Le devoir, 21 novembre 2009, Cahier F
L t I» K VOIR.L E S S A M EDI 21 ET 1) ! M A \ t H E 2 2 \ O V E M It It E 2 II 0 !t ENTREVUE Lyonel Trouillot : «Chien mangé chien» Page F 5 DOCUMENTS Voyages au cœur de la culture autochtone Page F 2 des sens i SOUKCK ALTO «Ce que je recherche dans le réel, c’est ce qui dévie un peu de la norme, ce qui est curieux, étrange et bizarre.J’aime les objets rares, les comportements étranges.» Il y a des auteurs qui mériteraient d’être mieux connus.Et l’on se réjouit de répandre la bonne nouvelle de leur œuvre.C’est le cas de Martine Desjardins, qui vient de signer chez Alto un livre superbe.Maleficium, d'une eau comme on en trouve peu sous nos latitudes.CAROLINE MONTPETIT On pourrait dire que Maleficium est l’histoire d’un abbé de Montréal, Jérôme Savoie, qui commet l’acte de retranscrire ce que ses ouailles lui confient dans le secret du confessionnal.Mais Maleficium est en fait bien plus que cela.C’est un voyage fantastique aux quatre coins du globe, qui se déroule à une époque où voyager était encore le lot de quelques-uns, partis dans des contrées lointaines d'où ils ramenaient des épices, des tapis ou des bijoux.Maleficium, c’est aussi une fête des sens teintée de magie, noire et blanche, et traversée d’une hypersensibilité digne d'un Huys-mans ou d’un Poe.«Ce livre-là est vraiment puisé dans mes lectures d’adolescente, qui étaient les nouvellistes fantastiques, Théophile Gauthier, Vil-liers de LTsle-Adam, Hoffmann ou des trucs de Barbey d’Aurevilly, Les Diaboliques, une œuvre qui m’a beaucoup marquée», dit l’auteure en entrevue.Hypersensible, Martine Desjardins l’est peut-être elle-même, elle qui confesse qu’elle ne voyage jamais parce qu'elle réagit fortement aux lumières et aux odeurs.Pourtant, sa description du Cachemire, dans le premier chapitre, réjouira quiconque a foulé le sol de ce lieu féeriquç, que l'on a déjà comparé à l’É-den, et où pousse le safran rouge, si rare et si précieux.Les effluves du safran, «plus enivrantes que celles du plus puissant alcool, plus élusives aussi», qui éveillent des «pensées vénéneuses où la douloureuse douceur de la dépravation se mêle à la joyeuse amertume de la corruption», c’est ce qui damne d’ailleurs le personnage principal de ce chapitre, où l’on rencontre aussi une mystique aux stigmates sanguinolents.Tous les sens sont convoqués dans ce roman, qui est aussi la somme de huit confessions, toutes plus affolantes les unes que les autres.Et ils procurent un plaisir qui ne tarde pas à être insoutenable, une sensation que Martine Desjardins dit avoir déjà expérimentée dans la rie.«C’est quelque chose que j’ai déjà vécu, comme un plaisir trop fort.S’il y a trop d’épices, par exemple, la sensation devient in- tolérable», raconte-t-elle.Malgré l’aspect résolument fantastique de ses nouvelles, où les femmes peuvent tirer des boules d’encens de leurs oreilles et où les tapis cachent des dessins secrets, Martine Desjardins dit consacrer une part importante de son travail à la recherche.«La recherche est une partie monumentale de mon travail», dit celle qui est également chroniqueuse à L’Actualité et qui dit SOURCE ALTO vérifier plusieurs fois une information avant de la croire.Elle lit, donc, les journaux d'explorateurs du monde entier, des informations sur la médecine, sur l’entomologie et sur les différentes professions que pratiquent les différents confessés de l’abbé Savoie.La description de la science empruntée à ses professions accentue d’ailleurs chez le lecteur la sensation d’exotisme, explique-t-elle.En fait, Martine Desjardins dit répondre davantage aux lois du symbolisme qu’à celles de la psychologie humaine.Lorsqu’elle a écrit chacun des chapitres de Maleficium, elle s’est d’abord inspirée d’un objet puis d’un lieu où se déroulerait l’action.Ensui- te, elle a effectué une recherche intensive qui lui a permis d’allier ces deux éléments dans un récit.Dans le cas du Cachemire, en pleine terre musulmane, il lui fallut du temps avant de débusquer ce site, chrétien, où l’on prétend voir l’empreinte des pieds du Christ Martine Desjardins avoue également un intérêt pour la malformation humaine.L’un des personnages de son dernier chapitre est d’ailleurs affublé d’une queue de dbc-sept vertèbres.«Les queues humaines existent», dit Martine Desjardins en entrevue.Elle dit même qu’un homme portant une telle queue vit présentement en Inde, et que des dévots lui vouent un culte parce qu’ils croient y voir une incarnation d’Hanuman, le dieu-singe.Dans son roman, elle relève aussi que le fœtus humain est pourvu d’une petite queue au début de son existence, appendice qu'il perd en cours de développement «Ce que je recherche dans le réel, c’est ce qui dévie un peu de la norme, dit-elle, ce qui est curieux, étrange et bizarre.J’aime les objets rares, les comportements étranges, les malformations physiques.C’est là que je cherche le fantastique, ce n’est pas dans le surnaturel.» En fait, c’est dans l’amplification de celte bizarrerie que se trouve le fantastique.«Je pourrais combler des lacunes du récit par l’invention, mais je ne me le permets pas», dit-elle.Le beau est toujours bizarre, écrivait Baudelaire dans ses Curiosités esthétiques.Pour ceux qui l’auraient oublié, Martine Desjardins a écrit un livre qui semble tout droit sorti du XIX' siècle, à l’âge d’or du symbolisme décadent, offrant ainsi une œuvre comme on ne croyait plus qu’il s’en écrivait aujourd’hui.Le Devoir MALEFICIUM Martine Desjardins Alto Québec, 2009,192 pages I.h l> K V (Ml!.I.K S \ M K IM ' \ t T l> I M A V < HE 2 2 \ 0 V E M B R E 2 0 O H LIVRES Voyages au cœur de la culture autochtone On les a ignorés pendant des décennies, des siècles.Et voilà qu’ils refont enfin surface dans les livres, eux qui se sont transmis, génération après génération, leur culture par la tradition orale.Dans une collection qui s’intitule «Sagesses amérindiennes», les éditions Cornac lancent deux livres portant respectivement sur la culture aléoute, qui peuple les territoires entre la péninsule du Kamchatka et l’Alaska, et sur la culture crie, plus particulièrement celle que l’on retrouve dans la région de Mistissini, au Québec.Les éditions du Boréal leur ont pour leur part consacré un superbe livre de cuisine, Pachamama.Cuisine des premières nations, écrit par Manuel Kak’wa Kurtness, chef cuisinier d’origine innue, qui fait le tour de plusieurs premières nations du Québec et de l’Ontario, mêlant recettes de cuisine, histoire et ethnologie.is ‘jjp CAROLINE MONTPETIT Les auteurs sont des fins connaisseurs des cultures qu’ils traduisent.larry Mercu-lieff, qui signe avec Annik Chiron Le livre de la sagesse aléoute, a été initié alors qu’il avait quatre ans par un chaman qui lui a donné le nom de Quujuug, pour «celui qui tend le bras».Après avoir •>.j poursuivi des études universitaires, il est devenu un activiste pour la défense des droits et libertés de son peuple.Annik Chiron est une anthropologue qui s’est intéressée de près au sort des Unangan, qui peuplent la région des îles Aléoutiennes.Hubert Mansion, qui signe avec Stéphanie Bélanger Le livre de la sagesse crie, est un spécialiste du nord du Québec.Il a également signé Chibougamau, dernière liberté, aussi aux éditions Michel Brûlé.Stéphanie Bélanger est crie par sa mère et québécoise par son père.Elle a interrogé les anciens de la région de Mistassini en cri.Manuel Kak’wa a parcouru plusieurs nations amérindiennes pour connaître leurs savoirs culinaires provenant des nomades et des sédentaires Ces livres constituent une mine d’or pour quiconque s’intéresse aux cultures amérindiennes, dont leur transmission jusqu’à nous a été semée d’embûches.Une déportation méconnue Un chapitre du Livre de la sagesse aléoute est consacré à la dé- SOURCF.BANQ, SÉRIE OFFICE DU FILM DU QUÉBEC Fabrication de mitaines de cuir, manufacture de Basden Bros au Village huron, photo de Roland Charuest, 1947.Image tirée de Pachamama.Cuisine des Premières Nations.portation de toute la population des îles aléoutiennes, durant la Deuxième Guerre mondiale.Les auteurs avancent que cette déportation était peut-être moins liée à une question de sécurité qu’à une cohabitation difficile entre les populations locales et les soldats: alcool circulant librement, femmes et filles séduites par les soldats et risque de propagation de maladies vénériennes.«D’autre part, écrivent- Maunzio Gatti Littérature amérindienne du Québec Êcots dé langue franç ^ £ r; ac o Mercredi 25 novembre 19 h 00 Normand Brouillette Pierre LaNTHIER ISBN : 978-2-7637-8977-4 Jocelyn Morneau 838 * 59-95 $ LES PRESSES DE L'UNIVERSITE LAVAL puj www.pulavol.com / Une présentation d’EMMA.EMotions au Moyen Âge Avec le soutien de la Sodée RSVP : 514.739.3639 Bistro: 514.739.3303 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Une histoire des émotions est-elle possible?Comment le sujet médiéval vivait-il ses émotions?Que nous apprennent les médiévaux sur nos émotions ?Avec PlROSKA NAGY Historienne (UQAM), codirectrice de l’ouvrage, elle présentera ces réflexions dans une perspective permettant de comprendre comment l’enquête menée sur le Moyen Âge occidental peut nous aider à penser l'émotion et le sujet aujourd'hui.Animateur Jean Pichette Sociologue (UQAM).éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature Nicolas Moreau Etat dépressif et temporalité Contribution à la sociologie de la santé mentale N colas Moreau Etat depressil et temporalité l ’.'¦nrriburkMt 4 U *vh4,'«k de 1» s*mt inenrak 136 pages.18 dollars teractions des différents éléments masculins et féminins de leur culture.Dans un chapitre intitulé «La dualité du monde», dans Le livre de la sagesse aléoute, Larry Merculieff raconte que les hommes d’aujourd’hui comprennent mal quand on leur demande «comment va votre côté féminin?».La société dysfonctionnelle ne valorise pas cet aspect d’eux-mêmes, écrit-il.Pourtant, ajou-te-t-il, «je n’aurais jamais été un bon chasseur sans les qualités que la société occidentale appelle féminines: la gentillesse, le doux parler, le fait d’éduquer, d’entretenir des relations.» Chez la plupart des peuples autochtones, les femmes doivent s’éloigner de la communauté lorsqu’elles ont leurs règles.Chez les Cris, les enfants en bas âge sont, quant à eux, porteurs d’informations de l’au-delà.Un enfant pleurant sans raison peut annoncer le décès d’un proche, par exemple.On n’adresse pas non plus de remarques directes à l’enfant fautif.On lui raconte plutôt l’histoire d’un enfant ayant commis la même faute.Par ailleurs, les Cris, lit-on, ont une notion très pointue de la vérité.«Les Cris n’affirmaient que leurs certitudes», lit-on.Un chasseur mistissini aurait par exemple répondu, par la voix de son traducteur, à un juge qui lui demandait de dire toute la vérité: «U ne sait pas s’il peut dire la vérité.Il ne peut que dire ce qu’il sait.» Ce qu’il sait, le chef Manuel Kak’wa nous le transmet de façon magistrale, dans son livre Pachamama.Cuisine des premières nations, qui paraît chez Boréal.Ici, le chef a redonné à certaines premières nations leur nom exact.Celui de Pekuakamiulnuatsh, par exemple, pour nommer les Innus du lac Saint-Jean, lac qu’ils désignaient sous l’appellation Pekuha-mi, pour «le lac plat».Avant de nous livrer ses recettes de castor au yogourt et paprika, ou de bouillon de poisson du lac, le chef Kurtness nous explique par exemple que les Innus du lac Saint-Jean se fabriquaient des sortes de «barres tendres», formées d’un mélange de viande séchée, de gras animal et de petits fruits.Le chef propose également une recette de simili castor, à base de porc, de veau et de bou-din, pour ceux qui n’auraient pas de castor à se mettre sous la dent! Pour poursuivre dans la veine amérindienne, mentionnons enfin la réédition du livre de Maurizio Gatti, Littérature amérindienne du Québec.Écrits de langue française, chez Bibliothèque québécoise, un recueil de 150 textes autochtones en français.On y trouve autant des contes et légendes amérindiennes, de la poésie, des romans, du théâtre que des récits et des témoignages.Le Devoir Chibougamau, dernière liberté Hubert Mansion LE LIVRE DE LA SAGESSE ALÉOUTE Paroles dTn messager ALÉOUTE Larry Merculieff et Annik Chiron Éditions du Cornac, colL «Sagesses amérindiennes» Québec, 2009,293 pages LE LIVRE DE LA SAGESSE CRIE Hubert Mansion avec la collaboration de Stéphanie Bélanger Éditions du Cornac, col «Sagesses amérindiennes» Québec, 2009,269 pages CHIBOUGAMAU, DERNIÈRE LIBERTÉ La Saga du Nord Hubert Mansion Éditions Michel Brûlé Montréal, 2009,355 pages PACHAMAMA Cuisine des premières nations Manuel Kafwa Kurtness Éditions du Boréal Montréal, 2009,183 pages LITTERATURE AMÉRINDIENNE DU QUÉBEC Écrits de langue française Maurizio Gatti Bibliothèque québécoise Montréal, 2009,318 pages Série de la Place des Arts Lb Studio ^ Uftéraires ^ Un espace pour les vnots Lundi 30 novembre • 19 h 30 Au Studio-théâtre de la Place des Arts Stéphane Lépine lit Victor Klemperer Stéphane Lépine partage avec nous quelques pages du vibrant journal de l'écrivain allemand Victor Klemperer (1881-1960), un témoignage bouleversant sur la montée du national-socialisme et la persécution des Juifs dans la ville de Dresde.©Iaplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 Entrée: 15 $* Étudiants: 10 $* •Taxes incluses.Frais de service en sus.Une coproduction Place des Arts ¦MH jsn mm\ 0533 E l> K V O I K .I t: > S A M K 1> I 2 1 t: T 1> 1 M A \ ( H K J I \ 0 V K M H I! K 2 (» (I !* LITTERATURE Inquiétante étrangeté L* acteur Patrick Drolet, réve-' lé au cinema dans La Neu-vaine, s’aventure pour la première fois dans l'univers du roman avec fai eu peur d'un quartier autrefois.Déroutant roman, porté par une voix tout à fait singulière.Cela tient de la curiosité littéraire.•Durant les nuits hivernales, la inort aimait étendre son territoire jusque dam mon quartier.» C'est la premiere phrase du livre.Nous sommes dans un appartement, où le narrateur est prisonnier.Prisonnier de lui-même, de sa peur.Et de son délire.Un homme,,un voisin, est mort à côté.Éventré.Depuis, une ombre inquiétante, une ombre «cannibale» s’est emparée de la maison voisine.Elle poursuit le narrateur, son appartement, son quartier, jour et nuit.D’emblée, la mort rôde, menaçante.Elle est omniprésente, elle est active, elle est pour tout dire un personnage.Sombre, sombre, l’univers de Patrick Drolet.Dans la foulée de ce que l’auteur nous avait donné à lire l’an dernier, dans un recueil poétique au titre improbable: Un souvenir ainsi qu’un corps solide ont plusieurs tons de noirceur.La noirceur, comme une immense toile d’araignée dont on ne saurait se dépêtrer.Comme un cauchemar éveillé qui défile en continu.Comme un spectre suspendu qui nous crache dessus.Voilà le genre d’images qu’on serait tenté d’évoquer pour parler de J’ai eu peur d’un quartier autrefois.Angoissant roman, oui.Où les choses s’animent, où les portes veulent pleurer et où les arbres hurlent «comme une chorale sans voix féminines».Où la volonté humaine n’a plus de réalité.Dissocié de lui-même, de son corps qui agit contre son gré, dissocié du monde, où il se sent étranger, le narrateur cherche refuge dans le passé.Se souvenir: cela peut-il nous sauver du présent?Et si remuer les cendres des réminiscences s'avérait encore pire comme expérience?Si aller à la rencontre du passé, marcher dans les traces laissées derrière soi, réveillait des atrocités qu’on ignorait possibles?JACQl i:s GRENIER I.E DEVOIR Dans J’ai eu peur d'un quartier autrefois, l’auteur et acteur Patrick Drolet présente un univers sombre où la mort est omniprésente.Pas de porte de sortie.Le narrateur s’engouffre, s’engouffre.On manque d’air avec lui.On est pris de vertige.On halluciné, on divague avec lui.On est en pleine psychose, en plein délire schizophrénique.Eprouvant, oui.Oh, une petite lumière éclaire bien son âme, au passage.Le temps d’un rêve fugace.Un rêve de bonheur, d’amour, de beauté, d’enfants à naître.Où l’esseulé s’imagine, avec son aimée sortie d’un conte de fées, au sommet d’un gigantesque sapin, «pour que nous puissions y dévorer les étoiles».Pour le reste, rien.La solitude plate et froide.La folie, la peur.La mort, dont l’ombre grandit, grandit.Rien de rassurant, ici.Si ce n’est que tout cela est terminé, n’est-ce pas?Cela se passait bel et bien autrefois, non?J’ai eu peur d’un quartier autrefois: c’est clair et net, pourtant.On referme le livre, on cherche un sens à tout cela.Et on n’en trouve pas.Pas plus que dans un roman de Kafka.On songe à La Métamorphose, tiens.Une bibitte angoissante: voilà à quoi pourrait ressembler J’ai eu peur d’un quartier autrefois.La Nausée de Sartre nous vient aussi à l’esprit.Mais en condensé.Et pour l’imagination, pour l’audace, on serait tentée de faire un rapprochement, chez nous, avec les livres de Martine Desjardins.Avec son tout nouveau, Maleficium, en particulier.Sauf que Patrick Drolet ne nous fait pas voyager dans de lointains pays exotiques: son héros serait plutôt du type agoraphobe.Et puis, plutôt que de mettre en scène des êtres difformes, l’auteur axe son récit sur une perception déformée de la réalité.Sa force: faire en sorte que le lecteur lui-même en vienne à perdre ses propres repères, à douter de lui-même.Dans un autre registre, et bien que les comparaisons soient toujours restrictives, on pourrait évoquer l’univers de l’artiste visuel Lino, auteur d’une trilogie graphique entamée il y a quelques années avec La Saveur du vide.Même noirceur, même solitude, même intranquillité.Même jeu entre rêve et réalité.Même recherche de l’inédit, aussi.Et même goût pour la narration poétique.Pas d’illustrations, cependant, dans J’ai eu peur d’un quartier autrefois.Les images en sont absentes, ou plutôt naissent exclusivement des mots, de la façon inusitée, insolite, dont Patrick Drolet utilise le langage et donne vie à son récit.Voyez cette phrase, au tout début, quand la mort débarque: «Elle mordillait les marches des perrons comme un rat qui * J’ai eu peur d’un quartier :'-\
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.