qui recevait la presse parlementaire au 24 Sussex mardi dernier, n’a pas caché qu’il voulait s'investir encore davantage sur un front dont il a abondamment parlé depuis qu'il est au pouvoir, mais sur lequel il n’a somme toute pas encore vraiment brillé.En cela, M.Martin demeure fidèle à un créneay qui lui était déjà cher lorsqu’il était aux Finances.A l’époque où Jean Chrétien semblait impossible à déloger, l’idée qu’il serait forcé de renoncer à jouer un rôle de leadership au sein d'un G20 embryonnaire s’il quittait la politique active sur un coup de tête avait été pour beaucoup dans la décision du ministre de rester encore un peu.Contrairement à ses prédécesseurs qui s’intéressaient surtout à la macro-économie de la politique internationale, Paul Martin est un homme de détails.Sa fascination pour les rouages des politiques qu’il avance fait parfois le dpsespoir de ses conseillers et de ses ministres.A force de vouloir s’assurer personnellement que tout tourne rond, le premier ministre finit souvent par tourner en rond, et son gouvernement avec lui.C’est ainsi que M.Martin avait été la mouche du coche de la redéfinition de la politique étrangère canadienne l’an dernier.En intervenant sur chaque virgule et chaque point, il était passé près de faire dérailler le train qu’il avait d’ailleurs suffisamment retardé pour qu’il quitte la gare au beau milieu de la crise des commandites.L’interventionnisme brouillon du premier ministre n’a rien pour faciliter la tâche de son ministre des Affaires étrangères.Jusqu’à présent, Pierre Pettigrew n’a jamais réussi à jouer le rôle auquel il aspirait au moment de son assermentation.Cela explique-t-il sa décision de s’investir si publiquement dans un affrontement Ottawa-Québec?Et si oui, est-il en mission commandée par le premier ministre ou fait-il cavalier seul ?Ce qui est certain, c’est que quand Paul Martin parle de donner une place encore plus grande à la politique étrangère dans son bilan de premier ministre, ce n’est pas l’ouverture d’un nouveau champ de bataille préélectoral Ottawa-Québec qu’il a en tète.Connaissant la courte portée des antennes québécoises de sa garde rapprochée, on peut même se demander si le premier ministre a complètement conscience de l'ampleur grandissante de la querelle publique qui s’envenime entre le gouvernement de Jean Charest et le ministre Pettigrew sur la place du Québec sur la scène internationale.Car si la démarche de M.Pettigrew s’inscrit dans un plan de match agréé au plus haut niveau du gouvernement Martin, le moins qu’on puisse (dire c’est qu’elle est menée sur le mode kamikaze.A Ottawa, le réflexe de soutenir que chaque ouverture faite à un gouvernement fédéraliste québécois constitue un précédent susceptible de se retourner contre le Canada sous la gouverne d’un premier ministre souverainiste est inscrit dans le code génétique de la machine fédérale.n est cependant rare, pour ne pas dire sans précédent, d’entendre un ministre québécois faire sien publiquement un argument qui justifie tous les blocages.Il est d’autant plus spécieux qu’il revient à dire que le Canada à intérêt à garder le Québec dans une camisole de force pour mieux empêcher un futur gouvernement souverainiste de convaincre les Québécois de l’importance de s’en libérer.La charge de M.Pettigrew sur un terrain aussi miné au Québec survient au moment où il a bien besoin de redorer son blason auprès de ses propres fonctionnaires et des médias anglophones.Dans la capitale fédérale, plusieurs lui tiennent en effet rigueur de ses fréquentes absences.Ce sentiment a des échos récurrents dans la presse anglophone qui fait régulièrement grand cas du temps que le ministre passe à Paris.Ce n’est pas que la présence physique de M.Pettigrew soit à ce point indispensable au bon fonctionnement de son ministère.Mais, à Ottawa, les fonctionnaires mesurent souvent leur importance à la quantité d’air que déplace leur ministre daps le rayon immédiat de la colline parlementaire.A ce chapitre, exception faite peut-être des Finances, les Affaires étrangères sont sans doute le plus orgueilleux des ministères fédéraux.La gestion distante de M.Pettigrew est une source constante d’humiliation pour une partie de son état-major.Surtout qu’il ne manque pas de collègues fonctionnaires pour en faire des gorges chaudes dans les ministères concurrents de la Défense nationale ou du Commerce international.Aux Affaires étrangères, la greffe entre M.Pettigrew et l’intelligentsia canadienne semble ne jamais vouloir prendre.La proximité d’élections générales est actuellement la meilleure garantie de son maintien dans un poste ministériel qu’il a longtemps convoité.H fut un temps où certains prédisaient à M.Pettigrew un avenir à Québec.La trajectoire montante de l’étoile de Philippe Couillard, le spectacle d’un Jean Charest qui traîne comme un boulet son bagage fédéral depuis son arrivée sur la scène québécoise ont largement eu raison de cette idée.La croisade actuelle de Pierre Pettigrew, menée comme elle l’est avec des sabots dignes d’un touriste égaré en sol québécois, règle définitivement le cas.Curieusement, elle survient à un moment où l’avenir politique de M.Pettigrew commence à être derrière lui à Ottawa.Encore plus curieusement, ce disciple de Claude Ryan fait pour Paul Martin une besogne que Jean Chrétien ne lui aurait jamais demandée.OPTIQUE 9l%3 bn •«y v_^ .k 12 septembre t Mou'e|le Iniormez-vimis ! (514) 382-310 Faible participation des Québécois à la journée contre le prix de l’essence Rager, oui, mais manifester, non.La première journée de protestation contre la hausse des prix de l'essence organisée au Québec depuis la flambée record des tarifs ces dernières semaines n’a pas connu le succès escompté, hier.Alors que l’instigateur de l’événement s’attendait à ce que 100 000 automobilistes témoignent de leur mécontentement en ralentissant considérablement la circulation aux pompes, à peine quelques centaines de personnes ont répondu à cet appel.Citoyen de Sherbrooke, Yves Charron s’est dit très déçu du peu de succès de son initiative, qui visait à importuner les sociétés pétrolières.Le concept de la journée de protestation était de se rendre dans différentes stations-service, et de ne mettre qu’un cent d’essence par voiture.M.Charron suggérait également aux gens d'utiliser leur carte de débit ou de crédit pour ralentir le processus, puis de vérifier l'huile, laver les fenêtres.bref, de prendre leur temps.Dans certaines stations de Montréal, le manège des manifestants a incité les propriétaires à fermer leurs pompes.A Montréal comme en Estrie, certains ont donc répondu à l'appel, mais pas assez au goût de M.Charron.D a déploré le manque de solidarité des Québécois devant cette situation, en se demandant pourquoi 50 000 citoyens ont pu sortir dans la rue pour protester contre la fermeture de la station de radio CHOI-FM, à Québec, alors que personne ne se présente pour cette situation.Il a notamment reproché aux chauffeurs de taxi de ne pas s’être joints à la manifestation d’hier.Même modestes, ces moyens de pression ont néanmoins froissé l’Institut canadien des produits pétroliers, qui a dit les trouver malheureux.Le porte-parole de l’organisation qui représente les compagnies pétrolières, Carol Montreuil, estime que ces pressions peuvent avoir des conséquences fâcheuses.D souligne que le blocus des routes effectué la semaine dernière au Québec et au Nouveau-Brunswick par des camionneurs indépendants risque de créer un problème d'approvisionnement en pétrole mais aussi en diverses denrées.Quant à l’engorgement des stations-service par des automobilistes qui mettent peu d’essence, M.Montreuil estime qu’il n'embête que les détaillants.Carol Montreuil note que les prix de l’essence ont déjà commencé à baisser, et que les effets de l’ouragan Katrina sur la production de pétrole diminuent graduellement II ne s'avance toutefois pas à prévoir un retour aux prix d’avant-Aafriwa, soit autour de 1,04 $ le litre.Les représentants convoqués Par ailleurs, à la demande du Bloc Québécois, le comité parlementaire fédéral de l'Industrie a convoqué les représentants des compagnies pétrolières pour une rencontre le 22 septembre.Le porte-parole bloquiste en matière d’industrie, Paul Crête, s’est réjoui que les pétrolières aient finalement à s’expliquer sur les hausses effrénées des prix de l'essence.Cette rencontre, qui surviendra une semaine avant la rentrée aux Communes, vise notamment à préparer un plan d’action pour aider les plus démunis à faire face aux coûts de plus en plus exorbitants de l’essence et du mazout Selon Paul Crête, les récentes hausses sont complètement injustifiées.Il qualifie de honteux les profits encaissés par les raffïneurs et les compagnies pétrolières.M.Crête estime qu’une surtaxe devrait être imposée sur ces profits faramineux.Par contre, il ne croit pas que le gouvernement fédéral devrait réduire ses taxes sur l’essence, parce que ces revenus sont investis dans des secteurs clés de l’économie comme les infrastructures.D'après la Presse canadienne Martin s’attend à une baisse du prix du l’essence ISABELLE RODRIGUE Trois-Rivières — Lorsque le prix du baril de pétrole s’abaissera sur les marchés, le premier ministre Paul Martin dit s'attendre à voir le prix de l’essence à la pompe descendre aussi vite qu’il a monté, il y a deux semaines.«La première chose qu’il faut faire, c’est s'assurer que, lorsque les prix vont baisser ce qui je pense va se poker, que ça se reflète immédiatement à la pompe», a déclaré M.Martin samedi, lors d'une séance de questions-réponses avec quelque 200 jeunes libéraux réunis en congrès.Le premier ministre n’a pas offert de détails pour expliquer comment il entendait s’assurer que cela se réalise, ou encore qui il visait par cette menace à peine voilée.Mais selon le ministre responsable de l’Agence de développement économique du Canada pour le Québec, Jacques Saada, le conseil des ministres planche actuellement sur un plan.•La fluctuation des prix de l’essence a un impact considérable sur notre économie, a expliqué M.Saada Le gouvernement fédéral a la responsabilité d’analyser ce qui peut être fait» Comme d'autres consommateurs, le ministre Saa da ne peut que constater qu’une baisse du prix du pétrole brut n’entraine jamais une baisse proportionnelle à la pompe.Prix du mazout Ottawa s’inquiète notamment des effets des prix de l’essence sur les prix des biens de consommation en général Et ü n'y a pas que les prix à la pompe qui préoccupent le gouvernement fédéral, qui s’inquiète aussi du prix du mazout avec l’hiver qui approche.Le ministre des Finances, Ralph Goodale, analyse actuellement diverses façons pour aider les phis démunis à faire face à cette dépense supplémentaire.•Nous avons aussi une responsabilité d’aider ceux qui sont spécialement touchés et qui ont besoin de mazout», a rappelé le premier ministre Martin.La dernière fois qu’Ottawa s'est lancé dans une telle aide financière, l’aventure a eu des résultats phis ou moins heureux.Les chèques d’allocation pour le chauffage sont parvenus aux phis démunis, mais aussi à des prisonniers et à des personnes décédées.À/OAl ^ iji Æ-'l w JACOUKS ORKNIKR I.K III:VOIR Ils n’ont pas été beaucoup, hier, à sortir comme Robert Marotte leur pancarte pour protester contre la hausse record des prix de l’essence au Québec.À Montréal, quelques dizaines d’automobilistes ont tout de meme tenté de perturber la journée de certaines stations-services près des raffineries dans l’est de la ville.les Prix de l'alphabétisation 2005-O Postes Canada Postes Canada et le journal que vous lisez sont fiers de reconnaître les lauréats des Prix de ('alphabétisation 2005 de Postes Canada Accomplissement personnel Leadership communautaire Y Beverly MacKinnon AB Centre for Family Literacy AB Art Boudreau BC Vancouver Municipal Workplace BC Anissa Boumeddane BC Language Program Florent Legault MB Fieldstone Ventures Education & MB Denis Bourrier MB Training Centre Kerry Ann Babin NB The John Howard Society NB François Flickey NB of Fredericton Germain Eyakfwo NT Port Hope Simpson Learning Centre NL Ernie Cotter NS Native Women's Association NT Keith Allen ON of the NWT Gaston Betty ON Kitchener Waterloo English School ON Clarence Blanchard PE Hamilton Literacy Coundt ON Margaret Arsenault PE H’Art Studio ON Maria Petnlli QC La Guilde du Pam d'Epices OC Marie Bèlair QC Le Sac à Mots QC Clarence Pine SK Entreprise Éducation Brookfield LePage Johnson Controls - BC Pau! Émile Cormier NB Workplace Solutions, Inc.Judy Cairns NB Bessie Merrigan NL Trudy Lothian ON Constance Morgan ON Michel Boulanger QC JSt parrains : Gouvemwnwrt Government du Canada ol Canada MACLEAN’S® NATIONAL POST "AFFAIRES r O S U > CANADA ca«ao a -—J aoj r D* partout /uKju'i vous % Groupe Banque Scotia 1*1 the LoweMartin Group partenaires : la Canadian Community Newspapers Association et les Hebdos du Québec Ce message est offert par ce joutnal www.postescanada.ca/prixalphabetisation cheberti thestar.ca Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.A Presse Canadienne é I A 4 LE DEVOIR.LE LUNDI 12 SEPTEMBRE 20 0 5 •LES ACTUALITES?line Beauchamp demande aux enseignants de cesser de boycotter les activités culturelles Les enseignants francophones devraient prendre exemple sur leurs collègues anglophones, soutient la ministre des Affaires culturelles ALEXANDRE ROBILLARD La ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp, a demandé aux syndicats d’enseignants, hier, de renoncer au boycottage des activités culturelles.Mme Beauchamp souhaite que les enseignants francophones suivent l’exemple de leurs collègues syndiqués anglophones qui, a-t-elle dit, assurent le maintien de sorties culturelles des éléves malgré la négociation en cours dans le secteur public.Selon la ministre, le boycottage est dommageable parce qu’il fragilise le milieu culturel québécois.Ce moyen de pression empêche aussi les enfants d’être en contact avec la culture québécoise, qui est le fondement même «de notre identité comme peuple».«Si, dès maintenant, les syndicats francophones suivaient l’exemple des syndicats anglophones, ça amoindrirait les répercussions actuelles pour le milieu de la culture, a-t-elle déclaré lors d’un point de presse à Montréal.J’invite les gens à abandonner le boycottage pour qu’on puisse mettre les enfants en contact avec leur culture.» La semaine dernière, des artistes ont organisé une manifestation devant les bureaux de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), à Montréal, pour dénoncer les conséquences du boycottage sur le milieu culturel.Hier, Mme Beauchamp a indiqué que le ministère de la Culture et des Communications évaluait en ce moment la possibilité de dédommager les organismes culturels privés des revenus liés à la fréquentation scolaire.Réaction La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), qui représente plus de 80 000 enseignants, a réagi à la demande de la ministre en affirmant que le boycottage n’aurait pas été nécessaire si la négociation avait permis d’en arriver à une entente en juin dernier, comme le souhaitait le syndicat.«C’est un moyen de pression que nous utilisons après 10 mois de négociation, a affirmé la présidente de la FSE-CSQ, Johanne Fortier.Les activités scolaires sont importantes, mais c’est une façon de faire monter la pression d’un cran sans recourir à la grève.» Selon Mme Fortier, la majorité des enseignants anglophones res- pectent le mot d’ordre syndical et boycottent les activités culturelles, comme leurs collègues francophones, une information confirmée par l’Association provinciale des enseignants du Québec (APEQ) dans un communiqué dif-fusé la semaine dernière.Seulement deux sections régionales de l’APEQ, qui compte 7000 membres, ont maintenu l’organisation d’activités dans leurs écoles, a indiqué Mme Fortier hier.Concernant le dédommagement qui pourrait être offert aux milieux culturels, Mme Beau-champ n’a pas donné de montant Elle a toutefois rappelé qu’en 1999-200, le gouvernement avait accordé un dédommagement de 800 000 $ aux organismes touchés par un boycottage identique décrété par les enseignants.«Je ne peux pas accepter que ce soient les artistes, les comédiens, les danseurs, les théâtres qui soient les victimes des moyens de pression des enseignants», a affirmé la ministre.Le ministère est à pied d’œuvre pour évaluer en temps et lieu les pertes subies par les milieux de la culture, a-t-elle dit Presse canadienne Attentats du 11 septembre Du monde au marathon Martin promet de lutter contre le terrorisme JIM BROWN Ottawa — Le premier ministre Paul lylartin promet d’être aux côtés des Etats-Unis dans la défense de la liberté et dans la lutte contre le terrorisme, quatre ans après les attentats du 11 septembre sur New York et Washington.Cette déclaration, lors d’une cérémonie marquant le quatrième anniversaire des attentats, a été bien reçue par David Wilkins, l'ambassadeur américain au Canada, qui a offert ses remerciements, non seulement pour ces bons mots, mais aussi pour les soldats envoyés par le Canada en Afghanistan.Aucun des deux hommes, lors de discours séparés prononcés devant environ 200 personnalités, à l’ambassade des Etats-Unis, n’a évoqué le fait que le gouvernement libéral avait choisi de ne pas se joindre à l’invasion de l’Irak — une décision qui a refroidi les relations entre le président américain George W.Bush et le prédécesseur de M.Martin, Jean Chrétien.M.Martin a évité cet épisode alors qu’il rendait un vibrant hommage aux victimes des détournements d’avion et des attentats du 11 septembre 2001, à New York, en Pennsylvanie et à Washington.Plaque commémorative «Plus que tout, nous nous souviendrons à jamais que le 11 septembre a été une tragédie humaine», a-t-il dit.Il a souligné l’amitié éternelle entre les Canadiens et les Américains et il a célébré leur engagement commun envers la liberté.«Les événements de ce matin-là ont changé le point de vue de l’Amérique du Nord à jamais, a dit M.Martin.Ils ont donné une nouvelle dimension à la bataille contre le terrorisme, une bataille que nous allons mener sans relâche.» Le premier ministre a noté que «l’amitié se mesurait dans les moments difficiles, dans des circonstances tragiques et au moment où il faut répondre de manière urgente aux besoins.Maintenant, comme ce fut le cas alors, nous sommes ensemble, [.] nous sommes côte à côte, conscients qu’une vigilance éternelle est le prix de la liberté».M.Wilkins a rappelé le rôle du Canada dans la coalition menée par les Américains en Afghanistan.L'événement principal de cette cérémonie a consisté dans le dévoilement d'une plaque commémorative des événements du 11 septembre.Presse canadienne E N BREF Décès de Michel Desrochers L’ex-animateur de radio et télévision Michel Desrochers est décédé à l'âge de 60 ans, a annoncé Radio-Canada samedi soir.Reconnu pour son esprit vif et son humour, cette personnalité qui a marqué le monde de la radio pendant 40 ans a commencé sa carrière à Granby.Il est ensuite passé à CJMS à Montréal et a connu une carrière florissante, notamment dans les années 1970 et 1980.Il a été entre autres animateur de CBF Bonjour, à la radio de Radio-Canada.11 a par ailleurs aussi travaillé en France, toujours dans le domaine des médias électroniques.- PC 7-X SmiUKKlfl m j JACQUES GRENIER LE DEVOIR VINGT-NEUF ans après l’Allemand Waldemar Cierpinski, vainqueur du marathon des Jeux olympiques de 1976, c’est le Kenyan David Kipkorir qui a franchi hier le premier le fil d’arrivée du Marathon international de Montréal, en 2 h 7 min 25 sec, devançant de près d'une minute son compatriote David Kirui Kiptoo.C’était la première fois depuis 1976 que le marathon, auquel ont participé quelque 1200 personnes, se terminait au Stade olympique.Avec des conditions météo presque parfaites, quelque 17 OOO personnes ont participé hier aux différentes activités — à pied ou en patins à roues alignées — organisées par le Festival de la santé.Les épreuves de course à pied ont été particulièrement populaires, avec une augmentation du nombre d’inscriptions de 40 % par rapport à l’an dernier.Coupe de bois : Kruger va à son tour devant les tribunaux Québec — La société Kruger emboîte le pas au gouvernement du Québec et en appelle à son tour du jugement de la Cour supérieure qui a mis fin à l’exploitation forestière sur l’île Rene-Levasseur, au nord de Baie-Comeau.La voie judiciaire empruntée par Québec et Kruger a soulevé la colère de Innus de Betsiamites qui ont annoncé, mardi, qu’ils rompaient le dialogue amorcé avec le ministre délégué aux Affaires autochtones, Geoffrey Kelley.A l’instar du gouvernement du Québec, Kruger demande au tribunal de suspendre provisoirement l’ordonnance de façon à permettre la recuperati«n du bois brûlé jonchant l’île à la suite des incendies de forêt qui ont récemment ravagé de larges parties du territoire insulaire.Presse canadienne Congrès des jeunes libéraux Pettigrew compare Duceppe à Duplessis •ISABELLE RODRIGUE Trois-Rivières — Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et ses collègues indépendan- 1 tistes sont rien de moins que les descendants idéologiques de t l’Union nationale de Maurice Duplessis, a argué le ministre des Affaires étrangères Pierre Pettigrew, samedi, dans un discours enflammé aux forts accents électoraux.t Devant un parterre d’une cen- > taine de jeunes libéraux réunis en congrès à Trois-Rivières, la contrée même du «cheuf», M.Pettigrew y est allé d’une longue apologie des valeurs des «rouges», les opposant à celles des «bleus».«Je dis, il y a deux grands courants dans l’histoire de notre société québécoise, il y a un courant bleu, qui a été plus porté sur la protection de nos valeurs, plus frileux, et un courant rouge, plus porté sur la promotion de nos valeurs, a déclaré le ministre.Et il n’y a rien de libéral chez M.Duceppe.Cest fondamentalement un homme de méfiance.» «M.Duplessis faisait les mêmes discours de méfiance envers Ottawa, on était des traîtres.C’est la même chose», a poursuivi M.Pettigrew, dont les propos ont été applaudis par les jeunes.Bien sûr, a souligné le ministre fédéral, le Bloc «est moins obscurantiste que ne l’était l’Union nationale» et M.Duceppe «ne redirait pas les mêmes bêtises», mais il n’en reste pas moins qu’il «est vraiment le bleu par excellence».Presse canadienne « .Le TVA 17 heures Du lundi au vendredi «QtOKOtMBM tva c«no« corn En reprise sur illico sur demande Ma télé.Mon style.f|v ' ' é^êéP * ‘ V / LE DEVOIR, LE L l' X D 1 12 SEPTEMBRE 2 0 0 5 A 5 LES A (' T L A LIT E S Katrina Chassé de La Nouvelle-Orléans par l’ouragan, le Times-Picayune lutte pour sa survie ERIC LESER La Nouvelle-Orléans — Quand, devant l’inéluctable montée des eaux, des dizaines de journalistes ont fini, mardi 30 août, par quitter leurs bureaux et embarquer dans les camions de livraison du journal qui sauvaient ce qui pouvait l’être, l’avenir du Times-Pi-cayune, le plus grand quotidien de La Nouvelle-Orléans, semblait bien sombre.Aujourd’hui, il reste toujours incertain, dans une ville presque totalement vidée de ses habitants pour de longs mois et privée de toute activité économique.Mais le vénérable journal, qui a fêté ses 168 ans et affichait le plus grand tirage de tout l’Etat de Louisiane, n’est pas décidé à disparaître.Trois jours après une évacuation en catastrophe, une édition limitée a été de nouveau imprimée, vendredi 2 septembre, dans la petite ville de Houma, grâce à l’aide d’un autre quotidien, le Houma Courier.Le tirage initial de 50 000 exemplaires, au lieu des 270 000 habituels, a été porté à plus de 60 000 et ne parvient pas à faire face à la demande.Le Times-Picayune incarne l’esprit de résistance de sa ville.Jim Amoss, 57 ans, directeur de la rédaction depuis quinze ans, souligne la détermination des membres de son équipe à couvrir le désastre «dans des conditions extraordinairement difficiles, longtemps sans savoir ce qu’étaient devenus leurs proches et leurs maisons».Et de conclure: «Nous sommes un microcosme de La Nouvelle-Orléans.Nous avons été victimes de la même catastrophe, mais la volonté de continuer néanmoins à travailler est extraordinaire.Les journalistes ont mis de côté leurs difficultés et leurs inquiétudes pour que le journal survive et continue de remplir sa mission: informer.» Série prémonitoire Le quotidien fait face à l’événement le plus important de son histoire sans électricité, sans ligne téléphonique et sans endroit pour travailler.Sur les 270 membres de la rédaction, un seul est porté manquant aujourd’hui, Leslie Williams, un reporter expérimenté qui a donné de ses nouvelles pour la dernière fois il y a plus de dix jours, la veille du passage de l’ouragan.D se dirigeait alors, pour préparer un reportage, vers un abri le long de la côte, à l’est de La Nouvelle-Orléans, à l’endroit où l’ouragan a été le plus violent A l’arrivée du cyclone, les journalistes sont restés dans la ville et se sont calfeutrés dans les bureaux du journal, au 3800 Howard Avenue, dormant dans des sacs de couchage pendant deux nuits.Lundi 29 août au petit matin, l’ouragan n’avait pas fait trop de dégâts au bâtiment, qui se trouve non loin du Superdome, même si l’électricité était coupée.Mais le lendemain matin, mardi, quand les digues ont cédé, l’eau, qui montait alors de 3 cm à la minute, a envahi l’immeuble où se trouvent en sous-sol, les rotatives.Le scénario catastrophe n’a pas surpris le Times-Picayune: en juin 2002, dans une série prémonitoire de cinq articles, le journal avait décrit l’inondation qui détruirait la ville.L’enquête était titrée «Washing away» («Nettoyée»).Un ouragan «obligerait des dizaines de milliers de personnes à se réfugier sur les toits et à attendre des secours pendant des jours.Elles seraient confrontées à la soif à la faim et exposées à des produits chimiques toxiques», écrivait le journal.«Une évacuation serait la meilleure chance de survie, mais c'est une décision difficile et elle laisserait 100 000 personnes face à la furie des éléments», ajoutait-il.« Partez, partez ! » Le 30 août à 10 heures, l’éditeur Ashton Phelps Jr, craignant pour la sécurité du personnel, a ordonné l'évacuation immédiate: «Partez, partez! Tout le monde dehors!» Les journalistes se sont alors emparés de leurs ordinateurs, de leurs carnets de notes et de leurs stylos et se sont précipités vers les quais de chargement où attendaient une dizaine de lourds semi-remorques qui, en temps normal, livrent le journal.Un groupe a été déposé à Houma et accueilli à bras ouverts par la rédaction du Houma Courier, qui appartient au groupe New York Times.Elle leur a fourni de la nourriture, du café chaud, une salle de rédaction et même, un peu plus tard, leur a prêté ses imprimeries.Une autre partie de la rédaction est allée jusqu’à Baton Rouge, où elle a trouvé des locaux à louer dans une zone industrielle et à l’école {Je communication de l’université d’Etat de Louisiane.L’évacuation a été mouvementée.En temps normal, aller de La Nouvelle-Orléans à Baton Rouge prend un peu plus d’une heure.E en a fallu six.Non seulement les routes étaient souvent coupées par les eaux ou de multiples débris, mais la caravane a même perdu un chauffeur, qui a débarqué sa famille et ses bagages et a dit aux journalistes qu’il rentrait chez lui.Tant bien que mal, un reporter économique et le responsable de l’informatique ont conduit le camion de 50 tonnes.L’équipe déposée à Houma a continué à assurer sur Internet (http://wuiw.nola.com) la publication du journal avec un incroyable succès.Comme le souligne M.Phelps, nola.com est devenu une «ligne de vie» pour tous les habitants exilés de La Nouvelle-Orléans à la recherche d’informations sur leurs proches ou leurs quartiers.Du dimanche 28 août, à la veille de l’arrivée de Katrina, jusqu’au vendredi 2 septembre, plus de 100 millions de pages ont été consultées.Avant l’ouragan, la fréquentation du site était de six millions de pages lues par semaine.«La profondeur et l’exhaustivité de notre couverture ont été le ré- sultat d'un effort surhumain des journalistes, dans les pires conditions, évacués avec juste les vêtements qu’ils avaient sur le dos et sans connaitre le sort de leur famille et de leurs proches», a écrit Ashton Phelps Jr.C’était la première fois depuis 1837 que la publication du journal était interrompue.fl avait pris alors le nom de «Picayune» par référence à une pièce de monnaie espagnole dont la valeur, un peu plus de six cents américains, correspondait au prix du quotidien.Le Ttmes-hcayune papier a repe ru, vendredi 2 septembre, avec deux cahiers de huit pages.C’est loin de l’édition traditionnelle, qui dépassait 42 piges mais, comme l'explique M.Amoss, «cela ressemble tout île même à un irai journal».Le Momie ÆM KâM* -¦W1 - SZ* M itfc», J, L-.'- i DAVID J.PHILLIP REUTERS Vue aérienne prise hier du centre-ville de La Nouvelle-Orléans et des environs du Superdome, toujours inondés en dépit des progrès réalisés les deux derniers jours pour évacuer l’eau polluée.Une équipe médicale de Varmée canadienne part aider les victimes Greenwood, N.-É.— Une équipe formée de 15 membres du personnel médical des Forces armées çanadiennes a quitté la Nouvelle-Ecosse en direction des régions de la côte américaine du golfe du Mexique affectées par l'ouragan Katrina, survenu il y a deux semaines.L’équipe, composée de médecins, d’infirmières, de spécialistes des troubles mentaux et d’un travailleur social, est partie de la base militaire de Greenwood hier matin.On ne savait pas encore ce que seraient les tâches de l’équipe une fois celle-ci arrivée à destination, à Pensacola, en Floride, plus tard la même journée.Mais le capitaine Matthew Dionne a indiqué qu’elle s’occuperait autant de traiter les blessures et de prévenir les maladies que d’aider les évacués aux prises avec le stress.La question de l’assainissement des eaux et de la qualité de l’eau et de la nourriture sera des plus importantes, en plus, évidement, des problèmes de santé mentale, a-t-il estimé.Selon le capitaine, le groupe se divisera vraisemblablement en petites équipes qui se rendront dans différentes régions, tout dépendant des besoins exprimés par les Américains.D’autres effectifs médicaux les rejoindront, mais on ignore à quel moment Durée du séjour la durée du séjour de ce personnel dans le sud des Etats-l Jnis reste à préciser.D’autres effectifs déployés dans le cadre de la mission d’aide canadienne, Opération Unisson, s’attendaient à être partis pendant au moins un mois.«N£AL.ÎACi /u // LA fACocUr % PAulW mARoîj 7 Les gouvernements doivent augmenter le prix de l’essence Caché derrière le confort de mon ordinateur, je peux émettre une opinion qui me ferait pendre sur la place publique, mais qui est hautement défendable.La hausse récente du prix de l’essence n’est aucunement due à une pénurie d’essence au pays, mais on s’est aligné sur nos voisins américains.Résultat: nos compagnies pétrolières s’en mettront plein les poches, et il n’est pas évident que les gouvernements pourront récupérer tout l’impôt sur ces gains exorbitants.Si on avait une taxe ascenseur et que les pétrolières avaient estimé que le marché était prêt à payer 1,50 $ du litre ou encore que ce prix était nécessaire pour ralentir la consommation, ils auraient dû partager ces hausses avec les gouvernements qui en auraient retourné une partie aux contribuables de quelque manière.Plusieurs spécialistes se sont prononcés contre une diminution des taxes pour soulager le consommateur des hausses parce que les pétrolières ont vite fait de récupérer les baisses de taxes en augmentant les prix, lesquels ne sont soumis qu’aux règles de l’offre et de la demande sous réserve d'un prix plancher.Pourquoi ne pas être allé au bout de cette réflexion en suggérant l’inverse: que le gouvernement s’implique activement dans le partage des bénéfices que la demande croissante de carburant provoque.Le prix du marché serait alors partagé entre tous les citoyens grâce aux revenus supplémentaires de l'état, ou alors le gouvernement pourrait cibler comment il pourrait retourner l’argent aux consommateurs.Si l'objectif est de freiner la consommation pour cause de pénurie ou pour contrer la pollution, l’argent englouti par le consommateur ne le serait pas en toute perte, comme il l’est actuellement, tant nous sommes à la merci LETTRES -4- de cet oligopole qui contrôle le marché et devant lequel nos gouvernements sont à plat ventre.Jean Lachance Québec, septembre 2005 Dur coup pour les magazines D y a quinze ans, l’ex-ministère des Postes canadiennes a porté un coup dur aux intervenants du secteur privé de l’industrie du livre (auteurs, éditeurs, imprimeurs, distributeurs et libraires) en abolissant le «tarif livre» à l’intérieur du pays, qui réduisait le coût d’un envoi postal de livre des deux tiers.Cet automne, voilà que le ministère fédéral du Patrimoine s’apprête à réduire considérablement le programme d’aide aux publications qui, en 2005, accorde une subvention de 49,4 millions de dollars aux éditeurs de magazines dont le contenu est de 80 % et plus canadien.Actuellement, il en coûte 50 cents pour envoyer une lettre, mais 4,72 $ pour expédier un livre par la poste, en plus des frais d'em-baljage, de TVQ et de TPS.A compter du 1" novembre, les éditeurs de magazines canadiens pourraient devoir débourser 1,70 $ pour envoyer un périodique (L’actualité, Châtelaine, Commerce, 7 jours, etc.) en plus de la TVQ et de la TPS, ce qui aura un impact indéniable sur le prix des abonnements.L'industrie des magazines s’apprête à vivre dans quelques semaines un électrochoc semblable à celui que le monde du livre a subi, en 1990, lorsque le «tarif livre» a été abandonné au grand malheur des employés du seqteur privé du livre.À cette époque, plusieurs d’entre eux prétendaient qu’ils recevaient plus d’aide concrète du ministère fédéral des Postes que du ministère québécois des Affaires culturelles.Ixmise Labonté Montréal, septembre 2005 Un e sur « tavern» Dans Notre-Dame-de-Grâce, le Conseil supérieur de la langue française a finalement eu gain de cause.La lettre e a été ajoutée sur l’enseigne «tavern» de la brasserie située au 5555 de la rue Monkland, angle Old Orchard, au cœur du village Monkland, tout comme Eaton’s, dans les années 80, avait été obligé de retirer la lettre s de l’enseigne de son grand magasin à rayons de la rue Sainte-Catherine.Montréal sauvegarde ainsi son image française de façade mais, en réalité, 28 ans après fadoption de la Charte de la langue française, la loi 101, l’anglais est encore aujourd’hui la langue la plus utilisée par les Québécois de diverses origines lorsqu’ils travaillent ensemble ; dans les cuisines, les grandes surfaces, les * usines, les bureaux, etc.En 2004, l’indice de fécondité au Québec était de 1,4 alors qu’il doit être de 2,1 enfants par femme en âge d'enfanter pour que la population québécoise se renouvelle naturellement En conséquence, depuis plus de 20 ans, la Belle Province compte sur la venue de très nombreux immigrants pour maintenir sa particularité française en terre d’Amérique.La loi 101 a été une bouée de sauvetage pour beaucoup d’enseignants des écoles françaises du Québec qui, grâce à elle, ont pu conserver leur emploi, cette loi obligeant les immigrants à fréquenter leurs établissements plutôt que de continuer à envoyer leurs enfants aux écoles anglaises qui, traditionnellement, accueillaient la plupart des nouveaux venus.Espérons que la qualité de l’enseignement de la langue de Shakespeare s’est améliorée dans les écoles françaises depuis mon enfance.En effet, en cette époque de mondialisation des marchés, quoi qu’en disent les bureaucrates de la langue de Molière, la connaissance de l'anglais est souvent essentielle pour dénicher un emploi dans le secteur privé, même un petit boulot au salaire minimum et sans sécurité d’emploi.Jean Lapierre Montréal, le 4 septembre 2005 LIBRE OPINION Le cri de Céline Dion CHRISTIAN DUFOUR Politologue.École nationale d'administration publique Jusqu’à son remariage de carnaval à Las Vegas et son installation permanente au Caesar's Palace, j'aimais bien Céline Dion comme artiste et la trouvais intéressante en tant que phénomène identitaire québécois.Son énorme succès commercial à l'américaine m'avait semblé avoir enterré l'artiste au profit d’une sirupeuse Celine dont le personnage public sombrait dans la mièvrerie de ceÜe qui avait vraiment l’air de croire qu elle était la première fenune de l’histoire de l’humanité à avoir mis un enfant au monde.Son rôle sur le plan identitaire semblant chose du passé, je ne croyais plus jamais écrire sur Céline Dion.Le soir du 27 août, ce fut donc tout un choc que d’assister en direct sur CNN, avec des millions d’autres, à la résurrection de Céline Dion comme phénomène identitaire.Une prestation.comment dire?Embarrassante, impudique, irresponsable et folle.Mais également fascinante, courageuse, vraie et forte.Peut-être parce que je suis un homme et que je m’intéresse à la politique de façon professionnelle, ma première réaction fut négative devant ce qui semblait une embarrassante perte de contrôle d’une personnalité à laquelle on accordait une tribune si prestigieuse à un moment si dramatique.La Québécoise avait oublié qu'elle n’était pas américaine et attaquait de front — maladroitement — l’intervention des Etats-Unis en Irak, ce pays où il n'a jamais été question, même dans la bouche des critiques de Bush, d’envoyer des avions •pour tuer tout le monde en une seconde».Internet L’avalanche inunédiate au Québec de commentaires chaleureux et favorables contrasta avec ,1e glacial silence des médias officiels aux Etats-Unis.Là-bas, la priorité n'était manifestement pas de commenter le débordement demotion d’une chanteuse canadienne-française sur une tragédie nationale encore en cours.Mais heureusement, il y a Internet, où s'exprimèrent rapidement ces Américains ordinaires ébranlés qui, après avoir souvent pris soin de rappeler qu'ils n'appréciaient pas les chansons de Céline Dion, écrivaient qu’ils avaient désormais le plus grand respect pour celle qui avait dit tout haut ce que bon nombre d'entre eux pensaient tout bas.Plusieurs ne se souvenaient pas d'un tel moment de vérité de la part d'une personnalité avant un statut public aussi élevé.Si eUe est plus que cela au Québec, Céline Dion est avant tout aux États-Unis une chanteuse, extrêmement connue, riche et populaire.une interprète qui avait déjà collectivement touché le cœur des Américains après le 11 septembre 2001 avec sa poignante interprétation du God Bless America.Une «pleureuse» Ce quelle a manifesté de nouveau il y a quelques jours, c’est une sensibilité et une force uniques, la capacité de crier haut et fort la douleur et la colère de millions d’Américains ordinaires au cœur de la tempête, jouant un peu sur CNN le rôle de ces «pleureuses» dans les sociétés méditerranéennes auxquelles la Louisiane et le Québec sont à certains égards apparentés.Que ce cri ait été le fait d’une chanteuse à la veille de présenter son millième spectacle dans ce temple absolu du factice qu’est le Caesar's Palace de Las Vegas, montre que l’artiste, et même la comédienne — car il y eut sans doute là-dedans une part de comédie —, est encore bien vivante.Est-ce vraiment un hasard si le drame qui menace d'une permanente déportation les habitants de La NouveUe-Orléans, cette autre grande ville nord-américaine d’origine française exceptionnellement permissive et créatrice.a été exprime par une superstar québécoise aux allures d'antique madone canadien-ne-française eplorée?Quelle réminiscence du passé que cela se soit terminé par l'interprétation a cappella de The Prayer, on aurait 1 dit une ancienne mère de chez nous terminant par une prière sa bruv-ante lamentation sur les défaillances du chef de famille. LE DEVOIR.LE LUNDI 12 SEPTEMBRE 2 0 0 5 DEES Une génération d’hommes crie «Nofuturel» MATHIEU-ROBERT SAUVÉ Jqurnaliste et auteur, notamment du récent ouvrage Echecs et mâles (Editions des Intouchables, 2005) ébastien, Fred et Paul, les héros d Horloge biologique, sont de jeunes hommes qui n’ont aucun contrôle sur leur vie; des «Whippets» pour reprendre l’expression de Charles Faquin, du nom d'un chien qu’on doit battre («whip-it») pour lui faire entendre raison.En cela, les hommes de Ricardo Trogi s’insèrent à merveille -.-dans la lignée dhomoncules qui dominent la dramaturgie, la littérature et la filmographie québécoises.Il faut remonter à la lointaine tradition orale pour retracer des mâles vaillants, courageux et épris de liberté auxquels la descendance aurait pu rêver de s’identifier.Malheureusement, ces bûcherons et coureurs de bois ne figurent plus que dans quelques contes et légendes.Depuis Philippe Aubert de Gaspé, les Ti-Coune tiennent les premiers rôles.D y a pourtant quelque chose d’inoui' dans l'obsession père-fils que les cinéastes explorent depuis quelques années.Dans Les Invasions barbares, Denys Arcand fait mourir son personnage principal (un père); Sébastien Rose fait mourir le sien dans La Vie avec mon père.Dans les deux cas, il s’agit d’hédonistes amoraux, découvrant sur le tard un sens à leur vie.On peut bien sûr se réjouir de toutes ces morts symboliques.Sigmund Freud applaudirait.Mais on peut s’inquiéter aussi de cette monomanie: l’homme d’aujourd’hui refuse le devoir de durer.Tableau cynique Les relations patemeües sont les véritables stars de Gaz bar blues, La Vie avec mon père, C.RA.Z.Y.et cette Horloge qui sonne le succès de l'été.Si chacun de ces longs-métrages présente des modèles intéressants d’hommes aux prises avec des déchirements existentiels propres aux relations humaines.Horloge biologique trace certainement le tableau le plus cynique.Le trio de trentenaires attardés reprend d’ailleurs là où le précédent film de Trogi, Québec-Montréal, s’était arrêté.Les protagonistes sont d’authentiques Peter Pan, soit d’éternels adolescents terrorisés à l’idée de devenir adultes.Ils sont, de plus, dominés sinon méprisés par leur conjointe.Quand Sébastien tente d’obtenir un prêt personnel pour accompagner ses amis à Anticosti, l'agente de financement lui répond simplement: •Non.Pas si ta compagne ne signe pas.» Dans leur vie intime, ces hommes préfèrent de loin la malhonnêteté, la superficialité et la subordination.Il n’y a qu’entre eux.à l’occasion de leur «5 à 7» hebdomadaire, que la véritable franchise apparait.Pour se dire les vraies affaires, il faut être saoul et à l’abri de l'autre sexe.L’horloge contre le couffin Cela dit Horloge biologique est un film très réussi.Du début à la fin, on rit à s’en taper les cuisses.Mais pourquoi la comédie fait-eUe rire?Parce qu’elle accentue des traits dominants d’une réalité.Si on rit, c’est que l'image qu'on nous présente est un reflet troublant de nous-mêmes.Pour trouver un point de comparaison cinématographique sur la paternité, il faut remonter à Trois hommes et un couffin, de Coline Serregu.Réalisé en 1985 et repris deux ans plus fard aux Etats-Unis par Leonard Nimoy (Three Men and a Baby), ce film présente trois colocataires qui pensent à tout sauf à la paternité.Jusqu’à ce qu’on dépose un bébé à leur porte.Plongés dans les couches et les biberons, les célibataires endurcis découvrent en eux une fibre paternelle très forte.Témoins de cette sensibilité, les spectateurs sortent émus.Avec le recul, on peut dire que Pierre l’architecte, Michel le dessinateur et Jacques l'agent de bord (les trois hommes de Serreau) incarnaient un courant dans la société occidentale: la prise en charge d’une paternité nouvelle, festive et sensuelle.En 20 ans, les pères ont changé.On ne se surprend plus de les voir aussi nombreux que les mères aux réunions de parents; dans les jardins d’enfants, ce sont souvent eux qui poussent les balançoires, et la garde partagée est aujourd’hui privilégiée en cas de séparation.Bref, l’homme, dans bien des cas, est aussi compétent que la mère en matière de parentalité.Que retenir du vendeur d’auto, du gérant de quin- caillerie et de l'informaticien de Trogi?Qu'ils préfèrent rompre avec leur conjointe plutôt que de ploie ger dans l’aventure familiale.Qu'ils refusent la paternité à moins de se la faire imposer.Et gare à celui qui se laissera happer par l'instinct maternel, car il perdra l’amitié de ses pairs.Sur le plan symbolique, c’est inquiétant.Refuser d’ètre père, c’est décliner la chance de s'inscrire dans la durée.Sans pères, l'avenir s’estompe.C’est la tin de l'histoire.Dans Horloge biologique, toute une génération crie No Future] Un héros, François Legault A la projection, durant les scènes de Cro-Magnon, un jeune homme assis prés de moi tentait par des petites caresses de rassurer sa compagne, enceinte.11 avait l’air de vouloir lui dire: •Moi, je ne suis pas comme ça!» Mais non.Rassure-toi, tu n'es pas comme ça.Les hommes que je connais, ce ne sont pas des whippets.Ils ont tous accepté la paternité.Certains l'ont même désirée profondément.Autant que leur compagne.Les hommes que je connais placent leur rôle de père au sommet de leurs priorités.Ils veulent s'épanouir professionnellement, mais pas au prix de renoncer à une vie de famille riche.Le plus beau jour de leur vie, ce n’est pas celui où leur vendeur leur a donné les clés d’une voiture neuve ni celui où ils ont frappé leur premier coup de circuit.C'est le jour où leur compagne a accouché.Quand ils ont pris leur petit dans leurs bras, il s'est passé quelque chose.Les hommes d’aujourd’hui s’intéressent au sport, mais aussi à l’éducation, à l’économie et à la politique.Ils suivent avec intérêt les matchs du Canadien, mais aussi le retrait des colons de la bande de Gaza et les films de Michael Moore.Ijeur héros ne s’appelle pas Alexandre Despatie, José Théodore ou Marc Garneau.Leur héros, c’est François Ijegault.Cet aspirant chef du Parti québécois, considéré comme un candidat sérieux à la succession de Bernard Landry, a renoncé à la course pour «des raisons familiales».En fait, il voulait jouer au tennis avec ses fils, Victor et Xavier.•Les politiciens sont remplaçâmes, mais les pères sont irremplaçables», confiait-il récemment à un journaliste.Ça, c’est un beau discours! Wf V •13 yit .iim * •“* -Uj B mm Dans Horloge biologique, Sébastien (notre photo), tout papa qu’il soit, reste un éternel Peter Pan.SOURCE ALLIANCE ATLANTIS VIVAKII.M PÉTROLE Sortir de la pensée magique et de la dépendance PIERRE CROTEAU Économiste ans «La vraie raison de l’augmentation du prix du pétrole», texte paru dans Le I Devoir du 2 septembre, l’ingénieur Gilbert Belzile a adroitement expliqué l’origine biochimique du pétrole, utilement souligné son caractère épuisable et ses multiples usages, et efficacement montré en quoi l’hydrogène, en tant que source d’énergie, est une illusion.E faut l’en féliciter.On peut cependant regretter que M.Belzile ne s’en tienne pas là et verse aussi dans la pensée magique, même s’il n’est pas seul dans ce cas.Gilbert Belzile constate que le renchérissement du pétrole qui précède son épuisement prochain a fait affluer les capitaux étrangers au Canada, car le territoire recèle encore pas mal de pétrole, dans les sables bitumineux de l’Alberta et ailleurs.Les Canadiens qui, comme notre homme apparemment, se sont avisés d’acheter au cours de la dernière année des actions de compagnies minières et pétrolières ont fait une juteuse affaire.Et notre bonimenteur de laisser entendre que les Québécois n’ont qu’a investir désormais dans ce nouveau Klondike, et ils s’enrichiront eux aussi.Hum.Quant au ministre des Finances du Québec, il n’aura plus à se casser la tète pour équilibrer le budget provincial: U suffira que le Québec reste accroché aux mamelles financières de l’émirat albertain, grâce à la péréquation interprovinciale.Ah ce merveilleux plat de lentilles de la péréquation qu’affectionnent tant les fédéralistes! Une chance que M.Belzile en parle dans un journal québécois plutôt que dans l’Ouest, car l’Autre Solitude pourrait finir par penser que les Québécois aiment cela, la dépendance budgétaire.Un patrimoine collectif?Et puis il y a cette idée de M.Belzile et des prédateurs que les ressources naturelles sont le patrimoine collectif de tous les Canadiens, au mépris du droit de propriété de chaque province.En supposant que l’Alberta et les autres régions productrices approvisionnent en énergie les populeuses provinces de l’Ontario et du Québec à un prix inférieur au prix mondiaL soit par masochisme nationaliste canadien, soit parce que l’Etat fédéral les y aurait forcées; en supposant aussi que les Etats-Unis assoiffés d’énergie ne contestent pas en vertu de l’ALENA (article 309 et chapitre 6) la restriction majeure aux exportations que cela implique, cela nous donnerait quoi?Cela nous permettrait de flamber en toute insouciance du pétrole au Canada pendant que le reste de la planète chercherait à l’économiser.Cela nous permettrait de prendre du retard technologique, grâce à cet encouragement à l’inefficacité dans le transport des marchandises et des personnes.Et le pourrissement de l’atmosphère?On dirait que Gilbert Belzile ne connaît pas cela.Serait-ce une bouderie de Japonais?Ou une invention des enragés de la simplicité volontaire?Miser sur l’économie d’énergie Les épargnants peuvent parler avec leurs conseiEers financiers des chatoyantes perspectives du Klondike canadien.Mais pendant ce temps, faute de pétrole chez lui, et vu le nombre limité de barrages et d’éoliennes qu’il peut bâtir pour produire de l’électricité propre, le Québèc, comme collectivité, ferait bien de développer son savoir-faire technique et social dans l’économie d’énergie.Et cette orientation vaut aussi pour l’Ontario.L’argent du jackpot pétrolier ne sera jamais aussi bien réparti que l’argent qui serait économisé chaque année par les consommateurs grâce a la généralisation du covoiturage.D y a aussi une partie de l’argent des impôts qui se perd parce que trop de marchandises sont transportées sur les autoroutes et en accélère l’usure, au lieu de voyager sur des voies ferrées ou sur les grands cours d’eau.Une partie de l’argent des taxes se perd aussi parce que les pouvoirs publics subventionnent massivement le transport privé par la construction et l’entretien de milliers de kilomètres d’autoroutes et de voies rapides, au lieu de se concerter enfin pour favoriser la construction de zones d’habitation assez denses pour que le transport collectif puisse vraiment y faire concurrence au transport privé.Avec le bois, le charbon, le gaz et le pétrole déjà brûlés, la planète surchauffe déjà et les glaces ont commencé à fondre, la mer à monter, les fleuves à baisser de débit, la pluie manque ou tombe à torrents, sur des surfaces asphaltées ou bâties qui ne l’absorbent pas, le désert avance, la forêt recule, des espèces sauvages disparaissent le poisson manque, les rendements agricoles plafonnent ou baissent le sort des dinosaures semble guetter l’espece humaine.Mais ce qui est important pour nous, c’est de faire baisser les marges de raffinage du pétrole.W.J Michel Venue Ce soir-là, un pays a failli naître Les grandes pages de publicité parues le jour même dans les grands quotidiens préparaient déjà les esprits avec un slogan en lettres de bois.Nous allions revivre, à la télévision, un moment pénible de notre histoire: «O soir-là.le pays a failli éclater» Le documentaire radio-canadien sur le référen-dum de 1995 ne déçoit pas les amateurs de frissons.Tout — le rythme, le ton, la mise en scène, la voix du narrateur, la lumière et, bien sûr, la musique imgois-santé et lugubre —, donne le sentiment qu’on l’a franchement échappé belle.Ce choix éditorial est défendable.11 révèle toutefois le point de vue des auteurs et des producteurs.La publicité aurait pu annoncer: «Ce soir-là, un pays a faillt naître!» Et au lieu de construire le récit autour de la montée de l’angoisse des Canadiens anglais au bord de la crise de nerfs, prêts à lyncher Jean Chrétien s’il l’avait fallu, mettre au cœur de l’intrigue l’adhésion d’un nombre croissant de Québécois au principe de souveraineté, avec la dose de courage et de fierté que cela comporte.le document se serait terminé sur une déception.Mais la leçon tirée aurait été différente.La question posée par Point de rupture c’est: que faire pour que ça ne se reproduise plus?D’autres auraient sans doute demande: que faire pour que ça réussisse enfin?Point de rupture n’est qu’une version parmi d’autres de ce jalon-clé de notre histoire.?Cette version permet de mieux comprendre dans quel état d’esprit les Canadiens aborderont «la prochaine fois».Li Ix>i sur la clarté prépare déjà l’ingérence fédérale dans la campagne.Le Canada hors Québec ne laissera pas un Québécois négocier en son nom.Et la communauté internationale sera appelée en renfort.Le document comporte cependant des faiblesses qui pourraient induire la population et les leaders politiques en erreur quant aux raisons expliquant les succès de la souveraineté en 1995 et la persistance de ses appuis (au-delà de 50 %) dix ans après la grande frousse.la seule raison évoquée pour expliquer la popularité actuelle de l’option est le scandale des commandites.la montée du OUI pendant la campagne référendaire de 1995 est quant à elle expliquée presque entièrement par une frénésie «irrationnelle» (c’est le mot employé par le narrateur) provoquée chez les Québécois par «le miraculé» Lucien Bouchard.Est-il possible que les Canadiens nous perçoivent encore comme une bande d’émotifs dénués de raison?N’y avait-il pas des journalistes québécois dans l’équipe de Point de rupture?N’ont-ils pas remarqué que, dès le départ, la campagne du NON jouait elle aussi sur une émotion forte: l’insécurité économique?Pierre Pettigrew aurait sans doute assimilé le discours du camp du NON à du fanatisme.Personne ne niera le rôle de premier plan joué par Lucien Bouchard durant et avant la campagne.Mais comme il avait eu lui-même l’humilité de le dire, d.ans une entrevue à La Presse: •Parizeau pourra dire : “j’ai apporté 45 points, Bouchard cinq points".Il n’y a pas de honte là-dedans.» L’effet Bouchard fait l’objet d’un débat dans les cercles scientifiques.Les résultats de sondages menés avant qu’il soit propulsé' au devant de la scène souverainiste (le 7 octobre) indiquent toutefois que la montée du OUI s’était amorcée bien avant.Décima donnait 48 % au OUI le 24 septembre.Angus Reid 47 % le 27.Léger Marketing 49 % le 26.CROP 47 % le 28.SOM 49 % le 29.léger Marketing 50 % le 2 octobre.?En personnalisant le combat national, les auteurs du documentaire commettent deux erreurs fréquentes: ils oublient le poids de l’histoire; ils ne tiennent aucun compte des mouvements sociaux qui sont à l’œuvre malgré l’action des chefs.En 1990, lorsque l’Accord du lac Meech (reconnaissant le Québec comme société distincte) a été répudié au Canada anglais avec l’aide de Jean Chrétien, l’appui à la souveraineté avait atteint 65 %.Il devait bien rester quelque chose, en 1995, de cet élan de dignité et de confiance découlant lui-même de quatre siècles d’histoire.Un autre facteur a joué en 1995, complètement ignoré par les documentaristes de CBC: en marge des discours des chefs, les mouvements sociaux ont mis la main à la pâte.Ils étaient dans le camp du OUI: groupes d’aide aux assistés sociaux, groupes féministes, mouvement étudiant.Il y avait même des religieuses pour le OUI».Leur action, sur le terrain, auprès des petites gens, contribuait à donner un contenu à la souveraineté.Le OUI n’avait plus pour but seulement de planter son drapeau au siege des Nations unies.Il ferait déboucher le Québec sur une société meilleure.Dès les premiers jours de la campagne, Jacques Parizeau avait dénoncé les compressions fédérales dans l’assurance chômage et les pensions de vieillesse.Le camp du OUI, fort de ses «partenaires», était le camp du changement social, lorsque les chefs de grandes entreprises ont pris la parole en faveur du NON, la campagne prit des allures de lutte des classes.L’histoire du référendum n’est pas celle d’une chicane entre quelques membres vieillissants de l’élite québécoise.E y avait aussi un peuple, hii aussi divisé, mettant dans la balance ses aspirations et ses doutes, ses peurs et ses rêves.michel.venneainm.qc.ca L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION JounuüistM A l'information général?et métropolitaine Gerald Dallaire la4ei* *t a» dirrctntr de hnformatuM) Jeanne Cormeau {attira mueictpalev.Fabien Deglwe.Marie-Andrée Chouinard tidmalwel Jouée Boileau fédilonalute, rnpontable de la page Idteii, Brian Mytea fpatur et /ma de société).Clairandree Cauchy < Géeera!) Jean Dion.LouiaOille» Francteur .Benoit Munger Iraponsablé dm tUé Imténut).Laurence Clave).Jean-Guillaume Dumont (commis Internet) Isabelle Paré (santé).Louiae Maude Rioua Soucy (tnmnméraire) .Pauline Gravel (sciences) .Michel Garneau (caricatnnste) Diane Precourt (responsable des pages tkématiqnes) Martin Duclo».Michele Malenfant et Chriitine Dumiaet (relectenn), Renée Léo Guitnont et Serge Paquin (relectenrs snrnnmeratret) ; Jacques Grenier et Jacquet Nadeau fihotagmpàcsi : * l'information culturelle Miehel Belair (tkéatrr et cakter Cairtrrr!.Julie Carpentier (pnpstre).Pau! Bennett (pnpitre cahiers spécusms et cnltnrrts dn nstrk*nd).Stéphane Baillargeon (reporter).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit Cims).Odile Tremblay (cinéma).Bernard lamarche arts visnels et munçne Frédérique Doyon (tnrnnmérairf ) ; à l'information économique Gérard Bérubé (adjoint an dtrectenr de l'information).Dominique Reny (pupitre).Philippe Papineau (surnuméraire), Eric Detrotiert.Claude Turcotte.François Detjardina {surnuméraire).* information international?Jean-Pierre Legault (pupitre international et page edüonalet Claude Levetque.Guy Taillefer (adjoint ou directeur de (information).Serge Truffaut ( éditorialiste l à l’information politique Hélene Buzetti Manon Gornellier et Alec Caatonguay tcorrespondants parlementaires d "ttasaa).Antoine Robitaille et Robert Dutrisac icorrapondants parlementaires a Québec).Kathleen Lévetque Mane-Helene Aline (secretaire d la rédaction) : Marilyae Hamelin.Alexandre Shield» (commis) La documentation Gilte» Paré (directeur) .Manon Deromé.Serge laplante (Quebec) Rachel Roche fort IOctant) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril.Jean de Billy.Jean-François Bosaé.Marlene Gâté.Dave Cameron.Yin Hamel Chrittiane Legault Amélie Mahan.Jacque» A Nadeau.Claire Piquet Micheline Ruelland.Nadia Sebai.Mélnande Simard (publicitaires), Durence Thériauh directrice adjointe).Manon Blanchette Sylvie Laporte.Martine Bérube uerrélairn LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production/.Michel Bernatchez.Johanne Brunet Danielle Cantara.Hchard De» C ormier», Donald RKon.Yannick Morin, Nathalie Zemaiti», Olivier Zuida INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable) PROMOTION.DISTRIBUTION ET TIRAGE Linda ThenauK (responsable service d la clientele, distribution rt tirage).Alexandre Gaudreau (coordonnateur d la promotion et d la soUiatalum) Monique L'Heureux.Rachelle Leclerc.Caroline Simard L'ADMINISTRATION Nîcote Carmel (rrsbonsablt des smsees comtlabies).Celine Furov Ghislaine Lafleur Ciaudetle Beliveau 'adiotnle administrative‘ Claudine Chevrier.Monioue Proteau Dameüe Roé* i ' * ’ LE DEVOIR, LE LUNDI 12 SEPTEMBRE 2005 ACTUALITES CHARIA SUITE DE LA PAGE 1 a déclenché un véritable tollé lorsqu'elle a recommandé de modifier la loi provinciale sur l’arbitrage pour autoriser et encadrer l’arbitrage religieux en vertu de la cha-ria, de la même façon que la province permet l’arbitrage aux chrétiens et aux juifs.Homa Aijomand, la militante féministe qui a organisé une série de manifestations au Canada ainsi qu’en Europe, jeudi dernier, pour convaincre M.Mc-Guinty de renoncer à cette idée, exultait lorsqu’elle a appris la nouvelle, hier.Notre voix a été entendue, s’est-elle réjouie, remerciant le gouvernement pour sa décision.«C'est la meilleure nouvelle que j’aie entendue depuis les cinq dernières années.» Cependant, même s’ils avaient réclamé la fin de tous les arbitrages religieux, les néo-démocrates ontariens ne sont pas satisfaits de la façon dont M.Mc-Guinty s’est occupé de ce débat «En ne faisant rien et en se cachant la tête dans le sable, M.McGuinty a laissé en fait le débat dégénérer», a déploré le critique du parti pour les questions de justice, Peter Kormos.Le leader de l’Opposition, John Tory, s’est dit d’accord avec la position néo-démocrate, affirmant que le gouvernement avait échoué au test du leadership en laissant un tel enjeu, complexe, se transformer en un vilain débat et en y mettant mystérieusement fin par un .beau dimanche après-midi.A l’heure actuelle, la Loi sur l’arbitrage permet la résolution de litiges civils et matrimoniaux — divorce, garde d’enfants, héritage — par un arbitre indépendant, si les deux parties l’acceptent.Catholiques, mennonites, juifs, autochtones et membres des Témoins de Jéhovah ont eu recours à cette loi pour régler des conflits familiaux sans aller devant les tribunaux.Mais les opposants à l’arbitrage en fonction de la loi islamique, qui incluent des groupes de femmes musulmanes, font valoir que cette réforme conférerait de la légitimité à la charia, qui, selon eux, est profondément inéquitable envers les femmes.Le premier ministre McGuinty a dit que le débat autour de la charia avait permis à son gouvernement de «prendre un peu de recul», pour constater que la décision initiale d’autoriser l’arbitrage religieux en Ontario n’était pas conforme avec le vœu de ses concitoyens de bâtir sur la base de valeurs communes — avec une loi pour tous les Ontariens.Il a indiqué que sa femme n’avait pas abordé la question de la charia avec lui, mais il a souligné que les 17 femmes membres du caucus libéral l’avaient pressé d’écarter l’idée.Quelques heures à peine avant l’annonce de M.McGuinty, un groupe incluant les écrivaines cana-diennes-anglaises Margaret Atwood et June Call-wood, la femme de l’ex-premier ministre Joe Clark, Maureen McTeer, l’ancienne ministre conservatrice Flora MacDonald ainsi que la militante Maude Barlow et d’autres avaient aussi dénoncé le projet de tribunaux de la charia, dans une lettre adressée au premier ministre au nom de la coalition contre l’arbitrage religieux en Ontario.Jeudi, des manifestations se sont déroulées au Canada et dans plusieurs pays européens pour enjoindre au premier ministre ontarien de laisser tomber le projet de tribunal islamique.Des manifestants en colère à l’extérieur de Queen’s Park avaient comparé le premier ministre ontarien aux anciens leaders talibans en Afghanistan, pour avoir seulement envisagé l’idée de la charia.Des orateurs avaient qualifié M.McGuinty de naïf pour avoir assuré que les droits des femmes ne seraient pas menacés si l’Ontario autorisait des tribunaux de la charia.A Montréal, une centaine de personnes ont protesté sous la pluie contre le recours à la charia en Ontario.D n’était pas possible, hier soir, d’obtenir la réaction du Congrès musulman canadien, qui appuyait la réglementation de la charia en vertu de la Loi sur l’arbitrage.Presse canadienne LAFRANCE SUITE DE LA PAGE 1 wHmî y BRIAN SNYDER REUTERS Réfugié dans la maison d’un ami à La Nouvelle-Orléans, Robert Thomas fumait hier une cigarette, deux semaines après le passage de Katrina.Près d’un million de personnes ont, comme lui, été déplacées à la suite de la tempête, dont on ne mesure pas encore tout à fait les dommages humains et matériels.de danse moderne à Montréal au début des années 1990, raconte la femme dans la jeune trentaine, jointe par téléphone aux bureaux de sa compagnie.Je suis venu à New York parce que je voulais étudier à la Martha Graham School of Contemporary Dance.J’y ai passé trois ans et, après coup, j’ai décidé de rester.» Elle a vécu ses premières années en squattant un immeuble dans le Lower East Side où elle a appris à maîtriser le marteau, ce qui lui sert encore souvent dans l’immeuble de sept étages qu’elle habite maintenant à Brooklyn.Elle a aussi lancé une compagnie de vêtements pour danseurs.Rien ne l’arrête, et eüe jouit maintenant d’une enviable réputation de fonceuse toujours capable d’atteindre son but.Au fond, l’artiste accomplie continue de squatter les lieux plus ou moins désaffectés de sa métropole d’adoption.Sens existe depuis cinq ans.La compagnie se spécialise dans la production de performances in situ.Les six précédents spectacles ont également été chorégraphiés par Mme Lafrance.En 2002, son œuvre Descent présentée au Clock Tower Building de Manhattan recevait un prestigieux Bessie Award.Sens a également produit Noir dans un parking d’East Village, une œuvre bourrée de références au film de genre des années quarante.Les spectateurs assistaient à la performance de l’intérieur des voitures.Le zèle de la chorégraphe sans peur lui a évidemment servi pour convaincre l’administration municipale de prêter cette fois le fameux bassin.Construite en 1936, pendant le New Deal, la piscine de 4650 nf pouvait accueillir jusqu’à 6800 baigneurs à la fois.Elle a été fermée en 1984, en pleine crise économique, mais fait depuis l’objet de projet de restauration.Mme I-afrance habite près du McCarren Park et rêve de s’y produire depuis une dizaine d’années.La réalisation du projet aura pris six mois de travail intensif aussi bien pour réparer certaines brèches que pour préparer l’accueil du public sans compter les heures à négocier mille et un pennis.«On a fait des miracles avec un budget minime.Les danseurs ne sont presque pas payés.L’argent est passé dans l’aménagement du site.» Et que proposera Agora?Mme Lafrance parle de danseurs installés avec les spectateurs autour de la piscine vide, les pieds pendants.Elle parle de performeurs au bain de soleil.Elle évoque des robes écarlates et des maillots d’autrefois.Elle prédit une profusion de présentations parallèles, voire déambulatoires.«Je produis un gros spectacle par année et quelques autres de plus petite forme.Je choisis mes sites moi-même et je me laisse inspirer par ces lieux, lut compagnie soutient aussi la production in situ d’autres artistes.L’idée est toujours la même: il s'agit d’investir un lieu et de se laisser inspirer par lui.Il s'agit aussi de créer des œuvres physiques, spatiales et visuelles.Sens s'insère dans des lieux qui ne sont pas conçus pour le spectacle, mais qui permettent de créer des œuvres entre la réalité et la fiction, pour que le spectateur ait l'impression de voir un film et d’être dans ce film.» Elle rêve maintenant de poursuivre dans la voie de l’utilisation esthétique de la grande piscine, pour y présenter un festival de danse par exemple, en attendant le retour des baignades.Et celle qui réussit très bien là-bas ne refuserait pas de monter un spectacle ici, même si sa méthode de travail lie profondément chaque production à son lieu de création.«En tournée.ce serait difficile, mais je pourrais toujours créer une pièce à Montréal pour un lieu précis.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 Le chiffre de 10 000 morts évoqué la semaine dernière par le maire de la ville «a été donné à un moment de grande émotion.Nous avons encore besoin de plusieurs jours pour finir les recherches.Nous nous attendons à un chiffre beaucoup plus bas», a renchéri le général Russel Honore, responsable militaire.le bilan provisofre officiel de la catastrophe provoquée le 29 août par le cyclone Katrina était hier de 381 morts dont 154 pour la Louisiane, 211 au Mississippi, 14 en Floride et 2 en Alabama.Aucune victime étrangère n’a été signalée pour le moment.A Li Nouvelle-Orléans, où les inondations causées par le cyclone ont forcé environ un million de personnes à quitter leur foyer, l’eau a commencé à baisser, mais 60 % de la ville reste submergée.«Il y a de la lumière au bout du tunnel», a déclaré le général Honore, en évoquant ce niveau de l’eau.L’amiral Allen a toutefois relevé qu’il y avait toujours «des maisons, notamment dans [la banlieue] Saint-Bernard, où l 'eau arrive jusqu 'aux gouttières».Selon l’armée, les eaux devraient être entièrement pompées d’ici au 8 octobre.En quête de survivants, la police a poursuivi tout au long de la fin de semaine ses inspections maison OURAGAN par maison à La Nouvelle-Orléans, qui comptait 485 000 habitants (1,4 million avec sa banlieue) avant le cyclone.Des habitants continuent de résister aux ordres d’évacuation lancés par les autorités, mais les forces de sécurité ne tentent désormais plus de leur faire quitter les lieux.La recherche des cadavres restait aussi intensive dans cette ville, hier.Des convois militaires continuent ainsi leurs patrouilles et retrouvent des corps terriblement décomposés et gonflés d’eau.Perte de confiance Au plus bas dans les sondages, le président américain a prévu de passer deux jours dans les zones sinistrées.Il a quitté Washington dans l’après-midi.Selon une enquête publiée par le magazine Newsweek, seulement 38 % des Américains ont une opinion favorable de George W.Bush.Plus d’une personne sur deux (52 %) ne lui fait pas confiance pour prendre les bonnes décisions en cas de crise, quelle soit intérieure ou internationale.Le chef de la Maison-Blanche devait passer la nuit à bord de WSS Iwo Jima, un navire d’assaut amphibie, amarré dans le port inondé de La Nouvelle-Orléans.Ce navire militaire sert de centre de commande et de contrôle pour l’aide aux sinistrés et à la re- construction.Aujourd'hui, le président américain doit se repdre dans la ville de Gulfport, au Mississippi, autre Etat partiellement ravagé par l’ouragan.Pour le maire démocrate de La Nouvelle-Orléans, Ray Nagin, le président républicain a été mal informé par ses conseillers.«Je crois que le président n’avait pas compris toute l'ampleur de cette catastrophe sur le terrain.Chaque fois que je lui ai parlé et que je lui ai dit la vérité, il a agi et il a fait avancer les choses», a ajouté le maire.Un responsable du département de la Sécurité intérieure de Louisiane, le colonel Jeff Smith, a vivement critiqué la lenteur de l’Agence fédérale de gestion des crises (Federal Emergency Management Agency) à s’occuper de l’hébergement à moyen terme des sinistrés.«Cela fait des jours qu’on en parle, on trouve que ce processus n’avance pas assez vite», a-t-il dit Selon la société américaine Risk Management Solutions, spécialisée dans la gestion des catastrophes, le coût des dégâts devrait dépasser 125 milliards de dollars.Le Congrès a débloqué jusqu’à présent 62,3 milliards d’aide financière d’urgence.D'après Associated Press et l’Agence France-Presse 11 SEPTEMBRE SUITE DE LA PAGE 1 «Gne nouvelle jim, nous sommes une ville unie par sa douleur», a déclaré le maire Michael Bloomberg.«Nous sommes liés les uns aux autres par notre humanité commune.» Son prédécesseur, Rudolph Giuliani, salué pour son rôle unificateur après les attentats, s'est adressé aux proches des victimes: «Chacun de vous ici.qui a perdu une sœur ou un frère, doit savoir qu'ils ont contribué d sauver l’àme de notre nation le jour où elle affrontait sa plus grave attaque.» Bush, qui avait gagne ses galons d'homme d’Etat après le 11 septembre, mais qui fait face aujourd’hui à de vives critiques poqr sa gestion de Katrina, a allumé un cierge à l'Eglise épiscopale St-John, en mémoire des morts du 11 septembre.avant d’effectuer son troisième voyage dans les zones touchées par l’ouragan.«Marche de la liberté» La «Marche de la liberté» à la mémoire des victimes du 11 septembre 2001 et pour les troupes américaines en Irak, a suscité la controverse.Le ton était donné dès l'entrée du grand parking jouxtant le Pentagone où les manifestants avaient rendez-vous pour marcher ensuite sur trois kilomètres jusqu'au grand obélisque du centre-ville de la capitale: «Pas de signes et pancartes autorisés.» Chacun s’est vu remettre un t-shirt en souvenir, que peu ont refusé de porter «Marche de la Liberté, Le Pentagone.11 septembre 2005», pouvait-on y lire.Au dos, la liste des 14 commanditaires dont le groupe de défense Lockheed Martin et McDonald's ou encore le fournisseur d'accès à Internet AOL Deux manifestants anti-guerre ont réussi à montrer leur différence, au milieu de cette marée de t-shirts du Pentagone.Nikolas Shiller, 24 ans, et Angela Giacometti, 29 ans, se sont déguisés en « pro-Pentagone», en enfilant le vêtement Ils l’ont ensuite retourné.«Soutenez nos troupes et ramenezJes à la maison», pouvait-oh lire sur cehu d’Angela.«La guerre n'est pas une réponse.Pasde sang pour du pétrole», a écrit Nikolas.Le manifestant affirme avoir pu s'approcher du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, qui a pris un long bain de foule, pour lui dire «que cette guerre était illégale».Un peu après, une femme s’est approchée de Nikolas: «Vbizs êtes dégoûtant», lui a-t-elle crié, pleine d'émotion et de rage, en lui rappelant que des «soldats meurent pour sa liberté» de parole.Parmi les parrains de la marche, le chanteur de country Clint Black qui devait se produire à l’issue du défilé.L'une de ses chansons glorifie les troupes qui «se débarrassent de la pourriture, pour la bonne vieille Amérique».Ce mélange des genres — les victimes du 11 septembre, la guerre en Irak — avait été critiqué le 21 août par le New York Times.«H est tout à fait respectable que le département de la Défense organise une cérémonie pour les Américains qui ont péri le 11 septembre.Il est également acceptable que l'on rende hommage aux sacrifices que les soldats ont faits en Irak.Mais l’insistance de l’administration Bush à combiner les deux est gênante», avait alors écrit dans un éditorial le journal.Reuters et AFP LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage.Montréal (Québec), H3A3M9 EU Placedes-Arts Us sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-9853333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphoné 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais! 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la 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