Le devoir, 23 septembre 2005, Cahier B
CINEMA o u :> Claude Lelouch : l'échec est une grande école Page B 3 LE DEVOIR.LE VENDRE 1) 1 2 3 S E P T E M B R E 2 C’EST LA VIE! Jean-Marc Massie : conter pour l'indépendance Page B 8 La gravité déjouée La Crater, une manipulation d’images donnant l'impression de s'élever dans les airs pour surplomber le cratère du mont Saint Helens L artiste Lynne Marsh a détourné scientifique pour faire participer le spectateur à une nouvelh expenence sensorielle .ADRIAN MI I IKNHI IS l ne scene de (.rater.Dans ces images un tantinet irréelles qui ont paradoxalement l’air de simulations, les nuances de couleur indiquent les changements survenus dans la composition et la texture du sol.Depuis quelques années, l’artiste montréalaise Lynne Marsh s’intéresse aux images du monde produites par la science.En quelques occasions déjà, elle a utilisé pour ses œuvres des données numériques que la NASA recueille pour cartographier d’autres mondes ou des endroits reculés sur la planète.Dans le cadre du Mois de la photo, c’est le cratère du mont Saint Helens qu’elle nous fait visiter à travers une installation vidéo aux mille facettes.Plus que tout, c’est la suspension de la gravité qui motive l’artiste.BERNARD LAMARCHE On ne voit plus guère d'œuvres de Lynne Marsh à Montréal de-puis qu’elle a quitté pour Londres, où elle enseigne à l'Université d’Hertfordshire.Dommage pour nous.On se souviendra peut-être de sa dernière présence remarquée ici, à la galerie Oboro, où elle présentait en 2000 Venus .1 See Blue dont tout le monde parlait a l’epoque.Comme dans un jeu vidéo, une superheroïne.l'artiste eDe-mème, s’échinait a l’écran pour combattre des ennemis invisibles à nos yeux.Marsh introduisait des éléments de performance dans des espaces évoluant entre réalité et fiction, créant une parodie des alter-ego aux pouvoirs étonnants que fournit la littérature des comic hooks américains.Les images de cette piece provenaient de simulations numériques de la planete Vénus produites par la NASA A la Cinémathèque québécoise, avec Crater, Marsh a encore une fois détourné l'imagerie scienti- fique pour faire participer le spectateur à une nouveüe expérience sensorielle.L’environnement au centre duquel les visiteurs sont appelés à entrer est fait de représentations du cratère du mont Saint Helens réalisées à partir de données.Les détails sont expliqués à l’entrée de l’exposition, ces données ont été recueillies par la division aéroportée de la NASA, le 1" septembre 1988, à l’aide de la sonde d’exploration TIMS (Thermal Infrared Multispectra] Scanner), une sonde à balayage multispectral, infrarouge, thermographique.Dans ces images un tantinet irréelles qui ont paradoxalement l’air de simulations, les nuances de couleur indiquent les changements survenus dans la composition et la texture du sol.Plus les couleurs sont vives, plus les températures sont élevées.Or tout se passe comme si l’artiste avait voulu incarner ces données numériques.Lorsqu’on entre dans la salle Norman-McLaren, l’installation livre en premier lieu ses qualités sculpturales.Trois écrans légèrement courbes reçoivent les images du cratere et se laissent percevoir comme un objet circu- laire.Une fois à l’intérieur, le paysage du cratere se reconstitue et se referme sur le visiteur à la manière des anciens panoramas, une forme obsolète de divertissement issue du XK siecle.Marsh met a confribu-tion des formes anciennes et nouvelles de technologie de visualisation.A l’intérieur, l’animation fait son travail.Ceux qui y chercheront une reconstitution hyper réaliste seront déçus, tout comme ceux qui cherchent des sensations plus fortes comme celles que procurent les jeux de réalités virtuelles dont les environnements sont réactifs.Crater se situe justement a la frontière de ces deux modèles.La piece fait clairement référence aux animations des jeux vidéo, mais elle en détourne les codes pour recréer le site du volcan et nous prendre dans les pinces de la fiction.Lumière et sonorités S’il est un fantasme derrière la machination de l’artiste, c’est celui de retirer ses droits à la gravité.La manipulation des images contribue à l’impression que nos pieds quittent le sol et que nous nous élevons dans les airs pour surplomber le cratere.Ensuite, l’œuvre nous redépose sur la terre ferme et un tourbillon nous emporte, alors que les linages se mettent a tournoyer a très grande vitesse sous nos yeux.La, un léger frisson nous guette.Le spectateur prend aujourd'hui la place de l’héroïne dans Venus.I See Blue.Celui-ci se retrouve au centre de l’environnement numérique auquel Marsh a tenté de redonner sa physicalité.L'œuvre nous place au I beau milieu d’un environnement fait de lumière et de sonorités aux notes graves accentuées, qui contribuent a donner a l’expérience une réelle consistance.Qui plus est Marsh, en ravivant d’anciens modèles de visualisation, évoque la sensation de se retrouver en terrain inconnu.D-s panoramas du XIX' siècle étaient des instruments de connaissance du monde, donnant a voir des contrées lointaines, I a publicité du Cyclorama de Jérusalem, a Sainte-Anne-de-Beaupré, visible depuis 1895, soutient encore aujourd’hui que l'immense tableau crée une illusion «tellement vivante de vie et de relie/qu ’il donne aux spectateurs l’impression d’être eux-mêmes a Jérusalem et de revivre l’événement du Crucifiement".Avec une intensité tout autre, Crater crée un monde artificiel en mettant en boite le monde réel et en redonnant un sens perdu de l’exploration et de la colonisation par images interposées.Dans leurs franges, les images de Marsh ne révèlent rien du territoire qui pourrait se trouver au delà de l’enceinte du cratere.Autant l’œuvre donne a voir, autant elle isole du monde qui pourrait se situer au loin.Ainsi, le sens de l'aventure n’est jamais épuisé.Le Devoir CRATER Cinémathèque québécoise SaBe Norman-McLaren 335, boulevard de Maisonneuve Est Jusqu'au 9 octobre Spectacle nocturne Découvrez un autre côté de la (irande Bibliothèque grâce à Champ libre, organisme voué à la diffusion de l’art multimédia et de l’architecture, qui propose Invisible cité, une intervention architecturale et vidéo inédite et gratuite, mise en place dans le jardin de la (irande Bibliothèque.Ce soir et demain, de 19h30 à 23h, une quinzaine de vidéos d'art sur l’architecture et la ville seront projetées directement sur la façade de verre de la bâtisse.Parmi les œuvres que l’on pourra apprécier: celles de l'architecte américain Gordon Malta Clark; Le Jardin des ombres de François Girard ainsi que des vidéos de Nelson Henriks, Suzan Vachon, *•* Paul Landon, Jocelyn Robert, *«» Frie Raymond et Thomas Kon-ner, lauréat du prestigieux prix européen ARS Electronica de Linz (Autriche), 2004.» (514) 393-3937, www.champlibre.com.Oiseaux exotiques Ce week-end, à l’Hippodrome de Montréal, les chevaux laissent la place aux oiseaux! Perroquets aux becs crochus et canaris aux becs droits de toutes les couleurs s'y sont donné rendez-vous pour la cinquième exposition d’oiseaux exotiques organisée par l’Association des éleveurs d'oiseaux de Montréal (AEOM).Demain et dimanche, de lOh à 17h (jusqu’à IKh demain), les ornithophiles pourront admirer plus de HKX) spécimens d’oiseaux exotiques, dont 12 couples d’amazones de mutations différentes, www.aeom.ca.Lanternes ailées Il n’y a pas qu’a l’Hippodrome où les oiseaux sont a l’honneur.Au Jardin botanique aussi avec le retour de la Magie des lanternes qui s'inspire cette année des volatiles de toufes sortes, du canard au phénix.A la tombée de la nuit, les oiseaux de soie illuminés guident les pas du visiteur à travers les sentiers du Jardin de Chine.C’est l’occasion, jusqu’au 31 octobre, d'admirer quelque 130 oiseaux-lanternes.xt (514) 872-1400, www.ville montreal.qc.ca/jar-din/propos/lanternes.htm.Sens et culture Cl est ce week-end que débute le deuxieme Grand Parcours, sens et culture, dans l’arrondissement Plateau-Mont-Royal.Au programme de demain: une procession dans les rues du Flateau intitulée Des images et des mots afin de célébrer les arts visuels et la littérature.Départ des 15h du parc laurier, arrivée prévue a 17h au chapiteau de la place Gérald-Godin.En chemin, de nombreuses dégustations, visites et découvertes seront possibles grâce a la participation des commerces du quartier.Dimanche, un brunch en musique sera servi sous le chapiteau.Les activités du Grand Parcours, sens et culture | se poursuivent jusqu’au 2 octobre, www.legrandparcours.com.iMurehce Clavel * m LE DE VO IB.LE VENDREDI 2 3 SEPTEMBRE 2 O O 3 B 2 * \\ E î J\ - X l) CULTURE* FESTIVAL MONDIAL DES ARTS TÉLÉVISION POUR LA JEUNESSE Les producteurs privés, des administrateurs de fonds publics ?PAUL CAUCHON Ailleurs.Michel Bélair Une dizaine de spectacles prenaient mercredi l’affiche du Festival mondial des arts pour la jeunesse.Au programme, up opéra (Pacamambo), une lecture (Hashtr l/jzhar, d’Evelyne de la Chenelière), la dernière (déjà!) de Pour ceux qui croient que la Terre est ronde et une demi-douzaine de productions venant d’un peu partout a travers la planète.Comme personne ici ne possède le don d’ubiquité, que la vraie vie continue aussi de battre son plein et que j’aime bien la visite.je me suis plongé dans deux spectacles venus d’ailleurs: un espagnol, Quijote, et un japonais, Bekkanko-Oni.Surprise d’abord pour la représentation de Quijote à la PdA la salle était pleine d’enfants! Belle occasion de souligner qu’en ces jours sombres où le boycottage est sur toutes les lèvres, certaines écoles, certains profs surtout, ont choisi de ne pas suivre le mouvement bravo! Plein d’enfants, donc, devant cet objet étrange racontant l’histoire du chevalier à la triste figure.Et comme tous les autres spectateurs, ils ont d’abord saisi à quel point les deux manipulateurs de la compagnie Bambalina travaillent de façon particulièrement inventive avec les marionnettes et les objets.Mais même s’ils insistent, comme on le fait rarement, sur le premier Quichotte — celui qui lit et qui se perd dans ses fantaisies littéraires avant de se mettre à foncer dans les moulins à vent —, la production est plutôt sombre.et longuette.Malgré les prouesses des deux comédiens-manipulateurs, l’audace de leur recréation du héros de Cervantes se trouve trop souvent diluée dans des effets soulignés à outrance.Impressionnant quand même.Beaucoup plus tard en fin de journée au Monument-National, j’ai aussi vu un conte traditionnel japo-nais: Bekkanko-Oni.Là aussi un objet théâtral bizarre, différent.Avec ses règles propres que l'on ne connaît pas vraiment Qu'est-ce qui, selon vous, différencie le nô du kyogen ou du kabuki?Doiuiez deux exemples.N’empêche que, devant cet o.tn.i.(pour objet théâtral non identifié, bien sûr), les règles, le cadre et la façon de raconter une histoire amputent le spectateur occidental ordinaire de ses références et de ses repères habituels.Est-ce vraiment un «spectacle pour jeune public» que j’ai vu?Est-ce que c’est bon, bien fait, réussi?Aucune idée.Comme pour la majorité des spectateurs présents l’autre soir, j’ai reçu une grande tranche de culture japonaise en pleine figure: merci! En coulisses ¦ Le train du festival s'est vraiment engagé sur les rails.Autour des salles du centre-ville où sont programmés une bonne partie des spectacles, on rencontre partout des congressistes de TASSITEJ.Mercredi, un contingent de 70 diffuseurs et programmateurs français se sont joints au convoi, puisqu’ils assistent ici à La réunion annuelle de FONDA, une sorte d'office français de dif-fusion de spectacles.On a même rencontré avec beau-coup de plaisir les Dupont et Dupond du théâtre jeunes publics en France: Pascal Paris, du festival de Narbonne, et Joël Simon, le patron de Mélimôme.¦ On vous signale l’Entrée libre des Cahiers de théâtre Jeu, au Monument-National, cet après-midi à 16h.Tout le monde est invité.La discussion portera sur un sujet captivant: pour qui produit-on des spectacles jeunes publics et jusqu’où peut-on aller trop loin quand on s'adresse aux enfants?¦ Si vous n’avez pas encore planifié votre fin de semaine avec la petite famille, on vous propose, dans notre cahier Culture de samedi, une espèce de survol des activités du festival.Je vous retrouve là.Producteur privé en matière de télévision, c’est une très belle job, s’il faut en croire un chercheur de l’UQAM: «Le financement est assuré d’avance par l’argent public, et la vente des productions est également garantie», explique Ahmed Naci-ri, professeur titulaire à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM.«On ne retrouve pas ça habituellement dans le monde des affaires», continue-t-il.Ijes producteurs sont devenus, «dans les faits, des administrateurs de fonds publics».Ahmed Naciri a réalisé en février dernier une étude sur la production télévisuelle indépendante, rendue publique hier par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ).M.Naciri rappelle que le système de production télévisuelle privée a pris son essor au début des années 80 alors que, pour le gouvernement fédéral, il s’agissait de transférer à un nouveau secteur une partie des sommes dédiées à Radio-Canada.«Le gouver- La présidente du Conseil des arts du Canada, l’ancienne danseuse étoile Karen Kain, joint sa voix aux artistes ainsi qu’à la ministre du Patrimoine canadien pour réclamer un financement accru de l’organisme fédéral.«Il n'y a pas assez de fonds pour réaliser les choses qui doivent être faites afin d’offrir aux Canadiens les choix artistiques auxquels ils ont droit», écrit Mme Kain dans son introduction au rapport annuel publié hier.«Les organismes artistiques exploitent leurs ressources jusqu’à leur extrême limite et manquent cruellement de moyens.Les artistes survivent avec des revenus représentant moins des trois quarts du revenu national moyen.» la présidente rappelle que dans son secteur, le revenu moyen d'un danseur professionnel était de 14 587 $ en 2001.Pour la période couverte par le rapport annuel (2004-05), le CAC a attribué un peu plus de 132 millions aux artistes et aux organismes artistiques, dont 39 millions à 688 créateurs et 686 compagnies du Québec.nement voulait se désengager et créer un secteur qui finirait par voler de ses propres ailes», dit-il.Mais 20 ans plus tard, la dépendance des producteurs indépendants envers les fonds de l’État est totale, et le modèle mis en place par les gouvernements «ne peut être considéré comme économiquement viable», dit-il.Tout en reconnaissant le succès et la qualité des émissions, de même que l’importance pour l’État de soutenir la culture, Ahmed Naciri fait valoir que les producteurs privés «sont pratiquement des entreprises d’Etat», sans trop avoir à rendre de comptes.Selon les chiffres fournis par la SODEC et analyses par le chercheur, la part moyenne des producteurs privés eux-mêmes dans une production totalise à peine 32 %- Les préventes (les achats faits d’avance par les réseaux de télévision) représentent 37,5 % du budget les coproductions, 22,3 %, les autres apports, 18,7 %, les investissements, 18 % (ces deux dernières catégories amalgament les différentes aides gouvernementales, selon le chercheur), et le producteur, 32 %- Le CAC fêtera son cinquantième anniversaire le 28 mars 2007.La ministre liza Frulla répète depuis son entrée en fonction quelle aimerait profiter de l’occasion pour accroître substantiellement le budget annuel de l’organisme.Elle n’a pas fixé d’objectif précis, tout conune la présidente ne chiffre pas les moyens supplémentaires souhaités.Au Québec, le Mouvement pour les arts et les lettres milite depuis des années pour faire culbuter l’enveloppe du CAC.Le Conseil des arts du Canada est traditionnellement présidé par un artiste de grande réputation qui devient la figure emblématique de l'organisme et se charge des pressions plus ou moins fortes sur le pouvoir politique, tenu à un bras de distance.Au Québec, par contraste, les fonctions de directeur général et de président du Conseil des arts et des lettres sont fusionnées.Ici, le titulaire a d’ailleurs tendance à ne pas interpeller publiquement le gouvernement bailleur de fonds.«La théorie financière moderne prévoit que lorsque le gestionnaire participe peu aux projets qu’il dirige, son comportement s’approche beaucoup plus de celui d'un joueur de loterie que de celui d’un homme d’affaires averti, soutient-il.Si le projet marche, tant mieux, il empochera les profits.Dans le cas contraire, il n’a rien à perdre.» Selon l’étude de M.Naciri, l’apport de fonds publics dans les productions québécoises est de près de 190 millions.En 1998-99, la part des télédiffuseurs dans le financement était de 19 %, et elle est passée à 24,6 % en 2002-03.M.Naciri déplore par ailleurs que les données sur la production indépendante soient très difficiles d'accès.«Seule une minorité de producteurs indépendants rendent leurs états financiers disponibles», dit-il.Et, selon lui, les critères d’analyse du CRTC, de la SODEC et du Fonds canadien de télévision devraient être mieux harmonisés.La parole autochtone pour clore le FIL Yves Boisvert remporte le prix de poésie ^Estuaire FRÉDÉRIQUE DOYON En guise de finale, le Festival international de littérature met la parole autochtone à l’honneur dans Le Vent qui parle, un spectacle aux confins des mots, du chant et de la musique.Le titre, qui renvoie à une allégorie commune aux contes et légendes amérindiennes et à la littérature québécoise, promet une belle rencontre entre les deux cultures.Sous la direction littéraire de Pierre Crépô, les histoires ancestrales des conteurs-écrivains Joséphine Bacon (Innue) et Bob Bourdon (Micmac) se prolongeront dans les chansons de Chloé Sainte-Marie et dans celles du tandem Taïma, mi-inuk, mi-québécois.Leur performance sera mise en relief par les musiciens chevronnés que sont Jean Derome, Bernard Falaise, Normand Guilbault et Pierre Tanguay.Reconnue pour son interprétation en innu, en inuktitut comme en anglais et en français, Chloé Sainte-Marie chantera accompagnée de ses complices Réjean Bouchard et Gilles Bélanger.Le Vent qui parle célèbre le métissage des Amérindiens et des Blancs francophones ainsi que, par écho, celui avec les autres cultures du monde.Hormis quelques activités inscrites au programme demain, c’est sur cette rafale de mots et de notes que se boucle la 11 édition du FIL la première à se tenir indépendamment de l’Union des écrivaines et écrivains.Par ailleurs, la revue Estuaire a décerné son prix de poésie Terrasses-Saint-Sulpice dans le cadre du festival hier.C’est Yves Boisvert qui récolte l'honneur et la bourse de 3000 $ pour ,son recueil intitulé Mélanie Saint-Lhurent, paru aux Edition d’art Le Sabord.Avant que ne soit dévoilé le nom du lauréat les cinq finalistes (Dany Boudreault Kim Doré, Fernand Durepos et Tania Langlais, outre M.Boisvert) ont lu un poème choisi.Le Devoir Le Devoir EN BREF Le 33e album d’Astérix s’intitulera Le Ciel lui tombe sur la tête Bruxelles — Le 33* album des aventures d’Astérix s’intitulera Le Ciel lui tombe sur la tête et sortira le 14 octobre dans 27 pays simultanément, a révélé hier à Bruxelles Albert Uderzo.créateur de la série avec le scénariste René Goscinny, mort en 1977.Cet album sera disponible en une demi- douzaine de langues, avec un pro mier tirage de huit millions d’exemplaires.Les aventures d’Astérix le Gaulois et de son inséparable compagnon Obélix se sont déjà vendues à 310 millions d’exemplaires dans le monde en 107 langues et dialectes.-AFP Télé-réalité en plein vol Les 140 passagers du vol 292 de JetBlue qui a atterri dans des conditions dramatiques mercredi à Los Angeles ont pu littéralement suivre en direct le suspense de leur atterrissage: des téléviseurs à bord retransmettaient les images de l'avion diffusées simultanément sur les chaînes américaines.L'avion a tourné en rond près de trois heures dans le ciel pour épuiser son carburant avant de se poser, le pilote s’étant rendu compte que le train d’atterrissage avant était bloqué.Au moment de l’atterrissage, des étincelles et de la fumée étaient visibles sous l’avion, mais l’appareil est parvenu à s'immobiliser sans prendre feu.Tous les passagers sont sains et saufs.Selon des passagers interviewés par l'agence AI ! il était «complètement surréel» de se voir à la télévision alors que tout le monde se demandait si l'appareil allait s’écraser.- Le Devoir Le Devoir Karen Kain réclame des fonds pour le Conseil des arts du Canada STÉPHANE BAILLARGEON *Â LA TÉLÉVISION* * IQ2EEHHI il 1 L'union La Petite Au-delà Infoman Janette / Élise Zone libre documentaires [Le Tôlé|ournal/Le Au-dessus War r iors - fait Ki foi ce Vie du Réal Guilbault / Montréal, Planète Foot Point de la mêlée L'Impossible Mission Le TVA Le Cercle J E./ Transactions l_es Anges de la Juste poui rire/ Le TVA 22 heures Le Cercle Cinéma / BASEKETBALL 18 heures bancalt es .Internet i énovation Franck Dubosc (5) avec Trey Parker Macar oni Banzai! des Il va y avoir du sport! / A la di Stasio / Belle et Bum / Boom Desjardins.Cinéma / FÊTE DE tout garni animaux ! [Monique Jérôme-Forget Cuisine du potager [Jonathan Painchaud FAMILLE (3) Gr Journal 1 lash L a Porte des étoiles Cinéma / L'AUTRE PACTE DU SILENCE (6) [Le Grand Journal Pmo°/o ! Paris Cinéma / (16:30) avec Jennifer Love Hewitt.Brandy érotique [ REFUS.T eiojoui nal Capital l e Monde [Sortir Ushuaia Natuie ]le Téléiomnal Le Point (109 | [Le Monde Le Tôléjournal/Le Point Jrnl Cible (i/:55) Jrnl FR2 d.[ J halassa En direct du phare de Biarritz (Venise vue par.(2i:35)| [Le Journal belles routes du monde .cultures Dossiers Justice Auger enpuéte Un tueur si proche Ni'ruv^eaux Détectives Preuves à l'appui Sexe Réalité Expéditions ¦MàüUHI .ménage Nicolas Décore.Métamor.C'est pourtant vrai [Plasticiens de New York Décore.Manon.Interventions miracles Cinéma fbBff., i \ riMMi 1 op5.Top5.Nu Musik Ctox Offk e Décompte |.fines Britney .Jackass [Fou raide! 1 Roule Danse plus Succès Amoureux Choix corn d Musieogiaphie Des gens [Richesse L Académie Vie rurale | Les Acoustiques .rock .(17:30) Galaxie.Charmed l es I i t>i es Scott Summerland: la vie après Smallvilie Gilmore Girls Spies Sou» lie Gtaen [Quoi d neuf Simpson J Futur amn Simpson [Star South Park ] [ .cosmos Star War s [Star.' Sports 30 ; South Park Sports 30 Spoits 30 [Golf PG A Coupe îles piésidents [Sports 30 30 images Motorisé Destins / Irma l evasseur I 1 spions l Affaire Sextus JAG [Cinéma / PANTHER (4) avec Kadeem Hardison.Bokeem Woodbine | .de mode | [ famille! Vive les mariés! 1 Ombi e de 1 épei viei Moi et [Fabuleuses Elles Cinéma / SCÈNES DE CRIMES Demain A la une Ed i es t xpei ts A m v Doc L'Heure de vérité [Largo Les Chemins de I étiange Les Stupéfiants Mutant X Alias Dead Zone [Médium [Frontières des hommes intègies Pié\ enli le haicélement psychologique au travail ( codéfi 200b .temps [ Maternelle [La Diversité culturelle Reiselust j 1 a Ruée l es Giands Aventuneis [ .voyage | Hôtels tendance | La Route | des stars Destination Monde [Rose j [ Reiselust Je vis ta vie | affaires! Panotama inonde i .i Boite .1 tr issons Cinéma OU EST LA MAISON DE MON AMI?(4> 1 Panor ama [.monde ] [Villages.Canada Now I 1 lie Red Coi onation Air I arce [ 1 his Houi IÀ communiquer [The National J National [ Cinéma (23:25) ] News Access H eTalk Dailv Ghost Whisperer Début Nip Tuck 1 Osbournes | CTV News [News .(00 05) News National E T.Cnd ET.Malcolm in the Middle [Threshold ] Numb3rs : News Sports .(00 06) Fingei Tips Twins National Geographic Studio 2 [Cinéma / DANCING IN THE DARK Studio 2 Cinéma Fi asiei ABC News Fi lends Will Super nanny Supei nannv | 20/20 Sex and [Tsiightline Pub ¦fcd-LSH News News ET.Ghost Whisperer Début Threshold [ Numb3rs News l ate S flow with é ôg J ¦HLIdW wanadoo.fr PARIS XIII* près metro, bus 21 & 62 Grand 3 1 2.clair, t équipé.vue.Oct.déc 514-272-9826 PARIS.Provence-Corse-Côte d'Azur.location-france-quebec.com MAISONS DE CAMPAGNE A LOUER VAL-DAVID En montagne, jolie maison, 4 càc.tout équipé, foyer, près ski et village Saison automne'hiver 819-322-6787 (9h à 17h) mps@val-david.net RAVISSANT H DOUILLET PIED-À-TERRE À HEMMWGF0RD Si vous êtes seul ou deux adultes, non-fumeurs, sous ne cherchez pas un endroit à la mode (jet-set) près d’un lac.vous recherchez plutôt un corn tranquille pour faire de longues randonnées à pieds, a veto, à cheval ou i hiver en ski de fond ou simplement pour vous reposer de votre vie trépidante notre pred-à-terc est pour vous Références ex-gees location long terme tout est compris sauf votre bagage Consultez le wwwlsympatico.ca/pmaftinO STE-BEATRIX LANAUDIERE Charmante petite maison de pierres Au bord d'une cascade couverte d un pont menant à une chambre d'invites Atelier foyer, pi bois, poutres vernère, têle.literie.À qq mm.de parcs régionaux (Dorwin, Bull.Sept-Chutes).Accès aux pistes de ski de tond à partir de la maison.Très tranquille et privée Du t- act.au X avril.5600$.(514)277-2856 2 KM de PERCE sud e~>o 4càc sam cuis sa-on db e 2s b 4 savons Sem mets 450-653-6968 ABERCORN 10 mm MtSuîîon Matson 2 etages 3ce vemère bamtourbi&n.grande cusme ‘ever Location sa.' son 450-672-6273 SUTTON • Belle maison, 2 c.c.R’es vinage et ski toeai'etraifes Non-fun Pas 1 200$m 5nov-,5av'- 450-538 i*02 176 CHALETS A LOUER CANTONS DE L’EST Mansonville, près de Owl’s Head, Jay Peak et Sutton, chalet de 3 cc.Foyer, tout équipé.Vue exceptionnelle sur la vallée Missisquoi, la sainte paix en prime.Ski de tond et raquette à proximité.Ie' novembre au 30 avril : 6 000 $.514-489-0102 177 DilES, SÉJOURS ET COUETTES / CAFÉ B & B GÎTE TOURISTIQUE Quartier-Latin Village saintandredesarts.com/vente/ 190 GARAGES, PARKING CENTRE-VILLE ESPACE STAT chauffé, sécuritaire.Libre immédiat.250$-m.514-715-1848 201 PROPRIEIES COMMERCIALES BÂTISSES ET TERRAIN COMMERCIAL ET/OU INDUSTRIEL LÉGER à louer ou à vendre 200,000 pieds carrés de terrain, 485 pi sur la rivière l’Assomption.À 4 km de l'autoroute 40 sur la route 339.Pour plus de renseignements tél.:450-589-5368 cell.514-972-7007 303 ANTIQUITES .TABLE A TRAVERSE CIRCA 1800 Verte, en pin, 63 po.X32po.restaurée.2 000 S.450-667-0976 307 LIVRES ET DBOUES ’Librairie Bonheur d’Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre (514)914-2142 4487 de la Roche Mt-Royal NOTRE LIBRAIRIE ACHÈTE vos livres à domicile.Evaluation gratuite 514-265-5994 320 AMEUBLEMEN! TABLE DE SALLE A MANGER HENRI II Forme ovale avec rallonge 1850S.514-937-5225 www.lasnier org table 32S INSTRUMENTS DE MUSIQUE PIANO Yamaha Tr.beau piano droit, haut 418-653-3053 530 COURS ASTROLOGIE COURS PRIVE • COACHING" Cours d'essai totalement gratuit Johanne Gagnon, astrotoçue 514.743.3~92 ATELIER 0 ECRITURE A MTL Sy^e Mass.cohe 'r'' 450-24'-0489 COURS de PIANO Orgue, composition, théorie •e*’ P-;xConservator Naf Sup Pans.16 ans 6XD 514-527-6929 POUR CONNAITRE L ABC du metier d'art de l'encadrement atelier pratique de 30 heures pour débutants.514.772-6046 www micromusee corn.PRONONCIATION en ANGLAIS Defer >ecture publique grammaire et vocabuiame Evaluation gratuTe 514-27^4679 540 SANTE PRODUITS NA1URE1S SHAKl.EE -Procu-ts-atv'ets te' 514-342-8301.Livraison Jean, Yves 1918-2005 Au Cumberland Regional Health Care Center d'Amherst, le 31 août 2005.à l'âge de 87 ans, est décédé le docteur Yves Jean.Né à St-Pamphile de l’Islet, il demeurait à Sackville au Nouveau-Brunswick.Il laisse dans le deuil son épouse Élaine Balsor, ses sœurs Clothilde Dostaler, Luce Haffner, Sœur Madeleine Jean, ses frères Bernard, Denis, Pierre.Pour publication section décès .< mémorial 0 www.lememoriel.com (514) 525-1149 2190 Mont-Royal Est Montreal, Qc H2H 1K3 ïeiec.: (514) 525-7999 lous les jours de 11h a 19h30 542 MASSOTHERAPIE MOTOCYCLETTES OTMC - PROFESSIONNEL Massage - Naturothérapie Reçus.635 Provost Lachine 514-637-1979 STUDIO ATWATER-MASSAGE PROFESSIONNEL Relaxation par jeunes filles.Nouveau.Spécial 45$/h.stat.gratuit.514-937-1245 560 ENTRETIEN, RENOVATION ENTREPRENEUR RETRAITE pour vos projets de salle de bains, cuisine, sous-sol et autres.J.Masse; 514-745-0503 RBQ: 8157-2117-38 ENTRETIEN DIVERSIONS Maître-peintre.Résidentiel, commercial.RRBQ.450-662-9340 695 565 RESTAURATION DE MEUBLES RESTAURATION REFECTION ET FINITION Meubles anciens et contemporains.514-567-0945 575 DEMENAGEMENTS G.JODOIN TRANSPORT INC.Déménagements de tous genres Spécialité appareils éteetnques Assurance complète 253-4374 AUTOMOBILES HONDA CIVIC DX-G 04 4 portes, man., champagne, a c.Il 000 km, garantie.16 800$ ou repose de location 514-844-3843 La saule chose prévisible avec la sclérose en plaques, c est qu'elle rend la vie imprévisible Soclé'é canadienne I d* la «ciérot* en piaatei 1 800 2687582 www sderoseenplaques ca AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s'il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s'y serait glissée.I.K DKVIllli ne sera pas responsable des erreurs répétées.Merci de votre attention.Besoin d'information?Besoin de support?Allergique?Pas de panique! ASSOCIATION QUÉBÉCOISE DES ALLERGIES ALIMENTAIRES Tél./Téléc.: (514) 990-2575 www.aqaa.qc.ca r LE DEVOIR.LE VENDREDI 23 SEPTEMBRE 2 0 0 5 • ; E11' -1 X li ü A T I B E • La traditionnelle veillée d’armes de l’ouverture de la chasse aux canards li .) LOUIS (ill I I SI KANCUI K Pour un sauvaginier, la merveille des merveilles pour un matin d'ouverture, c'est un véritable «temps de canard», ee qui forcera les volatiles A voler bas, sous la portée très réduite des fusils.Louis-Gilles Francœur Avant detre sacré chevalier, le futur défenseur de la veuve et de l’orphelin s'astreignait à une veillée d’armes, un moment de réflexion qui traduisait l’importance du passage à venir.Avec le temps, la veillée d'armes est devenue un moment unique de repli sur soi, précédant les grandes batailles et pendant lequel on pouvait voir le soleil pour la dernière fois.S’il y a peu d’équivalents guerriers de ce type aujourd'hui, le rituel de l’envahissement des marais et des milieux humides par les sauvaginiers, qui conunencera la nuit prochaine sur les grands plans d'eau du .sud du Québec, demeure un des rites de passage et du temps — l’automne ne commence pas le 21 septembre mais à l'«ouverture du canard», le 24 ou le 25 septembre! — les plus impressionnants qui soient.Aussi, pour bien des jeunes, ce sera le moment de l’entrée dans la confrérie des chasseurs adultes, un rite de passage comme il ne s'en fait plus.A compter de 21h ce soir, ils seront des milliers à filer avec armes, bateaux, moteurs, équipement de camouflage, chiens et bagages vers les caches, fixes ou flottantes, aménagées depuis quelques semaines dans les marais.Les sites de chasse ont été retenus en plantant une gaule surmontée d'une affiche dans le marais encore noyé au printemps pour bien indiquer à tous le nom de la personne qui occupera le territoire à l’automne.La plupart des chasseurs respectent cette loi non écrite.Très souvent, ces emplacements sont de véritables trésors de famille, qu'on se transmet de génération en génération.Malheur à celui qui ne respecte pas cet ordre immuable des choses, ce qui pourrait déclencher une autre guerre de 100 ans! Tout au long de la prochaine nuit, les chasseurs vont s’installer dans leurs embarcations camouflées — les chasseuses — ou dans leurs caches fixes en tentant de fermer l’œil durant les dernières heures de répit avant que les premières lueurs de l'aube ne transportent le sifflement d'un vol furtif de sarcelles, 30 minutes avant l’heure légale du premier tir, une tentation terrible pour qui attend depuis des mois ce moment privilégié.Pluie et vents ne font qu'attiser la fébrilité des chasseurs car, pour un sauvaginier, la merveille des merveilles pour un matin d'ouverture, c'est un véritable «temps de canard», ce qui forcera les volatiles à voler bas, sous la portée très réduite des fusils.Quiconque rêve de samedis matins au lit, avec café, croissants et musique douillette, peut difficilement comprendre les rites de cette grand-messe automnale débutant aux premières lueurs automnales qui entreprennent de colorer d’immenses marais aux herbes brunissantes, douillettement enveloppés de brume, les faisant passer du rose au bleu, puis au jau- ne et au blanc.Je me souviendrai toujours d'un lever de soleil sur un éperon rocheux en plein fleuve où j'avais été déposé, seul avec un enorme labrador, alors que je participais à une croisière de chasse sur un des bateaux d’un pourvoyeur de la region de Montmagny.J’entendais les ronrons impressionnants des gros navires tout près de moi, dans le chenal, mais je ne pouvais pas les voir dans la nuit.Puis, au-dessus de la brume qui couvrait le fleuve, j’ai d’abord vu apparaître le sommet coloré des montagnes de Charlevoix, auxquelles s’accrochaient les premiers rayons du soleil comme pour le hisser dans le paysage.De ma tanière au ras de l'eau, je voyais d'un côte l'île d’Orléans et la ville de Quebec et, de l'autre, l’île aux Coudres, en face de Baie-Saint-Paul, alors que derrière moi une autoroute de lumière aveuglante remontait de l'eau jusqu'au soleil et, au-dessus, me tirant soudain de cette béatitude esthétique, des centaines de coin, coin me fonçaient littéralement dessus! Au premier tir de face, les deux premiers oiseaux de la fonnation sont tombés ensemble.Presque paralysé par la surprise, j’ai repris ma visée sur le groupe qui commençait à freiner et à tourner — grosse erreur! — juste au-dessus de la tète, ce qui m’offrait une nouvelle cible presque à l'arrêt! Et de trois! L’énorme toutou noir avait déjà filé dans le fleuve glacé où la vitesse du puissant courant maritime ne l’a pas empêché de rapporter les trois prises après des efforts qui auraient qualifié n’importe qui aux Jeux olympiques.En somme, des paysages et des moments d'éternité où chaque milliseconde se grave dans le cerveau pour une vie.Ces veillées d'armes transcendent les générations mais aussi les espèces.Au lac Saint-Pierre, avec- André Croteau, un des meilleurs chroniqueurs de chasse et pêche de la dernière génération, nous chassions dans un champ en bordure d'un petit lac artificiel où il n’y avait pas 30 centimètres d'eau, une illusion parfaite pour la sauvagine.À côté de nous, dans la cache, ma nouvelle complice de chasse à quatre pattes, une jeune bretonne de cinq mois, étudiait ce rituel inconnu pour elle mais avec une attention et un calme soutenus.Quand les premières lueurs des fusils se sont mariées à celles de l'aube, une fébrilité immédiate s’est emparée d’elle, au point où elle a rompu la petite corde qui retenait les herbes de la cache.Elle a ensuite foncé sans préavis dans la mare où elle avait vu tomber les premiers canards pour nous rapporter son trophée en suivant un plan de match profondément inscrit dans ses gènes, qui venaient de s’activer comme un logiciel parfaitement rodé.In Patou devait nous retrouver tous les blessés de la matinée, dans les fossés ou dans le champ de blé d’Inde d’à côté, avec le frémissement d’un enthousiasme qu'elle ne se connaissait pas quelques heures auparavant.Un autre chien de chasse venait de naître.Je revois encore mon fils Julien à neuf ou dix ans dans un habit de camouflage évidemment trop grand pour lui mais remonté avec plusieurs élastiques, qui n’avait pas dormi cinq minutes entre le départ de la maison, à 2h du matin, et le premier tir sur les canards.Son «travail» — parce qu’il était trop jeune pour chasser — consistait à contrôler le chien.Je ne pourrais pas dire lequel des deux était le plus excité et le plus enthousiaste.Encore aujourd’hui, la sauva gine demeure sa chasse préférée, s;ms doute un résultat de cette empreinte laissée pin cette première veillée d’armes.Quand, à 12 ans, après avoir passé son examen de maniement des armes à feu avec la deuxième plus haute note de la classe d’adultes, il a eu droit à son fusil, à des bottes et à un habit de camouflage, sa première chasse de plein droit à côté des adultes a constitué un véritable passage initiatique, que revivent désormais chaque année des centaines de jeunes.Pour combler le vide laisse par les familles monoparentales, au sein desquelles les jeunes ont moins d’occasions de s’initier à la chasse derrière un «modèle» familial, Québec et Ottawa ont modifié leur réglementation pour permettre, une semaine avant l’ouverture officielle, des chasses d’initiation réservées aux jeunes, accompagnés de bénévoles mobilisés par des clubs ou des associations de chasseurs, qui assurent ainsi une relève essentielle pour la conservation des espèces et des habitats fauniques.L’étincelle qui a fait rejaillir cette semaine tous ces souvenirs provient d’un livre méconnu édité en 2(KI4, Les Sauvaginiers du lac Saint-Fierre et leurs appelants, du biologiste André Côté, une petite anthologie de la chasse a la sauvagine dans un de ses hauts lieux au Québec.Collectionneur d'appclants de bois, un art populaire en déclin en raison de l’abondante production commerciale de leurres en plastique, André Côté retrace avec une saveur que seul peut rendre un passionne la capacité d'invention des sauvaginiers patenteux de sa région, qui bricolent des caboches, des chasseuses, des caleuses, des gouttes d’eau, c’est-à-dire les types d'affûts flottants utilisés dans la région.«Mais le grand jeu des façons défaire, noie avec justesse l'ami et historien Yv;ui lamonde en préface, ce sont les sculpteurs d'appclants qui l'ont joué, parfois sur trois generations dans la même fiimille Ils ont fait des appelants où.comme chez les hommes, il n’y en a pas deux pareils.Ils ont tiré un canard de bois d'un bout d’épave ou de poteau de téléphone, des yeux de canard de tessons de bouteilles de bière ou de boisson gazeuse.Ils ont tourne la tête d'un morillon ou l'ont enfouie dans les ailes du sommeil, ils ont ouvert les ailes d'un noir, lesté les entrailles d'un morillon de plomb pour le stabiliser sur l’eau.» la façon de vivre la nature de ces mordus de la ca-leuse, parfois devenus des gosseux de canards, a engendré une culture qui n’est heureusement pas prête à se laisser asphalter sous les valeurs urbaines, ¦ Lecture: Les Sauvaginiers du Imc Saint-Fierre et leurs appelants, par André Côté, 121 pages.En plus de décrire magnifiquement les pratiques des sauvaginiers de la région de Sorel, ce livre méconnu el bien illustré présente plusieurs des plus célèbres «gosseux de canards» de la région et leur production.On peut se le procurer auprès de la Société d'aménagement de la baie lavallière, à Sore), n (450) 742-5716.Télécopieur ® (450) 742-5886.S P 0 R T S * SOCCER L’Impact et les Sounders de Seattle, deux équipes qui se ressemblent H O C K E Y Darcy Tucker veut s’inspirer de son bon ami Saku Koivu FRANÇOIS LEMENU Toronto — Darcy Tucker veut augmenter sa production offensive en 2005-06.L’attaquant des Maple Leafs de Toronto vise une première saison de 30 buts dans la Ligue nationale.Pour y arriver, il entend s’inspirer de Saku Koivu, son ancien coéquipier et ami.Tucker a déjà eu du succès en attaque, ayant enregistré des saisons de 52 et 64 buts alors qu’il était capitaine des Blazers de Kamloops, de la ligue de hockey de l’ouest «J’ai également été nommé recrue de l’année de la Ligue américaine à Fredericton», rappelle Tucker, qui avait marqué 29 buts et récolté 93 points en 1995-96.«Par la suite, j’ai surtout été cantonné dans un rôle défensif.Malgré tout, j’ai eu trois saisons de plus de 20 buts.Je pense pouvoir atteindre le plateau des 30 buts en poussant un peu plus.» Tucker est âgé de 30 ans.Après avoir joué à Montréal il a été échangé à Tampa Bay en même temps que Stéphane Richer et David Wilkie en retour de Patrick Poulin, Mick Vukota et Igor Ulanov en janvier 1998.Il est ensuite passé aux Leafs dans l’échange qui a envoyé Mike Johnson et Marek Posmyk au Lightning.«fai acquis de la maturité au fil des ans Jelismieuxle jeu, expliquet-i Je pense aussi profiter de l'application plus sévère des reglenients touchant l'accrochage et l’obstruction, fourni un peu plus de temps pour réaliser un jeu » Un bon souvenir Tucker conserve un excellent souvenir de Mont- réal.Ce n'est pas sans raison s’il évoque lui-même le nom de Saku Koivu.«Saku et moi avons été repêchés la même année 11993].Nous étions proches à l'époque et nous sommes restés bons amis.C’est quelqu’un que j’admire beaucoup Saku a dû passer à travers des moments bien difficiles C’est pourquoi j’entends m’inspirer de lui plus que jamais.Je pense avoir une aussi bonne vision du jeu même si je n’ai pas son talent.Je veux aussi être un leader dans mon équipe comme il l’est chez le Canadien » Une bonne équipe Tucker dit aimer l’édition actuelle des Maple Leafs même si la presse locale a déjà émis bien des réserves au sujet de l’équipe.Ici, on ne parle pas de coupe Stanley comme ce fut le cas ces dernieres années.On s'interroge plutôt sur la pertinence d'avoir offert des contrats à Eric Lindros et Jason Allison, deux To-rontois d'origine ayant un lourd passé médical.«Nous ne sommes pas plus a risque qu’une autre équipe, fait valoir Tucker.Ces joueurs ont acquis de l’expérience et de la maturité.Ils jouent de façon plus intelligente aujourd'hui.Nous misons aussi sur un très bon spécialiste |Matt Nichol] du conditionnement.Ij> fait que les déplacements seront moins longs cette saison devrait également nous avantager.•C’est vrai, les attentes du public et des médias sont moins élevées cette année, reconnaît Tucker.Mais ce groupe a bien des choses a prouver et je pense que nous pouvons surprendre.» Presse canadienne EN BREF Seattle — L'Impact et les Sounders s’affronteront en séries éliminatoires pour la deuxième année d’affilée au cours d’une série de deux matchs au total des buts qui s'amorcera aujourd’hui à Seattle et se terminera dimanche après-midi au Complexe sportif Claude-Robillard.L'an dernier en finale de championnat, les joueurs montréalais avaient profité du fait que les Sounders ne s'étaient pas frottés à eux depuis le 12 août 2001 — l’Impact était en route vers une saison perdante cette année-là — pour les surprendre avec une victoire sans appel de 2-0 à Montreal.Mais cette année, l'Impact et les Sounders se sont affrontés deux fois en saison régulière.Les deux entraîneurs ont eu l'occasion de bien évaluer le système de l'adversaire, en chair et en os, pas seulement sur vidéo.Ils savent donc exactement à quoi s'attendre.«Les deux équipes ont des styles similaires, a indique l’entraineur de l’Impact Nick DeSantis.Us ont un très bon système défensif, un bon gardien [Preston Burpo], et ils ont Roger Lévesque qui est en grande forme [trois buts au premier tour des séries).Ils ont aussi Leighton O’Brien au milieu du terrain, qui contrôle le tempo et qui a une bonne vision du jeu, alors il va falloir congestionner le milieu du terrain.» La donne a également changé cette année parce qu'au lieu d'un match unique à Montréal on aura droit à une série aller-retour.«C'est complètement différent, a souligné DeSantis.Surtout à cause du fait que nous devons jouer à Seattle cette fois» •C'est au total des buts, ce qui veut dire qu’il ne faut rien donner.même en fin de partie si tu as une avance de plus d'un but, a noté le défenseur Nevio Pizzolitto, qui compte 20 matchs d’expérience en séries.Et ça veut dire qu’il faut continuer de jouer serré même si les choses commencent à mal tourner.C’est une série qui, peu importe ce qui arrive, ne sera pas terminée avant 18h, dimanche.» Il reste tout de même quelques éléments de mystère entre les deux équipes.L’Impact n’a jamais vraiment présenté son équipe «A» aux Sounders cette année, les ayant affrontés à Montréal en l’absence de cinq joueurs réguliers rappelés par l’équipe canadienne en vue de la Gold Cup, puis à Seattle alors que le championnat de la saison régulière était déjà en poche.«Nous avions bien fait à la maison mais à Seattle, notre motivation n’était pas à son sommet, a noté DeSantis.Nous devions jouer deux matchs en trois jours, alors il a fallu faire une rotation des joueurs au sein du onze partant.Ils verront une équipe bien différente cette fois-ci.» Les Sounders ont leur propre I carte cachée en l’attaquant cubain Maykel Galindo, qui ne s’est joint a eux que le 9 septembre mais qui ! démontre un potentiel certain, se- : Ion DeSantis.•R est rapide et il est dangereux», \ affirme l'enfraineur montréalais au sujet de celui qui a profité de la présence de l’équipe nationale cubaine à Seattle lors du tournoi de la Gold Cup pour demander l'asile.Le vainqueur de la série affrontera ensuite le gagnant de la demi-finale disputée entre les Rhinos de Rochester et les Kickers de Richmond.Presse canadienne Une nouvelle série internationale vient «compléter» la Formule 1 Londres — La Formule 1 a peut-être une rivale.La nouvelle série Al Grand Prix de course automobile constitue une alternative a la Fl, offrant des billets a des prix plus abordables, des noms connus et une course de fin de saison a Shanghai, en Chine — au même endroit où la Fl complétera sa propre campagne.Cette série rivale, qui fait ses débuts ce week-end en Angleterre, cherchera a se distinguer de plusieurs façons.Les 25 équipes et pilotes représenteront chacun un pays.Il y aura deux courses par étape au beu d’une seule.Et U en coûtera seulement 15 milbons SUS pour participer a la série qui comptera 12 journées de compétition.C’est un montant qui représente a peine quatre pour cent des sommes que Ferrari dépense au cours d’une saison de FL La série Al Grand Prix a été conçue par le cheik Maktoum bin Hasher bin Maktoum Al Mak toum, un neveu du prince de l’Émirat de Dubai L’idée lui est ve- nue il y a deux ans et il a approché j Tony Teixeira, un homme d’affaires sud-africain qui est né au Portugal.«C’est pratiquement comme donner naissance a un enfant», a déclaré Teixeira, le directeur exécutif de la série qui amorcera ses activités ce dimanche sur le circuit de Brands Match dans le sud-est de l’Angleterre.«C’est quelque chose que j’ai en tête depuis longtemps et maintenant, c’est une réalité.» Teixeira qualifie la série Al Grand Prix de -complémentaire» a la Fl, soulignant qu’il s’agit d’une compétition abordable qui se déroule durant l’automne et l’hiver, c'est-a-dire pendant la morte-saison de la Fl.-AP BASEBALL LIGUE NATIONALE Section Est G P Moy Did Atlanta 86 66 566 — Philadelphie 81 71 533 5 Floride 79 73 520 7 Washington 77 75 507 9 New York 75 76 497 101/2 Section Centrale G P Moy Ditt x-St Louis 96 57 627 — Houston 83 69 546 12 1/2 Milwaukee 75 76 497 20 Chicago 74 78 487 21 1/2 Cincinnati 70 81 464 25 Pillsbuigh 62 90 408 331/2 Section Ouest G p Moy Dm San Diego 76 75 503 — San Francisco 71 80 470 5 Arizona 69 83 454 71/2 Los Angeles 67 84 444 9 Colorado 62 89 411 14 x - champion de section ________Hier Houston s Pittsburgh Philadelphie à Atlanta Chicago Cubs à Milwaukee San Diego au Colorado San Francisco à Washington Floride â NY Mets St Louis à Cincinnati Los Angeles en Arizona Aujourd hui Houston à Chicago Cubs, 15h20 N Y Mets à Washington 19h05 Philadelphie a Cincinnati 19h10 Floride a Atlanta, 19h35 St.Louis a Milwaukee 20h05 San Francisco au Colorado 20h05 San Diego en Arizona 21h40 Pittsburgh â Los Angeles, 22h40 HOCKEY MATCHS HORS CONCOURS DE LA LNH Hier_____________ Tampa Bay en Caroline Floride a Atlanta Detroit a Columbus Montréal a Toronto Chicago au Minnesota AulounfTwl N Y Islanders à Boston 19h Ottawa c Pittsburgh 19b (â Binghamton New York) Columbus a Nashville, 20h St.Louis à Chicago 20h30 Floride c Minnesota.20h30 (à Grand Forks Dakota du Nord) Detroit a Dallas.29h30 Edmonton a Calgary, 21 h San José à Vancouver 22h LE I) E V
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.